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PARCEQUE, le magazine qui dessine : une folle équipe de rédacteurs et d’illustrateurs benévoles qui ne vous veulent que du bien. Direction de la rédaction et maquette : Carole Sertimoun. Adjoints à la rédaction : Clémentine Brissi, Sidonie Tellier, Angéla Bonnaud, Coline Poulette, Aurore Gay. Adjoint à l’illustration : Rougerune Relecteur : Ludovic Labati Rédacteurs : Tiphaine Bacquet, Rachel Balen, Angéla Bonnaud, Marie Brard, Clémentine Brissi, Flore Engelvin, Aurore Gay, Romain Jammes, Kazo, Ludovic Labati, Raphaëlle Ores, Margaux Perez, Atrus Princeps, Carole Sertimoun, Thomas VHD, Raphaël Watkins Abitbol. Illustrateurs : Camille Alessandroni, Louise Billard, Olivier Crépin, Anne-Perrine Couët, Nicolas David, Anne Derenne, Élodie Garbé, Lisa Graignic, Vanessa Grünbaum, Marius Guiet, Marine Hardouin, Anne Laeuffer, Claire Lupiac, Lauraine Meyer, Agathe Parmentier, Coline Poulette, Clément Praslin-Nivière, Quibe, Rougerune, Jayne Steiger, Émilia Stepien, Tommy, Youloune et les Nobles du 33. Couverture : Olivier Crépin Illustration Edito : Claire Lupiac Page dossier spécial : Élodie Garbé

EDITO Par Carole Sertimoun Premier baiser, bave échangée. Allez savoir pourquoi, pour ce beau printemps de mai, nous avons choisi de revenir en arrière et de nous replonger dans ces douloureuses années adolescentes qui ont construit les personnes adultes - c’est un bien grand mot ! - que nous sommes aujourd’hui. Le temps des hormones, des premiers pas, des premiers émois, des déceptions aussi, car on ne s’invente pas un nouveau soi en une année scolaire. Ainsi, quelques rédacteurs de ce numéro se sont prêté au jeu pour un dossier spécial : souvenirs, psychanalyses, « je suis le maître du mooooonde » et autres momentsclés du petit et grand écran; et les autres ont continué à faire ce qu’il ont toujours fait chez nous : vous raconter de belles histoires avec de belles images. Alors éteins la lumière, sors la boule à facettes et prépare toi lecteur car la boum va commencer, et dans ces soirées-là, on drague, on s’branche, toi-même tu sais pourquoi !

La Pin-Up/Le Pin-up : Emilia Stepien et Rosalie Parent Gestion du site parceque.org : Vincent Desdoigts PARCEQUE est une association à but non lucratif ayant pour vocation de promouvoir l’art du dessin et de l’écriture libres et sensibles par la diffusion nationale bimestrielle d’un magazine participatif et avant-gardiste auprès d’une large population. ISSN 2258-0301 Pour nous écrire : contact@parceque.org Pour vous abonner, faire un don : www.parceque.org Pour nous écrire pour de vrai : ASSOCIATION PARCEQUE 108 rue du RP C.Gilbert 92600 Asnières sur Seine

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SOMMAIRE PARCEQU’IL FAIT NOTRE COUV 6 Olivier Crepin PARCEQU’IL SE PASSE DES CHOSES 8 les News de la rédaction PARCEQUE C’EST PRATIQUE 10 Résultat du concours de Mail Art 12 Tout nus et tout bronzés 16 Savez-vous planter les choux ? PARCEQUE NOS PIEDS NOUS MÈNENT AILLEURS 20 La Caféothèque

PARCEQU’ON VOUS AIME 22 Le courrier des lecteurs 23 DOSSIER SPÉCIAL 28 LA PIN-UP/LE PIN-UP PARCEQU’IL FAUT RIGOLER 50 Le dessin à numéros 51 La BD 52 BREFAUROSCOPE 54 PARCEQU’ILS LE FONT

23 LES ANNÉES COLLÈGE 24 Le fantôme des récrés passées 26 Test cinéphile des années 90 32 Elle s’appelait Lola 34 Comment j’ai redécouvert le rap 36 Rencontre avec Martial Tricoche (Manau pour les intimes) 38 933 Hikkrest Drive 40 Rose Dewitt-Bukater 42 Les enquêtes d’O.Pignon 45 Recette : nostalgie Petit Lu 46 Page mode : We are the 90’s ! PARCEQUE#9 / MAI-JUIN 2012 / SOMMAIRE / 5


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Il fait notre couv

Olivier Crepin OLIVIER CREPIN a 26 ans. Il aime les randonnées, seulement il n’a pas le sens de l’orientation. Alors, après quatre années d’études de médecine à Paris, il sort sa boussole, enfile son sac à dos, et part à l’Ecole Européenne Supérieure de l’Image d’Angoulême faire de la bande dessinée. Au fil de ses études, il y trouve ce qu’il n’était pas venu chercher, notamment dans le domaine de la photographie et de la peinture. Il aime les histoires qui se racontent différemment, celles qui exigent du lecteur une participation active et qui tentent d’exploiter différemment l’objet livre. Il aime développer des histoires au rythme lent, proche de la contemplation, laisser au lecteur le temps de s’installer dans son univers pour mieux l’en sortir. Parce qu’il aime s’imposer des contraintes, il crée des histoires à coudre et découdre, des livres de cuisine qui ne parlent pas de cuisine, et des cartes à jouer qui déclament Dostoïevski. Parce qu’il faut aussi manger cinq fruits et légumes par jour, en septembre 2011, il fonde les Editions Rutabaga. Les Editions Rutabaga s’intéressent aux problématiques de manipulation et de narration dans leurs publications papier, et à la notion de contrainte et d’improvisation dans leur feuilleton en ligne. editionsrutabaga.blogspot.fr animismeetanagrammes.blogspot.fr

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Les News VIVE LA DÉMOCRATIE ! par Angéla Oh peuple de France ! Que nous est il arrivé en ce 22 avril 2012 ? 6 millions d’entre nous ont osés voter pour l’extrême droite. 20% des voix pour le parti qui a fait tant de dégâts, il y a encore si peu de temps (70 ans à peine, même pas une vie humaine !). Nos professeurs d’histoire nous ont pourtant prévenus, ce ne fut qu’une succession d’horreurs et de privilèges, et non de solutions, non de partage. Et pourtant le président candidat ose, le 24 avril affirmer que « Le pen est compatible avec la république » ... Serait-ce notre crise de 29 à nous, celle qui a permis à tous les totalitarismes de régner ? Oh peuple de France espérons que ce soit la dernière fois que tu cries ton désespoir de vie en souillant l’urne de notre chère France par des idées anti-républicaines et des valeurs anti-humanistes ! À CROCS ET À CRIS, par Atrus J’ai pleuré. Plein de nanas disent qu’elles ont la larme à l’œil dans ce genre de cas, mais moi j’ai chialé un bon quart d’heure. Et je suis un mec. Putain, ce que c’était bon. L’ultime tome de De capes et de crocs, de Masbou et Ayroles est sorti. Feu la saga, vive le rêve. Tout y est, héros adorés et attachants ennemis, Renaissance échevelée et fantastique onirique, duels à la rapière et rimes fleurissant aux lèvres. Je l’ai lu à voix haute, et n’ai qu’un seul regret, ne pas l’avoir écrit. BÊTISE ET CRUAUTÉ, par Coline « Les années collège » en est pleine. Kek, bédéblogueur bien connu, n’hésite pas à écrire la méchanceté de ces années disgracieuses. Il ne rate ni l’intolérance, ni la stupidité, ni les jeux à la con, ni les gueules de calculette, ni la drôlerie de tout ça amalgamé. Alors on lit, et à la fois on fait « haha ! qu’il est con ! » et à la fois « rhoooo… non, quand même, ça on a jamais fait. Oh quoique. Rhooo… » Très bonne bédé donc, trouvable sur le site de ses éditeurs : coiffeurspourdames.com/boutique FIÈVRE, par Tiphaine Qu’on se le dise, Carol Jordan et Tony Hill sont de retour ! La romancière écossaise Val McDermid nous offre encore une fois une histoire captivante, forgée par la violence et les émotions, et c’est avec une joie intacte que l’on retrouve la bande de Bradfield et son unité spéciale mêlant policiers et psychologues. Si le cynisme des analyses cliniques le dispute souvent à l’horreur, qu’il est captivant de pénétrer les arcanes de la psyché humaine, malade ou non. De quoi frissonner de plaisir ! Fièvre de Val McDermid, Flammarion, 2012.

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vues par la rédaction ILLUSTRATIONS : TOMMY

LA LISTE DE MES ENVIES, par Carole Cagnote du loto vendredi 13 avril dernier, des millions de Français la tête pleine de « et si », s’imaginant tout à coup ne pas retourner bosser lundi 15, sayonara tout le monde, je me casse, à moi la vie d’artiste. Ce thème est joliment abordé dans le court roman de Grégoire Delacourt La liste de mes envies. Quand le « et si » devient réalité et que vous réalisez tout à coup que tout peut changer, à commencer par le comportement de ceux que vous aimez. Une belle réflexion sur l’argent et le bonheur, vécue par une femme ordinaire, aimante et aimée, qui voulait juste continuer à rêver. MILES IS BACK, par Aurore Déjà les fêtes de la Pucelle d’Orléans sont-elles finies que la ville résonne de nouveau. Non plus au son du clairon et des sabots ferrés, car voici les mélodies endiablées de Miles, Ella, Charlie et tous leurs copains qui se font à présent entendre sur les bords de Loire. Celles que nous écoutions autrefois sur les disques vinyles de nos parents. Car les styles se sont diversifiés et tous seront présents. Nous aussi, tant qu’il nous restera cette même ferveur pour nous rassembler chaque année autour d’un bon vieux buff à l’Orléans Jazz Festival du 20 au 30 juin 2012, pour cette édition ! Tout le programme sur www.orleansjazz.fr LE NOUVEAU MODE DE TRANSPORT, par Kazo On apprend que la Grande-Bretagne a refilé des sous-marins fissurés et tout rouillés au Canada ! Quel cadeau ! Ce mode de transport serait-il démodé ? Apparemment non car un entrepreneur californien vient mettre à la disposition de Monsieur Tout-le-monde des sous-marins à louer ou à acheter (2,5 millions de $). Un petit voyage à 900 m sous les mers pour narguer les requins, c’est chic, non ? Il compte aussi mettre en location des chambres d’hôtel sous-marines aux Fidji. Je ne vous dirai pas le prix... L’APRÈS-MIDI D’UN FOEHN, par Raphaël C’est sur “L’après-midi d’un faune” de Debussy que Cécile Briand donne vie à des personnages à partir de sachets en plastique afin d’interpréter un ballet aérien. Une soufflerie silencieuse de seize ventilateurs anime l’univers enchanté laissant place à une véritable rêverie. Et c’est sous le regard avisé de la chorégraphe Phia Ménard que cette volière aux habitants étranges dévoile ses secrets et vous racontera les péripéties d’un petit bonhomme au visage sans yeux, aux mains sans doigts, au corps nu, et pourtant si attachant. Plus d’infos sur les prochaines dates : www.cienonnova.com

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Le courrier des artistes

Bravo à nos 3 finalistes (car jamais deux sans trois) de notre concours de Mail Art sur le thème « En mai, fais ce qu’il te plaît » : URSU, Isabel STRICH et Mary PERLY !

