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Bibliothèque nationale de France

Le Petit Prospecteur Extraits du dépôt légal des phonogrammes News  Le support n’est pas mort ! 8 238 documents sonores déposés en 2017 au titre du dépôt légal à la Bibliothèque nationale de France, par 479 acteurs déposants. C’est moins que les années précédentes, mais comme il l’a été rappelé lors de la conférence de presse du principal syndicat représentant des maisons de disques, « le support n’est pas mort ». La preuve en est la 6ème année consécutive d’augmentation du nombre de vinyles déposés tous genres confondus. Avec une économie toujours plus tournée vers le dématérialisé, que ce soit par abonnement à des platesformes ou en streaming, mais dont le chiffre d’affaire reste majoritairement lié au support (source SNEP : Syndicat National de l’Edition Phonographique), l’industrie du disque reste protéiforme. Evolution du Dépôt légal des phonogrammes Microsillons (% des dépôts) 2012

725 (4,9%)

Nbre total de dépôts 14 669

2013

960 (7,7%)

12 507

2014

1405 (12,8%)

10 926

2015

1786 (15,5%)

11 480

2016 2017

2036 (23,1%) 2098 (25,4%)

8 797 8 238

Le Petit Prospecteur quant à lui poursuit son travail de veille. 46 labels ont été chroniqués en 2017, autoproduits pour la plupart. Loin de représenter l’ensemble des dépôts, ils en sont cependant le reflet, même partiel, le plus souvent ignorés des grands médias. Diversité des genres, pluralité des cultures, sociales et musicales, à l’inatteignable exhaustivité pourtant constitutive du dépôt légal se substitue une représentation non sélective de la production musicale. Diffusé auprès d’un réseau d’amateurs et de professionnels à travers la France, Le Petit Prospecteur continue en 2018 de parler des musiques dont on ne parle (presque) pas ailleurs. Merci de nous être fidèles en cette année qui fête les 80 ans du dépôt légal des phonogrammes (une manifestation est à l’étude en cours d’année dont nous vous tiendrons informés).

N° 62 / Février 2018


 Pas en vain : Vielen Dank Peine Perdue ! Un grand merci au duo de minimal wave Peine Perdue, fondé en 2011 par les français Stéphane Argillet et Coco Gallo, qui pourtant basés à Berlin nous envoient régulièrement depuis l’Allemagne leurs disques. Cinq albums sortis des labels étrangers : Kernkrach, Cold Beats et Medical Records, Electronic. Et plusieurs autoproductions. Leur nouvel opus Tokyo paraîtra au printemps 2018. https://www.facebook.com/PeinePerdue/ https://peineperdue.bandcamp.com/

Ils ont déposé Son an Ero “Son an ero (le chant du sillon) est le label de Son ar mein, association porteuse de projets culturels qui associent la musique à d’autres arts dans des lieux naturels ou bâtis du patrimoine. Créé en 2012, il compte à ce jour 10 références ; le rythme de parution est désormais de 3 ou 4 titres par an. Le label reflète les amitiés nées du Petit festival ou des Saisons de Son ar mein. Pour autant, les phonogrammes ne sont pas la reproduction des concerts mais l’aboutissement d’une aventure partagée. Chacun d’eux est au départ une création, une œuvre inédite, une interprétation en rupture avec les canons habituels ou encore un jardin secret. Les projets sont longuement mûris avec les artistes, hors toute logique commerciale, avec le seul désir d’offrir au public un objet d’une parfaite intégrité artistique autant que d’une qualité technique irréprochable. Dans le même esprit, nous attachons une grande importance aux notes qui accompagnent les enregistrements, écrites par les artistes eux-mêmes ou des musicologues spécialisés et traduites par l’équipe de l’association. Ancré dans un territoire accueillant à l’identité affirmée, le label accorde une juste place à la langue bretonne en traduisant systématiquement les livrets en breton, une première dans le monde de la musique ancienne. Au gré des projets, Son an ero s’associe aux sociétés de concerts amies que sont La Courroie à Entraigues-sur-laSorge et l’Art de la fugue à Fresnes. Un label rare et raffiné certes, mais ouvert à tous, mélomanes et néophytes.” https://www.facebook.com/sonanerodisques/ http://www.petitfestival.fr/xwiki/bin/view/catalogue/ label


La Souterraine “OUF, l'anthologie souterraine, 20152017", le 2e volume de l'anthologie de la Souterraine vient d'être publié la première, coffret 4CD qui documente l'année 2014, est épuisée depuis un moment. 22 enregistrements de musiciens amateurs, au sens le plus noble du terme, non-signés et pour la plupart jamais pressés en vinyle ou en CD. Certains sont en playlist de radio nationales (France Inter, Nova, FIP), d'autres ont été écoutés par quelques dizaines de personnes uniquement. On y entend en tout cas toute la diversité de l'auto-production francophone. “La Souterraine est une oreille sur la production musicale, autonome et francophone. Depuis 4 ans, elle édite des compilations, pense aux circulations possibles de ces musiques et programme des fêtes souterraines partout dans le pays. Ceux-ci sont passés par là : Tim Dup, Requin Chagrin, Aquaserge, Barbagallo, Julien Gasc, la Féline, Baptiste W. Hamon, Chevalrex, O, Chaton, Gontard, Nicolas Paugam, Baron Rétif & Concepcion Perez, et près de 400 autres artistes solo et groupes. Au-delà de ses activités d’archivage de l’underground de France en temps réel - une grande oreille de passage sur la production autonome francophone de l'époque - la Souterraine est un mouvement musical et artistique qui puise son sens dans deux sources : la poésie et le marché. Voilà l’époque du gigantisme, de l’homogénéisation culturelle et de l’écroulement de la communauté. Nous pensons tous, tout le temps, en termes de vente et d’achat ; à remplir son grand récipient vide en attente d’un monde de vie plus large. La Souterraine joue le jeu de l’acteur-réseau, inventer le pragmatisme dans la poésie, et apprendre l’autonomie – la Bohême organisée. Par habitude, nous avons une image unidimensionnelle de la réalité, omettant sa remarquable diversité. Alors, nous nous efforçons d’observer ailleurs le mouvement des gens de tous les jours qui ont un talent ; ceux qui pratiquent la poésie - ici la musique -, comme un art de vivre, un îlot de résistance intime, un espace de survie pour donner un sens à la vie quotidienne et la désaliéner de la routine. Écrire, composer, chanter et s’enregistrer simplement pour la beauté du geste. À côté de la plaque du courant principal et pourtant en plein dans le mille. L’objet n’est ni de se débarrasser du marché bétonné, ni de le reconduire, mais de l’ouvrir. Ce patrimoine pop biscornu collecté à la main révèle le foisonnement des directions artistiques des musiques chantées en français de notre temps. Petit à petit, il est la construction d’une mémoire collective parallèle, un excitant panorama des musiques d’amateurs pour amateurs de musique. OUF.” http://souterraine.biz/ https://mostla.bandcamp.com/

Le Petit Prospecteur n°62 / février 2018  
Le Petit Prospecteur n°62 / février 2018  
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