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La malédiction d’Amalasonthe


Par la classe de 7-8P : Alexis Barmaz, Maxime de Quay, Vincenzo De Rosa, Maurice Deslarzes, Estelle Gianadda, Océane Miguel da Silva, Amaury Tissières, Audrey Tissières, Rémy Torrent, Isabelle Urban, Gianni Zecchino, Axel Briguet, Guillaume Duc, Nathan Favre, Adrien Fontannaz, Oriane Garcia, Florence Gianadda, Perrin Hoffmann, Léa Rey, Noah Torrent, Lauris Zengaffinen

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Chapitre 1 Par Maxime & Alexis

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lara s'éveilla en sursaut. Elle était en nage. Encore ce maudit cauchemar se dit-elle en se prenant la tête dans les mains. Toujours le même horrible rêve: elle était en bordure de forêt défrichée et il y avait des personnes comme des mendiants. Ils brandissaient des haches à lames doubles et portaient des habits déchirés. Parmi ces barbares elle croyait reconnaître son grandpapa, Henri de la Rhubarbe. Dans son rêve, il la regardait sans la moindre émotion et subitement, lui tranchait d’un coup sec les deux oreilles et le nez, puis, elle se réveillait en sursaut.

- Ah! Nom de Dieu! Quel putain de rêve où est la lumière? Elle se leva et alla dans la salle bain pour s'habiller. Elle avait l'habitude de se vêtir dans un style gothique avec des anneaux autour des bras, du rouge à lèvres et les ongles noirs.

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Sa maman était déjà au travail. Alors elle alla chez sa grand-maman qui habitait dans le même immeuble pour se confier. - Grand mère ça me fait chier. J'ai fait un horrible cauchemar : il y avait un homme qui ressemblait à grandpère. Il me coupait les oreilles et le nez et après il disait qu'il me détestait au plus haut point. - Pas de gros mot devant moi, ma petite. - Ok, pardon. - Sais-tu que moi aussi je faisais ce même genre de cauchemar. C'est pour cela que je me suis divorcée de ton grand-papa . - Quoi tu m'as jamais dit ça grand-maman !

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Je ne voulais pas t'inquiéter. Mais maintenant que tu es grande, il faut que tu saches. J'ai finalement trouvé un remède qui calme mes angoisses, dit la vieille femme. Ne t'en fais pas. Mais ne dis à personne que je t'ai donné ce flacon. Ne prends jamais davantage que deux gouttes par jour, d'accord ? Car ce n'est pas vraiment pour les enfants. - Merci grand-mère! - De rien. La fille but son thé et elle rentra chez elle.

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Arrivée à la maison, une question l'intriguait. Elle sauta sur le téléphone et composa le numéro de sa grand-maman: 079 456 13 01. - Dis, grand-maman, tu sais pourquoi nous faisons ce cauchemar? - Non, mais un spécialiste m’a dit un jour que selon lui, c'est génétique. - Donc on ne peut rien faire... soupira Clara. Elle boucla le téléphone.

Chapitre 2 Par Amaury et Gianni

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lexandre est un jeune geek de 14 ans, grand, maigre il est pourtant assez mignon, il a les cheveux bruns. Son rêve est de fabriquer un jeu vidéo où l'on se croirait dedans . Chez lui l'adolescent est en train d'inventer son jeu révolutionnaire quand tout à coup, au milieu de l'opération, l'ordinateur bugua. - Zut! Mon PC manque de puissance, se dit-il, je vais aller dans mon école pour avoir plus de mémoire grâce aux ordinateurs de ma classe. Arrivé à l'école, l'adolescent alluma tous les ordinateurs pour les connecter au même poste. Mais le maître entra et lui demanda: - Que fais-tu Alexandre ? - Je euh... je rattrapais un devoir m...monsieur. 5


- Va à ta place, tu n'as pas fini tes travaux de la semaine. Alexandre enregistra rapidement son projet, regagna sa place et sortit ses affaires. Mamadou un célèbre bouffon, blond, et plutôt imposant entra et lui dit: - Donne-moi ta récréation sinon je te bute ! - Non jamais! Et le geek reçu une gifle. Au cours de math Alexandre ne trouvait pas ses affaires. Car le grand et imposant blond lui avait carrément piqué son sac et l’avait lancé dans le Petit-Lac pendant la pause. Comme il n'avait pas ses devoirs, alors il demanda à une fille à grosses bottes et habillée de noir, qui se tenait toute seule dans un coin de la cour de récré. Elle lui prêta son bouquin sans lui adresser la parole. Pendant les corrections le maître interrogea le geek qui répondit à des questions carrément de scientifique comme A2+B2=C2, x = 0.1, z =1+ x z = 1.1 x = 0.01. C'est pour cela que tout le clan de Mamadou, Iggy, Basile et Barbara le détestaient particulièrement.

