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Website La Fondation souhaite une fois de plus attirer l’attention sur son site www.fondationvocation.be. Simple dans sa structure comme à l’emploi, il propose une information complète concernant son action, son organisation et ses objectifs. Les candidats y trouvent des informations pratiques sur la procédure de sélection et peuvent y télécharger les documents nécessaires à leur inscription. Pour rappel : le formulaire d’inscription est disponible sur le site à partir du 1er avril. Les inscriptions se clôturent le 30 septembre. Pour les candidats inscrits endéans les délais uniquement, le dossier de candidature est à disposition pendant le mois d’octobre. À ce sujet toute question est à adresser au secrétariat à l’adresse info@fondationvocation.be. Les rubriques Agenda et News sont mises à jour de manière hebdomadaire afin de suivre au plus près l’actualité des anciens lauréats. Ils disposent depuis peu d’un lien d’accès leur permettant d’annoncer eux-mêmes un événement dans l’Agenda. Nombreux sont ceux qui en ont déjà fait usage. Nous encourageons l’utilisation de ce lien qui permet à la Fondation de construire une communication interactive. Si vous connaissez des liens intéressants pouvant compléter notre site, n’hésitez pas à nous en faire part. De Stichting vestigt graag nogmaals uw aandacht op haar website : www.stichtingroeping.be. Het is een eenvoudige, gebruiksvriendelijke site, waarop bezoekers gegevens vinden over de organisatie, haar werking en haar doelstellingen. Kandidaten krijgen er praktische informatie over de selectieprocedure en ze kunnen er de documenten downloaden, die nodig zijn voor een inschrijving.Ter herinnering :het inschrijvingsformulier is vanaf 1 april beschikbaar op de website ; de inschrijvingen worden jaarlijks op 30 september afgesloten. Enkel wie tijdig inschreef, kan het kandidaatsdossier in de loop van oktober downloaden. Alle vragen hieromtrent kunt u richten aan het secretariaat via info@stichtingroeping.be. De rubrieken Agenda en News worden wekelijks bijgewerkt ; ze plaatsen de actualiteit aangaande oud-laureaten en hun activiteiten in de kijker. Sinds kort krijgen ze trouwens ook zelf de mogelijkheid om aankondigingen in de Agenda te publiceren via de button 'submit an event'. Verschillende oud-laureaten maakten er al gebruik van en hopelijk zal het aantal inzendingen blijven toenemen. De Stichting hecht immers veel belang aan een interactieve communicatie.Wie interessante links kent, die de site zouden kunnen vervolledigen, moedigen wij aan om daarover met ons contact op te nemen.

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www.fondationvocation.be www.stichtingroeping.be


Anne Herbauts

h 2003

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Trois ouvrages d’Anne Herbauts sont parus presque simultanément cet automne. L’auteur nous livre sa vision personnelle sur ces trois livres, très différents. Lundi, Éditions Casterman « J’ai réalisé ce livre pour enfants sur une proposition de Casterman, qui m’offrait la possibilité de faire un ouvrage où je pouvais exploiter le côté visuel et tactile du papier en utilisant des embossages, des découpes et d’autres effets. Bien que charmée par ce projet qui était un vrai cadeau de la part de la maison d’éditions, j’ai voulu que cet aspect tactile ne soit pas purement esthétique mais fasse partie intégrante de l’histoire, dès le départ. Lundi traite de la mort, de la perte, de la disparition et ces thèmes se traduisent aussi bien dans le tactile que dans le visuel. Au fur et à mesure que l’on feuillette le livre et donc que l’on avance dans l’histoire,le papier s’affine :la perte est racontée dans le support même du livre, dans le papier qui perd progressivement son épaisseur et par le grammage qui est modifié. Il en va de même pour le personnage de Lundi qui, petit à petit, disparaît dans la neige jusqu’à ne plus être visible.Tout devient blanc. Finalement,le lecteur ne voit plus Lundi mais il le sent grâce à un relief dans le papier et le devine grâce à un jeu de transparence dans les pages recto verso. Cette idée de la perte renvoie de manière plus générale au thème du temps, qui me fascine. Ici aussi, les structures temporelles se suivent et se superposent : les jours de la semaine,les saisons,le jour et la nuit, le passé et le futur, hier et demain,...»

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Par-delà les nuages, Éditions de l’AN 2, 2004

Vertelkunst

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Des histoires pleines d’émotions

Anne Herbauts schrijft en illustreert boeken voor kinderen en volwassenen. Dit najaar verschenen bijna gelijktijdig drie werken van haar hand. We vroegen naar een korte commentaar. Lundi, Uitgeverij Casterman "Ik maakte dit boek voor kinderen vanaf zes jaar op vraag van Casterman. De uitgever gaf me de kans een boek te maken met uitsparingen, reliëf en andere effecten. Spelen met de mogelijkheden van het papier vormde een echte uitdaging, maar ik wilde vermijden dat het een louter esthetisch effect zou creëren, waardoor het verhaal op de achtergrond zou komen te staan. Ik koos er dus voor om het materiële en het narratieve volledig op elkaar af te stemmen. Lundi gaat over de dood, het verlies, de verdwijning. Die thema's zijn zowel zichtbaar en leesbaar als voelbaar in de tekeningen


Lundi, Éditions Casterman, 2004

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Par-delà les nuages, Éditions de l’AN 2, 2004

Anne Herbauts : « J'aime construire le tissage entre mots et images » Anne Herbauts : “Woord en beeld vullen mekaar aan” Prix Baobab en 2003 pour Et trois corneilles... (texte et illustrations), Casterman, octobre 2003

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La petite sœur de Kafka, de François David, Éditions Esperluète

Par-delà les nuages, Éditions de l’AN 2 « L’histoire de cette bande dessinée pour adultes réalisée en 76 planches noir et blanc est née d’un voyage en montagne. Les pylônes électriques, les masses de rochers émergeant de la neige sont des images qui m'ont marquée et ont engendré cette histoire. Mon récit en BD imagine un monde fait de pentes,où les gens doivent vivre tout en rêvant de plat. L’horizontal, c’est l’idéal, ce qui se trouve plus loin que les pentes, par-delà les nuages. Les gens ont construit des pylônes qu’ils

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ont reliés par des fils de conversation. Avec des bulldozers, ils ont mangé les rochers pour faire des marches, pour monter. Un seul s’est isolé, il a décidé d’atteindre les nuages en empilant ses rêves, comme des boîtes. D’en haut, il regarde les autres, commente leur progression. Le rythme de la BD,c’est celui de la montagne, avec la chasse, la migration des marmottes. Le temps s’écoule et fait des victimes, mais la lutte pour monter toujours plus haut continue. Et puis arrive la terrible question : ce rêve n’était-il pas juste une illusion ? »

«Ce travail d’illustration est en bichromie, noir et gris,avec une seule couleur bleue, utilisée dans un motif floral qui apparaît à des moments différents. C’est l’histoire d’Ottla,la plus jeune des trois sœurs de Franz Kafka et sans doute celle qui fut la plus proche de l’écrivain. Elle s’opposa à son père, un homme tyrannique, qui voulait l’obliger à choisir un mari de confession juive et fit un mariage d’amour. Kafka mourut jeune, il ne connut pas la guerre, mais toute la famille fut déportée. Ottla divorça alors de son mari pour partager le sort de sa famille. Arrivée à Auschwitz,elle se porta volontaire pour accompagner un groupe d’enfants à la chambre à gaz. Pour ce sujet très sombre, je voulais une image à la fois sobre et pas trop froide. Le visage d’Ottla, basé sur des photos de sa mère et de son frère, est toujours le même, avec un regard bas et déterminé. Il disparaît progressivement, au rythme de son cheminement vers la mort. Le fait de reporter le visage dans chaque dessin, cette répétition, correspond à un questionnement quant à l’identité d’Ottla. J’essaie de la cerner, derrière Kafka. »


