Page 1

Alle zintuigen aanspreken

NL/ Tegelijkertijd met de uitreiking van de beurs van de Stichting Roeping in 2002 kreeg ik van allerlei mensen de vraag om aan hun projecten mee te werken:als danser,choreograaf, regisseur, klank- en lichtontwerpster… met tijd ook voor bijscholing ernaast. Het leek alsof het aanvragen van de beurs zowel professioneel als persoonlijk een kettingreactie teweegbracht. Als ik over die voorbije periode en mogelijke toekomstperspectieven spreek,dienen enkele flarden me beter dan een verhaal van a tot z. Sinds de herfst van 2002 danste ik in een internationaal gezelschap Extra Small, een voorstelling van Maria Clara Villa Lobos voor kinderen. Naar aanleiding van voorstellingen in België werd mij gevraagd aan kinderen een introductie te geven over de elementen die een voorstelling als ‘XS’maken : thema, licht, klank, kostuums, voorwerpen… en natuurlijk ook zijzelf, het publiek. Is één element belangrijker dan de andere ? Wat als je in een danscreatie niet begint met het maken van de dans an sich, maar met de objecten die je belangrijk vindt ? Waar ligt de grens tussen dans en theater ? Voor het afstudeerproject met theaterkostuums van Louise Van Greuningen (Academie Antwerpen) creëerde ik recent een choreografie in combinatie met een klank- en lichtontwerp. Voor dat project waren de rollen omgekeerd : eerst waren er de kostuums en een thema : Erik en het kleine insectenboek vormde de basis, waaraan we daarna choreografie,klank en licht toevoegden. Voor mezelf kom ik tot het besluit dat het verhaal of het thema

1

Vocatio 15

© Kurt Deruyter, 2003

Sofie Saller h 2002

Van links naar rechts / de gauche à droite : Gaëtan Bulourde, Alberto Sanchez-Diezma, Marie-Clara Villa Lobos en/et Sofie Saller,"XS"


© Louise Van Greuningen

prioritair blijven. Wat heb ik te zeggen ? Of : waarover wil ik iets zeggen ? Elementen als licht, klank, actie, kostuums enzovoort kunnen dan gelijkwaardig zijn aan elkaar en samen het verhaal vertellen… Het maakt niet uit of dat dan een narratief verhaal is of een experimenteel resultaat. Met een deel van de beurs volgde ik vorig jaar een stage choreografie, improvisatie en compositie bij de gereputeerde danser en lesgever Julyen Hamilton. Een ander deel ging naar een ander medium : video. Via bijscholing aan de afdeling ‘digital film’ van de SAE (School of Audio Engeneering) kreeg ik de noodzakelijke technische basis voor meer artistieke slagkracht.

Dans en video zijn en blijven voor mij heel verschillende media. Het is zeker moeilijk om ze op een constructieve manier te verenigen. De media of de middelen staan hoe dan ook (opnieuw) in functie van het ‘verhaal’ en de observatie van elementen als beweging, klank enzovoort… Om die reden liggen ze voor mij dan ook weer heel dicht bij elkaar. Wat mij uitermate charmeert aan de manier waarop de Stichting Roeping haar beurzen uitreikt, is de ongedwongen uitnodiging om in een langdurig proces te stappen en de ademruimte die je daardoor krijgt om projecten in de diepte aan te pakken. Momenteel werk ik aan de voorbereiding van een nieuw dansstuk.

me-t-il tous les autres ? Et qu’arrive-til lorsque ce n’est pas la danse qui engendre le processus créatif mais,par exemple,les objets qui nous entourent et qui nous semblent importants ? Et, si c’est le cas, où se situe la distinction entre théâtre et danse ? Plus récemment j’ai participé à un projet de fin d’études en création de costumes. Pour la présentation des pièces imaginées par Louise Van Greuningen, étudiante à l’Académie d’Anvers, j’ai créé chorégraphie, sons et lumières. Mon expérience m’a appris qu’en ce qui me concerne, l’histoire ou le thème restent prioritaires. La question centrale étant « Qu’ai-je à raconter », ou, « de quoi ai-je envie de parler » ? L’action, le son, la lumière, les costumes et d’autres éléments viennent s’imbriquer dans cette démarche, qu’elle soit narrative ou purement expérimentale. J’ai consacré une partie de ma bourse à un stage d’improvisation,de composition et de chorégraphie effectué l’année passée en Espagne avec Julyen Hamilton, un danseur et un péda-

gogue réputé. Une autre partie m’a permis de suivre une formation vidéo au School of Audio Engineering Institute (SAE). Ce perfectionnement a élargi mes connaissances techniques et donc mes possibilités créatrices. J’affectionne autant la danse que la vidéo, tout en faisant une nette distinction entre ces deux médias. Les réunir de manière constructive suppose maintes difficultés dont je suis parfaitement consciente. Néanmoins, ces moyens sont au service de l’histoire et de l’observation d’éléments tels que le mouvement, le son, etc. Pour cette raison, ils sont aussi très proches l’un de l’autre. Ce qui me séduit dans la manière dont la Fondation décerne ses bourses,c’est l’invitation sans contraintes à entamer un processus à long terme qui permet de travailler en profondeur chaque projet entrepris. Je me lancerai très prochainement dans une nouvelle création de danse dont le thème de départ portera sur les grands et les petits choix de la vie.

Kostuumontwerp : slak / Création costume : escargot

Tous les sens en éveil L’obtention de la bourse de la FR/ Fondation Belge de la Vocation en 2002 a coïncidé avec plusieurs demandes de collaboration m’invitant à participer à des projets artistiques soit comme danseuse, soit comme chorégraphe, metteur en scène ou scénographe. Dans le même temps, plusieurs possibilités de perfectionnement s’offraient à moi. Comme si le fait d’avoir posé ma candidature à la bourse avait suscité une réaction en chaîne, tant sur le plan professionnel que sur le plan personnel. Il m’est plus simple d’évoquer la période passée et les perspectives futures par quelques bribes qu’au travers d’un récit structuré. Dès l’automne 2002 j’ai en tant que membre d’une troupe internationale, dansé dans Extra Small, une création jeune public de Maria Clara Villa Lobos. Suite aux représentations données en Belgique, j’ai été invité à encadrer un projet éducatif visant à introduire des enfants aux éléments qui constituent une pièce telle que 0 : le thème, le son, la lumière, les costumes… et, bien sûr, eux-mêmes, le public. Un élément pri-

