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GRATUIT

UN MAgAzINE À L’OUEST

no6 septembre / octobre 2008

Littérature | Bande dessinée

Dans la forêt lointaine, on entend le Bouzard

expressions est une publication gratuite et bimestrielle

L’art la

de

rentrée Dossier | Scènes nationales et conventionnées

round d’observation

www.magazine-expressions.com


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edito « Youpi, c’est la rentrée »

sommaire 02

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dossier

Scènes nationales et conventionées

Tréhard, l’ange de fer Bouzard / Les Requins marteaux

06

musique

Concerts

07

musique

Foulquier, dernières Francos au micro ?

09

spectacle vivant

Théâtre de l’utopie Les Traversées

10

littérature

Tant qu’il y aura des livres

11

littérature

Les auteurs…

17

13

20

internet + design

C’est beau une ville sur Internet Psychopathologie de la vie littérature

Dans la forêt lointaine, on entend le Bouzard « Travaillez moins pour lire plus », clame une affiche dans quelques librairies. Si le temps vous manque vraiment, essayez la bande dessinée.

21

TV addicts du monde entier, unissez-vous !

22

jeune public

Foot pour les garçons… Jeun public

24

14

audiovisuel

société

Un lycée expérimental à Oléron

Agenda

28

muséographie

Un musée à Rochefort

18

arts plastiques

Shopping

L’art du Gaspard

portrait

« Surf ? — Surf. »

27

arts plastiques

La Porte Bleue

25

Retrouvez le magazine sur www.magazine-expressions.com

portrait

Tempérament un jour…

Ça y est. Ça repetaplisse, ça repetataplasse, prêts à nous recroqueviller dans le doux et morne cocon de l’automne qui ne nous a jamais vraiment quittés. La rentrée, ça pue l’école, les enfants encore entêtés de soleil, qui doivent s’amoindrir, retrouver leur forme de larve pour le plaisir de leurs idoles. Beurk ! « Formés » qu’on vous dit, « éduqués », allons-y, repartons une fois de plus à l’assaut de la connaissance, de la culture, au format bien dessiné, qui engendrera de bons citoyens respectueux de leurs aînés, aptes un jour à voter et répéter dès aujourd’hui les antiennes que leurs parents auront tricotées avec amour. Elle ne connaît jamais de fin cette comptine idiote du recommencement et de la transmission. Certes, on laisse quelques ados secouer le prunier sur lequel ils sont perchés, arrosant de fruits bien verts ou trop mûrs la tête de leurs éducateurs, mais c’est pour mieux les claquemurer dans le ghetto de la contestation, de la réaction. Nulle liberté pour l’insurgé ni pour son soi-disant émancipateur dans ce schéma. Mais à la rentrée, comme en janvier, il faut choisir son camp, ou plus modestement sa formule. Au moment de répondre à la fatidique question « Alors, ta rentrée, ça s’est bien passé ? », on pourrait ainsi entendre : « No Future » par les relégués d’avance, « When I was a child, I was a Jedi » par les nostalgiques d’un temps qu’ils n’auraient pas vécu, « It’s a rock’n’roll suicide » par les poètes désabusés. Mais, comme d’habitude, on entendra… ¬¬ Nicolas Giacometti

Partenaires Expressions – 36, rue Beltrémieux, BP 32046 – La Rochelle – Tél. 05 46 43 19 20 – Fax. 05 46 00 08 12 email : redaction@magazine-expressions.com / Site : www.magazine-expressions.com Directeur de la publication : Pierrick Zelenay / Responsable de la rédaction : Nicolas Giacometti / Ont collaboré à ce numéro : Julien Chauvet, Gilles Diment, Jack Flenoir, Catherine Fourmental-Lam, Philippe Guerry, Dany Huc, Pierre Labardant, Martin Masmontet, Marianne Mellanger, Elian Monteiro Da Silva, Philippe Thieyre / Date de parution : Septembre 2008  ISSN : 1960-1050 / Photographe : Julien Chauvet / Maquette : Antichambre Communication / Mise en page : Cyril Perus Impression : IRO - ZI rue Pasteur - Périgny / Service commercial : François Fottorino 05 46 43 19 20 Expressions est une publication gratuite et bimestrielle de Performances Sports / Tirage : 10 000 exemplaires

Les Spécialistes du lundi au vendredi 9h10 - 9h40 au 05 46 50 67 68 France Bleu La Rochelle répond à toutes vos questions de la vie quotidienne.

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dossier

Scènes nationales et scènes conventionnées

Round d’observation

Théâtre, danse, musique, cirque, arts de la rue… Comment et à travers quels lieux s’exprime le spectacle vivant. Voici le premier volet d’une série d’articles sur le fonctionnement de la création artistique et de sa diffusion dans notre région. De la conception à la scène Au cœur de ce dossier : la création artistique et sa rencontre avec le public, le cheminement qui conduit une œuvre déjà créée ou non jusqu’à la scène, dans une salle réunissant des centaines de personnes qui ont choisi de la voir. Plusieurs éléments

constituent ce cheminement : les choix qui vont construire une programmation, les buts artistiques, la connaissance des publics… et le budget disponible incluant le prévisionnel des recettes propres. Outre la Maline sur l’île de Ré1, nous nous sommes intéressés à quatre lieux culturels de la région : la Coursive à La Rochelle et le Moulin du Roc à Niort, deux scènes nationales, le Gallia à Saintes et la Coupe d’Or à Rochefort, deux scènes conventionnées. Fonds publics Bien que reprise dans la présentation de la DRAC2, la dénomination « scène régionale » n’est pas officielle, du moins en Poitou-Charentes. Parmi les lieux culturels financés par des fonds publics,

Rendre accessible les œuvres au plus grand nombre, telle est la mission des scènes culturelles institutionnelles. Le désengagement de l’État annonce une remise en cause.


dossier exemple, une scène nationale comme celle d’Aubusson, dans la Creuse, a-telle un budget global inférieur à celui du Gallia ou de la Coupe d’Or.

on distingue les scènes nationales et les scènes conventionnées. En quelque sorte héritières des Maisons de la culture et de la décentralisation de 1982, les pre­m ières, dont le nouveau statut date de 1992, doivent répondre à des critères précis, dont la pluridisciplinarité et la volonté d’attirer le plus large public dans leur zone géographique. En contrepartie, elles bénéficient d’aides importantes de l’État, actuellement entre 30 et 50 % (initialement 50  %) du montant total des subventions. Pour les secondes, dont les activités sont déterminées par des contrats et un cahier des charges de trois ans, la contribution étatique peut varier. On compte 70 scènes nationales en France, avec, toutefois, de profondes disparités budgétaires. Par

Des disparités logiques Conventionné depuis l’an dernier, le Gallia, dirigé par Michel Roudier venu de l’Abbaye aux Dames, labellisée, elle, centre culturel de rencontre, a été créé en 2003 sur l’emplacement d’un théâtre de 1850 dont il ne demeure que la façade. Il comprend une salle de 500 places (une trentaine de spectacles par an pour 23 000 entrées) et une autre plus petite pour le cinéma. Comme pour les autres scènes, l’activité du Gallia est gérée par une association. Ici, celle-ci inclut des représentants des différents intervenants dont ceux des adhérents-abonnés, au nombre de 1 850. Le budget global tourne autour d’un million3 d’euros dont 53 % de subventions, avec une participation de 400 000 euros pour la ville et quelques actions de sponsoring local. Celui de la Coupe d’Or est à peu près équivalent (pour une contenance identique de 500 places). Mais le budget de ce théâtre, sous la conduite de Vincent Léandri, est réparti différemment : 83 % de subvention publique, sans apports privés notables, pour 43 spectacles et 14 500 spectateurs en 2006/07. Les 90 adhérents de l’association sont cooptés et la mairie y est bien présente. Même nombre d’emplois (équivalent temps plein) dans ces deux villes : une douzaine. On s’aperçoit d’ailleurs que, quel que soit l’endroit, les intermittents employés, essentiellement des techniciens, le sont régulièrement. Bien entendu, on franchit un palier très net avec les deux scènes nationales, dont les grandes salles (autour de 1 000 places) ont été construites par le même architecte, en 1982 pour la Coursive (derrière les façades de l’ancien couvent), en 1987 pour le Moulin du Roc. Celui-ci, sous la houlette de Bernard Bonnet, dispose du château Foucart, beau lieu de résidence artistique, et de deux salles, dont la deuxième est modulable (le cinéma alternant de l’une à l’autre), proposant grosso modo 50 spectacles par an pour un budget global de 2,5 millions dont 65 % de subventions, 37 % du total étant dévolu à l’artistique. L’association, dont le bureau se réunit sans représentant de la ville, compte 5  000 adhérents, 3  000 abonnés et

Rochefort

Théâtre de la Coupe d’Or

A

lors que la plupart des théâtres ont été (re)construits de fond en comble, celui de Rochefort a conservé sa salle à l’italienne, une des rares encore en fonctionnement. Bâti à l’initiative de Hèbre de Saint-Clément, personnage central de la vie rochefortaise, cet édifice de pierre et de bois fut inauguré en 1769, puis restauré en 1852-1853. Il comprend en outre une magnifique salle de réception, une salle de danse dans les combles, des machineries impressionnantes et une multitude d’escaliers et de recoins. En outre s’y sont rajoutés les locaux adjacents d’un ancien cinéma, l’Olympia, au rez-de-chaussée, ainsi qu’un immense et superbe dancing datant de la fin du xixe siècle à l’étage. Malheureusement, ces deniers ne font pas partie du plan de restauration. Actuellement, la Coupe d’Or est fermée et Vincent Léandri a dû exiler sa programmation sous chapiteau ou aux Fourriers dans une salle basique, dirat-on, de 200/250 places. Après quelques anicroches et autres dissensions entre les différents protagonistes, la mairie, propriétaire du lieu, décide de se lancer dans une rénovation imposée par des normes de sécurité de plus en plus drastiques (au point parfois d’en étouffer le spectacle vivant par des contraintes démesurées). Les travaux devaient commencer fin 2007 pour se terminer en 2009-2010 pour un coût de 6 millions d’euros dont un tiers à la charge de la commune. Mais, problèmes : l’appel d’offres s’est révélé infructueux, avec un dépassement de 40  % du devis initial de l’architecte, donc à refaire, et le montant de la participation financière de l’État est de plus en plus incertain. À suivre avec attention, car ce théâtre est un vrai bijou, surtout en activité. / D.H. et P.T.

