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LE MONDE 5+ pages - 15F

N°150 - 55° année

NOVEMBRE 2005

diplomatiche

LE JOURNAL DE

SAINT-VERHAEGEN

Publication annuelle - 55, rue des Lupercales, 1050 Bruxelles - www.phallus.be

Phallustre : Lumières sur le Monde Salut hein! Aaah cette bonne vieille st-v, le froid habituel, les guirlandes de noël qui commencent à s'illuminer (déjà..), les étudiants festifs qui voient en cette journée leur dernière fête avant de prendre de bonnes et studieuses résolutions: remplacer la pils par le thé, leur bouffarde par de l'encens et la musique de TD par du classique.. Niveau bonnes résolutions, l'UlB n'est pas en reste cette année comme on peut le lire dans l'Esprit Libre: parlant de Grand Oeuvre (sans aucune connotation symbolique bien sûr), le Bâtiment est à l'honneur ! Outre la “terrasse conviviale” ( digne des Alpages ), le ravalement de façade des cercles étudiants, le merveilleux foyer “sans obligation de consommer” est vanté. Quelle subtile réappropriation d'une revendication étudiante. Quelle mesquine publicité quand on connait la réalité des faits. Le vocabulaire urbaniste utilisé fait mention de “Cités”. Espérons qu'elles soient mieux accueillies par la population locale que les logements sociaux du quartier Boondael. Qui sait, dans quelques années peut-être sauteront-elles comme les corbusières de la parisienne ville-lumière? Il est clair que le regroupement et le cloisonnement des différentes facultés sur des campus différents répondent certainement à des exigences de “bonne gouvernance” des très professionnels managers de notre université, qui ont des envies de déborder des campus ixellois. Il est également clair que c'est faire phi des volontés étudiantes de pouvoir garder des contacts quotidiens avec des étudiants d'autres facultés. A quoi bon.. En outre, niveau ornementation notons quand même le geste de l'UlB envers la vUB dans le don d'un buste de notre cher Théodore à implanter sur le Campus de laplaine.be. Mais quelle petitesse de lui avoir ôter ce qui nous rappelait que c'était un homme. A noter, suite à la “disparition” de la Salle Rabelais l'ouverture de la Salle Fransisco Guardi Ferrer pour tenir compagnie au buste fort isolé de notre cher Théo. Dommage que celle-ci n'aide que dans une moindre mesure les étudiants à organiser des activités folkloriques (et autres) telles qu'ils l'entendent. Pour rester dans l'ornementation, plus souple certes, les doux tissus vietnamiens qu'arborent dorénavant les étudiants fièrement diplomés grâce à un partenariat de Solvay. Peut-être que le sable du beach-volley proviendra prochainement des plages irakiennes. Espérons que l'UlB fasse également un accord avec la junte birmane afin de réintroduire notre cher Article 1 des status de l'Alma Mater en première page de nos syllabi, en effet le marché du teck est en pleine croissance, autant investir.

Le jeune bachelier sera bien évidemment émerveillé par un campus plein de merveilleuses façades. Une fois qu'il aura franchi les portes et qu'il se sera habitué aux contraintes administratives (dérogations...) et d'organisations (fermetures anticipées..) et qu'il aura parcouru le couloir, il se dira probablement qu'il a fait son temps et qu'il est trop tard pour rectifier la direction. Que le jeune étudiant sache que rien de ce que nous avons n'est acquis. Ni nos structures, ni nos valeurs, ni nos traditions. Tant le jeune que l'ancien doit savoir aimer son université, se l'approprier et la faire vivre de la manière qui lui plaira. La déresponsabilisation des anciens n'est pas étrangère à la stratégie de communication de l'université qui, comme tout parti politique, adapte son discours et son attitude en fonction des générations. Les études sont cycliques, l'habitation (occupation?) du campus par les étudiants n'est pas permanente. Pourtant, les besoins ne diminuent pas pour autant, donc pourquoi les revendications devraient-elles s'amoindrir tant que les possibilités ne suivent pas ? Quelle que soit l'attitude des acteurs en présence, opposés ou coopératifs, il est certain que c'est à chacun de jauger son investissement et d'oeuvrer pour ce qui lui est cher. Que chacun prenne ses responsabilités.. General Motors

Il n'y a pas de messie. Qu'est ce qu'on attend pour faire la fete ? Qu'est ce qu'on attend pour être heureux? C'est vrai qu'est ce qu'on attend ? Que l'un ou l'autre s'en occupe a notre place ? C'est finaud ! Mais il se pourait qu'on attende longtemps ou pire qu'on soit décu. Mais essayons de répondre a la question: c'est quoi au juste qu'on attend pour être heureux ? La st-V ? les 175 ans du drapau ? Pour bon nombre de salariés nostagiques qui participent a la procession de st-V, le bohneur est souvent (selon eux)derrière-eux, « c'était le bon temps », « mes plus belles années », disent ils. Sache vieux bougre que tu te trompe, le bonheur est a venir et il ne dépend que de toi. Tu Loose


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LE MONDE DIPLOMATICHE

Mais non Nicolas ! Non !

ne servent strictement à rien, sachez le bien.

« Le sang et le feu sont réclamés par la foule. Sur le bitume l’engrenage se déroule Foutre le dawa, …Les flammes de l’enfer vu que le paradis n’est pas » ( les flammes de l’enfer - Passi) Et pourtant le film pour lequel ont été composées ces paroles est loin de dater. Le scénario, souvent identique, est répété a intervalles réguliers dans les banlieues françaises. Suite à une intervention policière qui tourne mal (communément appelée bavure) un ou plusieurs jeunes trouvent la mort. S’ensuit alors un grand ramassis de conneries de chaque côté, Charybde et Scylla.

D’autre part nous avons une armada policière qui ne pense plus qu’en terme de répression. Et puis surtout nous avons Nicolas ministre de l’intérieur. Ce cher Nicolas a qui nous devons ce magnifique objet qu’est le pistolet « flashball ». Ce cher Nicolas et ses amis et la magnifique idée d’un couvre-feu. Et puis surtout ce cher Nicolas et son franc-parler. Mais non Nicolas ! Non ! Essayer que les jeunes restent chez eux passé une certaine heure ne va pas arranger les choses ! Et puis surtout Nicolas quand tu tentes de rétablir la paix avec un ennemi ne l’insulte pas !!! Mais voilà Nicolas, il a des espoirs pour 2007 et pour gagner, il sait bien que ce n’est pas le jeune de banlieue à qui il faut plaire mais bien plutôt au français moyen qui a eu tellement peur de l’insécurité qu’on lui a montrée au journal qu’il a été jusqu’à voter pour le FN.

