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PARCEQUE, le magazine qui dessine : une folle équipe de rédacteurs et d’illustrateurs benévoles qui ne vous veulent que du bien. Direction de la rédaction et maquette : Carole Sertimoun. Adjoint à la rédaction en chef : Gilles Seiller Relecteur : Ludovic Labati Articles : Sarah Bk, Angéla Bonnaud, Clémentine Brissi, Sophie Carrez, Mister Fly, Aurore Gay, Mathieu Gueguen, Romain Jammes, Rémi Meunier, Tony Querrec, Raphaelle Ores, Agathe Parmentier, Coline Poulette, Atrus Princeps, Carole Sertimoun, Thomas Simoni, Eliott Rýtingur, Sidonie Tellier. Illustrations : -Kaitlyn Basta (les putes vous saluent bien bas) -Tristan Domenjus (Streetsurf) -Nicolas Gouny (Sauvez les platanes) -Marius Guiet (Fainéancebook, Fauroscope) -Marine Hardouin (Back to Amy, L’odeur de l’inconnu) -Anne Laeuffer (Pub Alter Eco) -Bethany Massey (La guerre des boulettes) -Marion Meert (L’éducation dans le mur) -Nicolas Nemitz (Le droit au bonheur) -Agathe Parmentier (La route du rock) -Coline Poulette (Pubs lutte contre le cancer) -Rougerune (Edito, Le Cirque de la Solitude) -Clément Praslin Nivière (Pub SANEF) -Carole Sertimoun (Pub MSF, Le chateau de plastique, Ilo Veyou, Poème La fontaine) -Tim (Jeu dans les nuages, pub sidaction) -Friederike Wolf (Human Submarine) -Lauren Zeitoun (Éloge de l’ombre) Couverture et Sommaire : Gabriel et Underwater de José Manuel Hortelano-Pi, Tous droits réservés © Illustration Edito : Rougerune Créa et gestion du site parceque.org : Sarah Bk et Vincent Desdoigts PARCEQUE est une association à but non lucratif ayant pour vocation de promouvoir l’art du dessin et de l’écriture libres et sensibles par la diffusion nationale bimestrielle d’un magazine participatif et avant-gardiste auprès d’une large population. Pour nous écrire : contact@parceque.org Pour nous écrire pour de vrai : ASSOCIATION PARCEQUE 108 rue du RP C.Gilbert 92600 Asnières sur Seine

PARCEQUE #5 / SEPTEMBRE-OCTOBRE 2011 / EDITO / 03

EDITO Par Carole Sertimoun 15 septembre. Tranquille, la rentrée chez PARCEQUE ! On ne se presse pas, personne ne nous attend derrière la grille et le programme de l’année n’est pas défini par des intellectuels payés pour penser à notre place. Ne vous déplaise, dit la cigale, on fait ce que l’on veut. Bien sûr qu’on va vous parler d’école, tout ça, parce que ça nous manque, qu’on n’en est pas si loin et qu’on aimerait bien certains jours se réveiller avec pour seule responsabilité de se tenir debout et d’écouter les adultes nous apprendre la vie. Manger des pains au chocolat à la sortie de l’école et échanger nos Pogs. Alors nous, pour rester des enfants, on a décidé de vous parler comme ça sort du coeur, comme les enfants mais avec un peu de grammaire et d’orthographe en plus pour pas vous faire arracher vos cheveux. Et de dessiner, toujours. Qui grandit vraiment ? C’est quoi grandir ? C’est connaître ses tables de multiplication, c’est vrai que ça aide dans la vie, mais c’est surtout apprendre à s’aimer et à aimer. Parce que de toute façon, le plus important, c’est l’amour.


Sommaire PARCE QU’IL FAIT NOTRE COUV 07 José Manuel Hortelano-Pi PARCE QU’IL SE PASSE DES CHOSES 08 Les News de la rédaction PARCE QU’ON N’EST PAS TOUT SEULS 10 Fainéancebook 14 Le château de plastique 16 L’odeur de l’inconnu réchauffé au micro-ondes PARCE QU’ON SE SOIGNE 18 Le droit au bonheur ? 20 La guerre des boulettes PARCE QU’ON VEUT CHANGER LE MONDE 24 L’éducation dans le mur PARCE QUE NOS OREILLES EN REDEMANDENT 28 Back to Amy 32 La Route du Rock 38 I love Veyou PARCE QUE Y EN A MARRE 40 Sauvez les Platanes 44 Les putes vous saluent bien bas PARCE QU’ON EST TENDANCE 48 Éloge de l’ombre PARCE QUE LES VOYAGES NOUS FAÇONNENT 52 Le Cirque de la Solitude PARCE QU’ON EST HIGH TECH 56 Le Jeu dans les Nuages PARCE QUE LA MARMOTTE N’A PAS LE MONOPOLE DE LA TABLETTE DE CHCOLAT 58 Le Streetsurf 60 We can all live as a human submarine 64 FAUROSCOPE 66 ILS FONT PARCEQUE


PARCEQUE #5 /SEPTEMBRE-OCTOBRE 2011 / À PROPOS DE / 07

A propos de

Jose Manuel Hortelano-Pi (notre couverture) José Manuel Hortelano-Pi est un illustrateur né en 1979 dans une ville minuscule du sud de l’Espagne. Il vit et travaille à Madrid. Ce qui l’intéresse, c’est une vision nouvelle du portrait contemporain, véhiculée par les réseaux sociaux et le web en général. Avec l’aquarelle comme technique de prédilection - celle qui donne la part belle à la lumière dans la composition de l’image - , Hortelano cherche à révéler l’énergie et l’humanité qui émane de la chair. Il traite chacun de ses dessins avec intimité, en tâchant de capter l’attention en donnant à ses personnages une apparence charmeuse qui quelque part vous défie du regard. On a pu voir certaines de ses oeuvres dans le magazine Rolling Stone ou encore dans El País, et sa dernière exposistion «Voy a tener suerte» («J’aurai de la chance») a fait le tour du web à tendance artistique avec des réseaux comme Behance, Beautiful/Decay ou des webzines tels que Yorokubu ou Lamono. www.zapbookseries.es


Les News EN CINQUIÈME ET DANS L’AIR DU TEMPS, par Angéla Etre agrégé d’histoire géographie en 2011, ça permet de devenir stagiaire professeur dans un collège ou un lycée. Mais ces chers agrégés pendant leur 5 années de fac d’histoire ou de géographie ont-ils abordé voire appris ce qu’était le développement durable ? A priori non – comme beaucoup d’autres choses type éducation civique d’ailleurs ! Dommage, parce que c’est au programme de nos chères têtes blondes, rousses, brunes…en 5ème ! Alors si les 5ème vont avoir une longueur d’avance sur leurs aïeux, les profs vont avoir encore du boulot... UGANDAPITECUS MAJOR, par Coline Voilà le doux nom du grand singe préhistorique auquel appartient le crâne fossile vieux de 20 millions d’années, trouvé en Ouganda en juillet dernier. Les docteurs français Pickford et Senut affirment qu’aucun fossile complet de ce type n’avait encore été découvert  ; cette découverte permettra d’établir des hypothèses plus précises quant à l’évolution des humanoïdes dans cette région et dans le monde. Il a pour l’heure été transporté au Museum d’Histoire Naturelle de Paris où il va être soumis à des examens approfondis. J’en profite pour vous annoncer qu’il a été officiellement reconnu que la recréation de mammouths, dodos et autres rhinocéros laineux est désormais possible grâce à la magie de l’ADN. J’en frémis d’excitation. YONNE SUPERSTAR, par Mathieu L’Yonne (la rivière) aurait un débit annuel supérieur à celui de la Seine (respectivement 93m3/s et 80m3/s) «Bouh, c’est nul comme info... « Dis comme ça oui, mais si je vous dis que, du coup, au niveau du bassin Parisien, la Seine serait l’affluent de l’Yonne, et non l’inverse... Ca voudrait dire que le fleuve qui traverse la capitale n’est pas la Seine, mais l’Yonne ! «Ah bah ça alors... « Vous voyez ? Alors, tous à vos tablettes : 92 = Les Hautes Yonnes, 93 = La Yonne Saint Denis (pas très Ghetto tout ça), Les bateaux-mouches font des croisières sur l’Yonne, Carole Sertimoun habite à ... Asnières sur Yonne AY CARAMBAL ! par Atrus Le 30 Septembre aura lieu le bal anniversaire de l’association Carambal, qui organise des soirées dansantes sur Paris chaque mois depuis un an (d’où anniversaire, sans doute). Avec de beaux noms du Folk (Naragonia Quartet, Duo Besson-Rio, Duo Absinthe), et un bœuf jusqu’au bout de la nuit ! –de 20h30 au petit matin, à l’Espace Seven Spirits, 7, rue Sainte-Hélène, Paris 13 www.carambal.fr


PARCEQUE #5 /SEPTEMBRE-OCTOBRE 2011 / NEWS / 09

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vues par la redaction Illustrations : Agathe Parmentier LA RAFLE DU T1, par Carole Mercredi 31 mai 2011, on a eu droit en région parisienne à une drôle de cérémonie. La ligne du tramway de Saint Denis est réquisitionnée pour évacuer un camp de Roms. D’après Médecins du Monde, des mineurs auraient même été séparés de leur parents avant d’être embarqués de force par la police. Quel hommage ! Comment la police française a-elle pu commettre un acte symbolique aussi fort, qui plus est à proximité de la gare de Drancy, d’où partaient les trains des déportés de la Seconde Guerre Mondiale ? Z’avaient qu’à les envoyer direct en Pologne tant qu’à faire. Douce France... LE GRAS, C’EST LA VIE, par Sido Les phoques sont-ils mal foutus ? D’un point de vue esthétique, on pourrait être tenté de répondre oui. Mais, comme il est très vilain de juger sur les apparences, nous considérerons leurs corps fusiformes comme un cadeau de la nature les aidant à survivre dans un environnement aux conditions extrêmes. Malheureusement, leur épaisse couche de graisse fixe plus facilement les polluants présents dans la mer. Les phoques se trouvent exposés à de nouvelles maladies et contaminent à leur tour les Inuits qui consomment la viande de phoque en grande quantité. Mais que fait BB ? LE FUTUR BIZARRE PREND FORME, par Gilles Tyler, the creator, leader et fondateur du collectif Odd Future Wolf Gang Kill Them All, a remporté dernièrement aux MTV Video Music Awards 2011 la récompense décernée au « meilleur nouvel artiste ». La vidéo à l’origine du gain est celle de son single « Yonkers » où l’on voit Tyler manipuler un cafard avant de le manger, vomir et se pendre. Après la sortie de son album « Goblin » au printemps et avec l’annonce de « Wolf » à sortir en 2012, Tyler et sa clique promettent d’envahir les charts et les cérémonies. Et ils ne sont toujours pas majeurs. HEY ! par Agathe Dès le 15 septembre, on se rue à la Halle St Pierre à l’occasion de l’expo « Hey! Modern Art & Pop culture ». Mise en place par Anne & Julien, couple de journalistes férus de culture alternative et créateurs, entre autres, de la revue Hey! L’expo promet de regrouper une soixantaine d’artistes indés contemporains de la France aux USA et de nous donner ainsi un aperçu éclectique, un brin étrange, de la création undergroung actuelle entre art brut et pop culture ! www.heyheyhey.fr www.hallesaintpierre.org


PARCEQUE #5 /SEPTEMBRE-OCTOBRE 2011 / SOCIÉTÉ / 11

Faineancebook Texte : Sarah BK // Illustration : Marius Guiet

Plus besoin d’un joli timbre, d’une belle enveloppe et d’une carte postale exotique. Désormais, un petit like et quelques commentaires suffisent. LE SABLE vous gratte sous les pieds, votre peau sent l’huile sublimante pailletée bronzante, la citronnelle anti-moustique ou l’écran total indice 50 et la Biafine ; les déclarations de lieux sur Facebook fleurissent avec des noms de ville rivalisant d’exotisme, les photos teaser de plages de sables fins à l’eau turquoise envahissent votre file d’actualités, pas de doute c’est l’été !

« moins con ». Tous les obstacles s’amenuisent, les différences d’âge, d’activité, de vie, c’est les vacances du paraître et des règles sociales amoureuses, bien rythmées par la phrase rassurante « Je m’en fous, de toute façon je reverrai personne ici ! »

Pas si sûr… Parce que le dernier jour, celui de l’au revoir, il y’en a toujours un pour demander timidement : « Tu… es sur Facebook? ». Mieux que C’est le temps des Ray-ban, des mini-shorts et des l’adresse postale, le numéro de téléphone, le mail, beaux-bruns-ténébreux-guitaristes-bronFacebook permettra zés-kite-surfeurs-aux-yeux-verts. Pour peu « Parce que le dernier jour, de garder contact que vous soyez peu farouche et/ou que celui de l’au revoir, il y’en sans même avoir à vous ayez une copine qui a une copine qui écrire ne serait-ce a toujours un pour demana un pote qui est cousin dudit beau brun, qu’un caractère latin. alors vous avez eu la chance de l’appro- der timidement: «Tu… es Un clic sur un « j’aime cher, lui et ses lèvres. » d’ici un mois sufsur Facebook ?». » fira pour signaler que C’est beau, ça sent le sable chaud, c’est l’in« Je regarde ton profil de temps en temps » (= « je souciance de l’absence de lendemain, ça met entre prends de tes nouvelles de temps en temps »). parenthèses toutes les bonnes résolutions que vous vous êtes fixées pour le reste de l’année « La proLe problème étant que cette fainéantise du contact chaine fois, j’attendrai de le connaître mieux… » ne se cantonne pas à l’amourette de vacances, (qui, « Le prochain il sera plus doux » « plus grand » avouons-le nous, ne mérite parfois pas plus), mais


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bel et bien à tout son cercle amical. À quoi bon appeler Jules puisque je sais où il est, avec qui il est, quel temps il fait et ce qu’il mange juste en regardant son mur de ces trois derniers jours ? À quoi bon prendre des nouvelles de l’opération de Karine puisque j’ai liké son statut où elle signalait qu’elle était chez elle hier, et en bonne santé…

fera, des ex-meilleurs amis avec qui c’est bel et bien terminé… Facebook, dans ses paramètres de base, place tous ces gens sur le même niveau d’importance et donne les mêmes possibilités d’interactions à tous. Le problème étant que dans la vie réelle, on ne souhaite pas dévoiler (tout de suite) toute son activité quotidienne, ses soirées alcoolisées et ces commentaires dévoilant pas mal de son caractère à un inconnu kite-surfeur brun aux yeux verts connu sur une plage… Facebook l’a bien compris et a mis en place les paramètres de confidentialité avancées qui permettent de définir le niveau d’ouverture de son profil selon des groupes d’amis ou des personnes.