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dossier

32 emplois dont deux techniciens affectés en permanence à un véritable atelier de construction de décors (et non de réparation ou d’aménagement comme c’est le cas ailleurs). La Coursive, dont Jackie Marchand assume toutes les responsabilités depuis 1990 dans le cadre d’une association fermée4, peut se targuer d’avoir 10 800 adhérents (sans droit de vote), et, depuis peu, trois salles. On y découvre 60 spectacles par saison (pour 125  000 spectateurs), trois studios de répétition et 35 emplois pour un budget de 5 millions (65 % attribués à l’artistique), financé pour moitié par des subventions, pour moitié sur des recettes propres. La Coursive accueille aussi le Festival international du film et les Francofolies dans ses murs alors que le festival « Résonnances » est organisé par la Coupe d’Or, mais en extérieur et en dehors de ses statistiques. Le choix des spectacles Il est fait la plupart du temps par le directeur du lieu, soit seul, soit en accord avec un ou plusieurs collaborateurs de son équipe (à la Coursive, au Moulin du Roc, à la Coupe d’Or), en totale liberté dans le cadre contractuel, et la pluridisciplinarité est le profil commun aux scènes nationales et aux scènes conventionnées. Toutes les disciplines de l’art vivant sont représentées, avec une dominante théâtre suivie par la danse, les musiques et les nouvelles formes de spectacle, arts de la piste et arts de la rue. Selon Michel Roudier, le théâtre subit un léger déclin du fait du foisonnement d’expressions nouvelles, mais il reste un axe fort qu’il soit classique ou contemporain, de Molière à Yukio Mishima, auteur japonais (Madame de Sade à la Coursive et au Gallia). À la Coupe d’Or, Vincent Léandri a choisi des thèmes où le corps est prépondérant  : le cirque et la danse. Pour tous, les choix se résument ainsi : d’un côté, des spectacles déjà créés, vus et retenus, de l’autre des créations à monter intégralement, en projet, mais propres à emporter l’adhésion par le sujet, le texte, le metteur en scène ou la compagnie ; ou tout cela à la fois ! Ces dernières feront l’objet d’une résidence-création sur la scène, qui sera partie prenante (séjour de l’équipe, mise à disposition du staff technique du lieu, communication, financement partiel, etc.) par un système de coproduction, avec une implication de partenaires culturels. En moyenne, cinq ou six créations par saison voient le jour sur les différentes scènes de la région.

La diffusion   des spectacles Les compagnies se chargent de vendre leurs spectacles avec, parfois, un coup de pouce légitime des lieux culturels quand ils sont coproducteurs. Le rôle d’influence entre responsables des scènes culturelles est relatif et relève surtout de la confiance, d’un même regard porté sur la création.

Pour quels publics ? Pour tous. En accord avec la mission des lieux de culture et avec la « vision » d’André Malraux : rendre accessible les œuvres au plus grand nombre. Une utopie, peutêtre, mais qui reste la pierre angulaire de l’action culturelle depuis plus de quarante ans. En conséquence, les directeurs, en tant que comptables de fonds publics, offrent les prix les plus accessibles possibles, en gros une moyenne de 15 euros la place, le taux de remplissage tournant autour de 80 %. L’évolution du public n’est pas spectaculaire mais il se diversifie peu à peu au fil du temps ; le brassage social, générationnel et

géographique est certain, avec un noyau dur vieillissant mais qui « fait des petits », beaucoup plus de jeunes pour le théâtre et la danse, et un public insaisissable qui « grappille » un spectacle par-ci, par-là. Et ce ne sont pas forcément ceux qui ont de gros moyens financiers qui sont dans les salles.  es points communs, des professions   D de foi et des inquiétudes Hormis des spectacles au retentissement exceptionnel, tels que ceux de Bartabas, chacun fonctionne sur une zone géographique bien déterminée, d’autant que la crise pétrolière peut inciter à modérer les


dossier © João Garcia

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Compagnie Toufik OI

Les batailles d’une jeune compagnie

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onventionnée depuis cette année, la compagnie de danse Toufik OI affronte la difficulté la plus lourde de son jeune parcours : la diffusion de ses créations. Aligner plusieurs dates de représentations devient de plus en plus problématique pour de multiples raisons  : pléthore de propositions artistiques, non-adéquation avec des « lignes » de programmation, a priori, programmateurs difficiles à joindre et à faire venir, public de danse peu aventureux, excepté le jeune public ; le travail seul ne suffit pas pour convaincre. L’envie de tout lâcher est parfois proche… Le rêve de Toufik : une dizaine de représentations d’affilée. Modeste souhait, apparemment, qui, pourtant, n’est toujours pas exaucé.

déplacements. Ils ont aussi en commun une même volonté de partager des émotions entre scène et public, d’être dans la pluridisciplinarité, d’encourager la création, de croiser les champs artistiques, « d’être en état de vigilance devant la création contemporaine » comme le formule Bernard Bonnet. Ils ont également les mêmes inquiétudes pour l’avenir proche : Bernard Bonnet et Jackie Marchand constatent que la participation de l’État ne cesse de diminuer ou n’a pas augmenté depuis des années, ce qui revient au même, ce dernier rajoutant que « la création artistique est menacée à court terme par la déconsidération et le désen-

gagement de l’État qui est, normalement, le garant de la création ». … Et si, paradoxalement, des contraintes, pouvaient naître un nouvel élan, de nouvelles approches de la création artistique, de nouvelles pratiques, de nouvelles hardiesses ? ¬¬ Dany Huc et Philippe Thieyre 1. S  ujet déjà traité dans Expressions n° 3. 2. DRAC : Direction régionale des affaires culturelles. Organisme qui finance les actions culturelles en région. 3. Les chiffres énoncés peuvent paraître imposants, mais posez-vous la question du coût d’un rond-point, par exemple. 4. Association dont le nombre de membres est limité et ne varie pas.

La Maline

Une saison particulière

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a future programmation n’est pas encore dévoilée. Elle sera cette fois l’œuvre de l’équipe de collaborateurs qui veut ainsi marquer le départ à la retraite du directeur en fin de saison. On sait toutefois que les artistes fidèles à ce lieu (idéal pour les résidences) seront sollicités pour venir « faire la fête au directeur », à raison d’un spectacle par semaine. / D.H. et P.T.


musique PUBLICITÉ

Concerts de la rentrée L A RO C H E L L E

© JIF 2007

XLR à la maison Georges-Brassens

Le vendredi 17 octobre, les Rochelais et les autres pourront se défouler en se trémoussant frénétiquement sur l’électro Dub des Lyonnais de High Tone, cousins germains de EZ3kiel, qui avait fait le plein cet hiver, les Stéphanois de Redbong et leur hip hop électro complétant le programme. Qu’ils en profitent, car ce sera le seul concert du trimestre. L’association XLR prend d’ailleurs quelques risques financiers à cette occasion : la subvention de la CdA, couvrant deux saisons, laps de temps nécessaire en attendant la scène « musiques actuelles » à La Pallice, ne sera pas attribuée avant début septembre. Certes, un appel d’offres est légalement obligatoire, mais les responsables auraient pu réfléchir au fait qu’il faut un certain temps pour élaborer un programme artistique et s’y prendre plus tôt. Dossier à suivre. Informations : myspace.com/xlr17

Jazz entre les deux tours Essentiellement pour John Mayall, dorénavant le grand-père du british blues à 75 ans, qui sait toujours magnifiquement s’entourer, notamment pour les guitaristes. À voir ou à revoir le 10 octobre au chapiteau de l’esplanade des Parcs. Informations : 05 46 27 11 19 RO C H E FO RT

La Poudrière

04/10 : le punk rock ska des Caméléons dont l’énergie n’a jamais faibli depuis 1995, avec Delirium Tremens en première partie. 17/10 : une affiche révélée aux Francos avec Bensé, Claire Denamur et Jil Is Lucky. Informations : 05 46 82 67 77 © Antichambre

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N IO RT

Le Loup Blanc

Grosse programmation, très éclectique : 03/10 : Svinkels 11/10 : les 15 ans de Red Cardell 24/10 : ETHS & Treponem Pal – ma soirée de prédilection 30/10 : Rokia Traore Informations : www.camji.com ¬¬ Philippe Thieyre


musique

D’ici et d’ailleurs

Jean-Louis Foulquier, dernières Francos au micro ? Les Francofolies « Quand j’ai vendu les Francos après quelques vicissitudes, je devais rester trois ans comme consultant. Cette position s’avère souvent difficile à tenir : un pied dedans, un pied dehors pour des conseils parfois mal perçus. Aussi, au bout de deux ans, j’ai arrêté sans acrimonie. J’ai bien aimé cette dernière édition avec des artistes confirmés et de qualité, de nombreux jeunes qui émergent grâce aux Francos et bien sûr un ou deux cons. »

Après la vente des Francofolies en 2004, Jean-Louis Foulquier se voit aujourd’hui obligé de quitter France Inter. Cette retraite forcée marque-t-elle une rénovation, la fin d’une époque, d’un style ou l’élimination des fortes têtes sur nos antennes nationales ?

T

out le monde à La Rochelle et sur l’île de Ré connaît la silhouette massive de Jean-Louis Foulquier. D’ailleurs, pendant ce cours entretien assez informel, cet animateur/producteur (Pollen, Studio de nuit, Saltimbanques…), présent depuis plus de quarante ans sur l’antenne de France Inter, et créateur des Francofolies en 1984, a été sollicité de toutes parts. Des sollicitations parfois pesantes : « Trop de monde sur Ré, en particulier à l’entrée de l’île à Rivedoux. Le dimanche, pour prendre un train l’après-midi à La Rochelle, il fallait pratiquement déjeuner sur place. Et puis j’avais une étiquette clignotante Francofolies sur la tête. D’où mon déménagement dans le secteur d’Aigrefeuille. »

Après JeanPierre Coffe et Frédéric Bonnaud, c’est le tour de Jean-Louis Foulquier.

France Inter Agitation d’autant plus forte que lui a été annoncée, fin juin, lors de la réunion des producteurs, la fin de son émission Pollen sur les antennes de France Inter. Une éviction brutale comme celle de Jean-Pierre Coffe ou de Frédéric Bonnaud l’an dernier : « Après la fin des Francos, je m’étais donné cinq ou six ans pour finir en douceur. Toutefois, si la direction d’Inter m’avait incité au début de l’année à me retirer, je m’y serais préparé. Là, après quarante-quatre ans de maison, j’ai pris un coup sur la tête. Ce n’est pas l’aumône d’une proposition de réapparaître les étés qui effacera quoi que ce soit. Ces Francofolies furent mes dernières au micro. » Pour quelqu’un au caractère aussi affirmé, voire sanguin, la nouvelle se digère peu à peu, en commençant par un éloignement des ondes  : « J’ai tiré un trait sur le micro. Je vais prendre un an pour me désintoxiquer, à voyager et surtout à peindre. J’ai réalisé (avec succès) plusieurs expositions. J’en ai une actuellement rue Lepic à Paris sous l’égide des Francofolies. Après, je vendrai ma maison pour partir ailleurs. Plus de radio… sauf changement. » Acteur Acteur depuis un rôle de figurant dans Les Filles de La Rochelle, un improbable nanar de 1961, Foulquier sera à l’affiche de trois téléfilms à la rentrée. Une voie qu’il aimerait bien approfondir à l’occasion de différents projets, sans pour autant passer de l’autre côté de la caméra. ¬¬ Philippe Thieyre

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carré amelot

espace culturel de la ville de la rochelle

Acrobaties époustouflantes et illusionnisme pour des aventures échevelées en noir et blanc par les petits frères des Marx Brothers et du Mime Marceau.

ouverture de saison dimanche 5 octobre

entrée libre réservations 05 46 51 14 70

2008 +2009

Théâtre mime 15h

Cliffhanger!

Bash Street Theatre Co

Parvis du Carré Amelot / Durée : 50 mn Spectacle sans parole à voir en famille à partir de 4 ans Accessible aux personnes à mobilité réduite

Exposition de photographie 17h

La graine et les étoiles

De Tina Mérandon

Visite commentée et rencontre avec l’auteur à 17h Présentée du mardi 30 sept. au vendredi 31 oct.

