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Parole(s) DĂŠcouvrir, comprendre, raconter


Parole(s) - Numéro 11 - octobre 2013

Directeur de la publication : Philippe Lesaffre Rédacteurs en chef : William Buzy, Floriane Salgues Reporters : Théophile Wateau, Baptiste Gapenne, Guillaume Aucupet, Frédéric Emmerich Crédits photos : Ludo 29880, Petit Louis, Centre de documentation pédagogique de l'académie de Poitiers, 2.Mica, Marine Baro Parole(s) est soutenu par la Coopérative d'aide aux jeunes journalistes (CAJJ). Association (loi de 1901) déclarée en sous-préfecture de Langon le 26/06/2010 Siège social : 508 Laville Ouest, 33500 Capian. Pour contacter la rédaction : paroleslemag@gmail.com

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On fait le bilan, calmement… Par Philippe Lesaffre, co-fondateur de Parole(s)

Depuis septembre 2012, Parole(s) privilégie le témoignage et donne la… parole à des gens qui ont des histoires à raconter. Des discours peu entendus, qui, pourtant, soulèvent souvent de bonnes questions. Et cela dure… #Joie. Nous avons soufflé notre première bougie quand les élèves ont repris le chemin de l'école. Nous avons entamé l'an II de notre existence alors que la sonnerie des établissements scolaires retentissait dans les cours de récréation. Plus d'un mois après, l'heure du premier bilan de la rentrée a sonné. Et c'est pourquoi nous avons choisi de (vous) confectionner un numéro spécial "éducation", rempli de sujets 100% consacrés à ce thème cher aux enfants, aux parents et aux enseignants. Professeur, "le plus beau métier du monde" ? La question, formulée selon l'intitulé du film de Gérard Lauzier (1996), avec Gérard Depardieu dans le rôle d'un enseignant muté dans un établissement dit "sensible", se pose à la lecture du #11.

Jules Ferry, ministre de l'Instruction publique et président du Conseil entre 1879 et 1885 durant la IIIe République, instaure des écoles pour former des instituteurs laïcs, rend l'école gratuite et obligatoire pour les enfants des deux sexes entre 6 et 13 ans


L'autre école À l'heure où l'enseignement se transforme, avec notamment la loi sur la refondation de l'école, d'autres voix tentent de se faire entendre. Parole(s) est retourné en classe, pour découvrir la méthode mise en place par Célestin Freinet (1896-1966), instituteur français ayant développé une pédagogie basée sur l'expression libre des enfants. Par William Buzy

C'est un matin de septembre, le ciel est couvert, menaçant, le vent s'engouffre dans les moindres espaces, il fait froid, et moi, je retourne à l'école. Assis contre un mur, j'attends patiemment, dans la cour, au milieu des enfants qui ne jouent pas vraiment. Une sonnerie, un applaudissement, ou un bruitage quelconque viendra probablement annoncer le début de la classe. En attendant, je regarde autour de moi. Un grand bâtiment beige, un préau, une cour de béton avec quelques

marquages à la craie, un coin d'herbe, des arbres... Je ne sais pas à quoi je m'attendais, mais je ne vois rien de particulier. Bien sûr, cela fait longtemps que je n'ai pas mis les pieds dans une école primaire, mais je ne pense pas que ça ait énormément changé.


Pierre, instituteur à mitemps, qui applique donc la pédagogie Freinet, et qui m'a ouvert les portes de sa salle pour la journée - à condition que je reste discret, et que je parle le moins possible, ce qui me convenait parfaitement.

Si j'observe autour de moi avec autant d'attention, et que je compare ce que je vois avec le souvenir de mon école - un établissement pour ainsi dire normal c'est que je suis dans une école "nouvelle", "innovante", "alternative", appelez-la comme vous voudrez. Bref, une école qui applique une pédagogie différente de celle proposée dans l'école publique "classique" - puisqu'il faut bien la qualifier.

Les élèves découvrent différents concepts

seuls

Des écoles comme celle-ci, il en existe une centaine en France. Elles appliquent officiellement - ou s'en inspirent - les pédagogies actives, SteinerWaldorf, Montessori... Ici, c'est la pédagogie Freinet, du nom de l'instituteur qui l'a mise au point. Il est neuf heures, un maître apparaît subrepticement sous le préau, et les enfants se dirigent vers leurs classes, dans un brouhaha tout à fait relatif. Je rejoins avec eux la salle préposée aux CM2, et y rencontre

