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gratuit

expressions interview

Philippe Manœuvre p. 8 à 11

dossier les résidences d’artistes

Résidents de la république p. 12 à 15

nº13 / février / mars 2010


L’académie rochelaise de la cuisine italienne et méditerranéenne 1 & 3 rue Thiers, 17000 La Rochelle - T 05 46 41 07 03 - F 05 46 41 07 10

Antichambre

Toute l’équipe du Teatro Bettini & Accademia vous souhaite une très bonne année de


expressions nº13

Édito nicolas giacometti

04 Bref…

Engagements 08

F

in janvier, à l’issue d’une résidence au Centre chorégraphique national de La Rochelle, Hamid Ben Mahi a créé et interprété un solo de danse, La Géographie du danger. Au même moment s’ouvrait l’exposition Personnes de Christian Boltanski au Grand Palais à Paris. Deux artistes qui s’engagent, mais pas dans la même direction. Admettons avec Boltanski que les questions posées par l’art sont immuables et que seuls varient les moyens de les traiter. Admettons avec Ben Mahi qu’on peut transcrire en danse un livre qui dépeint de l’intérieur l’isolement d’un sans-papiers et en faire éclore une nouvelle œuvre. Constatons enfin que ces deux artistes partagent un goût pour la recherche de la vérité, sur laquelle ils fondent leur travail. Cela ne nous dit pour autant rien du résultat auquel ils parviennent. Avec ses installations minimalistes faites d’accumulations gigantesques en mémoire des absents, Boltanski provoque le questionnement chez le spectateur en le plongeant dans l’œuvre ; il n’entend « pas dire la vérité mais la faire ressentir ». Avec sa danse qui parle, Ben Mahi réussit à nous immerger dans les sentiments d’incarcération et d’enfermement d’un homme. Mais là où les installations de l’un ouvrent les portes à l’interprétation, le spectacle de l’autre multiplie les réponses par la parole. Deux démarches à voir pour comprendre que l’universel et le particulier sont les deux faces d’une même pièce, mais que l’art « engagé » touche à ses limites quand il délaisse la suggestion au profit de l’exhortation. •

07 L’opinion   d’Éric Pasquier

08 Interview de Philippe Manœuvre Dossier

résidences 12 Les d’artistes 16 Rochefort Éco-domaine 17 Angoulême Maison des auteurs 18 Loix-en-Ré Delirium Tremens 17

19 Agenda 24 Bande dessinée   Chabouté

24

25 Littérature Michel Boujut 26 Architecture Maison de l’architecture 27 Portrait   Pierpoljak

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27

29 Elvis Presley 30 Littérature   de voyage 31 Carte blanche à Pascal Sémur et Élodie Carré 34 Internet

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35 Design Vincent Perrottet 36 Livres / Disques / Dvds

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Expressions – 36, rue Beltrémieux, BP 32046 – La Rochelle – Tél. 05 46 43 19 20 – Fax. 05 46 00 08 12 email : redaction@magazine-expressions.com / Site : www.magazine-expressions.com Directeur de la publication : Pierrick Zelenay / Responsable de la rédaction : Nicolas Giacometti / Ont collaboré à ce numéro : Paul Brannac, Gilles Diment, Jack Flenoir, Catherine Fourmental-Lam, João Garcia, Philippe Guerry, Dany Huc, Pierre Labardant, Élian Monteiro, Éric Pasquier, Philippe Thieyre / Carte blanche à Pascal Sémur et Élodie Carré / Couverture David Robert / Date de parution : Février 2010 ISSN : 1960-1050 Photographe : Marie Monteiro / Maquette et mise en page : Antichambre Communication / Impression : IRO - ZI rue Pasteur - Périgny / Service commercial : François Fottorino 05 46 43 19 20 / Expressions est une publication gratuite et bimestrielle de Performances Sports / Tirage : 20 000 exemplaires


Express

bref...

angoulême

A

nnulée, puis repêchée, puis suspendue, la Garden Nef Party d’Angoulême avait animé les débats de la fin d’année 2009. Derrière les annonces publiques des organisateurs et des collectivités, on devinait que les discussions avaient été tendues. Voire plus. Mais quand, comme l’association organisatrice Dingo-La Nef, on est délégataire de service public, sa capacité de négociation peut être parfois bridée.

Pour un mot de trop, ce serait dommage de voir la jolie salle de concert transformée en logements. Les différents partenaires devraient se retrouver après le festival de la bande dessinée pour envisager l’édition 2011. Ah oui, d’ailleurs… ledit festival va négocier dans le même temps sa nouvelle convention triennale. Après la rigueur de l’hiver, Angoulême s’apprête-t-elle à un printemps plein de chaleurs ? • P.G.

monnaie

Interrogations festivalières

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adaptation de l’affiche 2009 © garden nef party

es récents démêlés financiers de la Garden Nef à Angoulême invitent à se poser une question sur les critères utilisés pour déterminer le montant des subventions publiques. Est-ce l’originalité du festival, sa qualité artistique, son retentissement médiatique, ses retombées financières pour la ville, le département ou la région, ou le nombre de spectateurs qui prime ? Pour l’instant, ce dernier paramètre semble prévaloir. Le plus gros de l’argent va donc aux plus gros, les poussant ainsi à s’inscrire dans une spirale inflationniste. Une meilleure répartition serait sans doute plus juste, mais les autres critères laissent place à une grande part de subjectivité. Complexe. • P.T.

Télé locale

À La Rochelle, CélàTV

L

’annonce n’est qu’officieuse depuis mi-janvier, mais elle a de quoi réjouir l’équipe de CélàTV. Candidate avec un projet de télé locale 100 % rochelaise et professionnelle, elle a été auditionnée en novembre 2009 (notre dossier TNT dans le nº 12 d’Expressions) et vient de s’entendre dire par le CSA qu’elle est l’heureuse élue, devant le dossier de Villages TV. Célà TV a prévu de diffuser ses premières émissions par voie numérique à l’automne 2010. • E.M. 4 expressions

Traits très d’Inde © Hemant Morparia

Fluctuat Nef mergitur

escales indiennes

L

a programmation « Escales indiennes » reçoit depuis janvier Hemant Morparia en résidence au centre Intermondes de La Rochelle. S’il est un caricaturiste indien reconnu, c’est lui. À l’instar de Georges Wolinski en France. Après une résidence de ce dernier à Bombay en mars 2008 (« Plutôt crever que d’y vivre », aurait clamé son compère Cavanna), les dessins de Wolinski arrivent à La Rochelle le temps d’une expo* commune avec ceux de Morparia. Les deux vieux garnements se sont rencontrés là-bas et croisent ici leur mine de plomb sur les manières d’en rire (Dieu, le pouvoir, l’argent, le sexe) entre l’Hindoustan et la Gaule. « Je n’ai pas voté Sarkozy, j’ai voté Ségolène Royal pour voir une culotte sécher sur le radiateur de l’Élysée », avait déclaré Wolinski. En PoitouCharentes, on apprécie la finesse du trait. Et on a hâte que Morparia nous dessine Manmohan Singh en caleçon ou ne baisse celui de quelque « intouchable » français. • E.M. * Médiathèque MichelCrépeau, jusqu’au 30 avril.


Express

avant-critique

Facebook

É

La Rochelle Ensemble, c’est tout ?

trange pièce qui tout entière se joue sur une île, au seuil d’une grotte qui est l’orée de la sauvagerie – le bord de la civilisation. De la tragédie de Sophocle, J.-P. Siméon varie très peu. De même, la mise en scène de C. Schiaretti se structure et achoppe à la limite de la caverne. À l’horizontalité de l’espace scénique, le jeu des comédiens est tout entier soumis ; leur interprétation astreinte à commenter les règles divines qui régissent en tragédie les destins humains. Ce Philoctète explique mais n’évoque pas. Ni les personnages ni le drame ne s’élèvent au mystère tragique, à cette épaisseur sombre du fatum qui meut les forces divines et anime les révoltes humaines. Même Laurent Terzieff, dont les subtilités de jeu éclipsent aisément celles de ses partenaires, fait de Philoctète

© Christian ganet

Phyloctète

De Jean-Pierre Siméon, variation à partir de Sophocle Mise en scène de Christian Schiaretti Vu au TNP de Villeurbanne, 21 novembre 2009 À La Coursive, La Rochelle, les 12, 13 et 14 mars

un vieux fou dont on ne sait s’il refuse de quitter son insularité par pur caprice ou dignité réelle. Lorsque enfin apparaît Héraclès, l’image frôle alors le kitsch, ne laissant plus en scène que les mots de Terzieff, l’adieu de Philoctète – la guerre. • P.B.

«L

a Rochelle Ensemble », une drôle de personne, placée sur le réseau où il faut être, vivement intéressée par tous ceux qui veulent bien être ses amis… Faut-il pactiser pour y voir le maire défendre une ligne de bus ou apprendre que les agents ont bien salé la voirie ? La ville de La Rochelle s’enorgueillit de ce nouveau service, au nom de la sacrosainte proximité. Mélangeant parole publique, privée, promotion, la grande marmite où on ne sait plus qui fait quoi finit plutôt par vous lasser ? Vous n’avez plus qu’à aller vous suicider virtuellement sur Seppukoo.com, au grand dam des propriétaires de Facebook. • C.F.-L. angoulême

Parenthèse… pas du tout enchantée

Avis de déconstruction de la fonction narrative

L

L

la rochelle

e théâtre Toujours à l’Horizon, en ce début d’année 2010, met en sommeil tout un pan de ses actions – aide et accueil d’autres compagnies, travail avec les bibliothèques, les associations, déplacements nécessaires à la vente des spectacles et au montage des projets. La raison : la mise en « dispositif de sortie de conventionnement » du conseil régional ; la compagnie a vu cette aide passer de 19 911 € en 2008 à 5 973 € aujourd’hui. Juste au moment où sa création Chantier naval part en tournée (15 dates) et passe à La Coursive (17 et 18 mars 2010). Claudie Landy, fondatrice et metteur en scène de la compagnie, se dit cependant réconfortée par le soutien indéfectible de la Ville et précise que la compagnie honorera les engagements pris : spectacles programmés, tournée, ateliers à l’université, Étudiants à l’affiche… Le théâtre sera fermé jusqu’au 1er avril. • D.H.

Adaptation libre de l’œuvre de Sammy Engramer Speech Bubbles, 2005

e FRAC Poitou-Charentes expose jusqu’au 18 avril une série d’œuvres interrogeant les formes en jeu dans la bande dessinée : textes, dessins, cases et bulles (le tout plus savamment dit)… Une vingtaine d’artistes, parmi lesquels Glen Baxter ou Alain Séchas, montrent les proximités entre figuration narrative, narration graphique, bande dessinée et petits mickeys. • P.G. Exposition « Caractères » www.frac-poitou-charentes.org

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EMMANUEL

BARCILON 22 JANVIER AU 20 MARS 2010

Espace Art Contemporain 28, rue Gargoulleau - La Rochelle

Exposition du 22 janvier au 20 mars 2010 Ouverte tous les jours de 14h30 à 17h30, sauf les mardis et les dimanches. Entrée libre. Accessible aux personnes à mobilité réduite.

Avec le soutien de la DRAC Poitou-Charentes, le Conseil Régional Poitou-Charentes, l’atelier d’Estienne, la Galerie Dukan et Hourdequin et la Mike Weiss Gallery. Renseignements : Direction des Affaires Culturelles de la Ville de La Rochelle Tél. : 33 (0) 5 46 51 50 65 / e-mail : affaires.culturelles@ville-larochelle.fr Espace Art Contemporain : Tél. : 33 (0) 5 46 34 76 55


exploitation

Opinion Éric Pasquier

Cinémas résistants H

ourra ! Le monde du cinéma jubile ! Après un cru 2008 déjà qualifié de « miraculeux » par le CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée), la fréquentation des salles en France s’avère « exceptionnelle » pour 2009 : plus de   200 millions d’entrées, du jamais vu depuis 27 ans ! Une litanie triomphaliste reprise en boucle dans nombre de médias sans que la moindre importance soit accordée à quelques conclusions moins glorieuses et plus inquiétantes. Cette hausse profite en effet largement à ce qu’on appelle la grande exploitation, autrement dit les multiplexes, des établissements capables d’avaler chacun plus de 450 000 spectateurs par an. Les petites salles (moins de 80 000 entrées annuelles selon les normes en vigueur) connaissent en revanche une stagnation. Il faut dire qu’on ne leur facilite guère la vie ! Une loi votée l’été dernier autorise désormais la vente des films en DVD ou VoD (vidéo à la demande sur Internet) quatre mois seulement après leur sortie en salle. Plus insidieuse encore est l’attitude de certains distributeurs. Ces adeptes de la « monoprojection » assortissent ainsi l’attribution d’une copie d’une obligation de programmer exclusivement, ou presque, leur film. Sinon l’exploitant, le plus souvent indépendant, doit attendre 4 à 5 semaines après sa sortie nationale pour mettre un long-métrage à l’affiche.

