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RĂŠserve Naturelle GRAND-PIERRE ET VITAIN

Plan de gestion 2009 - 2013


Un plan de gestion, pourquoi ? Le plan de gestion est un outil de conservation qui permet de définir, programmer et contrôler de manière objective la gestion des habitats naturels et des espèces faunistiques et floristiques, à l’échelle internationale comme nationale, d’une réserve naturelle. La gestion d’un milieu naturel consiste à agir (ou non) en vue de sa conservation, voire de sa valorisation ; cela passe notamment par le maintien des activités traditionnelles, l’utilisation de techniques modernes ou, encore, laisser l’évolution naturelle se faire, et ce dans le but d’entretenir ou de modifier un équilibre écologique en fonction des objectifs de conservation définis.

« Le plan de gestion permet donc d’assurer une continuité, et surtout une cohérence, de la gestion à la fois dans l’espace et dans le temps. Ce document élaboré pour 5 ans devient une référence et aucune modification majeure ne devrait s’avérer nécessaire ». (Atelier technique des espaces naturels - 1998) Le présent plan de gestion 2009-2013 de la Réserve Naturelle Nationale des vallées de la Grand-Pierre et de Vitain fait suite au précédent établi sur la période 2002-2007. Le rôle de ce document est donc de planifier et d’organiser la gestion, de coordonner les travaux réalisés, de mettre en place ou poursuivre les actions de gestion sur le site durant ces 5 dernières années.

Plan de situation N

CHATEAUDUN AVERDON

VILLIERS

VENDÔME

D924

7 D95

La Cisse

D171

MAROLLES

VILLEMALARD FOSSE

A10

BLOIS

Réserve de Grand-Pierre et Vitain

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Le gestionnaire interface avec l’Etat Averdon

La Queue de l’Etang

Les Chailloux

Grande-Pierre les Hautes Miltières

Ciss e

Le Petit Vitain

Pont Maguillon

La Réserve Naturelle Nationale des vallées de la Grand-Pierre et de Vitain, créée par décret ministériel du 23 août 1979, est située sur les communes d’Averdon au Nord et de Marolles au Sud.

Bois du Petit Vitain Les Maisons Rouges

St-Jacques

Les Six Arpents La Garenne

La Grande-Mesle

L’Etang

Château de Pezay Les Terres Blanches Entrée

Entrée

Marolles 0

Légende

La réserve naturelle se trouve à une dizaine de kilomètres au Nord de Blois dans le Loir-et-Cher. C’est un territoire de 296 hectares situé dans la région naturelle de la petite Beauce, à la confluence de deux vallées : n la Grand-Pierre, aujourd’hui vallée sèche, qui s’étire dans la réserve sur 3,8 km, n la Cisse, petite rivière de plaine de faible altitude (92 / 95m), qui s’écoule sur 3,7 km et dont la largeur oscille entre 5 et 10 mètres.

N

400 m

La réserve est en premier lieu un site d’intérêt écologique. Elle est à elle seule un îlot de biodiversité au coeur du plateau beauceron où les grandes cultures sont légions. En effet, la mosaïque de milieux naturels qui la composent offre un contraste saisissant : n les pelouses calcicoles sur le plateau calcaire et ses pentes, n les bois de Chênes pubescents, n les forêts humides et les marais (souvent plantés en peupliers) en fond de vallée.

Ligne SNCF

0

400 m

Ligne SNCF

Au-delà de son patrimoine naturel, la réserve recèle d’autres intérêts : en premier lieu, archéologique pour la nécropole protohistorique de la GrandeMesle classée au titre des Monuments historiques depuis le 4 novembre 1975, et d’autre part, géomorphologique et géologique du fait de la présence de la vallée sèche de la Grande-Pierre, témoin remarquable de la dernière glaciation et encore préservé, alors que bien souvent d’autres ont été détruites ou transformées (défrichements, mises en cultures, carrières, …). La réserve regroupe des parcelles appartenant à de nombreux propriétaires privés, dont 2 sur une surface majoritaire. La chasse et la pêche de loisirs sont des pratiques autorisées, de même que les activités traditionnelles d’exploitations forestières, pastorales ou agricoles. La gestion du site se fait donc avec leur accord par le biais de conventions de gestion. Le Comité Départemental de la Protection de la Nature et de l’Environnement de Loir-et-Cher (C.D.P.N.E.) a été nommé « organisme gestionnaire » dès le 30 novembre 1979 par le Ministère de l’Environnement et du Cadre de Vie. Le CDPNE recrute le Conservateur du site, lui-même chargé de réaliser et mettre en œuvre le Plan de Gestion.

