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RENART & LE CAMÉLÉON

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ne fois, Renart cherchait de la nourriture. Il vit un étrange insecte qu’il trouva appétissant. Il courut vers lui et lui dit : « Messire l’insecte, vous n’êtes pas d’ici ? - Non, pourquoi me posez-vous la question ? - C’est que notre coutume ici, est qu’on s’embrasse les yeux fermés. Quel animal êtes-vous donc ? - Seigneur Renart, je suis un caméléon ! - Quel animal bizarre ? Et comment vous appelez-vous ? - Léon. - Messire caméléon, quelles sont vos coutumes chez vous ? - Nos coutumes ? Nous n’en avons guère, car nous ne nous voyons point. - Pas de coutumes bizarres ? Et que mangez-vous ? Pas de goupil, j’espère. - Non, ne vous inquiétez pas, je ne mange que des insectes, et volants de préférence. - Volant certes, mais quels types d’insectes ? - Fourmis volantes, abeilles … des insectes volants, quoi ! - Mouais, pas très appétissants ces insectes » Renart pense : « Il commence à prendre confiance ». Mais Léon le caméléon se méfiait, car il n’avait jamais vu de goupil là où il habitait. « Bon, bah, passons à notre coutume », dit Renart « D’accord », dit Léon. Renart s’approcha de Léon, ouvrit les crocs et les yeux, mais à sa surprise Léon avait disparu. Comme il n’avait jamais vu de caméléon, il ne savait pas que les caméléons pouvaient se fondre dans le paysage. Et Renart le chercha pendant des heures entières, mais en vain. Et Léon n’a plus vu Renart pendant des années et des années.

Tom Baillergeau


RENART & LE SAUMON

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enart étant affamé, il s’approcha du lac. En effet, il avait entendu dire que ce lac était rempli de saumons. Il se voyait déjà les frire accompagnés de citron. À cette pensée aussi réjouissante, Renart se lécha les babines et son ventre fit entendre un bruit bizarre. Il s’approcha du lac et, à ce moment-là, un gros saumon sauta hors de l’eau : ce saumon faisait au moins soixante-cinq centimètres et pesait bien quatre kilos. Renart s’approcha du bord, ayant la ferme intention de faire de ce saumon son repas de la journée. Notre rusé compère se mit à geindre bruyamment : « Au secours, aidez-moi ! Voulant me désaltérer, je me suis pris les pattes dans la vase. A l’aide ! » Le gros saumon s’approcha de Renart pour l’aider : « Que vous arrivet-il, compère ? Approchez-vous de moi, je m’accrocherai à votre queue pour sortir de l’eau. - D’accord ». Le saumon s’approcha alors de Renart, qui était prêt à lui sauter dessus. Cependant, à force d’être dans l’eau, Renart s’était envasé pour de bon. Il tomba la tête la première, en essayant d’attraper la queue du poisson. Trempé, il dit au saumon : « Tu es allé trop vite ». Le saumon revint, fit la même manœuvre, mais cette fois-ci, Renart était libre. Il sauta alors sur le saumon. Mais le saumon lui glissa des pattes, et lui asséna un coup de queue sur sa truffe. Le saumon repartit, laissant Renart seul, penaud, trempé, ayant toujours la faim qui lui tenaillait le ventre.