2

Vocatio 15


Simplicité contemporaine Alexandre Auquierh h 1987

FR/ En avril 2004 La Libre Belgique consacrait la couverture de son magazine La Libre essentielle à l’architecte d’intérieur Alexandre Auquier. Créateur au sens le plus large du terme, Alexandre Auquier est avant tout un amoureux des belles matières, et cette passion a naturellement guidé ses choix tout au long d’une carrière en apparence assez disparate. Formé tout d’abord au stylisme, il obtient en 1986 une bourse de la Vocation pour parfaire son expérience à Paris. La capitale internationale de la mode attire les jeunes talents et Alexandre y travaille entre autres pour Lesage, Lacroix et Gaultier. Il se lance ensuite avec succès dans la maroquinerie et dessine pendant plusieurs années une ligne de sacs et d’accessoires produite principalement en Italie. La réussite ne l’empêchera pas de se remettre en question à trente ans. Curieux, désireux d’élargir son horizon tout en acquérant une formation solide, il suivra pendant cinq ans les cours de design d’environnement à La Cambre. h Aujourd’hui, vous travaillez comme architecte d’intérieur, mais ce terme vous convient-il, vous qui est un véritable touche-à-tout ? Oui, bien sûr, en précisant toutefois que contrairement à l’idée que s’en font la plupart des gens, l’architecte d’intérieur n’est pas un décorateur. Mon travail ne consiste pas à habiller des espaces mais à les travailler en fonction de leurs données architecturales, esthétiques, voire historiques pour tirer parti des possibilités et des défis qu’ils offrent.Comme j’aime créer un style assez dépouillé, l’aspect décoration est d’ailleurs assez réduit. J’interviens plutôt au niveau du choix des matériaux et des techniques, que je tente d’accorder entre eux tout en essayant de les utiliser de manière nouvelle, en m’éloignant parfois de leur fonction traditionnelle. Ce mode de travail et le style qui en résulte rejoignent assez bien les démarches du

3

Vocatio 15

design d’aujourd’hui, c’est-à-dire privilégier la cohérence des espaces et rechercher leur synergie, oser le détail frappant, réaliser la jonction entre les matériaux… A mon avis, la richesse d’un style dit minimaliste réside précisément dans le fait que toute la technique moderne est bien là mais qu’elle arrive à se faire oublier. Dans les cuisines, les salles de bains, il faut résoudre pas mal de problèmes afin d’intégrer harmonieusement l’utilitaire à l’esthétique. h Quel est votre objectif principal lorsque vous concevez un espace ? Je dirais, amener le client à aller plus loin que sa demande initiale. Dessiner, fabriquer et concevoir, non seulement des volumes mais aussi des meubles ou des accessoires, me procure un plaisir tel que lorsque je peux le communiquer de façon à susciter une nouvelle curiosité de la part du

Hedendaagse eenvoud NL/ In april 2004 prijkte binnenhuisarchitect Alexandre Auquier op de cover van La Libre Essentielle, het lifestylesupplement van de krant La Libre Belgique. Auquier is een ontwerper in hart en nieren, zo blijkt uit zijn gevarieerde loopbaan. Met de beurs die hij in 1986 van de Stichting ontving, ging hij zich als jong modeontwerper in Parijs vervolmaken. Hij werkte er onder meer voor grote modehuizen als Lesage, Lacroix en Gaultier. Daarna startte hij een eigen lijn van lederen handtassen en accessoires,die grotendeels in Italië geproduceerd werd. Het was meteen een schot in de roos: met zijn tijdloze ontwerpen groeide hij snel uit tot een vaste waarde in de sector. Ondanks een succesvolle internationale carrière verlangde Alexandre echter meer. Hij was dertig; de tijd was dus rijp voor reflectie en bijscholing. Hij keerde terug naar België en volgde de vijfjarige opleiding 'design d'environnement' in La Cambre.


commanditaire, j’en suis ravi. Comme je suis curieux et que je reste ouvert aux suggestions qui me sont faites, j’expérimente souvent de nouveaux matériaux qui apportent parfois d’intéressants décalages.

© Serge Anton

Nu werkt hij als binnenhuisarchitect. Hij wijst erop dat het vak veel meer omvat dan louter inrichten. Een binnenhuisarchitect is geen decorateur. Mijn werk bestaat niet uit het aankleden of opvullen van ruimten, maar in hun bewerking op basis van de architecturale, esthetische, soms ook historische gegevens, in functie van nieuw gebruik. Omdat ik een bewust uitgepuurde stijl nastreef, komt er sowieso weinig decoratie bij kijken. De nadruk ligt vooral op de keuze van materialen en technieken.De uitdaging van die 'minimalistische' stijl berust voor mij minder op het ontwerp – soberheid beantwoordt immers aan een actuele tendens – dan wel in het maximaal aanwenden van de technologie die nodig is om zo modern en comfortabel mogelijk te wonen, terwijl toestellen,leidingen en apparatuur in het interieur net zo onzichtbaar mogelijk moeten blijven. Het praktische harmonisch in het esthetische integreren lukt, als je de materialen op mekaar afstemt en ze

4

Vocatio 15

tegelijk op een niet-conventionele manier gebruikt. Zo creëer je coherente gehelen met verrassende details. Om dat effect te bereiken, experimenteer ik eigenlijk constant. Het is een vorm van speelsheid. Ik stel me constant vragen als: als ik voor de wand eens hout gebruikte samen met beton? Of: waarom niet naast de open haard zitten in plaats van ervoor? Schoonheid resulteert niet uit de toepassing van formules. Het is niet omdat je voor glas, metaal, lichte kleuren en open ruimten kiest, dat je fijn zult wonen; knap wel, maar allicht zonder ziel of verrassingen. Daarom hecht ik veel belang aan de dialoog met de klanten. Niets verschaft mij meer plezier dan in de loop van het werk bijkomende vragen te krijgen, omdat de mensen met het project meeleven en er zich bedenkingen bij maken. Het gebeurt soms dat het resultaat er daardoor totaal anders gaat uitzien dan verwacht, of dat ik niet alleen het interieur, maar ook de keukentafel of de bekertjes in de badkamer ontwerp. Alles kan, en daarom doe ik dit werk zo graag.

h Apparemment, le verre est un de vos matériaux de prédilection ? Oui,car il permet de jouer avec la lumière, de créer des effets de transparence. En outre, j’aime faire contraster le verre, qui est par essence dur et froid, avec des matériaux plus sensuels comme le cuir ou le végétal. Et puis, il y a l’eau que j’essaie d’introduire de plus en plus dans mes projets. h Auriez-vous une fibre écologique ? C’est l’avenir, le progrès, et cette problématique m’intéresse depuis longtemps. D’ailleurs en 1995, j’ai gagné ex-æquo avec deux autres lauréats le Prix international « éco-design ».J’avais conçu une tuile pour façades sur laquelle poussait de la végétation ; il s’agissait donc d’une culture « hors sol » alimentée par une eau enrichie et contrôlée par un logiciel adéquat. Elle permettait de couvrir de grandes surfaces verticales d’un mur de verdure.Aujourd’hui,ce genre d’approche est répandue en architecture,pas seulement pour des logements ou des habitations privées mais également pour des bâtiments industriels ou administratifs de plusieurs milliers de mètres carrés. Le bureau d’architecture Art&Build avec lequel je collabore depuis 2001, et qui est connu pour ses importants chantiers, a d’ailleurs reçu l’éco-label, ce qui enrichit encore le travail.