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Illustration inédite sur le thème de La petite soeur de Kafka, Éditions Esperluète, 2004

en de teksten. Naarmate je vordert in het boek, verdunt het papier : het verlies wordt verteld tot in de drager. Ook het hoofdpersonage Lundi zie je gaandeweg vervagen, totdat hij uiteindelijk onzichtbaar wordt. Op dat moment is hij enkel nog aanwezig dankzij een reliëf in het papier : je ziet hem niet meer, maar je kunt hem wel voelen, als je bladert. Dood en verlies verwijzen naar het thema van de tijd, een gegeven dat je in de meeste van mijn boeken terugvindt. Weer krijg je een kluwen van tijdsstructuren die mekaar doorkruisen en overlappen : de dagen van de week, de seizoenen, dag en nacht, heden en verleden, gisteren en vandaag…" Par-delà les nuages, Uitgeverij l’AN 2 "Het idee voor de zwart-witstrip voor volwassenen is tijdens een bergreis ontstaan. Bepaalde beelden, zoals de elektriciteitskabels en de zwarte rotsmassa in de sneeuw, bleven in mijn geest hangen en gaven aanleiding tot het schrijven van het verhaal. Ik bedacht een schuine wereld die uit hellingen bestaat, waarop mensen noodgedwongen moeten leven. Ze dromen van een horizontaal leven, een vlakke wereld ; ze denken die te vinden voorbij de wolken. Ze bouwen masten die ze met conversatiedraden verbinden. Een enkeling zondert zich af. Hij beslist de hemel te bereiken door zijn dromen als dozen op mekaar te stapelen. Vandaaruit kijkt hij neer op zijn lotgenoten en becommentarieert hij hun beklimming. De tijd verstrijkt op het ritme van het bergleven : de jacht, de marmottentrek. De meedogenloze klim naar de top maakt slachtoffers en op het einde komt de vraag : was die droom niet meer dan een illusie ?" La petite sœur de Kafka, van François David, Uitgeverij Esperluète "De illustratie van een roman, in twee kleuren, zwart en grijs, met een tint blauw voor een weerkerend floraal motiefje. Het boek gaat over Ottla Kafka, de jongste zus van de schrijver. Kafka stierf jong, vóór het uitbreken van de Tweede Wereldoorlog. De hele familie werd gedeporteerd. Ottla, die tegen de wil van haar vader met een niet-jood was getrouwd, scheidde van haar man om het familielot te delen. Vlak na aankomst

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in Auschwitz ging ze vrijwillig mee met een groep kinderen die naar de gaskamers werd gevoerd. Het donkere onderwerp vroeg om een sobere, maar niet te kille illustratie. Het gelaat van Ottla heb ik vormgegeven op basis van foto's van haar moeder en haar broer. In alle tekeningen blijft haar gezicht onveranderd, met die lage, vastberaden blik ; het vervaagt, naarmate ze dichter bij haar einde komt. De herhaling van steeds datzelfde gezicht was voor mij een manier om op zoek te gaan naar haar identiteit. Alsof ik bij elke tekening de vraag stelde naar de vrouw, voor altijd de zus van de schrijver."


gitaar guitare

Partage et plaisir h 1997

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Denis Sung-Hô

Une interview de Denis Sung-Hô

Et celle de votre instrument… C'est vrai. J'ai toujours estimé que, dans le monde de la musique classique, la guitare souffrait d'un manque de reconnaissance. Développer ma carrière signifie aussi me battre pour montrer l'instrument, le défendre et l'amener dans d'autres contextes que le circuit fermé des festivals et des concours de guitares. Ayant moi-même évité ce milieu très

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1991, stage à/in Saint-Vith

Genieten van een gedeelde muzikale ervaring nl

À l'obtention de la bourse en 1997, votre carrière s'annonçait comme celle d'un guitariste en duo. Pourtant, aujourd'hui, vous évoluez seul. Le choix de jouer à deux guitares reposait notamment sur des raisons technique et pratique. En effet, beaucoup plus de transcriptions sont possibles pour deux guitares et jouer à deux facilite les choses. À l'époque, il est évident que le fait de ne pas se trouver seul sur scène comptait également. En duo, je me sentais sécurisé. Néanmoins, au fil des années, l'envie de jouer seul s'est affirmée de plus en plus.Je me suis rendu compte que le caractère soliste de mon jeu se manifestait déjà lorsque j'étais très jeune. Étant enfant unique et adopté, ma guitare me permettait d'aller à la rencontre des autres et je recherchais surtout la joie de jouer ensemble. La musique de chambre m'a apporté ce plaisir du partage et je l'affectionne toujours énormément. Cependant, petit à petit, j'ai aussi pris goût à l'exclusivité et à une certaine solitude sur scène. Le duo a constitué une étape qui m'a permis d'affirmer ma personnalité et mon jeu, mais qui ne s’est pas avéré une finalité en soi. Je croyais que nous allions percer à deux,mais le temps a changé un peu ma vision des choses. Finalement, même si j'ai toujours su que ce serait lent et difficile, je recherchais une reconnaissance personnelle.

Een interview met Denis Sung-Hô Toen je in 1997 laureaat werd van de Belgische Stichting Roeping, speelde je samen met een andere gitarist. Het duo leek een weloverwogen carrièrekeuze, maar vandaag treed je vooral op als solist. Het duo heeft veel voordelen, praktische en technische, omdat twee gitaren de mogelijkheden qua transcripties enorm vergroten, wat het spel vergemakkelijkt. Bovendien sta je niet alleen op het podium en onderga je de stress samen. Met z'n tweeën spelen gaf me een gevoel van zekerheid. In de loop der jaren kreeg ik wel steeds meer zin om alleen op te treden. Mijn spel evolueerde naar dat van een solist en ik besefte dat die eigenschap eigenlijk al van kleins af aanwezig was, alleen niet expliciet, omdat ik toen liever met anderen speelde. Ik was immers enig kind en dankzij mijn gitaar maakte ik vriendjes ; niets ging boven het plezier om in groep te musiceren. Die liefde voor de kamermuziek loopt trouwens als een rode draad door mijn muzikaal leven. Niettemin genoot ik ook steeds meer van de exclusieve aandacht die je als solist krijgt. Naarmate je aan zekerheid wint, wen je aan de eenzaamheid op de scène, meer nog :ze gaat deel uitmaken van je beleving. Het duo beschouw ik als een fase in mijn muzikale ontwikkeling, een periode waarin mijn persoonlijkheid vorm heeft gekregen. Misschien heb ik bij momenten gedacht dat we samen carrière zouden maken, maar achteraf bekeken streefde ik toch in de eerste plaats naar een persoonlijke erkenning.


Denis Sung-Hô : « Inciter nos contemporains à composer pour la guitare. »

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Denis Sung-Hô : “Gitaristen kunnen componisten aanzetten tot het schrijven van hedendaags werk voor gitaar”

Le mouvement est en cours… Au XXe siècle,des musiciens exceptionnels tels qu’Andrés Segovia ou Julian Bream ont fourni à la guitare ses lettres de noblesse et consolidé son statut d'instrument soliste. Les œuvres de Britten, Ginastera, Assad, Ponce ou même Giulliani sont tout à fait intéressantes. L'intérêt pour la guitare classique amorcé dans les années soixante et septante connaît actuellement une véritable relance. Les guitaristes peuvent jouer un rôle important en incitant leurs contemporains à composer pour la guitare. Ils participent ainsi au renouvellement du répertoire. La collaboration avec un compositeur contemporain constitue d'ailleurs un de mes objectifs dans un futur proche. Pour l'heure, je profite pleinement des opportunités qui me sont offertes. J'ai été élu Rising Star pour la saison 2004-2005, un titre qui va me permettre de me produire dans plusieurs grandes salles européennes, et j'ai été invité par la Philharmonie de Berlin. Un pas est franchi et j'ai moins qu'à mes débuts le sentiment d'exister seulement dans un combat contre moi-même ou d'avoir un trop grand besoin de prouver ce que je vaux. Mon jeu aussi a évolué :il est plus stable,plus lent. Sans avoir perdu mon tempérament un peu fougueux, je prends plus le temps de réfléchir à la qualité sonore et je ne me lance plus dans des tempi presque injouables. Aujourd'hui, je privilégie la recherche du plaisir.