Je m'installe au fond, à une place offrant une distance convenable à la fois du radiateur et de la fenêtre. Mon début de nostalgie est interrompu par Pierre, lequel prend déjà la parole, pour attirer l'attention de sa classe sur le tableau Velleda, au sommet duquel trône la date du jour, suivie d'un programme auquel je ne comprends pas tout. Après que Pierre a détaillé le déroulement de la journée, débute le "Quoi de neuf ?", un rituel matinal au cours duquel les enfants peuvent raconter ou présenter quelque chose. L'expression de l'enfant, qu'elle soit orale, écrite, ou artistique, est l'un des points-clés de la méthode Freinet. Aujourd'hui, Claire confesse que ses deux frères se sont disputés la veille. Clémentine demande si elle sait pourquoi. Elle ne sait pas. Julien intervient ensuite pour dire que son correspondant anglais lui a envoyé un petit soldat de la garde royale. Personne


ne pose de question. Vient le temps des enseignements classiques, enseignés différemment, donc. Les enfants, selon un plan de travail hebdomadaire, ont des temps de "travail personnel" durant lesquels ils découvrent seuls différents concepts. Pour les maths par exemple, chacun choisit un sujet dans une universelle », me récite-t-il. C'est liste, et cherche à le comprendre, sans l'invariant numéro 11, extrait d'un genre démonstration professorale. On appelle de code pédagogique rédigé par Freinet ça le "tâtonnement expérimental". deux ans avant sa mort, en 1966. Gabriel découvre ainsi la symétrie, pendant que son voisin se mélange les J'en profite pour lui demander quelques pinceaux entre un rapporteur et une précisions sur sa méthode équerre, en tentant de reproduire d'enseignement. « L'idée, c'est que cet diverses formes endroit est un atelier, géométriques. D'autres dans lequel on « La contrainte est créneaux sont réservés à découvre des choses paralysante » des apprentissages par soi-même, en les collectifs, tous basés, faisant. Cela permet encore une fois, sur l'expression libre des de développer la créativité de l'enfant, sa enfants. confiance en lui, et cela maintient son Pierre s'est glissé à côté de moi. « La voie normale de l'acquisition n'est pas l'observation, l'explication et la démonstration, processus essentiel de l'école, mais le tâtonnement expérimental, démarche naturelle et

intérêt tout au long de la journée, puisqu'il choisit lui-même ce qu'il apprend. » C'est l'invariant numéro 7. « Et s'il choisit de ne rien apprendre, tu lui imposes quelque chose ? », m'inquiète-je. « Jamais, car on considère que la contrainte est paralysante. Mais en réalité, un enfant qui ne veut rien faire, ça n'arrive pas. Sa liberté d'apprendre est totale, il va donc choisir ce qui le passionne. Quand ça ne l'intéresse plus, il change de recherche. » Il m'emmène à son bureau, et me donne un papier sur lequel sont inscrits les 30 invariants, qui me permettent de mieux comprendre ce fonctionnement. Au hasard, en voici quelques-uns :


se plier comme un robot. Il aime le travail individuel ou le travail d'équipe au sein d'une communauté coopérative. Invariant 24 : La vie nouvelle de l'école suppose la coopération scolaire, c'est-à-dire la gestion par les usagers, l'éducateur compris, de la vie et du travail scolaires.

Invariant 4 : Nul - l'enfant pas plus que l'adulte - n'aime être commandé d'autorité. Invariant 18 : Personne, ni enfant ni adulte, n'aime le contrôle et la sanction qui sont toujours considérés comme une atteinte à sa dignité, surtout lorsqu'ils s'exercent en public. Invariant 19 : Les notes et les classements sont toujours une erreur. Invariant 21 : L'enfant n'aime pas le travail de troupeau auquel l'individu doit

La journée passe, les activités défilent, et arrive le moment de la boîte aux questions. Le maître vide un parallélépipède rectangle de carton, dans lequel les enfants ont glissé leurs questions. Elles portent sur l'école, les divisions, les langues étrangères, mais aussi sur la cuisine, la politique ou encore l'environnement. Pierre répond à chaque question, avant de lancer l'atelier "Journal de classe". Les enfants y écrivent ou dessinent différentes remarques, informations ou suggestions sur la vie de classe.


Ici, tout fonctionne en coopérative, l'enfant occupe à l'école la même place que l'adulte, il y a la même importance. C'est le premier invariant.

file indienne, c'est l'invariant numéro 5 : « Nul n'aime s'aligner, parce que s'aligner, c'est obéir passivement à un ordre extérieur » - je fais le bilan de cette journée dans une école dite "de demain", et de sa pédagogie alternative. Une pédagogie active, participative, Ecole de demain ? entièrement centrée sur l'enfant. Une pédagogie pas toujours très éloignée de l'école que j'ai connue, à laquelle elle La fin de la journée approche. On fait le emprunte l'exposé, la boite à idées, ou le bilan. Trois questions sont posées. journal de classe - à moins que ça soit Toujours les mêmes. « Qui a appris l'inverse. Mais qui s'en écarte souvent, quelque chose aujourd’hui ? Qui a des par son côté félicitations et des libertaire, critiques ? Qui a « Nul n'aime s'aligner, parce scolastique, et antibesoin d’aide ? » que cela signifie obéir hiérarchique. Sarah, Junior et Lou se succèdent devant passivement » Ici, il n'y a pas de leurs camarades. La note, pas de devoir, les parents sont les première a découvert les éruptions bienvenus à n'importe quel moment de la volcaniques, le second s'interroge sur la journée, pour lire des histoires aux plus date de la prochaine sortie de classe, la jeunes, ou partager leurs connaissances dernière confesse avoir du mal à avec les plus âgés. apprendre sa poésie. Elle sera aidée le lendemain par Nacim et Prune, qui De retour à la rédaction, je feuillette les organiseront un jeu théâtral. papiers et les extraits de bouquins accumulés pendant mes recherches. Je Alors que l'on quitte la classe - jamais en lis, dans un livre de Marie-Laure Viaud,