Ayda Kaplanh h 2003

Vivre la culture syriaque en Belgique

De beleving van de Syriaanse cultuur in België

Ayda Kaplan et le père Hazail Soumi / Ayda Kaplan en eerwaarde Hazail Soumi

FR/ En 2003, je fus sélectionnée par le jury de la Fondation Belge de la Vocation pour le projet Vivre la culture syriaque en Belgique. La communauté syriaque à laquelle j’appartiens et qui représente approximativement 1500 familles vivant sur le territoire belge, témoigne de l’histoire tourmentée d’un peuple qui se cherche pour mieux s’identifier et mieux s’intégrer. Avant de m’engager davantage sur ma vocation, il me faut parler de la communauté syriaque. La difficulté à saisir l’identité de cette communauté relève de plusieurs facteurs historiques et géographiques qui rendent malaisée la compréhension de son histoire. Les syriaques sont issus de différents territoires d’Asie (Turquie, Syrie, Liban, Palestine,Irak et Iran) et sont par conséquent qualifiés en fonction de ces nombreuses identités dont ils parlent les langues en plus de leur dialecte maternel, dérivé de la langue littérai-

5

Vocatio 15

re, le syriaque. D’autre part, et les multiples interprétations qui furent faites de la religion chrétienne que confessent tous les ont motivé la création de nombreuses branches au sein de l’Église syriaque. Chaque branche porte la bannière de sa foi et différentes dénominations sont données à la même communauté en fonction de l’appartenance religieuse (syriaques orthodoxes, nestoriens, chaldéens, maronites, melkites…). Une identité nationale réunissant l’ensemble des syriaques par-delà les frontières régionales et religieuses prit toutefois forme dès le début du XXe siècle, mais là encore existent des désaccords quant à la dénomination à choisir (Araméen, Assyrien, Assyro-chaldéen,…). Ainsi les syriaques sont-ils identifiés indifféremment en fonction de leur appartenance religieuse, de leurs origines historiques et géographquies (anciennes et nouvelles),ce qui ne permet plus de les reconnaître en tant

NL/ In 2003 ontving ik een beurs van de Belgische Stichting Roeping voor mijn project "De beleving van de Syriaanse cultuur in België". De Syriaanse gemeenschap, waartoe ik behoor, telt in België ongeveer 1 500 families. Ze zijn de getuigen van een volk met een bewogen geschiedenis, een volk op zoek naar zijn identiteit en een betere integratie.Voor ik mijn roeping toelicht, wil ik even ingaan op de cultuur, waarvan de kennis door geografische en historische factoren bemoeilijkt wordt. De Syrianen komen uit verschillende oosterse streken (Turkije,Syrië,Libanon, Palestina,Irak en Iran). Naast hun eigen taal, een dialect afgeleid van het literaire Syriaans, spreken zij de taal van hun land van herkomst.Allen zijn christenen, maar er zijn in de Syriaanse kerk verschillende takken,naargelang van de eigen interpretaties die mensen in de diverse regio’s aan de christelijke leer geven.In dezelfde geloofsgemeenschap bestaan dus allerlei groepen naast mekaar : Melkieten, Maronieten, Syriaanse orthodoxen, Chaldeeërs… Hoe-


Manuscrit écrit par l’oncle paternel d’Ayda Kaplan dans les années 50, au sud-est de la Turquie. Le mansucrit contient des psaumes et des histoires de saints. Il est écrit en cursive serto (graphie courante syriaque). Le syriaque est une langue sémite et s'écrit et se lit de droite à gauche, comme l’hébreux et l’arabe / Manuscript geschreven door de oom van Ayda Kaplan in de jaren vijftig in Turkije. Het bevat psalmen en heiligenverhalen. Het is geschreven in cursief serto, het courant syriaans schrift. Syriaans is een Semitische taal zoals het Hebreeuws en het Arabisch, en wordt gelezen van rechts naar links.

wel er sinds het begin van de 20ste eeuw sprake is van een nationale identiteit over de regionale grenzen heen, blijft de benaming een twistpunt :Aramees, Assyrisch, Assyro-Chaldeïsch… Omdat Syrianen dus anders geïdentificeerd worden naargelang van hun religieuze strekking en hun historische en geografische herkomst, zijn ze niet meer herkenbaar als één gemeenschap. Tijdens mijn studies archeologie en oriëntalistiek aan de UCL (Université catholique de Louvain) heb ik nochtans de linken ontdekt die al die gemeenschappen verbinden : de kunst, de taal en het schrift verenigen de Syrianen over de grenzen heen. Omdat er tot nog toe weinig over gepubliceerd is, streef ik naar een verspreiding van de resultaten van mijn onderzoek, dat zich ondermeer toespitst op de productie van handschriften in de burchtkloosters van Tur’Abdin, in het

6

Vocatio 15

Zuid-Oosten van Turkije. Ik beschouw dat als het theoretische gedeelte van mijn roeping, bestemd voor wetenschappers met interesse voor de Syriaanse kwestie. Als geheel kan mijn doctoraatsverhandeling echter ook werken op het niveau van liefhebbers en bijdragen tot de ontdekking van de Syriaanse cultuur door eenieder. Ik draag verschillende culturen mee : de Franstalige en de Syriaanse, de Turkse en de Arabische, de mediterrane, de Brusselse en de Europese. Ze vormen voor mij een harmonisch geheel. Het besef van die aangeboren rijkdom en van een verleden dat ik nog verder moet bestuderen, alsook de lange weg van de uittocht enerzijds en van de integratie in mijn gastland anderzijds deden bij mij de wens ontstaan om mijn Syriaanse origine te leren kennen aan het land dat mij ontvangen heeft, door middel van publicaties, lezingen

of andere culturele manifestaties. Een dubbele identiteit heeft altijd vooren nadelen,is altijd zowel troef als handicap. Enerzijds sta je open voor het nieuwe, anderzijds vraag je je steeds af wie je bent. Dubbel betekent vaak gespleten ; als je het ene bent, kun je onmogelijk het andere zijn, maar dat ene of dat andere ben je ook nooit helemaal. Ik heb ervoor gekozen te ijveren voor de ontmoeting tussen de cultuur van mijn herkomst en die van mijn gastland. Dat zal in eerste instantie in België gebeuren, maar later ook over de grenzen heen. Ten slotte dank ik eerwaarde Hazail Soumi van het recent in Brussel opgerichte archief en centrum voor de studie van het Orthodox Syriaans Patriarchaat. Zonder zijn steun en zijn aanwezigheid was ik allicht nooit zo ver kunnen gaan in de verwezenlijking van mijn roeping.