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compétitif qui ne me convenait guère, je suis persuadé que des voies parallèles existent. D'ailleurs, les lauréats de ces prestigieux concours ne sont pas nécessairement à l'affiche des grandes salles. Organiser des concerts ou s'y produire en tant que guitariste invité constituent des moyens tout aussi puissants et, à mon avis, plus enrichissants pour atteindre une certaine notoriété et donc contribuer à faire connaître l'instrument.

En naar die van je instrument Inderdaad. Het was steeds mijn overtuiging dat de klassieke wereld de gitaar vaak niet de aandacht heeft gegeven die ze verdiende. De uitbouw van een carrière betekent dan ook : opkomen voor mijn instrument, het beter laten kennen en streven naar zijn erkenning buiten het gesloten circuit van de wedstrijden en de gitaarfestivals. Uiteindelijk draait alles er rond competitie en prestatie. Zelf heb ik op een andere manier mijn strepen verdiend, niet uit keuze maar uit noodzaak : ik was gewoonweg niet bestand tegen de stress van een wedstrijd en speelde er doorgaans ondermaats. Mijn loopbaan bewijst dat er alternatieve kanalen bestaan om je naam te vestigen. Zelf concerten organiseren of te gast zijn bij bepaalde ensembles zijn een veel aangenamere en vooral meer verrijkende manier om je een weg naar de top te banen.Trouwens, de laureaten van die prestigieuze wedstrijden staan niet automatisch op de affiche van de grote concertzalen. Gitaar geniet weer belangstelling In de 20ste eeuw vestigden grote namen als Andrés Segovia en Julian Bream het basisrepertorium ; Britten, Ginastera, Assad, Ponce en Guiliani schreven belangrijke en interessante werken.Vandaag kent de gitaar een revival,die eigenlijk al tijdens de jaren zestig en zeventig is ingezet. In die context kunnen gitaristen een belangrijke rol spelen door bijvoorbeeld bij hedendaagse componisten werken te bestellen. Op die manier dragen ze actief bij tot de uitbouw en de vernieuwing van het repertoire. Samenwerken met een componist behoort trouwens tot mijn prioriteiten voor de nabije toekomst. Ondertussen concentreer ik me op het volgende seizoen. Het Paleis voor Schone Kunsten heeft me uitgekozen tot Rising Star voor 2004-2005, wat me de kans geeft in een aantal belangrijke Europese zalen op te treden. Bovendien kreeg ik een uitnodiging van de Berlijnse Filharmonie voor een belangrijke concert. Mooie kansen, waarvan ik volop wil genieten. Vroeger had ik het daar wat moeilijk mee. Ik putte niet echt plezier uit het spel : het was meer een soort strijd tegen mezelf ; ik moest blijkbaar altijd iets bewijzen. Nu ben ik wat meer relaxed en dat merk je ook aan mijn spel : trager,met meer aandacht voor de sonoriteit. Expressie gaat nu boven virtuositeit.


anthropologie antropologie

Een dag tussen de skeletten in de h 2001

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Kaat Vandoorne

15 oktober 2004. De dag begint vroeg : om 7 uur vertrekt de trein vanuit Veurne. Eindbestemming is het Koninklijk Belgisch Instituut voor Natuurwetenschappen (KBIN) in Brussel. Sinds 2002 onderzoek ik er skeletten, afkomstig van de opgravingen in de Duinenabdij in Koksijde. Dankzij een beurs van de Belgische Stichting Roeping kreeg ik toestemming van het KBIN voor mijn studie en beschikte ik over voldoende financiële middelen om mijn droom te realiseren : al doende de principes van fysisch antropologisch onderzoek onder de knie krijgen. Prof. Rosine Orban en Dr Caroline Polet begeleiden mij in het laboratorium. 9 uur, aankomst op het KBIN : het werk kan beginnen. Een skelet wordt uitgelegd op de laboratoriumtafel. Een volledig menselijk skelet bestaat uit ongeveer 206 beenderen. Natuurlijk zijn niet alle beenderen van een opgegraven individu bewaard. Dankzij de hoge grondwatertafel op de site van de Duinenabdij zijn de monniken gelukkig uitzonderlijk goed bewaard. Daardoor kunnen we heel wat gegevens uit de beenderen afleiden, wat hen voor mij tot een ideaal studiemateriaal maakt. Om snel een idee te krijgen van de bewaartoestand kleuren we de bewaarde beenderen in op een schema. Aan de hand van de vorm van het bekken bepalen we daarna het geslacht van het individu ; ook de morfologie van de schedel is belangrijk bij het bepalen van het geslacht. Eens het geslacht van de persoon gekend is, komt 15 octobre 2004. La journée commence tôt. Le train que je prends à 7h en gare de Furnes me mène à Bruxelles. Depuis 2002, j’étudie à l’Institut Royal des Sciences Naturelles des squelettes provenant des fouilles effectuées à l’abbaye des dunes de Coxyde. Grâce à une bourse de la Fondation Belge de la Vocation,l’Institut m’a donné le feu vert pour effectuer cette recherche et réaliser ainsi mon rêve de me former à l’anthropologie physique par la pratique. Au laboratoire, le Pr Rosine Orban et le Dr Caroline Polet m’encadrent et me conseillent.

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Une journée avec les squelettes de l’abbaye des dunes

9h : arrivée à l’institut. Le travail peut commencer. Un squelette est étalé sur la table.Un squelette humain complet se compose d’environ 206 ossements. Bien sûr, les fouilles n’ont pas permis de

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Werkschema : de ingekleurde delen verwijzen naar de teruggevonden beenderen Schéma de travail : les parties coloriées indiquent les ossements retrouvés


voormalige Duinenabdij Zomercursus in 2003 met Prof. Donald Ortner aan de universiteit van Bradford Cours d'été en 2003 avec le Pr Donald Ortner à l'Université de Bradford

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Opgravingen te Koksijde / Fouilles à Coxyde

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het individu voor mij terug tot leven. Het was een man. Aan de hand van de ribben, de tandslijtage en het kraakbeen van de schildklier, die bij enkele monniken uitzonderlijk goed bewaard is, kunnen we de leeftijd bij overlijden schatten. De man was tussen veertig en vijftig jaar oud, toen hij stierf.

retrouver des squelettes entiers. Néanmoins, les restes présentent un état de conservation exceptionnel dû à la présence d’une haute nappe phréatique sur le site de l’abbaye. Ceci permet d’en déduire un grand nombre de données quant à la personne. Afin d’obtenir un aperçu global, les ossements retrouvés sont coloriés sur un schéma représentant un squelette complet. Ensuite, le sexe est déterminé sur la base de la forme du bassin et de la morphologie du crâne. Pour moi, l’individu devient véritablement une personne au moment où son sexe est établi. Dans ce cas précis, il s’agit d’un homme. Les côtes, l’état de la dentition et le cartilage de la glande tyroïde révèlent qu’il avait entre quarante et cinquante ans au moment de son décès. Midi. Nous prenons une pause déjeuner et discutons des résultats de la matinée. J’ai constaté une formation osseuse à l’intérieur du crâne et j’aimerais connaître l’avis de Caroline.Nous sommes