La Grand-Pierre à Averdon en bordure nord-est de la Réserve

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La Beauce au naturel Niveau de la nappe phréatique de Beauce (piézométre de la station de jaugeage de Mulsans située à quelques kilomètres de la réserve, période 1995-2009) :

Quelques caractéristiques climatiques Station météo de Villefrancoeur (aérodrôme du Breuil), période 1991-2008 : n Précipitations moyennes annuelles : 680,6 mm (septembre étant le mois le plus pluvieux, mars le plus sec) n Température moyenne annuelle : 11,4°C (janvier étant le mois le plus froid, août le plus chaud). Le régime actuel présente des caractéristiques de climat atlantique atténué avec des vents dominants Ouest / Sud-Ouest (humides et doux), puis Est / Nord-Est.

La Réserve dans le temps Le calcaire de Beauce, formé dans un vaste lac marécageux pendant l’ère Tertiaire (-23 millions d’années environ), constitue le substratum de la réserve. Lors des glaciations de l’ère Quaternaire (-1,7 millions d’années environ), la surface calcaire est recouverte de limons de plateau. Des périodes de dégel libèrent d’importantes masses d’eau, formant d’abord des ruisselets, puis des ruisseaux, qui ravinent les jeunes vallons, puis les vallées. La vallée sèche de la Grand Pierre, ainsi façonnée pendant quelques milliers d’années, est le résultat du travail de ce ruisseau actif lors de la dernière période glaciaire, puis asséché progressivement lors du réchauffement climatique il y a 8 000 ans environ. Depuis, l’eau s’infiltre dans le calcaire et la vallée reste « désespérément » sèche … en attendant la prochaine glaciation ! La vallée de la Cisse, quant à elle, présente une configuration différente de sa voisine. L’érosion mécanique et chimique plus profonde du calcaire a permis d’atteindre une couche sous-jacente d’argile imperméable, expliquant ainsi la présence de marais.

La Cisse, rivière dépendante de la nappe phréatique de Beauce L’ensemble de la réserve se situe dans le bassin versant de la Cisse. Le débit de la Cisse varie davantage d’une année à l’autre en fonction des conditions climatiques et peut-être des besoins de pompage agricole. C’est ainsi que depuis les années 1980, en raison d’un assèchement global dû à l’abaissement de la nappe alluviale de Beauce qui alimente la Cisse, cette rivière est restée à sec de 1989 à fin janvier 1994 et l’a été plusieurs fois ces dernières années lors des périodes estivales. La Cisse n’est pas exempte de pollutions physico-chimiques de par le caractère karstique des calcaires de Beauce qui rend la nappe alluviale de Beauce très vulnérable.

Parure découverte au cours du XIX ème siècle

Quand l’homme est arrivé ! L’attrait paysager de la réserve est indéniable ; la situation géomorphologique de l’éperon rocheux et la vallée de la Cisse amont ont très tôt été un lieu de civilisation fort et on compte de multiples vestiges préhistoriques, dont en voici l’histoire … Dès le Paléolithique, les hommes ont occupé cette région facile d’accès, sans grand relief apparent, traversée par une rivière à proximité de terres fertiles. Cette colonisation de la vallée s’accentue au Néolithique (abondance de nombreuses traces : villages, dolmens, menhirs, outils en silex et céramiques découverts lors des premières fouilles archéologiques au XIXème), puis à l’Âge des Métaux. La nécropole protohistorique de la Grande-Mesle à Averdon est d’ailleurs l’un des plus beaux héritages qui nous soit parvenu, ce qui a été la raison de son classement aux Monuments Historiques. Utilisée pendant plus de 1 000 ans, il s’agit en effet de la plus grande nécropole de la région Centre avec ses quelques soixante dix sépultures qui y ont été recensées (inventaire mené en 1980 et 1985).

