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Pèlerinage à ROME

18-19-20 février

2012

Conception : P.-J. LESCURE 01 41 90 96 52

Les témoins du Christ ressuscité nous donnent de rendre témoignage au Christ ressuscité.

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Table des matières

Samedi 18 février

Abbaye de Tre-Fontane Saint Paul Prière en groupe Les catacombes

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DIMANCHE 19 février

Le Forum romain Les premiers chrétiens Le baptistère de Saint-Jean-du-Latran Saint Clément de Rome Basilique Sainte-Marie-Majeure

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LUNDI 20 février

À Saint-Pierre du Vatican À la basilique Saint-Pierre Basilique Saint-Paul-Hors-les-Murs L’église en 18 questions Ordinaire de la messe Chants

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Cher Pèlerin, Au début de ce pèlerinage , te voici en route pour rencontrer les témoins du Christ les grands apôtres Pierre et Paul. Tu sais on les nomme les colonnes de l’Église, car notre foi repose sur le témoignage de leur foi. Durant trois jours nous irons à leur rencontre, mais aussi nous découvrirons la vie des premiers chrétiens… Tu verras, comment parfois pour eux il était difficile de croire. Trois jours pour dire je crois c’est pas mal non, comme nous le diront au Vatican, devant l’autel de la basilique saint Pierre, le troisième jours… Il est ressuscité des morts ! Si nous allons ensemble à Rome, c’est pour apprendre des témoins du Christ comment nous aussi nous pouvons suivre le Ressuscité, Jésus notre ami, notre Dieu. Et en Église dire je Crois. Trois jours, c’est court, mais c’est le troisième Jour qui à changé la vie du monde, Christ est Vivant il a vaincu le mal et la mort, il nous donne sa vie pour que tu sois toujours avec lui. C’est en trois jours aussi que tu apprendras qu’avec tes frères, avec les chrétiens de l’Église, tu peux oser dire au Seigneur comme l’Apôtre Pierre : « Seigneur vers qui irions-nous, tu as les Paroles de la Vie éternelle » ( Jean 6, 68) Quelle joie de vivre avec toi cette rencontre des témoins du Christ ! Bon pèlerinage. Bonne rencontre du Christ et de l’Église.

Père Marc

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de Tre-Fontane Église abbatiale

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Samedi 18 février Avec l’apôtre saint Paul, rencontrer le Christ Ressuscité.

L’abbaye de Tre-fontane L’abbaye de Tre-Fontane (en italien Abbazia delle Tre Fontane, abbaye des Trois Fontaines), sise au sud de la ville de Rome (en bordure du quartier moderne de l’E.U.R.), remonte au Ve siècle. De moines grecs, elle passa entre les mains des bénédictins clunisiens pour devenir cistercienne au XIIe siecle. Elle abrite aujourd’hui encore une communauté de moines cisterciens-trappistes. Histoire L’endroit était connu dès avant l’ère chrétienne pour ses Aquae salvae. Les Romains y venaient chercher des eaux curatives. Les Trois fontaines D’après une tradition du, c’est aux Aquae salviae, sur la via Laurentina, qu’a été décapité l’apôtre saint Paul. Selon la tradition, la tête de saint Paul aurait rebondi trois fois sur le sol, et à chacun de ces trois emplacements une source aurait miraculeusement jailli : d’où le nom de « Trois-Fontaines ». On a trouvé trace d’un édifice sacré datant du et construit à la mémoire de Paul. Une église est construite dans laquelle on peut voir ces trois sources aménagées. Dans une chapelle latérale, une grande peinture murale moderne raconte le prodige. Dans la crypte de l’église se trouve un réduit où Paul aurait été emprisonné. Au même endroit, de nombreux soldats chrétiens, autour du tribun Zénon, subissent le martyre durant la persécution de Dioclétien vers 298.

saint Paul Où est-il né ? A Tarse, la capitale de la Cilicie, de parents juifs pharisiens. Les « Actes des Apôtres » disent que c’était un citoyen de Rome, et lui dit qu’il l’était depuis sa naissance. C’est pourquoi à côté de son nom juif Saul figure aussi son nom romain Paul. Quelle sorte d’éducation avait-il reçu dans sa famille ? Les parents de Paul étaient des juifs de la diaspora, autrement dit des juifs qui, pour fuir des persécutions ou pour d’autres raisons, avaient émigré loin de leur terre, mais étaient restés fidèles à leurs traditions. Paul était circon3


cis. Il a été élevé et instruit dans l’observance de la loi de Moïse. Mais Tarse étant une ville « cosmopolite », lorsqu’il sortait de chez lui, il respirait un climat hellénique et ouvert à différentes cultures. En famille, il parlait l’hébreux et l’araméen, mais à l’extérieur de chez lui il parlait le grec. Il a donc grandi avec une mentalité ouverte. Au moins jusqu’à 12-13 ans. Et après ? Plus ou moins à cet âge il est parti pour Jérusalem, se consacrant totalement à l’étude de la Torah, auprès de rabbi Gamaliel l’Ancien, un rabbin de renom. A partir de ce moment-là son intérêt intellectuel tournera exclusivement autour de la loi juive et de la culture israélite. Dans les écrits de Paul, ou de ses contemporains, trouve-t-on des allusions ou des éléments utiles qui permettent de nous faire comprendre à quoi il ressemblait physiquement ? L’iconographie traditionnelle le présente sous les traits d’un homme barbu, chauve, selon l’image imposée qu’il fallait donner aux philosophes après le 3e siècle. Dans sa seconde lettre aux Corinthiens, Paul dit « ne pas savoir parler », certains supposent alors qu’il bégayait. Dans sa lettre aux Galates, il dit : « Vous vous seriez arrachés les yeux pour me les donner », certains ont alors pensé qu’il avait des problèmes de vue. Nous savons qu’il a rencontré beaucoup de difficultés dans sa vie : nuits sans dormir, les jeûnes (sans manger) , le froid , trois naufrages, des milliers de kilomètres parcourus à pied, il a été lapidé, fouetté cinq fois par les juifs, trois fois par les romains, fait prisonnier pendant de longues périodes. Tout cela laisse supposer qu’il avait un physique exceptionnel, il à une volonté de fer et une capacité d’adaptation extraordinaire. Est-il possible de dire à partir de ses Lettres quel était son tempérament ? Le fait d’avoir été un persécuteur aussi acharné contre la communauté chrétienne avant ce qui lui est arrivé sur la route de Damas, en dit long sur son tempérament fougueux. Il s’était rendu compte que la figure du Christ pouvait mettre en crise certains éléments constitutifs du judaïsme, et il persécutait donc de manière forte et dure les chrétiens. On pourrait le comparer à un « taliban » de l’époque. Puis il y a eu Damas, et vint le grand changement. Dans sa « Lettre aux Romains » il dit clairement qu’il faut accueillir tout le monde, s’entendre avec tout le monde, accepter aussi ceux qui pensent différemment : avoir un sens de l’accueil, de la réciprocité, qui est vraiment évangélique. Qu’a fait Paul après sa conversion sur la route de Damas ? Il a passé trois ans de sa vie à méditer dans le désert, puis il est allé à Jérusalem pour rencontrer les apôtres et la communauté chrétienne, puis à 4


Antioche, où il a reçu officiellement l’ordre de diffuser l’Évangile. Antioche de Syrie a été une ville très importante dans l’histoire du christianisme, car c’est dans cette ville que l’Évangile a été annoncé pour la première fois aux païens. Jésus n’a jamais prêché aux païens. Il a prêché uniquement aux juifs, de même que les apôtres au début. C’est à Antioche qu’a eu lieu le grand tournant. Et c’est de là que Paul est parti pour son premier voyage apostolique.

Statue de Saint-Paul à Damas - Syrie

On dit que, pendant ce premier voyage, il s’était disputé avec les autres apôtres... est-ce exact ? Il y avait eu des divergences. Paul avait une très forte personnalité. Et Jésus lui avait confié une mission spéciale, celle d’annoncer l’Évangile aux païens. C’était un projet impensable pour les juifs de l’époque. Et pour les apôtres aussi. Ils estimaient que Jésus était venu pour le peuple d’Israël. Alors que Paul voulait prêcher aux païens. Par ailleurs, Paul se trouvait dans une position délicate. Les chrétiens le regardaient avec méfiance, se souvenant de l’acharnement qu’il avait mis à les persécuter ; les juifs le considéraient comme un traître, qui avait abandonné la religion des pères. Il a eu beaucoup de mal à faire accepter ses idées par les premiers chrétiens. Surtout sa conviction que le Christ était venu non pour les juifs mais pour 5


tous. Et que les païens, pour devenir des disciples de Jésus ne devaient pas se plier à toutes les dispositions de la loi de Moïse. Même parmi les apôtres, tout le monde ne partageait pas ses idées. Alors il se mettait en colère et les appelaient « faux frères ». Il a même eu maille à partir avec saint Pierre qui, dans un premier temps avait adhéré à ses idées, mais s’était ensuite rétracté, Paul le réprimandant alors publiquement. Quoiqu’il en soit, il a continué à croire aux intuitions qu’il avait eues durant sa mystérieuse rencontre avec le Christ sur la route de Damas. Il sentait très fort en lui l’urgence d’évangéliser les païens. Après son premier voyage, il en a entrepris deux autres, fondant beaucoup d’Églises. Tous les apôtres ont fini par adhérer à ses intuitions, comprenant que Jésus était venu pour sauver tous les hommes et pas seulement les juifs. Quels sont les éléments-clefs de l’enseignement de saint Paul ? La liberté de la loi se trouve au cœur de Paul, il enseigne que ce qui compte d’abord dans notre rapport avec Dieu, ce n’est pas la morale, mais la grâce (faveur accordées par Dieu) de Dieu luimême, en Jésus Christ. 1. Je deviens juste devant Dieu non pour ce que je fais « moi », mais pour ce que Dieu a fait pour moi en Jésus Christ. Et la foi est d’accepter ce don de grâce qui m’est offert.

Cet enseignement de saint Paul s’oppose à la conception selon laquelle c’est « moi » qui construit ma vie, ma sainteté devant Dieu. Je la construis à travers mon comportement et en observant les commandements. Cette conception est une position très répandue qui met en première place la morale. Mais, prise à la lettre, ce n’est pas la bonne. Une phrase de Luther, que nous pouvons partager, explique bien ce concept : « Ce n’est pas en faisant des choses justes que nous devenons justes. Mais si nous sommes justes 6

nous faisons les choses justes ». « Être en Jésus Christ » et recevoir l’amour et la vie de Dieu à travers Jésus Christ, est indépendant de mon comportement qui, justement parce que « je vis » « l’être en Jésus Christ », sera certainement en phase avec cette merveilleuse réalité. Voilà le point essentiel. L’élément phare du courant paulinien. 2. Le deuxième élément important de la pensée de Paul touche « l’identité chrétienne » Autrement dit, le chrétien est quelqu’un qui est devant Jésus Christ avec foi, mais qui « participe » au Christ lui-même et vit « en » Jésus Christ. Entre le chrétien et Jésus se réalise une véritable participation interpersonnelle. Le chrétien « vit » en Jésus Christ et Jésus Christ vit dans le chrétien.

3. Et cette manière d’être nous amène au troisième point fondamental de l’enseignement de saint Paul, la « dimension communautaire », ce que Paul luimême appelle l’Église. Pour lui, le terme « Église » n’a pas une signifi-


cation abstraite, mais concerne toujours une communauté concrète, qui se trouve dans un lieu déterminé. Il y a l’Église de Corinthe, celle de Thessalonique, de Philippes etc. Nous, aujourd’hui, nous donnons au mot « Église » un sens « catholique », c’està-dire universel. Mais la formation de ce concept est postérieure à Paul. Paul utilisait le mot Église pour désigner chaque communauté. Et il donnait à ce terme une connotation de « partage communautaire » extraordinaire. Le lieu de rencontre des chrétiens était la maison, la maison d’un particulier, où ils se rassemblaient pour le dîner, pour la lecture et l’explication des textes sacrés. Ainsi, la

communauté ecclésiale avait un cadre domestique. Et c’est dans le contexte de cette manière de vivre que s’est formée et développée la définition de l’Église selon saint Paul : l’Église « corps du Christ ». Cet extraordinaire concept n’appartient qu’à Paul. On peut débattre ensuite du sens de la phrase selon laquelle « l’Église est le corps du Christ ». A l’intérieur de cette communauté il y avait aussi de véritables fonctions ministérielles, mais qui n’étaient pas des fonctions sacerdotales dans le sens hiérarchique qu’on a connu par la suite. Il y avait des présidents, des personnes chargées de guider, d’organiser l’assemblée et rien d’autre.