Romain Ben Ali


RENART & MAÏTRE BELETTE

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enart ce jour-là se leva de bien mauvaise humeur. Rien dans sa maison ne lui permettait de remplir son estomac vide, qui gargouillait. « Faut que je trouve une proie avant le coucher du soleil ! » ! Il criait d’une voix forte : « Je suis le plus intelligent des hôtes de ces bois, cette belle journée serait bien cruelle si, à la fin, mon estomac n’était pas plein ». Il s’habilla vite et sortit observer les environs, à la recherche de son dîner. Pendant ce temps-là, de l’autre côté de la forêt, Maître Belette, appelé “le rusé”, se promenait tout heureux de cette belle journée qui s’annonçait. Chacun faisait chemin de son côté. Ils finirent par se rencontrer et tout aussitôt, Renart vit en Maître Belette un bon dîner sur pattes qui bientôt cuirait dans son grand four. Mais la tâche n’était pas si facile : Renart connaissait l’habileté et la ruse de Maître Belette. Comment donc pourrait-il l’amener dans son four ? Une idée de génie lui vint, il se jeta par terre et fit mine d’être blessé. Ainsi, pensait-il, Maître Belette allait lui porter secours, et une fois que Maître Belette serait à côté de lui, il n’aurait plus qu’à l’assommer pour le jeter dans le bouillon. Maître Belette, voyant Renart à terre, courut afin de l’aider à se relever. Dès qu’il arriva à ses côtés, Renart l’attrapa et, à l’aide d’une corde cachée sous son manteau, l’attacha fermement, puis l’amena chez lui. Surpris, Maître Belette comprit qu’il s’était fait piéger et que seule sa ruse pourrait le sortir de ce bien mauvais pas. Il dit à Renart : « Renart, mon ami de toujours, j’ai bien compris que votre estomac l’emporte sur la raison, et que vous avez oublié notre si belle amitié pour ne plus penser qu’à me manger. Mais venez donc chez moi, de beaux et gras rôtis nous attendent pour manger entre amis, je venais justement à votre rencontre pour vous inviter à ce repas. » Renart, qui effectivement ne pensait plus qu’à manger, oublia un instant la ruse de Maître Belette, et joyeusement il répondit : « Mais il fallait le dire tout de suite, mon cher ami, je vous détache, allons dîner ensemble » !


Maître Belette riait en lui-même de la vilaine blague qu’il s’apprêtait à jouer à ce traître de Renart. Arrivé à proximité de sa maison, Maître Belette invita Renart à enlever ses bottes dans la grange, où, une fois rendu, Belette actionna une poignée qui eut pour effet d’ouvrir le sol en deux sous les pattes de Renart, qui tomba dans un cachot. D’en haut, Maître Belette cria à Renart : « Cela t’apprendra à me prendre pour plus bête que je ne suis. Tu resteras là tant qu’il me plaira, et peut-être que dans quelques jours je viendrai te libérer. » Maître Belette rentra chez lui, s’assit sur son canapé et dit : « Ah ! que cette journée fut belle en vérité. »

Lucie Donadieu


RENART LE BÂTISSEUR

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’était pendant les premières journées chaudes que Renart se mit à la recherche de son dîner dans les dunes voisines. Lorsque Renart aperçut enfin une proie idéale (un rat bien dodu), il vit au même moment son vieil et gros ennemi Tacos le poney. Au grand désespoir de Renart, Tacos se dirigea d’un trot lent vers lui. Renart voulut simplement s’échapper afin de continuer à poursuivre sa proie. Mais pas de chance, Tacos lança un gros filet de mailles qui emprisonna Renart. Après l’avoir ramené devant son misérable box délabré, Tacos conclut avec Renart que, pour qu’il le laisse partir, Renart devait lui construire un bel abri, juste en bas des dunes, dans les herbes hautes. Renart, pris au dépourvu, accepta ce marché. Mais dès le lendemain matin, Renart avait déjà son plan en tête : il allait construire un abri sur pilotis (ce qui s’adaptait très bien aux dunes de sable fin) qui ne résisterait pas au poids de Tacos. Il se mit à l’œuvre dès le début de l’après-midi. Renart travailla jour et nuit sous le regard stupéfait du vieux poney. Après trois semaines de travail, Renart rangea enfin ses outils et prévoyait de faire visiter l’abri tout neuf à Tacos. Mais finalement, Tacos, tellement impatient, voulut découvrir tout de suite son nouvel abri en bois brillant, avec des petits rideaux bleus et une échelle pour accéder à la porte. Renart qui était fatigué de son travail et qui avait la tête ailleurs, accepta sans réfléchir. Avec sa grosse boîte à outils sur le dos, le rusé accompagna Tacos. Tout de même méfiant, Tacos pria Renart de passer devant lui pour entrer ; Renart refusa mais Tacos le força en l’entraînant vers l’intérieur. Chargé de sa boîte à outils, le poids de Renart serait beaucoup trop élevé, et l’abri s’effondrerait sur Renart ! Mais à ce moment-là, Renart n’avait pas les idées claires et ce malheureux dégringola et fut enseveli sous les décombres de l’abri tout neuf. Tacos, qui l’avait échappé belle, s’en alla galoper dans le sable vers son box en piteux état, mais néanmoins solide.