Chapitre 3 Par Léa et Océane

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la sortie, la jeune Clara commença à monter les escaliers. Parvenue à la porte, elle vit quelque chose de choquant.

C'était l'adolescent qui n'avait pas ses affaires, qui était en train de se faire racketter par deux grands garçons plutôt musclés, qui montraient qu'il ne fallait pas leur résister. Les deux agresseurs étaient vraiment différents. Le premier portait une veste rouge et une casquette vert fluo sur ses cheveux blonds. Le deuxième, portait une boucle d'oreille à l'oreille gauche et des baskets blanches produisant des flashes scintillants à chaque pas. Clara était tellement furieuse de les voir à deux contre un qu'elle cria: 6


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ARRÊTEZ ! Vous lui faites mal. Qu'est-ce qu'il vous a fait ? Ça ne te regarde pas, dit le jeune homme avec la casquette bon marché. Les deux adolescents la toisèrent de haut en bas et pendant ce temps, la jeune victime s'éclipsa pour ne pas se faire encore racketter. Les deux agresseurs commencèrent alors à se moquer de Clara. - Hahahahahaha ! T'as vu ton look. C'est de la merde ton blouson. - J'ai le droit de m'habiller comme ça me plaît, s'insurgea Clara. C'est pas ta tronche de cake qui va me faire changer d'avis. - Qu'est ce que t'as dit ? - J'ai dit.... pauvre naze, que tu avais une tronche de cake dont le moule est à jeter à la poubelle. Le garçon lui décocha alors un coup de poing, l'autre commença à la prendre par le col de sa robe, et à la soulever de terre. - Iggy! Mamadou! Arrêtez ça ! dit la directrice qui arrivait à l'instant. Si vous continuez comme ça, vous allez être renvoyés de l'école. C'est bien compris ?. - Mais...mais bredouilla Mamadou, celui qui portait la casquette Fluo - Pas de mais! Je veux vous voir dans la classe. Et toi, comment t'appelles-tu ? - Clara. - Viens Clara je vais te faire visiter l'école. - D'accord madame. Clara visita la bibliothèque, la salle de sport, la cafétéria, la salle de chimie etc.. Tous ces lieux qui font partie de l'école. Et tout à coup, elle entendit une sonnerie. - Ah ! Cela indique que c'est l'heure de commencer les cours. Au fait, tu sais quel est le numéro de ta classe ? - Oui bien sûr c'est la 39, ne vous inquiétez pas madame. Elle commença à traverser le couloir de l'école. La jeune fille n'était pas à l'aise puisque tout le monde la regardait bizarrement. Comme si c'était une extraterrestre qui venait d'une obscure planète. Ce 7


n'est pas comme ça que je vais m'intégrer dans cette école, songeat-elle. Soudain, quelqu'un posa une main sur l'épaule de l'adolescente. Prise de peur, Clara fit volte-face. Elle se retrouva nez à nez avec le garçon qu'elle avait vu se faire tabasser. L’adolescent lui dit : - Salut je m'appelle Alexandre et toi ? - Moi, je m'appelle Clara. - Merci beaucoup pour m'avoir débarrassé de ces gros balourds. - Pas de quoi. Mais sinon ça va ? demanda Clara. - Ouais, ouais. C'est juste quelques égratignures sur mon bras. Ah ! Au fait t'es nouvelle ? - Ouais et toi ? répondit la jeune fille. - Non, ça fait même trop longtemps que je supporte cette classe d'idiots. - Ah! ok. - T'es dans quelle classe ? - Je suis dans la 39. Alexandre eut un sourire et dit en baissant les yeux : - Moi aussi. Nous sommes dans la même classe… - Quelle coïncidence !

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Les cours commencèrent : d’abord géographie puis histoire et français. Quand ce fut fini, ils rentrèrent ensemble, parce qu'ils se rendirent compte qu'ils habitaient la même rue. Les jours se suivaient, et se ressemblaient, les deux se faisaient régulièrement rejeter par les autres: Clara, à cause de son look et Alexandre à cause de son Q.I de 140.

