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Généraux. Juste après, il se détendit. C'était toujours ainsi: faire un choix le rongeait, mais une fois la décision prise, toute pression s'envolait. Il ne regrettait jamais ce qu'il avait dit ou fait. Assumer une décision n'était pas pour lui une question de principe, qui engage un courage moral, mais une attitude naturelle. Lorsqu'il se rendait compte qu'il s'était trompé ou qu'il avait commis une erreur, il ne se morfondait pas longtemps. Il pouvait en regretter les conséquences, mais de son point de vue il existait toujours un ou plusieurs moyens d'en atténuer les effets – voire même de les retourner en sa faveur. Antoine était un esprit spontanément positif. Il en était conscient et savait que c'était là, sans doute, sa principale qualité en tant que Joueur. Dans la salle, les conversations par chat s'étaient interrompues, comme si les spectateurs avaient deviné que l'Armée confédérée allait attaquer. Soudain, appliquant les ordres d'Antoine, les canons sudistes firent feu. La simulation était d'un réalisme stupéfiant. L’immense grondement des batteries d’artillerie résonna dans toute sa pièce. Sur ses écrans de contrôle – plusieurs ordinateurs disposés en parallèle, certains se concentrant sur certaines parties de la bataille, d’autres analysant les statistiques du combat – et sur l’écran principal, la fumée recouvrit rapidement une partie importante du terrain. Il fut bientôt

Le Sphinx ch 4  

4e chapitre du thriller Le Sphinx