Cocktail 18h45 Rochelle Cedex 01 10 bis rue Amelot - BP 309 - 17013 La 25 Tél. 05 46 51 14 70 - Fax 05 46 27 03 contact@carre-amelot.net Licences d’entrepreneur de spectacles 1-13 32 54, 2-13 32 55, 3-13 32 56

Tapissier décorateur Louis Jaffard

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spéctacle vivant Serge Mamadou dans Enfants au plus noir de la nuit de Daniel Keene, mise en scène Patrick Collet./ Photo : Wenceslas Chevalier

La Rochelle

Embarquement pour les Traversées

Depuis 2001, le théâtre Toujours à l’Horizon ouvre sa saison par trois jours de voyage avec un auteur contemporain vivant, son univers et ses écrits.

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Théâtre de l’utopie

Au suivant ! En juin dernier ont été mis aux enchères des centaines de costumes de théâtre, d’accessoires ayant vécu sous les projecteurs au cours des quarante ans d’existence du Théâtre de l’utopie. Une dispersion crèvecœur pour Patrick Collet et Denise Vlaneck qui ont porté la compagnie de sa naissance à aujourd’hui.

« I

l faut se défaire des choses, bien sûr, dit Patrick Collet, mais certains costumes, certains objets sont fortement chargés, témoins de toutes ces années de travail vouées au théâtre. La symbolique de cette vente, à l’heure de la “liquidation” des utopies jugées négatives (ou pire) est forte. Le monde artistique et culturel, depuis l’année 2000, s’écroule, démantelé par le désengagement progressif de l’État qui était pourtant un solide partenaire. Son retrait à notre sujet – l’argument avancé étant en substance :  “vous avez fait votre temps, d’autres gens frappent à la porte” – nous laissait la “liberté” de continuer à créer et à faire fonctionner le lieu avec un budget gravement amputé… Par décence,

nous n’avons pas voulu faire appel aux collectivités territoriales qui nous soutenaient déjà beaucoup. Nous avons préféré nous retirer. Mais l’esprit du Théâtre de l’utopie est toujours là ; des désirs, des idées sont dans l’air. Nous vivons un temps où les artistes ne peuvent plus compter que sur eux-mêmes pour produire de la pensée, du rêve, de la solidarité en se nourrissant d’utopie. Mais sans elle, comment continuer à avancer ? N’en déplaise aux coupeurs de rêves, l’idée d’utopie est aujourd’hui de plus en plus nécessaire, ambitieuse, radicale. » ¬¬ Dany Huc

ette année, c’est Frédéric Vossier, un enfant du pays (il est né sur l’île de Ré), écrivain, dramaturge, docteur en philosophie, qui sera le fil rouge de ces Traversées 8. Les 19, 20 et 21 septembre, table ronde, débats et lectures se dérouleront à la médiathèque MichelCrépeau, au Centre intermondes, au théâtre Toujours à l’Horizon, dans les jardins de la bibliothèque de LaleuLa Pallice et au Café populaire. On le sait, entre ce théâtre et La Pallice se sont tissées une longue histoire de compagnonnage et une volonté d’aller à la rencontre des habitants et de la mémoire de ce quartier où la compagnie a posé ses valises en 1996. Ces Traversées seront accompagnées par les complices Anges rebelles ; à partir du 1er septembre et jusqu’au 21, ils ouvrent un atelier de sculpture urbaine sur la place New-Rochelle (hommage au chantier naval) avec les plasticiens Rémi Pollack et Véronique Selleret, les associations « Y’a du monde au balcon » et Carensak. Une expo photos de Guy Genty et du fonds « Paroles de Rochelais », une guinguette sur la place (de 18 h à 22 h) et une déambulation de la fanfare du SNOB (le 21) ajouteront à l’effervescence de ce séduisant événement. ¬¬ Dany Huc

Toujours à l’Horizon : 05 46 42 05 58  Anges rebelles : 05 46 55 43 74

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littérature

Tant qu’il y aura des livres Gilles Toublanc « prépare » depuis vingt-trois ans les livres d’une des plus grandes maisons d’édition française. Petit précis* d’un métier invisible, exercé par un homme qui ne l’est pas.

II

O

n entre chez lui en marchant sur les eaux… claires d’une mer imaginaire (effet saisissant de 4 m2 de lino !). Fantaisiste, Gilles Toublanc l’est certainement. Mais en découvrant les étagères de son bureau où il range les livres passés entre ses mains, on saisit l’ampleur du travail de fourmi, au final gigantesque, qu’il exerce dans l’ombre avec finesse, extrême rigueur et grande modestie. Une maison prestigieuse et exigeante Coordinateur à la Documentation française puis collaborateur dans une revue littéraire (L’Arc), il entre aux éditions du Seuil comme lecteur-préparateur à 26 ans. Une maison dont la ligne éditoriale lui convient (romans et sciences humaines), qui a été un des principaux éditeurs indépendants (jusqu’à son rachat par La Martinière en 2004 – Ndlr) et qui évoque pour lui une tradition structuraliste, humaniste et catholique de gauche. Il aura l’occasion, pendant dix ans, de s’occuper de la réimpression du fonds des

Petite phrase bien connue des auteurs, elle donne ici son titre à une correspondance entre deux écrivains.

titres anciens : «  Un travail de suivi très intéressant, car il m’a permis de découvrir l’histoire de l’entreprise depuis sa création en 1935. » Cependant, de sérieux problèmes de santé l’obligent à reprendre son activité initiale de préparateur, l’arrivée d’Internet entre-temps lui permettant désormais d’exercer en province. En 2000, il s’installe à La Rochelle. Au plus près de la création Si le rôle de découvreur et de passeur du métier d’éditeur peut être pressenti, peu de gens connaissent celui – ou l’existence même – d’un service de fabrication, en particulier dans la mise en valeur de l’œuvre, en ce qu’elle a de personnel et d’irremplaçable. Gilles s’occupe de la préparation et du suivi du texte, de l’original au bon à tirer. Le manuscrit de l’auteur lui arrive sous forme de fichier par Internet. En première lecture, il vérifie la syntaxe, la tournure, le sens général, la cohérence, indique les modifications souhaitées à l’écrivain. « La règle d’or est de respecter avec précision la pensée et le style de l’auteur. » Un travail subtil et toujours concerté qui induit des relations privilégiées avec certains d’entre eux (comme Antoine Volodine, Maryline Desbiolles, Jean Hatzfeld…), dont quelquesuns peuvent lui confier la préparation de chacun de leur livre au Seuil… Cette première mise au point nécessite en moyenne une semaine, parfois jusqu’à un mois, en fonction de la complexité et de la longueur de l’ouvrage. Le texte préparé – avalisé par l’auteur – est transmis au metteur en page puis à un correcteur, avant d’être une dernière fois vérifié par Gilles, qui signe le bon à tirer, ce pour vingt à trente livres par an. Le métier de lecteur-préparateur diffère d’une maison à l’autre. «  Le Seuil a toujours eu son service de fabrication (environ trente personnes dont douze préparateurs), ce qui lui a permis d’être plus exigeant quant à la présentation de ses livres. Dans les maisons d’édition appartenant à des groupes, les services de fabrication ont été très réduits voire supprimés… » ¬¬ Marianne Mellanger * Aide-mémoire, guide qui va à l’essentiel.


littérature

L

a rencontre littéraire consiste à choisir un auteur, vivant (mais quand même point trop frétillant, ce n’est pas un show télévisuel, on ne lui demandera pas de s’immoler en lisant les « versets sataniques » ni de faire le poirier en récitant du Jarry !), de l’asseoir face à un public, en espérant toujours qu’il soit nombreux (l’angoisse de l’organisateur dépasse de loin celle du gardien de but au moment du penalty), et de lui poser des questions sur son dernier livre. Échanges Il fut un temps où écrivains, poètes et intellectuels se réunissaient, débattaient d’absolu en littérature. Ces salons, foyers d’animation intellectuelle où l’on s’exprimait librement, furent une source d’inspiration et de stimulation créatrices. À l’occasion, les auteurs pouvaient même donner la primeur de leurs ouvrages à un auditoire cultivé et attentif. On se souvient du fameux cabaret « Le Chat noir », où symbolistes et décadents donnaient à entendre leur gouaille burlesque, une façon populaire de faire connaître au public quelques auteurs et artistes dans le feu de la création. Plus proche de nous, le petit club très actif de Saint-Germain-des-Prés, autour de Simone et Jean-Paul ; on brassait des idées au fin fond des brasseries, des paroles de comptoir loin d’être brèves puisqu’elles formaient l’existentialisme. Mais point de nostalgie pleurnicheuse, de rengaine réactionnaire cancanée par quelque « c’étaitmieuxaventiste ». Les grands noms des siècles passés sont bien vivants, et nous avons aujourd’hui d’excellents seconds couteaux.

aujourd’hui ce ne sont pas les variantes qui manquent pour promouvoir la littérature et ses auteurs. Pour s’en tenir à la rencontre littéraire stricto sensu, plusieurs situations sont possibles, dont voici quelques cas extrêmes. 1/ L’intervieweur (professeur, journaliste, libraire, ingénieur agronome…) invite un « auteur-ami » dont il a tout lu, le public est composé d’habitués qui connaissent tous les livres par cœur : pas d’autre choix pour l’intervenant que d’en dire le plus grand bien. C’est entendu, lisse, rassurant, on se quitte tout sourire, bise et larme à l’œil. À l’année prochaine, et ne change rien ! 2/ L’invité est un écrivain de grand talent, l’animateur est ému, le public, déjà conquis, trépigne devant le monstre sacré, attendant les premiers mots du maître… Catastrophe, un repas trop arrosé juste avant la rencontre, l’écrivain, saoul comme un cochon, ne distingue du public pourtant éclectique qu’une floue assemblée de vieilles rombières, le clame haut, puis bâche l’intervenant dès la première question. Confusion générale, la foule s’éparpille en maugréant, choquée de découvrir un mufle sous le prosateur. L’intervenant est confit. 3/ Le public est assis, silence total, face à lui un auteur de best-seller, jolie barbe de trois jours, sourire dents blanches, habitué des plateaux télé, une star des lettres. Lit-on ses livres ? En tout cas on les achète, souvent ils tombent tout seuls dans le Caddie… Dans le cas présent, ni le public ni l’intervieweur n’ont lu les livres de « l’intervenu », peu importe, le tout est d’en dire du bien sans entrer dans le détail, l’écrivain s’en trouvant fort aise, puisque lui-même n’est plus très sûr d’avoir écrit ce livre… Et comme disait Oscar Wilde : « Je ne lis jamais un livre dont je dois écrire la critique ; on se laisse tellement influencer. » ¬¬ Jack Flenoir, libraire à La Rochelle.

À la rencontre des auteurs

Exhibition Tables rondes et colloques (quel mot affreux), salons et foire du livre (pose ton cucul d’écrivain derrière la pipile de ta dernière production et dédicace en souriant « Pour…, En souvenir de… Et patati… »),

Près de 680 sur la ligne de départ cette année, seuls les plus dopés à la promotion et au scandale seront sur le podium des prix.

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littérature

Bande dessinée

Dans la forêt lointaine, on entend le Bouzard Un jour dans la forêt de Chizé, Guillaume Bouzard, auteur de bande dessinée, a croisé un vieux plein, notamment de sagesse, qui lui a répété cette énigmatique sentence : « La pomme roule et pourrit si nul ne la mange. » Empreint de cette philosophie forestière, ce rural décomplexé nous livre à son tour avec parcimonie quelques vérités définitives sur sa vie, son œuvre, son autobiographie à lui aussi, dont le troisième tome vient de paraître.