© C. Hansen

Vallée de la Qadisha (Liban) / Qadishavallei (Libanon)

Prochaines activités en 2004

qu’une seule et même communauté. Cependant, lors de mes études en archéologie et histoire de l’art puis en orientalisme à l’Université catholique de Louvain (Louvain-la-Neuve), j’ai trouvé les traits d’union de ces communautés. L’art, la langue et l’écriture utilisée pour la retranscrire transmettent en effet un message commun qui réunit les syriaques malgré toutes les frontières. Cette découverte n’est toutefois pas encore largement diffusée. Je compte remédier à cet état des choses par la publication de mes recherches. D’autre part, je continue à travailler sur ce terrain pour ma thèse de doctorat. J’étudie la production de manuscrit, et l’activité des scriptorii au sud-est de la Turquie,dans les monastères-forteresses du Tur’Abdin (qui signifie le mont des serviteurs de Dieu"). Cette recherche constitue la phase théorique de ma vocation, réservée aux spécialistes qui s’intéressent à la question syriaque. En fait, je travaille sur deux niveaux différents. Par mon travail de thèse, je contribue à la découverte et à la compréhension du monde syriaque,que je peux ensuite mettre au service d’amateurs tant syriaques qu’européens,puisque notre capitale en est le cœur. Fruit du mariage de deux cultures différentes, celle de mes origines et celle de mon pays d’accueil, la Belgique, j’avais envie de faire découvrir les richesses de l’une à l’autre. Les moyens que j’ai choisi, pour atteindre cet

7

Vocatio 15

objectif, c’est l’échange de culture à travers des manifestations artistiques et culturelles, des conférences, des publications… Vivre une double culture est une expérience à la fois formidable et douloureuse. Formidable parce qu’il y une ouverture vers la différence. Douloureuse, parce qu’il y a dualité dans nos vies. Qui dit double dit souvent déchirement entre deux sentiments. En effet, le plus souvent, si l’on est l’un, on n’est pas l’autre et si l’on est les deux, on n’est pleinement ni l’un ni l’autre. Comment être pleinement deux ? Comment concilier les deux parties d’un tout pour former un ensemble homogène et harmonieux ? Le défi est de taille mais passionnant : faire découvrir ces deux natures l’une à l’autre,les faire se rencontrer au moyen de la culture. La Fondation Belge de la Vocation a, en soutenant mon projet, rendu possible cette rencontre. Cet échange se fera dans un premier temps en Belgique mais je compte, dans l’avenir, braver les frontières et faire découvrir ce petit pays à l’Orient… Je voudrais terminer en témoignant ma gratitude au P. Hazail Soumi qui depuis toujours m’a soutenue et encouragée sur la voie de ma vocation. Il a guidé chacun de mes pas vers le succès de mon projet,et sans sa présence bienveillante, je n’en serais sans doute pas là aujourd’hui. MERCI.

h Juillet-août : voyage au sud-est de la Turquie. h Article dans Le monde de la bible. 2004-2005 h Conférence à Paris sur l’écriture syriaque. h Exposition sur les miniatures syriaques peintes sur toile à Paris (Centre international Jacques de Saroug). h Concert de musique syriaque, avec K. Crichton, à Bruxelles. h Publication des recherches.


Faire des films

FR/ Un de mes professeurs à l’IAD m’a dit un jour : « Si tu veux faire du cinéma, fais des films et ne te lance pas dans une autre direction, sinon il te faudra repartir à zéro ». Je me suis toujours souvenu de ce conseil. Faire des films, c’est faire ce que j’aime et je n’ai jamais cherché à gagner de l’argent avec cela. C’est seulement petit à petit, en gagnant des prix, que j’ai pu commencer à en vivre. La bourse fait partie de ces surprises qui m’ont permis de tenir à un moment difficile – la sortie des études et la préparation d’un projet de court métrage – et de ne pas m’éloigner de ma vocation faute de moyens. Quelques expériences dans la publicité m’ont suffi pour comprendre que sans motivation,sans désir, mon talent de réalisateur ne menait à rien. Si je ne me sens pas libre, si je n’ai pas le choix du sujet, si je ne suis pas attiré par les comédiens, un stress énorme m’accable. Bien sûr, dans le cinéma, le conflit entre liberté et industrie existera toujours. Je fais donc les petites concessions qui sont nécessaires pour ne pas devoir faire celle qui est fondamentale et qui touche au noyau même du film. Être accroché par une histoire, vouloir à tout prix la filmer, cela relève d’une motivation un peu mystérieuse, proche de l’inconscient. Pendant le tournage d’Une liaison pornographique, Nathalie Baye m’a confié un sentiment semblable. Une comé-

8

Vocatio 15

© Virginie Saint Martin

Frédéric Fonteyne h 1993

Emmanuelle Devos et/en Clovis Cornillac

dienne choisit ses rôles avec instinct, elle ne sait pas toujours pourquoi elle accepte, mais toutes les fois où elle dit oui sans passion, elle risque d’en souffrir énormément. Je ne peux donc pas me trahir. Chaque film est une aventure que j’ai choisie, une traversée de sentiments que j’assume mais dont je ne ressors pas toujours indemne. Dans ce sens La femme de Gilles a été un film très dur à faire comparé à Une liaison pornographique. Le roman de Madeleine Bourdouxhe parle de vérités presque insupportables et pendant le tournage nous y étions confrontés constamment. L’actrice Emmanuelle Devos a vécu des moments difficiles. Nous nous sentions tous un peu démunis face à la douleur immense que traverse son personnage. Ce mélange de beauté et d’horreur transparaît aussi dans le traitement de la lumière, très travaillée, qui sublime les visages et leur donne un aspect quasi mystique. J’avais d’ailleurs un peu peur que la photographie soit trop présente, qu’elle prenne le pas sur l’émotion,mais les premières réactions

sont positives. Certains journalistes qui ont déjà vu le film se sont dits très touchés. D’autres critiquent en effet ce qu’ils voient comme un pari esthétique tout en admettant qu’il y a dans ce film un curieux rapport à l’émotion. Par moments le spectateur peut réagir violemment au personnage. Moi-même, en lisant le livre je me suis dit plus d’une fois que je n’étais pas d’accord avec elle. Finalement, je me rends compte que ce n’est pas cela l’élément crucial. L’important, c’est de vouloir rentrer dans le film. Films maken NL/ De film Une liaison pornographique van Frédéric Fonteyne is zonder twijfel een van de betere Belgische films van de laatste jaren. De film kende veel bijval en hoofdrolspeelster Nathalie Baye werd op het filmfestival van Venetië 1999 gelauwerd voor haar acteerprestatie. In zijn nieuwe film, La femme de Gilles, opent de regisseur een totaal ander register. Het verhaal speelt zich af in de jaren dertig en ver-


La femme de Gilles sera présenté en septembre au Festival de Venise. Le film sortira en Belgique le 29 septembre 2004.