Saint Paul achève sa course à Rome, selon les

termes de l’Apôtre. Sa course missionnaire l’a conduit de la Syrie et de Damas, lieu de sa conversion, jusqu’à Jérusalem puis dans les contrées les plus éloignées de l’empire romain. L’Apôtre parcourt inlassablement les différentes contrées d’Asie Mineure et manifeste même son désir de se rendre en Espagne. Personne n’est capable de dire si saint Paul s’est rendu jusque dans la péninsule ibérique et bien des éléments permettent d’en douter. En revanche, son long séjour à Rome est incontestable. Citoyen romain, saint Paul en appelle à César pour être jugé et il refuse que son procès ait lieu ailleurs que dans la capitale de l’Empire. Après plusieurs années d’emprisonnement à Césarée Maritime (ville qui se trouve aujourd’hui en Israël), il est conduit à Rome. Dans la ville éternelle l’Apôtre connaîtra des temps de réel emprisonnement et des moments de semi-liberté. Au moment où les persécutions contre les chrétiens s’intensifient, l’Apôtre Paul connaît le martyre, probablement en l’an 67. Paul devient avec Pierre colonne de l’Église, une colonne sur laquelle est fondée l’Église de Rome, Mère de toutes les Églises. Un pèlerinage à Rome est souvent appelé pèlerinage ad limina apostolorum, c’est à dire un pèlerinage vers le siège des Apôtres qui par leur témoignage ont fondé l’Église. Les termes colonnes de l’Église font s’inspirent de textes de l’Apocalypse de saint Jean (Ap 3, 12 ; Ap 11, 3-13) tels qu’il ont été interprétés par de nombreux Pères de l’Église dès les premiers siècles. Aller en pèlerinage à Rome à l’occasion de l’année saint Paul, c’est ainsi aller au lieu même de l’ultime témoignage de saint Pierre et de saint Paul. 7


Rencontre avec le Père Abbé Jacques.

Prière en groupe R/ Tu fais de nous un peuple de témoins Pour dire au monde tes merveilles Tu viens demeurer au coeur de chacun Et ta parole nous réveille

Dresser la table du repas Se retrouver pour le festin Ton peuple est là qui te rend grâce Viens nourrir notre humanité Tu fais de nous un peuple de témoins...

Être attentif aux cris de l’Homme Accueillir le désir de Dieu Recevoir l’Esprit qui libère Témoin du « oui » offert à Dieu Tu fais de nous un peuple de témoins...

Aimer le Père tels que nous sommes Choisir sans attendre demain Et croire en l’Amour qui appelle Dieu nous envoie au cœur du monde Tu fais de nous un peuple de témoins...

De la lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens 2, 7-10

Et pour que je ne sois pas enflé d’orgueil, à cause de l’excellence de ces révélations, il m ‘a été mis une écharde dans la chair, un ange de Satan pour me gifler et m’empêcher de m’enorgueillir. Trois fois j’ai prié le Seigneur de l’éloigner de moi, et il m ‘a dit : Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse.

Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi. C’est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ; car, quand je suis faible, c’est alors que je suis fort. En silence tu notes la phrase qui te marque et pourquoi ? ..................................................................................................... ..................................................................................................... Qu’est ce que cela veux dire pour toi « avoir la force de Dieu comme saint Paul » ? ............................................................................................................... ............................................................................................................... Qu’as-tu pensé de ce qu’a dit le moine ? ............................................................................................................... ............................................................................................................... ............................................................................................................... 8


Changez vos cœurs, croyez à la Bonne Nouvelle ! Changez de vie, croyez que Dieu vous aime ! « Je ne viens pas pour condamner le monde : Je viens pour que le monde soit sauvé. » « Je ne viens pas pour juger les personnes : Je viens pour leur donner la vie de Dieu. » « Je suis la porte, dit Jésus : Qui entrera par moi sera sauvé. » « Qui croit en moi a la vie éternelle : Croyez en mes paroles et vous vivrez. » Fin du temps de prière

Les catacombes

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Ad catacumbas Le nom de « catacombes » évoque aujourd’hui indistinctement l’ensemble des cimetières chrétiens souterrains antiques établis dans la proche banlieue de Rome. Originellement, c’était le nom propre de l’un d’entre eux, situé au lieu dit ad catacumbas, littéralement « près de la combe ou dépression de terrain », sur la voie appienne, à deux kilomètres de l’enceinte qui protégeait alors la ville de Rome ; aujourd’hui, c’est le cimetière de Saint-Sébastien. Leur origine remonte à la moitié du IIe siècle. On cessa de pratiquer les sépultures en profondeur dans la première moitié du Ve siècle. Jusqu’au VIIIe siècle, les catacombes étaient un pèlerinage très fréquenté, avec des églises construites au-dessus, des abris pour les pèlerins aux alentours et aussi des aménagements intérieurs. Éclairées par des lucernaires, les cryptes furent reliées à la surface par des escaliers. Seul Saint-Sébastien demeura ouvert et donna son nom propre comme nom générique à tout ce qui fut redécouvert par la suite et qui devint nos catacombes. Saint-Sébastien Les catacombes de Saint-Sébastien se trouvent sur la même via Appia Antica, au n° 134. Leur nom est devenu le nom générique des catacombes. Les anciens documents l’appelaient Mémoires des apôtres Pierre et Paul : leur culte a laissé des traces indubitables remontant à la seconde moitié du IIIe siècle, ce qui explique la présence successive de tant d’importants monuments, mis au jour par les fouilles entreprises depuis 1915. Au plus profond, on a trouvé les traces de trois hypogées païens de la moitié du IIe siècle, avec façades à tympan, revêtements soignés de briques teintes en rouge et base des portes en travertin. Les défunts appartenaient à une association appelée des Innocentiores et portaient les noms des empereurs de 238 : Gordien, Pupienus et Balbinus. Un graffiti gravé sur la chaux fraîche dans la chambre inférieure est composé avec les lettres grecques du mot Ichtus, qui signifie poisson, mais forme en même temps l’acrostiche bien connu : Iesous Chritîos Theou Uios Soter, c’est-à-dire « Jésus Christ Fils de Dieu Sauveur ». Une croix en forme de T, symbole de la Rédemption, est intercalée entre les deux premières lettres. Ce document chrétien est d’une exceptionnelle importance, car l’on trouve justement un poisson gravé sur plusieurs tombes modestes de l’arénaire voisin qui remonte au IIe siècle. Vers la moitié du IIIe siècle, la nécropole fut enterrée et un portique fut édifié au-dessus, donnant sur une vaste cour pavée. Le mur du portique est couvert de graffitis en l’honneur des apôtres Pierre et Paul. De nombreux sarcophages conservés au musée portent leur effigie. Une grandiose basilique entourée d’une couronne de mausolées fut construite en leur honneur au temps de Constantin, au-dessus du lieu où se tenaient les triclia, les banquets funéraires. Les spécialistes expliquent l’apparition soudaine de ce culte sur la via Appia par la translation de leurs reliques des cimetières respectifs du Vatican et de la voie 10


d’Ostie. Selon Umberto Fasola, la translation s’explique peut-être par la crainte de profanations durant la persécution de Valérien ou, plus probablement, par le désir de célébrer le culte dans une ambiance moins hostile que celle des cimetières païens aux tombes très proches. Plus tard, un nouveau transfert se fit dans les basiliques respectives. La catacombe s’est développée au IVe siècle autour de la crypte du martyr Sébastien, victime de la persécution de Dioclétien. La popularité de son culte grandit après la peste de 680, où beaucoup de Romains qui l’avaient invoqué furent sauvés. Ainsi les chrétiens d’aujourd’hui constituent à travers le temps un nouveau chaînon de cette communauté de foi fondée par les saints apôtres : mystère de l’Église à travers les siècles.

Un pèlerinage de foi

Procession dans les Catacombes

Le pèlerin y découvre un enracinement profond des mystères de notre foi, exprimés de façon naïve et touchante au voisinage de la sépulture des chrétiens, tout spécialement des martyrs. Leur culte appelait l’affirmation claire et joyeuse de la résurrection, du salut, de la vie de foi et des sacrement de la foi, annoncés par la Sainte Écriture, institués par le Christ et reçus dans l’Église. Lorsque nous découvrons avec émerveillement ces trésors d’art et de foi des premières générations chrétiennes, nos convictions se renforcent au contact de leur foi paisible en la résurrection des morts. Nous sommes loin des orgueilleuses et vaines affirmations grandiloquentes des cimetières modernes, où l’ostentation le dispute souvent à la vanité. Les chrétiens romains appelaient leurs nécropoles dormitoria, dortoirs, par analogie avec le terme grec « cimetières », c’est-à-dire lieux de repos temporaire dans l’attente de la vie nouvelle et éternelle. À travers les persécutions et les épreuves s’affirmait la certitude de la résurrection. Représentés dans une attitude de prière ou déjà en possession du bonheur éternel, les orants paisibles nous aident à retrouver le sens chrétien de la mort et de la vie, en cet émouvant pèlerinage de la Rome souterraine de nos pères dans la foi.

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Dimanche 19 février Des persécutions des premiers chrétiens à la primauté de l’apôtre Pierre.

Le Forum Romain Sous le régime impérial, après une longue période de paix et de prospérité, Rome avait atteint le chiffre impressionnant d’un million d’habitants, parmi lesquels seule une petite minorité demeurait en de spacieuses et paisibles villas. Le reste de la population résidait en des logements communs ou insulæ. C’était des immeubles à plusieurs étages, construits avec des matériaux de mauvaise qualité et très près les uns des autres, de sorte que le plan de la Cité était un réseau dense et enchevêtré de rues et de ruelles. La Rome d’alors comptait sur des services très modernes à l’époque : le tout à l’égout, les termes et les aqueducs. Cependant, pour se faire une idée des

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conditions de vie des gens, il faut savoir que les appartements étaient très petits, que très souvent il n’y avait qu’une seule pièce par famille. Ils n’avait ni eau courante, ni chauffage, ni vitres au fenêtres et très fréquemment les incendies ravageaient des quartiers entiers étant donné, entre autres, l’étroitesse des rues. Les Romains faisaient face aux incommodités de leur logement en y demeurant le moins de temps possible. Ils se levaient de très bon matin pour profiter au maximum de la lumière du jour : dès potron-minet, ils étaient déjà dehors et vaquaient à leurs occupations. Ils étaient très nombreux à se rendre aux forums, centre névralgique de la vie citoyenne.


La splendeur de l’empire Le contraste était grand entre les modestes constructions des quartiers populaires et le faste des édifices publics qui étaient le reflet de l’immense puissance de l’Empire et un condensé de l’histoire de Rome. Au début, au VIe siècle avant JésusChrist, le forum romain était un marché. Par la suite on y bâtit des édifices à caractère religieux. Le temple de Vesta, où brûlait en permanence une flamme sacrée en l’honneur de cette divinité locale, fut l’un des premiers. Tout près de lui se trouvait la Regia, palais royal qui, d’après la légende, fut construit par Numa, deuxième roi de Rome. À la chute de la monarchie, cet édifice fut le siège des archives des Calendriers et des Annales avec toute l’histoire de la Cité.

importants de l’histoire de Rome sous la République : les discours des Gracques en vue d’améliorer la situation de la plèbe (peuple), la polémique entre Marius et Silla, les sophismes de Cicéron contre Catilina, la délibération du Sénat enjoignant Jules César d’abandonner le commandement militaire, ordre auquel il désobéit en traversant le Rubicon et en siégeant l’Urbs, la remise du titre d’Auguste à Octave en l’an 29 avant J.C., qui est considérée comme le début de l’époque impériale.

Le temple des Dioscures Au fond, l’arc de Titus... Sous le régime de la République, l’activité politique bâtant son plein, le Forum fut peuplé petit à petit d’édifices destinés au gouvernement et à l’administration. De nos jours on y trouve, encore en bon état, la Curie, siège du Sénat. En revanche, on a peu de vestiges du Comitium, place circulaire où se réunissaient les assemblées pour élire les magistrats. Il y a peu de restes aussi de la tribune dite des rostra, ou éperons, d’où l’on haranguait le peuple. C’est dans cette zone du Forum qu’eurent lieu les épisodes les plus

Les restes du temple des Dioscures, aussi appelé temple de Castor et Pollux.

Sous ce nouveau régime, les forums furent agrandis et améliorés de façon spectaculaire. À côté de l’ancien Forum Romanum on vit pousser les Forums impériaux, construits par César, Auguste, Trajan, Nerva et Vespasien. Tout était splendide en ces espaces publics : les rues très 13


larges, pavées de travertin, tout comme les places que présidaient souvent de gigantesques statues. L’éclat du bronze rivalisait avec les tons gris, blanc et ocre des marbres. Tout, dans les édifices religieux et dans les civils, avait été soigneusement prévu pour durer longtemps et pour épater la galerie. Les basiliques (lieux dédiés au dieux de l’empire) où se déroulaient les procès et les transactions commerciales étaient magnifiques, avec leur vaste enceinte dont l’espace était réparti en des nefs séparées par des colonnes. À l’extérieur, il y avait deux portiques latéraux sous lesquels s’installaient de nombreuses tentes de vendeurs de toute sorte de produits. Les vestiges de la basilique de Maxence et Constantin permettent de se faire une idée des dimensions énormes qu’atteignaient ces édifices.

les plus spectaculaires étaient les colonnes, comme celle de Trajan, et les arcs de triomphe, comme ceux de Titus, Septime Sévère, Constantin, etc. Des bas reliefs représentaient les campagnes militaires victorieuses pour que les siècles à venir connaissent les moments de gloire des empereurs. Ceux-ci défilaient avec leurs troupes sur la Voie Sacrée, sous les applaudissements et les acclamations du peuple.

