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“…déterminées à écouter, continuer à nous former, prier et agir.” 2007

Chapitre général

Volume 2 – Numéro 2 Mai 2010

Journée mondiale des réfugiés

paxssmn@gmail.com

Chères sœurs de partout,

L'étranger qui réside avec vous sera pour vous comme un compatriote et tu l'aimeras comme toi-même, car vous avez été étrangers au pays d'Égypte. Je suis le SEIGNEUR votre Dieu. Lv 19, 34

En 2001, l’Assemblée générale des Nations Unies a désigné le 20 juin comme Journée mondiale des réfugiés, pour reconnaitre et célébrer leur contribution à travers le monde.

Justice & Paix

Réseau international

SŒURS DE SAINTE-MARIE DE NAMUR

Le thème proposé cette année est : « De vraies personnes, de vrais besoins » (www. unhcr.fr). Malgré les efforts de tant d’hommes et de femmes, incluant nos Sœurs dont vous pourrez lire ici le témoignage, les besoins des réfugiés un peu partout sont loin d’être comblés. Et derrière ces besoins, on retrouve de vraies personnes avec de vraies histoires à raconter. En 2008, les Nations Unies estimaient à 11 millions le nombre de réfugiés sur l’ensemble de la planète. Ces chiffres ne comprennent pas les millions de déplacés à l’intérieur de leur propres pays ou ceux qui sont apatrides et font face à des défis et des inquiétudes similaires. Alors que nous commémorons la Journée mondiale des réfugiés, prenons quelques instants pour soutenir de notre prière nos frères et sœurs qui, à travers le monde, «craignant avec raison d’être persécutés du fait de leur race, de leur religion, de leur nationalité, de leur appartenance à un certain groupe social ou de leurs opinions politiques, se trouvent hors du pays dont ils ont la nationalité et ne peuvent ou ne veulent se réclamer de la protection de ce pays ou y retourner par crainte de persécutions. » (De la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et son Protocole de 1967). Nous vous présentons ici, sous forme d’entrevue et de dialogue, l ’engagement de quelques unes de nos sœurs impliquées directement dans le travail auprès des réfugiés, des immigrants et des demandeurs d’asile. Elles ne sont pas les seules, plusieurs autres parmi vous le font aussi. Peut-être aurons-nous la chance d’entendre vos histoires dans le cadre d’un partage que ces quelques lignes susciteront. D’ici là, nous espérons que, tout comme nous, vous trouverez dans celles-ci une source d’inspiration et le désir d’en connaitre davantage. N’hésitez pas à contacter l’une ou l’autre des répondantes pour enrichir vos découvertes. Bonne lecture ! L’équipe du réseau Justice et Paix S. Patricia Ridgley S. Rosemary Riggie S. Marie-Pierre Delorme


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S. Marie-Pierre Chères sœurs. Merci d’avoir accepté de nous partager le fruit de votre expérience de travail auprès des réfugiés. Pour entrer en matière, ma première question serait celle-ci: d’où viennent les réfugiés que vous connaissez ou auprès de qui vous oeuvrez ?