P

remière grande confidence : en vrai, Guillaume Bouzard n’est pas aussi free que l’affirme le titre de son autobiographie. « Un journaliste m’a présenté un jour comme un indépendant farouche qui snobait les grosses maisons d’éditions. C’était un peu n’importe quoi.  » Sa fidélité à des «  petits  » éditeurs (« Les Requins marteaux » à Albi, « 6 pieds sous terre » à Saint-Jeande-Védas),  c’est surtout celle de copains  : «  J’ai débuté par le fanzinat. Les grosses maisons ne me publiaient pas, eux si, et on a grandi ensemble.  Ces éditeurs peuvent en outre se permettre de faire de chouettes livres toilés. » Mais ça ne l’empêche pas de publier ailleurs, Le Club des 4 chez Fluide Glacial ou Football Football chez Dargaud, dans la collection « Poisson pilote » qui

c’est en effet dans la parodie que Bouzard semble s’amuser le plus. Si on lui demande s’il pense que la bande dessinée c’est juste pour faire le mariole, il rigole : « Oui, je me suis rendu compte à la longue que tous mes bouquins étaient parodiques. Ça finit par devenir un genre en soi. Je ne me sens pas nécessairement à l’aise dans un registre plus sérieux.  » Les aventures de Bouzard à Chizé ne s’embarrassent effectivement pas des trémolos du genre, pas davantage que son dessin, qui se moque comme d’une guigne d’un cadrage pourtant bien ordonné. Mais qu’est-ce qui est autobiographique  alors ? Bouzard marque un temps avant de lâcher qu’il ne mange pas vraiment les croquettes de Flopi, son chien sympa (mais con). « Non… ça, c’est la part d’autofiction.  » On est un peu déçu. «  Mais j’ai fait ça quand j’étais petit.  » Ah… quand même. L’entretien s’achève, on prend congé. Les Deux-Sèvres crépusculaires ferment leurs bistrots et rappellent leurs Bouzard / Les Requins marteaux enfants égarés. Par les sentes sylvestres qui connaissent accueillera en octobre son prochain opus, sa route,  l’auteur bourré, notamment de The Autobiography of me troll : « Ma mère talent, vibre à l’unisson de la forêt alensur son lit de mort m’apprend que mon tour : sa sœur la chouette hulule, son con père était un troll.  Commence alors une de chien ricane et, embrassant l’arbre qui quête qui mettra en scène les copains de passe, front contre tronc, le Bouzard s’enmes précédents livres. » Quatrième avatar dort. Il est frit (comme un moineau). ¬¬ Philippe Guerry autobiographique qui moque gentiment une tendance certaine de la bande dessinée contemporaine, «  où beaucoup n’ont pas grand-chose à raconter ». The Autobiography of me too free (like a bird), Les Requins marteaux, 16 € Sympa (mais con) The Autobiography of me troll, à paraître De l’anti-super-héros Plageman aux mi-octobre chez Dargaud. apprentis détectives foireux du Club des 4,

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Envoyez vos informations à agenda@magazine-expressions.com

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10e rencontre d’improvisation de LR  Les Souffleurs de rêves  La Fabrique du Vélodrome – LR 19h – 05 46 27 12 12

Je vous entends penser  Elisabeth Amato – Illusion  La Maline – La Couarde 21h – 05 46 29 93 53

vêtement de sécurité, équipement, acessoires

Avant première « Entre les Murs »  Avec la présence de Laurent Cantet  La Coursive – LR 05 46 51 54 00

Armée de Terre :

Treillis, rangers, bagagerie, sacs de couchage, chapeaux de brousse, ceinturons sangle…

Randonnée : Sécurité :

La Rochelle/Oyonnax  Rugb y Pro D2  Stade Deflandre – LR 05 46 43 14 05

pantalons antistatiques, gants, chaussures souples, polos, tee-shirts…

Airsoft/Paintball :

gilets tactiques, cagoules, vestes & pantalons guérilla, cagoules, holsters, armement à billes…

5, rue des Géraniums 17000 La Rochelle Tél. : 05 46 56 80 50 Ouvert tous les jours sauf dimanche et lundi matin

Les Bodin’s  « Bienvenue à la capitale »  Parc des Expo – Niort 05 49 78 71 10

Mer ô murmure  Danse - Cie Karine Saporta  La Maline – La Couarde 21h – 05 46 29 93 53

Les apéros Volubiles  Cie Volubilis  Usine Boinot – Niort 19h – www.la-rue.org

Hannah Crafts  Mémoires d’une esclave Porte Royale – LR 15h – 05 46 43 44 91

Festival arcomuse  Festival éco-culturel  La Jarrie 05 46 35 80 27

Les Désaxés « Sax Machine »  Spectacle d’humour musical  La Maline – La Couarde 21h – 05 46 29 93 53

Dans les cordes  Cinéma plein air  Place des Châteaux d’eau – LR Mireuil 21h30 – 05 46 67 47 67

La Rochelle/AUch  Rugby Pro D2  Stade Deflandre – LR 05 46 43 14 05

Fest’en herbe  Festival multiculturel  St Laurent de la Prée 05 16 96 18 48

Marché artisanal des jeunes créateurs  artisants & jeunes créateurs  Rue St Nicolas - LR 05 46 50 67 91

Les Ogres de Concert musi La Maline – L 05 46 29 93 5

Urgence  De et avec Pépito Matéo La Coupe d’Or – Rochefo 20h30 – 05 46 82 15 15

Tom Poisson  Apéro concert  Hall de l’Astrolabe – LR 19h – 05 46 67 47 67

Les voyages imaginaires  Cie Rouge Crinoline  La motte Aubert – St Saturnin du Bois 05 46 51 88 22

Festival tonnay bon !  Festival musiques actuelles  Prairie la Garenne – Ton. Boutonne 19h – 05 46 33 22 35

Boulevard André Sautel

STOCK AMERICAIN

Festival de fiction TV  L’essentiel de la fiction française  Sur le port de La Rochelle www.festival-fictiontv.com

20 ans de la salle Diff’art  Salle de concert  15 rue Salvador Allende – Parthenay 18h – 05 49 94 48 10

sacs à dos, vestes, santiags, chemises western…

Les 4 vérités  De Marcel Aymé avec Prisca Demarez  Scène Beauséjour – Châtelaillon Plage 20h30 – 05 46 30 49 50

John Mayall

Svinkels + P Concert  Espace Cultur 20h30 – 05 4

Les Cameleons Ska Lati La Poud 21h30 –

Chamois Niort/Istres  Football National  Stade René Gaillard- Niort 20h

Leclerc

Chamois Niort/Cherbourg  Football National  Stade René Gaillard- Niort 20h

Festiv’art  Cristal Production  5 scènes à LR À partir de 14h30 – 05 46 34 20 47

Le Grand Pavois  Salon nautique  Port des minimes – LR 05 46 44 46 39

Urgence  De et avec Pépito Matéo  La Coupe d’Or – Rochefort 20h30 – 05 46 82 15 15

V’la la fanfare Inauguration Cité commer 18h30 - 05 46

Le béret de la tortue  Théâtre des Jacobins  Place Cacaud – La Rochelle 05 46 41 89 35

Voile de nuit  Réalisation : le Grand Pavois  La Rochelle 19h – 05 46 44 46 39

Romane trio invite Costel Nitescu  Hommage à Stéphane Grapelli  Espace Encan – LR 20h30 – 05 46 27 11 19

Hannah Crafts  Mémoires d’une esclave noire  Musée du Nouveau Monde – LR 20h – 05 46 43 44 91

Laleu LR/Poitiers  Football DH  Stade Le Parco – LR 20h

Si l’Aunis m’était conté…  Ass. Amis du vieux Marans & l’AHGPA  Salle polyvalente – Marans

memoire vive  Guinguette – Artiste de rue  Place New Rochelle – La Pallice De 18 à 21h – 05 16 97 13 94

La Rochelle/Pau  Rugby Pro D2  Stade Deflandre – LR 05 46 43 14 05

Album  Avec Jean-Jac Salle des fête 20h30 – 05 4

Aytré/Périgny  Footbll DHR  Stade municipal – Aytré 20h

Le silence de lorna – valse avec bachir  Jean Pierre et Luc Dardenne – Ari Folman  La Coursive – LR 05 46 51 54 00

Cliffhang Bash Street Theatre Carré Amelot – A partir de 15h – 05 46 51 14

l’été de kikujiro  Takeshi Kitano  La Coursive – LR 15h – 05 46 51 54 00

Cyril Girardeau  Peinture/Sculpture  La Cave à So  29 quai du Gabut - LR - 05 46 44 54 98

Entre-temp

Kaoline, Digout ey Meslin  Sculptures Story  Médiathèque  Ste Marie de Ré - 05 46 43 91 80 Gouache ou aquarelle  Raoul Gaillard  Galerie François Giraudeau  Les Portes en Ré - 05 46 2919 99 Impermanences  Gilles Blossevile  Galerie Sénac de Meilhan  La Flotte en Ré - 06 37 75 71 96

John Christoforou  Peinture  Clos des Cima

Jack Pommier  Photographe  114 rue de l’Aunis  La Laigne - 05 46 51 56 65

La Graine et les étoiles  Tina

Jacques Harbelot  Peinture  Clos des Cimaises  St Georges du Bois – 05 46 43 23 08 Whaleless  Thème Sauvons les baleines  rencontre d’artistes du monde entier  True Hate Art Gallery - 2 rue des Carmes - LR - www.truehateartgallery.com 05

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Chamois Niort/Paris FC  La grande magie  Football National  Texte : E. de Filippo – mise en scène : L. Laffargue  Stade René Gaillard- Niort La Coursive – LR 20h 20h30 – 05 46 51 54 00

res de Barback  ique actuelle  La Couarde 53

High tone  La cour du roi Pétaud  1re partie : Redbong  Opéra bouffe – Léo Delibes  Maisons G. Brassens – Aytré La Coursive – LR 20h30 – 05 46 30 19 41 20h30 – 05 46 51 54 00

o  ort

Pardi  Cie Volubilis – Agnès Pelletier  Moulin du Roc – Niort 18h & 19h30 – 05 49 77 32 32

Rokia Traore  Concert  Espace Culturel Leclerc – Niort 20h30 – 05 49 17 39 10

La Rochelle/Lyon  Rugby Pro D2  Stade Deflandre – LR 05 46 43 14 05

Rumba  Rencontre avec les réalisateurs  Moulin du Roc – Niort 05 49 77 32 30

Le Guetteur  Danse – Luc Petton et Cie  La Maline – La Couarde 05 46 29 93 53

Une danseuse dans la bibliothèque  brahms, rossini, grieg, bizet  Cie Fanfare Blême – Nathalie Collantes  Concert  Dans les bibliothèques de LR Salle de l’oratoire – LR 21h – 05 46 43 19 92

e noire 

Origine  ayall & The Bluesbreakers  Sidi Larbi Cherkaoui  Nuit du Blues  Chapiteau Esplanade – LR Le Moulin du Roc – Niort 21h – 05 46 27 11 19 20h30 – 05 49 77 32 32

Pulpalicious 

rel Leclerc – Niort 49 17 39 10

Perturbations  K. Sebbar – Performance de rue  Place de l’Europe – LR 18h30 – 05 46 67 47 67

Zhu Xiao Mei  Piano Variations Goldberg de J-S Bach  Le Moulin du roc – Niort 20h30 – 05 49 77 32 32

