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Escolla e tradución de Francisco Cortegoso POLÍTICAS DO COSMOS Pardonnez-moi mon Dieu parce que j’ai péché ! Les larmes de ma voix, ma fièvre, ma souffrance, Le mal de m’envoler du beau pays de France, N’est-ce assez, mon Seigneur, pour aller me coucher. Trébuchant d’espérance Dans vos bras embaumés, dans vos châteaux de neige ! Seigneur des lieux obscurs, je sais encore prier. C’est moi mon père, un jour, qui me suis écrié : Gloire au plus haut du ciel au dieu qui me protège, Hermès au tendre pied ! Je demande à la mort la paix, les longs sommeils, Le chant des séraphins, leurs parfums, leurs guirlandes, Les angelots de laine en chaudes houppelandes, Et j’espère des nuits sans lunes ni soleils Sur d’immobiles landes. Ce n’est pas ce matin que l’on me guillotine. Je peux dormir tranquille. À l’étage au-dessus Mon mignon paresseux, ma perle, mon Jésus S’éveille. Il va cogner de sa dure bottine À mon crâne tondu. « Pardonnez-moi », Le condamné à mort Jean Genet Perdóame meu Deus porque pequei! Os laios da miña voz, a miña febre, o meu sufrimento, O mal de fuxir da admirábel Francia, Non son suficientes, meu Señor, para acadar o descanso? Caído por esperanza Nos teus brazos embalsamados, nos teus castelos de neve! Señor das escuridades, sei aínda rezar. Son eu meu pai, un día, quen exclama: Gloria no máis alto do ceo para o deus que me protexa, Hermes cara ao tenro pé! Pido na morte a paz, os delongados soños, O canto dos querubíns, os seus perfumes, as súas grilandas, Os anxiños de la sobre cálidas hopalandas, E agardo as noites sen lúas nin soles Sobre de inmóbiles landas. Non será na mañá próxima cando me guillotinen. Podo durmir tranquilo. No andar de arriba O meu adorábel preguiceiro, a miña pérola, o meu Xesús Acorda. El vai tirar da súa dura bota A miña cabeza cortada.


Nous vivons aujourd’hui sous un tout nouveau règne, Et l’entrelacement des circonstances enveloppe nos corps, Baigne nos corps, Dans un halo de joie. Ce que les hommes d’autrefois ont quelquefois pressenti au travers de leur musique, Nous le réalisons chaque jour dans la réalité pratique. Ce qui était pour eux du domaine de l’inaccessible et de l’absolu, Nous le considérons comme une chose toute simple et bien connue. Pourtant, nous ne méprisons pas ces hommes ; Nous savons ce que nous devons à leurs rêves, Nous savons que nous ne serions rien sans l’entrelacement de douleur et de joie qui a constitué leur histoire, Nous savons qu’ils portaient notre image en eux lorsqu’ils traversaient la haine et la peur, lorsqu’ils se heurtaient dans le noir, Lorsqu’ils écrivaient, peu à peu, leur histoire. Nous savons qu’ils n’auraient pas été, qu’ils n’auraient même pas pu être s’il n’y avait pas eu, au fond d’eux, cet espoir, Ils n’auraient même pas pu exister sans leur rêve. Maintenant que nous vivons dans la lumière, Maintenant que nous vivons à proximité immédiate de la lumière Et que la lumière baigne nos corps, Enveloppe nos corps, Dans un halo de joie Maintenant que nous sommes établis à proximité immédiate de la rivière, Dans des après-midi inépuisables Maintenant que la lumière autour de nos corps est devenue palpable, Maintenant que nous sommes parvenus à destination Et que nous avons laissé derrière nous l’univers de la séparation, L’univers mental de la séparation, Pour baigner dans la joie immobile et féconde D’une nouvelle loi Aujourd’hui, Pour la première fois, Nous pouvons retracer la fin de l’ancien règne. Les particules élémentaires (Michel Houellebecq) Vivimos hoxe baixo un reino absolutamente novo, E o entrelazado de circunstancias envolve o noso corpo, Baña o noso corpo, Nun halo de gozo. O que as persoas doutro tempo presentiron algunha vez a través da súa música, Nós realizámolo cada día na realidade práctica. O que era para eles dominio do inaccesíbel e do absoluto, Nós considerámolo como unha cousa ben simple e coñecida. Polo tanto, non desprezamos estas persoas; Sabemos o que lle debemos aos seus soños, Sabemos que non seriamos nada sen o entrelazado de dor e de gozo que constituíu a súa historia, Sabemos que levaban a nosa imaxe consigo cando superaban o mal e o medo, cando se enfrontaban na escuridade,


