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Les Échos 'Zine Par l'association Rabat Accueil N°37-OCTOBRE 2019

SPÉCIAL

Artisanat et déco

L' ASSO CULTURE HISTOIRE FRANCOPHONIE


Fédération Internationale des Accueils

Français et francophones Expatriés Les Accueils dans le monde : Informent, accueillent, partagent un réseau social, intégrent les expatriés francophones

RABAT ACCUEILSEAU

Fédération MONDIALE

AU RÉ APPARTIENT DE LA FIAFE

1 Réseau de 100 000 adhérents

10 000 bénévoles

220 Accueils adhérents

88 pays

RECONNUE PAR LES INSTITUTIONS ET DES ENTREPRISES FRANÇAISE

www.fiafe.org

contact@fiafe.org Fiafe-Accueils @Fiafe_Accueils www.linkedin.com/company/fiafe Association loi 1901, créée en 1984, apolitique, non confessionnelle, à but non lucratif et animée par des bénévoles. Siège social : 91 rue du Fbg St Honoré 75008 PARIS Siret : 44280913100012


ÉDITO Cette rentrée est placée sous le signe de la nouveauté. Pour les plus jeunes, une nouvelle année scolaire. Pour d’autres un nouveau pays de résidence et pour tous un magazine entièrement nouveau, avec une équipe renouvelée, de nouvelles rubriques ainsi qu’une mise en page modernisée. Le grand dossier traite d’ameublement et de décoration et plus particulièrement comment donner une teinte orientale à son intérieur, avec des conseils utiles pour les nouveaux arrivants qui peuvent être un peu désorientés par les pratiques locales. Parmi les rubriques qui apparaissent, l’accent est mis sur les pays francophones qui composent notre communauté. Dans ce numéro c’est la Belgique qui ouvre le bal, avec en avant-première les innovations qui vont entrer en applications dès l’année prochaine. Vous découvrirez également une rubrique sur l’histoire du Maroc avec l’épopée du rail et une autre baptisée « un autre regard » qui retrace les surprises et déboires par lesquelles nous sommes tous passés lors de notre installation. Vous retrouverez les incontournables qui retracent la vie de notre association bien aimée, avec les jolis souvenirs des manifestations du printemps et de l’été ainsi que la programmation pour les temps fort des mois à venir. Pensez déjà à réserver les dates dans vos agendas. Pour notre part, nous sommes déjà entrés dans la phase de préparation du magazine suivant en réfléchissant à de nouvelles surprises. En attendant, nous aimerions beaucoup avoir vos réactions sur ce nouvel opus. Un scoop, notre porte est ouverte à toutes celles et ceux qui se sentent une plume agile pour rejoindre notre équipe. Bonne lecture

par l’équipe de la rédaction


SOMMAIRE 8 13

BRÉVES FRANCOPHONIE

La Belgique à l'honneur 25

DOSSIER SPÉCIAL Artisanat et déco

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L’ASSO

L’agenda L’accueil Les projets J’ai testé pour vous ... Les coulisses de l’asso Ça s’est passé à Rabat Accueil... Les partenariats solidaires

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UN AUTRE REGARD

Deux années chez les marocains 92

HISTOIRE

Le Maroc, pionnier du rail africain 96

CULTURE

Portrait d’artiste Lectures 108

BLOC-NOTES Voyage Gourmandises Jeu

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NUMÉROS UTILES

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LES ÉCHOS N°37 OCTOBRE 2019 DIRECTEUR DE PUBLICATION Karine Arnulf DIRECTEUR DE RÉDACTION Patrick Niclot RÉDACTION Patrick Niclot, Camille Cabon, Catherine Guyon, Adeline Guilbaud, Isabel Cherier, Caroline Houël, Blandine Pagés, Christine Mathieu, Nadia hijaoui, Muriel Terrat-Fazende, Frédéric Galés, Ingrid Doubliez, Basile Zotos, Julie d’Herbés, Pascal Charles, Hanane Ouastri-Frain, Michel Frain, Abdel, Andrée Charles. PARTENARIAT Isaline de Nijs AGENDA Adeline Guilbaud CONCEPTION Caroline Houël IMPRESSION IMPRIMAT rue Abbas Ibn Farnass Rabat CRÉDIT PHOTO: Yann Tanguy, Pascal Charles, freepik, pinterest, samy-wikimedia 6


CONTRIBUTEURS

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BRÉVES

Shopping

Après son absorption par Marjane Holding il y a 11 ans, Acima devient : « Marjane Market » L’enseigne actualise ainsi le nom afin d’uniformiser l’image visuelle du groupe auprès des consommateurs. Et nouveauté à Rabat, depuis le 27 Juin 2019, l’ouverture d’un nouveau Marjane Market dans le Centre Commercial Jasmine - Quartier Aviation, juste à côté de Collège Saint Exupéry.

Shopping

Ayant nécessité un investissement de 220 millions de dirhams, Ryad Square est le tout nouveau centre commercial ouvert depuis le mois d’Avril dernier. Installé au bout du quartier Souissi, entre Marjane et Kitea Géant, sur la rocade Casablanca-Fès, ce nouveau mall accueille plusieurs enseignes internationales de loisirs, restauration, bricolage, mode, décoration… dont certaines signent leur première implantation dans la capitale et d’autre encore dans le royaume: SUPER U, GO SPORT. À noter la présence de boutiques de décorations et d’un food court.

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Mobilité Bonne nouvelle pour les habitants de Rabat, Salé et Témara, depuis le Mercredi 21 Août les très attendus nouveaux bus sont mis en circulation. Pour l’instant le parc compte 150 bus mais d’ici fin décembre il est prévu d’atteindre les 350. Le responsable du groupe espagnol ALSA (également en charge du réseau de Marrakech, Tanger, Khouribga et Agadir), Alberto Perez, précise que le tarif sera identique à celui de Casablanca : 5 dirhams par trajet et que les bus seront équipés de caméra de surveillance et de plancher bas pour accueillir les poussette et les personnes à mobilité réduite.

Resto Avis aux amateurs de nourriture exotique, un nouveau restaurant à Rabat, Quartier Aviation / OLM, juste en face de Maymana. Le Maya Cantina Tropical, vous propose une cuisine péruvienne et argentine confortablement installé sur sa terrasse ombragée. ouvert 7/7 de midi à 16h00 et de 19h00 à minuit 173 avenue Mohamed VI - Rabat (en face de Maymana) Info / Résa : 06 60 37 12 41

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BRÉVES

Culture Biennale internationale d’art contemporain de Rabat : Premier invité à exposer devant le Musée Mohamed VI le sculpteur colombien Fernando Botero avec son cheval de bronze mesurant 3 mètres de haut. C’est un avant goût de la préparation en cours pour la première édition de la biennale internationale à Rabat qui se tiendra du 10 septembre au 10 décembre 2019. Intitulée “Un instant avant le monde”, l’événement inaugural réunira aussi une soixantaine de femmes artistes (architectes, cinéastes, chorégraphes, metteuses en scène...) de 30 nationalités, invitées à faire dialoguer leurs œuvres pour réécrire l’histoire de l’art. Vous pourrez retrouver toutes ces oeuvres dans les grands sites culturels habituels comme le Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain (MMVI), la Villa des arts, l’Espace Expressions CDG, mais aussi dans des bâtisses qui ont marqué l’histoire de la ville, notamment le Musée des Oudayas, Borj Addoumoue (Bastion des Larmes), aussi appelé Borj Sidi Benacher, le Fort Hervé (Borj Lakbir).

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FRANCOPHONIE

LA BELGIQUE À L’HONNEUR

Parmi les nouveautés que vous allez découvrir dans les Échos, cette rubrique qui sera permanente. Même si Rabat Accueil est, à l’origine, une initiative française, au cours des dix ans qui se sont écoulés, les adhérents, bien que francophones viennent d’horizons bien différents. C’est pourquoi, nous avons voulu leur donner la parole et vous faire partager les différences qui nous rassemblent autour d’une même langue. À chaque numéro, nous donnerons la parole aux représentants diplomatiques ainsi qu’à différentes personnalités de ces pays. Pour cette première, nous avons rencontré nos amis belges qui avec leur bonhommie légendaire et leur discrétion ont bien voulu entrouvrir le voile sur leurs activités et leur actualité au Maroc. Qu’ils en soient remerciés et bienvenue à eux dans les prochaines soirées de la rentrée pour un moment de partage dans la bonne humeur. 13


FRANCOPHONIE

LE ROYAUME DE BELGIQUE UN PARTENAIRE EFFICACE TOUT EN DISCRÉTION de Patrick Niclot

Christophe De Nijs, Conseiller pour les affaires politiques et économiques, à l’Ambassade de Belgique, décrypte pour nous les relations maroco-belges. En avant-première les changements qui vont concerner la communauté belge dans les prochains mois. Comment analysez-vous la relation Maroc – Belgique ? Une relation que l’on peut qualifier d’excellente, tant au niveau politique que diplomatique. Ce sont deux royaumes, ce qui crée un certain lien entre les deux pays qui sont stratégiquement partenaires et amis. Il y a une grande compréhension des deux systèmes au niveau politique et nos dirigeants se connaissent très bien. On a d’ailleurs en Belgique de nombreux politiciens d’origine marocaine, qu’on retrouve dans nos deux communautés, wallonne et flamande, ainsi que dans tous les partis et au sein des différentes assemblées parlementaires en Belgique.

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Outre les politiciens, nous avons surtout en Belgique une communauté d’origine marocaine très importante, de l’ordre de six cent mille personnes, ce qui pour un pays de onze millions d’habitants représente quand même 5% de la population. Cette grande communauté génère beaucoup de liens et d’échanges, aux niveaux politique, culturel et interpersonnel. En ce qui concerne nos relations commerciales, le Maroc est actuellement notre 45e client et 63e fournisseur. Nos relations économiques sont bonnes mais elles ne sont malheureusement pas encore au niveau de nos ambitions et connaissent un potentiel de croissance appréciable. La Belgique exporte déjà beaucoup vers le Maroc, grâce notamment à ses grands ports comme Anvers et Zeebrugge mais on a l’ambition de développer davantage nos échanges.

S.A.R la Princesse Astrid de Belgique au forum économique Maroc-Belgique en novembre dernier.

C’est dans ce contexte qu’a eu lieu la plus grande mission économique belge au Maroc en 2018, avec 460 participants sous la présidence de S.A.R. la Princesse Astrid de Belgique. Le nombre élevé des participants démontre l’intérêt croissant des opérateurs économiques belges pour le Maroc, curieux de venir voir ce qui s’y développe. Tout le monde a en effet conscience que le pays se modernise de manière rapide, en tous cas sur l’axe atlantique : le TGV, le port de Tanger-Med, les grands projets en terme d’énergies renouvelables, les industries extractives et industrielles, l’agro-alimentaire…. Cette énorme mission économique s’est très bien passée et on a eu des échos très positifs. Moins d’un an après, on constate toujours un certain dynamisme. Les hommes et femmes d’affaires reviennent, développent la relation interpersonnelle et dans de nombreux cas, les contrats suivent. Trouver le bon partenaire demande du temps et de l’investissement.

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FRANCOPHONIE

La Belgique compte quelques grands groupes mais notre tissu économique est principalement composé d’entreprises très spécialisées et innovatrices, qui accompagnent les grands ensembliers. Le Maroc est un véritable pays de croissance pour nous, où on profite de la présence de grands groupes industriels belges ou étrangers, comme les entreprises du CAC 40 par exemple. Autour de la nouvelle usine PSA, il y a des équipementiers belges qui sont venus se greffer et cela fonctionne très bien. On est également très fort dans la construction. À titre d’illustration, la tour BMCE à Rabat, qui sera la plus haute d’Afrique, est actuellement construite par un groupe belge. Nous sommes également présents dans le dragage des ports, le textile, l’agro-alimentaire et les services. Les Belges sont certes parfois un peu trop discrets mais n’est-ce pas une méthode efficace de faire des affaires ?

Le projet de la tour BMCE

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Le projet de nouvelle ambassade

Pourquoi n’y a-t-il que deux postes diplomatiques belges au Maroc ? Question de rationalisation et de budget. Dans le cadre de l’assainissement des finances publiques, on a ouvert de nouveaux postes dans certaines zones où nous n’étions pas représentés et nous en avons fermés d’autres. C’est l’évolution naturelle d’un réseau diplomatique qui doit constamment s’adapter pour représenter au mieux les intérêts nationaux à l’étranger. Au Maroc, nous avons fermé il y a quelques années notre consulat général de Tanger et nous fermerons prochainement notre Consulat Général de Casablanca. L’idée est de rapatrier tous les services à Rabat, où nous construisons actuellement une toute nouvelle ambassade, plus en ligne avec l’importance de notre relation bilatérale. C’est la société belge Cosimco-Willemen, qui vient d’achever la construction du nouveau port de Tanger Med2, qui est en charge de ce projet. Ce sera une des premières ambassades dites « passive » en Afrique. Un bâtiment modulable avec des panneaux solaires et des transferts d’énergie pour assurer une certaine fraicheur en été et conserver la chaleur en hiver. L’architecture moderne s’inspire du Maroc et des riads avec des cours intérieures et devrait donc bien s’insérer dans le décor Rbati. L’ouverture du chantier a été effectuée par S.A.R. la Princesse Astrid en novembre 2018 et nous espérons intégrer nos nouveaux locaux au printemps 2020. La particularité, outre le fait que ce sera une ambassade verte, c’est qu’on va pouvoir avoir sous le même toit tous les services de l’ambassade (consulat, agence de coopération, section politique, attaché de défense…) qui sont pour l’instant disséminés entre Rabat et Casablanca.

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FRANCOPHONIE

Même si on ferme une antenne dans le principal pôle économique du pays, on ne souhaite pas se désinvestir pour autant et donc pour les relations avec nos ressortissants, on conserve les consulats honoraires déjà opérationnels – Tanger, Marrakech, Agadir – et prochainement Casablanca.

Comment évolue la communauté belge au Maroc ? Il y a environ 5000 Belges inscrits dans nos deux postes mais ils sont plus nombreux. C’est difficile d’avoir une évaluation précise. Il y a des binationaux belgo-marocains et des retraités qui passent une partie de l’année dans chaque pays et qui ne s’inscrivent pas à notre ambassade. Les chiffres augmentent d’année en année mais dans des proportions normales.

La Belgique intervient dans le système éducatif au Maroc avec la création récente de deux écoles. Quel est votre objectif dans l’enseignement francophone alors que depuis quelques années ce sont les écoles anglophones que l’on voit se développer ? La Belgique n’a pas vraiment vocation à exporter son modèle d’école. C’est vrai qu’on a déjà eu une expérience d’écoles belges à l’étranger, de par notre passé historique en Afrique centrale, en RDC, au Burundi, au Rwanda mais cela se limitait à ces pays-là. On se réjouit aujourd’hui d’avoir également plusieurs écoles belges au Maroc. La première a ouvert il y a quelques années à Casablanca et rencontre un franc succès, grâce à la qualité de l’enseignement qui y est dispensé, par des enseignants assez jeunes, super motivés et tous venus de Belgique. L’agrégation belge des enseignants constitue en effet l’une des conditions de l’homologation de la formation qui est certifiée par la Communauté française de Belgique.

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L’école de Casa, qui a maintenant quelques années, a eu sa première promotion de Rhétoriciens (l’équivalent de la terminale en France) l’année passée. Sur les 16 diplômés de la première promotion, 12 ont l’ambition d’aller étudier en Belgique. En terme d’image, c’est très positif. Dans les années à venir, on aura beaucoup plus d’élèves sortis de l’école car les classes inférieures sont évidemment bien plus remplies. Le succès rencontré par cette première école à Casablanca a d’ailleurs fait des émules puisqu’un deuxième établissement a vu le jour l’année passée à Rabat. Cette école, qui pour l’instant n’accueille que les maternelles et primaires, connait une expansion rapide (doublement de toutes les classes cette année) et devrait très prochainement tourner à plein régime.

Le marché de l’immobilier de luxe à Marrakech se porte mieux, et cela grâce aux belges qui achètent massivement des propriétés ? Il y a en Belgique une classe moyenne assez aisée et les gens regardent le Maroc comme une destination où venir chercher le soleil. L’exotisme de Marrakech, quand la grisaille de l’hiver se fait sentir, me semble un choix assez éclairé. De plus c’est une ville festive et les Belges aiment bien la fête, un bon restaurant, des magasins artisanaux, rencontrer du monde… On constate qu’Essaouira est aussi très prisée, avec une communauté importante, et la fréquentation d’Agadir est aussi en nette progression.

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FRANCOPHONIE

LA DÉLÉGATION WALLONIE-BRUXELLES UN DIPLOMATE POUR LES BELGES FRANCOPHONES

de Patrick Niclot

Rencontre avec monsieur Motonobu KASAJIMA, délégué général qui nous fait découvrir quelques facettes de l’organisation administrative du Royaume de Belgique.

Pouvez-vous nous présenter les activités de la Délégation Wallonie-Bruxelles ? La délégation générale Wallonie-Bruxelles est la représentation diplomatique de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, c’està-dire les deux entités qui gèrent les intérêts spécifiques des belges francophones. Les deux gouvernements ont la possibilité de nouer des ententes internationales et d’avoir des représentations diplomatiques à l’étranger. C’est le cas au Maroc vu les intérêts stratégiques et les liens d’amitiés avec ce pays. Mais c’est aussi le cas à Paris, Berlin, LaHaye, Québec, Tunis, Kinshasa ou encore Dakar.

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Je dirige un poste qui a été ouvert il y a vingt ans et qui fait le suivi de nombreux accords bilatéraux entre le Maroc et la Belgique francophone dans les secteurs de l’enseignement supérieur et la recherche, l’économie et l’innovation, l’agriculture, l’éducation, la culture ou encore l’environnement. Le champs d’action est large. Les deux jeunes écoles belges en font d’ailleurs partie puisqu’elles organisent un enseignement de la Fédération Wallonie-Bruxelles en français.