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Espace apparemment sauvage, « Grand Pierre et Vitain » est un site imprégné de l’histoire rurale : les pelouses calcicoles ont servi de parcours à moutons de race rustique depuis 6 000 ans jusque dans les années 1950 environ, les marais avaient la double fonction de nourrir de petits bœufs et de fournir les matériaux pour l’habitation, les bois alentours permettaient de chasser le gibier abondant. L’étude des cadastres montre qu’au XIXème siècle les bois occupaient une surface beaucoup plus réduite qu’aujourd’hui. Dès 1860, l’élevage ovin décline, si bien que les pelouses commencent à régresser. Au début du XXème siècle, une partie des pelouses et les terres cultivées les moins riches ont été colonisées par une strate arbustive. C’est après la Seconde Guerre Mondiale que l’évolution de la végétation s’accélère suite à l’exode rural et à l’abandon définitif du pâturage ovin, livrant ainsi le site à l’embroussaillement et au boisement. Depuis 1996, des conventions de gestion ont été passées entre l’organisme gestionnaire et certains propriétaires afin d’adapter la gestion aux nécessités de la conservation du patrimoine naturel de la réserve.


Pierres taillées (hache et ciseau à bois), découvertes à Averdon

Tombe découverte lors des fouilles archéologiques de 1985

Sépulture en coffre mise en valeur suite aux fouilles archéologiques de 1985

Un exemple de cabane néolithique - Fossé - site de la vallée aux fleurs

Un îlot de richesse et de diversité bilogique ! Une des particularités de la réserve est la diversité des milieux qui la composent, ainsi que leur répartition en « mosaïque » : n les pelouses calcicoles reconnues d’intérêt majeur pour la réserve, n les milieux forestiers, couvrant plus des 2/3 de la surface totale de la réserve, présentent un intérêt important (forêt de pente, vieux arbres isolés, arbres à cavités, îlots de sénescence, …), n les marais et prairies humides, malgré leur grande richesse faunistique et floristique potentielle, se trouvent dans un état relictuel critique. Ceci confère à la réserve un intérêt tout particulier du point de vue paysager, mais aussi écologique et biologique. En effet, la cartographie phytosociologique révèle la présence de 8 habitats d’intérêt européen sur 54 ha, ce qui représente près de 20% de la superficie du site (dont 10% potentiel).

Concernant les espèces, les inventaires ont permis de recenser environ 2 800 espèces faunistiques et floristiques, dont 6 à 7% ont un enjeu patrimonial fort (le Criquet des rocailles, l’Ascalaphe commun, le Campagnol amphibie, la Musaraigne aquatique, l’Agrion de Mercure ou encore l’Euphraise de Jaubert). Les espèces les plus rares ont des affinités ouestméridionales sur les pelouses sèches et sont, pour la plupart, des espèces en limite d’aire de répartition. On peut mentionner l’absence d’espèce envahissante dans la réserve (le Robinier faux acacia n’a pas de caractère envahissant pour le moment). >>> La richesse la plus importante de la réserve concerne les insectes, la flore (36 espèces de plantes à fleurs bénéficient d’une protection régionale) et les végétaux inférieurs (mousses et lichens). Il s’agit également d’un site très intéressant pour les Chiroptères, les Reptiles et les Amphibiens (toutes les espèces de ces groupes sont protégées).

La réserve joue donc un rôle crucial de refuge pour la flore et la faune de Beauce puisque située en plein cœur de zones de grandes cultures. Cette diversité tient à l’existence de multiples gradients : n l’humidité : du marais aux pelouses sèches, n l’exposition : versants de vallées à exposition variée, n la diversité des sols : du bord des falaises à nu aux sols fertiles et épais des fonds de vallons.

