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VIE Chrétienne LA

Un magazine de partage - Numéro 27

Hiver 2008/2009

CROIRE POUR Y AVOIR PART


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Qui sommes-nous ?

Comment votre numéro a-t-il été payé ? La production de ce numéro a été rendue possible grâce à celles et à ceux qui ont contribué volontairement à son financement. Nous sommes reconnaissants envers nos lectrices et nos lecteurs pour leur généreux soutien. Les contributions volontaires sont acceptées avec gratitude. Par virement : Le Crédit Lyonnais - Rib 30002 00829 0000005563E 51 Paris Les Colonnes Par chèque bancaire à l’ordre de : La Prudentielle -Siège social : 53, rue Raymond-Losserand - 75014 Paris Si vous partagez les valeurs chrétiennes promues dans notre magazine, effectuez vos dons Par chèque à l’ordre de l’Eglise Universelle de Dieu - Le Monde A Venir ou par virement : Le Crédit Lyonnais - Rib 30002 00497 0000005536P 15 LCL Paris Les Colonnes

La Vie Chrétienne est publiée par La Prudentielle. Cette association philantropique a pour objet le rapprochement et le partage entre les hommes. Elle s’associe aux valeurs des enseignements de Jésus en apportant une compréhension contemporaine du message évangélique. La Vie Chrétienne est offerte gratuitement à toute personne qui en fait la demande. La Vie Chrétienne étant un magazine de partage, nous vous remercions de nous faire parvenir vos suggestions et vos commentaires. En revanche, la Rédaction se réserve le droit de choisir pour publication parmi les courriers qu’elle reçoit.

Les références et les citations bibliques dans ce numéro sont tirées de la Sainte Bible, Louis Segond, version revue 1975, sauf exceptions qui sont alors mentionnées.

Dans ce numéro... p4. p6. p8.

IL S’APPELLE JESUS-CHRIST

L’EVANGILE REVELE : ETUDE DE GALATES 1

UN POUR TOUS

p10. CROIRE POUR Y AVOIR PART ©Istockphoto

p12.

UNE HABITATION DE DIEU EN ESPRIT

p13.

PIERRE, PAUL, JACQUES ET LES AUTRES...

p14. p15. p16. p17. p18.

DIEU EST-IL CONTRE LE PROFIT ?

JESUS EST-IL LE PLAN B ?

LA LUMIERE DES HOMMES

L’AMITIE EN CHRIST

QUE TA VOLONTE SOIT FAITE

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LA VIE CHRETIENNE est une revue ayant pour éditeur LA PRUDENTIELLE, 53 rue Raymond-Losserand, 75014 Paris, tél.: 01 43 22 60 84 - Tél. 06 81 14 83 22, site Internet: www.lemondeavenir.com, e-mail: contact@lemondeavenir.com. ISSN: 1062-0532. LA PRUDENTIELLE est bienfaitrice de l’ EGLISE UNIVERSELLE DE DIEU / LE MONDE A VENIR. COORDINATEUR DE LA PRODUCTION: Dominique Alcindor - COMITE ASSOCIE A LA PRODUCTION ET A LA REDACTION : Gérard Claude, Roger Guilbert, Marie-Angélique Picard, Gérard Stévenin - COMITE DE LECTURE: Catherine Aubel, Françoise Avouac, Sylviane Brunet, Marie-Hélène Fontaine, Sabine Pelletingeas TRADUCTEURS : Jean-Pierre Roche, Michel Vatry DOCUMENTATION: Marc Mangonot - PHOTOS: Sabine Pelletingeas, Françoise Stévenin, Istockphotos - SECRETARIAT: Marie-Hélène Fontaine - MISE EN PAGE PROMOTION ET RELATIONS LECTEURS: Marie-Angélique Picard COLLABORATION A CE NUMERO: Patrice Dutrois, Dominique Greenwood, Baxter Kruger, Michael Morrison, Jeannine Putin, Jean-Pierre Roche, Joe Tkach, Michel Vatry - Imprimé en France : IMPRIMERIE RECTO VERSO, 23 rue Waldeck Rousseau, 94400 Vitry-sur-Seine. © Copyright, La Prudentielle 2009 - Tous droits réservés. COORDONNEES DES ASSOCIATIONS CULTUELLES MEMBRES DE L’UNION des EGLISES UNIVERSELLES DE DIEU - LE MONDE A VENIR: En FRANCE METROPOLITAINE, contacter LA PRUDENTIELLE - En MARTINIQUE: B.P. 710 - 97207 Fort-de-France Cedex, 69 Rocade du Bel Horizon, Ravine Vilaine - 97200 Fort-de-France En GUADELOUPE: Attn. M. et Mme Klock -B.P. 110 - 97130 Capesterre-Belle-Eau - En BELGIQUE : B.P. 12 - 1410 Waterloo.

La Vie Chrétienne - N° 27


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EDITORIAL

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n entrant dans Césarée de Philippe, Jésus demanda à Ses disciples : «Qui dit-on que Je suis ?» (Marc 8 : 27-29). Si Jésus-Christ pose cette question, ce n'est pas qu'Il a besoin d'être rassuré. Il tient surtout à ce que Ses disciples réfléchissent sur Son identité, Lui qu'ils suivent maintenant depuis plusieurs mois. Dans un premier temps, les disciples Lui rapportent ce qui se disait dans la rue, qu'Il était la réincarnation de Jean-Baptiste ou d'Elie. Mais ce qui intéressait le Christ en premier lieu était de connaître le point de vue de Ses disciples. En s'adressant alors spécifiquement à eux, Il réitère Sa question : «Mais qu'en est-il de vous ?» C'est alors que Pierre, fidèle à sa réputation de meneur du groupe, répondit au nom de tous les autres : «Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant !» Quelle déclaration ! Et selon vous, qui est Jésus-Christ ? Le connaissez-vous ? Certes, vous savez des choses sur Lui, mais que signifie-t-Il pour vous ? La question se conjugue au présent car Jésus-Christ existe toujours. Au passé, la question : «qui était Jésus-Christ ?» pourrait laisser croire qu'Il n'est plus ou qu'Il a été englouti dans l'histoire. Or, JésusChrist est plus qu'un simple personnage historique. A travers les pages de ce magazine, nous souhaitons vous faire découvrir Jésus. Pas seulement le Jésus historique, Celui dont beaucoup admettent à la rigueur l'existence, mais aussi et surtout le Jésus Sauveur, réconciliant toute l'humanité avec Dieu, le Père. Le Jésus que nous annonçons est Celui qui est venu, en s'incarnant, réconcilier tous les hommes à Dieu. En Lui, c'est déjà fait. C'est ce que l'article de Joseph Tkach nous explique : Jésus-Christ a accompli à notre place ce qu’il nous était impossible de faire. Il représente l'homme parfaitement obéissant et en complète harmonie avec Dieu le Père. C'est pourquoi les Ecritures exhortent chacun à se détourner de ses propres voies et de ses critères de justice pour se tourner vers Lui. Jésus-Christ est le Sauveur de tous les hommes et pas seulement des chrétiens. Il a pris la place de tous dans la mort pour nous en délivrer et pour nous offrir en échange Sa vie et Sa plénitude. Le salut n'est pas un concept théologique auquel il nous est demandé d'adhérer, mais une rencontre à laquelle nous sommes invités à participer. Cette rencontre est un partage, le partage de la vie même de Dieu, de la qualité de vie qui existe entre les trois Personnes de la Trinité. Par l'incarnation de Jésus-Christ, il nous est donné d'entrer dans cette relation. Lorsque nous acceptons notre inclusion dans cette relation avec le Père, par Jésus-Christ, la vie même de Dieu nous est communiquée par la présence du Saint-Esprit dans nos cœurs. Car accepter JésusChrist signifie en même temps que nous acceptons de renoncer à nous-mêmes. Cette mort, comme les Epîtres l'enseignent, est un processus qui se produit tout au long de la vie, alors que nous découvrons la bonté de Dieu à notre égard, le fait qu'Il nous aime et que nous pouvons Lui faire confiance. Cette relation peut être comparée dans une certaine mesure à une amitié : cette relation forte et authentique que nous espérons tous connaître, surtout lors de moments difficiles. Jésus-Christ est devenu notre Ami. Il ne travaille pas contre nous. Il n'est pas non plus venu pour atténuer une soi-disant colère que Dieu aurait contre les humains. Il est venu révéler ou nous montrer le Père tel qu'Il est vraiment et tel qu'Il a toujours été, depuis toute l'éternité. A la question de «qui est Jésus ?» il est certes important de connaître les faits historiques Le concernant. L'histoire de Jésus ne peut pas être dissociée de Son œuvre et de Sa personne. Car, si Jésus est plus qu'un homme, qu'estce que cela implique dans les choix de notre vie ? Si Jésus se comparait à la lumière - et quelle lumière ! celle du monde - et qu'Il n’était qu'un homme, ce serait très présomptueux de Sa part. La fonction de la lumière est de nous montrer des choses que nous ne pourrions pas percevoir autrement. La lumière n'est pas ce qui fait que ces choses existent, mais ce qui rend leur existence visible ou perceptible. De même, les Ecritures déclarent que Dieu n'est pas loin de nous qui trouvons en Lui la vie, le mouvement et l'être (Actes 17 : 27-28). Par l'incarnation, Dieu ne s'est pas rapproché de nous, dans le sens qu'Il aurait été auparavant lointain. Mais par l'incarnation, JésusChrist nous révèle Sa proximité pour nous ouvrir les portes d'une intimité avec Lui. A travers les pages de La Vie Chrétienne, nous souhaitons vous aider à répondre personnellement à la question de qui est Jésus-Christ. Les multiples références bibliques servent à vous encourager à Le découvrir par vousmêmes à partir des Ecritures. Lisez-les. Méditez sur la parole de Dieu. Demandez-Lui qu'Il se révèle à vous et si c'est déjà le cas qu'Il vous aide à encore mieux Le connaître. La rédaction

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Il s’appelle JESUS-CHRIST

l est triste de constater que l'homme moderne ne sait plus ce qu'est véritablement le christianisme, ce qu'il représente, ce qu'il implique vraiment ou ce qu'il peut changer dans sa vie.

De nos jours, la foi chrétienne a complètement été vidée de sa substance. L'Occident vit un christianisme «culturel» fait de quelques rites et cérémonies auxquels on participe de temps à autre comme un baptême, une communion, un mariage, des obsèques, une messe, ainsi que quelques fêtes religieuses telles que Noël, Pâques, l'Ascension ou la Pentecôte. Le drame, c'est donc qu'aujourd'hui, après deux mille ans d'ère chrétienne, le Christ soit encore méconnu. «Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent» dit-Il dans les évangiles (Jean 17 : 3) et Le connaître ouvre la porte à une immense espérance. Jésus est la forme grecque du prénom hébreu «Josué» qui signifie «Dieu sauve». Christ n'est ni le nom de famille de Jésus, ni un deuxième prénom, mais plutôt un titre venant d'un terme grec Khristos qui signifie «oint». Dans l'Ancien Testament, on désignait ainsi le grand prêtre et le roi qui recevaient l'onction sainte en étant oints d'huile consacrée. Selon les Evangiles, Jésus est le Sauveur de l'humanité, le Fils de Dieu, le Messie prédit par les prophètes. Il est également Dieu, deuxième Personne de la Trinité. Conçu par l'opération du Saint-Esprit dans le sein de la vierge Marie, épouse de Joseph, Jésus vint au monde dans une étable de Bethléem, petite bourgade des environs de Jérusalem, vers l'an 4 ou 5 de notre ère. Pour Le soustraire au massacre des nouveaux-nés ordonné par le roi Hérode, ses parents L'emmenèrent en Egypte. Quelques années plus tard, la famille s'établit à Nazareth en Galilée. On ne connaît rien de Sa vie entre 12 et 30 ans. C'est alors que Jean-Baptiste donne à Jésus le baptême et Le désigne à la foule comme le Messie. Sa prédication transmise dans les évangiles dura environ trois ans. Jésus parcourt alors la Galilée et la Judée, annonçant au monde la bonne nouvelle (Evangile) du plan de salut divin. 4