Vos actions sont-elles plutôt à destination des belges résidents au Maroc ou envers les marocains ? Je représente un gouvernement et je m’adresse aux autorités marocaines ainsi qu’à la société civile. Je n’ai pas de compétences consulaires, par contre, je m’assure que les intérêts des Belges francophones sont prises en compte au Maroc. Cela peut être de la coproduction cinématographique, des accords de coopération en terme de politique d’emploi, d’actions communes au niveau international, d’accords entre Universités, écoles, villes ou communes. Un certain nombre d’activités tant au niveau de la coopération, de l’économie que de la culture. Notre présence au Maroc est plurielle. Outre la Délégation générale à Rabat, nous avons un Bureau économique et commercial à Casablanca qui fait la promotion de nos exportations wallonnes au Maroc. Notre agence de coopération APEFE Wallonie-Bruxelles soutient l’entreprenariat féminin au Maroc. Deux écoles belges ont ouverts leurs portes, à Casablanca en 2014 et à Rabat en 2018. Ces écoles sont ouvertes à qui veut suivre un enseignement francophone de qualité, selon les normes et standards de la Fédération Wallonie-Bruxelles et animé par des enseignants qualifiés et tous formés en Belgique. Comme les lycées français et les écoles espagnoles, une large majorité des élèves inscrits sont marocains.

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FRANCOPHONIE

Nous avons une forte population marocaine en Belgique, très dynamique, dont sont issus toute une génération de décideurs. Leaders économiques et scientifiques mais aussi politiques. Jusqu’aux dernières élections qui se sont tenues en mai dernier, le Ministre des Marocains résidents à l’étranger pouvait s’enorgueillir de compter deux ministres et le chef de groupe parlementaire du principal parti d’opposition, tous trois d’origine marocaine en Belgique. Ce sont des personnes qui font le pont avec leur pays d’origine. Comme ça peut être le cas, en France, avec des personnalités comme Rachida Dati. Il y a une attraction particulière de la Belgique envers le Maroc et vice versa. L’autre particularité est le lien culturel entre nos deux communautés. Malgré l’absence d’un centre culturel belge en territoire marocain, je suis surpris à quel point les Marocains que je rencontre connaissent et apprécient nos artistes et notre culture. De nombreux opérateurs marocains invitent régulièrement des artistes belges francophones à se produire au Maroc et nous les y aidons. J’entends régulièrement quelques grands noms, même décédés. Jacques Brel qui reste très apprécié par les Marocains et son lien avec le Sphinx et sa discothèque à Mohammedia où il avait ses habitudes (voir encadré). Stromae qui a donné un des plus beaux concerts que le festival Mawazine ait connu. Amélie Nothomb, Benoît Poelvoorde, François Damiens, et dernièrement Angèle. Nos héros de bande dessinée sont aussi particulièrement appréciés ici. La Délégation générale a d’ailleurs soutenu la création d’un département de bande dessinée à l’Institut des Beaux-Arts de Tétouan. Grâce aux nombreuses master-class animées par des maîtres belges, plusieurs générations de talents marocains ont vu le jour.

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Cela fonctionne bien, et de très belles choses sortent de cette école. Cette année a vu la relance d’une revue sur le modèle du journal de Tintin et Spirou magazine, dans lequel les lauréats et les anciens élèves peuvent publier leurs histoires.

Vos activités ne font-elles pas double emploi avec les compétences de l’Ambassade ? La Délégation générale Wallonie-Bruxelles travaille en parfaite intelligence avec l’Ambassade belge. Les matières et les compétences ne sont d’ailleurs pas les mêmes, même si nous défendons tous les intérêts belges. Le 1e Forum académique Maroc-Wallonie-Bruxelles organisé en novembre 2018 par le Ministère de l’Enseignement supérieur du Maroc et la Délégation générale et qui a réuni tous les Présidents et Recteurs des universités de nos deux communautés en est un bel exemple. La dernière mission économique belge conduite par SAR la Princesse Astrid en est un autre tout aussi remarquable. Leur succès est le reflet d’une bonne complémentarité entre la Délégation générale et l’Ambassade. Enfin, la Délégation générale participe activement au rayonnement de la Belgique au Maroc de par ses actions culturelles et de coopération mais aussi ses écoles. Notre Ambassadeur y est très attentif et je m’en réjouis.

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FRANCOPHONIE

C’est en 1956 que Jacques Brel, encore peu connu en France, découvre le Maroc, lorsqu’il chante aux Arènes de Casablanca. Il y revient en 1959, pour chanter sur la scène du cinéma de l’Agdal à Rabat, puis entreprend une tournée en 1966 qui le mène de Rabat à Casablanca en passant par Meknès. L’endroit auquel on associe, aujourd’hui encore, le souvenir de Jacques Brel est indéniablement le Sphinx à Mohammedia. Cet ancien hôtel conçu par Albert Planque était réputé comme étant la plus prestigieuse maison close d’Afrique du Nord. Le Sphinx devint rapidement l’un des lieux les plus prisés et des plus mythiques de la ville. L’hôtel était fréquenté par de nombreuses personnalités du show-biz et de la politique française. Des célébrités telles qu’Édith Piaf, Marcel Cerdan, Simone de Beauvoir ou encore Maria Callas y arpentaient régulièrement salons et fumoirs. Le Sphinx était l’endroit privilégié de Jacques Brel au Maroc. Le chanteur belge lui a même dédié une chanson intitulée «Jeff», où il évoque ses souvenirs de Madame Andrée, la gérante de l’époque. L’hôtel a d’ailleurs dernièrement rouvert ses portes, après avoir plongé dans quelques décennies d’oubli. Ancien lupanar, l’endroit incarne encore les vestiges de son passé et a ainsi donné le nom de “Madame Andrée” à son restaurant et de “Jeff” à sa boîte de nuit. Autre chanson composée au Maroc, la célèbre «valse à 1000 temps», qu’il aurait écrite en 1960, entre Casablanca et Tanger. Un tempo, dit-on, inspiré par les nombreux virages qui caractérisent cette ancienne route.

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DOSSIER ARTISANAT ET DÉCO

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DOSSIER

L’ORIENT DES MILLE ET UNE DECO

de Patrick Niclot

Le Maroc est une vraie caverne d’Ali-Baba en matière d’ameublement et de décoration mais encore faut-il posséder le sésame pour y avoir accès. Dans ce dossier nous vous invitons à la recherche de ces trésors et surtout comment vous y retrouver dans ce dédale pour les découvrir. Quand on arrive dans un nouveau pays, que ce soit la première ou la dixième expatriation, les émotions et les sentiments sont toujours les mêmes : craintes, angoisses, mêlées d’excitation dans la découverte d’un nouveau pays, d’une culture particulière et surtout de pratiques différentes. La première étape qui consiste à trouver un logement passée, les difficultés vont commencer. Si vous avez toujours vécu dans des pays européens, où les circuits commerciaux sont extrêmement organisés, vous allez être complétement désorientés. Contrairement à ce que vous connaissez il n’y a pas une multitude d’enseignes spécialisées où vous allez trouver en un seul lieu de quoi meubler, équiper et décorer une maison. Au niveau de la distribution, vous trouverez deux catégories de magasins : soit des enseignes luxueuses offrant des produits d’importation, de designers « tendance », avec des prix en rapport, où le verre et l’acier sont souvent prépondérants. Autres catégories, des produits sans aucun caractère et souvent de piètre qualité, principalement originaires d’Asie. Dans un pays connu et reconnu pour le savoir-faire de ses artisans et la richesse de ses ornementations, une question se pose : mais comment fait-on ?

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Tout au long de ce parcours, nous allons vous donner les conseils indispensables pour comprendre le fonctionnement de ces activités. Une organisation corporatiste et spatiale Les artisans marocains sont organisés en corporation. Mais également se regroupent dans un même quartier. Dans les vieilles médinas vous avez le souk des bijoutiers, des tissus, des ferblantiers et tant d’autres. Dans les quartiers modernes, c’est le même système qui est reproduit. Vous verrez lors de vos ballades que certaines rues sont consacrées aux pièces automobiles et d’autres où il n’y a que des sociétés de transports ou des tapissiers. Pour complexifier notre recherche, les artisans exercent souvent dans un anonymat complet. Pas d’enseignes ni de vitrines. Il est courant de trouver des ateliers au fond d’une venelle de la médina, dans le garage d’une maison, en étage dans un immeuble ou même dans des maisons d’habitation comme c’est le cas pour des activités spécifiques aux femmes comme les tapis ou la broderie. Ceci dit, votre quête va pouvoir commencer.

Premier conseil Définissez ce que vous recherchez de manière assez précise – matière, forme, taille – cela vous permettra de trouver le bon artisan. En effet tous ne sont pas capables de réaliser n’importe quelles pièces. Ensuite parlez-en autour de vous pour bénéficier de l’expérience des autres. Deuxième conseil Très important essayer de trouver un guide qui connait les quartiers et qui parle français. Il faut savoir que les artisans connaissent principalement le darija et que la communication ne sera pas facile si vous n’avez pas d’accompagnateur. Pour ma part, j’ai demandé au Maalem Kamal de me fournir les informations pour ce reportage. C’est un artisan extraordinaire que je connais depuis de nombreuses années et qui maitrise avec une égale habileté le bois et le fer ainsi que les différents corps d’état du bâtiment.

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PLÂTRES SCULPTÉS

Appelés « Gebs » les plâtres ciselés composent une grande partie des décors marocains particulièrement dans les palais, mosquées et medersas. Il s’agit d’un artisanat antique et authentique qui fait partie du riche patrimoine marocain. Contrairement au plâtre industriel, celui utilisé pour les plâtres sculptés est un mélange spécial qui a la particularité de mettre beaucoup plus de temps à sécher. Ce long séchage laisse, à l’artisan, le temps de le sculpter et permet d’effectuer finitions et raccords. Traditionnellement, le plâtre est étalé en couches de quelques centimètres d’épaisseur avant d’être sculpté par un maalem. La calligraphie a pris une importance particulière dans les décors muraux et c’est certainement dans le « gebs » qu’elle a trouvé son plus complet épanouissement. La calligraphie est très présente dans les décors en plâtre et se retrouve le plus souvent en frise bordant la partie supérieure des panneaux muraux de zelliges. Autre utilisation, ces petites fenêtres découpées et ciselées dans le plâtre puis incrustées de vitraux les « chemmassiat ». Elles sont destinées à laisser entrer la lumière tout en conservant la fraîcheur. Pour réaliser ce travail, l’artisan coule une plaque de plâtre dans un simple cadre de bois. Lorsque la plaque a durci, il la sculpte. La sculpture est plus profonde et transperce le panneau en de fines dentelles. Les ouvertures ainsi réalisées sont ensuite obturées par des vitres de couleurs vives qui irisent la lumière du soleil comme un feu d’artifice.

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Troisième conseil Aujourd’hui, il existe des fabriques qui produisent en série les décors en plâtre, prêt à poser. Petite particularité, les décors ne sont vendus qu’à des artisans plâtriers et la localisation des fabricants fait l’objet d’une grande discrétion. Selon mon guide, il faut se rendre dans une certaine quincaillerie de Salé où des plâtriers vous montreront des échantillons de décors et effectueront la pose. L’avantage c’est que le coût des chantiers est moins élevé et surtout beaucoup plus rapide. L’inconvénient c’est que vous n’aurez pas un décor unique.

LES MÉTAUX La connaissance de la métallurgie est une étape importante dans l’histoire des sociétés. Les premières traces écrites faisant mention du mot « fer » datent d’environ 1800 ans avant JC. Grâce aux grecs puis aux romains l’usage du fer va se développer et les premières corporations de métalliers, forgerons et ferronniers sont bientôt reconnues partout en Europe et autour de la méditerranée.

LE FER FORGÉ Très malléable, le fer peut être modelé sans avoir à le faire fondre, mais il subit d’importantes altérations au contact de l’eau et des acides. C’est pour cette raison sans doute, que subsistent peu d’objets anciens façonnés en fer alors qu’on en trouve une grande quantité en or, en argent ou en cuivre. Dans la région de Demnate (environ 160 kms d’Ouarzazate) on peut trouver des hauts fourneaux qui remontent à la préhistoire. Au Maroc, le travail du métal est une spécialité depuis le XIV° siècle. Dans la tradition africaine, le travail du métal par le feu était considéré comme œuvre de sorciers. Les hommes en contact avec ces éléments étaient à la fois craints et souvent méprisés. C’est loin d’être le cas de nos « hadada » ou forgerons dont l’utilité fait force de loi jusque dans les campagnes les plus reculées pour fabriquer socs de charrue, pelles, pioches mais aussi harnachements pour mules et chevaux, énormes clous, pentures de portes ou heurtoirs.

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DOSSIER Traditionnellement, l’architecture de l’habitat marocain est tournée vers l’intérieur des maisons et le rôle protecteur des grilles n’y a pas sa raison d’être. On trouve donc ce genre de décors plus particulièrement dans les villes fortement imprégnées de culture portugaise ou espagnole, comme El Jadida ou Essaouira. Influencé par la tradition andalouse, le travail des grilles s’est généralisé aux grandes villes où il prend la place du « moucharabieh » en bois tourné. Le fer forgé est une forme très pure de fer destiné au commerce, il se caractérise par sa faible teneur en carbone mais il est dur, malléable et peut être facilement mélangé à d’autres métaux. Ce fer est utilisé depuis des milliers d’années. Il tire son inspiration des fabrications espagnoles de la colonisation arabe. Les motifs sont d’inspiration arabe, espagnole et portugaise. Les décors de remplissage sont composés de fers en formes de C et de S. On retrouve d’autres éléments en rapport avec les portes de bâtiments : les heurtoirs, les serrures, les pentures, et les “Khomsas” (représentant une main censée protéger du mauvais œil). Le fer, forgé ou découpé, le bronze et le cuivre ciselés, sont fréquemment employés pour l’exécution de ces accessoires de portes. De nos jours le fer forgé est devenu un élément de décoration notamment sous forme de mobilier – salle à manger, lit, salon et canapés. Intégré à d’autres produits, tel que le verre il va donner vie à de nouveaux objets : luminaires, bougeoirs…

Quatrième conseil Plusieurs corporations sont réparties par catégories. Les « Chbabkyas » fabriquent les grilles, les « Znaïdiyas » sont armuriers, les « Jaïbiyas » créent les canons de fusil tandis que les « Qfaïliyas » sont serruriers et les « Rkaïbiyas » équipent les cavaliers. Alors choisissez le bon professionnel.

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DINANDERIE La dinanderie apparaît au Maroc au XIIe siècle. Elle doit sa réputation au sultan Abou Inan Fares, qui commanda pour la mosquée Karaouine de Fès de magnifiques chandeliers en bronze ainsi que des plaques de cuivre pour l’habillage des portes. Les riches familles de l’époque lui emboitèrent le pas et on commença à voir apparaître sur les portes des heurtoirs en bronze, en cuivre et en laiton. À l’origine, les objets fabriqués sont réservés à une certaine élite car les matériaux coutent cher (or, argent, cuivre) et sont destinés à l’apparat pour les grandes réceptions avec des plateaux de présentation, des chandeliers, des théières, des boîtes à thé et sucre, des fontaines et des lustres. Progressivement le métier se démocratise et on voit apparaitre des objets de la vie usuelle beaucoup moins décorés tels que des casseroles, des bassines, des plateaux. Au 20e siècle avec l’industrialisation, ces ustensiles sont à leur tour remplacés par des produits manufacturés bien moins cher. Les artisans retournent alors à leurs premières amours et relancent des gammes de produits décoratifs en utilisant des métaux moins précieux comme l’étain, l’acier, le plomb, le maillechort, l’aluminium ou le ferblanc.

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DOSSIER

LUMINAIRES Produits fascinants fruits du génie et du savoir-faire des Maalems marocains, fabriqués à la main, peints ou décorés, ces luminaires sont de véritables pièces de décoration, avec des styles variés qui s’adaptent à tous types d’intérieurs.

DAMASQUINERIE Originaire de la ville de Damas en Syrie, la damasquinerie, c’est l’art d’incruster dans l’acier ou le fer, des fils d’or, d’argent ou de cuivre qui vont former des dessins. La délicatesse et la beauté de la damasquinerie ont de tous temps été appréciées et réservées aux grands seigneurs d’Europe et du bassin méditerranéen fiers de montrer la richesse des harnachements de leurs chevaux ou de leur armes. Aujourd’hui, la damasquinerie a évolué vers la décoration principalement la fabrication de vases, d’assiettes, bracelets, bagues, brûle-parfums…. Ce métier à progressivement disparu à cause du prix élevé des objets dû au nombre d’heures de travail et au coût les métaux précieux d’incrustation (or et argent). Il reste très peu d’artisans. On en dénombre une petite vingtaine à Meknès, une des dernières villes dans le monde avec Tolède en Espagne où ce métier d’art tente de perdurer.

Cinquième conseil La damasquinerie ne se fait que sur commande. Si vous trouvez des objets offerts à la vente, de deux choses l’une, soit c’est une antiquité, soit c’est un faux, l’or est du laiton et l’argent du plomb !

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LE BOIS Moucharabiehs, portes à double vantaux, plafonds à caissons, frises murales, mobilier… le bois ouvragé est l’une des gloires de l’artisanat marocain. Fès, berceau de l’ébénisterie d’art, a donné au Maroc certains de ses meilleurs artisans. Si cet art à part entière y est toujours largement pratiqué, il est maintenant présent dans les autres villes du Royaume. Les puristes travaillent le cèdre de l’Atlas, au parfum si caractéristique. Dans un premier temps, le bois est débité en planches. Mais, avant de procéder au travail même du matériau, l’ébéniste doit fabriquer les patrons en carton qui serviront à reproduire sur le bois les motifs traditionnels « motamaïn » – dessins géométriques de forme octogonale, « taoureks » - entrelacs floraux, versets du Coran ou ses propres dessins, inspirés de motifs berbères. Les motifs tracés, le bois est patiemment creusé, sculpté, prêt à passer à l’étape du vernissage ou de la peinture. Le bois est omniprésent dans l’habitat marocain bien que ce matériau soit assez onéreux car la production locale est relativement faible et se limite aux essences de cèdre, d’olivier, de thuya ou de citronnier.

LES PLAFONDS Quand on pense décoration et aménagement, on pense d’abord revêtement de sol sophistiqué, peintures ou papier peint élégants, on pense très certainement mobilier, on pense probablement accessoires et lumière. On pense rarement plafond. Si on lui prête un brin d’intérêt, le plafond peut se révéler un élément de décoration à part entière qui va participer à la mise en valeur des autres éléments de la pièce. Au Maroc, le plafond est l’objet de toutes les attentions. Au fil du temps dans tout le Royaume de nombreuses techniques ont donné lieu à des merveilles, des plus rustiques aux plus purement ornementales et raffinées : plafond « tatoui  » en roseaux, « muqarnas » en stuc ou bois, « gueiza » brut ou peint font parties des déclinaisons traditionnelles qu’on retrouve dans les demeures de prestige.

