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Herman Lombaerts

siales et civiles. Tant les institutions que les professeurs, les parents et les élèves n’avaient qu’à respecter cet état de fait. Par contre, bon nombre d’enquêtes dans différents pays en Europe montrent clairement à quel point cet état des choses officiel couvre des paradoxes. Le cours ne correspondrait pas aux intentions, il ne mènerait pas aux résultats espérés, il ferait plus de tort que de bien, etc. Les données que nous présentons, bien entendu de façon trop sommaire, voire exemplaire, montrent dans quel sens tant les professeurs que les élèves ‘interprètent’ le statut du cours et se donnent une stratégie mentale et pragmatique pour s’acquitter des obligations institutionnelles. L’intérêt particulier est bien de constater qu’une tendance comparable peut être repéré en Europe occidentale et en Europe de l’Est.

Quelques évocations préliminaires En Belgique2, selon les estimations récentes, en 10 ans (de 1998 à 2008) le nombre de personnes participant à la messe dominicale a baissé de 11% à 7% de la population. Le nombre de parents demandant le baptême pour un nouveau-né a diminué de 65% à 57% à peine des naissances enregistrées. Les mariages religieux ont diminué de 49 à 26,5% et les enterrements à l’Eglise de 76 à 61%. Les chercheurs soulignent que l’évolution de la pratique religieuse observée depuis quelques décennies se poursuit : plus rapidement dans les contextes urbains que dans les régions rurales. En se basant sur des observations récentes en Hollande, les enquêteurs anticipent la situation pour 20203. En 1958 24% de la population se situait hors de toute appartenance ecclésiale. En 2004 ce pourcentage s’élevait déjà à 64, et on estime qu’en 2020 72% des Hollandais n’appartiendra plus à une Eglise, catholique ou protestante. Les personnes se professant comme membre de l’Eglise catholique romaine a diminué de 42 (1958) à 17% (2004) et s’estime à baisser jusqu’à 10% en 2020. Par contre le nombre de Musulmans augmente de 0% (1958) à 5,8% (2004) et est estimé à 8% en 2020. Grâce aux études répétées pour tout le continent européen et pour le monde entier, il est possible de se faire une idée plus globale de l’évolution depuis la deuxième guerre mondiale4. Il est hors discussion que l’Europe se transforme à tous les égards. L’éventail des difficultés rencontrées lors de l’établissement de l’Union européenne en illustre tant l’envergure que la complexité5. Les changements dans le domaine religieux évidemment frappent de par leur caractère spectaculaire et historique, bien que anticipés à travers la succession de transitions des Temps modernes et des Lumières, sans oublier l’impact décisif de la Révolution Française. La mutation actuelle du vieux conti2

Selon les données rassemblées par le Centrum voor Politicologie de la K.U.Leuven, à la demande de la Conférence Episcopale de Belgique (8 juillet 2008). 3 J.Becker, J. De Hart & L. Arnts, Godsdienstige veranderingen in Nederland. Verschuivingen in de binding met de kerken en de christelijke traditie, Den Haag 2006, p. 38, 52. 4 L. Halman & O. Riis, European Values Studies : Religion in Secularizing Society, Vol. 5, Tilburg, 2003; L. Halman, R. Luijkx & M. Van Zundert (eds), Atlas of European Values, Leiden/Tilburg 2005. 5 Anne-Cécile Robert, L’Europe d’une crise à une autre, Le Monde diplomatique (18 juin 2008) http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2008-06-18-Apres-le-non

Rivista lasalliana 1-2009  

Rivista lasalliana. Trimestrale di cultura e formazione pedagogica

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