Une grande variété d’écosystèmes originaux Les pelouses sèches constituent une mosaïque de « micro-habitats » en fonction de l’épaisseur du sol : dalles, parois et rochers calcaires, pelouses calcicoles, ourlets et fruticées, n

n

Les rochers affleurants sont colonisés par des plantes pionnières,

Les îlots de vieillissement constituent des placettes forestières pouvant être laissées en évolution libre jusqu’à la sénescence des arbres, ce qui s’avère très important pour la richesse en insectes saproxyliques, n

La Cisse accueille des herbiers aquatiques pour le moins intéres sants,

Les fourrés et broussailles occupent en ourlets la lisière des forêts, des bosquets ou des haies,

n

Les boisements de feuillus diffèrent suivant le relief et leur exposi tion. On distingue les érablières en bas ou à mi-versant des vallées, la chênaie dite « de plateau » et la buxaie qui en est un des faciès sur le plateau sec, et la chênaie-frênaie en fond de vallées,

n

n

n

Les marais de la Cisse sont occupés par des mégaphorbiaies, roselières, cariçaies, prairies humides, saulaies et l’aulnaie marécageuse, Les plantations de pins et peupliers témoignent de tentatives de valorisation économique, n

n

Des cultures sont converties en jachères,

Les friches calcaires et les cultures à gibier abritent une flore messi cole originale. n

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1. Scille d’automne 2. Zygènes 3. Terrier de blaireau 4. Pelouses sèches calcicoles en cours d’embrouissallement 5. Forêt de buis et de mousses

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Une gestion sur le long terme Les 4 principes d’une gestion prudente : - Gestion : gérer le site de façon globale en accompagnement des processus d’évolution naturels - Protection : mettre en place, si nécessaire, des mesures spécifiques pour les habitats et les espèces les plus remarquables, sur la base des expériences passées - Conservation : préciser le niveau d’isolement des peuplements de faune et de flore du site et en tirer des conclusions - Concertation : impliquer directement et concrètement les acteurs locaux dans la gestion

La gestion antérieure n

Les pelouses calcicoles

- début du pâturage ovin sur la réserve en 1985-1986 - mise en place en 2000 d’un pâturage itinérant en rotation sur 18 ha au total (1 lot/an réparti sur 4 ans) - Fauche depuis la création de la réserve avec instauration d’un contrat Natura 2000 en 2008 >>> La fermeture progressive du milieu a été freinée grâce au débroussaillage et au gyrobroyage des zones arbustives, mais la restauration des pelouses est loin d’être acquise du fait de l’envahissement par les espèces constituant la fruticée, et parfois, en raison de désaccord avec certains propriétaires. n

Les milieux boisés

- Premiers inventaires réalisés en 1993-1994 concernant les Lichens et Bryophytes mettant en évidence les enjeux liés à ces milieux - Etablissement de conventions de gestion avec les propriétaires, >>> Mise en place d’une gestion concertée et partagée sur ces zones présentant un fort intérêt en terme de biodiversité n

La zone humide

- Pâturage bovin jusque dans les années 90 sur une prairie - Dégradation de l’état de conservation du marais, aujourd’hui largement planté en peupleraie - Biodiversité du milieu en diminution >>> Aucune action conservatoire n’a pu être mise en œuvre à ce jour sur le marais, faute d’accord avec le propriétaire.

Les objectifs à long terme n

Objectif n°I : Conservation du patrimoine naturel

• Pelouses sèches et espèces liées à cet habitat naturel Conservation de complexe de pelouses sèches rases et denses, dalles calcaires et fruticée, ainsi que les espèces qui y vivent • Mégaphorbiaie, ourlets, prairies humides, roselière et cariçaie : - Combinaison de la populiculture et de la biodiversité dans les zones plantées - Restauration d’un complexe alluvial diversifié et riche en espèces • « La Cisse » Conservation d’un cours d’eau fonctionnel et biologiquement riche en espèces • Euphraise de Jaubert Conservation de l’espèce végétale en question • Milieux forestiers, insectes saproxylophages, mousses et lichens Conservation des forêts exploitées riches en espèces originales • Forêt de pente sur blocs calcaires, Polystic à soie Conservation d’une forêt de pente originale proche des forêts de ravins n