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DOSSIER LE TATAOUI Qu’est-ce que c’est ? Rares sont ceux qui peuvent répondre à cette question. Cette technique ancestrale est passée complétement inaperçue et ne s’est pas développée hors de sa région d’origine, le sud du Maroc. Les architectes de ces régions recouraient, pour la construction, à des ressources strictement locales. Le Tataoui avait un rôle primordial dans l’architecture, il servait à soutenir le toit des habitations sous la forme d’un coffrage couvert de terre damée, le tout constituant une toiture traditionnelle. Avoir un plafond en Tataoui était aussi révélateur du rang social. Signe extérieur de richesse, il était synonyme de “pouvoir” qu’il soit religieux, politique ou celui de l’argent. On construisait en Tataoui dans les kasbahs, les ksours, ou encore les mosquées. Une technique qui évolue Des Plafonds sont réalisés avec des baguettes de laurier ou de roseaux teints qui forment des mosaïques de couleurs à travers des motifs anciens ou modernes. Matériau naturel, le Tataoui pointe son nez et met au goût du jour pour les citadins, une technique très ancienne de construction rurale berbère. Il faut attendre le milieu des années 90 pour que, dans la vague de réhabilitation de l’architecture en terre, on en vienne à le reconnaître comme une technique artistique patrimoniale. Le Tataoui est un assemblage de tiges encore un peu vivantes : les formes et les proportions sont irrégulières. De plus en plus d’architectes d’intérieur lui préfèrent l’harmonie de la rigueur : au lieu de roseaux ou de lauriers, ils commandent des baguettes taillées dans du bois de hêtre parfaitement régulières. On voit même de faux Tataoui en plâtre moulé qui donnent aux plafonds un aspect épuré ou Art Déco.

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LE ZOUAK À Fès, Meknès et Marrakech, il est fréquent d’entendre affirmer qu’une œuvre en bois n’est achevée que lorsqu’elle est peinte. À Marrakech, cette soif de couleurs se porte même sur les « gebs ». Le Zouak, ou peinture sur bois, reste un des caractères les plus affirmés de l’artisanat architectural du Maroc. Les peintres possèdent une dextérité étonnante dans l’exécution des thèmes géométriques ou floraux. Le « tachjir » est un ornement en forme de plante. La présence de ce motif est si répandu qu’on est enclin à y voir l’élément principal du Zouak. Presque tous les motifs portent des noms de plantes ou de fleurs : Tawriq : feuille. arq : racine,. qronfel : œillet. Sousan : basilic. Certains zouaks ont une composition géométrique.

Les procédés Jadis, seule la peinture minérale en poudre était employée. On la mélangeait avec de la colle de peau d’animaux. Les peintures, destinées à décorer un fond ocre, sont à base de jaune d’œuf. Le maalem applique les peintures sur la face à décorer et passe dessus un tampon de poudre colorée. Auparavant, la peinture de fond était le couleur rouge, aujourd’hui c’est plutôt aubergine ou marron. Les artisans confectionnent leurs pinceaux eux- mêmes, en poils de queue d’âne « qadibt el hmar » Les surfaces sont souvent recouvertes de « waraqat es soundous », ou feuille d’or, qui n’est autre qu’une feuille d’étain enduite de résine et de safran. Dans le « tastir » (motif géométrique) le travail de Fès diffère quelque peu de celui pratiqué à Marrakech. À Fès, le « qtib » se compose de sept petits traits parallèles ou dominent le bleu, le jaune et le blanc, À Marrakech, ils ne comportent que trois parallèles dont la couleur principale est le jaune. Une couche de vernis à base d’huile de lin sert de finition pour protéger les décors et donner une patine qui atténue certaines couleurs trop vives. Sixième conseil N’oubliez pas de marchander, vous n’en serez que plus considéré. Le marchandage fait parti de l’acte de vente.

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DOSSIER SALON MAROCAIN Le salon est né dans l’Espagne andalouse (de 711 à 1492), avant l’exode des musulmans d’Espagne vers le Maroc. Depuis, ce mobilier est devenu une des spécialités marocaines. La banquette est, depuis son origine, indissociable du mariage. De quoi se compose le salon marocain? Il y a d’abord les banquettes, appelées « Seddari », composées d’une façade en bois, avec un matelas habillé de tissu. Sur le dessus est rajouté un sur-matelas en mousse. Il y a aussi des coffres d’angle qui servent à faire la jonction entre deux banquettes. L’ensemble est complété par des tables basses ou guéridons, réalisés en général dans le même bois que la façade de la banquette.

De la tradition au Design Aujourd’hui, le salon marocain n’échappe pas aux modèles contemporains et au design. C’est ainsi que, souvent le bois de façade laisse sa place à un revêtement en tissu ou bien à d’autres matériaux plus contemporains. Les motifs s’allègent pour devenir plus discrets. Mais, quelques soient les modifications, le salon traditionnel continue de représenter tout un pan de l’art de vivre marocain. C’est dans le quartier du Mellah que vous trouverez les fabricants de salons marocains.

Septième conseil Vérifiez les devis, les mètres linéaires de bois et surtout le métrage des tissus et le nombre de coussins.

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LES COFFRES Il n’est pas facile de situer l’origine exacte des grandes caisses de bois à usage domestique et de leur attribuer une véritable chronologie en Afrique du nord. Les arabes étaient des nomades et avaient besoin de ces grands coffres soit pour servir de rangement dans leurs habitations, soit pour transporter leurs possessions lors de leurs déplacements. On y logeait tous les objets d’une certaine valeur : vêtements, argent, provisions, armes et bijoux. À cette époque, le mobilier avait pour vocation d’être facilement transportable et surtout fonctionnel. Il se composait essentiellement de coffres, de tapis, de tables basses et de coussins. On défendait l’ouverture de ces coffres à l’aide d’un nœud compliqué, par la suite, on utilisa des serrures métalliques.

Huitième conseil en matière de paiement, l’habitude veut que l’on paie 50% à la commande et le solde à la livraison.

LE TAPIS RBATI Le tissage est l’activité artisanale la plus ancienne du Maroc. Carrefour de civilisation grâce à la diversité ethnique de ses populations – berbère, africaine, arabe – le Maroc a développé des techniques de tissage, quoique souvent originales, très proches de celles issues de l’Asie et de l’Orient. Le tapis royal est le résultat de l’assemblage de plusieurs familles de tapis venant d’orient et de celles déjà présentes au Maroc. On y distingue les murailles, les portes de grands palais, les plafonds décorés, les jardins, les riads ou patios, enfin le tapis parle de lui-même, il est pour tout cela unique en son genre, et garde son prestige princier et royal... Le Tapis royal genre Rabat représente la dernière création en matière de tissage de tapis marocain, 100% laine: chaîne, trame et nœuds, un superbe contraste de couleurs, centré par un bleu roi, avec un médaillon au centre, des arcades sur les bordures inférieures et supérieures. Le médaillon “étoile de Salomon” lui-même centré par le dessin “limouna” ou l’orange, avec un minimum de 160.000 nœuds/ m², le meilleur pour un salon. Synonyme de finesse et de richesse, le tapis de Rabat est l’expression d’un art rarement égalé qui en a fait une référence mondiale, parmi les tapis de laine. Les plus anciens ont valeur de pièces de collection.

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DOSSIER

Rabat a toujours été la capitale du tapis au Maroc. Le tapis de Rabat également fabriqué à Salé s’est fait une réputation égale à celle des tapis d’Orient, et la bourgeoisie marocaine, même lorsqu’elle se détourne des autres objets artisanaux, reste attachée aux tapis. Il y a environ six mille métiers à tisser en activité dans la région, dans les coopératives artisanales, ou chez les particuliers. Le tapis de Rabat est fait par les femmes, au point noué, sur des métiers de haute lisse. Pour un grand tapis, deux ou trois ouvrières peuvent travailler sur un même métier. Elles ont devant elles un modèle sur papier quadrillé. Les laines viennent du Maroc, de France et d’Australie. Dans les coopératives, on utilise un mélange des trois. On travaille avec des brins de deux ou trois fils retordus selon l’épaisseur souhaitée. Les tapis sont classés en quatre qualités, appréciées en fonction de la solidité du tapis et du respect des modèles traditionnels. Plus le point est serré, plus le tapis est résistant, beau et cher. On distingue les qualités : • extra-supérieure : 40/40 ou 160 000 points noués au mètre carré. • supérieure : 30/30 ou 90 000 points noués au mètre carré. • moyenne : 25/25 ou 62 000 points noués au mètre carré. • courante : 20/20 ou 40 000 points noués au mètre carré.

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Les laines brutes sont teintées avec des colorants chimiques, ou achetées déjà teintes. Les laines brutes ont un ton blanc chaud ou crème. Les tapis de Rabat sont de dimension moyenne. Mais on en fabrique également de grandes dimensions jusqu’à dix mètres de long sur sept ou huit de large. Ce sont alors des pièces rares, impressionnantes, véritables parterres colorés et fleuris. Ils ont, dans leur diversité, un style unique et une esthétique spécifique dans la tradition hispano-mauresque que les amateurs reconnaissent immédiatement. Ils sont de dominante rouge à base de cochenille ou de garance. Ils se distinguent des tapis d’Orient par leurs larges surfaces unies parsemées de motifs. Ils n’ont pas le rythme continu, le miroitement, le changement incessant des tapis persans ou des kilims turcs. Au contraire, l’ensemble donne une impression de grande tranquillité. Leur décoration se compose essentiellement d’un motif floral stylisé dans un grand losange central. Les nouveaux modèles sont parfois parsemés de petites fleurs ou de petits animaux colorés. Le tapis est toujours encadré de deux ou trois cadres, bandes dans lesquelles se répètent des motifs apparentés mais pas toujours similaires à ceux du centre. Les tisserands et les revendeurs de tapis ont élu domicile rue des Consuls dans la Médina où vous pourrez choisir taille, motifs et couleurs à votre goût ou éventuellement passer commande d’un tapis spécifique.

Neuvième conseil Chaque jeudi, rue des Consuls, les artisans qui travaillent à leur domicile exposent à même le sol leurs dernières réalisations. Il y a souvent d’excellentes affaires à réaliser et les prix se discutent âprement.

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L’ASSO

AGENDA

Les Matinées : Vivre à Rabat

Le Marché Gourmand La Soirée Rabat Accueil La Marché de Noël

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L'arbre de NoĂŤl

Galette et Voyages... Concours Photo La Nuit des Talents 41


est un créateur de lien social pour la communauté des expatriés francophones à Rabat. L'association propose une multiplicité et une diversité d'interventions qui permettent aux adhérents une intégration réussie au Maroc.

www.rabataccueil.org

RETROUVEZ NOUS, SUIVEZ NOUS, LIKEZ NOUS SUR

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L’ASSO L’accueil

L’ÉQUIPE D’ACCUEIL C’EST QUI ? C’EST QUOI ?

de Camille Cabon

L’équipe Accueil est en charge de tous les nouveaux adhérents de l’association, elle est le premier contact des personnes qui demandent leur inscription ou des infos pour préparer leur arrivée. Comment fait-elle ? Elle communique avec les personnes préinscrites sur internet, afin de les rencontrer pour finaliser leur adhésion. Elle rencontre aussi des gens n’ayant pas fait de préinscription et qui entament donc la démarche en personne lors d’une permanence. Ces permanences ont lieu lors des cafés ou apéros organisés par les contacts de quartier, ou lors d’autres événements organisés par l’association. L’équipe organise aussi des permanences tous les premiers jeudis du mois de 10h à 12h dans un lieu public, Café 7ème Art, Café Renaissance à Hassan, ou autre. Des permanences régulières ont aussi lieu à l’Institut Français. Ce sont des moments privilégiés pour discuter, répondre du mieux possible aux interrogations et accueillir tous ces gens aux profils si différents et enrichissants !

ADHESION@RABATACCUEIL.ORG 43


L’ASSO L’accueil

LES CONTACTS DE QUARTIER LA VIE DE QUARTIER, VOS CONTACTS ET LA NEWSLETTER

de Caroline Houël

Dans la rubrique « s’épanouir » sur le site de Rabat accueil, vous avez un onglet « vie de quartier » qui vous permet d’accéder directement aux activités proposées par votre quartier ou ceux d’à côté. Vous y trouverez également les coordonnées de vos contacts de quartier, n’hésitez pas à les joindre si vous avez besoin d’infos sur l’asso, sur une activité ou pour une question pratique. La petite nouveauté de la rentrée c’est la « newsletter », elle permet à vos contacts de vous proposer des événements de quartier afin de rencontrer vos voisins. C’est une autre façon d’accueillir, en comité restreint, pour plus d’attention. Ces évènements proposés via la newsletter ne sont pas visibles sur le calendrier car ils ne sont pas ouverts à tous c’est donc par retour de mail qu’il faudra manifester votre envie de participer. Si toutefois vous n’êtes pas ou plus dans le quartier concerné merci de nous le faire savoir, afin que nous vous dirigions vers les bonnes infos, à savoir le bon quartier... Nous sommes 24 bénévoles pour faire bouger les quartiers de Rabat, Temara et Kenitra, si vous avez envie d’organiser un évènement chez vous, dites le nous !

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L’ASSO Les projets

LE STAFE KESAKO ?

de Basile Zotos

Notre association a récemment présenté pour l’année 2019-2019 deux projets susceptibles d’obtenir un soutien financier au titre du STAFE. Cela ne vous dit rien et vous avez l’impression qu’on vous parle chinois ? Voici quelques lignes pour se mettre à la page et qui sait… vous donnez envie de participer à l’un de ces projets !

Le STAFE ? C’est à dire ? Un peu d’histoire pour commencer. Jusqu’au 30 juin 2018, les deux assemblées parlementaires française, Sénat et Assemblée nationale, disposaient de crédits dénommés « Réserve parlementaire ». Cette réserve était redistribuée par les parlementaires eux-mêmes aux collectivités ou associations de leur propre circonscription de façon discrétionnaire.. Supprimé à effet du 1er juillet 2018 dans le cadre des lois pour la confiance dans la vie politique, ce dispositif a été remplacé par une dotation au Fonds de développement de la vie associative (FDVA) dont une partie (2 millions d’Euros) est affectée au Soutien au tissu associatif français à l’étranger (STAFE). Quelles associations peuvent solliciter une aide au titre du STAFE ? Les demandes doivent émaner d’associations portant des projets à caractère culturel, éducatif ou socio-économique contribuant au rayonnement de la France ainsi qu’au soutien des Français à l’étranger et des publics francophones (il ne fait guère de doute que cette définition correspond rigoureusement aux buts, missions et ambitions de Rabat Accueil !). La participation du STAFE aux projets retenus. Le projet, documenté et étayé, doit être accompagné d’un budget détaillé. La participation attendue du STAFE ne peut pas excéder 50% de ce budget.

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Les projets présentés par Rabat Accueil La présidente a récemment défendu deux projets portés par l’association :

Premier projet : Organisation d’un Salon des métiers et de l’orientation pour des études en France. Rabat se caractérise par une forte présence de l’école française avec 6 établissements AEFE et de nombreux établissements homologués. Une grande majorité des élèves sortant de ces établissements vont poursuivre leurs études à l’étranger. Actuellement, nous constatons une grande méconnaissance du système d’études en France, et notre projet vise à présenter le panorama des études supérieures en France et à aider les adolescents à préparer leur orientation post-Bac. Le salon se présentera sous forme de séance plénière, de mini-conférences sur les métiers et les filières adaptées, de stands par métiers sur lesquels les visiteurs pourront aller à la rencontre des intervenants, des stands dédiés à l’orientation, d’ateliers. Le coût du projet est évalué à 9 085 €, et l’association a sollicité un financement du STAFE à hauteur de 3 585 € (40 %).

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L’ASSO Les projets Second projet : Collecte d’informations auprès de nos aînés dans le cadre d’un travail de mémoire La relation entre la France et le Maroc est spécifique, chargée d’histoire, de vécu et d’amitié. C’est pourquoi de nombreux Français, nés au Maroc ou ayant des liens avec ce pays ont choisi d’y vivre. Rabat accueille une maison de retraite destinée aux Français. Par ailleurs, il existe à Rabat, Kenitra, Casablanca ou El Jadida une importante population retraitée que l’on appelle couramment les « Français du Maroc ». Ayant pour mission la création de lien social, Rabat Accueil est en relation avec ces personnes. Le projet consiste à rencontrer ces ainés, échanger avec eux et collecter des informations par le biais d’entretiens filmés ou enregistrés autour de thèmes ayant trait à la relation franco-marocaine, et à la façon dont ils s’intègrent dans cette relation. Leurs regards et expériences de vie semblent essentiels et à mettre au crédit de cette relation. Une fois collectés, ces entretiens donneront lieu à la réalisation d’un montage audiovisuel. Celui-ci fera l’objet d’une diffusion élargie par le biais de projections et de conférences, mais également par sa mise en ligne. D’un coût prévisionnel global de 11 034 €, dont 5 538 € susceptibles d’être financés par le STAFE, le projet pourrait être présenté en décembre 2020.

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Et maintenant, la suite… Le STAFE devrait nous faire connaître sa décision en octobre. Si elle est favorable, les projets seront conduits tels qu’ils ont été élaborés. Dans le cas contraire, ou si les financements accordés n’atteignent pas le niveau attendu, nous maintiendrons le cap, en ajustant nos ambitions. En tout état de cause, un appel est lancé aux bénévoles qui voudraient participer à ce challenge, sachant que le calendrier prévisionnel est le suivant : ++ Salon des métiers et de l’orientation pour des études en France : la tenue de ce salon est prévue pour un samedi ou un dimanche en janvier 2020 ; ++ Collecte d’informations auprès de nos aînés dans le cadre d’un travail de mémoire : la préparation aura lieu jusqu’en décembre 2019, les entretiens seront conduits de janvier à mai, puis après un montage réalisé pendant l’été, une présentation avec projection et mise en ligne sera faite en novembre 2020.

TENTÉS ? REJOIGNEZ NOUS !! 49


L’ASSO J’ai testé pour vous...