Cando escribían, pouco a pouco, a súa historia. Sabemos que non serían, que mesmo non poderían ser se non houbera, na súa cerna, esta esperanza, Mesmo non poderían existir sen o seu soño. Agora que nós vivimos na luz, Agora que vivimos na proximidade inmediata da luz E que a luz se deita nos nosos corpos, Envolve os nosos corpos, Nun halo de gozo Agora que ficamos na proximidade inmediata da ribeira, Nas tardes incombustíbeis Agora que a luz ao noso redor devén palpábel, Agora que chegamos ao noso destino E que deixamos detrás nosa o universo da separación O universo mental da separación, Para se deitar no gozo inmóbil e fecundo Dunha nova lei Hoxe, Pola primeira vez, Podemos trazar de novo a fin do antigo reino. Ce matin Une rose s'est ouverte au grand vide, S'est vidée De son sang noir, De tout son sang, de ses robes Et de ses désirs d'abeilles. Une rose S'est dressée vers l'étoile et la douleur, Une rose vide S'est ainsi ouverte au lointain Et Aux regards de l'autre. Les ennuagements du coeur Ives Namur Esta mañá Unha rosa ábrese ao gran baldeiro, Baldéirase Do seu sangue negro, De todo o seu sangue, da súa roupa E dos seus desexos de abellas. Unha rosa Diríxese cara á estrela e a dor, Unha rosa baldeira Ábrese así ao lonxe E Á contemplación do outro. Il disait : les pierres n’ont plus que nous. On les entendait crisser, comme des dents, on les voyait dressées avec leurs noms, leurs dates, ou enfouies dans l’herbe haute. Certaines même étaient couchées. Elles offraient un rebord pour s’asseoir et les sentir vivantes de la chaleur du jour. Il disait : les pierres nous font des signes même / quand nous ne les comprenons plus. Est-ce lui aujourd’hui que nous ne savons plus lire ― ou de loin seulement ? On voit sa pierre, on voudrait s’approcher, mais elle recule. On la cherche entre tant d’autres. On marche. Les pieds se perdent de trop de pas. On ne trouve rien. Puisqu’il est ce silence (Jacques Ancet)


Dicía: as pedras nada teñen senón a nós. Escoitabámolas renxer, como os dentes, viámolas erguerse cos seus nomes, as súas datas, ou agachadas entre a herba alta. Algunhas mesmo deitadas. Ofrecían un rebordo para sentarmos e sentírmolas vivas da calor do día. Dicía: as pedras fannos signos mesmo / cando nós non as comprendemos xa. É que hoxe nós non sabemos xa ler – ou de lonxe soamente? Vemos a súa pedra, quereriamos achegarnos, mais recúa. Procurámola entre tantas outras. Camiñamos. Os pés pérdense de tantos pasos. Nada encontramos. Dans la beauté, toujours. Les arbres qui font la roue, les champs qui étincellent. Dans ce printemps qu’on essaye de garder pour lui. Dans l’espace et le temps des corps. Dans tout ce qui s’appelle vivre – le petit vent, les feuilles qui grésillent, les cris d’oiseaux. Dans le rien du jour, c’est lui, on le sait bien. Parce qu’on le voit, parce qu’on l’entend et qu’il est fait de ce regard, de cette écoute. Dans l’impossible retour, dans l’impossible demain, juste là, au bord, sur le fil du présent, il sourit, il vacille, il sourit. Puisqu’il est ce silence (Jacques Ancet) Na beleza, sempre. As árbores que veñen en roda, os campos que escintilan. Nesta primavera que procuramos gardar para el. No espazo e o tempo dos corpos. En todo que se chama vivir – a brisa, as follas que crepitan, os chíos dos paxaros. No nada do día, está el, ben o sabemos. Porque o vemos, porque o ouvimos e porque el está feito desta ollada, desta escoita. No imposíbel retorno, no imposíbel mañá, xusto aquí, no bordo, sobre o fío do presente, sorrí, vacila, sorrí. Poète, Ne te trompe pas en regardant les hommes. Marcher avec les hommes : Vivre, c'est tout autre chose Que de porter sur soi un manteau de larmes Ou même toute la colère noire des dieux. Vivre, C'est quelque chose de plus Que de simplement parler de l'abeille, du miel de [l'abeille, Du bourdonnement de l'abeille, de la fleur De l'abeille. Vivre, c'est quelque chose de plus Que tout ça. Mais toi, le poète du peu et des riens, Sauras-tu vraiment un jour ce que c'est que de vivre, Que de vivre enfin hors du poème ? La tristesse du figuier (Yves Namur) Poeta, Non te trabuques observando as persoas. Camiñar xunto as persoas: Vivir, é calquera outra cousa Que levar sobre si un manto de lágrimas Ou mesmo toda a cólera negra dos deuses. Vivir,