D’autre part ça brûle des voitures ( objet envers lequel je possède bien peu de sympathie mais représentant néanmoins un bien conséquent) en quantités non négligeables. On casse tout ce qui passe sous la main. Je n’ai rien strictement rien contre les affrontements avec les forces de l’ordre mais si l’intention est de tuer ceux-ci il ne faudra vous étonner si les balles qu’ils tirent ne sont plus en caoutchouc. Comble de cela sont les attaques à l’encontre du reste du personnel civil pour cause d’appartenance à l’état. Pensez-y la prochaine fois que vous attaquez un camion des sapeurs pompiers, c’est peut être votre frère qui est bloqué dans l’incendie… Et tous ces discours haineux

Peut-on être anarchiste à l'ulb? Oui anarchiste, le mot qui fait peur... En fait(pour faire simple) anarchie s'oppose simplement à hiérarchie . Cela concerne la manière dont les hommes entre eux s'organisent en communauté pour survivre, voire mieux. L'anarchiste donc quel que soit son style, n'adhère pas aux modes de fonctionement autoritaire tel qu'on peut l'observer de manière exemplaire dans l'armée. J'écris ça parce que le vocable semble parfois, dans la bouche de certains, désigné une sorte de terroriste athé mais sectaire, membre d'un super complot international... Mais loin de moi l'idée de traiter d'un sujet aussi vaste que l'anarchie dans un petit article. Ce qui nous intéresse ,c'est de savoir si on peut entretenir et diffuser des idées anarchistes sur le campus. Car depuis cette semaine, il faudrait une autorisation pour diffuser des publications anar. Pourtant moults stands éphemères du même acabis qui s'installent à l'occasion d'un bal , d'un voyage organisé ou encore les rendez-vous communistes du mardi après-midi n'ont jamais posé de problème. Le fait peut paraître anodin, mais il s'inscrit dans une politique plus générale de l'ulb. Notons qu'il y a un an , le jour de la st-V (pas le jour de la giga farandole urbaine) le foyer, alors en pleine autogestion, était évacué par les forces de l'ordre, alors que trois concerts y étaient organisés sans autorisation. Evénement chargé de

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Ce qui me désole le plus dans tout cela c’est qu’il s’agit bien de simplement deux réalités différentes. Parce que ce n’est pas en allant trois fois l’an dans une banlieue que tu vas te rendre compte de ce que c’est de vivre dans une banlieue Nicolas. Rappelle toi de ton ami Edouard qui avait déjà du mal rien qu’à se mêler a la populace pour prendre le métro. Ce qu’il faut surtout que tu saches Nicolas c’est que le jour où dans la rue il y a des barricades, compte pas sur moi pour être de ton côté. Sur ce je vous salue, bonsoir.

Jeune Con

Mais voilà ce que tu oublies Nicolas, c’est que ces jeunes, s’ils sont fâchés, c’est surtout parce qu’ils se sentent lésés par toi et tes amis. Il faut quand même se dire que tu ne les as pas beaucoup aidés. Tu sais tes mesures pour aider le MEDEF, ils ne les ont pas vraiment ressenties comme un bien. Et le gros gros problèmes Nicolas c’est que les gens pas contents de la manière dont ça se passe ils sont de plus en plus nombreux. Donc la prochaine fois je ferais un peu plus attention de voir qui je mets en colère.

symbolique s'il en est ... On peut penser a raison que l'anarchiste Merci c’est Si Gentil et Honnête. ne cautionne pas « le système », qu'il est contre. Certes il pense qu'il est possible de Mais Si on Attend de Fermer plus tard ? faire autrement si pas mieux et avec ses moyens il s'y atèle quitte à emprunter des MessieurS On aura affaire aux Gardes voies qui ne sont pas connues ou reconnues du pouvoir en place. J’espère que vous avez Compris Peut-on reprocher à un individu d'oeuvrer dans le sens de la recherche et de l'experimentation d'autres modes d'organisation de la société? Je repose la question avec le cadre:Peut-on reprocher à un individu d'oeuvrer dans le sens de la recherche et de l'expérimentation d'autres modes d'organisation de la societé à l'ulb ? Gare à fransIsco Le voile. Je suis beau, fort et intelligent. Je suis bien dans ma peau, j’avance dans la vie comme en voiture sur l’autoroute, rien dans la vie ne m’effraie car il est à moi et je suis capable de tout. Je consomme avec plaisir, beaucoup de plaisir ; le plus souvent possible, le plus possible, que faire quand tout est à portée de la main et que mon train de vie ne fait que refléter la personne que je suis….. je ne m’inquiète de rien, toutes ces guerres, inondations, cyclones, famines ne sont pas de ma responsabilité, je ne suis responsable de rien…. Je ne fais rien pour que tous ces malheurs arrivent et ils n’ont rien à voir avec moi, c’est comme cela je n’y peux rien, le monde n’y peut rien….. Mon monde crève et je ne Fais rien.


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LE MONDE DIPLOMATICHE

Paris – Banlieue Quelques réflexions subjectives Tout d’abord, s’indigner du vocabulaire, du désir de coller des étiquettes, de trouver des titres chocs voire des photos qui le seraient encore plus. Les journalistes de par le monde – dépassés comme les autres – s’échinent à comparer, à nommer et à commenter les dénominations de ce qui se passe en banlieue. Ainsi, sans dresser un florilège des Unes scandaleuses qui tapissent les kiosques à journaux, retenons que de Muslim Riots à Révolution urbaine, nous sommes confrontés à l’incompréhension générale. Et il n’est pas inutile de le répéter, cette incompréhension ajoute de l’eau au moulin de la haine et attise les conflits ambiants. Désormais, l’attention est portée sur les banlieues des grandes villes françaises, et s’étend vers celles d’Europe occidentale. La façon dont ceux qui sont sensés nous informer distordent, récupèrent, emberlificotent ce qui se passe réellement, doit nous rappeler combien nous sommes tributaires de leur présentation. Particulièrement lorsqu’il nous est impossible de vérifier les faits dont nous sommes quotidiennement abreuvés. En cette heure de célébrations du Libre Examen, voilà une réflexion triviale dont la société ne pourrait se passer. Il faut savoir rester prudent quand il s’agit d’analyser ce genre d’événements, que l’on soit responsable politique, journaliste ou simple pilier de comptoir. Et ne jamais oublier que nos raisonnements sont toujours généralistes et simplificateurs. Car si la souffrance est un trait commun, elle se développe sous autant de forme qu’il y a d’individus. Et lourde est la tentation de pointer du doigt les responsables, à savoir tout le monde sauf soi-même. Quelles sont donc les réflexions qui nous viennent à l'esprit, loin des grands discours qui de part et d'autres des courants idéologiques tendent à valoriser où à déprécier le modèle républicain en France, ou la sociale-démocrate occidentale à plus grande échelle. Qu'il y a un décalage dans la société actuelle, où les repères sont changeants et où la primauté de l'individu a pris le pas sur celle du groupe. On pourrait arguer qu'il y a eu un basculement idéologique qui s'exprime aujourd'hui par la violence. Avant que l'individu ne soit mis au centre de la réflexion et ne soit considéré comme seule valeur d'émancipation, les masses, selon leur différences, étaient la source première de toute préoccupation du pouvoir. L'injustice ne concernait alors – aux yeux de ce pouvoir – que des individus isolés. Dès lors que