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Sans rompre avec le Judaïsme, Le Christ qualité de Sa vie et de Sa pensée. A la quesdéveloppe des thèmes nouveaux essentielle- tion de savoir quel est l'homme (ou la ment basés sur l'amour d'autrui. Souvent, Il femme) qui a le plus influencé l'histoire de s'adresse aux humbles et, pour se faire com- l'humanité, certains évoquent un chef reliprendre, Il use de paraboles issues de la vie gieux ou un philosophe, un grand conquérant courante. Il opère de nombreux miracles, le militaire, un homme d'état, un scientifique premier étant le changement de l'eau en vin célèbre, un chef politique… L'influence de aux noces de Cana. Bientôt, à la suite de Jésus a été, et reste sans pareille, de telle sorte Simon (futur Pierre), onze autres disciples se que, même aujourd'hui, la chronologie du joignent à Lui ; ce seront Ses apôtres. De monde et notre calendrier sont calculés à parretour à Jérusalem, Jésus voit se dresser tir de la date supposée de Sa naissance. contre Lui les princes des prêtres, les pharisiens. Trahi par Judas, Il est amené devant le Comment Jésus-Christ a-t-Il pu exercer une grand prêtre Caïphe qui Le condamne à mort telle influence ? Quelle étrangeté que la vie comme blasphémateur pour s'être déclaré extraordinaire de cet homme appelé JésusFils de Dieu. Ponce Pilate, procurateur Christ ! Il naquit dans un village obscur, romain de enfant d'une mère paysanne Judée, se refuse Même les plus incrédules et d'un père adoptif charpenà confirmer cet tier. Il grandit dans un autre arrêt, tout en village où Il travailla dans un sur le plan de la foi abandonnant atelier de menuiserie jusqu'à Jésus à Son sort. l'âge de trente ans environ. restent impressionnés Puis pendant trois ans, Il fut Celui-ci est crucifié sur le mont un prédicateur itinérant. Golgotha entre par la qualité de Sa vie Jamais Il n'a écrit de livre, ni deux larrons à la n'a exercé de fonction Pâque de l'an 30 publique, Il n'a pas davantaet de Sa pensée ou de l'an 33. ge eu de famille, ni possédé de maison. Jamais Il n'est allé à l'université, Décroché de la croix, Il est enseveli. Mais ni n'a visité de grandes villes, Il ne s'est trois jours plus tard, malgré la présence de jamais éloigné de plus de trois cents kilogardes romains, le tombeau est trouvé vide : mètres de Son village natal, Il ne fit rien de Jésus est ressuscité. Pendant quarante jours, ce qui d'ordinaire est l'apanage des grands. Il Il apparaît à de nombreuses personnes, dont n'avait d'autres lettres de créances que Luibien sûr, les apôtres, pour leur donner même et Il n'avait que trente-trois ans lorsque diverses instructions. Ensuite, Il monte au la marée de l'opinion publique déferla sur ciel (Ascension) devant un groupe nombreux Lui : Ses amis s'enfuirent, Il fut livré à Ses de disciples promettant de revenir aux temps ennemis et dut subir le simulacre d'un procès de la fin en les assurant qu'Il ne les laissera inique. Il fut cloué sur une croix entre deux pas seuls. Il leur affirme qu'Il leur enverra un brigands, pendant Son agonie Ses bourreaux autre consolateur pour la Pentecôte, le Saint- tirèrent au sort Ses vêtements, Ses seuls biens Esprit, qui sera à leurs côtés pour les guider, sur terre. Après Sa mort, Il fut enseveli dans les instruire et les transformer en des cœurs un tombeau d'emprunt grâce à la compassion nouveaux remplis de tous les bons fruits de d'un ami. l'Esprit (patience, tolérance, amour, bonté, générosité, altruisme, etc.) et rendus aptes à Presque vingt siècles ont passé et Il est faire les volontés de leur Père Eternel. aujourd'hui la figure dominante du genre humain et l'image du progrès de l'humanité. De tous les hommes qui ont compté dans Tous les scientifiques, tous les gouvernel'histoire, il est certain que Jésus de Nazareth ments, tous les philosophes, tous les rois et a marqué le monde comme jamais personne présidents ayant jamais vécu n'ont pu ne l'a fait ; même les plus incrédules sur le influencer la vie de l'homme sur cette terre plan de la foi restent impressionnés par la comme cette Vie unique. Alors, vous devez La Vie Chrétienne - N° 27


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vous demander comment ce Jésus-Christ a réussi à exercer dans la vie de l'homme une influence qui perdure aujourd'hui encore. Quand on pose cette question aux gens : «D'après vous, qui est JésusChrist?» plusieurs réponses sont souvent données : il était un homme très sage et plein de bonté, un pédagogue hors pair, un grand maître spirituel, voire même un prophète. Certains se souviennent assez bien d'un enseignement religieux pour dire qu'Il est le Fils de Dieu, souvent même sans savoir ce que cela signifie vraiment, ni ce que cela implique. En fait, Jésus, un Juif parmi les Juifs, parlait de Lui-même comme étant Dieu. Il affirmait pouvoir pardonner les péchés, Il disait aussi avoir toujours existé, et que finalement Il reviendrait un jour pour juger le monde. Lorsque vous comprenez ceci, alors il est facile de voir que cet homme disait l'une des choses les plus choquantes jamais dites par une bouche humaine. D'ailleurs, les Juifs ne s'y trompèrent pas lorsqu'ils tentèrent de Le lapider pour blasphème, car Jésus-Christ prétendait bien être Dieu. Ne faites pas preuve de condescendance en disant que Jésus était un grand homme, un grand maître d'éthique et de morale, Il ne nous en a pas laissé la Hiver 2008/2009

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liberté, Il n'en avait pas l'intention. Jésus n'est semblable à personne d'autre. Il a affirmé quelque chose d'inouï, que peu de personnages religieux ont osé avancer. Mahomet déclarait n'être qu'un prophète humain au service d'une divinité, Allah. Bouddha p r o c l a m a seulement avoir trouvé comment sortir de la misère de ce monde en atteignant l'illumination. Confucius chercha seulement à transmettre la sagesse des sages antiques, rien de plus. Le message de Jésus est radicalement différent, Il affirme être plus qu'un simple homme, Il affirme être Dieu, être le Sauveur de l'humanité ; Il certifie qu'Il est venu sur terre pour annoncer le pardon des péchés de l'humanité et pour que l'homme puisse, par son Sacrifice, être réconcilié avec Dieu. Naturellement, aucun de nous n'a vu Jésus mort et ressuscité. Aussi, on pourrait tout de même se demander si cet événement a réellement eu lieu, si les disciples n’ont pas inventé cette histoire pour attirer du monde. Réfléchissons à ce que cela voudrait dire. Si la résurrection n'avait pas eu lieu, les disciples n'auraient pu manquer de le savoir. Ils auraient donc risqué leur vie pour une histoire qu'ils savaient mensongère. Cela n'a pas de sens. Si l'on nous trompait, nous pourrions donner de l'argent, du temps et peutêtre même notre vie, pour une certaine cause. Mais si nous savions que c'était un mensonge, serions-nous prêts à subir des humiliations, des coups ou la torture ? Serions-nous prêts à tout perdre et à mourir pour cette cause ? Sûrement pas ! A quoi cela serviraitil ? En 64, accusé d'avoir provoqué l'incendie de Rome, Néron rejeta son crime sur les chrétiens qu'il fit persécuter. C'est ainsi que des centaines de chrétiens évangélisés par l'apôtre Paul, et très probablement Paul luimême, furent martyrisés. Néron fut surpris jusqu'à l'irritation de les voir, dans l'arène, mourir en chantant. Croyez-vous vraiment

que ces hommes et ces femmes n'auraient pas renié leur foi, s'ils savaient que tout cela n'était que tissu de mensonges ? Cela ne tient pas debout ! La croix sur laquelle le Christ est mort a été Sa grande explication aux hommes. Par cet événement se situant au centre de notre histoire, Il nous a manifesté Son amour, Sa générosité, Sa grâce, mais aussi Sa justice et Sa sainteté. C'est pourquoi tout homme, toute femme, doit un jour se placer face à la croix pour savoir qui est Dieu et ce qu'Il veut. Certains, en la regardant, applaudissent et complimentent le Christ pour Son martyre, puis vont leur chemin. Ce n'est point les applaudissements que Christ recherche. Il n'a que faire de cela. Il n'est pas mort pour se donner en spectacle, mais bien pour briser les forces du mal, de la corruption et de la mort. Il n'y avait pas d'autre façon de nous sauver. D'autres passent, indifférents, songeurs : «C'est son problème, nous ne Lui avons rien demandé». Erreur, c'est aussi leur problème, car il a été question d'eux à la croix, comme il a été question de vous et de moi. Nous ne Lui avions rien demandé, certes, mais Il a voulu nous donner une chance nous sachant en danger de perdition éternelle. Son amour a été le plus fort. Au fond, le Christ aurait pu se désintéresser totalement de nous et de notre sort. C'eût été terrible ! Notre chance se trouve dans l'amour qu'Il nous porte. Quiconque, en effet, en appelle à la croix, est sauvé. Vous est-il arrivé de fixer, du cœur, le Christ mourant pour vous ? Non? C'est pourtant là votre seule chance de salut (Colossiens 1 : 20) ! Dans votre vie, vous devez prendre une décision quant à ce que Jésus est, et à ce qu'Il peut être pour vous. Nul ne peut rester indifférent à Jésus. Un jour, tous devront Le rencontrer face à face. Alors sera manifesté que c'est Lui le centre de gravité de toute vie. Si Jésus-Christ n'était qu'un homme, il n'y aurait pour vous et moi ni avantage, ni inconvénient après cette vie. Mais si Jésus-Christ est réellement homme et Dieu, alors vous devez vous interroger sérieusement, car ou vous perdez tout sans Lui, ou vous gagnez tout avec Lui : le pardon, une nouvelle vie, une ferme espérance, la consolation, la sécurité, la vie éternelle. Demandez-Lui d'entrer dans votre vie. Seule la distance d'une prière vous sépare de Lui. Ne vous arrêtez pas à des réflexions pieuses et laissez tomber vos doutes. Dieu déclare : «Invoque-Moi au jour de ta détresse et Je te répondrai» (Psaume 91 : 15). ! Par Patrice Dutrois 5


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L’EVANGILE RÉVÉLÉ Une Etude de Galates 1

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près avoir fondé plusieurs Eglises en Galatie, en Asie mineure, l'apôtre Paul poursuit sa mission évangélique dans d'autres régions. Il apprend par la suite que certaines personnes ont rendu visite aux chrétiens de Galates leur enseignant que l'Evangile implique beaucoup plus que ce qu'il leur a été enseigné. Et cette hérésie fait son chemin dans l'Eglise. En réaction, l'apôtre Paul adresse aux Galates une lettre pour les ramener à la raison et pour défendre l'Evangile qu'il leur a été annoncé une fois pour toutes. Salutation et autorité Toutes les correspondances grecques de l'époque commençaient, en général, de la même façon : nom de l'auteur puis du destinataire. Mais dans sa lettre aux Galates, Paul débute son épître autrement. Il juge nécessaire de qualifier d'entrée la légitimité de son apostolat : «…Paul, apôtre, non par une autorité humaine, ni par l'intermédiaire d'un homme, mais par JésusChrist et par Dieu le Père» (Galates 1 : 1). L'apôtre Paul contraste ainsi l'autorité par laquelle il est venu évangéliser la Galatie, avec celle de ses détracteurs qui prétendaient venir compléter l'Evangile qui avait été initialement annoncé. Paul sousentend que ces faux ministres ont peutêtre été envoyés par une autorité humaine, mais que lui l'a été par l'autorité divine. L'épître n'a pas été seulement rédigée par Paul, lui-même (Galates 6 : 11), mais aussi visée par «tous les frères qui étaient avec lui» (1 : 2a). Même si cette lettre ne mentionne pas leurs noms - et ce peut-être parce que les Galates ne les connaissaient pas personnellement - l'apôtre Paul prend soin de mentionner que les frères qui étaient avec lui étaient informés de la situation à Galates et qu'ils l'appuyaient dans sa démarche. Il poursuit dans son introduction en remplaçant les salutations d'usage dans les lettres grecques de son époque (charein en grec ou «salutation») par une expression qui contient le terme 6

de grâce (charis en grec) suivi de la salutation hébraïque «paix» (verset 2b). L'introduction de l'épître, avec ses cinq premiers versets, parle de Dieu le Père et de Jésus-Christ le Fils dont Paul rappelle l'œuvre en une phrase qui résume tout l'Evangile : «Le Christ qui s'est donné luimême pour nos péchés, afin de nous arracher du présent siècle mauvais, selon la volonté de notre Dieu et Père» (verset 4). Au premier verset, il est à noter que Paul mentionne d'abord Jésus, et ensuite le Père qui L'a ressuscité. Il se pourrait très bien que sur le chemin de Damas lorsque Paul fut appelé par le Seigneur, ce qui le marqua le plus fut de découvrir que JésusChrist avait été ressuscité des morts. Une étonnante malédiction L'apôtre Paul ne commence pas son épître par les remerciements d'usage que l'on s'attendrait à lire à cet endroit et que l'on retrouve pourtant dans la plupart de ses autres écrits. Ici, au lieu de bénir ses destinataires, Paul exprime sa préoccupation à leur égard : «Je m'étonne que vous vous détourniez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, pour passer à un autre évangile». La formulation que l'apôtre Paul utilise pour exprimer à la fois sa déception et sa consternation était couramment employée dans les lettres grecques de son époque. D'antan, c'était une expression de réprimande très connue. Et ce ton de reproche transparaît tout au long de son épître (1 : 6 à 4 : 12, Walter Hansen, Galatians 36.35). Lorsque Paul écrit donc aux Galates qu'ils se détournaient de Dieu, cela ne veut pas dire qu'ils le faisaient intentionnellement. Mais en se tournant vers la loi au détriment de la grâce, l'apôtre affirme que cela revient quasiment au même puisqu'ils renient de la sorte leur appel (5 : 2). Les détracteurs de Paul prétendaient que leur message correspondait au véritable Evangile, à l'original. C'est pourquoi Paul rétorque qu'il n'existe pas plusieurs bonnes nouvelles (verset 7a). Ce faux évangile qui a été introduit dans

l'Eglise réclamait d'eux notamment l'observance de préceptes de l'Ancienne Alliance desquels justement Jésus les avait tous rachetés. L'apôtre Paul les met ensuite en garde contre ces gens «qui sèment le trouble parmi vous et qui veulent renverser le message du Christ» (verset 7b). C'est à ce moment que Paul prononce sa malédiction: «si nous-mêmes, si un ange du ciel annonçait un évangile s'écartant de celui que nous vous avons prêché, qu'il soit anathème !» (verset 8). Paul ne leur demande pas d'être loyaux envers lui, mais envers Jésus-Christ et Son Evangile. Et Paul est tellement en colère à cet égard, qu'il répète son blâme au verset suivant (verset 9). En utilisant le terme grec anathema (traduit par «maudit» dans certaines versions) au verset 8, l'apôtre Paul ne prononce pas une condamnation éternelle et irrévocable, mais il ne fait qu'utiliser une rhétorique propre à son époque dans le but de dénoncer ses adversaires. La conjonction «si» aux versets 8 et 9 correspond à deux mots grecs différents. Le premier indique une condition hypothétique improbable : il est peu probable que Paul ou que les anges prêchent un évangile perverti. Le second mot grec pour «si» traduit lui quelque chose qui pourrait être probablement vrai : de faux prédicateurs enseignaient effectivement un évangile erroné. A la suite de ces paroles très sévères, Paul interroge ses lecteurs : «Et maintenant, est-ce la faveur des hommes que je désire, ou celle de Dieu ? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes ? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serai pas serviteur de Christ» (verset 10). Paul déclare ainsi à ses détracteurs qu'il ne craint pas d'offenser qui que ce soit en prêchant la grâce. Il sert Christ et non l'opinion publique. Le terme «encore» pourrait faire allusion à son passé de pharisien où il avait l'habitude de chercher l'approbation de ses supérieurs ou de ses collègues et de mesurer sa réussite religieuse en se comparant à autrui. La Vie Chrétienne - N° 27