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's Middags ga ik iets eten met prof. Orban en Dr Polet.Tijdens de maaltijd komt het werk ter sprake. Ik vraag Caroline naar haar mening over beenvorming die ik aan de binnenzijde van een schedel heb vastgesteld.We zijn het erover eens dat ze ongetwijfeld het resultaat is van een infectie. Misschien leed de persoon aan meningitis. Rosine en Caroline vragen mij of ik interesse heb om volgend jaar mee te gaan naar Egypte met Dr Dirk Huyge van het KMKG. Hij heeft in El-Hosh een grafveld ontdekt. Hij plant opgravingen, maar heeft natuurlijk een antropoloog nodig voor de studie van de skeletten. Door haar project op het Paaseiland heeft Caroline geen tijd om deel te nemen. Beiden zijn ervan overtuigd dat ik de anatomie van het menselijk skelet al voldoende beheers. Door mijn opgraafervaring in Syrië ben ik de ideale persoon voor het project.Ik ben erg enthousiast en besluit vandaag nog contact op te nemen met Dirk Huyge. Terug in het laboratorium bekijken Caroline en ik samen de schedel met de beenvorming aan de binnenzijde. Caroline heeft zoiets nog nooit gezien. We zoeken in boeken over paleopathologie. Zelfs het boek van prof. Donald Ortner geeft geen bijkomende informatie ; vorig jaar volgde ik aan de universiteit van Bradford (Engeland) nog een zomercursus van die beroemde antropoloog.We besluiten een foto van de schedel te laten maken, die Caroline dan naar een collega zal doorsturen. Misschien weet die wel op welke ziekte de symptomen wijzen. Bij verder onderzoek van de man blijkt dat hij eveneens leed aan erge artrose aan de wervelkolom. Tijdens zijn leven heeft hij veel tanden verloren. Zijn resterende tanden zijn erg afgesleten. De meeste skeletten van de Duinenabdij vertonen nochtans een goed gebit. Chemische analyse van de beenderen door Caroline Polet toonde aan dat de monniken waarschijnlijk meer vis aten.Vlees was bij de cisterciënzers trouwens verboden. Vis bevat veel fluor, wat voor een goed gebit zorgde.


In het laboratorium van het Koninklijk Instituut voor Natuurwetenschappen / Au laboratoire de l'Institut Royal des Sciences Naturelles

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anthropologie antropologie

Op het einde van de dag heb ik als antropologe een mooi beeld van een monnik uit de Duinenabdij : een man van ongeveer vijftig jaar oud die door artrose veel rugpijn had. Misschien heeft hij tijdens zijn leven op de velden rond de abdij zwaar werk verricht. Misschien stierf hij in de ziekenzaal van de abdij aan hersenvliesontsteking. Volgende keer wacht een nieuwe monnik…

d’accord sur l’origine infectieuse de ce symptôme, peut-être une méningite. Rosine et Caroline m’invitent à participer à un chantier de fouilles en Egypte, sous la direction du Pr Dirk Huyge,des Musées Royaux d’Art et d’Histoire (MRAH). Caroline n’a pas le temps d’y aller et est persuadée que mes connaissances en matière d’anatomie sont suffisantes pour que je la remplace. En outre, j’ai une petite expérience puisque j’ai déjà participé à des fouilles en Syrie. Je décide de contacter Dirk Huyge sans plus attendre. De retour au laboratoire, nous examinons ensemble le crâne avec sa formation osseuse. Caroline n’a jamais vu une chose pareille. Nous cherchons dans des livres de paléopathologie mais même le livre du Pr Donald Ortner ne nous renseigne pas. Cet anthropologue célèbre dont j’ai suivi un séminaire d’été en 2003 à l’université de Bradford,fait cependant autorité en la matière. Finalement, nous décidons de faire une photo que Caroline enverra à une collègue qui pourra peutêtre nous dire à quelle maladie le symptôme est dû. Une observation plus poussée révèle également que l’homme souffrait d’arthrose à la colonne vertébrale, qu’il avait perdu beaucoup de dents et que ses dernières dents étaient en mauvais état. Pourtant, la plupart des squelettes présentent une bonne dentition : les analyses chimiques effectuées par Caroline Polet montrent que les moines consommaient beaucoup de poisson,un aliment riche en fluor. La viande était d’ailleurs interdite par l’ordre cistercien. En fin de journée,l’anthropologue que je suis s’avère satisfaite. Mes observations m’ont appris que ce moine de l’abbaye des dunes est mort vers la cinquantaine et qu’il souffrait d’arthrose. Peut-être était-ce dû à son dur travail aux champs et sans doute est-il mort à l’infirmerie suite à une méningite. Ces questions resteront malheureusement sans réponses.


Hubert Boone

h 1967 Hubert Boone : "Onderzoek en inventarisering van het eigen traditionele repertoire is noodzakelijk" Hubert Boone : « Inventorier et répertorier ce patrimoine »

Dorpsmuzikanten met talent "Alles is begonnen, toen ik als dertienjarige aansloot bij de fanfare van mijn dorp, Nederokkerzeel. Ik speelde cornet. Mijn muziekleraar, de dorpsslager, was een goede amateur die me een sterke muzikale basis gaf. Dankzij de fanfare ging een hele wereld voor mij open. Elk jaar werd het Teerfeest gevierd, een evenement dat vergelijkbaar is met het Sint-Ceciliafeest bij de zangkoren.Na het officiële gedeelte gaven de beste muzikanten van de groep spontaan een concertje bestaande uit polka's, mazurka's… Ze noemden dat 'een airke spelen'. Het hoge niveau verbaasde me : hoe konden die muzikaal ongeschoolde spelers de soms ingewikkelde melodieën begeleiden en zelfs opvullen met akkoorden ? Ik begreep dat het antwoord lag in de traditie. Alle fanfares hebben een eigen traditie van ongeschreven muziek die ze van generatie op generatie doorgeven. Het repertoire wordt natuurlijk aangepast, maar traditionele vormen blijven altijd voortleven, omdat ze steunen op een logica en op ervaring. Dat mechanisme boeide me uitermate. Eind jaren zestig heb ik mijn eerste instrumentaal ensemble opgericht, De Vlier. Al snel zijn we met die groep buitenlandse reizen beginnen te maken. Ik ontdekte wat er over de grenzen heen aan volksmuziek bestond, bestudeerde het en vergeleek het met wat ik al kende. Mijn mandaat als wetenschappelijk medewerker in het Instrumentenmuseum maakte ook, dat ik mijn onderzoek vanuit de invalshoek van de instrumentenkunde ging benaderen. Het leverde nieuwe inzichten op,omdat ik,deels door mijn opleiding als altviolist aan het conservatorium, deels intuïtief aanvoelde wat de technische mogelijkheden van een instrument konden zijn. Door de combinatie van muziekpraktijk en muziekwetenschap ontwikkelde ik stilaan een globale visie. Uit mijn onderzoek blijkt dat er qua structuur haast geen ver-

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De génération en génération fr

Meer dan vijfendertig jaar geleden begon Hubert Boone met het opzoeken van volksliederen en traditionele dansmelodieën in onze gewesten. In 1967 werd hij laureaat van de Belgische Stichting Roeping voor zijn etnomusicologisch onderzoek naar de inlandse volksmuziek. In 1968 werd hij wetenschappelijk medewerker aan het Muziekinstrumentenmuseum (MIM) van Brussel en in 1978 volgde hij de vermaarde musicoloog Paul Collaer op in de Koninklijke Belgische Commissie voor Volkskunde (Vlaamse sectie). Hubert Boone publiceerde verschillende artikels en een aantal uitgebreide monografieën over Vlaamse, Waalse en Europese volksinstrumenten, en recent verscheen Traditionele Vlaamse volksliederen en dansen. Als onderzoeker had hij reeds vanaf het einde van de jaren zestig uitgebreide contacten met Oost-Europese organologen en musicologen, en vanaf 1990 maakte hij opnamen van traditionele muziek in verschillende streken van de voormalige Sovjetunie. Boones wetenschappelijk werk mag niet doen vergeten dat hij in de eerste plaats muzikant is in hart en nieren, gevormd in het Koninklijk Muziekconservatorium van Brussel. Al meer dan twintig jaar levert hij met zijn ensembles Het Brabants Volksorkest en Limbrant prachtige interpretaties af van traditionele instrumentale muziek en liederen. Hoe is de liefde voor de volksmuziek bij de klassiek geschoolde muzikant eigenlijk ontstaan ?

