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MON CARNET BERLINOIS

SÉJOUR CULTUREL À BERLIN 28 – 31 juillet 2009

Proposé & organisé par PASSAGE & CO. Animation: Sabine GÜNTHER avec la participation de Walter KREIPE et Dörthe BEHNKE

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PROGRAMME DU 27 AU 31 JUILLET 2009 À BERLIN Lundi 27 juillet Jusqu’à 18h00 : Arrivée des participant(e)s. Hébergement : Pension hôtellière Regenbogen, Bänschstr. 73 ( quartier Friedrichshain) 18h 30 : Pot de bienvenue et présentation du programme par Sabine Günther. Mardi 28 juillet - Berlin, la modernité dans l’architecture À partir de 7 h 00 : Petit déjeuner 8h00 - Départ 8h45 - Tour de ville en bus n° 200 (Alexanderplatz - Zoologischer Garten) 10h - Visite de l'unité d'habitation de Le Corbusier (Flatowallee), rencontre avec les habitants. 11 h 30 - Retour au centre-ville : S9 Zoo, Bus 100 - Visite du Bauhaus-Archiv. (à pied jusqu’a Rauchstr.). Visite du quartier des ambassades nordiques (Felleshus). Exposition actuelle: Islandbox 13 h - Pause midi au Felleshus 14h30 - En bus n° 100 jusqu’à Pariser Platz : Ambassades, Académie des Beaux-arts, DZ Bank, Maison du peintre impressioniste Max Liebermann, Stolperstein pour Martha Liebermann. Visite du Mémorial de l’Holocauste et de la Potsdamer Platz 16 h - Visite en groupe de l'exposition Le Corbusier au Gropuis-Bau. (en option: grande exposition sur le Bauhaus au même lieu). Mercredi 29 juillet - Manières de se souvenir, lieux de mémoire et sortie estivale au bord du Wannsee À partir de 8 h 00 : Petit déjeuner 9h : Départ. 9h30 - Balade à pied de l’Alexanderplatz à la Rosa-Luxemburg-Platz. Le théâtre Die Volksbühne. et le mémorial pour rosa Luxemburg. Balade littéraire dans le Scheunenviertel: Visite de la Missing House de Christian Boltanski et du cimetière juif dans la Grosse Hamburger Strasse. Die Hackeschen Höfe et le „Neue Club“. L'atelier "Otto Weidt". Les pierres à trébucher. 11 h 30 - Pause midi 13 h 15 - en bus 200 jusqu’au Reichstag 13 h 30 - Visite commentée du Bundestag. Vue panoramique à partir de la terrasse en dessous de le coupole (celle-ci fermée, travaux de nettoyage) 15 h 50 - A pied jusqu’à Hauptbahnhof, direction: Wannse 16 h30 - Villa Liebermann, Wannsee. Exposition. Visite de la villa et du jardin, Teatime 18h30 - Au retour - stop à la station Grunewald, Gleis 17 - lieu de mémoire (la gare d'où les trains via les camps d'extermination sont partis)

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Jeudi 30 juillet - journée littéraire - des Huguenots à nos jours. Visite de galeries et rencontre avec les représentants de la jeune communauté artistique francophone À partir de 8 h 00 : Petit déjeuner 9h 15 : Départ 10 h - Gendarmenmarkt - Balade littéraire avec Walter Kreipe (guide bilingue) sur les traces des Huguenots et des Romantiques allemands. Les salonnières juives et Madame de Staël. Stendhal Unter den Linden. Le français dans le jargon berlinois. Histoire de la Marx-Engels-Platz - Palais de la République / reconstruction du château (maquette) L’île des musées 12 h 30 - pause midi au Hackescher Markt 15 h - balade dans le quartier Mitte, tour des galeries 16 H - 19 h - ÉVÉNEMENT PUBLIC - Grand goûter franco-allemand sur la pelouse du Montbijoupark! Goûter sur l'Herbe en hommage à Adelbert von Chamisso! Chacun peut apporter ses poèmes, chansons et d'autres créations. Rencontre avec les membres de la Ménagerie, troupe de théâtre francophone. À partir de 18h30 - temps libre pour profiter de la nocturne gratuite dans certains musées Vendredi 31 juillet - À la recherche des traces du mur, 20 ans après sa chute À partir de 7 h 00 : Petit déjeuner 8h30 : Départ 9 h - Balade commentée par Walter Kreipe (guide bilingue). Animation d’un atelier photo "Frontières visibles/invisibles" par la médiatrice culturelle bilingue Dörthe Behnke : Warschauer Str. /Oberbaumbrücke - East Side Galerie, Bernauer Str., Invalidenstr. 12 h - Rendez-vous dans un mirador avec le frère de Günter Liftin, une des victimes du mur 13 h - pause midi individuel L’après-midi est réservé aux courses et au temps libre 19 h - Rendez-vous au dîner de clôture (pris en charge par l’organisateur) Samedi 1° août - Fin du programme, départ individuel Durant le programme, les tickets de transports et les entrées aux 3 musées/expositions (La maison Le Corbusier, exposition Le Corbusier, Villa Liebermann) sont pris en charge par l’organisateur. Nous ne prenons pas en charge la location d’audio-guides, les repas en dehors des petits-déjeuners et des déjeuners, les pour-boires ainsi que les déplacements individuels.

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SOMMAIRE

Programme de la semaine Le Corbusier Les Archives du Bauhaus 2 expositions importantes au Gropius-Bau Les Ambassades nordiques La Pariser Platz La Potsdamer Platz Balade dans l’ancien quartier juif « Scheunenviertel » Le légendaire théâtre « Die Volksbühne » Les « Stolpersteine » Visite commentée du Parlement allemand La Villa de Max Liebermann au Wannsee Des Huguentos à nos jours L’Ile des musées Expositions actuelles Tour des galeries à Berlin-Mitte A la recherche des traces du mur Le musée « Hamburger Bahnhof » Gros plan sur le Jüdisches Museum Le château de Charlottenburg et son Parc Arrêt sur la Collection Berggruen Où manger un (bon) morceau ? L’équipe se présente Les projets de Passage & Co. Adresses utiles

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Mardi 28 juillet – La modernité architecturale de Berlin La journée commence avec un tour de ville en bus n° 200 qui commence son trajet à l’Alexanderplatz, le centre commercial de Berlin-Est. Nous traversons le centre historique de Berlin dans l’Avenue Unter den Linden où se trouvent L’Université Wilhelm von Humboldt, la Bibliothèque Nationale, la Nouvelle Garde, l’ancien Arsenal et plusieurs palais baroques de la famille royale de Prusse. Ayant quitté l’ancienne partie est de Berlin (au niveau de la Porte de Brandebourg), nous passons devant le Reichstag qui abrite aujourd’hui à nouveau le Parlement allemand. Ensuite, nous traversons le Tiergarten, avec sa Maison des Cultures du Monde, les différentes Ambassades des pays nordiques et le siège du Président fédéral (la fonction d’état suprème revient à la chancellière Angela Merkel qui siège en face du Reichstag, dans le tout nouveau quartier gouvernemental). Notre tour en bus se termine à la gare Zoologischer Garten (Zoo), le centre commercial de l’ancien Berlin-Ouest. A 10 heures, nous avons rendez-vous avec Mme. Münster qui nous reçoit à l’unité d’habitation du Corbusier. Elle nous fait une visite commentée de la maison. Dans ce Village Vertical de 2000 habitans on ne voit pas son voisin on n'entend pas son voisin on est une famille placée "Dans les conditions de nature" Soleil Espace Verdure C'est la liberté acquise: 1. Sur le plan de la cellule 1. L'Individu 2. Le groupe familial 3. Le foyer 2. Au plan du groupe social

Le Corbusier, né en 1887 en Suisse. Obtient la nationalité française en 1930. Mort en 1965 à Roquebrune.

C'est le benefice des services communs confirmant la liberte individuelle: Binome indisociable : Individu Collectivite (Écrit sur la façade est)

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Visite des Archives du Bauhaus (Bauhausarchiv, Rauchstr.) Dessiné par Walter Gropius, fondateur et directeur du « Bauhaus », le musée du Bauhaus fut inauguré en 1979 et abrite la collection la plus riche de cette école artistique : design graphique, objets usuels, plans d'architecture, mobilier et photographies. La disposition libre des différentes composantes du bâtiment et la structure du toit produisent à un bel éclairage naturel. Malgré la taille relativement réduite du complexe, la conception de l'édifice dégage une impression de grandeur au milieu du Tiergarten.

L’équipe du Bauhaus à Dessau (de gauche à droite) : Josef Albers, Hinnerk Scheper, Georg Muche, László Moholy-Nagy, Herbert Bayer, Joost Schmidt, Walter Gropius, Marcel Breuer, Wassily Kandinsky, Paul Klee, Lyonel Feininger, Gunta Stölzl und Oskar Schlemmer.

