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La Lettre La Lettre d’information - Septembre/octobre 2012 - Numéro 42

www.arist.asso.fr

ASSOCIATION POUR LA RECHERCHE ET L’INSERTION SOCIALE DES TRISOMIQUES

édito L'ARIST œuvre depuis sa création pour que les personnes porteuses d'une déficience intellectuelle trouvent leur place dans la société parmi les citoyens ordinaires, et non à côté d'eux. Les mentalités ont changé, aidées il faut bien le reconnaître par des textes de loi volontaristes. Les mots eux-mêmes ont évolué afin d'appuyer la démarche : on ne parle plus désormais d'intégration, mais d'inclusion. L'étape suivante sera-t-elle la fusion ?... Si la place de la personne handicapée au cœur de la cité est désormais acquise dans son principe, il faut maintenant la penser et l'aménager pour que l'inclusion soit une vraie réussite. Et en premier lieu à l'école. C'est pourquoi, dans ce numéro, nous avons souhaité faire le point sur la rentrée scolaire de nos enfants. Malgré ses responsabilités importantes en tant que gestionnaire d'établissements et services médico-sociaux, l'ARIST n'oublie pas qu'elle est avant tout une association militante. Son conseil d'administration a souhaité renforcer cette image en nommant en son sein un vice-président à la vie associative. Olivier Monnier, qui a accepté cette responsabilité, aura la lourde tâche de veiller à ce que notre association remplisse au mieux son rôle de rassemblement et d'accompagnement des familles. Cela passe, bien sûr, par le développement de nos outils de communication et l'organisation de rencontres festives et de réunions d'information. Mais cela consiste également à attirer l'attention sur certaines situations et si besoin à tirer une sonnette d'alarme, dont La Lettre se fera naturellement l'écho. ➜

Sylvie Souchard, Présidente de l’association

“Je serai Directeur du Mini GUC, à la place de Yann” oris a 19 ans. Il est actuellement en IME dans le groupe des « préprofessionnels » et se pose beaucoup de questions sur son avenir. Il veut travailler et cherche sa voie. Il a une grande conscience de son handicap et sait qu’il n’aura pas forcément le choix. Par contre, se sentir utile et responsable sont de réelles motivations : voilà pourquoi Joris s’investit autant lors de cette semaine de travail au mini GUC. Tout a commencé quand Joris, lors des 30 ans de l’Arist, n’a pas souhaité aller avec les « enfants ». Il est donc resté avec les animateurs du GUC et s’est pris au sérieux. Yann Guillermin (directeur du Mini GUC) lui a dit qu’il pouvait faire “aide mono” s’il le souhaitait. Ayant bien compris qu’il lui fallait alors faire les choses dans les règles, Joris a rédigé une lettre de motivation. Yann a joué le jeu. Le voilà embauché en saisonnier. Interview !

J

• Qu’est ce que tu as fait cet été ? J’ai travaillé au Mini GUC une semaine avec des enfants de 4 à 6 ans. • Quel était ton travail : Aide animateur ! • Cela consiste en quoi ? J’aide les animateurs dans les activités. J’accompagne les groupes au gymnase. J’aide les enfants à la cantine (le service, débarrasser, couper la viande… comme les animateurs). Je m’occupe aussi des

poneys, des brosses et des bombes, je surveille les enfants, je prépare et sers le goûter. Je prépare le matériel sportif des animateurs. Je fais l’accueil le matin et le soir avec les directeurs. • Est-ce que ça te plaît ? Oui parce que je suis un ancien du GUC. Je suis déjà venu quand j’étais plus petit. J’aime bien travailler avec les animateurs, ils sont sympas et j’aime bien bosser avec Yann. Mes collègues moniteurs me font confiance… J’aime m’occuper des enfants, être responsable d’eux • Qu’est ce que tu voudrais faire plus tard ? Directeur du Mini GUC à la place de Yann. ll ➜ L’équipe du GUC et Sophie Laffont “Cela fait 4 ans que nous employons des jeunes de l'ARIST au sein du Mini GUC. Au-delà de la motivation de chacun, c'est aussi une image positive qui a un impact fort sur les enfants, leurs familles et sur le personnel du GUC Vacances. Cela fait maintenant plus de 10 ans que je connais Joris, et quand il s'est proposé pour travailler avec moi, j'ai trouvé que c'était le bon moment. Joris a su, pendant toute sa semaine et malgré la fatigue, être disponible et à l'écoute des enfants. Ces "stages" sont pour moi une évidence et reflètent la suite logique du partenariat qu'entretiennent le GUC Vacances et l'ARIST depuis une quinzaine d'années. ➜ Yann Guillermin, Directeur du Mini GUC