Comme a pu le provoquer le passage de l’épistolaire au téléphone « À quoi bon lui écrire puisque je peux l’appeler ? », puis le téléphone aux messageries instantanées, Facebook simplifie une fois de plus l’accès à la communication. Et plus la façon de cultiver ses liens sociaux devient facile, plus il devient possible de les multiplier. Par la simplification des interactions qu’ils proposent, ces nouveaux réFacebook vous incite donc à classifier votre degré seaux encouragent la quantité parfois au détriment d’amitié à peine un inconnu kite-surfeur rencontré de la qualité du lien social. Et c’est ainsi qu’on se et choisir ce que vous souhaitez montrer de vous, retrouve avec plus de 400 « amis » alors que l’on ce que vous laissez paraître, et cette image peut n’échange régulièrement qu’avec une soixantaine être évolutive, en fonction des paramètres de confid’entre eux (et encore) et que des études indiquent dentialité que vous lui attribuez. qu’il n’est possible de cultiver Oui, Facebook est un outil formidable des liens sociaux qu’avec 150 « Facebook vous inpour garder contact avec tout son cercle personnes maximum… Les 350 cite donc à classifier relationnel quel qu’il soit, mais est-ce du autres ? Quelques « like », 2 ou votre degré d’amitié vrai contact ? Le sens premier du mot 3 commentaires tous les 4 mois, « contact » n’implique-t-il pas une notion une pincée de pokes pour cer- à peine un inconnu tactile et sensorielle ? Ne vaut-il mieux tains, et le tour est joué, « l’ami- kite-surfeur renconpas garder une vieille photo floue mal catié Facebook » est sauvegardée. tré et choisir ce que drée du surfeur brun qui vous rappellerait Mais au fond, qu’est ce qu’une vous souhaitez mon- son bon souvenir, plutôt que de découamitié Facebook ? vrir sur son profil Facebook qu’il écoute trer de vous » de la techno paillarde et qu’il est boucher Tout comme dans la vraie vie (« équarisseur le reste de l’année ? Ne vaudrait-il pas IRL » pour les geeks), nous avons tous différents mieux inviter à boire votre copine Sophie qui vient niveaux d’amis. Des connaissances, des collègues, de réussir son examen plutôt que la féliciter par un « des potes, des supers meilleurs amis, des amis j’aime » sur son statut triomphal ? Et si en rentrant d’enfance qu’on n’a pas revus depuis 20 ans, des des vacances, vous preniez de bonnes résolutions? ex devenus potes, des ex qu’on n’a pas réussi à supprimer (cf Parceque#4), des amis à qui l’on S.B.K a pas encore pardonné mais dont on sait qu’on le


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^ Le Chateau de

plastique Texte : Thomas Simoni Illustration : Carole Sertimoun

Disneyland, c’est le symbole de la féerie commerciale. Le lieu des rêves que les parents payent, la capitalisation des illusions si chères à l’enfance. Alors forcément, Disney a un lien avec la désillusion.


LA DÉSILLUSION, c’est la rationalisation de croyances heureuses et puériles. C’est le rabais à la réalité d’une idée poreuse de toute réflexion. Disneyland c’est là où les enfants rient jusqu’à ce qu’ils comprennent que tout est faux : Aladdin, dans la parade, n’a pas le même visage que dans le dessin animé. L’idée germe, et autour de 11 ans on comprend qu’Aladdin s’appelle Abdel, qu’il est payé au smic et qu’il fait aussi du break dance dans le spectacle avec Tic et Tac. Je pourrais rajouter qu’il deale et qu’il vole à la Fnac mais je veux pas pousser l’ironie, ni passer pour un raciste. Cendrillon, elle, fait des pauses clopes aux mauvaises heures et en profite pour appeler son mec. D’ailleurs celui qui fait Mickey et parfois Donald, Mehdi, il a vachement envie de la serrer. Alors il tente des blagues avec son rôle de Cendrillon, mais Mehdi ne connaît pas vraiment l’histoire de Cendrillon. Il sait qu’il est question de chaussures alors une vanne ou deux sur les Nike c’est déjà pas mal. Capitaine Crochet faisait la manche dans le RER il y a deux ans, sa désillusion à lui a déjà eu lieu. C’est dangereux d’aller par là, parce que le couplet sur la tromperie orchestrée par les contes, on le connaît. « Le prince charmant n’existe pas en fait, t’apprends le sexe en te faisant quasi violer dans des chiottes à 14 ans, t’apprends la séduction sur M6, et t’apprends l’amour en même temps que la peur d’être seul ». C’est nul de soutenir ce genre de choses, c’est trop facile. C’est trop facile le cynisme. Disons que personne n’est assez con pour ne pas les voir, les dégâts que font ce gros train de bagatelles, de breloques, de toc. Kermesses de luxe. On le sait que tout est faux, et que l’on éblouit des enfants crédules avec une lumière bien terne. S’en étonner revient à la critique facile et méprisable du décalage entre les rêves et la réalité. Pourtant, cette désillusion est positive. Elle prépare. Après tout, Disneyland Paris est le meilleur exemple de la mise en scène du rêve. Les pubs en vendront plusieurs tonnes derrière, autant avoir vécu un léger viol en amont. C’est une question d’expérience, de vie. TF1 se charge de raconter l’histoire de belles personnes, et leur offre une maison qui n’a rien de moins scintillant que ce

château en ponce... Ou même bien meilleur exemple, Geoffroy, 27 ans, plutôt seul. Lorsqu’il paye avec son salaire de webmaster la défraîchie mais sympathique Ilona dans une cabine à Pigalle, l’illusion n’est pas dangereuse pour lui. Il a déjà compris plus tôt que rien de magique ne lui arriverait, depuis qu’un employé de la maison hantée a laissé ouverte la porte du local technique. Cette fille qui le mange des yeux a tout du faux fantôme, du mirage laser, de la marionnette. Pas de magie. Il le sait et puis tant pis. Il ne faut pas trouver ça triste, c’est même plutôt beau. Disneyland n’est pas responsable de l’acceptation de tout ce qui trompe, c’est certain, mais on touche au symbole. On ne fera pas mieux qu’eux, pour montrer aux enfants victimes d’un trop-plein de crédulité, que le monde est désenchanté. On vit dans la science, l’exactitude, le rationnel à se donner la migraine ; vider des encriers pour écrire avec acharnement ce qu’il faudra apprendre, expliquer comme une obsession ce que l’on ne comprend pas. On a rapidement expliqué les lucioles, aujourd’hui on analyse les tueurs. Plus de place pour croire aux contes, dans une chambre devenue sérieuse. La biologie se chargera de pisser sur la citrouille qui se transforme en carrosse. La sortie de l’alcôve infantile donne le droit de se moquer de ceux qui préfèrent encore se dire que les fées existent. Ce sont souvent les enfants uniques, seuls, qui s’accrochent péniblement, puis acceptent la solitude en boudant leur ami imaginaire à contrecoeur. Une fois qu’on ne croit plus en tout, on ne croit plus en rien. Pas de juste milieu, abandonner le Père Noël en même temps que l’espoir de voler, il faut évoluer. Bon, je pourrais aussi vous parler de religion, mais les gens vont commencer à se faire la guerre, et pas de guerre ici, s’il vous plaît. Il y a des enfants. Pourtant l’enchantement, c’est croire. Croire, c’est Dieu. Mais là j’ai pas la force, j’ai faim et Dieu c’est trop vaste. Allez, refermez la porte du local technique et oublions tout ça. L’illusion, c’est pas si mal finalement. T.S.


L'odeur de l'inconnu /

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rechauffe au micro-ondes Recommencer. Réessayer, après un échec, après l’une des pires expériences que l’on ait vécu. Fonder un couple après une rupture, déménager, ou trouver un nouvel emploi après un licenciement. Oser se lancer pour la deuxième ou dixième fois avec autant d’entrain qu’au premier jour. Chaque année, nous y sommes appelés lors du passage à la nouvelle année, de la rentrée scolaire de septembre, ou de n’importe quel autre événement ; à recommencer, à nous renouveler, à oser avancer ou même à continuer sur notre lancée. Texte : Eliott Rýtingur // Illustration : Marine Hardouin Je ne suis pas de ces personnes qui aiment le renouveau, rencontrer de nouvelles personnes. Ceux qui jouent aux explorateurs et dont la richesse de vie se base sur de multiples expériences. Je ne suis rien de cela. Je suis quelqu’un de routinier et peureux, une personne frileuse et froussarde, qui n’aime pas sortir de chez elle et qui déteste les soirées avec des inconnus. Je suis un flippé, un stagnant, un phobique social, un handicapé de l’amitié qui construit la confiance qu’il a envers les autres à partir de codes que seul lui connaît. Alors quand on me parle de rentrée, la panique me gagne, froidement. Cette année j’entre de nouveau, après une tentative avortée, dans l’univers des études supérieures. Cette rentrée est donc importante. Se faire des amis, des contacts pour l’avenir. Travailler, réussir surtout, ne pas craquer. Quand l’idée de nouer de nouveaux liens avec

ses congénères exciterait certains, elle me glace l’échine et me rappelle que tout est à refaire, de nouveau. Au-delà de mon cas personnel, je me demande comment les pantouflards, les solitaires, les maniaques accrochés à leurs rituels vivent cette idée d’évolution annuelle que l’on nous encourage lourdement à suivre. L’ignorent-ils, du moins, le peuvent-ils  ? Sommes-nous victimes d’un complot visant à dynamiser de force les populations molles et effrayées ? Jusqu’où le régime de la terreur tonique ira-t-il ? La première chose que l’ensemble de ma famille m’a demandé lorsque j’ai arrêté mes études fut prévisible : « Mais que vas-tu faire ? », ce à quoi j’ai répondu « Je vais réfléchir ». Effarement total. Je suis resté enfermé chez moi à peu près 3 mois, hagard,


PARCEQUE #5 /SEPTEMBRE-OCTOBRE 2011 / SOCIÉTÉ / 17

visité par mon tendre, et harcelé par ma mère. La pression sociale s’immisce jusque dans les strates les plus intimes de nos vies, et quand je pensais être soutenu, j’ai reçu des échos plus que négatifs quant à mon choix.

j’ai eu un peu honte de notre société, et pourtant je n’aime pas les vieux et leur besoin obsessionnel de rappeler aux plus jeunes que c’était mieux avant, et qu’ils ont construit le monde que nous nous évertuons à détruire.

L’éloge permanente de la mobilité, de la motivation et de l’échange avec les autres avait fait de moi un paria auprès de mes proches, alors que j’étais en processus de retirement du reste du monde. À ce moment là, j’ai pensé aux vieux ou aux gens trop faibles pour travailler que la société accuse de ne plus avoir d’utilité effective, et d’être un poids pour leurs concitoyens. On leur reproche leur manque d’activité quand ils ont été jadis actifs pendant assez de temps pour obtenir le droit à l’inactivité, ou quand ils n’ont tout simplement pas la possibilité d’être actifs. Aujourd’hui, on leur demande de travailler en plus de leur retraite, ou de leur pension, s’ils souhaitent vivre correctement. Pendant un court instant

Je ne suis pas dans la même situation qu’eux, je n’ai pas gagné mon droit à l’inactivité, je ne le mérite pas aux yeux du reste de mes congénères, alors je dois recommencer. Réessayer. Reprendre, renouveler implicitement mon contrat avec le reste du monde : je reviens parmi vous. J’y suis obligé, et je vous le dois : vous avez payé ma scolarité jusqu’à présent, je vous dois de finir mes études, de travailler, de cotiser, de créer des richesses, pour pouvoir un jour avoir le droit de retrouver l’inactivité qui m’est chère. Et j’en suis malade, déjà. E.R.


18 / MÉDECINES / PARCEQUE #5

Le droit au

bonheur ?

Texte : Raphaëlle Ores // Illustration : Nicolas Nemitz LE HANDICAP ne date pas d’hier. En guise d’introduction, parlons aujourd’hui d’une œuvre qui, elle non plus, n’est pas des plus récentes : Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes, sorti en 1959. Les questions et la réflexion que cette oeuvre, qui obtient en 1960 le prix Hugo de la meilleure nouvelle courte, et en 1966, le prix Nebula après avoir été adaptée en roman, amène sur le handicap mental - et même sur tous les handicaps - sont plus qu’actuelles. Mettez vous à la place du personnage principal, Charlie Gordon, handicapé mental sévère. Cet homme est élu candidat pour une « expérience », comme une souris de laboratoire. Une expérience qui va le transformer peu à peu. De gros bêta, il va devenir un autre. Un autre plus heureux? Plus seul? Plus malin ? Au miroir de la souris qui vit la même expérience que lui, il monte vers les plus hauts sommets de l’intellect, pour finalement en redescendre. Qu’est-ce que l’intelligence ? C’est la question que

pose ce récit. En quoi joue-t-elle sur nos relations sociales ? En quoi nous rend-elle heureux ou malheureux ? L’expérience même de vouloir modifier un homme déficient intellectuellement pour le rendre plus « normal » se justifie t-elle vraiment ? Médicalement parlant, le terme de handicap n’existe plus aujourd’hui. On parle désormais de « restrictions de participation ». Cette expression englobe en réalité des situations très différentes : de la mémé ne pouvant plus faire ses courses à cause de son arthrose, à l’enfant trisomique, en passant par l’homme incontinent urinaire qui ne peut plus sortir de chez lui de peur de se faire dessus. On parle donc de restrictions de participation à partir du moment où une déficience ou un défaut de fonctionnalité organique nous limite dans nos activités, et nous empêche même d’y participer. Au-delà des termes, la question la plus importante du handicap demeure celle du regard que la société pose sur lui. En théorie, sur le papier, tous les hommes