MODELL BAUHAUS - LE BAUHAUS, UN MODÈLE - POURQUOI ? Le Bauhaus est un Institut des arts et des métiers fondé en 1919 à Weimar (transferé et re-ouvert en 1925 à Dessau) par Walter Gropius, et qui par extension désigne un courant artistique concernant, notamment, l'architecture et le design, mais également la photographie, le costume et la danse. Ce mouvement posera les bases de la réflexion sur l'architecture moderne, et notamment du style international. En 1933, Le Bauhaus est fermé par les nazis et sa dissolution est prononcée par ses responsables. De nombreux artistes et professeurs s'enfuient aux États-Unis pour échapper au Nazisme. Le programme du Bauhaus a suscité l'adhésion d'un grand nombre d'artistes d'avantgarde de toute l'Europe, parmi lesquels on peut citer Johannes Itten, Vassily Kandinsky, Paul Klee, László Moholy-Nagy ou Marcel Breuer. La création du Bauhaus se déroule en Allemagne durant la période troublée de l'immédiate aprèsguerre et s'inscrit dans l'histoire des mouvements artistiques novateurs du début du XXe siècle. « Le but final de toute activité plastique est la construction ! […] Architectes, sculpteurs, peintres ; nous devons tous revenir au travail artisanal, parce qu’il n'y a pas d'art professionnel. Il n’existe aucune différence essentielle entre l’artiste et l’artisan. […] Voulons, concevons et créons ensemble la nouvelle construction de l’avenir, qui embrassera tout en une seule forme : architecture, art plastique et peinture [...] » Walter Gropius, Manifeste. 6


ARRÊT SUR 2 EXPOSITIONS IMP0RTANTES AU GROPIUS-BAU Le Corbusier – Art et architecture. Le Corbusier (1887–1965) est considéré comme l’un des plus grands architectes du 20e siècle. Son œuvre continue aujourd’hui encore à exercer une influence considérable sur l’architecture et l’urbanisme. L’exposition proposera d’une part une perspective explicitement contemporaine sur Le Corbusier en incluant les recherches les plus récentes faites à son sujet, afin de tenter de rendre compte à sa juste mesure du discours ininterrompu sur Le Corbusier. Elle souhaite, d’autre part, être lue comme une introduction à l’œuvre de l’architecte – en particulier par les jeunes générations pour lesquelles Le Corbusier relève déjà de l’histoire du 20e siècle. Structurée en trois chapitres relativement indépendants, Contexts, Privacy and Publicity et Built Art, l’exposition s’emparera de thèmes majeurs du travail de Le Corbusier : sa fascination pour la grande ville moderne, son intérêt pour l’espace méditerranéen et l’Orient, son appétence pour les formes organiques dans les années trente, mais aussi sa curiosité pour les nouvelles technologies et les nouveaux médias. Ce n’est qu’en conjuguant ces aspects et d’autres encore qu’il est possible de comprendre réellement son œuvre dans sa globalité, qui s’exprima par une interaction toujours plus intense entre architecture, urbanisme, peinture, design, cinéma et autres disciplines. Le cœur de l’exposition sera constitué d’une sélection d’objets provenant de la fondation Le Corbusier à Paris. Modèle Bauhaus En 2009, en l’honneur du 90e anniversaire de la fondation du Staatliches Bauhaus en 1919 à Weimar et 20 ans après la chute du Mur, les trois institutions du Bauhaus présentent pour la première fois une exposition collective. Intitulée « Modèle Bauhaus », Le but de l’exposition est de présenter de façon inédite l’histoire du Bauhaus en offrant un vaste panorama des travaux de ses maîtres et disciples. Elle vise à approfondir les connaissances du public sur l’importance du Bauhaus dans le développement et la globalisation de la modernité. Dans cette perspective, l’exposition s’intéressera en particulier aux retentissements du Bauhaus. Arrière-plan historique Le Bauhaus – fondé à Weimar en 1919, installé depuis 1925 à Dessau et fermé à Berlin par les nazis en 1933 – est jusqu’à nos jours le premier « produit d’exportation » en terme de succès et d’impact de la culture allemande du 20e 7


siècle. La renommée de cette école interdisciplinaire d’art, d’architecture, de design et de théâtre reste aujourd’hui, plus de 70 ans après sa fermeture, encore intacte sur l’ensemble de la planète. Le Bauhaus a influencé la fondation du Museum of Modern Art de New York à la fin des années 1920.

Le Bauhaus conserve aujourd’hui encore toute sa modernité parce qu’il a interrogé en profondeur l’impact social de la créativité et du design, parce qu’il a résolument franchi les frontières traditionnelles entre les genres et opté pour une approche interdisciplinaire, parce que depuis son origine il s’est systématiquement orienté vers l’international et a cherché un langage universel du design. Le rayonnement et l’impact du Bauhaus à l’époque de son existence en Allemagne et après sa dissolution en 1933 montrent simultanément que le Bauhaus, entendu comme laboratoire et atelier de la modernité, fut certes détruit pour des mobiles politiques, mais que son rayonnement mondial s’est pleinement épanoui par la suite seulement.

Le Museum of Modern Art, New York, est partenaire de l’exposition et présentera l’exposition sous une forme modifiée à l’occasion du 80e anniversaire de sa fondation. L’exposition intitulée « Bauhaus 1919 – 1933: workshops for modernity » pourra y être admirée après sa tenue à Berlin du 8 novembre 2009 au 18 janvier 2010.

Attention : La visite de l’exposition « Modèle Bauhaus » ne fait pas partie de notre programme. Vous avez néanmoins la possibilité de la visiter à titre individuel après notre visite collective de l’exposition « Le Corbusier - Art et architecture » au même musée.

Horaires d’ouverture spécials : Tous les jours de 10 à 20 heures Entrée : 10 € | tarif réduit 8 € / Groupes [12 à 25 pers. avec abonnement] 8 € p.p. tarif réduit 6 € p.p. / Audioguide : 4 €, réduit 3 €

Martin-Gropius-Bau Berlin, Niederkirchnerstraße 7 Ecke Stresemannstr. 110 10963 Berlin / Tel +49 (0)30 254 86-0 U-Bahn Linie 2 (Haltestelle: Potsdamer Platz) / S-Bahn Linien 1, 2, 25 (Haltestellen: Potsdamer Platz oder Anhalter Bahnhof) / Busse: M29 (S Anhalter Bahnhof) | M41 (Abgeordnetenhaus

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Visite du quartier des Ambassades nordiques (Tiergarten) A Berlin, l'architecture avance au rythme des ambassades ! Au sud-ouest du Tiergargen, un nouveau quartier diplomatique a vu le jour après le transfert de la capitale de Bonn à Berlin. Dans ce quartier, les légations du Mexique et des pays scandinaves y ont élu domicile. Les cinq pays scandinaves (Danemark, Norvège, Suède, Finlande et Islande) ont emprunté une voie originale en regroupant leurs délégations diplomatiques en un seul bâtiment commun. Le complexe diplomatique est délimité par un rideau ondulant composé de fines lamelles horizontales en cuivre, pouvant être inclinées telles des persiennes. Les secrétariats des cinq amabassades épousent ce long ruban. Leur emplacement et leur taille correspondent grosso modo à leur situation géographique. Les espaces communs aux cinq ambassades nordiques, dénommé Felleshus, sont mitoyens au pavillon finlandais. Le Felleshus est le point d'accès principal aux différentes ambassades. Outre les halls d'exposition, il abrite un auditorium, une cantine, ainsi qu'une terrasse. Tel un store vénitien, le pavillon finlandais présente une façade de verre entièrement recouverte de lamelles en mélèze. Depuis la cour intérieure, on aperçoit les façades en calcaire blanc et granit noir du pavillon suédois. Le bloc de granit d'une hauteur de 14 mètres est l'élément distinctif de l'ambassade de Norvège. Il vient tronquer la physionomie triangulaire de l'édifice et symbolise la verticalité des paysages norvégiens. L'ambassade islandaise constitue le plus petit bâtiment du complexe. Il est reconnaissable au mur de pierres rouges de ses bureaux. L'ambassade danoise se compose de plusieurs éléments: l'atrium visible depuis l'extérieur au travers des lamelles du ruban, une cage d'escalier en bois et un édifice fait de verre et d'acier.

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La Pariser Platz La forme carrée de la Pariser Platz, située derrière la Porte de Brandebourg, remonte au plan d'urbanisation des années 1732 - 1734, décidé par le Roi Sergent. La place prit le nom de Pariser Platz en 1814 pour célébrer la prise de Paris par les armées coalisées, dont celle de la Prusse. La même année, le Quadrige de la Porte de Brandebourg, enlevé par Napoléon en 1806, est ramené à Berlin par les troupes prussiennes, et ce au terme d'un périple triomphal à travers toute l'Allemagne. Napoléon "voleur de A partir de 1850, la Pariser Platz aux édifices baroques jusqu'alors est remaniée dans le style chevaux" : Napoléon emporte le Quadrige. néo-classique. Elle devient alors le symbole de la bourgeoisie ascendante et constitue un contre poids à la Schlossplatz, où réside le pouvoir monarchique.