La rentrée à la loupe Depuis la loi de 2005 et l’élargissement de la définition de la notion de handicap, le nombre d’enfants en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire est en augmentation constante. Faut-il encore que l’accompagnement de ces enfants soit adapté et se fasse dans les meilleures conditions possibles. Voyons, en quelques chiffres ce que nous annonce le gouvernement. ’est le site internet de France Info1 qui donne le ton en publiant le chiffre de 227 000 élèves en situation de handicap, scolarisés pour cette rentrée 2012. 60 000 avec un réel besoin d’accompagnement par un AVS. Sophie Cluzel, présidente de la FNASEPH2, ajoute que 20 000 AVS seulement sont en poste, dont un peu plus de 11 000 AVS individuel (AVS-i). Le gouvernement annonce3, quant à lui, le recrutement de 1 500 AVS-i supplémentaires, auxquels s’ajoute la mise en place de 2 300 postes d’assistants de scolarisation, le nouveau dispositif d’accompagnement en cette rentrée4.

C

Cette année c’était une rentrée spéciale pour moi : je suis à mi-temps dans deux écoles ! Je vais à l’IME de la Clé de Sol à Eybens le mercredi matin, jeudi et vendredi toute la journée. Dans quelques temps, un garçon de ma classe partira de l’école pour un autre établissement et je pourrai y aller tous les jours. Le minibus vient me chercher à la maison le matin et me ramène le soir. Le chauffeur s’appelle Georges et il est très gentil. Je suis le premier à monter et je peux m’asseoir où je veux. C’était un peu difficile la première semaine car je ne connaissais personne et l’école aussi était nouvelle. Heureusement j’ai retrouvé Joris dans la cour et il joue avec moi. C’est cool. Jeudi matin nous sommes allés faire une balade. Vendredi nous avons fait

Pourtant, nous apprenons au moment de rédiger ces quelques lignes, que 5 à 6 000 enfants en situation de handicap ne sont pas scolarisés faute d’accompagnement. Alors que se passe-t-il ? Manque d’anticipation du gouvernement ?

Je m’appelle Eva-Lune, aujourd’hui c’est la rentrée. Il est 7 h 15, je suis déjà attablée au petit-déjeuner. Depuis plusieurs jours, mon cartable tout neuf est collé contre la porte d’entrée, personne n’a le droit d’y toucher. Je fais tout comme ma grande sœur qui rentre au collège, d’ailleurs à huit heures moins dix j’étais prête à partir au car moi aussi ! Mais non c’est une blague, (j’aime bien faire des blagues à mon papa), moi je rentre en CP. J’ai de la chance parce que je connais déjà Aurélie, ma maîtresse et Nathalie, mon AVS. J’arrive à l’école d’un pas décidé, enfin jusqu’au portail parce qu’après c’est impressionnant de rentrer dans le vif du sujet, il y a des parents partout, ça papote dans tous les coins, il y a des enfants qui ne veulent pas lâcher la main de leur maman… Ouf les copines sont venues aussi ! Je fonce les retrouver et quand enfin, la maîtresse tape dans les mains et nous fait mettre en rang, j’envoie un bisou à mon papa et voici une nouvelle année qui commence !

des courses à Intermarché avec Monique, l’éducatrice, et ensuite nous avons préparé le repas. C’était trop super !!! Nous sommes 8 dans mon groupe, 3 garçons et 5 filles. Monique nous trouve très calmes et gentils, respectueux. Mardi dernier j’ai fait ma rentrée à Montessori. J’ai retrouvé Thierry, le maître, et aussi tous mes copains et copines. Ils m’avaient beaucoup manqué, surtout Marine et Aurélien… Il y a beaucoup de nouveaux cette année. C’était trop bien de les revoir et aussi de retrouver un lieu connu… J’adore cette école. Cette rentrée était stressante pour moi, mais maintenant je suis très content et j’adore la Clé de Sol ! Tanguy, 13 ans et demi

