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Philippe Michel-Kleisbauer

Le monde est ma communauté, Fréjus est son reflet

Publication numérique - 2016


ÂŤOn peut modifier l'action de l'homme dans une certaine mesure, on ne saurait changer la nature humaineÂť. Abraham Lincoln


Le monde est ma communauté, Fréjus est son reflet

Publication numérique - 2016


Après « Affronter les crises majeures » essai pratique destiné aux élus locaux et aux responsables des corps constitués qui interviennent dans l’organisation quotidienne de la vie des français en cas de catastrophe naturelle ou industrielle publié en 2009 aux éditions Publibook, Philippe Michel-Kleisbauer dresse un état des lieux sans concession sur les maux qui rongent notre société dès les premiers échelons de son organisation institutionnelle. Avec «  Le monde est ma communauté, Fréjus est son reflet» il peint le portrait de dérives communes à toutes les sociétés.


AVANT-PROPOS Lorsque fut prise la décision d’un engagement en Politique, mon adolescence battait son plein. Ballotté entre les quatre points cardinaux d’une famille qui avait une histoire, le choix de mon destin m’appartenait et fut mien. Loin du confort des réussites des deux lignées dont j’étais issu, je me choisis une voie difficile, ingrate et semée d’embûches. Mais ces renoncements serviraient aux fondements d’une vie en ligne droite quoi qu’il arrive. Étudiant, Militant, Élu, Clerc, Commis, Collaborateur, Essayiste, Candidat, autant d’étapes, de bivouacs ou de camps de base sur un sentier plus encombré qu’on me l’avait dit, qui me permettent aujourd’hui de m’essayer une nouvelle fois. De livrer à ceux que cela intéresse mes observations, mes impressions et certaines conclusions. Même ceux que


la jalousie de mon indépendance pousse à la détestation, pourront d’un autodafé nourrir le feu de leur haine de la Liberté sur le bûcher de mon vaniteux projet. Car le chemin est trop beau et la foi qui me guide trop forte pour que je renonce à le poursuivre. Les mystères qui le jonchent, les esprits qui le hantent comme les joies et les peines semées en autant de cailloux par un petit poucet devenu orfèvre me font ressentir la force des pionniers. Ces joyaux ont le temps pour écrin et le monde pour étal. Fréjus est le tamis dans lequel je les ai recueillis. Fort de ces richesses je vais pouvoir continuer à parcourir ce monde en perpétuelle mutation. Rester en mouvement pour ne jamais me faire distancer. Poursuivre le chemin afin de ne jamais arrêter. L’espérer sans fin pour toujours y croire. Ce petit opuscule glissé dans une bouteille jetée sur les bords de la méditerranée, berceau de l’humanité, mère des premiers grands explorateurs, théâtre de tant de tragédies, est un message d’espoir adressé à ceux qui se fixent un monde meilleur comme horizon.


PREMIERE PARTIE ENFANT DE LA GUERRE FROIDE


PREMIERE PARTIE ENFANT DE LA GUERRE FROIDE A ceux qui m’ont conduit bien malgré eux à la politique: Serge Delserre, Jean Michel Couve, François Leotard, Jean Busnel et Christian Autran. Du devoir de mémoire comme socle de l’engagement politique. La scène reste gravée dans ma mémoire. Un rassemblement d’hommes et de femmes sobrement vêtus, les mines graves. Pas de pleurs, juste des visages fermés. Une pluie fine donne un ton plus solennel encore à cette manifestation. Des drapeaux tricolores hissés sur des hampes en bois vernis que des mains en gants blancs dressent puis inclinent avec révérence. Un monument sur lequel sont gravés dans la pierre des noms d’hommes tombés aux


champs de batailles. Une voix caverneuse et mûre prononce un éloge funèbre en l’hommage de ces malheureux, de leurs familles à jamais meurtries, pour nous miraculeux épargnés de ces tragédies humaines. Le son d’un clairon vient glacer un peu plus le sang de cette assemblée unie par un même respect, un même devoir. Un silence, lourd, pesant, puis dans les voix et les cœurs retentit la Marseillaise. Les gants blancs lâchent pour la première fois leur étendard pour serrer la main du sous-préfet et du député, les représentants de l’Etat et de l’Assemblée Nationale. Puis les rangs se disloquent. De fortes accolades viennent étouffer le tintement des médailles. Aux retrouvailles se mêlent les souvenirs, les récits, l’Histoire. Certains de la portée de son éloquence, le député évolue avec aisance au cœur de la foule qui s’éclaircit peu à peu. Puis il s’approche. Intrigué par ma jeune présence mais aussi attiré par celle de Serge Delserre que j’accompagne pour l’occasion. Journaliste réputé en charge de l’agence locale de Nice Matin, il est aussi mon oncle par alliance et a la lourde responsabilité de me servir de tuteur les fins de semaines de solitude dont le divorce de mes parents m’a richement doté. Son


amour respectueux de la langue française le hisse dans la strate à l’air raréfié de ceux qui peuvent relever sans honte le défi de la dictée de Bernard Pivot. Cette cérémonie venait de transformer mon intérêt précoce voir quasi passionnel pour la chose publique en vocation. Enfant de la guerre froide, je suis de ceux qui avaient vingt ans quand les défenseurs du Monde Libre vinrent à bout, au prix de tant de vies, du mur de Berlin. L’actualité intégralement tournée vers la lutte des deux blocs, ne montrait que des gouvernants, des chefs d’Etats, auxquels la gravité de cette situation imposait de la sobriété, de la solennité; une stature. L’affaire des missiles de Cuba avait révélé deux Hommes politiques pétris dans la glaise dont on fait les meilleurs Hommes d’Etats. La solidité des nerfs comme la finesse de jugement de John Fitzgerald Kennedy et de Nikita Kroutchev comme leur sens du bien commun, de l’Humanité, leur avait permis de sortir d’une crise poussée à son paroxysme par l’élite bureaucratique et militaire de chaque camp, dont la seule finalité n’était autre qu’une troisième guerre mon-


diale. Nous leur devions d’avoir échappé à une escalade nucléaire fatale. Patiemment j’écoutais l’entretien que le Dr Jean Michel Couve donnait au reporter du quotidien local qu’il connaissait très bien. Il savait que ce mélomane avait l’art et la manière de rendre ses articles aussi harmonieux que du papier à musique et que ce style non seulement attirait les lecteurs, mais chose rare, les gardait un peu plus longtemps. Ainsi profitait-il de cet instant pour entamer en solo un refrain qui sonnerait doux à l’oreille de ses administrés le lendemain matin. Étonné de ma présence en cet instant, il le fut encore d’avantage lorsqu’il apprit que j’étais le petit fils du Dr Adalbert Kleisbauer (*) qui fut l’assistant de son père au Muy pendant la Seconde Guerre Mondiale. Immigré de l’Europe de l’Est qu’il avait fui à la fin de son adolescence, mon grand-père maternel, avait poursuivi ses études à la faculté de médecine de Marseille (* « Adalbert de Bukovine » Colette Michel Editions des Ecrivains 2009). Face à mon intérêt marqué notre député me gratifiait d’un conseil que je suivis dès que ce fut possible; participer, une fois ma majorité obtenue, à la tenue des bureaux de votes au sein de