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Une mission reçue de Dieu Pour contrer ses adversaires, Paul évoque sa conversion et sa relation avec les autres apôtres. Si le livre des Actes relate plus en détails les circonstances de l'appel de Paul et le contexte de son apostolat, dans le livre aux Galates, Paul donne sa propre description des événements de sa vie : «Je vous déclare, frères, que l'Evangile qui a été annoncé par moi n'est pas de l'homme ; car je ne l'ai ni reçu ni appris d'un homme» (verset 11). Paul poursuit en écrivant que c'est par révélation qu'il a rencontré le Christ (versets 11 et 12) et que cette rencontre a exigé qu'il réévalue tout ce en quoi il avait cru jusque-là. Rien qu'à partir de cette manifestation de Jésus, Paul comprit beaucoup de choses : puisque poussé par la loi, il persécutait Christ, la loi devait contenir en elle quelque chose de profondément erroné. Il avait compris qu'il avait été accepté, non pas par l’observance de la loi, mais par la grâce de Dieu qui lui avait épargné la vie. Et finalement, puisque le Messie n'avait apporté aucune bénédiction politique pour Israël, Paul avait compris que le salut était de nature spirituelle et de ce fait qu'il constituait une bénédiction pour les Gentils aussi. Paul évoque alors son passé de persécuteur de l'Eglise (verset 13). Qu'est-ce qui avait pu le motiver à s'attaquer aux chrétiens ? Plusieurs autres Juifs avant Jésus-Christ s'étaient autoproclamés Messie, sans que cela ne soit pour autant considéré comme blasphématoire. Se peut-il que le fait que les chrétiens honoraient un homme qui avait été crucifié alors que la loi déclarait une telle personne comme maudite par Dieu, ait poussé Paul à prendre des mesures contre eux ? Ou était-ce dû au fait que les chrétiens avaient la réputation de blasphémer Moïse, le temple ou même Dieu (Actes 6 : 11) ? Si Paul évoque aux Galates son passé judaïque, c'est dans le but de leur rappeler qu'il connaît bien la loi et de les mettre en garde contre toute tentative d'altération légaliste de l'Evangile. L'apôtre Paul explique au verset 14 que le Judaïsme se fonde sur les œuvres et qu’il exacerbe l'esprit de comparaison entre ceux qui le pratiquent et qui se croient plus avancés par rapport aux autres. Cet état d'esprit caractérisait Paul avant qu'il ne rencontre le Seigneur (Philippiens 3 : 4-6). Mais il a renoncé à tout cela lorsqu'il a été appelé par la grâce à connaître Dieu (Galates 1 : 15-16); Hiver 2008/2009

cette grâce même qui réside au cœur de l'appel de Paul et de sa mission d'aller prêcher Jésus-Christ aux nations. Paul déclare aussi que Jésus a été révélé en Lui, et non par lui. Il veut dire par là qu'à travers son ministère et toutes les souffrances qui l'ont accompagnées, Dieu a continué de révéler Son Fils. Paul évoque ensuite son séjour à Damas avec Ananias et les disciples (Actes 9 : 19) qui lui ont sans doute parlé de ce qu'ils savaient de Jésus. Le point de Paul est qu'il n'a demandé à personne ce sur quoi il devait prêcher. La raison en était que les apôtres ignoraient que Dieu appelait aussi les Gentils au salut ; et donc entendre Paul parler d'une mission auprès des Gentils aurait pu les pousser à l'en dissuader ! «Trois ans plus tard, je montai à Jérusalem pour faire la connaissance de Céphas, et je demeurai quinze jours chez lui» (Galates 1 : 18). Pierre lui a certainement tout rapporté sur Jésus, mais il ne s'agissait pas là d'une formation où Pierre instruisait Paul sur ce qu'il avait à prêcher. Paul souligne ici son indépendance et le fait qu'il détenait directement de Jésus-Christ l'Evangile qu'il avait fidèlement enseigné partout. «Mais je ne vis aucun autre des apôtres, si ce n'est Jacques, le frère du Seigneur […] devant Dieu, je ne mens point» (versets 19 et 20). L'insistance de Paul sur le fait qu'il ne mente pas indique qu'il souhaite répondre à des accusations selon lesquelles il était envoyé plutôt par les apôtres. Prétendant détenir une autorité de même niveau que celle de Paul, ses adversaires ont donc essayé «d'étoffer» avec des éléments de la loi l'Evangile que Paul avait enseigné. Paul

leur dit qu'ils se trompent à son sujet et qu'ils sont dans l'erreur quant à l'Evangile. L'apôtre Paul explique la suite de son itinéraire : «J'allai ensuite dans les contrées de la Syrie et de la Cilicie. Or, j'étais inconnu de visage aux Eglises de Judée qui sont en Christ» (versets 21 et 22). Antioche en Syrie et Tarse en Cilicie sont probablement les villes où il s'est rendu. Apparemment, les églises de la Judée n'avaient jamais rencontré Paul personnellement. Tout ce qu'elles savaient de lui concernait sa conversion après avoir autrefois été un persécuteur de l'Eglise : «Elles avaient seulement entendu dire : Celui qui, autrefois, nous persécutait, annonce maintenant la foi qu'il s'efforçait alors de détruire. Et elles glorifiaient Dieu à mon sujet» (versets 23 et 24). Paul a donc rompu avec les traditions juives et prêchait une foi basée sur la grâce et non sur les oeuvres ; celle que nous appelons le christianisme. Les chrétiens Juifs de Judée n'étaient pas ceux qui avaient converti Paul. Mais ils reconnaissaient la particularité de son appel et l'authenticité de l'Evangile qu'il prêchait désormais. ! Questions : 1. Suis-je conscient(e) que c'est par la grâce de Dieu que j'ai été appelé(e) ? (verset 6) 2. Est-ce que je cherche encore à plaire aux gens, en ne parlant pas de l'Evangile par exemple ? 3. Y-a-t-il eu un moment dans ma vie où j'ai persécuté ou méprisé l'Evangile ? (verset 13). 4. Dieu révèle-t-Il la vie de Son Fils en moi (verset 16) ? 5. Me suis-je bien détourné(e) d'une religion fondée sur la loi pour embrasser la grâce de Christ ? Par Pasteur Michael Morrison 7


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De plus, le souverain sacrificateur était issu du peuple, il n'était en aucun cas différent de ses frères, sauf qu'il avait été mis à part par Dieu pour assumer ses fonctions sacerdotales au nom de tous ses frères. Comme il était pris du milieu du peuple, il pouvait d'autant mieux le représenter avec crédibilité puisqu'il était luimême un homme avec toutes ses limites (Hébreux 5 : 3).

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e souverain sacrificateur occupait la place centrale de la vie religieuse de la nation d'Israël, à l'époque de l'Ancien Testament. Sa responsabilité consistait à présenter à Dieu les animaux destinés aux holocaustes et aux offrandes que le peuple apportait au tabernacle. Cette fonction de souverain sacrificateur était réservée à Aaron et à ses fils. Ils étaient assistés par la tribu des Lévites spécialement consacrée aux activités cérémonielles du tabernacle. Le moment le plus fort dans la liturgie de la nation d'Israël était le Jour des Expiations qui tombait le dixième jour du septième mois de l'année, quand le souverain sacrificateur avait alors le droit d'entrer dans le lieu très saint du tabernacle, dans la présence même de Dieu. Lui seul pouvait y pénétrer, seulement ce jour-là, non sans avoir au préalable offert pour son compte et pour celui d'Israël, un sacrifice tout particulier.

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Le souverain sacrificateur n'aurait eu pour nous aucun intérêt si le livre des Hébreux n'en avait pas fait une préfiguration de Jésus-Christ et de Son œuvre pour réconcilier toute l'humanité à Dieu. Il y a trois aspects du rôle de ce grand prêtre qui nous permettent de mieux comprendre ce que Jésus-Christ a accompli pour nous tous par

Son incarnation, Sa mort, Sa résurrection et Son ascension. Un pour tous De par sa fonction, le souverain sacrificateur représentait tout le peuple d'Israël, car lorsqu'il entrait dans le tabernacle, c'était comme si tout Israël rentrait avec lui. Il lui servait d'intermédiaire, car le peuple ne pouvait pas se présenter dans la tente d'assignation. Les Israélites n'avaient pas le droit de pratiquer un culte personnel ou d'offrir leurs propres holocaustes chez eux. Le tabernacle était le lieu de culte collectif et l'accès à Dieu ne pouvait se faire qu'à l'intérieur du tabernacle. La fonction de substitution et de représentation que remplit le souverain sacrificateur se résume donc par le principe du «un pour tous» : un seul homme est représentatif de tous. C'est au nom du peuple que le souverain sacrificateur se présentait devant Dieu pour les péchés du peuple et pour les siens. C'est pourquoi les sacrifices du peuple étaient regroupés avec ceux que le souverain sacrificateur faisait en son nom avant d'entrer dans le Saint des saints. Aucun sacrifice ne pouvait donc être agréé par Dieu à moins que le sacrificateur n'en ait présenté auparavant un pour lui.

Un troisième aspect du rôle du grand prêtre qui illustre le fait qu'à lui seul il représente le peuple d'Israël se trouve dans un accessoire qu'il devait porter dans l'exercice de ses fonctions : un pectoral sur lequel se trouvaient incrustées douze pierres précieuses. Chacune de ces pierres correspondait à une tribu d'Israël (Exode 28 : 21). Ainsi, ce pectoral symbolisait le fait que le souverain sacrificateur portait sur lui tout le peuple d'Israël. Quand il entrait donc dans le Saint des saints, revêtu notamment de son pectoral, tout le peuple, symboliquement représenté par cette pièce de sa tenue, rentrait avec lui dans la présence de Dieu. Le principe du «un pour tous» est présent à travers les Ecritures et notamment dans la vie de certains personnages de la Bible tels que Noé, Esther ou Goliath. Par Noé, par exemple, l'humanité a été préservée du déluge de la Genèse, puisqu'il a pu recommencer une nouvelle lignée humaine après avoir sauvé sa vie et celle de sa famille (Genèse 7 et 8). Si Noé et sa famille avaient aussi péri dans le déluge, c'est toute chance de survie pour l'humanité qui aurait disparu aussi. Esther est une autre illustration de ce principe. Lorsque Esther s'est présentée devant le roi Assuérus après avoir revêtu ses vêtements royaux pour réclamer la protection du peuple Juif, c'est au nom de tous ses confrères qu'elle le fit. Et la grâce que le roi lui accorda s'étendit à tout le peuple (Esther 5). Et enfin Goliath, le géant philistin, à lui seul représentait toute l'armée. S'il était vainqueur, c'était toute l'armée des Philistins qui l'emportait avec lui, mais s'il était battu (et ce fut le cas, face au jeune David), c'était toute l'armée qui devait reconnaître sa défaite (I Samuel 17). Jésus-Christ, un pour tous Le «un pour tous» résume ce que JésusChrist a accompli pour nous. Par l'œuvre La Vie Chrétienne - N° 27