Heureusement, du côté des sans-grade du grand écran, la résistance s’organise face aux grosses machineries, royaume des bouffeurs de pop-corn et des buveurs de Coca. Sur l’île de Ré, la Maline, qui programme également du spectacle vivant, joue sur ses atouts de proximité, d’accueil de qualité et de prix bas. Les collectivités publiques et d’autres établissements sont prêts à la soutenir pour relever le défi technologique de la 3D. Vers SaintPierre-d’Oléron, l’Eldorado, lui, a reçu l’aide précieuse de Pierre Bergé, natif de l’île. Le mécène a fait don de 125 000 € à la commune pour permettre la rénovation du cinéma, et son extension en salle de spectacle. Et, cerise sur le gâteau, pendant cinq ans il versera chaque année 20 000 € pour aider la programmation culturelle. Enfin, sur l’île d’Aix, le cinéma communal de l’été continue à vivre de juin à septembre et la mairie met la main à la poche pour payer le projectionniste. Ces exemples îliens montrent combien le 7e art n’est pas condamné à être diffusé dans de grands temples marchands, le plus souvent situés dans des zones commerciales sans âme où l’homme est relégué au simple rang de consommateur. Au contraire, pour continuer à offrir cette diversité qui fait sa richesse, le cinéma a besoin de ces réseaux de salles indépendantes, parties prenantes de la vie locale et citadine. Allez ! On se fait une petite séance ! •

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pm expérience

Interview Philippe Manœuvre

Enfant du Philippe Manœuvre nous reçoit dans son antre parisien au milieu d’étagères de CD, de vinyles et d’objets du culte rock’n’rollien. Poum tchac poum-poum tchac.

L

’homme aux lunettes noires, né en 1954, est protéiforme : journaliste, rédacteur en chef de Rock & Folk, producteur d’émissions de télévision (Les Enfants du Rock, Sex Machine, un documentaire sur James Brown et plus récemment une série sur les scènes musicales de quatre villes), rédacteur en chef de Métal Hurlant, magazine qui a révélé une génération de dessinateurs, celle des Margerin, Serge Clerc etc., animateur de radio (France Musique, RTL) et enfin juré de la Nouvelle Star sur M6. De prime abord cette dernière activité semble la plus surprenante. La production est venue me chercher. Il fallait renouveler trois jurés de la session précédente et une constatation simple s’imposait : on n’avait pas vu de rocker à la télévision depuis longtemps, bien trop longtemps en fait. Je représentais la sensibilité rock avec sa liberté de parole et d’allure. Autre constat : la moitié des candidats de l’émission chante du rock. Pour leurs deux morceaux obligatoires, ils choisissent aussi bien du Björk, du Bowie, du Janis Joplin, du Who, du Noir Désir que du Dalida. Juxtaposer les Doors et du Brel aurait été impensable il y a quelques années. Internet rend tout présent, plus de passé, plus de présent, plus de futur. Une certaine forme de culture est immédiatement accessible. Moi, par exemple, à la fin des années 60, j’entends parler du Velvet Underground dans Rock & Folk, j’ai mis deux ans avant de trouver un disque. Aujourd’hui, tout est plus facile d’accès. Un gamin de 17 ans fureteur fait le tour en un an et découvre le disque en quelques heures. Toutefois, avant d’accepter cette proposition, j’avais

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appelé Michel Polnareff qui m’a conseillé d’y aller, me rappelant que lui-même avait démarré dans un radio crochet. Alors, allons-y pour le télé crochet d’autant que les maisons de disques, en complète perdition, ne sortent plus rien de neuf depuis de nombreuses années, laissant dorénavant ce travail de recherche de stars à la télévision. Brillant causeur, imprégné de son sujet et fin analyste, loin d’une vision stéréotypée, Philippe Manœuvre, de plus en plus détendu malgré la présence inquiétante d’un photographe, est fidèle à son image en mimant des scènes, en baissant la voix, en haussant le ton, en laissant fuser ses fameux éclats de rire et en reproduisant le rythme d’un morceau emblématique. Comment, à partir de Châlons-sur-Marne (devenu Châlons-en-Champagne), devient-on rédacteur en chef de Rock & Folk ? Dans un monde dominé par l’accordéon, les premiers émois sont arrivés en même temps que Johnny Halliday et les guitares électriques. Au lycée, on formait une bande, les uns achetant les disques de Cream ou de Steppenwolf, les autres des Beatles ou des Rolling Stones, et on se les échangeait, nous permettant ainsi de découvrir un maximum de nouveautés musicales. À cette époque, aimer le rock, porter les cheveux longs et des fringues originales, c’était être rebelle contre toutes les formes d’autorité, contre les parents, l’école, les parcours tout tracés. Je me souviens qu’après avoir vu Brian Jones porter un col roulé sous sa chemise sur la pochette de « Satisfaction », j’ai fait pareil. Dans la cour,


Photo © Jean-François Dréan

Exocet

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EXPOSITIONS FÉVRIER JUIN 2010 Un lieu

NIORT

u n a r t i s te

un mois

BENJAMIN CAILLAUD du 2 au 27 février 2010

BÉATRICE MICOULEAU du 2 au 20 mars 2010

MARTINE HOYAS du 6 au 24 avril 2010

P H OTO G R A P H I E

PEINTURE

I N S TA L L AT I O N

PHILIPPE GUIONIE du 10 au 27 mai 2010

MIREILLE LANDELLE du 8 au 26 juin 2010

P H OTO G R A P H I E

PEINTURE

OUVERT du mardi au samedi de 13h à 19h30

T TUbIre GRcA ès li Ac

to u t e s l e s i n fo s s u r w w w. v i v re - a - n i o r t . c o m


ex machine

< le succès était garanti, mais le proviseur m’a envoyé me rhabiller « correctement ». Autre succès quand j’ai découpé un T-shirt de manière à avoir des franges comme Roger Daltrey* avec la même conséquence, le retour à la maison. Aujourd’hui, parents et enfants vont écouter ensemble Iggy Pop et les Stooges. Lorsque je suis arrivé à Paris pour suivre les cours d’une école de journalisme, j’ai fréquenté assidûment les disquaires spécialisés dans l’import. C’était cher (40 frs au lieu de 18 normalement), mais c’était une sacrée école. D’un autre côté, je n’étais pas pressé de travailler. Maintenant, je n’arrête pas, mais à ce moment-là je voulais simplement ne pas entrer dans la vie active. Alors, lorsque l’école m’a envoyé en stage chez Citroën, j’ai regardé le bâtiment et je suis reparti aussitôt, m’enfermant huit jours dans ma chambre de bonne, passant mon temps à fumer, à écouter de la musique et à regarder le plafond. Finalement, j’ai atterri comme stagiaire au service de presse à RTL et, comme je parlais anglais, la direction m’a affecté à l’accompagnement des musiciens en tournée. J’y suis resté trois ans en stage. C’était formidable, je suivais les Who, les New York Dolls, les Rolling Stones… pour traduire les désirs des musiciens, pour expliquer aux managers pourquoi le comptage des places n’était pas juste, pour comptabiliser les dégâts. Je facilitais le travail des journalistes, notamment ceux de Rock & Folk, qui était, pour moi, le plus grand journal au monde. En 1974, lisant avidement chaque numéro du magazine, j’ai envoyé une lettre très violente au courrier des lecteurs à propos d’une critique que je trouvais trop molle du « Raw Power » des Stooges. Exceptionnellement, Philippe Paringaux m’a répondu sous le titre de « Zorro nº 3 ». Un peu plus tard, j’ai eu la chance qu’aucun journaliste ne soit présent lors d’un concert de Lou Reed. Paringaux m’a alors sollicité pour en faire la chronique. Celle-ci a été acceptée devant tout l’aréopage des journalistes. Pendant l’été, étant parti à New York, j’ai proposé de suivre la tournée de Blue Oyster Cult. C’était parti. J’y suis resté jusqu’en 1984. Mon départ s’explique essentiellement par une surabondance d’activités. Multicarte. Philippe Manœuvre qui se rêvait en roi fainéant multiplie les activités jusqu’à l’épuisement. Les piges n’étant pas suffisamment payées pour en vivre correctement, il fallait travailler en dehors du journal. Je me partageais donc entre le magazine de BD Métal Hurlant, la direction de la collection de livres « Speed 17 », la télévision avec Les Enfants du Rock. Le langage télévisuel est très différent de celui de l’écrit. À l’écran, il faut être concis, direct et user de phrases

courtes. Sur Les Enfants du Rock, créés en 1982, nous étions, avec Jean-Pierre Dionnet, producteurs exécutifs, et donc constamment sous pression, obligés de justifier à chaque fois nos choix, qui étaient simplement des coups de cœur. L’émission est arrêtée en 1988. Nous étions déjà sur la sellette, mais le coup de grâce nous a été donné lorsque nous avons voulu programmer un spécial rap avec NTM à ses débuts. Depuis, en dehors de la Nouvelle Star, je refais régulièrement de la télé, en particulier sur Arte, mais jusqu’à présent, pour les directions de chaîne, le rock est considéré comme segmentant et non rassembleur de public. Toujours avec Dionnet, nous avons vécu l’aventure Métal Hurlant** intensément. Elle a duré sept ans et j’en suis très fier. Nous avons révélé une nouvelle génération de dessinateurs et renforcé les liens naturels de la BD avec le rock, deux paramètres essentiels de la contreculture. Cependant, tout se faisait à l’arrache pour garder notre indépendance et c’était épuisant, d’autant que la consommation de toutes sortes de substances suivait la courbe de notre stress. Retour vers le présent En 1990, quand le groupe de presse Larivière acquiert Rock & Folk et me rappelle, je développe la rubrique « Mes disques à moi », avant de prendre la direction du magazine en 1993. À partir de 1994, date de la mort de Kurt Kobain, le rock était en retrait par rapport à d’autres genres comme la techno et le journal avec lui. C’est reparti en 2001 grâce à l’émergence de groupes tels que les Strokes et les White Stripes. Les jeunes se sont remis à la guitare. Actuellement, le rock est devenu un langage planétaire dont le plus important patrimoine date de la période 1965-1975. De nouvelles générations d’écrivains apparaissent et s’emparent de ses mythologies comme le culte de Jimi Hendrix pour définir leur propre voie. Parallèlement, on remarque un manque de curiosité et, sans l’apport des maisons de disques, tout devient plus difficile pour les musiciens. Quant aux festivals, leur vrai problème est en fait le trop petit nombre de têtes d’affiche, tout en sachant que le prix des places ne peut qu’augmenter. Philippe Manœuvre est aussi directeur de collection pour les éditions Hoëbeke et auteur de jolis livres mélangeant rock et BD dont le dernier paru s’intitule Les Enfers du Rock, avec la dessinatrice Marie Meier (Tana éditions). • Propos recueillis par Philippe Thieyre * Chanteur des Who. ** Manœuvre en fut rédacteur en chef de 1977 à 1984.

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exdf

Dossier Résidences d’artistes

Foyer de

création Pour l’artiste : un toit, un revenu, les moyens de la création… et un public. Pour le public : l’occasion de rencontrer l’artiste, de se rapprocher de son œuvre en assistant à sa gestation. La « résidence », une formule magique de la médiation culturelle ?