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE RABAT ACCUEIL ET LA SOIRÉE

de Blandine Pagés

Arrivés en septembre dernier à Rabat, nous avons vécu le 26 mai notre première assemblée générale et soirée de fin d’année de Rabat Accueil, en plein Ramadan ! Une assemblée générale et une soirée de fin d’année, c’est d’abord une bonne dose de préparatifs plusieurs semaines à l’avance par tous les formidables bénévoles de l’association, des plus anciens bien rodés, aux petits nouveaux qui ne savent pas dans quoi ils s’engagent : la décoration, le buffet, les boissons et la recherche de gentils sponsors, prêts à mettre à disposition des éléments indispensables à la réussite de la soirée, telle la tireuse à bière de compétition ! Cette soirée, c’est aussi des préparatifs pour chacun des participants, car ce n’est pas une simple soirée, elle est déguisée…. Et pas question de ne pas jouer le jeu ! Cette année le thème ne nous paraissait pas trop compliqué : vos séries télé préférées. Et puis finalement, au Maroc, on n’est jamais à l’abri de nos surprises…. Il est 15h, l’AG commence dans 4 h, et impossible de trouver un chapeau melon : après avoir parcouru la Medina, les magasins de déguisements, on finit par en trouver un vert chez Marjane, qui avec un coup de cirage devient quasi-noir…. Et nous voilà partis en Chapeau Melon et Bottes de Cuir.

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Accueillis par le capitaine et l’équipage du paquebot Love, dans un décor magnifique, nous sommes impressionnés par le nombre de participants à l’AG, on découvre pourtant que nous ne représentons qu’environ 25% du nombre total d’adhérents… Après une vidéo bien enlevée sur les innombrables événements de l’année organisés par l’association (permettant de découvrir tous ceux que nous avons manqués dans l’année et que l’on se promet de ne pas rater l’année prochaine), et une présentation plus conventionnelle du rapport moral et financier de l’association, nous passons au vote des résolutions, qui recueillent toutes l’unanimité selon une méthode que ne renieraient pas les dictatures africaines, mais qui a le mérite de l’efficacité (nous sommes quand même plus d’une centaine présents à l’AG). Le bureau de l’association est renouvelé, assurant à tous les adhérents la pérennité de l’association et surtout une année prochaine encore riche en accueil de nouveaux arrivants et activités en tous genres…. alors maintenant place à la soirée. Comme c’est le Ramadan, on débute par un ftour, avec tous les classiques locaux et quelques adaptations bien de chez nous : de délicieuses charcuteries « de cochon », un plateau de fromages incroyable et de bons cocktails alcoolisés. Là encore, on imagine les heures passées en coulisse par toutes les petites mains qui ont préparé cette soirée : il a fallu en éplucher des kgs de légumes pour tous les bâtonnets de crudité et en couper des kgs de viande pour confectionner les brochettes ! Dans une ambiance festive et décontractée, on revoit avec plaisir des adhérents que l’on ne croise pas souvent, on fait connaissance avec des nouveaux…. Et on admire les déguisements de chacun (mention spéciale à Luigi). On passe au stand photo pour immortaliser le moment, et puis on danse, on danse, on danse sur le son du DJ préféré de Rabat Accueil, qui sans faille anime les soirées jusqu’au petit matin. Bref, un grand moment de convivialité, avec mille petites attentions qui font que chacun se sent accueilli comme à la maison, en étant chacun loin de chez nous (c’est ça la magie de Rabat Accueil). L’année prochaine, c’est certain, on reviendra !

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L’ASSO J’ai testé pour vous...

LA SOIRÉE DE FIN D’ANNÉE

Catherine et Sébastien vous raconte leur soirée de fin d’année 2019, vous saurez tout, avant pendant et après ! de Catherine Guyon Arrivés en janvier 2018, nous avons souhaité dès le début participer à des rencontres au sein de l’association Rabat Accueil (cafés, ateliers, apéros et enfin soirée de fin d’année ) afin de rencontrer et connaitre de nouvelles personnes. Cette année était donc notre deuxième participation. Nous avions apprécié la soirée “Guinguette” de 2018 et attendions donc avec envie de connaître le thème de cette nouvelle soirée. Quand nous avons appris qu’il s’agissait de “Votre héros de séries TV préféré “, le doute s’est installé. Nous ne regardons plus de séries TV et il ne nous revenait en mémoire que des séries policières. Je suis donc partie à la recherche d’une série avec des costumes bien marqués et en même temps faciles à trouver ou à réaliser avec les moyens du bord. Notre choix s’est porté sur “Chapeau melon et bottes de cuir”. On avait déjà le grand parapluie, le costume pour homme et les bottes. Mais cela ne suffisait pas, nous voulions compléter notre panoplie. Nous voilà donc partis à la recherche d’un chapeau melon : marché aux tissus de Salé et médina de Rabat où nous avons trouvé un veston manquant au costume. Mais il nous manquait encore le chapeau et la date de la soirée approchait. Nous avons fini par le dénicher dans une mini boutique du Megamall. Nous étions fin prêts pour notre soirée !

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Jusqu’au dernier moment, j’ai encore hésité sur la robe ou la jupe à porter pour finalement enfiler un pantalon près du corps. Mon blouson en cuir est également venu compléter la tenue. D’ailleurs il était le bienvenu, la soirée a été fraîche. Au delà du plaisir à chercher les idées et à chiner les déguisements, nous avons adoré découvrir ceux des autres au fil de la soirée. C’était comme un jeu, on se présentait sous le nom des séries. Nous avons apprécié l’organisation de la soirée couplée avec l’assemblée générale, le diaporama de l’AG dans lequel de nombreuses familles ont participé, l’apéro et la bonne charcuterie servie par les jeunes de Rabat Accueil, puis le barbecue, les salades composées, le brillat savarin (découverte d’une nouvelle adresse où nous nous sommes rendus la semaine suivante pour en acheter un), les desserts et enfin la boîte à selfie avec laquelle nous avons pu réaliser nos photos souvenirs et nos photos de groupes de copines. Indéniablement c’est la soirée à ne pas manquer pour passer un merveilleux moment.

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L’ASSO Les coulisses de l’asso

THE NOUVEAU BUREAU

de Karine Arnulf

Vous le savez sans doute puisqu’on vous le répète à tout bout de champ l’association ne fonctionne que grâce aux bénévoles, à leur temps et à leur engagement. Mais concrètement, comment ça marche ? Chaque année en mai, à l’assemblée générale une nouvelle équipe est élue avec pour mission de mettre en musique l’activité de l’association dans la joie et la bonne humeur. Cette année cette équipe compte 11 valeureux bénévoles. Tous différents et pourtant complémentaires. Il y a les créatives avec Alice et Caroline qui sont à la trésorerie. Tout le monde le sait que la comptabilité c’est très créatif comme job ! Vous n’en voyez qu’une seule des deux sur la photo parce que l’autre est au boulot. En effet il est tout à fait possible d’être bénévole dans l’association et d’avoir un emploi en parallèle. De la même façon il est tout à fait possible de faire des allusions lourdes de façon absolument pas discrète. Il y a ceux que vous rencontrez pour les adhésions, Camille et Jean-François. Ils réussissent la gageure de faire des inscriptions le matin, le midi ou le soir mais toujours autour d’un petit déjeuner, d’un déjeuner ou d’un apéro car ceux sont les gourmands du groupe. Pas question d’entamer une réunion sans un petit gâteau pour Jean-François qui risquerait sinon l’hypoglycémie.

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Il y a les super organisés avec Adeline dite Adèle qui gère les ateliers et dont la grande passion est le tableau Excel ! et oui, les goûts les couleurs… Il y a aussi Basile, lui son truc c’est la base de données. Et figurez-vous que lui aussi il aime les tableaux ! C’est lui chaque mois qui fusionne toutes les informations pour nous aider à maintenir le cap. Ne le cherchez pas sur la photo il était parti en vacances. Parce qu’on peut bien sûr être bénévole et profiter de son temps libre. Comme on peut continuer à faire des allusions tout aussi lourde de façon tout aussi peu discrète. Il y a les généreux avec Christine qui à elle toute seule cumule l’organisation des grands événements mensuels et les événements d’action caritative : Le concours photo c’est elle, le marché de Noël c’est encore elle ! Cela dit je crois que nous pourrions aussi mettre dans la catégorie généreux d’autres figures du bureau comme Camille qui outre l’accueil est aussi derrière la lettre hebdo ou comme Adeline, la 2ème… ah oui parce que nous en avons deux au bureau, logique car comme chacun sait Adeline est un prénom courant ! Cette Adeline qui est à la fois au four et au moulin, secrétaire général le jour et wonder woman le reste du temps avec ses power point, l’AG, les matinées des bénévoles... Il y a aussi Isaline qui rentre à la fois dans la catégorie généreuse et organisée puisque c’est elle qui s’occupe des partenariats avec les entreprises et que son job c’est donc de faire en sorte que les entreprises choix généreuse avec l’asso. Il y a aussi Bouchra notre chef de projet qui va cette année s’occuper du guide d’accueil, un peu du salon des métiers un peu du projet mémoire dont on vous parlera au cours de l’année, un peu de l’organisation de la matinée des bénévoles, un peu ou beaucoup de 2000 autres projets mais chut ne dites pas que je vous l’ai dit je ne lui en ai pas encore parlé ! Cela dit ce n’est pas ça qui mettra sa bonne humeur en berne. Il y a bien sûr Karine dont le job consiste à mettre en musique tout ce petit monde, alors même qu’elle n’a pas l’oreille musicale pour deux sous. Vous connaissez maintenant l’équipe du bureau. Chacun d’entre nous gère une équipe et coordonne l’action des autres bénévoles parce qu’il est impossible de tout faire tout seul et que ce n’est pas du tout du tout dans l’esprit de l’asso. Dans l’équipe, certains sont là depuis longtemps d’autres sont arrivés l’année dernière ou même en cours d’année, nous venons d’horizons complètement différents nous ne connaissions pas avant mais on peut vous le dire à la fin de l’année nous sommes généralement inséparables !

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L’ASSO Les coulisses de l’asso

LE GUIDE 3ÈMEÉDITION

Le guide pratique de Rabat Accueil, c’est 300 pages d’infos pour accompagner les nouveaux expatriés entièrement créé par les bénévoles. Il est remis à tous les adhérents au moment de leur adhésion, aux ambassades ainsi qu’aux administrations. C’est aujourd’hui un outil incontournable et précieux pour une bonne installation à Rabat avec ses rubriques : préparer son expatriation, les infos administratives, comment choisir son quartier, se loger, se déplacer, travailler, sortir et aussi tous les bons plans de son carnet d’adresse,… C’est pourquoi il a besoin d’être actualisé tous les 3 ans. Et le projet de mise à jour c’est cette année ! Alors, nous recherchons 8 personnes pour rejoindre l’équipe. La mission commence dès novembre 2019 jusqu'à mars 2020, cela représente 1 rdv tous les 15 jours et une ½ journée par semaine. Qualités requises : être curieux, organisé, avoir le sens critique et être pro actif.

Ça vous intéresse ? alors dites-le nous ! à rabataccueil@gmail.com

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L’ASSO Ça s’est passé à Rabat Accueil ....

LA PIÈCE DE THÉATRE

Recette d’un atelier théâtre réussi: de Muriel Terrat-Fazende INGRÉDIENTS : - 1 quinzaine de volontaires enthousiastes (dotés de familles compréhensives....) - 3 solides techniciens - 1 public chaleureux de 200 personnes (à renouveler)

USTENSILES : - 1 chaudron format scolaire type : salle de réunion ou de musique - 1 malle d’accessoires hétéroclites : vieux vêtements, perruques, chaussures kitch, chapeaux râpés ... - 1 scène pro et accueillante format Malraux - quelques outils contondants - 1 bâton pour taper les trois coups

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TEMPS DE PRÉPARATION : une année scolaire TEMPS DE CUISSON : 2 mois TEMPÉRATURE : chaud bouillant ÉTAPES : 1. Cueillir à maturité une quinzaine de volontaires enthousiastes. 2. Dans un premier temps, les brosser dans le sens du poil, avec beaucoup d’activités récréatives (impros , saynètes, virelangues, relaxation, étirements...). 3. Les faire revenir à feu doux tous les lundis (Si, si !). 4. Rajouter sans relâche des litres de bouillon de texte (fâcheuse tendance à s’évaporersubrepticement). 5. Agrémenter de quelques cuillères à soupe de mise en voix. 6. Ventiler plusieurs mètres cubes de respiration profonde. 7. Répéter, répéter et répéter encore, jusqu’à trouver le geste juste, la bonne cadence et le phrasé limpide. 8. Passer au tamis les hésitations, bégaiements et autres trous de mémoire. 9. Retirer avec précaution les pelures d’ego, sans atteindre le cœur tendre du comédien. 10. En fin de cuisson, ciseler quelques remarques aigre-douces qui poussent entre cour et jardin : mais attention, point trop n’en faut ! 11. Pour pimenter le plat, saupoudrer d’une touche de nuisette et de bas résille. 12. Terminer par une infusion de tensions de tous ordres : émotionnelles, musculaires, et un bon vieux trac des familles. 13. Servir le jour J, sans oublier de faire transpirer le plat sous les feux de la rampe. 14. Déguster sans modération, plusieurs soirs de suite (plus le plat est réchauffé, meilleur il est !) : - les rires du public - les fous rire en coulisse - les applaudissements nourris

Attention toutefois : la consommation excessive de ce plat de choix devient malheureusement rapidement addictive et risque de vous lancer dans une quête effrénée d’autres variantes de cette spécialité.

Soyons tout à fait francs : méfiez-vous des imitations ! Le packaging pourra vous mettre en appétit, la mise en bouche pourra faire illusion, mais serez-vous nourris comme il se doit ? La digestion de la version originale vous rendra heureux et plein d’énergie. Certains consommateurs ont même rapporté des effets très nets de rajeunissement !

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C’est quoi faire du théatre avec Rabat Accueil ?

de Nadia Hijaoui Nadia a participé à l’atelier de théâtre et nous fait partager son expérience et son ressenti.

L’atelier théâtre, c’est un rendez-vous hebdomadaire avec la bonne humeur, la liberté d’être, la permission de laisser la place à toutes nos originalités sans jugement, dans la tolérance, l’accueil et l’encouragement à se lâcher en toute confiance. C’est aussi une formation de qualité (elle a fait ses preuves...) et un encadrement bienveillant dans le respect de nos limites et nos particularités. L’atelier débute toujours par des exercices de relaxation et de respiration qui sont toujours les bienvenus après une journée de travail, d’embouteillages ou d’activités diverses. C’est une aventure amicale exceptionnelle qui crée un lien autour d’un même projet, pour ne pas dire d’un bébé commun. Cela aboutit, en apothéose, à une ou plusieurs représentations où l’on se retrouvent tous dans un travail d’équipe, où chacun apporte ce qu’il sait ou ce qu’il peut et souvent on se dépasse et on s’épate soi-même. Cela se termine par les applaudissements et les félicitations du public : une nourriture testée et approuvée par beaucoup d’autres avant nous , unique et addictive qui nous fait replonger l’année suivante.

Personnellement je LOVE cette activité et je dis MERCI RABAT ACCUEIL. 60


Côté gradins ...

d’Ingrid Doubliez Rien ne va plus Adèle a disparu ! Le village est en émoi ! Et nous, spectateurs, sommes témoins de l’enquête ubuesque menée par les villageois. Une bonne heure de franche rigolade, à écouter et regarder ces acteurs amateurs prendre un plaisir inouï à interpréter la pièce. Du couple de bouchers au commissaire, en passant par le jardinier simplet, tous nous ont donné à voir un spectacle pétillant, truffé de bonnes réparties ! Merci les amis pour ce bon moment !

QUEL TALENT !!!! 61


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LA NUIT DES TALENTS

de Frédéric Galés

Qui n’a pas rêvé de jouer sur scène, sous les feux de la rampe, devant une large foule en délire ? Et oui, c’est possible grâce à la nuit des talents. Rabat Accueil ose y présenter chaque année un groupe de musiciens qui doit se réinventer au fur et à mesure des départs et des arrivées de ses joyeux membres. Au départ, tout a commencé par des rencontres au « Nine », chez Jean-Luc, Mister Bluesman, il y a cinq ou six ans je pense, lors d’un apéro musical. Dans le salon, sur une moquette multicolore, une sono, une batterie, des guitares, une basse, des percus, des lumières, etc. Bref, un petit coin de paradis pour un guitariste chanteur amateur comme moi. Le premier« trio acoustique » s’est formé là, avec Émilie et Maroussia, deux guitares, un œuf ou un tambourin discret de temps en temps et surtout trois voix. Les “band of orphans”, une bande d’orphelins quoi, après tout, nous ne faisions que passer pour quelque temps au Maroc. La structure et le nom ont évolué en fonction de ceux qui restaient et ceux qui nous rejoignaient : Band of Orphans, New Orphans, on simplifie avec Orphans, ou on fusionne avec Rock the Orphans... puis le nom se perd, peu importe, on n’y a pas réfléchi, on est une bande de potes et on se fait plaisir. La scène de la nuit des talents aura vu passer, pour ceux qui ont quitté le Maroc, les Émilie, Maroussia, Jean-Christophe et Bruno, celui qui nous quitte cette année, Arnaud au clavier, au chant et à la guitare électrique et celui qui reste avec moi, William à la basse. Et oui, vous l’avez bien compris, ainsi nous voilà « orphelins », à nouveau, et il va falloir se réinventer, à nouveau. Alors, si vous jouez d’un instrument, guitare, batterie, clavier, harmonica, ... et/ou si vous aimez chanter, tentez votre chance. Le répertoire n’est jamais figé.

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RESTAURANT - COFFEE-SHOP - BAR - LOUNGE Amarré sur le quai de Bouregreg aux pieds de la Kasbah des Oudayas, « Le Dhow » vous propose toute une gamme de services :

Restauration

(ouvert non-stop de midi à minuit)

Pour vos déjeuners , diners, repas d’affaires ou en groupe, venez découvrir nos cartes restauration et snack.

