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JANVIER 2009

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NON A LA CENTRALE A VERBERIE PAS DE CENTRALE EN BASSE AUTOMNE

Notre Revue de Presse L’actualité récente nous ramène immanquablement au projet de Centrale de Verberie. Nous vous proposons donc une petite revue de presse

LE CAS POWEO Libération.fr 07/01/09 « Faute de financement, Poweo n'exclut pas de devoir reporter le lancement de la centrale à gaz prévue à Toul (Meurthe-et-Moselle) et réfléchit à des solutions "innovantes" de financement pour ce projet, écrivent Les Echos. Alors que le titre du producteur alternatif d'électricité et de gaz a perdu près de 65% en un an et que la valorisation du groupe ne s'élève désormais qu'à 130 millions d'euros, le P-DG de Poweo Charles Beigbeder "réfléchit à une éventuelle sortie de la Bourse", ajoute le quotidien économique. Evoquant la centrale de Toul (412 MW), dont la mise en service est prévue pour 2011 et qui requiert un financement de 350 millions d'euros, Charles Beigbeder, cité par Les Echos, a déclaré : "Nous pourrions par exemple créer une filiale spécifique dont le capital serait ouvert à des partenaires minoritaires. Ou émettre des titres hybrides*." "Notre objectif, c'est désormais que le résultat d'exploitation soit à l'équilibre sur l'ensemble de l'année 2009", a-t-il en outre déclaré. » *Les titres hybrides sont des produits financiers qui mélangent les caractéristiques des capitaux propres et des titres de dettes

Les Echos.fr 07/01/09 « (…) Pour accélérer ainsi l’amélioration des comptes, Poweo a pris une série de dispositions depuis septembre. Le projet assez lointain de centrale au charbon au Havre a été abandonné. Un gel des embauches a été décrété. « Nous sommes attentifs à tout, aux frais de déplacement, etc., ajoute le PDG. Nous revoyons aussi nos contrats avec tous nos prestataires »

Nos commentaires Quelques éléments en particulier dans ces articles doivent interpeller : le recours à la modification de la structure capitalistique de l’entreprise (avec émission de titres hybrides !), le gel des embauches et la révision des contrats avec les prestataires. Le cas est très classique : quand la situation économique devient plus difficile, les engagements pris par les sociétés deviennent des variables d’ajustement, qui pèsent peu par rapport aux contraintes de rentabilité. Nous

savons tous ce que cela veut dire : on licencie, on renégocie avec les fournisseurs, on choisit les prestataires les moins chers. Est-ce vraiment compatible avec la nature même du projet industriel concerné, à savoir une centrale électrique, où les contraintes en terme de sécurité sont importantes ? Qui pourra garantir que d’ici 5 ans, 10 ans ou 15 ans, la maintenance de ce site ne soit pas confiée à un prestataire « exotique », moins cher que les autres ? Les journaux fourmillent d’exemples de ce type (des grandes compagnies pétrolières qui utilisent des ba-

teaux « épave » en très mauvais état avec des équipages mal formés, les compagnies aériennes qui font faire l’entretien de leurs avions dans des pays exotiques,….) Nous voyons bien que la menace n’est pas théorique et qui peut nous garantir que Direct Energie ne connaîtra pas les mêmes problèmes ? (Pour information, Poweo c’est plus de 3X le chiffre d’affaires de Direct Energie ! ). Etes-vous prêt à prendre cette responsabilité devant tous vos électeurs ? Il faudra leur expliquer….


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LES PICS DE CONSOMMATION La Croix.fr 07/01/09 Avec la vague de froid qui frappe le pays, la consommation d’électricité est à des niveaux records. Un pic a été atteint lundi soir à 91 000 mégawatts (MW) et RTE, puis un second mardi à 19h, à 91.500 mégawatts (MW). De son côté, EDF a affirmé hier dans un communiqué qu’il mobilisait actuellement « la totalité de ses moyens de production », estimant qu’il disposait des « marges nécessaires pour faire face aux aléas de production et de consommation ». (…) Dominique Maillard, président de RTE déclare: (…) « Nous pouvons recourir à des importations si nécessaire, d’autant plus que nos voisins européens n’ont pas les mêmes habitudes de consommation. C’est un secours mutuel bien utile. En outre, dans des régions plus sensibles, comme la Bretagne et Paca, nous avons d’ailleurs un dispositif d’alerte spécifique. La meilleure réponse possible aux heures de pointe est que chaque Français modère sa consommation. Non seulement cela permet de regagner des marges d’approvisionnement si la température continue à baisser, mais c’est aussi un geste citoyen. C’est en effet aux heures de pointe que les centrales thermiques les plus polluantes en termes d’émissions de CO2 fonctionnent. Ainsi chacun peut participer à la lutte contre le changement climatique grâce à des gestes simples : éteindre la lumière dans les pièces inoccupées, moduler la température dans les pièces inoccupées chauffées à l’électricité, fermer les volets la nuit, utiliser les appareils électroménagers après 20 heures ou encore éteindre les appareils en veille ».