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a résidence n’est pas un concept tombé de la dernière pluie sur des artistes privés d’abri et d’atelier où élaborer une prochaine œuvre plastique, écrite, scénographique, musicale ou audiovisuelle. Voir la Villa Médicis, devenue Académie de France à Rome sous la main de Napoléon. C’était en 1803. Ses pensionnaires pouvaient y demeurer et créer

« Je n’ai rien d’autre à faire qu’écrire et me promener. »

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de trois à cinq années. De plus récentes républiques ont réduit le bail de l’Empire. Compter six mois à deux ans. Mais tout le monde ne peut pas s’offrir la colline du Pincio. Les reliefs du Poitou et le plat pays charentais sont aussi territoires de résidences. L’artiste y trouve le gîte, le couvert, une rémunération et un lieu où s’épanouira sa création. Cela avec de sa part les contreparties d’usage puisqu’il sera, dans la plupart des cas, l’hôte d’un établissement culturel ou d’une collectivité. À savoir, à la marge de son œuvre – il en restera propriétaire et ne sera pas nécessairement contraint à la production à tout prix –, un devoir de médiation culturelle. Pas de tarte à la crème La rencontre avec les publics du territoire de résidence est inscrite au contrat et ce « au-delà de la tarte à la crème d’une répétition publique ou d’un l’atelier ouvert  », comme on le note au service culture de Poitou-Charentes. Une Région engagée dans la défense de l’emploi artistique. Depuis 2004, devant le constat de précarité des artistes contemporains, elle a mis en place une politique d’aide conséquente à la résidence de création. Entre autres en s’appuyant sur l’expertise d’associations, telle Échancrures, à Royan, et ses résidences titrées «  Captures  ». Depuis 1998, celle-ci organise des résidences interdisciplinaires, individuelles et collectives, de plasticiens, vidéastes, auteurs ou architectes. Cinq artistes par an en moyenne sont accueillis sur des périodes variables dans une maison louée par la structure. Nourris, logés, ils reçoivent tous les moyens utiles à la réflexion et nécessaires à la création. Captures offre aussi ses ressources


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humaines : une assistance quand, pour le résident, vient le moment de s’interroger sur la progression de son travail. Libre de produire sans obligation de résultat, il est cependant redevable d’une confrontation de ses pratiques et de son travail en cours avec les publics, afin de bien mesurer s’il parvient à se faire comprendre. Ce n’est pas la moindre des choses. Une «  Capture  » coûte environ 12  000  € mensuels à Échancrures. 2  000  € sont en général réservés à la rémunération de l’artiste, le reste est affecté à la production. Comme à Royan – qu’elles soient le fait d’une association ou d’un établissement culturel –, toutes les résidences vivent des mêmes sources d’argent public : Ville, Département, Région, État. Le Fonds régional d’art contemporain (FRAC) établit aussi des partenariats pour favoriser les résidences. En 2009, le plasticien Sammy Engramer a fait son temps auprès des élèves-professeurs de l’IUFM d’Angoulême. Une grange, un artiste, un touriste ? La Région a élaboré une ligne claire en matière d’aides aux plasticiens d’une part et au spectacle vivant par ailleurs. Quelles que soient les disciplines, de grands principes se dégagent. Ces aides vont aux professionnels (aux compagnies pour les arts du spectacle, aux accueillants pour les résidences de plasticiens), de préférence extérieurs à la région voire au pays – à quoi bon résider chez soi, en effet  ?… Les dossiers sont sélectionnés par des comités d’élus et de gens du métier sur l’intérêt artistique qu’ils présentent, sur la qualité de la relation aux publics qu’ils proposent. Les périodes de résidence doivent être de 30 jours au moins – ce qui ferait bien rire l’Empire. À terme, le « service rendu » est évalué par les agents de la Région. À la fenêtre de l’artiste, Anne-Laure Sacriste souligne l’importance pour elle d’être « vigilant », de veiller à la façon dont les productions sont suivies, parce qu’il y a de plus en plus d’offres, plus ou moins sérieuses : « Au niveau local, dit-elle, j’imagine que c’est valorisant de trouver une grange quelque part et de mettre un artiste dedans. Ça doit attirer le touriste… » À l’Espace art contemporain de La Rochelle, où elle a été reçue en 2007 pour une exposition et la >

La cure de Dominique Angel Je suis à Royan pour « faire une résidence ». Une résidence est une sorte de retraite mystique au cours de laquelle l’heureux bénéficiaire devient un artiste à l’œuvre aux yeux de la société. Il peut tout aussi bien ne rien faire, il est « en résidence ». L’aura perdue de l’artiste revient entourer celui-ci en frémissant. La résidence s’apparente à une cure, dont les effets bénéfiques se ressentent tout au long de l’année […]. Lorsque j’ai dit

à ma famille, à mes amis, à ma galerie et à tous ceux qui voulaient m’entendre que j’étais en résidence, ils m’ont regardé différemment. J’ai eu l’impression que chacun mesurait la qualité artistique de cet ermitage conceptuel comme une notoriété potentielle qui réclamait un silence admiratif. • In Le Grand Dérangement de Dominique Angel, éd. D’une certaine manière. Publié à la suite d’une résidence «  Capture  » de l’auteur-sculpteur. un magazine à l’ouest 13


exhibition

< création d’une œuvre in situ, les résidences ne sont pas systématiques mais établies en fonction du projet et de la disponibilité de l’artiste. C’est seulement de cette façon, selon A.-L. Sacriste, que ses interventions ont pu être enrichissantes. A-t-on vu des résidences se passer mal ? « Jamais », assure-t-on à la Région comme à la DRAC. « Ah, oui ! », s’exclame Frédéric Lemaigre, directeur de Captures. «  Il y a des artistes à melon qui se plaignent sans cesse. En général leur travail est bâclé. Il y a aussi des malentendus avec des artistes qui ne laissent pas leurs bagages chez eux. » Une chose est sûre  : ceux qui n’ont pas su voyager léger vers leur résidence et se montrer disposés à entreprendre un travail totalement inédit ne seront plus jamais invités à dîner. Les bons « clients », créatifs, ouverts au partage, sont heureusement majoritaires. Progression, banalisation Dans une société où l’art contemporain n’entre pas dans les foyers aussi facilement que le câble, où les bourses et les aides ont quasiment disparu, la résidence est devenue une manière de bon plan. À condition, pour le candidat résident, de savoir décrypter l’éclectisme des offres, d’être attentif aux appels. Constituer un dossier recevable demande de l’expérience et une bonne connaissance du milieu, sachant que les places sont chères et souvent prises par des habitués du système, au fait de ses rouages. La résidence n’est-elle pas 14 expressions

pourtant devenue une étape indispensable pour les compagnies de théâtre qui ne jouissent pas d’un lieu fixe ou pour les plasticiens dont les créations débordent le cadre d’un simple tableau  ? S’il permet de créer différemment en constituant une source de rémunération directe ou indirecte – défraiement, achat d’œuvre, etc. –, ce dispositif peut aussi devenir contraignant. Notamment lorsqu’il s’appuie sur du bénévolat associatif, pas toujours à la hauteur… Exposer, publier, rencontrer le public, animer des ateliers dans les écoles ou les maisons de retraite – quand ce n’est pas dîner avec les élus ! –, se déplacer en permanence (au point qu’en fait de résidence la mobilité devra figurer parmi les premières qualités de l’artiste) : le risque de diluer la création dans la représentation est réel. En 2009, le conseil régional, dans sa politique de soutien à l’emploi artistique et dans le seul créneau du spectacle vivant, a attribué 500  000  € pour 50 dossiers de résidences ; 20 projets avaient été aidés en 2004 pour 165 000 €. Le constat de progression est le même à la DRAC, qui apporte son écot par le biais d’organismes conventionnés (scènes nationales, etc.). Sa directrice adjointe, Claudine Trougnou, en conclut que «  la résidence reste l’un des meilleurs moyens d’intégration d’un artiste, un mode de fonctionnement bien installé, pratiqué par bon nombre de collectivités ». Mais tel succès peut aussi verser dans la banalisation. «  Il va falloir labelliser  », recommande Frédéric Lemaigre (le ministère de la Culture aurait ce projet dans ses cartons), « parce que n’importe quelle commune qui ne sait pas quoi faire aujourd’hui se dit “Et si on faisait une résidence”. Or c’est le projet le plus difficile à mener. Il ne faut pas le galvauder.  » Ce serait dommage. Car tout le monde y trouve son bien, les collectivités, les artistes, les publics. Chacun s’éloignant des petits fours d’une exposition spectaculaire pour se rapprocher de l’essence d’une œuvre, d’une relation inscrite dans la durée avec ce que cela représente de ténacité chez l’artiste et d’écoute et d’attention soutenue de la part du public. • Textes de Catherine Fourmental-Lam et Élian Monteiro Illustrations de David Robert

« Si je manque d’élégance, ce n’est pas pour autant que mon œuvre en est dépourvue. »


exhibition

Entrez dans les résidences !

L

Intermondes : maison ouverte Soutenu par la Ville de La Rochelle, le centre Intermondes entend jouer le dialogue entre cultures d’ici et d’ailleurs : nationalités et disciplines se succèdent bien dans les deux studios-ateliers grâce aux partenariats établis avec d’autres associations

locales. Mais il ne prête pas seulement son joli toit : un « contrat de résidence » est instauré avec les artistes en vue de rencontres, échanges ou ateliers. Ce montage, avec création spécifique au lieu, est un atout certain pour sa programmation. •

a Fabrique du Vélodrome à La Rochelle : aide à la création de compagnies émergentes en majorité théâtrales pour un mois minimum, encadrées par les deux compagnies dirigeantes, Haute-Tension et Amazone, en résidence « permanente ». La Maison du comédien Maria Casarès à Alloue : résidences théâtrales de toutes durées dans le domaine isolé de la Vergne, doté d’un rayonnement unique grâce à l’action de Véronique Charrier, ancienne directrice adjointe du festival d’Avignon. Les Ateliers de Bellejouanne à Poitiers  : résidences en ateliers sur deux ans pour 4 jeunes plasticiens, souvent diplômés de l’École européenne supérieure de l’image, toute proche, avec exposition et publication à la clef, supervisées par la ville. Un « atelier de création en résidence » contigu pour des artistes confirmés. En attendant les cerises à Poitiers, le Pac’bô de Dignac : mise à disposition d’espaces singuliers pour des créations d’art contemporain in situ, un appartement pour le premier, un parcours en pleine nature pour l’autre. Pour l’instant à Niort : 8 jeunes photographes invités sur 15 jours à venir travailler et exposer, dans le cadre des Rencontres de la jeune photographie, événement d’ampleur nationale. Des résidences sur projet ont lieu, «  conjointement avec la thématique de la ville ». Rur’art à Venours : centre d’art et résidences multidisciplinaires en milieu scolaire en Poitou-Charentes, basé sur le réseau des professeurs d’éducation socio-culturelle des lycées agricoles, avec désormais une aide importante de la Région. Deux projets de résidences en cours : l’une du plasticien Ibai Hernandorena sans « obligation de résultat  » au Centre de culture européenne de Saint-Jean-d’Angély ; l’autre de 4 artistes invités par l’agglomération Royan Atlantique afin d’investir des containers maritimes dans quatre communes volontaires. Deux dispositifs ambitieux, ayant recueilli plus d’une centaine de candidatures chacun, preuve que les résidences ont du succès, au moins auprès des artistes ! • un magazine à l’ouest 15


expatriés

Rochefort Une nouvelle résidence d’artistes

La ville à la

campagne

Après la création de la Bellevilloise à Paris, Fabrice Martinez et Renaud Barillet installent leur Éco-domaine dans la campagne rochefortaise.

