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Lors de nos déambulations, un certain nombre d’abribus repeints attirent notre attention. Les maires concernés nous affirment qu’il s’agit d’un bon compromis entre laisser se détériorer un mobilier urbain et prendre en compte le besoin des jeunes gens qui se l’approprient pour se réunir. La plupart de ceux que nous rencontrons nous expliquent avoir contacté ces jeunes gens pour leur proposer le projet de repeindre l’abribus chargé d’inscriptions inesthétiques à leurs yeux. Le projet séduit les jeunes gens concernés qui y trouvent un intérêt, à condition que soient prises en compte leurs idées en matière d’esthétisme. Un artiste, maîtrisant les techniques d’expression graphique, est souvent associé à la démarche de création, quand ce n’est pas un des jeunes gens eux-mêmes. Ce témoignage du maire de M., commune de 580 habitants en Meurthe-etMoselle est des plus significatifs : L’abribus de ma commune est squatté par un groupe de jeunes gens. Ils s’y réunissent tous les jours de la fin d’après-midi jusque très tard dans la nuit. C’est leur QG comme ils disent. Après de multiples plaintes des usagers des transports du village qui trouvaient inadmissible l’état dans lequel, ils retrouvaient l’abribus le matin, le conseil municipal a pris la décision de rencontrer les jeunes pour leur proposer le projet de le décorer. En contre partie, les jeunes gens, au moment de la rencontre, se sont engagés à laisser l’endroit propre. Après deux années, force est de constater que les fresques murales peintes sur les parois de l’abribus, sont toujours intactes. Le projet a reçu le soutien financier de la communauté de communes car d’autres villages du secteur ont fait le même choix. L’animateur de T., commune de 1850 habitants, également située en Meurthe-et-Moselle, semble confirmer cette tendance. Il nous explique, à la suite de la découverte d’un nouvel abribus restauré, que la démarche va bien au-delà : Au-delà de l’abribus restauré et situé à la sortie de la commune en direction d’A., un certain nombre d’autres lieux squattés par des jeunes ont fait l’objet d’un travail de restauration. L’action a été soutenue par le conseil municipal et financée par l’EPCI de L. car toutes les communes de communauté sont concernées par le phénomène. 238

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L'éducation tout au long de la ville  

Troisième n° de la Revue SpécifiCITéS, la revue des terrains sensibles, du secteur Crise, département des Sciences de l'éducation de l'unive...

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