l'homme seul est devenu la considération suprême, et que cela lui a octroyé des libertés essentielles et légitimes, il semble que l'injustice se soit reportée sur les différents groupes sociaux. Pour se répéter, le sort de tous était le garant de celui de chacun, aujourd'hui, c'est celui de chacun qui est la caution de celui de tous. En fonction de ça, on peut comprendre comment, de manière naturelle, le laissé pour compte des attentions idéologiques de la société ne soit plus l'individu, mais le groupe. La somme de ceux qui ne parviennent pas à s'épanouir en tant qu'individu, du fait d'un système à vitesses multiples remarquablement cloisonné, cette masse entre en décalage, en conflit avec la société. Comment considérer le problème de l'intégration ? Est-il uniquement celui des différentes cultures ou des origines géographique ? Il existe une barrière physique et psychologique entre Paris et sa banlieue. C'est ce qu'explique l'historien Jean Chesnaux1. Ce dernier paraphrase les dires de l'architecte Paul Chemetov : « ...avec la 5ème République, Paris a donné congé à sa banlieue, comme si elle licenciait un domestique ». Si le cas est exemplaire pour la capitale française, il n'en est pas moins applicable ailleurs. Chesnaux parle d'un niveau zéro d'intégration, d'espoir, d'avenir et de respect pour ces zones de périphérie. Les valeurs mises en exergue que sont le travail et la promotion sociale y sont absentes. Ainsi, l'éloignement est bien plus que géographique, il est également idéologique. Il est le reflet du paradoxe relevé plus haut : l'impossibilité que rencontre chacun de s'affirmer entraîne une aliénation du groupe entier. Un autre élément de l'incompréhension réside dans la théâtralisation de la société, dans le pouvoir que possède l’image. Nous le notions en introduction, la relation des faits est distordue, orientée, génératrice d’une appréciation erronée de la situation. Les fauteurs de troubles, à travers l’attention que porte sur eux les médias, deviennent en quelque sorte les acteurs, les personnages d’une fable moralisatrice qui voit s’opposer forces de l’ordre et jeunes banlieusards violents. Nul ne peut nier que dans une omniprésence et omnipotence de l’image – le développement de la télé-réalité en est un des symptômes – l’envie de déranger ne soit exacerbée par la perspective d’une couverture médiatique des actions menées. Il n’y a pas de conclusion, de solution à ce constat. Aucune force politique ne peut être comprise de ces jeunes2 car aucune force politique ne prend en compte la situation qui vient d’être exposée. Au

M B W P A N E M A X E R B I L

I J B J T R I A N G L E G M T

K E I L F J A L N M 5 U E A V

On nous avait dit Renouement du dialogue Discussions bilatérales Réalité toute autre.. Et sans foyer qui seront nos hôtes ? Dommage que peut se sentent concernés Un manque de fraternité ? Mhmmh…. Plutôt un je m’en foutisme ambiant Honni sois qui mal y pense Allons bon, que voulez vous y faire ? Les paroles s’envolent Les rénovations restent Une dernière remarque ? Sur ce on a toujours des cendriers chers et pas pratiques Jaunisse Carabinée

S T S R V O D P I E 5 Y A C K

A I T S E L L E X U R B B O A

T S O Y X M I K E U J N Z U X

U R U M A P H A L L U S O I M

I E I B D U Y J L O E D F L R

contraire, elles s’enferment dans l’aveuglement, réfugiées derrière leurs poncifs de répression et de prévention à court terme. Le bâton n’a jamais empêché la révolte, il ne fait que la retarder, l’intensifier. Et prêcher la bonne parole n’a de sens que si l’on agit parallèlement pour rendre crédibles les promesses d’un avenir meilleur.

J’eSpère

N V L O N N V Z E E R B I L T

A I L L O 1 K M S X I E A E P

Y N E E F 5 W Q I A W L K S E

V U 5 T A P E U J O I K N F U

M J N A Y E R Z B E U N Y H G

P I N P F R A T E R N I T E F

Q O A O J L I L M K J L U F O


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4 - NOVEMBRE 2005

LE MONDE DIPLOMATICHE

175 ans de bonheur Et oui cette année comme tu l’as remarqué le thème de la Saint-V n’est autre que les 175 ans de la Belgique. 175 ans de bonheur… Oui mais aussi 25 ans de fédéralisme. Vous savez bien la réunion fait la force. Ah bon moi je croyais que ce n’était qu’un seul et même pays pourquoi ré-union ? Peut-être parce qu’union ça sonnait moins bien en néerlandais. Qui sait ? Je ne vous ferais pas ici un cours d’histoire, mais bon, pensez-y a cette belle Belgique. Ses si beaux endroits… Les fourrons en voilà un endroit où il fait bon vivre avec quelqu’un qui parle une autre langue. Et puis c’est toujours un beau signe de fraternité que d’empêcher un fonctionnaire de parler une autre langue nationale dans l’exercice de ses fonctions. Parlons en de ce pays accueillant. N’empêche que si on avait évité de trop rapprocher certains membres du peuple italien et anglais le Heysel s’en serait pas plus mal porté. Les familles des victimes non plus. La Belgique terre de mélanges, terre d’accueil… Tout au moins lorsqu’on a des papiers en règle. Parce que bon même l’ULB n’est pas encore une terre d’accueil à ce niveau là. Elle préfère continuer à laisser ça à la charité chrétienne. Et puis si jamais une réfugiée est trop récalcitrante pour son expulsion on peut toujours étouffer l’affaire. Il suffit d’un bon coussin. Mais bon ne nous plaignons pas trop au moins on nous reparle de pouvoir rapatrier nos capitaux du Luxembourg. Le rexisme a fait des émules dans les années sombres. Aujourd’hui le vlaams belang continue à avancer. Non, non rien n’a changé ? Et si jamais il faut faire passer une loi qui déplait au roi il pourra toujours se faire porter pâle. Heureusement notre économie s’est toujours bien portée, merci FN. La démocratie naissante du Népal nous en remercie encore Dommage qu’elle soit désormais considérée comme une dictature. Et pensez y c’est un peu grâce à nous qu’il faisait si clair ce jour là dans les cuisines au japon. Et puis en Belgique nous avons également notre culture propre pensons encore à la belle image que laissera Tintin au Congo à travers le monde. Ce qui est bien également ce que nous avons assez d’autopompes et de gendarmes que pour pouvoir accueillir l’OTAN et le parlement européen. Et puis ça ne s’arrête pas là heureusement. Les 3 Guy, la carolorégienne…maintenant on sait que la Wallonie est une terre d’investissement. Avec ça on ne saura toujours pas qui sont les tueurs du brabant wallon Mais bon ce salaud ne touchera plus aux « petites ». Un des plus grand rassemblement larmoyant de gens battant le pavé. Pour rassembler les foules on a encore deux tenniswoman qui veulent s’expatrier et une équipe de foot toute pourrie. Je vous laisse méditer sur les voix séparatistes et ratachistes qui s’expriment d’un peu partout. Moi je m’en fous je suis citoyen du monde…

