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BASE DE REFERENCE

POUR

UNE

DOCTRINE CONTREREVOLUTIONNAIRE

PAR RAYMOND PEDINI

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L’ORDRE NATUREL

UNE CONCEPTION DE L’HOMME DIGNITE DE LA PERSONNE HUMAINE EGALITE FONDAMENTALE ET INEGALITES INDIVIDUELLES NATURELLES L’HOMME EST SUJET ET NON OBJET

LES DRQITS FONDAMENTAUX DE LA PERSONNE HUMAINE LES DROITS INNES LE DROIT A L’USAGE DES BIENS TERRESTRES. LE DROIT DE PROPRIETE LE DROIT AU TRAVAIL

UNE CONCEPTION DE L’ECONOMIE SOCIALE UNE ECONOMIE HUMAINE AU SERVICE DE L’HOMME TOTAL UNE ECONOMIE DU BIEN COMMUN UNE ECONOMIE ORGANIQUE tendant à abolir la lutte des classes PRINCIPE DE SUBSIDIARITE

UNE CONCEPTION DE LA COMMUNAUTE HUMAINE UNE CONSTITUTION NATURELLE DE LA COMMUNAUTE

A partir des « CHEFS NATURELS » A partir des « RESEAUX SOCIAUX NATURELS » LES ELEMENTS CONSTITUTIFS ESSENTIELS DE LA SOCIETE LES CELLULES SOCIALES INTERMEDIAIRES LA FAMILLE L’ETAT

L’Etat au service de la société PATRIE ET NATION

Le gouvernement FACTEURS FONDAMENTAUX D’UNE POLITIQUE INTERNATIONALE LES REALITES DE LA COLLABORATION INTERNATIONALE

CONCLUSION TRADITION ET PROGRES

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L’ORDRE NATUREL Le monde est régi par des principes et des lois naturels : lois cosmiques, physiques, humaines, sociales (gravitation universelle, pesanteur, fission de l’atome, phénomènes chimiques, biologiques, physiologiques, psychiques, le mental, la morale, le raisonnement, la tendance de l’homme à vivre en société etc...). Cet ordre n’est pas à créer, il existe naturellement depuis que le monde est monde et existera toujours. Il découle de la nature des choses. Tout cela fait partie du même ensemble ordonné, cet ensemble constitue un tout logique et harmonieux. Ces lois naturelles s’imposent d’elles mêmes à l’homme. Sans ces lois naturelles il n’y aurait plus de vie possible. Il n’y a aucune base politique valable si elle ne s’établit pas sur une morale respectueuse des lois matérielles, humaines, sociales, spirituelles qui sont celles de l’ORDRE NATUREL.

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UNE CONCEPTION DE L’HOMME DIGNITE DE LA PERSONNE HUMAINE L’homme est par lui-même une valeur. Ce n’est pas une matière, une chose, une marchandise. Créature libre, il est maître de lui-même et responsable de ses actes. Son intelligence, sa raison, sa volonté lui permettent de réfléchir et de se gouverner. Il décide lui-même de ce qu’il fait et ne fait pas. Il n’existe pas seul, il appartient à la société humaine. EGALITE FONDAMENTALE ET INEGALITES NATURELLES L’égalité fondamentale se situe au niveau de la personnalité de l’homme :honneur, dignité, valeur, estime. Les inégalités individuelles sont naturelles. Elles résultent des diversités de tempérament, capacités physiques, intellectuelles, goûts, dons, etc... qui viennent du plus profond de chaque individu. Ces inégalités naturelles ne sont pas un obstacle, mais elles sont utiles et bienfaisantes, car cette diversité assure dans la société un équilibre et une complémentarité. L’HOMME EST SUJET ET NON OBJET De par la dignité de sa personne, l’homme ne peut être exploité comme un objet dont on dispose à son gré. Il est sujet de la vie sociale. La société est faite pour lui.

