Issuu on Google+

SwissFEL

Brillantes perspectives

Le laser à rayons X suisse à électrons libres


De brillantes perspectives pour la recherche dans les nouveaux matériaux et les biomolécules

L’Institut Paul Scherrer construit un nouveau grand instrument de re­ cherche: le laser à rayons X à électrons libres SwissFEL, qui génère de nouvelles possibilités pour la recherche de pointe suisse.

Notre société a de grands défis à relever: un

nombre de questions importantes restent sans

approvisionnement en énergie qui soit sûr et

réponse, des questions essentielles au déve-

sans répercussions sur le climat, une santé

loppement de médicaments plus efficaces, de

durable et abordable pour une population dont

systèmes énergétiques efficients ou d’ordina-

l’espérance de vie ne cesse d’augmenter et la

teurs ultrarapides dotés de plus de mémoire.

conservation d’un environnement intact, que

Les grands instruments, basés sur le principe

nous pourrons transmettre à nos descendants.

du laser à électrons libres et émettant dans le

Pour résoudre ces problèmes, les scientifiques

domaine des rayons X (ou selon l’abréviation

du monde entier sont en quête de nouveaux procédés industriels, de matières et de matériaux novateurs ou de médicaments, susceptibles de contribuer à la gestion de ces tâches pressantes. Mais les innovations ne peuvent se faire que de manière ciblée, c’est-à-dire lorsque les processus sous-jacents ont été bien compris – il faut, par exemple, d’abord comprendre les processus qui se déroulent au niveau cellulaire au cours d’une maladie avant de pouvoir mettre au point des médicaments, qui soient à la fois efficaces et sans effets secondaires importants. Les scientifiques qui explorent les processus fondamentaux au sein de notre univers se trouvent sans cesse confrontés à des problématiques que les techniques de recherche actuelles ne permettent pas de résoudre. Ainsi, il existe dans la nature, dans l’organisme humain et dans de nombreuses installations techniques, des processus qui sont si rapides que l’on ne peut voir que leurs états initiaux et finaux, sans être en mesure de suivre en détail les étapes intermédiaires. C’est pourquoi bon 2


anglaise «XFEL», de X ray = rayon X), permettent

absorber une part de la demande croissante

de suivre en détail ces processus ultrarapides,

de temps de mesure, que les lasers à électrons

c’est-à-dire de les filmer, en quelque sort. Ces

libres disponibles en 2016 en Europe, au Japon,

instruments sont en fait des accélérateurs

en Corée du Sud et aux Etats-Unis ne suffiront

d’électrons, capables de générer des impul-

pas à combler.

sions de rayons X cohérents (rayons X qui ont les caractéristiques du faisceau laser) extrêmement courtes. Le SwissFEL, le nouveau grand instrument de l’Institut Paul Scherrer, sera un appareil de ce type. Ces lasers à rayons X sont

Le PSI – expert dans les grands instruments de recherche

de grandes installations de recherche, dont la

Le PSI développe, construit et exploite de

majeure partie se trouve dans un tunnel d’une

grands instruments de recherche uniques en

longueur de plusieurs centaines de mètres.

leur genre pour mener des études dans le

Lorsque le SwissFEL va commencer avec ses

domaine des sciences des matériaux, de la

premières expériences pilotes en 2017, il comp-

physique, de la chimie, de la biologie, de la

tera parmi les cinq installations au monde du

médecine ainsi que de la technologie énergé-

même genre. Avec le SwissFEL, le PSI pourra

tique et environnementale.

Marta Divall, spécialiste du laser, en train de manipuler une chambre à vide pour une future expérience au SwissFEL. 3


Bolko Beutner, spécialiste en ligne de faisceaux, à l’installation test SwissFEL-Injecteur. Le faisceau d’électrons généré dans l’injecteur a un diamètre de quelques centièmes de millimètres. Le moniteur du profil de faisceau, qui rend visible le faisceau d’électrons, doit donc être ajusté avec précision.