J’aimerais bien que tout ça nous rende le Congo

-Phallu ca va ? -Ihmotep, Ihmotep -Alors tu as été aux baptêmes cette année ? -Ben tous, comme toi -Etonnant hein ! -A fond -Ok à main, à bouche…. -Bon on s’en reprend une -..D’année avec des spectacles pareil ? bof bof -Il faut avouer qu’il y avait pas mal de concepts déroutants -Ce sera dur de décerner la palme du meilleur film cette année -A bon je croyais qu’une intro c’était joué sur scène -Bientôt on ne dira plus président de baptême mais directeur de casting -Imagine : « Merde j’ai raté mon audition en droit bon je vais aller essayer au cp » -Et puis il n’y a pas qu’au niveau des vidéos qu’on a eu droit à tant de bonheur -Ne m’en parle pas… -Les entrées …Rien de plus spectaculaire qu’un président qui arrive en marchant -Ca fait plaisir également de voir que le folklore comporte autant de mélomanes -Carmina burana -2001 odyssée de l’espace -Et bien sur un baptême ne serait pas un vrai baptême sans Benny Hill -Ou alors de la musique 8bits -Avec une affiche écrite dans la police pixels ça coulait de source -A fond -T’as raison fait soif -Ce sont des artistes on ne peut pas comprendre -Il faut quand même souligner leur compassion envers le public -On peut effectivement dire qu’ils avaient l’air de s’emmerder autant que nous -Au moins la kiné aura massé le torticoli des isepiens -Ceux-là ils sont restés dans leur trip -En parlant de rester dans les tripes -Oui ? -Ben sciences-éco ils ont quand même bien fait péter le quota d’enculages en couronne -Sur ce on va chercher des bières ? -Non peut-être -Il est aussi intéressant de voir que l’orthographe n’est pas d’usage dans toutes les facultés -Je me demande quel est le livre ou le film qui marquera solvay -Comme ça on aura leur thème pour l’année prochaine -‘Fin bon faut dire qu’avant c’était mieux -Oui mais bon avant c’était nous -D’office -Sur ce on affone alors - Ne mentionnons pas les bleus qui ne peuvent pas comprendre leur sketch.. -Trop tard c’est fait : 2 doigts -Viens on afone plutôt

Je Crois qu’on va tout PéTer Gare aux Machines

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NI queue NI bête, vie DE CHIEN

To “bite” or not to “bite”, that’s the quest, jeune! Bologne, niaise! L’Europe fait sa sauce… Union Libre Bandante Un bas thème est une idée légère Ce qu’on Nayer, on l’aura plus demain sauf saoul dérog… 3000 voitures incendiées, Paris tenu La nourriture spirituelle se trouve dans le Saint bol. Apparemment le baptême faut l’clore… S.A.R. Cosy chef des meutes Tu veux une bourse ? salope ! Masse ou nique, travaille ton Pierre Mords pion ! si t’as a plein les burnes… Douze + uns, relent d’Europe ? 175 ans et la belle gicle 25 ans et pas encore mature

« -Orgiste Verbal- »

Vive la soupe populaire. Vous aussi vous aurez remarqué sur votre campus les nouveaux espaces commerciaux flambant neufs ayant un goût assuré pour le tape à l’œil et le profit. Je suis sûr que leurs loyers doivent payer largement le coût des études de nombreux étudiants…. Ou bien faiblement rembourser les frais engendrés par les travaux ?.... Est-il normal qu’il n’y ait aucun lieu sur l’unif proposant de la nourriture et des boissons à un prix raisonnable pour les bourses d’un étudiant. Exception faite des cercles ne touchant guère une frange importante de la population estudiantine. A l’époque le CIEE pouvait encore se targuer d’offrir un service digne de ce nom. Oui un sandwich à 1euro 50 c’est démocratique mais la qualité des aliments trinque car il faut voir la merde que le gérant du campouce achète pour les préparer. Il s’agit très logiquement d’opérer le plus de bénéfices évidemment, il est le gérant d’une des antennes d’une société française, appelée « Restauration Dupont » , fournissant en gros des services « cafeteria » dans pas mal d’universités. La consommation sur l’heure du midi de centaines d’étudiants sert donc à enrichir l’actionnariat de cette société…. Quelle absurdité, lorsque même activité peut être réalisé par l’unif et profitant à l’ULB et aux étudiants aussi bien au niveau de la qualité de la nourriture que des bénéfices. L’initiative doit venir une fois encore des étudiants qui mettront sur pied un service offrant une restauration de bonne qualité à un prix modique. L’inconnue est pourquoi l’ULB est passée à ce système et qu’est-ce qu’il l’a poussée à adopter une telle pratique ? Il s’avère malheureusement que les autorités se tournent de plus en plus vers de telles options, et elles me renseignent sur la méthode appliquée pour gérer l’université libre de bruxelles.

manGez bioLogique !!!!!

N’oubliez pas… Que même si rien n’est simple les choses ne sont jamais vraiment compliquées. Rappelez vous qu’il n’y a pas vraiment de voie à suivre, juste un chemin a se tracer. N’oubliez pas que chaque chose possède en elle le meilleur comme le pire. Que chacun de ces versants n’est jamais bien éloigné de l’autre. N’oubliez jamais ce que vous êtes. Ne vous oubliez jamais sur autrui. Ne cherchez pas trop loin ce que vous avez justement sous les yeux. Regardez vers l’avant n’est pas une tare mais n’oubliez pas que c’est maintenant que vous vivez. N’oubliez pas que c’est reculer que d’être stationnaire Fêtez , chantez… Vivez heureux aujourd’hui demain il sera top tard N’oubliez que si c’est dur aujourd’hui peut être demain ce sera vachement mieux Faites l’amour au bord de la rivière plutôt que d’aller travailler. Et surtout ne mangez jamais de hot dog le vendredi ou justement si par pur esprit de contradiction. N’oubliez jamais que la seule certitude que vous avez est bien celle d’être dans le doute N’oubliez pas que les histoires d’amour finissent mal du moins en général N’oubliez pas que l’amour est très surestimé N’oublie pas qu’il y a des allumettes au fond de tes yeux N’oubliez pas de réduire la marge des regrets, du moins essayer N’oubliez pas qu’a partir quand c’est fini main dans la main de celle qui vous a choisi il n’y a rien à gagner ici…

Sur ces quelques conneries je m’en vais retrouver mon petit bonheur a moi elle m’appelle … Ps : Merci a Jacques Higelin, Pierre Desproges, René Binamé les rita mitsouko , Dominique A, expérience et diabologum pour ces précieuses paroles Joie du Coeur


