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DOSSIER DE PRESSE PRÉSENTATION DU CHANTIER DE LA PHILHARMONIE DE PARIS Par Monsieur Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture et de la Communication et Monsieur Bertrand Delanoë, Maire de Paris

Le vendredi 24 février 2012 à 11 heures Octobre 2013 www. philharmoniedeparis.fr www.philharmoniedeparis.fr

Contact 64 // Valérie Valérie Samuel Samuel Contact Presse Presse : OPUS 64 T.T. +33 +33 (0) (0)1404026 2677 7794 94 v.samuel@opus64.com v.samuel@opus64.com

Philharmonie de Paris Paris Philharmonie de 211 Avenue Avenue Jean jean Jaurès Jaurès 75019 Paris Paris T. +33 +33(0)1 01 (0)1 40 40 40 67 00 F. +33 (0)1 42 03 65 72


La Philharmonie de Paris, institution portée par l'État et la Ville de Paris, avec le soutien de la Région Île-de-France, a entrepris la construction, dans le parc de la Villette, d'un grand équipement musical centré sur une salle de concert de deux mille quatre cents places environ et un pôle éducatif destiné à la sensibilisation de larges publics. À cette fin, un concours international a été organisé en 2007, à l'issue duquel les Ateliers Jean Nouvel ont été choisis comme maître d'œuvre du projet. Situé à l'entrée nord-est de la capitale dans un quartier en mutation, inscrit dans un parc à vocation culturelle et visible depuis la périphérie de Paris, cet équipement sera servi par une architecture innovante. De même, l'acoustique de la salle de concert répondra aux normes internationales les plus exigeantes. Pour la concevoir, Jean Nouvel s'est associé à Harold Marshall et a été conseillé par Yasuhisa Toyota. Le modèle se démarquera des dispositions strictement frontales (dénommées « boîtes à chaussures ») et privilégiera un enveloppement de la scène par le public afin de renforcer le sentiment d'intimité entre les interprètes et leur auditoire. Principalement consacrée à l'accueil de grandes formations symphoniques – dont l'Orchestre de Paris, qui en sera le résident principal –, la Philharmonie de Paris mettra en valeur d'autres formes d'expression musicale, du jazz aux musiques du monde. Véritable maison des orchestres, porteuse d'un projet pédagogique et culturel qui proposera en journée aux jeunes et aux adultes des formes variées d'approche de la musique, le bâtiment, qui se développera sur environ vingt mille mètres carrés utiles, comprendra – outre la grande salle de concert, ses foyers et ses espaces de répétition – des locaux administratifs et techniques, un pôle éducatif, des espaces d'exposition, un café, un restaurant, les infrastructures nécessaires à la logistique et au matériel technique ainsi qu'un parc de stationnement. La Philharmonie de Paris a pris un engagement de solidarité vis-à-vis des personnes en situation de handicap et offrira à tous les publics un accueil personnalisé. Exemplaire en ce qui concerne la maîtrise des enjeux environnementaux, la construction s'inscrit dans une démarche de certification menée par des organismes de contrôle reconnus. La livraison est prévue au début de l'année 2015.

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1-

Pourquoi la Philharmonie de Paris ?

Un outil moderne au service des orchestres Une politique éducative volontariste Une dynamique de développement national Un élan international

2- Un lieu d’excellence Le projet architectural

Jean Nouvel sous le signe de l’harmonie Une acoustique de référence

3- Un lieu d’excellence L'accueil harmonieux des publics

Un lieu ouvert à la diversité des publics Un lieu aisément accessible

4- Un lieu d’excellence La maîtrise des enjeux environnementaux

Un bâtiment durable Des solutions énergétiques pragmatiques et innovantes

5- les différents espaces

La salle de concert Les espaces destinés aux musiciens Le pôle pédagogique La galerie d’expositions temporaires Les espaces d’accueil des publics Les pôles administratifs et logistiques

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Le projet artistique et culturel

La programmation de la salle de concert La dimension éducative Les expositions temporaires

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1- POURQUOI LA PHILHARMONIE DE PARIS ? La création à Paris d’un grand auditorium adapté à une écoute active de la musique symphonique est une ambition ancienne. Berlioz déjà déplorait l’absence dans la capitale d’une salle de concert digne d’un pays moderne. Ce constat a perduré jusqu’à la création de la salle Pleyel en 1927 qui n’a que partiellement répondu aux attentes. L’impossibilité de développer « physiquement » ce bâtiment malgré sa complète réhabilitation en 2006 l’a empêchée d’obtenir un volume de salle suffisant pour les grands orchestres et de disposer des espaces connexes indispensables à la pratique et à la diffusion musicales au plus haut niveau. Sur le plan national, seules quelques villes telles Dijon, Metz, Poitiers et Bordeaux ont pris des initiatives en matière de lieu conçu spécifiquement pour le concert, même si leurs équipements proposent des volumes parfois trop réduits pour le grand répertoire symphonique. Aujourd’hui, il s’agit non seulement de créer un grand auditorium à l’acoustique irréprochable mais également d’offrir aux orchestres les lieux de répétition nécessaires à la préparation des concerts et aux nouveaux publics tous les espaces adaptés à la transmission musicale. C’est dans cette dynamique que se situe la Philharmonie de Paris, pensée en fonction des besoins de son résident permanent, l’Orchestre de Paris, et des très nombreux autres utilisateurs. Sa salle de concert, avec ses 2 400 places enveloppant la scène, la placera au même niveau d’excellence acoustique que les plus prestigieux complexes internationaux ; ses six salles de répétition offriront à tous les musiciens des conditions professionnelles pour préparer les concerts ; ses espaces de transmission et de convivialité (nombreuses salles d’ateliers tous publics, lieu d’exposition, café, restaurant…) amplifieront l’offre musicale du site de la Villette, en journée et durant les week-ends.

UN OUTIL MODERNE AU SERVICE DES ORCHESTRES Pour stabiliser la vie musicale parisienne, stimuler l’ensemble du dispositif national, renforcer la personnalité des formations en permettant à plusieurs d’entre elles d’accroître leur rayonnement international, un équipement moderne s’imposait, aux normes répondant aux exigences actuelles de la musique symphonique. Le modèle artistique à l'étude associera l'Orchestre de Paris en résidence, d’autres orchestres franciliens, des orchestres nationaux et internationaux, des formations spécialisées et de nombreux solistes. Il répondra à plusieurs priorités. Il suscitera d’abord une programmation couvrant un large spectre stylistique et historique, de l'époque baroque à la création actuelle. Il favorisera également l'épanouissement artistique des orchestres symphoniques en mettant à leur disposition un équipement moderne et performant, doté d’un ensemble diversifié d'espaces de répétition qui, articulé à l’auditorium, permettra de préparer des concerts dans des conditions adéquates, d’organiser des répétitions par pupitres, d’initier les musiciens qui le souhaitent au jeu sur instruments anciens, d’isoler ponctuellement au sein d'une phalange des formations plus restreintes et, enfin, d’accueillir régulièrement des étudiants des différents conservatoires pour des moments de partage avec les professionnels. De plus, le projet artistique de la Philharmonie s’efforcera d’élargir les frontières du répertoire dit savant, d’intégrer la culture chorale (professionnelle et amateur) et d’interroger toutes les époques en soulignant continuités et lignes de rupture. Dans cet esprit d’ouverture, la présence à part entière de genres plus populaires (le jazz déjà cité, mais aussi les musiques actuelles) et des cultures du monde garantira l’originalité et l’ouverture du projet.

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Surtout, le modèle tiendra compte de l’enjeu prioritaire d’ouverture à de nouveaux publics tout en respectant les habitudes des mélomanes déjà acquis. D’où une conception originale de la programmation qui alternera des soirées prestigieuses en semaine et de nombreux concerts « familiaux » en week-end : - la semaine prendra la forme et le rythme d’une programmation de prestige, proche de la pratique des grands complexes internationaux (avec l’ajout en journée des activités liées à la pédagogie, au numérique, aux expositions, etc.). Un contingent important sera proposé à des prix très accessibles (1 000 places environ sur 2 400) ; - en week-end, la Philharmonie de Paris privilégiera encore davantage l’ouverture à de nouveaux publics, notamment familiaux. Le format des concerts sera revisité. Les formations et musiciens, le plus souvent installés à Paris et sur tout le territoire français, seront conviés à présenter des concerts de plus courte durée, reposant sur des œuvres dont la richesse justifie un accompagnement pédagogique. Ces « moments musicaux » se dérouleront principalement en journée. Le prix des places sera dans l’immense majorité des cas très peu élevé. Les enfants pourront participer à des ateliers de découverte et d’initiation pendant que les parents suivront les concerts.