Sans  Cie Martine Pisani  Moulin du Roc – Niort 21h – 05 49 77 32 32

Thomas Dutronc  Jouer dans les lumières du vent  Bensé & ses invités  Avec C. Denamur & Jil is Lucky  Concert  Anne Journo  La Poudrière – Rochefort La Coursive – LR Crèche La Pallice – LR 20h30 – 05 46 82 67 77 20h30 – 05 46 51 54 00

ameleons  ino Rock  drière – Rochefort – 05 46 82 67 77

la la fanfare  n & événement de rue  rciale l. Guillet – LR 6 67 47 67

Red Cardell  Musique rock pop indé  Espace Culturel Leclerc – Niort 20h30 – 05 49 17 39 10

Buika  Musique du monde  La Coursive – LR 20h30 – 05 46 51 54 00

Bal(l)ade  Cie Yann Lheureux  Salle de La Pallice – LR 21h – 05 46 43 28 82

Battement de cœur pour duo de cordes  Comédie musicale – Cie Théâtre Nuit  La Maline – La Couarde 05 46 29 93 53

Avant première « Entre les Murs »  Avec la présence de Laurent Cantet  Moulin du Roc – Niort 05 49 77 32 30

ETHS + treponem pal  Concert  Espace Culturel Leclerc – Niort 20h30 – 05 49 17 39 10

La Mer en pointillés  Bouffou Théâtre à la coque  Carré Amelot – LR 05 46 51 14 70

A love supreme  Théâtres & musiques  Salle des Fourriers – Rochefort 20h30 & 19h30 – 05 46 51 54 00

D’après J-C  Chorégraphie d’Herman Diephuis  Salle des Fourriers - Rochefort 20h30 – 05 46 82 15 15

cque Faure  es - Saint Agnant 46 82 15 15

Ballet de Lorraine  M. Graham – J-P. Perreault – P. Ribeiro  La Coursive – LR 20h30 – 05 46 51 54 00

La révolte  De Villiers de l’Isle Adam  Chapiteau stade rouge – Rochefort 20h30 – 05 46 82 15 15

Berry  Concert  Le Moulin du roc – Niort 20h30 – 05 49 77 32 32

La gazette mobile  Cie Iritis – Frédéric Werlé  Maison Henri II – LR 18h30 – 05 46 4328 82

Exposition et vente d’objets d’art  Pole régional des métiers d’art  Espace Encan – LR 05 49 17 10 55

My favorite things  Emanuel Gat Dance  Salle des Fourriers – Rochefort 19h30 – 05 46 82 15 15

ger  moutin réunion quartet  Co  F. Moutin – L. Moutin – P. de Bethmann – R. Pargitza  – LR Salle des Fourriers – Rochefort 4 70 21h – 05 46 82 15 15

Chamois Niort/Arles  Football National  Stade René Gaillard- Niort 20h

Quatuor Takacs  Quatuor à cordes  La Coursive – LR 20h30 – 05 46 51 54 00

Solo WYW  Cie Illico – Thomas Lebrun  Moulin du Roc – Niort 21h – 05 49 77 32 32

mps  C. Bricard, G. Betrancourt, J-C. Roudot, J. Esserteau  La Fabrique du Vélodrome  LR - 05 46 27 12 12 « Variation autour de 2 danseuses »  Elsa Bourgain  Photos  Hall de l’Astrolabe - LR - 05 46 67 47 67 Maud Angot  Sculpture  Atelier de Lola  74 rue du Moulin – St Liguaire Niort – 05 49 09 16 36 ises  St Georges du Bois – 05 46 43 23 08 Mérandon  Carré Amelot  LR – 05 46 51 14 70

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Musée desTumulus Bougon (Deux-Sèvres)

Aux origines de Pharaon Exposition jusqu’au

2 novembre 2008 (Gratuit pour les Enfants)

Exposition conçue en collaboration avec le musée d’Archéologie nationale de St-Germain-en-Laye et avec le C.R.P.P.M. de Toulouse (Centre de recherches sur la préhistoire et la protohistoire de la Méditerranée)

Tél : 05 49 05 12 13

www.deux-sevres.com/musee-bougon

© photos MAN, Saint-Germain-en-Laye, clichés L. Hamon.


muséographie

Hèbre de Saint-Clément,

un musée à Rochefort « Lointains et proches, venez découvrir les trésors de Rochefort et d’ailleurs… »

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’ancien hôtel particulier racheté par la ville (en 1806) aux héritiers de Hèbre de Saint-Clément, un négociant, armateur, négrier et maire de Rochefort, fut transformé en musée et en bibliothèque dans les années 1850. Une fois la bibliothèque transférée à la Corderie royale en 1988, la municipalité décida de rénover totalement les bâtiments vétustes en 1999. En 2001, les plans en furent redéfinis : l’espace serait dévolu aux collections, l’office du tourisme n’y ayant plus sa place. Un choix tout à fait justifié de mise en valeur de l’artistique. Le coût des travaux atteignit 7 millions d’euros, avec une grosse participation de l’Europe et 20 % à la charge de la mairie. Le résultat architectural, inauguré le 15 décembre 2006, est à la hauteur des espérances, un magnifique et judicieux mélange de verre et de pierre, de modernité et de classicisme, de création et de rénovation. Fonctionnement Rochefort, classée «  ville d’art et d’histoire  », reçoit des financements complémentaires pour son musée, dont l’entrée

est gratuite. Celui-ci héberge également un centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine, dont les expositions permanentes retracent l’évolution de la ville. Sous la direction de Claude Stéphani, le travail des 25 employés municipaux est mutualisé entre le musée lui-même et la maison Pierre-Loti. Chaque année, sauf dotation exceptionnelle, 30 000 euros (moitié ville, moitié État) sont consacrés aux acquisitions et 40 000 aux deux expositions temporaires annuelles et payantes. Quel contenu ? Remplir un espace réparti sur quatre niveaux peut parfois s’avérer épineux pour des villes dépourvues d’artistes féconds et novateurs ou de mécènes d’une stature internationale. Après les vitrines archéologiques retraçant la genèse du territoire alentour, la collection de peintures propose une salle de tableaux certes intéressante, mais dont la pièce maîtresse est une huile sur (tout petit et mal visible) panneau de Rubens, bien éloignée des grandes toiles aux femmes plantureuses qui ont fait la gloire du peintre. De fait, l’attrait spécifique du musée réside dans la nature même de la ville, bâtie autour de son arsenal, dont le plan-relief de Pierre-Marie

Touboulic, datant de 1835, un des rares en l’état, présente un instantané saisissant. Ainsi, le troisième étage est consacré aux voyages et à l’exploration, ce qui a fait la richesse de Rochefort, à travers les objets que les médecins et les officiers, tels que Pierre Loti, les frères Lesson, Bellot… ont ramenés d’expéditions, notamment dans le Pacifique. Le but de Claude Stéphani n’est pas d’exposer des objets uniquement pour leur rareté, mais parce qu’ils racontent une histoire, une aventure singulière. Le partenariat signé en 2003 avec le centre culturel Jean-Marie-Tjibaou de Nouméa s’inscrit logiquement dans cette démarche d’ouverture vers les ailleurs, vers ces lieux où abordaient les navires construits par l’Arsenal. Il permet d’approfondir la connaissance de la culture kanake et de compléter les collections avec des œuvres contemporaines. ¬¬ Philippe Thieyre À noter la très belle exposition « Création aborigène australienne » (apportez vos lunettes psychédéliques pour la première partie) jusqu’au 4 janvier 2009.

Hôtel Hèbre de Saint-Clément 63, avenue Charles-De-Gaulle Tél. : 05 46 82 91 60

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arts plastiques

L’art du Gaspard I

Niort

Les métiers d’art, juste derrière la Porte Bleue Le Pôle régional des métiers d’art (PRMA) offre à ses artisans la vitrine d’une galerie, ce lieu du lien avec le monde que le métier ne tisse pas.

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ls sont 1 300 en Poitou-Charentes, pourtant ils se sentent très seuls dans leur atelier. 170 le sont moins depuis que le Pôle régional des métiers d’art, voici dix ans, a fait circuler l’idée qu’il serait là pour révéler leur travail aux yeux du public. Des yeux étonnés d’observer que l’artisanat d’art n’est pas nécessairement né d’une histoire d’amour entre une fougère sèche et de la cire à bougie, mais bien d’un acte de création contemporain aux frontières du design. Niort est capitale du pôle – volonté régionale, argent public : 380 000 € de Poitou-Charentes, 115 000 € de la communauté d’agglomération. Agnès Sauvaget, sa directrice, observe que « les artistes n’ont ni le temps, ni l’état d’esprit pour se faire connaître  ». Le PRMA s’en occupe, en promotion et communication. Contre 30  € d’adhésion à l’association, l’artiste est présenté sur le site Internet et invité à confier son travail en galerie, rue Saint-Jean et autres lieux de diffusion – Rochefort, Sainte-Marie-de-Ré, bientôt Surgères. Ils sont identifiables à leur « Porte Bleue », le label du PRMA. La symbolique du passage et du pôle passeur d’art habite le seuil. Derrière le battant, il y a une exigence de qualité,

une volonté de montrer « un objet unique réalisé par une personne pour une autre personne  ». À ce qui pourrait valoir définition du métier d’art, Agnès Sauvaget ajoute «  un savoir-faire qui transforme la matière bois, métal, terre, verre, pierre  ». Catalyseur de cette alchimie, le PRMA suscite l’affinité entre artistes. « Il a créé des liens qui nous permettent de travailler ensemble  » confirme Marina Richer de l’atelier Matlama à La Rochelle. Ses sacs en maille ostréicole ont épousé la coquille d’huître et l’ardoise que travaille ID Ska à Bourcefranc, et mis au monde un cabas : « les Collecteurs ». Le pôle actionnera un fort levier commercial lors de la Journée nationale des métiers d’art. Le 18 octobre, il organise à La Rochelle une vente aux enchères d’objets créés par ses artisans. Cornette de Saint-Cyr en sera le commissaire-priseur. Qui dit mieux ? ¬¬ Élian Monteiro Da Silva

Journée nationale des métiers d’art,  le 18 octobre, vente aux enchères d’objets créés par les artisans du PRMA. www.metiers-dart.com

ci, pas d’objet à vendre en vitrine, mais un même isolement pour des artistes qui aimeraient ne plus vivre seulement d’amour et d’eau fraîche… et montrer leurs démarches, sans parler d’en vivre décemment. L’association Gaspard 17, à l’origine dévolue à l’accompagnement des artistes RMIstes en voie de professionnalisation en Charente-Maritime, a vite ressenti la nécessité de répondre à des questions plus générales : Comment mener des projets et trouver des financements  lorsque les montages d’expos sont d’une complexité croissante ? Comment créer une dynamique pour les plasticiens locaux, fragiles et peu reconnus des politiques publiques ? Progressivement, elle s’est transformée en un lieu fédérateur pour leur recherche de contacts, d’aide à la communication, de conseils pour s’y retrouver dans le micmac administratif. Aujourd’hui, armée d’une nouvelle équipe et d’un local à Tasdon, l’association souhaite interpeller les différents acteurs culturels du département afin de devenir un vrai point d’ancrage pour, mais surtout avec les artistes. Et plus ils seront nombreux, mieux ça sera ! ¬¬ Catherine Fourmental-Lam

Contacts : 2, rue Jeanne-Jugan, La Rochelle Tél. : 05 16 97 13 94 Le Blablab’art : accueil libre le vendredi matin Ateliers ouverts au public à La Rochelle, les 4 et 5 octobre


arts plastiques Sucer le désespoir « Je fais avec ce que j’ai appris, je bidouille. » Une bidouille exaltée. La volonté de représentation est exclue – « Je suis dans une recherche formelle. » L’abstraction dit mieux « les questionnements sur l’humain, la quête de l’équilibre et du déséquilibre qui l’un et l’autre permettent d’avancer ». Ça tient debout. Et ça tient au mur. Alain Tréhard a exposé : à l’Arsenal (La Rochelle), une installation sous bunker avec galets têtus, cabinet de réflexion et Bible ouverte ; à Brouage, Les Traces de l’ange sur panneaux et iconophotographies – photo, rouge à lèvres et bidouillages numériques. En 2007, Tréhard a sculpté Le Ventre du Monde dans le calcaire des « Lapidiales » de Crazanne  : un labyrinthe – « L’homme est face à ses responsabilités » – avec un sexe pour l’exit. Il devait renaître. Il le fallait. Cette année-là, la mort ou sa cousine lui a chuchoté des trucs à l’oreille.