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d'un seul, c'est toute l'humanité qui est réconciliée à Dieu. Par le miracle de l'incarnation, Jésus-Christ a participé à la chair et au sang comme n'importe quel homme. Il a revêtu une chair semblable à la nôtre. C'est dans ce sens, qu'à l'instar du souverain sacrificateur, Jésus-Christ fut issu du peuple. Mais comme Il était en même temps pleinement Dieu, non seulement Il était un homme parmi les hommes, mais Il était aussi à part des hommes, tout comme le souverain sacrificateur l'était vis-à-vis de la nation d'Israël. Cependant, Jésus-Christ, Lui, était sans péché. Comme tout souffle tire son existence de Jésus-Christ, Il devient le Représentant parfait de toute l'humanité. En Lui, il y a une jonction pleine et entière entre Dieu et les hommes. Il est le second Adam, que le premier Adam annonçait dès le commencement. Adam portait en lui physiquement toute l'humanité. Jésus-Christ, en tant qu'homme et Dieu à la fois, la porte spirituellement. Parce que tout a été créé en Lui, pour Lui et par Lui (Colossiens 1 : 16), par l'incarnation, Jésus-Christ embrasse dans Sa vie le destin de tous les hommes. Jésus-Christ, en s'incarnant, s'est greffé à l'humanité. Il est le Prince de la vie. Ainsi, tout ce que Jésus fait par la suite, que ce soit par Son baptême dans le Jourdain, par Sa crucifixion, par Sa résurrection ou par Son ascension, Il le fait pour l'humanité, avec elle, mais aussi à sa place. C'est l'humanité parfaitement soumise à la volonté de Dieu le Père que Jésus (re)présente sur la croix. Par Lui, toute l'humanité déclare son amour à Dieu jusqu'à la mort. C'est la vie de tous les hommes qu'Il fait don à Dieu sur la croix, en tant que Porte-parole; de même que c'était toute la nation d'Israël qui présentait son sacrifice à Dieu, à travers le sacrifice d'un seul homme, le souverain sacrificateur. Jésus-Christ a déclaré : «quand vous m'aurez élevé, j'attirerai tous les hommes à moi» (Jean 12 : 32). Par Sa mort, c'est toute l'humanité qu'Il attire avec Lui dans le séjour des morts. C'est le sens des propos prophétiques de Caïphe dans l'évangile selon Jean (11 : 50) : «…il est de votre intérêt qu'un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas». Jésus-Christ est donc mort pour tous. C'est pourquoi l'apôtre Paul déclare aussi : «…si un seul est mort pour tous, tous sont donc morts» (II Corinthiens 5 : 14). Ensuite, par Sa résurrection, c'est une humanité nouvelle qui est recréée, non plus selon le premier Adam, mais selon Christ, Hiver 2008/2009

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selon Son image en accomplissant ainsi ce qui avait été déclaré dans la Genèse de faire l'homme à l'image de Dieu (Genèse 1 : 26 ; Ephésiens 2 : 10). Nous devant Dieu Le Jour des Expiations, le souverain sacrificateur pouvait se présenter dans le Saint des saints, la partie la plus sacrée du tabernacle. Mais il devait offrir au préalable, un sacrifice pour ses propres péchés et pour ceux du peuple. Le livre des Hébreux nous révèle qu'il s'agit d'une préfiguration de l'œuvre de JésusChrist qui s'est présenté dans le véritable Saint des saints, là où trône Dieu, non pas avec le sang d'un bouc, mais avec Son propre sang, Jésus-Christ, en ayant donné Sa vie pour tous les en s'incarnant, hommes s'est greffé (Hébreux 7 : 27). JésusChrist se à l'humanité tient donc à la droite de Dieu en notre nom, et Il comparaît devant Dieu pour nous et à notre place (Hébreux 9 : 24). C'était le rôle même du sacrificateur de se présenter dans le lieu très saint au nom de tout Israël. Il se substituait au peuple, tout comme Jésus-Christ s'est substitué à nous, pour faire à notre place ce qu'il nous était impossible de faire. L'œuvre de Jésus-Christ ne concerne pas seulement une partie de l'humanité. Dieu aime profondément toute l'humanité, sans acception de quiconque. C'est pour toute l'humanité qu'Il est devenu une victime expiatoire (I Jean 2 : 2). La foi est ensuite donnée aux hommes, selon la volonté de Dieu, pour leur permettre de reconnaître et d'accepter ce que Jésus-Christ a déjà fait pour eux tous et de rentrer ainsi dans la joie du salut. Cette merveilleuse réalité du pardon que Dieu étend aux hommes existe antérieurement à la repentance de l'homme que Dieu appelle à Lui. La foi est donc une découverte : la prise de conscience de l'amour de Dieu qui inclut Son pardon. Dieu devant nous Lorsque Aaron sortait de la tente d'assignation, il prononçait alors une bénédiction sur tout le peuple d'Israël. Cette prière représentait la bienveillance de Dieu envers le peuple, et s'accompagnait de la combustion

sur l'autel des sacrifices d'expiation, de l'holocauste et du sacrifice d'actions de grâces (Lévitique 9 : 22-23 ; Nombres 6 : 22-26). Cette bénédiction traduisait aussi le fait que l'offrande avait été agréée par Dieu, ce qui rendait manifeste aussi le pardon étendu à toute la nation d'Israël. Dans ce sens-là, le sacrificateur représentait alors Dieu devant le peuple, car il relayait à tout le peuple la bénédiction de Dieu. Jésus-Christ devient le Représentant de Dieu pour nous dans le sens que toutes les bénédictions sont incluses en Christ et qu'Il les partage avec nous. Et parce que nous sommes en Christ, nous devenons les bénéficiaires de toutes ces grâces. C'est pourquoi l'apôtre Paul écrit que «…nous avons été bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ» (Ephésiens 1 : 3). Nous pensons au récit de Joseph relaté dans la Genèse. Pendant la famine de sept ans qui s'était abattue sur l'Egypte, les habitants des pays avoisinants venaient pour acheter du blé auprès de Joseph (Genèse 41 : 57). Toute la bénédiction du pain passait par Joseph qui était devenu la seconde personne la plus importante en Egypte, après Pharaon. Il faut y voir une image de Jésus-Christ. Jésus-Christ est de notre côté, nous pouvons donc être assurés de l'amour du Père, puisqu' Il a réuni en Lui toute l'humanité. Selon II Corinthiens chapitre 5 verset 19 «…Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même…». L'humanité recréée en Christ, du fait de ce qu'Il est venu accomplir, se trouve maintenant en Lui qui a réconcilié l'humanité avec le Père, par Son sacrifice. Il est le seul Médiateur entre nous et Dieu : JésusChrist-homme (I Timothée 2 : 5). Par un seul homme, beaucoup sont sauvés. Ou comme le déclare Romains : «Ainsi donc par un seul acte de justice, la justification qui donne la vie s'étend à tous les hommes» (5 : 18). Voilà la bonne nouvelle de l'Evangile : Jésus-Christ s'est identifié à toute l'humanité et Il s'est substitué à elle sur la croix, c'est-à-dire à nous. C'est pourquoi nous sommes exhortés à accepter l'amour du Père et à nous repentir afin que cet amour se traduise dans notre vie quotidienne par de bonnes oeuvres. Croyons en Dieu et croyons en Christ, selon l'amour inconditionnel que le Père a démontré par l'œuvre de Son Fils. C'est vraiment cela la vie chrétienne. !

Par Pasteur Dominique Alcindor 9


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a foi réside au cœur même de la vie chrétienne. Avoir la foi veut simplement dire «faire confiance». Et en ce qui concerne notre salut, comme d'ailleurs pour tout ce qui est du reste de notre vie, nous pouvons entièrement faire confiance à Jésus.

tion ou même notre propre vie. Nous avons confiance que Dieu sait ce qu'il y a de mieux pour nous, et nous cherchons à Lui plaire. Il est notre point de référence, notre fondement pour une vie qui prend désormais un sens.

Nous voulons Le servir, ni dans la peur et Le Nouveau Testament nous enseigne ni dans la crainte, mais par amour et avec clairement que nous sommes justifiés non joie. Nous avons confiance en Son jugepas en raison de ce que nous aurions ment. Nous avons confiance dans Sa accompli, mais tout simplement par la parole et dans Ses voies. Nous avons confiance que nous plaçons en Jésus- confiance qu'Il nous donne un cœur nouChrist, Fils de Dieu. Dans Romains cha- veau, pour nous rendre de plus en plus pitre 3 au verset 28, semblables Nous sommes justifiés non pas l'apôtre Paul déclare : à Lui, pour «Car nous pensons que en raison de ce que nous aurions n o u s conduire à l'homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la accompli, mais tout simplement a i m e r c e qu'Il aime, loi». Le salut donc ne par la confiance que nous dépend pas du tout de et à apprénous, mais de Jésus unicier Ses plaçons en Jésus-Christ quement. Quand nous valeurs. faisons confiance à Dieu, Et nous nous n'avons plus besoin de Lui cacher avons confiance qu'Il nous aimera toudes aspects de notre vie. Nous n'avons jours et qu'Il ne nous abandonnera jamais. plus peur de Dieu, même lorsqu'il nous arrive de pécher. Au lieu d'être effrayés Et là encore, nous ne pouvons faire tout ou méfiants, nous avons confiance qu'Il cela par nous-mêmes. C'est Jésus qui l'acne cessera pas de nous aimer, et de se complit en nous et pour nous, de l'intétenir à nos côtés, en nous aidant tout au rieur, par l'œuvre transformatrice du long du chemin à vaincre nos péchés. Saint-Esprit. Nous sommes les enfants Lorsque nous croyons en Dieu, nous pou- bien-aimés de Dieu, en vertu de Sa propre vons nous donner à Lui sans réserve, en volonté et de Son dessein ; Il nous a étant confiants qu'Il nous aide à être la rachetés par le sang précieux de Christ : personne qu'Il souhaite que nous deve- «vous savez que ce n'est pas par des nions lorsqu'Il nous a créés. choses périssables, par de l'argent ou de l'or, que vous avez été rachetés de la Lorsque nous faisons confiance à Dieu, vaine manière de vivre que vous aviez nous en arrivons à Le considérer comme héritée de vos pères, mais par le sang notre plus grande priorité, le fondement et précieux de Christ, comme d'un agneau la substance de notre vie. Et comme Paul sans défaut et sans tache ; prédestiné l'avait déclaré aux philosophes avant la fondation du monde, il fut manid'Athènes : «en lui, nous avons la vie, le festé à la fin des temps, à cause de vous» mouvement, et l'être» (Actes 17 : 28). Il (I Pierre 1 : 18-19). devient ce qu'il y a de plus cher pour nous au monde, plus précieux que nos biens, Nous pouvons faire confiance à Dieu non notre argent, notre temps, notre réputa- seulement dans notre présent, mais aussi 10

pour notre passé et notre avenir. En JésusChrist, notre Père céleste rachète tout de nous. Tel un nourrisson qui dort paisiblement dans les bras de sa mère, nous pouvons nous aussi nous reposer avec confiance sur l'amour du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Pourquoi avoir la foi ? Pourquoi avons-nous besoin d'avoir la foi si Jésus nous a déjà justifiés devant Dieu ? La Bible nous apprend qu'en Christ, Dieu a déjà accompli pour chaque personne, tout ce qui est nécessaire pour son salut. Dans Romains chapitre 5 aux versets 18 et 19, il est écrit par exemple : «ainsi donc, comme par une seule offense la condamnation a atteint tous les hommes, de même par un seul acte de justice la justification qui donne la vie s'étend à tous les hommes. Car, comme par la désobéissance d'un seul homme [Adam] beaucoup ont été rendus pécheurs, de même par l'obéissance d'un seul [en parlant de Jésus-Christ] beaucoup seront rendus justes». Ce que Jésus a accompli, Il l'a fait pour toute l'humanité ; et Il n'a pas attendu que chacun change ou améliore son comportement avant de décider d'agir. Comme l'apôtre Paul le déclare : «Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ» (I Corinthiens 15 : 22). L'apôtre Jean nous apprend aussi dans sa première épître, au chapitre 2 et au verset 2, que personne n'est exclue de l'œuvre rédemptrice que Jésus a accomplie pour toute l'humanité : «Il est luimême une victime expiatoire pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier». Puisque les péchés de tout le monde sont déjà pardonnés, quelle est l'utilité de la La Vie Chrétienne - N° 27


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foi ? La réponse est tout simplement la suivante : nous ne pouvons pas devenir participants dans quelque chose dont nous ignorons l'existence ou que nous ne croyons pas être vrai. Ce serait comme détenir un million d'euros sur un compte en banque, mais sans le savoir ; ou à la rigueur le savoir, mais ne pas y croire. Dans les deux cas, ce million d'euros ne nous servirait à rien, même s'il dort sur notre compte bancaire. De même, notre salut ne nous est d'aucune utilité si nous ne croyons pas l'avoir reçu. La foi n'est pas ce qui nous sauve. Dieu nous a déjà sauvés en Christ. La foi n'est pas ce qui fait changer Dieu d'attitude envers nous. Il nous aime et nous a toujours aimés, et ce, que ce soit avant ou après que nous ayons cru en Lui. Il n'y a rien que nous puissions rajouter ou retrancher au salut qui est déjà le nôtre en Christ. C'est la bonne nouvelle ! Ce n'est pas nous qui provoquons l'existence de notre salut. Tout ce que nous pouvons faire est de croire en notre salut. Et ce qu'il y a de plus étonnant dans le fait d'y croire est que cela vous change. Quand vous rentrez dans une relation avec Dieu, cela a un effet sur vous. Malheureusement, d'après quelques passages des Ecritures, il semblerait que certaines personnes ne veulent pas du salut de Dieu, même s'il est déjà le leur en Christ. Peut-être aiment-elles tellement le mal qu’elles en détestent le bien ? Et pourtant Jésus est mort et ressuscité aussi bien pour elles que pour le plus pieux de Ses saints. Le refus de l'amour de Dieu ne diminue en rien Son amour. Jésus est mort pour nous alors que nous étions pécheurs, comme nous l'apprend l'épître aux Romains, chapitre 5 versets 8 et 10. Voilà la bonne nouvelle qui signifie que le don du salut ne dépend pas de vous, de quelque manière que ce soit, ni même de la profondeur de votre foi. Nous ne plaçons pas notre confiance dans notre foi, mais en Jésus. Il est Celui qui suscite la foi et la mène à la perfection (Hébreux 12 : 2). Quand sommes-nous donc sauvés ? Il m'est déjà arrivé d'entendre de vives discussions sur la question de savoir à partir de quel moment nous sommes sauvés. Quelqu'un est-il sauvé avant de croire ou après avoir cru ? Et bien, il s'agit d'une question de perspective. D'un côté, nous pouvons déclarer que même si Jésus a expié les péchés de tous les hommes par Son sang et que par conséquent l'humanité entière est réconciliée avec Dieu par Christ, chacun n'est finalement «sauvé» Hiver 2008/2009