UNE POLITIQUE ÉDUCATIVE VOLONTARISTE La localisation de la Philharmonie de Paris sur le site de la Villette, à la frontière de Paris et de la banlieue, est un signe fort de cette volonté de renouvellement et d’ouverture aux publics de demain. C’est pourquoi, parallèlement à l'élaboration d'une ligne artistique ambitieuse, un projet culturel innovant sera mis en place. Une politique d'éducation artistique résolue sera développée pour rendre le monde symphonique familier aux jeunes et leur permettre d'appréhender les différentes composantes de cet univers – les répertoires, les instruments, mais aussi la pratique des musiciens – à partir d'expériences d'écoute et d'apprentissage de jeu. Dans cette perspective, de très nombreux ateliers seront organisés pour sensibiliser les enfants à la musique par un contact direct avec les instruments et le son. Ces ateliers seront amenés à faire appel aux compétences de musiciens d'orchestre – notamment ceux de l'Orchestre de Paris et d'autres orchestres invités – mixées avec l'expérience de pédagogues. Pour assurer l'ensemble de son programme éducatif, la Philharmonie de Paris établira des liens forts avec l'Éducation nationale, les conservatoires et écoles de musique en nourrissant leur démarche de l'apport de musiciens reconnus. C'est en effet la confrontation directe avec l'excellence artistique qui aidera les publics ne fréquentant que rarement les salles de concert à déconstruire les représentations négatives liées à la musique classique, à promouvoir le dépassement de soi par la pratique d'une activité initialement perçue comme inaccessible ou encore, pour certains, à susciter une inscription durable dans une pratique musicale. La Philharmonie de Paris sera, dans le domaine de la musique, une réponse forte aux enjeux sociétaux et au réel besoin de modernisation qui se font ressentir à Paris et dans les différentes régions. Elle vise une fréquentation globale en rythme de croisière de l’ordre de 120 000 participants l’an pour cette seule partie liée aux ateliers tous publics. A ce premier niveau de transmission, s’ajouteront des projets pilotes portés par la recherche d’excellence. Ils associeront les formations et musiciens professionnels les plus impliqués, notamment les volontaires au sein de l’Orchestre de Paris. Ce qui distinguera ces expérimentations des ateliers proposés tout au long de l’année vient du fait qu’elles constitueront une action plus approfondie dans la durée avec des groupes donnés (création d’orchestres de jeunes vivant dans un milieu défavorisé, initiatives en direction de la pratique amateur…). Elles seront amenées à déboucher sur des monstrations publiques à des étapes préfixées et bénéficieront de partenariats diversifiés (conservatoires, éducation nationale, collectivités, mécénat…) ainsi que d’une évolution spécifique.

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Pour relever le défi de la démocratisation culturelle, les principaux musées ont impulsé depuis les années 1970 de nouveaux modèles de création et de diffusion artistiques qui ont transformé les usages en place en diversifiant l'offre destinée aux publics. La Philharmonie de Paris est aujourd'hui, dans le domaine de la musique, une réponse forte aux enjeux sociétaux et au réel besoin de modernisation qui se font ressentir aux niveaux national et du Grand Paris.

UNE DYNAMIQUE DE DÉVELOPPEMEMENT INTERNATIONAL Il est d’abord prioritaire que l’Orchestre de Paris, le résident principal de la Philharmonie de Paris, de plus en plus reconnu sur le plan international, puisse franchir un nouveau palier qualitatif grâce à des conditions de travail optimisées. Les autres orchestres franciliens seront bien sûr présentés dans le cadre d’accueils réguliers mais conventionnellement plus souples, sans oublier que le pôle de salle de répétition sera régulièrement à la disposition de diverses formations nationales. Chaque saison s’ouvrira également à de grandes phalanges internationales avec notamment quelques invitations renforcées à l’adresse de formations porteuses d’une démarche exemplaire : par exemple le London Symphony Orchestra, le Concertgebouw Amsterdam, les Berliner Philharmoniker ou le Cleveland Orchestra pourront alterner pendant une semaine entière des concerts en grande formation ou en sous-ensembles, des ateliers réservés à de futurs professionnels et des séances de travail dans les lycées s’achevant par une présentation collective. Mais c’est surtout une forte ouverture vers les régions françaises que le projet de la Philharmonie veut privilégier. D’abord, les principaux orchestres installés dans différentes villes et régions seront régulièrement invités selon les mêmes modalités d’accueil que les phalanges internationales, avec la possibilité pour certains d’entre eux de se produire plusieurs fois par saison. Ensuite, un grand rassemblement annuel est prévu qui débordera sur le site de la Villette et permettra d’accueillir, un week-end durant, tous les orchestres français dans l’esprit de ce que l’association française des orchestres (AFO) a déjà initié à travers l’opération « Orchestres en fête ». Il est par ailleurs impératif que chaque formation régionale partenaire s’investisse dans le volet éducatif de la Philharmonie. A cet égard, l’objectif prioritaire de transmission vers les jeunes se déclinera dans différentes régions où des opérations pédagogiques destinées aux enfants seront menées. Cette décentralisation mixera bien évidemment l’expérience de la Philharmonie et celles des musiciens, pédagogues et acteurs sociaux œuvrant au niveau local. Dans le même ordre d’idée, le soutien à la pratique amateur en France mérite une réflexion spécifique, de même que, selon des règles à définir, l’ouverture aux formations de jeunes qui se développent chez nous et un peu partout dans le monde. Nous proposons de tenter l’expérience d’un festival biennal qui se tiendrait au moment où de nombreuses sessions dites de Pâques se déroulent. L’opération regrouperait, outre les meilleurs orchestres de jeunes, des chœurs, des maîtrises ou d’autres structures reconnues pour l’excellence de leur démarche. Cette initiative serait l’occasion de mettre en valeur, en marge de la manifestation, quelques opérations pédagogiques menées avec des enfants (émanant bien sûr des ateliers initiés par la Philharmonie amis également d’autres institutions en région). Une vision encore plus généreuse consisterait à ouvrir également ce rassemblement à des moments musicaux donnés par des formations amateur. Enfin, la Philharmonie se situera au cœur des enjeux à venir du numérique. Elle sera à même de proposer la consultation en ligne de toutes les ressources numériques qu’elle agrègera sur le

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web et qui couvriront tous les domaines de la musique – métiers, instruments, pédagogie, culture, jeunesse… Les ressources et formes de soutien proposées aux partenaires territoriaux couvriront de larges domaines de compétences, jusqu’à l’assistance aux collectivités qui souhaiteraient explorer la faisabilité de construire de nouveaux équipements musicaux. La captation et la numérisation intensive des concerts et la production régulière de contenus éducatifs en ligne doteront la Philharmonie d’un espace virtuel très riche qui sera mis à la disposition de toutes les structures culturelles et éducatives en France. Conséquence de cette dématérialisation, les relations avec les partenaires en région et avec les publics sont conduites à se métamorphoser : la présence ponctuelle du spectateur se combine désormais avec de nouveaux usages culturels et sociaux, au-delà du lieu et du temps du spectacle. Suivre à distance la saison artistiques grâce aux dossiers pédagogiques, écouter un concert en suivant la partition et à l’aide du commentaire d’un pédagogue, etc. : ces pratiques sont autant de nouveaux accès à la culture.

UN ÉLAN INTERNATIONAL Au même moment, un peu partout dans le monde – dans des capitales comme dans des villes moyennes –, la construction d’auditoriums est à l’ordre du jour. L'Europe a donné le ton : Londres, Birmingham, Manchester, Glasgow, Cardiff en GrandeBretagne ; Hambourg, Cologne, Leipzig, Essen, Munich pour l’Allemagne ; Barcelone, Madrid, Valence, San Sebastian en Espagne ; mais aussi Rome, Porto, Luxembourg, Lucerne, Belfast, Copenhague, Athènes ou Budapest… Aux États-Unis ou en Asie, le mouvement est aussi marqué avec les réalisations de Seattle, Philadelphie, San Francisco, Baltimore, Dallas, Nashville, Miami, Los Angeles, Pékin, Taipei, Séoul, Tokyo, Sapporo, Kyoto, Hiroshima ou Okayama. Cet élan, auquel ont collaboré de grands noms de l’architecture (Frank Gehry, Jean Nouvel, Jacques Herzog et Pierre de Meuron, Christian de Portzamparc, Rem Koolhaas, Renzo Piano, Zaha Hadid…), répond à un réel besoin de modernisation de la pratique des musiciens et de renouvellement des publics. Tous ces nouveaux projets – dont la clef de voûte est sans conteste la réalisation en 1963 de la Philharmonie de Berlin, reconnue comme un modèle du genre – ont permis d’approfondir les types d’espace et les configurations les mieux à même de délivrer une acoustique optimale. Ils ont aussi mis en évidence le besoin d'espaces de répétition adaptés à la pratique professionnelle. Ils ont surtout montré que la musique ne peut se développer autour du seul moment magique du concert, mais que sa transmission au plus grand nombre passe par la mise en place, en journée, d'un modèle nouveau de sensibilisation et d'initiation à tous les niveaux : enfants, adolescents, étudiants, adultes, enseignants. On le voit, la Philharmonie de Paris tente d’apporter des réponses concrètes à une série de questions récurrentes : comment initier un vrai service public favorisant le rayonnement de la pratique musicale sur l’ensemble du territoire français ? Comment rénover la pratique du concert ? Comment ne pas entretenir le cloisonnement excessif constaté dans les habitudes et les goûts des professionnels et des mélomanes ? Comment attirer les plus jeunes à la diversité des expressions musicales ? Comment s’ouvrir à des catégories sociales moins favorisées ? Comment accompagner le moment d’émotion que représente le concert en proposant d’autres modes d’accès à des contenus musicaux inédits ? Ou encore, comment offrir aux futurs musiciens une sensibilisation, une adaptation aux réalités de la vie professionnelle ? Toutes les études montrent que la culture, et plus spécifiquement la musique, prennent, au cours des dernières années, une importance sans cesse accrue dans la vie personnelle de chacun.