O

uverte en 2005 par Martinez, Barillet et Jupin, dans le quartier parisien de Belleville, la nouvelle* Bellevilloise se présente comme un lieu d’accueil multiculturel et événementiel à dimension sociale et politique  (selon les termes de ses fondateurs) : concerts, créations, expositions, restaurant, café-concert, QG de campagne pour Europe Écologie. En peu de temps, elle est devenue une véritable institution (privée) parisienne dont l’ouverture d’une succursale en CharenteMaritime ne peut que surprendre. Sur ce point, Fabrice Martinez nous explique que ce projet, bien que toujours fondé sur la diffusion culturelle, se démarquera par sa structure et son fonctionnement et que cette idée d’implantation rurale a

16 expressions

toujours été envisagée. L’acquisition du domaine de Chartres, à la sortie de Rochefort vers le nouvel hôpital, était en discussion depuis 2006. Fabrice Martinez, amoureux des marais et séduit par l’aspect artistique et historique de la ville, s’est impliqué à fond dans le choix de Rochefort et prendra plus particulièrement en charge le site. Aménagement par paliers d’une résidence d’artistes, d’une salle de concert et d’un jardin botanique sur trois ans. À terme, l’Éco-domaine comportera une douzaine de chambres et des gîtes (ce qui n’est pas possible dans l’espace parisien) au milieu d’un parc préservant la biodiversité (terme de la présentation à redéfinir au fil du temps), deux salles d’exposition et d’activités de 100 m2 chacune, ouvertes au public, ainsi que la transformation d’une grange de 730  m2 en salle de spectacles pouvant recevoir entre 500 et 600  spectateurs. Là, s’y produiront principalement des musiciens, pour ponctuer une résidence, pour présenter en avant-première leurs créations ou simplement dans le cadre d’une tournée. Le lien avec la Bellevilloise prendra tout son sens lorsque, par exemple, des plasticiens parisiens viendront à Rochefort alors que des artistes régionaux auront la possibilité d’exposer à Belleville. La structure étant de taille modeste et fortement basée sur l’autofinancement, les travaux, actuellement au stade du déblaiement, s’étaleront probablement sur trois ans, les espaces s’ouvrant peu à peu. Ainsi, une première tranche est prévue pour les journées du patrimoine, en septembre 2010. À l’horizon 2012, outre les intermittents, cinq emplois à temps plein devraient permettre de gérer un lieu fonctionnant toute l’année. Par ailleurs, ce type de projet montre à quel point la ville de Rochefort, forte de sa richesse artistique et de sa situation géographique, peut attirer des réalisations culturelles d’envergure nationale. À suivre. • Philippe Thieyre * À cet emplacement même, la Bellevilloise était une coopérative ouvrière créée après la Commune de Paris.


Expérimental

Angoulême Maison des auteurs

On rentre à la Maison Les liens entre Angoulême et la bande dessinée ne se réduisent pas au chahut de son festival annuel. Une activité plus discrète – et plus essentielle – s’y déploie sur un autre rythme, celui de la création.

L

ieu unique en France à être entièrement dédié aux différentes – et aux seules – formes de «  narration graphique  », la Maison des auteurs est une résidence de création qui accueille à l’année illustrateurs et scénaristes pour des séjours de plusieurs mois. Le temps pour eux de mener à bien un projet, validé au préalable par un comité d’agrément. Pili Muñoz, qui dirige l’établissement depuis sa création en 2002, aime à décrire l’activité de la Maison comme celle d’une « ruche studieuse », où la lumière toujours allumée à l’une des fenêtres du bâtiment témoigne d’une activité constante. Les

ateliers accueillent en permanence près de 25 résidents, auxquels s’ajoutent les auteurs locaux qui peuvent disposer de salles et de matériel. À la Maison plutôt que chez soi Pour les auteurs, une résidence assure des conditions de travail extrêmement favorables  : ateliers, moyens techniques, informations juridiques, voire logement dans certains cas. « Ça me rassurait de ne pas être lâchée dans la nature après mes études, confie Marine Blandin, résidente depuis octobre 2008. Entrer à la Maison des auteurs me permet une transition en douceur vers un rythme de travail professionnel. » Une façon également de se nourrir de rencontres et d’échanges  : «  Parfois on se retrouve à côté d’un auteur dont on admire le travail, ça peut filer des complexes ! Mais on apprend à surmonter ça bien vite et à ne garder que l’envie d’avancer. » Depuis 2002, les productions « Maison » sont pléthores  : albums, courts-métrages (dont certains du remarqué Peur(s) du noir)… La qualité de cette pépinière attire de très loin la fine fleur de la création contemporaine : Italiens, Coréens, Indiens… Cette production constante et cette renommée semblent pourtant échapper à «  la capitale mondiale  ». Les auteurs Neaud, Squarzonni et Mussat, qui furent résidents, ont raconté dans un ouvrage éponyme* les soubresauts de politique locale qui présidèrent à la création du lieu : suspicion de gabegie, d’inutilité… Les attaques furent féroces et contre toute attente on en trouve parfois quelques résurgences. Se glisse ainsi comme une confidence l’analyse fine d’un élu en poste qui voit toujours dans la Maison « un truc de bobos ». Passant outre ce passionnant débat – où sont nos racines ? bobo ou bling-bling ? –, le Paquebot, ainsi que fut surnommée la Maison en référence à son semblant d’étrave qui creuse la chaussée, trace un sillon sûr en envoyant alentour de grandes gerbes d’encre. • Philippe Guerry * Neaud, Squarzonni, Mussat, ego comme x/ Maison des auteurs, en ligne sur le site d’ego comme x.

+

La Maison des auteurs : www.citebd.org

un magazine à l’ouest 17


exhumés

Musique Delirium Tremens

Ils sont

parmi nous

Les psychos : ces êtres étranges venus d’une autre planète. Leur destination : la Terre. Leur but : en faire leur univers. Pierre Labardant les a vus. Par une nuit sombre, au milieu des marais, dans un local étrange de Loix-en-Ré. Maintenant, il sait qu’ils sont là, qu’ils ont pris forme humaine et qu’il lui faut convaincre un monde incrédule que le cauchemar musical a déjà commencé… Invasion planétaire es premiers signes d’invasion sont apparus aux États-Unis quand les Cramps ont commencé à jouer à la fin des années 1970 des compositions à la croisée des répertoires rockabilly, garage, punk et psychédélique, utilisant pour la première fois le terme « psychobilly » dans leurs flyers. Mais les premiers véritables contingents ont débarqué en Angleterre et dans le nord de l’Europe à partir de 1980. Sous l’impulsion des Meteors, le style s’est

L

18 expressions

définitivement installé dans des rythmes binaires et des textes teintés de références aux films d’horreur et au rock’n’roll. Imposant dans son élan un nouveau dress code mêlant les références fifties (la « Pompadour », le teddy et les creepers*), les signes extérieurs rock (les tatouages, les têtes de mort et la Rod Kulture**) et quelques standards punk. En trois décennies, les psychos ont tissé une toile internationale, installé leur quartier général à Londres dans le fameux Klub Foot d’Hammersmith et diffusé leur prose venimeuse dans des compilations comme la fameuse « Psycho Attack Over Europe ». Ravivant même l’inspiration des lointaines contrées outre-Atlantique avec l’apparition de nouveaux activistes comme Tiger Army ou HorrorPops. La bête bouge encore… La France attaquée Les Wampas, les Happy Drivers, les Crabs, les Vierges ou les Washington Dead Cats ont été les premiers à occuper la scène française. Il y a plus de vingt ans. De la mauvaise graine se répandant partout sur le territoire pour finalement donner naissance à une nouvelle génération d’astro-zombies. Les Delirium Tremens sont de ceux-là. D’honnêtes travailleurs installés en Ré, pères de famille pour certains, qui se métamorphosent les soirs de pleine lune en jeunes agités et s’installent dans les marais pour jouer live and loud. La réverb’ de la Gretsch Bigsby, le slap de la contrebasse et le choc sec de la caisse claire résonnent. Le noir est de rigueur, tant pour les instruments que pour ceux qui les font retentir. Le groupe est en configuration de tournée. Les premières dates de l’année approchent avec, pour 2010, un premier album «  Psychovore  » à défendre auprès du public des initiés en France puis sans doute à l’étranger. Go psycho go ! • * Certains traduiraient par «  banane  » gominée (parleraient même de « fly top » pour désigner les cheveux dressés en l’air)  ; blouson de laine avec manches en cuir de base-ball ou de collège américain ; chaussures à semelle de crêpe compensé. ** Tout l’univers des « Kustoms » autos (hot rods), motos (américaines pour la plupart) et vélos (beach cruisers en particulier).


agenda février + mars 2010

Envoyez vos informations à agenda@magazine-expressions.com

Musique

Expositions

fÉv samedi 06 ■ Les arpenteurs Ass. “Pour l’Instant” Château de Bressuire 05 49 74 46 33 Jusqu’au 14 février ■ Yona, la légende de l’oiseau sans aile de Rintaro Moulin du Roc – Niort 05 49 77 32 32 Jusqu’au 23 février ■ Du goudron et des plumes Spectacle de cirque Compagnie MPTA Le Lieu Unique - Nantes 02 40 12 14 34 ■ Salut Poulette Catherine Allard Librairie Le Rêve de Lily – Niort 05 17 40 01 31 Jusqu’au 28 février ■ Jean-Louis Deborde Photographies Espace Expressions Macif-Smip – Niort 05 49 09 30 25 Jusqu’au 09 mars

Spectacles

Littérature

Jeune public

audiovisuel

samedi 20

■ Petite histoire d’eau en Deux-Sèvres Archives départementales de Niort 05 49 08 94 40 Jusqu’au 30 avril

■ Loïc Lantoine Le Nouveau spectacle Astrolabe – La Rochelle – 20h30 05 46 67 47 67 ■ Même les sirènes ont mal aux pieds Fanny Mermet Théâtre St Martin – La Rochelle 05 46 07 08 92

■ La rencontre : Brel – Brassens – FerrÉ “Cabaret” La Poudrière – Rochefort – 20h30 05 46 87 24 96

dimanche 21 ■ Même les sirènes ont mal aux pieds Fanny Mermet Théâtre St Martin – La Rochelle 05 46 07 08 92

■ Bordeline Anne Tappon Théâtre St Martin - La Rochelle 05 46 07 08 92 ■ Trepalium, Mistaken Element et Freax Métal / Rock Le Camji – Niort – 20h 05 49 17 50 45

jusqu’au 20 mars

dimanche 07

■ emmanuel marcilon

■ Bordeline Anne Tappon Théâtre St Martin -La Rochelle 05 46 07 08 92

« Avec Barcilon, il faut prendre le temps de s’avancer, d’aller chercher, de se laisser surprendre, de revenir à la surface lisse, puis de se laisser de nouveau happer par la matière. » Anne Malherbe Espace Art Contemporain de La Rochelle Informations : 05 46 34 76 55

mercredi 10 ■ Au bord de l’eau, représentation de l’eau dans les collections du musée Les vacances au musée Musée d’Agesci – Niort – 14h30 05 49 78 72 00

■ Le Loup et François and the Atlas Mountains Le Confort Moderne Poitiers – 19h 05 49 46 08 08

■ Local Teknoplayers Shama, Breakfast, Mr Vincent et Neimadj Le Confort Moderne Poitiers – 21h 05 49 46 08 08

■ THE SONG de A. T. de Keersmaeker, A. V. Janssens et M. François TNBA – Bordeaux 05 56 33 36 80 Jusqu’au 18 février

dimanche 14

jeudi 18

■ Les escales indiennes Inauguration à la Médiathèque M. Crépeau La Rochelle 05 46 45 71 27 Jusqu’au 26 mars

■ Clues, DD/MM/YYYY et Radwan Moumneh Concert Le Confort Moderne Poitiers – 21h 05 49 46 08 08

■ À chacun son bec, découverte des oiseaux Les vacances au musée Musée d’Agesci – Niort – 14h30 05 49 78 72 00

■ Mais ! Où est ma scène ? Théodore Fivel Le Confort Moderne – Poitiers 05 49 46 08 08 Jusqu’au 3 avril

vendredi 12

mardi 16

■ Le Bal des enragés Métal Espace culturel Leclerc Niort – 20h30 05 49 17 39 17

■ Mythes et légendes Les vacances au musée Musée d’Agesci – Niort – 14h30 05 49 78 72 00

■ Caractères FRAC Poitou-Charentes Angoulême 05 45 92 87 01 Jusqu’au 18 avril

■ Ensemble Badila Musique du monde La Maline La Couarde – 20h30 05 46 29 93 53

■ Paysages de la region PoitouCharentes Photographies de C. Pauquet et M. Deneyer Musée d’Agesci – Niort 05 49 78 72 00 Jusqu’au 15 mars ■ Emmanuel Barcilon Espace Art Contemporain La Rochelle 05 46 34 76 55

jeudi 11 ■ Pony Pony Run Run 1re partie : Kid Bombardos Le Confort Moderne Poitiers – 21h 05 49 46 08 08

Divers

■ Le Tour complet du cœur Théâtre Forain Astrolabe – La Rochelle – 19h 05 46 67 47 67 Jusqu’au 19 février