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CAROLE SERTIMOUN

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Tout nu et tout bronzé TEXTE : RACHEL BALEN // ILLUSTRATION : MARIUS GUIET

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Envie d’une liberté nouvelle, d’abolir les barrières du physique ? Une adepte fraîchement convertie vous raconte son passage vers le côté tout-nu des vacances. Qui n’a jamais été curieux d’y mettre une fesse après tout ? « TU PARS OÙ EN VACANCES ? » « Euh... c’est-à-dire que, j’avais pas un rond et puis on m’a parlé d’un endroit qui avait l’air sympa et pas cher en France » Silence... « Je vais dans un camp naturiste...» (Ton gêné... Tête coupable). Et voilà, c’est parti pour un tour, réaction typique : ton pote se marre, hallucine et te prend pour une hippie en mal d’aventure qui prévoit de faire de l’échangisme à la nuit tombée... Mais mes chers amis, au risque de vous décevoir : nulle partouze et nul plan vicieux n’ont eu lieu pendant ce séjour : heureusement, tous les camps naturistes ne suivent pas les règles du Cap d’Agde ! Au départ, quand la copine Jenny abonnée aux plans louches m’a fait part de ses vacances dans le camping de Montalivet à poil entre copines, j’avais quelques réticences à suivre le trip et à montrer mon postérieur à des inconnus... Pour tout vous dire, voir des tas de braves gens disgracieux dans leur plus simple appareil me motivait moyennement. Mais à force d’arguments, la demoiselle avait converti sans le savoir une future adepte. Au diable le qu’en-dira-t-on, ouvrons-nous au monde et expérimentons ! Après m’être convaincue moi-même, il me fallait convaincre mon compagnon de route, bien évidemment pas très à l’aise avec l’idée... Mon discours était rodé. Etape un, vendre l’endroit : un charmant village loin de tout, idéal pour des vacances en amoureux, un petit studio de location perdu dans la forêt de pins des Landes, la plage à quelques mètres, la piscine privée (avec toboggans), les activités sportives, les restaurants et les bars à foison... Tout cela à la moitié du prix de n’importe quelle autre location ! Réaction du compagnon « C’est quoi l’arnaque ? » « Ah oui petit détail, faut être à poil ! ». Le terrain était tellement bien préparé en amont, qu’après un petit moment d’hésitation, il fallut peu de temps à Monsieur M. pour signer le contrat « tout nu et tout bronzé ». Il faut vraiment en vouloir pour arriver jusque là- bas, pour pouvoir enfin apprécier son petit îlot de bonheur... La route est longue, 3 heures de TGV, 2 heures de train non climatisé à 34°C, 30 minutes de taxi... Enfin on y est ! On scrute, on appréhende déjà depuis 3 jours le moment où on va devoir ôter tout l’attirail. On imagine, on se refait le scénario en boucle dans la tête puis enfin on y arrive, et ça n’a rien à voir. À l’accueil les gens sont habillés, il fait frais. Ça y est, on aperçoit notre première toute nue à la poitrine opulente

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mais pas des plus rebondie. On est dans le bain. On arrive au studio, charmant et fonctionnel. Le temps s’arrête. On est enfin en vacances, loin de Paris que j’adore mais que j’adore surtout tromper quelques semaines. Les pins nous entourent, pas de vis-à-vis, petit jardin avec terrasse, c’est parfait. On va être bien. On décide d’aller faire des courses, il est 19h, et il fait trop froid selon mon petit corps pour commencer la naked* experience. Qui plus est, j’ai lu des tas d’articles avant de venir pour savoir si les gens sont nus contre vents et marées, même sous la neige. Or il est clairement stipulé dans les règles, « Si le temps le permet, veuillez respecter la nudité ». Je les prends au mot.

miches non ! Quelques irréductibles « cul nus » persistent et n’enfileront que des tongs pendant le séjour.

Le lendemain, ça se corse. Il fait très beau et l’excuse du petit vent frais est à exclure. Il faut se faire violence et emprunter la tenue d’Adam et Ève. Moi qui clame haut et fort depuis le début que je ne suis absolument pas pudique et que je m’en fous car je ne reverrai personne, je commence à moins faire la fière... En revanche, Monsieur M. bien qu’un peu hésitant adopte la tenue appropriée, et s’en va la serviette à la main, le popotin à l’air direction la plage. Je propose tout d’abord de feinter avec une petite robette transparente et rien en dessous puis je décide finalement de tout Hop hop hop, on va faire nos petites courses. enlever et de soutenir mon cher et tendre Et là c’est le festival du zizi, la chanson de que j’ai embarqué dans cette histoire. Pierre Perret en direct live. On ne peut pas Le plus difficile : les premières minutes. lutter contre ce réflexe humain et inévitable Tu es tellement nerveux que tu imagines que tout le monde te de regarder ce sympathique défilé. « Et là c’est le festival matte alors que tout le monde s’en cogne. La curiosité est un vilain du zizi, la chanson Tu rigoles nerveusement, défaut. Tu dévisages, pas les visages, de Pierre Perret en embarrassé, et tu évites tous les regards alors tu compares et tu direct live. » que les passants ne font te forces à regarder ailleurs le sourire au bord des lèvres. aucunement attention à toi, ils en ont vu Mais je vous rassure ça ne dure que les d’autres... Petit à petit, tu te rends compte premiers jours. Une fois arrivés au centre- que les gens sont uniquement ici pour ville pour faire nos petites emplettes, profiter de la nature, de la plage, du calme. nous remarquons qu’à la terrasse Alors toi aussi tu commences à profiter, des restos, la plupart sont habillés. à apprécier de nager toute nue, de te Etre naturiste d’accord mais se geler les dorer la pilule au soleil sans avoir le maillot 14 / PARCEQUE C’EST PRATIQUE / PARCEQUE#9

qui colle et de vilaines marques. Tu es tranquille, dans ton petit cocon de douceur et personne ne vient le piétiner. Pas de regard désobligeant, pas de gros dégoûtants... Je n’ai jamais été aussi peu reluquée que làbas, un comble ! Le retour à la civilisation parisienne a d’ailleurs été rude. La plupart des gens refusent de tenter l’expérience naturiste par peur d’affronter le regard des autres. Pourtant, à Paris par exemple, nous sommes sans cesse confrontées aux gros pervers psychopathes dans le métro ou dans la rue, ce qui généralement te dissuade de mettre une jupe même si elle t’arrive aux genoux ! C’est ce qui m’a plu là-bas : pas de dictature nudiste dans ce type de camp. Tu peux être habillé si tu le souhaites, pour aller faire tes courses, du sport ou manger au restaurant. Les naturistes pure souche déplorent que tout le monde ne soit pas nu à longueur de journée. Ce que je peux comprendre puisque c’est un état d’esprit, une façon de vivre. Pour moi, ce fût le compromis parfait. Etre nue seulement quand tu le souhaites sans te prendre une amende pour atteinte à la pudeur ! J’espère avoir convaincu les curieux et intéressé les réfractaires, perso je re-signe sans hésiter pour l’été prochain et je recommande à quiconque, même les plus timides ou complexés de tenter cette expérience unique, qui vous fera quoiqu’il arrive plein de choses à raconter... RB *tout nu


CLÉMENT PRASLIN-NIVIÈRE

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Savez-vous planter

les choux?

TEXTE : ANGÉLA BONNAUD // ILLUSTRATION : MARINE HARDOUIN

En ce beau temps printanier, voire estival, la majorité d’entre nous se rue corps et âme sur les terrasses pour boire un demi, dans les parcs pour pique niquer, et pour les plus chanceux dans leur jardin. Ainsi, quand le soleil arrive, cela se résume plus souvent à lézarder au soleil. Cependant, j’ai bien mieux à vous proposer : pour devenir l’acteur de votre journée ensoleillée, devenez jardinier ! SAVIEZ-VOUS qu’environ 60 à 70% des Français ont un jardin ?! Et pourtant entendez-vous souvent autour de vous : « tiens ce week-end j’ai jardiné ! » ? Le jardinage est entouré de stéréotypes, c’est souvent une activité un peu hasbeen que l’on laisse à l’homme pour les gros travaux comme ramasser les feuilles, tondre la pelouse, tailler les haies, et à la femme, les « petites plantations » : fleurs, aromates, cueillette. Si le jardinage n’a pas de sexe, il a souvent un âge dans la tête des gens, et il n’est pas très jeune. On assimile le jardinage au grand-père s’occupant de son potager, ou bien aux 45/50 ans occupant leur week-end quand leurs grands enfants sont partis de la maison. Et pourtant le jardinage est tellement plus que tous ces aprioris. Je ne suis pas objective, puisque c’est une passion (dont je dois me passer, habitant en ville) depuis toute petite. Si le retour à la terre peut paraître très superficiel ou pas très funky, qu’est-ce que c’est bon de retrouver son jardin ! Quand on désherbe, on nettoie un peu sa vie. Jardiner c’est assez proche de la méditation. On pense à plein de choses. On se sert de ses mains, et parfois les préoccupations du quotidien peuvent s’envoler. Le jardinage c’est un cocktail d’activités. Cela peut paraître monotone, et c’est vrai que ramasser les feuilles, tondre la pelouse, cueillir les cerises, c’est mécanique. Cependant, il y a quantité de possibles. Désherber, retourner la terre, chercher les dernières mauvaises herbes, faire un trou, l’améliorer afin qu’il soit assez profond, assez large, planter un framboisier, semer des radis, aligner les géraniums, ramasser des radis, s’allonger dans l’herbe après l’effort, voir grandir des arbres, goûter aux fruits mûrs…

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Voici donc de multiples moyens de profiter du soleil en ne restant pas inactif pour ceux qui s’ennuient vite, mais qui veulent tout de même avoir des couleurs.

de l’après midi ou de la matinée. On se restaure souvent, tout ensemble, autour d’un bon repas pour se récompenser.

à une nécessité pour essayer « coûte que coûte » de respecter la maxime des temps modernes : « manger 5 fruits et légumes par jour ».

Evidemment, vous allez me rétorquer que En plus on dépense de l’énergie, un vrai le jardinage c’est devenu BOBO. Avec le bio sport, bien plus que si vous contractez qui est venu prendre la vedette, beaucoup votre périnée mesdames, comme au d’urbains (pour ne pas dire parisiens) feu rouge pour muscler l’air de rien veulent leur « jardin ouvrier », qui d’ailleurs vos abdominaux. Essayez vous verrez, n’est plus vraiment attribué à des ouvriers, vous aurez certainement mais plutôt à des des courbatures aux « Pour profiter classes moyennes. jambes et aux bras dès le C’est le jardinage pleinement de cette lendemain. du potager qui Le jardinage, ça permet activité, les ingrédients les attire : autod’évacuer les tensions sont assez simples : produire ce que mais c’est aussi une un jardin, une petite l’on mange, c’est source d’apprentissage très hype. pas comme les autres. parcelle de terre et un On y apprend la patience, peu de motivation. » Allez ne soyons en attendant que cela pas si durs, pousse, que cela mûrisse, que l’hiver c’est vrai qu’un peu de nature dans cette passe... La persévérance est aussi une urbanisation incessante ça ne fait pas qualité du jardinier, car une mauvaise saison de mal et c’est bon pour tout le monde. est vite arrivée, ou encore un sol peu adapté En plus du retour du potager en première avec trop de glaise va être un obstacle place, il y a aussi la plantation d’aromates, à la plantation. impression de revenir à la cuisine d’antan avec de vraies saveurs, loin des plats Pour profiter pleinement de cette activité, préparés. les ingrédients sont assez simples : un jardin, une petite parcelle de terre et un Mais certains retrouvent le potager pour peu de motivation. Tout seul c’est agréable des raisons financières plus que pour des et reposant, mais à plusieurs c’est le top. ressentis. Soyons terre à terre : planter Chacun a son activité, et chacun partage son ses propres légumes revient bien moins cher, avancée. On fait une petite pause en allant et depuis la crise qui a commencé il y a déjà voir le travail de l’autre, le félicitant, l’aidant 4 ans, la solution du jardinage est optée par dans sa tâche si besoin. On s’occupe beaucoup pour ne pas manger des pâtes et de son petit truc à soi, mais on échange, du riz toute l’année. Le « jardin-plaisir » n’est on s’entraide tout en réinventant un espace. plus trop d’actualité pour les catégories Cela procure une satisfaction à la fin sociales les plus défavorisées, il se résume

À la différence des jardins ouvriers, à la campagne, plus de 80% des habitants ont leur potager, et mangent leurs propres légumes depuis longtemps déjà, bien avant la crise. Ils vivent avec les saisons et font de véritables économies. On dit toujours que cela prend du temps. Cela ne se confirme pas, il faut simplement être régulier pour ne pas se laisser déborder par la sécheresse (arroser), ni part les mauvaises herbes (désherber) mais à part ça, le jardin ce n’est pas une perte de temps, non non c’est une activité comme une autre, ou chacun peut apprendre à se réaliser. Évidemment, il y a les addicts, ceux qui ont 15 magazines de jardinage sur la table de leur salon, et qui passent tous leurs weekends de mars à octobre dans leur jardin.