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5 - NOVEMBRE 2005

LE MONDE DIPLOMATICHE

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Supplément international : le continent oublié Réflexions... Avec l’avènement de l’homo oeconomicus, ce sont toutes les sphères de l’existence qui sont soumises à la sphère économique. Quand la misère1 gronde, alors que la plupart des populations vivantes sur terre sont en quête perpétuelle de subvenir à leurs besoins2 primaires qui sont la nourriture et l’eau avant même la santé, l’ensemble des secteurs de la vie sont soumis à la toute puissante sphère économique. Si les grandes libertés individuelles consacrent le droit de jouir librement de sa propriété… Elles ne disent rien sur les jouissances possibles de ceux qui n’ont pas accès à cette propriété. La propriété et son meilleur ami l’argent, seul outil reconnu légalement pour s’attribuer un titre de propriété, se sont immiscés dans toutes les sphères sociales… Et de manière surprenante, de façon beaucoup plus importante dans les couches sociales qui en ont le moins… Le manque et le besoin vital soumettent toutes les activités de la vie à cet unique point d’intérêt. Dans ces contrées abandonnées par la prospérité, même les relations sentimentales sont soumises à la condition économique. Le sentiment est soumis au simple besoin de pouvoir assurer à sa personne la possibilité de vivre. Et pour vivre en ce monde, il faut de l’argent. Les hommes et les femmes, pour s’assurer la possibilité de vivre cherchent donc principalement à rencontrer une personne pouvant lui assurer cela et non une personne qu’on aime et avec qui on a envie de partager sa vie. Si le sentiment est soumis à la condition matérielle, on peut imaginer combien les autres sphères peuvent y être soumises. La culture également est reléguée au second plan et perd son importance aux yeux des populations si bien que cela participe à l’anéantissement d’une des premières richesses de l’humanité… Alors que la culture a pu être considérée comme la chose qui séparait l’homme de l’animal. L’économique, le besoin de satisfaire ses besoins primaires, impose de plus en plus aux populations des migrations qui les déracinent et qui déchirent doucement les tissus sociaux. La différenciation croissante de niveau social, avec l’accroissement inouï des gouffres qui séparent les classes les plus riches des classes sociales pauvres, réduisant par tiraillement, plus souvent vers le bas que vers le haut, les classes moyennes, accentuent d’autant cette tendance. Comment une personne occupée à chercher à manger pourrait-elle raisonnablement dégager des surplus pour la production de biens culturels, et ce aussi bien en temps qu’en moyens matériels ? Ceux-ci ne sont plus réservés qu’aux élites qui les regardent comme on regarde un animal en voie de disparition dans un zoo… La culture c’est au musée… La richesse intellectuelle est d’autant plus négligée qu’elle n’est considérée que comme un moyen de s’attirer une richesse matérielle. On ne va à l’école que pour trouver un emploi qui nous assurera un avenir et non par plaisir d’apprendre. Quel plaisir d’ailleurs ? Le système éducatif n’est qu’une vaste entreprise de création de main d’œuvre au service de l’économie et cela malgré les résistances rencontrées dans ce secteur. Toutes les réformes, de celles qui sont en cours en Occident, à celles qui sont en voie d’élaboration dans les pays les plus pauvres sont soumises à la volonté de former les jeunes en fonction des demandes du marché de l’emploi. Comment blâmer les parents d’ailleurs qui ne désirent que le bien de leurs enfants et qui voient dans l’école le moyen d’atteindre cette capacité à subvenir à ses besoins tant recherchée alors que la misère rôde partout. Mais une fois sortis de l’école les jeunes ne trouvent pas d’emploi… Alors on propose de limiter le nombre de jeunes qui peuvent étudier les matières où il y a peu de demandes… Je ne suis pas un spécialiste de l’éducation, et il n’est en aucun cas de mon désir de juger de ce qui doit être étudié et de ce qui ne doit pas l’être. Seulement, un certain nombre de questions commencent à se poser alors que j’avance doucement dans la vie et que je découvre le monde. Lorsque je refais mon parcours, je me dois de

reconnaître ma totale ignorance des pratiques simples de la vie. Je suis notamment incapable de faire pousser un légume ou d’élever une poule. Incapable donc de savoir de quoi je me nourris et comment. Cette distanciation par rapport au « secteur primaire » comme il est appelé, soulève également la question de la distanciation par rapport à la terre et donc à ce qui me permet de vivre. Et pourtant ce système fait que ceux qui me nourrissent envient ma position privilégiée… Alors que sans eux, je serais incapable de subvenir à mes besoins primaires… Nous avons laissé aux autres la misère tout en les obligeant à subvenir à nos besoins primordiaux afin que nous puissions jouir allègrement de la vie sans même savoir ce qu’elle coûte. Que dire alors du « secteur secondaire » et de mon incapacité à comprendre le fonctionnement de travaux manuels simples… Il me semble simplement que l’éducation doit faire des jeunes des hommes ,et non des rouages d’un système ou pire des outils serviles destinés à entrer dans une chaîne de montage imaginée par un Ford qui aurait étendu sa théorie à l’ensemble de la planète. Quelle autre issue alors que le désespoir pour les peuples qui voient avec acuité l’inexistence de richesse matérielle dans leur pays, ou plutôt le pillage intensif de toutes ces richesses par d’autres populations pourtant déjà bien mieux loties qu’elles ? Quelle autre solution que la haine ? Car on ne se limite plus à piller les richesses matérielles mais également les autres richesses, achetées à vil prix à des populations qui n’ont plus que cela à vendre pour se nourrir. L’occident n’accepte l’immigration que des personnes pouvant « s’intégrer ». S’intégrer dans notre société cela veut dire quoi si ce n’est trouver un emploi. L’intégration étant sociale, elle procède d’une socialisation. Qu’est-ce que le système éducatif sinon le système de socialisation par excellence de la société occidentale ? Et vu que celui-ci doit s’adapter au marché de l’emploi… La boucle est bouclée… Est intégré, la personne capable de trouver un emploi et donc de produire des richesses au sens strict de la richesse économique. On accepte donc, et renforce même, la fuite des personnes capables de produire des richesses et on rejette de manière déterminée3 tous ceux que nous considérons comme inutiles… Que va t’il rester aux pauvres d’autre que la pauvreté elle-même ? Fuite des cerveaux, fuite des artistes, tous obligés de s’expatrier pour subvenir à leurs besoins car les populations pauvres n’ont pas de surplus suffisant à leur offrir. D’autant que nous aimons attiser les désirs et les envies, exportant notre modèle culturel par nos usines culturelles que sont les moyens de communication d’aujourd’hui : télévision, internet, magazines, films,… La création de besoin perpétuelle que génère à outrance la mondialisation libérale, qui démocratise l’accès à la publicité aux messages simplistes avant de démocratiser l’information trop difficile d’accès au vu du niveau d’éducation des populations délaissées, génère directement une accentuation du fossé gigantesque qui sépare déjà les désirs de ces populations de ce qui leur est accessible au vu de leurs moyens économiques.