Chapitre 4 Par Lauris et Noah

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e lendemain Alexandre et Clara firent exprès de ne pas avoir fini leurs travaux, donc le maître leur dit; - Ce n'est pas votre genre de ne pas finir vos devoirs à temps. - Oui, mais cette semaine il y avait beaucoup de devoirs, marmonna Alexandre la tête basse. - Ce n'est pas une excuse, car tout le monde a réussi à terminer sa semaine. Et le maître partit avec le reste de la classe. - Yes! on a réussi gloussa Clara. - Quel paumé ce prof, grogna Alexandre. - Non, il est sympa c'est juste que...eh.... oui c'est vrai. Quelques minutes plus tard, Alexandre essaya de reprogrammer son jeu, en mettant tous les ordinateurs en réseau pour lui donner plus de puissance. De cette manière, pensa-t-il, le jeu sera si réaliste que les joueurs s'y croiront. Après quelques minutes, la salle de classe se transforma en salle d'informatique avec des dizaines de fils RJ45 qui la traversaient. Quand il voulut essayer son jeu, une coupure d'électricité advint. - Putain de merde, dit-il à voix basse, ça n'arrive qu'à moi ce genre de choses. 9


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Attends, je vais vite à la salle des maîtres rétablir le problème, dit Clara. Quelques minutes plus tard, le courant se rétablit c'est alors que le jeune homme fut subitement parcouru d’un flux électrique crépitant. Pris de panique, il appela Clara qui refaisait ses ongles en noir, elle se tourna et vit que son camarade, était traversé de milliers de lueurs électriques bleutées. Elle voulut chasser les étincelles qui grésillaient sur les épaules d'Alexandre mais soudain, elle sentit une démangeaison dans sa propre main.

Elle remarqua alors que son avant bras commençait à se pixeliser et ses doigts avaient déjà disparu. Ils se retrouvèrent subitement entraînés par le flux électrique dans une espèce de toboggan qui lui rappelait celui qu'elle avait dévalé à AquaParc. Ils entendaient tout autour d’eux des sifflements assourdissants. Après quelques secondes, les jeunes débouchèrent dans un tourbillon, se faisant secouer dans tous les sens. Enfin, ils tombèrent de quelques mètres sur un sol terreux. POUF !

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Chapitre 5 Par Perrin et Adrien

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lexandre et Clara se réveillèrent un peu sonnés dans une grande ville dont les maisons étaient en pierre. En traversant un vieux quartier, Clara crut voir son oncle devant un stand de fruits frais, elle l'aborda: - Jérôme, dit-elle surprise, que fais-tu ici? L’homme qui sembla ne pas la reconnaître, la repoussa. Par malchance, elle tomba sur des caisses qui avaient été soigneusement empilées. Alexandre aida Clara à se relever. - Qu'est-ce qui se passe ici ? demanda une grosse voix pleine de colère. - Rien général, juste une « puterelle» qui me contrarie. - Eh ben, elle sont de plus en plus nombreuses ces «gourgandines » ! 11


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Pute euh... quoi ? chuchota Clara. Ça ressemble beaucoup à « pute » tu ne trouves pas? répondit Alexandre. Mais alors « gourgandine » ça veut dire quoi? Aucune idée, mais à mon avis on devrait se tirer d'ici. On ne va nulle part mes petits « pisse-froid » venez avec moi, dit le général. Nous vous emmenons aux cachots puis vous serez jugés par notre bon roi Genséric, informa un autre soldat. C'est qui ce « Genséric », demanda discrètement Clara qui ne suivait jamais les cours d'histoire trouvant cela trop « barbant ». Ses résultats étaient d'ailleurs catastrophiques. Malheureusement, je crois que Genséric est le plus dangereux des rois Vandales. Si je ne me trompe pas, nous sommes revenus à Carthage vers l’an 500 ! lâcha Alexandre. Vous avez fini de bavarder les deux Fot-en-cul, allez ! en avant les tourtereaux! Clara ne se rendait pas compte du danger qui planait sur eux, mais, Alexandre commençait à sentir ses tripes se nouer à l'idée de rencontrer Genséric car on disait que le barbare n'avait aucune pitié.

Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent devant l’imposante forteresse. Ils approchèrent d'une petite porte en bois sculpté, cachée par des tonneaux de vin. Les gardes entrèrent en déplaçant les barriques qui étaient extrêmement lourdes. Puis ils jetèrent les enfants dans une cellule sombre, crasseuse dont un coin avait une odeur d'urine et dans un autre gisait un squelette où pourrissaient plusieurs rats morts, pleins de larves de mouches grouillantes! - Beurk! C'est dégueulasse je ne veux pas passer une seconde ici. Laissez-nous partir je vous en supplie ! implora Clara. - Ne t'inquiète pas, dit Alexandre, nous sortirons demain pour le jugement mais en attendant essayons de dormir. Les gardes quittèrent la prison. - Allez ! On s'en boit un bien frais, proposa le plus haut gradé.