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Enfin, sachez que le jardinage est utilisé de plus en plus par la médecine. On les nomme les « jardins thérapeutiques », très souvent usités dans les accueils pour personnes ayant la maladie d’Alzheimer, ou encore avec des personnes handicapées. Cette activité médicale non médicamenteuse, approuvée par la majorité des médecins, permet à ces personnes de continuer à réaliser des choses avec leurs mains, à se souvenir d’arômes et de saveurs, à réapprendre en réalisant. Alors en jardinant, à défaut de guérir nos maux, on peut apprendre d’où l’on vient chacun ayant été une rose ou un chou- et où l’on retournera ! AB


LOUISE & SIDO

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La Caféothèque TEXTE : FLORE ENGELVIN // ILLUSTRATION : ANNE DERENNE

Un café par heure, c’est mon rythme de croisière. Alors qu’on m’emmène dans une caféothèque, et me voilà comme une petite fille invitée au château de la Belle au bois dormant. 8 AOÛT 2008 - Une amie m’annonce qu’elle vient de trouver l’adresse d’un endroit fait pour moi. Elle n’y a jamais mis les pieds mais semble certaine de son affirmation. Rendezvous à 14 heures précises à Châteletles-Halles et pas question de donner plus d’informations sur notre destination. 14 heures - Nous longeons les bords de Seine, appareils photo à la main. Son enthousiasme n’a d’égal que ma curiosité. Et puis, arrivées au Pont Marie, je commence à comprendre. Pas besoin d’yeux pour s’en convaincre : l’endroit, même si je ne le vois pas, n’est pas loin… Il se dégage dans l’air une forte odeur de torréfaction. Je découvre ma première caféothèque. L’endroit est désert car nous sommes arrivées tôt et c’est tant mieux car nous sommes accueillies chaleureusement par leur barista – oui, c’est ainsi qu’on appelle un sommelier du café - qui nous conduit au fond de la salle et s’installe avec nous pour nous présenter les lieux. Comme il est disponible et que nous lui demandons, il nous fait l’histoire de l’endroit et nous détaille les différents cafés proposés ce jour-là, dont le café du jour. Au menu : vingtcinq cafés de diverses régions du monde. Aussi précis qu’un œnologue qui nous

parlerait de son vin, il nous séduit immédiatement. Le café est divin, bien évidemment. Les fauteuils sont confortables, bien qu’étrangement dépareillés, et la décoration attire le regard. Seul objet insolite : un piano. C’est en l’interrogeant sur la raison de la présence de l’objet dans un tel endroit que le serveur se révèle. Comme beaucoup des clients du lieu, il travaille à la Cité Internationale des Arts et le travail à temps partiel qu’il effectue ici n’a pour but que de financer ses tournées. Comme le café est toujours vide, il s’installe au piano et nous explique ses recherches. Voilà qu’à présent nous buvons ses paroles. Peu de temps après, des clients venus de la Cité Internationale des Arts commencent à arriver. Le barista – bonne chance pour recaser ce mot dans une prochaine conversation - fait signe aux nouveaux arrivants de s’installer à notre table et, tour à tour, chacun se présente et parle de son travail. Nous, jeunes étudiantes de vingt ans, sommes alors invitées à différentes expositions et vernissages en tout genre. En quittant les lieux, mon cœur bat la chamade. Un mélange de plénitude et d’excitation m’enivre, fortement renforcé

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par un trop-plein de caféine dans mon sang. (Il est toujours déconseillé d’abuser du café - paraît-il, personnellement je n’en suis toujours pas convaincue.) J’ai découvert un coin de paradis dans l’immensité parisienne que je ne connais pas. Aujourd’hui - À chacune de mes visites sur Paris, je fais un tour à la caféothèque. Il est de plus en plus rare que la salle soit vide… la rançon du succès, je suppose. Les propriétaires sont même en train d’agrandir l’endroit. Il faut dire que depuis ma découverte, le New York Time Style Magazine en a fait l’apologie (je n’y suis pour rien, je ne connais personne à New York). Cependant, la magie de l’endroit n’a jamais quitté les lieux et les clients sont toujours aussi intéressants. Aussi, si un jour vous cherchez un nouvel endroit parisien à découvrir ou que vous voulez suivre un cours de caféologie, je vous invite à découvrir le Soluna Café, sur les quais de la Seine, au 52 rue de l’Hôtel de Ville à Paris. Et si vous rencontrez Yadh Elyes, passez-lui le bonjour de ma part ! FE


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Le courrier des lecteurs TEXTE : LES LECTEURS ET CLÉMENTINE BRISSI // ILLUSTRATION : COLINE POULETTE

« Bonjour PARCEQUE, le magazine qui dessine ! Je m’appelle Justine, je suis en 4ème et j’ai un méga-souci... Y’a quelques mois j’ai demandé à Lucas de sortir avec moi et il a pas voulu (bâtard) ! Et y’a pas longtemps il m’a demandé de sortir avec lui !!! Alors, oui, bien sûr que j’ai accepté !! Mais aujourd’hui j’ai appris qu’il est sorti avec moi juste pour gagner un pari avec ses copains et que maintenant il sort avec une autre fille (une « copine » à moi !!!!!). Franchement, c’est pas trop un boloss, sérieux ? Je dois faire quoi, maintenant ?! »

Mais alors mais figure-toi mon cher Ben-J que j’ai mangé, aujourd’hui même, la meilleure bolognaise du monde alors autant te dire que ça va être compliqué de faire mieux... Même si ni toi ni ta meuf ne l’ont goûtée. Bon, alors, attends, je demande autour de moi... C’est la bolo qui gagne, mon Jojo ! 16 contre 1. Ben ouais, la bolo... Mais, tu nous demandes pas si on préfère le gruyère au parmesan ?

« Héhé les gars ! Pour notre annif de « un mois », je veux cuisiner un bon repas à ma copine. Bolognaise ou quatre fromages ? (pour aller avec des pâtes) »

Ben-j, 16 ans 1/2 - Thionville (57)

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Jeanne-Marie, 13 ans - Tarascon (13) Oh, mais alors, oui ! (Et les vampires aussi, crois-moi... Enfin, j’espère) Tu es pile dans la période la plus atroce de l’existence, ce que nous appelons plus communément L’ADOLESCENCE ! C’est vraiment tout pourri, ça dure bien trop longtemps mais ce qui peut-être rassurant c’est que tu peux te dire que tout le monde est passé par là au moins une fois (oui y’en a qui se font une double dose d’adolescence) Et puis je vais te dire un truc : Si tu avais été un garçon, ç’aurait été pire. Alors, elle est pas belle la vie ? Allez, de meilleurs jours arrivent... Bientôt on peut se mettre en tongs, finis les couinements intempestifs !

Justine, 14 ans - La Farlède (83) Ohlàlà ma petite Justine, mais ça commence de plus en plus tôt les conneries des garçons... Parce que, malheureusement ma petite chérie, si c’est le premier mâle bête et mal intentionné que tu rencontres, j’ai bien peur que ça ne soit pas le dernier (même si 100% des hommes de PARCEQUE ne sont pas d’accord avec cela... Tu découvriras aussi bien assez tôt leur mauvaise foi légendaire). En tout cas il est bien évident que c’était un « boloss » et on est tous d’accord avec ça ! Mais ne t’en fais pas, tu finiras par trouver quelqu’un de pas trop mal... Et mon petit doigt vient de me dire que ton Lucas il aura des mains de fille toute sa vie et qu’il ne dépassera pas le mètre 65 ! Quant à ta copine... Tu peux continuer de l’insulter dans ton journal intime. Nous on t’embrasse (sans la langue) mais c’est pas un pari ! Smiley, coeur, bisou, paillettes.

tendance à me cacher derrière de longs vêtements larges... En plus de ça, ma prof d’histoire-géo a un problème avec moi mais je n’arrive pas à savoir pourquoi. J’aime me réfugier dans la littérature, j’adooore les romans de vampires ! ça va passer, vous croyez ? Enfin, pas les vampires, hein ! Le reste. »

« Salut ! J’ai vu un film complètement nul hier soir. » Sarah, 20 ans - Paris, 20ème (75) Navrée, ma Sarah... C’est vrai que ça arrive de plus en plus ce genre de choses. « Bonjour à tous, je vous aime bien et du coup j’aimerais bien avoir votre avis sur ma situation actuelle... Je m’appelle JeanneMarie, j’ai quelques problèmes d’acné juvénile, je n’ai jamais embrassé de garçon, mes chaussures couinent et ma mère ne veut pas m’en acheter des nouvelles qui ne couinent pas, à cause de ça on m’appelle « le canard » à l’école et donc j’ai un peu

Toi aussi, écris-nous, viens nous dire des choses intelligentes, ou pas ! à contact@ parceque.org En attendant, on met des coeurs dans vos vies !


LES ANNEES COLLEGE Dossier special

24 Le fantôme des récrés passées 26 Quel cinéphile des années 90 êtes-vous ? 32 Elle s’appelait Lola 34 Comment j’ai redécouvert le rap 36 Rencontre avec Martial Tricoche 38 933 Hikkrest Drive 40 Rose Dewitt-Bukater 42 Les enquêtes d’O.Pignon 45 Recette : nostalgie Petit Lu 46 Page mode : We are the 90’s !

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Le fantôme

des récrés passées

TEXTE : MARGAUX PEREZ // ILLUSTRATION : JAYNE STEIGER

On s’était pas donné rendez-vous dans dix ans, pourtant me voici coincée entre un cupcake et tous ces gens oubliés et qui ne m’avaient pas manqué. Si jamais j’en avais douté, merci la vie, la réponse est devant mes yeux et sirote un coca light.