© Marc Masschelein

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ethnomusicologie etnomusicologie

Volksmuziek door de eeuwen heen

Il y a plus de trente-cinq ans qu’Hubert Boone s’est lancé dans l'étude des chansons et des mélodies de danses traditionnelles de notre pays. Cette recherche ethnomusicologique fut récompensée en 1967 par une bourse de la Fondation Belge de la Vocation. En 1968, il fut nommé conseiller scientifique au Musée des Instruments de Musique (MIM) et en 1978, il succéda au célèbre musicologue Paul Collaer à la section flamande de la Commission royale belge pour le folklore. Hubert Boone a publié de nombreux articles et plusieurs monographies consacrées aux instruments traditionnels de Flandre, de Wallonie et d'Europe. Son dernier ouvrage intitulé Traditionele Vlaamse volksliederen en dansen est paru en 2003. En tant que chercheur, il collabora dès la fin des années soixante avec des organologues et des musicologues est-européens et réalisa à partir de 1990 des enregistrements de musiques traditionnelles dans diverses régions de l'ex-Union soviétique. Ce travail scientifique ne doit néanmoins pas faire oublier qu’Hubert Boone est un musicien dans l'âme, formé au Conservatoire flamand de Bruxelles.


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ethnomusicologie etnomusicologie

Het Brabants Volksorkest

schil bestaat tussen Vlaamse en Waalse traditionele volksmuziek. Regionale invloeden komen wel voor, maar in eenzelfde tijdsspanne zijn de ritmische en melodische formules grotendeels gelijkend. De rijkdom van onze muzikale traditie

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Concerten Limbrant in december 2004 04/12/2004 Paleis voor Schone Kunsten, Brussel, in het kader van 'Klara in het Paleis'. Info : 02 507 82 00 12/12/2004 Stedelijk Volkskundemuseum, Brugge. Info : 050 44 87 11

Depuis plus de vingt ans, ses ensembles Het Brabants Volksorkest et Limbrant exécutent de merveilleuses interprétations de musique traditionnelle instrumentale et vocale. Mais comment est née cette passion ? Le talent des villageois « Tout a commencé à l'âge de treize ans, lorsque j'ai rejoint la fanfare de mon village de Nederokkerzeel. Je jouais du cornet à pistons. Mon professeur de musique,le boucher,était un amateur de bon niveau, qui me prodigua un enseignement musical très complet. En outre, toutes les activités liées à la fanfare, les fêtes, les rencontres avec les musiciens, me fascinaient. J'étais subjugué et étonné par le talent de ces villageois, des hommes simples et sans formation musicale, et par leur capacité d'accompagner des mélodies parfois assez complexes. Je découvris qu'ils puisaient leur savoir dans une tradition musicale non écrite qui, au sein de leur fanfare, était retransmise de génération en génération. Bien sûr, le répertoire évolue au fil du temps, mais les formes tradition-

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In vergelijking met Oost-Europa beschikt ons land over een sterk ontwikkelde geschreven traditie, vooral op het vlak van dans- en serenademuziek. Het valt op dat volksmuzikanten die vaak nauwelijks konden lezen of schrijven, wel in staat waren om muziek te noteren. De archieven van lokale fanfares en harmonieën bevatten dan ook talloze bewerkingen van klassieke stukken voor balorkesten en liedboekjes, waarvan sommige teruggaan tot de 16de eeuw. Op die stukken is nog te weinig onderzoek verricht, hoewel ze volgens mij een schat aan informatie kunnen opleveren. Ze kunnen worden getranscribeerd, geïnterpreteerd en gebruikt in hedendaagse composities. De Vlaamse folk vertoont invloeden uit Frankrijk, Bretagne en de Angelsaksische regio's, Corsica, de Balkan en Galicië, maar er is een opvallend tekort aan het eigen traditionele repertoire. Ik pleit voor een intensieve zoektocht naar en inventarisering van dat materiaal. Het loopt een enorm gevaar. De archieven van dorpsfanfares en harmonieën die ophouden te bestaan, kunnen vaak niet worden beheerd door steeds ouder wordende mensen en belanden bij gebrek aan interesse bij het oud papier.We kunnen niet toelaten dat een belangrijk deel van ons cultureel patrimonium op die manier teloorgaat."

nelles persistent car elles possèdent une logique propre et sont basées sur l'expérience. C'est ce mécanisme passionnant que j'ai voulu étudier. Vers la fin des années soixante,j'ai créé mon propre ensemble musical, De Vlier. Assez rapidement, nous nous sommes produits hors des frontières et j'ai découvert d'autres formes de musiques traditionnelles que j'ai pu comparer aux nôtres. À ces nouvelles connaissances vinrent s'ajouter celles acquises grâce à mon travail au MIM concernant les caractéristiques techniques des instruments, leur construction et leurs capacités sonores. » Une tradition homogène «Il ressort de mon étude que nous possédons une tradition musicale assez homogène.À une même époque,la structure musicale des danses et des chansons est pratiquement la même en Flandre et enWallonie. Hormis quelques influences typiquement régionales, les formules mélodiques et rythmiques diffèrent peu. En outre, comparée à celle de l'Europe de l'Est,notre tradition écrite est extrêmement riche. Force est de consta-

ter que dans les villages, des musiciens amateurs qui bien souvent savaient à peine lire et écrire étaient tout à fait capables de retranscrire la musique qu'ils interprétaient. Les archives des fanfares et des harmonies regorgent de livrets contenant des arrangements du répertoire classique pour les orchestres de bals et de chansonniers,dont certains remontent au XVIe siècle. Il est urgent d'inventorier et de répertorier ce patrimoine qui, à mon avis, ne bénéficie pas de l'intérêt qu'il mérite. Retranscrit, arrangé et adapté, ce répertoire pourrait inspirer nos jeunes groupes de musique folk.Une source d'informations majeure risque de tarir si nous n'agissons pas rapidement car les personnes responsables de ces petites archives locales sont de plus en plus âgées et souvent incapables de gérer cette masse documentaire. Et lorsque ces gardiens de notre mémoire musicale viennent à disparaître, il n'est pas rare que leur collection aboutisse dans un container. Nous ne pouvons assister à ce processus sans réagir. Il est de notre devoir de conserver les richesses de notre tradition musicale pour les générations futures. »


modeontwerpen stylisme

Le reflet de la personnalité Marie Anne Dujardin

h 1984

Diplômée en lettres, Marie Anne Dujardin a découvert les tissus lors d'un séjour en Angleterre. Fascinée par la richesse des matières et des couleurs,le désir d'en faire des vêtements s'imposa naturellement et elle s'engagea résolument dans cette voie. Pour réaliser sa vocation, la Fondation lui octroya une bourse en 1984. Depuis, elle n'a jamais cessé de s'investir dans la création en tenant compte non de la mode mais de l'individu dans son intégrité et sa liberté. Dans sa boutique « des habits et moi »,ses pantalons,jupes, chemisiers et vestes aux lignes sobres s'associent aux bijoux, pulls en maille et accessoires de créateurs dont elle apprécie le travail. Généreuse, Marie Anne l'est aussi avec ses clientes, qui trouvent chez

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Kleding als spiegel van je persoonlijkheid

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« des habits et moi », 53 rue Simonisstraat, 1050 Bruxelles/Brussel