Lucie Fournier


LES PIQÛRES DE RENART

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enart, vous l’avez bien deviné, était toujours à la recherche de nourriture pour sa famille, et pour lui en priorité. Aujourd’hui, Renart alla chercher sa nourriture dans une petite forêt isolée du monde. Cette forêt était tout à fait charmante, ses arbres étaient grands et touffus, mais laissaient passer la lumière. Arrivé au centre de la forêt, Renart vit un grand arbre : il était immense. Ce devait être le plus grand de la forêt. Il faisait au moins vingt mètres de circonférence et cent mètres de hauteur. A peu près à cinq mètres de haut, il y avait un nid de guêpes et deux mètres en-dessous il y avait un pot qui ressemblait à un gros pot de miel. Renart attrapa le pot mais ne mangea pas tout de suite le miel. Il prit le temps de le regarder, le sentir. Cela faisait si longtemps qu’il n’avait pas mangé, qu’il voulait prendre tout son temps pour bien en profiter. Mais Renart n’aurait pas dû attendre si longtemps, car l’ours Hugo arriva. Il supplia Renart de partager le miel. Renart, qui avait plus d’un tour dans son sac, et qui n’avait plus envie de se contenter que de miel, accepta, à la seule condition que l’ours fasse cent fois le tour de l’arbre. Hugo accepta le marché, mais resta prudent. Il ne quitta ni Renart ni le pot de miel des yeux. Hugo fit les quarante-neuf premiers tours facilement, et au cinquantième il commença à se sentir fatigué. Au quatrevingtième il était épuisé, mais il réussit quand même à faire les cent tours. Quand il eut fini, Hugo était exténué. Il mangea sa part de miel et s’endormit. Tout se passait comme Renart l’avait prévu. Il voulait préparer un ours au miel. Renart était content, il se pencha vers l’ours et saliva, tellement l’ours était gros et plein de graisse. Mais quand Renart saliva, une goutte tomba sur Hugo, et comme il avait hiberné tout l’hiver, il avait le sommeil léger, et il se réveilla. Il ne montra pas à Renart qu’il était éveillé car il avait compris sa ruse. Il se leva, faisant semblant d’être somnambule, s’avança vers l’arbre, prit le nid de guêpes et le lança sur Renart qui partit en courant, avec l’essaim de guêpes très énervé à ses trousses. Hugo put profiter seul du pot de miel qu’il avait bien mérité et se reposa tranquillement de sa course !