Lors de la seconde guerre mondiale, l'ensemble des édifices donnant sur la place fut sévèrement endommagé, y compris la Porte de Brandebourg. La proximité de la Pariser Platz avec la ligne de démarcation entre les secteurs occidentaux et soviétique sonna le glas pour les ruines demeurant aux abords de la place. Seules la Porte de Brandebourg et une annexe de l'Akademie der Künste furent épargnées. En 1961, la construction du mur de Berlin fit de la Porte de Brandebourg, située au milieu du no man's land, le symbole de la division de Berlin et de l'Allemagne. En 1993, le plan directeur du Sénat de Berlin pour la Pariser Platz souleva une levée de boucliers, notamment parmi les partisans de l'architecture moderne. Le réaménagement prévoit une "reconstruction critique" de la place, en lui restituant ses édifices d'antan dans leurs volumes, sans toutefois les reconstruire à l'identique. Les normes imposées sont strictes et empêchent les architectes de donner libre cours à leur imagination créatrice : emploi de la pierre de taille ou calcaire pour les façades, fenêtres ne couvrant pas plus du tiers des façades, hauteur des édifices ne dépassant pas celle de la Porte de Brandebourg. - Ambassade de France (2002) - Hôtel Adlon (1997, reconstruit à l’identique) - Siège de la DZ Bank (2000, architecte : Frank O Gehry) - L’Académie des Beaux Arts (2002, architecte : Günter Behnisch) - Ambassade des Etats-Unis 10


La Potsdamer Platz n'est à l'origine qu'un carrefour aux portes de Berlin dont les routes mènent à Charlottenburg, Schöneberg et Potsdam. Au début du 20e siècle, la Potsdamer Platz est le carrefour le plus encombré d'Europe : 34 lignes de métro y font leur jonction. En 1945 la place, dévastée, située à l'époque aux jonctions des secteurs britanniques, américains et soviétiques, devient une plaque tournante du marché noir. Avec la construction du Mur de Berlin, la place est coupée en deux et condamnée à rester un terrain en friche. Depuis la réunification, la Potsdamer Platz retrouve sa fonction de carrefour stratégique et de vitrine. De fait, beaucoup de grandes entreprises décident d'y installer leurs sièges sociaux. Parmi les édifices les plus saisissants, l'on peut citer ceux de DaimlerChrysler dessinés par Hans Kollhof, de Sony conçu par Helmut Jahn et d'ABB d'après les plans de Giorgio Grassi.

La Varian-Fry-Straße est une rue nommée d’après le journaliste américain qui sauva à Marseille la vie à un grand nombre d’intellectuels allemands en exil. La Wilhelmstraße était le siège des ministères prussiens, impériales et finalement la centrale de commande des Nazis. Après la Guerre, une partie des immeubles fut occupée par le gouvernement de la RDA, l’autre partie a disparu. Le 10 mai 2005, soixante ans après la capitulation de l'Allemagne nazie, le Mémorial de l'Holocauste a été inauguré en mémoire aux victimes de la Shoah. Sur 1073 mètres carrés, 2711 stèles de béton gris anthracite, longues de 2,38 mètres, sont plantées en rangées régulières.

LECTURE : GRÉSILLON, Boris / Berlin, Métropole culturelle / Belin / 2002

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Mercredi 29 juillet - Manières de se souvenir, lieux de mémoire et sortie estivale au bord du Wannsee Balade littéraire dans le Scheunenviertel Au 19è siècle, la communauté juive de Berlin, installée dans le Scheunenviertel, connut une période de prospérité dont témoigne la Neue Synagoge (1866). Celle-ci fut incendiée par les nazis le 9 novembre 1938 lors de la Nuit de cristal (Kristallnacht), puis ravagée par les bombardements alliés en 1943. La plus grande partie de la synagogue fut démolie en 1958, puis reconstruite en 1988 et finalement inaugurée en 1995. Sous le IIIème Reich, la Gestapo vida le quartier d’une grande partie de ses habitants et un mémorial rappelle qu’elle utilisait une maison de retraite comme centre de détention temporaire (Gedenkstätte Große Hamburger Straße). Le quartier renfermait aussi plusieurs écoles ainsi que le premier cimetière juif de Berlin (Alter Jüdischer Friedhof) fondé en 1672 et utilisé jusqu’en 1827. Un parc arboré (créé en 1945) occupe aujourd’hui le site de ce cimetière juif, détruit par la Gestapo en 1943. On trouve aussi dans le quartier l’école juive fondée en 1778 par Moses Mendelssohn, réouverte en 1993. Moses Mendelssohn (1729-1786): arrivé à Berlin en 1743, Moses Mendelssohn s’imposa comme l’un des plus grands philosophes allemands du 18è siècle. Il fut une figure centrale de la lutte des juifs pour le droit à la citoyenneté; il fallut attendre 1812 pour que ces derniers deviennent à Berlin des citoyens à part entière. Moses Mendelssohn repose dans le Vieux Cimetière Juif. LECTURES : DÖBLIN Alfred / Berlin Alexanderplatz / Roman / entre deux guerres / Dans les bas-fonds du Berlin des années 1925-30, l’aventure d’un criminel, libéré de prison, qui, poussé par la fatalité, retourne au crime. Nouvelle traduction !!! FALLADA Hans / Seul dans Berlin / Roman / 1947 / En 1940, à Berlin, à travers le quotidien d’un immeuble modeste où cohabitent persécuteurs et persécutés, la description des conditions réelles de survie des citoyens allemands, juifs ou non, sous le IIIème Reich : l’un des plus beaux livres sur la résistance antinazie. ROTH Joseph / A Berlin / Textes / 1921 – 1933 / Les articles du correspondant allemand le plus réputé de son époque, arrivé à Berlin en 1920.

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La légendaire Volksbühne à la Rosa-Luxemburg-Platz C'est grâce aux dons des membre de l'association („Arbeitergroschen“ der Arbeiter : le travailleur, der Groschen : le sou) que la somme nécessaire à la construction du théâtre a été possible et que les travaux ont pu se dérouler de 1913 à 1914 avec comme architecte Oskar Kaufmann. Peu avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, une bombe toucha le bâtiment qui brûla. Entre 1952 et 1954, il fut reconstruit et simplifié par Hans Richter qui réduisit le nombre de places à 800. Le premier intendant de la Volksbühne am Bülowplatz (aujourd'hui am Rosa-Luxemburg-Platz) fut Max Reinhardt de 1915 à 1918. Son successeur, Fritz Holl engagea Erwin Piscator de 1924 à 1927 en tant que Metteur en scène principal. Sa vision du théâtre l'amena à fonder le théâtre politique. De 1974 à 1977, Benno Besson, héritier de Bertolt Brecht, marqua son empreinte en tant que directeur artistique de la Volksbühne. Sous la direction de Frank Castorf, nommé en 1992, le théâtre à été qualifié de scène la plus palpitante d'Allemagne („aufregendste Bühne Deutschlands“) faisant régulièrement la Une des journaux. Rosa Luxemburg Platz, an der Volksbühne, 10178 Berlin. Métro : Rosa – Luxemburg-Platz La Rosa-Luxemburg-Platz dans le quartier de Mitte est depuis 2006 pavée de citations de la militante spartakiste Rosa Luxemburg (grande théoréticienne de la révolution prolétaire, célèbre oratrice au profit d’une gauche de la gauche, amie de Karl Liebknecht, co-fondatrice du parti communiste, sauvagement assassinée en 1919 par des militaires contrerévolutionnaires). Les 60 barres en béton représentent une nouvelle manière de se souvenir. Le monument, réalisé par l’artiste célèbre Hans Haacke, a pour but de déconstruire une légende et de reconstruire une personnalité fragile, intélligente, hésitante, simple… La place se situe dans le centre historique de Berlin. Le roman d'Alexander Döblin Berlin Alexanderplatz témoigne de l'atmosphère sulfureuse qui régnait dans ces quartiers mal famés au début du XXe siècle.