Selon Sophie Cluzel “les 1 500 postes ont bien été créés, mais la répartition par académie a été faite tardivement. Il est impossible, aujourd’hui, de savoir combien d’enfants sont en attente d’un AVS ou combien de notifications ont été émises par les MDPH.” Et, justement, nous apprenons sur le site de l’Éducation Nationale, qu’un “état des lieux des modalités d’attribution d’AVS-i permettra d’analyser les critères utilisés d’une MDPH à l’autre.” Comprenons qu’un audit des méthodes et processus est en cours pour aboutir, espérons-le, à une mise en cohérence des pratiques. En parallèle, depuis le début du mois, une réflexion sur la formation des enseignants et la professionnalisation de la fonction d’accompagnant d’élèves en situation de handicap est menée par tous les acteurs du médico-social, les associatifs et le ministère délégué aux personnes handicapées et à la lutte contre l’exclusion. Ceci pourrait répondre à une grande


attente des associations de parents, qui perdure depuis 2005. Sophie Cluzel explique, dans son interview à France Info que les parents et les associations “réclament un vrai métier ! Un métier pérenne, professionnel, dans un cadre bien déterminé, permettant aux jeunes de poursuivre un parcours scolaire de façon beaucoup plus efficace. Nous espérons beaucoup du chantier annoncé copiloté par Mme Carlotti et M. Peillon. À chaque rentrée scolaire nous n’aurions plus à nous demander si l’auxiliaire sera présente ou non parce que le poste serait pérenne. Il y aurait une poursuite d’accompagnant, un binôme AVSenseignant stabilisé”. L’association SAIS92 (Service d’accompagnement et d’information pour la scolarisation) 3 nous rappelle que “les enfants handicapés scolarisés doivent bénéficier, à temps partiel ou complet, d’un assistant d’éducation spécialement formé pour l’aider à poursuivre sa scolarité”. Sans oublier d’ajouter que “l’accompagnement n’est pas un préalable à la scolarisation ! Une période d’observation des besoins, des compétences et des difficultés du jeune doit permettre d’identifier le besoin d’aide humaine si elle est nécessaire.” Aujourd’hui encore, le temps de présence d’un AVS-i régit le temps de scolarisation de nos enfants. Gageons que la « refondation » sera le levier nécessaire à cette prise en compte.

Moment si important pour chacun des petits et grands élèves… Camille a 9 ans, elle rentre en 3e année de CLIS… Dans le même établissement avec le même enseignant mais une nouvelle AVS collective, et avec 5 nouveaux copains de classe : 5 sur 12, c’est beaucoup ! Le service transport des élèves porteurs de handicap du conseil général nous appelle la veille de la rentrée : “C’est bon, on vient chercher Camille demain à 8 heures”. Ouf ! Heureusement que nous sommes des « vieux » parents rodés, on attendait tranquillement. Les années précédentes on avait déjà appelé une dizaine de fois pour avoir des nouvelles… Mardi 4 septembre Camille est fin prête : un nouveau cartable violet, un cahier de texte, un cahier de brouillon, une trousse neuve et un sac de sports. Un minibus arrive à 8 h. Le conducteur avec une cravate accueille Camille comme une personne très importante, grand sourire jusqu’aux oreilles de Camille… C’est gagné… Camille a fait sa 7e rentrée des classes depuis la maternelle pour la première fois sans ses parents, toute seule, comme une grande… Elle est revenue le soir à 16 h 30 à la maison un peu fatiguée mais heureuse d’avoir retrouvé ses copines : Marie, Eva, Lily, un beau cahier de liaison, et des papiers très importants à remplir. Les premières consignes sont passées sans besoin que le maître les écrive. Camille le sait : c’est une année importante pour apprendre à écrire et à lire. Bonne rentrée à tous, Sa maman.

LA RENTRÉE DANS L’ACADÉMIE DE GRENOBLE En cette rentrée 2012, près de 14 000 élèves en situation de handicap (38 % sont atteints de déficience intellectuelle) sont scolarisés sur l’académie de Grenoble dont 3 600 en établissement médico-éducatif. “Les Clis et Ulis ont accueilli plus de 1 082 élèves supplémentaires, alors que la scolarité en classe ordinaire s’est encore plus fortement développée avec 3 486 élèves supplémentaires”, selon le site internet de l’académie4. Et d’ajouter