Le SwissFEL est destiné à la fois aux chercheurs

classiques. Dès 2001, le PSI a joué un rôle

du PSI et aux chercheurs des hautes écoles et

de précurseur au niveau international en dé-

de l’industrie. Les chercheurs externes sont

veloppant sa Source de Lumière Suisse SLS

épaulés de manière compétente et globale

(un anneau d’accélération d’une circonférence

dans leurs projets de recherche et développe-

de 282 mètres), qui est dorénavant devenue

ment par les collaborateurs du PSI.

un modèle pour des sources modernes de

Grâce à ses experts et au haut niveau de qua-

rayons X. Depuis, la SLS a fourni de nombreux

lité technique de ses installations, le PSI s’est

résultats scientifiques importants, dont

forgé une excellente réputation internationale

ceux du chercheur américain Venkatraman

en tant que laboratoire pour utilisateur. Il

Ramakrishnan, qui a reçu le prix Nobel de

contribue aujourd’hui à la recherche de pointe

chimie en 2009 pour ses travaux.

dans des projets interdisciplinaires ambitieux et complexes. L’institut a joué un rôle de pionnier dans bon nombre de domaines, par exemple, dans celui des technolgies énergétiques pour des

Poser de nouveaux jalons au niveau international

carburants écologiques, ou dans celui du

Les professionnels du PSI ont maintenant uti-

développement de la protonthérapie. Cette

lisé les connaissances acquises grâce au pro-

méthode thérapeutique permet de traiter

jet SLS pour développer le SwissFEL, un nouvel

certains types de cancer de manière moins

instrument unique en son genre sur le plan

agressive et plus efficace que les méthodes

technologique, qui va, tout comme la SLS,

4


la Suisse en tant que place de recherche sera consolidée sur le long terme, tout en contribuant de manière essentielle à la compétitivité de l’économie suisse. Cette compétitivité repose essentiellement sur le fait de pouvoir commercialiser des produits novateurs avant les concurrents. La possibilité de mener des recherches de haut niveau dans son propre pays permet le développement de nouvelles connaissances, de méthodes et d’outils novateurs, qui tiennent compte des défis globaux. Mais l’industrie suisse profitera elle aussi directement des nouvelles possibilités de recherche au SwissFEL, que ce soit par le biais de collaborations avec le PSI et les hautes écoles, ou par le biais d’études menées directement au SwissFEL. Les bonnes relations qui se sont développées entre le PSI et l’industrie poser de nouveaux jalons au niveau interna-

au cours des dernières années seront ainsi

tional.

renforcées par ce projet novateur.

Le concept énergétique pose aussi de nou-

Mais le SwissFEL profite déjà à l’industrie

veaux jalons. En comparaison d’installations

suisse bien avant sa mise en service: ce nouvel

similaires, la consommation électrique, est

instrument high-tech est développée en étroite

réduite de façon drastique. Par ailleurs, le

collaboration avec l’industrie nationale. Ainsi,

SwissFEL est la seule installation XFEL, dont

des entreprises de machines-outils, telles que

l’énergie dispersée est récupérée dans le ré-

TEL Mechatronics AG (ex-Oerlikon Mechatro-

seau de chauffage du PSI.

nics) ou MDC Max Daetwyler AG, sont devenus des partenaires pour le développement de composants essentiels du SwissFEL.

SwissFEL – un projet novateur qui renforce la compétitivité de l’économie suisse

Enfin et surtout, pendant sa construction et

Le SwissFEL est une installation nationale qui

des spécialistes dans le domaine des hautes

se concentre sur les intérêts et les expériences

technologies, dans des secteurs tels que l’élec-

de recherche des hautes écoles et de l’indus-

tronique de puissance, les techniques infor-

trie suisses, et qui tient compte de leurs centres

matiques, les technologies des matériaux, des

d’intérêt et de leurs besoins en matière de

matières et du vide, la sensorique ou les tech-

recherche. Grâce à la construction du SwissFEL,

nologies de traitement de l’image.

lorsqu’il sera opérationnel, le projet SwissFEL aura des répercussions positives sur la formation des étudiants et des doctorants, ainsi que

5


L’instrument SwissFEL composition et fonction

Le SwissFEL a pour but de produire des impul-

La production d’impulsions de rayons X com-

sions de rayons X extrêmement intenses et

mence à l’intérieur du canon à électrons: un

d’une durée ultracourte. Ces rayons X sont émis

flash de lumière va arracher des électrons de

par des électrons très rapides, poursuivant une

la surface d’une plaque métallique. De là, les

trajectoire sinusoïdale induite par de puissants

électrons volent jusqu’à l’accélérateur linéaire

aimants.

qui – à l’aide de micro-ondes puissantes ­– les

En effet, des électrons qui sont forcés de mo-

amène à l’énergie nécessaire.

difier leur vitesse ou de changer de direction

Leur vitesse est maintenant suffisante pour les

émettent des rayons électromagnétiques – en

envoyer dans un onduleur magnétique – c’est

fonction de la nature du mouvement des élec-

ainsi que les experts appellent la succession

trons, il peut s’agir d’ondes radio, de lumière

périodique d’aimants dont l’alternance des

visible ou, justement, de rayons X.

pôles va engendrer une trajectoire sinusoïdale.