Marie Anne Dujardin had al een diploma Letteren op zak, toen ze tijdens een verblijf in Engeland gefascineerd raakte door stoffen en hun rijkdom aan kleuren en materialen. In haar geest ontstonden beelden van kledingstukken en die gedachte liet haar niet meer los. Ze koos resoluut voor het ontwerpen en de Stichting Roeping steunde haar daarin. Sinds ze in 1984 haar beurs ontving, werkte ze ononderbroken aan het vervullen van haar wensdroom :kleding maken die rekening houdt met het persoonlijke in de mens, vorm geven aan een ideaal van vrijheid. In haar boetiek 'des habits et moi' vind je naast haar eigen merk ook accessoires, juwelen en een tricotlijn die door bevriende collega's ontworpen zijn.Een persoonlijke toets,typerend voor haar karakter en de manier waarop ze haar cliënteel ontvangt en adviseert : kwaliteit primeert op commercie. "Ik beschouw mijn werk niet als mode, maar eerder als een manier om een filosofie door te geven, een kijk op het leven, gebaseerd op onze perceptie van het vrouwelijk lichaam en zijn evolutie. Het heeft geen zin modieuze kleding te dragen, als je je er niet goed in voelt.Trends interesseren me niet ; mijn aandacht gaat naar het kledingstuk an sich. Ik ontwerp voor een vrouw die kleding ziet als een spiegel van haar persoon-


modeontwerpen stylisme

Marie Anne Dujardin (à droite) avec Véronique Wendel : «Le relationnel m'importe plus que la gloire. »

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Marie Anne Dujardin (rechts) met Véronique Wendel : " Faam is minder belangrijk dan een goed contact met de klanten."

elle un accueil personnalisé et des conseils empreints de franchise et de sensibilité. Une philosophie de vie

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« Je considère mon travail non comme de la mode mais plutôt comme la transmission d'une philosophie de vie, d'une démarche d'être et de vivre qui part de la perception du corps de la femme et de

son évolution.Il ne sert à rien de porter des habits à la mode si on ne s’y sent pas libre. L'image, le look m'indiffèrent tandis que le vêtement,lui,peut être un merveilleux reflet de la personnalité si la femme veut bien en prendre conscience. Je crée pour la femme qui a fait ce choix, la femme vraie et pure qui me ressemble et ressemble aux personnes qui m'entourent dans le travail et dans la vie. Autodidacte, sans formation technique dans ce métier,

lijkheid, voor een vrouw die zelfbewust is in haar stijl zowel als in haar geest. Die omschrijving geldt trouwens ook voor mij en voor de intimi uit mijn privé-sfeer en mijn beroepsleven. Een levensfilosofie Ik heb geen enkele technische bagage, ik teken niet, kan geen patronen maken, maar heb mij altijd omringd met en laten begeleiden door heel competente en creatieve collega's. Uit die samenwerking ontstonden hechte banden, zoals met Véronique Wendel. Dankzij haar kwam er in de boetiek een aparte ruimte voor bruids- en avondkledij met het label 'des robes et moi'.We kennen elkaar al een tiental jaren en we vormen een hecht duo.We bespreken alles samen en de keuzes die we als ontwerpsters maken, komen overeen. Het is niet onze wens om mee te draaien in de modemolen. Mediafiguren, défilés, magazines… Het laat ons eigenlijk koud.Wij staan daar resoluut buiten. In mijn beginjaren droomde ik natuurlijk van erkenning in het milieu en van een zekere naambekendheid. Stilaan ben ik echter gaan beseffen dat het respect van mijn klanten mij veel meer waard is. De boetiek functioneert als ontmoetingsplaats, meer dan als een winkel.We nemen onze tijd om naar de klanten te luisteren en we geven advies, maar ook kritiek. Het geeft enorm veel voldoening om te zien hoe bepaalde vrouwen die we al lang kleden,onze visie beginnen te delen en onze boodschap hebben begrepen,als geestesverwanten."

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j'ai eu la chance d’être accompagnée par des personnes compétentes, créatives et ouvertes, avec qui j'ai pu développer des collaborations basées sur le respect mutuel et l'échange. Je crée à partir du tissu,je ne dessine pas,j'imagine un vêtement et une personne traduit cette vision en un patron. Il est donc primordial de se comprendre,car tout se construit à partir d'un instinct.Je travaille en duo avec Véronique Wendel depuis deux ans et, ensemble,nous avons ouvert dans la boutique un espace robes de mariée et du soir griffées « des robes et moi ». Nous nous complétons parfaitement et partageons la volonté d'être un peu à contrecourant, en dehors du milieu de la mode et de ses circuits traditionnels. Aux manifestations médiatiques, nous préférons les événements discrets comme ceux


Dans le cadre de l’exposition Fausto Melotti au MAC’s, trois soirées exceptionnelles, alliant musique et arts plastiques, ont été programmées les 14,15 et 16 mai 2004. Les musiciennes de la Belgian Foundation for Young Soloists étaient habillées par Marie Anne Dujardin et Véronique Wendel.

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In het kader van de tentoonstelling Fausto Melotti in het MAC's werden op 14, 15 en 16 mei 2004 drie avonden georganiseerd rond muziek en beeldende kunst. De vrouwelijke muzikanten van de Belgian Foundation for Young Soloists droegen kleding van Marie Anne Dujardin en Véronique Wendel. liés à l'exposition de Fausto Melotti au MAC's, à l’occasion desquels nous avons habillé les musiciennes de la Belgian Foundation for Young Soloists et la comédienne Isabella Soupart. Une soirée intimiste et très réussie, loin des mondanités. Pas de diktats Le monde de la mode a un côté superficiel qui ne m'intéresse absolument pas. Je ne lis pas les magazines, je ne vais pas aux défilés. Bien sûr, à mes débuts,j'avais un ego puissant et je voulais être reconnue par le milieu. Au fil du temps, j'ai pris conscience que le relationnel m'importait plus que la gloire. La seule reconnaissance qui compte, c'est celle de ma clientèle. Finalement, cette boutique ressemble plus à un boudoir qu'à un magasin. Notre accueil est professionnel mais non conventionnel ; le temps compte peu et il règne ici une atmosphère de liberté,propice à une vraie rencontre. Chaque femme que nous rencontrons est différente et leur évolution est fascinante. Elles s'approprient le vêtement pour être elles-mêmes, pour s'habiller chaque jour comme elles le sentent, sans céder à des diktats. Comme nous,elles aiment les belles matières et le travail soigné. »

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écriture schrijven

Een succesvol debuut Annelies Verbeke

h 2003

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Le succès d'un premier roman Vocatio vroeg mij om zelf een overzichtje te geven van het voorbije jaar, waarin mijn roman Slaap ! erin slaagde voortdurend in de aandacht te blijven. Als men je naar een overzicht van je successen vraagt, gaat je antwoord nogal snel op gebluf lijken. Ik zal dat in wat volgt, proberen te vermijden. De eerste lovende recensies van Slaap ! verschenen vorig jaar (het boek kwam in het najaar uit),met de vaak geciteerde recensie van Elsbeth Etty in NRC Handelsblad op kop. Die in Nederland erg bekende recensente heeft duidelijk deuren voor mij geopend.De pers heeft zeker een invloed op je verkoopcijfers. Die verkoopcijfers grenzen aan het onwaarschijnlijke : intussen zijn er nu bijna tien drukken, 25 000 exemplaren van Slaap ! verkocht.Vreemd hoe de aandacht vooral in Nederland begon en daar ook lang overheerste. In Vlaanderen waren de recensies eveneens overwegend positief, maar de verkoop was er lange tijd veel minder. Journalisten vragen me vaak hoe ik dat verklaar, maar ik heb er ook geen uitleg voor. Intussen is de Vlaamse aandacht aangescherpt. De Debuutprijs die ik pas gewonnen heb, heeft daar zeker toe bijgedragen. In februari had ik in Nederland al de Vrouw en Cultuur Debuutprijs gewonnen. Daarvoor kwamen enkel vrouwelijke debutanten van de afgelopen twee jaar in aanmerking. Ik stond ook op de longlists (respectievelijk achttien en eenentwintig romans) van de Libris- en van de AKO-Literatuurprijs. Literatuur Er zijn ook een aantal vertalingen van Slaap ! in de maak. De Duitse is pas klaar,de Franse en de Italiaanse bijna. Zonet heeft ook een Argentijnse uitgeverij de rechten gekocht. Er is nog interesse in Litouwen, Finland,Turkije en Polen. Binnenkort zal ik dus ook wat rondreizen, want de meeste uitgeverijen die een vertaling uitgeven, nodigen me uit en in april 2005 ga ik ons land vertegenwoordigen tijdens de First Novel-dag op de boekenbeurs van Boedapest (elk jaar wordt één debutant van elk Europees land uitgenodigd). Nederland heb ik het voorbije jaar al vaak bezocht. Aanvankelijk had ik veel meer lezingen in Nederland dan in Vlaanderen. Ik was er het afgelopen jaar gemiddeld een keer per week. Ik zie er vaak tegenop om naar een lezing te gaan, omdat ik mijzelf niet zo'n voorleeswonder vind, maar ook omdat in de bijbehorende interviews steeds weer dezelfde vragen terugkomen. Als ik naar mijn eigen antwoorden luister, moet ik soms een geeuw onderdrukken. Ach, die lezingen waren uiteindelijk wel vaak gezel-