maître de conférence en Sciences de l’éducation, spécialiste des éducations alternatives, que le climat est plus serein dans ces écoles que dans les établissements traditionnels. « L’ambiance est très calme, écrit-elle. Pas de violence, très peu d’incivilités et de dégradations ». D'un point de vue scolaire ? « Les travaux existants montrent que, dans l’enseignement primaire, la majorité de ces écoles réussissent au moins aussi bien, voire mieux, que les écoles standards en ce qui concerne les acquis. Spécialement dans les milieux réputés "difficiles". » Et le taux de réussite au bac des élèves ayant fréquenté ces établissements frôle les 90%. Je me demande alors pourquoi Célestin Freinet - qui influence 1% des enseignants en France, et touche partiellement 2% des élèves - n'envahit pas alors l'éducation nationale dans son ensemble ? « N'oublions pas, qu'outre les différences pédagogiques, il y a aussi des différences politiques avec les enseignements traditionnels », remarque Marie-Laure Viaud.

Dépenser plus pour avoir droit à la méthode de Freinet « En proposant une autre façon d’apprendre, qui permette aux enfants de développer leur esprit critique et d’agir collectivement, Freinet avait comme idée d’émanciper les classes populaires. » Des classes populaires qui n'ont pourtant pas toujours accès à cette pédagogie. Sur ses 53 400 écoles, la France ne compte qu'une vingtaine d'établissements publics utilisant exclusivement cette méthode. Freinet, ou ses acolytes Montessori et Steiner, s'expriment donc aussi dans le privé. Mais avec des coûts atteignant parfois les 6 000€ par an et par enfant. De quoi donner du grain à moudre au récent rapport de l'OCDE, affirmant que la France est l'un des pays où les inégalités sociales pèsent le plus dans la réussite scolaire.


« La fac ne forme à aucun métier » On peut y passer un jour, trois mois ou cinq ans, voire plus, si affinités… Après le bac, de nombreux jeunes choisissent la fac pour les études. Certains ont une idée précise de la profession qu'ils veulent exercer plus tard, d'autres un peu moins… Parole(s) a interrogé anciens et actuels étudiants : satisfaits ou pas ? Ils couchent sur le papier avantages et défauts des universités françaises. Avant de dévoiler à quoi ressemblerait leur fac idéale.

Propos recueillis par William Buzy, Philippe Lesaffre, Floriane Salgues


Paul, 45 ans, maîtrise de droit, Paris (1987-1991) Points forts Tu deviens très vite autonome, plus que tes collègues d’écoles de commerce qui ont l’habitude qu’on leur dise ce qu’ils doivent faire et qui sont perdus dès qu’on leur donne pas d’instruction. Dans les amphis, il y a des blondes, des brunes - je n'ai jamais vu de rousses, en revanche -, des mecs avec qui tu peux déconner, manger un kébab et fumer un pétard ; bref, comme dirait un mec de gauche : « Tu partages avec les autres, c’est convivial ! »

Points faibles La fac ne prépare en rien à la vie professionnelle, les cours sont très théoriques, les profs sont complètement déconnectés de la réalité du marché du travail. Tes connaissances ne sont pas celles que ton futur patron attend de toi

et tu ne sais strictement rien faire en arrivant dans le monde de l’entreprise. Les filières sont surchargées (même s'il y a beaucoup de déchets en cours de route) avec des débouchés très limités : il n'y pas besoin de milliers d’avocats, comme il n'y a pas besoin de milliers de sociologues.

Dis, à quoi ressemblerait ton université idéale ? Ce serait une fac qui rendrait obligatoire l'alternance avec le monde du travail pour éviter l’effet "Je sors de la fac à 35 ans sans avoir jamais travaillé de ma vie et je suis un inadapté social". Une fac qui offrirait davantage de cours "pratiques" : des cours d’informatique, d’anglais. En droit, il vaut mieux apprendre à faire des cas pratiques et des consultations, plutôt que des fiches d’arrêts et des dissertations. Elle serait placée à l'intérieur d'un vrai campus comme en Angleterre pour faire la fête toute l’année.