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Ouais, répondirent tous les guerriers, visiblement enthousiastes. - Je ramène les chopes, en attendant ouvrez un tonneau. Et pendant toute la soirée les troupiers rirent bruyamment toute en vidant tonneau après tonneau. Inévitablement, le lendemain matin, ils eurent la gueule de bois. Les guerriers allèrent chercher les détenus. Puis ils enchaînèrent couloir après couloir, salle après salle, marche après marche. Enfin, ils arrivèrent devant l'énorme porte en bois sculpté avec des motifs élégants de fleurs merveilleusement ciselées. Alors la porte s'ouvrit.

Chapitre 6 Par Vincenzo et Audrey

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lexandre et Clara entrèrent et virent Genséric qui était assis sur son trône de fer. Alexandre et Clara s'approchèrent et virent qu'il avait la main sur son ventre. 13


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Il n'a pas l'air en forme, chuchota Clara. Oui, mais il n'a pas l'air content. Aaah! que je souffre, gémit le roi. Sire vous avez besoin de quelque médicament? intervint Clara, d'une voix douce. Qui t'autorise à adresser la parole à notre roi Genséric, hurla le sénéchal. Je proposais de soigner le roi, mais si vous voulez qu'il ait mal, c’est votre problème. Êtes-vous magicienne? Non pourquoi? Et alors pourquoi parles-tu de médicament? Parce que j'ai un flacon qui contient un liquide qui peut guérir ton roi. Je boirais n'importe quoi pour ne plus avoir mal, gronda le roi.

C'est ainsi que, grâce aux calmants que sa grand-mère lui avait donnés, Clara put guérir Genséric qui souffrait simplement de crampes d'estomac. Mais pour certains guerriers de la cour du roi, ils passèrent pour des démons. Cependant, Genséric, tellement heureux que les gouttes de la grand-mère de Clara aient calmé ses crampes, nomma Clara « guérisseuse royale » à la cour vandale. Le soir Alexandre et Clara se retrouvèrent dans leur chambre qui était l’une des plus belles du palais après celle de Genséric et sa famille proche. - Mais comment allons-nous repartir chez nous, demanda Clara? brisée par toutes ces émotions. - Je n’en ai pas la moindre idée, soupira Alexandre pour la première fois sans solution à un problème. Bonne nuit, Clara. - Bonne nuit. 14


Chapitre 7 Par Rémy

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e lendemain, Genséric se rendit sur le port de Carthage avec son fils, Hunéric, sa garde personnelle et toute sa suite pour assister au débarquement du grand roi Wisigoth Théodoric et sa fille Amalasonthe, en visite diplomatique dans le Royaume vandale. Amalasonthe se tenait droite au bastingage de la galère. Elle était très belle. Elle portait des colliers en or et des bracelets avec des diamants qui étincelaient sous le soleil carthaginois. Elle avait les cheveux blonds et une peau pâle.

Ils arrivèrent sur le port. Hunéric, amoureux fou d'Amalasonthe, se précipita. Quant à Genséric, il ne descendit même pas de son char. Il semblait contrarié. Si Hunéric fait un enfant avec cette fille, songeait-il, le gamin sera le plus puissant de tous les rois. Jamais je ne laisserai cela se produire...

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Le soir-même, Genséric resta à table avec son conseiller militaire qui lui proposa une idée. - J'ai un très gros problème, grommela Genséric - Qu'est-ce que c'est ? - Mon fils est amoureux d'Amalasonthe. - Et pourquoi serait-ce grave ? s'étonna le conseiller barbu avec son chapeau en forme de pot de fleur. - Imagine qu'Amalasonthe et Hunéric fassent un garçon! Cet héritier serait le plus puissant des rois, puisqu'Amalasonthe est la fille de Théodoric et que Hunéric est mon propre fils. Alors leur enfant descendrait de moi et de Théodoric. - Je comprends, je crois que j'ai une idée, fit le conseiller d'une voix sinistre: demain, tu iras dans la chambre d'Amalasonthe et tu lui couperas le nez et les oreilles. Comme ça Hunéric ne voudra pas s'accoupler avec elle. - Ah ! Tu es décidément un excellent conseiller militaire, ricana Genséric en levant son gobelet de vin. Mais Clara qui passait dans le couloir avait tout entendu.