Salomé Hincelin


RENART & LE CHAT QUI TERRORISAIT LES FACTEURS

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n jour, Renart s’introduisit dans une maison pour chercher de la nourriture, mais ce qu’il ne savait point, c’est que dans cette maison, logeait un chat. Mais pas n’importe quel chat ! C’était un chat qui terrorisait les facteurs : il inventait mille et une ruses pour rendre la vie malheureuse à ces pauvres facteurs. Renart sentit une odeur de viande qui venait de la cuisine, où il se dirigea. Il se retrouva nez à nez avec ce chat (auquel il ne fit pas attention). Il vit la viande en train de griller dans le four, il marcha en sa direction, il essaya de l’ouvrir mais il n’y arriva pas. Il dit au chat : « Bonjour, compagnon, je m’appelle Renart et j’ai très faim ». Et le chat lui répondit : « Et alors » ?, tout en s’asseyant dans un fauteuil pour regarder la télé. Renart reprit avec persévérance : « Pourriez-vous m’aider à ouvrir le four ? - Pourquoi ? » demanda le chat avec agacement. « Pour prendre la viande qui est dedans et la manger », répondit Renart. Le chat surpris sursauta : « Vous voulez manger ma viande ! Vous n’avez pas le droit, c’est Ma viande, c’est Moi qui peux la manger ! Et de toute façon, si vous y touchez, j’appelle mon copain Robert, le gros chien d’à côté » ! Renart comprit qu’il ne pouvait pas avoir la viande facilement, donc il fit la comédie : il disait que s’il ne mangeait pas quelque chose, il allait mourir de faim. Le chat comprit que Renart était en train de le tromper pour manger sa viande, alors il eut une idée, et dit à Renart : « D’accord, je veux bien te donner Ma viande ». Le chat alla chercher la viande et en secret y rajouta fortement de la sauce extra-piquante, puis l’apporta à Renart. Renart en mangea un morceau et devint tout rouge : il comprit le tour que ce chat venait de lui jouer. Il chercha un point d’eau où assouvir ses souffrances, mais il n’en trouva point. Il injuria de tous les noms le chat, mais ce dernier lui répondit : « Je vous donne à manger, et voilà comment vous me remerciez ? alors déguerpissez » ! Mais le chat se garda bien de rire, car il avait trompé l’animal qui est pourtant l’image même de la ruse.

Amandine Chabli


RENART & LE LAPIN AVEUGLE

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n Renart était dans la forêt, il avait faim et cherchait de la nourriture. Il n’avait pas un seul mulot à se mettre sous la dent. Il continuait à marcher puis soudain, il vit une petite maison. Renart s’approcha de la maison et vit que la porte n’était pas fermée. Il rentra à l’intérieur et ne vit personne. Mais quelques minutes après, Renart entendit la porte s’ouvrir. Renart se cacha derrière la porte et vit un lapin entrer, une canne à la main, car il était aveugle. Renart se dit qu’il n’allait pas le manger tout de suite, il avait peut-être une famille … Le lapin commença par monter à l’étage, Renart en profita pour sortir de la maison. Dès qu’il fut sorti, il trouva une ruse pour le manger, lui et sa famille. Il sonna à la porte et elle s’ouvrit. Renart dit avec une voix douce : « Je suis un canard perdu, puis-je me reposer chez vous quelque temps ? - Vous avez une drôle de voix » répondit le lapin. « Je suis malade, j’ai pris froid ces derniers temps. - Et vous avez des poils » ? demanda, étonné, le lapin, en lui tenant la queue. « Non, c’est mon écharpe que vous tenez là » ! Le lapin le fit rentrer et lui demanda son nom. Renart le lui dit et lui demanda de même. Le lapin s’appelait Tiwabit. Renart demanda s’il pouvait s’allonger. Le lapin lui dit : « Oui, venez dans ma chambre, montez là haut ». Renart monta à l’échelle et le lapin ferma la trappe à clé en lui disant : « Vous n’êtes pas un canard, sinon vous auriez volé pour monter en haut, or là, vous avez utilisé l’échelle » ! Renart était mécontent, il s’était fait avoir, mais heureusement la fenêtre était ouverte. Il s’échappa et on ne le vit jamais plus dans cette forêt.