ma commune. Acte citoyen par excellence il marquait à ses yeux la première étape véritable d’un engagement pour la chose publique. Voter et faire voter participaient à l’exercice de la Démocratie, donnaient vie à notre République. Le retour à l’agence était pour moi l’occasion de repasser le film des événements, de «déranger mes pensées» comme l’écrivait Jean Rostant, de réfléchir à ce que je voulais pour mon avenir. Des hommes et des femmes mettaient de côté leurs divergences d’opinion le temps d’un devoir de mémoire qui ne saurait s’éteindre. C’était décidé, je serai de ceux qui le perpétueraient. Le député Couve eut pour moi une attention toute particulière. Je la devais certainement à ma lignée dont je transpirais fortement l’héritage spirituel et culturel. Mais sûrement aussi au fait qu’il avait lui-même été happé par le charisme du Général De Gaulle . Son invitation à suivre les réunions du Rassemblement Pour la République auquel il appartenait se heurtait à une réticence certaine de ma part, fruit d’une première approche malheureuse avec le monde de la politique à cause de certains membres de ce parti. Aussi lamentable que cela puisse paraître, nous avions été chargés violemment, des cama-


rades et moi, par le service d’ordre d’une réunion de Jean Paul Claustre, maire RPR de Draguignan, ma ville natale. Notre présence avait été sollicitée par le père de l’un d’entre nous, lui-même adjoint à la jeunesse et aux sports de cette ville. Ironie du sort lorsque l’on sait qu’il nous avait fait venir afin de donner l’image d’un maire et d’un parti tourné vers la jeunesse. Grâce aux milices sécuritaires qui caractérisaient cette équipe municipale j’appris à coups de matraques que l’idéal démocratique qui m’habitait n’était pas partagé de tous, qu’il existait des personnes pour lesquelles les jeunes et d’autres catégories de citoyens devaient se tenir éloignés de la vie politique. Est-ce un hasard si ces élus ont réussi en moins de trois ans à plonger cette ville chargée d’histoire dans un scandale politico-financier qui l’avait laissé ruinée? Quoi qu’il en fut, ils m’avaient permis d’ancrer en moi des certitudes, de savoir de quoi mes combats seraient faits, d’aimer un peu plus ce jeune Président américain assassiné au nom du combat pour la justice qui était le sien. Cette anecdote fit lever les yeux de Serge vers le haut. Son froncement de sourcils en disait long. Décidément des chats ne faisaient pas des chiens. Si parfois je remettais en cause ma filiation, elle


ne faisait aucun doute. Il savait vers quel Saint me vouer. De l’injustice comme moteur de l’engagement politique. Lorsque je suis né le 6 mars 1969 dans les bras de ma grand-mère maternelle à Draguignan, mon père venait d’acheter le petit office notarial de Trans en Provence. Il était fils et petit-fils de notaires d’un village très peu peuplé des Vosges. Le grand père d’une famille d’éleveurs de vaches, producteurs de beurre, fut victime d’un accident aux séquelles irréversibles qui l’avait poussé vers les études puis chez le notaire du patelin qui en avait fait son successeur. Avec ma mère Colette (Etelka de son nom d’origine) il s’était lancé dans la mêlée politique locale sur laquelle le sénateur-maire socialiste de Draguignan et président du Conseil Général Édouard du Var Edouard Soldani, bras droit de Gaston Deferre régnait en maître. Tous deux étaient les représentants locaux de Valery Giscard d’Estaing qui à peine élu Président de la République, avait accordé à Jacques Chirac son Premier ministre le transfert de la préfecture du Var de Draguignan à Toulon. C’était le 4 sep-


tembre 1974. La réaction avait été immédiate. Des manifestants, des barricades, de la casse et finalement un engin agricole qui vint souffler l’étude familiale. Cette nuit fut chaude comme les deux ou trois qui suivirent. Quelques fidèles vinrent se retrancher à la maison fusils à la main, les menaces ne s’étant pas arrêtées dans les décombres des minutes notariales. Quelques coups de feux en l’air ou plus ou moins ajustés sur les volets et voilà que l’on m’expédiait en Corse, chez ma grandmère maternelle. Cette sage-femme dont je suis le dernier qu’elle avait fait naître bien après avoir mis un terme à sa carrière vivait dans l’ile de beauté. Divorcée d’Adalbert, Jeannine avait après la guerre décidé de s’installer en Corse, entre Solenzara et Porto Vecchio, ou ils avaient l’habitude de venir camper. Elle yavait rejoint un pêcheur professionnel dont elle était tombée amoureuse. C’est là que mes parents s’étaient connus. La tranquillité de ce coin sauvage du littoral de Conca et l’hospitalité que ses amis, les «seigneurs» Jean Paul De Rocca Serra et Xavier Serrafino garantissaient en faisait un lieu sécurisé pour ma personne.


C’est dans les rochers, le maquis et la montagne de la Corse que j’ai passé toute ma jeunesse extra-scolaire et que je vais me ressourcer. Très vite adopté, mes amis avaient une compassion amusée à mon endroit et pour cause; j’étais le seul pinsutu à avoir subi un plasticage sur le continent et à m’être réfugié chez eux! Le fait que mon grand-père, médecin et ma grand-mère, sage-femme, avaient intimement connu Max et Edmond Siméoni a toujours facilité mon amitié pour quelques autonomistes. Cette vie, cette culture devinrent mon refuge, surtout quand quelques années après aux événements que nous avions vécu, mes parents se séparèrent. Ma mère était parti vivre à Tahiti tandis que je restais avec mon père toujours absent. Mes frères avaient commencé leur vie. Ma grand-mère et quelquefois mes oncles et tantes se relayaient pour m’aider à grandir. Ceci explique cet air presque dépité qui avait soudainement marqué le visage de Serge. Une bonne décennie s’était écoulée pendant laquelle il n’avait plus entendu parler de combat politique dans la famille. La trêve était de courte durée, les gènes bien ancrés, mes contestations de ma filiation plus futiles que jamais. En même temps il ne


savait que trop bien vers qui m’orienter. La vie faisant que la circonscription voisine était tenue par un «jeune loup» de la politique, une figure montante que le parti gaulliste ne goûtait guerre, mais que lui appréciait tout particulièrement. C’est ainsi qu’il me fit connaître François Léotard. De leaders charismatiques comme point de mire de l’engagement politique Le discours libéral mais humaniste de ce jeune quadra me plaisait. Il me correspondait. Sa jeunesse et son dynamisme tranchait avec la «vieille école» omniprésente dans les médias. Son vocabulaire toujours très bien choisi comme sa culture et le niveau de ses raisonnements le plaçaient très au-dessus des autres prétendants au renouvellement. Avec ses acolytes Gérard Longuet, Alain Madelin, Philippe Vasseur, Hervé Novelli, Claude Malhuret mais aussi Jean Pierre Raffarin ils s’employaient tous (en vain?) à faire cohabiter un libéralisme économique et politique avec la droite conservatrice dont Jacques Chirac était le chef de file. Leur volonté d’ouvrir notre pays au monde, de donner à chacun les chances de pouvoir réussir et de se battre partout où la Liberté était confisquée