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qu'au moment où il place sa foi en Christ. fait que rallier la célébration éternelle et Comme l'indique par exemple, la première récolter les bénéfices de ce que Jésus a épître de Jean : «Il est lui-même une victime accompli pour l'humanité, signifie croire en expiatoire pour nos péchés, et non seulement Jésus et Le suivre. pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier» (2 : 2). Ou encore Colossiens Les deux perspectives sont justes. Pour chapitre 1 versets 19 et 20 : «Car Dieu a concilier ces deux points de vue, prenons voulu faire habiter toute la plénitude en lui ; l'analogie suivante : Dieu a payé vos dettes il a voulu par lui tout réconcilier avec lui- et vous a laissé une énorme fortune ; mais même, tant ce qui est sur la terre que ce qui vous devez l'utiliser pour qu'elle vous serve est dans les cieux, en faisant la paix par lui, à quelque chose. Si pour vous, cela reprépar le sang de sa croix». Tout le monde, sans sente un trop gros soucis, tant pis. Mais l'anaucune exception, est inclus dans l'œuvre nulation de la dette s'est bien faite, et la forrédemptrice de Jésus-Christ, et devient tune est toujours là, à votre nom, dans l'atréconcilié à Dieu par tente que vous la réclaSon sang. miez. En Jésus-Christ, Et pourtant, l'apôtre Dieu a déjà fait de vous En d'autres termes, votre Paul écrit dans salut n'est pas entre vos Son enfant bien-aimé mains. Dieu s'en est Romains chapitre 1 occupé. Ce qui dépend verset 16 : «Car je n'ai point honte de l'Evangile : c'est la puis- de vous est de savoir si vous croirez à la sance de Dieu pour le salut de quiconque bonne nouvelle, si vous vous repentirez et si croit…». Nous devons croire en Dieu, nous vous prendrez votre croix et suivrez Jésus. devons Lui faire confiance, si nous voulons avoir part au salut. La foi ne constitue pas ce Quand avez-vous été sauvés ? Je pense que qui nous permet d'accéder au ciel, mais c'est la meilleure réponse consiste en ces paroles elle qui nous permet d'en jouir. de Paul aux Ephésiens : «En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour En Christ, Dieu a déjà accompli Son œuvre que nous soyons saints et irréprochables salvatrice pour toute l'humanité. Il l'a adoptée devant lui ; il nous a prédestinés dans son en tant que Son enfant bien-aimée en Christ. amour à être ses enfants d'adoption par Il a ressuscité l'humanité en Christ, en la fai- Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa sant asseoir avec Lui dans les célestes. Et volonté, pour célébrer la gloire de sa grâce pourtant, pour pouvoir participer à cette rela- dont il nous a favorisés dans le bien-aimé» tion avec Dieu, nous devons y croire. Mais (1 : 4-6). même là, nous n'entrons pas encore dans la plénitude de cette relation, dans le sens de Votre salut, du début jusqu'à la fin, ne relè«revêtir l'immortalité», avant que nous ne ve pas de votre ressort, mais de celui de mourrions. Dieu. En Jésus-Christ, Dieu a déjà fait de vous Son enfant bien-aimé. Il ne sera jamais Donc, dans un sens nous sommes sauvés, las de vous et Il ne vous abandonnera avant même d'être nés. Mais dans un autre jamais. Dieu vous a sauvé sans vous sens, nous sommes sauvés au moment où demander votre avis ou votre accord. La nous croyons en la bonne nouvelle ; et plei- seule chose pour laquelle Il vous laisse un nement encore dans un sens futur, lorsque choix, c'est d’accepter ou non Son salut. nous aurons revêtu l'immortalité. Le salut ne contient pas de pré-requis ou de La première perspective met l'accent sur conditions. C'est un don gratuit de Dieu pour le fait que Dieu aime le monde et qu'Il a tous les êtres humains, basé sur le profond envoyé Son Fils pour le sauver, ce que amour de Dieu pour l'humanité. Dieu nous a Jésus a accompli il y a 2000 ans. Le Fils sauvés parce qu'Il nous aime, et parce qu'Il est de Dieu est devenu humain, Il est mort bon. Quoi de plus encourageant que d'apsur la croix, Il est ressuscité et Il est prendre que Dieu n'est pas en colère contre monté au ciel au nom et à la place de nous et qu'Il ne l'a jamais été d'ailleurs ! Il a agi toute l'humanité bien avant que nous ne pour nous délivrer de nos péchés alors que soyons nés. Le Père a envoyé le Fils nous étions pécheurs. Dieu est riche en bonté, pour sauver le monde et c'est ce que miséricordieux et rempli de grâce. Il est de Jésus-Christ a fait. Et puisque vous notre côté. Vous Lui appartenez. Placez votre faites partie du monde, le salut vous confiance en Lui et acceptez personnellement inclut aussi. le don de Sa grâce. ! La seconde perspective met en évidence le

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Une Habitation de Dieu en Esprit

phésiens chapitre 2 verset 22 : «En lui vous êtes une habitation de Dieu en Esprit».

asseoir avec Lui sur Son trône dans les lieux célestes (Ephésiens 2 : 6) et a placé Sa couronne royale sur notre tête (Apocalypse 2 : 10 et 3 : 11). Oui déjà !!

Cela faisait longtemps que je n'avais pas emprunté ce chemin de randonnée. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir au bout d'une allée arborée, une superbe maison en cours de restauration ! Il y a quelques mois, j'avais remarqué cette imposante bâtisse trônant au milieu d'un verger de pruniers, mais son état faisait pitié à voir : des lambeaux de crépis grisâtres se décollaient, laissant apparaître la pierre nue ; le toit s'affaissait, le ruissellement de l'eau avait ouvert de larges fissures sur tout le pourtour supérieur des murs, des éboulis de pierres recouverts de mousse verdâtre obstruaient toutes les ouvertures. A l'intérieur, il y faisait très sombre, cela devait sentir la moisissure ! Pour finir, des ronces envahissantes empêchaient tout accès à la maison. Quelle joie de voir des ouvriers s'affairer à lui redonner une nouvelle vie ! En haut, ils posaient un cerclage métallique afin de réduire les brèches béantes ; ils grattaient le crépi défraîchi sur les murs, révélant ainsi de magnifiques pierres taillées rehaussées de briquettes rouges. Ils remplaçaient le matériau friable (appelé «sable de renard») d'entre les pierres, par un ciment blanc du plus bel effet. Le soleil illuminait l'intérieur de la maison au travers de larges fenêtres PVC qui lui conféraient une touche de modernité et garantissaient une excellente isolation thermique et phonique. Comme une élégante couronne, une génoise de trois rangées de tuilescanal encadrait un toit flambant neuf ! Je m'avançais vers ce beau joyau : je ne vis plus de ronces hostiles, mais une belle terrasse accueillante. L'ensemble avait entièrement été rénové avec des matériaux modernes de bonne qualité capables de résister au temps. Ce n'était pas un simple «relooking» artificiel mais une véritable mise en valeur de tout son caractère d'antan, de tout son charme et de tous ses atouts d'origine. Un homme d'une trentaine d'années, souriant, se présenta à moi 12

comme étant le propriétaire des lieux. Il entama la conversation. Comme il était heureux de me parler de «sa» maison ! Il m'apprit qu'il avait hérité de cette demeure en ruine et qu'il avait pour elle de grands projets. Comme il l'aimait ! «Je passe tout mon temps libre à surveiller sa restauration», me dit-il, «pas un instant, elle ne quitte mes pensées. J'y ai mis toutes mes économies et je m'y investis à 100 %, car j'ai le souhait de m'y installer avec mon épouse. J'ai retiré les vieux carrelages et les gravats qui jonchaient le sol, modifié tout l'agencement intérieur et réalisé des pièces spacieuses agréables à vivre pour y recevoir tous les membres de notre famille et accueillir nos nombreux amis…». C'est sûr, cet homme est passionné, il l'a dans la peau ! Jésus aussi nous a montré qu'Il est exhubérant d'amour pour nous qui sommes Ses maisons spirituelles (I Pierre 2 : 5). Il n'a de cesse de se loger dans le cœur de Ses créatures et Il a payé le prix fort pour racheter toutes ces «résidences» qu'Il désire ardemment habiter : «…Sa maison c'est nous…» (Hébreux 3 : 6). Jésus-Christ s'est frayé un chemin vers nous au travers de Son corps (Romains 7 : 4). Il a éliminé définitivement toutes les «ronces spirituelles» qui barraient le chemin d'accès à notre cœur, qui nous rendaient insensibles aux intentions bienveillantes de Dieu et qui tenaient à distance ceux qui s'approchaient de nous. C'est alors qu'Il peut nous envelopper de Ses bras puissants pour guérir nos blessures, réparer nos fêlures et porter nos fragilités. Il souhaite partager Sa gloire avec nous et la relation qu'Il partage en communion avec Son Père. Il nous a déjà fait

N'en doutons pas un instant, le chantier le plus extraordinaire que Dieu ait jamais entrepris, ce n'est pas la création du monde ou de l'univers, mais l'œuvre de restauration mise en action par JésusChrist en chacun de nous, Ses enfants qu'Il aime passionnément ! Au fur et à mesure qu'Il abat les murs de séparation derrière lesquels nous nous cachons (nos peurs, nos angoisses, nos haines…), qu'Il jette dehors nos «gravats spirituels» (notre assurance, nos certitudes, notre confiance en nous-mêmes, nos suffisances, notre orgueil…), Il s'attache à élargir l'espace vital, l'inonde de la lumière de Sa vérité et reconstruit tout l'intérieur avec un nouveau matériau très précieux dont les qualités d'excellence, de fiabilité et de résistance ont été testées dans les conditions les plus extrêmes, et ce précieux matériau, c'est Jésus-Christ Luimême. Chacune de Ses «maisons» est une oeuvre unique, et toutes les transformations qu'Il réalise ont pour objectif de révéler leur caractère propre, leur beauté et leur originalité. Les décors et les coloris harmonieux reflètent la grâce, la sérénité et l'équilibre. C'est alors que notre «intérieur» deviendra agréable, aimable, fréquentable, exhalant le doux parfum de Christ. Ce lieu de vie permettra l'accueil de ceux qui aspirent à une relation empreinte d'authenticité ou qui recherchent une halte pour se reposer un moment… Et qui sait s'ils n'éprouveront pas le désir de faire connaissance avec le Maître de ces lieux ? «Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera ; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui» (Jean 14 : 23). ! Par Dominique Greenwood La Vie Chrétienne - N° 27


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Le Vrai du Faux

Pierre, Paul, Jacques et les autres...

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utant le Nouveau Testament est riche en détails sur les faits et gestes de certains apôtres pendant leur ministère, autant pour les autres, nous manquons totalement de renseignements qui nous permettraient aujourd'hui de dire ce qu'ils sont devenus après leurs premiers pas et leurs premières années dans l'Eglise. Où ont-ils exercé leur ministère ? Pendant combien de temps ? Quand et comment sont-ils morts ? Les Ecritures ne le disent pas. Pourtant, il y avait parmi les douze apôtres des frères issus de la même famille qui ont servi l'Eglise naissante pendant un certain temps. Dans deux cas, l'un a disparu prématurément, alors que l'autre est resté. C'est ce qui s'est passé pour ANDRE frère de SIMON PIERRE ou CEPHAS, et pour JACQUES frère de JEAN, les fils de Zébédée. La tradition veut qu'ANDRE ait été crucifié sur une croix en forme de X, d'où son nom de «croix de Saint-André», et c'est à peu près tout ce que l'on sait sur lui. Nous ne savons pas quand, ni où il a été supplicié. JACQUES, le frère de Jean, n'a pas eu le temps de faire beaucoup parler de lui. Les Ecritures, toutefois, nous confirment qu'il a été assassiné sur ordre du roi Hérode Agrippa, petit-fils d'Hérode le Grand, dans les années 40 - 44 après J.C. (Actes 12 : 1 - 2). JACQUES, le fr��re de Jésus, qui a écrit l'épître qui porte son nom, serait mort, selon l'histoire profane (Antiquités Judaïques de Flavius Josèphe) lors d'une émeute du peuple juif en 62. Jusqu'à sa mort, on comprend qu'il a joué un rôle très important pendant son ministère à Jérusalem (Galates 2 : 7 - 10), et qu'il était le chef de l'Eglise de l'époque (Actes 15 : 13 - 29). Quant à JEAN, le fils de Zébédée, c'est lui, parmi les apôtres, qui vécut le plus longtemps. Irénée, disciple de Polycarpe, lui-même disciple de JEAN, déclare que l'apôtre, après avoir été remis en liberté à la suite de son séjour à Patmos où il écrivit l’«Apocalypse», demeura à Ephèse Hiver 2008/2009

jusqu'à sa mort qui se produisit sous Trajan qui régna de 98 à 117 après J.C. Pour les autres apôtres, à l'exception de Judas dont on lit qu'il s'est pendu, on ne sait pratiquement rien sur leur ministère, et encore moins sur leur disparition. Il reste cependant les cas de PIERRE et de PAUL sur lesquels les Ecritures du Nouveau Testament nous apprennent un certain nombre de choses historiques et véridiques. Il n'est donc pas utile d'en inventer d'autres, au risque de créer la confusion dans les esprits et de provoquer chez de nombreux chrétiens méfiance et scepticisme.

nier chapitre de «Romains», le chapitre 16, est essentiellement consacré aux salutations qu'il adresse à tous ceux qu'il connaît pour les avoir rencontrés au cours de ses voyages missionnaires. A aucun moment le nom de PIERRE est mentionné. Il est étonnant que PAUL n'adresse aucune salutation à celui qui aurait été le premier pape résidant à Rome, le chef suprême de l'Eglise, auquel il aurait dû : respect et soumission. En fait, lorsque PAUL arrive à ROME en 60, PIERRE n'y est pas encore, donc les deux apôtres ne pouvaient pas s'y rencontrer.