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À la demande de Vocatio, j’ai tenté de résumer l’année écoulée, qui fut placée presqu’entièrement sous le signe de la publication de mon premier roman, Slaap !, et de son succès en Flandre et aux Pays-Bas. Il n’est pas simple de parler de ses propres réussites sans avoir l’air de bluffer. J’essaierai néanmoins. La première critique élogieuse de Slaap ! fut celle, fréquemment citée dans la presse depuis, d’Elsbeth Etty, critique néerlandaise réputée, dans le NRC Handelsblad. Il est clair que cela m’a ouvert pas mal de portes aux Pays-Bas. Incontestablement, la presse exerce une influence importante sur les ventes. Sur ce point, mon livre a atteint le chiffre presqu’hallucinant de 25.000 exemplaires, soit dix éditions. Le succès fut quasi immédiat aux Pays-Bas,alors qu’en Flandre, malgré de bonnes critiques, les ventes sont longtemps restées en dessous des espérances. Le prix du premier roman que je viens d’obtenir, le Debuutprijs,a heureusement provoqué un relent d’intérêt qui se traduit déjà par une augmentation des ventes. En février 2004, j’ai obtenu aux Pays-Bas le Vrouw en Kultuur Debuutprijs décerné chaque année à une femme écrivain pour un premier ouvrage. J’ai également été sélectionnée pour les prix LIBRIS (18 nominés) et AKOLiteratuur (21 nominés). Littérature… Quelques traductions de Slaap ! sont en préparation. La version allemande est déjà prête, les versions française et italienne le seront bientôt. Les droits viennent d’être achetés par une maison d’édition argentine et d’autres pays comme le Lettonie, la Finlande, la Turquie et la Pologne ont déjà manifesté leur intérêt. La publication des traductions va me permettre de voyager un peu car la plu-


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part des éditeurs m’invitent sur place. En outre, je vais représenter notre pays à la foire du livre de Budapest en avril 2005 dans le cadre de la First Novel-day (chaque année, ils invitent un débutant de chaque pays européen).

Annelies Verbeke : « Le succès a de bons et de mauvais c��tés. »

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… et cinéma Cette année, j’ai surtout travaillé à deux scénarios. L’un d’eux m’a coûté du temps et de l’argent car le producteur a fait faillite et reste introuvable. J’ai entamé une procédure en justice, mais je doute qu’elle aboutisse à un dédommagement. Heureusement,mon autre scénario,Dogdreaming,semble voué à un plus bel avenir. Le film sortira sans doute dans les salles en 2006. J’ai d’ailleurs eu la chance d’assister à la première d’un film basé sur un de mes scénarios au festival du film de Gand : Romance, un film de Douglas Boswell, qui raconte l’histoire de trois vieilles dames dans une chambre d’hôpital. Malheureusement, le financement du cinéma en Flandre est tellement pénible que parfois je me demande si je vais continuer dans cette voie. Néanmoins, j’aime ce travail qui permet une création en équipe. Le succès a de bons et de mauvais côtés. Parfois,c’est dur,car les demandes fusent de partout et je suis obligée de dire non à des projets qui me plaisent mais qui ne constituent pas une priorité. Choisir, c’est renoncer. J’avoue ne pas toujours en être capable. Grâce au succès de mon livre, j’ai à présent un espace de publication mensuel dans De Standaard der Letteren (sous la rubrique‘Het Balkon’) et dans le magazine Deng. La plus belle chose qui pourrait m’arriver à présent, c’est d’entamer une longue période de calme remplie de lecture et d’écriture et couronnée par un second roman aussi apprécié que le premier. h Annelies Verbeke

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Annelies Verbeke : “Het succes heeft leuke en minder leuke kanten.”

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lig en ze lieten me een paar leuke festivals kennen, waar ik anders nooit naartoe gegaan zou zijn (ik trad ondermeer op op Lowlands, Behoud de Begeerte en later deze maand het Lezersfeest en Crossing Border). Het doet ook altijd plezier, als iemand je komt zeggen dat je boek iets met hem of haar gedaan heeft. Opvallend wel hoe je succes sommige mensen tegen de borst stuit. Nu valt dat overwegend wel mee, maar als hier of © Diana Snabilié daar een giftig artikeltje verschijnt (sommige mensen vinden boeken die goed verkopen, of boeken van vrouwen zondermeer verdacht), moet ik mijn best doen om het te negeren, want het raakt me toch. Van collega-schrijvers ondervind ik weinig negatieve vibes. ... en film Het tweede boek is al een tijd in de maak, maar omdat ik te fragmentarisch aan het werken was, ben ik er tijdelijk mee opgehouden. Ik hoop vanaf december eens zorgeloos door te kunnen werken. Een verfilming van Slaap ! staat eveneens op stapel ; daar zou ik het scenario graag zelf voor schrijven. Ik heb dit jaar vooral aan twee scenario's gewerkt. Helaas heb ik aan een ervan drie kostbare maanden verloren : de producent is failliet en onvindbaar… Ik heb een rechtszaak tegen hem gestart, maar mijn geld zal ik waarschijnlijk niet zien. Het lot van het andere scenario, Dogdreaming, ziet er rooskleuriger uit. Hopelijk komt de film over twee jaar in de zaal. Ik zag trouwens de eerste kortfilm naar een scenario van mijn hand in première gaan op het Filmfestival van Gent : Romance, een film van Douglas Boswell over drie bejaarde dames in een ziekenhuiskamer. Aangezien het in Vlaanderen zo moeilijk is om een film gefinancierd te krijgen, vraag ik me soms af of ik wel met scenarioschrijven door wil gaan. Met anderen creatief samenwerken is natuurlijk wel een fijne afwisseling. Het fijne en tegelijk het moeilijke aan het succes van Slaap ! is dat een heleboel mensen nu vanalles van mij willen en dat er hopen werk op mij afkomen. Soms moet ik neen zeggen tegen dingen die ik eigenlijk wel zou willen doen, maar die nu eenmaal geen prioriteit hebben. Ik ben daar niet altijd even goed in. Wat ik er ondermeer aan overgehouden heb, is een vaste maandelijkse column/essay in De Standaard der Letteren (onder 'Het Balkon') en een in het maandblad Deng. Het beste dat me nu kan overkomen, is een rustige periode, waarin ik veel kan schrijven en lezen, met een even goed ontvangen tweede boek als gevolg. Mocht u geen inspiratie hebben bij het kaarsjes branden, dan was dit een tip. h Annelies Verbeke


film

Voir (sans les yeux) h 1986

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Marie Mandy

Je suis fascinée par la capacité qu’ont les aveugles et les malvoyants à voir malgré tout, en déployant une multitude de sens. En tant que cinéaste, cela m’interpelle, moi qui suis obnubilée par l’image et par la vision. En effet, ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas de vision oculaire qu’ils n’ont pas d’images dans leur tête… Mettre des images sur leur perception du monde représentait un magnifique défi cinématographique : aller à la frontière du visuel, là où les images n’existent plus…, là où elles existent autrement… et donc essayer de les montrer à l’écran, avec tout ce que cela implique de paradoxal.Nous,les voyants, sommes souvent des handicapés des sens et si une caméra peut aider à les élargir, c’est une recherche passionnante… J’ai donc essayé de concevoir ce film comme un voyage sensoriel, une expérience mentale : explorer notre monde intérieur, voyager au sein même de nos perceptions. Je n’ai pas voulu m’intéresser au quotidien des aveugles et des malvoyants car c’est une approche qu’on a souvent vue dans les films sur les aveugles et que j’ai déjà abordée moi-