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Les Stolpersteine - le plus grand monument décentralisé au monde Durant vos balades dans les rues de Berlin, avez-vous déjà remarqué ces petites plaques en laiton souvent disposées devant des immeubles sur lesquelles on peut lire un nom, une date de naissance, un lieu et une date de mort ? Mine de rien, ces pavés dorés représentent le plus grand monument décentralisé au monde initié en 1996 par l’artiste berlinois Gunter Demnig. Ils rappellent le destin de milliers de personnes, connues ou inconnues, déportées sous le régime nazi. Ce qui n’était au début qu’une idée conceptuelle a vite pris une ampleur commerciale grâce à son succès auprès du public interpellé par l’originalité du projet. Fin 2008, plus de 17 000 pierres ont été installées dans 402 lieux en Allemagne. Seule la ville de Munich refuse à ce jour de voir ces pierres sur ses trottoirs, « pour ne pas profaner la mémoire des victimes ». Pour nous, ce n’est pas un bon argument. Nous pensons qu’incruster de petites plaques dans le trottoir est une idée judicieuse car c’est à la fois discret et visible pour tous. Pour à peine 100€, chacun peut faire poser une pierre devant le dernier logement d’un déporté. (Extrait d’un article écrit par un groupe de lycéens aixois pour le journal francophone Berlin Poche, paru en avril 2009) Passage & Co. milite pour la mise en place d’une « Stolperstein » à Marseille.

LECTURE : TERRAY Emmanuel / Ombres berlinoises / Document / 1996 / Une visite des ‘lieux de mémoire’ les plus significatifs de Berlin, célèbres ou ignorés. Un voyage dans une autre Allemagne...

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Visite commentée du Bundestag

Si aujourd'hui le parlement allemand (Bundestag) occupe le palais du Reichstag, il n'en fut pas toujours ainsi. C'est en effet au palais du Reichstag à Berlin que siège l'assemblée du Reich de 1894 jusqu'à l'incendie du 27 février 1933 que l'on attribua à un jeune hollandais du nom de Marinus Van der Lubbe dont la culpabilité n'a jamais été prouvée. Les nazis présentent alors l'évènement comme un complot communiste et lancent une campagne de terreur et de répression des partis politiques qui leur sont opposés, à commencer par les membres du Parti communiste allemand. Après la réunification allemande du 3 octobre 1990, le parlement allemand, Bundestag, décide le 20 juin 1991 le déménagement du parlement et du gouvernement fédéraux de Bonn à Berlin, et sa réintégration dans le palais du Reichstag à Berlin, devenue capitale de l'Allemagne réunifiée. En ce qui concerne l'édifice, sa construction d'après un projet de Paul Wallot s'est achevée en décembre 1894. Depuis 1998, le bâtiment a retrouvé une coupole, celle en verre dessinée par Sir Norman Foster qui incarne les principes de transparence et de démocratie de la nation.

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Le „Château du Lac“ : La villa de Max Liebermann Après la rénovation du bâtiment et du jardin, la villa du peintre Max Liebermann a ouvert ses portes au public en avril 2006. Le musée au premier étage expose des tableaux, des pastels et des graphiques créés à Wannsee : La terrasse en fleurs, le bosquet de bouleaux et le bord du Wannsee. Il y a un lien entre les oeuvres et leur endroit de création grâce à la proximité spatiale des motives. Ceci permet au visiteur de saisir les sources d’inspiration en regardant la beauté du jardin conçu par l’artiste lui-même. Au rez-de-chaussée, une exposition de documentation informe sur la vie de la famille Liebermann et l’histoire de la villa. Sur la terrasse, le Café Max vous accueille avec une vue formidable sur le lac. Max Liebermann (1847−1935) est considéré comme l’un des peintres les plus importants de l’avantgarde allemande aussi bien par son œuvre que par son activité en politique culturelle. Jeune peintre, il combat avec véhémence l’académisme figé; en tant que co-fondateur et président de la « Berliner Secession » il a contribué à sortir la capitale de sa torpeur artistique. Pendant la longue période de sa présidence de l’Académie Prussienne des Beaux-Arts (1920– 1933), il a permis à la jeune génération d’artistes de s’exprimer librement, même si lui-même ne savait pas toujours en apprécier les résultats. En 1927, Max Liebermann est nommé citoyen d’honneur de Berlin, sa ville natale, ce qui rend son destin d’autant plus tragique après 1933: en tant que juif victime de l’ostracisme des nazis, il meurt solitaire et aigri en 1935. Martha, sa veuve, échappe à la déportation à Theresienstadt en se suicidant en 1943. En 1909, Max Liebermann fait construire une maison d’été au bord du Wannsee, dont il était si fier qu’il l’a baptisée son « château au bord de l’eau ». Après avoir passé pendant quarante ans presque tous les étés en Hollande, sa « patrie artistique », Wannsee devient pour lui un refuge loin de l’agitation de la grande ville. Plus de 200 toiles ont été créées dans le parc de 7000 m², aménagé selon ses propres idées. Informations générales : Max-Liebermann-Gesellsch. , Colomierstr. 3, 14109 Berlin / T.: +49 (0) 30 / 80 85 90 0 / Accès : S-Bahn ligne 1 et 7: station Wannsee, à partir de Wannsee bus 114: arrêt Colomierstrasse. Ou: à partir de Wannsee ca. 25 min. à pied. Horaires d’été (Avril – Octobre) : Mercredi – Lundi: de 10 h à 18 h (Jeudi à 20 h). Mardi fermé

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Jeudi 30 juillet - journée littéraire - des Huguenots à nos jours. Visite de galeries et rencontre avec les représentants de la jeune communauté artistique francophone Balade littéraire animée par Walter Kreipe Le 18ème siècle est considéré, à Berlin, comme le siècle des Français : 20 000 réfugiés français de foi protestante, les Huguenots, vinrent s’installer en Prusse. Plus de 6 000 Huguenots s’établirent à Berlin, d’abord dans les environs du château, ensuite dans la ville de Frédéric, autour du Gendarmenmarkt, mais également à Moabit et dans le Bois dit des Français : Französisch Buchholz. En 1700, un Berlinois sur cinq parlait français. En 1806, Napoléon entra victorieux dans Berlin et espérait pouvoir compter sur l’aide des Huguenots. Peine perdue ! Ils étaient depuis longtemps devenus de « bons » Prussiens. De nos jours, les traces du « Temps des Français » sont encore perceptibles à Berlin, par exemple sous la forme de la nouvelle garde, des monuments de généraux devant le Café de l’Opéra ou de la Schlossbrücke. Enfin, le parler populaire berlinois a conservé jusqu’à nos jours des traces de l’influence linguistique française. En arrivant en Prusse, les huguenots apportèrent avec eux leurs habitudes alimentaires et culinaires, avec leurs produits plus variés que ceux qui étaient courants à l'époque en Prusse. Cette influence se manifeste, encore maintenant, dans l'usage de nombreux termes culinaires importés du français. - la fabrication de pain blanc, notamment pour les petits pains (Schripppen) remonte sans doute aux huguenots ; - la fabrication de bière blanche, baptisée Champagner du nord, d'où est issue l'actuelle Berliner Weiße ; - les actuelles Buletten, qui ont leur origine dans les petites boulettes de viande que les huguenots avaient l'habitude de mettre dans la soupe; - le Ragoût fin, authentique spécialité berlinoise, fait de viandes blanches fines en sauce ; - de nombreux termes désignant des aliments ou des plats ont été introduits par eux à cette époque et plus ou moins germanisés ensuite : Aubergine, Bonbon, Bouillon, Champignon (= champignon de couche), Karotte, Delikatesse, Muckefuck (< mocca faux = "café" à base de chicorée), Orange, Pommes frites, Praline (= bonbon au chocolat), Püree, Sellerie, etc.

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UN PEU D’HISTOIRE La révocation de l’édit de Nantes et ses conséquences Le 18 octobre 1685, en son château de Fontainebleau, le Roi Soleil signait l'édit par lequel les mesures de tolérance religieuse de l'édit de Nantes (1598) se trouvaient révoquées. À Metz, comme dans tout le pays, le traumatisme fut aussi profond que durable. Quelque 170000 réformés du royaume - que l'on appelait, dès le XVIe siècle, les « huguenots » - furent lancés sur les chemins de l'exil, en Angleterre, aux Provinces-Unies et en Allemagne, pour ne rien dire de l'Afrique du Sud ou encore des États-Unis. Les réformés du Pays messin choisirent majoritairement les états voisins du Saint-Empire et, plus particulièrement, le Brandebourg-Prusse. L’entrée des troupes napoléoniennes à Berlin : points de vue Quinze jours à peine après les brillantes victoires d'Auerstedt et de Iéna remportées sur les troupes prussiennes, Napoléon fait une entrée solennelle à Berlin. Si les rapports officiels font état d'une liesse populaire, les témoignages de ceux qui étaient présents dans la ville ce 27 octobre 1806 sont assez différents… Souvenirs du commandant Parquin « Le 25, nous arrivâmes sur les hauteurs de Berlin, ayant marché par étapes, sans rencontrer un tirailleur ennemi. Qu'était donc devenue cette belle armée prussienne qui nous attendait naguère si orgueilleusement sur le champ de bataille d'Iéna, et dont le plus médiocre officier se croyait un grand Frédéric ? Elle était en partie détruite, et le reste cherchait refuge dans les forteresses prussiennes, qui ne devaient pas non plus tarder à tomber au pouvoir de l'armée française. […] Notre brigade, qui marchait après le troisième corps entra à Berlin à deux heures après midi. Nous ne fîmes que traverser la ville pour aller occuper plusieurs villages à quelques lieues au-delà de Berlin. L'infanterie de notre armée y logea. L'empereur, le quartier général, la garde impériale, cavalerie, infanterie et artillerie y arrivèrent le 27 ; le général Rapp fut nommé gouverneur de la ville. Dans le village que nous occupions, les paysans avaient déserté leurs maisons. Nous y trouvâmes des fourrages en abondance : les récoltes venaient d'être faites. Mais les vivres, viande, pain, bière, etc., ainsi que l'avoine, devaient nous être fournis par la ville de Berlin. Lorsque notre régiment avait traversé la ville, nous l'avions trouvée peu bruyante et triste ; nous y trouvâmes, le lendemain une toute autre physionomie ; c'était absolument un petit Paris. Tout le monde y vaquait à ses affaires. » Souvenirs du commandant Parquin, Bibliothèque napoléonienne, Tallandier, Paris, 1979 pp.82-83