S. Anne-Elizabeth (Londres, Angleterre) Kosovo, des Serbes… Ils sont venus rejoindre Les demandeurs d’asile viennent au Royaume-Uni leurs familles qui, elles, avaient reçu l’asile au de beaucoup de pays différents. Des pays moment de la guerre. Il y a eu tellement de africains comme le Congo RDC, le Nigeria, le demandes venant de là que certains de nos Soudan, le Rwanda, mais aussi de pays d’Asie ministres, récemment, sont allés sur place pour comme le Cambodge, la Thaïlande, l’Afghanistan traiter de la question avec les gouvernements de et aussi de pays latinoces pays, et faire taire la publicité C’est surtout la guerre dans leur américains. qui faisait miroiter la facilité d’un pays, l’opposition au régime, séjour chez nous. qui les ont amenés à fuir. S. Rita-Claire (Mansfield, Texas) On compte 3500 familles dans notre paroisse, S. Pierre-Marie (Seraing, Belgique) dont la moitié environ sont latino-américaines. Je vis en communauté, à Seraing (La Chatqueue). La plupart des immigrants de notre programme Dans mon quartier, c’est un peu comme chez S. d’anglais langue seconde (152 inscrits) viennent Anne-Marie : des immigrants et réfugiés viennent du Mexique. D’autres dont du Honduras, du de Guinée, de Côte d’Ivoire, de Somalie, Salvador, du Chili et un est du Vietnam. d’Algérie, du Congo, du Kosovo … C’est surtout la guerre dans leur pays, l’opposition au régime, qui les ont amenés à fuir. S. Gabriela (Arlington, Texas) Dans notre paroisse, pas très loin de là, nous avons aussi plusieurs Mexicains, mais aussi des S. Anne-Elizabeth gens de Puerto Rico, de la Colombie et du Un fait intéressant a été révélé par des entrevues Guatemala. Notre paroisse comporte aussi une en profondeur avec des demandeurs d’asile et communauté d’Africains du Ghana; nous avons des réfugiés, entrevues faites par le Conseil pour une messe chaque dimanche en le Réfugiés : plus de deux tiers Twi. n’avaient pas choisi de venir en Angleterre au départ. La plupart ont appris qu’ils venaient ici seulement S. Anne-Marie (Huy, Belgique) après avoir déjà quitté leur pays Quant à nous, je pense pouvoir d’origine. Le principal objectif pour dire que la majorité des réfugiés tous ceux qui ont été interrogés qui arrivent en Belgique viennent était de se rendre à un endroit d’Afrique Centrale. Nous avons sécuritaire. des contacts rapprochés avec des Rwandais, des Congolais, des Camerounais, des Ivoiriens, des S. Ines (Fort Worth, Texas) Guinéens (Conakry), et la J’ajouterais qu’il y a aussi un aspect dernière hébergée chez nous est financier. Ici au Texas, les gens une Angolaise. viennent dans l’espoir d’envoyer de Depuis quelques mois nous connaissons l’argent à leurs familles. Ils veulent pouvoir vivre particulièrement dans notre ville un afflux de mieux. Ils ont été incapables de se trouver du demandeurs d’asile des pays de l’Europe de l’Est travail dans leur pays, tout en ayant une famille à comme l’ex-Yougoslavie : des Albanais du nourrir.


S. Suzanne Bergeron (Cambita, Rép. Dominicaine) Ici, les réfugiés ne viennent que d’Haïti, à cause de la proximité géographique. Mais dans notre cas aussi la question économique joue beaucoup : les réfugiés haïtiens sont venus ch ercher de meilleures conditions de vie, et du travail pour vivre et faire vivre leurs familles restées en Haïti. Souvent après un certain temps la famille aussi vient s'établir en République Dominicaine.

multiplier des campements de « sem-terra », des paysans sans terre qui campent aux bords des routes dans des huttes de plastique. Ils attendent que le gouvernement leur octroie des terres non productives tel qu’il avait été décidé dans la Constitution de 1988. Ils viennent soit de régions rurales d’où ils ont été chassés par les grands propriétaires, ou bien des villes où ils ne peuvent pas se trouver du travail et subvenir aux besoins de leur famille.

S. Pascasie (Kibuye, Rwanda) Ici au Rwanda, le contexte est très différent. Les réfugiés ont quitté leur pays d’origine, le Congo voisin, pourchassés parce qu’ils ont une expression Rwandaise. Plusieurs habitent le camp de Kiziba où je travaille avec le JRS.

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S. Christina (Flexeiras, Brésil) Ici au nord est du Brésil, la question des réfugiés venant d’autres pays ne se pose pas vraiment. Mais dans la dernière décennie, nous avons vu se

S. Patricia Quels sont maintenant les plus grands défis auxquels ils doivent faire face ? S. Gabriela vésicule biliaire, mais parce que ses papiers Le principal défi auquel nos gens doivent faire n’étaient pas en ordre, ils lui ont donné des face est dû au fait qu’il leur manque les antidouleurs et l’ont renvoyé chez lui. documents officiels pour rester aux États-Unis. Beaucoup sont « sans papiers ». C’est très Sr Rita-Claire douloureux pour eux de ne pas être en mesure Beaucoup sont des immigrants « familiaux » : de retourner dans leur pays pour le décès d’un leurs familles déjà établies ici ont entamé un parent ou d’un être cher. S’ils quittent les Étatsprocessus pour leur faire obtenir leur résidence Unis, ils ne sont plus en mesure permanente, alors ils sont en Présentement, l’attente pour les d’y retourner. attente que les papiers soient papiers d’immigration peut être émis. Cette attente est due aux de l’ordre de 15 ans ou plus. S. Ines lois sur l’immigration : une Par exemple, si une personne réforme est nécessaire depuis sans papiers tombe malade, elle ne peut pas aller très longtemps mais semble ne jamais aboutir. à l’hôpital. L’autre jour, un homme marié, père Pour certains groupes de candidats à de deux enfants est venu me voir. Il était allé à l’immigration, cette attente présentement peut l’hôpital à cause de douleurs terribles. Les être de l’ordre de 15 ans ou plus. D’autre voient médecins lui ont diagnostiqué un problème de qu’il est inutile de faire la demande officielle,