Cet été, nous avons déménagé dans une nouvelle maison à la Buisse. Près de la maison il y a ce que maman appelle « l’école », mais moi l’école je ne sais pas vraiment ce que cela signifie… Un matin, j’ai bien senti que toute la famille était agitée : ma sœur Manon se dépêchait de se préparer puis elle est partie toute seule prendre un bus : maman m’a dit « Manon part au collège toute seule maintenant », moi je l’aurais bien suivie. Peu de temps après papa me met mon petit cartable sur le dos et tout fiers on se rend devant ce portail où plein de petits enfants comme moi sont là. Nous rentrons dans une salle que l’on appelle une classe, beaucoup d’enfants pleurent et moi, je tiens très fort mon papa et ma maman. On me présente Marie ma maîtresse puis Véronique mon AVS, elles ont l’air très gentilles et puis il y a un bac à semoule comme a la crèche youpi !!! Papa et maman me font un bisou en me disant : “Tu es un grand garçon maintenant ! Et qui va venir te chercher tout à l’heure ???? MAMIE !!!!” Théo

que “ceci s’accompagne d’un fort développement en second degré, du fait de la montée pédagogique des élèves mais aussi grâce à des poursuites d’études de plus en plus nombreuses.” Sur l’ensemble de l’académie (6 départements) 3 nouvelles Clis et 9 nouvelles Ulis (dont 2 en Lycée professionnel) ont vu le jour pour cette rentrée 2012. En conséquence et dans la suite de logique de cette augmentation, le réseau des enseignants référents s’étend, lui, de 71,5 postes. Malgré ces ouvertures, la progression a encore du mal à suivre l’augmentation des élèves. Toujours selon le site internet de l’académie, “Le partenariat avec le secteur médico-éducatif et son réseau de professionnels se renforce. Les classes externalisées et les scolarités partagées se mettent en place. En 2011 plus de 650 professeurs du secondaire ont bénéficié d’une formation relative aux différents handicaps5. Le processus progressif de remplacement des contrats aidés par des nouveaux contrats de 3 ans, renouvelables une fois, est renforcé pour cette rentrée.” 7 ans après le vote de la loi pour « l’égalité des droits et des chances des personnes handicapées », malgré tous ces signes positifs et cette volonté d’avancer de la part des différents acteurs, nous restons encore


Interview Mme Annie Derriaz, Directrice académique adjointe beaucoup au stade de la réflexion, et l’inertie des administrations est toujours importante. Des problèmes d’organisation persistent et empêchent un (trop) grand nombre d’enfants de bénéficier d’une scolarité sans qu’aucune autre solution alternative ne soit proposée. “Et les autorités publiques ne nient pas les obstacles qui subsistent pour l’application réelle de la loi de 2005” comme nous le rappelle la FNASEPH. En 2012, ce constat est bien désolant. Espérons que cette année scolaire apporte les profits attendus pour une rentrée 2013 plus sereine, et que les préconisations du « rapport de l’Inspection générale de l’Éducation Nationale sur la mise en œuvre de la loi de 2005 » soient rapidement prises ll en compte. ➜ Olivier Monnier 1 - http://www.franceinfo.fr/ 2 - Fédération nationale des associations au service des élèves présentant une situation de handicap 3 - http://www.education.gouv.fr/ 4 - http://www.refondonslecole.gouv.fr/ 5 - http://www.sais92.fr/ 6 - http://www.ac-grenoble.fr/ 7 - Depuis quelques années, des parents de l’Arist sont sollicités pour témoigner lors de formation d’AVS et d’enseignants.

La rentrée de Lila s’est très bien passée. Au point que Lila pleure le matin… quand ses frères et sœurs partent pour l’école et qu’elle reste à la maison ! En effet, Lila n’est pour l’instant scolarisée que 3 demijournées par semaine en présence de son Auxiliaire de Vie Scolaire. Nous espérons une augmentation des heures de l’AVS, ce qui aidera Lila et sa maîtresse car il est vrai qu’un effectif de 28 élèves dans la classe est difficile à gérer. Bientôt, quand Lila aura acquis les règles de vie dans la classe, elle ira aussi à l’école l’après-midi et le vendredi matin où les attentes sont plus scolaires… Sans son AVS ! Sa maman.