© Virginie Saint Martin

© Artémis Productions

www.lafemmedegilles.com

Emmanuelle Devos et/en Frédéric Fonteyne

telt over de grenzeloze liefde van Elisa voor haar man Gilles, een hoogovenarbeider. Zij doet het huishouden en zorgt voor de kinderen. Wanneer hij gaat werken,overdag of 's nachts,wacht ze hem op. De aankomst van haar zus Victorine verstoort Elisa’s huiselijk evenwicht. Ze krijgt rare gedachten : stel dat er tussen die twee… Frédéric Fonteyne vertelt met veel gevoel over zijn roeping en over films maken. "De beurs die ik in 1993 van de Stichting ontving, was een van de kleine wondertjes die me hebben geholpen om te volharden, ondanks een soms precaire financiële situatie. Materiële moeilijkheden waren voor mij nochtans nooit echt stresserend. Ik was veel ongelukkiger, toen ik als regisseur voor het geld moest gaan werken. De enige publiciteitsspot die ik ooit heb gedraaid, was zonder meer rampzalig. Ik kan me gewoon niet inzetten voor een project,waarvoor ik niets voel. Dat is moeilijk uit te leggen. Waarom vind je een verhaal boeiend en wil je het per se verfilmen ? Waar-

9

Vocatio 15

om val je voor een acteur en heb je hem al in gedachte voor een rol ? Het zijn intuïtieve keuzes, die je haast onbewust maakt. Een goed bewijs is dat ik na Une liaison pornographique had gezworen dat mijn volgende film geen liefdesverhaal zou zijn. (Lacht.) Buiten dat hebben de twee films eigenlijk niets gemeen. De vorige was een praatfilm ; de toon was licht en de sfeer ontspannen. Deze keer overheersen stilte,onderhuidse gevoelens, dreiging… Het is een zware film en de draaiperiode heeft mij en de ploeg diep geraakt. Hoofdactrice Emmanuelle Devos is voor haar rol emotioneel zo ver moeten gaan, dat ze nog steeds niet naar het resultaat wil kijken. Het boek van Madeleine Bourdouxhe, waarop het scenario gebaseerd is, vertelt dan ook over haast ondraaglijke waarheden. De liefde van Elisa is zo absoluut, dat de schoonheid ervan soms aan horror grenst. Ik vraag me af hoe het publiek erop zal reageren. De film kende al enkele voorvertoningen in de aanloop naar

het filmfestival van Venetië in september ; ik kon dus al enkele kritieken van journalisten opvangen. Ze zijn positief, sommige zelfs lovend. In dat opzicht ben ik wel blij dat de film eerst op het festival komt, vooraleer hij in de zalen loopt. Zo’n festival zet de film even in de aandacht, los van de concurrentiestrijd die hij met andere producties moet aangaan, wanneer hij op de markt komt. Het is nu dus wachten op de reacties van het grote publiek. Op 15 september komt de film in Frankrijk uit en op 29 september in België."


Opera Ilse Eerens h 2003

NL/ Amper een goed jaar geleden was ik laureate van de Belgische Stichting Roeping. Door die financiële steun kon ik mijn tweejarige studie aan de Nieuwe Opera-Academie in Den Haag en Amsterdam vervolgen om mij te bekwamen in het operavak. Gedurende die studie was ik voltijds bezig met zingen en alles wat daarbij komt kijken. Zo kregen we wekelijks coaching, dramalessen, Italiaans, ensemblezingen en fysieke theatertraining,afgewisseld met 'master classes', gegeven door gerenommeerde zangers, workshops drama, toneelvechten, leren bewegen in barokkostuums, schermen enzovoort. Twee keer per jaar mochten we meedoen in een volledig geënsceneerde opera met orkest, zodat we ook in de praktijk konden ondervinden hoe het er in het operaleven aan toegaat.Soms was het fysiek en mentaal heel erg zwaar door de lange en vermoeiende repetities, maar de band die onder de deelnemers groeide, was onbeschrijfelijk. Je ging iedere dag met plezier en nieuwe energie naar de repetities ; die vermoeidheid vergat je gewoon ! Het is geweldig om met z’n allen aan een goede voorstelling te werken :uiteindelijk is het toch teamwork, waarbij je allemaal op elkaar aangewezen bent. Techniek- en kostuumafdeling, regisseur, orkestleden, zangers, dirigent… allen werken aan hetzelfde doel : de mensen iets moois meegeven en hen even in een droomwereld laten vertoeven. Zelf was ik te horen als Amore in Ballo dell’Ingrate van Claudio Monteverdi, Papagena in Die Zauberflöte van Wolfgang Amadeus Mozart en Anez-

10

Vocatio 15

ka in The Two Widows van Bedrig Smetana. In juni jongstleden was het dan zover : ik mocht eindexamen doen als Gabriëlle in La Vie Parisienne van Jacques Offenbach (eigenlijk geen opera, maar een operette) en ik studeerde met grootste onderscheiding af. Vanaf nu kan ik me dus professionele zangeres noemen ! Aanvankelijk was het mijn bedoeling om na de opleiding in Nederland auditie te doen voor een operastudio in München, Zürich of Hamburg, maar uiteindelijk veranderden de plannen. Na lang nadenken heb ik besloten een jaar geen opleiding aan een conservatorium of operastudio te volgen, maar samen met mijn zangleerkracht (de vermaarde Nederlandse mezzosopraan Jard van Nes) te werken aan nieuw repertoire, interpretatie, techniek en een goed auditieprogramma. Ondertussen ben ik mij volop aan het voorbereiden voor verschillende concerten en recitals (ondermeer een recital in de Opéra de Lille (F) en het Brusselse Paleis voor Schone Kunsten met pianiste Inge Spinette – op 31 oktober om 11 uur, met liederen van Poulenc, Ryelandt en Debussy) en heb ik op 26 juni mijn debuut gemaakt bij de Vlaamse Opera in de rol van Marguérite in Jeanne d’Arc au Bûcher van A. Honegger onder leiding van Silvio Varviso. De komende maanden wordt het vooral hard studeren,ervaring opdoen en afwachten wat de toekomst zal brengen.

FR/ Grâce à la bourse de la Fondation obtenue en 2003, j’ai pu terminer ma formation de chanteuse d’opéra à la Nieuwe Opera Academie de La Haye et d’Amsterdam. Pendant deux ans je me suis consacrée entièrement à mon perfectionnement. Outre des masterclasses donnés par des chanteurs réputés, j’ai suivi des cours d’italien, d’art dramatique, de techniques théâtrales et même de mouvement en costume baroque. Deux fois par an, les étudiants préparent et jouent un opéra avec orchestre, ce qui leur permet de se rendre compte des aléas du métier. Les répétitions sont longues et souvent harassantes, tant physiquement que mentalement, mais des liens fabuleux se tissent entre les participants. Ils sont même tellement intenses que j’en arrivais à oublier la fatigue et que je me rendais pleine d’entrain et d’énergie renouvelée aux répétitions quotidiennes. Du technicien à la costumière, du chef d’orchestre au metteur en scène, tous sont animés d’un extraordinaire esprit d’équipe car ils visent le même objectif : offrir au public un spectacle merveilleux et quelques heures de magie. J’ai tenu les rôles d’Amore dans Le bal des ingrates de Monteverdi, de Papagena dans La flûte enchantée de Mozart et d’Anezka dans Les deux veuves de Smetana. En juin 2003, pour l’examen final, j’ai joué Gabrielle dans


