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Envie

publique

d’HABITER Pierre Grasset

Textes Mathilde

Soliméo


Envie

publique

d’HABITER


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. Préface

Il y a quatre-vingt-dix ans naissait l’Office municipal des Habitations à Bon Marché de Villeurbanne. Si l’office prend aujourd’hui le nom de Villeurbanne EST HABITAT, ses premières ambitions sont restées intactes : accompagner et loger dans les meilleures conditions ceux qui rencontrent des difficultés à trouver un toit. Des cités ouvrières des années vingt aux reconstructions de l’après-guerre, des vastes programmes de réhabilitations des années quatre-vingt à la construction de logements à haute performance énergétique, de l’arrivée de populations parfois venues de très loin à la crise actuelle du logement, l’office a su relever les grands défis successifs, trouvant des réponses à chaque époque.

Merci à vous toutes et tous, locataires et collaborateurs, d’avoir accepté de nous accompagner dans cette promenade au cœur du logement social. Merci d’en avoir donné cette image heureuse.

Jean-Paul Bret

Cédric Van Styvendael

Président de Villeurbanne EST HABITAT

Directeur Général de Villeurbanne EST HABITAT

Page après page, Pierre Grasset a su saisir des tranches de vie, des quotidiens, des moments de solitude ou de convivialité. Appartements en cours de rénovation, chantiers de construction au long cours, jeux des enfants, amitiés complices, murs chargés des souvenirs des années passées, anecdotes des plus anciens… Au fil des photographies, la vie surgit dans son immense diversité.

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L’appart écolo

Février - Juin 2009

Rénovation, à l’aide de matériaux naturels, d’un appartement du quartier Saint Jean à Villeurbanne, lors des chantiers jeunes. Dans le cadre de la semaine du développement durable, peinture à la chaux, à la craie, à la pomme de terre... tout a été testé !

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Augustine

, la doyenne de l’office et ses filles, Ana et Marie « Marie est née en 1925 et moi en 1927. Notre maman est la doyenne des locataires. Elle est née en 1903, ce qui veut dire qu’elle est âgée de 106 ans. C’est une force de la nature Augustine. Ses cheveux et ses sourcils deviennent noirs au lieu de blanchir. Elle est toujours aussi belle, son teint est rose comme un bébé. » « Maman a appris la couture pendant sept ans chez les sœurs . Maintenant elle ne peut plus coudre, alors c’est nous qui le faisons. Mais elle a gardé le réflexe, et elle passe son temps à palper les nappes, comme à l’époque. »

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Résidence maryse Bastié Villeurbanne, la veille du démarage des travaux de réhabilitation


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L’ensemble d’écoin sous la combe, Exemple d’une restructuration urbaine en cours , Vaulx-en-Velin

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2 juillet 2009 On va, on vient du marché, un cabas plein de fraîcheur à venir. Les enfants défilent avec une pile de livres scolaires à rendre. Quelques promeneurs longent les rues, d’une ombre à l’autre. Il fait une chaleur assommante. Les ouvriers, imperturbables, poursuivent la réhabilitation du quartier. A l’Espace Carco, Djamila, Ania, Elodie et les autres, se retrouvent autour du barbecue. Devenu une tradition, c’est l’occasion de créer des liens entre les usagers de Carco, qu’ils soient membres des associations ou chefs d’entreprise. Il y a un effet boule de neige : chaque année, ils sont de plus en plus nombreux.

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L’Office regroupe un patrim

oine architectural qui court des

années 20 à nos jours. En ret

our, il génère un patrimoine hu

main d’horizons différents.