É calquera outra cousa Que simplemente falar da abella, do mel da abella, Do zunido da abella, da flor Da abella. Vivir, é calquera outra cousa Que todo isto. Mais ti, o poeta de pouco e de nada, Saberás verdadeiramente un día o que é vivir, Vivir definitivamente fóra do poema?


Escolla de Rosa Enríquez JACQUES PRÉVERT Barbara Rappelle-toi Barbara Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là Et tu marchais souriante Épanouie ravie ruisselante Sous la pluie Rappelle-toi Barbara Il pleuvait sans cesse sur Brest Et je t'ai croisée rue de Siam Tu souriais Et moi je souriais de même Rappelle-toi Barbara Toi que je ne connaissais pas Toi qui ne me connaissais pas Rappelle-toi Rappelle-toi quand même ce jour-là N'oublie pas Un homme sous un porche s'abritait Et il a crié ton nom Barbara Et tu as couru vers lui sous la pluie Ruisselante ravie épanouie Et tu t'es jetée dans ses bras Rappelle-toi cela Barbara Et ne m'en veux pas si je te tutoie Je dis tu à tous ceux que j'aime Même si je ne les ai vus qu'une seule fois Je dis tu à tous ceux qui s'aiment Même si je ne les connais pas Rappelle-toi Barbara N'oublie pas Cette pluie sage et heureuse Sur ton visage heureux Sur cette ville heureuse Cette pluie sur la mer Sur l'arsenal Sur le bateau d'Ouessant Oh Barbara Quelle connerie la guerre Qu'es-tu devenue maintenant Sous cette pluie de fer De feu d'acier de sang Et celui qui te serrait dans ses bras


Amoureusement Est-il mort disparu ou bien encore vivant Oh Barbara Il pleut sans cesse sur Brest Comme il pleuvait avant Mais ce n'est plus pareil et tout est abimé C'est une pluie de deuil terrible et désolée Ce n'est même plus l'orage De fer d'acier de sang Tout simplement des nuages Qui crèvent comme des chiens Des chiens qui disparaissent Au fil de l'eau sur Brest Et vont pourrir au loin Au loin très loin de Brest Dont il ne reste rien. TRADUCIÓN: Barbara Lémbrao, Barbara Chovía sen tregua en Brest aquel día E ti camiñabas riseira Alegre radiante enchoupada Baixo a chuvia Lémbrao, Bárbara Chovía sen tregua en Brest Cruceime contigo Na rúa de Siam Ti sorrías Eu tamén sorrín Lémbrao, Bárbara Ti, a quen non coñezo Ti, que non me coñeces Lémbrao Lembra polo menos aquel día Non esquezas... O home baixo o soportal Berrando o teu nome Bárbara E ti fuches correndo cabo del baixo a chuvia Enchoupada, radiante, feliz Botácheste nos seus brazos Lémbrao Bárbara Non me teñas raiba se che tutear Tuteo a todos os que amo Aínda que os vise unha unha soa vez Tuteo aos que se aman Aínda que non os coñeza Lémbrao Bárbara Non esquezas


Esta chuvia sabia e feliz No teu rosto feliz Nesta vila feliz Esta chuvia na maré No estaleiro No barco de Ouessant Ouh Barbara Que putada esta guerra Mírate agora Baixo a chuvia gris De lume aceiro e sangue Onde vai aquel que te bicaba Amorosamente Está morto, desparecido, aínda vivo? Ouh Barbara Chove sen tregua en Brest Como antes Mais xa non é igual Está todo estragado É a chuvia dun duelo terríbel e desolado Tampouco non é a mesma treboada De lume aceiro e sangue Son simplemente nubes Rebentando coma cans Cans que esmorecen Nos fíos de auga en Brest E van podrecer lonxe Lonxe moi lonxe de Brest Onde non queda ren. FAMILIALE La mère fait du tricot Le fils fait la guerre Elle trouve ça tout naturel la mère Et le père qu'est-ce qu'il fait le père? Il fait des affaires Sa femme fait du tricot Son fils la guerre Lui des affaires Il trouve ça tout naturel le père Et le fils et le fils Qu'est-ce qu'il trouve le fils? Il ne trouve absolument rien le fils Le fils sa mère fait du tricot son père des affaires lui la guerre Quand il aura fini la guerre Il fera des affaires avec son père La guerre continue la mère continue elle tricote Le père continue il fait des affaires Le fils est tué il ne continue plus Le père et la mère vont au cimetière