au peuple ne pouvait que me séduire. Pris en étau entre une gauche qui croyait encore aux vertus du marxisme lorsqu’elle n’était pas maoïste et une droite réactionnaire nostalgique de l’époque où il existait un ministère de l’information, entendez de la censure, ils voulaient inscrire notre société dans la modernité. L’adversité dans laquelle leur réformisme était accueilli serait pour moi l’occasion de livrer bataille à ceux qui voulaient faire leur la chose publique et en tenir éloignés ceux qui n’étaient pas du sérail ou d‘un clan. Alors que le journalisme auquel Serge me familiarisait était certainement le meilleur moyen pour véhiculer des idées, ma volonté de «changer le monde» exigeait un engagement total, sans états d’âme et permanent ; un combat. Profitant encore un peu du statut de journaliste de mon oncle pour me faufiler à chaque occasion je profitais de cette circonstance afin de rencontrer François Léotard. C’était là aussi à l’issue d’une cérémonie à laquelle il avait donné une hauteur exceptionnelle. Les mots, le ton, les citations, tout, absolument tout ce qu’il prononçait était bu par l’assistance comme si soudain les hospices de Beaune nous avaient gratifiés de leurs plus grands


crus. Les frissons, l’émotion, la passion, l’emportaient sur la raison. Ses références culturelles plaçaient ses discours au-dessus des clivages. Ce qu’il recherchait c’était nous unir avec ce sentiment abstrait qui meut chacun en Politique selon lequel il existe au fond des hommes une force cachée qui peut sauver l’humanité; Manouchian «il faut croire en l’Homme». On dit que jeune il avait été séminariste et avait failli épouser les ordres. Mon sentiment était qu’il y avait en lui quelque chose de plus mystique, c’était un «indien» tellement il était capable «d’écouter le vent» pour ne plus entendre ses contemporains. À la fois intellectuel et homme d’action il était très attractif et avait fait naitre une espérance. Il me fallait contribuer aux efforts que dispensaient tant d’anonymes pour lui permettre de faire connaître sa différence. Lui aussi connaissait bien ma famille et son histoire. Il me dit immédiatement qu’il avait besoin de jeunes gens auprès de lui, qu’il se rendrait toujours disponible pour nous rencontrer, nous écouter et nous entendre. Chiche fut ma réponse, banco sa surenchère. C’est ainsi que je devins «Militant».


De l’action militante comme matérialisation de l’engagement politique. De l’Esterel par les Maures et jusqu’au Verdon il n’y avait point de réunion publique, manifestation politique ou cérémonie nationale que je ne manquais. Cornaqué par les militants de la première heure j’incarnais la relève. C’est ainsi qu’une fois ma majorité obtenue je pus participer à la tenue des bureaux de vote dans mon village, Trans en Provence. On m’avait confié immédiatement le registre électoral et le soin de recueillir la signature de chaque votant. Le président du bureau de vote m’avait placé à sa droite et gardait un œil sur tout. Gamin, avec un autre dignitaire du village, cet ancien combattant avait falsifié son âge sur ses papiers afin de pouvoir tous deux s’engager dans la guerre. Prisonniers, évadés, défaits puis victorieux. Et comme si une seule guerre n’y avait suffi ils avaient remis ça en Indochine. Là aussi blessés puis prisonniers. Ils faisaient partie de ces très rares soldats, hommes du rang, à avoir reçu la médaille militaire et la légion d’honneur au péril de leur vie. Ma fierté de recevoir ses félicita-


tions après chaque scrutin n’était pas dissimulée. Ce qu’il m’apprit pendant ces longues journées ne m’a jamais quitté. L’émotion clairement visible sur les votants non plus. Ceux qui aujourd’hui boudent les urnes, passent à côté d’un acte puissant, d’une possibilité d’agir sur notre destin commun. Les mains qui tremblent, les oublis comme les pertes de repères de celles et ceux qui entrent dans un bureau de vote sont aussi exceptionnels qu’injustifiés si ce n’est par le sentiment d’accomplir un acte sacré. Endimanchés, les gorges serrées, ils prononcent les politesses d’usage, se renseignent sur la participation puis s’en vont d’un pas plus assuré pour finalement, une fois sortis, pousser un soupir de soulagement comme pour en finir avec une interminable apnée. Rare sont les occasions dans la vie qui provoquent ces sensations. Est-ce le poids de notre Histoire, le prix de la Liberté et de ce droit qui y est attaché qu’est le vote qui en est la raison? Est-ce le sentiment de participer aux décisions de la collectivité ? Est-ce l’appartenance à la communauté des votants qui rend nos compatriotes si impliqués en cette occasion? Une chose est sûre, le vote est trop sérieux pour que je ne le traite avec tout le sérieux et le respect possibles. Il me fallait militer, défendre cette idéal démocra-


tique qui ne pouvait exister que grâce aux fondamentaux solides de la République. Tout naturellement c’est au sein du Parti Républicain, formation fondatrice de l’Union pour la Démocratie Française que j’allais donner de mon temps et de mon énergie. D’abord fondateur du Mouvement des Jeunes Républicains dans mon département natal du Var, mon militantisme allait se poursuivre jusqu’à mon accession aux responsabilités de délégué général de ce mouvement. Belle expérience qui m’avait ouvert les yeux sur la réalité d’un monde politique dans lequel les partis politiques servaient davantage les carrières personnelles que les idées et valeurs qu’ils étaient censés mettre en avant. Première expérience, première déception qui n’allait tout de même pas entamer mon idéal démocratique et ma foi dans la chose publique afin de le faire vivre. De rencontres qui forgent un caractère. Cette vocation pour la chose publique m’avait orienté vers le droit dans mes études. L’Univer-


sité d’Aix en Provence ayant une solide réputation je voulais que mes diplômes me permettent d’œuvrer moi aussi pour ma cité. Mais le pragmatisme comme la méfiance à l’égard de la politique de mon père et de mon frère aîné Jean Christophe, eurent gain de cause sur l’orientation précise de mes travaux universitaires. Alors que j’avais entamé le premier cycle avec le Droit Européen et le Droit International Public, le deuxième et le troisième cycle furent plus terre à terre. Le Droits des Affaires et le Droit Notarial avaient eu raison de mes rêves de Science-po et d’ENA. Ils voulaient que j’aie un «vrai métier». Comme souvent les circonstances actuelles me font réaliser qu’ils avaient tellement raison. Pourtant ma participation à la tenue des bureaux de vote m’avait permis de faire la connaissance d’un professeur de l’ENA. Le Préfet Jean Busnel était le premier adjoint au maire de mon village. Il avait eu comme élèves aussi bien Michel Rocard que Jacques Chirac. Ma passion pour la politique était nourrie par ses soins à l’aide des lectures qu’il m’imposait chaque semaine; Sartre, Gide, Bernanos, Camus, Céline, mais surtout Simone Weil et Cioran, philosophes dont la puissance intellectuelle fait d’eux des ma-


nieurs des mots et des verbes exceptionnels. C’est à lui que je dus, non seulement cette approche intellectuelle de la politique mais aussi de figurer sur une liste municipale une fois mes études finies. Il ne connaissait pas assez François Léotard mais m’incita à m’engager politiquement auprès de lui puisque tel était mon souhait. L’honnêteté comme le refus de toute compromission dont j’avais hérité lui faisaient dire qu’il me fallait ne pas avoir peur de «vouloir» faire de la politique pour cette raison. Ces idéaux le faisaient me prévenir des difficultés et souffrances que je rencontrerai. Son soutien fut décisif. Il venait renforcer cette insistance qu’y mettait de tout son cœur un autre ami, qui par sa vie m’avait enseigné la résilience; Christian Autran. Né à l’Assistance Publique et recueilli par la famille Autran à Vidauban, Christian avait été victime d’un accident à l’armée qui le rendit à l’âge de 20 ans paraplégique. Suite à une opération dramatique il était devenu tétraplégique, ne gardant qu’un vague mouvement de bas en haut d’un de ses bras. Ma mère, engagée politique au grand cœur, lui avait ouvert les bras de notre famille.