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UN PREMIER JOUR de vacances, me voilà non pas en train de profiter d’un ramollissement célébral bien mérité devant les programmes du dimanche, mais chez une amie de collège qui a organisé une petite sauterie pour son départ outre-atlantique. L’après-midi se déroule bien  : sur le canapé une fille tout aussi perdue que moi mord dans son cupcake. Trois heures plus tard, je sais tout sur la couleur favorite de sa cousine issue de germaine et je comprends son sujet de thèse sur la réhabilitation des tortues marines en Poméranie. J’ai mis au placard mon régime


débuté la veille en engloutissant trois de ces petites viennoiseries fourrées au nutella et un packet de schtroumpfs gît, éventré, sur la table où s’accumulent les traces de verres. Mon hôte gesticule au milieu de sombres inconnus. Trouver une faille et faire le crabe vers la sortie. Quand soudain, une grande silhouette tordue se dresse devant mon verre de coca. Telle Sangoku devant Freezer, je reste de marbre, une petite veine s’activant à peine contre ma tempe. Si je serre les dents plus fort, elles vont se fissurer. Le grand machin à moitié nu, c’est la peste du collège. Je ne sais de quel côté vous vous trouviez, mais rappelez-vous de cette époque bénie de notre début d’adolescence, quand certaines avaient une acné purulente tandis que deux ou trois girafes s’élevaient au dessus de la foule dense des petites grosses à couettes. Au-delà de la rancœur envers vos hormones incapables de faire leur boulot en temps et en heure, il fallait supporter les attitudes dédaigneuses de ces bonnets B, et voir la meute de ces petits garçons à duvet qui commençaient à peine à nous intéresser, rêver sur ces mêmes ficelles. Mon cas a été un peu particulier, puisque non contente d’être du côté de la foule complexée, j’avais pour luxe d’être la première de la classe. Tout mon collège. J’étais déjà dans la mission de réussir mes études, pour avoir une bonne école postbac, et sortir de cette ville de candidats à « Confessions Intimes » dans laquelle j’avais grandi. J’avais déjà compris qu’en étant à la charnière de deux niveaux sociaux, mon échappatoire résidait dans ce que je saurai, ou non, faire de mon cerveau. Tout ça semble bien prétentieux à l’âge où on range

à peine ses poupées, mais l’opposition tient car il est nourri de la peur de ne pas entrer à l’incapacité de faire communiquer deux dans la case, et donc de sortir du cool, pour filles de douze ans élevées aux Cranberries rester dans le « gamin » ou tomber dans le et à Georges Orwell ou à Billy Crawford et « bizarre ». Il fallait porter des Nike, oui, mais Jeune et Jolie. un modèle précis, avoir un blouson Schott, Bref, je n’entends pas faire ma thérapie, oui mais sans s’être fait arracher la marque tant ces événements sont loin. La vie m’a scratchée sur la poitrine, des sweats de prouvé que plus la puberté est précoce, marque et ces pantalons patte d’eph qui et plus grand est le risque de se voir donnaient à nos cuisses trop dodues des coincée dans sa ville natale à bosser dans airs de baudruches. Celle qui ne portait un supermarché local – non je n’abuse pas pas l’uniforme réglementaire était décriée, – d’accord juste un peu. puisque l’apprécier aurait été honteux. Bref cette fille, qui me toisait devant le Je souhaite que mes enfants soient dans canapé, cette sauterelle un peu gauche et la plus grande des banalités à cet âge l’air un peu ahuri, c’était compliqué de une de ces fillettes « dixJ’avais déjà compris nos revenue pour me hanter. quatorze ans. qu’en étant à la charnière Ni trop beaux L’instant horripilant où la personne que de deux niveaux sociaux, ni couverts vous ne souhaitiez mon échappatoire résidait de furoncles, plus rencontrer (du dans ce que je saurais, ni maigres ni «aurait-pu-être-un-ex» gênés par leur au « cousin-éloigné-qui- ou non, faire de mon poids. S’ils me-tirait-les-tresses ») cerveau. » sont trop bons, s’assied tout à côté de ils seront dans vous en susurrant un « alors, ça va, depuis une école avec des gens comme eux, pour tout ce temps ? ». « euh oui, gneuh – uh… ne plus vivre cette solitude. S’ils ne sont pas et toi-ah ? ». faits pour les études traditionnelles, tout Quand on dit que le passé vous revient en sera envisagé pour qu’ils ne soient jamais pleine tronche, c’est exactement ça, et la dans cet état de stagnation qu’induit le chaleur de vos joues en témoigne. Il faut fait de rester de force dans sa ville natale. rester polie, aimable, adulte, et comprendre S’ils ont cette banalité propre à cette à présent que la vie n’a pas été rose pour catégorie d’âge, alors ils auront une les tortionnaires de vos jeunes années – me adolescence rêvée, ni adulés ni mis à l’écart. disais-je en regardant son rouge à lèvres La sauterelle s’ennuie de ma conversation, mal tartiné. Voir qu’ils ont vécu des drames, mes études et ma vie la laissant de marbre, et que leur comportement manquait et, déçue de me voir devenue si stable et uniquement de maturité. On peut avoir ses rangée dans une existence qui n’est pas règles et ne pas savoir comment apprivoiser ≠la sienne, se dirige un peu empruntée vers son âge. Le sadisme se renforce à la puberté la véranda pour s’en griller une. MP

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TEST Quel cinéphile des années 90 êtes-vous ? TEXTE : RAPHAËLLE ORES // ILLUSTRATION : ANNE-PERRINE COUËT

Quel est votre grigri favori ? a. Une patte de lapin parce que ça a prouvé son efficacité au travers des âges. b. Un coquillage autour du cou où vous emprisonnez les voix de vos ennemis (sadique!). c. La boîte Mr Costaud avec une carotte à l’intérieur. d. 100 patates, même si ça pèse lourd. e. Le vieux vélo rouillé là, au fond du garage, qui n’a pas volé depuis 30 ans.

Qu’est ce qui vous terrorise le plus depuis vos huit ans ? a. Être emprisonné dans une voiture congélateur et y laisser votre brushing. b. Voir couler sur votre tête ce liquide vert, visqueux et fumant qui révélerait au monde entier votre vraie nature. c. Être poussé par Émile dans une bassine de chewing-gum à la chlorophylle (attention, il y a un piège). d. Vous réveiller un matin avec une tache de naissance en forme de patate sur les fesses. e. Rencontrer E.T. dans la rue et qu’il vous demande votre téléphone.

b. Hakuna matata... mais quelle phrase magnifique ! Hakuna matata, quel chant fantas-tiique ! c. Je suis Sancho de Cuba, j’ai le sang pour la rumba, à jouer des maracas je fais tchicchikiboum tchicchikiboum tchicchikiboum (et si tu aimes le tempo, viens donc danser avec Sancho !) d. La so-cié-té elle a que des problèmes, la so-cié-té, elle a mauvaise haleine! e. Ta tala tatatata talalatatatatatata, Ta tala tatatata talalalalalalalalalalaaaaaa (c’est la chanson de Rabbi Jacob - attention, la douche ca glisse !)

Ce que vous hurlez les jours où vous êtes très content : a. Balance man... Cadence man... Trace la glace c’est le Coooool Rasta ! b. Miiiiiiiaaaaaaaooooooou ! (avec la tête qui fait des cercles concentriques) c. Splendide ! d. Cent pataaaaaates !!!! e. Je suis heureux (mais il faut le dire d’un air très dépité –NDLR  : comme un certain chien connu)

Que rêvez-vous secrètement de faire? Que chantez-vous sous la douche les jours de grosse fatigue ? a. Toute la planète demande à quoi ça rime, quatre Jamaïcains en bobsleigh sur les cimes !

a. Organiser les jeux olympiques d’hiver en Jamaïque. b. Picoti picota à une bombasse en robe à paillettes rouge. c. Arriver à la dire du premier coup :

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« On peut tromper mille fois une personne, mais on ne peut tromper une fois mille personnes ». Ah non, encore raté. d. Marquer un but à coup de yorkshire. e. Regarder droit dans les yeux votre pire ennemi et lui mimer la décapitation en imitant le bruit de la guillotine (en évitant peut-être de lui dire qu’il a de petits yeux huileux ou alors réserver cette injure pour les cas de grande gravité).

Et pour finir, la phrase pour briller en société ? a. À la santé de l’homme en rouge ! b. Quand nous mourons, nos corps se transforment en herbe, et l’antilope mange l’herbe... c’est comme les maillons d’une chaîne dans le grand cycle de la vie... c. Le mois dernier à Carrouf j’ai rencontré un serial killer (un quoi ?) d. Je suis mais alors BIEN plus Brach que Vasarely. e. Silence, pépé René (votre pépé) il va parler ! Vous avez le maximum de réponse A Vous êtes définitivement un RASTA ROCKETteur dans l’âme. D’ailleurs vous suivez depuis lors tous les championnats de bobsleigh ; vous vous faites des séances de préparation avant de partir à Calgary dans votre frigo (le congélo à glace c’est quand même pas donné). Et vous savez pourquoi ce film est le film à regarder avant un entretien d’embauche, un oral, ou une date : parce que vous êtes un type fier, un type fort, un type qui ne se laisse pas marcher sur les pieds ! Vous avez le maximum de réponse B Je le sais vous avez l’intégrale de la collection

WALT DISNEY chez vous. D’ailleurs vous projetez/ou vous êtes déjà allé voir le Roi Lion 3D que vous attendiez depuis 10 ans… Et, bien caché dans votre bibliothèque, se trouve l’intégrale des chansons Walt Disney : vous la mettez à fond la caisse en faisant croire à vos voisins que c’est votre petit frère. OUI OUI…. N’hésitez plus désormais, assumez votre côté enfant de toujours ! Alors vive le swing des cats et les gâteaux à la carotte ! Vous avez le maximum de réponse C Vous êtes au point de rencontre inattendu entre THE MASK et la CITE DE LA PEUR. Bien joué parce que vous êtes une catégorie d’humoriste très rare. De ceux qui ne peuvent s’empêcher en prenant l’avion de dire « Aréoport de Nice, aréoport de Nice, 3 minutes d’arrêt », ou bien qui avez appelé votre fille ODILE juste en cet honneur… Vous avez le maximum de réponse D Vous êtes un indécrottable fan des 3 FRÈRES… Vous savez agrémenter les débats par votre chanson favorite et optimiste «  la société, elle a que des problèmes, la société, elle a mauvaise haleine » ; vous avez appris depuis ce film à conduire à l’envers ou à apprécier les sèche-linges design. Et vous vérifiez donc tous les matins qu’elle n’y est pas cette fameuse tache de naissance…! Vous avez le maximum de réponse E Bon faut bien vous le dire, vous êtes pas vraiment des années 90. Rabbi Jacob, Droopy, E.T., tout ça c’est plutôt du passé…. Mais bon à votre décharge, ces films repassent tout le temps à la TV… alors pour un bon film à se tordre de rire, il n’y a pas d’époque !

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Elle s’appelait Lola Dubreuil TEXTE : CAROLE SERTIMOUN // ILLUSTRATION : LISA GRAIGNIC

Pour toi, Lola. Car il faut bien partir de quelque chose pour se construire quand on est au seuil de l’adolescence.

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J’AVAIS 11 ANS, et mon idéal, c’était elle. Lola Dubreuil. Quand tu as le choix, t’as envie de mettre ensemble le prénom que tu trouves le plus cool, devant le nom que tu trouves le plus cool. « Lola », comme dans la chanson d’Allan Théo, en 1998. Belle et libre, celle qui fait rêver et mène tous les hommes à la b(r)aguette. Dubreuil, ça sonne tellement français, à la fois chic et champêtre, un poil exotique. Genre je suis riche mais j’aime beaucoup les chevaux aussi. D’ailleurs j’en ai un dans le jardin, tu veux le voir? Lola est mariée, plusieurs fois. Mais avec le même homme, attention. C’est tellement cool de se marier. On fait un bal, on invite des amis, on danse, on a une belle robe. Puis après tout c’est mon monde je fais ce que je veux. Dans mon monde, on peut rejouer son mariage à l’infini. Terre Indigo, saga de l’été 96 sur TF1. Mon héros à moi, celui qui me fait vibrer, c’est le petit ami de Bérénice, Timotéo  : canon le mec. Allez va pour Timotéo. Timotéo Dubreuil. C’est le mari. Il est beau, grand, il rassure. Je ne me rappelle plus vraiment de sa tête, mais celle de Lola, je ne l’oublierai pas. La femme parfaite que je veux être, je m’y accroche.