Hugo Bleuze


RENART & ÉDOUARD LE FURET

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enart suivait sa route en quête de nourriture. Soudain, au beau milieu d’une clairière, il aperçut un saucisson plutôt appétissant, abandonné par un marchand qui avait dû passer par là. Comme Renart ne vit personne, il s’approcha pour le manger, mais tout à coup surgit d’un buisson Édouard, le furet, qui avait dû sentir le morceau de saucisson et s’en approcha également. « Bien le bonjour, dit Renart, que me vaut l’honneur de vous voir ici mon cher ? - Sûrement la même chose que vous, chez confrère ! - Dans ce cas, essayez de deviner qui de nous deux est le plus méritant pour avoir ce saucisson ? - Moi, évidemment ! - En êtes-vous sûr, Édouard ? - Absolument, car depuis le départ des oiseaux migrateurs, je suis contraint de manger des glands toute la journée ; il faut bien que je mange autre chose, moi qui suis carnivore ! - Peut-être, mais je pense que c’est moi le plus méritant, car moi, contrairement à vous, je n’ai rien à manger ! - Oh ! Que Dieu vous bénisse pour remplir votre panse ! - J’ai une idée : je vais jeter le saucisson de cette falaise, là-bas. Le premier de nous deux qui le récupère et le ramène ici a le droit de le manger, je resterai loyal là-dessus ! - J’y compte bien ! - Alors, ça vous tente ? - J’accepte le défi ». Alors Renart (qui est sûr de gagner car il connaît un raccourci qui permet de se rendre en bas de la falaise et qu’Édouard ne connaît pas) lança très rapidement le saucisson du haut de la falaise et s’empressa de prendre le raccourci. Renart descendit tellement vite, qu’il ne vit pas que le saucisson s’était accroché à une branche, au milieu de la falaise. Édouard, lui, descendit de la falaise sans aucune difficulté. Dès qu’il aperçut le saucisson, le furet se dépêcha de remonter la falaise et de le manger. Il pensa : « Même un lapereau de trois semaines aurait pu le faire ». Renart, en bas de la falaise, le voit manger le saucisson.


Il n’eut plus que ses yeux pour pleurer quand il pensa qu’il s’était fait avoir par un furet. Renart, épuisé, reprit sa route en quête de nourriture.

Guillaume Bénard

RENART & LE SINGE

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enart en se promenant croisa un singe qui s’était échappé de chez son propriétaire pour manger des bananes. Renart, guidé par la faim, tenta de les lui voler. Mais le singe l’en empêcha. Renart trouvait le singe très étrange car il était habillé en cow-boy. Renart lui demanda ce qu’il faisait là, et le singe lui répondit qu’il venait chercher de la nourriture car il n’en avait plus chez lui. Renart réessaya de lui voler les bananes mais le singe le repoussa. Renart lui jeta tout ce qu’il trouva, le singe fit de même. Des coups violents s’échangèrent. Renart, rusé, fit croire qu’il était effrayé et partit oreilles baissées et queue entre les jambes. Profitant d’un moment d’inattention de la part du singe, Renart revint sur ses pas et lui chipa les bananes. Il partit en narguant le singe. Mais le singe savait bien que Renart allait lui faire ce coup-là ; alors il avait peint des morceaux de bois en jaune pour faire croire à Renart que c’était les bananes. Or, celles-ci était déjà dans le ventre du singe, sauf deux, qu’il avait gentiment gardées pour Renart. Le singe, finalement très malin, alla voir Renart et lui donna les deux bananes qu’il lui avait gardées. Le singe demanda à Renart son prénom et Renart lui dit : « Je m’appelle Renart, et toi cher ami » ? Le singe lui répondit : « Moi c’est Lucky, mon p’tit gars, toujours là pour te servir ». Le singe Lucky et Renart se pardonnèrent l’un l’autre pour leur comportement de tout à l’heure. Unis par la faim, Renart et Lucky sont devenus amis. Et chacun sait qu’il pourra désormais compter sur l’autre.