Arc de triomphe de Titus

Basilique de Maxence et Constantin

En revanche, les monuments commémoratifs et les statues qui décoraient les forums n’avaient aucune finalité pratique immédiate. Les ornements

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Bien évidemment, sous tant d’éloges et d’acclamations, le pouvoir menaçait de griser l’empereur qui était en droit de prétendre que ses sujets oublient sa condition mortelle. Ce fut parfois le cas : l’autorité suprême s’attribua la condition de dieu, ou bien rendit des honneurs divins à ses prédécesseurs, voire même à certains de ses parents proches. Auguste, par exemple, consacra un temple au Divus Julius ; Antonin le Pieux en construisit un autre en l’honneur de son épouse Faustine et Maxence, un troisième en souvenir de son fils Romulus.


Lorsque le Christianisme parvint à Rome, le culte de l’empereur en tant qu’être divin était à son apogée. Cela était compatible avec le polythéisme des Romains comme le prouve le fait que les empereurs, déifiés eux-mêmes, aient construit des temples de plus en plus grands et coûteux en l’honneur de Mars, Vénus, Apollon et Cybèle. En revanche, on ne tolérait pas qu’une religion prétendît être l’unique vraie et que par conséquent, elle divulguât l’idée que les autres soient fausses. Les autorités toléraient toute sorte de nouveauté pourvu qu’elle s’accommodât du relativisme régnant. Or ce n’était pas le cas de la foi chrétienne. Le sel de la terre Mes frères, si la Rome terrestre est si éclatante, quelle doit être belle, la Jérusalem céleste ! Ce sont des mots de saint Fulgence, transmis par l’un de ses disciples, qui disent combien la Cité éblouissait ceux qui y arrivaient pour la première fois des provinces impériales. C’était au début du VIe siècle, Rome avait déjà été évangélisée : les anciens temples païens avaient été fermés un siècle auparavant et quelques églises chrétiennes avaient été construites sur le Forum romain. L’hymne dédiée à saint Laurent par le poète Prudence exalte la victoire de la foi au cœur de l’Empire : les quirites, citoyens romains de haute lignée, remplissent les atriums des églises ; les principaux représentants du Sénat qui avaient jadis l’honneur d’être des flamines dans les processions sur la Voie Sacrée, baisent désormais le seuil des sanctuaires des martyrs ; les familles nobles se réjouissent à l’idée que leurs enfants vouent leur vie au service de l’Église ; le feu qui brûlait au temple de Vesta est éteint et la doyenne des vierges vestales qui le gardaient s’est convertie au Christianisme ; pour finir, la Croix triomphe sur les anciens signes païens. Reconstruction du Forum romain Comment ce changement put-il se produire ? Avec l’action de Dieu, l’un des facteurs qui l’expliquent est que les premiers chrétiens ne se soient jamais considérés étrangers ni dans leur ville, ni dans leur métier du fait d’avoir embrassé la foi. Ils étaient nombreux à exercer leur métier aux forums, souvent dans des activités directement liées au service de l’Empire. Sous Pierre et Paul déjà, certains étaient patriciens et faisaient partie des trois cents sénateurs qui se réunissaient dans la Curie ; d’autres étaient jurisconsultes, avocats ou juges ; dans l’épître aux Philippiens, écrite lors de sa captivité à Rome, l’apôtre Paul envoie des salutations de la part des saints demeurant chez César; et dans son épître aux Romains, il nomme Aristobule et Narcisse qui avaient été des collaborateurs de l’empereur Claudius. Il est presque certain que, au 1er siècle déjà, des membres de la famille impériale aient embrassé la foi. Titus Flavius Clément et Flavia Domitilla, par 15


exemple, était un couple apparenté à l’empereur Domitien. Ils avaient sept enfants ; les deux aînés avaient été choisis pour être candidats au trône et élevés dans ce but par le fameux recteur Quintilien. Cependant, en l’an 95, Flavius Clément, accusé d’athéisme, accusation portée normalement contre les chrétiens, fut soudainement exécuté. Domitilla,

exilée sur l’île de Pandateria, est aussi connue en tant que propriétaire des terrains des catacombes qui portent son nom. Quant à ses enfants, ils n’accédèrent pas au trône puisqu’en l’an 96 Domitien, assassiné à son tout, la dynastie Flavia s’éteignit. La persécution et le martyre étaient un danger réel pour les premiers fidèles chrétiens et même lors des périodes d’accalmie, la vie courante n’était pas exempte d’obstacles.

Dans la société romaine, les coutumes quotidiennes regorgeaient d’actes d’adoration aux divinités : si on demandait un prêt, il fallait jurer au nom des dieux ; avant d’occuper un poste public, il fallait offrir un sacrifice, se découvrir en passant devant un temple ou une statue de divinité. Il y avait toute une série de contraintes à l’avenant dont l’omission était une preuve d’incivilité et de trahison aux us de la patrie. Ce fut l’un des reproches le plus insidieux de Celsius aux chrétiens : refusent-ils de se rendre aux cérémonies Martyre de saint Laurent sur le gril à Rome publiques et de rendre hommage à ceux en 258 - Enluminure d’un ouvrage du XVe s. qui les président ? Qu’ils renoncent alors aussi à la toge virile, à se marier, à être parents, à exercer les fonctions de la vie, qu’ils partent loin d’ici tous ensemble, sans laisser la moindre trace d’eux-mêmes. L’opinion publique de l’époque partageait en une large mesure cette intolérance étonnante envers les disciples du Christ : les chrétiens étaient, pour le moins, des gens particuliers : ils s’efforçaient, bien sûr, d’aider le prochain, d’être fidèles au mariage, de payer les impôts ou d’éviter scrupuleusement toute malhonnêteté dans les affaires mais ils le faisaient poussés par leur étrange fanatisme religieux et se voulant supérieurs aux autres. Ces interprétations mesquines étaient suivies de calomnies, d’attaques, comme celle que subit le jeune Alexamène au Pedagogium, école des pages au service de l’empereur. Les salles de cette école étaient au Palatin, près des forums et les archéologues y ont trouvé un dessin qui représente un homme en prière sous un crucifié

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avec une tête d’âne. À côté on peut lire : Alexamène adore son dieu et au dessous, avec une écriture différente : Alexamène fidèle. C’était la réponse audacieuse du jeune Alexamène aux moqueries de ses camarades.

Par ailleurs, dans de nombreux milieux de l’Empire, la moralité était lamentable : les fêtes regorgeaient de représentations de théâtre indignes, au cirque on assistait à des massacres. Le divorce était admis et le taux de natalité, au plus bas parce qu’on avait recours, entre autres, à l’avortement et à l’infanticide. Il est vrai que tous les Romains ne pratiquaient pas tout cela et que cet affaissement moral est à situer à la fin de l’Empire. Mais il est tout aussi vrai que les coutumes païennes perdurèrent et que, très répandues, elles heurtaient la dignité humaine que le Christianisme était tenu de rétablir. Dans cette ambiance dégradée, ces persécutions, ces calomnies, ces insultes et cette menace réelle du martyre, les premiers chrétiens auraient pu réagir en disparaissant des réalités de la vie ordinaire et en s’isolant dans des ghettos comme Celsius (dit Celse) leur suggérait de faire. Cette idée ne leur traversa même pas l’esprit. Ils avaient trouvé la foi, la vocation chrétienne, l’appel à la sainteté, au milieu de leur occupation : au forum, aux ateliers artisanaux, à l’armée, sur les chars où ils transportaient leur marchandise. Ils ne se sentaient pas moins Romains que leurs concitoyens : ils aimaient cette merveilleuse Cité et considéraient que l’Empire était non seulement bon, mais providentiel puisqu’il avait permis une unité politique et culturelle où la foi allait facilement se propager. Ils ne rejetaient que les fausses divinités et les coutumes brutales qu’ils souhaitaient purifier parce qu’ils étaient pleinement conscients d’être le sel de la terre et la lumière du Monde.

Des gens ORDINAIRES L’arc de Septime Sévère Sur les ruines du Forum romain, on voit : La façon la plus simple de comprendre la foi chrétienne aujourd’hui, c’est de penser à la vie des premiers chrétiens. Les premiers chrétiens vivaient à fond leur vocation chrétienne ; ils recherchaient sérieusement la sainteté à laquelle ils étaient appelés par le fait, simple et sublime, du baptême. Ils ne se distinguaient pas extérieurement des autres citoyens. Les chrétiens sont des citoyens ordinaires ; ils accomplissent un travail ordinaire ; ils vivent au milieu du monde, y étant ce qu’ils sont : des citoyens chrétiens qui entendent satisfaire pleinement aux exigences de leur foi.

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Le concile Vatican II a proclamé haut et fort que tous les fidèles sont appelés à la sainteté et que c’est aux laïcs que revient la responsabilité de placer le Christ au sein de la vie de l’école du travail partout ou tu vis.

Les fidèles du Christ hier comme nous aujourd’hui sont des gens courants, comme l’étaient les premiers chrétiens. Pense à ce que dit le Saint-Esprit, et sois à la fois tout étonné et reconnaissant : « elegit nos ante mundi constitutionem » : Tu nous a choisis dès avant la création du monde, « ut essemus sancti in conspectu eius ! » : pour que nous soyons saints en ta présence. — Il n’est guère facile d’être saint, mais ce n’est pas non plus très difficile. Être saint, c’est être un bon chrétien : c’est ressembler au Christ. — Celui qui ressemble le plus au Christ, c’est celui qui est plus chrétien, plus assimilé au Christ, et donc plus saint. — Et pour cela, de quels moyens disposons-nous ? — Des mêmes que les premiers fidèles, qui purent voir Jésus, ou qui l’ont entrevu à travers les récits des Apôtres ou des Évangélistes. C’est avec ces moyens que les chrétiens des premiers siècles sont devenus saints au milieu d’une société païenne, en partie corrompue et qui les poursuivait avec acharnement pour les mettre à mort.

Et c’est avec ces moyens-là, les mêmes dont nous disposons aujourd’hui, qu’ils firent de l’apostolat (vivaient et annonçaient que le Christ changeaient leur vie) là où ils se trouvaient et réussirent à transformer du dedans une société civile refusant souvent à la foi. Pour suivre les traces du Christ, l’apôtre d’aujourd’hui ne vient pas réformer quoi que ce soit ; et il se désintéresse moins encore de la réalité historique qui l’environne… — Il lui suffit d’agir comme les premiers chrétiens, en vivifiant sa foi a plein au milieu des autres.

Forum Romain Arc de Septime Sévère

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Le Baptistère Saint-Jean du Latran

Inscription sur le Baptistère C’EST ICI QUE JAILLIT CE PEUPLE DE NOBLE LIGNÉE, VOUÉ AU CIEL QUE L’ESPRIT ENGENDRE EN CES EAUX FÉCONDÉES. C’EST DANS L’EAU QUE NOTRE MÈRE L’ÉGLISE, DANS UN ACCOUCHEMENT VIRGINAL, MET AU MONDE CEUX QU’ELLE A CONÇUS PAR L’ŒUVRE DE L’ESPRIT DIVIN. VOUS QUI ÊTES NÉS À CETTE SOURCE, VIVEZ DANS L’ESPÉRANCE DU ROYAUME DES CIEUX. IL FAUT RENAÎTRE POUR AVOIR LA VIE ÉTERNELLE. VOICI LA SOURCE DE VIE QUI LAVE TOUTE LA TERRE, ET PREND SA SOURCE AUX PLAIES DU CHRIST. O PÉCHEUR, VIENS TE PLONGER DANS CE FLOT SACRÉ ET PURIFICATEUR DONT LES ONDES RAJEUNIRONT TOUT VIEIL HOMME QUI S’Y PLONGE. SI, SOUS LE POIDS DU PÉCHÉ HÉRITÉ OU DE TON PÉCHÉ PERSONNEL, TU TIENS À L’INNOCENCE, LAVE-TOI DANS CES EAUX. PLUS RIEN NE SÉPARE CEUX QUI Y SONT RENÉS. ILS SONT DEVENUS UN, GRÂCE À UNE SEULE SOURCE BAPTISMALE, À UN SEUL ESPRIT, À UNE SEULE FOI. QUE PERSONNE NE CRAIGNE LE NOMBRE ET LA GRAVITÉ DE SES PÉCHÉS :CELUI QUI EST RENÉ DE CETTE EAU VIVE DEVIENDRA SAINT.

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Par le Baptême nous vivons au souffle du Seigneur C’est par le baptême que tous les chrétiens sont appelés à la sainteté et à l’apostolat. Ces vers sur le baptistère du Latran montrent bien que cette conscience était très aigue aux origines du christianisme. Les premiers chrétiens vivaient à fond leur vocation chrétienne ; ils cherchaient sérieusement la perfection à laquelle ils étaient appelés de par le simple fait, sublime, du Baptême.