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Cette tendance est encore plus nette chez les jeunes et dans le secteur tertiaire. Simplement, jusqu’à présent, on constate un fossé important entre les attentes et ce que sont à même de proposer les lieux musicaux, de par leur architecture et leurs modes d’organisation. C’est pourquoi, faire de la dimension éducative une priorité, c’est donner une lisibilité et un sens profond à la création de la Philharmonie. C’est pourquoi également la mise en réseau de fonctions supplémentaires (éducation, patrimoine, diffusion et création) et la démarche de décentralisation et d’irrigation du territoire national prônée par la Philharmonie de Paris représente la clé de voûte d’une indispensable rénovation de la vie musicale.

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2- UN LIEU D'EXCELLENCE Le projet architectural À l’issue du concours international organisé en avril 2007, l’architecte et urbaniste français Jean Nouvel, lauréat en 2008 du Pritzker Price, est retenu pour construire la Philharmonie de Paris.

JEAN NOUVEL SOUS LE SIGNE DE L’HARMONIE « Dans le mot philharmonie, on peut déjà facilement imaginer l’amour de l’harmonie. Nous jouons d’harmonies successives, d’harmonies urbaines. La philharmonie existe comme un événement prestigieux qui entretient des relations harmonieuses avec le parc de la Villette, la Cité de la musique et le boulevard périphérique. Primo : harmonie avec la lumière de Paris, le rai de soleil dans les nuages gris, la pluie… Architecture de reflets dosés et composés, créée par un relief calme, matérialisée par des pavés de fonte d’aluminium dessinant au sol un graphisme eschérien. Secundo : harmonie avec le parc de la Villette, continuité des thèmes tschumiens, abri-jardin horizontal sous le bâtiment, ponctuation-folies, reflets des ombres dans des brillances architecturales et création d’une petite montagne, d’une butte de la Villette, relief minéral parcourable qui, à l’instar des Buttes-Chaumont, est un observatoire du paysage urbain. Tertio : harmonie avec la Cité de la musique par le dessin de plans obliques et pavages de lignes de force déjà initiées. Quarto : harmonie avec le boulevard périphérique et la banlieue par la création d’un signe à l’échelle d’une vue dynamique et lointaine ; signe de lumière la nuit : ponctuation du relief, programmes. Un autre type d’accords est à établir avec la musique aujourd’hui et le (la) mélomane que le confort de l’audition devant sa hi-fi et ses CD peut rendre paresseux(se). La Philharmonie est un lieu ouvert. Primo : le hall et les foyers offrent des plaisirs terrestres qui font qu’ici on peut se donner rendez-vous, passer des heures à flâner dans les boutiques, boire ou manger dans les bistros avec vue sur jardin, lire dans les salons. Secundo : la salle évocatrice des nappes immatérielles de musique et de lumière suspend des auditeurs-spectateurs dans l’espace sur de longs balcons qui offrent des sièges plus larges et plus profonds pour un confort exceptionnel. Cette suspension crée l’impression d’être entouré, immergé dans la musique et la lumière. L’enveloppe "cyclorama volumétrique" reçoit des éclairages choisis en fonction du répertoire. De temps à autre, des fenêtres sur le parc et la banlieue peuvent être ouvertes. Tertio : il s’agit de redonner son lustre au concert, à cette expérience unique que représente chacun d’entre eux qui ne sera pas seulement le ravissement provoqué par la musique mais aussi celui, visuel, sensoriel, de faire plaisir, de créer ce désir qui fait les philharmonies les plus prestigieuses. Celle de Paris se doit d’y appartenir. Elle y sera aidée par une esthétique puissante mais calme, marquée par la mono-matière de la fonte d’aluminium avec ses nuances de tons nacrés, délicatesse qui ajoute au mystère de la présence de la salle qui, dans les plis gris et argent de l’édifice, luit. »

Jean Nouvel

Un trait d’union entre Paris et sa banlieue Le bâtiment de la Philharmonie est inscrit dans le parc de la Villette. Celle-ci lui donne une nouvelle entrée Porte de Pantin et lui offre également un prolongement. Au niveau du sol, le parc se glisse sous le bâti. Jean Nouvel prolonge ainsi les thématiques du parc de la Villette en lui en offrant une nouvelle : celle de la grotte. Mais les promenades se déploient également en hauteur. Le bâtiment est entièrement parcourable sur plusieurs niveaux jusqu’à sa terrasse en belvédère qui offre une vue panoramique sur le parc, Paris et sa banlieue. Le bâtiment de la Philharmonie

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installe ainsi un dialogue entre Paris et sa périphérie. Projet urbain, préfigurant le Grand Paris de demain, la Philharmonie de Paris est une liaison qui permet une porosité dynamique avec la banlieue. Les limites de la ville sont déplacées. Le bâtiment, continuité du parc, est un lieu de rencontres ouvert, donc désacralisé. Il permet son appropriation par tous les mélanges de publics, en phase avec la mixité des musiques présentées. Le bâtiment n’offre pas de façade principale, il s’ouvre sur toutes les directions – une conception qui correspond à la nécessité de penser des cheminements différents pour des flux spécifiques et à la volonté de capter tous les publics environnants.

Un bâtiment public qui marque la ville Par sa taille, sa forme et son écran vertical, cet édifice a une visibilité forte. La salle de concert, signalée par sa façade-tourbillon en inox, contribue à le rendre très repérable. C’est un bâtiment géographie, une colline, un soulèvement de métal traversé par une grande lame constituée de la même matière. Cet écran vertical, perpendiculaire au boulevard périphérique, domine le bâtiment et constitue un signal architectural très fort. Il n’est pas habité et sa fonction est de marquer la présence de l’édifice, visible depuis l’avenue Jean-Jaurès, le boulevard Sérurier et le boulevard périphérique. Il est en outre le support d’un dispositif de signalétique lumineuse dynamique qui concourt à la visibilité de la Philharmonie de jour comme de nuit.

Un lien étroit entre le parc et la Philharmonie Une partie importante du programme, dont et plus particulièrement la salle de concert, est placée en hauteur afin de libérer au sol un large espace public, dans la continuité physique du parc. L’espace ainsi dégagé est conçu comme un vaste abri donnant accès à l’une des entrées de la Philharmonie et permettant au public de se protéger des intempéries. Il offre un usage nouveau pour le parc de la Villette, en lien avec la construction de la Philharmonie et la proximité de différents équipements culturels. Cet abri, appelé la grotte, est accessible librement au public. La promenade cinématique parcourant le parc est prolongée sous le bâtiment et offre une meilleure accessibilité à la salle de musique voisine dénommée le Trabendo. Enfin, la Philharmonie, grâce à ses rampes, offre au parc une nouvelle entrée directement raccordée à la porte de Pantin et au futur arrêt du tramway, boulevard Sérurier, de l’autre côté de l’avenue JeanJaurès.

Une architecture minérale parcourable Le bâtiment est conçu comme un prolongement du parc de la Villette. Dans sa forme extérieure, il est constitué d’un assemblage de plans obliques formant rampes, emmarchements et parvis, à caractère public, qui sont autant de promenades et de circulations piétonnes. Ainsi, une grande rampe de forme triangulaire donne accès au parvis haut, situé au niveau de l’entrée de la salle de concert ; une autre descend vers le parc en contrebas. À ce niveau se trouve le second accès public du bâtiment. Dans la continuité de ces cheminements obliques, une promenade en belvédère offre un point de vue unique sur le parc, Paris et sa banlieue. Ces cheminements créent la rencontre de tous les publics présents sur ce site : usagers du parc, de la Cité de la musique, de la Philharmonie de Paris, riverains et, d’une manière générale, tous les publics susceptibles de parcourir ce lieu. Cette cartographie minérale se décline dans des dégradés de gris, du clair au sombre, des degrés de brillance, du mat au brillant, des effets de texture, du lisse au rugueux. Si l’effet visuel obtenu est celui d’une « mono-matière mutante », la composition des éléments de pavage varie selon les zones – parcourables, non accessibles ou verticales. Certains éléments de pavage, constitués de verre et de résine synthétique, sont éclairants la nuit. La façade enveloppant les foyers publics et la salle de concert, dite « façade-tourbillon », est constituée d’une vêture tressée faite d’écailles en inox polimiroir. Les éléments transparents inclus dans cette façade sont également en écailles d’inox polimiroir perforées, afin d’assurer une continuité d’effet

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visuel. Toutes les autres façades sont en verre opaque ou transparent avec des degrés divers de réflexion.

Un lieu ouvert La Philharmonie de Paris se développe sur environ 20 000 mètres carrés utiles et se veut un lieu ouvert grâce à l’organisation de ses espaces. Les halls et les foyers offrent la possibilité de se donner rendez-vous, de flâner dans la boutique, de boire ou manger dans le café ou le restaurant, avec vue sur le jardin et sur Paris. La grande salle de concert s’accompagne de lieux d’accueil et de travail, spécifiques ou partagés, destinés aux orchestres permanents ou invités. Sur près de 2 400 mètres carrés, les espaces de répétition permettront de satisfaire les demandes souvent concomitantes de toutes les formations musicales évoluant sur le site.