La longueur totale du SwissFEL est de l’ordre

Les électrons émettent alors du rayonnement

de 740 mètres. L’installation est composée de

X à chaque courbure de leur trajectoire. Cette

quatre parties: injecteur avec canon à élec-

émission va s’amplifier au fur et à mesure que

trons, accélérateur linéaire, onduleur magné-

les électrons parcourent l’onduleur. Cet effet

tique et halles d’expérimentation.

d’avalanche va donner naissance aux rayons

 Accélérateur linéaire Les électrons sont amenés à l’énergie nécessaire.

Œ Injecteur Les électrons sont émis et pré-accélérés.

Aimant quadripolaire Cet élément dirige le faisceau d’électrons le long de l’accélérateur.

6

Cavités accélératrices L’accélérateur linéaire est composé de 104 cavités, chacune consistant en une succession de 113 disques-anneaux de cuivre. La longueur totale est de 335 mètres.


laser X du SwissFEL, dont l’intensité est unique.

Après que les électrons aient émis les rayons X,

Pour atteindre cet effet d’avalanche, l’onduleur

ils deviennent inutiles et ils sont absorbés

magnétique du SwissFEL aura une longueur de

par un dispositif de collecte. En revanche, le

60 mètres et sera composé de 12 onduleurs,

faisceau de rayon X est lui dirigé vers les sites

dotés chacun de 1060 aimants. La très grande

d’expérimentations à la disposition des cher-

précision requise lors de la fabrication et l’as-

cheurs pour leurs expériences.

semblage de l’onduleur magnétique est une performance en soi dans le domaine de l’ingénierie.

Représentation schématique (pas à l’échelle). Les aimants de l’onduleur sont placés directement dans la chambre à vide, au plus près du faisceau d’électrons à dévier.

 Expérience Les impulsions de rayons X ultra-courtes et intenses vont être dirigé, a l’aide d’éléments optiques, vers le lieu de mesure final.

Ž Onduleurs

Aimants néodyme

Les onduleurs sont composés d’aimants Néodyme. L’alternance des polarités vont faire slalomer les électrons ce qui va provoquer l’émission de rayons X.

7


Haute technologie et respect de la nature Le SwissFEL sera construit a proximité de l’Institut Paul Scherrer, dans la forêt de Würenlingen. Le bâtiment est composé d’un sous-sol

Préserver la fragilité du milieu environnant

et d’un rez-de-chaussée. Les rayons X pour les

La forêt de Würenlingen est un biotope qui

expériences vont être produits au sous-sol,

abrite de nombreuses espèces animales et

là où se trouvent l’injecteur, l’accélérateur

végétales, c’est aussi un espace de détente

linéaire et les onduleurs. L’accélérateur néces-

pour les habitants et les travailleurs des envi-

site toute une infrastructure d’alimentation

rons. Afin de préserver cette espace, une

pour fonctionner, qui se trouve à l’étage supé-

équipe interdisciplinaire a travaillé pendant

rieur, juste au-dessus du tunnel de l’accélérateur. Au bout de l’accélérateur, le sous-sol s’élargit et l’étage supérieur du rez-de-chaussée s’efface. Ainsi le tunnel s’élargit pour faire de la place aux halles d’expérience.

Les deux passages à gibier permettent de traverser l’installation.

L’étage supérieur abrite l’infrastructure d’alimentation nécessaire à l’accélérateur. A

A

re éai

r lin teu léra



é Acc

A Amphibientümpel

Π8

ur

cte

Inje

Les rayons X nécessaires aux expériences sont produit dans le sous-sol du bâtiment, là où se trouvent l’injecteur, l’accélérateur et les onduleurs.