Coffée-Shop

(ouvert de 11h00 à 2h00 du matin)

Sur le pont extérieur pour déguster nos cafés, thés, pâtisseries, glaces, carte « Bistro » et même pour y déjeuner ou diner

Lounge Club

(ouvert de 18h00 à 4h00)

Pour venir passer vos soirées avec nos « Live Band », « DJ », « KARAOKE » et pour vivre nos soirées à thème ou spéciales

Evénementiel (sur mesure) Pour organiser vos expositions, lancement de produits, conférence de Presse, mariage, anniversaire, cocktail, …

Information & Contact Quai de Bouregreg – Avenue Al Marsa – 10000 – RABAT 05 37 70 23 02

reservation@ledhow.com

www.ledhow.com

LeDhowRabat

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LE CONCOURS PHOTO

de Christine Mathieu

En mars 2019, Rabat accueil en partenariat avec la galerie d’Art DAR LOUANE lançait sa première édition du Concours Photo. Celui-ci était ouvert à tous sur le thème de Rabat Salé Kenitra. Une quinzaine de photographes amateurs, adultes ou ados ont joué le jeu et les photographies ont été présentée au public dans la galerie d’Art DAR LOUANE. Les votes ont eu lieu dans une ambiance bonne enfant et cette première expérience de concours photo a été un beau succès. Nous vous proposons un petit retour sous forme de témoignages du Président du Jury et de 3 participants. MILOUDI NOUIGA, Président du Jury Tout d’abord, je tiens à féliciter l’Association RABAT ACCUEIL pour cette idée de concours photos qui a mobilisé la sensibilité de nombreux participants, et qui a montré une image très diversifiée de Rabat. Ce travail d’amateurs était très intéressant par son approche singulière et originale qui a su offrir une vision quelquefois surprenante de la ville. Ainsi, ai-je été en mesure d’apprécier l’enthousiasme qui a animé les organisatrices de cette manifestation, et le rôle qui m’a été donné de présider le Jury en tant que photographe professionnel a été l’occasion de découvrir les motivations qui animent ces amateurs de la photographie. J’espère que cette manifestation sera renouvelée et prendra de l’essor.

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YANN TANGUY, Grand Prix du Jury, photo en couverture. Bel exercice que celui de capter le moment qui vous fera aimer votre nouvelle ville et puis recommencer. Rabat, sa lumière, ses sens et ses couleurs : merveilleux terrain d’exercice. Alors, on cherche, on débusque et on propose. Inch’Allah, et puis divine surprise, même s’Il n’a rien fait, on vous appelle. Et pourquoi pas tous les autres ? Vivement le prochain concours, qu’on se régale de nouvelles « gourmandises rabaties » à mettre en boîte.

ALEXANDER KEBBON, Lauréat 2ème prix décerné par le Public J’ai beaucoup apprécié le concours photo organisé par Rabat Accueil cette année et j’ai trouvé l’ambiance fort sympathique. Le fait d’organiser une exposition dans un riad, de permettre aux jeunes ainsi qu’aux adultes de mettre en avant leur travail et à tous les membres de l’Association de passer un bon moment m’a fortement plu. J’espère néanmoins que le thème de l’année prochaine sera un peu plus intéressant pour plus de défi et encore plus d’amusement ! HELENE COCHENEC, participante Sympa ce concours photo ! J’ai bien aimé le thème même s’il était vaste. Ça permet d’avoir un regard sur la ville, d’observer ce qu’on ne regarde pas forcément… J’ai aimé partager ce moment avec des personnes variées en âge, en émotions… Et la cerise sur le gâteau j’ai pu découvrir ce très chouette lieu d’exposition « D’art Louane » Merci aux organisatrices !!!

Envie de participer au prochain concours photos ? Alors vie à vos appareils ! Le thème du prochain concours photo est le suivant :

“INSTANTANÉS DE VIE À RABAT” 65


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TÉLÉTHON 2019 C’EST REPARTI !

de Julie d’Herbes et Ingrid Doubliez

Julie et Ingrid reviennent sur leur première expérience du téléthon des français de l'étranger. Le 1er décembre 2018, Rabat Accueil a rejoint pour la 1ère fois le téléthon des français à l’étranger. Pour jouer le jeu, nous avons imaginé et organisé une course relais. Plusieurs dizaines de participants (de toutes générations !) se sont retrouvés de 8h à 13 h dans la forêt du Sofitel. Ce fut l’occasion pour ces 70 courageux de courir pour certains, marcher pour d’autres, en famille, entre amis, dans une ambiance chaleureuse et conviviale. Cette rencontre s’est ensuite finalisée par des dons en ligne et une vente de gâteaux afin que tout le monde puisse participer ! Alors si cela vous a plu, si cela vous tente, retenez d’ores et déjà les 6 et 7 décembre 2019, dates du prochain téléthon en France et donc à Rabat ! Un ou des évènements seront organisés, chacun pourra participer à cette belle aventure de solidarité pour les enfants et les familles confrontés à ces maladies génétiques et pour lesquelles la recherche est le seul espoir de guérison : alors à vos baskets !

Vous avez envie de nous rejoindre pour créer un de ces événements, contactez-nous ! 66


B. Smart est une crèche bilingue français-anglais qui accueille des enfants de différentes cultures et nationalités (enfants âgés de 18mois à 4 ans). Nous appliquons la pédagogie américaine dénommée HighScope. Il s’agit d’une pédagogie active centrée sur les intérêts des enfants. Notre espace est conçu pour que l’enfant puisse vivre différentes expériences, apprendre tout en jouant, évoluer dans un environnement positif. Notre structure est dotée d'espaces communs, une aire de sport extérieur et une salle de psychomotricité. B.smart…a nice place to B! B.Smart is a bilingual (French & English) active learning center for early childhood education. We enroll kids from 18 months up to 4 years old. B.Smart is proud to use the HighScope Curriculum. Our space is designed so that children can live different experiences, learn by playing and grow in a positive environment. Our structure has outdoor and indoor spaces for sport and activities. B.smart ... a nice place to B!

Hay Riad Secteur 15, Allée Ouest N°12 - 10100 Rabat - Maroc Tél. : 0537714074 Mail : contact@crechebeesmart.com - www.crechebeesmart.com

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L’ASSO Partenariat solidaire

PÔLE ACTION SOLIDAIRE

de Christine Mathieu

Grace aux différentes actions menées ces derniers mois, nous avons pu procéder à la remise de quatre dons :

- à l'Association SABLE ET CAHIER : l'achat de fournitures scolaires d'une valeur de 1000 dhs récoltés lors de la vente de sacs à bouteilles et porte tartes.

Encore merci Sylvie et Séverine !

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SABLE ET CAHIER ENSEIGNER MOTIVER PARTAGER SOUTENIR LES ENFANTS DE SKHIRAT L’Association SABLE ET CAHIER à but non lucratif, fondée en 2017, a pour but d’enseigner le français aux enfants des populations défavorisées de Skhirat. La maîtrise du français représente une opportunité à offrir aux enfants pour un avenir meilleur. SABLE ET CAHIER est aussi un espace d’échange, de jeu et d’ouverture sur le monde. L’accès aux cours est gratuit et ouvert à tous les enfants entre 5 et 12 ans. Une équipe de 5 enseignantes bénévoles assure les cours chaque semaine, 3 nouvelles enseignantes nous ont rejoints cette année Les enfants sont scolarisés dans le système scolaire marocain sur des demi-journées comme toujours en zone rurale. Sable et Cahier intervient sur les 1/2 journées libres des écoliers. Nous proposons 5 plages horaires sur 3 jours, par âges et groupes de niveaux.

QUELS SONT NOS BESOINS ? Nos besoins sont essentiellement des besoins en matériel pédagogique et fournitures scolaires. Nous souhaitons pouvoir offrir un cartable à chaque enfant, équipé de crayons et papeterie. Nous manquons de crayons, de cahiers, de livres à proposer à la lecture… Une aide financière nous permettrait de fournir à tous les enfants le minimum nécessaire qui leur manque pour travailler. Certains sont toujours dépourvus de fournitures scolaires. SABLE ET CAHIER défend la cause des enfants, agit pour davantage d’égalité des chances dans le respect de l’autre, des cultures et de la mixité. Nous croyons dans le potentiel des enfants, nous motivons par une pédagogie ludique et basée sur l’interactivité orale, le jeu, le dessin et l’échange.

AIDEZ-NOUS A CONCRETISER NOS PROJETS ! SABLE.CAHIER@GMAIL.COM

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L’ASSO Partenariat solidaire - à l’Association AWEM la belle somme de 6 660 dhs et à l’Association AMEHS celle de 2500 dhs, le montant total de 9160 dhs ayant été récolté lors de la loterie du 15 juin dernier. L’AWEM a été créée en Février 2013 à Rabat pour venir essentiellement en aide aux populations migrantes vulnérables, améliorer leur intégration et insertion professionnelle au Maroc. Plus de 650 personnes ont déjà été accompagnés par les Coordinations de Rabat, de Casablanca et de Tanger. Le don va permettre d’acquérir notamment des lits superposés. L’AMEHS est Association Marocaine pour le Soutien des Enfants Handicapés Moteurs Scolarisés. Ce don permettra de faciliter l’accès à l’école pour des enfants handicapés, notamment par l’achat de fauteuils roulants. - à l’Association AMINO un don d’une valeur de 2 000 dhs. Cette association met à la disposition de personnes défavorisées, hommes et femmes, qui bénéficient de soins en oncologie en ambulatoire, une chambre, un repas et une douche.

Le Pôle Actions Solidaires a pour but de : - Vous faire connaître des associations caritatives (Rabat et environs). Si vous souhaitez vous investir en temps ou en compétences, vous saurez trouver facilement les associations qui ont besoin de vous. - Collecter des dons en nature et les redistribuer en fonction des besoins. - Organiser des évènements au profit de ces associations (ex : café solidaire, loto, visites, …) En bref, permettre à tout adhérent désireux de s’investir localement de pouvoir le faire facilement et en toute confiance. Vous avez du temps libre, des idées … et envie de les mettre au service d’une belle cause, d’actions concrètes, au sein d’une équipe engagée ?

Rejoignez nous ! actionsolidaire@rabataccueil.org

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UN AUTRE REGARD

DEUX ANNÉES CHEZ LES MAROCAINS

de Pascal Charles

Marie et Julien arrivent et s’installent au Maroc. Tout un programme, voire toute une belle aventure. Le départ : Chérie, ça y est. C’est officiel …ce sera le Maroc …Rabat ! Waouwww ! Pour une première expatriation, c’est chaud, non ? Naaaaannnnnnnnnnnn !!! Tout le monde me dit que ça va être hyper-cool ! Et pourquoi à Rabat et pas à la capitale Casablanca ? Chais pas ! Je vais demander demain. Et c’est comme ça que mon mari m’a annoncé notre départ. Dans 3 mois, nous partons, et je ne savais même pas que Rabat était la capitale…ni Julien d’ailleurs. Julien, c’est mon mari… et moi, c’est Marie, comme ça, les présentations sont faites. Il s’est renseigné…ben non, Casablanca n’est pas la capitale, et c’est bel et bien Rabat qui a ce titre. Dans 3 mois, adieux Parisiennes et Parisiens, je serai R’batia et lui, R’bati... Dans 3 mois, nous serons de l’autre côté de la Méditerranée. Dans 3 mois, j’aurai abandonné mon fils à sa propre vie…Ok, il a 35 ans, ça devrait aller. Surtout qu’il est marié…mais, ça va être un peu dur quand même. Et comme dit, Gaêtan, le grand copain de Julien : « Gibraltar-Tanger, 14 kilomètres de traversée… mais des milliers de kilomètres de différences culturelles. En route.

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L’arrivée et les premières démarches : Finalement, 3 mois, ce ne sont que quelques 90 jours…ça passe vite…le temps de se renseigner sur notre prochain pays, de laisser appartement et meubles entre bonnes mains…et voilà que nous avons quitté la mère Patrie, et même arrivés en territoire inconnu ! Serons-nous bien accueillis ? Vivent-ils comme nous ? Mangent-ils comme nous ? Les routes sont-elles goudronnées ? L’avenir nous le dira, gardons confiance malgré la petite angoisse qui me met la boule au ventre. Je regarde le site de ministère des affaires étrangères …. Maroc en vert… La chance ! La société de Julien nous a trouvé un appartement à Agdal. Mon mari l’a visité avant moi car il est parti quelques jours avant le grand déménagement. 145m2, une paille ! Juste le double de notre boite d’allumettes parisienne…avec en bonus, une grande terrasse ensoleillée. D’ailleurs, pleut-il dans ce pays ? Sur la carte, j’ai vu beaucoup de zone en jaune… désert ? Garde confiance, me dis-je encore une fois. Agdal, on arrive ! On m’a dit que Agdal voulait dire « jardin » en langage local. Et ben voilà, je tiens mon premier mot ! Je suis arrivée hier et le camion, lui, ce sera dans quelques jours. En attendant, un petit séjour au Dar Ars Una en pleine Médina, tenu par un français. Entre parenthèses, 2 mots de plus dans mon dictionnaire perso : « Dar » la maison et « M’dina » pour le centre-ville dans la muraille. Julien y habite depuis son arrivée. Sympa, quand il a vu mon état de dépaysement, Jean-Philippe, notre hôte, nous parle d’une association qui peut nous aider dans nos démarches, à créer du lien (créer du lien ? Faudra que j’approfondisse ce sujet !). Rabat Accueil, qu’elle s’appelle…ben j’irai voir ce que ça dit.

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UN AUTRE REGARD

Ce matin, nous avons signé le bail pour l’appartement. Et donc, première approche de l’administration marocaine. Il nous a fallu légaliser le bail. Légaliser ? c’est quoi ? Ben, c’est juste mettre un tampon sur la feuille à un bureau, puis le faire signer dans un autre. Le tout en faisant la queue anarchique et de jouer à passe-moi devant et mets -toi derrière pour accéder au graal des cachets et des paraphes. La même chose en France et c’est l’émeute. Ici, c’est juste du pousse-pousse avec des sourires. En attendant, la femme de notre gardien d’immeuble s’est proposée pour devenir notre employée. Cool, au vu du tarif, je peux me permettre de la faire travailler tout un mi-temps. Pour la première fois de ma vie, je vais pouvoir penser à autre chose qu’au rangement, à la lessive et au ménage. C’est top. Le petit bémol est que Khadija parle très peu le français. Pas grave, je vais apprendre le Darija (C’est le marocain populaire. Il semble qu’il y ait autant de Darija que de villes, provinces ou pays. En revanche, hop, un quatrième mot d’appris !). Ça ne devrait pas être trop difficile à apprendre, non ? En 2 jours, je sais déjà dire Dar, Darija, Agdal et M’dina…. Maintenant, il va falloir que j’organise notre installation. Je risque d’être un peu seule vu que Julien est déjà à 200% sur son projet professionnel. A traiter au plus vite : électricité, gaz, internet, téléphone et télévision. Driss, le mari de Khadija m’a accompagné jusque chez Redal, l’EDF de Rabat, pour ouvrir les abonnements à l’eau et à l’électricité. Il ne parle pas bien le français mais coté Darija et débrouilles, il a ce qu’il faut. En 3 coups de cuillères à pot, l’abonnement est déclenché et la lumière est. En route pour le gaz. Un simple coup de fil à Afriquia Gaz (y en a d’autres !), et hop, la bouteille est livrée en moins de 2 heures, et le tout à un tarif défiant toute concurrence, surtout française. Pour le téléphone, c’est plus difficile. Lequel choisir ? France…pardon…Maroc Telecom, Inwi ou Orange. J’en parlerai à mon mari ce soir. Tarifs, avantages et inconvénients, c’est bien lui qui saura décider. Idem pour la télévision, un boitier, une parabole ou par internet direct, il trouvera la meilleure solution. Dans tous les cas, il sera content, car pour bien moins cher qu’en France, nous aurons toutes, absolument toutes les chaines françaises. Et quand j’ai demandé si c’était légal, on m’a répondu : « Ben, c’est pas illégal ! ».

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A table : En France, je cuisinais à l’électrique, mais ici on m’a dit que ça coûtait « bonbon », alors direction Electro Planète pour une bonne gazinière des familles. Livraison dans 3 jours … ou 4…ou peut-être un peu plus…On verra. En attendant, « ventre creux n’ayant pas d’oreilles », nous nous régalons de couscous, tagines et autres R’fissa (tiens, bizarre que cet excellent plat n’ait pratiquement pas traversé la Méditerranée) font taire nos estomacs affamés…ou même vont lui faire prendre quelques ampleurs. Pour « 3 francs, 6 sous », on peut se régaler facilement de plats locaux. Que ce soit chez notre hôte le soir ou dans n’importe quel restaurant, du plus chic au plus simple et inversement, la gamme de ces 3 plats nationaux est très étendue…On reviendra au steak-frites-salade plus tard. Dans 3 jours (ou 4…ou plus !), on va se remettre aux fourneaux. Mais où acheter ? Je me renseigne autour de moi, chez les Français en place et le voisinage marocain. Plusieurs solutions se dessinent : + Dépannage et pas cher : Le magasin du coin, ouverte 25h/24. Pas cher, parfois même moins que les grandes surfaces… et pour les jus de fruits, surtout ne pas hésiter, il existe toujours une boutique de fruits où l’on trouvera d’excellents jus tout frais pressés, + Le marché, roi de l’Afrique. On peut en trouver, d’après les dires de tout un chacun, de et pour tous les goûts, + Akkari pour les olives, légumes et poissons,

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UN AUTRE REGARD

+ Le Marché Central, près de la M’dina, pour poissons et fruits de mer, + Le marché paysan Bio du samedi matin (en face d’une mosquée qui s’appellerait Soukeina ou quelque chose comme ça), chez Irène la Sicilienne et Mohamed le Marocain le tout en « Bio ». Hmmmm, je sens qu’on va se régaler.

+ Les domaines du Roi, tout à côté de cette même mosquée ; plus cher mais très correct me dit-on. Et un des rares magasins où l’on trouve une excellente viande de veau, + Et pour viandes et autres, (je dis bien autres car je viens d’apprendre que viande=bœuf hé oui, brochettes de viande, couscous à la viande, c’est avec du bœuf et pas autre chose). Le choix s’étend : Entre le Porcelet Gourmand (Juste à côté de chez moi – porc, poulets, canards, viandes et autres), la seule boucherie porcine de Rabat, La boucherie Total (hé oui, à la station essence !), route de Zaërs, La boucherie du Carrefour Gourmet… Oui, oui, il y a des grandes surfaces ici…Plein de Carrefour Market, Marjane, la grande surface marocaine et déjà cité, le Carrefour Gourmet si « tu as la nostalgie des produits français, entre autres », + Quant aux alcools, il n’y en a pas ici…enfin si…mais parfois un peu caché… On m’a dit que pour Ramadan, il fallait faire une provision avant. Sinon, blague à part, j’en ai trouvé à Carrefour, chez Nicolas, à Agdal dans un magasin « Les vignes de l’Agdal », et même au marché central.