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Un témoin inattendu : Stendhal Opposant farouche à l'Empire dans ses jeunes années, Henri Beyle, dit Stendhal (1783-1842), se rallia grâce à l'intervention de Daru, son protecteur qui lui fit obtenir les fonctions d'intendant des domaines de l'Empereur à Brunswick. Le 27 octobre 1806, il entre à Berlin à la suite de Napoléon. « Je rends grâce à Dieu d'être entré sain et sauf, avec mes pistolets soigneusement chargés, à Berlin, le 27 octobre 1806. Napoléon prit, pour y entrer, le grand uniforme de général de division. C'est peut-être la seule fois que je lui ai vu. Il marchait à vingt pas en avant des soldats ; la foule silencieuse n'était qu'à deux pas de son cheval ; on pouvait lui tirer des coups de fusil de toutes les fenêtres. » Stendhal, Correspondance, Gallimard, Paris, 1968. « Dans tous les endroits qui ne sont pas pavés, on entre jusqu'à la cheville ; le sable rend déserts les environs de la ville ; ils ne produisent que des arbres et quelque gazon. Je ne sais pas qui a donné l'idée de planter une ville au milieu de ce sable ; cette ville aurait cent cinquante-neuf mille habitants, à ce que l'on dit. » Stendhal, Correspondance, Le divan, 1933. Extrait d'une lettre du 3 novembre 1806 à sa soeur Pauline. L'arrivée des troupes napoléoniennes vue par un Prussien « Le premier fantassin entra ; c'était un homme grand et maigre avec un visage pâle, couvert d'une chevelure noire en broussaille [...] Nous fûmes étonnés de son équipage : une capote courte couvrait son corps ; sur sa tête un petit chapeau tout décati, d'une forme indescriptible, mais ajusté si crânement et insolemment que cette tête et ce chapeau étaient pour nous un extraordinaire sujet d'étonnement. Les pantalons étaient de toile sale et très déchirée ; les pieds nus dans des souliers troués ; un caniche hirsute fixait attentivement sa bouche avec laquelle il arrachait de gros morceaux de pains qu'il lui jetait. Qu'on s'imagine ! Un soldat avec un chien en laisse et avec un demi-pain enfilé sur sa baïonnette ; à son briquet pendait une oie et sur le chapeau, au lieu de l'enseigne, brillait une cuillère étamée.» George, Erinnerungen eines Preussen aus der Napoleonischen Zeit, Grima 1840. LECTURES : - Bonifas (Aimé) et Krum (Horsta), Les huguenots à Berlin et en Brandebourg de Louis XIV à Hitler, Paris, 2000 - CNRS (éd.), Le Refuge huguenot en Allemagne, Paris, 1981 - Hoch (Philippe), Hugenots : de la Moselle à Berlin – Les chemins de l’exil, Woippy, 2006 - Rosen-Prest (Viviane), L'historiographie des huguenots en Prusse au temps des Lumières, Champion, Paris, 2002 - Oudin (Bernard), Georges (Michèle), Histoires de Berlin, Librairie Académique Perrin, 2000 - Henry(Jean), Journal d’un voyage à Paris en 1814, Editions Gallimard, 2001 : Journal d’un Prussien, pasteur huguenot, dépêché en France par le roi au printemps 1814 pour recouvrer les oeuvres d’art que Dominique 19


Vivant Denon avait confisquées 7 ans plus tôt à Berlin et Potsdam - FONTAINE J. / Memoires d'une famille huguenotte / Autobiographie / XVII / Une autobiographie qui vaut un roman d’aventure : la vie mouvementée d’un pasteur homme d’affaire et de sa famille, victimes de la révocation de l’Edit de Nantes. A la libération de l’occupation française qui dura de 1806 à 1808, de nombreuses réformes sont entreprises afin de réorganiser les villes prussiennes en leur octroyant une autonomie administrative et constitutionnelle. Une nouvelle constitution est projetée en 1815, mais au grand dam des Berlinois, celle-ci ne verra jamais le jour. Dépités, ces derniers se résignent et, faute d’une vie politique, cultivent leurs intérêts artistiques et intellectuels. Science, enseignement, littérature et musique connaissent une longue période de splendeur. Le plus grand artisan du classicisme berlinois s’appelle Karl Friedrich Schinkel. Ses réalisations, comme par exemple la Neue Wache, le Vieux Musée, Le Schauspielhaus, que l’on peut tous encore admirer aujourd’hui, se distinguent par leur sobriété, la pureté de leurs lignes, leur style dépouillé et fonctionnel, le raffinement dans l’exécution des détails. À la moitié du 18ème siècle Berlin devint le centre allemand des Lumières. Au tour du siècle des jeunes femmes juives issues de ce milieu culturel mais déjà ouvertes à la pensée romantique ouvrent leurs maisons à tous les gens d´esprit donnant vie à la tradition des salons littéraires berlinois qui va durer plus d´un siècle.

Née Levin, à Berlin, Rahel Varnhagen, femme du monde, a tenu un important salon littéraire à Berlin au début du XIXe siècle. Élevée dans une famille juive orthodoxe, elle possédait des qualités intellectuelles remarquables. Sa maison devint, après 1803, un lieu où se retrouvaient sans cérémonie les principales personnalités littéraires et scientifiques de l'époque. Elle épousa, en 1814, un diplomate prussien de second rang, Karl August Varnhagen von Ense. Lorsque celui-ci abandonna la vie politique, en 1819, elle ouvrit à nouveau son salon, qui redevint le lieu de réunion des personnalités intellectuelles et politiques les plus en vue. Après sa mort, son mari publia Rahel, un livre de souvenirs pour ses amis (Rahel, ein Buch des Andenkens für ihre Freunde, 1834)..

Bettina von Arnim (1785-1859), femme de l’écrivain romantique du même nom, connue pour ses relations avec Goethe et avec Beethoven, mais aussi pour ses propres écrits, de plus en plus politiques. Ainsi, en 1843, dans son Livre dédié au Roi (Dies Buch gehört dem König), elle tente de dispenser un certain nombre de conseils à Frédéric-Guillaume IV pour que celui-ci mène une politique plus juste.

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GROS PLAN SUR L’ÎLE DES MUSÉES Amarrée à la Spree, cette petite surface au cœur de Berlin abrite depuis le 19ème siècle une concentration historique de musées. l’Ile des Musées est classée au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 1999. Il s’agit du Musée de Pergame, de l’Ancienne Galerie Nationale, de l’Altes Museum et du Musée Bode (En rénovation jusqu’en 2006), du Neues Museum (Réouverture en 2010). Afin de lui redonner son rayonnement international d’antan brisé par les destructions de la seconde guerre mondiale, l’île des musées sera encore en travaux jusqu’en 2010. Altes Museum L’île des musées a trouvé sa vocation avec la création de l’Altes Museum, qui, comme l’indique son nom, est le plus ancien des musées de Berlin. Commandé par l’empereur Frédéric Guillaume III à Wilhelm von Humboldt pour abriter ses collections d’art et les exposer au public, il fut conçu par le génial architecte Friedrich Schinkel. L’Altes Museum de Schinkel est le premier édifice au monde conçu exclusivement comme lieu de conservation et d’exposition d’œuvres d’art. A l’intérieur, l’espace s’articule, contre toute attente, autour d’une rotonde. On y trouve les collections d’antiquités classiques, principalement la statuaire gréco-romaine.

Alte Nationalgalerie En face du Neue Museum se trouve une espèce de temple corinthien qui se voulait, à sa construction, être le temple de la peinture allemande. La Alte Nationalgalerie (ancienne galerie nationale) vient de rouvrir ses portes après une longue période de restauration. Elle est consacrée à la peinture du 19ème siècle, qui était, lors de sa construction, peinture contemporaine. A voir, des œuvres du romantisme allemand, avec en particulier les chefs d’ouvre de Caspar David Friedrich, mais aussi un joli fond d’œuvres impressionnistes.

