Issuu on Google+

((((((((((((((( carnet des 100 peintures ............... [tpfe pf.lj] * ( appels de phare )


pierre-françois le jeanne Travail Personnel de Fin d’Études Encadré par bruno tanant

École Nationale Supérieure du Paysage 2006 - 2010

pierre.françois.le.jeanne@gmail.com


tourner la page


(( Mon espace de travail - atelier de 4ème année )) - j’avais la nécessité de me construire une atmosphère, une ambiance pour m’évader. Un refuge.

.6


* la démarche travail mené en parallèle

Le temps du diplôme était aussi pour moi une opportunité de faire des choses que je ne faisais pas. Cette expérimentation plastique n’est pas non plus gratuite. Ces peintures ont été élaborées en cohérence avec ma thématique de la verticalité. J’ai testé des outils, des textures, des effets de lumière, de formes et de dessins d’espaces. La pratique de la peinture m’a été nécessaire et indispensable sur deux points: Premièrement, j’avais besoin de me recréer un refuge. Comme je l’ai fait à Ouessant, j’éprouvais ici le besoin de me mettre à l’écart en tentant de retrouver les conditions du site à l’intérieur de l’atelier. En installant une atmosphère et une ambiance, je peignais le soir, une fois tout le monde rentré chez lui. Deuxièmement, c’est la nécessité de se lâcher. De libérer mon trait, de changer de supports. J’avais envie de m’amuser sans but avoué, sans contraintes, sans obligations.


* supports

série 1 - faite en février 2010

* ciel et terre

série 2 - faite début mars 2010

* empreintes

série 3 - faite le 17 avril 2010

* lanières

série 4 - faite le 17 avril 2010

* brou

série 5 - faites le 20 mai 2010

* éclaboussures

série 6 - faites le 22 mai 2010

* coulures

série 7 - faites le 31 mai 2010

* rotations

série 8 - faites le 31 mai 2010

* griffures

série 9 - faites le 2 juin 2010

* décollages

série 10 - faites le 2 juin 2010

* incisions * horizons verticaux

série 11 - faites le 6 juin 2010 série 12 - faites le 6 juin 2010


Rentrer à l’intérieur du support


* supports

série 1 - faite en février 2010 - nombre 4

Voici mes premiers travaux. Ma contrainte de départ était de travailler sur de grandes «toiles». Ces immenses surfaces blanches étaient d’emblée plus larges que moi. Fixées au mur les trois premières peintures sont des tentatives avortées. Je partais dans l’idée de faire du vertical pour coller à mon thème de diplôme, mais rapidement cette idée s’échappait de ma tête. Je laissais aller mon trait sans le contrôler. Le plus important peut être était en réalité moi même, être vertical face au mur dressé de l’atelier. La peinture «sans titre numéro 4» s’est construite au sol. Ma position vis à vis du support m’a induit à davantage de «pas de danse». Assis, debout, allongé ou à genoux. Très proche ou très éloigné, j’étais beaucoup plus mobile dès lors que je travaillais sur une horizontale.


(( Peinture sans titre 1 )) - 240 x 82 cm

11.


(( Peinture sans titre 2 )) - 158 x 120 cm

.12


(( Peinture sans titre 3 )) - 158 x 240 cm

(( Peinture sans titre 4 )) -120 x 158 cm

13.


* ciel et terre

série 2 - faite début mars 2010 - nombre 4

Lors d’un entretien de diplôme avec Bruno Tanant ce dernier me dit : «pour moi la verticalité c’est le jardin des délices de Jérôme Bosch !». Il m’imprima immédiatement une pastille d’image trouvée sur internet puis je repartis avec. Le temps m’aida à l’oublier pour la ressortir un mois plus tard. Quelque chose me dérangeait. Ce n’était pas ma vision de la verticale en peinture. Alors j’entrepris ma propre quête pour rapidement tomber sur le moine face à la mer de G.D. Friedrich. Dans ce tableau, Friedrich ne dispose que d’un minuscule personnage coincé entre ciel et terre. La verticalité n’est pas flagrante. Elle est invisible, spirituelle, moins lourdement annoncée comme chez Bosch. A force de la voir partout, je la retrouvais dans cette toile par son absence. Ce thème universel et omniprésent n’a pas forcement besoin de beaucoup d’effet pour apparaître. Les séries qui suivent mettent en forme l’idée que le dessus et le dessous ne font qu’un. Le ciel bascule et fusionne avec la mer. Les espaces s’étirent et se répondent. Tout est lié.