Ils trouvent ça naturel le père et la mère La vie continue la vie avec le tricot la guerre les affaires Les affaires la guerre le tricot la guerre Les affaires les affaires et les affaires La vie avec le cimetière. TRADUCIÓN: ESCENA FAMILIAR A nai fai punto O fillo vai na guerra. A nai ve normal todo isto E o pai? Que fai o pai? Fai negocios. A muller fai punto O fillo a guerra El negocios O pai ve normal todo isto E o fillo e o fillo Como o ve o fillo? El non o ve de de ningunha maneira O fillo... súa nai fai punto seu pai negocios El a guerra Ao rematar a guerra fará negocios Co seu pai A guerra continúa a nai continúa: fai punto O pai continúa: fai negocios Ao fillo mátano: non continúa O pai e a nai van ao cemiterio O pai e a nai consideran isto normal A vida continúa A vida co punto a guerra os negocios Os negocios a guerra o punto a guerra Os negocios os negocios e os negocios A vida no cimeterio. EDITH AZAM (1973) Tellement belle: garçon-fille Jérôme dans la nuit appelle, Jérôme hurle qu'il ne tient plus qu'il a besoin de mes caresses que ma peau mon visage: ça tue. Jérôme hurle me préviens, m'écrit qu'il ira jusqu'au bout et de ma chambre je l'imagine très bien comment c'est métallique le souffle de Jérôme, comment lorsqu'il respire : respiration-couteau. Et me fait peur Jérôme, Jérôme me fait peur d'avoir si mal de moi. Je le vois fatigué les yeux hôpital-cire, les mains clouées papier à


lettres... Jérôme avec ses lettres, ses mains, les cloue dans ma peau. TRADUCIÓN: Tan fermosa: home-muller Xerónimo chama á noite, Xerónimo berra que xa non o soporta que precisa de aloumiños que a miña pel o meu rosto... matan Xerónimo ouvea avísame, escríbeme que irá até ao fondo e no meu cuarto imaxino o alento metálico de Xerónimo, como cando respira: respiración-coitelo mete medo Xerónimo, faime tremer que sufra tanto por min Miro os seus ollos cansos hospital-cirio, as mans pegadas ás cartas Xerónimo coas súas cartas Xerónimo coas súas mans enterradas na miña pel Texte du livre Décembre m'a ciguë "Le ciel se multiplie et me dépose au mieux lointain de ce que je crois être. L'étrange sensation d'une perte admise, recueillie. Une forme de légère bruine intérieure dont pas un seul mot ne parvient à en exprimer : la douceur. La douceur parce que, quelque chose, interminablement se poursuit. Il s'agit de la perte, sans doute oui, et d'une errance dans l'espace, en son creux. Exister, ne plus être, commencer ou finir : tout me paraît égal, dans une énergie souple et confiante. Une totale disparition qui m'apprend comment m'apparaître. Seule la vibration existe. Alors : que je me taise, qu'il y ait ce long silence du corps. Et, écrivant cela, il est bien évident que ce vers quoi j'aspire est au-delà du mort. Une fois encore je voudrais inventer un autre vocabulaire. Au fond comment penser réellement dans la langue si elle n'est pas, dès le départ, orpheline, c'est-à-dire sacrifiée : plus haute. Je reste longtemps dans la nuit, à m'agrandir du ciel qui repose sur mon front. Plus tard, je me reprends dans la parole, il est décembre, il est infernalement ce mois-là, ai-je vraiment notion des choses qui glaçonnent?" "Tracer un cercle sur le sol, la terre à l'intérieur, y mettre la mémoire et la laisser trembler: dans la lenteur, qu'elle me traverse." TRADUCIÓN Texto do libro: Cicuta en decembro "O ceo faise moi ancho e deposita o meu corpo máis lonxe do que eu cría estar. A estraña sensación dunha perda admitida, aceptada. Unha especie de babuña interior e lixeira que ningunha palabra podería expresar: a dozura. Dozura porque algo, incansabelmente, continúa. Trátase da perda, sen dúbida, si, e deste vagar errático polo espazo, no seu van. Existir, non volver ser, comezar ou rematar: fáiseme todo igual, nunha flexíbel e confiada enerxía. A