Or, ce qui est curieux, c'est que la tradition et les suppositions populaires qui perdurent jusqu'à nos jours ont fait de PIERRE le premier Evêque de Rome, alors que rien ne permet de le prouver, et encore moins de l'affirmer.

En effet, lorsque PIERRE écrit sa première épître en 65, il est à BABYLONE (I Pierre 5 : 13). Lorsqu'il écrit la deuxième, un an plus tard, il sait qu'il va être persécuté et même martyrisé (II Pierre 1 : 13 - 14).

C'est donc en se référant aux écrits de l'un et de l'autre que l'on peut apporter un certain éclairage sur le ministère de ces deux apôtres reconnus et appréciés, ainsi que le confirme le livre des Actes des apôtres, écrit par LUC.

En réalité, PIERRE et PAUL ne se sont pas croisés souvent, mais ils se connaissaient suffisamment bien pour pouvoir s'apprécier et avoir le courage de se juger, sans pour autant s'opposer sur l'autorité que l'un aurait pu avoir sur l'autre. Ils étaient apôtres, l'un des Juifs, l'autre des Païens (Galates 2 : 7 -14 ; II Pierre 3 : 15 - 16).

Des écrits apocryphes fort anciens, dus aux Ebionites (adeptes d'une secte hérétique qui dura du Ier au VIIe siècle) répandirent la légende que PIERRE aurait été évêque de Rome pendant 25 ans (Nouveau dictionnaire biblique, Editions Emmaüs). S'il est fort probable que PIERRE ait été martyrisé à Rome à la fin du règne de l'Empereur NERON, grand persécuteur des chrétiens, sa mort se situerait entre 66 et 68. PAUL l'ayant précédé peu de temps avant, ne le mentionne dans aucune de ses épîtres écrites entre les années 60, date de son arrivée à Rome, et 66, date de sa mort. PIERRE aurait donc été transféré à Rome après la mort de PAUL pour y être exécuté. C'est en 56 que PAUL écrit son épître aux ROMAINS, alors qu'il se trouve pour la troisième fois en séjour à Corinthe (II Corinthiens 13 : 1). Le der-

A cette époque, le siège international de l'Eglise naissante n'était pas à Rome, mais à Jérusalem. C'est donc JACQUES, le frère de JESUS, qui en était l'évêque, et qui en assura la direction jusqu'à sa mort. Il faudra attendre l'an 440 pour que le nouvel évêque de Rome LEON 1er affirme la primauté de l'Eglise de Rome sur l'ensemble des évêques à travers le monde de l'époque, donnant un rôle effectivement politique à l'Eglise dans un empire romain décadent. Nombreux seront ceux qui le considéreront comme «l'empereur secret de l'occident» (Mémoire du christianisme, traduit de l'allemand par Jean-Pierre Bagot, Editions France Loisirs, Editions Larousse). ! Par Gérard Stévenin 13


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Dieu est-Il contre le Profit ?

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e toute évidence, le monde s'enfonce dans une crise économique dont les méfaits s'étendent chaque jour davantage. L'une des causes est la perte de confiance dans le système financier, discrédité par les récentes pratiques spéculatives irresponsables.

Dans notre désarroi, il serait tentant de condamner sans distinction le capitalisme, et particulièrement les gens qui tirent profit de l'activité humaine. Alors, posons-nous les questions suivantes : le profit est-il immoral ? Dieu est-Il contre le profit ? Ce qu'est le profit Pour en parler à bon escient, il faut définir clairement ce qu'est le profit. Alors, prenons un exemple fictif et simple pour illustrer ce sujet : Plusieurs familles décidèrent un jour d'émigrer vers un territoire jusqu'alors inexploité afin d'en tirer leur subsistance. Cent personnes s'installèrent ainsi au pied d'une montagne où chacun travailla avec acharnement pour pourvoir à ses besoins. La seule source d'eau étant située dans la montagne, chacun devait y grimper avec ses bidons, ce qui prenait une heure pour effectuer l'aller et le retour. Jusqu'au jour où l'un d'eux découvrit que l'eau de cette source descendait à l'intérieur de la montagne et effectuait un trajet parallèle à leur parcours quotidien. Cet homme entreprit donc de creuser un puits à proximité de sa maison, où il put désormais puiser son eau. Il autorisa ses 99 voisins - qui passaient une heure par jour à aller chercher leur eau - à venir la puiser chez lui. En contrepartie, il leur demanda d'effectuer dix minutes de travail chez lui. Il reçut ainsi chaque jour 990 minutes du temps de ses voisins - ce qui représente un total de 16 heures. Cet arrangement lui permit d'économiser 16 heures de travail par jour. Il réalisa ainsi un profit qui lui permit de mieux pourvoir à ses propres besoins. Mais ses 99 voisins gagnèrent également 50 minutes par jour grâce à son esprit d'entreprise. Au fil du temps, cet homme entreprenant apporta d'autres améliorations qui facilitèrent la vie de chacun et firent de ce groupe une 14

communauté prospère, où il faisait bon vivre. Cet exemple concret montre qu'il peut exister un profit qui ne spolie personne, et que l'esprit d'entreprise contribue à assurer le bien-être de tous. C'est le principe même du capitalisme industriel. Précisons que cet article ne veut pas simplifier la question du capitalisme, qui est une notion assez complexe en soi, mais nous voulons seulement en aborder un aspect : celui du profit, et examiner le point de vue de Dieu sur la question. Le profit selon les Ecritures La Bible enseigne clairement que Dieu s'attend à ce que nous travaillions. II Thessaloniciens chapitre 3 verset 10 nous déclare : « […] Si quelqu'un ne veut pas travailler, qu'il ne mange pas non plus».

Mais notre Créateur veut aussi que nous jouissions du fruit de notre labeur. Le livre de l'Ecclésiaste chapitre 9, verset 9, nous exhorte de la façon suivante : «Jouis de la vie avec la femme que tu aimes, pendant tous les jours de ta vie de vanité, que Dieu t'a donnés sous le soleil, […] car c'est ta part dans la vie, au milieu de ton travail que tu fais sous le soleil». Le livre des Proverbes est une source d'enseignements pratiques visant à nous exhorter à être actifs, diligents et productifs. Bien des femmes chrétiennes ont été inspirées par le chapitre 31 du livre des Proverbes qui décrit une «femme vertueuse» qui «travaille d'une main joyeuse», qui «pense à un champ», et qui «l'acquiert», qui «sent que ce qu'elle gagne est bon», qui «fait des chemises et les vend», et qui «ne mange pas le pain de paresse» (versets 10 à 31). Cette femme active et vertueuse génère du profit pour elle-même et pour sa famille, car elle «ne craint pas la neige pour sa maison, car toute sa maison est vêtue de cramoisi» [une teinture prisée à l'époque]. De plus, l'abondance des biens matériels résultant de son activité diligente profite également à son prochain, car cette femme «tend la main aux malheureux, elle tend la main à l'indigent». Ce passage biblique ne vous rap-

pelle-t-il pas le scenario fictif du début de cet article ? Le seul profit durable Dieu accorde des capacités aux hommes dans divers domaines, tels que la gestion de l'argent ou l'esprit d'entreprise. Il est légitime que la pratique de ces dons soit source de profit. Cependant, quand bien même un homme réussirait dans l'un de ces domaines, JésusChrist déclare que sa vie ne dépend pas des richesses qu'il a accumulées. Il nous donne l'exemple de ce riche agriculteur dont les terres avaient beaucoup rapporté : cet homme se reposait sur ses biens (en termes bibliques, «se reposer» signifie «placer sa confiance»). Il pensa abattre ses greniers et en construire de plus grands. Or, le soir même où il faisait ses plans, il perdit la vie. Jésus conclut : «Il en est ainsi de celui qui amasse des trésors pour lui-même et qui n'est pas riche pour Dieu» (Luc 12 : 13-21). Dieu n'est donc pas contre le profit, mais Il nous met en garde contre l'attitude de fausse sécurité ou de suffisance que la richesse peut engendrer, au détriment de l'esprit de générosité. Tout appartient à Dieu : l'or, l'argent, et ce que la terre renferme de richesses. C'est en Jésus-Christ seul que demeure notre véritable sécurité. Jésus représente le seul profit et le meilleur investissement durable que nous puissions faire. Rien, ni personne, ni aucune conjoncture économique, ne pourra nous enlever cet investissement. En conclusion Cet article n'encourage donc pas la cupidité qui est un amour immodéré des richesses - car c'est un péché. Mais la notion de profit est légitime dans son principe, pour autant que ce profit soit le fruit d'une activité honnête. Le profit a deux conséquences positives : d'une part, il stimule l'initiative personnelle ; et d'autre part, il contribue indirectement au bien-être de la communauté. Alors, faisons valoir les talents que Dieu nous a donnés, tout en donnant la priorité aux activités d'ordre spirituel. ! Par Jean-Pierre Roche La Vie Chrétienne - N° 27


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Jésus est-Il le «Plan B»?

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'apôtre Paul déclare que le Père «nous a prédestinés dans son amour à être ses enfants d'adoption par JésusChrist, selon le bon plaisir de sa volonté» (Ephésiens 1 : 5). Il y a trois points importants dans cette brève déclaration qui valent la peine d'être soulignés. Le premier concerne la prédestination ; le deuxième : le but de notre adoption ; et enfin le troisième point qui indique qu'il était prévu que ce dessein s'accomplisse par Jésus-Christ.

Père et le Fils pour arriver à notre adoption. Y-a-t-il quelque chose de plus fascinant que de lire que nous avons été prédestinés par le Père de Jésus à être adoptés dans Sa famille ? Une véritable relation

Etre adopté signifie bien plus qu'obtenir un statut légal devant un Dieu qui resterait distant. Evidemment, le statut n'est pas une mauvaise chose en soi, mais c'est loin d'être une vraie relation. Ce qui nous est offert dans Beaucoup de gens l'adoption, c'est le sont terrifiés à l'idée Père Lui-même, de la prédestination, personne. Dieu a résolu de nous en pourtant elle réside Lisez à nouveau a u c œ u r d e faire devenir les siens le verset : «Il l'Evangile. Etre prénous a prédestidestinés veut dire que nés à être ses par l'adoption en nous étions connus enfants d'adopde Dieu, aimés de tion par Jésusenvoyant Son Fils, Lui, appelés de notre Christ». Le Père nom et réclamés par recherche une Jésus-Christ Lui-même avant la véritable relation fondation du monde. Les Calvinistes avec nous et non pas la satisfaction de ont accompli un travail néfaste en vou- critères légaux. Il veut la communion, lant expliquer la prédestination et en l'échange, le partage de la vie, et pas professant, en fin de compte, qu'elle une obéissance religieuse et externe à limitait le cœur de Dieu et Son amour à un ensemble de règles. Il veut que une certaine catégorie de personnes, en nous apprenions à Le connaître, Lui excluant toutes les autres. Mais ne lais- et l'amour qui prévaut avec Son Fils. sez pas leur erreur vous empêcher de Son dessein est de nous offrir une voir que le Père Lui-même vous a véritable place au sein de la vie, de la aimés avant la Création et que cela ne communion et de la gloire qu'Il partaLui était jamais venu à l'esprit de cesser ge avec Son Fils et l'Esprit. Il veut de vous aimer. nous inclure dans l'amour et la grâce de la vie trinitaire divine. Telle est la Pour l'apôtre Paul, le Dieu qui prédes- vérité qui nous apprend à quel point tine n'a rien à voir avec celui que notre nous sommes précieux pour Lui, désiimagination distordue a produit : un rés et chéris à Ses yeux. être suffisant, isolé, sans visage et sans nom, ou un juge cosmique froid et Lorsque Paul se penche sur l'histoire, inabordable. Le Dieu qui prédestine est en remontant jusqu'à l'éternité, pour le Père de Jésus. Et cette relation n'est découvrir le pourquoi et le comment de en rien triste, distante ou ennuyeuse. ce dessein, il y voit la merveilleuse C'est une relation vivante, empreinte relation qui unit le Père, le Fils et d'amour altruiste, de passion et de com- l'Esprit ; et puis il voit la décision qui a munion. Le dessein de Dieu pour nous été prise de nous accorder une place à jaillit de cette relation avec Son Fils. Il l'intérieur de cette relation. Tel est le n'est donc pas surprenant que la pensée sens de l'adoption, et Paul nous dit que de Paul parte de la relation qui unit le c'était le plan de Dieu avant la création Hiver 2008/2009

du monde. Mais aussi bonne, riche et incroyable que cette nouvelle puisse paraître, l'apôtre Paul ajoute un point révolutionnaire. Bien avant la Création Qui est celui à qui incombe la responsabilité de faire aboutir les rêves que Dieu nourrit pour nous ? Sommes-nous devant le cas d'un grand rêve que Dieu aurait pour nous, mais sans aucune stratégie précise pour l'accomplir ? Estce que Dieu en a confié la réalisation à Adam, à Israël ou bien à l'Eglise ? Remarquez attentivement ce que Paul déclare : «Il nous a prédestinés dans son amour à être ses enfants d'adoption par Jésus-Christ». La venue de Jésus n'est pas le plan B précipitamment mis au point tout de suite après le plan A qui échoua avec Adam. Jésus constitue le plan original, l'Alpha et l'Oméga, la Parole éternelle de Dieu, le bon Berger désigné avant la fondation du monde. Ce que Paul nous affirme ici est que le Fils du Père était «sur la voie de revêtir la chair» -pour emprunter la terminologie de l'éminent théologien de la réforme, Thomas F. Torrance- avant même que la première particule de création vienne à exister. La chute d'Adam, le péché de l'humanité, l'appel d'Israël et le don de la Loi, tout cela tombe sous la tête de chapitre «La venue du Fils du Père». Avant que toutes ces choses ne se produisent dans notre histoire, Dieu a résolu de nous faire devenir les Siens par l'adoption en envoyant Son Fils, JésusChrist, dans le but de rendre notre rédemption possible. Notre foi repose «sur l'espérance de la vie éternelle, promise avant tous les siècles, par le Dieu qui ne ment point» (Tite 1 : 2).! Par Dr. C. Baxter Kruger Directeur de Perichoresis ministries. Pour plus d'information, visitez le site www.perichoresis.org. 15