Barbie dans le commerce, mais moi c’est ma fille, aucun doute), et un marmot d’un an qui braille, un garçon. J’ai oublié son nom. Ces deux derniers disparaissent au besoin si l’envie prend à Lola et Timotéo de rejouer une fois encore leur rencontre. Parfois, Lola doute de Timotéo : m’aimerat-il toujours  ? Et les autres femmes  ? Justement, Papa m’a offert une Barbie qui jouera si bien la tentation : une Barbie noire, belle, pulpeuse. Elle est différente, elle sent le soleil. Elle sera la tentatrice, celle qui fait douter les hommes fidèles, celle qui le tente lui, Timotéo. Oui quand j’étais gamine, j’étais raciste dans mon monde. Pourtant, des copines noires, j’en avais plein et je les aimais de surcroît. Jamais je n’aurais fait ce type de lien à l’école. Mais dans ce mondelà, si. Allez savoir pourquoi. Je pense que mon père se souvient encore de ce Noël où il eut l’audace de m’offrir ma première Barbie noire. Ah j’ai été déçue. Comment osaitil m’offrir une poupée dans laquelle j’étais incapable de me projeter ? Enfance cruelle.

Et le Timotéo, il tombait dans le panneau, se laissait tenter par un baiser, voire plus. Tantôt avec Barbie Noire, tantôt avec Barbie Au même titre qu’ils se marient régulièrement, Plongée (celle qui a des trous dans le dos Lola et Timotéo se rencontrent régulièrement. pour encastrer les bouteilles d’oxygène), il Premier baiser langoureux. La passion de la faut savoir varier les plaisirs, Barbie Noire rencontre. Viens chez moi j’ai une grande n’a pas le monopole de la tentation. Mais il maison avec un cheval blanc dans le jardin. regrettait. Et retournait auprès de Lola après Posés l’un sur s’être pris une belle Deux petites filles torgnole par cette l’autre dans le lit, « on les laisse vivre qui tirent les ficelles de dernière. Elle était leur amour, car l’intrigue. Tantôt complices, au désespoir, elle de toute façon à pleurait. Parfois tantôt rivales. Jalouses 11 ans à part ce elle le surprenait besoin d’être l’un du bonheur de l’autre et même. Et là c’était sur l’autre pour projetant leurs envies chaud. Adrénaline «  faire l’amour  » à l’état pur. Allez, d’enfant dans ces poupées on se marie et on comme on dit chez les grands, la suite, et leurs possessions. » n’en parle plus. je ne la conçois pas encore. Deux poupées de plastique dans Il y avait aussi les copines qui venaient un lit en plastique sous une couverture, se ajouter leur monde au mien. Et même si retrouvent sans lien de cause à effet avec j’avais du mal à accepter des invités dans deux gamins sur les bras  : Shelly la plus mon paradis imaginaire – peur de perdre grande, 5 ans environ (la petite soeur de le contrôle – , partager, cela ajoutait du

piquant, de l’imprévu. Deux femmes qui règnent en dictateur sur leur monde et doivent accorder une marge de manoeuvre à l’autre pour construire ensemble une histoire. Deux petites filles qui tirent les ficelles de l’intrigue. Tantôt complices, tantôt rivales. Jalouses du bonheur de l’autre et projetant leurs envies d’enfant dans ces poupées et leurs possessions (dégoûtée, elle a eu avant moi la nouvelle robe de la collection Fashion Avenue ! ). Enfin, il y avait le frère, et lui, il s’appelait Ken. Mon frère, le vrai, n’avait pas dû se creuser beaucoup le ciboulot. C’est lui qui avait les commandes, mon vrai petit frère. Il voulait jouer, lui aussi. Dans ma grande bonté, il m’arrivait de le tolérer. Et quelle chance pour lui, j’avais un camping-car rose avec toit ouvrant pouvant faire une jolie terrasse, car dans ce monde-ci il fait toujours beau. C’est là que j’avais parqué mon frangin, avec son Ken à la barbe qui repousse. À moi le palace, à toi la caravane, hé, c’est moi qui commande, t’as quand même pas cru que j’allais te filer une chambre avec service compris. Service de la soeur, j’entends, parce que Lola n’a pas de domestiques, c’est elle qui fait tout. C’est une femme moderne, elle a besoin de personne. Des gamins qui braillent, un mari infidèle, un frangin qui tape l’incruste. Non vraiment, besoin de personne. Sacré boulot de grandir avec ce beau bagage insensé, construit de mes mains d’enfant, guidé par les paroles des adultes, pas toujours comprises dans le bon sens. Quand on est enfant, on prend ce qu’on nous donne et même ce qu’on ne nous donne pas mais qu’on attrape au passage, on sait jamais, ça pourrait servir : les peurs de maman, les angoisses de papa... Chaque jour je m’évertue à renvoyer Lola dans sa chambre d’enfant, car je ne suis pas comme elle, j’ai besoin des autres, autant qu’ils ont besoin de moi. J’ai besoin de croire en l’amour. Puis j’ai pas de jardin pour mettre un cheval dedans, de toute façon. CS

PARCEQUE#9 / MAI-JUIN 2012 / DOSSIER SPÉCIAL ANNÉES COLLÈGE / 33


Petit frère TEXTE : ROMAIN JAMMES // ILLUSTRATION : NICOLAS DAVID

34 / DOSSIER SPÉCIAL ANNÉES COLLÈGE / PARCEQUE#9


Après avoir vibré sur les paroles révoltées du rap de mes jeunes années, voilà que je redécouvre dans mes étagères et ailleurs ce son duquel je m’étais éloigné malgré moi, et qui plus que jamais résonne, résonne dans mon quotidien... LES ANNÉES COLLÈGE sont celles des premiers baladeurs, des skeuds commandés à Noël, partagés en potes, puis gravés en lousdé. Le temps des premières playlists personnelles, une forme de crise d’ado musicale contre le Balavoine ou le Céline Dion familial. Cette rébellion, je l’ai connue au son des « poom, poom, tchak ! » derrière les voix posées des rappeurs français ou américains. Je vibrais en écoutant ces samples de toutes origines, de la cornemuse de Manau au synthé d’Eminem. J’y trouvais l’énergie que je déployais à découvrir le monde, le sentiment de malaise devant ses idées reçues et ses injustices. Je plongeais dans les rythmes East-Cost, héritages des sources jazz et hip-hop, me noyais dans le West-Cost plus funk et plus piqué. J’étais immergé dans un phénomène de mode dont je n’avais pas conscience. Chaque phrase, chaque mot attisait mon attention. Les sonorités, les sens devenaient des jeux de gamin, j’y passais plus de temps que devant mes bouquins. Cette culture m’imprégnait en intraveineuse, elle avait l’accent de nos vies de banlieusards, l’affront de vouloir contrôler le monde, comme un défi lancé aux générations précédentes. Notre révolte portait des noms  : IAM, NTM, 113, Sniper, Snoop Dogg, Disiz’ La Peste… Elle résonnait secrètement sous nos couettes au son des radios libres : Max sur Fun-Radio ou Difool sur Skyrock. Mais… Mais comme tout le monde j’ai grandi. Et les années passant je me suis détourné de cette ambiance et de la revendication

de cette culture. Le lycée m’a emmené sur d’autres rives musicales, plus rock, puis folk. J’errais de Tryo à Nirvana, découvrant d’autres personnes, d’autres activités, d’autres états d’esprit. J’en ai même rejeté mes anciennes amours, laissant de nombreux albums prendre la poussière au fond d’une armoire ou dans les oubliettes de mes disques durs. Et ça a duré… Puis sont arrivées mes années militantes, mes heures d’insouciance mêlées de combats acharnés. Aux slogans de manif’ j’ai trouvé un écho. Un soir de printemps qui commençait comme de nombreux autres, un son d’accordéon perça la fumée de la scène à Fleury-Mérogis. Surpris et curieux, j’ai tendu l’oreille. Un violon s’y est joint, dans une danse entraînante  : un son franchouillard à l’accent oriental. Quand le beat vint compléter le tableau, les têtes hochèrent en cadence, et à la vitesse éclair je suis retombé en enfance. Les paroles frappaient fort, piquantes comme une abeille, une poésie de l’asphalte, un pamphlet très amère. C’était MAP  : le Ministère des Affaires Populaires. Depuis, je suis irrévocablement retourné à mes rythmes ados. J’ai découvert, déçu, ce que ce monde est devenu. Mais en fouillant un peu j’ai pioché les perles rares : le son jazzy de Hocus-Pocus ou la rage de lutte de Kenny Arkana. C’était un souffle d’oxygène, comme lorsqu’on revoit une vieille connaissance. J’ai re-refait le monde avec, retrouvant mes grands classiques. Découvrant, assez triste, leur extrême

actualité. La voix d’Akhenaton n’a pas pris une ride, car dans cette banlieue, au fond, rien ne s’est amélioré : « Tu baves du béton, craches du béton, chies du béton. Te bats pour du laiton »*. Le sentiment d’être sansdroit a même pris de l’ampleur, les tensions changent les étincelles en bombes et le deal n’a plus d’heures creuses. Les quelques policiers connus dans les quartiers ont été brutalement supprimés. Restent les camions froids de la BAC qui font leurs rondes de loin, arrêtent au faciès et demandent leur chemin. Les mines sont grises partout, il n’y a plus cet espoir, plus de défi et plus d’envie de conquérir le monde. Sexion d’Assaut a remplacé NTM, les jeunes n’écoutent plus IAM et leurs refrains plein d’histoires. Le modèle 50cent a conquis les plus précaires, la drogue, le fric, les putes  : de quoi faire un polar bien sombre mais pas une vie pleine d’amour. J’ai redécouvert le rap, mais le plus drôle dans l’histoire, c’est que c’est lui qui m’a montré à quel point j’avais grandi… Car nous sommes les Petits Frères* d’hier, cibles des regards réprobateurs, les petits cons d’une époque qui ont pris quelques années. Je m’aperçois que, malgré moi, mon regard a changé. Il donne des leçons ou s’offusque d’une jeunesse dépravée. C’est qu’aujourd’hui le défi, c’est à moi qu’il est lancé… Par ces jeunes et par la vie, comme parrain de leurs idées. RJ * Demain C’est loin, IAM (1997) * Petit Frère, IAM (1998)

PARCEQUE#9 / MAI-JUIN 2012 / DOSSIER SPÉCIAL ANNÉES COLLÈGE / 35


36 / DOSSIER SPÉCIAL ANNÉES COLLÈGE / PARCEQUE#9


Rencontre avec

Martial Tricoche TEXTE : CAROLE SERTIMOUN // ILLUSTRATION : YOULOUNE CS : Bonjour Martial. Comment vas-tu, après tout ce temps ? Qu’as-tu fait de beau ces 15 dernières années ? MT : J’ai planté des tomates ! (rires) J’ai pas mal bossé, sorti des albums, composé, écrit. Mais j’ai surtout continué à partager avec mon public sur les scènes de France, de Suisse, et de Belgique. CS : Si nous sommes ici à nous parler aujourd’hui, c’est pour deux raisons : d’abord Manau, c’est très symbolique de l’enfance/adolescence des bénévoles de PARCEQUE, ça nous fait vraiment plaisir de te retrouver aujourd’hui, alors que nous sommes maintenant des adultes ou presque... Nous on a laissé les Pogs et les Paninis : qu’as-tu laissé derrière toi après le succès de Panique Celtique ? MT : Je n’ai rien laissé, j’ai tout pris ! CS : Et bien dis donc ça doit être grand chez toi ! Ton dernier album, Panique Celtique IILe Village est sorti le 12 décembre dernier. Tes racines se sont remises à démanger ? Qu’est-ce qui t’a motivé à livrer un second opus de Panique Celtique ?