desaparición total que me aprende a me facer visíbel. Só a vibración existe.Entón calo, que se abra este longo silenzo do corpo. E, ao eu escribir isto, faise evidente que este verso ao que aspiro está máis alá da morte. Unha vez máis querería inventar outro vocabulario. No fondo, como pensar realmente na lingua se non está, dende o principio, orfa, é dicir, sacrificada: máis alta. Fico moito tempo na noite, medrando no ceo que repousa na miña fronte. Máis tarde, retomo a palabra, estamos en decembro, nese mes infernal, teño eu verdadeira noción das cousas conxeladas? “Trazar un círculo no chan, a terra interior, colocar alí a memoria e deixala tremer: no seu lentor e que me atravese” AIMÉ CÉSAIRE: Cahier d’un retour au pays natal Partir. Mon coeur bruissait de générosités emphatiques. Partir… j’arriverais lisse et jeune à ce pays dont le limon entre dans la composition de ma chair: “J’ai longtemps erré et je reviens vers la hideur désertée de vos plaies” Je viendrais à ce pays mien et je lui dirais: “Embrassez-moi sans crainte… Et si je ne sais que parler, c’est pour vous que je parlerai”. Et je lui dirais encore: “Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent ao cachot du désespoir” Et venant je me dirais à moi-même: “Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l’attitude stérile du spectateur, car la vie n’est pas un spectacle, car une mer de douleurs n’est pas un proscenium, car un home qui crie n’est pas un ours qui danse…” Et voici que je suis venu! TRADUCIÓN: Caderno de volta ao país natal Partir. O meu corazón era un murmurio de enfatizada xenerosidade. Partir… Chegarei xoven e sinxelo a ese meu país e direille ao país cuxa lama conforma a miña carne: “Andei moito e velaiquí estou de regreso ao horror das túas chagas”


Irei a ese meu país e diríalle: “Abrázame sen medo… que se só sei falar, falarei por ti” E direille máis: “A miña boca ha ser a boca das desgrazas que non teñen boca, a miña voz a liberdade das voces soterradas no alxube” E polo camiño direime a min mesmo: “E por riba de todo, corpo e alma de meu, non vos crucedes de brazos en actitude de espectador estéril, pois a vida non é un espectáculo, unha maré de dor non será un proscenio, un home que berra non é un oso que danza” E velaiquí estou de volta. POÈME: Hors de jours étrangers mon peuple quand hors de jours étrangers germeras-tu une tête bien tienne sur les épaules renouées et ta parole le congé dépêché aux traitres aux maîtres le pain restitué la terre lavée la terre donnée quand quand donc cesseras-tu d’être le jouet sombre au carnaval de autres ou dans les champs d’autrui l’épouvantail désuet demain à quand demain mon people la déroute mercenaire finie la fête mais la rougeur de l’est au coeur de balisier peuple de mauvais sommeil rompu peuple d’abîmes remontés peuple de cauchemars domptés peuple nocturne amant des fureurs du tonnerre demain plus haut plus doux plus large et la houle torrentielle des terres


à la recherche salubre de l’orage TRADUCIÓN: Fóra dos días estranxeiros pobo meu cando alén dos días alleos erguerás a cabeza sobre o teu ombreiro dobregado e a túa palabra tras botar fóra os traidores aos amos co pan recobrado e a terra limpa a terra restituída cando deixarás de ser o xoguete escuro no entroido dos outros ou espantallo antigo nos campos alleos mañán cando mañán pobo meu a derrota mercenaria a festa rematada mais o rubor do leste está na polpa da cana das indias pobo esperto dun mal soño pobo de abismos remontados pobos de pesadelos dominados pobo nocturno amante do furor da trebaoda mañán máis alto máis doce máis ancho e as torrenciais ondas da terra no arado en salobre tempestade Escolla de Comba Campoy Joyce Mansour, de Cris. Laisse-moi t’aimer. J’aime le goût de ton sang épais Je le garde longtemps dans ma bouche sans dents. Son ardeur me brûle la gorge. J’aime ta sueur. J’aime caresser tes aisselles Ruisselantes de joie. Laisse-moi t’aimer Laisse-moi sécher tes yeux fermés