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La Lumière des Hommes D

ans la Bible, Jésus-Christ est que chacun a sans doute déjà vécue dans décrit de diff��rentes façons. sa vie. Un jour en entrant dans une pièce Chacune d'entre elles nous aide à sombre, l'air ambiant comme d'habitude mieux discerner un aspect de Son rôle nous a semblé tout à fait propre et sans dans l'oeuvre de Dieu et par conséquent poussière. Mais en réalité, si les choses aussi dans nos vies. Le Seigneur est par- nous sont apparues ainsi, c'est uniquefois comparé à un berger. C'est le cas par ment parce que la lumière n'était pas exemple dans Jean chapitre 10. Et cela assez puissante dans cet endroit. Aussi nous montre combien Il prend soin de lorsqu'un rayon lumineux pénétra subitenous. D'autres fois, c'est un rocher qui Le ment dans cette pièce, nous avons pu représente, et nous pouvons ainsi com- alors discerner de nombreuses particules prendre combien Il est solide et à quel de poussière en suspension dans l'air. C'est la lumière puispoint nous pouvons sante d'un rayon du nous appuyer sur Lui. soleil ou d'une lampe Mais Jésus est Jésus-Christ est qui nous a permis de aussi appelé «la lumière des hommes». la Lumière des hommes, voir ces choses, qui jusqu'alors restaient «Au commencement qui nous permet de voir invisibles à nos yeux. était la Parole, et la Parole était avec le monde tel qu'il est Spirituellement, il en Dieu, et la Parole va de même : c'est était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes Jésus-Christ, la lumière des hommes, qui choses ont été faites par elle, et rien de ce nous permet de voir le monde tel qu'il est. qui a été fait n'a été fait sans elle. En elle C'est Lui aussi qui nous permet de nous était la vie, et la vie était la lumière des voir réellement tels que nous sommes. hommes. La lumière luit dans les C'est ainsi que nous en venons à ressentir ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point combien nous avons besoin de Lui pour être sauvés. «Car c'est par la grâce que reçue» (Jean 1 : 1-5). vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Le début de l'évangile de Jean fait allu- Et cela ne vient pas de vous, c'est le don sion à Jésus, la Parole, comme étant notre de Dieu» (Ephésiens 2 : 8). Ainsi éclailumière. Il y est encore affirmé ensuite rés, nous ressentons alors de plus en plus «qu'il y eut un homme envoyé de Dieu : à quel point nous avons besoin d'être son nom était Jean [le Baptiste]. Il vint totalement transformés par la puissance pour servir de témoin, pour rendre de Sa vie en nous. témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. Il n'était pas la lumière, «Jésus leur parla de nouveau et dit : Je mais il parut pour rendre témoignage à suis la lumière du monde ; celui qui me la lumière. Cette lumière était la véri- suit ne marchera pas dans les ténèbres, table lumière, qui, en venant dans le mais il aura la lumière de la vie» (Jean monde, éclaire tout homme» (versets 6 à 8 : 12). Tout homme doit en arriver à 9). Jésus-Christ est véritablement la répondre à cette invitation du Christ : lumière étincelante, qui seule peut éclai- pour sortir des ténèbres de nos vies, il rer tout homme plongé dans les ténèbres nous faut aller à Jésus pour Le suivre. du péché. Sans Christ, sans Son œuvre et C'est alors qu'un phénomène étrange se sans Ses enseignements, nous ne pou- produit, lorsque Jésus commence à remvons réellement distinguer toutes les plir nos vies. «Autrefois vous étiez choses mauvaises qui nous entourent et ténèbres, et maintenant vous êtes lumière en particulier nos propres péchés ou dans le Seigneur. Marchez comme des lacunes. enfants de lumière !» (Ephésiens 5 : 8). Suite à notre acceptation de Jésus-Christ, Pour bien comprendre, nous pouvons nous devenons nous-mêmes des lumières illustrer cette idée avec une expérience dans le Seigneur. Et nous devons désor16

mais marcher conformément à cette vie nouvelle, «Car le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité» (verset 9). La lumière de Jésus-Christ doit toujours nous habiter davantage, et c'est ainsi que nous pouvons devenir des instruments grâce auxquels Dieu peut amener les hommes à voir cette lumière. «Vous êtes la lumière du monde…Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux» (Matthieu 5 : 14-16). Les croyants peuvent être comparés à des lampes à huile. Si une autre lampe est allumée avec une première lampe, la lumière de l'ensemble va doubler d'intensité. La lumière de la première lampe ne va pas pour autant diminuer alors qu’elle aura permis d'allumer une autre lampe. Bien sûr, nous pouvons voir qu'une lampe allumée se consume progressivement et chacune des lueurs va durer toute la vie de chaque lampe. Mais si la toute première lampe vient à disparaître, les autres vont continuer de luire. Et ainsi de suite… De cette manière, si nous prenons bien soin d'allumer d'autres lampes autour de nous, la lumière ne s'arrêtera jamais et elle éclairera toujours davantage. Jésus l'a annoncé : « [...] Je bâtirai Mon Eglise, [...] les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle» (Matthieu 16 : 18). Voilà le rôle et la mission de l'Eglise. Quand le Fils de Dieu était sur la terre, Il était la lumière incarnée et c'est Lui qui a allumé la première lueur. Après quoi plusieurs lampes ont été allumées les unes après les autres. L'Eglise, composée des croyants véritables, n'a jamais cessé de briller sur cette terre depuis le début et elle ne cessera jamais de le faire. Maintenant chacun d'entre nous peut servir à allumer une autre lampe, ou dix autres lampes ou plus encore. Soyons sûrs d'être remplis de la vie et de la lumière du Seigneur pour accomplir cela. ! Par Michel Vatry La Vie Chrétienne - N° 27


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L’Amitié en Christ

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ous, nous aspirons à vivre une belle amitié, vraie, authentique, durable. Nous aimerions goûter la présence d'un(e) ami(e) lorsque nous avons besoin d'aide ; pouvoir partager les souffrances que nous enfouissons au plus profond de nousmêmes quand leur poids nous attire vers le fond. Qui d'entre nous n'a jamais souhaité connaître quelqu'un à qui demander conseil, pouvoir s'appuyer sur une épaule amie et laisser couler les larmes de notre souffrance lorsque notre peine atteint le trop-plein ? Nous recherchons tous un(e) ami(e) pour partager un moment de bonheur, une espérance joyeuse. Et tout cela, avec la certitude d'être écouté(e), compris(e), et surtout de n'être ni jugé(e), ni trahi(e). Une telle amitié est-elle possible de nos jours ? Sommes-nous capables d'avoir des sentiments purs, sincères, profonds, durables, à l'égard de quelqu'un d'autre que notre conjoint ? Qu'est-ce qui peut bien faire naître cette amitié et qu'est-ce qui peut lui permettre de durer ? Dans les Ecritures, nous trouvons un bel exemple d'amitié. Celle qui liait David à Jonathan. Cette amitié a commencé par de l'admiration. Jonathan admirait David pour ce qu'il était : un homme simple, humble, ayant une foi vivante en l'Eternel Dieu, et à l'évidence, un homme qui servait Dieu avec confiance, enthousiasme et joie. Jonathan l'aimait comme lui-même, au point de lui donner son manteau royal et son équipement (I Samuel 18 : 1-4). Il n'y avait aucune jalousie dans le cœur de Jonathan, mais de l'amour. Il n'y avait pas non plus d'égoïsme ; plutôt que de défendre son titre de futur roi, il protège celui qui prendra sa place et l'aide à échapper aux attaques de Saül, son père. David, de son côté, a promis à son ami d'user de bienveillance, lorsqu'il serait roi, envers la maison de Jonathan (I Samuel 20 : 15-17) ; David a tenu sa promesse en honorant le fils de son ami tué au champ de bataille. Hiver 2008/2009

Peut-être que Jonathan avait conscience qu'il goûtait à l'amitié de Jésus à travers David. JésusChrist, Lui, nous offre la possibilité d'être Ses amis (Jean 15 :14), Il désire vivre cette amitié. Pour cela, Il nous invite à Le rencontrer dans l'autre. Ne dit-Il pas «Chaque fois que vous avez fait cela au moindre de mes frères que voici, c'est à moi-même que vous l'avez fait» ? (Matthieu 25 : 40). La véritable amitié a donc une autre dimension ; c'est pourquoi elle est belle et a une valeur inestimable. Jésus a prouvé qu'Il aimait Ses amis ; Il a donné Sa vie conformément à Sa parole : «Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis». Il leur offre une vie abondante, et l'espérance de l'éternité dans un Royaume de paix. Il leur montre le chemin du bonheur, Il les aime en tout temps. Ses conseils sont doux. Si nous voulons être l'ami de Jésus, il est nécessaire que nous ayons en nous ces mêmes sentiments à l'égard de l'autre, puisque c'est à travers l'autre que nous allons rencontrer et aimer Jésus. Par conséquent, il nous faut ôter de notre cœur tout sentiment de jalousie ou d'égoïsme, pour les remplacer par le désir sincère de voir l'autre grandir et s'épanouir. Nous devons même être prêts à donner notre vie (cela peut être aussi donner du temps, lorsque c'est nécessaire). Dieu a appelé certains personnages bibliques Ses amis, comme par exemple Abraham ou Moïse. Dans le cas du premier, dans le contexte du récit de la destruction de la ville de Sodome, il est écrit que Dieu se demanda s'il devait cacher à Abraham Ses intentions (Genèse 18 : 17). Abraham alors informé du plan de Dieu, entra avec Lui dans une forme de négociation, une intercession pour

épargner les habitants de l a v i l l e pécheresse. Et l'Eternel tint compte des remarques d'Abraham, même si la ville fut finalement complètement détruite. Pour ce qui est de Moïse, le livre de l'Exode relève une observation qui en dit long sur la relation qui existait entre Dieu et lui : «L'Eternel parlait avec Moïse face à face, comme un homme parle à son ami» (Exode 33 : 11). Et dans cette situation aussi, le prophète Moïse se distingua par son désir d'intercéder pour le peuple, comme le révèle le contexte du passage. Autant pour Abraham que pour Moïse, Dieu les a mis au courant de ce qu'Il allait faire dans certaines situations, et parfois ces hommes n'ont pas hésité à faire connaître leur point de vue. A la suite de quoi, Dieu modifia Ses plans initiaux. Nous pouvons retirer de ces exemples une autre composante de l'amitié : le fait de partager ses projets en toute confiance et ainsi de bénéficier des conseils de l'autre. Au regard de ce qui précède, il est manifeste que la véritable amitié est très rare si nous restons dans la dimension humaine. Cependant, ce qui nous réjouit, c'est de savoir que, en Jésus-Christ, cette amitié est possible. Parce que Jésus désire être notre Ami, Il nous fixe des rendezvous dans le cœur de l'autre pour découvrir et développer cette amitié. Il nous invite à faire à l'autre ce que l'on voudrait qu'il nous fasse, et en finalité, c'est à Lui que nous le faisons. Quel bonheur de découvrir ainsi Jésus, de L'aimer et de devenir Son ami, et celui à travers qui nous L'avons rencontré ! ! Par Jeannine Putin 17


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Partage et Confidence...

«Que Ta Volonté soit faite!»