Chapitre 8 Par Florence et Oriane

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lara, horrifiée par cet horrible projet, s'adossa contre le mur. Son pire cauchemar était en train de se réaliser sur la personne de la princesse wisigothe. Et si c'était ça, la cause de ses troubles nocturnes ? Des pas se rapprochèrent, sortant Clara de sa rêverie. Le conseiller sortait. Elle se posta rapidement devant la porte et esquissa une petite courbette. Quand elle s'ouvrit, elle pénétra dans la pièce en tremblant. Heureusement, Genséric était trop occupé par son plan pour la remarquer. Dès qu'elle fut dehors, Clara se précipita vers Alexandre, le nouvel écuyer personnel du roi, pour lui raconter la discussion entre Genséric et son conseiller. Elle 16


dévala les escaliers pour arriver dans les écuries où travaillait son ami. Elle le trouva en train de ramasser le crottin du cheval royal. Une odeur nauséabonde y régnait mais Clara n'y prêta pas attention: -

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Alexandre, Alexandre ! s'écria-t-elle en se précipitant dans le petit local. Quoi, qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il d'un air las. J'ai trouvé l'origine de mon cauchemar ! Hein ? Oui, je m'apprêtais à apporter le souper du roi quand j'ai surpris une conversation très intéressante: Genséric veut couper les oreilles et le nez d'Amalasonthe ! Et tu crois que ça a un rapport avec tes mauvais rêves ? la questionna-t-il en posant sa pelle. Oui, tout est pareil aux éléments de mon rêve: la mutilation, la trahison et la ressemblance ! Quand compte-t-il passer à l'action ? Demain matin à la première heure. Il est 20h00, nous avons exactement 11h30 pour élaborer un plan et prévenir Amalasonthe, dit-il après avoir regardé sa montre. Que dirais-tu de dissuader Genséric ? Non, c'est trop long et trop délicat. Alors que faire ?

Ils s'assirent sur une meule de foin pour réfléchir. Ils se creusèrent la cervelle sans pourtant trouver une solution. Tout à coup, Alexandre s'exclama: -

J'ai trouvé ! Aidons la princesse Wisigothe à s'enfuir avec Hunéric dans le royaume de son père! Tu es un génie, lui glissa Clara avec admiration. Oui, c’est ce qu’on dit... Maintenant, dépêchons-nous, il ne nous reste plus qu'une heure.

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Après être remontés quatre à quatre les longs couloirs richement ornés de tapisseries et de tableaux volés dans les précédentes batailles du roi Genséric, ils arrivèrent aux appartements d'Amalasonthe. Ils toquèrent à la porte de la princesse. Celle-ci mit du temps à leur répondre car elle était en train de prendre son bain. Lorsqu'elle leur ouvrit, emmaillotée dans un peignoir de lin orange, ils lui sautèrent presque dessus. - Vous devez partir, lui ordonna Clara toute essoufflée. - Excusez-moi, vous savez que vous parlez à la future épouse du prince Hunéric?

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Oui, on le sait mais votre beau-père veut vous couper le nez et les oreilles, lui annonça Alexandre sans ménagement. Et pourquoi ferait-il cela ? fit-t-elle stupéfaite. Ça ne vous saute donc pas aux yeux ? s'étonna le jeune homme. Ne tournez pas autour du pot et expliquez-moi la raison de ces accusations, s'énerva Amalasonthe en tortillant une mèche de cheveux mouillés. Imaginez que vous ayez un enfant avec Hunéric. Si c'est un garçon, il sera plus puissant que Genséric lui-même car, quand il deviendra roi, il gouvernera non seulement le 18


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royaume des Vandales mais aussi celui des Wisigoths, expliqua Clara. Cela justifierait le comportement distant et désagréable de mon futur beau-père, ces derniers jours, admit la princesse, songeuse. Enfilez des vêtements chauds parce que nous allons dans la forêt, pour regagner le royaume de Théodoric, votre père. Moi je vais chercher votre promis. Fais attention. Et rendez-vous à l'orée du bois, dès que possible, ordonna Clara. Ok.

Sur ce, Alexandre dévala les escaliers à la recherche d'Hunéric. Arrivé à l'étage du jeune prince, il courut jusqu'à sa chambre et tambourina à la porte. Le Vandale apparut, les cheveux en bataille, l'air fatigué et de fort mauvais poil. -

Comment oses-tu, écuyer, me déranger à pareille heure ? Milles excuses, mon seigneur, s'empressa d'ajouter Alexandre. Qu'y a-t-il de si important pour que tu viennes me réveiller ? Eh bien, votre promise est en danger... Quoi, où est-elle ? Dis-le moi ! le coupa Hunéric soudain alarmé, réponds vite !