Tréhard, l’ange de fer L’art de Tréhard est fait de métal et de feu, d’acides et de jus, de filasse et de jute. C’est Vulcain soufflant sur les cheveux d’un ange. Mais le séraphin a dû prendre du plomb dans l’aile : ici et là il y a blessure, suture, brûlure.

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mprunter l’épineux chemin du maudit artiste serait pourtant faire fausse route : lui ne s’y griffe même pas les flancs. Alain Tréhard est un être pensant, il souffre et sourit, assurément. Mais c’est la main qui est à l’œuvre, comme à la forge. S’il y a en son âme des tempêtes et sous son crâne assez de références poético-cinézicales, elles n’y sont que pour perfuser de riche matière le bout de ses doigts. « Je me nourris de tout ce qui m’entoure. » Tréhard – ce nom vous va très bien  : 1,90 m de haute silhouette, look de rocker heavy metal andalous éclairé d’un regard vert, à peine plus que lointain – Tréhard, donc, vient de là  : matière et manière de faire avec le fer. Physique, violente, sensuelle.

Au chapitre formation, on le trouve autodidacte. D’abord micromécanicien (heinquoiquesse ?) puis peintre en lettres (côté Ivre de femmes et de peinture), on sait qu’il apprit sur le tas le travail des métaux, plus tard la photographie. Au résumé, il y a bien de quoi vous bâtir un faiseur de sculpture à plat. Il aime la formule et lève l’interdit : « Ma peinture, on peut la toucher. » Toucher la chair, car l’œuvre ici est organique, irriguée. Caresser la peau des métaux – acier, alu, cuivre : bord à bord les plaques dessinent une géométrie –, peau bleue, brune, ocre, verte ; oxydée, frottée au nitrate, saignée, cautérisée au chalumeau, polie, impolie, patinée. Et pour la période grise : feuille de plomb, ardoise, verre.

« Ma peinture, on peut la toucher. » Toucher la chair, car l’œuvre ici est organique, irriguée. Tréhard exposera. Aux Journées du patrimoine (20-21 septembre), avec sept photographes et dix écrivains – « Je ne me vois pas enfermé à l’atelier, j’aime échanger, faire découvrir des artistes, mettre les gens en résonance » –, il donnera à voir Je te présente mon corps, transporté ensuite à l’Arsenal de La Rochelle. Enfin, pour le prochain spectacle de la Cie Toufik, Tréhard a sculpté des masques de danseurs et il a encore volé dans les plumes d’un ange, icelles pour composer un écran vidéo léger comme une aile. En attendant, on peut filer rue SaintNicolas, à La Rochelle – la galerie Être et Connaître tient toujours quelques belles pièces de lui –, ou bien imaginer de quelle peau est tanné le tableau Sucez le désespoir à mes deux seins de cuivre. ¬¬ Élian Monteiro Da Silva

A. Tréhard sera présent aux Lapidiales de Crazanne (17) les 13 et 14 septembre. Il exposera à la Biennale 2D de la Morue Noire du 1er au 30 novembre 2008 Bât 20, Les Terres Neuves, Bègles (33) Voir Tréhard sur le web :  www.trehard.com  et www.myspace.com/trehard

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internet + design L’Internet pour découvrir le monde depuis son fauteuil ? Le monde oui, mais aussi le coin de sa rue ! Découvrons ensemble ce qui se passe sur notre écran près d’chez nous.

Agence Richet & Cie

C’est beau une ville sur Internet L

es municipalités ne sont pas réputées pour l’excentricité de leur promotion. Certaines vont jusqu’à l’austérité. Le pire, c’est qu’elles sévissent même sur Internet. Dès le nom de domaine, le ton est an-

noncé. En veux-tu du www.X.fr ? En voilà du www.ville-Y.fr ! Et puis il y a les photos. La plupart usent de clichés institutionnels qui, associés à un bon « Gros bisous de… », feront de belles cartes postales de vacan-

Design

Psychopathologie de la vie quotidienne A

u café le matin, je lis Libé. Encore plus souvent depuis la dernière version de leur maquette : j’adore la typo qui compose les titres. Je suis bêtement satisfait si l’espresso est un Lavazza®. Pas que ce soit obligatoirement le meilleur, mais le lettrage blanc, tout en majuscules, sur ce rectangle bleu s’équilibre parfaitement avec la forme de la tasse blanche. Dans la rue, je note que le petit panneau indiquant les soldes d’une boutique est rédigé en Helvetica® Bold, avec une composition qui ne laisse pas de place au doute : ç’a été fait sur Textedit®, le mini traitement de texte du Mac®. Tellement plus lisible qu’un méchant Times New Roman® dans Word®… Tiens, l’enseigne de ce bureau de tabac est vraiment moche : espaces anarchiques, et

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ces. C’est vrai que détailler les horaires de relève des ordures ménagères ou le menu des restaurants scolaires peut ne pas inspirer le webmaster, même de bonne volonté, mais il y a des limites ! Dans la région, la ville de Niort fait figure d’exception. La préfecture des Deux-Sèvres se singularise en effet par une communication Internet – un peu – décalée. L’adresse www.vivre-a-niort.com est plutôt accueillante. Elle invite à découvrir les quartiers et les services. Elle invite surtout, dès l’ouverture du site, à profiter pleinement des animations mises en place avec le milieu associatif, les artistes et les commerçants locaux. À grand renfort de fraîches illustrations, la ville dévoile ses «  Samedis piétons  », son «  Niort plage  » ou les spectacles de ses « Jeudis de Niort » de l’été. Des illustrations qui sauvent finalement le contenu d’un site dans lequel les réflexes institutionnels persistent. Formalisme, quand tu nous tiens. ¬¬ Pierre Labardant www.vivre-a-niort.com

polices de caractères différentes pour les majuscules et le reste des mots… pffff. Ah ! par contre, la plaque émaillée au-dessus de ce transformateur électrique est superbe : sans empattement, capitales, typo rouge, fond blanc… terrible. Et voilà que je m’aperçois que je n’avais jamais regardé l’enseigne du magasin New Man… à cause de ce qu’ils vendent, sûrement. Pourtant ce jeu de miroir typographique qui compose leur logo, c’est vraiment un beau travail. Et le script au pinceau sur la devanture de la Guignette… Aujourd’hui j’ai dans mon sac un bouquin trouvé à la médiathèque, un album pour enfant, de Delphine Durant, réalisé tout au pinceau, textes compris et intégrant des collages de vieux papiers imprimés, tickets de tombola et étiquettes de prix. Magnifique. Je l’apporte au graphiste avec qui je travaille : lui ne me prend pas pour un dingue et sait qu’il en va de la typographie comme de toutes les petites obsessions  : on est toujours content de savoir qu’on n’est pas seul à être atteint… ¬¬ Martin Masmontet


audiovisuel diffusions à la Coursive ou au Dragon et rencontres dans le « Village festival », sous un chapiteau surchauffé situé cours des Dames. La France a peur Inédits, compétition officielle, œuvres (40 au total), Europe (8 fictions), le plus populaire : les arguments pleuvent pour attirer les férus de télévision qui pourront souffrir à souhait de la climatisation des grandes salles. Il faut dire qu’il y a 19 prix à attribuer dont 16 par le jury présidé par Francis Huster. C’est une ode au prime time. Les chaînes (TF1, France 2, France 3, Arte, M6 et Canal +) ne s’y trompent pas en profitant de l’événement pour mettre leurs prochaines productions sur orbite. Sans parler des dommages collatéraux. À commencer par la contagion organisée dans le cadre des diffusions « Hors les murs ». Les villes de Poitiers, Angoulême, Jonzac et Saint-Georges-de-Didonne vont ainsi voir fondre sur elles une sélection de fictions primées à la Capitale (also known as La Rochelle).

Festival de la Fiction TV

TV addicts du monde entier, unissez-vous ! Cinq jours pour prendre des mois de télé d’avance : c’est ce que propose le Festival de la Fiction TV. Du 17 au 21 septembre, la dixième édition de cet événement permettra de découvrir ce que la planète peut produire de plus bigarré en matière de films et de séries. Installez-vous confortablement, bière et chips à portée de main, et plongez dans l’univers intoxiquant du petit écran ! Ils sont parmi nous Ils ont annexé La Rochelle en 2007 après huit ans passés à écumer Saint-Tropez. « Ils », ce sont les professionnels et le public fidèle de la fiction télé. Des mutants de salon qui acceptent une fois par an de quitter leur écran plat des yeux – on prétend que certains sont encore équipés de

modèles à tube cathodique – pour sortir regarder des films en grand format. Et ils sont attendus. 1 600 professionnels badgés et quelque 15 000 spectateurs invités vont être choyés par notre bonne ville de culture, à peine sortie de l’eau après le Grand Pavois. Épaulés par nos institutions, ils vont investir le port, alternant

« Esed minim zzriuscipit loreet ipisim dolore tem zzriurero enissi. » L’antenne est débranchée ? J’entends des voix Regarder la télé en fermant les yeux : le luxe absolu. Car j’entends des voix qui me racontent les programmes. Celle que j’entends le plus souvent est celle de Quentin Raspail, le Dark  président du festival. « Pierre, tu es mon fils » sont les mots que j’ai cru déceler lors de notre entretien téléphonique. Il sait que je suis un fervent combattant de la cause télé. Et lorsqu’on me parle de « passion de l’image » et de séries en exclusivité, je ne peux que rejoindre le côté obscur… de la salle. Puis il y a les voix que je perçois au loin. Celles des comédiennes qui me susurrent le contenu de scénarios pendant les lectures proposées dans le cadre le festival. À moins que je n’entende tout simplement les conversations des lecteurs de TV Hebdo et Télé 7 jours, venus en masse sur notre Croisette, en train de délibérer pour élire la meilleure série de l’année. En tout cas, les voix sont bien là. Et je ne vais pas me donner la peine de lever une paupière. ¬¬ Pierre Labardant www.festival-fictiontv.com

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Foot pour les garçons, poney pour les filles

C’est l’automne. Les jours raccourcissent, sauf les mercredis et les samedis, qui comptent double. Ces jours-là, mon voisin, calme en été, hurle en courant dans l’impasse, hagard et fou : « Qui va chercher Hugo au foot ? Mathis au piano ? Emma au poney ? Qui emmène Suzy-Lou au judo ? Bryan à la danse ? Dartagnan à l’escrime ? » Et moi, qui suis-je ? D’où viens-je ? Qui dois-je aller chercher ? À quelle heure et pour l’emmener où ?