Objectif n°II : Renforcement des connaissances

• Approfondissement des connaissances géologiques de la réserve • Ouverture de la réserve comme terrain d’études et approfondis sement certaines problématiques n

Objectif n°III : Animation, accueil et relations publiques

• Partage des connaissances acquises sur le site en 30 ans d’expé rience • Une réserve à vocation pédagogique et artistique ouverte à tous • Une réserve connue et reconnue localement n

Objectif n°IV : Police de l’environnement

• Respect de la protection du patrimoine naturel, un site sans infraction

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Action … réaction ! Fauche et pâturage des pelouses : un roulement dans le temps et l’espace Pour préserver la faune et la flore des pelouses calcicoles, des pratiques de fauchage et de pâturage sont mises en oeuvre sur la réserve depuis de nombreuses années. Le pâturage itinérant avec un berger donne d’excellents résultats, évitant ainsi les clôtures, limitant dans le temps la présence des moutons sur les parcelles, tout en répondant aux enjeux de conservation de ces écosystèmes.

Le berger mène son troupeau de brebis et de chèvres

Les modalités de fauche et de pâturage (durée, période, chargement à l’année, …) sont fixées par le gestionnaire en concertation permanente avec les propriétaires et les prestataires. Il a ainsi été défini, dans le plan de gestion 2009-2013, un cadre général d’intervention : - Pâturage : n rotation tous les 4 ans sur 4 lots, soit 1 lot / an, n pâturage ovin de 300 brebis et chèvres simultanément sur le même lot, n respect d’un chargement maximum de 0,45 UGB / ha / an (pâturage ovin), soit environ 3 moutons / ha / an, n pâturage en mars / septembre (en dehors de la période de chasse), n protection des cultures environnantes par une clôture amovible, n tenue d’un cahier d’enregistrement des pratiques pastorales, n gardiennage, déplacement et surveillance du troupeau par le berger. - Fauche : n manuelle ou mécanique, n période de fauche entre le 1er octobre et le 15 mars, n exportation du produit de fauche. Cependant, le pâturage ou la fauche seuls ne suffisent pas par endroits. Aussi, s’y ajoutent des travaux de débroussaillage localisés afin de contenir l’embroussaillement. En effet, les pelouses tendent à être colonisées par le Prunellier et le Chêne pubescent, ce qui implique une action de gestion plus lourde.

Sylviculture raisonnée A la différence des pelouses calcaires, la diversité biologique des forêts est importante lorsque l’action humaine est moindre. Le principe fondamental de la sylviculture proche de la nature consiste à assurer le plus efficacement possible le fonctionnement naturel des forêts. Dans les parcelles de grande valeur écologique et / ou paysagère, des conventions dites de gestion « sylviculture douce » ont été mises en place en 1996 avec les communes d’Averdon et Marolles pour 40 ans. Les parcelles forestières concernées ont une surface de 61 ares et 93 ares. Cela a pour but de maintenir la conservation de mousses et lichens rares. Ce réseau d’îlots de vieillissement constitue une référence scientifique précieuse pour l’étude des forêts à caractère naturel.

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L’objectif est de proposer, lors du renouvellement des Plans Simples de Gestion des propriétaires privés, des actions de concertation afin de les sensibiliser aux enjeux naturalistes forestiers. Ces préconisations concernent : n l’âge des peuplements, n le traitement forestier le plus favorable au vieillissement des arbres, n la conservation de certains éléments (compartiment de bois mort : conseil 15m3 / ha, conservation des chablis et volis, etc …), n la protection de certaines espèces particulières (lichens, mousses, insectes saproxyliques), n la vigilance par rapport à certaines essences à caractère expansif (Robinier faux acacia), n les modalités d’exploitation du bois (dates d’intervention, méthode employée, …).