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même dans des films précédents (dont Le regard des autres, 2003). Ce qui m’intéressait, c’était d’explorer la vision et les images mentales des aveugles et des malvoyants. C’est donc plus un film sur la vision que sur la cécité. Expérience sensorielle Il existe à mon goût trop de frontières dans l’expression visuelle : d’un côté, les films de fiction, d’un autre, les documentaires et, ailleurs encore, le cinéma expérimental et l’art vidéo. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas concevoir un film au départ documentaire, dont certaines scènes seraient « fictionnalisées » et d’autres composées d’images abstraites, floues, travaillées qui sont en principe l’apanage du cinéma expérimental. Oui, c’est un film expérimental, dans le sens où il est de l’ordre de l’expérience mentale, mais c’est aussi un film narratif – ce qui est rarement le cas du cinéma défini comme expérimental. Donc je parlerais plutôt d’un film « expérienciel »… pour me rapprocher plus d’expérience sensorielle.

Visible et invisible Depuis toujours, je suis plus passionnée par l’invisible que par le visible… et j’aime montrer ce qui ne se voit pas. Cela implique une recherche visuelle qu’on retrouve dans mes films précédents : Madeleine au Paradis ou Hubert Nyssen, portrait en 22 fragments. Bien que le film présente à plusieurs reprises la vision « subjective » de mes personnages, je ne voulais pas représenter de manière « scientifique » leur vision. Personne ne peut savoir ce que voit dans sa tête quelqu’un qui ne voit pas. C’est la raison pour laquelle je propose pour chacun plusieurs visions subjectives. Pour fabriquer ces images, nous avons travaillé à partir de représentations fournies par la « Ligue Braille » des maladies existantes (rétinite pigmentaire, rétinite diabétique, macula, décollement de la rétine) pour proposer des visions qui s’approchent peut-être de ce qu’ils voient. C’est une « recréation » à partir de ce qu’ils m’ont décrit. Enfin,quand on parle d’images,on pense


VOIR (SANS LES YEUX) van Marie Mandy wordt uitgezonden op 12 december om 21u30 op RTBF (la deux). De film won de Europaprijs 2004 voor beste europese documentaire.

toujours qu’elles sont visuelles. Mais il peut exister des images sonores ou tactiles, ce que j’ai essayé d’esquisser. Un rapport différent au temps Le temps des aveugles est extrêmement dilaté : ils ne peuvent pas courir s’ils sont en retard – par exemple pour attraper un bus – ; ils ne peuvent accomplir qu’une chose à la fois ; leur temps n’est pas global mais analytique : tout, chez eux, est linéaire ; chaque chose est faite après l’autre, ce que j’ai essayé de montrer par exemple dans la séquence de la chambre d’hôtel.Avec la monteuse,Dominique Lefever, on a pris des options de montage qui rendaient compte de cette particularité : les scènes se déroulent souvent dans la longueur ;nous avons renoncé aux ellipses et évité de superposer des interviews et des actions « illustratives » comme on le fait souvent dans les documentaires classiques car, ici, l’une aurait annulé l’autre. Les aveugles vivent moins dans l’espace que dans le temps et il fallait rendre compte de cela dans le montage. Ce film constitue le premier volet d’un

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Voir (sans les yeux) nl

VOIR (SANS LES YEUX) de Marie Mandy sera diffusé le 12 décembre à 21h30 sur la RTBF (la deux). Ce film a remporté le Prix Europa 2004 du meilleur documentaire européen.

Ik ben gefascineerd door het feit dat blinden en slechtzienden ondanks hun handicap toch zien, door een waaier aan zintuigen te gebruiken. Als filmmaakster ben ik gefocust op het beeld en de waarneming, en dus boeit dat fenomeen me. Het is immers niet omdat ze niet zien, dat ze geen mentale beelden produceren. Beelden plakken op hun waarneming van de wereld. Dat vond ik een prachtige cinematografische uit-

daging : de grens van het visuele aftasten, gaan tot waar geen beelden meer bestaan, waar ze anders bestaan, en – paradoxaal genoeg – trachten ze op een scherm te tonen ! Wij die zien, zijn vaak zintuiglijk gehandicapt. Onze zintuigen uitbreiden door middel van een camera lijkt me een fascinerend onderzoek. Ik heb dus getracht mijn film te benaderen als een zintuiglijke reis, een mentale ervaring, een ontdekkingreis van het innerlijke, een reis tot in de kern van onze waarneming. Bewust heb ik het dagelijkse leven van blinden en slechtzienden achterwege gelaten. Dat aspect komt al meermaals in andere films aan bod (onder andere in Le regard des autres, 2003) en ook ikzelf heb er eerder al een documentaire aan gewijd. Mij interesseerde de exploratie van de waarneming en de mentale beelden van blinden en slechtzienden. Mijn film gaat dus meer over zien dan over blind zijn. De film is het eerste deel van een diptiek, gewijd aan het zien in de brede zin van het woord, namelijk 'zien zonder de ogen' ; in het volgende luik gaat het dan om 'verder zien dan de ogen', eerder dus de symbolische dimensie van de waarneming en alles wat aan het onzichtbare grenst. Mijn doel blijft hetzelfde : proberen emoties te delen met de kijkers. h Marie Mandy

diptyque consacré à la vision au sens large et si, ici, il s’agit de voir « sans les yeux », dans le prochain, je m’intéresserai à la vision « au-delà des yeux », donc d’avantage à la dimension symbolique de la vision et à tout ce qui touche à l’invisible. Pour essayer toujours plus de partager des émotions avec les spectateurs. h Marie Mandy


Agenda Etienne Van der Belen du 9 au 18/12 dans Allers-Retours Théâtre National, boulevard E. Jacqmain 111-115, 1000 Bruxelles. Info : www.theatrenational.be Thomas Chable [1] du 17/11 au 31/12 expo photos Les Brûleurs, Espace Contretype, avenue de la Jonction 1 1060 Bruxelles. Info : www.contretype.org « Le projet que j’ai réalisé parle des « brûleurs », ces personnes qui en clandestinité, ou non, veulent à tout risque rejoindre l’Europe de l’Ouest. Les « brûleurs », comme on les appelle au Maroc, n’ont plus d’autre choix que de quitter leur pays. » Pierrot Lunaire, d’Arnold Schoenberg Ensemble Sturm und Klang, direction : Thomas Van Haeperen, piano : Sara Picavet Musée de La Fonderie, rue Ransfort 27, 1080 Bruxelles Info : www.osk.be Lezing door Ilona Regulski op zondag 19 december om 10.30u : De oude Egyptenaren in Nubië : recent epigrafisch onderzoek in de Soedan, KMKG, Jubelpark 10, 1000 Brussel Info : www.kmkg-mrah.be Christophe Smets du 20/12 au 16/1 expo photos 1940-’45 : Un combat pour la Liberté KVS, Arduinkaai 7, 1000 Bruxelles dans le cadre de la reprise du spectacle Gembloux Philippe Seynaeve du 18/11 au 24/12 exposition de multiples La lettre volée, 20 boulevard Barthélemy, 1000 Bruxelles. Info : www.lettrevolee.com

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[1] Thomas Chable, extrait de la série « Les brûleurs », Ceuta/Hôtels, 2003 à Contretype.

News Top modèle au Pakistan. Reportage photo réalisé à Karachi par Christophe Smets pour le magazine Elle Belgique en octobre 2004. Publication prévue début 2005.


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