Comment juger du bonheur d’une personne handicapée ? Qu’est-ce qui justifie qu’une femme interrompe sa grossesse après des résultats positifs à la trisomie 21 ? sont égaux. Mais le parallèle mis en lumière dans cela n’est pas comparable au monde d’aujourd’hui : « Des fleurs pour Algernon » entre Charlie et la souIl existe des garde-fous, des comités d’éthique, des ris interroge : est-il vraiment un être humain à part décisions qui ne se prennent qu’en staffs multi-disentière ? Car il est difficile de réaliser que l’autre ciplinaires. Mais il ne faut pas oublier ces questions pense - donc est, selon Descartes - , surtout s’il ne de fond, qui bon gré mal gré, s’effacent au profit peut pas communiquer. Le livre autobiographique d’une médecine parfois aveugle et commerciale. « Le scaphandre et le papillon » de Jean Dominique - Deuxièmement, et c’est sans doute le plus délicat, Bauby, également adapté au cinéma, raconte avec vient le questionnement des parents, et du « poids » émotion la vue intérieure de l’auteur. Celui-ci mène individuel d’avoir un enfant malformé, différent. Bien une vie parfaitement normale jusqu’au jour où il est sûr, au bout du compte, c’est l’équipe médicale qui victime d’un « locked in syndrome » : un AVC (accident prend la décision et non directement le couple, qui vasculaire cérébral) sévère, laissant pour seul mouporterait cette culpabilité. Mais aucune décision mévement possible celui d’une paupière, dicale n’est prise sans l’avis de la famille. « Limiter les mais avec une intelligence parfaitement C’est à cette question qu’il faut apporter intacte. Peut-on a priori juger de la vie individus diffé- des réponses. Et c’est là que, couplées de cet homme, qui n’est extérieurement rents, socialeaux réflexions sur l’avortement, se bousqu’un légume, et qui pourtant intérieuculent les réflexions philosophiques, rement parlant, rement rêve, tombe amoureux, souffre, ligieuses, morales sur l’enfant à naître. au risque de pleure, sourit ? Les limites que se donne la société pour régenter ces dépistages sont de l’ordre Notre politique actuelle médicale du dé- tomber dans de la lutte contre l’eugénisme. Mais pour pistage anténatal repose aussi sur toutes l’eugénisme ? » une famille ? Quel va être son critère ces questions. Est-il licite de proposer un de choix ? Avoir une famille normale ? dépistage systématique de la trisomie 21, qui déAccepter cet enfant à naître, et accepter tous les bouche, quel qu’en soit le terme, sur une interrup« sacrifices », tous les changements de temps, de tion médicale de grossesse s’il est positif ? travail et d’argent que cela implique ? Offre-t-on aujourd’hui un vrai choix à ces familles-là ? Leur Deux positions antagonistes s’affontent alors : propose t-on suffisamment d’aides et de soutien ? - Premièrement, celle de la société, qui cherche peut-être à limiter ces individus « autres » qu’elle Et au-delà de la question du bonheur de la famille ne sait pas bien gérer, à qui elle peine à proposer qui s’apprête ou non à accueillir en son sein un enun avenir, et qui lui coûtent de l’argent. Limiter les fant handicapé : peut-on juger, par avance, et extéindividus différents, socialement parlant, au risque rieurement, du bonheur de cet enfant ? de tomber dans l’eugénisme ? On se souvient de « Bienvenue à Gatacca », film américain sorti en R.O. 1997 qui imagine une société eugéniste. Certes,


La guerre des

boulettes Sans vouloir dire que j’ai brûlé des étapes, il faut savoir qu’avant d’être un bébé médecin il faut obtenir le sésame ultime : réussir sa P1 (ou PCEM1, premier cycle des études médicales). Et la P1 annonce si bien la couleur de la suite qu’elle méritait bien son épisode. Texte : Sophie Carrez // Illustration : Bethany Massey BAC EN POCHE, je suis allée m’inscrire pleine d’estit un : il faut comprendre la hiérarchie. Les primants poir et d’illusions à la faculté de médecine. Une date ce sont les petits nouveaux qui débarquent, à qui il de convocation, une heure et des papiers à ramefaut faire comprendre qu’ils vont en baver, et que ner. Un bureau très très long, plein de gens, plein les doublants sont les maîtres incontestés des amde problèmes en perspective. Le marathon des insphis. C’est aussi simple que ça. criptions commence. À moi les joies de la rentrée Premier jour. Cours de chimie. Je ne connais perétudiante... Allez ici, remplissez ça, ah oui en deux sonne. Ne pas céder à la panique. Devant un amphi exemplaires et puis après il faut aller le donner là, et de P1, c’est pourtant facile de céder à la là on vous renvoie là bas qui vous renvoie panique. Les gens se pressent pour entrer ici et… bref deux heures plus tard me « On ne se et quand je dis se pressent c’est au sens voilà étudiante en PCEM1 avec une jolie remet jamais littéral. Tout le monde écrase tout le monde petite carte rose. vraiment de pour avoir la meilleure place dans l’amphi. Première année de médecine. Ces mots sa première Refusant de me joindre aux sardines agglufont à eux seuls trembler chaque année année de mé- tinées contre les portes qui ne sont toujours des milliers d’étudiants. Mais croyez- moi pas ouvertes, j’attends un peu plus loin. decine » c’est pas des blagues, il y a matière à paOuverture des portes. La masse s’enniquer. On ne se remet jamais vraiment de sa pregouffre, je la suis tant bien que mal, mi-excitée, mi mière année de médecine. effrayée. Un vaste amphi se découvre devant moi. On est mille. Il n’y a que quelques places. La guerre Plus de 500 places et pourtant elles sont presque commence. La P1, c’est la guerre des boulettes. Pedéjà toutes occupées. Les gens se poussent, se


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bousculent, se parlent, font connaissance. Je m’assois tout en haut, et attends le massacre annoncé par tous ceux qui ont fait médecine avant moi : des cris fusent, des gens se lèvent, chantent debout sur les tables (qui sont en pente et super étroites, je salue l’exploit) pendant que d’autres lâchent sur la foule amassée en aval des tonnes de boulettes et d’avions en papier. Je cherche la cause de tout cela. Ah, un prof vient de rentrer : petites lunettes, les cheveux gris. Je n’en vois pas plus d’où je suis, et je crois que je n’ai jamais réussi à en savoir plus sur son physique de toute l’année. Puis tout cesse rapidement. Le cours commence. Et quelques orbitales plus tard, le cours se termine. Conclusion : le plus dur aura été de rentrer dans l’amphi.

Outre les cours annulés car « des sauvages ont cassé les portes de l’amphi », ou « pour cause de trop de bruit dans l’amphi », les cours se suivent, et se suivent et nous engloutissent sous une masse incommensurable de formules, de mots, de vocabulaire nouveau, de schémas d’anatomie et de boulettes de papier. Les uns essayant frénétiquement de prendre leurs cours, luttant contre l’envie d’aller se recoucher ou de frapper le voisin, qui fait partie du clan de ceux qui ont déjà le cours, et te parle pour que toi tu ne l’aies pas… Et oui la P1 c’est la guerre psychologique. Le concours de celui qui sera le plus résistant, le plus menteur, le meilleur ou le plus vicieux. Et le pire c’est que parfois ça marche. Ma plus grosse angoisse restant cette foule amassée devant l’amphi. Il y en a


Anne Laeuffer


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même qui mangent un sandwich devant la porte à la pause déjeuner en révisant frénétiquement leurs notes pour ne pas perdre une minute. De quoi devenir complètement taré. La P1 c’est aussi la guerre des yeux. La moitié des gens deviennent myope à force de regarder fixement l’écran ou les « poly » projetés en rétroprojecteur. Et oui essayer de contempler une feuille agrandie au maximum à 1m de haut, le tout à une distance de 20 m ça ne facilite pas l’apprentissage et le repos de nos globes oculaires… et je ne vous parle pas des profs qui écrivent encore au tableau. Vous savez avec de jolies petites craies rouges, vertes, bleues et blanches !

Enfin, il y a cette peur profonde d’échouer, de rater sa vie comme on dit, de laisser passer sa chance, sa vocation. Cette angoisse entretenue par les réflexions de tout le monde. Ne jamais écouter les gens. Rester concentré sur son objectif. Une vraie course d’endurance. La sélection. Ce mot tant répété par nos bien aimés doublants pour nous « pressuriser » au maximum, pour nous décourager, ces gens qui vous disent déjà tout savoir et revoir leurs cours jusqu’à 5h du mat (y en a qui carburent aux amphet parce moi personnellement quand je me couche à 5h, je me lève pas à 7h pour aller en cours….), alors que vous n’avez pas encore lu vos cours d’histologie une seule fois à 3 semaines du concours…

« Et souvent, bien

Mais la P1 c’est aussi la découverte Le stress est sans doute la pire tordu stress, du vrai ! Cette sensation trop souvent, on a ture que peut vivre un petit P1. On se indescriptible, profonde, ce mal qui envie d’abandonsent complètement perdu, on a peur, vous ronge, qui vous donne l’im- ner. » constamment peur. Et souvent, bien trop pression d’étouffer, de se perdre souvent, on a envie d’abandonner. Parce qu’il est dans un océan d’incertitude, de peur, de colère et bien difficile parfois de savoir encore pourquoi on se d’incompréhension. Omniprésent. C’est sans doute bat, tant on se bat justement. On se bat pour rester le plus dur à supporter. Et du travail certes. Peréveillé, pour suivre les cours ou travailler encore un sonnellement je n’ai jamais fait les 12h de travail peu plus, apprendre encore un mot, une phrase, quotidiennes (cours inclus) si fortement conseillées une formule de plus. On se bat pour résister à la par notre éminent chirurgien, prof d’anatomie à ses tentation de sortir, de s’amuser, mais même quand heures perdues, et si encourageant et pédagogue on y cède, on n’en profite pas tant on a peur, tant que j’avais peur chaque dimanche soir à la perspecon se dit qu’en ce moment même, les autres trative de le voir le lundi. Et encore peur c’est un euvaillent, apprennent des cours que nous on n’aura phémisme… En effet ses cours étaient des cours de pas appris. torture appliquée. On devait prendre à toute vitesse des schémas complexes d’anatomie, tout en les anC’est ça la P1, un perpétuel combat contre soinotant, ce que le prof faisait oralement en montrant même, contre ses envies, une course contre le rapidement les différents éléments du bout du doigt. temps, entre apprendre et vivre, une obsession Donc pour retrouver quel muscle s’appelle comme constante de ce que fait l’autre, de ce que sait ça, quel nerf passe là et quel tendon c’est là sur l’autre, une éternelle comparaison même s’il l’on la coupe, et bien on ouvre le Netter, indispensable sait que l’on ne doit pas se comparer à l’autre. C’est livre d’anatomie, et on reprend patiemment chaque un concours tout simplement. Et ça passe tellement schéma, chaque dessin. Et surtout on essaie de travite… Puis finalement, avec le recul maintenant, la vailler en équipe, un qui dessine, l’autre qui note P1 n’était qu’une pâle introduction ! tout ce qu’il faut savoir -en phonétique bien sûr - et S.C. on essaie de mettre ça en commun, sauf qu’au bout de 2 semaines on n’en peut déjà plus !


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L'education

dans le mur Ça y est, c’est la rentrée ! Fini les réveils tardifs, les veillées nocturnes et les voyages sans fin. Le générique de Debout les Zouzous n’est plus qu’un lointain souvenir pour têtes blondes et brunes qui se lancent dans une nouvelle aventure. Mais la réalité n’a pas cette douce odeur de cahier neuf, qui inspire les meilleures résolutions de réussite. Texte : Romain Jammes // Illustration : Marion Meert

SI UN ENFANT SUR TROIS n’est pas parti en vacances, bien plus seront frappés par le nouveau bond en arrière du système éducatif. Je dis frappés mais au fond la plupart n’ont pas connu autre chose que ce saccage. Ils s’entassent comme des sardines dans des classes taillées à la mesure de temps révolus. Ils apprennent un monde cynique qui leur enlève tout désir de grandir, mais s’en rendent-ils même compte ? Cette année encore 16 000 postes seront supprimés dans l’éducation nationale, 1500 classes de moins ouvriront leur porte. Une politique qui hypothèque l’avenir des jeunes sur le dos d’une société infoutue de redistribuer ses richesses… Une jeunesse mal formée qui n’aura qu’à s’écraser sur le mur de l’ignorance, de l’apathie politique et du chômage de masse organisé. Triste sort et pourtant quelle merveille ! Elle illumine les voiles les plus

sombres, elle apporte l’esprit, la critique et le salut démocratique : l’éducation. Pourtant l’idée avait son chemin dans la philosophie politique. Elle a été la plus magnifique réponse à tous les sceptiques de la démocratie. À commencer par nos chers Platon et Aristote. Oh je ne prétends pas que ce sont les premiers, mais il faut bien commencer quelque part. Nos deux philosophes tenaient en horreur une démocratie qu’ils imaginaient comme étant pire que toute tyrannie. Donner le pouvoir au peuple, c’était s’assurer du règne du plus populaire  – la démagogie – et non de celui étant le plus capable d’apporter des bienfaits à la cité. Le peuple ignare ne pouvait pas juger de ce qui était bon pour tous, il se ferait abuser par des discours, par de mielleuses paroles menant la société à sa


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perte. Longtemps cette idée a anéanti l’espoir démocratique. La tyrannie chrétienne suivant la chute de l’Empire Romain a fini de l’enfouir au plus profond des oubliettes. Mais l’histoire réserve de merveilleuses surprises, et pris dans sa propre contradiction, la religion n’a pas longtemps apporté l’ordre social qui garantissait sa légitimité. Les guerres de religion ont montré toutes les horreurs dont l’humanité était capable. Des sièges interminables obligeant les hommes à se manger les uns les autres, des massacres ignobles, des délations et des supplices. Devant cette haine

déchaînée par mysticisme, l’esprit humain a repris son long travail de réflexion, sa capacité à apporter le meilleur. Ainsi l’idée démocratique survint. Le principe était si simple qu’il ne pouvait venir que de génies. La paix sociale ne pouvait être assurée que si le souverain représentait la diversité religieuse du peuple. Or rien sinon le peuple lui-même en est capable… Cette émergence n’est pas anodine dans le déclenchement de la Renaissance. On redécouvre la philosophie antique, les arts, les lettres mais aussi, d’une certaine manière, l’humanité. Loin d’être à l’image


