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Herman Lombaerts

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rencontrent pour s’informer mutuellement, pour apprendre à s’écouter et se comprendre à partir de leurs contextes respectifs. Cette ouverture est indispensable pour se constituer une mémoire collective commune et ainsi se retrouver dans une Union Européenne de l’avenir et générer une solidarité nouvelle.

Deux recherches en parallèle Le but de cet article est d’évoquer brièvement deux recherches à propos de l’enseignement de la religion à l’école. L’une envisage à concevoir un paradigme pédagogique propre à (un pays de) l’Europe occidentale (la Belgique Néerlandophone), profondément sécularisée. L’autre explore la situation actuelle des jeunes générations (d’un pays) de l’Europe de l’Est (la Lituanie), anxieux de s’échapper aux conséquences du cauchemar communiste, et de concevoir une approche appropriée à leur situation concrète. A première vue les deux projets se retrouvent autour de la même perspective et se proposent d’adopter une solution analogue. A y regarder de plus près il y a lieu de remarquer des différences importantes. Trois questions semblent pourtant préoccuper les deux communautés :1/ Si l’on peut observer un flagrant embarras de la catéchèse et de l’enseignement de la religion visà-vis du contexte actuel, quelles sont les options et les directives de la part des Eglises à ce sujet ? Et quelle positionnement adoptent, en principe ou de façon pragmatique, les catéchistes et les professeurs de religions par rapport à leur responsabilité ? 2/ Quelle lecture théologique sous-tend l’analyse des difficultés et des impasses éprouvées ? Et parvient-elle à développer une nouvelle visée stratégique ? 3/ Quant à la constitution d’une identité, religieuse ou chrétienne, quel profil voit-on émerger chez les jeunes générations ? Et quelle identité chrétienne est proposée au sein de la catéchèse et de l’enseignement de la religion ? Il va sans dire que les autorités ecclésiastiques, responsables de la formation religieuse des enfants et des jeunes ont toujours eu le souci de s’adapter aux changements des temps. Toujours est-il qu’un modèle particulier constituait en quelque sorte la norme pour toute forme d’enseignement : la transmission – par des catéchistes ou des professeurs – de la tradition chrétienne aux jeunes générations – les récepteurs. Une théologie d’inspiration essentialiste offrait des arguments convaincants pour justifier une approche déductive, linéaire, centrée sur l’autorité de la révélation, l’Eglise catholique étant la seule garante du salut universel dans le Christ. Ce processus de transmission était surveillé de près de sorte que la continuité du contenu de la foi et de son vécu orthodoxe ne soient pas compromise par des conciliations trop faciles.

A. L’Europe occidentale Depuis les années 1960 les difficultés rencontrées dans la pratique ont amené tant les professeurs que les théoriciens à renverser le paradigme de l’apprentissage. Ils optent en faveur d’une approche inductive, dialogale, heuristique, reconnaissant l’expérience comme source de questionnement et d’intelligence, et ouverte aux autres traditions religieuses et philosophiques. Selon cette optique, autant l’enfant et le jeune que l’adulte sont impliqués dans l’élaboration tant du contenu que du processus d’apprentissage. Ils sont à la fois et de façon interchangeable enseignant et apprenti.

Rivista lasalliana 1-2009  

Rivista lasalliana. Trimestrale di cultura e formazione pedagogica

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