Biotope pour espèces menacées

deux ans à un concept d’intégration du SwissFEL dans un tel environnement. Les transformations inévitables imposées à la nature et

Une attention particulière a été apportée aux

au paysage seront réduites au minimum pos-

espèces menacées: l’oreillard gris, une

sible. Un nouveau biotope sera créé pour gé-

chauve-souris native de la région, trouvera un

nérer de nouveaux écosystèmes.

nouveau refuge autour du SwissFEL. Des points

Le site sera en grande partie souterrain, de

d’eau, dessols nus, des arbustes et des haies

sorte que les promeneurs ne verront qu’un

constitueront un biotope adéquat pour les

talus de terre. Ce talus sera planté d’une prai-

amphibiens particulièrement fragiles.

rie maigre, un paysage naturel typiquement

Deux passages à gibier enjamberont le

argovien, qui formera un biotope pour les pa-

SwissFEL. La circulation permettant d’accéder

pillons et les abeilles sauvages.

au SwissFEL sera réduite au minimum, et se fera le long d’une route en contrebas, qui ne sera pas visible depuis les chemins forestiers, afin de ne pas gêner les promeneurs. L’éclairage d’accès ne sera activé qu’en cas de besoin.

Des laboratoires sont à disposition des chercheurs pendant la durée de leur expérience au SwissFEL.

A A

A A

A

 A

Ž

ces

ien

A

ér Exp

urs ule

Ond

Vue en direction du nord : les alentours du SwissFEL après l’achèvement des travaux. L’installation se trouve sous le talus, à gauche de l’image, et n’est pas visible depuis le chemin forestier. Le talus sera recouvert par d’une prairie maigre, à forte valeur écologique.

9


Exemples d’application du laser à rayons X SwissFEL

Le SwissFEL permet de visualiser des modifi-

nement pourrait, par exemple, contribuer au

cations de très courte durée survenant dans

développement de catalyseurs qui rendraient

des structures atomiques et moléculaires.

certaine substances moins polluantes et moins

L’application de ces rayons X d’un type parti-

énergievores.

culier est illustrée ici à l’aide de deux exemples.

Les réactions chimiques sont extrêmement rapides, et c’est l’une des raisons pour lesquelles leur mode de fonctionnement n’est pas

Recherches pour un environnement intact et un approvisionnement éner­ gétique sûr et climatiquement neutre

encore élucidé en détail: lorsque des liaisons

Qu’il s’agisse de l’épuration des effluents ga-

s’écoule est souvent de l’ordre de quelques

zeux ou de la fabrication de matières premières

millionièmes de millionième de seconde.

pour l’industrie chimique, un grand nombre de

Pour comprendre en détail le déroulement des

procédés techniques utilisent des réactions

réactions, les scientifiques aimeraient pouvoir

chimiques pour transformer une substance en

observer les toutes premières étapes d’une

une autre.

réaction chimique, c’est-à-dire enregistrer un

Des substances particulières, que les chimistes

film avec des temps d’exposition extrêmement

appellent catalyseurs, font en sorte que de

courts pour chaque image. C’est précisément

telles réactions se déroulent le plus efficace-

ce que pourra réaliser le SwissFEL, en générant

ment possible. Bien que les réactions par ca-

des impulsions de rayons X intenses, qui ne

talyseurs soient utilisées depuis plusieurs

dureront chacune que quelques 10 femtose-

décennies dans d’innombrables applications,

condes (femtoseconde = 0,001 billionième de

leur mode de fonctionnement n’est bien sou-

seconde), ce qui permettra de photographier

vent pas clair. Mais comprendre leur fonction-

les différentes étapes de la réaction.

chimiques se dissocient en une seule molécule, et lorsque de nouvelles liaisons chimiques forment une nouvelle molécule, le temps qui

Impulsions de rayons X H2

NH3

N2

Éclair lumineux

Temps de réaction [fs]

Production d’ammoniaque à partir d’hydrogène et d’azote: l’ammoniaque est l’une des matières premières qui sert à la fabrication d’engrais chimiques, sa contribution à l’alimentation dans le monde est donc très importante. La réaction nécessaire à la production d’ammoniaque se déroule en plusieurs étapes: tout d’abord, les atomes de la molécule d’azote (en bleu) et la molécule d’hydrogène (en jaune), chacune composée de deux atomes, doivent être dissociés. Ensuite, un atome d’azote se lie à trois atomes d’hydrogène pour former une molécule d’ammoniaque. Cette réaction n’est possible qu’en présence de fer (gris) qui sert de catalyseur. Au SwissFEL, on utilisera cette réaction bien étudiée comme exemple pour tester les possibilités scientifiques de l’instrument. Les chercheurs apprendront alors à observer des réactions correspondantes avec des catalyseurs comparables. Dans le cadre d’une expérience menée au SwissFEL, la réaction catalytique sera déclenchée au début par un éclair lumineux, et elle sera ensuite exposée à des impulsions de rayons X à différents moments, reproduisant l’état actuel de la réaction. On pourra ainsi étudier l’ordre dans lequel les étapes de la réaction ont lieu, ou leur durée. 10


Le mouvement de la molécule de myoglobine (de la position 1 à la position 2), responsable de processus vitaux lors de la respiration, peut être prédit par ordinateur grâce à l’utilisation de méthodes adéquates de calculs. Ces modèles théoriques pourront être vérifiés de manière expérimentale avec un instrument comme le SwissFEL.