Aux premiers siècles, les néophytes (nouveaux baptisés) qui étaient baptisés grâce à une triple immersion, en l’honneur de la Très Sainte Trinité, dans la cuve du baptistère, portaient toute une semaine durant une tunique blanche, montrant ainsi qu’ils ne voulaient plus souiller par le péché leur vie, purifiée par les eaux de la régénération. S’ils avaient le malheur de chuter, ils avaient recours, dans une douleur profonde, au sacrement de Pénitence. Toutefois, leur désir de sainteté était grand, leur lutte était loin d’être un combat négatif... Ils étaient heureux d’avoir trouvé la Vérité et le Bien, l’Amour de Dieu, et souhaitaient logiquement aller vers Dieu accompagnés du plus grand nombre possible. Il est donc pressant que tous les baptisés prennent conscience de leur vocation à la sainteté et à l’apostolat. C’est ainsi qu’ils livreront leur bonheur à beaucoup d’autres et qu’ils seront eux-mêmes très heureux en comblant toutes les réalités humaines de sens chrétien et d’espérance : Le baptême nous a faits porteurs de la parole du Christ, qui redonne la paix, qui enflamme et apaise les consciences blessées. Pour que le Seigneur agisse en nous et par nous, disons-lui que nous sommes prêts à lutter tous les jours, tout en nous sachant faibles tout en ressentant le poids immense de nos misères et de notre pauvre faiblesse personnelle. Nous devons lui redire que nous avons confiance en lui, en son assistance, et au besoin contre toute espérance (Rm 4, 18) comme Abraham. Nous travaillerons ainsi avec un allant renouvelé et nous apprendrons aux hommes à réagir sereinement, dépourvus de haine, de méfiance, d’ignorance, d’incompréhension, de pessimisme, car tout est possible à Dieu.

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Saint ClÉment de Rome

Saint Clément, évêque de Rome Icône russe contemporaine

La plus ancienne liste des premiers évêques de Rome, successeurs de saint Pierre, est donnée par saint Irénée, dans son ouvrage Contre les hérésies, datant de la fin du 2nd siècle. Clément y vient en troisième, après Lin et Clet : tous trois, d’ailleurs, sont cités dans cet ordre au Canon romain, c’est-à-dire la première prière eucharistique. Saint Irénée dit aussi que Clément avait bien connu les Apôtres et avait été instruit par eux. Un peu plus tard, Tertullien affirme que Clément aurait été ordonné par saint Pierre lui-même. Puis au IVe siècle, Eusèbe de Césarée, dans son Histoire ecclésiastique, précise les dates du pontificat de Clément : de la douzième année du règne de Domitien à la troisième année du règne de Trajan, soit de 92 à 101. Enfin, une tradition tardive fait de Clément un martyr, mais elle n’est pas prouvée et semble devoir beaucoup à la légende.

C’est à peu près tout ce que l’on connaît de la biographie du quatrième pape, saint Clément de Rome. Et l’on n’en saurait pas plus s’il n’avait adressé, vers l’an 95, une lettre aux chrétiens de l’Eglise de Corinthe. Fondée par saint Paul au début des années 50, l’Eglise de Corinthe s’était vite montrée à la fois généreuse et turbulente. Corinthe était, à l’époque, un port maritime et commercial de première importance où travaillaient de nombreux esclaves, une cité cosmopolite où races, cultures et religions s’entremêlaient. C’est dans ce milieu portuaire, propice à toutes sortes de débauches et de violences, que l’annonce de l’Evangile avait touché un peuple de tâcherons en tout genre, au passé parfois peu recommandable, remuants et prompts à la bagarre. Saint Paul avait déjà eu fort à faire pour venir à bout des querelles et des scandales qui éclataient régulièrement chez ses chers Corinthiens, comme le montrent les deux lettres qu’il leur a adressées. Mais il connaissait aussi leur générosité et n’avait pas hésité à leur demander de venir en aide aux chrétiens de Jérusalem. 21


Une théologie dans la ligne de celle de saint Paul Au temps de Clément, les querelles avaient repris, allant jusqu’au schisme. Clément comprend qu’il doit intervenir. Il le fait par son épître aux Corinthiens, qui dénote beaucoup de charité, mais aussi une remarquable autorité. Le style, clair et fluide, est celui d’un homme cultivé, citoyen romain ou affranchi, ayant une bonne connaissance des auteurs classiques. Mais Clément est aussi profondément imprégné des textes de l’Écriture, qu’il connaît et qu’il aime. Il fait de longues citations de l’Ancien Testament et sa théologie se situe dans la ligne de celle de saint Paul. Sa lettre révèle aussi une âme de pasteur, qui s’efforce avec bonté d’éclairer les consciences, afin de susciter leur conversion, et qui a le plus profond souci de l’unité, pour la communauté comme pour l’Église. Un autre grand intérêt de l’épître de saint Clément est de nous faire connaître le visage de l’Eglise primitive, d’affirmer la succession apostolique, d’être un précieux témoignage en faveur de la primauté romaine, et de montrer déjà le Siège de Pierre dans son rôle essentiel de serviteur de la charité et de l’unité de l’Eglise. Service dans lequel Clément a agi en homme de Foi et d’Espérance, en pasteur qui par sa sagesse, son intelligence et sa bonté a remarquablement su rétablir la paix dans une communauté divisée.

Benoît XVI, Saint Clément, évêque prestigieux, audience générale du 7 mars 2007 Préambule

Ces derniers mois nous avons médité sur chacune de ces grandes figures, mentionnés dans les écrits néo-testamentaires, que sont les Apôtres et les premiers témoins de la foi chrétienne. Nous allons maintenant consacrer notre attention aux Pères apostoliques, c’est-à-dire aux première et deuxième générations de l’Église après les Apôtres. Ainsi pourrons-nous voir les premiers pas de l’Église sur le chemin dans l’histoire. Saint Clément, évêque de Rome dans les dernières années du Ier siècle, est le troisième successeur de Pierre, après Lin et Anaclet. En ce qui concerne sa vie, le témoignage le plus important est celui de saint Irénée, évêque de Lyon jusqu’en 202. Il atteste que Clément « avait vu les Apôtres », qu’« il les avait rencontrés », et qu’« il avait encore dans l’oreille leur prédication, et devant les yeux leur tradition » (Adversus Hæreses, 3, 3, 3). Des témoignages tardifs, du IVe au VIe siècle, donnent à Clément le titre de martyr. L’autorité et le prestige de cet évêque de Rome étaient tels qu’on lui attribua des écrits divers, mais la seule œuvre qui soit certainement de lui est une Lettre 22


aux Corinthiens. Eusèbe de Césarée, le grand « archiviste » des origines chrétiennes, la présente en ces termes : Nous a été transmise une grande et admirable lettre de Clément, reconnue comme authentique. Il l’écrivit, de la part de l’Église de Rome, à l’Église de Corinthe (…) Nous savons que depuis longtemps, et encore de nos jours, on en fait lecture publique lors des réunions de fidèles (Histoire Ecclésiastique, 3, 16). On attribua à cette lettre un caractère quasi canonique. Au début de son texte, rédigé en grec, Clément se lamente du fait que « des adversités imprévues, arrivées l’une après l’autre » (Aux Corinthiens 1, 1) l’ont empêché d’intervenir plus opportunément. Par ces « adversités », il faut comprendre la persécution par Domitien : d’où on peut conclure que la lettre doit remonter à une période suivant immédiatement la mort de l’empereur et la fin de la persécution, c’està-dire aussitôt l’année 96. Mission de l’Église de Rome L’intervention de Clément – nous sommes encore au Ier siècle – était provoquée par les graves problèmes auxquels était confrontée l’Église de Corinthe : des prêtres de la communauté, en effet, étaient déposés par quelques jeunes contestataires. La douloureuse affaire nous est racontée, encore une fois, par saint Irénée, lequel écrit : Sous Clément, comme s’était élevée une opposition, qui n’était pas mince, entre les frères de Corinthe, l’Église de Rome envoya aux Corinthiens une lettre très importante pour qu’ils se réconcilient dans la paix, renouvellent leur foi et annoncent la tradition récemment reçue des Apôtres (Adversus Hæreses, 3, 3, 3). Nous pourrions donc dire que cette lettre constitue un premier exercice de la primauté romaine après la mort de saint Pierre. La lettre de Clément reprend des thèmes chers à saint Paul, lorsqu’il avait écrit deux grandes épîtres aux Corinthiens : en particulier la dialectique théologique, perpétuellement actuelle, qu’il y a entre la réalité du salut et la nécessité de l’engagement moral. Le Seigneur nous prévient et nous donne le pardon, il nous donne son amour, la grâce d’être chrétiens, ses frères et sœurs. C’est une annonce qui remplit de joie notre vie et donne la sécurité à notre action : le Seigneur nous prévient toujours par sa bonté, et la bonté du Seigneur est toujours plus grande que tous nos péchés. Mais il nous faut nous engager en cohérence avec le don reçu et répondre à l’annonce du salut par une démarche de conversion généreuse et courageuse. Par rapport au modèle paulinien, la nouveauté de Clément est qu’il fait suivre la partie doctrinale et la partie pratique, constitutives de toutes les lettres pauliniennes, d’une « grande prière », qui pratiquement, conclut la lettre. Le motif premier de la lettre offre à l’évêque de Rome la possibilité d’une ample intervention sur l’identité de l’Église et sur sa mission. Si à Corinthe il y eut des abus, observe Clément, la cause est à rechercher dans l’affaiblissement de 23


la charité et d’autres vertus chrétiennes indispensables. Et c’est pour cela qu’il rappelle les fidèles à l’humilité et à l’amour fraternel, les deux vertus vraiment constitutives de l’être de l’Église : « Nous sommes une portion sainte, les admoneste-t-il, il nous faut donc accomplir tout ce qu’exige la sainteté » (30, 1). En particulier, l’évêque de Rome rappelle que le Seigneur lui-même « a établi où, et par qui, il veut que soient remplis les offices liturgiques, afin que toute chose, faite saintement et selon son bon plaisir, soit agréable à sa volonté… Au pontife suprême, en effet, sont confiées des fonctions liturgiques qui lui sont propres, aux prêtres a été alloué leur propre rôle, aux lévites reviennent des fonctions appropriées. À l’homme laïc sont confiées les fonctions laïques » (40, 1-5 : on note ici, que dans cette lettre de la fin du Ier siècle, apparaît pour la première fois dans la littérature chrétienne le terme grec laikós, qui signifie « membre du laos », c’est-à-dire membre du Peuple de Dieu). De cette façon, en référence à la liturgie de l’ancien Israël, Clément dévoile son idéal de l’Église. Elle est réunie par l’« effusion en nous de l’unique Esprit de grâce » infusé dans les divers membres du Corps du Christ, en qui tous, unis sans aucune séparation, sont « membres les uns des autres » (46, 6-7). La distinction nette entre le laïc et la hiérarchie ne signifie nullement une opposition, mais seulement cette connexion organique d’un corps, d’un organisme, aux diverses fonctions. En effet, l’Église n’est pas un lieu de confusion et d’anarchie, où chacun à tout moment peut faire ce qu’il veut : chacun, dans cet organisme à la structure articulée, exerce son ministère selon la vocation reçue. En ce qui regarde les chefs des communautés, Clément explique clairement la doctrine de la succession apostolique. En dernière analyse, les normes qui la régissent viennent de Dieu même. Le Père a envoyé Jésus-Christ, lequel à son tour a donné mandat aux Apôtres. Puis ceux-ci ont envoyé les premiers responsables des communautés lesquels ont établi que d’autres hommes dignes leur succéderaient. Ainsi, tout procède « de façon ordonnée selon la volonté de Dieu » (42). Par ces mots, par ces phrases, saint Cément souligne comment l’Église est structurée sacramentellement et non pas politiquement. L’action de Dieu qui vient vers nous dans la liturgie précède nos décisions et nos idées. L’Église est avant tout un don de Dieu et non pas notre création, et, ainsi, cette structure sacramentelle qui est la sienne n’y garantit pas seulement l’organisation commune mais encore la prééminence du don de Dieu, dont nous avons tous besoin. Pouvoir des institutions, souveraineté divine Finalement, la « grande prière » confère un souffle cosmique aux argumentations qui la précèdent. Clément loue Dieu et le remercie pour sa merveilleuse providence d’amour, qui a créé le monde et continue à le sauver et à le sanctifier. La supplication pour les gouvernants prend un relief particulier. Après les textes du Nouveau Testament, elle représente la plus ancienne prière pour 24


les institutions politiques. Ainsi, au lendemain de la persécution, les chrétiens, même sachant bien que les persécutions vont continuer, ne cessent pas de prier pour ces mêmes autorités qui les ont injustement condamnés. La motivation est avant tout d’ordre christologique : il faut prier pour les persécuteurs, comme le fit Jésus en Croix. Mais cette prière comporte également un enseignement qui, au long des siècles, guide les chrétiens dans leur attitude envers la politique et l’État. Priant pour les autorités, Clément reconnaît la légitimité des institutions politiques dans l’ordre établi par Dieu ; en même temps, il manifeste le souci que les autorités soient dociles à Dieu et « exercent le pouvoir que leur a donné Dieu pour la paix et pour la mansuétude dans la piété » (61, 2). César n’est pas tout. Une autre souveraineté le dépasse, dont l’origine et la nature ne sont pas de ce monde mais « d’en-haut » : c’est celle de la Vérité, qui revendique, y compris devant l’État, le droit d’être écoutée. Ainsi, la lettre de Clément aborde de nombreux sujets d’une permanente actualité. Elle est d’autant plus significative qu’elle représente, dès la fin du Ier siècle, la sollicitude de l’Église de Rome qui préside sur toutes les autres Églises dans la charité. Avec le même Esprit, faisons nôtres les invocations de la « grande prière », quand l’évêque de Rome se fait la voix du monde entier : Oui, ô Seigneur, fais resplendir sur nous ton visage dans le bien de la paix ; protège-nous de ta main puissante (…). Nous te rendons grâces par le Grand-Prêtre guide de notre âme, Jésus-Christ, par qui soient à toi la gloire et la louange, maintenant et de génération en génération dans les siècles des siècles. Amen (60-61).