Spectacle Sophie Sallerh h 2002

La vie parisienne d’Offenbach et obtenu la plus grande distinction. J’étais maintenant chanteuse professionnelle ! J’ai débuté sur scène le 26 juin au Vlaamse Opera dans Jeanne d’Arc au bûcher de Honegger, où je tenais le rôle de Marguerite. Après l’obtention de mon diplôme, j’ai d’abord voulu participer à des auditions aux opéra studios de Munich, Zurich ou Hambourg,mais après mûre réflexion j’ai finalement décidé de travailler avec ma professeur de chant, la grande mezzo-soprano néerlandaise Jard van Nes,un nouveau répertoire et un bon programme d’audition.Actuellement je me prépare à donner plusieurs récitals et concerts,notamment à l’Opéra de Lille et au Palais des BeauxArts, le 31 octobre. Ilse als Anezka in The Two Widows / Ilse est Anezka dans Les Deux Veuves

11

Vocatio 15


Restauration de photographies Céline Quairiaux h 2002 Degradatie van de gelatinelaag tengevolge waterschade. Procédé met gelatine en zilverbromide, geretoucheerd met aquarel, na 1945. Moeilijke restauratie. Reconstructie van het gelaat onmogelijk.

Dégradation de la gélatine suite à un dégât des eaux. Procédé au gélatinobromure d’argent, retouches à l’aquarelle, après 1945. Restauration difficile. Reconstitution du visage impossible.

FR/ Lorsque j’ai reçu la bourse de la Fondation Belge de la Vocation, j’étais encore étudiante à l’ENSAV de La Cambre en conservation et restauration d’œuvres d’art sur support papier. C’est parce que je voulais me spécialiser dans la restauration des photographies par le biais de stages que j’ai fait appel à la Fondation. Mon mémoire de fin d’étude portait sur la conservation du fonds photographique Henry van de Velde de l’ENSAV. Après avoir réussi celui-ci avec grande distinction, je me suis rendue à Paris pour suivre un stage de quatre mois, au sein de deux institutions : le CRCDG (Centre de recherche sur la conservation des documents graphiques et photographiques) et l’ARCP (Atelier de restauration et de conservation des photographies de la Ville de Paris). C’est ainsi que j’ai eu l’occasion de mettre la chimie dirctement au service de la restauration, et de comprendre les frontières de la recherche. J’ai également participé à un constat d’état des collections photographiques. Ce fut une expérience très enrichissante, à la suite de laquelle j’ai été engagée pour une durée de six mois au sein de l’ARCP dans le but de poursuivre ce constat d’état. Le constat d’état d’une collection est une démarche importante dans la conservation des œuvres.Il permet d’établir un ordre de priorité pour les pièces à traiter. La formation de restaurateur est une formation qui n’est malheureusement pas reconnue.Des codes d’éthique sont

12

Vocatio 15

mis en place afin d’ériger des règles : réversibilité du traitement réalisé,utilisation de matériaux appropriés,documentation des traitements réalisés, etc. Une distinction est à faire entre la conservation et la restauration. La première est la démarche la plus importante et consiste à veiller aux conditions de conservation adéquates (contrôle de la température et de l’humidité relative dans un local), à stopper toute infection (micro-organismes, insectes,…) et à stabiliser l’œuvre pour interrompre sa dégradation. La seconde a comme but de rendre l’œuvre lisible,les interventions sont donc plus poussées. A ce stade du traitement, l’on va par exemple commencer à retoucher si cela est nécessaire selon des critères bien précis. La restauration de photographies est un métier complexe mais passionnant. La photographie est apparue en 1839 : le premier procédé photographique fixé est appelé le daguerréo-

type.Depuis,bon nombre de procédés et donc aussi de supports se sont succédé. La restauration des photographies en Europe est une préoccupation relativement récente. Nous n’avons donc pas toujours le recul suffisant concernant l’efficacité des traitements réalisés. Cela signifie que dans le choix des matériaux à utiliser repose sur des tests scientifiques. La restauration de photographies ne se limitent pas seulement aux procédés anciens : elle s’effectue parfois sur des œuvres contemporaines suite à un accident par exemples lorsqu’un cadre est tombé et que la vitre en se cassant a endommagé l’œuvre ou suite à une inondation qui a fait adhéré la photographie au verre de protection. La couche image, couramment appelée émulsion photographique, est composée,selon les procédés,de différents matériaux tels que la gélatine, l’albumine, les sels d’argent, etc. Chacun de ces matériaux a une constitution et un comportement qui lui sont propres. Lors de la conservation ou du traitement de restauration, il faut dès lors tenir compte des propriétés de ces matériaux. Avant tout traitement, la première démarche consiste à identifier le procédé photographique. Le traitement est appliqué en fonction de ce procé-


Epreuve Van Dyke réalisée selon le procédé ancien / Druk gerealiseerd volgens het Van Dyke-procédé.

dé. Souvent la frontière entre la restauration de papiers et la restauration de photographies semble peu marquée.Toutefois les paramètres en sont très différents et les traitements souvent éloignés. Ma formation de restauratrice de papier m’a néanmoins considérablement aidé dans l’approche des photographies. Mon chemin de la connaissance dans la photographie n’étant pas terminé, j’ai effectué un stage de restauration de photographies à Amsterdam depuis décembre 2003,à l’atelier de restauration de photographies de C.C. Von Waldthausen, jusque fin juillet 2004. L’approche était intéressante : travail de conservation d’une collection et en parallèle étude de six objets c’est-à-dire six procédés différents avec des cas de restauration particuliers. Cette année 2003-2004,parallèlement avec mon stage à Amsterdam, je travaille comme restauratrice privée. J’ai également donné quelques heures de cours dans une école à Limal, l’IFPME, qui forme des restaurateurs de papier. Mon cours principal consistait à informer les élèves sur la diversité des procédés photographiques. Il s’agit donc là d’une démarche introductive. Ils ont eu ainsi l’occasion de découvrir les principaux procédés photographiques. D’autre part, pour mieux comprendre la photographie et donc réaliser des procédés anciens, j’ai suivi des cours du soir de photographie à l’école de photographie de la Ville de Bruxelles.

13

Vocatio 15

Reconstitution à la manière d’un montage ancien d’un ambrotype, plaque de verre avec émulsion au collodion et sels d’argent, inventé entre 1851 et 1860. Reconstructie van een oude montage met een ambrotype, glasplaat met collodiumen zilverzoutemulsie, uitgevonden tussen 1851 en 1860.