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puisque c’est si long et que rien n’est fait pour Et il y en a des dizaines de milliers d’autres en changer les lois, alors ils entrent sans faire la Angleterre qui ont été laissés dans le vide – sans demande de résidence. Le grand défi devient statut, sans permis de travail, aucun droit à des alors de vivre dans la peur constante d’être bénéfices sociaux ou à du logement abordable – repéré et déporté. Par exemple, mais ils ne peuvent pas Alimentation non suffisante, récemment, un jeune de 19 ans retourner dans leur pays maternité irresponsable, d’une famille vivant près d’ici accompagnée du VIH /SIDA et autres comme ils n’ont plus de s’est fait arrêter pour une documents d’identité, ou infections sexuellement infraction routière. La police alors il serait trop dangereux transmissibles. locale est dans l’obligation de de les retourner. vérifier la preuve de residence. Si la personne ne peut pas fournir cette preuve, l’officier de police S. Pascasie est tenu de remettre le cas à la patrouille de Vous avez parlé de l’impossibilité de se trouver frontière. Dans les 24 heures, le jeune garçon a du travail. De même ici c’est un enjeu. Mais été déporté, laissant derrière ses parents et 7 j’ajouterais aussi, sur le camp : alimentation non frères et sœurs plus jeunes. suffisante en qualité et en quantité ; maternité irresponsable, accompagnée du VIH /SIDA et S. Anne-Marie autres infections sexuellement transmissibles. Oui, de fait, les personnes arrivées depuis un certain temps, parfois des années, doivent faire S. Suzanne face à l’incertitude… Ils sont suspendus à une Ici aussi, l’insécurité est omniprésente : ...Qui les décision positive ou à un refus, voire à une comprendra? Trouveront-ils du travail? De plus, décision d’expulsion (qui ce qui est spécifique à entraîne, parfois, un notre contexte, c’est que séjour en centre fermé, les réfugiés Haïtiens ont de crainte qu’ils ne en plus à supporter s’échappent !). Il est dur l'incompréhension et les pour les familles d’être préjugés liés à l'histoire coupées de leur lieu politique et sociale du d’origine. pays... jusqu'a la L’intégration est difficile, persécution seulement notamment, parce qu’ils pour être haïtien. n’ont pas droit au travail… S. Anne-Elizabeth Parlant d’être détenu, quelques uns ici sont mis en détention pour de longues périodes. Plusieurs d’entre eux en ont été profondément affectés : anxiété, dépression, syndrome de stress posttraumatique, auto-mutilation et pensées suicidaires sont souvent rapportés.

S. Pierre-Marie On peut aussi constater, en les côtoyant, que chacun a un poids de souffrances, que souvent, il ne sait ou ne peut pas exprimer, d’où ils ont à endurer une grande solitude.


S. Rosemary Quel est votre rôle des les efforts qui sont faits pour les aider ?

S. Pascasie Comme sœur de Sainte-Marie, je tente d’être médiateur entre les différents organismes qui interviennent sur place : A.H.A : (Africa humanistic actions), le Haut Commissariat pour les Refugiés, le Programme alimentaire mondial, la croix rouge, l’ONU, etc. Je suis comme la voix des sans-voix et les pieds des sans-pieds (je vais là où ils ne peuvent pas arriver).