MT : Mes racines ne m’ont jamais quitté. Cela fait fait quinze que je suis sur scène avec des cornemuses. CS : Quelles sont tes inspirations musicales du moment, un ou une artiste avec qui tu aimerais travailler ? MT : En ce moment j’écoute beaucoup Rammstein, mais mes inspirations sont diverses et très différentes... on y compte évidemment de la musique celtique ! CS : Dans notre dernier numéro, on parlait de nos batailles. Pour quoi ou qui te battraistu jusqu’au bout du bout ? MT : Pour les miens. CS : Si tu ne devais garder qu’une seule chanson du groupe ? MT : Désolé mais je suis incapable de répondre à cette question. CS : Moi je crois que ce serait « La poupée ». J’étais une petite fille, et comme tout fan qui se respecte, je suppose que j’avais la sensation de partager quelque chose de spécial avec ce chanteur idole, Mamar et son

Maïc ! Raconter des histoires, ca a l’air assez naturel chez toi, je me trompe ? MT : C’est vrai que je me considère comme un conteur. CS : Un seul souvenir avec le groupe ? MT : Heureusement je n’en ai pas qu’un ! CS : Aurais-tu envie de retravailler avec Cédric, RV Lardic, Loïc, Grégor et Laurent ? Êtes-vous encore en contact ou la vie vous a-t-elle définitivement séparés ? MT : La vie continue, j’avance, je ne vis pas dans le passé. CS : Des regrets ? MT : Aucun regret. CS : Tes envies pour la suite ? MT : Continuer à être heureux dans Manau. CS : Un petit mot pour la fin ? MT : Ne soyons pas nostalgique ! Aujourd’hui Manau est qualitativement meilleur et nous avons encore beaucoup à partager.

www.manauofficiel.com

PARCEQUE#9 / MAI-JUIN 2012 / DOSSIER SPÉCIAL ANNÉES COLLÈGE / 37


933 Hikkrest Drive TEXTE : MARIE BRARD // ILLUSTRATION : VANESSA GRÜNBAUM

38 / DOSSIER SPÉCIAL ANNÉES COLLÈGE / PARCEQUE#9


Entre palmiers et brouillard, ma vie et de celle de Brenda Walsh trouvent des raisonnances inattendues, qui l’eût cru ? 933 HIKKREST DRIVE, Beverly Hills. Les Walsh s’installent sous le soleil californien. Un temps de chien nous accueille à Lyon : brouillard mortel sur l’autoroute. Deuxième round de ma rentrée au collège. Les jumeaux Walsh, Brandon et Brenda, entrent au lycée. Bien que je ne barboterai pas le soir après les cours dans la piscine au fond du jardin, tout au fond de l’impasse, pour me consoler, je peux mater Brenda qui tâte l’eau de son orteil parfait, entourée de palmiers. Les séries à la télévision, c’est con, mais ça a du bon. On vit par procuration : Brenda s’insère, je galère. Alors que Donna et Kelly aux sourires étincelants déploient leurs ailes étoilées pour protéger leur Nouvelle Meilleure Amie, je me fais refouler en beauté, d’un simple regard hautain, par la fille la plus populaire du collège, le sésame pour m’intégrer. Rejetée par la deuxième sur ma liste, moquée par la troisième, je pleure ma solitude. Humiliation. Heureusement, la salle 302 du club peluche m’offre une accalmie réconfortante dans cette lutte désespérée de la collégienne isolée. Et grâce à ce ridicule passe-temps du midi, je rencontre à mon tour des copines. Notre principal point commun : nos appareils dentaires. Nous partageons douleurs, plaintes et élastiques. Rodeo-Drive un samedi après-midi : Brenda joue les pretty women malgré son porte-monnaie sans le sou, accompagnée de ses deux blondes amies. Ni une ni deux, je décide d’en faire autant  : j’arpente les allées encombrées du centre commercial, à l’affût des fringues qui changeront ma vie. Je ne trouve rien, si ce n’est une veste en jean que je ne quitterai plus. Et des Air Max, mode oblige. Un embryon de confiance s’installe timidement en moi. Idem pour Brenda que Dylan ne quitte plus des yeux. Moi, j’en pince seulement pour Nicolas B., mais il semble trop occupé à rouler des galoches à droite à gauche pour même m’apercevoir au détour d’un couloir. En plus, il ferme les yeux, sans doute pour mieux se concentrer sur le sens de rotation de sa langue. La confiance est un sentiment fragile et éphémère à l’adolescence. Mon naturel reprend le dessus. Nulle et moche, moche et nulle. Je me complais quelque peu dans cet état de fait, attendant mon heure au lycée. Le lycée, ça fait rêver. Brenda est la preuve incarnée que tout va mieux passé le brevet. Même si pour moi, tout sera moins doré, moins pailleté, moins mouvementé. Et moins blondes mes copines. Parce que la banlieue de Lyon, c’est pas Beverly Hills. MB

PARCEQUE#9 / MAI-JUIN 2012 / DOSSIER SPÉCIAL ANNÉES COLLÈGE / 39


Rose Dewitt-Bukater Rencontre avec une jeune femme remarquable TEXTE : LUDOVIC LABATI // ILLUSTRATION : CAROLE SERTIMOUN

Un amour interdit par les conventions, une relation difficile du fait de la différence d’éducation et de milieu social, un huisclos en plein océan, une épée de Damoclès suspendue au-dessus des personnages… le scénario de Titanic aurait pu n’être qu’un formidable suspense. Mais, pour nous immerger (si je puis dire) dans l’histoire, il nous a présenté, en plus, un personnage qui nous tire des larmes à tous (avouons-le). Bonjour, Mademoiselle Dewitt-Bukater ! HÉ OUI : que nous soyons fille ou garçon, Rose, c’est nous ! Et son histoire est la nôtre, même si nous n’avons jamais posé le pied sur un transatlantique. Dans notre vie, nous avons affronté ce qu’elle a affronté : ni Cal, ni le grand plongeon dans les eaux glacées de l’Atlantique Nord, mais bien le passage de l’adolescence à l’âge adulte. Passage difficile, ô combien ! Comme nous, quand elle monte à bord, Rose ne décide de rien. Tout dans sa vie a été décidé pour elle, sans qu’elle ait eu son mot à dire. Une vie « facile », dans le luxe et sans souci matériel. Or, Rose va devoir quitter le cocon… sinon elle mourra à petit feu avec son Cal de mari. Elle va donc devoir trouver la force et le courage de dire non. Rose va choisir une vie de passion, de liberté, d’indépendance, mais sans aucune sécurité, aucune certitude, aucun moyen. Un choix qui se présente à nous au moins une fois dans la vie… et que nous

rejetons, bien souvent, pour aller vers la sécurité et la facilité… Nous devenons alors comptable ou technicien, nous vivons un amour sans passion, nous installons notre petite famille dans un appart ou un pavillon de banlieue. Ils sont loin, les grands rêves ! Rose, elle, réalise ce que nous avons rêvé de faire. Malgré son inexpérience totale, elle va suivre sa voie, aidée en cela par sa soif de liberté, ses goûts artistiques, ses lectures (Freud…). Poussée, aussi, par l’attitude insupportable de Cal et de sa mère. Et attirée, bien sûr, par le beau Jack. Ce n’est pas seulement un beau gosse, c’est aussi, pour Rose, un mentor. Un guide. Un personnage angélique (pensez à la pose sur la proue du bateau). Quelqu’un qui va l’éveiller, et qui, sur sa planche, va lui faire promettre de ne jamais renoncer. Quelle leçon ! Nous, à l’adolescence, nous aimerions tant trouver un mentor ! Ce peut être une rencontre, mais aussi une lecture,

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un centre d’intérêt, une religion ou un guide spirituel… Mais Rose ne se contente pas de faire un choix difficile… elle se métamorphose. Son voyage symbolise cette évolution. Lorsqu’elle monte sur le Titanic, Rose quitte l’Angleterre de son enfance pour le Nouveau Monde et le mariage. Elle se trouve, bien inconfortablement, entre les deux : gardant les codes de son milieu (ne pas fréquenter les 3èmes classes, toujours surveiller son langage et ses manières) et cultivant une attitude de révolte transgressive (la cigarette, l’impertinence, Picasso, Freud). En clair, Rose est une « sale gosse ». Nous aussi, nous avons été des rebelles. Nous aussi nous avons fumé, bu, écouté du rock (et fait bien pire encore !). Nous avons fait des rêves… Nous suivons alors le parcours de Rose avec appréhension. Sa tentative de suicide et sa rencontre avec


Jack l’amènent à refuser d’être traitée comme une enfant (pensez à la scène avec Cal et celle avec sa mère). Mais Rose hésite… C’est tellement confortable, tellement sécurisant de traverser la vie en 1ère classe ! Nous voilà scotchés à l’écran : vers où va-t-elle pencher ? Après une nouvelle entrevue avec Jack, Rose, excédée par Cal, se jette à l’eau (euh…). Tout va très vite alors. Rose passe un dernier test : va-t-elle faire confiance, définitivement, à Jack ? Celui-ci a-t-il volé le diamant ? Rose hésite… Nous, dans nos fauteuils, nous n’en pouvons plus. Rose vat-elle se laisser récupérer par Cal, par la raison, par la facilité ? Va-t-elle monter dans le canot ? Grosse boule dans la gorge… Que c’est dur de choisir la liberté ! Rose, nous te regardons courir sur ce pont, nous te suivons dans ta descente à la cale, nous frissonnons au contact de l’eau glacée (ah, l’effet 3D !). Et nous pleurons sur nos rêves. Parce que nous – avouons-le – nous serions

restés sagement avec Cal. Nous aurions joué des coudes pour monter dans les premiers canots (mais si !). Nous serions arrivés en Amérique, aurions fait une demande pour être indemnisés, aurions raconté nos aventures à qui voulait les entendre, et nous nous serions mariés, tout tranquillement. Et tout a un prix. La liberté exige des sacrifices. Rose perd sa famille, Jack, ses tableaux, ses domestiques, son statut, et nous finirons par cela, son nom. Son monde a disparu, et elle devra tout reconstruire. Mais elle est en Amérique… L’histoire de Rose se termine sur un changement d’identité, qui couronne son parcours. Souvenez-vous : lorsqu’elle pose le pied en Amérique au milieu des rescapés, Rose se fait inscrire sous le nom de Rose Dawson, coupant ainsi les ponts avec son passé et commençant là une vie toute neuve. Or, cela fait suite à sa quasi-noyade. Comme Moïse, fils d’esclave

abandonné dans un couffin sur le Nil, et devenu, ensuite, fils adoptif du Pharaon et leader du peuple hébreu. Comme Romulus et Remus, abandonnés dans un couffin sur le Tibre et adoptés par une louve – et plus tard, fondateurs de Rome. Comme le petit garçon du Chat Botté, à qui son animal protecteur (un mentor) demande d’abandonner ses vêtements et sur la berge et de simuler une noyade, pour que le roi, qui passe par là, lui donne une belle tenue, et qu’il devienne ainsi le marquis de Carabas. Ou comme nous, si nous sommes baptisés, que cette immersion symbolique transforme en fils de Dieu. Là encore, Titanic prend la suite des très grands récits de l’humanité, et cela contribue à en faire un film qui résonne en nous, un film inoubliable. Un film qui nous interroge sur notre vie, nos choix, notre courage. Euh… Z’auriez pas un Kleenex ? LL

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Les années collège

d’O.Pignon TEXTE : O.PIGNON // ILLUSTRATION : QUIBE

Pour ce numéro spécial, la rédaction de PARCEQUE s’est mobilisée, avec la mise en œuvre de moyens colossaux : un budget de la valeur d’un ticket resto, plus de trois stylos quatre couleurs et une équipe composée d’un unique reporter bénévole pour sillonner la France en trottinette pendant des semaines afin de réaliser une enquête de malade, une enquête qui envoie du pâté, bref, une enquête qu’elle est bien. DÉCOUVRONS, tout de suite, les fruits de ce passionnant sondage.