NL/ Toen ik mijn beurs ontving, was ik nog studente conservatie en restauratie van papier. Ik had mijn kandidatuur bij de Stichting ingediend, omdat ik via buitenlandse stages wilde specialiseren in de restauratie van fotografie. Mijn verhandeling had als onderwerp:de conservatie van het fotografisch fonds Henry van de Velde van La Cambre. Ik studeerde met grootste onderscheiding af en trok naar Parijs voor een stage van vier maanden, gespreid over twee instellingen: het CRCDG (Centre de recherche sur la conservation des documents graphiques et photographiques) en het ARCP (Atelier de conservation et de restauration des photographies de la Ville de Paris). Ik ervoer er in de praktijk het belang van de scheikunde voor de ontwikkeling van restauratietechnieken.Tegelijk groeide ook het besef dat er grenzen zijn aan het wetenschappelijk onderzoek. Ik werkte mee aan de schade-inventarisatie van de fotografische collecties van het ARCP en kreeg er een contract aangeboden om het onderzoek gedurende zes maanden verder te zetten. De restauratie van fotografie is een uitermate boeiend en ook erg complex vak. Omdat de fotografische procédés niet zo oud zijn (de uitvinding van de fotografie dateert van 1839), ontbreekt

meestal de nodige afstand om de stabiliteit ervan in de tijd te evalueren. Conservatieproblemen duiken trouwens zowel bij nieuwe als bij oude foto's op, bijvoorbeeld na foute manipulaties of waterschade. De beeldlaag of fotografische emulsie bestaat naargelang van het gebruikte procédé uit gelatine, albumine of zilverzouten. elk met een eigen samenstelling. Bij conservatie of restauratie dien je de kenmerken van die bestanddelen in acht te nemen. De identificatie van het gebruikte fotografische procédé gaat dus noodzakelijkerwijze aan elke behandeling vooraf. Hoewel de restauratie van papier en van fotografie verwant lijken, gebruiken ze totaal verschillende parameters. De behandelingsmethoden vertonen eigeblijk weinig gelijkenissen. Mijn opleiding in papierrestauratie biedt een nuttige basis, maar in de fotografierestauratie behoef ik nog verdere vervolmaking. Daarom heb ik van december 2003 tot eind juli 2004 een stage gevolgd in het fotografierestauratie-atelier van C.C.Von Waldthausen in Amsterdam. In 2003 startte ik mijn activiteiten als privérestauratrice en ik gaf een aantal lessen over oude fotografische procédés aan toekomstige papierrestaurateurs. Tenslotte volgde ik ook avondschool fotografie om mijn technische kennis te vergroten.


Christian Rolet h 1974

Ce qui m’intéresse c’est le regard des autres

Rencontre avec Christian Rolet FR/ L’atelier est grand et lumineux. Il donne vue sur une place bordée de bancs où les passants déambulent au hasard des boutiques et des bistrots. Sur la façade d’en face on peut lire Maison Tellin ; les lettres brunes surplombent des mètres de vitrines où s’empilent et s’alignent impeccablement casseroles en émail, plats en faïence et ustensiles de cuisine. Au soleil l’inox et l’aluminium dégagent un flot de miroitements métalliques qui soudain s’estompent lorsqu’un nuage passe. Dans l’atelier, d’autres formes et d’autres matières ; peintures sur toile ou sur papier, objets faits et objets trouvés, ici aussi la lumière joue à faire changer l’aspect des surfaces. Christian Rolet explique que c’est précisément ce pouvoir lumineux qu’il tente de capter dans son travail. Créateur avide de découvertes, il passe avec plaisir d’un matériau à un autre et expérimente sur tous les supports. Depuis quelques années un matériau simple s’impose, le plâtre. Je privilégie ce matériau parce qu’il est souple et malléable. Son pouvoir absorbant permet le traitement de la couleur, les mélanges, les superpositions.Tout comme dans la peinture,je procède par couches, par strates successives pour témoigner d’une mémoire. L’objet prend lentement sa

14

Vocatio 15

forme,il y a un temps de mûrissement, une réflexion sur le sens. Je traite la matière comme une résille, la couleur devient un filet qui enveloppe l’écorce du temps. J’utilise le latex, le carton, le papier mâché, le plâtre dentaire, la cire, l’objet trouvé, le vestige. Je reproduis des accidents de surface

NL/ Het beeldend werk van Christian Rolet bestaat uit schilderijen op doek of op papier, tekeningen, beelden en assemblages. Hij gebruikt bij voorkeur korrelige, oneffen structuren die, naargelang het licht verandert, effecten teweegbrengen op het oppervlak. De schilderijen en beelden ontstaan langzaam, laag na laag. De droogtijden vormen ingebouwde momenten van rust en reflectie,waardoor het object een geheugen krijgt. Tegelijk legt de kunstenaar fragmenten van zijn eigen geschiedenis vast. Hoewel opgeleid als schilder, gebruikt Christian Rolet erg uiteenlopende media, zoals latex, was, karton, plaaster en papier mâché. Ook gevonden voorwerpen en afvalmaterialen (steen, glas, marmer) vindt hij interessant. Ze worden beschilderd, geoxydeerd, bepoederd ;soms in pasteltinten,soms in harde, gesatureerde basiskleuren. De picturale kwaliteiten van de objecten komen in de assemblages erg goed tot hun recht. Rolet plaatst ze onder glazen stolpen of in vitrines en creëert aldus,naar zijn eigen uitdrukking,‘scénographies’.Tot op heden werden die driedimensionale werken enkel getoond in combinatie met het schilderwerk. Volgend voorjaar is er voor de eerste keer een volledige expositie aan gewijd in het Iselp, Waterloosesteenweg 31, 1000 Brussel.


Atelier de/van Christian Rolet

entre surréel et documentaire. Plus que des installations ou de la sculpture, je compose des scénographies où la passion ambiguë côtoie le frisson de l’innocence. Les objets fabriqués sont talqués, saupoudrés, oxydés. Ils sont associés et réunis dans des mises en scène hybrides. Les images mentales qu’ils composent se lisent comme un rébus. Ces images sont liées à l’histoire de l’intime, du secret, d’un mystère oublié. Même si ce travail, tout comme le dessin d’ailleurs, fait partie de mon univers depuis des années, je

15

Vocatio 15

n’ai jamais été invité à le montrer. Sans doute parce que les artistes de ma génération étaient assez vite catalogués dans une catégorie. La notion d’interdisciplinarité n’existait pas comme aujourd’hui. Le monde artistique me considère comme peintre, c’est pourquoi ma peinture a jusqu’à présent constitué l’essentiel de mes expositions. Le travail en cours sera présenté à l’Iselp, boulevard de Waterloo 31 à 1000 Bruxelles, en avril, mai et juin 2005.

Prochaine exposition L’atelier de peinture de Gaston Bertrand à l’École supérieure Saint-Luc de Bruxelles (1956-1968) : Francis De Bolle, Christian De Buyst, Pedro Del Aguila, Camille De taeye, Claude Foubert, Francis Herth, Christian Rolet et Boris Semenoff. Du 24 septembre au 30 octobre 2004 à la Fondation pour l’Art belge contemporain, Cité Fontainas, Tournai.