Anaëlle, 28 ans, licence de langues étrangères appliquées, Pau (2004-2007) Points forts L'universalité des diplômes, permettant aux étudiants de faire valoir leurs formations partout en Europe, et souvent ailleurs dans le monde. Il y a aussi, à l'université, une ouverture d'esprit beaucoup plus importante que dans d'autres lieux d'enseignement, notamment les grandes écoles. On y trouve des étudiants de toutes origines, je parle autant d'origines géographiques que d'origines sociales. Ouverture sur les autres donc, mais ouverture aussi sur le monde : avec des possibilités d'échanges quasi infinies avec d'autres universités sur toute la planète. Des points primordiaux pour certains cursus, mais importants également pour chacun, dans sa construction d'individu.

Points faibles Les étudiants sont littéralement livrés à eux-mêmes. Pour certains, ça revient à les éliminer du cursus d'apprentissage, parce qu'ils ne pourront pas s'en sortir seuls. Pour ceux - les plus persévérants qui arriveront au bout, cela veut dire se retrouver sur le marché de l'emploi sans aucun soutien, contrairement aux écoles, qui, souvent, favorisent l'insertion professionnelle de leurs étudiants.

Dis, à quoi ressemblerait ton université́ idéale ? Il faudrait un système de tutorat plus poussé, permettant, notamment aux premières années, d'avoir un réel référant. Un tuteur à la fois pour les questions purement pédagogiques (cours, méthodes de travail, examens), mais aussi administratives (inscriptions aux options, recherches de stage) ou relatives à la vie étudiante.

Sébastien, 30 ans, master d'histoire et Capes, Reims (2001-2007 et 2008-2009) Points forts Je n'en vois qu'un : sa démocratisation.

Points faibles Le manque de moyens ainsi que son ouverture à tout le monde et n'importe qui.

Dis, à quoi ressemblerait ton université idéale ? Une université où une sélection serait faite par l'assiduité, où des moyens seraient mis en place, dans un style de campus anglo-saxons, sans les droits d'inscription prohibitifs.


Jonathan, 27 ans, licence d'histoiresociologie, Nanterre (2008-2011)

Dis, à quoi ressemblerait ton université idéale ?

Points forts

Il y aurait, dans cette fac, une certaine flexibilité dans le choix des cours. Comme chez les Américains, je pense qu'il est pas mal de pouvoir prendre des options dans des départements complètement différents tant qu'on est capable de justifier de la cohérence de ses choix.

Contrairement aux idées reçues, je pense qu'on apprend la débrouillardise quand on étudie à l'université.

Point faibles Mais le système est absolument opaque, les cursus et les options, parfois incompréhensibles et l'administration véritablement en-dessous de tout. A tel point qu'à chaque semestre on passait déjà 2-3 semaines sans être toujours sûrs de ne pas avoir zappé une option obligatoire ou une autre connerie du genre. Quand tu n'as pas la culture de ce bordel, les premiers mois peuvent être difficiles, voire complètement excluants. A Nanterre, les options étaient très limitées et, à aucun moment, on nous aurait laissé aller faire de l'informatique... Toujours sur le même point, toute la licence d'histoire était prédéfinie et sur trois ans on n'a jamais pu vraiment choisir de se spécialiser sur un thème et on a dû "bouffer" toutes les époques antique, médiévale, moderne, contemporaine. Au final, on en a retenu quoi ?

Les profs y seraient accessibles et s'intéresseraient vraiment à leurs élèves ! Le cours magistral est bon pour les amphis mais pas pour les TD. Ces derniers, au lieu d'être des travaux dirigés - où des étudiants récitent des exposés sans aucune motivation et avec un charisme de chaussettes -, devraient être des séminaires où, assis en cercle, on pourrait discuter, sur une base d'égal à égal, des sujets relatifs aux cours. Et, bien sûr, les profs ne seraient pas que des chercheurs mais aussi des profs, donc avec une véritable passion pour le partage du savoir. Combien d'horreurs en amphi on a dû se taper ! J'aimerais qu'il y ait aussi une coordination dans les départements ! Que des profs d'un même département aient une idée claire de ce que font leurs collègues dans les différents semestres afin d'éviter la duplication et la perte de temps !


Alexandre, 26 ans, licence de droit, Lyon (2006-2010)

Julia, 23 ans, master d'archéologie, Paris (2008-2013)

Points forts

Points forts

La liberté de choix et, dans certains cas, les possibilités de changement de parcours grâce au système des passerelles sont des atouts.

Les frais d'inscription des universités françaises sont très abordables. Le choix très large de disciplines enseignées est intéressant.

Points faibles

Points faibles

La liberté donnée aux étudiants est aussi un énorme raté car il n'y a aucun suivi par l'administration sur le parcours choisi et sur la cohérence de ce dernier en vue d'intégrer le monde du travail. L'université ne forme à aucun métier et, en raison d'un ensemble de matières "inutiles", participe à gonfler les rangs des chômeurs.

Un des plus grands défauts de la fac (en France) est qu'il n'y a pas de test ni de concours d'entrée. Du coup, en licence, on se retrouve avec des classes de plusieurs centaines d’élèves plus ou moins motivés qui n'ont aucun suivi. Le taux de réussite est ridicule.