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Un mois déjà : Finalement, nous avons opté pour Mohamed le menuisier. Nous avons longtemps hésité entre les artisans d’Oulja et lui. D’avis en avis, c’est l’avantage d’être là depuis un mois (quelle ancienneté !), on commence à discuter par ci et par là et à se faire une idée sur la question. Nous avons eu un peu peur des délais de livraisons de Oulja et Mohamed semblait bien connaitre notre immeuble et son gardien. Ça compte beaucoup ici. Et c’est parti pour un meuble télé, 2 armoires de salle à manger, 1 lit et ses tables du même nom… la première livraison s’est faite hier. Folklorique mais efficace. La commande déjà...pas triste d’apprendre les négociations. On ose, on n’ose pas… et on s’aperçoit que ca fait partie du jeu, que c’est un sport national alors on s’y jette. Doucement d’abord…, et puis on se croirait presque dans un bureau de traders. « Combien ? Hein ? Quoi ? Non, plus bas le prix !!!! Oui, je sais qu’il faut nourrir ta famille… « Et puis, ok, on y va. Mais promis que tu me livres dans 2 semaines ! Un petit café Mohamed ? Dur d’avoir une conversation car il est d’une gentillesse aussi inouïe que son français est inexistant. Cela dit, au bout d’un mois, je n’ai guère fait d’effort en Darija, hormis un salam aleikoum et un choukrane que j’ai du mal à garder en tête. Mais on finit toujours par y arriver et je comprends enfin qu’il veut me faire un petit cadeau. Ce sera une étagère pour remplacer l’ancienne de la cuisine. Puis la livraison précédée d’un appel pour le rendez-vous. Extraordinaire, il me téléphone et me dit qu’il est prêt un jour en avance. Comme quoi ! Pour fixer l’heure, ce fut encore un beau parcours. Comment dit-on 9h ½ en Darija ??? Je finis par comprendre que demain, c’est Redda…mais pour le reste, on verra.... « Redda ».

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UN AUTRE REGARD

Et le lendemain vers 10h (finalement, juste une ½ de retard, c’est pas mal), ding-dong… et les premiers meubles apparaissent…en pièces détachées…oupsss ! Affolement malgré les sourires de Mohamed. « Ton mari…perceuse » L’affolement se transforme en panique… il n’a pas d’outil et les meubles sont là en mode puzzle sur le carrelage ! « Oui, oui ! » m’effraie-je. Perceuse et forets sortis, le travail commence… Petit à petit, l’ensemble s’assemble. Pour du bois, c’est bien du bois. Le contreplaqué n’a qu’à bien se tenir. Exactement ce que nous voulions, du bon bois brut bien solide. Je suis épaté du résultat. J’en téléphone ma satisfaction à Julien qui est en pleine réunion mais ça vaut le coup. Si notre ami menuisier continue d’être aussi énergique, la commande d’un bureau et d’étagères à livres va être rapidement actée. Allez hop, du coup, ce soir restaurant pour fêter le montage bien fait et les frayeurs redescendues. Direction El Bahia en bordure de Médina. Simple et bon, et bien pour y découvrir la cuisine locale. Et, je ne vous avais pas dit mais côté prix, ce qui me semblait cher sur le moment m’apparait bon marché quand j’ai comparé avec le prix des meubles en bois brut en France… mais, au fond de moi, je me dis que j’aurais pu négocier un « chouia » plus (et hop, je vous ai glissé le dernier mot appris. Celui-là tout le monde le connait, même en France).

Petits moments au calme: Chouette, le restaurant hier soir avec Julien. La cavalcade pour l’ameublement semble avoir trouvé son rythme et notre petit moment tous les deux nous a fait beaucoup de bien. Des instants qui ont permis d’apprécier tous les progrès fais dans notre installation. Pas toujours facile même si parfois notre culture impatiente nous pousse à nous stresser un peu.

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Côté restaurant, je m‘aperçois que, contrairement à mes idées plus que reçues, un restaurant au Maroc n’est pas qu’un couscoussier géant ou un tajine à répétitions. Des salades en tout genre (mes préférences vont vers celle à la citrouille confite ou encore le zaalouk d’aubergines, avec l’inévitable salade marocaine - tomates, oignons, citrons avec parfois un peu de poivrons – le tout coupé en minuscules dés vous aiguillent sur poissons grillés (Hmmm, ces fritures !), ou encore viandes grillées au feu de bois, et même pizzas, crêpes et pâtes. Ok, je n’ai encore trouvé ni choucroutes, ni cassoulets… Et pour terminer, les becs sucrés que nous sommes foncent tout droit sur la salade d’oranges à la cannelle, les yaourts maison, ou mieux (pire pour la ligne !) sur les innombrables pâtisseries miel ou amandes… Et je ne parle pas de la glace au chocolat de chez Oliveri, le glacier réputé de Rabat. Et demain, mon mari ne travaillant pas, en route pour le souk (et voilà, un autre mot : al soukr !)

Al soukr : Plus simple de prendre le petit taxi pour aller au souk. 15 dirhams et nous voilà au pied du marché central sans avoir à y chercher une place de parking, denrée rare dans ce coin-là. Nous ne sommes qu’à quelques 200 mètres de l’entrée des rues marchandes. La première fois, nous nous sommes un peu égarés mais, maintenant, avec notre mois d’ancienneté, on ne se perd plus (ou presque plus). Et au cas où, il y aura toujours quelqu’un pour nous aider. Au tout début, j’étais un peu angoissée et oppressée par tout ce monde qui se presse, se bouscule, crie, discute. Et puis, on s’y fait, on comprend vite qu’il ne faut pas se mettre à laisser passer un tel, ne pas bousculer une telle mais qu’il faut avancer au rythme de la foule, se laisser porter et ne pas hésiter à s’arrêter quand vous le souhaitez. A Rabat, comme ailleurs, le souk se répartit en corps de métier la plupart du temps. Celui des babouches et du cuir, celui des bijoutiers ou des tapis pour finir.

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UN AUTRE REGARD D’un seul coup, d’un seul, vous vous retrouvez en face du fleuve Bouregreg et vous vous apercevez que ça fait une heure que vous marchez, parfois piétinez en cas d’embouteillages. Le temps a passé vite, votre porte-monnaie s’est vidé de quelques dirhams ou plus, votre estomac s’est rempli d’un jus d’orange, de citron ou de canne à sucre, et suivant les périodes de jus de grenade ou de pamplemousse. Nous n’avons pas encore pu tester le tout mais ça va venir nous assurent nos premiers amis. En revanche, nous avons pu constater que certains marchands commencent à nous reconnaitre. Hier, rue des Consuls, notre marchand de boites en tuyas et citronnier préféré nous a invité à boire le thé. Et non, ce n’est pas une légende, partager le thé est une vraie tradition. Le bijoutier nous a fait promettre de le boire avec lui, la prochaine fois. Des amis ont déjà mangé une R’fissa chez un artisan potier d’Oulja. Et dans leur atelier derrière la boutique, ils nous ont dit avoir passé de vrais instants de partage, même si les artisans ne parlaient quasiment pas le français. Tiens, ça me fait penser que j’ai mon premier cours de Darija dans 2 jours. On va voir ce qu’on va voir ! Je vais pouvoir enfin me faire mieux comprendre.

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Darija ? facile !!! : Bon, c’est pas gagné… 4 fois 2h, 1 mois de passé et je comprends maintenant pourquoi ce n’est pas facile pour Khadija, Driss et les autres de parler le français au vu de ce que je parle et comprend en darija. C’est déjà une avancée, non ? Parce que de mon côté, j’ai l’impression que je fais du sur place. De droite à gauche, lire un alphabet inconnu dans mon bataillon de neurones me plonge dans des abîmes de perplexes réflexions. Mais, patience et longueur de temps faisant plus que force ni que rage, Comme disait Jean, je vais y arriver. Soyons optimistes, je sais maintenant compter jusque 10 : wa7ed, juj, tlata, rb3a, khamsa, stta, sb3a, tmania, tseud, 3chra…oui, oui, ce ne sont pas des fautes de frappes, il y a des chiffres dans les mots pour certains sons qui n’ont pas de correspondance en phonétique. Si vous voulez atteindre mon niveau d’excellent débutant optimiste, allez vite prendre quelques cours. C’est intéressant, ne serait-ce que, comme je l’ai déjà écrit plus haut, pour comprendre la difficulté que peuvent rencontrer nos amis et collègues Marocains qui doivent parler Français. Semaine prochaine, le cours sera sur les mots utiles au marché ! Ça va être top ! Et promis-juré qu’à partir de maintenant je serai plus indulgente sur le français des Marocains !

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UN AUTRE REGARD

Les produits locaux : Fin octobre. 3 mois maintenant. Je suis dans une passe un peu difficile. Les premières pluies, salvatrices pour le Maroc et son agriculture, sont dévastatrices pour mon moral. Pour Julien, tout baigne. Il est bien pris par son boulot, mais moi, je tourne un peu en rond. Je vais participer à quelques ateliers et sorties de Rabat-Accueil. Bon pour le moral et bon pour mon intégration. Côté vie de tous les jours, les automatismes arrivent. J’adore plus particulièrement ce petit marché bio du samedi matin. Hormis la viande, nous pouvons nous approvisionner pour la semaine en produits frais, bio et locaux. La surprise a été la présence d’un marchand-producteur de champignons qui est devenu mon « champignonnier » (Ce n’est pas du darija, c’est juste un mot que j’ai inventé ! Jamais, nous n’aurions cru que cèpes, girolles, trompettes, pieds de bœufs et même morilles (fraiches et sèches – pas en même temps, bien sûr) fassent partie du paysage marocain. Et pourtant si ! Ça vient du coté de Meknès pour ceux qui connaissent. De vrais délices en omelettes ou en fricassées avec les herbes achetées sur place. Sans oublier Bernard, le petit fromager d’Azrou (Qui nous a dit avoir, aussi, des cerises noires en Juin-Juillet) avec ses chèvres frais ou affinés, ses faisselles (faut arriver de bonne heure pour en avoir !) et autre camembert de chèvre.

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Pour yaourts et beurre, voir la gentille dame d’en face Bernard. Et les légumes et les fruits, à consommer sans modération, comme le dit l’expression. On y trouve de tout saison après saison (je vais vite m’en rendre compte). On pourra même trouver des endives locales au cœur de l’hiver. Il y aussi la dame qui fait des produits séchés (raisins, figues, tomates), des herbes fraiches, des olives. Et un peu partout, des œufs…de poule, de dinde, et même d’oie. Ceux-là sont un vrai régal. Au plat avec un peu d’ail grillé sur le jaune (immense et onctueux, le jaune) et en route pour le paradis gustatif. En semaine, je vais plutôt chez Irène et Mohamed. En plus de très bons fruits et légumes, j’y trouve aussi d’excellentes crèmes caramel maison et de succulentes glaces (à tester, celle au chocolat Gianduja) et d’autres produits finis encore tels confitures et sauces tomates. Pour tout ce qui est argan et compagnie, direction la rue des Consuls en Médina.

L’hiver arrive : Fin novembre ! Chauffage ? hein ? Quoi ? Quel chauffage ? Il ne fait pas encore froid mais le soir, on se dit qu’un peu de chauffage nous rassénérerait (ça, c’est un verbe que je ne sais pas dire en Darija !) De plus, l’humidité nous donne une sensation de plus froid. Et bien sûr pas de chauffage central ici. On en trouve très rarement. La solution ultime : Le chauffage à gaz ambulant et le « déshumidificateur ». Une heure du fameux déshumidificateur dans chaque pièce et le taux élevé d’humidité passe rapidement de plus de 90% à 55-60%. Meubles et habits remercient ladite miraculeuse machine. Il faut bien dire que l’Océan est à peine à 2km à vol d’oiseau de chez nous. Ensuite le gaz à roulette et ça tempère vraiment bien l’appartement. Et, cerise sur le gâteau, nous avons, en plus, la cheminée au salon. Agréables soirées, affalés devant la télévision, accompagnés d’un feu salvateur. Testé et garanti depuis une semaine. Jamais regardé autant de films et de séries depuis que le bel âtre crépite à nos côtés. Et ici, facile de trouver du bois. Julien en a trouvé Quartier Océan à 1 dirham ou 1.5 dirham le kg en fonction du bois. Pas la peine de se priver d’un bon crépitement bien chaud à ce tarif-là. Et comme j’ai trouvé des châtaignes chez Carrefour, voilà que la vie devient très vite bien belle. N’oubliez pas de bien ramoner votre cheminée tous les ans.

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UN AUTRE REGARD Noel, premier retour en France : Noël et Nouvel An approchent. Nous allons essayer de trouver des cadeaux pas trop chers et typiques pour que cette fête de fin d’année ne se transforme pas en fête de fin damnée (Jeux de mots minables de mon mari, mais je suis habituée). Julien a pu enfin avoir quelques jours et nous allons partir pour la France revoir le fiston, la famille et les amis. 1er retour attendu avec impatience même si, après un passage à vide en novembre, le moral est bien là et la joie d’être à Rabat augmente de jour en jour. Une razzia (à noter, ce mot arabe !) de gâteaux locaux aux amandes, miel et autre sésame, quelques kilos d’olives de toutes sortes, les citrons confits, le Nutella marocain bien sûr, avec le traditionnel amlou à base d’argan et de miel, des savons, des huiles cosmétiques à l’argan. Tout ça se trouve dans la Médina ou parfois dans des boutiques un peu plus « luxe » telle que Apia ou la coopérative Yacoub vers la kasbah des Oudayas (A noter, kasbah, 1 de plus !). Encore une fois, de superbes produits, parfois même bio à des prix très abordables. J’ai déjà acheté tout un tas de petits cadeaux réalisés par les artisans de la rue des Consuls ou du souk (boites et plateaux en tuyas, petits bijoux en argent, châles, des pochettes et même des djellabas). Avec tout ça, nous avons pris un bagage supplémentaire. Mais quel plaisir ça va être d’offrir toutes ces petites merveilles. Quant à Noël ici, surprise ! Nous qui croyions que cette fête serait snobée par les Marocains ! Ben non, au contraire. Des sapins dans les vitrines, un grand rayon dédié à toutes les décorations possibles et autres guirlandes imaginables. Avec un parterre de Marocains qui fait emplette de tous ces objets. Et autre surprise quand Adil, un collègue de Julien, est passé à la maison et nous a nommé tous les personnages de la crèche ! Bon, revenons à nos moutons, (pas ceux de la crèche, ni de l’Aïd, hein !). Ça va faire du bien malgré tout de venir se ressourcer au pays.

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Ces chers amis du printemps : Après s’être rassasiés de fromage, requinqués au steak tartare et hydratés au bon vin bien de chez nous, retour au bled. Et bien finalement, tristes d’être repartis de France mais contents aussi de réintégrer nos pénates marocains. Ces quelques jours nous ont permis : 1 – de prendre quelques grammes, voire plus, s’ajoutant à ceux déjà pris à coup de couscous et autres tajines, 2 – de s’apercevoir, que finalement, la France, c’est bien mais c’est cher, 3 – de constater que le fait d’apprécier notre vie au Maroc a donné envie à familles et amis de venir jeter un œil sur cette contrée lointaine. Et ça nous remplit de joie, surtout que notre fils et sa femme vont aussi venir. Les dates sont prises. Avril, Mai, Juin vont être optimisés. Les programmes, visites et autres sorties sont prêtes, actées et validées par les participants. Pour le fils, ce sera Marrakech, traversée de l’Atlas, Ouarzazate et ses studios, la vallée du Drâ et le désert.

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UN AUTRE REGARD

Pour d’autres ce sera le Nord avec Tanger, Chefchaouen en redescendant par Fès, Volubilis et Meknès. Pour d’autres, nous resterons sur Rabat. Beaucoup de balades à faire dans cette ville. Le Chellah, son mausolée et ses cigognes, la kasbah des Oudayas, son bleu, sa terrasse et son thé en bord de Bouregreg, l’esplanade de la Tour Hassan et le mausolée des rois mérinides (bon, je ne vais pas vous faire l’histoire marocaine, mais ici aussi il y a des dynasties, un peu comme nos mérovingiens, carolingiens et la suite). Nous pouvons y ajouter la visite de la M’dina de Salé (La ville !) avec Mohamed, guide haut en couleur à la vitesse diction inénarrable (Je pense qu’il détient le record du monde de la spécialité !). Pour aller à Salé, voitures ou trams sont possible, mais, si vous souhaitez un voyage typique et nostalgique, embarquez dans une barque à pêcheur (Tout près du grand voilier, le Dow). Succès garanti. Et quitte à être sur Salé, visite du jardin botanique de Bouknadel. C’est » darouri » (Obligatoire ! et hop, encore un !) Des restaurants à faire connaitre. Du plus chic comme la Villa Mandarine au plus typique, simple et délicieux comme Libération et tant d’autres. Sans parler des hammams, gommages et massages aux huiles essentielles. On en trouve pour tous les prix. Et des litres de jus d’orange à déguster sans modération. En parlant de jus de fruit, nous avons découvert ici, le jus d’avocat. Perso, j’ai gouté avec une bouche pleine d’a priori. Et ben, non, a priori, ça passe bien en bouche. Un vrai régal. Essayez !

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Quelques voyages : Le temps passe si vite que nous sommes déjà à la fin du printemps. Que d’aventures depuis notre arrivée. Tiens, l’autre jour, plus d’électricité. Un coup d’œil au matin dans les « bons plans » de Rabat Accueil et, première surprise, l’électricien qui s’excuse de ne pouvoir passer que l’après-midi. Ben, moi qui croyais devoir attendre des plombes pour réparer les plombs, me voilà bien attrapée. Idem, quelques semaines plus tard pour le plombier. Je voulais juste améliorer le raccordement pour la machine à laver. « J’arrive dans 1 heure ». Bon, il est arrivé au bout de 2 heures. Mais quand même, que c’est agréable de ne pas attendre des jours ! Du coup, semaine prochaine, le peintre vient pour la cheminée qui a noirci un peu (vu le nombre de flambées faites, il ne faut pas s’étonner). Et il me repeint aussi le mur de la terrasse. 1000 dirhams le tout, pas cher vu la surface même si j’aurais pu négocier mieux (toujours encore un peu difficile pour moi). Mais, du coup, il me fait quelques retouches dans l’appartement. Il a dû se dire que j’avais mal négocié ! Je digresse un peu, vu que je voulais parler de nos voyages printaniers. Comme je l’avais écrit, il y a quelques mois, l’armada familiale et amicale a débarqué en plusieurs vagues. L’occasion pour visiter le Maroc du nord au sud et d’ouest en est…et vice-versa.