Notre première rencontre avait eu lieu à l’Institution Nationale des Invalides. Il était allongé sur le ventre depuis deux ans. Il attendait désespérément que les plaies se cicatrisent. Mon arrivée faisait suite à celle de François Mitterrand qui tout juste élu avait rendu une visite protocolaire aux Invalides et remis en cadeau à chaque pensionnaire des livres. Le Premier geste de Christian était de me les offrir par rejet de ce président qu’il avait combattu tout gaulliste qu’il était. Surpris de ma répartie et de mes connaissances politiques alors que je n’avais qu’une douzaine d’années il trouvait en moi l’interlocuteur parfait pour lutter contre un temps interminablement long pour lui. Il m’appelait plusieurs fois par semaine. Nous allions souvent le voir aux Invalides, ce qui m’avait permis de visiter en «détail» cette institution, d’y croiser des personnalités importantes touchées elles aussi. Lorsqu’il put sortir de l’institution et revenir dans le Var il ne me quittait plus un instant, m’accompagnant à toutes les manifestations. Nous en profitions pour solliciter des rendez-vous auprès des parlementaires et élus locaux sensibles à la question de l’accessibilité que


nous défendions. A cette époque nos revendications portaient principalement sur l’aménagement de «bateaux» sur les trottoirs infranchissables alors pour les fauteuils roulants. Lorsque j’avais pris ma carte au Parti Républicain et à l’Union pour la Démocratie Française il avait déchiré pour moi sa carte du RPR. Il m’avait poussé à me présenter avec quelques camarades à l’élection nationale du Mouvement des Jeunes Républicains. C’était en 1991. Il mourut quelques minutes après que je lui annonçais mon élection au poste de Délégué Général de notre mouvement. C’était après une énième opération. Sa vie a été un vrai calvaire. Enfant. Adulte. Dans les hôpitaux. Dehors. Mais jamais il ne se plaignait. Il voulait vivre chaque seconde. Il est de tous mes combats. C’est sur sa tombe à Vidauban que je me recueille la veille de mes scrutins. Du Service National et du mandat municipal comme engagement civique. Mes études ont trouvé leur fin en même temps


que mon service national. D’être admis au DESS de Droit Notarial, «la voie royale» comme on l’appelle dans la profession me contraint à trouver un terrain d’entente avec le Commandant du Groupement d’Instruction où je fus admis. Feu le Lieutenant-Colonel Isidore Scher, homme remarquable qui voua sa vie aux autres, à la charité, au partage, avait trouvé le moyen de me permettre de poursuivre mes études pendant mon service. Son besoin d’un volontaire pour prendre en charge son armurerie, notamment les fins de semaines, s’accommodait parfaitement à mon besoin de présence à la faculté tous les mercredis en travaux dirigés. Cet effet d’aubaine m’avait permis d’accomplir ma cinquième année d’études. A l’issu j’intégrais l’office notarial familial en qualité de Clerc. Mes études me disposaient au droit des sociétés et à la vie professionnelle alors que mon caractère me prédisposait au délicat problème des successions. Cette profession si souvent décriée et parfois furtivement remise en cause par des politiques est pourtant d’une rare rigueur. Le secret professionnel, la déontologie, la défense des familles, y sont sacrés. La profession tenant tellement à son honneur qu’elle organise


des contrôles réguliers annuels dans les livres de chaque étude et lorsqu’un problème survient c’est toute la profession qui met la main à la poche afin de rembourser les personnes lésées. C’était pour moi l’occasion aussi de me confronter de plein fouet au mécanisme de la loi CIP de Balladur. Elève de l’Ecole Supérieure du Notariat à Marseille, les cours étaient dispensés le samedi avec une approche théorique des actes sur lesquels nous avions travaillé toute la semaine moyennant un salaire au SMIC moins 18%. Évidemment cette mesure ne passait pas et le fait que François Léotard ait appartenu au gouvernement qui prit cette décision n’y changeait rien. Elle renforçait un peu plus mon besoin d’agir au-delà du militantisme. Ses explications selon lesquelles il ne pouvait pas tout et devait composer avec les conservateurs largement majoritaires à l’Assemblée et donc au gouvernement, me frustraient. Elles renforçaient ma volonté de faire gagner une majorité démocrate-libérale. Les élections municipales de 1995 me donnaient alors l’opportunité d’intégrer une équipe, de travailler pour le bien de mes concitoyens, d’apprendre. C’est à Trans en Provence, village de 4500


âmes dans lequel je vivais depuis ma naissance que cela prit forme. Le maire sortant UDF, Jean Pierre Portheret, se représentait pour un troisième mandat et avait besoin de rajeunir son équipe. Ce bourguignon originaire de Pommard, professeur de sport de son état, avait un caractère très fort, très exigeant et une probité indiscutable. Ma famille le connaissait bien et j’étais ami avec son fils Pierre-Emmanuel qui devint par la suite un brillant et éminent collaborateur de François Bayrou. Nous avions eu parfois des «affrontements de points de vues» sur les rapports entre la municipalité qu’il dirigeait et la jeunesse du village. En me faisant une place sur sa liste il m’offrait la possibilité de passer de l’autre côté, d’en mesurer et éprouver les difficultés, d’écouter et d’apprendre. Surtout apprendre. Même s’il n’aimait pas du tout la moindre tiédeur de la part de ses colistiers à l’égard de ses choix il organisait nos séances de travail dans un esprit d’équipe très démocratique. Ainsi le groupe majoritaire se réunissait deux fois par mois afin de débattre en son sein de tous les sujets. A l’issue de chaque discussion une mise aux voix concluait la question et invitait toute l’équipe à rester solidaire de l’idée dominante. Cette mé-


thode permettait à la majorité d’être forte et soudée en Conseil municipal et de ne point s’ébranler sous les attaques incessantes et perfides de l’opposition. Elle me convenait parfaitement en m’offrant un auditoire à l’écoute attentive des revendications de mes jeunes camarades dont j’étais le porte-parole. De plus cette commune de par sa taille et sa gestion parfaitement libérale ne disposait que de très peu de fonctionnaires. Dès lors notre participation et notre implication dans le portage de tous les projets était totale. Les seules délibérations auxquelles je ne participais pas étaient celles dont le caractère foncier impliquait l’office notarial ou un de ses clients. La commune ayant historiquement passé tous les actes qui la concernent dans la seule étude qui y a élu domicile ma présence dans l’équipe ne soulevait aucune objection. Toutefois avec la comptable de l’office elle aussi élue nous ne prenions jamais part de près ou de loin à l’élaboration des délibérations concernées et quittions l’Assemblée lorsqu’elles étaient soumises au vote. Cette expérience fut si riche d’enseignements. Les attaques dont font l’objet tous les élus au travers du rejet de la classe politique me font mal tellement ai-je pu mesurer l’abnégation qui animait