Recherche fondamentale pour une santé durable grâce au développe­ ment de médicaments sur mesure Les protéines sont les composants essentiels des organismes vivants, et elles sont responsables d’innombrables processus vitaux. De nombreuses protéines assument également

La structure spatiale des protéines peut d’ores

des fonctions catalytiques pour des réactions

et déjà être examinée très efficacement par la

chimiques, d’autres se lient à des hormones

cristallographie de protéines à la Source de

et à des molécules de signalisation qui

Lumière Suisse (SLS). Mais ces mesures ne

contrôlent le comportement de cellules et

donnent qu’une image statique de ces «ma-

d’organes tout entiers. Cette molécule pro-

chines» biologiques complexes. Il existe pa-

téique complexe est composée de plusieurs

rallèlement aussi un grand nombre de proté-

milliers d’atomes, qui doivent être agencés

ines importantes, qui ne sont que difficilement

d’une certaine manière pour que la molécule

observables par de telles méthodes. Il s’agit

puisse accomplir son travail.

des protéines membranaires. qui sont nichées

Les protéines présentes au sein d’une cellule

dans la couche externe des cellules. Raison

vivante ne sont pas des corps figés, mais elles

pour laquelle nous ne connaissons pas la

se déplacent et leurs mouvements peuvent

structure d’un grand nombre d’entre elles.

durer de quelques femtosecondes à quelques

Le SwissFEL permet aussi d’étudier efficace-

secondes.

ment des complexes protéiques entiers, qui

Des impulsions de rayons X ultra-courtes, telles

existent en de nombreuses variantes diffé-

qu’elles seront générées au SwissFEL, per-

rentes dans les cellules et les organes. De telles

mettent de suivre l’évolution dans le temps

analyses sont impossibles avec les méthodes

des mouvements moléculaires, et d’observer

classiques de cristallographie de protéines.

ainsi les processus auxquels ces molécules

De plus, le SwissFEL nous permet d’observer

participent. Les futures expériences devront,

en direct certaines protéines dotées d’une

par exemple, contribuer à la compréhension

activité catalytique, les enzymes. Ces dernières

des processus moléculaires impliquées dans

exercent une influence sur certaines transfor-

les maladies infectieuses, dans les atteintes

mations chimiques importantes, et facilitent

cellulaires entraînant des limitations fonction-

le déroulement des réactions chimiques et la

nelles au sein des organes, comme certaines

production ciblée de molécules chimiques ou

atteintes du système nerveux central, des ar-

biologiques.

ticulations, ou dans les affections tumorales.

Grâce à la haute résolution du SwissFEL, il sera

Ces connaissances permettront à l’avenir le

possible d’observer en direct des différentes

développement de nouveaux médicaments sur

étapes des réactions, telles que la dissolution

mesure.

et la formation de nouvelles liaisons chimiques. 11


Qu’entend-on par «ultrarapide»? Pour pouvoir observer des processus ultrara-

(chose évidemment impossible, car rien ne se

pides, il faut des impulsions de rayons X ul-

déplace plus vite que la lumière), soit environ

tra-courtes, comme celles qui seront générées

un million de fois plus vite que le temps d’ex-

par le SwissFEL. Une telle impulsion dure en-

position d’un appareil photo standard! Mais

viron 10 femtosecondes.

les photos que l’on prendra avec le SwissFEL

Comment imaginer à quoi cela peut bien cor-

seront à leur tour prises encore un million de

respondre? Souvenez-vous de Lucky Luke, le

fois plus rapidement que la vitesse à laquelle

héros de bande dessinée «qui tire plus vite

Lucky Luke devrait tirer. Autrement dit: le

que son ombre». Mais à quelle vitesse Lucky

SwissFEL a un temps d’exposition de 10 femto­

Luke doit-il tirer pour être plus rapide que son

secondes et c’est un billion (mille milliards) de

ombre? La lumière parcourt une distance de

fois plus court que le temps d’exposition d’un

3 mètres en environ 10 nanosecondes. C’est

appareil photo standard.

donc le temps dont disposerait Lucky Luke pour dégainer plus vite que son ombre sur le mur