Leo Benchehida


RENART & TÉCHA LE CHIEN

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écha le chien avait été longuement malade et sa maladie l’avait contraint à jeûner. Lorsqu’il fut guéri, il était si faible qu’il était dans l’impossibilité de chasser. Un matin, il alla prendre l’air et, tandis qu’il passait devant la renardière de Renart, celui-ci l’interpella : « Técha ! lui dit-il en l’apercevant, il y a fort longtemps que je ne t’ai vu. - Oui », répondit-il, « j’étais en voyage. Je viens de rentrer et je te rends visite pour t’entretenir d’un petit problème. - Je t’écoute », dit Renart avec intérêt. « Voilà ! Durant mon voyage, j’ai entendu dire que tu étais le plus fort. Effectivement » ! dit Renart. « Moi, je pense que c’est faux », déclara Técha. « Ah oui ! Et pourquoi donc ce serait faux », répondit Renart surpris. « C’est faux car je suis plus fort que toi » ! rétorqua Técha. « Tu prétends être plus fort que moi » ? glapit Renart avec colère. « Oui ! - Mais tu te méprends mon cher ! - Pas du tout » ! insista Técha « Il va falloir prouver ce que tu avances », gronda Renart en élevant le ton. « J’accepte de te montrer qui je suis », déclara Técha avec prétention. « Allons à la chasse », proposa Renart. « Nous verrons bien qui de nous deux ramènera le plus gros gibier ». Ils partirent donc ensemble. Renart marchait en tête et Técha le suivait péniblement, car il était affaibli par la faim. Soudain passa une famille de lapins. Renart bondit et saisit le plus gros. Técha se jeta sur le plus petit, qui se débattit et vint à prendre la fuite. La famille disparue, Renart se tourna vers Técha afin de voir s’il était aussi fort que ce qu’il prétendait. « Montre-moi ce que tu as attrapé, lui cria-t-il. « Les lapins ont été si effrayés en me voyant qu’ils ont pris la fuite rapidement. Aussi n’en ai-je attrapé aucun ». Renart accepta l’explication de Técha, bien qu’il ne fût pas totalement convaincu. « Très bien » dit-il. « Partageons donc le lapin que j’ai attrapé » ! Técha ne se fit pas prier. Il se jeta sur la viande qu’il déchira à pleines dents. « Tu as l’air d’être affamé », constata Renart. « Non, dit Técha », « j’ai juste bon appétit ». Le repas terminé, Renart proposa d’aller chasser le sanglier. Et il se mit immédiatement en route ; Técha suivait tant bien que mal. Il ne


souffrait plus de la faim, mais son estomac, trop lourdement chargé, le gênait terriblement. Il aurait vraiment préféré pouvoir faire une petite sieste avant de repartir. Il rêvait de repos, quand Renart accéléra l’allure. Il venait de flairer un troupeau de sangliers. « Attends-moi ! », protesta Técha. Renart ne l’entendit pas, tant il était captivé par la chasse. Dès qu’ils furent près du troupeau, il se jeta sur un gros sanglier qu’il eut tôt fait de tuer. Técha s’attaqua au plus petit qu’il trouva, et ne parvint pas à en venir à bout. « Cette fois-ci, as-tu réussi à attraper quelque chose » ?, demanda Renart à son compagnon de chasse. « Non », répondit-il. « Comment est-ce possible » ?, s’étonna Renart. « Les sangliers ont été si effrayés en me voyant qu’ils se sont enfuis précipitamment. De plus, tu t’es jeté si rapidement sur le gros sanglier que je n’ai pu l’attraper, et pour moi c’était lui ou rien, donc je n’ai pu en attraper aucun ». Renart, cette fois, n’accepta pas l’explication de Técha. « Je t’ai montré ma force à deux reprises, dit-il. Il serait temps qu’à ton tour tu me montres tes capacités. Je te propose donc que nous nous battions. Si tu perds, je te dévorerai ». Técha n’était pas de taille à affronter Renart. Il en était conscient. « La faim fait parfois délirer l’individu », rétorqua-t-il sur un ton docte, « j’étais vraiment affamé lorsque j’ai prétendu être plus fort que toi. Depuis, je me suis restauré et j’ai recouvré mon bon sens. Aussi dois-je reconnaître que tu étais le plus fort ». Sur ces mots, Técha prit congé de Renart et s’en fut le ventre plein en traînant un gros sanglier derrière lui.