Saints Cyrille et Méthode amenant les restes de Saint Clément à Rome Fresque du XIe siècle Basilique St-Clément de Rome

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Basilique Sainte-Marie-Majeure La Basilique Patriarcale Ste-Marie-Majeure est un authentique bijou riche en beautées d’une valeur inestimable. Elle domine la ville de Rome depuis prés de seize siècles : temple mariale par excellence et berceau de la civilisation artistique, elle représente une référence pour les cives mundi qui arrivent de toute les parties du globe dans la Ville Éternelle pour y apprécier ce que la Basilique offre à travers sa monumentale grandeur.



Seule, des majeures basiliques de Rome, à avoir conservé les structures originales de son temps et enrichies d’ajouts, en son intérieur quelques particularités qui la rende unique : les mosaïques de la Nef centrale et l’Arc de triomphe qui remonte au Ve siècle apr. J.C., réalisé durant le pontificat de Sixte III (432-440) et de ceux de l’Abside dont l’exécution fut confiée au moine Fransiscain Jacopo Torriti sur ordre de Pape Nicolas IV (1288-1292) ; le plancher «cosmatesco» offert par les cavaliers Scoto Paparone et fils dans les années 1288 ; le plafond à caissons en bois doré dessiné par Giuliano San Gallo (1450) ; la Crèche du XIIIe siècle de Arnolfo di Cambio ; les nombreuses chapelles (celle de Borghese à celle de Sistina, de la chapelle Sforza à celle de Cesi, de celle du Crucifix à la presque disparue de Saint Michel) ; le Maître-autel œuvre de Ferdinando Fuga et successivement enrichi par le génie de Valadier ; finalement, la Relique du Sacré Berceau et le Baptistère. Chaque colonne, chaque cadre, chaque sculpture, chaque tasseau de cette Basilique résument l’histoire et les sentiments religieux.

Du pèlerin fidèle en prière au simple passioné d’art, ému par les œuvres des génies artistiques, ils pourront goûter les émotions que ces lieux aussi sacré leurs offriront. La rencontre avec la Basilique Libérienne, nom du Pape Liberio, est une expérience qui enrichit humainement et spirituellement : il n’est pas rare, en effet, de surprendre les visiteurs en attitude d’admiration devant l’imposante beauté de ses œuvres, d’autre part de constater la dévotion de toutes ces personnes devant l’image de Marie, ici vénérée avec le doux nom de « Salus Populi Romani », cherchent du réconfort et du soulagement. Le 5 août de chaque année est évoqué, à travers une célébration solennelle, le « Miracle de la Neigée » face aux participants émus une pluie de pétales blancs 26


tombe du plafond recouvrant l’hypogée en créant presque une union idéale entre l’assemblée et la Mère de Dieu.

Le Saint Père Jean-Paul II à partir du début de son pontificat (octobre 1978) a voulu qu’une lampe brûle jour et nuit sous l’icône de la Salus, en témoignage de sa grande dévotion pour la Vierge. Le même Pape, le 8 décembre de 2001, a inauguré une autre perle précieuse de la Basilique : le Musée, le lieu où la modernité des structures et l’antiquité des chef-d’œuvres exposés offrent au visiteur un «panorama» unique. Les nombreux trésors dans le même contenu rendent Ste-Marie-Majeure un lieu où art et spiritualité se fondent dans une parfaite union, en offrant aux visiteurs des émotions uniques propres aux grandes œuvres de l’homme inspirées par Dieu.

Messe à la basilique Basilique Sainte-Marie-Majeure

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Lundi 20 février Sur la foi de l’apôtre Pierre je fonderai ma foi 7h00 : départ dans les 2 autocars 8h00 : messe ad caput en Saint-Pierre

Visite de la Basilique Saint-Pierre par 3 guides francophones 13h00 : déjeuner proche de Saint-Pierre 14h00 : départ pour Saint-Paul-Hors-les-Murs de 15h00 à 16h00 : Saint-Paul-Hors-les-Murs et entrée au cloître de Saint-Paul

16h15 : transfert pour l’aéroport QUAND ET COMMENT LE CHRIST CONFIE-T-IL LA PRIMAUTÉ À PIERRE ? Basilique Saint-Pierre

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À SAINT-PIERRE DU VATICAN Du catéchisme de l’Église Catholique

LA PROFESSION DE LA FOI CHRÉTIENNE Les symboles de la foi 185 Qui dit « Je crois », dit « J’adhère à ce que nous croyons ». La communion dans la foi a besoin d’un langage commun de la foi, normatif pour tous et unissant dans la même confession de foi. 186 Dès l’origine, l’Église apostolique a exprimé et transmis sa propre foi en des formules brèves et normatives pour tous (cf. Rm 10, 9 ; 1 Co 15, 3-5 ; etc.). Mais très tôt déjà, l’Église a aussi voulu recueillir l’essentiel de sa foi en des résumés organiques et articulés, destinés surtout aux candidats au Baptême : Cette synthèse de la foi n’a pas été faite selon les opinions humaines ; mais de toute l’Écriture a été recueilli ce qu’il y a de plus important, pour donner au complet l’unique enseignement de la foi. Et comme la semence de sénevé contient dans une toute petite graine un grand nombre de branches, de même ce résumé de la foi renferme-t-il en quelques paroles toute la connaissance de la vraie piété contenue dans l’Ancien et le Nouveau Testament (S. Cyrille de Jérusalem, catech. ill. 5, 12 : PG 33, 521-524).

187 On appelle ces synthèses de la foi « professions de foi » puisqu’elles résument la foi que professent les chrétiens. On les appelle « Credo » en raison de ce qui en est normalement la première parole : « Je crois ». On les appelle également « Symboles de la foi ».

188 Le mot grec symbolon signifiait la moitié d’un objet brisé (par exemple un sceau) que l’on présentait comme un signe de reconnaissance. Les parties brisées étaient mises ensemble pour vérifier l’identité du porteur. Le « symbole de la foi » est donc un signe de reconnaissance et de communion entre les croyants. Symbolon signifie ensuite recueil, collection ou sommaire. Le « symbole de la foi » est le recueil des principales vérités de la foi. D’où le fait qu’il sert de point de référence premier et fondamental de la catéchèse. 189 La première « profession de foi » se fait lors du Baptême. Le « symbole de la foi » est d’abord le symbole baptismal. Puisque le Baptême est donné « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » (Mt 28, 19), les vérités de foi professées lors du Baptême sont articulées selon leur référence aux trois personnes de la Sainte Trinité. 190 Le Symbole est donc divisé en trois parties : « d’abord il est question de la première Personne divine et de l’œuvre admirable de la création ; ensuite, de la seconde Personne divine et du mystère de la Rédemption des hommes ; enfin de la troisième Personne divine, source et principe de notre sanctification » (Catech. R. 1, 1, 3). Ce sont là « les trois chapitres de notre sceau (baptismal)» (S. Irénée, dem. 100). 29


191 « Ces trois parties sont distinctes quoique liées entre elles. D’après une comparaison souvent employée par les Pères, nous les appelons articles. De même, en effet, que dans nos membres, il y a certaines articulations qui les distinguent et les séparent, de même, dans cette profession de foi, on a donné avec justesse et raison le nom d’articles aux vérités que nous devons croire en particulier et d’une manière distincte » (Catech. R. 1, 1, 4). Selon une antique tradition, attestée déjà par S. Ambroise, on a aussi coutume de compter douze articles du Credo, symbolisant par le nombre des apôtres l’ensemble de la foi apostolique (cf. symb. 8 : PL 17, 1158D). 192 Nombreux ont été, tout au long des siècles, en réponse aux besoins des différentes époques, les professions ou symboles de la foi : les symboles des différentes Églises apostoliques et anciennes (cf. DS 1-64), le Symbole « Quicumque » , dit de S. Athanase (cf. DS 75-76), les professions de foi de certains Conciles (Tolède : DS 525-541 ; Latran : DS 800802 ; Lyon : DS 851-861 ; Trente : DS 1862-1870) ou de certains papes, tels la « Fides Damasi » (cf. DS 71-72) ou le « Credo du Peuple de Dieu » [SPF] de Paul VI (1968). 193 Aucun des symboles des différentes étapes de la vie de l’Église ne peut être considéré comme dépassé et inutile. Ils nous aident à atteindre et à approfondir aujourd’hui la foi de toujours à travers les divers résumés qui en ont été faits. Parmi tous les symboles de la foi, deux tiennent une place toute particulière dans la vie de l’Église : 30

194 Le Symbole des apôtres, appelé ainsi parce qu’il est considéré à juste titre comme le résumé fidèle de la foi des apôtres. Il est l’ancien symbole baptismal de l’Église de Rome. Sa grande autorité lui vient de ce fait : « Il est le symbole que garde l’Église romaine, celle où a siégé Pierre, le premier des apôtres, et où il a apporté la sentence commune » (S. Ambroise, symb. 7 : PL 17, 1158D). 195 Le Symbole dit de Nicée-Constantinople tient sa grande autorité du fait qu’il est issu des deux premiers Conciles œcuméniques (325 et 381). Il demeure commun, aujourd’hui encore, à toutes les grandes Églises de l’Orient et de l’Occident. 196 Notre exposé de la foi suivra le Symbole des apôtres qui constitue, pour ainsi dire, « le plus ancien catéchisme romain ». L’exposé sera cependant complété par des références constantes au Symbole de NicéeConstantinople, souvent plus explicite et plus détaillé. 197 Comme au jour de notre Baptême, lorsque toute notre vie a été confiée « à la règle de doctrine » (Rm 6, 17), accueillons le Symbole de notre foi qui donne la vie. Réciter avec foi le Credo, c’est entrer en communion avec Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit, c’est entrer aussi en communion avec l’Église toute entière qui nous transmet la foi et au sein de laquelle nous croyons : Ce Symbole est le sceau spirituel, il est la méditation de notre cœur et la garde toujours présente, il est, à coup sûr, le trésor de notre âme (S. Ambroise, symb. 1 : PL 17, 1155C).


À la Basilique saint-Pierre Entrée en procession en silence deux par deux.

Profession de foi devant l’autel de Saint-Pierre du Vatican

J

e crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre. Et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur ; qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers ; le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d’où il viendra juger les vivants et les morts. Je crois en l’Esprit Saint, à la sainte Église catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Amen

Après avoir professé la foi de l’Église, chacun reçoit le vêtement Blanc.

Messe ad caput

Baldaquin du Bernin au maître-autel de la basilique Saint-Pierre de Rome

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Basilique de Saint-Paul-Hors-les-murs « Pour moi, vivre, c’est le Christ » Saint Paul

LA TOMBE

Paul arrive à Rome en 61, pour y être jugé. Il est décapité entre 65 et 67. Son corps est déposé à deux mille du lieu de son martyre, dans la propriété que la chrétienne Lucina possédait sur la via Ostiense , adjacente à une nécropole – sa foi chrétienne n’a pas fait perdre à l’apôtre les privilèges du citoyen romain qu’il était, et il n’a pas besoin d’être caché. Sa tombe est aussitôt objet de vénération. Au-dessus, est édifiée une cella memoriae ou tropaeum, mémorial, où fidèles et pèlerins viennent, durant ces siècles de persécution, prier et puiser des forces pour poursuivre l’évangélisation du grand missionnaire. 32


LA PLAQUE TOMBALE

À 1,37 m sous l’Autel papal actuel, une plaque tombale de marbre (2,12 m x 1,27 m) porte l’inscription – PAULO APOSTOLO MART… Elle est composée de plusieurs morceaux. Celui qui porte le mot PAULO est muni de trois orifices, un rond et deux carrés. LE SARCOPHAGE

C’est au-dessus d’un massif sarcophage de 2,55 m de long sur 1,25 m de large et 0,97 m de haut que furent érigés les « autels de la Confession » successifs. Au cours des tout récents travaux, une large fenêtre a été pratiquée sous l’Autel papal, permettant aux fidèles d’accéder au tombeau de l’Apôtre. Liturgie d’envoi 1- Si le Père vous appelle à aimer comme il vous aime Dans le feu de son Esprit Bienheureux êtes vous ! Si le monde vous appelle à lui rendre une espérance à lui dire son salut Bienheureux êtes vous ! Si l’Église vous appelle à peiner pour le Royaume aux travaux de la moisson Bienheureux êtes vous ! Tressaillez de joie ! Tressaillez de joie ! car vos noms sont inscrits pour toujours dans les cieux Tressaillez de joie ! Tressaillez de joie ! car vos noms sont inscrits dans le cœur de Dieu