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S. Christina Au campement des sans terre, les sœurs animent

viennent simplement à moi pour parler. J’essaie de les écouter. S. Pierre-Marie Ici aussi ma présence est surtout une présence d’écoute. Dans une maison communautaire, proche de notre maison de La Chatqueue, vivent cinq célibataires : un Guinéen, un Somalien, deux Ivoiriens, un Congolais (ceci varie). J’en ai rencontré l’un ou l’autre dans la rue, et l’on a entrepris une conversation. Ils ont été contents que je leur porte du pain, quand nous en recevions (surplus de boulangerie), que je leur procure des vêtements, ou des meubles … C’est l’occasion pour moi de demander la collaboration d’autres personnes, d’où une sorte de petit réseau d’entraide s’est formé. Ce qui m’a surtout marquée personnellement, c’est d’apprendre à connaître des Musulmans. Je suis touchée par la foi, la prière de certains. Je sens que nous sommes égaux, qu’il n’y a pas de «supériorité» chrétienne. Le respect de l’autre est essentiel.

des partages sur la Bible, des cours de religion et S. Suzanne une rencontre mensuelle pour peser les enfants Pour le groupe d'Haïtiens vivant à Cambita, je et donner des conseils aux mamans. Nous en pourrais dire que les sœurs sont leur sécurité, revenons toujours très impressionnées par la foi défense et protection. S’ils ont des problèmes et le courage de ces gens simples. Une bonne avec les voisins qui sont Dominicains et que ceux partie de la population de Flexeiras ne les voit pas ci les convoquent au tribunal, ils d’un bon œil, mais le fait que viennent chez-nous pour avoir Pour le groupe d'Haïtiens vivant à les sœurs vont au des conseils et les accompagner Cambita, je pourrais dire que les campement, les invitent à au tribunal... nous voulons et sœurs sont leur sécurité, défense et venir à l’église et les nous luttons pour que leurs protection. considèrent comme faisant droits comme personne réellement partie de la communauté a permis humaine soient respectés. C’est une question de d’avoir une influence positive sur l’opinion des justice. gens. S. Ines Ici, beaucoup de Latino-Américains viennent au bureau paroissial parce qu’ils n’ont plus d’argent pour payer les factures, ou parce qu’ils sont sans emploi. Mais mon travail est davantage dans le sens d’une conseillère, d’une accompagnatrice spirituelle d’une certaine façon, puisqu’ils

S. Gabriela Mon rôle pour aider notre population immigrante est d’écrire des lettres d’appui personnelles pour aider les gens à prouver qu’ils sont stables et actifs dans notre paroisse. Ces lettres les aident à établir un « historique de présence » aux ÉtatsUnis. D’autres efforts sont faits pour qu’ils


de Russie, de Tchétchénie, d’Albanie, de Mongolie, d’Iran… Pour le moment, nous accompagnons une maman Angolaise avec ses deux enfants. Cela signifie la mettre en relation avec les services pour la procédure d’asile : assistante sociale, avocat… mais aussi l’aider à assumer son quotidien, lui faire découvrir comment on vit ici, la valeur de l’argent en comparaison avec la monnaie de son pays, la nourriture, les moyens de transport, les consultations médicales… S. Anne-Elizabeth Sœur Margaret et moi-même coordonnons, pour le JRS Angleterre, le groupe qui visite les détenus. Avec ce groupe, nous accompagnons, servons et défendons les demandeurs d’asile qui sont détenus dans deux centres de déportation pour immigrés. S. Rita-Claire Nous apprivoisons les détenus et les aidons en les Quant à moi, j’ai travaillé de 1983 à 2008 à aider mettant en contact avec des professionnels tels des gens à obtenir l’amnistie, la résidence des avocats, des médecins indépendants, qui permanente, un statut de travailleur saisonnier, peuvent leur offrir l’aide dont ou la citoyenneté. S. Mary Nous accompagnons, servons et ils ont besoin. L’apprivoiMichael faisait également ce défendons les demandeurs d’asile qui sement est très important travail. sont détenus dans deux centres de puisque ça permet au détenus Depuis octobre 2008, S. Cecile déportation pour immigrés. d’entretenir une relation et moi -même sommes amicale avec quelqu’un qui est hors du contexte impliquées dans les classes d’anglais langue de détention et qui n’est pas là pour juger mais seconde à Saint Jude. pour écouter et aider dans la mesure du possible. S. Anne-Marie Ici en Belgique, pour les réfugiés qui arrivent maintenant, c’est la crise du logement dans les Centres, et souvent FEDASILE n’a rien à leur offrir. Alors nous avons un accord avec l’APD (Aide aux Personnes Déplacées, fondée par le Père Pire). Dans notre maison de Huy, nous avons une chambre pour une maman avec enfants. Nous avons déjà eu la chance d’héberger et d’accompagner beaucoup de familles, le temps de la première procédure ; ces personnes venaient de différents pays d’Afrique, mais aussi

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puissent s’intégrer à la paroisse à travers des encouragements concrets, des invitations, et en offrant aussi des sessions en espagnol pour aider les parents à préparer leurs enfants pour les premiers sacrements.