C

’est l’automne. Plus lourdement que les feuilles, tombent les emplois du temps, et il reste des trous dans celui, partiel, des enfants. La perspective de les voir nous imiter en se vautrant des après-midi entiers devant la télé provoque des suées parentales. Inoccupé, un enfant devient mécaniquement délinquant, les plus grands partis politiques l’ont scientifiquement prouvé. Et drame ! Enzo, qui, l’an dernier encore, ne jurait que par le foot, a décidé, avec force persuasion et caprice, de raccrocher définitivement les crampons pour faire de la tecktonik. Clara, après six ans de conservatoire et la location d’un piano droit qui prend la place du home cinéma, entend désormais s’attaquer à l’aïkido. Raphaël, avec résolution et application, refuse de rien entreprendre et glande six heures par jour sur sa DS. Lucie, comme à chaque rentrée, veut tout faire, avec chacune de ses copines, et au prix de l’achat complet de toutes les panoplies : palmes, masque,

tuba, baudrier, mousquetons, corde, grosse caisse, toms et charleston. « C’est vrai que l’on observe parfois des effets de mode amusant, comme une demande inattendue de Capoeira il y a quelques années, rigole un coordinateur associatif à Niort. Et là, par exemple, si la France s’illustre particulièrement dans une discipline aux J.O., on va aussi le ressentir. » J’ai tout essayé « Mais ces touche-à-tout versatiles, c’est pas inquiétant ? », s’alarment les parents angoissés qui souhaiteraient bien un peu d’opiniâtreté juvénile. Meuhhh non… moi qui vous écris, l’éclectisme apparent de mon itinéraire associatif m’a fourni la souplesse et l’adaptabilité nécessaire à la précarité de notre monde moderne. J’ai failli devenir footballeur professionnel en 1978, à six ans (simplement refroidi par les méthodes de préparation physique de l’entraîneur), numéro 1 mondial de


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II

L’un après l’autre ? En même temps ? Pourquoi faut-il choisir ?

Au programme des grandes scènes…

Jeun public © DR

tennis en 79 (la célèbre balle de match face à Borg renvoyée dans les thuyas du voisin par la poignée de porte du garage), aventurier en 80 (sceptique quant au sérieux d’Akela, le chef de meute, un grand dadais en short), ceinture rouge de karaté en 82 (pesamment rappelé aux réalités du terrain lors de mes premiers combats), prometteur gardien de handball en 83 (injustement remarqué pour ma technique personnelle d’arrêt des pralines avec les yeux, droit ou gauche, au choix de l’adversaire), ping-pongiste en 85 (notablement remarqué pour mes services artistiques, mes attaques inespérées et ma défense désespérée). J’ai finalement été libéré des obligations extrascolaires après un K.O. maternel, pour connaître avec ravissement les subtiles délices du désœuvrement.

Activité sportive, associative, dérivative et palliative… Socialisation, émulation, compétition-tion-tion

O

 ersonne ne vous y oblige P « Parce que si les enfants ne font rien, c’est pas grave ? » se décomposent les géniteurs, qui préféreraient plutôt abriter un chirurgien qu’un poète. Meuhhh non… face à l’armée des entraîneurs militants et des pédagogues réunis, il faut réaffirmer que le rêve et la glandouille, c’est de l’or en barre, du capital d’intelligence, de la créativité en (sub)prime. Mais il n’empêche : Raphaël, avec application et résolution, refuse de rien entreprendre et ça vous angoisse. Vous lui agitez sous le nez les avantages nombreux et variés d’une activité sportive, associative, dérivative et palliative. Des mots inconsidérés vous échappent : socialisation, émulation, compétition… Las, Raphaël lève un œil de son écran, pose ses pinceaux, son bouquin, son râteau et vous assure que oui, peut-être, il s’essaiera lui aussi aux échecs – le jeu, pas votre bilan – dans un avenir plus ou moins proche, s’il sent vos angoisses persister et vos coups d’ouverture toujours plus prévisibles. C’est l’automne. Les jours raccourcissent. Les mercredis et samedis vont être bien occupés. Pour les routards de l’extrascolaire, il existe des pistes : la mairie de La Rochelle édite chaque année un Guide-Loisirs disponible début septembre auprès de l’Office municipal des sports et au CDIJ, rue des Gentilshommes. À Niort, l’information est en ligne : www.vivrea-niort.com/fr/vie-quotidienne/associations. Pour les autres, les contemplatifs asociaux, il y a tout le reste… ¬¬ Philippe Guerry

Équilibre ? Alors évidemment… on objectera que, petit un, on ne connaît rien de ce périlleux exercice qui consiste à équilibrer la programmation d’une saison… Imparable. Que, petit deux, il n’existe pas que les seules scènes nationales pour veiller à l’édification culturelle de nos enfants et qu’on peut toujours aller voir ailleurs. Indiscutable. Que, petit trois, on n’est sans doute pas obligé de suivre à la lettre les indications d’âge minimum conseillé par les programmateurs et que, si le petit dernier se passionne pour la danse contemporaine ou la musique classique, il faut peut-être l’abonner aussi. Incontestable. Et alors ? Alors rien. Faut s’y faire, c’est de saison : la culture, ça passe après les marrons. ¬¬ Philippe Guerry

n trouverait comme un arrièregoût de Bon Point au mérite dans la programmation « jeune public  » de nos scènes nationales et conventionnées. Pour ce qui concerne la rentrée culturelle et artistique de nos enfants, ce qui ressort au premier coup d’œil, c’est quand même «  ceinture avant la Toussaint  ». Premier spectacle «  familial » à La Coursive, la compagnie canadienne « Les 7 doigts de la main » pour Traces, fin novembre ; au Moulin du Roc, Chansons aux pommes de Christine Autier, le 26 novembre ; à La Coupe d’Or, Parole d’oiseau de l’ensemble Odyssée, le 14 novembre ! Pour ceux qui souhaitent un peu de gaieté, prière d’attendre un peu de grisaille.

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Un lycée expérimental à Oléron Lycées autogérés ou expérimentaux, on ne dénombre que quatre établissements pédagogiques publics de ce type en France, dont un à Boyardville sur l’île d’Oléron.

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n 1982, le ministre socialiste de l’Éducation, Alain Savary, avait donné son feu vert pour l’ouverture de quatre lycées expérimentaux. Contrairement à ceux de Paris (LAP) et de Saint-Nazaire (le quatrième étant Hérouville Saint-Clair), le CEPMO* d’Oléron n’est pas resté autogéré, c’est-à-dire que les élèves, même s’ils sont consultés, ne votent pas les décisions de gestion assurées par le collectif enseignant. Cependant les objectifs sont communs : offrir une alternative à des élèves en grande difficulté, rejetant le système scolaire ou désireux de se réorienter,  après un CAP par exemple ; apprendre l’autonomie et trouver sa place dans un projet collectif. Le lycée, installé dans la « Maison Heureuse » à Boyardville, une propriété de la mairie en limite de la plage, propose une formation générale, des options aussi bien artistiques que liées au domaine nautique comme la navigation, la plongée…

tratives et d’entretien sont effectuées par roulement, à l’exception de la restauration, faute d’une cuisine aux normes. On peut toutefois regretter qu’une partie des locaux, aujourd’hui délaissée, ne soit pas rénovée pour créer un internat, gage d’un recrutement plus diversifié socialement.

Une organisation autonome Le CEPMO n’a ni chef d’établissement, ni surveillant, ni gestionnaire. Recrutés sur la base du volontariat après un entretien avec l’équipe en place, les enseignants, aux horaires extensibles, gèrent le budget alloué annuellement par le rectorat (à l’exception des salaires). Des assemblées générales réunissent élèves et professeurs, mais c’est l’équipe pédagogique qui décide des grandes orientations. Venus de la France entière, les lycéens postulants, dont l’âge oscille entre 15 et 22 ans, doivent envoyer une lettre de motivation définissant un projet personnel. Actuellement, on compte 70 élèves, pour une capacité maximale de 120, et 18 enseignants. Tout au long de l’année, les tâches adminis-

Incertitudes Même si l’Éducation nationale suit avec intérêt ce travail pédagogique, d’autant que la réussite au Bac est comparable à celle des autres établissements, le renouvellement du bail peut s’avérer problématique. D’autre part, la question du développement de ces pratiques (encourageantes) pour combattre l’échec scolaire dépend du politique et, en ces temps d’ultralibéralisme et de réductions drastiques des budgets publiques et des personnels, il est peu probable que des expériences similaires essaiment dans de bonnes conditions. ¬¬ Philippe Thieyre

Tutorat, autodiscipline, auto-évaluation, concertation Voilà les maîtres mots du CEPMO. Pendant leur scolarité, les élèves sont soutenus par des tuteurs fonctionnant en binôme. Si les cours, obligatoires, respectent les programmes en vigueur, les absents ne sont pas sanctionnés, mais doivent se justifier lors de discussions afin de faire le point sur leur motivation, voire sur une réorientation éventuelle. Pas de notes non plus, mais des concertations débouchant sur des synthèses, des auto-évaluations de la part des lycéens et des étapes de compétence.

* Centre expérimental polyvalent et maritime en Oléron.

Rebondissement Face aux appétits féroces des promoteurs, jamais en manque d’alliés intéressés, qui bavent devant l’emplacement idéal de la « Maison Heureuse » et surtout au cœur d’une bataille juridique entre la Région et la commune pour la prise en charge des indispensables travaux et la gestion du lieu, le sort du CEPMO est plus incertain que jamais. Début août, contre l’avis du maire, l’autorisation d’ouverture provisoire pour la rentrée a été refusée par le conseil municipal de SaintGeorges-d’Oléron. Mi-août, l’autorisation annuelle a été finalement accordée, à condition que la Région ne fasse pas de travaux. À suivre de près pour savoir quelle société nous voulons pour nos enfants.


portrait

« Surf ? — Surf. »

allé, à l’époque, s’inscrire en fac de droit. Il y est resté quinze jours avant de se décider à faire ce qu’il voulait : voyager. Destination Huntington Beach, Californie. Il y restera 4 ans. Suivra un séjour d’un an et demi sur une autre terre bénie du surf, la Mecque de la houle, Hawaii. Depuis, il a écumé quelques-uns des plus beaux spots de la planète, du Maroc à l’Australie, de la Nouvelle-Calédonie aux Galapagos. Il a parcouru la côte mexicaine de Big Sur à Baja, la côte européenne de la Bretagne au Portugal. Respect Lorsqu’est venu le temps de trouver un métier, il s’est logiquement tourné vers le brevet d’État Surf. Le bout de papier en main, il a enseigné trois saisons à Hossegor, sur la plage des Estagnots, l’une des plus belles vagues de France. Et depuis 2006, retour à la maison, ouverture de Ré Surf School, après de longues démarches et négociations auprès des collectivités locales et de l’Office national des forêts, qui gère la conservation des dunes et de la forêt du Petit-Bec. Si Guillaume a reçu l’accord des autorités, c’est que son projet ne se limite pas à celui d’une entreprise commerciale  : en même temps qu’un sport, lui et son collègue Stéphane Lopez (surfeur marseillo-landais) enseignent le respect de l’océan et de l’environnement, les règles de courtoisie et de sécurité de mise sur les spots à des élèves de tous âges. Certes, travailler avec la clientèle de passage aux Portes-en-Ré ne relève pas à proprement parler d’une œuvre sociale, mais Guillaume tient à proposer des conditions préférentielles aux Réthais qui souhaitent s’initier.