Pour faire bonne mesure, il empoigna Alexandre par le col de sa chemise, le retourna d'un geste vif et le plaqua contre le mur, simplement en lui imprimant une rotation du poignet. - Ma...majesté, votre père veut lui cou...couper les oreilles et le nez ! bredouilla Alexandre qui cherchait à comprendre la technique de combat du prince vandale qui l'avait si facilement neutralisé. - Que me dis-tu ? A qui veut-il faire cela ?

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A Amalasonthe. Mon amie, Clara est avec elle. Nous avons rendez-vous dans un petit moment dans la forêt. Mais lâchez-moi, je vous prie, vous me faites mal.

Le prince obéit. Il avait l'air complètement déboussolé. Quelques instants plus tard, quand Hunéric fut changé, ils partirent en direction du bois. Alexandre regarda sa montre: 6h27. Telles deux ombres, ils quittèrent le château Vandale. Dehors, le brouillard enveloppait la forteresse. Comme un vandale de sang royal n’avait pas à seller son cheval, l'informaticien dut s'en charger. Ils enfourchèrent leurs montures qu'ils lancèrent au grand galop. Arrivés devant l'immense étendue verte, qu'ils ne remarquèrent presque pas tellement ils était pressés, les deux compagnons aperçurent enfin deux silhouettes qui se ressemblaient : Alamasonthe et Clara. On dirait deux sœurs, songea Alexandre. - Enfin, on vous attendait... dit Clara. Au même instant, dans le château vandale, un cri strident déchira l'air. Genséric venait de se rendre compte que sa cible s'était enfuie avec son fils, l'écuyer et sa nouvelle guérisseuse. Sans perdre une seconde, les fuyards s’enfoncèrent dans la forêt. Ils chevauchèrent ainsi pendant plusieurs heures jusqu'au port de Carthage. Ils déambulèrent dans les rues pavées. N'ayant rien mangé depuis le matin, ils s'arrêtèrent devant une taverne pour se rassasier. Après un bon repas constitué de pain, de fromage, de viande séchée et d'une petite soupe aux légumes verts fraîchement cueillis, Clara et son ami se lancèrent un regard entendu: - Prince Hunéric, nous allons vous laisser, dit Alexandre. - Pourquoi donc ? questionna l'héritier, la bouche pleine. - Comme vous devez vous en douter, nous ne venons pas de la même époque que vous. Il nous faut trouver le moyen de rentrer dans notre temps et la solution se trouve peut-être ici, expliqua Clara. - Mmmm, dit pensivement le jeune prince.

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Merci de m'avoir sauvée de cet horrible supplice, les remercia Amalasonthe, avant de boire une longue gorgée de lait de chèvre, trait le jour même. - De rien. Mais je ne l'ai pas fait que pour vous, dit Clara d'un air malicieux. - Au revoir ! dirent ensemble Alexandre et son amie, en se levant. - Au revoir ! répondirent en chœur les deux tourtereaux, en se dirigeant vers la galère prête à appareiller pour l’Hispanie. Sur ce, les deux compagnons s’engagèrent dans les rues bondées, à la recherche d'un endroit propice à leur retour vers leur monde. Depuis le quai, les fiancés les regardèrent s'éloigner en se demandant s'ils reverraient à nouveau leurs étranges sauveteurs…

Chapitre 9 Par Estelle et Isabelle

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omment va-t-on repartir ? s'inquiéta Clara. - Aucune idée … répondit Alexandre, l'air de rien. De toute façons on doit fuir puisque certains chefs vandales veulent notre peau. Ah ! oui j'avais oublié que depuis que l'on a empêché la mort d'Amalasonthe les généraux sont contre nous. Il nous faut un char, déclara Alexandre. What ? s'exclama Clara . Oui un char ! Pourquoi ? 21


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Je pense qu'on devrait aller dans un temple, car si on est venu par des méthodes informatiques, étant donné qu'ici cela n'existe pas encore, le seul moyen pour nous de rentrer, c'est la magie. Bonne idée, mais par quelle magie ? questionna Clara. Les prêtresses d'Isis possédaient des dons extraordinaires. Va au forum, et tâche de me ramener un char. OK.