(( Le jardin des délices )) - Jérome Bosch - 45 x 50 cm

(( Le moine face à la mer )) - Caspar David Friedrich - 110 x 171,5 cm

17.


(( Peinture sans titre 5 )) - 60 x 120 cm

.20


(( Peinture sans titre 6 )) - 60 x 120 cm

21.


(( Peinture sans titre 7 )) - 50 x 60 cm

.22


(( Peinture sans titre 8 )) - 50 x 60 cm

23.


* empreintes

série 3 - faite le 17 avril 2010 - nombre 6

Dans la poursuite de la série précédente, j’ai voulu créer physiquement un relief sur mes toiles. J’ai trouvé des bâches plastiques légères. Après avoir déposé de la matière sur le support j’ai recouvert, aplati, griffé le film plastique transparent sur la peinture. Des plissements naissent. L’air emprisonné recrée un dessin prisonnier du dispositif. De plus près, la toile semble respirer. Monts, vagues, reliefs, micro topographies sculptent une surface accidentée. Les lignes s’échappent. Strates et couches s’emboîtent comme le ciel et le terre se rencontrent. Les quatre dernières peintures de la série fonctionnent en diptyque. La première est le dessous, la seconde le dessus : la peau. L’empreinte d’un instantané qui laisse à nu une surface écorchée par les incrustations lanièrées.


(( Peinture sans titre 9 )) - 120 x 80 cm

(( Peinture sans titre 10 )) - 120 x 80 cm


(( Peinture sans titre 11 )) - 120 x 80 cm

.26

(( Peinture sans titre 12 )) - 120 x 80 cm


(( Peinture sans titre 13 )) - 120 x 80 cm

(( Peinture sans titre 14 )) - 120 x 80 cm

27.


* lanières

série 4 - faite le 17 avril 2010 - nombre 4

Cette série de quatre peintures n’a pas vraiment de logique propre. Ce sont des tentatives que j’ai considéré être ratées sur l’instant. Confuses, brouillonnes, elles expriment l’essai. J’ai beaucoup cherché à varier mes outils et mes processus de création. Tout en restant avec une gamme de couleur océanique, j’ai rajouté au support une épaisseur supplémentaire. Parfois directement avec le bidon de peinture, parfois avec une brosse, parfois avec mes mains, jamais avec mes pieds, j’ai creusé l’objet avec beaucoup d’hésitations et d’angoisse. J’ai cherché souvent à faire un bel objet. Ces peintures ont étés réalisées à même le sol.


(( Peinture sans titre 15 )) - 58 x 38 cm

(( Peinture sans titre 16 )) - 59 x 42 cm

(( Peinture sans titre 17 )) - 120 x 80 cm

(( Peinture sans titre 18 )) - 58 x 38 cm

31.


* brou

série 5 - faite le 20 mai 2010 - nombre 7

Entre deux charrettes d’atelier pédagogique régional, je suis allé visiter l’exposition de Pierre Soulages au Centre Georges Pompidou. Je dis cela car la série qui suit me rappelle, toutes proportions gardées, des formes que j’y ai vu. Involontairement, je simplifie alors ma palette de couleurs. J’utilise du kraft pour tracer des axes, affirmer des directions. Par dessus je rajoute alors des coulures plus ou moins perspicaces. On a beau le répéter tout le temps, je n’aurai aucun mérite à souligner le fait que les peintures qui marchent sont souvent les plus simples. C’est en tout cas celles que je préfère.


(( Peinture sans titre 19 )) - 61 x 27,5 cm

(( Peinture sans titre 20 )) - 61 x 27,5 cm

(( Peinture sans titre 21 )) - 61 x 27,5 cm

(( Peinture sans titre 22 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 23 )) - 61 x 27,5 cm

(( Peinture sans titre 24 )) - 61 x 27,5 cm

33.