La vallée de la Cisse

La Cisse laissée à son cours

Sans oublier les friches et les jachères

La section de cours d’eau inscrite dans la réserve naturelle est très courte (environ 4 Km). Des opérations de restauration de cette rivière seraient nécessaires afin d’améliorer sa capacité d’accueil pour les peuplements piscicoles et les invertébrés aquatiques. Toutefois, de telles opérations ne se justifient que dans le cadre d’une réflexion globale à l’échelle de son bassin versant. Aussi, un suivi qualitatif et quantitatif de la Cisse sera effectué sur différents indicateurs (niveau de la nappe, qualité de l’eau, peuplement piscicole en présence, etc…) en collaboration avec le comité de bassin de la Cisse.

Des travaux de recherche récents en écologie historique montrent qu’il existe une corrélation directe entre la disparition des pratiques agropastorales traditionnelles et la régression de certaines espèces végétales des coteaux calcaires, comme l’Euphraise de Jaubert notamment. Suite à l’étude des banques de graines contenues dans le sol et la dynamique de la végétation dans les milieux perturbés, nous pourrons proposer des mesures de gestion adaptées à la restauration de cette flore particulière : n Maintien et entretien des cultures à gibier, n Création de « perturbations » nouvelles par endroits à définir.

Restauration des zones humides en douceur Combiner populiculture et biodiversité dans les zones de marais plantées est possible en mettant en oeuvre des pratiques douces d’exploitation du peuplier, en trouvant un compromis entre production et conservation de l’habitat naturel en question. Aujourd’hui, il est urgent de limiter la dégradation de la mégaphorbiaie (et des milieux associés) pour en conserver toute la diversité faunistique et floristique. Un dialogue doit être engagé et suivi de propositions auprès des propriétaires des parcelles de marais, ainsi que leur locataire de chasse. La sensibilisation et la concertation s’avèrent essentielles dans la compréhension de l’enjeu qu’implique la gestion de cet habitat menacé. Sur les stations favorables à la production de bois de bonne qualité, la populiculture peut être poursuivie, moyennant quelques recommandations allant dans le sens de « production / conservation » (espacement entre la rive et la 1ère ligne de peupliers, aucune plantation dans les dépressions humides, élagage des peupliers permettant une pénétration de la lumière plus importante, densité de plantation en fonction de la nature du sol, etc …).

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Connaître pour protéger et gérer Recherches scientifiques et connaissances La haute vallée de la Cisse se présente comme une mosaïque de milieux naturels. Parmi les milieux d’intérêt écologique majeur, sont identifiées d’une part les zones humides de fond de vallée et d’autre part les pelouses calcaires situées sur les hauts de versants. Si les connaissances sont importantes à l’échelle de la réserve, la conservation à long terme ne peut se faire sans prendre en compte la dynamique de l’ensemble de la vallée. Les échanges entre populations locales sont vitaux pour la survie à long terme de nombreuses espèces.

Inventaire des mousses avril 2008

L’objectif de recherche étant d’identifier les facteurs de la dynamique d’espèces indicatrices intervenant soit au niveau de la structure du paysage (fragmentation des habitats), soit au niveau de la gestion des parcelles (qualité des habitats) pour aider à la compréhension du fonctionnement écologique de la haute vallée de la Cisse et à sa gestion. Les connaissances doivent être approfondies au niveau du sous-sol avec l’étude géologique et paléoenvironnementale des deux vallées.

Inventaire Chiroptères : Murin à Moustache

Veille écologique La surveillance consiste à recueillir des données de manière répétée et régulière pour mesurer l’évolution de populations animales et végétales, ou bien, l’impact des actions de gestion conduites sur le site. Cette « veille » écologique concerne : n La population d’Agrions de Mercure (groupe des Odonates), n La population de Cuivrés des marais (groupe des Lépidoptères), n Les pelouses calcaires et milieux associés, n Les formations forestières remarquables, n L’impact des mesures de gestion sur la végétation des pelouses et des marais, n Les peuplements piscicoles.

Certaines études complémentaires sont en cours pour la mise en place de mesures de gestion appropriées : n Repérage des vieux arbres et arbres à cavité, n Etude de la dynamique de la végétation des milieux perturbés pour aider le gestionnaire à définir des actions appropriées à l’expression de l’ensemble de la flore calcicole n Inventaires complémentaires des Chiroptères, Reptiles et Amphibiens, ainsi que des insectes saproxiliques sont réalisés n Certains autres seront poursuivis comme les champignons, mousses et lichens notamment.