chacun d’entre nous. A tel point que j’estime que nous devrions tous au moins une fois dans notre vie exercer un mandat de Conseiller municipal pour en sonder l’utilité, la complexité, la beauté. Car franchement la somme des heures consacrées par les centaines de milliers d’élus municipaux au service du bien commun, bénévolement pour la grande majorité d’entre eux mérite de figurer à l’actif de notre patrimoine national. La cohésion sociale, l’épanouissement de nos enfants, le maintien du patrimoine historique, culturel, naturel, rural, comme les équipements de base de notre civilisation, sont assurés par ce dévouement. Il est le socle de notre organisation sociale et territoriale. Le remettre en cause par amalgame est idiot. Cette immersion dans l’échelon fondamental de l’organisation politique de notre pays ne fit qu’attiser le feu sacré qui était-en moi. Ma participation à la table des décisions si modestes furent-elles me remplissait d’une charge émotionnelle. Elle exacerbait mon sens du devoir, du respect de l’Intérêt Général et de la recherche de la juste cause. Je repensais toujours à ces comptes rendus faits par la presse écrite que je lisais depuis l’adolescence; ici l’Assemblée Nationale, là le Conseil des ministres,


ou encore l’Assemblée Générale de l’ONU. Nous en étions bien loin, mais certains, nous y participions. Inutile donc de lutter contre nature. Le mieux était donc de me jeter totalement dans la bataille. C’est encore François Léotard qui allait m’en offrir la formidable possibilité. De la première collaboration politique. La défaite à l’élection présidentielle de l’équipe emmenée par Édouard Balladur avait renvoyé son Ministre de la Défense, non sans mal, à la reconquête de sa circonscription. La prise de conscience que la profondeur de la moquette des ministères et le microcosme politique parisien l’avaient éloigné de son terrain, de sa base, avait poussé François Léotard à rechercher un Assistant Parlementaire du cru. Il me connaissait bien, m’appréciait pour mon franc parlé, sans détours et mon aversion pour le brossage de poils. Le fait d’être un jeune élu municipal rural me permettrait d’être accepté par les maires du département du Var aux destinées desquels il présidait. Mes diplômes me donnaient les capacités de gérer les questions au gou-


vernement dont ils l’abreuvaient. Ma politesse et ma capacité d’écoute me qualifiaient pour recevoir la population en quête d’aide de son député. Enfin, mon militantisme très actif au sein du Parti Républicain et de son mouvement de jeunes me donnaient une connaissance parfaite de la «maison» Léotard. Cette mission avait eu pour conséquence immédiate de me jeter sur les routes de mon département que j’aimais tant. Les villages du Haut Var n’avaient aucun secret pour moi, j’en connaissais même la géologie par passion. Le nord de ce magnifique département offrant à la réserve géologique de Haute Provence un trésor insondable et un terrain d’exploration de rêve pour tous les passionnés. Désormais j’allais pouvoir, grâce à une relation privilégiée avec les maires de ces communes, approfondir mes connaissances et mes réflexions sur leurs problématiques, leurs difficultés, mais aussi leurs richesses naturelles et humaines. La diversité sociologique de ce territoire qui s’étendait du littoral méditerranéen aux Préalpes générait un pluralisme politique bien légitime. Du canton de


Fréjus avec ses 60.000 habitants à celui de Comps sur Artuby et ses 1200 âmes. C’est ce qui fit dire à François Léotard alors qu’il était interrogé sur les raisons qui selon lui l’avaient fait renoncer aux ambitions présidentielles que nous lui prêtions tous: «j’avais la faiblesse de croire que les autres pouvaient avoir raison». Cruel paradoxe qui poussait un homme à renoncer aux espérances qu’il gênerait face à des certitudes sectaires, alors que c’est précisément pour cette raison que nous voulions qu’il porte haut et loin cette différence. Il était le porte étendard des Indépendants, des tolérants, des conciliants. Il réunissait tous ceux qui refusaient le manichéisme institutionnel de notre société. Des leçons du premier combat politique important. Cet échantillon de la France était la démonstration qu’il était dans le vrai. Nous ne pouvions en rester là. Nous ne pouvions laisser sans réponse le vide sidéral de l’affrontement droite-gauche. C’est ce qui le poussa à la conquête de l’UDF. Cette confédération des différents courants


démocrates fondée par Valery Giscard d’Estaing incarnait cet espoir d’une voix du milieu qui permettrait d’extraire notre pays de la stérilité politique du débat dans lequel il était enfermé. La concurrence des écuries, la guerre des chefs, avait trouvé sa fin dans un consensus selon lequel il devait partager la présidence avec l’autre figure montante du centre: François Bayrou. Alors que le premier avait été élu Président, l’autre a été désigné président-délégué. Pour la première fois je tombais sur un problème dont la résolution ne dépendait pas (que) de moi: la plupart de nos concitoyens entretenant un rapport émotionnel avec la politique, la victoire des idées devenait chimérique ! Les conflits de personnes s’exacerbaient au point de nous diviser alors que sur le fond nous partagions tous les mêmes convictions, les mêmes valeurs. C’est Jean-Pierre Raffarin qui le premier avait travaillé sur cette problématique. Il avait missionné Xavier Chinaud, à l’époque cadre du Parti Républicain aujourd’hui politologue reconnu, de réunir en séminaire 50 jeunes issus des 5 formations qui composaient l’UDF mais aussi une poi-


gnée du RPR. Le but était de nous faire plancher sur ce qui nous caractérisait et sur ce qui de notre avis, nous différenciait des autres. C’est à cette occasion que j’avais rencontré et connu Jean-Christophe Lagarde, l’actuel patron de l’UDI. Le résultat était sans appel. Rien ne nous dissociait sur le fond hormis quelques approches méthodologiques. Les seules distinctions se faisaient sur le nom qui figurait sur les bannières derrière lesquelles nous étions rangés: François Léotard, François Bayrou, Alain Juppé et d’autres. Ironie du sort, celui qui à la fois recueillait le plus de sympathie, correspondait le plus à notre philosophie et notre éthique politique ne put hélas jamais avoir le champ libre pour exister: feu Dominique Baudis. Comment avons-nous pu rater un chef de file aussi brillant et aussi médiatique qui pouvait s’appuyer sur un bilan aussi exceptionnel qu’était le sien à la mairie de Toulouse ? Son passé de journaliste en faisait un garant du respect de la Liberté de la presse qu’il respectait y compris même dans les moments les plus injustes et atroces. De même son cursus lui donnait la conscience de l’importance