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UN AUTRE REGARD

Nous connaissons maintenant Rabat comme notre poche. Nous pouvons allez d’un quartier à l’autre les yeux fermés. Enfin, c’est une image vu la circulation. Si j’ai un conseil à donner au nouveau qui arrive (oui, oui, je suis une ancienne après 10 mois de présence ici !), c’est bien de profiter de vos années d’expatriation marocaine pour visiter à fond le pays. Rarement déçus, toujours bien reçus (bien sûr, il y a parfois de petites mésaventures, mais tellement à la marge), inlassablement surpris, continuellement rassasiés des bons plats de tous les petits ou grands restaurants. Nous avons visité Tanger, ses poissons et ses souks, Casablanca, son quartier blanc et la mosquée Hassan II, Agadir, ses bananes et ses fantasias, Oualidia et ses fruits de mer, Chefchaouen la ville bleue, Tetouan et sa médina blanche, Asilah et sa minuscule et proprette médina, Moulay-Bousselham, ses fraises et ses framboises, Volubilis près de Moulay Idriss, ses ruines romaines, bien sûr, Meknes, ses greniers royaux, sa Porte Al Mansour et sa prison dites des chrétiens (Légendes ou pas ?), Fès et sa médina mystérieuse et tortueuse, Marrakech (Arnakech pour certains locaux), à visiter, pour moi, avec un guide tel Abdel (voir les bons plans de Rabat Accueil, pour vous abreuver de ce genre de renseignement) qui vous fera voir une ville hors des sentiers battus. J’allais oublier Essaouira, jolie petite ville fortifiée de pêcheurs (la ville, pas les pêcheurs) … Et d’autres que je n’ai pas encore visitées mais il nous reste encore plus d’un an pour ça.

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1ere Ramadan… Tout le monde est reparti en France, et le Ramadan, lui, est arrivé et s’est même terminé hier. Les préparatifs sont allés bon train chez Driss et Khadija. Etonnant, comme ce jeûne est une vraie fête pour les Marocains. Surprenant comment la ville est calme au moment du Ftour (La rupture du jeûne, vous ne saviez pas ? Moi, maintenant, oui) Il y a quelques inconvénients parfois. La circulation du soir, juste avant le ftour. Tout le monde est pressé de rentrer, alors la circulation déjà désordonnée habituellement devient, si possible, encore plus chaotique. Et le Marocain, si sympa habituellement, peut parfois se transformer en Marocain aux nerfs à fleur de peau. L’alcool devient plus difficile à trouver. Bien noter de faire des provisions avant. De notre côté, Khadija a institué de nous nourrir tous les soirs à coups de harira délicieuse, soupe accompagnée de beignets du Ramadan au miel et de dattes, de jus d’orange et de briouattes au poulet. Quand je lui ai dit que ça faisait trop, elle m’a dit que Ramadan était synonyme de partage (là, je traduis en bon français car ces mots étaient bien plus simples mais tellement gentils) et que ce serait tous les soirs. Heureusement, des Français avec plus d’ancienneté que moi m’avaient conseillé de faire un panier du Ramadan pour eux avant qu’il ne commence. Pour savoir quoi y mettre, allez faire un tour en grandes surfaces, vous y trouverez des exemples. Mais, en gros, des œufs, de la farine, des dattes, du miel, de l’huile, des légumineuses secs tels que pois chiches, haricots, lentilles ou fèves, des pates types nouilles ou vermicelles…et, comme souvent, ce que vous donnerez vous sera rendu au centuple.

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UN AUTRE REGARD

… et 1er AID : Et le 1er Aïd arriva. Tant redouté, ce bain de sang annoncé. Alerte aux litres de sang s’accumulant, dans rues et boulevards. Les cris des moutons allaient assaillir nos oreilles de pauvres occidentaux. Un mois avant, Driss a demandé à Julien s’il voulait venir assister au sacrifice du mouton en souvenir d’Ibrahim (Abraham chez nous). Toujours intéressé, malgré quelques craintes, il y est allé sur la terrasse de l’immeuble avec tous les voisins qui ont officié à tour de rôle. Moi, pas trop enthousiaste pour ça, j’ai quand même promis à Khadija de faire les brochettes d’abat à déguster le midi. Et, encore un fois, surprise. Tout se fait calmement. La bête est égorgée de façon très calme. En moins d’une minute, celle-ci est morte et prête à être conditionnée pour les agapes familiales. Une vraie fête effectivement. Toute la famille est là et nous, avec, spectateurs privilégiés de la plus grande fête musulmane. Les brochettes ont été grillées sur des braseros sur la terrasse commune. Et tous, munis de pain et de viandes grillées, nous nous régalons assis sur des couvertures berbères. Pour passer le tout, de la bonne pastèque et du thé à la menthe, bien sûr. Pendant ce temps, Driss nous offre un gigot – Hmmmmm ! – et, mais oui, promis juré que c’est vrai, pour Julien, ce seront les « choses de la vie » comme disait Coluche. Pour le gigot, pas de soucis, j’ai la recette, mais pour le reste, heureusement il y a internet. En fait, cuit avec oignons et persils, ça a la constance du cervelas et même le goût. Encore une expérience de plus. Aucun regret et nous espérons même participer à nouveau à ces moments conviviaux l’année prochaine.

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Le retour : Il est venu le chant du départ, des adieux, des pots de départ, des séparations et parfois même des déchirements. Nous avons rencontré ici des vrais amis, des personnes attachantes et gentilles que nous ne reverrons certainement plus mais qui ont enrichi notre vie. C’est dur mais nous allons rebondir parce que ces 2 ans nous ont ouvert l’esprit vers d’autres horizons que les nôtres. Ainsi le temps a passé. Je relis mes notes prises au cours de ces 2 ans et, de retour en France depuis 3 mois, je me prends à regretter ces 2 ans de chocs culturels, de côtoiements des différences de vie. Que ce fut formateur et je me dis, vivement la prochaine. Amis expatriés, je vous ai ouvert un peu de ma vie au Maroc. Si j’ai un seul conseil à vous donner, c’est « Profitez à fond de la chance de vivre ces expériences, parfois drôles, parfois moins mais toujours authentiques et sans jamais de réel danger ou graves ennuis. » Et pour terminer cette prose en français, (pour la version en Darija ce sera pour plus tard…bien plus tard !), sachez que les petites anecdotes qui ont émaillé ce récit sont toutes vraies et me sont réellement arrivées. Pleins de regrets, sauf la circulation peut être …ou même sûrement

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HISTOIRE

Le Maroc, pionnier du rail africain

de Patrick Niclot

Le Maroc fut un précurseur dans l’histoire du rail. C’est le premier pays africain à avoir tenté l’expérience dès 1859. Il est, aujourd’hui, le premier pays du continent à s’équiper de lignes à grande vitesse. Si le Maroc peut se targuer d’être l’un des premiers pays du continent africain à disposer d’un chemin de fer, celui-ci n’eut qu’une existence éphémère. À vocation purement militaire, il est construit par les Espagnols en 1859 pour relier Tétouan à l'oued el Marchi, lors de la guerre qui les oppose au royaume chérifien. Pendant près de 50 ans, des tentatives pour implanter le rail vont se succéder. En 1887, le gouvernement belge tente une « percée » ferroviaire dans un pays où les moyens de transports restent toujours aussi rudimentaires. L’ingénieur Legrand, probablement à l’origine du projet, commande une petite locomotive en voie de 60 à l’usine Krauss de Munich (type 74, n° 1769).

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Débarquée à Larache en décembre, elle est acheminée à Meknès et offerte au sultan Hassan 1er par le baron Whettnall, ambassadeur de Belgique en présence de l’ingénieur Legrand. La démonstration, effectuée dans le jardin de l’Agdal de Meknès, ne convainc pas outre mesure le sultan. Conservée, la locomotive sera par la suite exposée en gare de Rabat. Elle disparaîtra dans la tourmente de la seconde guerre mondiale. Ce n’est que le 20 septembre 1908 qu’est inaugurée la première ligne reliant Casablanca à Berrechid. Construite par la France elle est destinée au ravitaillement des troupes chargées de pacifier le pays qui connaît la guerre civile. Lors de l’instauration du protectorat en 1912, la France n’occupe que deux zones, Casablanca et Oujda à l’est. Devant le manque d’infrastructures on décide la construction d’une ligne de chemin de fer reliant les deux villes. Deux réseaux progressent à la rencontre l’un de l’autre. Ce sont les Chemins de fer Militaires du Maroc (CMM). Concédés à la Compagnie des chemins de fer du Maroc (CFM) en 1920, la jonction des deux réseaux est effective en 1921. Le raccordement au réseau algérien permet de relier, sur 2333 kilomètres, les principales villes d’Afrique du Nord, de Casablanca à Tunis.

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HISTOIRE

Ce réseau sera largement utilisé par les troupes alliées, en 1942, lors du débarquement en Afrique du Nord. L’aide américaine permet le passage du réseau vapeur au diesel, Lors de l’indépendance en 1956, le Maroc hérite d’un réseau de 1785 kilomètres, moderne et en bon état. En 1963 l’Office National des Chemins de Fer (ONCF) est crée par la réunion des CFM et la CMMO. Même si l’électrification du réseau a commencé très tôt, il faudra attendre 1984, pour que la vitesse dépasse les 100 km/h avec l’entrée en service des TNR (trains navettes rapides) reliant Rabat à Casablanca en moins d’une heure. L’année suivante, des trains « grand confort » sont mis en circulation, pour les liaisons inter-cités. 1992, verra l’inauguration de la desserte de l’aéroport Mohammed V. Dans le cadre du contrat-programme 2005-2010, l’ONCF s’est résolument tourné vers l’avenir avec l’acquisition de matériels performants. L’optimisation des flux de voyageurs a été rendue possible avec le système Da Vinci, le plus performant au monde, les billets à flash codes, la billetterie sans fil dans les trains, la réservation et le paiement par internet. A cela s’ajoute la construction de gares multimodales à Marrakech, Fès et Casablanca. Toutes ces améliorations permettent maintenant d’entrer de plein pied dans la grande vitesse avec la construction d’un réseau TGV de 1 500 km d’ici 2030. La Ligne Atlantique reliera Tanger à Agadir en moins de 4 heures et la Ligne Maghrébine, Casablanca à Oujda en moins de 3 heures. Première phase de ce programme la LGV Tanger-Casablanca permet désormais de relier ces deux pôles économiques en 2h10 au lieu de 4h45. D’autre part, l’éventuelle réalisation du tunnel de Gibraltar permettrait une liaison ferroviaire Afrique-Europe mettant Madrid à quatre heures de Rabat et Paris à huit heures. Ce projet initié en 1980 prévoyait une phase d’études pour choisir la meilleure solution entre un pont ou un tunnel. En 2006 le choix s’est finalement porté sur un tunnel ferroviaire. Mais catastrophe, en 2009 à la lumière des nouvelles avancées technologiques l’idée du pont refait surface. La liaison Europe – Afrique, rêve ou réalité ? Rendez-vous dans ….ans.

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CULTURE

PORTRAIT DE ZAKARIA BASSIN de Christine Mathieu Zakaria BASSIN est un jeune artiste marocain aux multiples talents. Designer de formation, cet artiste plasticien est à la fois peintre, illustrateur de livres, caricaturiste, scénographe, illustrateur sur vêtements, photographe !! Très influencé par son origine, Zakaria exploite son patrimoine socioculturel dans sa création artistique. « Mon inspiration première réside dans les choses simples qui font appel à la mémoire collective »

Il a à son actif de nombreuses expositions: En 2019 LES JOURNÉES DE LA FRANCOPHONIE avec l’artiste Afif BENNANI au Théâtre MOHAMMED V à Rabat le Festival International de la Lecture pour enfant de SHARJAH, aux Emirats Arabes Unis, en 2018 le Festival « LE CARTON VOYAGEUR », Musée de la Carte Postale en FRANCE en 2017 FRAGMENTS DE MÉMOIRE à la Villa Romana à RABAT Ses dernières distinctions : Performance Public sur toile, quai des créateurs à Salé. Finaliste de la Compétition BD TALENTS AFRICAINS à Tétouan. Il anime également des ateliers artistiques avec des adultes et des enfants : fresques murales collectives, ateliers peinture, recyclage.

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Ses dernières actualités: - une Résidence artistique à DEMNAT l’occasion de rencontrer des artistes de plusieurs villes du Maroc avec des encadrants professionnels. L'objectif étant l’échange et le partage des techniques de travail et aussi la mise en valeur et le développement de la vie des habitants de la montagne à Iminifri (Demnat) - la réalisation d’une fresque murale au Centre Américain de Rabat, - l’animation d’un atelier à Tanger, sur le thème « l'art de la rue », dans le cadre d'un festival «Urban Art ». Ses projets : Quitter la petite chambre qu’il occupe chez ses parents pour un atelier spacieux. Et trouver une belle équipe d'artistes pour réaliser des projets de fou ! Contacts Zakaria: 0664149700 Facebook : https://www.facebook.com/Zakariartshop/?referrer=whatsapp

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CULTURE

DÉCOUVRIR DES AUTEURS MAROCAINS Participants à l’ateliers lecture de l’association, Hanane, Abdel, Andrée, Michel et Pascal vous font partager leurs coups de coeur. Une bonne façon de s’initier à la lecture des auteurs marocains . LE DINER DE TROP Yasmina Rheljari

Résumé : Maryama, divorcée de longue date, femme indépendante et belle, se décide à inviter ses deux couples d’amis les plus proches pour ce qui résonnera certainement comme un coup de tonnerre : son coup de foudre pour Karim, et dans la foulée, tant que nous y sommes, son très proche mariage Un Dîner de trop oui, un dîner too much surtout, qui va rapidement dégénérer, pour notre plus grand plaisir, et se finir en beauté avec un dessert qui voltigera, mais où ?

Avis : Un premier roman plein de surprises et de rebondissements… Un dîner prétexte à présenter aux amis proches, le fiancé qui n’arrive pas, où les personnages se révèlent. Une description incisive et humoristique de la bourgeoisie « Rabati ». Une réflexion sur la vie de couple, les non-dits, les chemins qui divergent avec les années et l’incompréhension réciproque. Le dîner qui devient prétexte à révélations des uns et des autres. Des personnages qui s’affrontent, gâchent le dîner de l’hôtesse, qui, « cerise sur le gâteau », a du mal à joindre ce fiancé qui tarde à apparaître. Tout cela sous le regard d’une insolite mouette voleuse… Par Hanane Ouastri Frain

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LES FUNÉRAILLES DU LAIT Mahi Binebine

Résumé : Mamaya est très vieille et très autoritaire, comme le savent son chat et surtout sa servante dévouée, Johara. Très malade aussi, au point qu’il a fallu lui faire l’ablation d’un sein. Recluse dans sa chambre, elle repense à Merième, sa mère, l’adolescente frondeuse et piquante qui séduisit un beau soldat, à sa propre passion pour le jeune Pierre rencontré au collège, au mariage obligé avec le Maître d’école, à la vie si dure dans l’oppression des femmes à la fois acceptée et refusée. Et surtout à l’« Absent », ce fils aîné disparu pour avoir « mal pensé » dont on ne sait s’il est vivant (mais dans quelle geôle ?) ou mort, sans que sa mère puisse ensevelir sa dépouille. Mamaya se lancera donc dans un ultime voyage vers le tombeau familial, pour donner à l’enfant perdu ces « funérailles du lait » après lesquelles elle pourra quitter ce monde.

Avis : Le livre de Mahi BINEBINE, publié en 1994, relate l’histoire de Mamaya qui partage sa vie entre sa dévouée servante, son chat et les fréquentes visites de son médecin de toujours. Mamaya, vieille et affaiblie après l’ablation d’un sein, décide d’entamer un voyage en terre familiale, en ce mois d’anniversaire de l’ « Absent », qui a plus de 45 ans maintenant. Elle veut lui offrir des « funérailles du lait », avec comme linceul le drapeau national. Comment ne pas faire le lien entre ce conte et la propre vie de Mahi BINEBINE, dont le frère Aziz a été enfermé durant 20 ans au bagne de Tazmamart ? A son retour, en 1991, il retrouve sa mère qui décèdera quelques mois plus tard d’un cancer du sein. Dans ce second roman, malgré la gravité du sujet, Mahi BINEBINE, révèle ce talent qui le caractérisera dans tous ses livres, jusqu’au plus récent La rue du Pardon (2019), de réussir à nous offrir un récit coloré, voire drôle, et jamais sinistre. Par Abdel

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CULTURE

LÉON L’AFRICAIN Amin Maalouf

Résumé : Cette autobiographie imaginaire part d'une histoire vraie. En 1518, un ambassadeur maghrébin, revenant d'un pèlerinage à la Mecque, est capturé par des pirates siciliens, qui l'offrent en cadeau à Léon X, le grand pape de la Renaissance.

Avis : Pour moi, Léon l’Africain est comme un « passeur » qui permet de découvrir, à travers ses rencontres, d’autres pays, d’autres cultures, d’autres identités, d’autres visions du monde et des religions. Il nous interroge, sur notre quotidien, à travers les comportements humains, cultures et valeurs de nos voisins. Au XVIème siècle Léon l’Africain (Hassan al-Wazzan de son vrai nom) homme d’Orient et d’Occident, d’Afrique et d’Europe, traverse, les grands évènements de son époque : à Grenade où il a fui l’Inquisition, à Fès avec l’exode des musulmans, au Caire lors de la conquête du pays par les Ottomans, et enfin à Rome près du Pape Léon X, aux heures de la Renaissance et du sac de la ville par les soldats de Charles Quint. Maalouf est un conteur qui nous donne l’espoir, envers et contre tout, de vivre à nouveau en harmonie. Nous ne sommes pas menacés si nous écoutons, observons, respectons, partageons, échangeons avec les autres identités. Il suffit d’un peu d’empathie, d’humanisme et de communication. Par Michel Frain

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LE MAROC NOIR Chouki El Hamel

Résumé :

L’historien marocain Chouki El Hamel explore, dans son ouvrage “Maroc noir, une histoire de l’esclavage, de la race et de l’islam”, un pan peu connu de l’histoire de notre pays. Celui de la ségrégation des Marocains noirs par les dynasties qui se sont succédé au pouvoir.