2- Si le Père vous appelle à parler de ses merveilles A montrer qu’il est tendresse Bienheureux êtes vous ! Si le monde vous appelle dans la peine et les tourments A trouver force dans l’autre Bienheureux êtes vous ! Si l’Église vous appelle à nourrir dans la prière Le bonheur de vivre ensemble Bienheureux êtes vous ! 3- Si le Père vous appelle à donner vie par amour A élever ses enfants Bienheureux êtes vous ! Si le monde vous appelle à semer avec patience Pour que lève un blé nouveau Bienheureux êtes vous ! Si l’Église vous appelle à témoigner chaque jour Qu’une famille est lumière Bienheureux êtes vous ! 5- Si le Père vous appelle à montrer qu’il est tendresse, à donner le pain vivant Bienheureux êtes vous ! Si le monde vous appelle au combat pour la justice, au refus d’être violents Bienheureux êtes vous ! Si l’Église vous appelle à l’amour de tous les hommes, au respect du plus petit Bienheureux êtes vous ! 33


De la 2e lettre de saint Paul apôtre aux corinthiens 3, 1-18

C’est pourquoi nous ne perdons pas courage, puisque Dieu, dans sa miséricorde, nous a confié un si grand ministère ; et même, comme nous n’avons aucun motif de honte, nous ne voulons rien cacher ; nous n’employons pas n’importe quel procédé, et nous ne falsifions pas la parole de Dieu. Au contraire, c’est en manifestant la vérité que nous cherchons à gagner la confiance de tous les hommes en présence de Dieu. Et si la Bonne Nouvelle que nous annonçons reste encore voilée, elle n’est voilée que pour ceux qui vont à leur perte, pour les incrédules dont l’intelligence a été aveuglée par le dieu de ce monde (Satan) : il les empêche de voir resplendir dans l’Évangile la gloire du Christ, lui qui est l’image de Dieu. En effet ce que nous proclamons, ce n’est pas nous-mêmes ; c’est ceci : Jésus Christ est Seigneur, et nous sommes vos serviteurs, à cause de Jésus. Car le Dieu qui a dit : La lumière brillera au milieu des ténèbres, a lui-même brillé dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de sa gloire qui rayonne sur le visage du Christ. Mais ce trésor, nous, les Apôtres, nous le portons en nous comme dans des poteries sans valeur ; ainsi, on voit bien que cette puissance extraordinaire ne vient pas de nous, mais de Dieu. A tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés ; nous sommes désorientés, mais non pas désemparés ;nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés ; terrassés, mais non pas anéantis. Partout et toujours, nous subissons dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre corps. En effet, nous, les vivants, nous sommes continuellement livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre existence mortelle. Ainsi la mort fait son oeuvre en nous, et la vie en vous. L’Écriture dit : J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé. Et nous, les Apôtres, animés de cette même foi, nous croyons, nous aussi, et c’est pourquoi nous parlons. Car, nous le savons, celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera, nous aussi, avec Jésus, et il nous placera près de lui avec vous. Et tout ce qui nous arrive, c’est pour vous, afin que la grâce plus abondante, en vous rendant plus nombreux, fasse monter une immense action de grâce pour la gloire de Dieu. C’est pourquoi nous ne perdons pas courage, et même si en nous l’homme extérieur va vers sa ruine, l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour Car nos épreuves du moment présent sont légères par rapport au poids extraordinaire de gloire éternelle qu’elles nous préparent. Et notre regard ne s’attache pas à ce qui se voit, mais à ce qui ne se voit pas ; ce qui se voit est provisoire, mais ce qui ne se voit pas est éternel.

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Seigneur Dieu, notre Père, Nous te rendons grâce pour la part que chacun des baptisés Prend dans l’édification du Corps du Christ et le service de la mission. Nous te disons merci pour ce pèlerinage que tu nous as donné, Comme des vases d’argile, nous portons ta vie, Trésor de nos vies. Seigneur, pardonne nos tiédeurs et nos peurs à répondre et à relayer tes appels. S’il te plait, aujourd’hui encore, donne-nous de vivre joyeusement en chrétiens Pour que notre Église soit missionnaire et fraternelle, fais se lever des hommes aux mains aimantes et complaisantes pour annoncer l’Évangile, pour nous donner ton Fils Jésus et servir l’unité de son corps. Aide nos paroisses, notre aumônerie Ôchâclap à proposer de devenir prêtre, prophète et roi et à soutenir ceux qui accueillent cet appel. Exauce-nous, Dieu notre Père et que ton Esprit fasse de nous les serviteurs de ce que nous te demandons par Jésus-Christ, ton fils Notre Seigneur. Amen. Notre Père

Que vive mon âme à Te louer ! Refrain: Que vive mon âme à Te louer ! Tu as posé une lampe, une lumière sur ma route, Ta parole, Seigneur, Ta parole, Seigneur.

1 - Heureux ceux qui marchent dans tes voies, Seigneur ! De tout mon cœur, je veux garder ta parole ne me délaisse pas, Dieu de ma joie! 2 - Heureux ceux qui veulent faire ta volonté, je cours sans peur sur la voie de tes préceptes et mes lèvres publient ta vérité. 3 - Heureux ceux qui suivent tes commandements ! Oui, plus que l’or, que l’or fin, j’aime ta loi plus douce que le miel est ta promesse. 4 - Heureux ceux qui méditent sur la sagesse ! Vivifie moi, apprends moi tes volontés dés l’aube, de ta joie. Tu m’as comblé. Bénédiction et envoi par les Pères Antoine et Marc.

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L’ É G L I S E en 18 questions Peut-on séparer Christ de l’Église, ou l’Église du Christ ? Absolument non. Il n’y a rien de plus absurde que séparer l’Église du Christ. Entre Christ et l’Église il n’y a aucune division ni opposition. Et cela pour divers motifs : • L’Église est fondée sur les Apôtres, choisis directement par le Christ. Ceux-ci « sont ainsi le signe plus évident de la volonté de Jésus par rapport à l’existence et à la mission de son Église, la garantie que entre Christ et l’Église il n’y a aucune opposition « Benoit XVI, Catéchèse du mercredi, 15/3/06) : « Puis il gravit la montagne et il appelle à lui ceux qu’il voulait. Ils vinrent à lui, et il en institua Douze pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher, avec pouvoir de chasser les démons. Il institua donc les Douze … » (Mc 3,13-16; cfr. Mt 10,1-4; Lc 6,12-16). Par l’intermédiaire des Apôtres, remontons donc à Jésus même. • L’Église est le Corps du Christ, qui en est la Tête (cfr. Eph. 5,3). On ne peut pas séparer la Tête du Corps ni vice versa : on aurait deux réalités dénaturées, décapitées. Christ « est aussi la Tête du Corps, c’est-à-dire de l’Église » (Col 1,18). Christ et l’Église forment le « Christ total - Christus totus. (…) Plénitude du Christ : la Tête et les membres. Quelle est la Tête et quels sont les membres ? Christ et l’Église « (Sant’Agostino, In Iohannis evangelium tractatus, 21, 8); « Tête et membres sont, pour ainsi dire, une seule personne mystique » (San tommaso d’aquino, Summa theologiae, III, q. 48, a. 2, ad 1).). « Comme la tête et le corps forment un unique homme, ainsi le Fils de la Vierge et ses membres élus constituent un seul homme et l’unique Fils de l’homme. Selon l’Écriture, le Christ total et intégral est Tête et Corps, cela veut dire : tous les membres ensemble sont un unique Corps, lequel, avec sa Tête, est l’unique Fils de l’homme ; 36


avec le Fils de Dieu, est l’unique Fils de Dieu ; avec Dieu, est lui-même un seul Dieu. Donc tout le Corps avec la Tête est Fils de l’homme, Fils de Dieu, Dieu. C’est pourquoi on lit dans l’Évangile : « Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous…» (cfr. Gv 17, 21). Selon ce fameux texte de l’Écriture, ni le Corps est sans Tête ni la Tête sans Corps, ni le Christ total, Tête et Corps, est sans Dieu (beato isacco, Discorso 42). • Si on séparait Christ de l’Église : - On aurait une falsification de la réalité et de la mission du Christ même : on aurait « un Jésus de fantaisie. Nous ne pouvons pas avoir Jésus sans la réalité que lui a créée et dans laquelle il se communique. Entre le Fils de Dieu fait chair et son Église, il y a une profonde, inséparable et mystérieuse continuité, sur base de laquelle Christ est présent aujourd’hui dans son peuple » (Benoît XVI, Catéchèse du mercredi, 15/3/06). - On dénaturerait substantiellement la nature même de l’Église, laquelle, séparée de son Fondateur et de sa Tête, ne serait plus la même réalité. L’Église est du Christ, elle est née de Sa volonté, de Son cœur, de Sa mort et Résurrection, de l’effusion de Son Esprit. « L’Église n’a pas d’autre lumière que celle du Christ. Selon une image chère aux Pères de l’Église, elle est comparable à la lune, dont la lumière est toute réfléchie du soleil »(CCC, 748). L’Église donc ne vit pas d’elle-même et pour elle-même, mais du Christ, avec Lui, pour Lui et pour la mission confiée par Lui : annoncer son Évangile et communiquer aux hommes le Salut opéré par Christ. • Nous sommes les membres de l’Église, frères les uns des autres, justement et seulement en tant que nous sommes les frères du Christ. Nous formons l’Église, en tant que Christ nous unit intimement à Lui. C’est Lui qui nous fait devenir, entre nous, une seule chose. Plus nous sommes unis à Lui et plus nous sommes unis entre nous. Cela se réalise en particulier grâce au sacrement de Baptême, en vertu duquel nous sommes unis à la Mort et à la Résurrection du Christ, et grâce au sacrement de l’Eucharistie, grâce auquel « en participant réellement au Corps du Seigneur, nous sommes élevés à la communion avec Lui et entre nous » (Lg, 7). • « Si on n’a pas l’Église pour mère, on ne peut pas avoir Dieu pour Père » Saint Cyprien - début du IIIe siècle - , De Ecclesiae catholicae unitate, 6). « En prenant la nature humaine, le Fils de Dieu s’y est uni très étroitement, au point que non seulement chez cet homme qui est « le premier-né de toute créature », mais encore chez tous les saints, ce n’est qu’un seul et même Christ ; et comme on ne peut séparer la tête de ses membres, on ne peut pas non plus séparer les membres de leur tête » (Pape Leon Le Grand, Homélie 12 sur la passion, 3, 6, 7). Le slogan « Jésus, oui, Église, non » est donc inacceptable du tout et inconciliable avec la volonté du Christ et avec la nature même de l’Église. 37


Entre Christ et l’Église, y a-t-il donc identification ? Non. Il n’y a pas identification, dans la mesure où : • Ce que Christ « est par nature, les membres le sont par participation ; ce qu’Il est, Il l’est en plénitude, ceux-là le sont seulement partiellement. Enfin, ce que le Fils de Dieu est par naissance, ses membres le sont par adoption, comme il est écrit : « Vous avez reçu un esprit de fils adoptifs qui nous fait écrier: Abba! Père! » (Rm 8, 15) (beato isacco, Discours 42). • L’Église a été instituée par Christ, son fondateur. Par conséquent, il y a, entre les deux, la différence qui existe entre Créateur et créature. • L’Église est faite des pécheurs, et Christ, au contraire, est sans péché. « Dans le Symbole des Apôtres nous professons de croire la sainte Église («Credo [...] Ecclesiam»), et non dans l’Église, pour ne pas confondre Dieu avec ses œuvres et pour attribuer clairement à la bonté de Dieu tous les dons qu’Il a répandus à son Église » (CCC, 750). ▪ Entre Christ et l’Église, il n’ y a donc aucune séparation, opposition ni identification. Il y a « la distinction des deux en une relation personnelle » (CCC, 796). C’est cette particulière relation avec Christ qui identifie et caractérise la nature et la mission de l’Église. Que signifie le terme « Église » ? Il désigne le peuple que Dieu convoque et rassemble de tous les confins de la terre, pour constituer l’assemblée de ceux qui, par la foi et par le Baptême, deviennent fils de Dieu, membres du Christ et temple de l’Esprit Saint. Y a-t-il d’autres noms et images avec lesquels la Bible indique l’Église ? Dans la Sainte Écriture, nous trouvons de nombreuses images qui mettent en évidence les différents aspects du mystère de l’Église. L’Ancien Testament privilégie les images liées au peuple de Dieu ; le Nouveau Testament celles se rattachant au Christ comme Tête de ce peuple, qui est son Corps; elles sont tirées de la vie pastorale (bergerie, troupeau, brebis), de la vie rurale (champ, olivier, vigne), de l’habitat (demeure, Pierre, temple), de la famille (épouse, mère, famille). Quels sont le commencement et l’achèvement de l’Église ? L’Église a son commencement et son achèvement dans le dessein éternel de Dieu. Elle a été préparée dans l’Ancienne Alliance par l’élection d’Israël, signe du rassemblement futur de toutes les nations. Fondée sur la parole et sur l’action de Jésus Christ, elle s’est accomplie surtout par sa mort rédemptrice et sa résurrection. Elle s’est manifestée ensuite comme mystère de salut par l’effusion de l’Esprit Saint à la Pentecôte. Elle aura son achèvement à la fin des temps comme assemblée céleste de tous les rachetés. 38