d’un service public de l’audiovisuel de qualité. Les pensées m’étranglent toujours lorsque je pense au gâchis d’une telle capacité insuffisamment promue au niveau de la politique nationale et pour le bien de notre pays. Ce même sentiment d’une immense déception m’habite lorsque je pense que les États-Unis (le monde?) ont manqué Al Gore. Ce qui caractérise la famille centriste est son libéralisme. Libéralisme politique et libéralisme économique. Le premier se caractérise par la tolérance de ce qui peut différencier des groupes sociaux et la défense absolue des libertés individuelles. La seconde repose sur la foi dans la libre concurrence qui, bien arbitrée, va garantir l’égalité des chances de chacun dans la vie. Or ironie du sort ou manque de lucidité le Centre s’est toujours associé à une droite conservatrice qui par définition ne veut pas de l’égalité des chances pour mieux conserver ses prérogatives, ses privilèges et n’en assurer la transmission que par hérédité ou la cooptation. L’étendue du vide laissé par cette alliance contre nature a permis dans un premier temps à la gauche de s’accaparer le libéralisme politique; dépénalisation de l’homosexualité, mariage pour tous par exemple, puis désormais le libéralisme économique. Car personne ne peut


douter aujourd’hui qu’Emmanuel Macron a plus du Démocrate libéral que du socialiste. Ma conviction était faite que pour exister le Centre devait rester indépendant et se structurer s’il voulait progresser au point de ne plus être cantonné à la force d’appoint comme cela est le cas aux élections sénatoriales ou régionales. Il est en moi des mots qui résonnent encore souvent, particulièrement lorsque je peine à convaincre mes amis militants centristes de la nécessité absolue d’organiser efficacement notre formation. Comment tous les esprits brillants que nous avons au centre de l’échiquier ne parviennent – ils pas à s’entendre sur cette nécessité incontournable. Même si nous avons, entre autres, cela en commun avec le Général De Gaulle, ce n’est pas parce que le régime des partis nous répugne que nous devons renoncer à en créer un vrai qui réunisse et fédère tout le Centre. Les socialistes qui ont toujours eu une aversion caractérisée pour la Vème République ce sont très bien adaptés à ses règles. Et pour cause. De la nécessité pour les Démocrates-libéraux


d’exister. Désormais donc ma vocation au service du public et de l’intérêt général se heurterait de plein fouet à cette difficulté: étions-nous réduis à devoir choisir un camp ou l’autre si nous voulions espérer mettre nos compétences et nos qualités au service de nos concitoyens? L’abandon et la résignation ne faisant pas partie de mes options personnelles je choisis avec beaucoup d’autres la voie la plus difficile. Celle des convictions avant tout et de la victoire sans compromission de nos idéaux. A l’exception de 1995, j’ai toujours voté pour le candidat centriste au premier tour de l’élection présidentielle: Raymond Barre en 1988, puis François Bayrou en 2002, 2007 et 2012. C’est François Léotard qui paya cher le prix de son association avec les RPR. Ils l’ont fait disparaître avec bien moins de panache que s’il les avait affrontés. En conduisant la campagne de législatives de 1997 avec un RPR divisé en deux par la question Européenne cause de ces élections an-


ticipées, il fut le malheureux bouc émissaire des souverainistes « «anti Maastricht » qui n’avaient jamais digéré de le voir faire planches communes avec feu Pierre Beregovoy lors du Référendum pour l’adoption de ce traité. Pire, voir même ridicule, la question de l’Europe fut écartée de cette campagne alors même qu’il s’agit «du» sujet sur lequel les centristes dominent le débat politique. Cette déroute avait conduit les centristes à être jugés sur le bilan personnel d’Alain Juppé que certains de ses amis voulaient déjà écarter afin de se tailler une route. Là où certains nous qualifiaient gentiment de «roue de secours», nous étions nombreux à nous sentir «cocus». Le fait pour François Léotard d’abandonner sa mairie pour mieux se présenter aux élections régionales de 1998 en mettant en pratique ses actes sur la question du cumul des mandats n’y changeait rien. Le fait même que le chef de file de la liste d’union RPR-UDF ne soit pas issu des rangs du parti gaulliste allait déjà pousser un grand nombre de militants et de cadres à voter FN. Car si nul ne doute que le FN est un piège élaboré par la gauche mitterrandienne, c’est bien à


droite que l’on doit en dénombrer les premières victimes. De l’expérience de la politique locale comme légitimité. Cette décision de mettre un terme à un sacerdoce de vingt années passées au service des Fréjusiens était une décision lourde de sens que François Léotard avait prise non sans un déchirement profond qu’il a exprimé avec la pudeur qu’on lui connaît dans «Fréjus, ma ville bien aimée». Ancien Ministre de la Culture, puis ancien Ministre d’Etat de la Défense Nationale, il avait imprégné la ville de son style. Son amour pour les mots et son respect pour la langue française se retrouvaient non seulement dans les discours qu’il prononçait dans les grandes occasions et les délibérations du Conseil municipal, mais aussi dans les courriers aux administrations ou aux concitoyens, comme dans les notes internes. Ses annotations étaient des cours magistraux à un point tel que les rares cadres à avoir le privilège d’accéder à la pochette des courriers se délectaient de ses corrections.


Indéniablement il imprégnait sa marque que l’on retrouvait même dans la population Fréjusienne, du moins celle qui gravitait au cœur du centre historique de la ville. Même ceux qui n’en partageaient pas toujours les idées respectaient les qualités de l’homme. La passation de pouvoir à Elie Brun, son successeur, s’est faite non sans mal tellement les réticences des Léotardiens de la première heure marquaient le pas sur le style du nouvel élu aux antipodes de son prédécesseur. Avocat d’Affaires issu de la profession des conseillers juridiques et fiscaux, il était plus terre à terre, direct et rugueux. Natif du Périgord il était venu s’installer à Fréjus après avoir achevé ses études de droit à Aix en Provence. Son rapport avec les gens était plus instinctif et dénué de calcul ou d’arrières pensées. Il aimait ou détestait, était aimé ou détesté. Moins intellectuel mais plus technique que François Léotard, il collait néanmoins avec un besoin de plus en plus pressant de la population de voir les problèmes du quotidien être réglés plutôt que les grands enjeux de ce monde. Il ne lisait guère que Var Matin et l’Equipe, ne se préoccupait que


des situations personnelles ou collectives qui pouvaient faire irruption par ce biais dans une vie municipale, qu’il maîtrisait parfaitement, et des résultats des sportifs locaux. D’une famille d’artisan boulanger de huit enfants il avait connu les difficultés de la vie quotidienne ce qui en faisait quelqu’un de très sensible aux problèmes sociaux. Il avait acquis la confiance de son prédécesseur en s’acquittant de toutes les «basses œuvres» qu’une vie municipale ne manquait pas d’imposer. Il faisait tourner la boutique pendant que le patron était à Paris. Il le représentait et en défendait les intérêts dans toutes les réunions locales et régionales. Car Elie Brun était aussi vice-président du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur alors présidé par JeanClaude Gaudin. C’est sur des dossiers concernant la région que nous avons réellement appris à nous connaître et nous apprécier. Juriste comme lui, franc et entier, nos caractères pourtant très différents trouvaient à s’entendre sur des bases partagées. Alors qu’il était très nerveux, mon calme permettait de tempérer l’ambiance. Alors qu’il avait atteint les sommets du