Pouvez-vous nous faire un point sur les ouvertures de Clis/Ulis pour cette rentrée et quels sont les projets futurs ? En ce qui concerne les ULIS, on en a ouvert 3 à la rentrée 2012. À Charvieu, Coublevie et à Seyssuel. Dans notre bilan de l'année on en voit une quatrième qui est celle de Crolles. Elle a ouvert l'an dernier mais a été officialisée, installée dans le bilan, cette année. Concernant les CLIS, deux nouvelles cette année, à Saint-Chef et Renage. De la même manière que pour les ULIS, on peut aussi pointer un transfert d'une Clis de Vienne dans un autre établissement, toujours à Vienne. Elle est donc toujours comptabilisée. Au total sur le département il y a 73 Clis et 33 Ulis en Collège public, plus 3 Ulis pro. Et on peut compléter avec 3 Ulis dans le privé. Il y a quelques années, on parlait par exemple d'ouvrir des Clis en maternelle, est-ce toujours d'actualité ? La réflexion est continue. Nous sommes toujours, dans notre département, dans une nécessité d'ouverture de Clis et il est compliqué d'arriver à la hauteur des besoins qui sont signifiés. Même avec nos 73 Clis, on a encore des élèves qui ont des notifications MDA et qui n'ont pas accès à une Clis. Notre première urgence chaque année, est de trouver les moyens pour que ces élèves là aient une place en Clis. On ne parvient pas, pour l'instant, à se demander si on peut structurer encore les Clis et s'il est opportun de faire des Clis de petit niveau, notre urgence est d'abord de faire en sorte que chaque élève trouve sa place. Concernant la formation des enseignants sur le handicap, s'estelle développée ? Combien d'heures cela représente-t-il ? Quels sont les sujets abordés ? Elle se développe en regard de ce que les enseignant manifestent comme besoins. Et effectivement cette problématique là les interroge, je pense pour deux raisons. La première c'est que, notamment dans le premier degré, la scolarisation en milieu

ordinaire de l'ensemble des élèves porteurs de handicap est de plus en plus fréquente. C'est l'effet de la loi de 2005. Cette demande étant très forte, les enseignants sont de plus en plus en situation, potentielle, d'avoir un ou deux élèves porteurs de handicap dans leur classe. Et, comme ce sont des élèves qui questionnent directement l'exercice du métier d'enseignant, ces derniers expriment le besoin d’être formés. La formation se développe en conséquence et bien évidemment à hauteur des moyens que l'on peut y consacrer. En ce qui concerne le premier degré il y a, cette année, sur le plan de formation à l'adresse des enseignants titulaires, 2 stages de deux fois 24h sur le thème de « la scolarisation en classe ordinaire d'un élève porteur de handicap ». Avec, comme volume pour chacun des stages, entre 15 et 20 enseignants. Et puis un stage de 48h autour de ce thème aussi, mais plus approfondi. Ensuite, on accompagne toujours les enseignants qui sont nommés en Clis ou en Ulis. En ce qui concerne la formation des nouveaux enseignants, les professeurs stagiaires, ils ont une journée centrée sur ce thème* au sein de leur formation en alternance. Dans ces stages, on y aborde à la fois la prise en charge de la difficulté scolaire, l'élaboration du PPS lorsque c'est nécessaire, la façon dont il se constitue, la façon dont on le conduit dans les équipes de suivi, et à la fois le travail avec les partenaires. Peut-être faut-il ajouter qu'une formation à l'adresse des enseignants du second degré est aussi proposée, au niveau académique cette fois-ci, puisque leur formation est gérée par le ll rectorat. ➜ Propos recueillis par Olivier Monnier * Sur l'ensemble du temps de formation qui représente, quant à elle, un tiers de l'année scolaire.

lité Retrouvez l’intégra me Derriaz de l’interview de M et ! sur notre site intern o.fr http://www.arist.ass


brèves Du nouveau à l’ASCEA !

« La valse des saisons » ardi 26 juin 2012, l’ESATSAJ de l’Arist a eu l’honneur de présenter son tout premier spectacle de danse autour du thème des saisons. Le travail mené en étroite collaboration avec Hélène Chevrier, Professeur de danse de l’association « Le Petit Menuet » depuis octobre dernier a porté ses fruits puisque tous les danseurs en herbe sont montés sur scène. Semez de timides graines, ajoutez de la lumière, arrosez d’applaudissements et vous verrez fleurir de vraies émotions. Alors un grand merci : aux 16 danseurs, à Hélène, à la Mairie de Saint-Martin-

M

d’Uriage qui a mis à notre disposition une très belle salle et enfin, aux spectateurs, nombreux, qui ont fait le déplacement. ll ➜ L.MARSOT, Éducatrice Sportive, ESAT-SAJ de l’ARIST Ce spectacle a pu aboutir grâce à Hélène Chevrier, avec qui nous avons travaillé depuis le mois d’octobre 2011. La finalité de l’association Le Petit Menuet est de rendre la danse accessible à tous (des très jeunes aux très âgés). http://sites.google.com/site/ lepetitmenuet/home.