■ Aubagne et Juste un Détour Courts métrages de Pierre Renverseau Le Camji – Niort 05 49 17 50 45 vendredi 19 ■ Mission Impro-Cible Duo d’improvisation La Maline – La Couarde – 20h30 05 46 29 93 53

mardi 23 ■ L’Odyssée de… ta race Rachida Khalil Moulin du Roc – Niort – 20h30 05 49 77 32 32 ■ No way, veronica Armando Llamas et Jean Boillot Théâtre d’Angoulême - 20h30 05 45 38 61 62 ■ Eau Carolyn Carlson La Coursive – LR – 20h30 05 46 51 54 00 ■ pacamambo De Wajdi Mouawad par Nicolas Fleury TAP – Poitiers – 19h30 05 49 39 29 29 Jusqu’au 26 février mercredi 24 ■ Eau Carolyn Carlson La Coursive – LR – 20h30 05 46 51 54 00 ■ Azad Ziya Eren Lecture découverte C. Intermondes - LR - 18h30 05 46 34 11 63 ■ La très véridique et lamentable Odyssée du people des nains De et avec Nicolas Bonneau Fourriers – Rochefort – 19h30 05 46 82 15 15


agenda

Musique

■ Tous les mots du monde Arnika compagnie Salle des fêtes de La Pallice La Rochelle - 14h30 05 46 51 14 70 ■ Le soir, des lions… François Morel La Coursive – La Rochelle 05 46 51 54 00 Jusqu’au 03 mars ■ le cirque précaire Julien Candy Le Gallia - Saintes - 20h30 05 46 92 10 20 Jusqu’au 27 février

Expositions

■ Regarde maman, je danse Vanessa Van Durme Fourriers – Rochefort – 20h30 05 46 82 15 15

jeudi 04

■ Garantie talent Jean-François Ballerdi L’Azile – La Rochelle – 16h10 05 46 00 19 19 Jusqu’au 28 février

■ le soir, des lions... François Morel Le Gallia - Saintes - 20h30 05 46 92 10 20

■ Pizza pour trios Théâtre comique Théâtre St Martin – La Rochelle 05 46 07 08 92 Jusqu’au 28 février samedi 27

■ sound of choice Hippies with money TAP – Poitiers – 20h30 05 49 39 29 29

■ Miossec Concert rock E. C. Leclerc – Niort – 20h30 05 49 17 39 17

■ Hôtel Problemski Cie Haute Tension La Fabrique du vélodrome La Rochelle - 05 46 27 12 12 Jusqu’au 06 mars

■ Piano en Santonge : 20 ans ! Abbaye aux Dames Saintes - 20h30 05 46 92 10 20

jeudi 25

■ Ben’Bop et Céréales Killers World pop / Afrobeat Le Camji – Niort – 21h 05 49 17 50 45

■ Renaud Garci-Fons Quartet Concert jazz La Coursive – LR – 20h30 05 46 51 54 00 ■ Atelier Jazz Conservatoire CDA de LR Restaurant Le Belvédère – LR 05 46 30 37 39 ■ La chose Titus Théâtre d’Angoulême - 20h30 05 45 38 61 62 vendredi 26 ■ Manu Galure Apéro-concert Astrolabe – La Rochelle – 19h 05 46 67 47 67 ■ Thomas VDB, Pedro de la Hoya et Boogers Le Confort Moderne Poitiers – 20h30 05 49 46 08 08 ■ Laurent Korcia Concert Moulin du Roc - Niort - 20h30 05 49 67 32 32 ■ Piano en Santonge : 20 ans ! Abbaye aux Dames Saintes - 20h30 05 46 92 10 20 ■ Washington Dead Cats, Hell’s Kitchen et Dirty Buxom Blond Garage / Dirty Blues Le Camji – Niort – 21h 05 49 17 50 45 ■ Un Bol de Ribes Tréteau des 2 Tours La Rochelle - 05 46 41 89 35 Jusqu’au 07 mars ■ Pony Pony Run Run 1re partie : Phospho Maison G. Brassens – Aytré 09 50 08 58 38

Spectacles

■ Blues n’ Jazzile Twice a shot L’Azile – La Rochelle – 21h10 05 46 00 19 19

■ Nebbia Cirque Eloize La Coursive – LR - 05 46 51 54 00 Jusqu’au 07 mars ■ Philippe Guionie Exposition de photographie Carré amelot – La Rochelle 05 46 51 14 70 Jusqu’au 10 avril vendredi 05 ■ Apsara et Le Cri Spectacle de danse Fourriers – Rochefort – 19h30 05 46 82 15 15 ■ Le soir, des lions… François Morel Théâtre d’Angoulême - 20h30 05 45 38 61 62

■ le couronnement de poppée Opéra de C. Monteverdi Théâtre d’Angoulême - 20h30 05 45 38 61 62

■ Coup d’Marron 1re partie : François & The Atlas Mountains et Paulo Anarkao Maison G. Brassens – Aytré 09 50 08 58 38

■ Machine Gun & Berline Concert La Poudrière – Rochefort – 21h 05 46 87 24 96

■ Éloge de la Pifométrie Les Yeux fermés L’Azile – La Rochelle – 16h10 05 46 00 19 19 Jusqu’au 7 mars

■ l’ouest Américain La beauté intemporelle La Maline – La Couarde – 14h 05 46 29 93 53

samedi 06

dimanche 28 ■ Gran’ Partita de Mozart par les enseignants et les élèves du conservatoire Musée d’Agesci – Niort – 15h 05 49 78 72 00

mar mardi 02 ■ Circum Concert Fourriers – Rochefort – 20h30 05 46 82 15 15 ■ La Noce De B. Brecht par P. Pineau Théâtre d’Angoulême - 20h30 05 45 38 61 62 mercredi 03 ■ La Noce De B. Brecht par P. Pineau Théâtre d’Angoulême - 20h30 05 45 38 61 62

Littérature

■ X Syndicate et Detroit7 Punk Rock Le Camji – Niort – 21h 05 49 17 50 45 ■ Popof, Gesaffelstein et Anoraak Concert Le Confort Moderne - Poitiers 05 49 46 08 08 ■ The BellRays, The Fleshtones, Magnetix et Detroit7 Concert rock Maison G. Brassens – Aytré 09 50 08 58 38 ■ Mon colocataire est encore une garce Théâtre comique Théâtre St Martin – La Rochelle 05 46 07 08 92 dimanche 07 ■ Mon colocataire est encore une garce Théâtre comique Théâtre St Martin – La Rochelle 05 46 07 08 92 ■ Bhima et Hanuman Théâtre de marionettes traditionnelles Carré amelot – La Rochelle 05 46 51 14 70

jusqu’au 3 avril ■ Les étudiants à l’affiche Performances, théâtre, lecture, poésie-slam, danse, graff, films, réalisation audiovisuelle, courts-métrages sonores, astronomie, VJing, concerts... À l’occasion des 10 ans du festival « Les étudiants à l’affiche », l’université invite la jeunesse rochelaise à participer à cette édition anniversaire. La Rochelle, du 22 mars au 3 avril 2010 05 46 45 84 41

lundi 08 ■ Des Cailloux dans le ciel de et par Brigitte Agulhon Théâtre des Jacobins La Rochelle - 05 46 41 89 35

■ Céréales Killers et La MJC Clandestine Concert Le Confort Moderne Poitiers – 21h 05 49 46 08 08

■ Duo J. Added et Y. Rousseau Fourriers – Rochefort – 19h30 05 46 82 15 15

■ Des Cailloux dans le ciel de et par Brigitte Agulhon Théâtre des Jacobins La Rochelle - 05 46 41 89 35

■ rasa Alonzo King’s Lines Ballet Théâtre d’Angoulême - 20h30 05 45 38 61 62

■ La Fontaine Fables Spectacle musical La Maline – La Couarde 05 46 29 93 53

■ des couteaux dans les poules De David Harrower Le Gallia - Saintes - 20h30 05 46 92 10 20

vendredi 12

■ Les Noces du Retameur Par Guy-Pierre Couleau Fourriers – Rochefort – 21h 05 46 82 15 15

■ Yuksek, Surkin, The Shoes et Lil’Mike Electropop Maison G. Brassens – Aytré 09 50 08 58 38

mardi 09

mercredi 10 ■ Flûte !!! De Gianni-Grégory Fornet Cortex-Athletico - Bordeaux 05 56 17 36 36 Jusqu'au 20 mars

■ La Fontaine Fables Spectacle musical La Maline – La Couarde 05 46 29 93 53

■ bab et sane René Zahnd - Jean-Yves Ruf Théâtre d’Angoulême - 20h30 05 45 38 61 62

■ Antitop Consortium et Débruit Concert Le Confort Moderne Poitiers – 21h - 05 49 46 08 08

■ Philoctète Jean-pierre Siméon La Coursive – La Rochelle 05 46 51 54 00 Jusqu’au 14 mars

jeudi 11

■ Swift Plaisir garanti L’Azile – La Rochelle – 16h10 05 46 00 19 19 Jusqu’au 14 mars

■ bab et sane René Zahnd - Jean-Yves Ruf Théâtre d’Angoulême - 20h30 05 45 38 61 62


agenda

Jeune public samedi 13 ■ Agathe de Jean-Pierre Renault par Annick Bourdin Théâtre des Jacobins La Rochelle - 05 46 41 89 35 Jusqu’au 18 mars dimanche 14 ■ la tête dans les nuages Festival de spectacles pour les enfants et leurs parents Théâtre d’Angoulême 05 45 38 61 62 Jusqu’au 21 mars mardi 16 ■ Europa Galante Fabio Biondi La Coursive – LR– 20h30 05 46 51 54 00 ■ Une Odyssée Mise en scène Irina Brook Salle des Fourriers – Rochefort 05 46 82 15 15 mercredi 17 ■ Une Odyssée Mise en scène Irina Brook Salle des Fourriers – Rochefort 05 46 82 15 15 ■ Katatonia et Klone 1re partie - Métal Le Camji – Niort – 19h30 05 49 17 50 45 jeudi 18 ■ Les Blérots de R.A.V.E.L et Elektric Geïsha Chanson / Swing Le Camji – Niort – 21h 05 49 17 50 45 ■ la confidence des oiseaux Luc Petton Le Gallia - Saintes - 20h30 05 46 92 10 20 ■ Gong Idem Gong, Bud Mc Muffin et Old Blind Mole Orkestra Concert Le Confort Moderne Poitiers – 21h - 05 49 46 08 08 ■ Il faut prendre le taureau par les contes Fred Pellerin TAP – Poitiers – 20h30 05 49 39 29 29 vendredi 19 ■ la confidence des oiseaux Luc Petton Le Gallia - Saintes - 20h30 05 46 92 10 20

audiovisuel

■ I am a recorder and I am the medium Exposition Georgina Starr Le Confort Moderne – Poitiers 05 49 46 08 08 Jusqu’au 09 mai ■ Modestes propositions Folie pure L’Azile – La Rochelle – 16h10 05 46 00 19 19 Jusqu’au 21 mars samedi 20 ■ Le Peuple de l’Alpe Jean-Bernard Buisson La Maline – La Couarde – 14h 05 46 29 93 53 ■ Coup de Chœur Musiques anglaises Notre Dame – Surgères – 20h30 dimanche 21 ■ Des Cailloux dans le ciel de et par Brigitte Agulhon Théâtre des Jacobins La Rochelle - 05 46 41 89 35 lundi 22 ■ Meurtres de la princesse juive d’Armando Llamas Théâtre Amazone – La Rochelle 05 46 27 12 12 Jusqu’au 02 avril ■ Pour en finir avec le féminisme Peggy Sastre Le Confort Moderne Poitiers - 20h30 - 05 49 46 08 08 mardi 23 ■ les larmes du clown Ciné-concert Le Gallia - Saintes - 20h30 05 46 92 10 20 ■ Revolver et Noah and the Whale Le Confort Moderne – Poitiers 05 49 46 08 08 ■ Un Cœur sous une soutane Cie Métro Mouvence Lycée Merleau-Ponty – 20h30 05 46 82 15 15 mercredi 24 ■ Yves Jamait Concert La Coursive – LR– 20h30 05 46 51 54 00 ■ Infundibulum Compagnie Feria Musica Théâtre d’Angoulême - 20h30 05 45 38 61 62

■ On ne naît pas femme on le devient par Brigitte Bladou La Maline – La Couarde – 20h30 05 46 29 93 53