aujourd’hui l’important. L’exploitation permanente d’une main d’œuvre sous payée permet par diminution des coûts d’améliorer l’accessibilité des biens produits et donc d’augmenter la vente de ces produits ainsi que le patrimoine de ceux qui peuvent se le permettre. Mais « sous-développement » est bien trop péjoratif et donne cette impression de stagnation peu acceptable par les populations concernées… Mieux vaut dire « en voie de développement ». Cela donne l’idée que cette exploitation largement avérée ne durera qu’un temps et que au loin, à l’horizon, se profile déjà le temps béni de la consommation de masse. En attendant, les damnés de la terre doivent mordre sur leur chique et travailler dans des conditions exécrables. Et l’histoire de venir au secours de ces beaux théoriciens qui n’hésitent pas à rappeler la longue marche de l’Occident vers son niveau actuel. Cela est vrai… Mais à ce moment, l’Occident exploitait déjà ses colonies. Les grands boulevards et les beaux monuments de Bruxelles n’ont-ils pas été construits par Léopold II ? D’où venaient les extraordinaires moyens de ce « Roi-bâtisseur » si ce n’est de l’odieuse exploitation aujourd’hui reconnue à mi-voix4 de « son » Congo ? C’est au prix de la sueur du peuple belge sans doute mais aussi du sang des peuples congolais que la richesse a rempli nos poches. Mais la définition du terme « développement » n’implique pas de fin. Il est éternel et perpétuel. Notre développement s’est accéléré au prix du recul effectué dans les terres colonisées, et cela, même si certaines lois tendent à imposer aux enseignants de démontrer à leurs élèves les rôles soi-disant positifs de cette colonisation.5 Mais il ne finit pas et aujourd’hui encore, on parle de croissance… et que sans croissance, c’est notre système même qui s’effondre… Donc le développement est continu et il ne s’agit sûrement pas de s’arrêter. Alors nous avons inventé le « développement durable » qui sous ses beaux airs de croissance contrôlée ne susurre à mon oreille que l’institutionnalisation de son caractère irréductible et permanent… Dans « durable » il y a « durer »… C’est donc la pérennité de ce système que nous acceptons dans la notion de « développement durable »6… Continuons sans ne rien changer en étant sûr que nos enfants, petits-enfants et même arrière-petits-enfants puissent vivre le même système. Ne faisons surtout rien qui puisse changer quoi que ce soit dans la marche du monde ! N’est-il pas vrai que dès l’annonce de la cessation de paiement par le Mexique de sa dette, les investissements et les aides directes n’ont pas vite renfloué les caisses ?7 N’a-t-on pas tout fait à ce moment pour que cette dette puisse à nouveau être remboursée… être « soutenable » ? Tiens… « Soutenable »… N’est-ce pas le mot anglais pour « durable » ? « Sustainable »…

Quelle solution avons-nous trouvée pour aider ces populations ? Le développement… Quel bel humanisme que cette notion… A mes yeux, ce développement a deux rôles : d’abord afficher à titre publicitaire la grande bonté de nos nations riches balayant par là même la critique du pillage, et ensuite donner la conscience tranquille à ces mêmes Nations quand elles regardent en mangeant les pauvres crever de faim au Niger ou de froid au Pakistan.

Aujourd’hui, on annonce avec fracas « l’annulation » des dettes multilatérales et bilatérales des PPTE (Pays Pauvres Très Endettés pour parler comme les institutions de Bretton Woods) ce qui sous-tend à mes yeux la même logique. De peur de voir ces pays ne plus pouvoir participer à la belle messe mondiale pour cause de « non soutenabilité » de la dette, on leur permet de sortir quelques secondes la tête de l’eau afin d’y prendre une bouffée d’air. Mais on ne leur permet pas de nager librement et on s’assure même de garder le contrôle de leur souveraineté par la conditionnalité de cette annulation par la signature d’un nouvel accord garantissant aux souverains mondiaux le droit de regard sur les politiques intérieures de ces états, une belle ceinture de plomb…

En effet, le « sous-développement » des uns permet le « sur-développement » des autres. Le tout est de garder un équilibre qui ne fera pas tomber les deux plateaux de la balance : d’un côté beaucoup de gens avec rien dans les mains et de l’autre peu de gens avec moult richesses. Je parle ici du développement considéré sous l’axe matérialiste ou plutôt économique puisque c’est là que se situe

Wallerstein avait théorisé la dépendance pour la dénoncer. Il s’agit pour nos pays de la cultiver. Nous développons sous titre de « coopération au développement » des infrastructures économiques mais, on demande en contrepartie l’assurance d’ouverture des marchés et libéralisation des économies et ce afin d’attirer les « investissements étrangers ».8 Mais qu’est-ce qu’un investissement si ce n’est

un titre de propriété permettant à son détenteur de retirer les fruits du « travail » de son capital ? De l’autre main, les institutions de Bretton Woods imposent des règles strictes au niveau d’une part de la direction de l’économie et de l’autre la gestion des ressources.9 Nous contrôlons donc d’une part le moteur de l’économie, c'est-à-dire les investissements, et de l’autre le volant de cette même économie, c’est-à-dire la politique économique. Nous renforçons donc, par ce système même, la dépendance de ces économies envers les acteurs économiques dominants des nôtres. « Embrassez l’économie capitaliste de marché ! » disent-ils ! Puis à peine cyniquement ils remarquent : « Ah ! Mais vous n’avez pas de capitaux… ». L’Europe bénéficiait au lendemain de la Seconde Guerre mondiale d’un plan Marshall sans précédent, aucune compensation n’était demandée à l’Europe. Le Plan Marshall était un plan de sauvetage du monde occidental et capitaliste… sauvé par le don pur et simple au mépris des règles capitalistes… Les intérêts généraux avaient donc pris le pas sur les intérêts particuliers… Les pays nés de la décolonisation ne bénéficiaient de rien de comparable et la majorité de l’aide qui leur était fournie l’était sous forme de prêts… avec taux d’intérêts importants… pour le bénéfice principal d’ailleurs de quelques dictateurs soutenus par les pays occidentaux dans le cadre de leur lutte contre les méchants communistes… Alors qu’aujourd’hui encore les pays du Tiers Monde doivent consacrer 20 à 25% de leurs recettes à l’exportation au service de la dette, il n’a été exigé des pays de ce qu’on appelait « l’Europe de l’Est » qu’un niveau de remboursement qui avoisinait les 3 à 5%. Si le développement n’est pas une supercherie10 ni une belle façade derrière laquelle on commet de monstrueuses atrocités… Alors qu’est-il ? Il serait odieux que ces hommes qui le prônent y croient réellement… Pourtant le crime est dénoncé maintes fois et les belles promesses viennent à chaque fois… On reconnaît presque les fautes… Et on continue en souriant béatement… Pourtant il y en a qui y croient dans ces pays délaissés… Ils y croient tellement qu’ils vont à l’école et apprennent… Ils espèrent de tout cœur et acceptent sans « trop » broncher leur condition…11 Ils nous croient tellement qu’ils sont plus prompts à juger leurs gouvernements que le système… Ils jugent ces hommes souvent coupables d’avoir juste préféré les menottes en or aux chaînes de plomb. Coupables d’être des collaborateurs et d’en tirer les bénéfices au prix de l’asservissement de leurs peuples… Mais ont-ils le choix ? Ils jugent leur dirigeant et attendent de nous des solutions à leur problème qu’on leur promet et pourtant qu’on se refuse à trouver. La solution irait à l’encontre des intérêts et dans la ronde des Nations et des hommes, « il n’y a pas d’amis, il n’y a que des intérêts »12. Le mensonge est tellement gros que dénoncé ils ne veulent y croire. Et s’ils y croyaient… Il ne leur resterait que le désespoir ou la haine… La domination culturelle est tellement forte que ces populations nous croient de bonne foi et intériorisent nos explications comme ils ont intériorisé le fait qu’ils sont « pauvres », « pas développés », « moins performants »… Grâce à cette domination, on parvient à coloniser l’intérieur des esprits pour que ceux-ci pensent dans les règles du modèle culturel occidental. L’école, l’université, participent d’ailleurs à cet élan comme nous le soulignions un peu plus tôt. Majid Rahnema compare d’ailleurs le développement au virus HIV : « Le pouvoir du développement est comme celui du virus HIV, il réside dans l’intériorisation par l’hôte ». Si le monde ne s’engage pas réellement dans l’établissement d’une politique fraternelle et constructrice avec comme objectif principal la satisfaction des besoins de tous les peuples et de tous les hommes, alors l’homme restera « un loup pour l’homme ». La pauvreté entraîne les guerres, l’ignorance, les fanatismes et la pauvreté elle-même. Il n’est pas raisonnable que nous laissions crever l’humanité sous prétexte que cela nous permet de vivre librement. Je ne suis pas