Dis, à quoi ressemblerait ton université idéale ? Une université qui aurait conscience des réalités du marché de l'emploi formant ses étudiants à des métiers dans lesquels ils auraient des chances de pouvoir évoluer. Cette université, de la même façon que des écoles spécialisées ou que des classes préparatoires, encadrerait ses étudiants et veillerait à leur évolution. Cela permettrait de sécuriser leur parcours et leur futur recherche d'emploi.

Le système des examens de fin d'année non continu comme dans d'autres pays, ne me semble pas pertinent.

Dis, à quoi ressemblerait ton université idéale ? Ce serait une université avec un nombre d’élèves réduits, qui permettrait une spécialisation à partir de la deuxième année. Avec plus de travail personnel et donc moins de stress d'examens. J'aimerais avoir des épreuves orales (comme en Italie). Et il faudrait qu'il n'y ait pas deux mais quatre sessions d'examens par an.


Jean-Luc, 58 ans, maîtrise au sein de l'UFR de sciences exactes et naturelles, Clermont-Ferrand (1975-1978) Points forts L'université offre une formation à tout bachelier. Le coût d'une année universitaire est très raisonnable, surtout en comparaison avec une école de commerce.

Points faibles La sélection à l'entrée est souvent inexistante et des étudiants s'orientent vers des filières avec très peu de débouchés professionnels (psychologie, histoire, etc) Peu de contrôles de présence.

Dis, à quoi ressemblerait ta fac idéale ? L'université idéale pourrait être un lieu de formation préparant les étudiants à une vie professionnelle en alternant des cours théoriques judicieux et adaptés avec des stages en entreprise rémunérés.


François, 62 ans, maîtrise de sciences économiques, Paris (1969-1973)

Léa, 24 ans, master d'alternance en management de la communication globale des organisations, Saint-Quentin-en-Yvelines (depuis 2013) Points forts

Points forts Elles sont accessibles à tous.

Points faibles Les amphis peuvent être trop grands. Certains accueillent près de 1 000 personnes. Cela me semble un problème. Comme il y a trop de monde, les étudiants ne sont pas toujours concentrés. Et il n'y a pas toujours des salles de travail sur place.

Dis, à quoi ressemblerait ton université idéale ? Il devrait y avoir davantage de proximité et de convivialité avec les professeurs.

Le coût raisonnable ainsi que l'accès gratuit, facile aux livres dans notre domaine et aux journaux. La possibilité de suivre les cours en alternance avec une entreprise est une très bonne idée.

Points faibles L'administration est mauvaise : cela peut être compliqué de s'inscrire à la fac… La communication laisse parfois à désirer : quand il y a un professeur absent, les étudiants sont souvent prévenus le jour même. Cela ne va pas.

Dis, à quoi ressemblerait ton université idéale ? Il faudrait obliger chaque étudiant à partir étudier un semestre à l'étranger. Ce serait également une fac qui développerait des partenariats avec les entreprises, pour donner l'opportunité aux étudiants de travailler sur des projets concrets avec des professionnels. Et cela, afin de se créer un réseau, important pour la suite.


Julie, 23 ans, master de langue, littérature et civilisation espagnole, puis licence professionnelle de guide-conférencier, Foix (depuis 2009) Points forts La possibilité infinie d'apprendre, la liberté d'approfondir par nous-mêmes.

Points faibles L'université aujourd'hui devient un espace de plus en plus privatisé, avec la création de grands campus sur quelques villes, entraînant la disparition des petits ailleurs. Or, les petites universités ne sont pas forcément les plus mauvaises, ou celles qui proposent les cursus les moins intéressants.

Dis, à quoi ressemblerait ton université́ idéale ? Une fac publique, 100% gratuite : logement, inscription, livres, matériel... permettant à tous d'étudier dans de bonnes conditions. Une fac accessible à tous - y compris aux étrangers - et notamment avec des cursus adaptés permettant, par exemple, à des gens plus âgés, déjà sur le marché du travail, d'étudier en parallèle.

Peïo, 24 ans, licence de science politique et master d'histoire, Paris (2008-2013) Points forts Dans les facs où j'ai étudié (lettres et sciences humaines), ce qui m'a principalement intéressé, c'est la liberté. La liberté d'étudier, la liberté d'aller ou pas en cours (dans le cas des cours magistraux), la liberté de dire ce que je pense. J'ai également apprécié la diversité culturelle, et la qualité de l'enseignement, avec des profs, le plus souvent, très compétents.

Points faibles Le manque de moyens en matière de recherche et les sujets imposés pour les thèses financées. Certains profs s'engagent à diriger des recherches et, à la fin de l'année, ne savent même pas le nom des élèves qu'ils étaient censés aider...

Dis, à quoi ressemblerait ton université́ idéale ? La fac sera idéale lorsque la société le sera !