Un chien d'éveil pour nos enfants, pourquoi pas ? epuis tout petit, la réponse d'Emmanuel à la question : “qu'aimerais-tu pour ton anniversaire ? était la même : “un chien”. Nous avons toujours pensé que ce serait une bonne chose pour notre fils, mais n'avons jamais franchi le pas, de peur de nous tromper sur la race, de ne pas savoir éduquer correctement l'animal… etc. Emmanuel a toujours été attiré par les chiens et peut jouer des heures avec eux. Il nous parle souvent des chiens qu'il a côtoyés au sein de la famille, des amis ou à l'IME (lors de séances d'orthophonie). Un jour, une amie qui a été « famille d'accueil », dans le cadre de l'association handi'chiens, nous dit : mais pourquoi pas un chien comme celui-ci pour Emmanuel ? Nous pensions alors que cela était réservé aux personnes présentant un handicap physique, mais il y a plusieurs catégories de chiens : chien d'assistance bien sûr, chien d'accompagnement social, mais aussi chien

D

d'éveil qui présente généralement une prédisposition pour le contact et les câlins. Tous ces chiens reçoivent une éducation spécifique à leur future fonction, pendant les deux premières années de leur vie, qui est faite en partie par des familles d'accueil et par des professionnels canins. Pour Emmanuel, le chien sera tout d'abord une compagnie, un confident, une sécurité dans ses déplacements, mais aussi une responsabilité : c'est à lui de donner les consignes au chien, de lui apporter soins et nourriture, de veiller à son bien-être… bref, de nouvelles exigences, mais un pas de plus vers l'autonomie. Les explications qui nous ont été données et les reportages télévisés sur ces chiens nous ont convaincus et nous avons engagé les premières démarches, en espérant que ce projet aboutisse bientôt. Nous vous tiendrons informés de ce qui sera pour Emmanuel, sans nul doute, un des plus beaux jours de sa vie ! ll ➜ Sylvie Boyaud

La section roller souhaite continuer son activité sport adapté. Elle est en train de mettre en place un éventuel cours en extérieur à l'anneau de vitesse de Grenoble parc Paul Mistral (quand il fera encore jour) ou place Robert-Schumann quand il fera nuit très tôt. Les cours auront lieu toute l'année sauf en cas de pluie, de neige, ou de grand froid. En parallèle, la commission Apash de l'AS CEA/ST a proposé une découverte du parapente en biplace avec la section vol libre de l'AS, le samedi 15 septembre dernier au collet d'Allevard. En savoir plus sur la commission APASH : www.apash-asceast.fr

Festival Accès Libre L’association Terre de Sienne a organisé début octobre le premier Festival Accès libre : “Art, culture et handicap”. Théâtre, cirque, musique et percussions étaient au rendez-vous sur le campus de SaintMartin-d’Hères. Des débats et rencontres ainsi que des ateliers étaient organisés en journée. Nous vous donnons rendez-vous l’an prochain pour la seconde édition ! http://www.terredesiennehandicap.org/

Il pleut, il mouille… Dimanche 5 juillet, l’ARIST avait organisé sa sortie familiale au Pays des Lutins, dans la Drôme. Déjà programmée l’an dernier mais finalement annulée, la sortie fut maintenue cette année, malgré la météo incertaine. Quelques familles courageuses et les animateurs du GUC bravèrent la pluie battante, ce qui fut un premier exploit ! Le second fut de trouver un coin « sec » pour pique-niquer. On se réchauffa autour d’un apéritif offert par l’ARIST. Mais cela ne découragea pas nos jeunes de découvrir les énigmes qui jalonnaient le parc. Finalement, nous rentrâmes bien trempés mais la magie des êtres merveilleux avait fonctionné, nous replongeant dans l’enfance.