Carole Sertimoun


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du «  loup pour l’Homme  » (on trouvera d’ailleurs blique, mais il l’a enterré aussitôt. Car, négligeant étrange d’utiliser l’image d’un animal pour qualifier le précepte de Condorcet et des Lumières avant lui, ce qu’on rattache à la nature humaine), l’être hules républicains n’ont pas suffisamment formé les main est capable de bien plus. La renaissance encitoyens qui, emmenés par la main par les prêtres et fantant la philosophie des Lumières, celle-ci apporte les notables, allèrent voter pour 20 ans de dictature enfin la réponse aux sceptiques de la première militaire. heure. La raison est partagée par tous, toute perCe n’est que le Second Empire s’écroulant, et avec sonne est capable de raisonner et de tout passer l’influence du comité de Belleville de Gambetta et des au crible de son esprit critique, la seule condition et lumières de la Commune de Paris que l’idée d’une qu’on lui apprenne à s’en servir… d’où le besoin éducation nationale universelle refit surface. La IIIe d’éducation. Ainsi le peuple éduqué et doué de raiRépublique en fit un symbole avec les lois Ferry. Une son est capable de déterminer ce qui est bon pour école gratuite et obligatoire répondant au joli mot l’intérêt général sans se faire biaiser par le discours d’une leçon qui mit 100 ans à s’imprides démagogues. Pour cela l’Homme mer. Cette école fut bientôt laïque, car doit être émancipé et son esprit citoyen « le monde serait si rien ne doit échapper au crible de la formé. L’éducation nationale découle divisé en deux raison, aucun dogme religieux ne doit directement des Lumières. parties : celle de être immuable. Tout peut être remis en C’est d’ailleurs la Révolution Fran- ceux qui savent et cause. L’obscurantisme religieux, ayant çaise qui va, la première, matérialiser celle de ceux qui toujours combattu la démocratisation, cette essence. Condorcet écrit à la a trouvé la réponse du peuple à ses Convention, en 1792, cinq mémoires croient, celle des puantes facéties. Le XXe siècle démosur l’éducation où il résume la portée maîtres et celle cratisa l’éducation nationale jusqu’à du principe  :  «  S’il reste des hommes des esclaves » nos jours, où le recul est net… qui ne sont pas guidés par leur raison Ainsi, alors qu’aujourd’hui est saccagée seule, mais par une raison extérieure, alors en vain l’école, est fusillée la formation des enseignants, est toutes les chaînes auraient été brisées ; le monde privatisée et progressivement soumise aux règles serait divisé en deux parties : celle de ceux qui sadu marché cette merveille d’éducation nationale, je vent et celle de ceux qui croient, celle des maîtres ne peux m’empêcher d’observer que c’est la Répuet celle des esclaves. » Ces paroles résonnent dans blique qui recule et la contre-révolution qui retrouve mon cœur comme la sève de l’éducation nationale. ses armes. Les écoles privées, congréganistes, pour La démocratie est indissociable de l’éducation de privilégiés, trouvent une nouvelle santé. Un système tous les citoyens, et pourtant… à deux vitesses s’installe, celui de ceux qui réussisCe ne fût pas une mince affaire que de généralisent et commanderont et celui de ceux qui, comme ser cette idée. Il a fallu commettre des erreurs, de le prolétariat de demain, devra bête et méchant se graves erreurs. Car si l’on ne pouvait attendre de soumettre à la raison qui s’impose sur la leur. Une Napoléon ou de la Restauration une quelconque école divisée en deux parties pour un monde divisé tentative de démocratisation (encore que Guizot à en deux parties : le cauchemar de Condorcet…celui travers la généralisation de l’école normale y parqui, je l’espère, attisera la résistance. ticipera), la révolution de 1848 avait tout l’honneur R.J. de pouvoir présenter l’inverse. Le premier suffrage universel masculin a matérialisé la Seconde Répu-


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AMY Amy Winehouse, une artiste qui aura marqué son temps, tant par son talent que par ses addictions illicites. Revenons sur le destin de celle qui nous a fait chavirer en 2006 et qui est, définitivement, partie trop tôt. Texte : Clémentine Brissi // Illustration : Marine Hardouin

REMETTONS-NOUS en situation. Le 23 Juillet, en fin de journée, autant dire une fin de journée de vacances, donc, calme, tranquille. Heureusement qu’en ces fins de journées tranquilles il nous est possible, et grâce à la technologie mobile, notamment, de consulter Facebook en vacances. Mais en ce 23 Juillet, aux alentours de 18h, mes amis n’avaient qu’un prénom à la bouche. «Amy ? AMy ? AMY?»  ah, non. À ce moment précis, je ne pouvais y croire, on nous avait fait le même coup avec Loana et Jean Dujardin trois mois auparavant. Bon. Ok. Mais alors visiblement dans les autres pays on est beaucoup moins drôles qu’en France et on ne fait pas ce genre de «blagues». Mince alors, c’était donc vrai. Le temps pour moi de laisser place à une ou deux autoréflexions du genre «Mais donc si elle a été retrouvé morte, ça implique qu’elle ne vit plus.»  et de finir même par comprendre officiellement»de manière définitive.» Triste sort. Le choc passé, il a fallu essayer de com-

prendre ce qu’il s’est passé et aujourd’hui, mes amis, il ne reste plus qu’à accepter que c’est terminé. Amy Jade Winehouse, née le 14 Septembre 1983 à Londres, a grandi dans l’amour de la musique, et du Jazz, en particulier. C’est en écoutant son père chanter Frank Sinatra à longueur de journée qu’elle prend goût au chant et commence peu à peu à délaisser l’école au profit de sa passion. Elle finira par étudier à plein-temps à la Sylvia Young Theatre School et ne cessera, dès lors, de se faire remarquer, si ce ne fut par sa voix, en tous cas, ce fut aussi par son look extravagant et ses piercings qui n’ont jamais laissé personne indifférent. C’est le 20 Octobre 2003 qu’elle sort Frank (Sinatra, ndlr) son premier album, comportant de nombreux titres d’influences jazz dont toutes les chansons originales sont co-écrites par elle, qui remporte un franc succès et est joliment salué par la profession, même si pour elle, cet album ne lui appartient qu’à 80% en raison de l’inclusion, par son label, de


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certaines chansons et mix qu’elle n’aimait pas. Elle aura même déclaré plus tard dans une interview «Je l’écoute différemment maintenant. J’en suis toujours très fière, je pense encore que c’est un grand album. Mais avec le recul, il y a certaines choses que j’aurais faites différemment.»

sent un dernier cri de détresse poussé trop tard.  Ses obsèques se sont déroulées trois jours après le drame, le 26 juillet dernier à Londres, dans la plus stricte intimité.

Les  raisons officielles  de sa mort  restent à cette heure encore trop mystérieuses ; l’autopsie n’ayant L’heure de la consécration et de la maturité arrive pas pu établir la véritable cause du décès de la en 2006, C’est en rencontrant Mark Ronson, prochanteuse, des analyses toxicologiques ont été réaducteur de renom qui produira également Lily Allen lisées et, de manière officielle, nous pouvons affiret Robbie Williams entre autres, et en s’éloignant de mer qu’au moment de sa mort il n’y ses premières influences jazz, qu’elle avait aucune substance illégale dans se libère et s’oriente vers l’ambiance « Devenue la cible son corps mais qu’elle était, cependes  Girl Groups  des années 1950 tels des tabloïds dedant, sous l’emprise de l’alcool. Les que The Shirelles, The Ronettes ou puis 2007, et à ce résultats de l’enquête judiciaire sur encore The Supremes s’il ne fallait en sa mort seront révélés en octobre. citer qu’un, pour notre plus grand plai- rythme-là, n’étaitsir. Dans la même année sortait Back to elle pas déjà À la rédaction, nous espérons tous Black  et le succès qu’on lui connaît. qu’elle aura trouvé le repos qu’elle condamnée ? » cherchait sûrement. Mais tout n’est jamais tout rose, et parallèlement à cette ascension professionnelle, la jeune Et on lui souhaite que ce repos se fasse en paix... artiste se révèle être une personne complètement Parce qu’elle nous manque déjà, ici. instable souffrant de problèmes avec l’alcool et la nourriture... Mais aussi avec l’Amour. Peut-être que   tout est parti de cette passion dévorante qu’elle a Tribute to Amy Winehouse. (parce qu’il était connu avec Blake Fielder Civil, qu’elle épousa en logique d’écrire cet article en réécoutant toute sa 2007, et qui aura passé beaucoup -trop- de temps discographie) en prison pour diverses affaires, où il est toujours question de drogue. Leur relation n’ayant jamais #1- Valerie trouvé une stabilité, le divorce fut officialisé en juillet (Parceque c’est ma préférée des préférées, un point 2009. Se pourrait-il, alors, que cet homme qu’elle a c’est tout.) tant aimé soit une des raisons de son autodestruc#2- Love is a losing game tion ? Devenue la cible des tabloïds depuis 2007, et (Parceque là, c’est un peu l’adolescente que j’étais à ce rythme-là, n’était-elle pas déjà condamnée ? en 2007 qui s’exprime.) C’est donc dans son appartement de Londres, dans #3- You know I’m no good le quartier de Camden, qu’elle est retrouvée sans (Parceque la musique de ce morceau est aussi dinvie le 23 juillet dernier à l’âge de 27 ans. D’aucun digue que l’était sa coiffure.) ront qu’ Amy Jane Winehouse s’en est allée rejoindre le club des 27 avec en tête de wagon Jimi Hendrix, C.B. Janis Joplin et Jim Morrison alors que d’autre accu-


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La route du Rock /

eclectisme, grosses claques et galettes saucisses au rendez-vous Sous le ciel capricieux de Saint-Malo, ce week-end du 15 août 2011, nos deux chroniqueurs bien équipés vous ont concocté un petit débrief qui a pris l’eau, mais séché depuis. Ils ont les chapeaux ronds... Texte : Agathe Parmentier et Tony Querrec // Illustration : Agathe Parmentier

VENDREDI Grosse première journée. Sous le beau temps à l’inverse du samedi où le déluge breton est venu nous faire l’honneur de sa présence, nous autres guerriers avertis (par Evelyne Délhiat), avons vécu cette soirée à 1000 % ! Débrief non exhaustif des groupes vus et entendus. Electrelane tout d’abord. Les petites nanas de Brighton se sont retrouvées sous le signe du joyeux défoulement après une séparation en 2007. Pas froid au yeux et super-motivées, leur set-pop péchu mélangeant voix sensuelles, nappes langoureuses

de notre cher synthé Korg, et guitares électriques, a largement grisé le public. Girly pas mielleux aux compositions rétrorock, le dernier morceau Long Dark avec ses riff saturés confirme une fois de plus que le port de la jupe H&M sonne terriblement rock indé ces derniers temps ! Girls rule ! Mogwai ou comment commencer ce paragraphe sur les musiciens les plus inspirés que je connaisse en ce moment  ? Merde  ! Que j’étais en première ligne, voilà  ! Nan, bon ça doit pas suffire… Le groupe nous a offert les pépites de son dernier album «  Hardcore will never die but you will  », ainsi que quelques morceaux du précédent opus. Entre


Coline Poulette


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montées hypnotiques, voix vocoder sur envolées mélodiques, et brutales explosions de bruit, le groupe maniant à la perfection les longs instrumentaux ne pouvait pas décevoir son public déjà conquis. Une heure donc passée en apesanteur à quelques centimètres du sol comme à chaque fois que les instruments des dieux de l’Olympe-Glasgow se mettent à sonner ! Pause miam et quelques écocups de cidre plus tard, passons au clou du spectacle  : Mr Aphex Twin please  ! Toujours aussi insaisissable que sa montée sur scène. À chaque fois on attend en se disant « cette fois-ci je le chope » et puis comme d’hab le son commence et on a encore loupé son arrivée, toujours quand on avait le dos tourné c’est pas possible ! Le fondateur du mythique label d’électronique expérimentale Rephlex et également celui qui est assit à la gauche du Père (  !) chez Warp  ( faut-il encore présenter le label ? si oui, un article s’impose au prochain numéro) n’a pas changé, toujours aussi magique ! Live en trois actes intarissable d‘éloges.  D’entrée de jeu très pointus, les morceaux tous composés par Richard D James, scotchent par leur infime précision et mixité de sons. Prévu pour plaire aux oreilles aguerries et pour mettre dans le plat les deux pieds du badaud on se dit qu’on n’avait pas oublié qui commandait ici ! Passé cette première demie heure pas vraiment dansante mais «  électrifiante  » à souhait, quelques bribes de morceaux, Windolicker et autres, se mêlent aux beats saccadés et changements de style incongrus. La mélodie et la danse commencent donc pour ne s’arrêter qu’à presque 4h00 du matin dans un troisième acte démentiel. On ne savait pas ce qu’il nous concoctait, hé bien voilà, c’était une rave, un truc de malade, pour vous donner une idée du style sonore ! Tous azimuts,

dansant comme des indiens, les festivaliers ont comment dire... pris un sacré pied ! Écrans géants à l’appui, on n’a pas non plus oublié de se marrer en découvrant une bigoudène, JPP ou autre Dorothée à la tête d’Aphex ! En rentrant au camping, le sourire aux lèvres, ce n’était pas une impression : notre roi s’est amusé comme un petit fou, un vent de jeunesse des 90’s reboostant !

SAMEDI La soirée du samedi fut un déluge de groupes talentueux. Low, groupe américain du début des années 90, a totalement transporté le public avec ses balades hypnotiques. Ce groupe n’a rien perdu de sa magie, 17 ans après la parution de son premier opus, I could live in hope ; cet album est un vrai bijou pour ceux qui aiment les guitares lentes et les voix vaporeuses. Low, en opposition à la vague grunge dont Nirvana fût le symbole et le point d’orgue, incarne certainement l’un des groupes emblèmes du slowcore. Le groupe a principalement joué son dernier album paru cette année : C’mon. Alan Sparhawk et Mimi Parker (fondateurs du groupe) nous ont livré un live éclatant, où C’mon s’est illustré comme un album bien ficelé, faisant appel à la fois à leur débuts mélancoliques, et à un univers plus lumineux largement mis en avant par les harmonies de Mimi Parker, et des guitares plus lourdes. Ils ont enivré le public au son de leurs voix, et de guitares lentes, comme sur le sublime morceau $20 ou Witches. La soirée a continué sous de bons hospices, avec Blonde RedHead. Kazu Makino et les jumeaux Amadeo et Simone, ont emporté la foule au gré de morceaux planants, assortiments de sons électroniques, et de guitares lancinantes. La mystérieuse Kazu Makino, semblait en apesanteur entre la scène et un ailleurs, si loin et si proche, mais une voix à fleur de peau bien présente. Les Blonde RedHead


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ont distillé quelques morceaux de leur excellent 23 (4AD/2007), ainsi que de leur dernier opus Penny Sparkle (4AD/2010), lequel offre des morceaux plus accrocheurs que d’autres, ce qui a pu donner l’impression d’un concert un peu décousu, mais non moins superbe. The Kills, le groupe qui était sûrement l’un des plus attendu en cette 20ème édition, et malgré un temps à ne pas un sortir un chien dehors, ont enflammé le fort ! Avec un Jamie Hince au pinard et une Alison Mosshart plus rock que jamais, ça ne pouvait que déchaîner la foule ! Leur dernier album Blood Pressure (Domino Record) est une merveille. Tous deux avaient une vraie présence sur scène, et personne n’oubliera le solo d’Alison Mosshart qui était très émouvante sur le sublime morceau The last goodbye, alors que la pluie venait de cesser.