À la question  : les années collège, pour vous, bien ou bien, t’as vu madame ? 55% des sondés se sont senti agressés et ont tenté de fuir. 08% ont pleuré. 22% ont braillé : «  le collège, j’y suis pas été allé. » 13% ont gesticulé un «  bien, tac tac, tic et tac, gros ! ». 03% ne se prononcent pas. À la question : que faisiez-vous au collège ? 55% des sondés ont répondu  : « je travaillais moi monsieur ! ». 08% ont marmonné quelque chose d’incompréhensible entre deux sanglots. 22% ont hoché la tête dans un regard lubrique. 13% ont dressé un majeur vindicatif accompagné d’un  «  quoi, t’es d’la police bâtard ? ». 03% ne se prononcent pas. À la question  : quel fut pour vous LE film marquant de vos années collège? 55% des sondés ont répondu  : «  Jurassic Park » parce que les dinosaures, ça claque.

08% ont sangloté : « Dirty dancing » . 22% ont trouvé «  American Pie  » très intéressant, parce qu’il y a des nichons. 13% ont beaucoup aimé  : «  le ciel les oiseaux et TA MÈRE… bouffon. » 03% ne se prononcent pas.

À la question : quelle fut la meilleure chose que vous ait apporté cette période ? 55% des sondés ont chantonné la Macarena. 08% ont murmuré : « le Prozac ». 22% ont crié : « Chuck Norris dans Walker Texas Ranger  » dans un spectaculaire roundhouse kick. 13% portent encore des survêtements Adidas et des Nike air. 03% ne se prononcent pas. À la question  : Que regrettez vous de ces années là ? 55% des sondés ont répondu  : «  la fin du club Dorothée ». 08% se sont remis à pleurer en pensant au club Dorothée. 22% ont ragé par rapport aux derniers épisodes manqués de DBZ à cause de Dorothée. 13% ont clamé: «  NTM  »  sans pour autant préciser s’il s’agissait du groupe

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ou d’une suggestion d’interaction entre moi et ma génitrice. 03% ne se prononcent pas.

À la question : quel fut pour vous l’événement majeur que vous aimeriez revivre de cette période ? 98% des sondés ont joyeusement répondu : « la première branlette ! ». 03% ne se prononcent pas mais n’en pensent pas moins. Enfin à la question  : comment avez-vous trouvé cette enquête ? 55% des sondés ont répondu : « nan mais sans déconner maintenant faut vraiment me laisser tranquille ». 08% ont soupiré : « émotionnellement très éprouvante ». 22% ont solennellement juré : « Plus jamais ça ! ». 13% ont menacé  : «  azy bâtard je savais que t’étais un keuf, j’vais t’ken. » 03% me font enfin comprendre qu’ils sont muets. Les plus intelligents auront remarqué que le total est égal à 101%, phénomène aisément explicable par la présence d’une personne bipolaire au sein des sondés.


EMBRASSEZ VOS ENVIES

22>24 JUIN 2012 P A R I S - L O N G C H A M P

Création graphique : www.mathieudelestre.com + www.mentysdesign.com / Maquette : adgraph.fr / Espace Offert par : "Parceque"

INFOS / RÉSA > SOLIDAYS.COM

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PARCEQUE#9 / MAI-JUIN 2012 / RUBRIQUE / 43 Avec le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication, du Ministère en charge de la Jeunesse, du Ministère des Affaires étrangères et européennes, de l'INPES, de la SACEM, de l’ADAMI et de France Galop.


QUIBE

PARCEQUE#9 / MAI-JUIN 2012 / RUBRIQUE / 44


Recette « nostalgie petit Lu » PAR CAMILLE ALESSANDRONI

Ingrédients : beurre, sucre en poudre, oeufs, chocolat en poudre, café, petits Lu. En premier faire la crème au beurre : 125 g de beurre mou (pas liquide, mou!) 75 g de sucre en poudre 1 oeuf entier + 1 blanc d’oeuf monté en neige Travailler le beurre coupé en dés à la spatule, puis mélanger l’oeuf entier et le sucre dans une casserole au bain-marie. Attendre ensuite que ça refroidisse (changer de récipient pour que ça aille plus vite) tout en remuant de temps en temps. Quand c’est froid ajouter le tout au beurre qu’on complète avec le blanc d’oeuf en neige . Ensuite imbiber de café les petits Lu. Les étaler sur un plat, recouvrir de crème au beurre puis de chocolat en poudre et recommencer environ sur 4 étages de gâteaux! On finit le dernier étage par des petits Lu + chocolat en poudre. Une nuit au frigo et miam !

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PAR LAURAINE MEYER

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Vous avez peut être remarqué que les années 90 reviennent en force dans la mode ! Alors c’est le moment de recycler deux trois trucs des années collège, mais pas n’importe comment ! Voilà quelques idées de looks à composer avec ce qui reste de votre garde-robe old school :

Et pour tester votre nouveau look, vous pouvez vous rendre à la soirée WE ARE THE 90’s et porter un de ces fameux t-shirt « I slept with Dylan first ! ».

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Renversantes années 90 par Anne Laeuffer À vos Bics 4 couleurs ! 1 : Rouge / 2 : Bleu / 3 : Vert / 4: Noir / 5 : Tipex

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BREFAUROSCOPE par Tiphaine Bacquet, Illustrations d’Agathe Parmentier.

Bélier (21mars – 20 avril) Cupidon vous sourit enfin ! Signes des astres et surtout de la poste, ces lettres urgentes (c’est écrit en rouge) qui s’amoncellent matin et soir dans votre boîte aux lettres. Quelle distinction dans les courbes de son écriture ! Il ou elle pourrait vous donner son cœur pour un état, c’est sûr ! Bref, attention aux majorations d’impôts.

Taureau (21 avril – 21 mai) Un ciel menaçant côté cœur comme dans votre sphère professionnelle. Ce n’est pas encore cette fois que vous ferez sauter la banque, que vous gagnerez au loto ou même que vous retrouverez facilement vos clés le matin. Bref, évitez les croisières italiennes.

Gémeaux (22 mai – 21 juin) Le temps vous sourit, peut-être un peu trop. C’est un tournant : vous gardez votre pull même au soleil, vous vous faites bousculer par des « jeunes » que vous ne comprenez plus et voici l’heure des cadeaux sérieux et utiles. Bref, bon anniversaire.

Balance (23 septembre – 22 octobre) Gouvernée par la saison qui s’ouvre, Vénus (4ème étage, porte de gauche) entre à nouveau dans votre maison. Elle influence votre équilibre physique et mental à grands coups de fêtes électro et de flash mob nocturnes improvisés dans son salon. Bref, vous avez du mal à dormir.

Scorpion (23 octobre – 22 novembre) En ce printemps, vous êtes le chouchou des planètes ! Non seulement votre linge sale semble s’autogérer mais votre frigidaire bourgeonne de plats aussi délicieux que gourmands. Quant à évoquer la propreté de votre appartement … Bref, remerciez plus souvent maman.

Sagittaire (23 novembre – 21 décembre) De menus désagréments vous sapent le moral mais qu’importe, vous êtes un roc, que dis-je une providence, pour votre mère, votre père, votre colocataire, votre sœur, le voisin de votre sœur, son cousin et même le chien de celui-ci. Bref, apprenez à dire non.

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« Bref », c’est vous, c’est nous, et même les autres. Petit hommage pour le plaisir avec ce Brefauroscope.

Cancer (22 juin – 22 juillet) Envie de changement ? On peut vous comprendre : vous avez beau jouer à faire bailler les gens dans le métro, lancer des batailles de purée à la cantine et apprendre la guitare les yeux fermés en position yogi, vous n’arrivez pas vraiment à pimenter votre vie. Bref, et si vous tentiez le bac ?

Lion (23 juillet – 23 août) Vous allez vous faire un ami. Probablement bel homme, mature, propre sur lui, légèrement hargneux. Il prendra soin de vous en vous conseillant d’arrêter les restos, le shopping et de renflouer votre PEL. Ne dit-on pas que les bons comptes font les bons amis ? Bref, qui veut faire des heures supplémentaires ?

Vierge (24 août – 22 septembre) Ça y est, c’est l’âme-sœur ! Vous vous ressemblez, vous aimez les mêmes choses, vous voulez tous les deux le cadeau dans la boîte de céréales et vous faites tout pareil, souvent en même temps… Bref, attention à la schizophrénie.

Capricorne (22 décembre – 20 janvier) Vous êtes d’humeur très sérieuse au travail : costume ou tailleur de couleur sobre, à l’heure presque tous les jours et décidé à ne faire que neuf ou dix pauses cafés/ cigarettes dans la journée, vous carburez ! Bref, vous serez un kiwi dans un monde d’œufs.

Verseau (21 janvier – 18 février) C’est le printemps, vous sortez très en forme de vos six mois d’hibernation sociale ! À vous les barbecues, les cocktails, les happy-hours, les soirées en boîte à danser jusqu’au bout de la nuit et… les gueules de bois. Bref, buvez avec Mère Modération (et les copains).

Poissons (19 février – 20 mars) Vous êtes particulièrement enclin aux scènes de ménage : café salé ou jus de chaussette, petits mots d’amour décapants ou repas d’amis bien relevés, vos proches auront l’embarras du choix ! Bref, Raymond, sors de ce corps.

PARCEQUE#9 / MAI-JUIN 2012 / BREFAUROSCOPE / 53


PARCEQU’ILS LE FONT parcequ’ils le font ... RÉDACTEURS TIPHAINE BACQUET est une littéraire qui aime le ciné, la poésie, les voyages et les vaches. Et lorsque tombe le crachin breton, elle se sent l’âme d’un poète maudit. Oui elle est très romantique aussi. RACHEL BALEN chante, écrit, travaille aussi. Et puis elle aime, surtout, car sans l’amour, que sommes-nous ? ANGÉLA BONNAUD fait du marketing, mais comme c’est dégueulasse le marketing (beurk), elle a décidé de mettre sa formation au profit du service public, et du coup elle se retrouve à la Croix Rouge, et elle trouve ça plutôt cool. C’est aussi la vice-présidente de l’association PARCEQUE. MARIE BRARD évolue dans le monde des livres : après avoir avec passion exercé le beau métier de libraire, elle a chaussé des lunettes de bibliothécaire (mais pas le chignon). Elle aime la chanson « Place des grands hommes » de Patrick Bruel, Joey Starr, la Bretagne, les quenelles, mais pas trop le saucisson. CLÉMENTINE BRISSI, c’est « comme un photographe mais avec une frange, de l’humour, un cerveau et un compte twitter » (c’est pas elle qui le dit). Mais c’est aussi une fille qui a toujours secrètement rêvé d’avoir une moustache (ça c’est elle qui le dit). Elle est la secrétaire de l’association PARCEQUE. clementineb.carbonmade.com  FLORE ENGELVIN est instit et a décidé de renverser les rôles pour PARCEQUE, en tolérant que la chef lui gribouille ses copies d’articles en rouge. Manifestement, elle s’en remet plutôt bien. AURORE GAY étudie les oiseaux et fait du hockey subaquatique. Mais pour

en revenir aux oiseaux, je crois qu’un jour elle m’a parlé d’une espèce qui s’appellait le zizi hurlant. Parfois les noms d’oiseaux c’est stupéfiant. Mais j’ai peut-être mal compris. ROMAIN JAMMES est diplômé d’un M2 de Science Politique à la Sorbonne. Banlieusard de coeur, d’âme, et de tête. Musicien à l’occasion, amoureux des mots et militant du Front de Gauche! romain-jammes.fr KAZO alias Fred est né sur les terres viticoles les plus belles du monde, et navigue depuis longtemps dans l’univers des bibliothèques. Parfois mytho, il sait bien jouer du pipeau ! Il adore la cuisine italienne, les films noirs américains et la brit music. Il a tendance à se passionner pour des sujets aussi envoûtants que les techniques de recherche documentaire ou le radicalisme à l’aube du XXeme siècle.  LUDOVIC LABATI - notre relecteur - c’est un oeil acéré, pour veiller à ce que l’orthographe et la syntaxe restent à la hauteur du contenu de votre journal préféré. C’est aussi deux jambes qui ont couvert pas mal de kilomètres sur les chemins de grande randonnée, en France et au Liban. Et c’est, surtout et avant tout, l‘heureux papa d’un grand garçon de 10 ans… RAPHAELLE ORES est médecin mais elle aime aussi beaucoup les étoiles. Elle a été en Chine, une fois, mais elle est revenue. Parce qu’il y a encore beaucoup de pays à visiter. MARGAUX PEREZ a travaillé dur à l’école du Louvre. Sa vie sera sans doute dans les musées, dans une atmosphère silencieuse et studieuse, ce qui, espérons-le, ne fera jamais taire ce qui bouillonne à l’intérieur. ATRUS PRINCEPS, Littéraire absurdoué holothurique préposé aux idées à la con. Amateur de Gainsbourg, de JDR,