UNE ACOUSTIQUE DE RÉFÉRENCE Une salle enveloppante Le public entoure la scène, ce qui permet d’accueillir un nombre important de spectateurs tout en ramenant la distance entre l’auditeur le plus éloigné et le chef d’orchestre à 32 mètres au maximum. Les balcons, détachés des parois de la salle, telles des nacelles suspendues dans l’espace, concourent à l’enveloppement du public par la musique. La salle est à la fois ouverte et intime. Elle crée un espace unique et identitaire. Les mouvements et la fluidité des balcons et des réflecteurs acoustiques en forme de nuages et de rubans, répondent aux mouvements et à la fluidité de la musique. Ainsi, malgré une jauge importante de 2 400 places, la salle est un espace intime, un cocon voluptueux et généreux propice à l’expérience partagée du concert. La recherche de l’excellence acoustique Le volume acoustique global de la salle offre, avec ses 2 400 sièges, un temps de réverbération compris entre 2 et 2,3 secondes. L’énergie et la force sonore (précoce et tardive) induites sont optimales. Le volume situé entre l’arrière des balcons et les murs extérieurs assure une réponse tardive de la salle qui accentue la sensation d’enveloppement et la présence sonore. Les réflexions précoces générées par les parois et les réflecteurs disposés autour et au-dessus de la scène garantissent une excellente qualité d’écoute pour les musiciens comme pour le public. Des reliefs acoustiques diffuseurs sont disposés sur une partie des parois, sur les réflecteurs et le plafond afin de multiplier les réflexions et « adoucir » l’effet miroir de surfaces trop grandes ou trop lisses. Une salle-instrument Qualités acoustiques et architecturales conjuguées sont mises au service de l’excellence musicale. Le concept de la « salle-instrument » utilise toutes les surfaces acoustiques comme support à l’esthétique de la salle dont les éléments constitutifs (balcons, réflecteurs acoustiques) flottent dans l’espace et contribuent à cette expérience commune de l’œil et de l’oreille. Une salle modulable Dessinée pour répondre aux exigences multiples des répertoires symphoniques, la salle comporte des éléments de modularité : il est notamment possible « d’effacer » son parterre et sa scène, puis de transformer les gradins de fond en nouvelle scène frontale. Cette innovation offre de multiples possibilités scénographiques, ouvrant ainsi la Philharmonie à une grande variété d’expressions musicales. La capacité de la salle peut passer de 2 400 places en version symphonique à 3 650 lors de concerts de musiques amplifiées (jazz, musiques du monde…), avec une partie du public debout au parterre. Cette nouvelle typologie de salle, plus flexible, favorise une pluralité musicale qui représente un élément d’attractivité pour de nouveaux publics et un outil stimulant pour des créateurs souhaitant jouer avec la dimension spatiale de la musique.

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3- UN LIEU D'EXCELLENCE L'accueil harmonieux des publics UN LIEU OUVERT À LA DIVERSITÉ DES PUBLICS L’accessibilité est une préoccupation constante des équipes en charge du projet. Une dynamique de partenariats a été engagée avec le réseau associatif afin d’accueillir les futurs visiteurs et tout professionnel en situation de handicap dans les meilleures conditions. Le bâtiment est repérable, de jour comme de nuit, et les deux entrées principales, les différents espaces et les terrasses en toiture ont été pensés pour être parcourables par tous. Un important travail de signalétique a été entrepris : un traitement de sols podotactiles et différenciés pour une meilleure identification des cheminements est prévu, des tables d’orientation tactiles et des bornes sonores d’aide à l’orientation seront présentes à l’intérieur comme à l’extérieur de la Philharmonie de Paris. Tous les espaces du bâtiment sont sécurisés en continu pour tout individu, avec par exemple la mise en place de systèmes d’appel d’urgence adaptés dans les locaux refuges et les zones professionnelles. Une offre de services diversifiée répond aux besoins de tous, personnes seules, groupes ou familles. Grâce aux équipements spécifiques, les concerts, les ateliers de découverte, les expositions temporaires ou la restauration sont à la portée de tous.

+ Pour les personnes en situation de handicap moteur et à mobilité réduite Du matériel de type fauteuil roulant ou siège pliant pourra être mis à disposition du public. Par ailleurs il est prévu un choix de placement aux différents niveaux de la salle de concert pour toutes les catégories de place (parterres haut et bas, gradins de chœur, premier et deuxième balcons, face et latéral).

+ Pour les personnes en situation de handicap auditif Des solutions pérennes sont privilégiées avec l’équipement en boucles magnétiques de la majeure partie des espaces publics, salle de concert comprise. Pour les espaces non équipés, des solutions portatives sont mises à disposition du public. Certains soirs de concert, le public est accueilli sur scène pour ressentir les vibrations des instruments, grâce à la conception de son plancher. L’information dédiée aux publics sourds pratiquant la Langue des Signes Française est également prise en compte.

+ Pour les personnes en situation de handicap visuel L’ambiance sonore (traitement avec au moins 25 % d’absorbant) garantit une meilleure audition dans les espaces d’accueil et d’attente. Maquettes tactiles, informations en braille, relief et caractères agrandis, site Internet accessible et dispositifs permettant l’audio-description garantissent au public confort et plus grande autonomie.

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+ Pour les personnes en situation de handicap mental et psychique Les éléments de repérage, de structuration des espaces et les moyens d’information multisensoriels sont autant d’aides à la compréhension du lieu et des activités possibles de la Philharmonie de Paris, avec une attention particulière portée aux ateliers pédagogiques adaptés à ce public.  

UN LIEU AISÉMENT ACCESSIBLE

Au moment de son ouverture, la Philharmonie de Paris sera desservie par tous les modes de transport : Transports en commun : métro (lignes 5 et 7), bus (lignes 75, 151 et 684), noctilien (N13, N41, N45, N140), RER (ligne E), tramway (ligne T3) dont la mise en service est prévue en 2012. Voiture : la Philharmonie possédera son propre parking (600 places) avec un accès aisé au périphérique et au boulevard Sérurier en complément des parkings déjà existants de la Cité de la musique (348 places) et de la Cité des sciences (2 000 places). Taxi : une nouvelle station de taxis sur le boulevard Sérurier sera créée en complément de celle qui existe déjà avenue Jean-Jaurès. Service d’autobus : la Philharmonie de Paris mettra gratuitement à la disposition de ses spectateurs un service de bus/navettes. À pied ou en vélo : les alentours de la Philharmonie offrent un cadre agréable pour ces modes de transport. Nombreux points de stationnement deux-roues et stations vélib'. De Bastille au Centre national de la Danse de Pantin, les berges des canaux offrent un cheminement protégé aux piétons et aux cyclistes. En bateau : le Conseil général de Seine-Saint-Denis organise chaque été des navettes fluviales. Deux sociétés (Canauxrama et ParisCanal) proposent des croisières desservant le site de la Philharmonie. Accès prioritaire : les véhicules adaptés aux personnes handicapées accèdent au parvis et déposent les spectateurs à proximité immédiate de l'entrée principale.

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4- UN LIEU D'EXCELLENCE La maîtrise des enjeux environnementaux UN BâTIMENT DURABLE La qualité environnementale du bâtiment est structurée selon quatorze cibles définies par l’association HQE (Haute Qualité Environnementale), qui sont évaluées à plusieurs stades du déroulement de l’opération, selon des critères précis. La Philharmonie de Paris s’est, de façon prioritaire, positionnée sur quatre cibles pour lesquelles elle ambitionne un très haut niveau de performance : la gestion de l’énergie (cible n° 4) ; la gestion de l’eau (cible n° 5) ; la maintenance – pérennité des performances environnementales (cible n° 7) ; le confort acoustique (cible n° 9). Au-delà de cette approche technicienne, un bâtiment durable est aussi et surtout un bâtiment qui dure dans le temps, que l’on a le désir de conserver, où l’on a plaisir à vivre. C’est dans cette dynamique que le projet a été conçu : la Philharmonie de Paris est une extension du parc ; aucune ombre n’est portée sur les pelouses avoisinantes (orientation est/ouest de l’écran). C’est un enrichissement de la ville et de la Cité de la musique, un espace public qui tient compte du site, des ressources locales, du climat, un équipement respectueux du voisinage. C’est enfin un bâtiment qui prend en compte et fait sien tout enjeu technique et socio-économique source de progrès. + Un système de gestion adapté La Philharmonie de Paris a instauré un système de gestion de l’opération qui permet, d’une part, de définir les cibles environnementales prioritaires et, d’autre part, d’adapter le projet pour les atteindre, tout en maîtrisant les processus de mise en œuvre opérationnels lors de phases de programmation, de conception et de réalisation. À cette fin, la Philharmonie a choisi de se faire assister par des experts, notamment Certivéa, organisme mandataire de l’Afaq Afnor Certification, pour instaurer un dialogue avec la maîtrise d’œuvre et les entreprises autour d’une « opération expérimentale » dénommée « démarche HQE® et bâtiments tertiaires ». Cette approche permet une mobilisation, une formation et une information de tous les acteurs du projet, indispensables pour améliorer les procédures autour d’objectifs partagés. Elle favorise de plus l’émergence de solutions tout à la fois innovantes et efficaces en termes de coût global et de préservation de l’environnement. + Une insertion optimisée du projet sur le site Dès sa genèse, le projet de la Philharmonie de Paris a été conçu de manière à optimiser son insertion sur le site, en prenant notamment en compte des données précises : le milieu physique : des études de sol ainsi que des caractéristiques hydrologiques ont été menées ; le climat : une étude des conditions météorologiques in situ a été réalisée ; les écosystèmes : le volet paysager du projet a fait l’objet d’études approfondies sur l’implantation et le choix des espèces végétales ; la nature et la qualité des vues : le projet permet aux visiteurs de « monter » sur la toiture accessible, faisant ainsi de l’ouvrage la « Butte de la Villette » ; les infrastructures : l’aménagement de la parcelle permet d’optimiser les flux (occupants, publics, logistiques…) et ainsi de concourir à la préservation du site ; les ressources locales et les services : le projet fait notamment appel aux énergies renouvelables locales.