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La fête des voisins, Résidences Bonneterre et Mûriers, Villeurbanne. 16 Mai 2009

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La recette de la Tortilla aux poivrons de sébastiana Faire revenir dans de l’huile d’olive des poivrons rouges et verts. Faire frire des pommes de terre découpées en petits dés. Battre cinq ou six oeufs en omelette et verser le tout sur les pommes de terre. Y ajouter les poivrons. La tortilla est bien épaisse : pour la retourner et la faire cuire de l’autre côté, renverser la poêle sur son couvercle. Vous pouvez faire ça au dessus de l’évier et attention à bien tenir les enfants éloignés. Bon appétit… 40


La fĂŞte des voisins, RĂŠsidence Legay-Garnier, Mardi 26 Mai 2009

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Le Vide-Grenier des Plates 16 Mai 2009, Vaulx-en-Velin

Désormais traditionnel, le vide-grenier attire toujours plus de monde. Grâce à la mobilisation des associations, qui permet le bon fonctionnement de ce type d’évènement, chacun semble découvrir une raison commune d’habiter.

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« Sur mon balcon j’ai planté un pêcher, un poirier, un griottier, des tomates, un framboisier, un laurier rouge, de l’eucalyptus... et cette plante avec ses petites fleurs blanches, vous la reconnaissez ? On s’en sert beaucoup en parfumerie... c’est du jasmin ! »

« Avec Reine, nous nous sommes rencontrées en 1951. Elle habitait à Damidot et moi à Maryse Bastié. Une solide amitié est née entre nous. A présent, nous vivons dans le même quartier, nous pouvons nous rencontrer souvent. » Marie

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« Je suis l’un des premiers locataires de cette résidence. La construction a débuté à la fin des années 70 et j’ai emménagé avec ma petite famille en 1981. Ma femme travaille et moi je m’occupe de la maison et de notre petit-fils. »

« Nous nous sommes beaucoup investis dans cet appartement. Je suis plâtrier peintre de métier, alors tous les sept ou huit ans, je refais tout. »

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Avant la Première Guerre Mondiale, s’étendaient ici des prés de vaches et de moutons. La poussée démographique liée à l’industrialisation a conduit l’office municipal de Villeurbanne à réaliser des projets ambitieux pour loger l’afflux de travailleurs. La résidence Colin en est un des premiers exemples. Organisés autour d’une pièce centrale, disposant de l’eau courante, ces appartements constituaient une véritable révolution des modes de vie.

La Résidence Colin, construite en 1926, est la plus ancienne du patrimoine de l’office 55


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La Compagnie KompleXKapharnaüM pour les Invites de Villeurbanne.

Place Wilson, 16 et 17 juin 2009 Les résidences sont souvent animées par différentes manifestations culturelles : ascensions poétiques à Ecoin, représentations théatrales à l’IRA, « lâchés de bulles » de Zéotrope ... Ici les murs de la résidence Wilson servent d’écran géant pour la création « Mémento ».

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Diplomée en philosophie de la Faculté d’Aix-Marseille, Mathilde s’oriente vers le journalisme indépendant. Elle travaille au développement d’une information libre et nourrie.

Mathilde Soliméo &

Pierre Grasset

Photographe professionnel depuis 2007, Pierre inscrit son travail entre le courant documentaliste et la photo sociale. Inspiré par la vie quotidienne, il ne s’agit jamais pour lui de la sublimer mais de rendre visible ce qui, en elle, est déja sublime.

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Le béton n’est plus simplement une matière à travailler, mais le gardien des vies et des histoires. Ici, le logement est conçu dans toutes ses dimensions. C’est avec cet effort constant et un maillage égal de tout le patrimoine que, chacun à son poste, les travailleurs de l’office fabriquent au quotidien des conditions sociales d’habiter. Chaque mur, chaque allée appelle d’autres portraits. C’est avec cette sensibilité que nous avons sillonné les résidences, avec œils et oreilles attachés à l’Homme, au cœur du projet comme au cœur des immeubles.

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Office, habitat, logement… pour certains, il s’agit de béton… nous préferons succomber à l’imaginaire de « la vie mode d’emploi » de Georges Perrec. Chaque appartement est occupé par des vies, des orientations, des rêves, des liens. Nous avons été témoins de ces fils tendus reliant les unes aux autres ces existences particulières. Les anecdotes recueillies forment le début d’une collection sur la vie des locataires.


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