S. Patricia Quelle Parole de Dieu ou extrait de nos documents de Congrégation vous aide et vous encourage dans votre travail auprès des réfugiés ?

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S. Suzanne J’aime beaucoup le numéro 13 de nos constitutions: La Congrégation s'orientera ... avec une nette préférence, vers les lieux qui la mettent en communion avec les défavorisés ou lui permettent de remédier de quelque manière à des situations d'injustice. S. Pascasie Les grands esprits se rencontrent ! Moi aussi le numéro 13 est l’un de mes préférés. Je me rappelle également Dom Minsart, notre Fondateur, qui répondait de son mieux à toute détresse humaine et spirituelle avec les premières sœurs. Il a aidé à gagner le pain de l’âme et du corps. Et encore cette Parole de Dieu : Jésus eut pitié de la foule en disant à ses disciples « Donnez-leur vous même à manger ».

Et non pas elle seule : nous-mêmes qui possédons les prémices de l'Esprit, nous gémissons nous aussi intérieurement dans l'attente … » Rm 8, 22-23 « …Ainsi donc, vous n'êtes plus des étrangers ni des hôtes ; vous êtes concitoyens des saints, vous êtes de la maison de Dieu. » Eph. 2,19 S. Christina Pour nous, travailler avec les sans terre et toute la population défavorisée de la ville est notre manière de vivre l’Évangile et de servir les plus exclus. Jésus est venu pour qu’eux aussi aient la vie en plénitude.

S. Anne-Marie Ici à Huy, notre maison s’est ouverte à l’accueil des réfugiés, encouragée par le chapitre de 1989. Nous nous sentons aussi confirmées dans nos S. Ines choix par le chapitre de 2007 dans son texte sur Et pas seulement le numéro13 ! Les 11 et 12 l’Évangélisation… «Écoutant le cri déchirant de aussi sont très parlants. tant de femmes et d’hommes…. » La parole de Dieu de Matthieu 25… « J’étais S. Gabriela étranger… » Je pense à 3 textes bibliques en particulier : Mais aussi cette soif de témoigner aujourd’hui de « Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se la fraternité universelle que nous devons trouvaient tous ensemble dans un même lieu, développer pour faire tomber les préjugés entres quand, tout à coup, vint du ciel un bruit tel que les cultures, les religions… fraternité fondée pour celui d'un violent coup de vent, qui nous sur notre foi en Dieu Père de Jésus est venu pour qu’eux remplit toute la maison où ils se tous et en cette fraternité révélée aussi aient la vie en tenaient. Ils virent apparaître des par Jésus. plénitude. langues qu'on eût dites de feu ; Ce qui me parait important elles se partageaient, et il s'en posa aujourd’hui, avant les discours, une sur chacun d'eux. Tous furent alors remplis c’est d’être signe de la tendresse de Dieu, de la de l'Esprit Saint et commencèrent à parler en bonté de Dieu pour tous ceux que nous d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait rencontrons. N’est-ce pas cela qui traverse tout de s'exprimer. » Actes 2, 1-4. l’Évangile, et qui est le projet de Dieu pour nous ? « Nous le savons en effet, toute la création jusqu'à ce jour gémit en travail d'enfantement.