Avis :

Sur les grandes traites du tristement célèbre commerce triangulaire, il y a eu pléthore d’écrits, de positions plus ou moins objectives et ce sujet demeure toujours douloureux, polémique. J’ai vraiment aimé l’étude de Chouki El Hamel car il ne juge ni ne condamne, il analyse au plus proche des textes en s’appuyant sur les érudits reconnus, il met en perspective avec une écriture accessible à tous. L’Islam condamne l’esclavage et au début, les esclaves n’ont subsisté que dans des tribus où il préexistait. On trouve de nombreuses exhortations ou ordres pour les affranchir. Puis, l’homme retombe toujours dans ses mêmes travers ; épidémies et migrations entraînent des besoins en main d’œuvre. Il y a des conquêtes et des prisonniers : pourquoi ne pas profiter de cette main d’œuvre et pourquoi devrait-on la payer ? On bascule à nouveau dans l’esclavage. On participe et on organise le commerce d’esclaves qui devient une marque, un étalonnage de pouvoir et de richesse. Il y a des esclaves blancs (des conquêtes occidentales, en raccourci !) et majoritairement des esclaves noirs. Mais tout cela est interdit, comment faire ? Comme toujours, on va trouver des justifications, donner une nouvelle lecture aux textes. Certains esclaves sont mère de roi, d’autres gardes royaux… Il n’en demeure pas moins qu’ils ont été arrachés à leur tribu, leur famille et ont tous été vendus, parfois très chers, mais le plus souvent pour une bouchée de pain, comme une marchandise de deuxième zone ! Par Andrée Charles

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CULTURE

UNE ANNÉE CHEZ LES FRANÇAIS Fouad Laroui

Résumé : C’est en 1970 que le ciel tombe sur la tête du petit Mehdi. Ébloui par l’intelligence et la boulimie de lecture de son jeune élève, son instituteur s’est battu pour lui obtenir une bourse dans le prestigieux lycée Lyautey de Casablanca, réservé aux enfants des hauts fonctionnaires français et des familles les plus influentes du régime marocain. Pauvre, libre, heureux, Mehdi a passé ses dix premières années au pied de l’Atlas. Il n’envisageait rien d’autre que de continuer à jouir de l’existence. Du jour où son oncle l’abandonne à l’entrée du lycée, la découverte du mode de vie des Français est pour lui un véritable choc culturel. Entre "Le Petit Chose" et "Le Petit Nicolas", l’histoire émouvante et cocasse d’un enfant propulsé dans un univers aux antipodes de celui de sa famille.

Avis : Un réel moment de fraîcheur, un envol d’optimisme et une réflexion humoristique sur nos différences. Je ne me suis pas ennuyé une seule minute pendant cette lecture que j’ai avalé en quelques heures. J’ai ri, souri et me suis parfois même ému durant cette année vécu avec le petit Mehdi au Lycée Lyautey. Je me suis perdu avec ce petit bonhomme dans les méandres des idées reçues que chacun attribue à l’autre. Lisez vite ce livre et vous découvrirez, dans cette histoire, tout une palette de personnages qui se perdent et se noient aussi bien dans les préjugés de la société d’en face qu’ils se régalent de la découverte de coutumes qui ne sont pas les leurs. Cette année scolaire sera peut-être l’année décisive de la vie de Medhi et je suis persuadé que ce seront pour vous, la garantie de quelques heures de pur bonheur. Par Pascal Charles

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LE MOINE DE MAHOMET Ahmed Youssef

Résumé: Qui se souvient aujourd'hui de ce que fut l'Islam à ses débuts ? Une religion inspirée avant tout qui tenta de réconcilier judaïsme et christianisme en son sein, en faisant de Mahomet "le sceau des Prophètes", c'est-à-dire le grand continuateur du message biblique. Car le Coran vénère Abraham, Moïse, Jésus et la Vierge Marie, parmi tant d'autres prophètes juifs et chrétiens auxquels tout bon musulman se doit de rendre grâce dans ses cinq prières quotidiennes. L'hommage serait-il de pure forme ? La vie de Mahomet témoigne, tout au contraire, de la réalité et de la force de cet attachement. Non seulement juifs et chrétiens n'ont cessé de l'entourer au quotidien mais ils furent aussi ses compagnons de route spirituels, ceux qui l'aidèrent à trouver la voie de l'Islam et à la faire triompher.

Avis : Je conseille ce livre car il est simple et il résume bien les débuts de l’islam. En plus, il est un des seuls à mentionner l’importance du rôle de Waraqua. Grace à lui les chrétiens bénéficient d’une image positive, alors que les juifs sont haïs. Le Coran a contrôlé l’ancien testament jusqu’à faire de Jérusalem un lieu saint de l’islam. Plus encore il revendique tous les prophètes juifs en expliquant qu’ils étaient soumis à Dieu. Je conseille aussi la lecture de la sourate « Marie » qui raconte la naissance miraculeuse de Jésus. L’histoire vaut son pesant d’or … Par Alain

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CULTURE

A LA DÉCOUVERTE DES HISTOIRES ET CONTES MAROCAINS POUR LES ENFANTS

de Andrée Charles

Un peu plus de 2 ans que nous habitons au Maroc, environ 10 ans que nous fréquentons assidument le pays. Nous constatons que, si de façon générale, le Marocain lit très peu, voire très très peu, beaucoup d’auteurs locaux écrivent livre après livre. Dans toute ces écrits, se glisse une abondante littérature enfantine Nous allons tenter de vous échantillonner quelques parutions enfantines. La querelle des couleurs El Mostafe Bouignane Cristina Torres Pour les 4-7 ans Comment illustrer le respect mutuel, la complémentarité et la découverte du beau tous ensemble. Et sans tomber dans un discours moralisateur. « La querelle des couleurs » : qui du Jaune, du Bleu ou du Rouge va gagner cette querelle devant les sages Blanc et Noir ? Vous vous en doutez, aucun. Et on voit émerger le vert, l’Orange, le Violet, le Gris … le tout dans un très beau tableau… pourquoi et comment ? A votre livre tout en couleurs avec un texte en français et en arabe.

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Maître Oiseau Texte : Amina Aouchar Illustration : Jessica Dubarry Pour les 4-7 ans Histoire sombre mais optimiste sur la non-acceptation d’un état de fait, sur le changement, sur le jugement des autres. La fin laisse la porte ouverte sur la réflexion du petit lecteur : Fin heureuse ou malheureuse ? L’auteur semble vouloir laisser les petits lecteurs imaginer la suite et bien faire comprendre que votre état d’esprit guidera votre vie.

D’mi Poussin s’en va courir le monde : Texte : Amina Aouchar Illustration : Silvie Larenza Pour les 3-6 ans Qui est cet être hors du commun avec des particularités pour le moins étranges… il fallait y penser ! Et pourtant, il a plein de qualités. Pourtant il se fait piéger par sa gourmandise (là, j’avoue que c’est très original !!!) puis apporte plein de belles histoires à raconter à sa famille, mais, à la condition de retrouver son canif, sa seule ambition. Un joli conte illustré par des pastels proches des images des mille et une nuits. Une jolie découverte pour un peu plus grand car il y a plus de texte.

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CULTURE

L’eucalyptus de Noel Texte : Fouad Laroui Illustration : Nathalie Logié-Manche Pour les 3-6 ans Tirée d’une nouvelle de l’auteur, parue dans son recueil « L’étrange affaire du pantalon de Dassoukine », cette jolie histoire, peut-être un peu naïve mais tellement rafraichissante, envoie à nos enfants (Et à nous aussi !) un très beau message sur des différences culturelles qui peuvent bien nous rapprocher les uns des autres, si on le désire vraiment.

Titrit et les étoiles magiques : Auteur : Keltoum Mosdik Illustrations : Orélie Gouel Pour les 3-6 ans Titrit est un prénom féminin signifie « étoile » en berbère. C’est celui qui est donné à cette petite fille, elle nait sous des étoiles particulières. Et bien-sûr, elles sont à toutes les pages ou presque et transforment en positif tout ce que Titrit touche ou regarde. Evidemment, elle vit une aventure très dangereuse mais sa lumière d’étoiles va tout arranger et son village va la retrouver avec grande joie.

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Aicha découvre Rabat Auteur : Marie-Pascal Rauzier Pour les 3-6 ans Aicha qui rêve de découvrir Rabat, va rencontrer Farah avec l’envie de se balader avec elle. Rendez-vous au Chellah devant le bassin des anguilles. Farah ne peut être là mais elle confie un carnet explicatif pour présenter les plus beaux monuments et la voilà en route. Un joli livre illustré qui donne quelques indications essentielles sans se perdre dans trop de détails. Parfait pour repérer les points d’intérêt anciens et plus modernes de cette belle ville. Dans la collection « Aicha découvre » : • Aïcha découvre Meknès • Aïcha découvre Marrakech • Aïcha découvre Fès • Aïcha découvre le train • Aïcha découvre l’histoire de l’artisanat • Aïcha découvre les métiers de l’artisanat

La forêt retrouvée Texte : Amina Aouchar Illustration : Jessica Dubarry Pour les 7-10 ans

Un conte écolo… Pourquoi remplacer les jeux simples en forêt, cachecache, observation des animaux, pique-nique en famille sous les arbres, une tranquillité gratuite. Remplacé par quoi ? Par un parc d’attraction où les attractions coûtent très cher aux parents, où il fait chaud, très chaud sur les chemins bitumés, qui propose des tas de sucreries qui ne sont pas si magiques pour la santé. D’un côté des adultes qui veulent gagner beaucoup d’argent, de l’autre des animaux qui interpellent de jolie manière, que choisiront les enfants et leurs parents ?

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BLOC-NOTES Voyage

UNE PETITE IDÉE DE VOYAGE QUI CHANGE UN PEU : AGADIR ET (SURTOUT) SES ENVIRONS

de Camille Cabon et Agnés Hélin

Agadir est une ville d’hôtels qui a son charme hors saison, avec des prix raisonnables même dans les établissements hauts de gamme, une immense promenade très bien aménagée le long de la plage, et bien sûr un climat plus doux qu’à Rabat ! Comment s’y rendre ? Moins de 6 heures d’autoroute, ou plus tranquille en profitant des vols directs Air Arabia et en louant une voiture sur place ! Des idées pour profiter des alentours d’Agadir : excursions sur la journée, en restant près de la côte…

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Au nord : la Vallée du Paradis, en s’enfonçant dans la montagne au niveau du village d’Aourir. Le long de la rivière, un itinéraire est bordé de cafés les pieds dans l’eau. En continuant un peu, vous aurez les piscines naturelles et un parcours plus aérien. Si vous préférez un itinéraire encore plus sauvage, allez sur la haute vallée du Paradis. Elle n’est pas indiquée sur les cartes, il faut aller jusqu’au village de Tizgui et prendre à droite dans le village. Quand la route s’arrête, continuer à pied pour rejoindre la rivière et descendez le chemin. En longeant la côte vers le nord, le village de pêcheurs et de surfeurs de Taghazoute, où vous pouvez vous loger dans des appartements face à la mer, des plages sauvages, des dunes et la palmeraie de Tazemourt: c’est là que sont cultivées toutes les bananes d’Agadir. Au Sud, c’est la réserve de Souss Massa qui vous attend. Le parc s’étend sur 33.800 hectares entre l’estuaire du fleuve Souss-Massa et l’Atlantique, et abrite un grand nombre d’oiseaux, avec une côte très diversifiée : sable, criques, falaises... Balade le long de l’estuaire, à partir de Sidi Binzarne et sur les plages sauvages, vous pouvez même pousser jusqu’au joli village de Tifnit.

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BLOC-NOTES Voyage Il vaut mieux prendre un guide dans ce cas, il y en a à l’entrée du Parc, ou contactez: LAHCEN BAHA, E-mail: lamaison.blu@libero.it   Si vous n'avez pas de voiture, Agnès d'Agadir vous emmènera ou vous souhaitez (voir bons plans rabat accueil +212 678832317)

Si vous souhaitez pousser un peu plus vers le sud, prévoyez au moins une nuit sur place ; En reprenant la route vers le Sud, on traverse Tiznit et des paysages désertiques jusqu’à rejoindre l’océan à Aglou, petit village aux maisons troglodytes. On longe ensuite la côte jusqu’à Mirleft. Option logement : Aftas Trip juste avant Mirleft (http://www.aftas-trip. com/) Allez découvrir les arches de la plage de Legzira plus au sud, et poussez jusqu’à Sidi Ifni, ancienne enclave espagnole où le temps s’est arrêté… Cherchez le restaurant Nomad et ses fameuses langoustines !

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BLOC-NOTES Gourmandises

FRUITS ROUGES À MOULAY BOUSSELHAM

de Pascal Charles

Moulay Bousselham, ville des fruits rouges Pour faire des confitures, il faut, au minimum, un récipient (en cuivre, c’est encore mieux), du sucre, des pots vides (merci les copains qui raclent les fonds d’armoire pour en récupérer), un gélifiant (vive l’Agar-agar naturel), du sucre aussi mais il faut surtout des fruits, beaucoup de fruits. Une petite excursion à Moulay Bousselham comblera cette partie, tout du moins, si vous aimez des fruits rouges. De mars à septembre, framboises, fraises et myrtilles rougissent la région. La myrtille ici n’est pas grenat à l’intérieur, mais verte comme au Québec (les fameux bleuets pour ceux qui connaissent). 5 Dirhams (la barquette de 250g) pour fraises ou framboises, entre 10 et 20 pour la myrtille. Difficile de faire mieux. Et bien sûr, pour clôturer l’affaire, le petit cadeau sous forme d’une ou deux barquettes en plus, de quelques avocats (autre spécialité locale).

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Pour joindre l’agréable à l’utile, et rentabiliser les 150 km parcourus pour venir de Rabat, il faut absolument visiter cette petite ville côtière. Une excursion en barque sur la très jolie lagune vous feront découvrir des dizaines d’espèces d’oiseaux (Entre novembre et avril semble le plus adéquat). Deux heures, dans le calme et le silence, à observer, à l’œil nu ou par le prisme de jumelles, les oiseaux migrateurs qui peuplent cette lagune. Plus d’une centaine d’espèces y ont été répertoriées. Après cette ballade et avant de repartir faire vos confitures, glaces ou autres desserts au fruits rouges, il est impératif d’aller manger dans les quelques restaurants de la ville qui vous cuisineront les poissons pêchés du jour. Et, fin du fin, sublime du sublime, « cassez la cagnotte » pour passer une nuit à la VillaBéa. Prenez une chambre avec vue sur l’Océan. Magnifique ! Testé et validé ! Ah oui, très important aussi, n’oubliez-pas, malgré cet agréable temps passé à Moulay Bousselham, de revenir à la maison pour cuire les confitures !

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BLOC-NOTES Gourmandises

LES CANNELÉS de l’atelier patisserie de Rabat accueil

Parce qu’on aime bien partager les bons plans chez Rabat Accueil, voici la recette. Petite astuce, si vous voulez d’autres recettes, rendez vous sur la page de l'atelier pâtisserie, vous trouverez toutes les recettes de l’année, et plus si affinités ! Ingrédients : + + + + + +

1 litre de lait 500 grammes de sucre en poudre 1 petit verre de rhum 4 jaunes d’oeufs 300 grammes de farine 1 gousse de vanille

Préparation : la veille : - porter à ébullition les 3/4 du lait avec le beurre et la vanille.

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- hors du feu, ajouter le 1/4 restant du lait froid mélangé aux jaunes d’oeufs et laisser refroidir. - quand la préparation est froide ajouter le sucre et la farine tamisée puis le rhum , passer à travers un tamis et laisser reposer 24h. - faire cuire le lendemain après avoir beurré largement les moules. - remplir les moules au 2/3 - cuire à 200° c 1 heure; - démouler aussitôt.


Jeu

Solution p.114

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NUMÉROS UTILES

ASSISTANCE:

LYCÉE-COLLÈGE-ÉCOLE:

MAROC ASSISTANCE: +212 5 22 30 30 30

CHÉNIER: +212 5 37 72 45 21

MAROC ASSISTANCE INTERNATIONALE: +212 33 1 45 81 16 16

CAMUS: +212 5 37 76 53 39

SERVICES: TAXI SERVICE: +212 6 66 07 77 77 TAXI DIALI: +212 6 64 57 32 95

RONSARD: +212 5 37 76 27 78 CÉZANNE: +212 5 37 67 26 37 JACQUES CHIRAC: +212 5 37 54 67 00 SAINT ÉXUPERY: +212 5 37 75 01 07

DÉPANNAGE:

DESCARTES: +212 5 37 68 91 20

MAROC TELECOM: +212 5 37 71 90 00 +212 5 37 71 91 15

MALRAUX: +212 5 37 70 47 82

RÉDAL: +212 5 37 20 20 80 +212 5 37 26 00 26

RABAT AMERICAN SCHOOL: +212 5 37 67 14 76

SABOT PARKING: +212 5 37 66 14 74 Solution du jeu : Isaline 1,10,7,16-Caroline 9, 6, 11, 8 Jean-François 5, 14, 3, 12- Bouchra 13, 2, 15, 4 116


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NOS MAGASINS : 68, Avenue Fal Ould Oumeir

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Centre commercial Arribat Center (Ouverture le 16 Octobre 2019)

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NUMÉROS UTILES

URGENCES POLICE

POMPIERS

GENDARMERIE

ASSISTANCE AUTOROUTE

DEPUIS 1 FIXE

19

15

177

5050

DEPUIS 1 GSM

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150

SAMU RABAT: +212 5 37 73 73 73

HOPITAL CHEIKH ZAID: +212 5 37 68 68 68

SMUR: +212 6 61 08 08 08

CLINIQUE DES NATIONS UNIES: +212 5 37 67 05 05

AFRIQUE EUROPE AMBULANCE: +212 5 37 56 11 56 +212 6 61 77 09 19

CLINIQUE DE L’AGDAL: +212 5 37 77 77 77

SOS MÉDECIN: +212 5 22 37 777 333 +212 5 37 73 73 73 SOS MÉDECIN MAROC: +212 5 22 98 98 98 CENTRE ANTI-POISON: +212 5 37 68 64 64 +212 08 01 00 01 80

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URGENCES DENTAIRES: +212 6 22 66 58 58 MATERNITÉ SOUISSI: +212 5 37 67 03 33 CENTRE DE TRANSFUSION SANGUINE: +212 5 37 77 63 13 +212 5 37 77 49 93 +212 5 37 77 51 48 CROISSANT ROUGE MAROCAIN: +212 5 37 65 14 95


• Tarif H.T

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Echozine Octobre 2019  

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