(( Peinture sans titre 25 )) - 61 x 27,5 cm


* éclaboussures

série 6 - faite 22 mai 2010 - nombre 13

Mes outils : de la peinture noire et de l’eau … de l’eau colorée quoi. Je trouve intéressant l’hésitation des fragments de pattes colorées qui, noyées dans le liquide transparent, naviguent entre les topographies invisibles de la feuille cartonnée. Cette couleur mouvante avance puis recule, ralentit, accélère, puis se stabilise, pour à terme couler sur le support ou s’évaporer. Une dilution lente est aléatoire, incontrôlée. Le flux décide à ma place de la fin de l’histoire. Mettre de l’eau sur le support. Y déposer quelques gouttes de peinture. Mélanger brièvement le tout puis débuter les clapotis avec plusieurs doigts, ou la paume entière. La flaque colorée va alors se disperser aux alentours sous forme de tâches, plus ou moins lointaines selon que vous clapoterez plus ou moins vigoureusement. La forte présence de l’eau dans ces tableaux augmente la surprise des rendus. Imprévisible et éphémère, le liquide crée des effets qui n’existent plus à la fin. Présence puis disparition. Parfois elle nettoie tout, transforme, souligne, modifie. Érosion plastique.


(( Peinture sans titre 26 )) - 59,5 x 23,5 cm

37.


(( Peinture sans titre 27 )) - 59,5 x 23,5 cm

.38

(( Peinture sans titre 28 )) - 59,5 x 23,5 cm

(( Peinture sans titre 29 )) - 59,5 x 23,5 cm


(( Peinture sans titre 30 )) - 59,5 x 23,5 cm

(( Peinture sans titre 31 )) - 59,5 x 23,5 cm

(( Peinture sans titre 32 )) - 59,5 x 23,5 cm

39.


(( Peinture sans titre 33 )) - 59,5 x 23,5 cm

.40

(( Peinture sans titre 34 )) - 59,5 x 23,5 cm

(( Peinture sans titre 35 )) - 59,5 x 23,5 cm


(( Peinture sans titre 36 )) - 59,5 x 23,5 cm

(( Peinture sans titre 37 )) - 59,5 x 23,5 cm

(( Peinture sans titre 38 )) - 59,5 x 23,5 cm

41.


* coulures

série 7 - faite le 31 mai 2010 - nombre 17

La toile est fixée au mur. Les pigments appliqués en haut du support, glissent et finissent leur course, droit comme des i, en direction du sol. Parfois des sortes de méandres apparaissent à la naissance entre le haut et le bas de la forme ainsi peinte. L’eau dévale et emporte le noir, des canaux plus blancs sont cintrés par des lignes plus denses en couleurs. Parfois la traînée semble s’échapper brutalement des formes. Des ricochés ou giclures s’intercalent. Le liquide fait hésiter la pose de la peinture. Elle l’a fait naviguer jusqu’à ce que sa disparition résolve les débats.


(( Peinture sans titre 39 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 40 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 41 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 42 )) - 30 x 20 cm

43.


.44

(( Peinture sans titre 43 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 44 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 45 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 46 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 47 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 48 )) - 30 x 20 cm


(( Peinture sans titre 49 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 50 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 51 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 52 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 53 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 54 )) - 30 x 20 cm

45.


(( Peinture sans titre 55 )) - 30 x 20 cm


* rotations

série 8 - faite le 31 mai 2010 - nombre 6

Le principe ici est d’appliquer une tâche noire dans un sens, de la faire couler, d’observer cette réserve tracer des verticales quasi parallèles. Dans un second temps, je retourne alors le support et je recommence l’opération avec de la couleur rouge. Les deux noyaux de matières se rencontrent. Deux sens de verticales contradictoires selon que la toile est orientée comme ceci ou comme cela. Les lignes se frôlent, fusionnent, s’évitent. La verticale est attraction au centre de gravité. Je crée la verticale. La couleur est là pour amener la distinction entre deux forces agencées d’une manière opposée. Bouleversement du regard. Densité et finesse du magma de pigments.


(( Peinture sans titre 56 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 57 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 58 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 59 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 60 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 61 )) - 30 x 20 cm

49.


* griffures

série 9 - faite le 2 juin 2010 - nombre 6

De larges aplats noirs sont appliqués sur le support. Avec un outil blanchi, des verticales sont alors griffées. Le geste est rapide, élancé et volontaire. Plus ou moins appuyé. Des traînées blanches creusent la matière et s’incrustent entre deux bandes noires. La verticale est alors créée par mes soins. C’est l’orientation de mon geste qui dessine une ligne continue qui peut être assimilé à la verticalité. Du moins quand ces dernières ne sont pas trop nombreuses.