Deux mois de travail par an… Passer ses hivers à voyager et exercer le métier que l’on aime le temps d’une saison d’été, on en rêve tous, mais rares sont ceux qui s’en donnent les moyens. C’est le choix qu’a fait Guillaume Boudesseul.

L

’entretien est mené au téléphone car si la saison est courte, elle n’en est pas moins intense. Et durant les mois de juillet et août, Guillaume est dans l’eau toute la journée, sur les vagues même ! Pour la troisième année, il s’est installé sur la plage du Petit-Bec, aux Portes-en-Ré, et a rouvert son école de surf : Ré Surf School.

Flux et reflux Quand il s’agit de surf, Guillaume sait de quoi il parle : il a grandi entre l’île de Ré et La Rochelle, a commencé à surfer vers 13 ans et n’a jamais arrêté depuis. Pour faire plaisir à ses parents enseignants (et même proviseur, pour son père), il a poursuivi sa scolarité jusqu’au Bac et est

Hasard et nécessité Tous ses voyages lui ont offert, en plus d’un niveau en surf peu commun, de nombreuses rencontres et le souvenir d’endroits incroyables. Une pêchée au hasard : au milieu d’une région quasi inhabitée d’Australie, à plusieurs heures de marche de la dernière route, ses compagnons de voyage et lui sont tombés nez à nez avec d’autres surfeurs avec qui ils avaient lié connaissance quelques mois auparavant sur une plage marocaine. L’occasion d’improviser une fête sous les étoiles après une session magique sur un spot quasi vierge. Dès la saison finie, il est certain que Guillaume embarquera une nouvelle fois ses planches vers une destination qu’il ne connaît pas encore, histoire de voir si l’eau n’est pas un peu plus bleue ailleurs… ¬¬ Martin Masmontet

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portrait dont un bon contingent issu du centre de formation. Une politique perpétuée depuis. Avec ses joueurs, il hisse le Stade Rochelais à un haut niveau, manquant de peu l’accès au Top 14 ces deux dernières années. « Il se passe quelque chose dans ce club. » Tout est à faire Mais Serge Milhas ne se satisfait pas de ces résultats. Avec le staff technique, il met en place des structures qui ancrent définitivement le Stade dans le sport professionnel. «  Avant, il n’y avait rien  »  : pas de préparateur physique, la musculation dans une salle extérieure, pas d’outil d’analyse des matchs et un management à l’ancienne. Aujourd’hui, l’empreinte de l’entraîneur, en plus du jeu, se retrouve dans cette professionnalisation. La préparation et le suivi des joueurs se font désormais en interne. La vidéo des matchs est disponible un quart d’heure après le coup de sifflet final. « Auparavant, je passais mon dimanche à numériser les bandes analogiques. Maintenant, on filme et on monte en direct.  » Et l’encadrement des joueurs suit un « protocole » personnalisé. Bien peu est désormais laissé au hasard. Et après  ? «  Après, rien. Je suis bien ici ! » ¬¬ Pierre Labardant

Tempérament un jour, tempérament toujours Serge Milhas est entraîneur du Stade Rochelais, le club emblème de la région dans le championnat de rugby Pro D2. De lui, on sait peu de chose : « Je n’aime pas trop qu’on parle de moi. »

Q

uand on l’entend, c’est du bord du terrain, pendant les matchs. Serge Milhas est, comme on dit, un tempérament. Un meneur d’hommes. Ancien demi de mêlée dans l’Élite*, il a gardé la gouaille de ses années de numéro 9. La franchise aussi. « Pour nous, c’est le Nord » Serge Milhas vient des Hautes-Pyrénées. Il l’affiche jusqu’au fond d’écran de son ordinateur : « C’est l’Arbizon. » En 2004, son arrivée à La Rochelle avec sa famille s’apparente à un traumatisme. Après quarante ans passés au pied des Pyrénées et dans le Gers, les Milhas sont un peu décontenancés. «  Pour nous, le Nord commence au-dessus de la Garonne.  » Au terme d’une carrière de joueur aux quatre coins du Sud-Ouest, il devient d’abord entraîneur de Colomiers. « Au début, j’ai gardé mon job. » L’époque de l’amateurisme. Car, dans le

civil, il travaille dans l’informatique. Une autre époque. Puis vient l’opportunité de rejoindre le Stade Rochelais avec, à la clé, un premier poste d’entraîneur professionnel. Et la surprise de découvrir le jeu sous de nouvelles latitudes. « À mon premier entraînement, un 15 juillet, on s’est pris un orage qui nous a obligés à arrêter. C’était pour me souhaiter la bienvenue ! »

Allez les jaunes, allez les noirs, allez les jaune et noir. Après cinq semaines de préparation, entrecoupées de trois rencontres amicales, le Stade entame la saison 2008/09 par un match à domicile contre Oyonnax, le 6 septembre. Le week-end suivant, il retrouve le Métro Racing, son adversaire des dernières demifinales de Pro D2.

*C  hampionnat de rugby de première division.

  Je ne vis pas   « dans le passé » De l’époque douloureuse de sa prise de fonction au Stade Rochelais, Serge Milhas préfère garder le meilleur : «  La première année, on a perdu 6 fois à domicile mais je crois qu’on n’a jamais été sifflés. » En 2005, les bases de l’aventure actuelle sont jetées, les effectifs de l’équipe renouvelés à 50 %. «  La chance, c’est de créer un groupe. » Le Stade ouvre désormais ses portes à « des jeunes à fort potentiel »,

1970

le triolet un club

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2008

Les petits riens qui font la différence

Pas de top 50, une musique très branchée pour noctambules de tous âges, dans un décor de miroirs, laque laiton. Un étage repensé dans un décor d’inox, de cuir et sculptures. Du lundi au jeudi ouverture du Triolet à l’étage avec salon fumeur. Discothèque de 23h à 5h du matin

8 rue des Carmes. La Rochelle Tél. 05 46 41 03 58 ou 05 46 41 11 88

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Directions To  See A ghost The Black Angels Light in the Attic/ Pias Ils sont six. Ils sont  jeunes. Ils viennent  du Texas. Ce  sont les héritiers  spirituels du  psychédélisme des  années soixante,  un croisement  formidable  et modernisé  entre le Velvet  Underground et  leurs compatriotes  du 13th Floor  Elevators. Longs  morceaux,  sombres climats,  martèlements  rythmiques et  circonvolutions  de guitares, avec  des vocaux à  l’unisson, tout  est parfaitement  au point sur ce  deuxième album  à écouter en  boucle avant  de les découvrir  sur scène si nos  programmateurs  locaux voulaient  bien sortir des  sentiers battus. /P.T.

In The Future Black Mountain Jagjaguwar Là aussi, cette  formation, 

issue d’une  communauté  de musiciens  canadiens, propose  un rock estampillé  par la férocité  des guitares et  par des vocaux à  plusieurs voix. Ces  jeunes musiciens,  fi lle et garçons,  développent  leurs idées sans  contrainte de  temps comme sur  Bright Lights, qui  dure plus de seize  minutes. Leur  néopsychédélisme  se teinte de  progressif et de  folk tout au long  de ce deuxième  album. Un bel  amalgame  d’infl uences  totalement  digérées et  renouvelées. On ne  s’en lasse pas.        /P.T.

peu tous les styles  avec un savoir-faire  inégalable et une  bonne humeur  contagieuse. La  liste des invités  à la fête, d’Olivia  Ruiz à Pierre  Barouh en passant  par l’accordéoniste  Marcel Azzola,  Sanseverino,  Christophe et  Jean-Jacques  Milteau, démontre  l’éclectisme d’un  projet qui ne  tombe jamais  dans la facilité  ou la nostalgie  castratrice./P.T. dVds

Nagisa Oshima

La Clef

Tribal Musette Dominique Cravic et les Primitifs du Futur Universal Jazz Après World Musette en 1999,  voici un nouvel  opus des Primitifs  du Futur, groupe  à géométrie  instrumentale  variable. Sous la  direction musicale  du guitariste  Dominique  Cravic, avec  une inimitable  pochette de Robert  Crumb, cette  musique tribale  revisite en fait un 

Nicloux fait se  rencontrer les  protagonistes de  ses précédents  fi lms (Une affaire privée et Cette femme-là) en  prenant soin  d’entretenir une  ambiance glauque. Pas complètement  réussi mais  troublant, souvent  dérangeant dans  son discours  et relevé par  un casting  impeccable./G.D.

France – 2007 – 115 mn – Couleur de Guillaume Nicloux avec G. Canet, M. Gillain, T. Lhermitte, J. Rochefort, V. Paradis, O. Rabourdin, Y. Verhoeven et J. Balasko Éditeur : M6 Un peu trop  alambiqué dans  son cheminement,  La Clef n’en  demeure pas  moins un polar  bien noir dont  l’enquête, prétexte  à une quête  identitaire, recèle  des situations  complexes et  scabreuses propres  au genre. 

La vidéo permet  enfi n de découvrir  un des plus grands  cinéastes nippons,  qui commença  sa carrière dans  les années 60.  Moins connu  que Kurosawa ou  Mizoguchi, Oshima  est pourtant  d’une importance  aussi grande  pour le cinéma  sociodramatique.  Homme de  lettres, son style  iconoclaste le  démarque dès ses  premiers fi lms, où  il parvient déjà à  aborder les thèmes  qui lui sont chers :  la jeunesse, la  violence et le sexe.  Remettant en  cause les valeurs  ancestrales d’une  société japonaise  pour le moins  décevante, Oshima 

fi lme comme il  pense. Pessimiste,  révolté, ses  premières œuvres  sont un condensé  de sa pensée, noire  et désillusionnée.  Il ne se fera  connaître que  tardivement en  France grâce à  l’adaptation d’un  fait divers qui fi t  scandale : L’Empire des sens. Le coffret « La  trilogie de la  jeunesse » est  complété par  un livret sur le  cinéaste. Deux  autres monuments  de l’auteur, Le Cri de la chair et  Nuit et brouillard au Japon, sont  également  disponibles dans  de magnifi ques  versions  remastérisées. /G.D. LiVres

À la recherche de robert Johnson – P. Guralnick Bruce Frederick springsteen – H. Barrière et M. Ollivier Deux parutions,  rééditions au  Castor Astral. Très  différentes dans  leur approche, la  première propose,  en à peine cent  pages, un portrait  recomposé du 

génial bluesman  Robert Johnson,  quasiment  l’inventeur du blues  moderne malgré  une production  limitée ; la seconde,  un gros pavé,  trace le portrait  d’un chanteur  et compositeur  essentiel du rock  US, mais dont  beaucoup de  facettes restent  méconnues en  France.  Un rappel pour  les amateurs de  jazz : se procurer  impérativement  l’excellente  biographie rahsaan roland Kirk de Guy Cosson (éditions  du Layeur), avec  une discographie  exhaustive et en  bonus un CD live et  inédit.  Les premiers livres  des grands auteurs  de polar sont  souvent les plus  marquants avec  la découverte de  personnages forts  et d’un univers  particuliers. Il ne  faut pourtant  pas négliger les  suivants comme  ce À Genoux de  michael Connelly  (Le Seuil). Pour donner des  idées malsaines  aux jeunes lecteurs  ou se rendre  compte que la  vie n’est pas que  rigolade et sincère  camaraderie, une  soixantaine de  courts portraits  de dictateurs  emblématiques :  Le Guide suprême, Petit dictionnaire des dictateurs  (Ginkgo éditeur).  /P.T.


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