Tennis de Table national, c’est par les sentiers de Grande Randonnée que je les convoitais. Il avait découvert mes capacités mises au service de ma volonté pour notre territoire lorsque je m’étais chargé de monter des dossiers de demandes de subventions à la région et au département pour les petites communes sans personnel pour le faire. Bien que m’ayant prévenu des «Amitiés» que cette démarche me ferait gagner auprès de ceux dont c’était la fonction mais qui n’en avaient jamais exercé la prérogative, j’allais jusqu’au bout de mon idée. Grâce à cette action utile pour nos ruralités je maintenais un lien utile et efficace avec des maires qui se plaignaient de ne pas assez voir leur député, mais dont le fidèle soutien nous était indispensable lors des élections. Le succès de cette initiative avait été total et l’avertissement d’Elie Brun une véritable prophétie. Ma moisson de subventions obtenues, un chargé de mission du cabinet, normalement en charge des dossiers avec les institutions départementales et régionales, m’avait conseillé sans détours de ne m’occuper que des dossiers du député qui m’étaient impartis et de ne plus travailler avec le conseiller régional. Si je tenais à durer dans la


fonction bien entendu! Croire que je pouvais craindre ce genre de menaces était bien mal me connaître. Mon grandpère après avoir été chassé par les bolcheviques, avait été traqué par les nazis puis, menacé par la mafia Marseillaise qui s’était livrée à une guerre des cliniques lorsqu’il fut en capacité d’exercer et de créer des hôpitaux privés comme «Clairval». Mon père lui-même avait subi des menaces perpétrées. D’ailleurs baisser les yeux aurait été une injure faite à mes «grands frères corses». Le monde politique est peuplé de deux castes qui n’y tolèrent aucune intrusion qui n’en soit pas: Sciences-po et l’ENA. Le sérail fait abstraction de ses propres différences d’opinion lorsqu’il s’agit de faire converger toutes les attaques contre ceux qui rêveraient d’inclure une autre approche dans le débat. C’est pour cette raison que d’excellents maires ou élus locaux ne se voient que très rarement confier des responsabilités ministérielles si ce n’est subalterne. Qu’un «plouc» comme moi venant de la base militante et des universités ait été choisi pour être l’Attaché Parlementaire ne passait pas. Que des dossiers avancent par mes soins en


lieu et place des leurs ne pouvait qu’exacerber nos relations. C’est certainement ce qui l’avait incité le plus à me proposer le poste de Directeur de Cabinet du Maire peu de temps après sa prise de fonction. Nous nous entendions, nous nous comprenions et nous ne cédions rien que nous ne voulions donner. De la première fonction politique opérationnelle. Ma première mission avait été d’organiser sa campagne pour les élections cantonales. Cellesci se tenant six mois seulement après son accession au poste de premier magistrat de la ville, elles étaient le premier suffrage universel uninominal auquel il se présentait. Ce scrutin ne s’annonçait pas facile pour autant. Trois écueils se présentaient à nous. D’abord un sentiment mitigé de la population qui n’avait pas massivement apprécié le fait que son prédécesseur l’ait abandonné en cours de route pour courir après un autre mandat. Ensuite parce que le Front Natio-


nal réalisait déjà des scores importants, supérieurs à 30% au premier tour. Enfin, parce que tous ceux qui n’avaient pas digéré qu’Elie Brun soit désigné comme successeur allaient pouvoir assouvir leur soif de revanche. C’était probablement de ces derniers que viendraient les pires attaques. Emmenés par le clan local du Rassemblement Pour la République ils estimaient que le maire UDF ayant démissionné la ville leur revenait logiquement au nom d’une tradition dont la réciprocité est inenvisageable et qui s’est perpétuée malgré les changements successifs de noms de cette formation: RPR, UMP puis LR. Cela s’était traduit par la coexistence de trois permanences concurrentes sur ce territoire microscopique; celle de François Léotard en sa qualité de député, celle des militants RPR et la nôtre. Ceux qui à ce stade pensent que cela puisse opérer une addition des forces oublient un paramètre contenu dans l’énoncé! Même si elle avait été obtenue sur une valeur relative, la victoire au second tour lui avait donné désormais une véritable légitimité d’autant plus que le canton de Fréjus avec ses 60.000 habitants


était le plus grand et le plus peuplé du département du Var. Cette étape franchie il m’était donc offert la possibilité de m’installer à la tête du cabinet du maire et d’entamer une nouvelle expérience au service de mes concitoyens et de l’Intérêt Général. Peu connue du grand public, cette profession dont le statut professionnel fut élaboré sur le tard, est une fonction omniprésente dans l’organigramme des institutions politiques publiques. Dans une collectivité locale tel qu’une commune, le Directeur de Cabinet qui n’est pas fonctionnaire se situe entre le premier magistrat, les élus et l’administration. Une véritable triangulation dont il est le point d’inflexion de toutes les tensions. Premier collaborateur du maire il gère l’ordre de priorités politiques et administratives qu’élus, fonctionnaires, administrés, associations et institutions imposent à un rythme effréné. Selon le principe de subsidiarité qui consiste à traiter à son niveau ce qui «doit» l’être, remonter au patron ce qui est de son ressort, de son «domaine réservé» et renvoyer aux échelons subalternes ce qui doit y rester, le DirCab passe son temps à rendre


des arbitrages sur la pièce. Il gère en outre l’agenda du maire et sa communication avec la presse et les citoyens. Une autre partie du travail consiste à recevoir les rendez-vous les moins «glamour» et à gérer les dossiers les plus épineux. Généralement c’est à lui que revient l’immense privilège, de mon point de vue, de dire «non» et la lourde tâche de «couper les têtes» ou «administrer les derniers sacrements « alors que les élus eux se gardent l’annonce des bonnes nouvelles et des grandes réalisations. Enfin comme si ses journées, week-ends et vacances, n’étaient pas assez remplis il doit régler des conflits permanents entre les élus municipaux et l’administration communale. Les uns commettant régulièrement une sorte d’abus de pouvoir tout au moins une erreur d’appréciation de leur champ de compétences en voulant donner des ordres aux seconds qu’ils ne sont pas destinés à recevoir. A contrario l’administration n’est pas toujours diligente dans la mise en oeuvre des décisions prises souverainement par le Conseil municipal. Cellesci sont souvent l’aboutissement d’un travail de longue haleine ou de revendications embléma-


tiques qui permettent de comprendre l’enjeu et l’empressement des élus à les voir aboutir. Cette magnifique profession se voit couronner d’une singularité commune à aucune autre. Le recrutement, l’attribution du champ de compétences, le salaire et la rupture du contrat du Directeur de Cabinet font l’objet d’un vote en Conseil municipal. Il n’est à ma connaissance point d’autres fonctions dont les émoluments sont «votés» par une assemblée publique. De ce fait un label de transparence vient auréoler ce poste clé. Car la gratification suprême attachée à cette lourde tâche et délicate mission est de se retrouver au cœur du dispositif, à l’intersection de toutes les grandes décisions de l’institution à laquelle elle est rattachée. Elle la place en permanence dans l’actualité, l’action et le processus de décision mais aussi, dans la prospective et l’anticipation. Cette mission est de ce fait éminemment opérationnelle comme exposé dans mon premier essai: «Affronter les crises majeures» éditions Publibook 2009, dans lequel j’ai été le premier à proposer une mise en place type de dispositifs de gestion de crises au niveau communal.