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Pergamon Museum De l’autre coté de l’île des musées se trouve l’un des plus gros morceaux de la ville, le Pergamon Museum. On y accède par une passerelle depuis la rive gauche de la Spree, il ne communique pas avec le reste de l’île mais reste l’un des Musées les plus fréquentés. Orné d’une frise sculpturale représentant le combat des dieux contre les géants, l’un des chefs-d’œuvre de l'art hellénistique, l'Autel de Pergame (2ème siècle avant J.C.) en constitue la principale attraction. La salle attenante sur le flanc sud abrite la Porte de l'Agora de Milet, un joyau de l'architecture romaine, et permet d'accéder au musée adjacent du Proche- Orient.

Bode Museum Érigé en 1904, reconnaissable à sa coupole caractéristique, il présente l'une des plus grandes collections de sculptures anciennes en Allemagne et possède par ailleurs des exemplaires impressionnants de groupes sculptés ornant des monuments. On y trouve en outre une collection de premier ordre d'œuvres d'art et d'objets usuels de styles paléochrétien et byzantin, unique en Allemagne, le Cabinet des médailles et monnaies (Münzkabinett) ainsi que des œuvres de la Galerie de peinture. Neues Museum Derrière l’Altes Museum se trouve le Neue Museum, qui comme son nom l’indique, fut construit après le premier par Friedrich August Stüler. Bien que datant du 19ème siècle, ce musée ne trouva jamais de destination finale. Après sa rénovation, il devrait alors abriter les collections d'art préhistoriques et surtout le Musée Egyptien, actuellement installé à Charlottenburg.

Horaires d’ouvertures des musées sur l’Ile des musées : tlj. de10h à 18 h, jeudi de 10 à 22 h (jeudi, entrée gratuite à partir de 18 h) / Prix d’entrée : 8,- Euro, 4,- Euro (réduit)

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EXPOSITIONS ACTUELLES 19.07.2009 - 16.08.2009 Kindheit am Nil. Spielzeug - Kleidung - Kinderbilder aus Ägypten in den Staatlichen Museen Bode-Museum Monbijoubrücke 10178 Berlin Anders zur Welt kommen: Das Humboldt-Forum im Schloss. Altes Museum Am Lustgarten 10178 Berlin In Grenzen frei. Mode, Fotografie, Underground in der DDR 1979-89 Kunstgewerbemuseum Matthäikirchplatz 10785 Berlin Emil Nolde. Mensch – Natur – Mythos. Kupferstichkabinett Matthäikirchplatz 10785 Berlin Bilderträume. Die Sammlung Ulla und Heiner Pietzsch Neue Nationalgalerie Potsdamer Straße 50 10785 Berlin Imi Knoebel. Zu Hilfe, zu Hilfe... Neue Nationalgalerie Potsdamer Straße 50 10785 Berlin In The Making… Werke aus den Sammlungen Hamburger Bahnhof - Museum für Gegenwart - Berlin Invalidenstraße 50-51 10557 Berlin Zeiträume. Milet in Kaiserzeit und Spätantike Pergamonmuseum Am Kupfergraben 5 10117 Berlin 23


Tour de galeries à Berlin-Mitte Autre conséquence heureuse de la chute du Mur : Berlin s’est transformé en un centre d’art contemporain étonnamment productif. L’inachevé, la dynamique du changement, attirent de toutes parts, dans la capitale allemande, aussi bien de jeunes artistes que ceux établis de longue date. Ils réaniment, à l’écart du centre-ville, de vieilles fabriques, des boutiques désertées et des établissements commerciaux vacants. Reflet de ce développement : le nombre croissant de galeries d’art nationales et internationales. Phénomène parallèle : des collections privées telles que « About Change, Collection Stiftung » de Christiane zu Salm ou la collection Boros de Christian Boros ont été transférées à Berlin. Les collections d’art d’entreprises célèbres telles que la « Deutsche Bank » ou « Daimler » offrent un choix d’oeuvre spécifique, présenté dans des espaces généreux, mis à disposition, grâce à la restauration de bâtiments d’avant guerre. Les initiatives en faveur de l’art sont appuyées par des supports financiers substantiels, tel celui dont a bénéficié la « Temporäre Kunsthalle Berlin ». Le choix parmi plus de 400 galeries sera difficile. Partons donc à la découverte des expositions intéressantes, concentrées dans le quartier Mitte, près de la Oranienburgerstrasse. Vers 16h30, nous avons rendez-vous avec les membres de »La Ménagerie » , une nouvelle troupe de théâtre francophone à Berlin. Pour la durée d’un après-midi, la pelouse du Montbijoupark accueillera le premier goûter littéraire franco-allemand à Berlin, initié par Passage & Co., en collaboration avec la Ménagierie. A l’entrée du Monbijoupark se trouve un monument pour Adelbert von Chamisso, poète français de langue allemande auquel nous voudrons rendre hommage en récitant ses poèmes mais aussi des poèmes et des textes contemporains… Agé de onze ans, Adelbert Chamisso de Boncourt quitte la France en 1792, chassé par la Révolution. Il suit sa famille à Berlin. Un jour, il servira dans l'armée prussienne et se battra contre les Français. Plus tard, à Paris, il rencontrera Alexandre von Humboldt et à Coppet, Madame de Staël : deux autres déracinés... De 1815 à 1818, Chamisso entreprend un voyage d'études autour du monde : ce fut un éblouissement, le commencement d'une nouvelle vie. De retour à Berlin, « l'homme à la haute silhouette » se marie, devient conservateur de l'Herbarium royal. Le voilà définitivement enraciné. La Merveilleuse Histoire de Peter Schlemihl a fondé sa renommée. Il a publié des poèmes et Robert Schumann en a mis quelques-uns en musique. Sa Description d'un Voyage autour du Monde semble annoncer Melville ou... Loti. Qui était Adelbert von Chamisso ? Un Français déraciné ou un Prussien mal assimilé ? Un grand écrivain classique ? Ou, comme il s'est désigné lui-même : un « homme de l'avenir » ? 24


Vendredi 31 juillet - À la recherche des traces du mur, 20 ans après sa chute. Balade avec Walter Kreipe et atelier photo avec Dörthe Behnke « Il faut détruire le Mur! » Depuis 1961, année de la construction du Mur, cette revendication resta toujours présente à l’esprit des Berlinois. Pourtant beaucoup de gens, surtout à l’Ouest, semblaient s’être habitués à l’idée d’une division de l’État allemand, y compris dans les sphères politique les plus élevées. La réunification des deux Allemagne semblait être hors de portée. Lors de la chute du Mur, le slogan ancien revint à l’esprit : Les derniers vestiges de ce bâtiment détesté devaient absolument disparaître ! C’est pourquoi peu de traces subsistent du fameux Mur de Berlin, alors que l’ouverture de ce dernier avait été filmée par toutes les télévisions du monde – et visionnée par autant de citoyens. Les comités de défense et quelques politiciens résolus, opposés à l’esprit du temps, ont pu sauver certains fragments du Mur pour rappeler la division de Berlin et de tout l’Allemagne pendant 28 ans, le grand nombre morts (plus de 1000) tombés à la frontière entre les deux États. Nous chercherons le tracé du Mur, guidé par des marquages de 8 km sur le pavé et des fragments peints du Mur. La East side Gallery est un morceau du Mur de Berlin qui longe la Spree sur 1,3 km et qui a été décoré en 1990 par des artistes venus de 21 pays différents. Ce pan de Mur a été classé monument historique en 1992 – mais il souffre à la fois de la pollution et des attaques de visiteurs peu respectueux. LECTURES : LAYLLE Catherine / Deux enfants derrière le mur / Autobiographie / 1996 / Le combat d’une mère française pour récupérer ses enfants que le père, allemand, retient en Allemagne alors qu’elle en a la garde. SCHNEIDER Peter / Chute libre à Berlin / Roman / 1999 / Immigré allemand installé en Califormie, le biologiste Edouard Hoffmann hérite d’un immeuble situé à Berlin Est. il est accusé de bénéficier d’un héritage nazi, sa femme juive allemande refuse de s’installer à Berlin… une manière originale de traiter le thème d’une Allemagne qui ne saurait finir d’être déchirée par son histoire récente. SCHNEIDER Peter / Le sauteur de mur / Roman / 1982 / Début des années 80, un écrivain, berlinois de l’Ouest, va et vient de part et d’autre du mur. Ce portrait de ville, ces tableaux vivants ne lèvent pas toujours le mystère, la censure… 25