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LES DROITS FONDAMENTAUX DE LA PERSONNE HUMAINE LES DROITS INNES DE L’HOMME -Le droit à la reconnaissance de la prééminente dignité de sa personne. -Le droit à la reconnaissance de l’égalité fondamentale et des inégalités individuelles naturelles entre les hommes. -Le droit à la vérité. LE DROIT A L’USAGE DES BIENS MATERIELS.LE DROIT A LA PROPRIETE Le respect de la dignité de la personne humaine implique que l’homme puisse disposer de ce qui lui est nécessaire pour assurer son développement matériel et spirituel. Pour ce faire , l’homme doit pouvoir user des biens terrestres. L’exercice de ce droit fondamental est garanti par le droit à la propriété. Il y a donc obligation d’accorder le droit à la propriété, autant que possible, à tous les hommes. LE DROIT AU TRAVAIL Tout homme a le droit d’assurer son existence et de trouver les moyens de pourvoir à sa vie propre et à celle de ceux qui dépendent de lui. Le travail lui en donne le moyen. L’homme a donc droit au travail. Il s’agit là d’un droit naturel. Le travail de l’homme est « personnel », il est « nécessaire », il est « social ».

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UNE CONCEPTION DE L’ECONOMIE SOCIALE Une saine conception de l’économie sociale découle d’une juste conception de l’homme auquel doit être réservé sa vraie place dans la société. Cette économie est « humaine » et préoccupée du « bien commun » des hommes. UNE ECONOMIE HUMAINE AU SERVICE DE L’HOMME TOTAL Elle doit reconnaître la valeur du souci de la productivité, mais la production n’est pas une fin en soi. Elle a pour but de servir l’homme dont il faut tenir compte avant toute considération. S’opposant aux conceptions totalitaires, capitalistes ou marxistes, la reconnaissance du primat de l’homme exige que les avantages économiques et techniques ne puissent prévaloir sur les droits naturels de l’homme. Une économie humaine se règle sur les besoins primordiaux de l’homme. -C’ est une économie des besoins vrais et réels ; -Et non pas une économie tendant à satisfaire des besoins artificiellement créés ; -Non plus qu’une économie quantitative ne tenant comte que de la production sans essayer de la proportionner à la consommation. UNE ECONOMIE DU BIEN COMMUN Le bien commun est ce qui est nécessaire ou souhaitable pour l’ensemble des hommes. Il s’oppose à la conception matérialiste de « l’intérêt général » qui n’évoque que l’idée d’avantages matériels, ne comporte pas la notion de ce qui est bien et ne recèle aucune idée de valeur morale des intérêts en question. La comparaison faite entre le bien commun et l’intérêt général facilite une autre comparaison entre deux autres notions se référant chacune à l’un des deux termes précédents : -La légalité est l’expression de la contrainte de la loi. Le législateur ne manque pas de se référer à « l’intérêt général » pour justifier des décisions parfois contraires aux véritables intérêts du peuple, du « bien commun », en raison des vrais droits des hommes ; et il couvre tout cela d’un arbitraire qui s’appelle la « légalité ». -La légitimité est la conformité avec les valeurs fondamentales, lesquelles impliquent le respect de la morale et le souci du « bien commun ». UNE ECONOMIE ORGANIQUE tendant à abolir la lutte des classes. La société doit avoir l’unité d’un organisme dans lequel toutes les parties sont solidaires et forment un tout indissociable. LE PRINCIPE DE SUBSIDIARITE Une autorité ne doit pas se substituer à une autorité de niveau moindre si celle-ci est en mesure d’assumer les tâches dont elle a la légitime responsabilité. Le rôle de l’autorité supérieure consiste seulement, s’il y a lieu, à accorder à l’élément de niveau moindre, une aide subsidiaire, c’est à dire venant en soutien, en complément, pour lui permettre d’accomplir mieux et plus complètement la tâche qui lui revient normalement. La lutte des classes est une tactique politicienne, imaginée pour s’opposer à toute organisation de l’économie. L’organisation professionnelle corporative peut rassembler les hommes de tous les niveaux dans la même profession et assainir la vie sociale et professionnelle.