■ Hey girl Romeo Catellucci TAP – Poitiers 05 49 39 29 29 Jusqu’au 26 mars

■ Une Odyssée Mise en scène Irina Brook L’Estran – Marennes 05 46 82 15 15

■ Infundibulum Compagnie Feria Musica Théâtre d’Angoulême - 20h30 05 45 38 61 62

jeudi 25

Divers

■ Ensemble inter-contemporain Romitelli, Jodlowski, Alvares TAP – Poitiers – 20h30 05 49 39 29 29 vendredi 26 ■ Izia et 7 weeks Concert Le Confort Moderne Poitiers - 21h - 05 49 46 08 08 ■ voyageurs immobiles Cie Philippe Genty Le Gallia - Saintes - 20h30 05 46 92 10 20 ■ caracol Concert 1re partie: Sophie Hunger Théâtre d’Angoulême - 20h30 05 45 38 61 62 ■ Syrano et Ben Mazue Folk / Hip Hop Le Camji – Niort – 21h 05 49 17 50 45 ■ Valeur Sûre Xavier Lacouture L’Azile – La Rochelle – 16h10 05 46 00 19 19 Jusqu’au 28 mars lundi 29 ■ Azad Ziya Eren Rencontre festive Centre intermondes La Rochelle – 18h30 05 46 34 11 63 mardi 30 ■ le cerceau De Viktor Slavkine par Laurent Gutman Le Gallia - Saintes - 20h30 05 46 92 10 20 ■ Itrane Quartet Résistance poétique Fourriers - Rochefort - 20h30 05 46 82 15 15 ■ Ivanov De. A. Tchekov par P. Adrien Théâtre d’Angoulême - 20h30 05 45 38 61 62 ■ Tout est normal mon cœur scintilla Jacques Gamblin Anne Bourgeois La Coursive – La Rochelle 05 46 51 54 00 mercredi 31 ■ Gladiators et Aganma-Say Concert Le Confort Moderne Poitiers - 21h - 05 49 46 08 08 ■ Ivanov De. A. Tchekov par P. Adrien Théâtre d’Angoulême - 20h30 05 45 38 61 62 ■ l’oubli, toucher du bois Christian Rizzo TAP – Poitiers – 20h30 05 49 39 29 29

Exposition temporaire :

«7 ans d’acquisitions des musées municipaux» du 12 février au 16 mai 2010 GRATUIT L’exposition fait état de l’enrichissement des collections du musée d’Art et d’Histoire (achats et dons) depuis 2002. Les cinq axes de la politique d’acquisition sont les suivants : art contemporain du Pacifique, culture kanak, objets collectés par les Rochefortais partis outre-mer, histoire de la ville et Pierre Loti. Ce programme a été défini à l’occasion de la rénovation du musée d’Art et d’Histoire, rouvert en décembre 2006, et a permis de mettre en évidence la spécificité des collections et la nécessité de donner une nouvelle identité au musée

Musée d’Art et d’Histoire Hôtel Hèbre de Saint-Clément 63 avenue Charles de Gaulle - 17300 ROCHEFORT Horaires basse saison : 10h30 - 12h30 et 14h - 18h (fermé le lundi, le samedi et dimanche matin)


2010

ELECTIONS REGIONALES

Le

14 mars de 8h à 18h

VOTONS !

Pour obtenir une procuration, adressez-vous au commissariat. Renseignements au service des élections : 05.46.51.11.13 Deuxième tour prévu le 21 mars 2010.


© Clara Delessert

Loïc LantoinE / concert samedi 20 février à 20h30 à l’astrolabe (La rochelle). Une contrebasse, des textes clamés d’une voix rauque et une intime alchimie… C’est François Pierron et Loïc Lantoine, complices en mots et en poésie. 12 € - réduit 10 € - 6 € Pass’Culture sur réservation uniquement Contact : 05 46 67 47 67

© Francis Vernhet

LE tour compLEt du cœur / cie attention fragile du mardi 16 au vendredi 19 février à 19h30 à côté de l’astrolabe (La rochelle). Sorcellerie, magie, c’est tout Shakespeare qui revit et nous emmène faire le tour complet du cœur humain. Étourdissant et unique ! 8 euros - réduit 5 euros - 4 euros Pass’Culture Contact : 05 46 67 47 67

manu gaLurE / apéro-concert Vendredi 26 février à 19h à l’astrolabe (La rochelle). De la claque cruelle aux chatouilles pas vraiment innocentes, il se joue de nous… et on en redemande ! Entrée participative / réservation conseillée Contact : 05 46 67 47 67

Exposition Et conférEncEs dE JacquEs LégErEt / invité du salon des loisirs créatifs 26 au 28 février - parc des expositions de La rochelle, Hall B Exposition exceptionnelle d’une trentaine de quilts provenant de l’Indiana et de Pennsylvanie aux États-Unis. Conférence : L’énigme amish - Vendredi 26 et samedi 27 à 13h30 Renseignements : 06 86 42 58 14 - www.parcexpo-larochelle.net

La grossE pommE cHEz décospHair ! du 01 au 31 mars 2010 Et si vous commenciez l’année avec une escapade à New-York ? Bon, si vous n’êtes pas encore prêt à traverser l’Atlantique, vous pouvez toujours savourer des yeux l’exposition de Valérie alias «la graphist» sur La ville qui ne dort jamais. Elle vous fera partager ses photos prises lors de ses nombreux voyages dans cette ville magique, vous y trouverez des carnets, cartes… réalisés à partir de ses photos. Décosphair rendra aussi hommage à Keith Haring à travers une sélection d’objets dérivés de ses œuvres, l’occasion de plonger dans le New York des années 1980. Décosphair, 8 rue de Belgique, Beaulieu 2, à Puilboreau Tél : 05 46 68 72 59 - www.decosphair.com

apsara + LE cri / une soirée, deux spectacles de danse 05 mars à 20h30 - théâtre des fourriers à rochefort Apsara, de et avec Yiphum Chiem, entre ballet cambodgien et hip-hop. Le Cri, de Nacera Belaza, avec Nacera et Dalila Belaza s’inspire de l’origine des danses traditionnelles et dévoile une rêverie majeure sur l’humain et son désir de spiritualité. Renseignements : 05 46 82 15 15 www.theatre-coupedor.com


Exil

Bande dessinée Chabouté

Un homme à la mer

© chabouté

Un insulaire solitaire qui intitule un de ses livres Tout seul. Chabouté va bien.

U

n matin, par grosse houle, les marins rentrent au port, à la Cotinière. Sur le quai, un homme les observe. Lui, qui s’étonne depuis qu’il est installé sur l’île du froid qui lui gèle les doigts quand il se promène sur la côte, se dit que c’est un boulot de dingues, qui rapporte une misère. Un truc à la Germinal. Lui se paye de son courage matinal en emportant l’image et retourne au chaud, face à sa table à dessin. L’impression ressentie face à ces fous qui pêchent, il en piochera des bribes pour alimenter son histoire. Depuis quatre ans qu’il est installé sur l’île d’Oléron, Christophe Chabouté quitte

24 expressions

insensiblement le continent. Il y a deux ans, il avait livré un ouvrage épais, Tout seul, qui racontait l’histoire d’un Quasimodo, reclus volontaire en enfer – ainsi qu’on appelle ces phares de pleine mer –, qui rêvait le monde en pointant un dictionnaire. Une attache encore ténue avec la terre ferme que Chabouté vient de larguer dans son nouvel album, Terres Neuvas, qui met aux prises, dans un huis clos qu’il affectionne, une palanquée de marins aux doigts gelés et leurs secrets lourds comme des doris pleins. Un récit que Chabouté étire à sa manière – sans compter ni les cases ni les planches – et qui s’embarque de prime abord dans une description presque ethnographique de ces pêcheurs de morues, avant que le dénouement ne vous claque sèchement à la gueule. Quand ça dérape Maintenant que le large – et ces manières de loup de mer – semble pris, on s’inquiéterait presque de l’équilibre futur de cet Alsacien de souche, qui plaçait auparavant ses huis clos et ses secrets dans d’épaisses forêts. «  Je suis un solitaire, sans doute, mais je suis un garçon équilibré, dit-il en rigolant. J’aime le quotidien qui dérape, les Messieurs-tout-le-monde confrontés à des situations exceptionnelles.  » Le ton d’amusement avec lequel il profère ce genre de choses est censé nous rassurer sur son état. S’il reconnaît pleinement l’influence de l’iode sur la mécanique et l’ambiance de ses récits, Chabouté semble ne pas bouder l’éloignement relatif que lui procure son installation à Oléron. « Je suis un peu tête de con, je ne ressens pas le besoin de frayer dans le milieu BD. J’y ai des copains, je me tiens au courant de ce qui s’y fait, mais je ne lis pas de bande dessinée, ou alors un Astérix, avant de m’endormir. » Patrons pêcheurs de la Cotinière, la prochaine fois que vous sortez, comptez et recomptez votre équipage. Le surnuméraire qui dessine avec les doigts bleuis, c’est Chabouté. Ramenez-le, s’il vous plaît. C’est mieux pour vous. • Philippe Guerry Chabouté, Terres Neuvas, Vents d’Ouest, 122 p.


excellent

Littérature Michel Boujut

Jeune gars, Gondeville, Charente

I

mmobilité parfaite, regard fixe et droit, prêt à bondir sur l’objectif, qui de sa manière technologique capte sa proie. Selon la photographe américaine Susan Sontag, «  il reste quelque chose de prédateur dans l’acte de prendre une photo ». On sent ici notre jeune homme refuser tout statut de proie facile, sa fureur est bien réelle, non feinte. Ce jeune et irréductible Gaulois – bouillant de colère, son «  air de vouloir bouffer le photographe  » – fut photographié en 1951, par l’Américain Paul Strand*, à Gondeville, commune charentaise. Je vois cette photo pour la première fois en 1998, lorsque paraît Le Jeune Homme en colère. Immédiatement happé, fasciné par ce portrait, je passe de longues minutes à le scruter. Si réussir une photo c’est attraper le regard, que décrire d’autre que ce que nous voyons  ? C’est de cette façon

que Michel Boujut, avec toute sa sensible sagacité, mène une enquête très personnelle sur les terres de son enfance. Il livre un récit touchant et passionnant, à la recherche du gars au regard furibard. Aujourd’hui encore, je reviens souvent vers cette photo, réelle expression de colère, rare, dans notre monde enchanté… Cinéma Cinémas Michel Boujut a toujours préféré le cinéma à la critique. L’un n’allant pas sans l’autre, c’est l’amour de l’écriture qui l’a emporté. Une critique plutôt impressionniste  : «  essayer de transcrire ce qu’on a ressenti devant un film, une sensation  ». Une passion pour le 7e art et une envie de la partager, d’où la coréalisation, du temps où la télévision s’intéressait au cinéma, de la cultissime émission Cinéma Cinémas, diffusée entre 1982 et 1992 sur Antenne 2. Qui ne s’en souvient pas  ? Lauren et Humphrey en tournage, Robert, qui nous raconte sa Nuit du chasseur… Pendant dix ans, Michel Boujut a également collaboré à Charlie Hebdo, où il tenait une chronique hebdomadaire. Jusqu’en 2003, année où : fini la chronique cinoche ! On lui a « coupé le sifflet du jour au lendemain, débarqué comme une planche pourrie avec ses indemn’  ». Décision brute et unilatérale du rédac’ chef, monsieur Philippe Val. —  Qui ça  ? —  Philippe Val. — Mais, c’est également lui qui a viré… —  Ben ouais. —  Et c’est bien lui qu’on a Nommé directeur de… — Ouais ouais, chut maintenant ! — Ben tu m’étonnes qu’y soit en colère le gars sur la photo — … !?... Ah, monde enchanté. • Jack Flenoir * Paul Strand  : photographe américain (18901976), auteur du livre La France de profil (éd. Aperture – épuisé), texte de Claude Roy. Michel Boujut, Le Jeune Homme en colère, Arléa.

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Du même auteur, à signaler également  : Vues rapprochées, Le Temps qu’il fait, 2005. Ce livre rassemble ses chroniques paraissant le samedi dans La Charente libre : allers-retours entre enfance et actualité, tendre, ironique et profondément humaniste.

un magazine à l’ouest 25


réflexion

architecture poitou-charentes

Un garage de l’archi-culture La Maison de l’architecture Poitou-Charentes est logée au plein cœur de Poitiers. Petit tour du propriétaire avec état des lieux de son archi-président Patrick Vettier.