(( Peinture sans titre 62 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 63 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 64 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 65 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 66 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 67 )) - 30 x 20 cm

51.


* décollages

série 10 - faite le 2 juin 2010 - nombre 13

Des tâches de couleur noire sont posées et dégoulinent vers le sol en laissant des traînées verticales. Au préalable, des bandes de scotch ou de Tesa sont apposées. Une fois l’objet sec elles sont ôtées. La verticale la plus présente reste ces espaces vides creusés dans la forme abstraite. Le scotch semble arracher, à la fois la peinture mais aussi le support lui même. La trace laissée est plus granuleuse. Le papier n’est plus lisse mais bien fibreux. La texture dessine une ligne droite. C’est bien le vide qui prend corps. On imagine l’avant. Je cherche à recomposer le dessin entier. Je soustrais à la vue l’empreinte, la preuve, la trace du passé. C’est une disparition qui est génératrice de renouveau.


(( Peinture sans titre 68 )) - 80 x 87 cm

53.


.54

(( Peinture sans titre 69 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 70 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 71 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 72 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 73 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 74 )) - 30 x 20 cm


(( Peinture sans titre 75 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 76 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 77 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 78 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 79 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 80 )) - 30 x 20 cm

55.


* incisions

série 11 - faite le 6 juin 2010 - nombre 7

De généreux aplats de noirs sont disposés. Avec un outil des saignées sont creusées dans la matière. Des verticales se déploient de haut en bas. Plus ou moins fines. Des erreurs de parcours font accroc dans ces lignes droites parfaites. Blanches, ces traînées se détachent avec élégance sur le fond densément noirci.


(( Peinture sans titre 81 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 82 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 83 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 84 )) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 85)) - 30 x 20 cm

(( Peinture sans titre 86 )) - 30 x 20 cm

57.


(( Peinture sans titre 87 )) - 30 x 20 cm


59.


* horizons verticaux série 12 - faite le 6 juin 2010 - nombre 13

Le principe de la tâche qui coule est repris. Le support n’est plus en portrait mais en paysage. La verticale est interrompue, elle est plus courte. Elle semble se poursuivre au delà du support. Les formes sont aplaties. La peinture est stable, appuyée.


(( Peinture sans titre 88 )) - 20 x 30 cm

(( Peinture sans titre 89 )) - 20 x 30 cm

(( Peinture sans titre 90 )) - 20 x 30 cm

(( Peinture sans titre 91 )) - 20 x 30 cm

(( Peinture sans titre 92 )) - 20 x 30 cm

(( Peinture sans titre 93 )) - 20 x 30 cm

61.


.62

(( Peinture sans titre 94 )) - 10 x 20 cm

(( Peinture sans titre 95 )) - 10 x 20 cm

(( Peinture sans titre 96 )) - 10 x 20 cm

(( Peinture sans titre 97 )) - 10 x 20 cm

(( Peinture sans titre 98 )) - 10 x 20 cm

(( Peinture sans titre 99 )) - 10 x 20 cm


(( Peinture sans titre 100 )) - 20 x 30 cm

63.


* conclusion

plaquette - réalisée en urgence fin juin 2010

Ces travaux m’ont aidé à m’évader d’une démarche de projet parfois trop ennuyeuse et répétitive. Comme l’un va aller regarder un film au cinéma ou l’autre piquer une tête dans la piscine au potager du Roi, j’ai passé mon temps libre à faire des productions gratuites sans objectif précis. Cela m’a procuré du plaisir. Un lâcher prise indescriptible. Elles m’ont servi à nourrir et enrichir ma démarche de projet. Je ne sais pas encore exactement comment m’en servir pour penser l’aménagement. J’ai ressenti la nécessité de le faire. Peut être parlaient-elles d’espace mais ce n’est certainement pas un outil suffisant pour projeter. Il me manque sans doute le recul indispensable face à ce travail. Je ne m’inquiète pas plus que ça. Je concluerai en citant Pierre Soulages : « c’est ce que je fais qui m’apprend ce que je cherche »



Carnet des 100 peintures