Quelle est la mission de l’Église? La mission de l’Église est d’annoncer et d’instaurer au milieu de toutes les nations le Royaume de Dieu inauguré par Jésus Christ. Elle constitue sur la terre le germe et le commencement de ce Royaume du salut. Dans quel sens l’Église est-elle Mystère ? L’Église est mystère parce que, dans sa réalité visible, elle représente et accomplit une réalité spirituelle, divine, qui se perçoit uniquement avec les yeux de la foi. « Il appartient en propre à l’Église d’être à la fois humaine et divine, visible et riche de réalités invisibles, fervente dans l’action et occupée à la contemplation, présente dans le monde et pourtant étrangère. Mais de telle sorte qu’en elle ce qui est humain est ordonné et soumis au divin ; ce qui est visible, à l’invisible ; ce qui relève de l’action, à la contemplation ; et ce qui est présent, à la cité future que nous recherchons » (Sc, 2). Que signifie: «l’Église est Sacrement universel du salut»? Cela signifie qu’elle est signe et instrument de la réconciliation et de la communion de toute l’humanité avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain. Pourquoi l’Église est le Peuple de Dieu ? L’Église est le peuple de Dieu parce qu’il a plu à Dieu de sanctifier et de sauver les hommes non pas séparément, mais en les constituant en un seul peuple, rassemblé dans l’unité du Père, du Fils et de l’Esprit Saint. Quelles sont les caractéristiques du peuple de Dieu ? Ce peuple, dont on devient membre par la foi au Christ et par le Baptême, a pour origine Dieu le Père, pour Chef Jésus Christ, pour condition la dignité et la liberté des fils de Dieu, pour loi, le commandement nouveau de l’amour, pour mission d’être le sel de la terre et la lumière du monde, pour fin le Royaume de Dieu, déjà commencé sur la terre. Pourquoi dit-on de l’Église qu’elle est l’épouse du Christ ? Parce que le Seigneur lui-même s’est défini comme l’Époux (Mc 2,19), qui a aimé l’Église, qui s’est lié à elle par une Alliance éternelle. Il s’est livré pour elle, afin de la purifier par son sang, de la « rendre sainte » (Ef 5,26)et d’en faire la mère féconde de tous les fils de Dieu. Si le terme de « corps » fait apparaître l’unité de la « tête » et des membres, le terme épouse met en relief la distinction des deux dans une relation personnelle. Pourquoi dit-on de l’Église qu’elle est le temple de l’Esprit Saint ? Parce que le Saint-Esprit réside dans le corps qui est l’Église, dans sa Tête et dans ses membres; en outre, il édifie l’Église dans la charité, par la Parole de Dieu, les sacrements, les vertus et les charismes (Compendium, 147-154; 158-159).

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Quelles sont les notes caractéristiques de l’Église ? L’Église est : • une, « parce qu’elle a comme origine et modèle l’unité d’un seul Dieu dans la Trinité des Personnes; comme fondateur et comme tête Jésus-Christ, qui rassemble tous les peuples dans l’unité d’un seul corps; comme âme l’Esprit Saint, qui unit tous les fidèles dans la communion dans le Christ. Elle a une seule foi, une seule vie sacramentelle, une unique succession apostolique, une commune espérance et la même charité » (Compendium, 161) ; • sainte, « parce que le Dieu Très Saint en est l’auteur ; le Christ s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier et de la rendre sanctifiante ; l’Esprit Saint la vivifie par la charité. En elle réside la plénitude des moyens de salut. La sainteté est la vocation de chacun de ses membres et le but de toute son action. L’Église compte en son sein la Vierge Marie et d’innombrables saints, qui sont ses modèles et ses intercesseurs. La sainteté de l’Église est la source de la sanctification pour ses fils, qui, sur la terre, se reconnaissent tous pécheurs, et qui ont toujours besoin de se convertir et de se purifier » (Compendium, 165) ; • catholique, c’est-à-dire universelle, en tant qu’en elle est présent le Christ : « Là où est Christ Jésus, là est l’Église catholique » (Saint Ignace D’Antiochie). Elle annonce la totalité et l’intégralité de la foi ; elle contient et elle administre la plénitude des moyens de salut ; elle est envoyée en mission à toutes les nations, à toutes les époques et à quelque culture qu’elles appartiennent (Compendium, 166) ; • apostolique, « par son origine, étant construite sur le « fondement des Apôtres » (Ef 2,20) ; par son enseignement, qui est celui même des Apôtres ; par sa structure, en tant qu’édifiée, sanctifiée et gouvernée, jusqu’au retour du Christ, par les Apôtres, grâce à leurs successeurs, les Évêques, en communion avec le successeur de Pierre » (Compendium, 174). « Ces quatre attributs, inséparablement liés entre eux, indiquent des traits essentiels de l’Église et de sa mission. L’Église ne les tient pas d’ellemême ; c’est le Christ qui, par l’Esprit Saint, donne à son Église d’être une, sainte, catholique et apostolique, et c’est Lui encore qui l’appelle à réaliser chacune de ces qualités. Seule la foi peut reconnaître que l’Église tient ces propriétés de sa source divine. Mais, leurs manifestations historiques sont des signes qui parlent aussi clairement à la raison humaine » (CCC, 811812). « L’Église - rappelle le premier Concile du Vatican -, en raison de sa sainteté […], de son unité catholique, de sa constance invaincue, est ellemême un grand et perpétuel motif de crédibilité et une preuve irréfragable de sa mission divine » (Dei Filius, 3). Pourquoi l’Église est toujours dans le besoin de purification ? Parce qu’elle est formée par des pécheurs. Tous les membres de l’Église sont pèlerins ici sur la terre, y compris ses ministres. Ils sont pécheurs, et 40


doivent se reconnaître comme tels, accueillir humblement le pardon divin et vaincre toujours plus en eux-mêmes et dans les autres, le péché. « Mais tandis que le Christ «saint, innocent, sans souillure» (Hébr. 7, 26) n’a pas connu le péché (II Cor. 5, 21) mais est venu seulement expier les péchés du peuple (cf. Hébr. 2, 17), l’Église, qui renferme en son sein les pécheurs, qui est sainte et, en même temps, doit toujours être purifiée, recherche sans cesse la pénitence et le renouvellement » (Lg, 8). Qui fait partie de l’Église Catholique ? «Tous les hommes, sous diverses formes, appartiennent ou sont ordonnés à l’unité catholique du peuple de Dieu. Est pleinement incorporé à l’Église catholique celui qui, ayant l’Esprit du Christ, est uni à elle par des liens de la profession de foi, des sacrements, du gouvernement ecclésiastique et de la communion. Les baptisés, qui ne réalisent pas pleinement cette unité catholique, sont dans une certaine communion, bien qu’imparfaite, avec l’Église catholique » (Compendium, 168). Pourquoi le Christ a institué la hiérarchie ecclésiastique ? « Le Christ a institué la hiérarchie ecclésiastique en vue de la mission de paître le peuple de Dieu en son nom, et c’est pourquoi il lui a donné l’autorité. La hiérarchie est composée des ministres sacrés : Évêques, prêtres, diacres (Compendium, 179), auxquels Christ a confié la mission d’enseigner, sanctifier et gouverner. Ceux-ci exercent une telle mission comme « serviteurs du Christ » (Rm 1,1), imitant Christ lui-même, « Lui qui est de condition divine n’a pas revendiqué son droit d’être traité comme l’égal de Dieu mais il s’est dépouillé prenant la condition d’esclave. Devenant semblable aux hommes et reconnu à son aspect comme un homme il s’est abaissé devenant obéissant jusqu’à la mort, à la mort sur une croix » (Phil 2, 6-8). Que signifie l’affirmation: « Hors de l’Église pas de salut » ? « Cela signifie que tout salut vient du Christ-Tête par l’intermédiaire de l’Église, qui est son Corps. Ne peuvent donc pas être sauvés ceux qui, sachant l’Église fondée par le Christ et nécessaire au salut, ne veulent pas y entrer, ni y persévérer. D’autre part, grâce au Christ et à son Église, peuvent parvenir au salut éternel ceux qui, sans faute de leur part, ignorent l’Évangile du Christ et son Église, mais recherchent Dieu sincèrement et, sous l’influence de la grâce, s’efforcent de faire sa volonté, reconnue à travers ce que leur dicte leur conscience » (Compendium, 171). Pourquoi l’Église doit-elle annoncer l’Évangile au monde entier ? « Parce que le Christ l’a commandé : « Allez et enseignez toutes les nations, baptisant au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit » (Mt 28,19). Ce commandement missionnaire du Seigneur a sa source dans l’amour éternel de Dieu, qui a envoyé son Fils et son Esprit parce qu’ « il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tm 2,4) (Compendium, 172). 41


Ordinaire de la messe

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
 Amen La grâce de Jésus notre Seigneur, l’amour de Dieu le Père et la communion de l’Esprit Saint soient toujours avec vous. Et avec votre esprit. Préparons-nous à la célébration de l’Eucharistie en reconnaissant que nous sommes pécheurs. Je confesse à Dieu tout-puissant, je reconnais devant mes frères, que j’ai péché, en pensée, en parole, par action et par omission ;
oui, j’ai vraiment péché.
C’est pourquoi je supplie la Vierge Marie, les anges et tous les saints, et vous aussi, mes frères, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu. Que Dieu tout-puissant nous fasse miséricorde ; qu’il nous pardonne nos péchés et nous conduise à la vie éternelle. Amen

KYRIE

Seigneur, prends pitié.
Seigneur, prends pitié. 
O Christ, prends pitié.
 O Christ, prends pitié.
 Seigneur, prends pitié.
Seigneur, prends pitié. Kyrie eleison Kyrie eleison Christe eleison Christe eleison Kyrie eleison Kyrie eleison

GLORIA

Gloire à Dieu, au plus haut des cieux,
Et paix sur la terre aux hommes qu’il aime.
Nous te louons, nous te bénissons, nous t’adorons, nous te glorifions, nous te rendons grâce, pour ton immense gloire,
Seigneur Dieu, Roi du ciel,
Dieu le Père tout-puissant. Seigneur, Fils unique, Jésus Christ.
Seigneur Dieu, Agneau de Dieu, le Fils du Père ;
Toi qui enlèves le péché du monde, prends pitié de nous.
Toi qui enlèves le péché du monde, reçois notre prière ;
Toi qui es assis à la droite du Père, prends pitié de nous ;
Car toi seul es saint. Toi seul es Seigneur.
Toi seul es le Très-Haut : Jésus Christ, avec le Saint-Esprit dans la gloire de Dieu le Père.
Amen. PRIÈRE DU JOUR ... 42


LITURGIE DE LA PAROLE PREMIERE LECTURE : ... PSAUME
 DEUXIÈME LECTURE : ... ALLÉLUIA ÉVANGILE Le Seigneur soit avec vous.
 Et avec votre esprit.
 Évangile de Jésus Christ selon saint ...
 Gloire à toi, Seigneur.
 Acclamons la Parole de Dieu.
 Louange à toi, Seigneur Jésus. HOMÉLIE

CREDO

Je crois en un seul Dieu,
Le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible.
Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles :
Il est Dieu, né de Dieu, lumière née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu,
Engendré, non pas créé, de même nature que le Père ; et par lui tout a été fait.
Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel ;
Par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s’est fait homme.
Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il souffrit sa Passion et fut mis au tombeau.
Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Écritures, et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père.
Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts ; et son règne n’aura pas de fin.
Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie ; il procède du Père et du Fils ;
Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire ; il a parlé par les prophètes.
Je crois en l’Eglise, une sainte, catholique et apostolique.
Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés.
J’attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir.
Amen.

LITURGIE DE L’EUCHARISTIE

Tu es béni, Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes ; nous te le présentons : il deviendra le pain de la vie.
 Béni soit Dieu, maintenant est toujours ! 43


Tu es béni, Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce vin, fruit de la vigne et du travail des hommes ; nous te le présentons : il deviendra le vin du Royaume éternel.
 Béni soit Dieu, maintenant et toujours ! Pions ensemble, au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Église.
 Pour la gloire de dieu et le salut du monde. PRIÈRE SUR LES OFFRANDES ... Amen. PRIÈRE EUCHARISTIQUE II Le Seigneur soit avec vous. 
Et avec votre esprit.
 Élevons notre cœur.
 Nous le tournons vers le Seigneur. Rendons grâce au Seigneur notre Dieu.
 Cela est juste et bon. Vraiment, Père très saint, il est juste et bon de te rendre grâce, toujours et en tout lieu, par ton Fils bien-aimé, Jésus Christ : car il est ta Parole vivante, par qui tu as créé toutes choses ;c’est lui que tu nous as envoyé comme Rédempteur et Sauveur, Dieu fait homme, conçu de l’Esprit Saint, né de la Vierge Marie ; pour accomplir jusqu’au bout ta volonté et rassembler du milieu des hommes un peuple saint qui t’appartienne, il étendit les mains à l’heure de sa passion, afin que résurrection soit manifestée.
C’est pourquoi, avec les anges et tous les saints, nous proclamons ta gloire en chantant (disant) d’une seule voix :

SANCTUS Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur, Dieu de l’univers !
 Le ciel et la terre sont remplis de ta gloire.
Hosanna au plus haut des cieux. Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.
Hosanna au plus haut des cieux. Toi qui est vraiment saint, toi qui es la source de toute sainteté, Seigneur nous te prions : Sanctifie ces offrandes en répandant sur elles ton Esprit : quelles deviennent pour nous le corps et + le sang de Jésus, le Christ, notre Seigneur.
 Au moment d’être livré et d’entrer librement dans sa passion il prit le pain, il rendit grâce, il le rompit et le donna à ses disciples, en disant : « Prenez, et mangez-en tous : ceci est mon corps livré pour vous. » De même, à la fin du repas, il prit la coupe ; de nouveau il rendit grâce et la donna à ses disciples, en disant : «Prenez, et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’alliance nouvelle et éternelle qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. Vous ferez cela, en mémoire de moi.» Il est grand, le mystère de la foi : Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, 
 nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire. 44