DIMANCHE Pour le dernier jour du festival, la soirée a été rythmée par l’endiablé Dan Deacon, Fleet Foxes et Mondkopf. Ce soir-là donc, il y a eu l’expérience jubilante de Dan Deacon. Ce « big boy » aux allures de bon vivant a entrainé le public à travers une musique tonitruante, façonnée par des vocoders et autres machines électroniques. Il a su créer une alchimie parfaite entre sa musique et la foule. Son imagination débridée offre des morceaux plus fous les uns que les autres, ainsi que des chorégraphies loufoques. Une vraie communion s’est construite au fur et à mesure du set. Ce Dan Deacon est un personnage incroyable, habité par une énergie haute en couleur, ne cherchant qu’à partager un moment mémorable avec son public. Ce soir-là, Dan Deacon fût notre prêcheur à tous. La soirée a aussi été marquée par la présence des Fleet Foxes, groupe de Seattle, qui commence à

avoir bien le vent en poupe ! Signés sur l’excellent label indépendant Sub Pop (Nirvana, Low, Band of Horses..), ils font preuve d’un sens de création rare à travers des mélodies folk/rock, accompagnées de la voix limpide de Robin Pecknold. Fleet Foxes, c’est une suave rencontre entre la musique américaine traditionnelle, et des sonorités empruntées au rock anglais. Ces gars-là sont de parfaits musiciens, qui en une mesure vous emportent vers des paysages poétiques et nostalgiques. On peut dire que les Fleet Foxes s’incarnent comme les fils spirituels de cette culture musicale dont Bob Dylan, et Patti Smith, sont les symboles. Sans grandes surprises, un beau concert au clair de lune, comme on aimerait en faire plus souvent. Pour terminer cette envoûtante édition 2011, un set aux beats sauvages et puissants nous a été servi par ce bel oiseau de nuit qu’est Mondkopf, DJ français. Avec ses morceaux dark, et dancefloor, le set s’est révélé inégal, nous laissant sur notre faim, pour les danseurs invétérés que nous sommes. Malgré deux très bons albums, sa performance live n’a été finalement qu’une juxtaposition de morceaux composés de belle montée en puissance mais suivi de lentes descentes, n’arrivant pas à maintenir le public en haleine. Comme quoi l’exercice du live est tout autre de celui du studio. T.Q. & A.P.


Coline Poulette


PARCEQUE #5 /SEPTEMBRE-OCTOBRE 2011 / MUSIQUE / 39

Ilo Veyou Pour rester dans la vague de l’amour, je n’ai pu m’empêcher de vous raconter un peu à quoi ressemblera le prochain album de l’adulée Camille, Ilo Veyou. Texte et illustration : Carole Sertimoun Car j’ai été comme quelques fans privilégiés invitée à assister à la présentation de ce dernier opus au couvent des Recollets à Paris dans le 10e, le 3 septembre dernier. Un spectacle sobre suggéré par ce lieu dépouillé et intime. À quelques mètres, voire centimètres de la scène, nous voici imbibés de l’ambiance prénatale de l’album. Car Camille est désormais maman et manifestement, cela l’a beaucoup marquée. Avec pour seul éclairage une ampoule - un foetus qui nous inonde de joie et d’amour pour la métaphore, la première partie du spectacle s’est révélée très poétique et symbolique. La simplicité des moyens qu’on connait bien à Camille et à ses musiciens, comme l’absence quasitotale d’instrument dans le dernier album Music-Hole, collait bien au couvent qui nous abritait. Mais le groupe renoue aujourd’hui avec ses instruments - piano, guitare, contrebasse et violon - sans perdre pour autant de vue le caractère « terrestre » acquis de leur musique. Oui papa, tu sais quand il se tapent le corps avec les mains pour faire des percussions -Camille elle énerve mon papa parce que lui il préfère les solos de batterie de Phil Collins, ou les solos de guitare de Jeff Beck. Quand le corps devient musique - oui je sais pour toi c’est pas ça la musique. Mais quand même ! Quoi de neuf depuis la dernière fois ? Une recherche musicale inspirée de la musique religieuse à laquelle Camille s’est intéressée dans ses derniers spectacles en marge de Music Hole. Toutes religions confondues, elle nous a convaincu par ses perfomances de danse mêlée à des chants inspirés à la chapelle royale du château de Versailles, que « Si Dieu est, alors Dieu c’est le son ». De quoi mettre tout le monde d’accord ou presque, avec toujours cet humour aiguisé qui caractérise ses textes. En attendant l’album en octobre, vous pouvez toujours écouter son premier titre, « l’étourderie » en ligne à l’adresse http://www.camille-music.com/etourderie/ C.S.


Sauvez les

platanes C’est pas que je sois une Elfe des Bois, mais…vous l’avez peutêtre entendu parmi les infos non-écoutées des vacances, les 42 000 platanes bordant le Canal du Midi seront abattus d’ici 2013. Eh bah ça me terrifie. Texte : Coline Poulette // Illustration : Nicolas Gouny C’EST UN FAIT : un champignon incurable (le Ceratocystis Platani) venu des lointaines Amériques a contaminé nos gentils arbres lors de l’arrivée des G.I dans les années 40, il se répand rapidement et représente un véritable danger pour tout ce que le territoire peut compter de platanes. Détecté le long du Canal du Midi, pour préserver toute la population, il faut abattre et brûler. Donc pof : les 42 000 bêtes sont condamnées à l’abattoir, pas tellement le choix. Vraiment ? Quelques points semblent tout de même si obscurs que ma peine m’amène à douter de ces décisions. Tout d’abord, tout semble très radical, couplé à un manque cruel d’informations. Les mairies concernées n’ont pas plus de renseignements que ceux qu’elles glanent à la radio, comme tout le monde. Le plus étonnant étant un retour sur soi violent et inattendu, car la décision de départ n’était que d’abattre

les arbres contaminés et ceux autour de chacun pour prévoir le coup. Mais non, sans plus de précisions ou explications, on choisi l’éradication générale. C’est alors soit un défaut de communication, soit un mouvement de panique préventif, soit les deux. Bon, disons donc que c’est une mesure de sécurité supplémentaire, légèrement violente, mais peutêtre nécessaire. A ce stade de prévention, on peut supposer que les arbres bordant les nationales et départementales qui croisent le canal (nombreuses) devraient aussi être coupés ? La contamination a pu se faire facilement ! On n’en parle pas. Il n’est pas fait mention d’une telle décision. Certainement pas anodin, cela sonne un peu comme un aveu de la largesse de la décision finale. Pas que je souhaiterais une hécatombe pareille, mais le contraire m’étonne des autorités phytosanitaires. Alors un retour à l’idée première pourrait être judicieux, épargner


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quelques arbres, ne pas tout sacrifier sur l’autel de la prudence. Et si au contraire il a bien été prévu de tout couper, au bout d’un moment… si on voulait en sauver quelques-uns, d’accord, mais puisque tout sera viré à terme, autant laisser les platanes mourir de leur belle mort sur place, en quarantaine ? Ils se contenteront de s’entre-contaminer, ça leur laissera quelques années de plus…

d’ « aide » à recevoir, le boulot est dévolu à l’Etat de par la nature même du site ! Si les communes doivent assurer toute la replantation, avec seulement de l’ « aide », c’est un pari perdu d’avance !

Pourquoi je m’offusque autant de cette histoire, c’est vrai quoi, quand il faut, il faut !? Eh bien parce que d’une manière plus générale, je connais assez les belles promenades en voiture sur les départeCe qu’on pourrait reprocher à cette idée serait de mentales bucoliques et riantes de nos charmantes retarder un travail de plantation qui viencontrées, et je peux assurer qu’elles dra de toute façon. Car oui, tout abattage « Les mairies sont de moins en moins bucoliques et suppose re-plantation. Théoriquement. On concernées n’ont riantes. On a pris pour habitude depuis a vu à Trèbes par exemple les défauts de les années 80 de couper les allées arpas plus de renla théorie : c’est un paysage de désolation borées aussi facilement qu’on tondrait qui borde le canal, ras et sec, de grands seignements que les bas-côtés, à ceci près que les bastrous sensés être comblés. Toujours pa- ceux qu’elles côtés sont en fait plus souvent désherreil, le manque d’information aux collectibés. glanent à la ravités locales se fait sentir : on a été assuré Penchons-nous donc sur les raisons d’une campagne de repeuplement avec dio, comme tout invoquées par la DDE : sécurité et praune nouvelle race de platanes, les Plata- le monde » ticité. Sécurité : un arbre planté trop nor® développés par le chercheur André près de la route, dont les branches sont trop basses, Vigouroux, à la vigueur (haha, joke) et résistance poussant trop de biais est dangereux. Certes, élaraux différents ennemis de l’arbre superbe ; mais gir une départementale fait fatalement se rapproaucun plan précis, on ne sait pas par où on comcher la bête du trafic, on doit donc virer ces choses mencera, combien cela coûtera, ni même qui le fera qui empêchent les entreprises de travaux publics ! Car si le Canal et son arborisation appartient à la d’offrir aux automobilistes une jolie ligne blanche VNF, on a entendu de la part de l’Etat un : « on vous sur le côté, sans quoi on risquerait trop l’accident. aidera » étrange. Ah mais, c’est-à-dire que y’a pas


Rappelons aussi que si un mec vire de la chaussée, que l’arbre soit à un, deux, ou trois mètres, il s’emplafonne de toute façon. C’est un peu comme ces chiens que l’on pique pour avoir mordu : on coupe le platane qui s’est pris une bagnole, et les copains autour. D’autre part, c’est bien connu, l’arbre centenaire pousse de traviole et a les branches basses. Praticité : pour joindre deux routes, il faut couper l’arbre du croisement, logique. Si on veut dévier une route installée à 20mètres de là il y a pas dix ans, il faut couper l’arbre du nouveau croisement, logique. Et les copains autour pour assurer le virage. Voilà, je ne dis pas que le Canal du Midi est victime d’un complot anti-platanes général, mais en tout cas, la tendance n’est pas au ménagement. Je parlais de replantation incertaine. Quand bien même la nouvelle génération est installée, il faut les voir, les pauvres choses. Des bestiaux gringalets qui n’ont pas 15ans, livrés à l’aridité de ces nouveaux espaces dégarnis, sans le grand-frère pour faire un peu d’ombre ni l’attention de la région pour arroser un minimum en été ; ou protéger du gel en hiver. On se retrouve, en un an, avec des trucs tout secs, morts, grillés par la chaleur ou le froid, laissés sur place, et évidemment pas remplacés. Car quand on pense tout de même à boucher les trous entre les grands, si ça ne marche pas, on va pas s’acharner. Je me demande d’autant plus si on doit s’étonner de la prolifération des bactéries/insectes/champignons avec des spécimens aussi faiblards que l’on laisse vaguement pourrir. Maintenant, on pourrait aussi me contrer le si facile « oui enfin, y’a plus grave dans la vie, ce ne sont que des arbres. » D’accord, la faim dans le monde, les résurgences de lèpre, les régimes plus ou moins dictatoriaux, totalitaires, autoritaires, les petites filles sans éducation en Thaïlande, tout ça est d’une importance prioritaire. Mais est-ce un argument pour ne rien faire de ce qui nous entoure directement ? Pour évoquer immédiatement ce qu’est le platane en France, je rappellerai que le Canal du Midi (toujours lui) est classé à l’index du Patrimoine Mondial de l’Humanité de l’Unesco depuis 1996, du fait de son gé-

nie hydraulique, mais aussi de ses paysages enchanteurs. Nul doute que la disparition du bel alignement le fera déclasser. De manière moins anecdotique, les allées arborées sont une vitrine touristique, typiques des campagnes françaises qu’elles sont ; et sont un témoignage des grandes campagnes d’aménagement infrastructurel du XVIIème siècle, responsable de bon nombre des artères aujourd’hui utilisées. Elles peuplent les routes et les canaux, mais aussi les parcs des châteaux, les avenues des villes ; et si le platane en particulier est originairement issu des


Le supprimer c’est aller à l’encontre de la pensée des constructeurs de nos édifices : il fait partie de l’ensemble du bâtiment ou de la voie en question. Outre ce côté pimpant ou cocorico, l’esthétisme de la rue plantée revête une dimension quasi-sociale. Roland Castro disait « la qualité de Paris, c’est d’être si verte » Et c’est vrai : on retire les arbres, les rues deviennent extrêmement sévères. Je pense au XIIème arrondissement près de Nation par exemple, dont l’architecture n’est pas toujours heureuse, assez grisâtre, triste, bref : les bordures arborées le rend très satisfaisant à vivre néanmoins. Sans ça, ça ressemblerait immédiatement à cette proche banlieue désagréable que l’on décrie tellement : des zones industrielles, occupées par les Chinois à volonté, les magasins de bricolage ou garages-concessionnaires. Le tout plein d’espace entre chaque bâtiment, qui ne fait qu’aggraver ce sentiment de zone perdue, inhabitée, glauque à souhait ; et le soleil plombant réverbéré par tout ce béton dissuade les derniers d’aller se promener dans le quartier. On peut espacer les blocs, ça ne change rien à l’impression d’emprisonnement. Paradoxalement, l’arbre en ville aère la rue, car il impose du trottoir et de l’espace ; son ombrage anime la lumière ambiante, procure la fraîcheur qui manque dans les grandes villes en été ; le feuillage fait passer l’air. L’arbre est anti-anxiogène, il crée des espaces urbains. Oui, il est aussi oxygénant, maison pour insectes et oiseaux, mais je ne voulais même pas parler écologie ou biodiversité.

climats chauds méridionaux, il a su conquérir l’ensemble du pays (et je ne parle que de France). On oublie trop facilement que s’ils sont là, c’est qu’il y a une raison : l’arbre a un rôle, et le platane tout particulièrement car il est d’une architecture naturelle, visuelle comme technique : ses verticales donnent un sens à un paysage, ses racines maintiennent les talus. Le platane a ceci d’incontournable qu’il a une allure monumentale, minérale, structurée, propice à la cohabitation avec l’environnement humain.

Je le disais, je ne suis pas une elfe des bois, une hippie, ou une écolo psychorigide ; seulement, un arbre n’est pas qu’une jolie chose évoquant vaguement la nature, encore moins lorsqu’on parle d’arbre d’alignement ! C’est autant un symbole qu’un objet pratique dans la vie de tous les jours. Le Canal est en partie condamné, d’accord, on le sait depuis les années 70, on a cherché et rien trouvé pour tuer le champignon, il faut des solutions. Mais il faut y prêter attention, l’enjeu n’est pas seulement celui de la joliesse, ni même de la biodiversité, c’est un investissement psychologique. C.P.