Laisse-moi les percer avec ma langue pointue Et remplir leur creux de ma salive triomphante. Laisse-moi t’aveugler. Laissez flottez vos yeux sur les vagues Laissez le vent remplir vos corps de ses cris Offrez vos ventres velus aux caresses du soleil Usez de vos voix, de vos vies, de vos femmes Mais ne regardez pas mes yeux endormis De peur que mon regard ne s’unissent à vos pensées Tu veux mon ventre pour te nourrir Tu veux mes cheveux pour te rassasier Tu veux mes reins mes seins ma tête rasée Tu veux que je meure lentement lentement Que je murmure en mourant des mots d’enfant. Je frémis sous tes mains joyeuses Je bois le sang qui tombe de ta bouche enfante Le drap noir rampe sous nos jambes unies Et tandis que tu mâches mon oreille détachée Je chante ton nom et mes rêves écartés J’ai ouvert ta tête pour lire tes pensées J’ai croqué tes yeux pour gouter ta vue J’ai bu ton sang pour connaitre ton désir Et de ton corps frissonnant, j’ai fait mon aliment

Les machinations aveugles de tes mains Sur mes seins frissonnants Les mouvements lents de ta langue paralysée Dans mes oreilles pathétiques Toute ma beauté noyée dans tes yeux sans prunelles La mort dans ton ventre qui mange ma cervelle Tout ceci fait de moi une étrange demoiselle. Femme assise devant une table cassée La mort dans le ventre. Rien dans l’armoire. Fatiguée de tout même de ses souvenirs Elle attend fenêtre ouverte La lumière aux mille visages Qu’est la folie ........................ Fièvre ton sexe est un crabe Fièvre les chats se nourrissent à tes mamelles vertes. Je veux me montrer nue à tes yeux chantants. Je veux que tu me voies criant de plaisir. Que mes membres pliés sous un poids trop lourd


Te poussent à des actes impies. Que les cheveux lisses de ma tête offerte S’accrochent à tes ongles courbés de fureur. Que tu te tiennes debout aveugle et croyant Regardant de haut mon corps déplumé. Oui j’ai des droits sur toi Je t’ai vue égorger le coq Je t’ai vue laver tes cheveux dans l’eau souillée des égouts Je t’ai vue soûle de la riche odeur des abattoirs La bouche emplie de viande Les yeux pleins de rêves Marcher sous le regard des hommes épuisés

Les vices des hommes Sont mon domaine Leurs plaies mes doux gâteaux J’aime mâcher leurs viles pensées Car leur laideur fait ma beauté. Lèvres acides et luxurieuses Lèvres aux fadeurs de cire Lobes boudeurs moiteurs sulfureuses Rongeurs rimeurs plaies coussins rires Je rince mon épiderme dans ces puits capitonnés Je prête mes échancrures aux morsures et aux mimes La mort se découvre quand tombent les mâchoires La minuterie de l’amour est en dérangement Seul un baiser peut m’empêcher de vivre Seul ton pénis peut empêcher mon départ Loin des fentes closes et des fermetures à glissière Loin des frémissements de l’ovaire La mort parle un tout autre langage Oublie-moi Que mes entrailles respirent l’air frais de ton absence Que mes jambes puissent marcher sans chercher ton ombre Que ma vue devienne vision Que ma vie reprenne haleine Oublie-moi mon Dieu que je souvienne. Deixame amarte. Amo o gosto do teu sangue espeso Gardoo muito tempo na miña boca sen dentes. O seu ardor queima a miña gorxa. Amo o teu suor. Gústame acariñar as túas axilas que escorregan alegria. Deixame amarte. Deixame secar os teus ollos fechados


Deixame furarchos coa miña lingua bicuda E encher os ocos co meu cuspe triunfante Deixame cegarte. Deixade flotar os vosos ollos nas ondas Deixade o vento encher os vosos corpos cos seus berros Ofrecede os vosos ventres velosos aos afagos do sol Usade as vosas voces, as vosas vidas, as vosas mulleres Mais non miredes os meus ollos durmidos Por medo a que o meu ollar non se una aos vosos pensamentos Queres o meu ventre para alimentarte Queres os meus cabelos para te saciar Queres os meus rils os meus seos a miña cabeza rasa Queres que morra lentamente lentamente Que murmure morrendo verbas de meniña. Tremo baixo as túas mans ledas Bebo o sangue que cae da túa boca a abrollar A saba negra repta baixo as nosas pernas enroscadas E en tanto ti mastigas a miña orella Canto o teu nome e os meus soños arredados. ………………….. Abrín a túa cabeza para lerche os pensamentos Mastiguei os teus ollos para provar a túa vista Bebín o teu sangue para coñecer o teu desexo E do teu corpo trémulo fixen o meu alimento. As cegas maquinacións das túas mans Sobre os meus seos trementes Os movimentos lentos da túa lingua paralisada Nas miñas orellas patéticas Toda a miña beleza afogada nos teus ollos sen meniñas A morte no teu ventre que come os meus miolos Todo isto fai de min unha dama estraña. .... Muller sentada diante dunha mesa quebrada A morte no estómago. Nada no armario. Cansa de todo mesmo das súas lembranzas Agarda xanela aberta A luz de mil caras Que é a loucura. ….. Febre o teu sexo é un caranguexo Febre os gatos aliméntanse das túas mamilas verdes. Quero amosarme espida aos teus ollos cantareiros. Quero que me vexas berrar de pracer. Que os meus membros pregados baixo un peso excesivo