Faisant ici mémoire de la mort et de la résurrection de ton Fils,
l e pain de la vie et la coupe du salut, et nous te rendons grâce,
 car tu nous as choisis pour servir en ta présence.
 Humblement, nous te demandons qu’en ayant part au corps et au sang du Christ,
 nous soyons rassemblés par l’Esprit Saint en un seul corps. Souviens-toi, Seigneur, de ton Église répandue à travers le monde :
Fais-la grandir dans ta charité avec le Pape ..., notre évêque ..., et tous ceux qui ont la charge de ton peuple. Souviens-toi aussi de nos frères qui se sont endormis dans l’espérance de la résurrection,
et de tous les hommes qui ont quitté cette vie : reçois-les dans ta lumière, auprès de toi. Sur nous enfin, nous implorons ta bonté : Permets qu’avec la Vierge Marie, la bienheureuse Mère de Dieu, avec les Apôtres et les saints de tous les temps qui ont vécu dans ton amitié, nous ayons part à la vie éternelle, et que nous chantions ta louange, par Jésus Christ, ton Fils bien-aimé. Par lui, avec lui et en lui, à toi, Dieu le Père tout puissant,
 dans l’unité du SaintEsprit, tout honneur et toute gloire,
 pour les siècles des siècles. Amen. PRIÈRE EUCHARISTIQUE III Tu es vraiment saint, Dieu de l’univers, et toute la création proclame ta louange, car c’est toi qui donnes la vie, c’est toi qui sanctifies toutes choses, par ton Fils, Jésus Christ, notre Seigneur, avec la puissance de l’Esprit Saint ; et tu ne cesses de rassembler ton peuple, afin qu’il te présente partout dans le monde une offrande pure. C’est pourquoi nous te supplions de consacrer toi-même les offrandes que nous apportons : Sanctifie-les par ton Esprit pour qu’elles deviennent le corps et le sang de ton Fils, Jésus Christ, notre Seigneur, qui nous a dit de célébrer ce mystère. La nuit même où il fut livré, il prit le pain, en te rendant grâce il le bénit, il le rompit et le donna à ses disciples, en disant : «Prenez, et mangez-en tous : ceci est mon corps livré pour vous.» De même, à la fin du repas, il prit la coupe, en te rendant il la bénit, et la donna à ses disciples, en disant : «Prenez, et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’alliance nouvelle et éternelle qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. Vous ferez cela, en mémoire de moi.» Il est grand, le mystère de la foi :
 Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire. 45


En faisant mémoire de ton Fils, de sa passion qui nous sauve, de sa glorieuse résurrection et de son ascension dans le ciel, alors que nous attendons son dernier avènement, nous présentons cette offrande vivante et sainte pour te rendre grâce. Regarde, Seigneur, le sacrifice de ton Église, et daigne y reconnaître celui de ton Fils qui nous a rétablis dans ton Alliance ; quand nous serons nourris de son corps et de son sang et remplis de l’Esprit Saint, accorde-nous d’être un seul corps et un seul esprit dans le Christ. Que l’Esprit Saint fasse de nous une éternelle offrande à ta gloire, pour que nous obtenions un jour les biens du monde à venir, auprès de la Vierge Marie, la bienheureuse Mère de Dieu, avec les apôtres, les martyrs, saint ... et tous les saints, qui ne cessent d’intercéder pour nous. Et maintenant, nous te supplions, Seigneur : Par le sacrifice qui nous réconcilie avec toi, étends au monde entier le salut et la paix. Affermis la foi et la charité de ton Église au long de son chemin sur la terre : veille sur ton serviteur le Pape ... et notre évêque ..., l’ensemble des évêques, les prêtres, les diacres, et tout le peuple des rachetés. Écoute les prières de ta famille assemblée devant toi, et ramène à toi, Père très aimant, tous les enfants dispersés. Pour nos frères défunts, pour les hommes qui ont quitté ce monde, et dont tu connais la droiture, nous te prions : Reçois-les dans ton Royaume, où nous espérons être comblés de ta gloire, tous ensemble et pour l’éternité, par le Christ, notre Seigneur, par qui tu donnes au monde toute grâce et tout bien. Par lui, avec lui et en lui, à toi, Dieu le Père tout-puissant,
dans l’unité du SaintEsprit, tout honneur et toute gloire,
pour les siècles des siècles. Amen.

COMMUNION Comme nous l’avons appris du Sauveur, et selon son commandement, nous osons dire : NOTRE PÈRE Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
 Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
 Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du Mal. Délivre-nous de tout mal, Seigneur, et donne la paix à notre temps ; par ta miséricorde, libère-nous du péché, rassure-nous devant les épreuves, en cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets et l’avènement de Jésus Christ, notre Sauveur. 46


Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, pour les siècles des siècles ! Seigneur Jésus Christ, tu as dit à tes Apôtres : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix», ne regarde pas nos péchés mais la foi de ton Eglise ; pour que ta volonté s’accomplisse, donne-lui toujours cette paix, et conduis-la vers l’unité parfaite, toi qui règnes pour les siècles des siècles. Amen. Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous.
 Et avec votre esprit.

AGNUS

Agneau de Dieu, qui enlèves le péché du monde, prends pitié de nous, (bis).
Agneau de Dieu, qui enlèves le péché du monde, donne-nous la paix. Heureux les invités au repas du Seigneur !
Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir ;
mais dis seulement une parole et je serai guéri. Le corps du Christ.
 Amen PRIÈRE APRÈS LA COMMUNION

CONCLUSION Le Seigneur soit avec vous.
 Et avec votre esprit. Que Dieu tout-puissant vous bénisse,
 Le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
 Amen. Allez, dans la paix du Christ.
 Nous rendons grâce à Dieu.

47


CHANTS Église du Seigneur Peuple de Dieu, cité de l’Emmanuel, Peuple de Dieu, sauvé dans le sang du Christ, Peuple de baptisés, Église du Seigneur, Chante ton Dieu !

1 - Peuple choisi pour être ami de Dieu, Rappelle-toi l’Alliance avec Moïse, Et la promesse faite à ceux qui croient dans le Seigneur. 2 - Peuple choisi pour être ami de Dieu, Rappelle-toi l’annonce du Baptiste : «Dieu va venir ! Prépare le chemin, change ton cœur !» 3 - Peuple choisi pour être ami de Dieu, Rappelle-toi Marie, comblée de grâce, Humble servante nous montrant sa foi dans l’Éternel. 4 - Peuple choisi pour être ami de Dieu, Rappelle-toi le temps de sa visite : Chez les plus pauvres vient le Fils de Dieu, pour te sauver. 5 - Peuple choisi pour être ami de Dieu, Rappelle-toi la croix du Fils unique : Dans sa tendresse, Dieu nous a sauvés en Jésus Christ. 6 - Peuple choisi pour être ami de Dieu, Rappelle-toi le Christ et l’Évangile : «Restez en moi, vivez de mon amour», dit le Seigneur. 7 - Peuple choisi pour être ami de Dieu, Rappelle-toi l’Église du silence : A son exemple, fortifie ta foi dans le Seigneur. 8 - Peuple choisi pour être ami de Dieu, Rappelle-toi l’effort de ceux qui luttent Pour plus d’amour, de paix, de charité dans l’univers. 9 - Peuple choisi pour être ami de Dieu, Rappelle-toi ta marche d’espérance Vers le Royaume où cesse toute peur, près du Seigneur. 48


Dieu nous a tous appelés Nous sommes le corps du Christ, Chacun de nous est un membre de ce corps. Chacun reçoit la grâce de l’Esprit, Pour le bien du corps entier. Chacun reçoit la grâce de l’Esprit, Pour le bien du corps entier.

1 - Dieu nous a tous appelés à tenir la même espérance, Pour former un seul corps baptisé dans l’Esprit. Dieu nous a tous appelés à la même sainteté, Pour former un seul corps baptisé dans l’Esprit. 2 - Dieu nous a tous appelés des ténèbres à sa lumière, Pour former un seul corps baptisé dans l’Esprit. Dieu nous a tous appelés à l’amour et au pardon, Pour former un seul corps baptisé dans l’Esprit. 3 - Dieu nous a tous appelés à chanter sa libre louange, Pour former un seul corps baptisé dans l’Esprit. Dieu nous a tous appelés à l’union avec son Fils, Pour former un seul corps baptisé dans l’Esprit. 4 - Dieu nous a tous appelés à la paix que donne sa grâce, Pour former un seul corps baptisé dans l’Esprit. Dieu nous a tous appelés sous la croix de Jésus Christ, Pour former un seul corps baptisé dans l’Esprit. 5 - Dieu nous a tous appelés au salut par la renaissance, pour former un seul corps baptisé dans l’Esprit. Dieu nous a tous appelés au salut par l’Esprit Saint, Pour former un seul corps baptisé dans l’Esprit. 6 - Dieu nous a tous appelés à la gloire de son Royaume, Pour former un seul corps baptisé dans l’Esprit. Dieu nous a tous appelés pour les noces de l’Agneau, Pour former un seul corps baptisé dans l’Esprit.

49


Peuple de lumière R/ Peuple de lumière, baptisé pour témoigner, 
 Peuple d’Évangile, appelé pour annoncer, 
 Les merveilles de Dieu pour tous les vivants.



 Vous êtes l’Évangile pour vos frères, 
 Si vous gardez ma parole, 
 Pour avancer dans la vérité, 
 Bonne nouvelle pour la terre. 

 Vous êtes l’Évangile pour vos frères, 
 Si vous suivez mon exemple, 
 Pour demeurer dans la charité, 
 Bonne nouvelle pour la terre. 

 Vous êtes l’Évangile pour vos frères, Si vous marchez à ma suite, 
 Pour inventer le don et la joie, 
 Bonne nouvelle pour la terre.

Ta parole nous réveille R/ Tu fais de nous un peuple de témoins Pour dire au monde tes merveilles Tu viens demeurer au coeur de chacun Et ta parole nous réveille

Être attentif aux cris de l’Homme Accueillir le désir de Dieu Recevoir l’Esprit qui libère Témoin du « oui » offert à Dieu Tu fais de nous un peuple de témoins...

Dresser la table du repas Se retrouver pour le festin Ton peuple est là qui te rend grâce Viens nourrir notre humanité Tu fais de nous un peuple de témoins...

Aimer le Père tels que nous sommes Choisir sans attendre demain Et croire en l’Amour qui appelle Dieu nous envoie au cœur du monde Tu fais de nous un peuple de témoins...

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Qui mange ma chair Qui mange ma chair et boit mon sang Demeure en moi et moi en lui. Qui mange ma chair et boit mon sang Demeure en moi et moi en lui.

Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, Vous n’aurez pas la vie en vous. Si vous ne buvez pas le sang du Fils de l’homme, Vous n’aurez pas la vie en vous.

Pour la méditation A23 DANS NOS OBSCURITÉS Taizé Dans nos obscurités, Allume le feu qui ne s’éteint jamais, Qui ne s’éteint jamais Dans nos obscurités, Allume le feu qui ne s’éteint jamais, Qui ne s’éteint jamais A53 JÉSUS LE CHRIST Taizé Jésus, le Christ, lumière intérieure, Ne laisse pas mes ténèbres me parler, Jésus, le Christ, lumière intérieure, Donne-moi d’accueillir Ton amour. A78 MON ÂME SE REPOSE Taizé Mon âme se repose en paix sur Dieu seul, De Lui vient mon salut, Oui, sur Dieu seul mon âme se repose, Se repose en paix. Mon Père, mon Père je m’abandonne à Toi Fais de moi ce qu’il te plaira. Quoique tu fasses, je te remercie, Je suis prêt à tout. J’accepte tout, car Tu es mon Père, je m’abandonne à Toi car Tu es mon Père je me confie en Toi (bis) 51


Notes personnelles ............................................................................................................... ............................................................................................................... ............................................................................................................... ............................................................................................................... ............................................................................................................... ............................................................................................................... ............................................................................................................... ............................................................................................................... ............................................................................................................... ............................................................................................................... ............................................................................................................... ............................................................................................................... ............................................................................................................... ............................................................................................................... ............................................................................................................... ............................................................................................................... ............................................................................................................... ............................................................................................................... ............................................................................................................... ............................................................................................................... ............................................................................................................... .............................................................................................................. 52


Photos et illustrations : couverture, p.2, p.5, p.9, p.11, p.12, p.13, p.14, p.16, p.18, p.19, p.21, p.25, p.27, p.28, p.31, p.32 : Wikipedia.org p.20 : P. Xavier Pallatin

Livret rédigé par le Père Marc Ketterer, prêtre accompagnateur de l’aumônerie Ôchâclap. Maquette et mise en page :

Pierre-Jean Lescure 01 41 90 96 52

Imprimé par CHRONO IMAGES - Clamart Février 2012 53


ÔCHÂCLAP Aumônerie de l’enseignement public de Châtillon, Clamart et du Plessis-Robinson. 54

ochaclap.org

LIVRET ROME  

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