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Gonfler les seins sans prothèses

© Fanny (agence Coccinelle) est photographiée par Stéphane Bourgies (www.bourgies.com), bande de crêpe Velpeau®.

Un rêve qui serait enfin possible grâce au laboratoire Q-Med et son Macrolane®, un acide hyaluronique spécialement développé pour traiter de grands volumes, et notamment les seins. Mais le prix des injections est très conséquent (entre 3 500 et 4 500 €), pour un effet qui ne dure qu’un an et demi environ. Par ailleurs « les résultats ne sont pas extraordinaires puisqu’on ne peut pas injecter de très grandes quantités », note le docteur Perrogon, médecin et président de l’AIME5. Enfin l’AFSSAPS émet des réserves quant à l’injection de cette substance à proximité immédiate « d’une région connue comme une zone à forte prévalence de cancer ». « Ce n’est pas la substance en elle-même qui risque de poser problème, précise le docteur Latouche, mais le fait qu’elle ne soit pas enfermée dans une membrane comme les prothèses. Par conséquent on ne sait pas si elle est susceptible

de migrer. » Mais alors comment se fait-il que le produit soit autorisé ? En fait, à part la toxine botulique, les injectables sont considérés comme des dispositifs médicaux. Ils sont soumis à beaucoup moins de contrôles préalables que les médicaments. « Un produit injectable marqué CE ne signifie pas qu’il est efficace ou sans inconvénients pour le patient », précise Muriel Gaudin, une journaliste qui a enquêté sur le phénomène6. Dès lors, une règle de sagesse s’impose : attendre.

Faire pousser les cils d’un coup de pinceau Bientôt oublié le mascara ? C’est la promesse de Latisse®, le premier traitement pour la pousse des cils approuvé par la FDA, l’agence de pharmacovigilance américaine. Ce médicament utilisé à l’origine dans le traitement du glaucome, a produit cet effet secondaire inattendu. Dans son indication esthétique, le produit se pose au ras des cils à l’aide d’un

applicateur. Parmi les effets indésirables : inflammation oculaire et hyperpigmentation des paupières. Toutefois réversibles… tout comme les effets bénéfiques. À l’arrêt du traitement, les cils reprennent leur apparence habituelle, précise le fabricant. Latisse® est vendu uniquement sur ordonnance et n’a pour le moment reçu aucune autorisation de mise sur le marché en France. l 1. Selon les chiffres du congrès européen IMCAS 2009. 2. Effectiveness of mesotherapy on body contouring. Department of plastic and reconstructive surgery, Korea university medical center. 3. Auteur de Médecine esthétique, belles, beaux sans bistouri, avec Chantal Higy-Lang, aux éditions Hachette Pratique. 4. La phosphatidylcholine (ou lécithine) entre dans la composition de nombreux médicaments bénéficiant d’une autorisation en France. En revanche, aucun médicament contenant cette substance en tant que principe actif n’est à ce jour autorisé. 5. Association pour l’information médicale en esthétique : www.infoesth.com ou 01 42 09 41 10. 6. Médecine esthétique, rajeunir sans bistouri et sans risques, aux éditions Leduc.s.

>> Polémique au pays de l’esthétique Aucun praticien ne peut normalement revendiquer le titre de « médecin esthétique », car il ne s’agit pas d’une spécialité établie. Il existe néanmoins depuis peu un diplôme universitaire de « médecine morphologique et anti-âge » reconnu par le conseil de l’ordre (l’intitulé « esthétique » ne pouvait être retenu car il était déjà utilisé par les chirurgiens esthétiques). Mais cet été, un rapport de la Direction générale de la santé, dévoilé plus tôt que prévu par Le Figaro, mettait le feu aux poudres. Le texte relatait plusieurs cas de complications sur des patients adeptes de la médecine esthétique et suggérait une nouvelle réglementation, pointant notamment le manque de formation de ces médecins dits esthétiques. Dans un communiqué, l’Association française de médecine morpho-esthétique et anti-âge (AFMEaa) accuse les chirurgiens et dermatologues de vouloir conserver les parts du gâteau. « C’est surtout aux praticiens, quels qu’ils soient, de se former, tempère le docteur R, chirurgien plasticien. Durant les études de médecine, il n’y a plus de cours d’anatomie après la deuxième année. Dans le cursus de dermatologie non plus d’ailleurs. »

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Pause Santé N°6