«Photographier» comment des molécules forment de nouvelles liaisons chimiques au moyen du SwissFEL

L’homme qui tire plus vite que son ombre 10 femtosecondes (0,00000000000001 s)

Photographie prise avec un appareil photo standard 10 nanosecondes (0,00000001 s)

10 millisecondes (0,01 s)

12


Caractéristiques techniques du SwissFEL Longueur: environ 740 mètres Énergie finale des électrons: 6 giga électrons-volts (milliards d’électrons-volts) Taux de récurrence: 100 Hz (impulsion par seconde) Nombre d’électrons accélérés par impulsion: 2 × 1 250 000 000 Longueur d’onde du rayonnement X: entre 0,1 et 7 nanomètres, selon la ligne de lumière Durée d’une impulsion de rayonnement X: 1–60 femtosecondes (1–60 × 10–15 s) Intensité: brillance maximale presque 10 milliards de fois supérieure à celle des sources classiques modernes de rayonnement synchrotron Temps utilisable pour les expériences: environ 5000 heures par an Date de mise en service: à partir du printemps 2016 Premières expériences pilotes: 2017 Coût probable: Le coût du SwissFEL s’élève à environ 275 millions de francs et sont en majeure partie pris en charge par la Confédération. Le canton d’Argovie participe au financement à hauteur de 30 millions de francs pris sur les fonds de Swisslos.

Emplacement du SwissFEL à l’Institut Paul Scherrer

Œ Source de Lumière Suisse (SLS) La SLS est une source de lumière synchrotron, on y pratique une recherche de pointe depuis 2001.  Le SwissFEL Le SwissFEL complète les possibilités de recherche de la SLS.

Ž Œ PSI Ouest

Ž Contrôle central Salle de contrôle de tous les accélérateurs du PSI. Le SwissFEL sera également contrôlé depuis cette salle.

Aare

PSI Est

SwissFEL

N



740 m

13


Vu aÊrienne de l’Institut Paul Scherrer.

14


Le PSI en bref

L’Institut Paul Scherrer PSI est un institut de recherche pour les sciences naturelles et les sciences de l’ingénieur. Au PSI nous faisons de la recherche de pointe dans les domaines de la matière et des matériaux, de l’énergie et de l’environnement ainsi que de la santé humaine. Nous associons recherche fondamentale et recherche appliquée pour élaborer des solutions durables répondant à des questions centrales de la société, de la science et de l’économie. Le PSI développe, construit et exploite des grandes installations de recherche complexes. Chaque année, nous accueillons plus de 2500 chercheurs invités venant de Suisse, mais aussi du monde entier. Tout comme les scientifiques du PSI, ils effectuent sur nos installations uniques des expériences qu’ils ne pourraient effectuer nulle part ailleurs. La formation des générations futures est un souci central du PSI. Pour cette raison, environ un quart de nos collaborateurs sont des postdocs, des doctorants ou des apprentis. Au total, le PSI emploie 2000 personnes, étant ainsi le plus grand institut de recherche de Suisse.

En couverture: En 2015, l’installation du laser à rayon X à électrons libres SwissFEL – la nouvelle grande installation de recherche de l’Institut Paul Scherrer – a commencé. Ici une structure accélératrice pour l’injecteur est transportée dans le tunnel de l’accélérateur.

Impressum Conception/rédaction Paul Scherrer Institut Photos Frank Reiser, PSI Markus Fischer, PSI Design et maquette Monika Blétry, PSI Impression Paul Scherrer Institut Commandes à adresser à Paul Scherrer Institut Events et Marketing 5232 Villigen PSI, Suisse Téléphone +41 56 310 21 11 Villigen PSI, juillet 2016

Pour plus d’informations relatives au SwissFEL Chef de projet SwissFEL accélérateur Dr Hans Braun Tél. + 41 56 310 32 41 hans.braun@psi.ch Chef de projet SwissFEL expérimentations Dr Rafael Abela Tél. + 41 56 310 32 71 rafael.abela@psi.ch SwissFEL Science Officer Dr Mirjam van Daalen Tél. + 41 56 310 56 74 mirjam.vandaalen@psi.ch Vous trouverez un film sur le SwissFEL en vous rendant sur www.psi.ch/fr/media/film-swissfel 15


Paul Scherrer Institut  ::  5232 Villigen PSI  :: Suisse ::  Tél. +41 56 310 21 11  :: www.psi.ch

SwissFEL_f, 7/2016


SwissFEL - Brillantes perspectives: Le laser à rayons X suisse à électrons libres