« La France restait exportatrice nette durant la pointe de lundi soir. » Les Echos.fr 07/01/09 Alerte rouge en Bretagne et en Provence-Alpes-Côte d'Azur ! La vague de froid a contraint hier Réseau de Transport d'Electricité (RTE) à employer les grands moyens, demandant aux habitants de ces régions de « baisser impérativement leur consommation ». C'est la première fois que la filiale d'EDF lance ce niveau d'alerte depuis la mise en place du système il y a deux ans. (…). « On a à faire à des conditions météorologiques exceptionnelles, avec des températures de 7 degrés en dessous des normales saisonnières, explique Dominique Maillard, le président de RTE. Mais on constate également que la croissance de la consommation d'électricité est encore plus forte en période de pointe. » (…) Face à cette évolution, EDF a investi dans des moyens de production dits de pointe : des centrales tournant au charbon, au gaz ou encore au fioul. Le groupe a ainsi mis ou remis en service plus de 3.100 MW depuis 2005. Malgré cet effort, l'électricien est obligé de recourir à d'autres solutions. La première repose sur les importations. Hier soir, la France devait être importatrice nette de courant pendant la pointe, une rareté. Qui représente un coût : entre le 31 décembre et le 5 janvier, le cours du mégawatt pour livraison le lendemain est passé sur Powernext de 38 à 96,50 euros... (…) « Le réseau a ses limites », admet Dominique Maillard. Mais il insiste : l'équilibre entre l'offre et la demande n'est pas un problème en termes de capacités pour l'ensemble du pays, qui produit beaucoup. La preuve ? La France restait exportatrice nette durant la pointe de lundi soir. La fragilité se concentre, selon lui, sur les deux péninsules électriques.*

* La Bretagne et la région PACA


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Nos commentaires Il n’y a pas eu de défaillance dans l’approvisionnement en électricité grâce aux interconnexions du réseau français avec les autres pays européens. Au sein de la CCBA, même sans la centrale de Direct Energie, tout le monde a pû regarder tranquillement les matchs de foot de l’OM ! Nous avons eu la confirmation que la France n’importait que très rarement de l’électricité et était globalement exportatrice. Nous savons bien que la stratégie de Direct Energie est de brandir la menace d’une pénurie d’électricité aux périodes de pics pour légitimer la construction de cette centrale. Mais qui peut sérieusement

croire que la préoccupation essentielle de Direct Energie est de contribuer à l’effort énergétique français ? Les pics ne durent que quelques heures par an ! Nous le répétons : l’objectif du promoteur est de produire de l’électricité pour spéculer sur la bourse Powernext. Etes-vous prêts à risquer la santé de 10.000 habitants, à sacrifier le tourisme, à briser le fragile équilibre biologique et plus globalement à dégrader irréversiblement le cadre de vie pour permettre à des investisseurs privés de gagner de l’argent et de vendre l’électricité produite ici à l’étranger ?

Page 3 « A moins que les français ne décident de réduire drastiquement leurs besoins en électricité dans les temps à venir, la solution la plus acceptable n’est-elle pas la construction de centrales thermiques de pointe, au meilleur rendement possible et moins polluants ? ». Bien sûr que les français réduiront drastiquement leurs besoins en électricité, car il n’y a plus le choix ! Le Grenelle de l’Environnement ainsi que

Dans « Reussir Ensemble » du 23 décembre dernier, Direct Energie anticipait la situation avec cette conclusion imparable

« l’objectif du promoteur est de produire de l’électricité pour spéculer sur la bourse Powernext » tous les experts en environnement s’accordent à dire que les 2 leviers essentiels (qui répondent à la fois aux enjeux environnementaux et énergétiques) sont les économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables. Ceci est devenu un enjeu majeur pour l’a-

venir de l’humanité. Proposer de construire des centrales thermiques s’inscrit dans une vision passéiste et sans perspective, que seuls les enjeux financiers peuvent légitimer.