libre car même si je ne suis pas directement touché par les blessures les plus terribles qui peuplent notre monde, ceux qui les subissent ouvrent chaque jour une nouvelle blessure quand ils me regardent en me demandant silencieusement pourquoi. Car la seule réponse que je peux leur donner est « Pour moi je crois… ». Que faire alors ? Quel chemin prendre alors ? L’engagement dans la cause de par les circuits créés pour cela passe indubitablement par l’asservissement et la dépendance vis-à-vis de l’ennemi car seul lui a en main les outils du changement. Il achète grassement les têtes pleines d’idéal au prix de larges promesses jamais tenues et de beaux discours vides de réalité. Si dénoncer indéfiniment n’apporte pas la belle solution souhaitée, elle permet de ne pas salir son âme auprès des corrompus. Ne me reste-t’il que la honte de celui qui ne sait pas où mettre les pieds de peur de se tromper ? Puis-je rester figé et regarder avec dédain les uns et avec compassion les autres ? Le doute ronge et consume doucement… La vie ronge et consume doucement…

drYssa sanogo… Fieu ! 1.La misère est la résultante de la pauvreté modernisée. Comme le souligne Majid Rahnema, la pauvreté modernisée est le sentiment de pauvreté d’une population lorsque l’ensemble des rapports sociaux et culturels de celle-ci est soumis à une condition économique. Ce système crée un sentiment de pauvreté nécessaire pour acculer les populations à acquérir plus de biens et donc à consommer. La misère apparaît lorsque dans ce système, les besoins réels et ressentis par la population sont inaccessibles à sa majorité. Les populations n’ont plus de boucliers moraux leur permettant d’accepter une situation où les besoins sont en accord avec ce qui est possible. Nicolas Hulot demandait un jour à un esquimau ce qui lui manquait dans sa vie. Celui-ci lui répondit qu’il ne comprenait pas la question car soit il ne manquait rien à sa vie en autarcie, soit il lui manquait tout. Mais aujourd’hui la pauvreté n’est qu’un rapport économique… 2. Avec l’occidentalisation de la pensée, le terme « besoin » est devenu incontournable. Pourtant, souligne Ivan Illitch, sur le total d’êtres humains ayant vécu sur terre depuis la préhistoire, 6 milliards sont déjà mort et, malgré les différentes angoisses qu’ils aient pu connaître, « rien n’indique que cette moitié ancestrale de l’humanité n’ait expérimenté ce que nous prenons pour acquis sous la dénomination de « besoin » 3. Déterminée au point de construire des murs de 6 mètres de haut aux frontières, le tout surplombé de barbelés, de miradors et de caméras infra-rouges… Au point d’y mettre des soldats armés… On croirait une frontière tant décriée par nos humanistes dirigeants au Proche-Orient… 4. La Belgique tente de faire un mini devoir de mémoire avec pour première manifestation une exposition sur le Congo colonial au Palais des Colonies… Le Musée de l’Afrique… 5. Une loi française impose aujourd’hui à l’éducation de reconnaître dans son programme « le rôle positif qu’a eu la colonisation française dans les colonies ». On peut décemment comprendre les réactions outrées des dirigeants marocains et algériens notamment ainsi que celle des historiens qui ne peuvent donc plus étudier ce fait librement. 6.Voir notamment Serge Latouche : « Finalement, le développement durable, cet oxymoron, cette contradiction dans les termes, est même désespérant et terrifiant ! Au moins avec le développement non durable et insoutenable, on pouvait conserver l’espoir que ce processus aurait une fin […] » 7. Voir la « crise de la dette »… 8. Conditionnalité à la signature des accords et ce même lorsque ces accords sont des Cadres Stratégiques de Lutte contre la Pauvreté. 9.Ces institutions prétendent à la démocratie car elles emploient, dans des postes importants, des représentants de ces pays sous contrôle mais ces personnes sont toutes issues d’universités occidentales dans les milieux de l’économie et du droit et ont donc appris ce qui reflétait les intérêts de l’occident. Il est à ce titre intéressant de relever que la coopération favorise l’octroi de bourses aux étudiants de ces pays afin qu’ils puissent venir étudier dans nos belles universités au lieu de favoriser le développement d’universités de qualité dans les pays en question. 10.Pour exemple, 28% du budget de coopération au développement de l’Autriche est consacré à l’aide sociale accordée aux réfugiés ce qui permet de gonfler ce budget alors que cet argent est principalement réinjecté dans l’économie autrichienne. La Belgique comptabilise par exemple dans ce budget le soutien financier accordé au Festival Couleur Café (dont le prix d’entrée reste inaccessible aux plus pauvres)… Et pourtant, les pays de l’OCDE ne dépassent pas pour l’aide publique au développement 0.22% de leur PNB… ils ont promis 0.75%. 11. Il y a tout de même des résistances… Mais quand les organismes de pouvoir sont trop critiqués, notamment dans la presse, ils organisent, avec l’argent qui leur est confié afin « d’aider » les pays en difficultés économiques à en sortir, des séminaires de plusieurs jours, dans des hôtels de luxe pour « informer » les journalistes sur leurs rôles réels… Après trois jours de séminaire et d’apprentissage sur la Banque Mondiale, organisés et donnés par la Banque Mondiale, on se doute que les journalistes en ressortent avec un regard objectif ! (Un tel séminaire de « communication et d’information » est organisé du 26 au 29 octobre à Bamako). 12.Célèbre phrase de Charles De Gaulle, récemment reprise par Abdoulaye Wade (président du Sénégal) pour justifier son choix de reconnaître la République de Chine et d’engager des contacts diplomatiques avec elle alors que jusque là il ne reconnaissait que Taïwan et en retirait des avantages importants… Cependant, aujourd’hui la Chine offre bien plus car son chéquier peut supporter plus de dépenses que celui de Taïwan.