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S. Rosemary La journée mondiale des réfugiés aura lieu le 20 juin. Avez-vous l’intention de faire quelque chose de spécial ce jour-là ? Ou bien avez-vous des idées de petites choses que les sœurs pourraient faire à la maison ou au travail pour souligner cette occasion ? S. Anne-Elizabeth JRS Angleterre organise une fête pour les S. Gabriela bénévoles, donateurs, réfugiés et personnes Dans notre paroisse, je crois que nous anticipons intéressées par le travail auprès des réfugiés et la Journée mondiale des réfugiés en célébrant des déplacés. C’est un événement annuel très notre journée de la diversité le 16 mai avec un « joyeux et festif. Quelques-unes de nos sœurs festival ethnique ». Cet événement rassemble les écrivent à des détenus pour divers groupes pour fraterniser et les distraire un peu et leur partager musique et nourriture. apporter de la joie en cette Un des « jeux » auquel les gens journée. sont invités à participer consiste à Des gens pourraient inviter donner à chacun un passeport un réfugié ou ancien réfugié à dans lequel est représenté chacun donner un témoignage dans des 34 groupes ethniques une école ou une présents dans notre paroisse. communauté. Une levée de L’objectif est d’obtenir les fonds pourrait aussi être étampes des différents groupes organisée. en visitant les kiosques, goûtant la Les demandeurs d’asile et les nourriture et fraternisant avec les détenus ont besoin de notre autres groupes. C’est une prière. Pourquoi ne pas excellente manière de mélanger intercéder de manière spéciale ce les gens et leur permettre de jour-là pour toutes les personnes faire plus ample connaissance. Notre festival ethnique déplacées. rassemble les divers groupes S. Anne-Marie pour fraterniser et partager S. Christina Quant à moi, je suis certaine que musique et nourriture. Eh bien toutes nos communautés je recevrai des invitations à me au Brésil vont certainement s’unir rendre devant un centre fermé en prière pour la Journée des réfugiés. Ce serait pour réfugiés. Il y en a un aux portes de Liège, et une merveilleuse initiative si les sœurs pouvaient notre évêque ou un vicaire général s’y rendent visiter un campement ce jour-là et partager souvent. l’Évangile avec les gens qui y vivent. Ce serait Nous pouvons certainement dans les rencontres une grâce pour eux et pour nous. de ce jour faire allusion à cette journée, et raconter une histoire vécue pour faire sauter les S. Pascasie préjugés… ou manifester spécialement un peu de Ici au Rwanda, nous pensons à faire la tendresse et de bonté envers l’un ou l’autre sensibilisation à l’Église et aux étudiants réfugié rencontré ce jour… universitaires sur le partage pour les réfugiés.


Nous souhaitons remercier chacune des sœurs qui ont généreusement accepté de répondre à nos questions. Ce serait merveilleux si cet échange pouvait en susciter d’autres parmi nous, alors n’hésitez pas à écrire ou parler à l’une d’elles à propos de leur té moignage, poser des questions, aller plus loin dans la compréhension de l’enjeu des réfugiés et du travail de nos sœurs. Voici comment les rejoindre : S. Anne-Elisabeth (Londres, Angleterre) annedevuyst@gmail.com S. Rita Claire (Mansfield, Texas) ssmn ritac@aol.com S. Gabriela (Arlington, Texas) gabriela.martinez@charter.net S. Anne-Marie (Huy, Belgique) sr.neuvens -am@hotmail.com S. Pierre-Marie (Seraing, Belgique) S. Ines (Ft. Worth, Texas) diaz_meneses@hotmail.com S. Suzanne (Cambita, R.D.) suzanneberssmn@yahoo.ca S. Pascasie (Kibuye, Rwanda) pmukacondo@yahoo.fr S. Christina (Flexeiras, Bresil) cristinassmn@yahoo.com.br

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Nous souhaiterions terminer en vous souhaitant une belle et significative journée des réfugiés, et en vous partageant cette prière que nous dirons en communion avec vous toutes : Pour tous ceux qui voient disparaître leur « chez-soi » et tout ce que cela implique Pour tous ceux qui ne peuvent entrevoir de chez-soi dans le futur Pour tous ceux qui doivent porter le poids quotidien de l’insécurité Pour tous ceux qui peinent, sans lieu sécuritaire où reposer la tête Pour toutes les familles migrantes, prions. Puisse l’image de la Sainte Famille fuyant l’oppression, demeure gravée dans notre mémoire. Qu’elle demeure gravée dans nos cœurs alors que nous avons la grâce de rentrer en un lieu que nous appelons « chez-nous ». Et puisse le Seigneur faire de nous des êtres de compassion pour tous ceux qui peinent encore, qui cherchent encore, avec une route encore si longue devant eux…


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