Né d’une série d’incendies dramatiques qui ont frappé la commune de Fréjus et l’Est du département du Var lors de l’été 2003, cet essai est le fruit d’un dispositif longuement et minutieusement préparé par mes soins et sa mise à l’épreuve par les faits dont je fais le récit. L’immense responsabilité subdéléguée par le maire de la Direction des Opérations de Secours en liaison avec le Commandant des Opérations de Secours ne peut être que la résultante de ce qui précède. Le binôme maire-DirCab ne peut fonctionner que sur une entente et une confiance mutuelle sans failles, absolue et de tous instants. A moins de 200% la combinaison ne peut pas fonctionner. C’est le fameux affectio-societatis doublé de l’intuitu personae propre au droit qui prédomine. C’est ce lien qui nous avait uni Elie Brun et moi, juristes que nous étions. De cette mission il me reste la satisfaction d’avoir accompli des actions essentielles pour notre société. D’abord une lutte au quotidien pour les plus démunis. Ensuite un engagement efficace pour la préservation d’un environnement naturel étendu, riche et très sensible. Enfin un travail quotidien d’écoute et d’appuis aux corps constitués (armée, pompiers, police, gendarmerie) ainsi qu’aux syn-


dicats et associations, tous rouages clés du fonctionnement de notre société. Notre association allait durer neuf années avant de se terminer sur des divergences profondes. Neuf années pendant lesquelles j’ai été ballotté entre la situation désastreuse d’une partie de la population torturée par la quête du Saint Graal emploi/logement et la tendance calamiteuse des responsables locaux, entendez élus et fonctionnaires, à la gabegie. Du conflit né de la volonté d’exercer la puissance publique au profit de l’Intérêt Général seulement. L’exercice de ces fonctions passionnantes pendant plus de dix ans si l’on y inclut celles de collaborateur parlementaire, m’a permis d’observer en profondeur notre société à son échelon local. Il m’est permit de dire que j’ai acquis une vision réelle, réaliste, du fonctionnement à la base de notre pays. La commune de Fréjus a plus de cinquante mille habitants et franchit les cent cinquante mille âmes


du mois d’avril au mois d’octobre. Le département du Var totalise plus d’un million d’habitants, répartis dans cent cinquante-trois communes, allant du bord de la méditerranée jusqu’aux Préalpes. La sociologie y est aussi diverse que ses paysages. Agricole, paysanne même, montagnarde, rurale, du haut pays jusqu’au rivage touristique, hyper commercial, très cosmopolite. Industriel, militaire, fonctionnarisé, ou artisanal, ce département offre un échantillon de toutes les couches socio-professionnelles. Il en est exactement de même pour Fréjus qui s’étend sur onze mille hectares. Hormis l’économie de montagne toutes les activités sont représentées sur son sol. Presque toutes les nationalités aussi. Étant une ville historique de garnison des Troupes de Marine, de la « coloniale », cette ville est certainement la première ville ultra marine de métropole. Première par le cœur, car c’est par elle que sont arrivés sur le sol métropolitain nombre de nos concitoyens d’Océanie, de Polynésie, des Antilles ou de Guyane. Cette diversité culturelle est une richesse humaine exceptionnelle. Toutefois cette vision idyllique de l’organisation de la cité telle qu’exposée si avant est celle d’un


«enfant» auquel l’amour qu’il porte à la chose publique qu’il admire masque le triste côté de la réalité. Pourtant c’était un regard lucide sur ce que devait être la représentation nationale et ce qu’elle ne devait pas être qui avaient motivé mon engagement. Le souhait d’exemplarité de ceux qui nous gouvernent et mon refus catégorique de la malhonnêteté sous toutes ses formes y compris celle qui permet à certains de profiter grâce à leur entregent de biens, de services ou de positions qu’ils n’auraient pu convoiter autrement. Mais la confrontation de mes idéaux à la réalité fut une épreuve longue et douloureuse. Cette conduite dans l’exercice de mes fonctions avait fait naître chez un vieux militant qui m’aimait beaucoup un néologisme que j’affectionne tout particulièrement: « mon p’tit sache que maintenant que tu as été nommé, tu es non seulement en charge d’une lourde responsabilité, mais tu deviens surtout la cible de tous les jaloux, tu es un « responsible » c’est ainsi que Marcel Husson me félicitait et me préparait habilement à ce qui m’attendait. Ce mot résonne encore dans ma tête tellement il sonne juste.


Car la décision de François Léotard de me choisir comme son Assistant Parlementaire de circonscription ne faisait pas que des heureux. Il sortait « cabossé » d’une période très dure; défaite du camp Balladur à la présidentielle, une municipale facilement gagnée mais avec l’avènement d’un Front National de plus en plus fort, un très gros ennui de santé, suivi d’une législative partielle laborieuse compliquée par un suppléant qui ne voulait pas lâcher le poste. Il lui fallait impérativement revenir sur ses bases qu’il avait trop longtemps négligées. Négligées à deux titres. D’abord en s’enfermant dans la bulle «parisienne», cet univers clos fait de politiciens et de leur cours, de journalistes, d’intellectuels et de dîners en ville. Cette arène obligatoire pour qui espère «percer» et s’acheminer vers les plus hautes fonctions a pour principe de couper un homme politique de ce qui l’a fait, pour le plonger dans un théâtre vivant dont le scénario s’écrit au fil des journées. On attend plus de lui qu’il récite parfaitement ses classiques, il ne serait pas là si cette capacité n’était point acquise, mais qu’il soit capable d’improviser à chaque question la réponse du moment. Les détracteurs appellent cela la «pensée unique» mais il s’agit de quelque chose de bien plus subtil. Il s’agit de faire


montre de sa capacité à ressentir la sensibilité du moment de l’opinion, d’avoir la capacité de faire la synthèse rapide entre une revendication émotionnelle de la population et la réponse que le cadre républicain fait d’un très long passé historique et culturel autorise de faire. Nos élites intellectuelles, journalistes et grands commis de l’Etat, qui font et défont les «élus» du dernier cercle, cherchent en permanence «l’intelligence de l’instant». Dans un pays qui n’aime pas ses élites, il est difficile d’expliquer ce phénomène, mais pour qui lit ces quelques lignes il n’est point besoin de faire admettre que les journalistes, avocats près cette «Cour Suprême», ont une acuité fulgurante pour déceler les failles et les forces des «mis en examen». FIN DE LA PREMIERE PARTIE La deuxième partie sera mise en ligne à Noël 2016 et la troisième partie au printemps 2017


Le monde est ma communauté, Fréjus est son reflet» est le deuxième essai que Philippe Michel-Kleisbauer destine à tous ceux qui comme lui pensent que la Démocratie locale est le meilleur échelon pour qui veut construire un monde meilleur. Après «Affronter les crises majeures» paru en 2009, il couche à nouveau sur le papier une somme d’expériences concrètes et de réflexions sans concessions sur les forces et les faiblesses de nos institutions républicaines. A une heure ou nombreux sont ceux qui croient qu’un changement de constitution résoudrait tout les problèmes de notre société, l’auteur fait la démonstration que la solution réside dans la vigilance des électeurs quant aux représentants qu’ils choisissent au moment du vote. Une analyse qui pose le citoyen en rempart à la domination des partis politiques. Parutions PREMIERE PARTIE ÉTÉ 2016 DEUXIÈME PARTIE HIVER 2017 TROISIÈME PARTIE PRINTEMPS 2017 Publication numérique - 2016

Philippe Michel-Kleisbauer - Le monde est ma communauté, Fréjus est son reflet

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