Et Clara s'en alla en direction du Forum. Dans le forum : - Bonjour, salua d'une voix assurée Clara. - Ave répondit une marchande en latin. - Ave dit son mari. - Ave... je... voudrais... avoir... un...char. - Un char, venez, l'invita le marchand. Il emmena Clara dans une écurie, et commença à parler avec un paysan qui ne sentait pas très bon. Ce dernier tourna la tête vers la jeune fille et lui proposa de faire venir un vieux mulet ou pour un surplus d'un denier, il ferait venir un char attelé à un coursier. -Il arrivera dans un petit instant devant la ferme, déclara le paysan. Clara s'imaginait déjà, conduisant le char pour impressionner Alexandre, mais quelle déception quand elle vit qu'il était déjà piloté par un conducteur. Elle monta dans le char et demanda au jeune homme de l'amener à la porte de la ville où l’attendait Alexandre. - Ave ! dit le conducteur de char, en arrêtant son attelage devant Alexandre. - Ave ! répondit l'autiste, pouvez-vous nous conduire au temple de Cebalat ? - Bien sûr, répondit le jeune conducteur avec son fort accent carthaginois. 22


Ils montèrent dans le char de couleur or. Ce fut une agréable sensation de sentir ses cheveux s'ébouriffer dans le vent. Après une demi-journée à longer la côte, ils arrivèrent à une taverne où ils se régalèrent de fromage de chèvre, de pain et ils burent du jus de raisin rouge succulent. Ils remontèrent dans le char et vingt minutes plus tard ils arrivèrent enfin devant le temple de Cebalat perché au sommet d’une colline dominant la mer. -

Oh ! je crois que j'ai le mal de terre ! gémit Clara qui admirait un paysage plein de bosses, cela lui rappelait la visite de tante Germaine qui habitait au Jura. - Bon on y va ! déclara Alexandre. - Et moi ! - Le conducteur de char je l'avais oublié celui-là, s'exclama Clara. - Vous pouvez partir, lui dit d'un air narquois Alexandre. - ET MES DENIERS ! . - Voilà monsieur, fit Clara en lui donnant les pièces qu’elle avait gagnées en soignant le roi. Le conducteur fit faire demi-tour à son attelage et s’éloigna au petit trot. - Voilà une chose faite, annonça Alexandre. - Mais comment on va rentrer à notre époque ? - Euh... on va demander à la prêtresse du temple ? proposa le jeune homme. - Peut-être. Allons la chercher, on la trouvera bien. Ils partirent à travers le temple dont les murs de marbre étaient ornés d'or et d'argent. Alexandre passa devant un autel où trônaient des statuettes d’ivoire. - Bon, réfléchissons... dit Alexandre, qui avait repris son sérieux.

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Il remarqua que les statuettes avaient des trous dans les mains comme pour y glisser un petit objet. Une boîte en bois était déposée sur un petit meuble non loin de là. Ils se mirent à placer les objets dans les mains de chacun des Dieux. Ils donnèrent à Zeus son éclair en bronze; à Poséidon, son trident en argent; à Athéna , son bouclier d'or, à Aphrodite , sa colombe, et enfin, à Hadès, sa tête de

mort. Soudain, un éclat de lumière apparut d'une ouverture pratiquée dans le toit. Les statuettes se reflétèrent alors dans un miroir en bronze poli qui se trouvait sur le mur en face. Il y eut un éclat de lumière aveuglante et une porte interdimensionnelle s'ouvrit à travers le miroir. -

La vache ! dit dans un souffle Alexandre. Bon on y entre ? demanda Clara. Eh oui ! répondit Alexandre, attention, ça risque de secouer…

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Ils traversèrent le bouclier-miroir et se firent aspirer dans un toboggan extra-glissant qui rappelait à Clara celui qu'elle avait fait à Loèche-les-Bains, avec son père qui était mort, trois mois après cette excursion formidable. Tout à coup, il tombèrent lourdement sur un sol pierreux, qui lui rappelait celui du temple, mais très abîmé.

Chapitre 10 par Axel Briguet et Nathan Favre.

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ù sommes nous ? demanda Clara. - Aucune idée, fit Alexandre, pensif. - Ce mur... Il me rappelle quelque chose... - Oui, on dirait le mur d'une ruine de château... - Sortons, on verra sûrement où nous sommes, proposa la jeune fille - T'as raison. Ils sortirent de la ruine. L'air était frais. Ils étaient entourés de vignes. - Bon sang ! Mais c'est la chapelle Saint-Félix! s'exclama Clara. - Les temples et les chapelles doivent sûrement être reliés dans l'espace-temps, dit Alexandre d'un air rêveur. Quand

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nous avons réuni les statuettes de marbre dans le temple, un phénomène paranormal s'est activé et ça nous a ramenés dans le présent, non loin de notre point de départ.