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+ Des solutions énergétiques pragmatiques et innovantes Le concept énergétique se fonde sur les principes suivants : réduire les besoins en énergie par des mesures constructives et administratives ad hoc tout en maintenant un niveau de confort très élevé ; avoir recours aux énergies renouvelables pour couvrir la plus grande partie des besoins, en respectant des limites d’investissement raisonnables ; utiliser les énergies conventionnelles pour couvrir les besoins résiduels, en faisant appel aux systèmes les plus efficaces ; favoriser les énergies conventionnelles les plus respectueuses de l’environnement. Avec un volume brut chauffé d’environ 200 000 m3 et une surface de l’enveloppe thermique de 28 000 m², la compacité du bâtiment est exceptionnellement performante. Cette dernière a une influence importante sur les déperditions et sur les consommations énergétiques ainsi que sur les coûts de construction. Cette enveloppe est sur-isolée : en moyenne deux fois plus que les exigences de la réglementation thermique. Les déperditions par ventilation sont très faibles du fait de l’installation de récupérateurs de chaleur très performants (60 à 80 % de l’énergie sont en effet récupérés). La climatisation est limitée aux locaux où elle est inévitable, comme les salles de concert et de répétition, les réserves pour les instruments ou les œuvres précieuses, mais les vitesses d’air dans les réseaux de ventilation ont été très largement limitées, réduisant ainsi les consommations électriques et les nuisances acoustiques. Les apports solaires sont réduits par des mesures constructives : la proportion de la surface vitrée est relativement faible (38 % de façades transparentes) et la plupart des façades transparentes sont protégées contre l’ensoleillement estival par les porte-à-faux du bâtiment. Une surface de 1 000 mètres carrés de cellules photovoltaïques est intégrée à l’enveloppe du bâtiment. Les besoins en eau chaude pour les sanitaires sont limités aux douches et aux loges. L’eau chaude nécessaire à la restauration est produite avec le réseau vapeur CPCU (Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain) et la climatisation est assurée par Climespace. Le renouvellement d’air est régulé par une sonde CO² ou programmable pour les locaux avec occupation variable. Tous les locaux de travail bénéficient d’une lumière naturelle et les éclairages sont largement asservis, notamment à la présence humaine. Toutes les centrales de traitement d’air des locaux traités en refroidissement sont équipées d’une fonction « free-cooling » (rafraîchissement direct par l’air extérieur froid) lorsque les températures extérieures sont favorables. La principale source de chaleur est la captation des vapeurs haute pression du réseau de chauffage urbain. La génération de chaud est fondée sur un bouquet d’énergies diversifiées dans lequel la valorisation des déchets, des boues d’épuration, de la biomasse, de la géothermie représentera, en 2014, 60 % de la production de chaleur. + La gestion de l’eau Le traitement de cette cible a mis l’accent sur deux thèmes : la réduction de la consommation en eau ; la gestion des eaux pluviales par récupération. Les eaux pluviales seront réutilisées pour : l’arrosage des espaces verts ; l’entretien du bâtiment et de ses abords ; l’alimentation des sanitaires publics. + La maintenance Le choix qu'a fait la Philharmonie de Paris de confier à un même groupement d’entreprises la construction et l’exploitation de l'équipement assure une performance optimale dans la maintenance de l’ouvrage. De plus, un travail important a été réalisé au cours de l’élaboration du

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projet sur la meilleure accessibilité aux locaux techniques, aux façades et aux espaces de grande hauteur, ainsi que sur le choix et la mise en œuvre des matériaux, afin de garantir les meilleures conditions pour la maintenance.   + La performance acoustique S’agissant d’un projet consacré à une salle de concert, il va de soi que cette cible a fait l’objet d’un approfondissement particulier. Enfin, tous les produits et matériaux utilisés dans le bâtiment respectent la norme NF P-01-010 « Qualité environnementale des produits de construction – Déclaration environnementale et sanitaire des produits de construction ».

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5- LES DIFFÉRENTS ESPACES LA SALLE DE CONCERT La salle de concert est répartie sur cinq niveaux. Elle dispose d’une entrée au niveau 03, ouverte sur le parvis et la porte de Pantin et reliée à l’entrée du niveau 00 (parc de la Villette) par deux ascenseurs. Le hall principal se trouve également au niveau 03 et, sur tous les niveaux, de vastes foyers s’enroulent autour de la salle de concert et offrent au public des lieux de déambulation. Des vestiaires y sont régulièrement répartis, des bars permettent d’y prendre un verre ou de se restaurer. La salle elle-même est constituée d’un parterre ouvrant aux niveaux 02 et 03, ainsi que de deux balcons desservis par les niveaux 03, 04, 05 et 06. Sa configuration enveloppante permet de répartir le public tout autour de la scène : face à l’orchestre, face au chef d’orchestre ou bien latéralement, côté cour ou jardin. Quel que soit le choix, l’acoustique est toujours excellente et la visibilité très étudiée, y compris pour les places latérales. La distance entre deux rangées de sièges, variable selon les emplacements, n’est pratiquement jamais inférieure à 0,90 mètre. Acoustique et esthétique sont ici conjuguées pour procurer une impression très particulière et tout à fait exceptionnelle : les musiciens sont enveloppés par le public, le public est enveloppé par le son, les balcons donnent l’impression de flotter dans l’espace comme dans un temps suspendu, arrêté. Acoustique, esthétique, visibilité et confort donnent à cette salle une empreinte unique.

LES ESPACES DESTINÉS AUX MUSICIENS + Des espaces d'accueil fonctionnels et chaleureux La réputation d’une salle s’établit également à travers la qualité des différents espaces de vie réservés aux artistes. À ce titre, les vestiaires, loges et foyers sont conçus pour être chaleureux et disposés de façon à établir une relation rapide avec les salles de travail. Le foyer des musiciens est un lieu convivial, où les artistes des orchestres résidents et invités peuvent se rendre tout au long de la journée, lors d’une pause, au milieu d’une répétition, et en soirée, avant les concerts. Un bar et des éléments de restauration rapide y sont proposés. Les vestiaires des musiciens et des chœurs, de même que les loges des solistes, sont disposés derrière la salle de concert sur plusieurs niveaux. La loge du chef d’orchestre est située à proximité de son entrée en scène. + Un outil de travail moderne Deux grandes salles de répétition permettent aux orchestres de travailler dans des conditions optimales. La première, destinée aux séances de travail des orchestres au complet, est équipée d'une scène identique à celle de la salle de concert, la partie arrière pouvant accueillir des gradins pour les chœurs ou pour le public (de jeunes musiciens en apprentissage dans les écoles de musique et conservatoires pouvant de la sorte être invités à assister aux répétitions). La seconde salle de répétition est prévue pour des formations plus restreintes. Quatre autres salles de répétition, non accessibles au public, permettent de travailler dans des conditions spécifiques : une salle pour les petites formations, une salle pour les cordes, une salle pour la musique vocale, une salle pour les percussions accompagnée d’un espace de rangement pour les instruments. Dix studios de répétition sont destinés à des artistes en résidence ou à des groupes restreints. La bibliothèque des partitions, lieu de consultation, de conservation et de reproduction, est située sur le cheminement qui conduit au plateau de la salle de concert et vers l’ensemble des salles de répétition.  

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LE PÔLE PÉDAGOGIQUE 1 800 mètres carrés sont réservés au pôle pédagogique. Situé au niveau rez-de-parc, il comprend trois salles de cours, deux salles d’éveil à la musique, cinq salles de pratique collective, cinq salles de pratique instrumentale individuelle, un petit studio permettant aux animateurs de filmer ou de capter le son des ateliers et une salle de pique-nique équipée de bancs et tables où les groupes scolaires peuvent faire une pause déjeuner ou goûter. Une salle polyvalente d’environ 200 places vient à l’appui du pôle pédagogique ; elle est destinée à l’organisation de colloques, séminaires, petits concerts, séances de projection mais aussi de répétitions en public.

LA GALERIE D’EXPOSITIONS TEMPORAIRES La galerie d'expositions temporaires, d’environ 800 mètres carrés, est un élément d’appel et d’animation de la Philharmonie de Paris en journée. Des expositions y sont proposées, deux fois par an, en rapport avec la programmation musicale. Accessible depuis le foyer parc, cette galerie, assortie de son espace logistique, est conçue de façon à pouvoir s’adapter aisément aux différentes scénographies. Elle bénéficie par ailleurs d’une grande hauteur sous plafond favorisant, d’une part, l’installation d’œuvres de grandes dimensions et, d’autre part, des mises en scène très spectaculaires. Enfin, des installations techniques performantes – notamment en matière d’équipement numérique, d’éclairage, de climatisation et de sécurité – permettent de présenter des œuvres venant de tous les grands musées du monde et de les mettre en relation avec des installations sonores et visuelles. Une salle de diffusion, placée en articulation avec la galerie, est consacrée à la diffusion d’extraits musicaux illustrant l’exposition en cours.