A

Le ventre de l’architecte… Résidences étudiantes à La Rochelle par Éric Cordier.

u-dessus des viscères pompidoliens high-tech jetés à la face de Beaubourg ; de la maison organique de Frank L. Wright ou du très contrôlé chaos déconstructiviste ; audessus d’un boboloft logé où fut la main ouvrière et de Sir Foster tirant les fils d’un viaduc haubané ; au-dessus de la vie tout simplement ramenée à l’humaine mesure d’une Cité radieuse, deux mots s’élèvent. Architecture, contemporaine. Elle a sa maison pictavienne sous la verrière d’un garage xixe. Un garage paraît nécessaire à la réparation du manque : « La région est sinistrée en architecture. Il n’y a pas d’école, pas de conseiller auprès de la DRAC et l’on voit sortir des projets qui ne sont pas bons parce que le niveau ne l’est pas, contrairement à Nantes ou Bordeaux où les élus sont mieux formés. » Si l’architecture contemporaine a son lieu au coin de la rue de la Tranchée, elle a aussi son feu, ardent comme la parole de son président-architecte, Patrick Vettier. Une fois dite la chose, il pose sur les fondations de cette maison* une mission de diffusion à forte ossature culturelle. Expositions,

performances, lectures, conférences… à l’automne 2009, «  Autour de Babel  » a touché le ciel d’une architecture associée à d’autres formes d’occupation de l’espace. Soyez éveillés Patrick Vettier est promoteur d’une architecture en réflexion avec son temps sur le terrain du plus grand nombre, jeunes, enseignants, élus : « Nous devons les sensibiliser à la manière d’élaborer leurs programmes. » Enfin, à la MdA, on parle architecture aux architectes – imaginons que les deux n’iraient pas toujours aussi bien ensemble que le compas avec l’équerre ! « Il faut élever le niveau d’exigence de chaque personne qui se trouve en contact avec l’architecture. L’idée, c’est “soyez critiques”, dans le sens “soyez éveillés”. Le style se pose après. » De la rue de la Tranchée, la lisibilité de la MdA est amplifiée par les réseaux en place, associations, Villes d’art et d’histoire, CAUE, Archi 17. Événementiel, expos et conférences** sont programmés en 2010. En regard de certains résultats de commandes publiques (décevants), Patrick Vettier aimerait y amener les élus, « difficiles à capter  », regrette-t-il. Avant d’entrer au jury d’un concours, une éducation du goût (sans qu’il soit question de bon goût) ne serait pas de trop. Le public, lui, dans cet apprentissage de l’archiculture, prendra son plaisir à diriger un regard mieux averti – critique et éveillé, donc – sur la façon d’habiter le présent. • Élian Monteiro * La MdA est financée par le Conseil de l’Ordre et reçoit les aides de la Région, le réseau des MdA, la Drac, la Ville de Poitiers. ** Jusqu’au 15 mars, exposition «  Nouveaux albums de la jeune architecture et du paysage » (NAJAP), une sélection par un jury des productions de jeunes agences. Et chaque dernier mardi du mois à 20h30 à la MdA de Poitiers.

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Tél. 05 49 42 89 79 Site : http://mdapc.free.fr/

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exodus

portrait Pierpoljak

The harder il revient

susurrés avec tendresse, qui apparaissent un jour en en-tête sur un dossier des Affaires familiales. «  Comme beaucoup de papas dans mon cas, je vis un enfer. Le plus souvent, tu es réduit à n’être qu’une carte bleue.  » Pierpoljak a fait du combat des pères dépossédés de la garde de leurs enfants son «  cheval de bataille  », décidé à profiter de son exposition médiatique du moment pour alerter l’opinion. « Il y a beaucoup de papas qui se suicident. » Une situation intenable pour celui que la musique a sauvé. Des cas d’injustice qu’il veut dénoncer dans ses textes*.

P

ierpoljak a retrouvé le sourire. Sur la couverture de son dernier album. Mais surtout dans la vie. Après quelques années de silence musical, il revient pour délivrer un message, fidèle à ses engagements. Éperdu et désormais positif. Car si, pour la plupart d’entre nous, Pierpoljak est un chanteur de reggae qui a connu la gloire au tournant du nouveau siècle, il n’en reste pas moins un individu dont la vie est parsemée d’écueils. Des blessures qu’il traîne en chanson. Des bouts d’existence mis en musique, simplement, à la première personne du singulier. «  Je fais c’que je veux  », «  Je blesserai personne », « J’me comprends tout seul »… Un Pierpoljak pluriel. L’homme, le père et le citoyen constituant un tout imparfait. Comme beaucoup. Comme moi. De la difficulté d’être père « Pekah » connaît bien le sujet de la paternité. La souffrance d’être abandonné par son géniteur quand on a un an et demi. Les joies et les difficultés d’être un modèle quand on doit guider cinq enfants. En particulier quand sa famille est éclatée ici et là, sous la responsabilité de trois mamans différentes. Ces prénoms, jadis

Partir pour mieux revenir Un disque de platine, un double disque d’or et une tournée de 400 dates auraient dû combler tous les espoirs de Pierpoljak. Mais fatigue et maladie ruinent son moral déjà émoussé par des problèmes personnels. Le 9 janvier 2002, Pierre quitte l’Europe, se lançant dans un tour du monde à la voile au départ de La Rochelle. Un voyage au long cours de quatre ans dont le chanteur revient avec une énergie nouvelle. Il choisit La Rochelle comme port d’attache – « ma mère est d’ici » – et relance sa carrière depuis le bord de l’Atlantique, loin des plages des Antilles et des Caraïbes qu’il a écumées. Six ans plus tard, Pekah s’apprête à repartir. En tournée cette fois. Plusieurs mois à sillonner la France pour jouer « Légendaire Sérénade », son nouvel album**. Un nouvel élan qui concentre en douze pistes la vie de Pierre, entre joies et peines, petits riens et grandes causes. • Pierre Labardant * Outre les chansons de son répertoire, Pierpoljak reprend Mon fils, ma bataille (Daniel Balavoine) dans la compilation «  Il est 5h02 Kingston s’éveille  », album de reprises reggae de succès français des années 1980. ** Sortie le 8 février chez Barclay, suivi d’une tournée de plus de trois mois.

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www.myspace.com/pierpoljak

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Extorqué

Musique Anniversaires

Fais gaffe au Pez J

’ai sonné vers 11 heures. C’est Priscilla qui est venue m’accueillir, jappant éperdument derrière la porte. Le sale « rocket » s’acharne sur le lino. J’ai insisté plusieurs fois avant de percevoir le bruit du déambulateur heurtant les murs du couloir. J’entends tonton vociférer à travers la porte pendant qu’il s’affaire à la déverrouiller. Engoncé dans un peignoir aux pans élimés, il a déjà chaussé ses larges lunettes cerclées d’or. À chaque doigt brille une bague étincelante lorsqu’il tend sa main pour me prier d’entrer. Ses cheveux, brunis par quelques artifices chimiques, sont pris dans un filet. Composant avec son embonpoint, je le contourne pour l’embrasser, lâchant un

« bon anniversaire » noué. Nous sommes le   8 janvier et Honky fête aujourd’hui ses 75 ans. Comme chaque année, je vais passer la journée avec mon oncle et vais devoir conduire sa voiture, sa Simca Versailles bicolore. « Une américaine à la française. » Honky s’installe sur la banquette s’apprêtant, selon le rituel, à « pomper trois fois » sur l’accélérateur. Penché sur le tableau de bord, marmonnant son incantation favorite « It’s now or never », il applique de la pointe de ses boots en daim bleu de délicates pressions sur la large pédale caoutchoutée. Arborant un sourire satisfait, il me laisse les commandes. Direction le centre commercial. Beaulieu, comme la « bitch » ! Le voici parvenu au Graceland de la consommation, avec une « fever » manifeste. Car c’est aussi l’anniversaire du King. Pour l’occasion, Honky a revêtu ses plus beaux attributs. « Comme le Pelvis un soir de show à Las Vegas. » Sa veste tinte au son des brillants incrustés sur la poitrine, les manches et le dos. Elle brille littéralement. Comme les yeux des gens, incrédules, nous croisant sur le parking du B$$$$$ King où il a l’intention de nous faire déjeuner. D’immenses « 75 » lumineux clignotent au fronton du fast-food. Avant de se jeter sur son menu « Love me tender », Honky avale une poignée de pilules avec du soda et se lance dans son activité digestive favorite : roter des standards. La salle se retourne, effarée, aux premières mesures d’un Hound Dog retentissant. Ma gêne s’amplifie encore lorsque, dans les rayons du King J$$$$, Honky se met à hurler « Take care of business* » en découvrant le prix prohibitif de la poupée à l’effigie d’Elvis qu’il comptait s’offrir pour leurs 75 ans. Meurtri dans sa chair, faute d’argent, il se rabat sur le Pez. Moody Blue**. • Pierre Labardant * Connue également sous les initiales T.C.B, cette expression était la maxime utilisée par le King pour mener la Memphis Mafia qui l’entourait chez lui et dans ses tournées. Elle est même gravée sur sa tombe. ** «  Moody Blue  » est le titre du dernier album d’Elvis Presley dont une partie a été enregistrée en 1976 par un King déclinant, soutenu par force médications, dans la Jungle Room, une salle spécialement aménagée à Graceland.

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exchange

Littérature de voyage

Lectures chez

Neptune

« Le meilleur endroit pour lire, c’est seul sur un bateau, au milieu de l’Atlantique, par grand beau. » Ces quelques mots de David B., convoyeur de bateaux, font se lever des nuées d’images, de sensations, d’étonnements.

…A

u milieu d’un immense océan, « parmi l’écume inconnue et les cieux », un petit bateau blanc portant dans sa coque un homme qui lit… Une fantastique et divine solitude dans la 30 expressions

beauté du monde. Le temps est suspendu et l’homme qui lit, page après page, pénètre dans des immensités de mots, d’histoires… Il a réuni quelques livres pour cette grande traversée, pas assez sans doute, mais à la prochaine escale il pourra en échanger avec d’autres équipages. On apprend que beaucoup de navigateurs pratiquent ces trocs de livres, qu’il est d’usage que chaque lecteur note sur la page de garde son nom, celui de son bateau, la date et le lieu d’échange. On apprend que de chaleureuses amitiés naissent autour de ce partage de lectures où le hasard peut gambader à son aise. Et parfois il fait bien les choses, le hasard, en mettant sur votre route des mots, un bouquin, un écrivain qui vous embarquent et ne vous lâchent plus. Henry M., Charles B. et les autres Pour David B. ce fut, il y a longtemps, Henry Miller. « Depuis, dit-il, il est l’un de mes écrivains phare, aux côtés de Bukowski… dont j’ai un jour troqué un livre contre des Arlequins, seuls bouquins détenus par l’autre équipage ! Après, ils ne m’ont plus adressé la parole. Il y a aussi le livre que l’on donne à quelqu’un parce qu’on sait qu’il en est digne. En Casamance, j’ai donné un bouquin de Matthieu Ricard à un skipper en rupture, espérant que ça l’aiderait à renouer avec la vie sur terre. Et parfois, aussi, tu retrouves un de tes livres : échangé au Maroc trois ans auparavant, tu vois, d’après les dates et les lieux notés sur la page de garde, qu’il a fait le tour du monde ! Autrement, on trouve de tout sur les bateaux, des polars, des ouvrages sur la mer, du tout-venant ou du pointu, des bouquins en allemand, en anglais… J’ai par contre toujours gardé ma bibliothèque de voyage perso, vingt ouvrages non échangés, des compagnons de route inépuisables… » Dominique G. a lui aussi connu ces échanges ; quatre ans sur les mers avec femme et enfant, les belles étapes bouquins-apéros, des moments de plaisir et de solidarité qui construisent parfois de vraies amitiés. Mais il a l’impression que l’esprit des gens de la mer se perd un peu, que les yachts au luxe tapageur sont de plus en plus nombreux dans les ports, que ça communique moins… bref, que les temps changent comme le chantait Bob Z. • Dany Huc


carte blanche à élodie carré et pascal sémur

Le jeu ne sait où

se joue à deux. Chaque joueur est muni d’un avion de couleur différente. Chacun son tour, les joueurs visent une des cibles. Ils perdent ou gagnent les points affichés sur la cible en fonction de la couleur de leur avion. Le gagnant est le joueur qui atteint le premier les 10 000 points.


carte blanche à élodie carré et pascal sémur


carte blanche à élodie carré et pascal sémur


Extatique

internet

De l’histoire d’une technologie qui permet, au choix, de découvrir le monde, de se divertir ou de fouiner chez son voisin. Petit survol de sites remarquables en quelques lignes et clics. Sélection de Pierre Labardant

www.universcience.tv

www.paysage-poitou-charentes.org

La science pour les nuls

Par le petit trou de la lorgnette

universcience.tv est le prolongement en ligne d’universcience, entité qui regroupe la Cité des sciences et de l’industrie et le Palais de la découverte. Chaque semaine, cette web télé aborde des sujets sous l’angle scientifique. Avec des cas désespérés, comme celui intitulé « Football, l’intelligence collective ». Cette vidéo expose le travail de chercheurs qui ont mis en exergue la capacité des joueurs « à développer leur créativité de groupe ». Des conclusions certes intéressantes mais loin des considérations des amateurs du beau jeu de gazon. Car enfin, la bonne question ne serait-elle pas de savoir si le foot, puisqu’il se joue désormais à la main, ne devrait pas disparaître au profit de la seule pratique du rugby ?

www.entreprise-et-design.fr

Fais ce que je dis, pas ce que je fais Puisque cette page est voisine de celle consacrée au design, laissons-nous aller à une intrusion dans le merveilleux univers des formes et des couleurs tripatouillées par de vrais spécialistes. Version institutionnelle. Une petite leçon à l’attention des chefs d’entreprise. Car, comme tout le monde le sait, pour être compétitif, il faut être beau. Et donc, reprendre les grands principes expliqués sur le site. Si, du moins, vos yeux survivent à la brûlure provoquée par les teintes superposées de la page d’accueil. Un bel exemple de design des années 1990 dont il faudrait s’inspirer ?