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Les putes vous saluent

bien bas Texte : ClĂŠmentine et Carole // Illustration : Kaitlyn Andrea


Il est deux heures du matin, samedi soir / Il est deux heures du matin, vendredi soir Un soir d’été, 26 juin 2010 / Un soir d’été, 25 juin 2011 Rentre à la maison / Vais dormir chez ma soeur Suis au téléphone / Monte les escaliers dans le noir Une présence derrière moi / Une main sur ma bouche Une bite à l’air / «Tais-toi » M’attrape la tête / Une main sous ma robe Le repousse / Me laisse glisser au sol M’attrape les cheveux / Ceci n’est pas mon corps Me met à terre / Me met à terre Je veux mourir / Il ne peut rien se passer Un cri qui me déchire -c’était vraiment moi ? / J’hurle à la mort à trois reprises Il s’enfuit / Il s’enfuit Je pleure / Je l’insulte à trois reprises Déposition / Début du choc Arrivée au commissariat à 19h / Déposition le mardi matin Reçue à 22h / De toute façon, je n’ai rien vu « C’est pour quoi ? » / « C’est pour quoi ? » « Agression sexuelle » / « Agression sexuelle » « Dans votre malheur, vous avez eu de la chance » / « Dans votre malheur, vous avez eu de la chance » « Merci Monsieur, au revoir » / « Merci Madame, au revoir » L’ANNÉE DERNIÈRE, j’ai été attaquée par un pervers. J’apprends que cette année, à un jour près, ma copine Clémentine a vécu une histoire trop similaire pour ne pas en parler. Et au vu de l’actualité et de toutes ces saloperies entendues depuis l’affaire DSK, on aimerait s’insurger Clem et moi, parce que merde, « la coupe est pleine ». « Incroyable cette recrudescence de révélations d’agressions sexuelles depuis DSK » « Oui c’est fou n’est-ce pas, mais qu’est-ce qu’elle ont toutes (ces salopes) à la ramener maintenant ? Elles en profitent, moi je vous le dis ! Et comme par hasard des mecs connus ! Elles en veulent à leur blé, c’est sûr ! » Cette phrase, dans la bouche d’hommes comme de femmes, je n’en peux plus. Vous êtes prévenus, une

fois de plus et j’en vomis mes raviolis. Les femmes sont vénales… c’est limite si elles les aguichent pas pour pouvoir porter plainte ! Mais, mais… on est où, là ? On leur a dit à ces gens-là la phrase qui tue, du genre « Ça pourrait arriver à votre sœur, votre copine, ou même votre enfant ». Ah oui on leur a dit. Bon. On va quand même pas en arriver à leur souhaiter que ça leur arrive pour qu’ils la bouclent enfin ? Non. On fera pas ça, ce serait vraiment pas sympa. En France, avec le déchaînement médiatique déployé « L’Élysée a perdu son plus beau prétendant, la gauche est perdue », la souffrance d’une femme, bon. On préfère s’attacher à la souffrance d’un homme, le pauvre, cible potentielle


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de tant de manipulations. Oui, le pauvre DSK. Si on me le demande, je lui arracherais bien les yeux. Comme j’ai eu envie de le faire à tous les hommes ayant posé sur moi un regard, pendant le mois qui a suivi l’agression. Ben oui les gars désolée, si ça se trouve vous matiez juste mon chemisier avec envie, parce que pour homme, c’est dommage ils en font pas des comme ça. Heureusement pour vous mes mains sont restées dans mes poches.

tinct de survie insoupçonné : un cri, un stratagème inimaginable qui se met en place tout seul dans notre tête. Et du coup, parfois, ça finit beaucoup moins mal que ça n’avait commencé.

Et puis il faut apprendre. Réapprendre. À faire confiance surtout, c’est la base. Mais aussi à témoigner, même si par chez nous c’est plutôt la culture du « T’es pas morte ? Bon ben alors ! », et cette phrase ce n’est pas dans la bouche « Mais heureuseCe soir-là j’ai perdu un peu de ma naïdes autres qu’on l’entend, mais pluveté. Tu sais le truc qui te laisse croire ment, nous portons tôt dans notre tête -et ça hélas, c’est que t’as des noises que quand t’en en nous un instinct plus fort que tout. Mais le sentiment cherches. Et ben non, parfois fois t’as de culpabilité de la victime, c’est un rien demandé et ça arrive. En jupe, en de survie insoupautre sujet. Puis surtout, allez-y, jean, au milieu de la nuit ou de l’après- çonné : un cri, un vous, au commissariat poireauter midi. C’est la surprise. stratagème inimagi- des heures, des heures perdues à ressasser, pour vous entendre dire Je dis pas qu’on doit s’arrêter de vivre, nable qui se met en des lieux communs, et percevoir un mais si je puis me permettre, mes- place tout seul dans sourire suivi d’un « on n’est pas dans dames, mesdemoiselles : montrezJulie Lescaut » quand vous demanvous impitoyables quand le danger notre tête. » dez à faire un portrait robot. Porter est potentiel. Marchez avec assurance plainte, ne pas se démonter. Certaines gardent le siquand la nuit tombe. Claquez des talons. Evitez lence, comme Tristane Banon, autre accusatrice de de répondre au téléphone ou de vous balader, le DSK, qui explique : « Pour toute femme dans ce cas, casque sur les oreilles, perchée à trois mètres du c’est très dur. On vous demande de raconter minute sol dans vos pensées. Ne laissez pas l’ombre d’une par minute ce qu’il s’est passé, alors que vous, vous faille. Ne leur donnez pas le choix. Girl Power. n’avez qu’une envie : oublier minute par minute ce qu’il s’est passé ». Sortir de son corps, entrevoir ou même vouloir la mort, c’est pas une vie. Si vous trouvez que j’exaPouvoir reconnaître son agresseur et le voir jugé, gère, gare à vos yeux. Quelle que soit l’issue de c’est une occasion qui n’est pas donnée à toutes. l’agression, le morbide, on y goûte toutes. Je ne sais Je comprends Tristane Banon, et toutes celles qui pas comment les garçons vivent ça, parce qu’il ne se sont manifestées depuis. Pour toutes les victimes faut pas croire, ça leur arrive je pense aussi souvent qui n’auront jamais vu leur agresseur derrière les qu’à nous, les filles, voire peut-être même plus soubarreaux, savoir que l’un d’entre eux au moins est vent. Maintenant que j’y pense je connais pas beauhors d’état de nuire, c’est déjà ça de gagné. C’est coup de garçons qui se sont jamais fait emmerder. symbolique, et ça donne du courage. Porter plainte Mais c’est pas le même type d’agression. C’est plus contre X ou DSK, des années après, tout en sachant le côté « bats-toi si t’es un homme ». Avec nous, ils que le nôtre d’X est peut-être là, tranquille en bas, croient arriver en terrain conquis, à cause de leurs en train de faire ses courses au Franprix. Et ne pas muscles et tout. baisser la garde. Mais heureusement, nous portons en nous un insC&C


PARCEQUE #5 /SEPTEMBRE-OCTOBRE 2011 / MODE / 49

Eloge de

l'ombre Tout le monde hurle, émet des plaintes, des complaintes haletantes et langoureuses, interminablement. Une meute de loup, des chiens enragés revenus à l���essence même de leur espèce. Préparez-vous : la mode de cet automne sort les griffes. Texte : Rémi Meunier // Illustration : Lauren Zeitoun

EST-CE CET ÉTÉ automnal qui a rendu les choses aussi compliquées ? Certaines se sentent chiennes, on est « en chien », sur le qui-vive de la morsure. On s’aboie dessus, persuadé que tout autre moyen de communication n’aura plus aucun effet sur nous ni sur les autres. C’est tout un état d’esprit dont la mode s’empare pour la saison à venir. C’est le grand retour de notre instinct primitif, celui dont on a secrètement honte mais qui à un moment

venu ressurgit, comme une pensée inconsciente et taboue qu’une lecture freudienne aurait ressuscitée. Dixit le « moi » et le « surmoi », c’est au « ça » que je veux m’intéresser. Comportement primitif qui ne s’accompagne pas moins d’un style outrageusement réfléchi. Le premier à nous régaler de son animosité est incontestablement Ricardo Tisci, le messie de Givenchy. Comme si sa collection Haute Couture prin-


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temps/été 2012 ne nous avait pas assez achevés, Chez Chanel le ton est brut, balayé de cendre. La il remet le couvert en vous habillant, mesdames, en soie se mêle à la suie et c’est donc sans suer que vraies chiennes ! Pour Givenchy c’est avant tout une l’on suit ces tailleurs sans sens mais incroyablehistoire de matières avant celle du motif. Jupes et ment sensés. Des intonations vintage à l’oversize, manteaux en soie, organza, fourrure, cuir terribleles coupes sont masculines. Une femme Chanel au ment gothique, sans oublier broderies et jeux de détempérament bien trempé. coupe. Une alliance de matière pour des silhouettes Du côté McQueen c’est le déploiement de robes, rigoureusement dessinées. Des pièces sensibles, manteaux et tailleurs, des lignes corsets rigoureudouces au toucher, délicates sur la peau. Comme sement découpées, des matières un orgasme de qualité. Les motifs ont brutes rehaussées par une part de de la gueule et donnent le ton. Cascades « La saison prodétermination. Détermination assud’orchidées, rottweilers et panthères, des chaine est inconrée par des jeux de lacets, zips et chiennes bavantes, agressives en proie à testablement le harnais. Du McQueen pur jus, une un renouveau fashion. Le tout relevé sur sauce bondage, mordante et pides talons vertigineux, des casquettes et règne éphémère quante, l’érection d’un savoir-faire couvre-têtes poilus et des griffes acérées. d’un masochisme couture. Demeulemeester et Mugler Un message-témoin d’une femme au top bling-bling où le surfent aussi sur cette vague féroce de sa féminité et de sa liberté. La femme cuir assouvi un et sensuelle. Ils présentent tout deux plus forte que l’homme dans un monde un retour total du noir, des femmes de chiens. La saison prochaine est incon- pouvoir royal. » androgynes, lacérées, propulsées testablement le règne éphémère d’un madans une opulence de cuir vernis ou non, drapé et sochisme bling-bling où le cuir assouvi un pouvoir plissé. Des corps triomphants ornés de corsets et royal. De plus, Tisci, décidemment bien installé dans latex à gogo. cette réalité sadomasochiste, réserve pour bientôt un nouvel élixir, un Dahlia Noir aux accents ténéC’est alors que l’heure sonne de lever la tête et de breux. Une histoire de romantisme démoniaque loin pratiquer une moue féroce, cruelle et fauve. Une des lignes de James Ellroy et qui révèle une certaine attitude sauvage prête à vaincre le froid ou d’en douceur, la patte du maître. faire son allié. Elles s’usent et s’ennuient de manger des macarons et de boire du champagne dans C’est en aval que l’on peut retrouver Marc Jacobs. des fleurs farouches et préfèrent prendre les gens Ancré sur la rive des femmes sauvages il crée cet hide haut. Une mode, comme une autre, éphémère ver pour Louis Vuitton un vestiaire tout aussi fort en mais intense qui n’a pas fini de pourvoir chez nous, présentant des silhouettes à l’allure fétichiste avec messieurs, ces intrigues féminines que l’on craint si tout son lot de vernis classé X. Taille corset, effets souvent. bondage et latex. Fourrures de maîtresse femme, cols Claudine, jeux de boutons et petits imprimés R.M. aux airs pervers. Le tout sur des tailleurs jupes, jodhpurs ou autres manteaux et veste en laine, peau, cuir, tweed et écailles de plastiques familières de Prada.


Carole Sertimoun


Le cirque de la

solitude 31 août. 4e jour de marche sur le GR20 du Nord au Sud de la Corse. Etape d’Ascu Stagnu à Tighjettu. Dénivelé positif 1000m, dénivelé négatif 790m. Texte : Sidonie Tellier // Illustration : Rougerune

06H46. Nous quittons le refuge. Le jour se lève à peine. Il fait encore sombre. Au loin, le soleil levant dessine la crête des montagnes d’un rouge ardent.

pour assurer la journée. Un peu lourds du copieux repas du randonneur pris la veille au soir dans le restaurant de la station, nous avons bien besoin d’une bonne heure de marche afin de réchauffer L’étape d’aujourd’hui est réputée, mythique sur le nos corps encore assoupis. C’est ma première ranGR. Nous oscillons entre désir et appréhension. donnée. Les trois premiers jours ont été fatigants mais positifs. Je commence à me sentir plus à l’aise, Il fait frais. On attaque la première montée en douà oublier le poids du sac à dos. J’échappe aux peceur. Elle va nous mener au col qui nous fera bastites douleurs qui tiraillent les muscles culer dans le cirque. D’ici là, impossible de « Nous oscillons de certains d’entre nous. La chance du voir ce qui nous attend. Un sentier grimpe entre désir et débutant. le long d’un ruisseau entre les arbres puis s’éloigne. Au fil de nos pas, le refuge appréhension » Nous nous arrêtons assez vite pour semble rétrécir. Les arbres se font assez nous couvrir davantage. Gants, bonvite de plus en plus rares. Puis plus d’herbe. Plus de nets, écharpes. La végétation ne nous protège plus buissons. La roche prend possession de l’espace. du vent et le soleil reste prisonnier derrière le col. On le devine chaud et puissant, grignotant l’arête. Le groupe s’étire peu à peu. Chacun gère son rythme


PARCEQUE #5 /SEPTEMBRE-OCTOBRE 2011 / CARNET DE ROUTE / 53

Mais il est trop lent, trop lourd, en lutte contre cet univers où la roche est maîtresse des éléments. La montée se fera à l’ombre. Dans cette lumière d’aube naissante, le décor qui nous entoure prend une dominante bleue. L’air est cyan, la roche un peu plus mauve. Le jaune n’existe pas dans ce monde de cailloux, le vert a disparu. Au loin, le ciel se réchauffe dans une légère teinte

saumon qui peine à influencer l’ensemble de la gamme chromatique. La dominante froide qui nous entoure nous glace mais ne nous agresse pas. Tout est calme et paisible. Nous croisons peu de randonneurs. Ils ont dû quitter le refuge plus tôt que nous, un peu lents à replier nos tentes. D’un long silence ne s’échappe que le roulement des pierres sous nos pas.