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6 - NOVEMBRE 2005

LE MONDE DIPLOMATICHE

Un destin pour l'Afrique? Sida, désertification, paludisme, fièvre jaune, corruption, famine, sont autant de fléaux qui sévissent à des degrés divers de Rabbat à Joannesbourg. S'ils sont interprètés là-bas comme étant des fatalités combinées ou encore comme les symptômes d'une incapacité locale à faire face financièrement à ces pandémies, je ne partage pas du tout ces analyses. Certes, l'argent est traditionnellement présentée comme étant LA solution à ces problèmes. Les ONG, les Etats africains tendent perpétuellement la main afin de récolter des fonds et réussir deci-delà sinon à enrayer, tout du moins atténuer la souffrance des victimes des coups du sort qui s'abbattent sur ce continent. Mais l'argent et, l'économie telle qu'elle est organisée aujourd'hui est avant tout la cause de la misère qui sévit au sud de la méditerrannée. Loin de moi l'idée que cela soit les économistes qui aient introduit le virus du sida ou que les moustiques soient payés pour piquer et transmettre la malaria! Ce qui me paraît par contre plus vraisemblable, c'est qu'il y ait une volonté des politiques, et ce à l'échelle mondiale, de maintenir ce continent dans la misère. L'exemple du paludisme est frappant. Je ne m'explique pas que les économistes à la tête des grandes multinationales et autres organisations mondiales du commerce, généralement friands du moindre accroissement de richesse et donc de consommation, laisse s'évaporer 1.3% de croissance annuel sur le continent africain. Cette perte estimée par l'ONU est celle causée uniquement par le paludisme en Afrique. Quand on sait que les associations qui luttent contre cette endémie estiment que 2 milliards de dollars suffiraient à l'enrayer et que, pour rappel, la guerre en Irak-par exemple- a déjà coûté la bagatelle de 250 milliards de dollars au contribuable américain, on se rend compte que les priorités sont ailleurs, n'en déplaise aux 3 millions de gens qui meurent du palu chaque année. A d'autres échelle, les autres maladies endémiques africaines sont combattues plus pour la forme que de manière efficace, la seule maladie qui semble débloquer un crédit illimité étant le terrorisme. On aurait pu espérer que la mondialisation et l'augmentation notable du nombre de touristes intercontinentaux augmentent sinon l'empathie mais aussi les fonds vers ce continent à la dérive. Hélas il n'en est presque rien! Les multinationales présentes en Afrique (souvent avec des produits de moindre qualité qu'ailleurs dans le monde afin de pouvoir proposer des prix abordables à la population locale-comme si la faillite les guettait) font ressortir les bénéfices du continent pour les rappatrier vers le Nord. Ils ont certes, au passage créé quelques emplois mais aussi écrasé autant d'entreprises autochtones. Le tourisme ne déroge pas à cette règle puisque la plupart des centres de vacances et hotels de luxes où les peaux brûlées dépensent leurs économies appartiennent à des occidentaux, les seuls qui ont les fonds nécessaires à l'invetissemment dans la construction de telles infrastructures. Il ne reste pour les Africains à fournir la main d'oeuvre bien souvent sous-payée et la chair fraiche pour le tourisme sexuel. Cette situation, tous les pays africains n'ont pas la chance de la connaitre puisqu'il faut pour avoir le soutien du tourisme et des multinationales un minimum de pouvoir d'achat de la population et quelques paysages verdoyants ou au moins pas uniquement désertiques. Au chapitre de l'écologie, certains pays doivent actuellement faire face à une désertification galoppante causée entre autre par l'industrialisation des pays développés et non en voie de l'être (comme le dit si bien cet euphémisme). La sécheresse finit d'achever, et ce dans trop de régions, les espoirs de vie décente des populations de ces mêmes régions. De la Mauritanie à la Somalie en passant par le Botswana ou le Soudan, famines et sécheresse rythment une survie compromise quotidiennement des

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populations. Que penser face à ce constat des maigres efforts consentis, lèvres pincées par l'occident par le biais de ce progrès (bonne blague!) qu'est le protocole de Kyoto (Rappel, les USA ne l'ont toujours pas ratifié). Aveuglés par une faim gargantuesque de croissance et de consommation, le cynisme bien pensant de nos contrées va jusqu'à faire proférer à ses technocrates des arguments qui sont sensé décourager l'aide au tier monde. (les dégats des tiers n'est-il pas pris en charge par les assurances...?) La corruption et la richesse des dirigeants des "républiques bananières" sont souvent pointés du doigt quand il s'agit d'aider l'Afrique. Il est vrai que la corruption sévit à tous les étages de la société africaine. Depuis l'agent de police en passant par le faux certificat de vaccination et le visa, tout s'achète. Cependant il y a là aussi une erreur dans le lien de causalité. Ce n'est pas la corruption qui cause la misère mais bien l'invers. Celle-ci sévit car il n'y a pas de petits gains dans une société où l'argent est une denrée rare. Les hommes politiques apprennent dès l'université à corrompre alors qu'ils ne sont que représentants étudiants, et où ils ne défendent que leurs intérêts afin de se sortir de la misère! Comment y arriver sinon par l'immigration de moins en moins possible et le football, discipline élevée dans certains pays africains au rang de religion qui a ses pratiques d'entrainement quotidien, ses idoles, ses messes. Ajoutez à cela un mode de vie à l'occidentale importée par les médias et les derniers remparts du civisme n'ont plus aucune raison de tenir debout. Pire que de ne pas aider, le Nord exploite un continent aux richesses naturelles et culturelles énormes pour maintenir artificiellement, par le biais de l'économie de marché, son confort et pire, permettre la surconsommation. Cet apercu fort noir (sans mauvais jeu de mot) bien que réaliste, ne propose hélas comme bien souvent pas de solution. C'est à vous, future élite de la grande Union Européenne, futurs politologues, économistes, ingénieurs commerciaux, agronomes, qu'il s'agit d'en trouver afin d'aider, non par charité, mais par amour de la justice, une manière de réorganiser l'ordre mondial. Charité? Basta!

/Monde_Diplomatich_2005  

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