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Euh...OK... Si tu le dis... Bon, que faisons-nous maintenant ? demanda Clara. Je n'en sais rien, on devrait retourner à l'école. Oui, bonne idée. D'accord, allons-y.

Arrivés à Goubing, les deux amis étaient contents d'être revenus dans le présent mais ils appréhendaient d'être à nouveau humiliés par les autres.

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Je suis si heureuse d'avoir sauvé Amalasonthe, fit Clara avant d'entrer dans la cour. - Je ne serais pas étonné que cela ait produit une conséquence dans le présent, en lien avec tes cauchemars, Clara ! - Si seulement... Au fait, on est parti pendant combien de temps ? Alexandre regarda sa montre qui donnait l'heure et la date. - Deux jours, une heure, quarante-six minutes, vingt-trois secondes et 2 millièmes ; il va falloir expliquer cette absence… Les élèves arrivaient dans la classe. - Oh non ! s'exclama le garçon grassouillet nommé Mamadou. Revoilà le trisomique et la gothique! Vous étiez obligés de revenir à l'école ?! On était bien sans vous !!! - Et toi, t'es obligé d'être aussi barbare ? railla Clara en le fusillant du regard. - C'est moi que tu traites de barbare, là ? demanda Mamadou en s'avançant pour frapper la gothique.

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Oui, c'est bien à toi qu'elle causait, gros tas, dit Alexandre en se mettant en travers de son chemin. Mamadou poussa violemment Alexandre. Mais l'autiste contra le coup. Il lui attrapa le poignet et d’un mouvement rapide de torsion, il plaqua Mamadou sur un bureau. La brute s’effondra, sonnée et n’osa plus bouger.

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Eh! Mais c'est la technique d’Hunéric que tu viens d’utiliser ! non ?chuchota Clara impressionnée. Oui, comme tu le sais, j’apprends vite, mais je ne pensais pas qu’elle était si efficace, dit Alexandre en réajustant ses lunettes.

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Chapitre 11 Par Maurice et Guillaume

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nfin rentrée chez elle, après la journée de classe, Clara retrouva avec plaisir sa chambre avec sa lampe de chevet sur la petite bibliothèque de bois de chêne et ses vieux tiroirs sombres. Elle plongea avec délices dans son lit douillet. Clara regarda sur son mur la photo de sa grand-mère et elle remarqua à quel point, elle ressemblait à Amalasonthe. - J'ai sommeil, mais j'ai peur de refaire ce cauchemar terrible ! songea-t-elle, angoissée. Mais finalement quel pire cauchemar puis-je faire que ce qui vient de m’arriver ? pensa la jeune fille pour se rassurer. Le lendemain matin, sur le chemin de l'école , Clara tomba sur Alexandre qui arrivait. - Alors, bien dormi Clara? dit le jeune homme.

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Oui très bien j'ai fait un beau rêve où j'ai vu un lapin bleu, dit Clara émerveillée. Tu veux me le raconter ? questionna Alexandre. Si tu veux. J'étais sur un petit nuage rose avec ce lapin bleu, la paix régnait partout sur une étendue de cumulus blancs, dit la demoiselle épanouie. Ah c'est cool, je suis content pour toi. Merci mon grand.

Les amoureux entrèrent en classe. Le professeur, monsieur Brouillon piétinait de rage en les attendant car ils n'avaient pas copié le résumé afin de préparer le test d'histoire sur les grandes invasions qui avait lieu le jour même. - C'est malin! Je suis curieux de voir comment vous allez passer votre test qui commence immédiatement ! La tête basse, les deux élèves prirent la feuille de l'examen et allèrent à leur place. Question 1: Comment s'appelait le fils du roi des Vandales? « Trop simple, c'est ce vieil Hunéric! » gloussa Clara. 29


Question 2: Quel est le territoire où se stabilisent les Vandales? « La côte nord-africaine ! Mais c'est ultra-facile! » Question 3: Donne le nom d'un autre peuple barbare qui concurrence les Vandales. « Ben les Wisigoths de la princesse Amalasonthe! Jamais vu un test aussi cool! » Trente minutes plus tard, le test était fini et les deux ados étaient sûrs d'avoir un excellent résultat car cette période de l'histoire, ils venaient de la vivre. Les deux amis rentrèrent chez eux et Clara ne fit plus jamais le cauchemar qui avait marqué ses ancêtres ; quant à Alexandre, il avait enfin une amie.

FIN

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La malédiction d'Amalasonthe  

Conte publié par la 7-8P de l'école de Planzette