PARCEQUE #5 /SEPTEMBRE-OCTOBRE 2011 / CARNET DE ROUTE / 55

Enfin, nous arrivons au passage du col. D’un rocher Je savoure cette étape ludique. Agrippés à la monà l’autre, nous franchissons la limite ombre/soleil. Il tagne, nous sommes minuscules. D’étranges bêtes fait un temps magnifique et devant nos yeux impaà gros dos défiant une nature sublime. Les chaînes tients s’ouvre un spectacle grandiose. Un gouffre défilent entre nos mains et la descente prend fin. de roche à traverser. Une longue descente abrupte Au cœur du cirque, nous nous arrêtons pour notre jusqu’au creux du cirque pour remonter ensuite de traditionnelle pause saucisson fromage de la mal’autre côté par une immense muraille dressée qui tinée. Je ne me lasse pas de regarder ce paysage semble nous défier. Tout le trajet de la qui m’entoure. Je n’y reviendrai peut-être « Agrippés à journée est là devant nos yeux, parsemé jamais, il y a tant d’autres mondes à découde petites taches de couleur quechua. la montagne, vrir alors je ne veux rien oublier et garder D’autres randonneurs accrochés ici et nous sommes au fond de mes yeux le souvenir de cette là dans les rochers nous permettent de journée. minuscules. » visualiser le trajet à emprunter. Nous Après avoir contemplé un long moment cet sommes face à ce qui fait la légende de cette étape espace magique en contre-plongée, nous nous souvent redoutée. Plusieurs heures de marche et remettons en route pour attaquer la montée par d’escalade sans aucune échappatoire. On y entre, il l’autre face du cirque. Echelle, chaînes, l’escalade faudra en sortir. Même notre regard ne pourra aller reprend pour mon plus grand plaisir. Trouver des se poser plus loin à l’horizon fermé par les hautes appuis, ne pas laisser le sac à dos faire contrepoids parois rocheuses. vers l’arrière ni se bloquer quand le passage se resL’espace est magnifique. Le défi me prend aux serre. Je progresse en me retournant sans cesse tripes. J’attends, impatiente de plonger à travers pour admirer chaque nouveau point de vue. Nous ces rochers. sommes plus bavards sur cette portion de l’étape. Chacun laisse retomber la pression, se sentant rasLe cirque de la solitude. Un nom qui fait rêver. J’imasuré par le dénivelé déjà accompli. On sort les apginais en souriant les gradins dépeuplés d’un cirque pareils photo, on plaisante. La satisfaction est là, à l’abandon. Le rire angoissant du clown triste et cette étape est euphorisante. perdu résonnant par ricochet sur les murs de pierre. Nous gagnons le col après une longue montée qui Le soleil nous réchauffe vite. Nous quittons nos n’aura pas épargné nos bras. vestes et nos polaires pour une tenue plus légère. Les uns derrière les autres nous attaquons la desNous nous asseyons au soleil pour contempler le cente. Le balisage nous indique très précisément monde qui s’offre à nous. A la limite du cirque, nous où passer, parfois même au caillou près. Très raallons basculer de l’autre côté du rêve et le perdre pidement, il faut mettre les mains pour progresser de vue. Je me sens pousser des ailes, prête à gravir à la verticale, face à la paroi. Dos au vide, avec des montagnes. J’ai hâte de découvrir la suite du GR nos 17kg de bagages, nous descendons très pruet la beauté des espaces qu’il aura à nous offrir. Je demment. Dans les passages délicats, des chaînes dis au revoir au clown du fond de mon cœur et lui sont fixées dans la roche pour bien assurer notre envoie tous mes espoirs de revenir un jour. cheminement. La panique se fait un peu sentir pour S.T. un randonneur sujet au vertige. Son ami qui le précède, le rassure et lui indique où poser ses pieds pour retrouver de la stabilité.


Le jeu dans les

nuages Texte : Mathieu Gueguen // Illustration : Tim


PARCEQUE #5 /SEPTEMBRE-OCTOBRE 2011 / TECHNOLOGIE / 57

Le Cloud-Gaming est une petite révolution qui pourrait changer la face du jeu video. Rangez vos consoles à la cave et ressortez donc votre bon vieux PC, car grâce à l’internet, vous ne serez plus jamais à la masse. «  Maman  ! Maman  ! Tu m’achètes la dernière XBox ? » « Mais voyons mon poussin, tu sais bien que tu as déjà le vieil ordinateur de Papa. » Si comme ce petit garçon vous pensez que la vie est décidemment trop injuste, écoutez bien ce qui suit. Qu’est-ce donc que le Cloud Gaming ? Pour faire simple, il s’agit du jeu vidéo tel qu’on le connaît maintenant depuis plus de 20 ans, à cela près qu’il ne nécessite ni console, ni ordinateur dernière génération. Tout ce dont vous avez besoin, c’est de l’Internet, car c’est du jeu vidéo dématérialisé. Il suffit de s’abonner sur une plateforme dédiée -moyennant finance-, et l’on peut immédiatement jouer à tous les derniers jeux, sans latence. Bien sûr c’est mieux si votre connexion dépasse le 56k. Ce service reprend les principes de base du Cloud Computing : les serveurs informatiques sont distants, l’action ne se passe plus dans la tour de notre ordinateur mais quelque part dans le monde. Ou peutêtre même ailleurs, on ne leur a pas demandé… Concrètement, lorsqu’un abonné souhaite jouer à un jeu vidéo, c’est un serveur distant qui se charge de lancer le jeu et de réaliser en temps réel tous les lourds calculs de rendu de l’image et du son. Il n’y a pas de téléchargement. Le joueur ne reçoit sur un petit boîtier que le flux audio-vidéo correspondant.

Exemple imagé n°1 : C’est comme si vous aviez votre téléviseur dans le salon, et qu’un très long câble le reliait à une console hébergée à un millier de kilomètres de là, chez son constructeur. Exemple imagé n°2 : C’est un peu comme regar-

der une vidéo en streaming, sauf que là, on joue en streaming.

Exemple imagé n°3 : C’est un peu comme faire du Cloud Gaming, vous voyez ? L’avantage pour les joueurs, c’est qu’ils n’ont pas à se soucier de la compatibilité de leur matériel avec les jeux vidéo, et qu’ils n’ont plus besoin de dépenser des fortunes pour rester au goût du jour. Pour les éditeurs, c’est Byzance. Le risque de piratage devient quasi-nul, et il n’est plus possible pour les joueurs de prêter ou de revendre les jeux qu’ils ont finis. La formule pourrait ansi changer le modèle économique de l’industrie du jeu vidéo. Les éditeurs pourraient ne plus être payés en fonction du nombre de copies qu’ils vendent, mais en fonction du temps que consacrent les joueurs à leurs jeux, par un partage du coût de l’abonnement. Par exemple, un vieux jeu qui a toujours beaucoup de succès continuerait ainsi à rapporter de l’argent à son éditeur. Si vous êtes curieux et souhaitez tenter l’expérience, voici le site de 2 précurseurs : http://www.onlive.com http://www.gaikai.com

La maman : « C’est plus clair maintenant mon poussin ? » Le poussin : « Oui, merci maman, et merci monsieur qui a écrit l’article. » Le monsieur qui a écrit l’article : « Oh mais de rien mon petit » La maman : « Vous voulez rester pour manger ? J’ai fait une tarte aux prunes avec des Reines Clouds » M.G.


50 / MODE / PARCEQUE #5

Mister Fly teste pour vous

Le street surf Texte : Mister Fly // Illustration : Tristan Domenjus LE STREET SURFING est une nouvelle forme de glisse apparue dans le berceau du surf américain, la Californie, et se situe à la croisée des chemins du skate, du surf et du snowboard. Arrivé en France fin 2007, le Street Surf, ou Wave, est composé de 2 plateaux munis chacun d’une roue pivotant sur un axe a 360° et reliés entre eux par une barre de torsion. Il existe plusieurs marques allant de 50 à 130€, et certaines planches n’ont pas les roues libres à 360°, donc attention dans vos achats ! La prise en main se fait relativement rapidement, en 15 minutes on arrive à tenir dessus et à tourner correctement. Le Street Surf se propulse sans que l’on ait à poser le pied au sol, mais avec un mouvement de « twist », c’est-à-dire de rotation pouvant s’effectuer avec le corps entier ou juste avec les jambes. La trajectoire prend alors cette forme de S qui lui a valu le surnom de Snake. Et avec un peu d’entrainement on pourra même remonter les pentes  ! La prise de virage quant à elle rappelle agréablement le surf dans l’attitude à avoir lors des enchainements de bottom turn-roller, et le snowboard pour la sensation de glisse fluide que l’on retrouve dans la poudreuse. Mon avis : Cette planche est un petit bijou pour les nostalgiques de glisse en tout genre, on prend énormément de plaisir simplement à rouler, en s’imaginant dévalant des pistes de ski ou prenant une belle vague. Pas besoin de risquer de se faire mal à faire des figures improbables pour s’éclater. Mais si vous êtes un rider aguerri, toutes les figures du skate et du snowboard sont accessibles, avec le challenge en plus de ne rouler que sur 2 roues. On regrettera tout de même un poids légèrement excessif même s’il ne nuit en rien au plaisir de la glisse. M.F.


PARCEQUE #5 /SEPTEMBRE-OCTOBRE 2011 / SPORT / 61

Interview

sous-marine We can all live as a human submarine ! L’été a passé et les championnats du monde aussi. Quoi, quels championnats ? Vous ne vous souvenez pas ? Bon je vois que les vacances sont passées par là alors petit retour sur les championnats du monde de hockey subaquatique, bien sûr ! Des palmes, un masque, un tuba, un palet et une crosse… Texte : Aurore Gay // Illustration : Friederike Wolf JE VOIS que ça vous revient. Aujourd’hui, rendezvous avec deux membres des équipes de France qui ont bien voulu se prêter au jeu de l’interview entre deux coups de crosse. Tous deux font partie du club de Montpellier, les Manchots Montpellier Subaquatique et ont été fiers de représenter la France. Les championnats du monde se sont déroulés en plusieurs temps et tout a commencé aux Pays-Bas pour Christophe qui participait au tournoi Master (plus de 35 ans), ils se sont poursuivis près de Porto (Portugal) où Perrine participait aux championnats dans la catégorie Elite.

L’équipe de France masculine Master finit sur le podium, médaillée d’argent, et dans ta catégorie Perrine, pour les hommes comme pour les femmes, 4e. Êtes-vous contents de ces résultats? Christophe : Etrangement c’est un sentiment mi-

tigé. Vous venez à un championnat du monde pour gagner. Accéder en finale c’est le premier objectif sachant que sur un match tout reste réalisable. Finalement, perdre ce match vous laisse un goût amer. Maintenant, ce sentiment laisse place doucement à la fierté. Après tout, représenter son pays face aux meilleures nations, entendre la Marseillaise avant la finale, et finalement monter sur le podium c’est un bon résultat. Perrine : Pour moi, c’est une grosse déception. Arriver si près du podium…

Avez-vous trouvé le niveau physique et/ou technique des championnats difficile ? Ch : Alors là oui ! Passer de son club voire même des championnats de France au niveau international, c’est un fossé à franchir, et d’un coup. Vous n’avez pas le droit à beaucoup d’essais. L’équipe de France s’est d’ailleurs rodée durant les premiers matchs car


50 / SPORT / PARCEQUE #5

nous n’avions pas tous joué ensemble. Ça met du piment et ça donne du boulot au coach ! Le niveau technique ne cesse d’évoluer. Le développement de la vidéo y est pour beaucoup. On peut voir sur YouTube un nombre incroyable de vidéos de gestes techniques improbables... que l’on s’empresse de tester à l’entraînement qui suit  ! Quant au niveau physique, les joueurs s’entraînent de plus en plus. La force, la puissance la vitesse d’exécution et la récupération sont maintenant optimisés. Pe : Oui en effet, le niveau est vraiment très élevé. Le tournoi se déroulait sous la forme d’un round-robin. Toutes les équipes se rencontrent et il y a beaucoup de matchs en peu de temps. Au début de la compétition, il y avait un peu de retenue dans notre jeu. Nous avions déjà joué ensemble lors des sélections et entrainement, mais ce n’est pas pareil lorsqu’on joue sous pression. Et les arbitres sont intransigeants, ils ne laissent pas passer la moindre faute de poing ou d’obstruction au jeu.

Quel est le meilleur match que vous ayez joué pendant cette compétition? Ch : La finale. J’ai beaucoup analysé mes matches, ma performance individuelle et mon implication collective a posteriori. Le jour de la finale, je me suis ajusté dès notre arrivée à la piscine et l’échauffement. Je crois que c’était le plus important, même sans la victoire. Pe : Assurément pour moi, c’était les quarts de finale. Nous étions contre l’Afrique du sud. Au bout des 30 minutes de jeu réglementaires, nous étions à égalité et il fallait un gagnant. Ça s’est joué en mort subite. La première équipe qui marque remporte la victoire. Mais, ce n’est pas aussi facile que ça car au fur et à mesure un joueur de chaque équipe est sorti du jeu. Et nous avons finalement gagné ce qui nous a donné la possibilité de disputer une troisième place

L’ambiance est-elle bonne entre les membres de l’équipe? Avec les autres équipes? Ch : Malgré l’enjeu, l’ambiance a été bonne. Par

chance nous nous connaissons un peu ! Nous nous côtoyons durant l’année sur le championnat de France et ce depuis quelques années maintenant ! Et puis se lever à 5h du matin pour préparer les matches à 8h ça doit finir par souder une équipe ! Quant aux autres nations, là aussi nous connaissons de nombreux joueurs. La cérémonie de clôture est pour tous l’occasion de boire un verre ensemble et de se remémorer les joutes qui viennent d’avoir lieu. Pe : Oui, nous avons franchement passé de bons moments. Comme l’a dit Christophe, l’ambiance est vraiment bonne tant entre les joueurs d’une équipe qu’entre équipes, même si sous l’eau, c’est une autre paire de crosses !

Quels sont vos pronostics pour les équipes françaises qui participeront aux championnats en août à Porto? Ch : La France est une nation majeure depuis quelques années. Les gars sont champions du monde en titre. Ils ont cependant une équipe. Cela dit, il me semble qu’ils peuvent être sur le podium tant l’attaque est performante. Quant aux filles, c’est une équipe majeure au niveau européen, mais encore un peu tendre fasse aux Canadiennes et aux nations du Sud. Le retour d’anciennes joueuses dans le groupe va amener ses cadres à porter le groupe vers l’avant. Elles doivent viser les demi-finales. Après, tout est possible…. Allez les bleu(e)s ! Et maintenant, à vous de jouer  ! Plus d’infos sur http://hockeysub.ffessm.fr/ A.G.


Agathe Parmentier


Fauroscope Faustrologue : Atrus Princeps & Cie // Illustrations : Marius Guiet

BALANCE : Vous avez rapporté de la mer une bestiole qui va vous donner des nuits blanches… non, pas de grossesse à venir, juste que les morpions, ça gratte. Votre mot du moment : membre chiridien Votre fortune cookie : Treat everyone as a friend... in bed.

BÉLIER : Une page se tourne pour vous. C’est le problème d’imprimer PARCEQUE sur papier quand y’a du vent… Votre mot du moment : compenser. Votre fortune cookie : Your emotional nature is strong and sensitive... in bed.