1. Agrion de Mercure 2. Arbre mort

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La Maison de la Nature et de la Réserve vous ouvre ses portes Le CDPNE vous accueille à la Maison de la Nature et de la Réserve à Marolles aux portes de la Réserve Naturelle Nationale des vallées de la Grand Pierre et de Vitain. Ce lieu de rencontre, restauré en 2007 avec le soutien de la Communauté d’agglomération de Blois, dispose aujourd’hui de nombreuses structures d’animation : une muséographie permanente interactive, un atelier de création d’œuvres d’art en matériaux naturels, ainsi que des installations variées telles que ludothèque, laboratoire et des outils pédagogiques divers.

Maison de la Nature « La Closerie » 41330 Marolles Tél. : 02 54 33 07 69

Dans le but de valoriser et faire connaître son patrimoine local, les animations proposées aux scolaires comme au grand public sont basées sur un thème fédérateur : « l’histoire d’un paysage et de milieux naturels en relation avec l’évolution de l’activité humaine depuis la fin du Paléolithique ». Afin de pérenniser les contacts avec la population locale, les élus, associations, scolaires, centres de loisirs et tous les acteurs qui se sentent concernés par la préservation de ce patrimoine, des animations encadrées sur le terrain sont régulièrement proposées et des événements marquants sont organisés, comme par exemple la manifestation pour les 30 ans de la Réserve en septembre 2009.

Animation et Nature font bon ménage Au-delà de ses caractéristiques écologiques, archéologiques et historiques, la Réserve est aussi un espace d’expression artistique. Le CDPNE a souhaité introduire une dimension artistique dans la Réserve en partenariat avec l’École d’Art de Blois-Agglopolys. Un parcours artistique a ainsi été mis en place, dans le cadre d’une commande publique passée en 2006, à l’artiste Michel Blazy, qui tourne son regard sur la nature, et plus particulièrement, l’action du temps.

Son œuvre se décline sous plusieurs formes, en relation avec le cycle de la matière : - Le « jardin des plantes mortes en pots », - Les « tables à offrandes », - Le « kit de repérage des restes ». Sa vision, inscrite dans le recyclage de la matière, sensibilise à la façon dont la mort sert la vie dans les cycles naturels.

Synergie partenariale La réserve naturelle, bien quelle soit établie sur des terrains communaux privés, est un territoire reconnu d’intérêt général, où la pratique d’activités à caractère public peut déboucher parfois sur des divergences de points de vue entre propriétaires, usagers et gestionnaires. C’est dans ce contexte que le gestionnaire s’efforce de trouver un équilibre et de le maintenir. Conscient de cette difficulté, le CDPNE a défini une stratégie pour prendre en compte les préoccupations de tous et inciter ceux qui le souhaitent à participer à la vie de la réserve :

- communication et concertation ; une information continue et régulière est apportée lors des réunions de propriétaires chaque année, - mise en œuvre des opérations de gestion, - évaluation du degré d’atteinte des objectifs, et ce dans le but de maintenir, proposer et améliorer ce qui a déjà été entrepris. Cette démarche participative donne des résultats encourageants : certains propriétaires réalisent eux-mêmes les travaux d’entretien des milieux, des associations utilisent le site comme support d’activités, tandis que la population locale s’approprie les lieux dans le respect des propriétés privées et des règles de bonne conduite sur un tel espace naturel. 11


Téléphone : 02 54 51 56 70 Télécopie : 02 54 51 56 71 courriel : cdpne@wanadoo.fr

Brochure financée par le Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de la Mer

© Conception graphique - réalisation : Peggy Chopin : www.design-peggy.com - Textes : Agnès PISSOT - Photos : CDPNE - Impression sur papier recyclé.

1, Avenue de la Butte 41 000 Blois

http://www.design-peggy.com/doc/RESERVE_GRAND_PIERRE_ET_VITAIN  

http://www.design-peggy.com/doc/RESERVE_GRAND_PIERRE_ET_VITAIN.pdf

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