Bastien, 33 ans, master de sociologie, Bordeaux (1998-2003) Points forts Les diplômes élevés sont valorisants. Contrairement à des écoles, a fortiori les écoles privées dans lesquelles il suffit souvent de s'inscrire et de payer son inscription pour ressortir diplômé, les examens à l'université sont "sérieux". Et, avec tous les abandons, en première année, mais aussi jusqu'à la fin de la licence, voire en début de master, un employeur peut estimer qu'un étudiant qui sort de la fac avec un master II ou un doctorat est quelqu'un de travailleur, déterminé et persévérant.

Points faibles Il faut avoir un objectif précis en entrant à l'université, et ne surtout pas y aller par défaut. Quand on sait où on veut aller, c'est un bon moyen de rester motivé, et de ne pas couler face à l'importance du travail à fournir. Quand on s'inscrit à la fac parce qu'on ne sait pas quoi faire, on se retrouve vite perdu face à ces méthodes de travail orthodoxes.

Dis, à quoi ressemblerait ton université́ idéale ? Ce serait une université qui aurait pris un grand coup de fraîcheur. Les conditions de travail y sont parfois très limites : des amphis surpeuplés qui tombent en ruine, des bibliothèques très inégales suivant les campus. Et rares sont les salles d'études, libres en permanence pour les étudiants, désirant se retrouver pour travailler.


Avec 16/20, la prof redouble Joanna, enseignante suppléante de 28 ans, a loupé, en juin 2013, le concours - malgré une moyenne honorable - qui lui aurait permis de décrocher le Graal : une titularisation et la fin de nombreuses galères. Cette « prof précaire » pousse un coup de gueule pour Parole(s). Par Philippe Lesaffre

La rentrée scolaire s'est « bien passée ». Et les élèves restent, plus d'un mois après la reprise, sages comme des images. Mais quelque chose cloche pour Joanna, 28 ans et suppléante dans une classe yvelinoise de CE1, cette année. C'est l'ire d'une « prof précaire », qui gagne le Smic depuis le début sa carrière dans l'enseignement privé et catholique, il y a six ans. « Je ne vois toujours pas d'évolution de carrière », peste-t-elle.

La faute à ce concours que Joanna a manqué, en juin dernier, malgré une moyenne de 16/20 : "l'examen professionnalisé réservé", mis en place en décembre 2012 par François Hollande qui lui aurait permis de devenir professeure des écoles stagiaire et de décrocher - enfin - une titularisation. Ce dont elle rêve depuis ses études - une licence en "langue, littérature et civilisation" italienne.


Pour postuler, il lui de nombreux Le diocèse ? Une « agence comme fallait quatre ans suppléants qu'elle d'ancienneté : pas de côtoie. En espérant, d'intérim » pour les souci pour elle. Le but cette fois, que ça suppléants du "jeu" ? Envoyer un passe. C'est l'objectif dossier de huit pages de l'examen, organisé pour valoriser son parcours, ses acquis, chaque année jusqu'en 2016 : "donner" son expérience - fastoche même s'il a un poste fixe à tous les suppléants. fallu rédiger le tout en pleine période scolaire - puis le présenter devant un jury. Soutien Comme seuls 340 postes étaient ouverts sur tout le territoire - 19 au sein de l'académie de Versailles - elle aurait dû obtenir 17,3/20 pour dire "ciao" aux galères. La pilule a du mal à passer : «L'Education nationale - qui la paye me donne du travail chaque année, j'ai enseigné en première section de maternelle ainsi que dans presque toutes les classes du primaire (CP, CE1, CM1, CM2), j'ai une bonne note et je suis recalée. » Mais elle ne se décourage pas. Pour la session suivante, en novembre prochain, elle a décidé d'envoyer le même dossier -

Forcément, la difficulté va s'estomper chaque année puisqu'il y aura de moins en moins de candidats, tente de rassurer le diocèse parisien de l'enseignement catholique, dont le rôle consiste à relier chaque enseignant "remplaçant" aux chefs d'établissement en besoin de "personnel" suite à l'absence temporaire d'un instituteur. « Nous nous considérons comme une sorte d'agence d'intérim ou d'interface à la Pôle Emploi », précise le responsable des ressources humaines, Etienne Tercinier, dont le diocèse a «prérecruté» 600 suppléants au sein de la capitale.


« J'ai enseigné à de futurs délinquants » Joanna reconnaît que le diocèse de Versailles lui a été d'un grand soutien durant ses recherches de travail. Mais rien n'est automatique. Au mois de juillet de chaque année, elle ne sait pas si elle aura un job à la rentrée. Alors, elle accepte ce qu'on veut bien lui donner. Parfois c'est bien, d'autres fois un peu moins… En 2012, par exemple, elle a dû bosser, à mi-temps, avec des CP/CE1 dans un établissement spécialisé qui accueille des enfants placés par un juge dans un orphelinat ou dans une famille d'accueil : « Des élèves violents souvent en échec scolaire et qui ont de grosses difficultés de socialisation », se souvient Joanna. «C'est un boulot de prof spécialisé et pas de suppléante non préparée» à enseigner dans une Maison d'enfants à caractère social (Mecs). « Il est plus difficile de trouver un remplacement dans le primaire que dans le secondaire », admet Etienne Ternicier. Ce dernier explique que les candidats au métier de professeur sont plus nombreux à vouloir enseigner aux plus petits. « Le collège et le lycée font de plus en plus peur, à tel point, qu'après concours, certains postes dans le secondaire ne sont pas pourvus, contrairement au premier degré », analyse cet exsuppléant.