LES ESPACES D’ACCUEIL DES PUBLICS + Les accès et foyers La Philharmonie se veut un lieu ouvert offrant la possibilité de se promener, de se rendre dans la boutique, au café ou au restaurant.

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Le foyer parc. Situé au niveau 00 et de plain-pied avec le parc de la Villette, il constitue l’entrée principale depuis l’allée longeant la Cité de la musique. Le public peut déambuler dans ce vaste lieu. Il y trouve une zone d’accueil et des vestiaires. Le café-jardin et la salle polyvalente ouvrent sur cet espace ainsi que la boutique, espace de référence dans le domaine musical, qui propose livres, publications, CD, DVD, partitions, vente de musique en ligne et produits dérivés. Le hall parvis. Situé au niveau 03, ce hall donne accès à la salle de concert. Il intègre des banques d’accueil et de billetterie où le public peut acheter des places, se renseigner ou retirer les places réservées. C’est aussi un lieu de rendez-vous avant le concert. De part et d’autre se trouvent deux points de contrôle des billets, au-delà desquels est desservi l’ensemble des niveaux de la salle de concert, côté cour et côté jardin. À ce même niveau, l’auditeur trouve l’accès direct à la partie haute du parterre. Il peut également rejoindre l’ensemble des foyers desservant, au niveau 02, le parterre bas et aux niveaux 04, 05 et 06, le premier et le deuxième balcon. Les foyers et leurs services. Chaque niveau d’accès à la salle est assorti de vastes foyers publics, équipés de vestiaires et de bars. Ils sont empruntés par les auditeurs pour rejoindre leur place mais aussi pour déambuler pendant l’entracte, prendre un verre ou se restaurer dans des conditions confortables et dans un espace généreux. Au niveau 05, ces foyers sont reliés à des salons de réception pouvant être privatisés. Ils disposent d’une très belle terrasse offrant une vue sur tout Paris et sur le parc de la Villette.


+ Les lieux de restauration Deux alternatives sont proposées : le café et le restaurant, l’un avec vue sur le jardin et l’autre avec vue sur Paris.

Le café-jardin. D’une capacité de 100 places, le café-jardin, situé au niveau 00, ouvre sur le foyer parc et donne en terrasse sur la « grotte », un lieu poétique ponctué de bassins, de rideaux d’eau, de fontaines et de grands traits de lumière naturelle. Ce café est un espace convivial où les visiteurs s’arrêtent à la sortie d’une exposition, d’une activité pédagogique ou d’un concert en journée, pour y prendre un café, une boisson fraîche ou s’y restaurer légèrement. Le restaurant. Situé au 6e étage, le restaurant est accessible aux différentes catégories de visiteurs, artistes et publics, fréquentant la Philharmonie de Paris. Mais c’est aussi un lieu que l'on peut vouloir fréquenter indépendamment des activités musicales proposées. Il dispose d’ailleurs d’un accès qui le rend indépendant des contraintes d’ouverture de la Philharmonie. Sa capacité est de 150 places assises en salle à manger et de 40 à 50 places en terrasse. L’accès s’effectue depuis les foyers publics du niveau 6 ou, directement, par des ascenseurs, soit depuis le parking en sous- sol, soit depuis le parc.

LES PôLES ADMINISTRATIFS ET LOGISTIQUES + Les bureaux de l’administration sont disposés sur plusieurs niveaux et reliés entre eux par des ascenseurs. Les espaces destinés aux bureaux des orchestres résidents sont situés dans la zone « pointe », au-dessus du pôle pédagogique. + Les espaces logistiques se déploient sur tous les niveaux et comprennent des zones de stockage, des espaces de régie, des réserves et des locaux pour les artistes et les techniciens. + Le restaurant d’entreprise. D’une capacité d’environ 200 places, il propose un service collectif, destiné non seulement aux personnels intervenant sur le site de la Philharmonie de Paris mais aussi aux artistes, aux membres des orchestres résidents ou aux instrumentistes présents à l’occasion des répétitions et des concerts. + Les parkings. Les deux niveaux du sous-sol accueillent un parking public d’environ 600 places et un parking de 90 places pour les deux roues.

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6- LE PROJET ARTISTIQUE ET CULTUREL La localisation de la Philharmonie de Paris à la Villette, à la frontière de Paris et de la banlieue, sur un site faisant dialoguer les cultures populaires et savantes (avec la présence de la Cité de la musique, du Conservatoire, de la Grande Halle, du Zénith, de la Cité des sciences et de l’industrie notamment), est un appel fort à l’ouverture aux publics de demain. D’où la conception originale et moderne d’un projet artistique susceptible de supprimer des barrières entre les genres et les styles abordés. La salle de concert s’ouvre à tous les genres musicaux et la programmation alterne des soirées prestigieuses en semaine et de nombreux concerts « familiaux » le week-end. Parallèlement, les expositions, les développements numériques et les initiatives pédagogiques exploreront de nouveaux modèles de transmission musicale, à même de créer un environnement propice à la réception et à l’appréciation des œuvres.

LA PROGRAMMATION DE LA SALLE DE CONCERT Les questions à traiter ici sont nombreuses. Comment rénover le rituel du concert ? Comment attirer les plus jeunes vers la diversité des expressions musicales ? Comment s’ouvrir à des catégories sociales moins favorisées ? Comment ne pas entretenir un cloisonnement excessif dans les habitudes des professionnels et des mélomanes ? Comment accompagner le moment d’émotion que représente le concert en proposant un accès direct à des savoirs qui leur demeurent étrangers ? Ou encore, comment offrir aux futurs musiciens une première expérience qui les sensibilise aux réalités de la vie professionnelle ? + Une confrontation des genres musicaux La programmation fera se côtoyer les artistes classiques (orchestres en résidence, orchestres régionaux et internationaux, formations spécialisées…) et des pratiques plus populaires (orchestres de jazz, musiques actuelles…) afin de garantir la diversité artistique et d’éviter que des mélomanes spécialisés ne « monopolisent » ce nouveau lieu. L’Orchestre de Paris sera le résident principal de la Philharmonie de Paris. L’Orchestre national d’île-de-France sera également accueilli ainsi que d’autres grands orchestres franciliens. Enfin, le pôle de salles de répétition sera ouvert à des formations se produisant dans d’autres théâtres parisiens. Chaque saison s’ouvrira également aux grandes phalanges françaises installées dans les régions et aux orchestres internationaux. Elle s’enrichira d’invitations plus soulignées à l’adresse de formations porteuses d’une démarche exemplaire, pouvant alterner par exemple pendant une semaine entière des concerts en grande formation et en sous-ensembles, l’animation d’ateliers réservés à de futurs professionnels et des séances de travail dans les lycées s’achevant par une présentation collective. Le projet artistique de la Philharmonie s’efforcera également d’élargir les frontières du répertoire dit savant, d’intégrer la culture chorale (professionnelle ou amateur) et d’interroger toutes les époques en soulignant continuités et lignes de rupture. Dans cet esprit d’ouverture, la présence à part entière de genres plus populaires et des cultures du monde garantira l’originalité et l’ouverture du projet. + De nombreux week-ends familiaux Une conception originale de la programmation fera alterner les soirées les plus prestigieuses en semaine et de nombreux concerts « familiaux » le week-end. La programmation en semaine aura une forme et un rythme assez proches de ce qui se pratique dans tous les grands complexes musicaux (avec l’ajout en journée des activités liées à la pédagogie, aux expositions et aux répétitions), mais un contingent important de places sera systématiquement proposé à des prix très accessibles. Le week-end, la Philharmonie privilégiera encore davantage l’ouverture à de nouveaux publics, notamment familiaux. Le format des concerts sera alors revisité. Les formations et musiciens seront conviés à présenter des concerts de plus courte durée, reposant sur des œuvres marquantes du patrimoine musical.

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+ Des temps forts fédérateurs Compte tenu de la modularité de la salle, permettant d’accueillir en certaines occasions de 3 000 à 3 650 places, et du fait que les espaces de la Cité de la musique voire d’autres salles du site de la Villette pourront être sollicités en certaines occasions, il est possible de programmer cinq ou six temps forts fédérateurs par an, à l’adresse de larges publics. Ces moments privilégiés seraient l’occasion d’organiser par exemple un grand regroupement mondial d’orchestres de jeunes, un week-end consacré à la pratique amateur (orchestres, harmonies, chœurs…), un autre centré sur un compositeur, ou encore des événements complémentaires tournés vers les musiques actuelles et les cultures du monde, voire un mini-festival d’été, à l’image des Prom’s de Londres. En associant ainsi les esthétiques savante et populaire, en couvrant un large spectre professionnel et en s’ouvrant aux pratiques amateurs (particulièrement à travers son volet éducatif), le projet de la Philharmonie de Paris traduit une démarche volontariste qui ne se superposera pas à l’offre existante.