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de citron, de poulpes et de rousses. Dans le désordre. Et des phrases nominales. CAROLE SERTIMOUN : Photographiste polyvalente consacrant 39h par semaine à nettoyer la poussière sur des flacons de parfum, et le reste de son temps à rêver d’un avenir meilleur, surtout pour son magazine. Elle aime les gens et aussi beaucoup les chats. Mais elle mange du cheval, parce que c’est délicieux, surtout en aller-retour. SIDONIE TELLIER-LOISON aime les doudous plus que tout mais comme ils ne savent ni écrire ni dessiner, elle se voit quelques fois obligée de communiquer avec de vraies personnes. Elle rêve que les mutations génétiques lui permettent un jour de se nourrir exclusivement de kir à la violette, de tarama et de granolas. Tom VHD, ringard, scabreux, humour au rabais et charme douteux, autant d’adjectifs qui conviennent pour décrire ce jeune cadre apathique. Entre procrastination, imitation de Patrick Sébastien à 2h du matin et salsa avec personnes âgées, ce militant de la première heure du « tout pour la vanne » n’en finit plus de nous étonner. ILLUSTRATEURS CAMILLE ALESSANDRONI aime fabriquer des vêtements qui tombent bien, a toujours un sac lourd de carnets et ne cuisine pas bio car elle a la flemme du coup elle a honte. Mais elle continue de manger du chocolat pas bio devant desperate housewives et puis, parfois, elle dessine pour remettre un peu d’équilibre dans le monde. LOUISE BILLARD aime passer du temps auprès de sa grande famille. Elle adore jouer, rêver mais surtout lire et dessiner. Du haut de ses 8 ans, l’avenir s’offre à elle, des crayons plein les poches. Elle préfère toujours rester au

calme dans son univers et pourtant, elle est tout le temps invitée à des goûters d’anniversaire. Elle trouve souvent qu’elle a de trop grosses joues mais c’est parce qu’elles sont pleines de fantaisie, d’humour et de rires et c’est bien ça qui la rend si jolie. OLIVIER CREPIN aime les randonnées, seulement il n’a pas le sens de l’orientation. Alors, après quatre années d’études de médecine, il sort sa boussole, enfile son sac à dos, et part à l’EESI d’Angoulême faire de la bande dessinée. Parce qu’il faut aussi manger cinq fruits et légumes par jour, en septembre 2011, il fonde les Editions Rutabaga. editionsrutabaga.blogspot.fr animismeetanagrammes.blogspot.fr ANNE-PERRINE COUËT fait du dessin et du graphisme. Elle ramasse les papiers qu’elle jette dans la rue, collectionne les autocollants dinosaures ; fut un temps où elle faisait du fanzine avec InK - et c’était bien. Elle projette soit de faire de la bande dessinée, soit de conquérir le monde quand elle sera grande. anneperrinecouet.free.fr leportaildelude.com NICOLAS DAVID arrive à dessiner Pikachu en Pablo Picasso, et rien que pour ça, ça vaut le coup d’aller faire un tour sur son blog. mel0k.wordpress.com ANNE DERENNE, illustratrice de vocation, économiste de formation; montagnarde citadine ; écolo ne voyageant qu’en avion, enracinée sans racines... Elle aime depuis toujours partir à l´assaut de pages blanches à conquérir avec ses crayons. Plus qu´une passion c’est devenu une véritable addiction… derenne.ultra-book.com ELODIE GARBÉ est diplômée en illustration et est actuellement étudiante en graphisme.


... retrouvez les tous sur parceque.org Elle collectionne malgré elle les surnoms : crolette, mout-mout, bichon de canapé, brebis égarée, Louis XVI et aime laisser croire à son entourage que toucher ses cheveux porte bonheur. Sinon elle aime dessiner et particularité particulière, elle cherche tout le temps ses clés. elodigarbe.blogspot.com LIZA GRAIGNIC est un papillon illustratrice volant dans l’air froid… amoureuse de la nature depuis sa plus tendre enfance. Outre se griller la rétine à fixer ses feuilles, elle aime regarder les couchers de soleils, un brin d’herbe entre les lèvres en observant autour d’elle les remous de la mer bretonne. lillustrelili.blogspot.fr VANESSA GRÜNBAUM entre dans la vie active. Adieu les Arts Décoratifs de Paris, au revoir bulletins de notes. Maintenant elle a des préoccupations bien plus prudentes : elle s’acharne à envoyer des lettres de motivation mais elle ne correspond pas au profil. Bientôt Vanessa rentrera épuisée chez elle. Elle retrouvera sa cuisine équipée, elle s’installera dans son salon IKEA et allumera la télévision en engloutissant son plateau repas. Vanessa préfère devenir mashmallow que de cette vie là. Ce dont elle rêve c’est être dessinatrice, c’est en imposer, c’est gommer et recommencer. www.facebook.com/grunbaumvanessa MARIUS GUIET est diplômé en illustration de l’école Massana. De retour en France, il devient illustrateur freelance pour les autres, et bénévole pour nous. Il fait partie depuis septembre du cabinet Patte-pelue, un atelier d’illustrateurs situé à Saint Denis. www.facebook.com/pages/Marius-Gillustration/191167987655049 MARINE HARDOUIN est une illustratrice française tombée amoureuse d’un Allemand et par la même occasion de

Berlin. On ne peut plus l’en décrocher. Mais tant qu’elle dessine, tout va bien. everybodyelsewasfine.com

et que nous subissons!... sinon... heu... une fille plutôt tranquille (!) www.behance.net/agatheparmentier

ANNE LAEUFFER est architecte d’intérieur et elle aime beaucoup faire du vélo. Hélas le sien est décédé il y a peu à la porte d’Orléans, et je crois qu’elle se tâte à lui designer un petit mausolée.

COLINE POULETTE est rousse et fait de la boxe. Elle respire la fraîcheur de sa génération, mais elle porte souvent des bottes en peau de vache, du coup je ne suis pas sûre qu’on puisse lui faire confiance à 100%. La BD bloguerie est sa grande passion, et elle est vice-présidente de l’association PARCEQUE. arrosoirs.illustrateur.org

CLAIRE LUPIAC est tombée dans le dessin toute petite. Il y a d’abord eu les sirènes, puis les licornes, les princesses et les monstres aussi, l’overdose de rose et de doré, les paillettes. En fait, elle n’a jamais arrêté ni vraiment grandi. Aujourd’hui, elle fait du graphisme et des études pour rester les pieds sur terre, mais quand elle sera grande elle sera illustratrice, na ! caliroune.com LAURAINE MEYER est graphiste et illustratrice depuis 4 ans et travaille comme directrice artistique chez vente-privée. Elle aime faire de belles images, mais surtout surtout dessiner tous le temps, sur son blog et dans ses carnets. Elle aime aussi la couleur, les fleufleurs et les animaux en plastique moches qui ornent son appartement. www.latetedansmabulle.com ROSALIE PARENT a 20 ans et sort d’une école d’Arts Appliqués. Quand elle n’est pas entrain de manger des oranges, Rosalie lit PARCEQUE. Elle aime dessiner, elle aime le théâtre, mais ce que ce que Rosalie aime vraiment vraiment c’est dessiner au théâtre, pendant les répétitions. Et surtout surtout Rosalie fait de tout. rosalieparent.tumblr.com AGATHE PARMENTIER, graphiste pour de vrai et journaliste pour de rigoler. Appelle à la révolte nationale contre nos systèmes politiques et financiers, contre cette crise que nous n’avons pas demandée

CLÉMENT PRASLIN NIVIERE est diplômé des Gobelins et travaille comme illustrateur/graphic designer freelance. Mais comme tout un chacun il aime aussi les Beach Boys et attends toujours avec impatience la nouvelle saison de Dexter. praslin.carbonmade.com QUIBE est en planque à Hanga Roa, il paraît. Sinon il fait des dessins. quibelog.blogspot.com ROUGERUNE Adolescent prisonnier d’un corps d’adulte depuis un terrible accident de tondeuse où il perdit tous ses cheveux, il dut, à regret, abandonner sa première passion : la coiffure. À défaut de mieux, il se tourne alors vers le dessin, les bd, les films avec des épées, les t-shirts cools et les colliers en bonbons. C’est vraiment trop injuste… www.rougerune.com JAYNE STEIGER est une étrange et pâle créature au plumage écarlate et de la peinture de guerre noire. Elle consomme des tonnes de thé noir et de cigarettes aux clous de girofle, regurgitant à l’occasion des choses artistiques. Grince lorsqu’elle se sent menacée. Niche à Baltimore, Maryland. www.nytemareasylum.com EMILIA STEPIEN est une jeune fille venue d’une très lointaine taïga pour devenir une illustratrice diplômée à

Paris. Quand elle s’arrête de dessiner et à part boire de la vodka et chanter, elle aime bien illustrer pour PARCEQUE qui, par hasard est tombé sous son nez un jour de janvier et lui a donné envie de participer à cette aventure des jeunes gens motivés. Sinon, elle apprécie le son de la batterie, les voyages et le cinéma. emiliastepien.blogspot.com TOMMY a dessiné pendant 5 ans dans les marges de ses cours de sciences politiques en écoutant ses professeurs. Aujourd’hui, il écrit dans les marges et noircit les pages de croquis en écoutant Cesaria Evora. Autodidacte, il est avant tout curieux, avec une petite préférence pour les carnets de voyages, les bandes dessinées et Fluide Glacial. tommydessine.illustrateur.org RAPHAËL WATKINS ABITBOL, rêveur invétéré, s’est construit un monde de peinture et d’encre pour lequel il a composé des mélodies aux pianos, inspirées des histoires qu’il raconte. abitblog.tumblr.com raphael-abitbol.tumblr.com YOULOUNE est diplômée du DMA Illustration au lycée Renoir et d’un BTS Textile à Olivier de Serres à Paris. Elle est aussi bien intéressée par le textile et ses possibilités extensibles que par l’illustration. Elle continue son parcours avec une Licence 3 d’Arts Plastiques à Saint-Denis, expose et vend ses dessins de moustaches et de fanfares. Elle s’installe avec Marius au « Cabinet Patte-Pelue » atelier d’illustrateurs et designer bijoux, près du canal de la gare de Saint-Denis. De fil en ainguille, illustre pour les magazines « PARCEQUE », « Paulette » et « Ever ». youloune.blogspot.com et enfin, LES NOBLES DU 33 pour les portraits des membres, ne savent pas dessiner, et c’est pour ça qu’on les aime.

PARCEQUE#9 / MAI-JUIN 2012 / PARCEQU’ILS LE FONT / 55


ROUGERUNE


Parceque #9