Si Joanna met plutôt une bonne note à son diocèse, ce n'est pas le cas d'un autre prof, Yannick, originaire des Pyrénées. Cet enseignant dans un institut médicoéducatif critique le diocèse du Tarn car il n'aurait pas assez soutenu l'une de ses proches, une suppléante qui n'a pas non plus réussi l'examen prioritaire. Elle l'a passé dans ce département du sud sans savoir qu'il n'y avait qu'un poste à pourvoir. Et elle n'était pas non plus au courant que le département d'à-côté, l'Aveyron, recrutait… sept fois plus de suppléants. Elle a retenu la leçon, en vue de la session suivante. Pour l'heure, donc, elle continue de galérer. Et de signer contrat sur contrat…

CDD à la chaîne Pour Joanna, même topo : elle assure «enchaîner» les CDD depuis six ans. «Cette année, je remplace une personne enceinte. Officieusement, je sais que je ferai une année entière. » Mais

officiellement,

c'est

plus


compliqué. Son premier CDD de l'année court de septembre… aux vacances de la Toussaint et correspond à l'arrêt maladie pour grossesse difficile de la personne remplacée. Celle-ci sera ensuite en congé maternité de quelques mois. Puis aura droit à un congé parental. Et, à chaque fois, Joanna paraphera le CDD correspondant. Cette galère sans nom a une conséquence simple : elle est souvent payée en retard par le rectorat de l'Education nationale. Comme lorsqu'elle a touché, une fois, son premier salaire de l'année scolaire « début novembre ». « Et, encore, à une époque, c'était six mois d'attente pour certains », glisse Etienne Ternicier. Cet ancien prof et chef d'établissement évoque une «injustice». Surtout que le montant sur la fiche de paie n'est pas élevé et plus bas que les vacataires et les contractuels du public.

La classe d’une école de village par le peintre suisse Albert Anker (1896)


Le DRH parisien tacle « les syndicats (qui) ne montent pas trop au créneau » sur ce sujet. Interrogés, ces derniers n'ont pas répondu à nos sollicitations. Il y a autre chose qui gêne Joanna. Dans le contexte d'un recrutement plus important, des candidats au concours des profs des écoles - pas celui qu'elle a passé en juin - ont été admissibles, dans certaines académies selon L'Express, malgré une note catastrophique à l'écrit. Elle n'a rencontré personne dans ce cas de figure et évoque « une rumeur ». « Mais si c'était avéré, ce serait très énervant », soupire cette suppléante. "Challenge accepted", dirait Barney Stinson, l'un des personnages principaux de la célèbre série télévisée "How I met your mother". Parole(s) a tenté d'y voir plus clair. En vain ! Tous les instit' interrogés, au quatre coins de la France, ont répondu par la négative. Non, ces derniers ne connaissent «personne». Ou ils ne sont « pas au courant ». «J’imagine que, si ça arrive, les collègues ne s’en vantent pas», réplique, par exemple, une prof d'un établissement public dans le Loiret. Avec ce commentaire : « En 2007, il fallait 10 de moyenne pour être

Mur peint de Solène Eloy, rue Miollis, à Paris Photo de Floriane Salgues

admissible aux oraux, et la moyenne générale, oral compris, du dernier admis était autour de 12, dans mon département... » Un autre s'interroge : «Comme pour des examens, une note est-elle vraiment significative ? »

Le concours est trop difficile ? Joanna n'y croit pas : elle fait "non" de la tête et en profite pour tacler l'épreuve écrite du concours qu'elle a raté deux fois avant de donner des cours dans le privé - à l'époque, c'était accessible à bac +3 contre +5 actuellement - : il y aurait, selon elle, trop de connaissances à acquérir. Elle se souvient avoir eu, en histoire, «des questions sur les églises et les cathédrales au Moyen-Age » : « C'est un sujet assez difficile à traiter car il faut pouvoir disserter plusieurs pages », lance-t-elle.


« La difficulté est utile car elle permet de "faire le tri" entre ceux qui souhaitent réellement s'investir, et ceux qui viennent par défaut », analyse Yannick, qui, lui, a failli se faire "sortir" à cause des maths. Il le reconnaît : « L'oral, n'intervenant qu'après coup, il écrème les personnes qui ne sont pas positionnées sur le métier d'enseignant, mais ne détecte pas celles qui l'étaient » et qui ont été éliminées par l'épreuve écrite. « Le but du concours est d’assurer un certain niveau de culture générale, de raisonnement mathématique et de langue», souligne l'enseignante du Loiret qui ne trouve pas le concours «trop dur».