LA DIMENSION ÉDUCATIVE La Philharmonie de Paris ne pourra se satisfaire des usages actuels de la vie musicale, trop centrés sur la seule consommation de concerts et de spectacles. Pour relever le défi de la démocratisation, de fortes connexions seront à établir entre les orientations de la programmation – aussi bien les concerts que les expositions musicales – et les enjeux éducatifs. Les politiques artistiques établies en France depuis la fin des années quatrevingt-dix, consistant principalement à offrir au public jeune une programmation spécifique, ne suffisent pas à créer un véritable engouement pour les répertoires symphoniques, jugés peu attractifs par les jeunes. Toute la journée, des propositions constamment renouvelées prolongeront l’offre de diffusion, afin d’élaborer un dispositif d’ensemble lisible, cohérent et innovant. Le cœur du projet pédagogique de la Philharmonie ne reposera donc pas sur de simples concerts ou spectacles éducatifs mais sur des ateliers de pratique produits à grande échelle pour sensibiliser les enfants à la musique par un contact direct avec les instruments et le son. Il s’appuiera sur la magie du monde orchestral et tentera de relever trois défis majeurs : démocratiser l’éducation musicale, créer le public de demain et ouvrir les orchestres sur la cité. C'est pourquoi les ateliers développeront des approches éducatives « actives » et collectives faisant de la relation entre l’œuvre, le musicien et le public une expérience plus directe et profonde : initiation aux instruments de l’orchestre ; initiation aux répertoires symphoniques ; adaptation d’une œuvre classique à des instruments non classiques ; écoute active de la musique à l’aide de supports multimédia permettant d’explorer les différents composants d’une œuvre… Ces propositions seront amenées à faire appel aux compétences de musiciens d’orchestre – notamment ceux de l’Orchestre de Paris et d’autres orchestres invités – mixées avec l’expérience de pédagogues. Elles pourront également impliquer des chœurs, s’organiser sur des durées variables (séances ponctuelles, cycles, projets sur plusieurs mois) et concerner un nombre de participants plus ou moins élevé. Elles seront conçues avant tout pour des groupes d’âge scolaire, à partir de 7 ans, mais seront transférables à un public adulte, afin de favoriser le développement de la pratique amateur. Un dispositif spécifique d’éveil à la musique destiné aux enfants de 3 à 7 ans s’intégrera au programme, notamment les mercredis et les week-ends où, durant toute la journée, de nombreuses familles se rendront sur le site. Les uns pourront assister aux concerts, les autres participer à un atelier. D’autres projets pilotes seront également mis en œuvre, fruit d’actions plus approfondies dans la durée avec des groupes constitués et aboutissant à des monstrations publiques ainsi qu’à des évaluations spécifiques.

LES EXPOSITIONS TEMPORAIRES En rapport étroit avec la saison de concerts de la Philharmonie, les expositions temporaires, essentielles pour le succès du lieu et son image d’ouverture, permettront d’explorer les liens entre la musique et les autres expressions afin d’éclairer sa dimension artistique et ses implications sociales.

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À raison de deux expositions par an, elles reprendront les axes forts de la programmation des concerts et couvriront un large champ musical. Elles se déclineront à partir de thématiques variées : de l’accrochage plus historique consacré à un pays, une époque ou un genre musical jusqu’à la monographie d’un musicien mis en regard du contexte de son temps, voire le parcours d’un artiste plasticien, chorégraphe ou cinéaste fortement influencé par la musique. Elles pourront tout aussi bien aborder des sujets ayant trait à la musique classique (du baroque au contemporain) ou aux musiques actuelles (variétés, jazz ou musiques du monde).  

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LE CHANTIER DE LA PHILHARMONIE DE PARIS LES MODALITÉS DE RÉALISATION DU PROJET La Philharmonie de Paris a fait le choix de mettre en place un contrat global de construction/maintenance. Il s’inscrit dans un objectif d’efficacité et de responsabilisation globale tout en maintenant pour la Philharmonie de Paris la possibilité d’un contrôle continu sur le processus de réalisation afin de garantir un excellent niveau qualitatif au projet notamment en ce qui concerne l’acoustique, la haute qualité environnementale et l’accessibilité. Les travaux, qui engagent également les constructeurs sur la maintenance et l’entretien du bâtiment pour une durée de quinze ans, ont été confiés à un groupement d’entreprises piloté par Bouygues associé à GDF-SUEZ et à des partenaires internationaux ainsi qu’à de nombreuses PME.

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LE Le CHANTIER chantier DE de LA la PHILHARMONIE philharmonie DE de PARIS paris

LES Les ENTREPRISES entreprises CONSTRUCTION MAINTENANCE CONSTRUCTION MAINTENANCE ENTRETIEN

ENTRETIEN

BOUyGUES BOUYGUES Gros œuvre Gros œuvre métallique Charpente Charpente métallique

GROUPE GDF SUEZ - COFELy GROUPE GDF-SUEZ - COFELY Maintenance et entretien Maintenance et entretien

GROUPE GDF SUEZ - AxIMA GROUPE GDF-SUEZ Chauffage / ventilation- /AXIMA Chauffage / Ventilation / climatisation / désenfumage Climatisation /Désenfumage

GROUPE GDF SUEZ - INEO GROUPEforts GDF-SUEZ - INEO Courants Courants forts Courants faibles Courants faibles

BELGO MéTAL BELGO MÉTAL Bardages Bardages Menuiseries extérieures Menuiseries extérieures Façade courbe Façade courbe

OTIS OTIS Ascenseurs Ascenseurs Escalators Escalators

LINDNER

Aménagement salle LINDNER

de concert Aménagements salle de concert Cloisons//Plafonds plafonds / doublages Cloisons / Doublages Plafondssuspendus suspendus Plafonds Revêtementsdesols Revêtements sol Peinture Peinture Revêtementsmuraux muraux Revêtements Cloisonsmobiles mobiles Cloisons Signalétique Signalétique

Q PARk PARK ET ETPhILhARMONIE PHILHARMONIE PARC PARC

GEMO

Ordonnancement GEMO

Pilotage Coordination Ordonnancement Pilotage Coordination INGéROP

Synthèse INGÉROP Synthèse

TRAVAUx PRéLIMINAIRES

SPIE BATIGNOLLES Soutènements TRAVAUX PRÉLIMINAIRES

SODIFRA SODIFRA

VéOLIA SPIE BATIGNOLLES

Agencementsbois bois Agencements Menuiseriesintérieures intérieures Menuiseries Portesetetchâssis châssiscoupe-feu coupe-feu Portes Serrurerie Serrurerie Parquets Parquets Mobilier Mobilier

AMG FEChOZ FÉCHOZ

Aménagementsscénographiques scénographiques Aménagements SOLéTANChE BAChy PIEUx SOLÉTANCHE BACHY PIEUX Fondations spéciales Fondation spéciales Plomberie Plomberie

CONSTRUCTION MAINTENANCE ENTRETIEN

TRAVAUX PRéLIMINAIRES PRÉLIMINAIRES TRAVAUx

QUALITÉ ENVIRONNEMENTALE CERTIFICATION QUALITé

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Aménagements paysagers Voiries réseaux divers Aménagements paysagers

Exploitationparking parking Exploitation

CUNIN CUNIN

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EGA

Voiries réseaux divers EGA

Terrassement Soutènements SEGEx VÉOLIA

Rampe Terrassement GCE SEGEX

Béton projeté Rampe

GCE

Béton projeté


- poursuite des traVaux de Corps d’état teChnique et démarrage des traVaux de finition dans la zone C d (pôle pédagogique, Bureaux parVis pantin). - montage des superstruCtures dans la zone a (salles de répétition). - poursuite de la réalisation des noyaux struCturels la zone B (salle de ConCert) jusqu’au niVeau 09.

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Le chantier de la philharmonie de paris

L’AVANCEMENT DU CHANTIER Les travaux préliminaires

Une première phase de travaux qui s’est achevée au printemps 2010 a consisté à réaliser les dévoiements de réseaux, les soutènements-voiries, la logistique de chantier et les terrassements.

Les travaux de construction

Les travaux de construction ont démarré en février 2011 pour une durée de 3 ans. Ils s’exécutent selon la cinématique explicitée dans les schémas suivants.

Le zoning des réalisations

Un zoning a été mis en place pour l’organisation du chantier : la zone A comprend principalement les salles de répétition, la zone B, la salle de concert, la zone C, le pôle pédagogique et les bureaux, et enfin, la zone D, le parvis et la rampe Pantin.

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Février à Juin 2011

Construction la rampe -- poursuite des de traVaux de Corps d’état teChnique d’accès au parc la Villette et démarrage des de traVaux de finition dans la zone C d (pôle pédagogique, Bureaux parVis pantin). - Réalisation des pieux dans la D (parvis Pantin). -zone montage des superstruCtures dans la zone a (salles de répétition). - poursuite de la réalisation des noyaux struCturels la zone B (salle de ConCert) jusqu’au niVeau 09.

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Le chantier de la philharmonie de paris

Juillet à Novembre 2011

- Réalisation des pieux dans la zone A (salles de répétition) et dans la zone B (salle de concert). - Elévation des structures horizontales et verticales des zones C et D (pôle pédagogique, bureaux, parvis Pantin).

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Décembre 2011 à Février 2012

- poursuite Poursuite des des traVaux travaux de d’infrastructure Corps d’état teChnique dans la zone des A (salles dede répétition). et démarrage traVaux finition dans la zone C d (pôle pédagogique, Bureaux parVis pantin). - Démarrage de la réalisation des noyaux structurels dans la zone B (salle montage des superstruCtures dans de la zone a concert). (salles de répétition). - poursuite Réalisation couverturedes etnoyaux de de la la réalisation démarrage des des corps d’état struCturels la travaux zone B (salle de ConCert) jusqu’au techniques niVeau 09. dans les zones C et D (pôle pédagogique, bureaux, parvis Pantin).