Vous ne pouvez pas cautionner cela, même pour de l’argent, même pour quelques emplois…

L’APPROVISIONNEMENT EN GAZ RUSSE L’Express.fr 06/01/09 (…)Pourquoi l'Europe occidentale dépend-elle autant du gaz russe? L'Europe occidentale s'est rendue dépendante... en cherchant à diversifier ses fournitures énergétiques après les chocs pétroliers des années 1970! Le gaz était moins cher que le pétrole, plus propre, et on disposait de réserves plus importantes. Le gaz russe était encore moins cher que celui d'Algérie ou de la mer du Nord. Aussi l'Europe occidentale a-t-elle conclu des accords avec la Russie et fournit, par exemple, une aide à l'Ukraine pour lui permettre de construire des gazoducs, recevant du gaz en échange. Des contrats très mal vus par les Etats-Unis dont le président, Ronald Reagan, avait d'ailleurs estimé à l'époque qu'ils représentaient "la corde en acier à laquelle l'Europe allait se pendre". Quelles sont les alternatives dont elle dispose pour sortir de cette dépendance, ou du moins la limiter? L'Europe occidentale va avoir besoin d'encore plus de gaz. Sa consommation va doubler d'ici 2030. Au lieu d'importer un tiers de sa consommation, comme aujourd'hui, elle en importera les deux tiers. La part du gaz russe dans ces importations passera de 40 à 70%...


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Et elle n'a pas vraiment le choix... Un tiers des réserves mondiales se trouvent en Russie. Les autres pays (Iran, Qatar, Algérie, Venezuela, Turkménistan ou Libye) forment, avec Moscou, le Forum des pays exportateurs de gaz (…).

Rue 89.fr 10/01/09 « (…) A moyen et long terme, la sécurité d'approvisionnement gazier doit tenir compte du déclin, amorcé dès 2009, des capacités de production globales en Mer du Nord, compte-tenu de l'épuisement des ressources (…) ». Le bureau d’études Horizons précise par ailleurs dans ce même article : « Enfin, et dans un contexte de pression croissante sur l’accès aux ressources gazières, les prévisions d’augmentation de la consommation nationale constituent un danger déjà relevé par plusieurs rapports parlementaires et ministériels. En particulier les craintes sur l’approvisionnement des futurs projets de centrales électriques au gaz, soit plus d’une vingtaine de projets industriels ».

Nos commentaires Nous l’avions bien sûr déjà évoqué : comment faire confiance à long terme à un investissement privé entièrement dépendant d'une matière première dont l'évolution des cours et la pérennité d'approvisionnement n'est pas maîtrisée ?

table où transite un gazoduc ou un contentieux commercial entre 2 pays : on coupe les vannes et les prix flambent. La liste des pays producteurs de gaz laisse d’ailleurs augurer d’autres difficultés (Libye, Turkménistan, Iran, Algérie, Russie,…)

Des tensions dans un pays ins-

Si la rentabilité espérée n'est pas au rendez-vous, quelle assurance avons nous qu’il ne se retirera pas du marché ? Rappelons nous que cet investisseur n’a aucune expérience dans le domaine de la production électrique (ce sera sa première centrale)…… 30 ans c'est long...

LE CAS DE BEAUCAIRE Nous ne résistons pas au plaisir de vous faire partager un extrait d’un article paru en avril 2008, concernant un projet similaire d’installation de centrale au gaz à Beaucaire.

Le Figaro.fr 11/04/08 « Le projet de construction d'une centrale électrique Poweo à Beaucaire (Gard) crée toujours des remous (nos éditions du 19 juin 2007). Au cœur du débat des élections municipales, les ambitions industrielles de l'opérateur privé, sur une terre viticole d'appellation d'origine contrôlée, ont coûté le siège de quatre des cinq maires de la communauté de communes concernée, tous favorables au projet.(…) »

Nos commentaires A l’instar de Direct Energie pendant la journée du 15 novembre, nous allons donc nous aussi lancer un grand jeu-concours :

A votre avis, qui aurait été réélu en mars 2008 si les Maires sortants avaient parlé du projet de centrale AVANT les Élections ?

Cela fera certainement un beau sujet de conversation pour « Réussir Ensemble » cette centrale….

Notre association Pas de Centrale en Basse Automne 4, rue de Blois, St.Vaast de Longmont, 60410


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Bulletin Pas de Centrale Janvier 2009

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