RENART & BRUN L’OURS

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n jour, alors que Renart se promenait, il vit Brun l’ours traînant une belle et grosse laie. À cette vue, Renart eut l’eau à la bouche et d’un seul bond, il sauta sur Brun. Brun fut surpris et tomba sur une pierre, pris d’une affreuse douleur. Renart, alléguant qu’il voulait se faire pardonner, traîna Brun de toutes ses forces chez lui et décida d’être son infirmier jusqu’à ce qu’il se rétablisse. Renart, Brun et la laie arrivèrent donc. La femme de l’ours fut choquée de voir son mari dans cet état, mais apprécia la sollicitude de Renart : « Vous m’étonnez, cher Renart », dit-elle. « Je vous en prie, Madame, c’est le minimum que je puisse faire pour votre époux si généreux. Que Dieu le garde ! mais pour cela il faut que je le soigne, moi qui m’y connais en médecine, si vous acceptez de m’héberger le temps qu’il soit rétabli ». Une nuit et un jour passèrent. Puis deux, puis trois. Brun alla de mieux en mieux. Une nuit, Renart se glissa vers la cuisine et ouvrit la porte de la


réserve de nourriture pour y chercher la laie, quand soudain Brun surgit de l’ombre derrière lui et l’attrapa : « Pauvre Renart, je te plains car le diable a pris possession de ton corps et de ton esprit. Maintenant, fuis avant que tu ne te trouves dans mon ventre à la place de cette laie ». Renart fuit à toute allure avant de se retourner devant la grotte de Brun et dit : « Pourquoi ne m’as-tu pas dévoré alors que tu me tenais ? - Car moi je suis une bonne créature de Dieu, et je sais que tout le monde, même le diable en personne, mérite de vivre ». Sur ces paroles, Renart partit et Brun espéra en vain que Renart retînt la leçon. Quelques jours plus tard, Renart alla rendre visite à Brun en son absence et lui vola toutes ses provisions, mais étrangement Brun resta serein et n’en voulut pas au corps et à l’esprit que le diable avait pris.

Céline Berdous


RENART & GREG LA GRENOUILLE

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ans une plaine, Renart errait. Il monta au sommet d’une colline et vit un lac avec un petit îlot à son centre. Soudain une odeur lui lécha les narines : « Cette odeur, je la connais, c’est celle d’un rôti. Miam ! » En effet, à l’opposé de sa position, sur la berge du lac, il voyait deux personnes avec un rôti et autres denrées. Il dévala la pente pour arriver sur la berge. Là, il se demandait comment il allait pouvoir le prendre sans se faire voir. Tout à coup, il vit une grenouille et demanda qu’elle s’approche : « Mon frère, peux-tu me dire ton nom ? - Ouaip, je peux te le dire. Je suis Greg la grenouille. - Enchanté, moi c’est Renart. Je sollicite ton aide et évidemment tu seras récompensé. - Okay, je t’écoute. - Vois-tu ces deux personnes là bas ? Elles ont un rôti. Si tu m’aides à l’obtenir, je te donnerai la moitié du rôti. Ca marche » ? Greg se méfiait, car des rumeurs disaient qu’un certain Renart se jouait de son complice après avoir obtenu ce qu’il voulait. Il réfléchit puis accepta. Renart lui expliqua alors le plan et, une fois terminé, Greg plongea dans l’eau. Il nagea jusqu’aux deux personnes ; là il sortit de l’eau pour se mettre sur un nénuphar. Soudain, il commença à coasser. Les deux personnes le regardèrent avec attention. Pendant ce temps-là, Renart s’approchait du rôti, mais Greg le vit et plongea dans l’eau comme s’il avait peur. Renart se demandait ce qu’il faisait car ce n’était pas le plan. Les deux personnes se demandaient ce qui aurait pu faire fuir la grenouille. Alors, ils regardèrent dans la dernière direction où Greg avait regardé. Ils virent Renart tout près du rôti ! Les deux personnes se levèrent et le pourchassèrent pour avoir essayé de voler le rôti. Brusquement, la tête de Greg émergea. Il prit le rôti et l’emmena sur l’îlot qui est au centre du lac. Il appela ses amis pour le manger et dit : « Il croyait pouvoir user de sa ruse pour me jouer un tour, mais maintenant il doit courir pour survivre » ! Et toutes les grenouilles coassèrent de rire.

Thomas Lefranc


Roman de Renart : les suites  

Au terme d’une séquence consacrée au Roman de Renart (fin du XIIe siècle) les élèves de la classe de 5ème C se sont vus demander d’inventer...

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