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Le chantier de la philharmonie de paris

Mars à Mai 2012

- Achèvement des travaux d’infrastructure dans la zone A (salle de répétition). - Poursuite de la réalisation des noyaux structurels dans la zone B (salle de concert). - Poursuite des travaux de corps d’état technique dans les zones C et D (pôle pédagogique, bureaux parvis Pantin).

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Juin à Août 2012

Poursuite des des traVaux travaux de de Corps corps d’état d’état teChnique technique -- poursuite et démarrage démarrage des des traVaux travaux de de finition finition dans dans la zone et C Dzone (pôle bureaux parvisparVis Pantin). la C dpédagogique, (pôle pédagogique, Bureaux pantin). Montage des des superstruCtures superstructures dans dans la la zone zone aA -- montage (salles de de répétition). répétition). (salles Poursuite de de la la réalisation réalisation des des noyaux noyaux -- poursuite structurels la la zone zone BB (salle (salle de de ConCert) concert) jusqu’au jusqu’au struCturels niveau 09. 09. niVeau

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Le chantier de la philharmonie de paris

Septembre 2012 à Août 2013

- Achèvement des travaux dans la zone C D (pôle pédagogique, bureaux parvis Pantin). - Réalisation de la charpente de la salle de concert. - Démarrage des travaux des corps d’état techniques dans les zones A et B (salles de répétition, salle de concert).

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Septembre 2013 à Juillet 2014

-- Achèvement travaux de desCorps corpsd’état d’étatteChnique poursuite des traVaux techniques et des réalisation desfinition travaux dans de et démarrage traVaux de finition les pédagogique, zones A et BBureaux (sallesparVis de la zone Cdans d (pôle pantin). répétition, salle de concert). - montage des superstruCtures dans la zone a -(salles Finitions et réceptions de l’ensemble du de répétition). bâtiment en vue des tests. - poursuite de la réalisation des noyaux struCturels la zone B (salle de ConCert) jusqu’au niVeau 09.

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Le chantier de la philharmonie de paris

LES CHIFFRES CLéS DE LA PHILHARMONIE DE PARIS Le financement de l’opération est assuré par : L’Etat (Ministère de la Culture et de la Communication) 158 M € La ville de Paris 158 M € La région Ile-de-France 20 M €

Bâtiment Superficie utile du bâtiment 20 000 m2 Emprise du bâtiment 19 600 m2 Superficie totale du terrain 23 670 m2 Longueur totale du terrain 330 m Largeur terrain 100 m Hauteur maximale de la construction Bâtiment 37 m Signal, mur-écran 52 m 9 étages et 2 niveaux de sous-sol

Surfaces SHOB 67 483 m2 SHON 39 642 m2

Salle de concert Superficie de la salle de concert 2 200 m2 Volume acoustique 30 500 m3 Configuration symphonique 2 400 spectateurs

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Configuration jazz, musique du monde (public debout) 3650 spectateurs Distance maximale entre les spectateurs et la scène 32 m

Superficies Pôle éducatif 1 800 m2 Pôle expositions 800 m2 Espaces de répétition 2 300 m2 Espaces administratifs 1 700 m2 Espaces techniques et logistiques 1 900 m2

Parking 600 places

Le chantier 100 000 m3 de terrassement 50 000 m3 de béton 6 000 Tonnes de charpente 3 000 Tonnes d’armatures aciers 750 pieux (35 mètres) 8 grues 25 mois de gros œuvre : 270 000 heures Emprise de la parcelle : 350m x120m 600 personnes tous corps d’état au pic d’activité 16 entreprises groupées


IMAGES DU CHANTIER ET DU PROJET DE LA PHILHARMONIE DE PARIS

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IMAges du chantier et du projet de la philharmonie de Paris

PLAN de MASSE

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VUE aĂŠrienne septembre 2013

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VUE aĂŠrienne septembre 2013

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VUE aĂŠrienne septembre 2013

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IMAges du chantier et du projet de la philharmonie de Paris

VUE dEPUIS LE mĂŠtro porte de pantin

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VUE DEPUIS LE PARC

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IMAges du chantier et du projet de la philharmonie de Paris

VUE DE NUIT

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VUE duEPUIS LE mĂŠtro porte de pantin

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IMAges du chantier et du projet de la philharmonie de Paris

VUE dePUIS la porte de pantin

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CHANTIER 29/08/2013

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IMAges du chantier et du projet de la philharmonie de Paris

VUE DEPUIS LE Périphérique

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CHANTIER 1/07/2013

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IMAges du chantier et du projet de la philharmonie de Paris

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IMAges du chantier et du projet de la philharmonie de Paris

SALLE DE CONCERT - VUE VERS LA SALLE

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CHANTIER 8/10/2013

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IMAges du chantier et du projet de la philharmonie de Paris

SALLE DE CONCERT - VUE VERS LES BALCONS

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CHANTIER 8/10/2013

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IMAges du chantier et du projet de la philharmonie de Paris

VUE DU RESTAURANT NIVEAU 06

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CHANTIER 29/08/2013

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GRANDE SALLE DE Répétitions

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CHANTIER 8/10/2013

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IMAges du chantier et du projet de la philharmonie de Paris

ATELIER PĂŠDAGOGIQUE

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CHANTIER 8/10/2013

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IMAges du chantier et du projet de la philharmonie de Paris

NIVEAU 0

Accueil public P么le p茅dagogique Logistique Expositions temporaires

PLAN NIVEAU 00 Accueil public P么le p茅dagogique Logistique Expositions temporaires

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ES

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VB

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VB

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VH ES C

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FA ES

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VB

VH

VH

VB

VB

VB

VH

NIVEAU 3

Salle de concerts Espace public/Forum Accueil public Pôle pédagogique Espaces privés Logistique/Espaces techniques Logistique

PLAN NIVEAU 03 Salle de concert Accueil public Espaces privés Logistique

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IMAges du chantier et du projet de la philharmonie de Paris

PLAN DE LA saLLE DE CONCERT

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COUPE LONGITUDINALE DE LA SALLE DE CONCERT

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LA MAITRISE D’ŒUVRE Ateliers Jean Nouvel + Composition de l’équipe de maîtrise d’œuvre Métra + Associés, architecte associé à la salle, Marshall-Day acoustics acoustique de la salle, Studio DAP acoustique du bâtiment, Nagata Acoustics conseil acoustique, Ducks Scéno dispositifs scénographiques, Autobus Impérial signalétique, 8’18’’ éclairage intérieur, AIK, Yann Kersalé mise en lumière, Transsolar consulting environnementa, Casso & Cie sécurité incendie, Sletec économie de la construction, Egis structure et génie technique, HDA et Arcora clos couvert et façades.

LE CONSEIL D’ADMINISTRATION DE L’ASSOCIATION PHILHARMONIE DE PARIS - 5/02/2013 + Membres de droit Aurélie Filipetti, ministre de la Culture et la Communication ou son représentant, Monsieur Bertrand Delanoë, maire de Paris ou son représentant, Monsieur Bruno Julliard, adjoint au maire de Paris chargé de la Culture, Monsieur Jean Daubigny, préfet de Paris et de la Région Île-de-France ou son représentant, Monsieur Michel Orier, directeur général de la Création artistique, Monsieur Jean-François Collin, secrétaire général du ministère de la Culture et de la Communication, Monsieur Vincent Berjot, directeur général des Patrimoines, Monsieur François Dagnaud, maire du 19e arrondissement de Paris ou son représentant, Madame Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris chargée de l’Urbanisme et de l’Architecture ou son représentant, Madame Marie-Hélène Borie, directrice du Patrimoine et de l’Architecture de la Ville de Paris ou son représentant, Monsieur François Brouat, directeur des Affaires culturelles de la Ville de Paris ou son représentant. + Personnes qualifiées Monsieur Laurent Bayle, président, Monsieur André Ladousse, trésorier.

LA MAITRISE D’OUVRAGE équipe de la Philharmonie de Paris + Composition de l’équipe de maîtrise d’ouvrage Direction générale : Patrice Januel Assistante : Laurence Bensot Administration générale : Luc Marois/Anne Coupat/Raphaël Bickart/Francette Maingé Programmation architecturale : Laurence Descubes/Céline Jeanroy Assistante administrative de chantier : Nicole Champion Coordination des opérations : Geoffroy Vauthier/Trâm Anh Ngô/Hayat Lahouaichri/Camille Fasquel Gestion des risques techniques et économiques : Jean-Sébastien Basset Exigences sécurité et suivi environnemental : Michaël Micaletti Mécénat : Zoé Macêdo

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211, avenue Jean Jaurès – 75019 Paris T. +33 (0)1 40 40 67 00 F. +33 (0)1 42 03 65 72 info@philharmoniedeparis.fr www.philharmoniedeparis.fr

Photographies du chantier © Nicolas Borel – Philharmonie de Paris Photographies aériennes © Bouygues Construction – Photographe Philippe Guignard Perspectives © Arte Factory – Philharmonie de Paris © Didier Ghislain – Philharmonie de Paris Plans © AJN – Philharmonie de Paris © Métra&Associés – Philharmonie de Paris © Autobus Impérial – Philharmonie de Paris Graphisme www.be-pole.com


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