ARRÊT SUR UN MUSÉE : LA HAMBURGER BAHNHOF Depuis 1996, l'ancienne gare de Hambourg, Hamburger Bahnhof en allemand, abrite le Musée d'Art contemporain, Museum für Gegenwart. Plus ancienne gare de Berlin, sa construction remonte au milieu du 19ème siècle. Aujourd’hui elle abrite, sous forme d’exposition permanente, des œuvres de plusieurs grands noms d’artistes du 20ème siècle : Joseph Beuys en particulier, auquel une aile entière est consacrée, mais aussi Andy Warhol, Robert Rauschenberg, Cy Twombly, Roy Lichtenstein, Keith Haring, Julian Schnabel … Depuis 2003, le Musée présente également, sous forme d’expositions temporaires tournantes, l’immense possession du collectionneur d’art Friedrich Christian Flick, longtemps critiquée en raison des liens de la famille du collectionneur avec le régime national-socialiste : le grand-père de Friedrich Christian Flick, Friedrich Flick, industriel allemand, avait alimenté les nazis en munitions durant la guerre, et fut condamné, en 1947, pour avoir eu recours au travail forcé dans ses usines. HAMBURGER BAHNHOF - MUSEUM FÜR GEGENWART Invalidenstraße 50-51 - 10557 Berlin – Ouvert tlj, entre 10h et 20h

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Exposition actuelle : In The Making… Choix d’œuvres de la collection Hamburger Bahnhof - Museum für Gegenwart - Berlin

D’origine autrichienne, Sarah Wiener vit à Berlin où elle est chef-cuisinière. Pendant son tour de France, diffusé par ARTE en 2007, elle a découvert à nouveau les secrets de petits plats bien de chez nous, rencontré de sympathiques gourmets et déniché des petits coins de paradis. Ses restaurants à Berlin : Sara Wiener im Hamburger Bahnhof, Invalidenstr. 50 / Sarah Wiener in der Akademie der Künste, Pariser Platz / Das Speisezimmer, Chausseestr. 8

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Gros plan sur le Jüdisches Museum Si vous souhaitez découvrir un autre lieu de mémoire de l’histoire juive en Allemagne, vous pouvez vous rendre au Musée Juif de Berlin (Jüdisches Museum) qui a ouvert ses portes en 2001. Conçu par l’Américain d’origine juive Daniel Libeskind, il s’agit du plus grand musée consacré au judaïsme en Europe. C’est aussi un joyau d’architecture contemporaine puisque le bâtiment a pour ambition d’offrir à travers sa structure même une image du destin de la communauté juive de Berlin. La forme de zigzag du bâtiment évoque une étoile de David déchirée. Plusieurs itinéraires s’offrent aux visiteurs. L’un d’eux mène au néant de l’Holocauste, un cul-de-sac éclairé par une unique fente qui ne permet pas de voir le ciel. Un série de salles vides symbolise la part de la culture juive à jamais disparue. Au centre de l’exposition, la fuite, l’expulsion et le nouveau départ, mais surtout l’exode forcé des Juifs allemands. La bibliothèque propose un vaste ensemble d’ouvrages historiques sur l’histoire et la religion, les archives regroupant environ 700 recueils de documents et de photos évoquant le destin d’individus et de familles du XVIIIème siècle à nos jours. La collection Judaica offre un large éventail d’objets cérémoniaux de formes diverses, des textiles et des œuvres sur papier et métaux.

Jüdisches Museum Berlin - Lindenstraße 9-14 - 10969 Berlin Ouvert le lundi 10h-22h, du mardi au dimanche entre 10h et 20h.

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Gros plan sur le Château de Charlottenburg et son parc L'origine du Parc du Château de Charlottenburg est un petit château de plaisance érigé pour l'épouse du prince-électeur, Sophie Charlotte. Les rois et les empereurs prussiens y vécurent jusqu'à la fin du 19ème siècle, agrandissant et transformant le château et le parc. Très endommagé pendant la guerre, le Château commença à être reconstruit en 1948. Désormais, il offre le plus bel exemple d'architecture baroque de Berlin. Le vaste espace vert à la française qui entoure Schloss Charlottenburg a fait lui aussi l'objet d'une minutieuse reconstruction à la fin de la seconde guerre mondiale. Corps de logis construit par Nering et Eosander de 1695 à 1713 ; aile nouvelle construite par Knobelsdorff de 1740 à 1742 ; Chambres de parade de Frédéric I avec cabinet des porcelaines ; appartements de Frédéric le Grand et de ses successeurs ainsi que ceux de la reine Louise.

Dans le quartier de Charlottenburg, à proximité immédiate du Château, sont situés le Museum für Vor- und Frühgeschichte (Musée de la Préhistoire et de la Protohistoire, dans l’aile ouest du château) et le Musée Berggruen. En face de la gare Zoologischer Garten (jardin zoologique), dans la Jebensstraße, vous trouvez le Museum für Fotografie (Musée de la Photographie) et la Helmut Newton Stiftung (Fondation Helmut Newton). Adresse : Schloss Charlottenburg, Spandauer Damm 20-24, 14059 Berlin Ouvert : mardi - vendredi de 9 à 17h, Sa+So 10 à 17h Métro : Linie 7 Richard-Wagner-Platz ensuite 15 minutes à pied Bus 145 Zoologischer Garten - Schloss / Bus X21 jusqu’à Luisenplatz / Bus 109 de Zoologischer Garten jusqu’à Charlottenburg

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ARRÊT SUR LA COLLECTION BERGGRUEN (SAMMLUNG BERGGRUEN)

Depuis 1996, le Musée Berggruen de Berlin propose des tableaux et des sculptures de Heinz Berggruen. Il s’agit en réalité de l’une des plus importantes collections privées au monde, avec des œuvres exceptionnelles d’artistes de renom du Moderne classique. Le musée est surtout connu pour ses importants groupes d’œuvres de Pablo Picasso, Paul Klee et Henri Matisse. Sur trois étages, une exposition intitulée « Picasso und seine Zeit » (Picasso et son époque) présente des tableaux, des sculptures et des travaux sur papier. Picasso y est représenté avec plus de 100 œuvres, de sa période d’études en 1897 à ses dernières années de 1960 à 1970. Les tableaux de la période bleue (19011904) et de la période rose (1904-1906) y figurent en bonne place, tout comme ses phases cubistes et classicistes. Paul Klee y est également à l’honneur avec plus de 60 œuvres. Sans oublier Henri Matisse …

Issu d'une famille de commerçants juifs, Heinz Berggruen commence ses études en littérature et en art à l'université de Humboldt avant de les finir à Grenoble, puis à Toulouse. Après son master, il écrit à temps partiel pour le journal de Francfort, mais très vite ses articles ne peuvent plus apparaître sous son vrai nom en raison de son appartenance juive. Il émigre en 1936 aux États-Unis et obtient une bourse d'un an à l'université de Berkeley. Il devient alors pigiste et critique d'art dans un journal de San Francisco. En 1940, il s'offre sa première aquarelle, une œuvre de Paul Klee. Après la guerre, il s'installe à Paris, rue de l'Université, en tant que marchand d'art. Il commence à rassembler les œuvres de grands peintres qu'il admire comme Matisse, Klee ou Cézanne, mais surtout Picasso. En 1996, il repart vivre dans sa ville natale, Berlin, et en devient, le 10 juillet 2004, citoyen d'honneur. En 1996 et 2000, il fait don à la ville d'une importante collection d'art moderne du XXe, comprenant 200 pièces dont 92 Picasso. Il s'est éteint dans la nuit du 23 au 24 février 2007, à l'âge de 93 ans. Adresse : Schloßstraße 1, Berlin - Charlottenburg / Horaires : Mardi-vendredi 10 - 18 h / Samedi/dimanche 10 - 18 h / Métro : Richard-Wagner-Platz /Bus : 109, 145, 210, X 21 29


OÙ MANGER UN (BON) MORCEAU ? Plutôt pour le midi Vietnamien Monsieur Vuong : Alte Schönhauser Str. 46, 10119 Berlin, Ouvert du lundi au vendredi de 12h à minuit. Métro : Weinmeisterstrasse, Hachescher Markt Oriental Dada Falafel : Linienstraße 132, 10117 Berlin, Ouvert quasiment tout le temps. Métro : Oranienburgerstrasse (Imbiss) Japonais Sasaya : Lychenerstrasse 50, 10 537 Berlin, Ouvert tlj sauf le mercredi de 10h à 14h30 et de 18h à 22h30. Métro : Eberswalderstrasse ou Prenzlauer Allee (Le soir, c’est toujours aussi bon, mais plus cher…) Plutôt pour le soir Allemand, ouvert à l’international Weinstein : Lychenerstrasse 33, 10437 Berlin, Ouvert tlj de 18 heures à 02 heures du matin. Métro: Eberswalderstrasse Oderquelle : Oderbergerstrasse 27, 10 435 Berlin, Ouvert de 17h à 02h00. Métro : Eberswalderstrasse (Attention quand même à l’addition) Italien Papa Pane : Ackerstr. 23, 10115 Berlin, Ouvert du lundi au dimanche de 12h à minuit. Métro : Nordbahnhof Due Forni : Schönhauser Allee 12, 10119 Berlin, Ouvert quasiment tout le temps, sauf les soirs où l’équipe d’Italie joue au foot… Métro Senefelder Platz Russe, ouvert à l’international Tadschikische Teestube : Am Festungsgraben 1, 10117 Berlin, Ouvert du lundi au vendredi du 17h à minuit. Métro : Hackescher Markt ou französische Strasse