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UNE CONCEPTION DE LA COMMUNAUTE HUMAINE UNE CONSTITUTION NATURELLE DE LA COMMUNAUTE A PARTIR DES CHEFS NATURELS Dès le début de l’humanité, il y eut des chefs naturels, ne serait-ce que ceux qui se montraient les plus aptes ou les plus habiles à défendre la famille ou les petites communautés se regroupant autour d’un feu, contre les périls extérieurs. Un chef naturel est la personne vers laquelle on se tourne en confiance lorsqu’on a besoin d’être renseigné, orienté, guidé. C’est une personne qui aura une certaine compétence sur le problème qui lui est présenté, une autorité qui découlera du fait qu’elle met ses capacités au service de ceux qui attendent d’elle des conseils, des directives, ou des ordres. En dépit du nivellement « égalitaire » tenté par les théories démocratistes, le chef naturel conserve toutes ses prérogatives légitimes et engage toute sa responsabilité dans l’influence que son entourage lui demande d’exercer. Ce n’est donc ni le chef imposé par l’intrigue et la ruse, ni celui arbitrairement désigné par un « parti » ou un organisme centralisateur, ni le chef choisi par la loi « du plus grand nombre ». Le chef naturel est un coordonnateur et c’est tout naturellement qu’il en viendra à lier des contacts avec des chefs naturels de niveaux correspondants ou plus élevés. A PARTIR DES « RESEAUX SOCIAUX NATURELS Les liens humains les plus simples qui s’établissent entre proches dans leur vie de tous les jours, aboutissent à de petites sociétés informelles qui sont des « réseaux sociaux naturels ». Les réseaux sociaux naturels sont des collectivités -sans organigrammes -mais hiérarchisées naturellement en unissant des personnes socialement ou normalement en contact courant, -ayant un caractère commun : la caractéristique sociale (même profession, lieu, ou entourage) -et ayant une même aspiration : la personnalité morale. LES ELEMENTS CONSTITUTIFS ESSENTIELS DE LA SOCIETE La famille et l’Etat sont les éléments constitutifs essentiels de la société. Entre la famille et l’Etat on constate l’existence d’entités intermédiaires qui ont pris corps pour répondre à des intérêts sociaux particuliers. LES CELLULES SOCIALES INTERMEDIAIRES La commune, la province sont des cellules sociales intermédiaires dont l’existence est naturelle et doit être préservée. Elles sont les éléments intermédiaires naturels les plus propres à représenter et à défendre le bien commun des individus ou des groupements sociaux qui les constituent. Chacun des éléments de cette hiérarchie sociale, depuis le hameau jusqu’à la région, peut normalement assumer une certaine responsabilité. Il ne peut y avoir de décentralisation économique idoine si elle ne s’accompagne pas d’une décentralisation administrative et politique correspondante. L’Etat doit reconnaître une vie propre aux communes et aux provinces et leur accorder une liberté favorable à leur plein essor dans le cadre de la Nation. LA FAMILLE -La famille est la plus petite cellule naturelle de la société. C’est la communauté humaine par excellence. Son caractère est sacré : elle est le milieu naturel le plus efficace pour la formation de l’homme. -La famille est antérieure à l’Etat. Ses racines sont plus anciennes et plus profondes que celles de l’Etat. -La famille a de ce fait des problèmes qui ne peuvent être délégués à aucune autre autorité. -La famille a des droits et des devoirs indépendants de l’Etat : droit de vivre dignement, droit de former des hommes complets etc... -En aucun cas l’Etat ne peut s’attribuer ni réduire le droit inaliénable et imprescriptible des parents à exercer leurs responsabilités à l’égard de leurs enfants.