Te induzan a actos impios. Que os cabelos lisos da miña testa ofrecida Se enguedellen nas túas unllas arqueadas de furor. Que te manteñas en pé cego e crente. A ollar desde o alto o meu corpo desplumado. Si, eu teño dereitos sobre ti Vin como degolabas o galo Vin como lavabas os cabelos na auga emporcallada dos esgotos Vinte bébedo do cheiro opulento dos matadoiros A boca chea de carne Os ollos cheos de soños Camiñar baixo a mirada dos homes esgotados. ……. Os vicios dos homes Son o meu dominio As súas feridas os meus doces Gosto de mastigar os seus vis pensamentos Pois a súa fealdade fai a miña fermosura. …… Beizos acedos e luxuriosos Beizos insípidos como a cera Lóbulos taciturnos transpiracións sulfúreas Roedores poetastros feridas coxíns risos Esfrego a miña epiderme neses pozos acolchoados Empresto os meus escotes ás mordeduras e a mímica A morte descóbrese cando caen as queixadas A maquinaria do amor está en desorde Só un beixo pode impedirme vivir Só o teu pene pode evitar a miña partida Lonxe das fendas clausuradas e dos fechos corredizos Lonxe dos estremecimentos do ovario A morte fala un outro idioma ........................ Esquéceme Que as miñas entrañas respiren o ar fresco da túa ausencia Que as miñas pernas poidan camiñar sen procurar a túa sombra Que a miña vista deveña visión Que a miña vida recupere o hálito Esquéceme meu Deus que lembre.

Une femme créait le soleil Une femme créait le soleil En elle Et ses mains étaient belles la terre plongeait sous ses pieds L’assaillant de l’haleine fertile Des volcans


Ses narines palpitaient ses paupières se baissaient Empesées par le lourd limon de l’oreiller C’est la nuit Et l’égratignure tranquille où meurt le vide haletant Se bat se débat s’ouvre et doucement se ferme Sur la verge dodelinante de Noé l’explorateur Unha muller creaba o sol Unha muller creaba o sol Nela E as súas mans eran fermosas a terra mergullábase baixo os seus pés Alsaltándoa do bafo fecundo Dos volcáns As súas ventas palpitan as suas pálpebras descen Amidoadas polo pesado limo da almofada É a noite E a rabuñadura tranquila onde o valeiro anelante morre Bátese debátese ábrese e docemente péchase. Sobre a vara bambaleante de Noé o explorador Joyce Mansour, Cris, (Éditions Seghers, Paris, 1953 in 101 Poèmes sur les femmes, choisis et présentés par Patricia Latour, Le Temps des Cerises, 2005, page 54.) Du doux repos Prends vite une plume Écris Je volerai je volerai L’orbite de la lune sauvage Les grêles sanglots des vagues Venues de l’autre rive Vagues vaguelettes bandelettes et babillage Écris Roule entre mes bras Ainsi qu’un caillou entre le ciel et le fond D’un puits Le sable sauvegarde de l’aveugle Sur le parchemin de sa nuit Prends vite du papier Écris Suis-moi entre les plates-bandes Tranchées béquilles épines Écoute Les confidences de la rose Mâchées hachées anodines