ET SINON ? Pour prendre un petit déjeuner… Weltempfänger : Anklamerstr 27, 10115 Berlin, Ouvert tlj à partir de 9 heures. Métro : Bernauerstrasse (Laissez vous tenter par les Weisswurst ; elles ont la réputation d‘être les meilleures de Berlin !) Pour boire un verre … Perlin : Griebenowstrasse 5, Berlin, 10435, Ouvert tlj à partir de 20 heures (Un café associatif) B-Flat : Rosenthaler Straße 13, 10119 Berlin, Ouvert du lundi au vendredi à partir de 20 heures, le samedi et le dimanche à partir de 21 heures. Métro : Rosenthaler Platz (Souvent sur un concert de jazz) Haliflor : Schwedter Str. 26, 10119 Berlin, Ouvert tlj de 10 heures à 02 heures du matin. (Pour la Wohnbier, une bière locale de Franconie) Pour rentrer à la maison… Il est tard, vous êtes fatigué, vous voulez rentrer à l’hôtel qui vous semble si loin ? Si un taxi vide passe à côté de vous, vous pouvez demander une « Kurzstrecke » : 3 Euros pour un parcours allant jusqu’à 2 km. 30


L’ÉQUIPE SE PRÉSENTE Sabine GÜNTHER Née à Berlin. Germaniste, critique littéraire, traductrice, chef de projet auprès de Passage & Co. Vit depuis 1991 en Provence. Travaille comme auteur free-lance pour différentes stations de radio en Allemagne. Spécialisée en littérature et philosophie françaises contemporaines. Entre 1991 et 1995, enseignante en civilisation et théâtre allemands à l‘Université d‘Aix-en-Provence. DEA. Depuis 2007, professeur d’allemand au lycée. En 1996, elle a fondé l‘association Passage & Co. - une Organisation à but non lucratif destinée à promouvoir de nouvelles formes d‘échanges culturels et littéraires en Europe.

Walter KREIPE Vit depuis 1963 à Berlin. Études en langues et littératures romanes, études germaniques et politologie. Professeur d’allemand à Clermont-Ferrand. Assistant de recherche au département “Littérature comparée” à la Freie Universität de Berlin. Éditeur. Professeur de lycée (français et allemand). De nombreuses expériences dans le domaine des échanges scolaires franco-allemands. Guide conférencier. Membre de la Société Max Liebermann. Collaboration free-lance avec la Fondation Brandenburgische Gedenkstätten, avec différents musées et avec les agences Berlin Tourismus Marketing, gehen & sehen et Berlin Kompakt.

Dörthe Behnke Vit à Berlin. Etudes Management culturel à Jena et Weimar. Project Manager Research & Organisation. Parle allemand, anglais français, italien, norvégien et polonais, s’intéresse pour la photographie. Anime pour Passage & Co. des ateliers photo thématiques. Le thème en 2009 : « A la recherche des frontières visibles / invisibles »

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PASSAGE & CO. Échanges culturels et littéraires en Europe (loi 1901) Passage & Co. – Échanges culturels et littéraires en Europe est une association loi 1901, créée à Marseille en février 1996 par la critique littéraire Sabine GÜNTHER. Après la fermeture de « l’Institut Goethe » en 1997, notre association – à travers ses différents projets culturels - est devenue l’un des acteurs principaux dans le domaine des échanges littéraires et culturels franco-allemands en région PACA. - Nous promouvons la mobilité des artistes en Europe, la traduction littéraire et la diffusion de la poésie contemporaine. - Nous soutenons activement l’apprentissage de langues étrangères et développons les échanges entre jeunes venant de différents pays européens. - Nous mettons nos compétences au service des établissements scolaires et universitaires français et allemands qui souhaitent mettre en place, en coopérant avec nous, des projets culturels internationaux et des voyages projet. Les Rencontres littéraires franco-allemandes NORD-SUD-PASSAGE. Plusieurs fois par an, nous invitons dans différents lieux en Europe des poètes de langue française et de langue allemande à se traduire mutuellement. Dans nos ateliers en France, en Allemagne et en Suisse, les poètes font connaissance les uns avec les autres - en discutant et en traduisant leurs textes respectifs. Chaque rencontre se termine par des lectures publiques et alimente ensuite notre revue bilingue NORD-SUD-PASSAGE. Plus de 100 auteurs ont déjà participé à NORD-SUD-PASSAGE, 10 numéros de notre revue sont parus. Depuis 2006, nous organisons des stages de perfectionnement pour jeunes traducteurs littéraires français et allemands. Site web : www.nord-sud-passage.com Les Rencontres de jeunes français et allemands FABRIKAMO avec leurs ateliers de création Depuis 10 ans, nous organisons plusieurs fois par an et dans différentes villes françaises et allemandes des ateliers de poésie et d’histoire qui s‘adressent aux jeunes français et allemands. Quittant les chemins battus, nous partons à la découverte de nouvelles expressions artistiques et nous nous questionnons sur notre rapport à l’Autre. Accepter la différence, jouir de la diversité et rêver d’un monde plus juste et solidaire – voilà le but de nos recherches et de notre travail créatif dans les ateliers FABRIKAMO. Nos rencontres FABRIKAMO attirent des jeunes français et allemands curieux d‘une autre langue, d‘un autre pays et des cultures différentes... Leur créativité se 32


développe et s’exprime à travers l‘écriture, la photographie et les nouveaux outils de création multimédia. Projet phare: PLAN D’EXIL MARSEILLE voir weblog : http://exilplan.marseille.blogspot.com

Balades et voyages littéraires en France et en Allemagne DROGMAN PROJECT. Nos balades littéraires s’adressent à des écoliers, des étudiants, des congressistes et d’autres gens qui veulent découvrir la richesse culturelle et littéraire de la ville de Marseille mais aussi d‘autres lieux marquants comme Aix-en-Provence, Les Milles, Sanary-sur-Mer ou Roussillon. En 2006, nous avons mis en place le DROGMAN PROJECT qui nous fait voyager en Europe, dans des villes, comme Berlin, qui représentent un intérêt culturel et littéraire particulier. Nous aidons les établissements scolaires français et allemands à organiser des voyages projet et leur proposons des balades littéraires « sur mesure » correspondant à leur programme d’enseignement littéraire et d’histoire/géographie. Afin de faire connaître la patrimoine culturel et littéraire au public germanophone, le site web www.ratlos-in-marseille.com a été récemment créé. Il se veut une véritable plateforme culturelle franco-allemande. Et aussi : LES JEUNES PASSEURS DE LANGUES, un club d’allemand pour les enfants et les jeunes à Trets. http://club-allemand.trets.blogspot.com

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PASSAGE & CO. – Chemin de la Porte rouge, F – 13530 Trets Tél/Fax: 04 42 29 34 05 /Mél: passageetco@wanadoo.fr www.passage-co.com www.ratlos-in-marseille.com www.nord-sud-passage.com

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ADRESSES UTILES Hôtel REGENBOGEN Bänschstr. 73 10247 Berlin + 49 (0) 30 - 255 83 591 Pour y accéder : Métro ligne U5 (direction Hönow), arrêt Samariterstr. Quitter la gare dans le sens du train, vers la rue “Voigtstrasse”. Marcher dans cette rue (maximum 5 minutes) jusqu’à l’angle Voigstrasse / Bänschstrasse. Vous êtes arrivés!

S-Bahn (S41, S42), arrêt Frankfurter Allee. Se diriger vers la sortie « Rigaer Str. ». Marcher dans la Pettenkoferstr. jusqu’à l’angle Pettenkoferstr./Bänschstr. n°73 Trajet à partir des gares “Zoologischer Garten”, “Hauptbahnhof”, Ostbahnhof” : Prendre le S-Bahn ( il y a plusieurs lignes, il faut juste faire attention à prendre la bonne direction) jusqu’à “Alexanderplatz”, puis le U-Bahn jusqu’à “Samariterstrasse” . Quitter la gare dans le sens du train, vers la rue “Voigtstrasse”. Marcher dans cette rue (maximum 5 minutes) jusqu’à l’angle Voigstrasse / Bänschstrasse. Vous êtes arrivés!

CONTACTS À BERLIN Sabine GÜNTHER (Tel mobile) : 00 49 – (0)176 – 51 03 77 80 Walter KREIPE (Tel mobile) : 00 49 - (0)175 - 490 35 98 Bayerische Str. 30 D - 10707 Berlin Tel: +49 (30) - 881 59 17 Mail: Walter.Kreipe@berlin.de Web: www.berlinrundgaenge.de

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Carnet berlinois 2009