Comme Joanna ? Cette prof a pu, tout de même, enseigner dans le privé après son double échec au concours des professeurs des écoles. Mais dans des conditions précaires. Encore longtemps ? Comme elle ne peut répondre à cette question, elle se met à entonner le tube "Ça m'énerve" de Helmut Fritz !


Les maux du quotidien Episode 9 : le rectorat "oublie" de payer ses profs Les suppléants reçoivent toujours leur premier salaire de l'année en retard. Mieux vaut qu'ils soient armés de patience. Car l'administration ne se précipite pas. Bien au contraire. Notre Héros, qui enseigne depuis de longues années, en sait quelque chose.

Une habitude ! Notre Héros reçoit systématiquement sa première fiche de paie de l'année scolaire en retard. Son premier mois de cours mérite salaire… mais pas tout de suite . La démarche, pour avoir droit à la rémunération, est identique chaque année. Notre Héros, suppléant, commence par remplir, début septembre, une pile de documents - l'administration française raffole de paperasse. Et halte

aux fautes et aux coquilles : à la moindre erreur, le rectorat de l'Education nationale "bloque" le versement d'argent. Notre Héros a intérêt à s'appliquer. Comme son employeur a horreur du 2.0, il envoie, ensuite, un courrier tout propre par La Poste : c'est plus fiable que les mails, vous comprenez ? Puis, une chose à faire : attendre. Car, bien sûr, les fonctionnaires de l'Education nationale s'occupent des suppléants… après les autres. D'où le retard d'un mois environ ! Cette année, Notre Héros ne veut pas rester les bras croisés. Il décide alors d'appeler le rectorat, à la miseptembre, pour réclamer un acompte

L'un des documents à remettre au rectorat


l'Education nationale ne changera pas d'avis : « Nous avons pris du retard, nous n'avons pas commencé à traiter les dossiers des suppléants et nous ne pouvons rien faire. » Notre Héros veut parler à sa supérieure. On lui donne un numéro. Mais cette dernière restera injoignable plusieurs jours.

Le ministère de l'Education nationale, rue de Grenelle, à Paris

début octobre. Pas grand-chose : juste de quoi payer ses impôts et son loyer. Notre Héros y croit : il a déjà obtenu ce qu'il souhaitait les années précédentes. Il lui suffit de lever (un peu) la voix et de tomber sur une personne qui comprend. Or, cette fois-ci, pas de chance. On lui répond, sur un ton désagréable - avec un soupire à la clé : « Oh, là, là ! » -, qu'il n'aura « rien du tout avant la fin du mois d'octobre ». Notre Héros a beau râler, ce n'est pas utile d'insister : le fonctionnaire qui s'occupe des agents non titulaires de

Oups ! Il lui faut son argent pour vivre. Il joint son diocèse comme il bosse dans l'enseignement catholique. Qui tente de contacter, à son tour, le rectorat. Sans succès. Puis le responsable de ce dernier appelle l'établissement scolaire qui emploie Notre Héros. La directrice craque. Elle a six suppléants mais accepte de lui faire un chèque de 1 000 euros avec le compte de l'école, pour « dépanner ». Et, encore, elle lui dit "oui" car il est « célibataire et sans ressource ». Chut, c'est un secret : il sera le seul suppléant de l'école à en bénéficier, puisque l'école manque de liquidités. Notre Héros n'en dira pas un mot à ses collègues, en galère comme lui… Tant pis ! Il a ses sous, après tout. Et c'est l'essentiel.


"Lit-on Parole(s) jusqu'au fin fond de la campagne ? Ou bien est-ce plut么t un montage ?"


Making-of Ce que nous avons lu, vu, entendu au cours de la réalisation de ce #11

Erri De Luca, "Le jour avant le bonheur" (2010) INITIATION. Au lendemain de l'après-guerre, un concierge de Naples éduque le narrateur, orphelin et écolier adepte de littérature, et lui apprend les rudiments de la vie. Association parfaite de mots et phrases oniriques. Chapeau, l'artiste.

"Hollande, DSK, etc." (realisateurs : Julien Brygo, Pierre Carles, Nina Faure et Aurore Van Opstal, 2012) Une enquête indépendante sur le traitement de la campagne présidentielle de 2012 par les médias, prolongement d'un travail de Pierre Carles débuté en 1995, "Juppé, forcément". Diffusé gratuitement sur Internet au moment de l'élection, le film est désormais disponible en DVD.

Vitalic, "Fade away" (2013 - Different Recordings / Citizen Records ) Un titre électro venu de Dijon, déjà présent sur l'album "Rave Age" sorti en 2012, mais ressorti en single avec différents remix, et un clip digne des meilleurs courts-métrages.

Paroles - N°11  

Onzième numéro du magazine Parole(s)

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