Do doce repouso


Colle rápido unha pluma Escribe Voarei voarei A órbita da lúa salvaxe Os xemidos agudos das ondas Chegadas da outra marxe Ondas ondiñas fíos e conversa Escribe Rola entre os meus brazos Igual ca un seixo entre o ceo e o fondo dun pozo A area salvoconduto do cego Sobre o pergameu da súa noite Colle papel depresa Escribe Ségueme por entre as platabandas Trincheiras muletas espiñas Escoita As confidencias da rosa Mastigadas picadas anódinas Joyce Mansour, Carré blanc (éditions Le Soleil noir, 1961, p. 121.) Le soleil dans le capricorne Trois jours de repos Pourquoi pas la tombe J’étouffe sans ta bouche L’attente déforme l’aube prochaine Et les longues heures de l’escalier Sentent le gaz À plat ventre j’attends demain Je vois luire ta peau Dans la grande trouée de la nuit Le balancement lent d’un beau clair de lune Sur la mer intérieure de mon sexe Poussière sur poussière Marteau sur matelas Soleil sur tambour de plomb Toujours souriant ta main tonne l’indifférence Cruellement vêtu incliné vers le vide Tu dis non et le plus petit objet qu’abrite un corps de femme Courbe l’échine Nice artificielle Parfum factice de l’heure sur le canapé Pour quelles pâles girafes Ai-je délaissé Byzance La solitude pue Une pierre de lune dans un cadre ovale Encore un poignard palpitant sous la pluie


Diamants et délires du souvenir de demain Sueurs de taffetas plages sans abri Démence de ma chair égarée

O sol en Capricornio Tres días de repouso Por que non o túmulo Abafo sen a túa boca A espera deforma a alba próxima E as longas horas da escada Cheiran a gas Abaixada agardo a mañá Vexo resplandecer a túa pel Na grande fenda da noite A lenta oscilación dun fermoso luar No mar interior do meu sexo Pó sobre pó Martelo sobre colchón Sol sobre tambor de chumbo Sempre sorrinte a túa man retumba a indiferencia Vestido cruelmente inclinado cara o baleiro Tu dis non e o obxecto máis pequeno que abriga un corpo de muller Dobra a espiña dorsal Nice/inxeñuo artificial Perfume facticio da hora sobre o sofá Para algunhas xirafas pálidas Ah deixei Bizancio abandonada A soidade fede Unha pedra luar nun cadro oval Aínda um puñal palpitante baixo a chuva Diamantes e délirios da lembranza de mañá Suores de tafetá praias sen abrigo Démencia da miña carne extraviada Joyce Mansour, poème de Carré blanc, Prose & poésie, Œuvre complète, éd. Actes Sud, 1991, pp. 415-416 (Carré blanc, dédicacé à André Breton, a été premièrement publié en 1965 aux éd. du Soleil noir) J’ai volé l’oiseau jaune Qui vit dans le sexe du diable Il m’apprendra comment séduire Les hommes, les cerfs, les anges aux ailes doubles, Il ôtera ma soif, mes vêtements, mes illusions, Il dormira, Mais moi, mon sommeil court sur les toits Murmurant, gesticulant, faisant l’amour violemment, Avec des chats. Roubei o paxaro amarelo


Que habita no sexo do diabo El ensinarame a seducir os homes, os cervos, os anxos de avas duplas, El tirarame a sede, os vestidos, as ilusións, El durmirá, Mas eu, o meu sono corre sobre os teitos Murmurando, xesticulando, facendo o amor violentamente, Cos gatos. Invitez-moi à passer la nuit dans votre bouche Racontez-moi la jeunesse des rivières Pressez ma langue contre votre œil de verre Donnez-moi votre jambe comme nourrice Et puis dormons frère de mon frère Car nos baisers meurent plus vite que la nuit. Invíteme a pasar a noite na súa boca Cónteme a mocidade dos ríos Aperte a miña língua contra o seu ollo de vidro Déame a súa perna como ama de cría E despois durmamos irmao do meu irmao Pois os nosos bicos morren máis axiña que a noite. Déchirures (1965, Éditions de Minuit) C'était hier. Le premier poète urinait son amour Son sexe en deuil chantait bruyamment Les chansons gutturales Des montagnes Le premier dieu debout sur son halo Annonçait sa venue sur la terre évanouie C'était demain. Mais les hommes à tête de chat Mangeaient leurs yeux brouillés Sans remarquer leurs églises qui brûlaient Sans sauver leur âme qui fuyait Sans saluer leurs dieux qui mouraient C'était la guerre. Era onte. O primeiro poeta urinaba o seu amor O seu sexo en loito cantaba ruidosamente Cánticos guturais Das montañas O primeiro deus en pé sobre a súa auréola Anunciaba a súa chegada á terra esvaecida Era mañá. Mais os homes con cabeza de gato Comían os seus ollos queimados


Sen reparar nas súas igrexas que ardían Sen salvar as súas almas que fuxían Sen saudar aos seus deuses que morrían Era a guerra. Déchirures (1955)

Franceses  

Textos lidos na sesión dos Picaversos FRANCESES, celebrada na Igrexa da USC o martes 25 de febreiro e coa participación de Rosa Enríquez, Fr...

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