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u'en pensez-vous ? Vous avez deux enfants. Vous vous adressez au premier en lui demandant de faire quelque chose pour vous aider dans la maison et celui-ci vous répond qu'il ne veut pas. Ensuite, il regrette et s'empresse d'aller se mettre au travail. Au second, vous lui demandez la même chose, il répond, «d'accord», mais finalement, il ne va pas faire la tâche demandée. Lequel des deux a accompli votre volonté ? N'est-ce pas le premier ? Nous sommes bien d'accord ! Ce tableau de la vie familiale est similaire à la parabole que Jésus le Christ présente aux principaux sacrificateurs et aux anciens dans le temple, lors de son séjour à Béthanie dans le livre de Matthieu chapitre 21 aux versets 28 à 32 : «Lequel des deux [fils] a fait la volonté du Père ?». Lisons : «Un homme avait deux fils ; et, s'adressant au premier, il dit : Mon enfant, va travailler aujourd'hui dans ma vigne. Il répondit : je ne veux pas. Ensuite, il se repentit, et il y alla. S'adressant à l'autre, il dit la même chose. Et ce fils répondit : Je veux bien, seigneur. Et il n'y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? Ils répondirent : Le premier». Qu'il s'agisse de cette parabole ou de l'obéissance de nos enfants, la voie à suivre semble être une évidence. Et pourtant, qu'en est-il de nous ? Nous ne mettons pas toujours la bonne décision à exécution dans nos vies : obéir et faire confiance au Père pour le meilleur, en accomplissant Sa volonté, quitte à renoncer à soi et à ses propres désirs. En effet, nous parlons du Seigneur, ô combien oui ! Nous Le prions certes, mais en «mangeons-nous» réellement (Jean 6 : 32-69) ? Croyons-nous au Seigneur, l'avons-nous non seulement «digéré», mais aussi assimilé, intégré à nos organes, à nos cellules vitales ? Vivons-nous de Sa vie ? Avons-nous renoncé à nous-mêmes ou préférons-nous tout faire pour que la volonté divine devienne conforme à notre propre volonté, à nos désirs, à nos ambitions ? L'attitude de celui qui prétend avoir Dieu dans sa vie, mais ne veut en faire qu'à sa tête, dénote un cœur imbu de lui-même. Aveuglé dans son orgueil, il prend sa volonté pour la volonté de Dieu. Certains 18

oublient qui ils sont, se croient invincibles, supérieurs à Dieu, et vont, à l'instar du Prince de Tyr, jusqu'à la folie de se proclamer Dieu : «…Ton cœur s'est élevé, et tu as dit : Je suis Dieu, Je suis assis sur le siège de Dieu, au sein des mers ! (…)Par ton commerce tu as accru tes richesses et par tes richesses ton cœur s'est élevé» (Ezéchiel 28 : 1 - 5). Je vous rassure, rares sont les personnes qui expriment «Je suis Dieu». Cela est du ressort psychiatrique ; par contre, pour le commun des mortels, la chose se fait de manière plus subtile que cela. Elle peut se révéler dans la façon de mener sa vie en croyant pouvoir vivre comme s'il n'y avait pas de lendemain, «…mangeons et buvons, car demain nous mourrons !» (Esaïe 22 : 13). C'est vivre et profiter au maximum, et comme le déclarent certains, «il faut s'éclater, le reste on s'en moque !» Cela marche un temps, jusqu'à ce que la vie, ses contraintes et ses limites vous rattrapent. Le chrétien qui pourtant déclare avoir Dieu dans sa vie, peut hélas exprimer une propre droiture, par sa manière de traiter son prochain en se croyant meilleur. Oublions-nous parfois que la soumission à la connaissance et à la volonté du Christ s'exprime aussi par le désir de ne pas juger, encore moins, de condamner (Matthieu 7 : 2) ? Comment se fait-il qu'on puisse se proclamer plus chrétien que les autres en condamnant le monde, les incrédules et les athées, en oubliant que Christ n'est pas venu pour juger le monde, mais pour sauver l'humanité, comme nous l'explique Jean au chapitre 12 et au verset 47. Chacun d'entre nous a une poutre à enlever dans son œil, et en ôtant celle-ci, cela nous permettra de voir comment ôter la paille de l'œil de notre prochain (Matthieu 7 : 3 -5). Il est bon de prendre le temps de cette réflexion et de cette remise en question au sujet de notre relation avec Dieu. Nous croyons être chrétiens, nous croyons en notre Christ ressuscité et tout-puissant à la droite du Père, mais acceptons-nous de faire Sa volonté ou l'ignorons-nous, ou pire, la refusons-nous ? Combien de fois résistons-nous, ou adressons-nous des réclamations à Dieu parce que les choses ne vont pas nécessaire-

ment dans le sens souhaité ? Peut-être regrettons-nous de ne pas gagner plus d'argent par un meilleur emploi qui ne vient pas ? Souffrons-nous du choix d'un enfant qui s'est engagé dans une filière qui ne correspond pas aux «bonnes» études que nous avons envisagées pour lui ou pour elle ? Peut-être que certains sont frustrés parce que la fille ou le garçon qu'il ou elle fréquente n'est pas amoureux(se) en retour alors que pourtant vous aviez la certitude qu'il ou elle était «fait(e) pour vous» ! Souhaiteriez-vous peut-être avoir telle ou telle capacité, telle ou telle compétence que vous jugez plus valorisante que celle dont vous avez héritée ou acquise ? Peut-être ne comprenezvous pas pourquoi vous ne guérissez pas, ou pourquoi vous devriez subir un licenciement ? Nous voulons Dieu dans nos vies, mais nous n'aimons pas parfois Sa volonté, ou ce qu'Il permet en raison du temps et des circonstances. A contrario, si on nage dans le bonheur, si on fait de bonnes affaires, certains oublient de rendre crédit à Dieu. Après tout, ils pensent que leurs deux bras, leurs deux jambes et bien sûr leur belle intelligence «ont fait le boulot et les bons choix» ! Ah oui, vraiment ? Mais combien de fois Dieu n'a-t-il pas arrangé les circonstances pour que forcément vous ne puissiez faire que les bons et meilleurs choix ? Si vous lisez ce magazine La Vie Chrétienne, il y a de fortes probabilités que vous soyez chrétiens, ou qu'au moins vous vous interrogiez sur votre vie et votre devenir spirituel. Jésus frappe à votre porte, Le laissez-vous entrer ? Pour la majorité d’entre vous, cette rencontre avec le Seigneur vous l'avez eue, il est venu agir dans votre vie. Comme nous l'incite à le faire la Parabole des deux fils, avons-nous cru en Jésus-Christ, et nous sommes-nous repentis (Matthieu 21 : 32) ? Je le crois bien sincèrement ! Christ est venu frapper à notre porte, nous L'avons accueilli, assurons-nous alors de bien Lui laisser occuper toujours la première place. Faisons en sorte que les Ecritures ne viennent pas nous contredire. La réflexion est très importante, car Jésus-Christ parle de ces personnes qui se présentent comme ayant le Seigneur dans leur vie, mais que Christ déclare ne pas connaître. Dans Matthieu chapitre 7 au verset 21, nous lisons : «Ceux qui me La Vie Chrétienne - N° 27


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disent : Seigneur, Seigneur ! n'entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux». Mais comment pouvons-nous accomplir cette volonté de Dieu ? A la sueur de notre front ? Certainement pas ! Par-dessus tout, comme David dans les Psaumes, souhaitons ardemment la demander au Père : «Enseigne-moi à faire ta volonté ! Car tu es mon Dieu. Que ton bon Esprit me conduise sur la voie droite !» (Psaume 143 : 10). Car c'est la volonté divine qui peut nous soutenir, et nous apporter la joie du salut en notre Christ Sauveur (Psaume 51 : 14). Le Seigneur peut nous accorder un esprit de bonne volonté. Christ Lui-même sur la croix a montré l'exemple en demandant à ce que ce soit la volonté de Son Père qui s'accomplisse (Luc 22 : 42). Aussi demandons-là au quotidien (Matthieu 6 : 10).

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Sa joie et dans la liberté en Christ (Colossiens 1 : 12 - 23).

tant dans la joie que dans la douleur, selon les circonstances de notre vie.

L'Evangile ne fait pas de discrimination ; tous sont arrosés par le message de la grâce (Jean 3 : 16) et pourtant s'ils ne croient pas en Christ, s'ils ne renoncent pas à leur propre nature charnelle et à leurs propres voies, ce message n'est pas meilleur q u ' u n e musique de supermarché que l'on entend certes, mais qu'on n'écoute pas (Hébreux 2 : 1 ; Apocalypse 3 : 3).

Nous apprenons à vivre et à participer à la vie de nos communes et auprès de nos collègues de travail, «car c'est la volonté de Dieu qu'en pratiquant le bien [nous] réduis[ions] au silence les hommes ignorants et insensés, étant libres, sans faire de la liberté un voile qui couvre la méchanceté, mais agissant comme des serviteurs de Dieu» (I Pierre 2 : 15 16).

Dieu est venu frapper à notre porte, non seulement nous Le laissons entrer et L'invitons à manger, mais plus encore, nous Le laissons complètement s'installer pour qu'enfin Il puisse nous guider sur la voie du salut et sur le chemin qui consiste à donner et non à prendre.

Croire en Jésus-Christ, avoir la foi en Lui, c'est ce qui compte, car c'est Lui qui nous représente ensuite auprès du Père. Que nous ayons nos moments de doutes et de faiblesses, nos malheurs ou nos bonheurs, notre «degré de foi» importe peu pour le Seigneur, ce qui compte c'est Christ qui s'est sacrifié pour nous. Notre droiture, nous l'avons non pas par nos propres forces, mais par la droiture irréprochable et inébranlable de Jésus-Christ. En tant que Dieu, Il a accepté de se faire chair pour être le Fils de l'homme (Jean 1 : 14 ; 6 : 51 ; Romains 8 : 4 - 8).

En d'autres mots : «j'ai l'air aux commandes, et pourtant j'ai lâché prise». En effet, je m'imagine au volant, je vois la route à proximité et à quelques centaines de mètres devant, pas plus loin, mais je ne crains rien. Pourquoi ? Parce que c'est Dieu qui conduit, c'est Lui qui est aux commandes. Certes, il y a une décision personnelle prise qui correspond à monter dans la voiture, à mettre les deux mains sur le volant ; il s'agit d'entendre l'appel et d'y répondre en acceptant de poser les gestes pour se laisser guider. Nous pouvons mettre en marche, par la prière, le GPS, l'aide à la navigation du Seigneur, et demeurer à l'écoute. Prenons le temps, pas à pas, étape par étape, d'entendre les instructions du Seigneur. Portons volontiers le joug du Christ et recevons Ses consignes car Il est doux et humble de cœur. Même au volant de la vie, nous pourrons y trouver le repos de notre âme (Matthieu 11 : 28 - 30).

Romains chapitre 8 nous explique que nous n'avons plus à travailler à la sueur de notre front ; toute condamnation a été enlevée pour nous qui sommes en JésusChrist (versets 1 à 3). Et c'est parce que nous avons accepté et cru à la venue de Christ sur terre en tant que Dieu dans la chair semblable à la nôtre que nous marchons à présent différemment (versets 4 à 8). Nous n'avons rien à craindre, c'est Christ qui est aux commandes : «Pour vous, vous ne vivez pas selon la chair, mais selon l'Esprit» (verset 9). Et ce Christ qui habite et agit en nous, ayant souffert dans la chair et fini avec le péché, nous apprend chaque jour de mieux en mieux à vivre la vraie vie. Nous ne vivons plus selon les convoitises, les désirs de ces temps actuels où apparence, acquisition matérielle et superficialité du caractère sont maîtres, mais selon la volonté de Dieu ; et ceci pendant tout le temps qu'il nous reste à vivre (I Pierre 4 : 1 - 2).

C'est une contradiction humainement parlant : nous nous soumettons à Dieu et par cela, nous devenons finalement libres ; esclaves du Seigneur, nous entrons dans

Ce n'est pas un contrat à durée déterminée qu'on a peur de ne pas voir renouvelé. C'est un contrat à durée indéterminée tant que nous restons soumis à notre Seigneur,

Nous ne sommes pas en train de parler d'un évangile qui pousse à essayer davantage, encore et encore, d'être agréables à Dieu ou de faire Sa volonté. Ce n'est pas à un changement partiel auquel il faudrait se contraindre, mais c'est à un changement radical du tout au tout, même dans notre façon de raisonner.

Hiver 2008/2009

Notre bienaimée diaconesse qui s'occupe régulièrement des tout petits pendant nos cultes leur fait chanter parfois une chanson dont les paroles d'une strophe sont les suivantes : «Toc, toc, toc quelqu'un frappe à ma porte, Toc, toc, toc, quelqu'un voudrait entrer, C'est Jésus qui veut toute la place, Oui, oui, oui, Seigneur tu peux entrer». Mais oui, cette chanson, avec des mots simples à la portée des plus petits, porte un message important et profond : «Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi», déclare le Christ (Apocalypse 3 : 20). Le Dieu de paix a ramené d'entre les morts le Grand Berger des brebis, le Christ Rédempteur, et Il a fait par le sang une alliance éternelle avec nous. Prions et avançons dans la vie spirituellement à genoux, en demandant à ce que le Seigneur nous rende capables de toute bonne œuvre pour l'accomplissement de Sa volonté ; qu'Il fasse en vous et en moi ce qui Lui est agréable, non par nos propres forces, mais par Jésus-Christ (Hébreux 13 : 20 -21). Jésus, un jour béni, a frappé à la porte de mon âme, j'ai ouvert, je sais qu'Il est entré chez moi ; Il était, par un mystère d'ailleurs, déjà là. Il est certainement déjà entré chez toi, n'est-ce pas ? Si oui, alors marchons ensemble et laissons-Lui toute la place. ! Par Marie-Angélique Picard 19


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Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. Dieu, en effet, n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu'il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Jean 3 : 16 Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même en n'imputant point aux hommes leurs offenses […] nous vous en supplions au nom de Christ : Soyez réconciliés avec Dieu. II Corinthiens 5 : 19 Cela est bon et agréable devant Dieu notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. I Timothée 2 : 3 Il est lui-même une victime expiatoire pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde. I Jean 2 : 2


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