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-Enfin, l’Etat doit respecter le caractère naturel de l’homme héritier de l’homme. L’enfant est héritier par le sang ; il l’est par l’instruction et l’éducation ; il l’est également dans l’ordre matériel. L’ETAT L’Etat au service de la société L’Etat est la structure administrative, législative et exécutive dont dispose un gouvernement pour la poursuite du bien commun d’une Nation. Il détient légitimement son autorité par le fait même qu’il constitue l’une des pièces de l’Ordre Naturel. La poursuite du bien commun est la fin et la règle de l’Etat Pour le bien commun du peuple et de la Nation, l’Etat doit assurer un ordre public et extérieur. Cet ordre se traduit par le fonctionnement des organismes d’état, une protection réelle des personnes et des biens, la garantie des libertés humaines, la défense du territoire, l’exercice de la justice. L’Etat doit garantir aux hommes l’exercice de leurs responsabilités naturelles. Il doit s’interdire de se substituer aux organismes privés mais il doit veiller à apporter son aide subsidiaire à tout élément qui en aurait besoin pour mieux servir au bien commun. L’Etat doit remplir son rôle, tout son rôle mais rien que son rôle :sécurité, défense, justice, diplomatie. Patrie et Nation La Patrie est l’ensemble des liens spirituels autant que terrestres qui unissent le peuple et son pays. La Nation est l’entité morale qui est l’expression de la grande communauté humaine constituée par un peuple et son pays. -La patrie, c’est à dire tous ces « liens qui unissent les hommes à leur pays », traduisent une idée de défense et d’amour de la terre des pères, de patrimoine commun à léguer aux enfants. Les hommes ont un devoir de justice vis à vis de cette « communauté des morts, des vivants, des fils à naître », qui fait d’eux ce qu’il sont, qui leur accorde les avantages naturels et moraux de sa société, et doit normalement leur donner des raisons de fierté de lui appartenir. Aussi le patriotisme est-il un sentiment juste et noble, qui se traduit par des devoirs auxquels personne ne peut se soustraire : la notion de Patrie, en effet, trouve l’une de ses légitimations dans la notion de défense commune d’un bien commun. -Une Nation prend naissance quand le peuple prend conscience de l’unité qu’il réalise et de sa volonté de vivre en commun. Autour de cette entité naissante se précisent alors des limites, des frontières à l’intérieur desquelles les moyens de tous ordres doivent exister pour que la Nation ait une indépendance suffisante à l’égard de ses voisins. Le concept de Nation ne peut donc s’entendre que d’un ensemble humain assez considérable pour disposer de tous les moyens nécessaires à son existence. Le gouvernement Le gouvernement est la direction supérieure d’une collectivité nationale en vue de but à atteindre et des solutions à trouver au niveau de l’Etat. Plus un gouvernement est stable et fort, moins il a besoin d’user de moyens de coercition, plus il peut laisser de liberté aux citoyens. La véritable force d’un gouvernement réside donc dans le consentement raisonné que les aspirations profondes du peuple accordent à la politique gouvernementale. Le gouvernement reçoit une mission au nom de la Nation. Il lui appartient de la remplir avec le souci du bien commun, ce qui lui suppose un sens moral, donc aussi la préoccupation du perfectionnement spirituel du pays. Moins le gouvernement représentera de valeur morale, plus son autorité réelle sera faible, plus il se verra obligé de tromper la Nation. La sincérité du pouvoir c’est la conformité de ses actes avec les principes de la morale élémentaire dans le souci du bien commun du peuple et de la Nation.

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FACTEURS FONDAMENTAUX D’UNE POLITIQUE INTERNATIONALE Une juste prise de conscience de l’interdépendance des Nations doit permettre : -Une amélioration générale des conditions de vie. -Le respect de la personnalité de chaque Etat. -Une plus grande sécurité et une meilleure défense commune du bien commun universel. LES REALITES DE LA COLLABORATION INTERNATIONALE La société internationale cherche souvent à dissimuler ses difficultés par des déclarations solennelles non suivies d’effets pratiques. On fait état d’une commune Organisation de Nations en feignant de croire qu’elles sont Unies alors que tout les sépare : régime politique, culture, atavisme, concurrence économique et souvent jusqu’à l’affrontement de leurs civilisations. Par ailleurs, « l’internationalisme » de certaines politiques peut fort bien ne recouvrir qu’un impérialisme déguisé ; et les solutions d’une politique qui se dit « internationale » peuvent n’être inspirées que par un esprit « mondialiste » égoïstement suscité par les trusts financiers mondiaux. Or certains de leurs dirigeants détiennent souvent une puissance qui peut dicter sa loi à un chef d’Etat. L’ordre international doit résulter non de la subordination d’intérêts nationaux mais de la conciliation des intérêts nationaux entre Etats considérés comme personnalités morales de même niveau. Ce n’est qu’avec l’égalité juridique des Etats et la pleine indépendance de leur vie intérieure, que peut s’ordonner au mieux une vie internationale.

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CONCLUSION TRADITION ET PROGRES Il faut consolider la société en s’appuyant sur la tradition, sur l’expérience des siècles, sur les noyaux naturels qui la constituent afin de la stabiliser et lui permettre de progresser. Le progrès n’est pas dans le « changement », mais dans l’adéquation de la nature de l’homme avec les lois naturelles qui le régissent et le guident. Connaissons l’Histoire pour éviter de faire les mêmes erreurs que nos ancêtres. En acceptant les leçons de l’Histoire on ne se plie pas aux volontés d’une faction, mais l’on s’incline, sans déchoir, devant les lois naturelles qui régissent l’humanité.

« On ne soulève pas les masses pour une action durable, sans des principes sans une doctrine ». Maurice Barrès. L’appel au soldat.

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Doctrine