Bon plan Le site http://bons-plans-pourinvalides.over-blog.com/ échange les avantages économiques pour les titulaires de la carte invalidité orange et bénéficiaires de l'AAH et plus encore…


calendrier Du 27 octobre au 18 novembre 4e biennale de l'Art Partagé Parc de l'Orgère (salle François Mitterand) à Rives. http://artoutsimplement.canalblog.com

Le transport scolaire des enfants handicapés e service géré par le Conseil Général concerne environ 1 100 enfants dans le département, pour un budget global de 6,55 millions d’euros. Devant l’augmentation constante des demandes, le Conseil Général a souhaité formaliser ce service par la mise en place d’un règlement dès la rentrée 2012. Ce règlement comporte les obligations de chaque partie : Conseil Général, sociétés de taxi et familles.

C

Aspect légal La loi garantit la gratuité du transport scolaire pour les enfants handicapés ayant un taux d’incapacité supérieur à 50 %. Aujourd’hui, le Conseil Général étend cette gratuité aux enfants dont le handicap est inférieur à 50 %. Cette gratuité n’est pas remise en cause. Les objectifs du règlement Le Conseil Général s’engage : • À diminuer le temps de transport (optimiser les circuits) ; • Améliorer la qualité de l’information et le délai de traitement des dossiers (pré-inscription) ;

• Améliorer la sécurité (problème avec le taxi, chahut entre enfants). Des sanctions sont prévues à l’encontre des taxis et des familles qui ne respecteraient pas les engagements. Les solutions proposées • Cas général Remboursement des frais de transport en commun, ainsi qu’à l’accompagnateur lorsque cela est nécessaire. • Cas particulier - Transport en taxi. - Versement d’une bourse aux parents qui assurent le transport de leur enfant. Les barèmes de remboursement des frais kilométriques ont été revus à la hausse à partir de la rentrée. • Panachage - Mise en place de solutions mixtes (taxi/bourse par exemple) afin de permettre aux familles de prendre en charge leur enfant plus souvent. - Permettre à un enfant de s’adapter progressivement à la prise des transll ports en commun. ➜ Sophie Escoffier

L’Allocation adulte handicapé passe à 776 € L’allocation adulte handicapé (AAH) a été revalorisée samedi 1er septembre, comme prévu. Elle est passée de 759,98 € à 776,59 € par mois, ce qui représente une augmentation de 2,19 %. L’AAH avait déjà été augmentée de 2,2 % au 1er avril dernier. Cette allocation, perçue par près d’un million de bénéficiaires (915 000 personnes en 2010), est accordée aux personnes souffrant d’un « taux d’incapacité » supérieur à 80 %. Si celui-ci est compris entre 50 et 80 %, la personne doit, pour en bénéficier, être victime « d’une restriction substantielle d’accès à l’emploi » du fait de son handicap.

Vendredi 16 novembre Soirée “Familles” Un repas entre parents pour échanger, découvrir l'Arist, ... Plus d'informations sur le site internet de l'Arist ou auprès de Laurence Martin au 04 76 25 85 76 ou laurence@arist.asso.fr

Dimanche 18 novembre Journée nationale de la Trisomie 21

dimanche 02 décembre à partir de 14h30 Fête de Noël de l'Arist Salle des fêtes, rue du Château, à Eybens

Samedi 8 décembre Marchés de Noël à Eybens et Saint-Martin-d’Uriage Comme chaque année l’Arist aura un stand. Venez nous voir !

Composition du bureau de l’association Présidente : Sylvie Souchard Vice-présidente au pôle enfant : Florence Cravoisier Vice-président au pôle adulte : Franck Licha Vice-président à la vie associative : Olivier Monnier Trésorière : Corinne Vachon Trésorier adjoint : Thierry Moriset Secrétaire : Christelle Ferez Secrétaire adjointe : Sophie Escoffier

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La Lettre de l’Arist est une publication de l’Arist : 63, av. de Poisat - 38 320 Eybens - 04 76 25 85 76. Responsable de la rédaction : Sylvie Souchard. Conception graphique et maquette : Olivier Monnier. Ont participé à la rédaction et à la relecture : Laurence Martin, Olivier Monnier, Sylvie Souchard, Magali Béraldo, Sophie Lesrel, Mme Medroub, Lisandre Marsot, Sylvie Boyaud, Sophie Laffont, l'équipe du Guc, Sophie Escoffier, Florence Richard et Yann Guillermin. N° ISSN : 2114-9097. Imprimé à 1 000 exemplaires par : ALIAS - 13, chemin Albert Camus - ZA Champ Fila - 38 320 Poisat.


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