CANCER : Vous avez fait une découverte : moins vous en faites, moins on vous en demande… c’est un cercle vertueux, non ? Votre mot du moment : lépidolite. Votre fortune cookie : You have a deep appreciation of the arts and music... in bed.

POISSON : Réunion de famille prévue : emportez votre massue, ça risque d’être préhistorique ! Votre mot du moment : chabannage. Votre fortune cookie : Sing and rejoice, fortune is smiling on you... in bed.

SAGITTAIRE : Préparez-vous pour la rentrée avec joie… comment ça, vous avez arrêté les cours ? Votre mot du moment : charrée. Votre fortune cookie : You have remarkable power which you are not using... in bed.

SCORPION : Il va vous falloir passer un pic, que dis-je un pic, un cap ! une péninsule !!! Du coup j’hésite à vous prescrire du matos d’escalade ou de navigation… Votre mot du moment : bougre. Votre fortune cookie : You will have a fine capacity for the enjoyment of life... in bed


Alors voilà. Encore une fois, nous nous mettons à plusieurs sur le Fauroscope et que découvrons-nous ? Un bordel sans nom. Du coup on sépare le bélier du poisson avant qu’ils ne fassent d’autres capricornes, passons le balai derrière le taureau et la serpillère derrière le verseau, bref, on range tout. Et dans l’ordre alphabétique s’il vous plaît. Dans tout ce remue-ménage, nous avons même retrouvé une boîte de fortune cookies, et c’est vous, heureux lecteurs, qui pourrez en profiter !

CAPRICORNE : Les vacances sont finies, vous pouvez arrêter le régime pour le maillot de bain… Mais vous n’étiez pas sensé aller à la montagne ? Votre mot du moment : picciniste. Votre fortune cookie : You are the guiding star of his existence... in bed.

GÉMEAUX : Avez-vous remarqué que vous êtes du seul signe zodiacal comportant un X ? Je ne sais pas trop ce que ça signifie, mais ce pourrait être un signe ! Votre mot du moment : bataille corse. Votre fortune cookie : You are just beginning to live... in bed.

LION : Il pleut des cordes, par chez vous. Le bon moment pour se mettre au bondage ! Votre mot du moment : tirer la langue. Votre fortune cookie : You will reach the height of success in whatever you do... in bed.

TAUREAU : Avez-vous acheté la version papier du PARCEQUE ? Si oui, ouvrez­-le au hasard et prenez la phrase sur laquelle se pose votre doigt comme conseil. Sinon, tant pis. Votre mot du moment : recarreler. Votre fortune cookie : You will be fortunate in the opportunities presented to you... in bed.

Verseau : Vous avez besoin d’espace, de respirer, de quitter la civilisation ? Vous êtes mignon, vous, fallait partir en vacances plus tôt ! Votre mot du moment : scoliaste. Votre fortune cookie : Your principles mean more to you than any money or success... in bed.

Vierge : N’oubliez pas que le monde ne tourne pas autour de vous, mais autour du Soleil. Qui lui, tourne autour de vous. Votre mot du moment : sarcophage. Votre fortune cookie : You have an active mind and a keen imagination... in bed.


Ils font PARCEQUE

KAITLYN BASTA est américaine et étudie les arts visuels au Perpich Center de Minneapolis. elle souhaite poursuivre sa formation en Institut des beaux arts. niobe-sign.deviantart.com SARAH BK, lorsqu’elle n’est pas sur Facebook, est chef de projet multimédia à l’Opéra de Paris. Graphiste, pianiste, geek et rédactrice à ses heures perdues, vous ne la croiserez jamais sans son gros casque audio sur les oreilles. Addiction notable à la crème de marron Clément Faugier. ANGÉLA BONNAUD fait du marketing, mais comme c’est dégueulasse le marketing (beurk), elle a décidé de mettre sa formation au profit du service public, et du coup elle se retrouve dans un hôpital en Picardie, et même si il n’y a pas beaucoup de boutiques, elle trouve ça plutôt cool. C’est aussi la trésorière de l’association PARCEQUE. CLÉMENTINE BRISSI, après avoir étudié la photographie et le théâtre à la fac, s’est décidée à se débrouiller comme une grande et navigue entre les comédiens, les mariages et les jolis spectacles, de manière photographique et les petits articles dessinés de PARCEQUE, de manière écrite. N’est pas fondamentalement contre le mariage mais pas profondément pour non plus. Est la Secrétaire de l’association PARCEQUE. http://clementineb.carbonmade.com  SOPHIE CARREZ est chanteuse mais elle a décidé de devenir médecin et de soigner les gens avec les mains plus souvent qu’avec la voix. Elle nous raconte ses aventures de bébé médecin pour qu’on sache que c’est pas facile de sauver des gens. Au moins chez PARCEQUE on l’écoute alors qu’à l’hôpital des fois les gens il prennent pas leur médicaments et s’étonnent d’avoir encore mal. ANNE-PERRINE COUËT fait de l’illustration, un peu de graphisme ; elle ramasse les papiers qu’elle jette dans la rue, et collectionne les autocollants dinosaures. Du temps où elle faisait du fanzine chez InK, son rêve c’était de s’acheter un

gros bateau. Maintenant qu’elle est dans l’atelier La Boîte à T., c’est plutôt d’éditer une vraie BD et de continuer à dessiner sur les murs. http://anneperrinecouet.free.fr TRISTAN DOMENJUS vient du monde merveilleux de l’animation, fait de la batterie, du surf et ne vit que pour la tartiflette. tdomenjus.blogspot.com MISTER FLY aime les femmes et sentir l’air passer entre ses doigts. Amateur d’Aikido, c’est aussi quelqu’un qui aime soigner les gens et qui le fait bien même si parfois ça dure longtemps. Il n’aime pas bâcler. Il aime tout ce qui se mange et le déguste avec intérêt. Il aime bien prendre son temps. Du coup, souvent, on l’attend, mais on sait que c’est pour la bonne cause. AURORE GAY étudie les oiseaux et fait du hockey subaquatique. Mais pour en revenir aux oiseaux, je crois qu’un jour elle m’a parlé d’une espèce qui s’appellait le zizi hurlant. Parfois les noms d’oiseaux c’est stupéfiant. Mais j’ai peut-être mal compris. NICOLAS GOUNY : Après avoir exercé tour à tour les professions de joueur de triangle, dresseur de chats, éleveur de vaches d’appartement, éditeur pédagogique, imprimeur de soleils levants, insomniaque, employé du mois, trafiquant d’artichauts, gardien de phare, cultivateur de mésanges, testeur de yaourts, bandit des petits chemins, et j’en passe, Nicolas Gouny s’est installé dans un petit village perché sur la Creuse, avec femme, enfants, puces savantes et bagages pour s’y livrer à l’éthologie de la girafe et à l’illustration. L’illustration, il l’a découverte un peu par hasard et beaucoup par amour, il y a quelques années de cela. Mais c’est une autre histoire. Son site : www.la-parenthese-enchantee.fr MATHIEU GUEGUEN, c’est tout un monde. MARIUS GUIET est diplômé en illustration de l’école Massana à Barcelone grâce à une version illustrée du manuel de civilité pour les petites

filles de l’auteur Pierre LOUYS, ce qui fait que désormais il est très bien élevé. De retour en France, il devient illustrateur freelance pour les autres, et bénévole pour nous.Il fait partie depuis septembre du cabinet Pate-pelue, un atelier d’illustrateurs situé à Saint Denis. MARINE HARDOUIN est une illustratrice française tombée amoureuse d’un Allemand et par la même occasion de Berlin. On ne peut plus l’en décrocher. Mais tant qu’elle dessine, tout va bien. everybodyelsewasfine.com ROMAIN JAMMES est en passe d’être diplômé d’un M2 de Science Politique à la Sorbonne. Banlieusard de cœur, d’âme, et de tête. Musicien à l’occasion, amoureux des mots et militant du Front de Gauche ! romain-jammes.fr LUDOVIC LABATI - notre relecteur - c’est un œil acéré, pour veiller à ce que l’orthographe et la syntaxe restent à la hauteur du contenu de votre journal préféré. C’est aussi deux jambes qui ont couvert pas mal de kilomètres sur les chemins de grande randonnée, en France et au Liban. Et c’est – surtout et avant tout – l‘heureux papa d’un grand garçon de 10 ans… ANNE LAEUFFER est architecte d’intérieur et elle aime beaucoup faire du vélo. Hélas le sien est décédé il y a peu à la porte d’orléans, et je crois qu’elle se tâte à lui designer un petit mosolé. BETHANY MASSEY est une artiste freelance australienne basée à Melbourne plutot spécialisée dans le dessin industriel et le photoréalisme. Son portfolio contient de nombreuses oeuvres sur papier et des peintures à l’huile inspirées de la mode, de la photographie et de la nature en général, avec un souci prononcé du détail. reddelicious.deviantart.com MARION MEERT n’a pas donné sa présentation dans les temps à la rédac’ chef mais ce que peut vous dire cette dernière, c’est qu’elle a vécu 3 ans a Denver sans avoir rencontré le dernier dinosaure, et que c’est la première illustratrice


PARCEQUE #5 /SEPTEMBRE-OCTOBRE 2011 / ILS FONT PARCEQUE / 35

Illustrations : Les Nobles du 33

de PARCEQUE qui nous a fait un dessin sur commande alors qu’elle ne nous connaissait ni d’Eve ni d’Adam ! http://gribouillis-et-gourmandise.blogspot.com/ RÉMI MEUNIER est passionné de belles sapes et espère bien un jour nous habiller de ses créations. Il s’entendrait bien avec Eliott Rytingur, parce que lui aussi il a une coupe d’enfer. NICOLAS NEMITZ,  chercheur des mondes réels et imaginaires, aime à les explorer crayon en main. RAPHAELLE ORES est médecin mais elle aime aussi beaucoup les étoiles. Elle a été en Chine, une fois, mais elle est revenue. Parce qu’il y a encore beaucoup de pays à visiter. AGATHE PARMENTIER, graphiste pour de vrai et journaliste pour de rigoler. Appelle à la révolte nationale contre nos systèmes politiques et financiers, contre cette crise que nous n’avons pas demandée et que nous subissons !...sinon... heu... une fille plutôt tranquille (!) http://agatheparmentier.ultra-book.com COLINE POULETTE est rousse et fait de la boxe. Elle respire la fraîcheur de sa génération, mais elle porte souvent des bottes en peau de vache, du coup je ne suis pas sûre qu’on puisse lui faire confiance à 100%. La BD bloguerie est sa grande passion, et elle est vice-présidente de l’association PARCEQUE. arrosoirs.illustrateur.org CLÉMENT PRASLIN NIVIERE est diplômé des Gobelins et travaille comme illustrateur/graphic designer freelance. Mais comme tout un chacun il aime aussi les Beach Boys et attend avec impatience la nouvelle saison de Dexter. praslin.carbonmade.com ATRUS PRINCEPS, Littéraire absurdoué holothurique préposé aux idées à la con. Amateur de Gainsbourg, de JDR, de citron, de poulpes et de rousses. Dans le désordre. Et les phrases nominales.

TONY QUERREC, photographe, prêtant sa plume pour notre petit Parceque à travers ses chroniques musicales, Tony Querrec voudrait être un artiste! Ce qu’il déteste par dessus tout, les étiquettes ! ROUGERUNE Adolescent prisonnier d’un corps d’adulte depuis un terrible accident de tondeuse où il perdit tous ses cheveux, il dut, à regret, abandonner sa première passion : la coiffure. À défaut de mieux, il se tourne alors vers le dessin, les bd, les films avec des épées, les t-shirts cools et les colliers en bonbons. C’est vraiment trop injuste… www.rougerune.com ELIOTT RYTINGUR (comprendre « couteau » en islandais) est un rédacteur très déterminé dans son indécision. Sa dernière indécision est une mise à niveau en arts appliqués à l’école Duperré. Alors on verra bien. Il a aussi une chevelure incroyable, et ça, c’est pas donné à tout le monde. GILLES SEILLER : Élevé entre accordéons et musées techniques, Gilles Seiller parle vite et écrit mal. Et il dit plein de gros mots. Ces défauts flagrants ne l’ont pas empêché de faire des études de communication et de répondre au téléphone pour gagner sa vie. Il aime pas tellement le téléphone. Il partage la vice-présidence avec Coline Poulette. CAROLE SERTIMOUN : Photograhiste polyvalente consacrant 39h par semaine à nettoyer la poussière sur des flacons de parfum, et le reste de son temps à rêver d’un avenir meilleur, surtout pour son magazine. Elle aime les gens et aussi beaucoup les chats. Mais elle mange du cheval, parce que c’est délicieux, surtout en aller-retour. THOMAS SIMONI a le goût du travail bien fait et a une belle écriture. Ca lui sert beaucoup pour draguer, parce que les filles craquent pour les garçons qui écrivent bien. De toute façon il vaut mieux le lire que l’écouter.

SIDONIE TELLIER-LOISON aime les doudous plus que tout mais comme ils ne savent ni écrire ni dessiner, elle se voit quelques fois obligée de communiquer avec de vraies personnes. Elle rêve que les mutations génétiques lui permettent un jour de se nourrir exclusivement de kir à la violette, de tarama et de granolas. TIM, de son nom complet Timothy Hannem, est un illustrateur français et l’auteur d’un Blog BD pour lequel il est connu depuis janvier 2008 : A Cup of Tim. Né le 14 avril 1979 à Agen, il obtient un bac en arts appliqués en 1998 au lycée Adolphe Cherioux à Vitry-sur-Seine. En 2000, au même lycée, il obtient un BTS en architecture extérieure. Par la suite, il ne continue pas dans l’architecture et effectue de nombreux petits boulots avant de devenir «intérimaire». Il raconte ces petits boulots et ses aventures en intérim dans les deux tomes de Quotidien Survival, une bande dessinée qu’il a auto-éditée. http://www.acupoftim.com/ FRIEDERIKE WOLF est une illustratrice allemande, qui aime bien dessiner, peindre, collecter, faire des collages, mélanger, et essayer des choses nouvelles. Elle aime bien les chouquettes. Elle n´aime pas le tartare. frolleinwolf.tumblr.com LAUREN ZEITOUN, dite Lo, conceptrice-rédactrice à temps plein, gourmet à l’heure de table, gourmande à l’heure du goûter et gribouilleuse aux heures de pointes. Une feuille, un stylo... Et hop des personnages apparaissent, un petit monde se crée. PARCEQUE l’illustration, ça se consomme sans modération ! http://www.lesbullesdelo.com/ et enfin, LES NOBLES DU 33 ne savent pas dessiner, et c’est pour ça qu’on les aime.



Parceque #5