Il y a dix ans, le Conservatoire d’espaces naturels de Poitou-Charentes dressait un inventaire des paysages de la région, réalisant dans le cadre de ce recensement exhaustif un nombre de clichés importants de « 80 entités de paysages appartenant à 8 grands types de paysages ainsi que 4 paysages singuliers ». Une manne scientifique et photographique exceptionnelle qui aurait pu déboucher sur la mise en ligne d’un site de référence. Mais plouf dans l’eau ou poc dans la terre, rien de tout ça. Le format (Minitel) des pages, les photos petites et barrées d’un copyright ainsi que la prose approximative du site (on appréciera le titre « Ablum photographique ») participent à un abandon rapide de la visite. Le comble d’un paysage ? Un site en friche…

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exigence

design graphique

Vincent, un ami qui vous veut du bien

© V. Perrottet

V

incent Perrottet est un homme qui s’exerce à l’art graphique. Il fait partie de ceux pour qui l’honnêteté intellectuelle et sa correspondance dans les actes n’ont pas de prix. Dans un monde consumériste et libéral où l’art de leurrer l’autre, mais surtout soi-même, a souvent pour but le profit matériel, un texte comme celui dont nous publions ici des extraits mérite qu’on le diffuse le plus largement possible. Faites donc passer.    « […] De quoi suis-je responsable en tant que graphiste ? […] Dans sa leçon inaugurale au Collège de France en 1977, Roland Barthes dit, entre autres choses toutes aussi sensées : “[…] Cette tricherie salutaire, cette esquive, ce leurre magnifique, qui permet d’entendre la langue hors pouvoir, dans la splendeur d’une révolution permanente du langage, je l’appelle pour ma part : littérature.” Ce qui me plaît dans ce texte, c’est que si l’on associe au mot langage le mot graphique et que la langue est aussi le signe, alors je sais exactement ce que j’ai à faire, et cela, moi, je l’appelle de l’art graphique.

[…] Nous sommes nombreux à avoir appris et à pratiquer toutes les techniques qui permettent d’adresser à l’autre une information, une pensée sous une forme visuelle. Nous sommes trop peu à nous sentir responsables des messages que nous contribuons, par notre art et notre technique, à véhiculer. La plupart d’entre nous se comportent soit comme des techniciens de surfaces visuelles soit comme des graphipatéticiens […] avec, pour justifier la faiblesse de leurs réponses graphiques, la phrase sinistre de l’affamé : “Il faut bien manger !”   […] Je ne crois pas que ce soit le ventre des graphistes qui explique leur attitude de soumission à la commande et les empêche de produire un travail digne de celui qui va le recevoir. […] Je rends responsable l’immense majorité des graphistes qui, par leur servilité et leur lâcheté, participent dans leur travail à l’accroissement des inégalités, de la misère sociale, à la dégradation de l’environnement par la surconsommation de masse et à la résurgence du culte de la personnalité. Je les rends responsables, par la médiocrité des formes et des contenus qu’ils produisent, de la dégradation de l’esprit humain et du respect de soi. […] Alors ceux-là je les invite et les encourage, si cela est encore possible, à retrouver le chemin des marges de leurs cahiers d’écoliers où, enfants, ils rêvaient en dessinant un monde meilleur. […] Je les invite et les encourage à cesser toute activité de création et d’imagination au service d’un sujet ou d’une cause dont ils pensent qu’elle ne cherche qu’à convaincre ou assujettir quelque public que ce soit plutôt qu’à le faire réfléchir. […] Je prends le risque de faire sourire avec condescendance certains d’entre vous, qui ne verront là qu’une simple ritournelle utopique, mais je leur réponds par avance que ce sont ces idées simples qui m’ont permis de travailler et de vivre aussi longtemps normalement et sans compromis, en accord avec celles et ceux qui les ont acceptées comme dénominateur commun de notre relation. » Vincent Perrottet, morceaux choisis par João Garcia + L’intégralité du texte sur : http://vincentperrotet.com (tout en bas du site) un magazine à l’ouest 35


Exhausteurs

livre

livre - copinage 1

livre - copinage 2

disque

disque

Hervé Bourhis 

J.-F. Dréan & Ph. Thieyre 

Manuel Decker 

Richard Hawley 

Hell’s Kitchen 

Mute

Absinthe / Abeille music

Le Petit Livre rock Dargaud Talentueux dessinateur installé à Bordeaux, Hervé Bourhis propose une nouvelle (et complétée) édition de son histoire personnelle du rock. De 1950 à 2009, à travers des dessins savoureux et incisifs, il met en scène une bonne partie des grandes figures du rock sous toutes ses coutures et ses mythes. À recommander chaudement même si on ne partage pas toujours ses partis pris et qu’on râle sur ses oublis, mais c’est le but du jeu, l’humour et la dérision n’étant jamais absents. • P.T.

Robert Wyatt

Éditions des Accords Un portrait sensible, la présence totale de Wyatt dans l’alternance de ses propos, des textes de Philippe Thieyre et des photos de Jean-François Dréan, tissant le parcours de celui qui fut le batteur de Soft Machine, puis chanteur, auteurcompositeur et multiinstrumentiste, après le grave accident qui le cloua dans un fauteuil… Une voix bouleversante, à la frontière de la fêlure, pétrie de toutes les expériences de ce musicien qui dit écrire « des petites miniatures pour adultes » ! Sur l’île déserte, c’est pourtant « Rock Bottom » qu’on emporterait. • D.H.

Disques et bande dessinée Éditions des Accords

Bien avant l’ère Hadopi, la pop culture s’est construite sur des supports très matériels : vinyles et bandes dessinées. La pochette de disque illustrée témoigne à double titre de cette histoire, qui connut ses pionniers (les « BD racontées » des studios Disney, Hergé, Dargaud…), ses iconoclastes (les dessinateurs « adultes » des années 1970) et sa part de créations originales. L’ouvrage du collectionneur Manuel Decker illustre cette histoire à travers 700 pochettes choisies, où se côtoient Blanche Neige et Frank Zappa. • P.G.

Truelove’s Gutter

Il y a des chanteurs que l’on suit avidement. Chaque nouvelle parution est attendue avec impatience et, en général, leurs disques passent en boucle. C’est le cas de Richard Hawley. À plus forte raison pour ce « Truelove’s Gutter » qu’il ne faut cesser de glorifier tant il arrive à un degré de perfection dans le genre crooner dépressif au milieu de flamboyantes interventions de guitares, de cordes, d’ondes Martenot, de violoncelles. Atteignant le stade ultime de la mélancolie musicale, ce disque rare accompagnera pour longtemps vos nuits. • P.T.

Mr Fresh

À l’inverse du précédent, ce quatrième disque du trio de bluesmen helvétiques réchauffe les cœurs et les corps. Avec une instrumentation classique (chant, guitare, percussions et contrebasse), Hell’s Kitchen insuffle une énergie punk et des sonorités garage dans ces quatorze compositions. Blues sans fioriture, rugueux, puissant et sincère, sans sophistication mais non sans subtilité, au point de donner l’illusion que les rives du lac Léman côtoient celles du Mississippi. • P.T.

un magazine à l’ouest 37


Exhausteurs

disque

disque

dvd

dvd

film

Jello Biafra…

The Jim Jones Revue 

Ryuhei Kitamura 

Sergio Martino  

Jean Image  

Audacity of Hype

Alternative Tentacles Éric Boucher a choisi le combat. Et lorsqu’il monte sur scène, celui qu’on appelle Jello Biafra se transforme en furie activiste de la cause antimondialiste, de la préservation de l’environnement et de la défense des droits de l’homme. À 50 ans, le chanteur mythique des Dead Kennedys a repris du service punk avec une nouvelle bande de jeunes. Dans « Audacity of Hype », l’album dernièrement né de cette collaboration, Jello fustige l’« iraqnophobia » et l’insécurité intérieure entretenues par l’État policier américain. Il dénonce la lutte des classes érigée en système par le capitalisme à tout va et fait de son I Won’t Give Up l’hymne ultime des insurgés. • P.L.

38 expressions

Here to Save Your Soul

Midnight Meat Train

(Single Volume One)

Seven 7   Quand le déjanté Kitamura (Versus) adapte du Clive Barker, cela donne une bande brutale, dont l’angoisse palpable recèle l’omniprésence d’une horreur diffuse. L’humanité est présentée dans ce qu’elle a de plus sombre et de plus nihiliste pour arriver à l’horreur absolue. Véritable descente aux enfers, Midnight Meat Train dégage une ambiance glauque – parsemée de quelques séquences gore – que ne renierait pas David Cronenberg. Un très grand film fantastique qui deviendra, soyonsen certains, un film culte. • G.D.

Punk Rock Blues Records À la tête de Thee Hyptonics, Jim Jones a brûlé des yeux et malmené quelques tympans au début des années 1990. Je vous parle d’un temps où les moins de vingt ans ne mettaient pas de bouchons dans les oreilles pendant les concerts. Aujourd’hui, Jim Jones officie au sein d’une revue qui, après un premier album éponyme en 2008 et une tournée sur toutes les scènes du monde (dont la Garden Nef Party d’Angoulême l’été dernier), regroupe sur l’album « Here to Save Your Soul » ses meilleurs singles. Un concentré de rock’n’roll panachant des compositions du groupe et des reprises de haute volée, comme le Big Hunk O’Love emprunté à Elvis. High energy ! • P.L.

L’Étrange Vice de Mme Wardh / Toutes les couleurs du vice

Néo Publishing   Les deux premiers gialli de Sergio Martino dans de superbes copies intégrales et restaurées, c’est le cadeau de Néo Publishing pour ce début d’année. Si les deux films ont en commun une grande partie des équipes technique et artistique, leurs scénarios quant à eux diffèrent complètement. Le premier jouant à fond la carte du giallo à suspense tandis que l’autre se permet des incursions dans l’épouvante et la psychologie déviante. • G.D.

Jeannot l’intrépide MVD - 2006 Jean Image, précurseur de l’image et du dessin animé, s’est fait connaître dès son premier long-métrage, Jeannot l’intrépide. Librement inspiré du Petit Poucet de Perrault, il en donne une version nouvelle : non content d’en modifier l’histoire, il insère une réalité documentaire dans un univers magique et merveilleux. Visant un large public, le métrage possède un aspect pédagogique tentant d’éveiller l’esprit et la curiosité. Superbe et coloré, les jeunes quinquagénaires devraient se souvenir d’un certain Zoé, qui n’est qu’une déclinaison TV du personnage de Jeannot. • G.D.


1970

2010

le triolet un club

Les petits riens qui font la différence

Pas de top 50, une musique très branchée pour noctambules de tous âges, dans un décor de miroirs, laque laiton. Un étage repensé dans un décor d’inox, de cuir et sculptures. Ouvert à partir du mardi au dimanche. A partir du jeudi ouverture du Triolet à l’étage avec salon fumeur. Discothèque de 23h à 5h du matin

8 rue des Carmes. La Rochelle Tél. 06 09 68 02 35

IRO



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