Inuit Anne-Pascale Targé h 2002

FR/ Grâce à la bourse de la Fondation Belge de la Vocation, j’ai réalisé une grande partie de mon projet.De janvier 2002 à février 2003, j’ai préparé mon projet de recherche portant sur l’éducation des Inuits de l’Arctique canadien. En octobre/novembre 2002, je suis partie pour la première fois chez les Inuits pendant quelques jours pour participer à un séminaire avec différents anthropologues. Durant le mois de mars et avril 2003, je suis partie vivre dans une communauté inuit appelée ARVIAT pour effectuer mes recherches.J’ai interrogé 22 personnes, et j’ai surtout beaucoup observé comment se déroulait l’éducation des enfants à l’école et en milieu familial. Pendant deux jours, j’ai effectué un voyage dans la toundra avec la classe de quatrième secondaire et leur professeur. J’ai appris la façon dont les jeunes apprennent les connaissances et les savoirs faire nécessaires pour survivre dans le milieu hostile de l’arctique. Ce voyage m’a permis de comprendre dans mon corps l’expérience de la lutte pour la survie contre la faim et le froid.Vivre dans une famille inuite fut un excellent moyen de m’intégrer dans la communauté et de découvrir de l’intérieur la culture inuite. Ce séjour chez les Inuits fut aussi rempli d’anecdotes drôles, mais j’ai eu aussi

16

Vocatio 15

parfois très peur.Ce fut une expérience très marquante et j’espère la renouveler dès que possible pour effectuer d’autres recherches en anthropologie de l’éducation ! En octobre 2003 j’ai présenté mes recherches dans un colloque organisé par l’Association Universitaire Canadienne d’Études Nordiques à l’Université d’Edmonton en Alberta. Le titre de ma conférence s’intitulait « Integration of Elders in the Schools of Arviat, Nunavut ». La traduction en français est : « Intégration des Aînés aux écoles à Arviat, Nunavut ». Je vais analyser les données que j’ai recueillies dans l’arctique et ensuite, je vais écrire un mémoire qui décrira toutes ces recherches.

Au milieu de la toundra, je suis partie apprendre à pêcher avec la classe de l’école secondaire. Je n’ai jamais eu aussi froid de ma vie. Je mange un morceau de caribou gelé pour me réchauffer. Mes orteils ont gelé et j’ai eu peur de les perdre. Notre seule source de chaleur est un petit réchaud pour faire fondre de la glace qui nous servira d’eau pour le thé. Ik ben gaan vissen in de toendra met de leerlingen van het vierde jaar secundair. De kou was nauwelijks te harden. Op de foto eet ik een stukje bevroren kariboe om op te warmen. Tijdens de uitstap zijn mijn tenen bevroren en ik heb zelfs even voor een amputatie gevreesd. Onze enige warmtebron was een klein kookstel waarmee we ijs smolten om thee te maken.


À l’école secondaire, il y a un cours de techniques de survie dans la toundra : comment se protéger du froid, comment pêcher et chasser. Le professeur montre à son élève comment casser de la glace pure que l’on fondra pour boire du thé. Le professeur oblige ses élèves à rester continuellement occupés, sinon les membres du corps gèlent.

Une aînée apprend à jongler aux enfants. Le jonglage est un jeu qui se faisait sous l’igloo autrefois. Nom inuit de l’aînée : Ukaanaaq Mukjungnik. Son nom anglais : Eva Mukjungnik Een oude vrouw leert de kinderen jongleren. Vroeger werd het spel in de iglo gespeeld. De Inuit-naam van de vrouw is Ukaanaq Mukjungnik. Haar Engelse naam luidt Eva Mukjungnik.

Op de middelbare school is er een vak Overlevingstechnieken in de toendra. Een leraar toont zijn leerling hoe het ijs te kappen dat gesmolten zal worden om thee te maken. De kinderen wordt geleerd constant in beweging blijven zoniet bevriezen hun ledematen.

Mignons enfants d’Arviat… 3 inuits. Drie schattige Inuit-kinderen van Arviat.

Une aînée vient apprendre des chansons et des danses traditionnelles aux enfants de l’école primaire. Les garçons jouent au tambour et les filles chantent en se tenant la gorge. Aanleren van traditionele gezangen en dansen op de lagere school. De jongens spelen trommel, de meisjes zingen met dichtgeknepen keel.

17

Vocatio 15


Jeu Ayagaq. Ce jeu inuit est l’équivalent du bilboquet. Les enfants l’ont fabriqué avec des os de caribou, et les aînés leur montrent comment y jouer. Ayagaq-spel, de Inuit-versie van het duikelaartje, vervaardigd uit kariboebeen. De ouderlingen leren de kinderen ermee te spelen.

Un aîné vient transmettre les savoirs traditionnels aux garçons de l’école primaire. Een jongetje uit de lagere school probeert een traditionele techniek uit.

18

Vocatio 15


L’atelier où les garçons de l’école primaire apprennent à fabriquer des jouets et des outils modernes et traditionnels. Dès leur plus jeune âge, ils se débrouillent pour apprendre à construire des objets de toutes sortes. Het atelier waar de jongens van de lagere school moderne en traditionele speelgoedjes en werktuigen leren vervaardigen.

NL/ Dankzij de beurs van de Belgische Stichting Roeping heb ik een groot deel van mijn antropologisch project kunnen volbrengen.Van januari 2002 tot februari 2003 bereidde ik mijn onderzoeksproject over educatie bij de Inuit van het Canadese Noorden voor. Mijn eerste contact met de Inuit-cultuur dateert van november 2002 en vond plaats in het kader van een seminarie met andere antropologen. Het was slechts een ervaring van enkele dagen, maar in maart en april 2003 verbleef ik twee volle maanden in een Inuit-gemeenschap, Arviat genaamd, waar ik ten gronde werkte aan mijn onderzoek. Ik interviewde tweeëntwintig mensen en observeerde hoe de opvoeding van de kinderen zowel thuis als op school verloopt. Ik nam deel aan een schoolreis naar de toendra met leerlingen en leerkrachten van het vierde jaar secundair en kreeg inzicht in hoe de jongeren de nodige kennis krijgen om in die onherbergzame omgeving te overleven. Omdat ik bij een familie verbleef,kon ik mij goed in de gemeenschap integreren en de Inuit-cultuur van binnenuit leren kennen. Over mijn verblijf kan ik tal van grappige anekdotes vertellen,maar natuurlijk waren

19

Vocatio 15

Pas de voiture ! Voici comment on fait ses courses à Arviat.

er soms ook moeilijke momenten. Het was in ieder geval een onvergetelijke ervaring, die ik snel voor verdere research hoop te kunnen herhalen. In oktober 2003 heb ik mijn onderzoek voorgesteld op een colloquium van l’Association Universitaire Canadienne d’Études Nordiques à l’Université d’Edmonton en Alberta. Mijn lezing droeg als titel "Integration of Elders in the Schools of Arviat, Nunavut". De analyse van mijn resultaten wens ik nu te bundelen in een verhandeling, waarin het hele onderzoek beschreven staat.

Geen auto ! Dit is het vervoermiddel bij uitstek om te gaan winkelen in Arviat.


Laurent Busine Portrait FR/ Entretien avec Laurent Busine, directeur du Musée des arts contemporains de la Communauté française (MAC’s) h Vous êtes un homme très occupé et déjà membre de plusieurs jurys et commissions.Néanmoins vous avez accepté de rejoindre le jury Arts Plastiques de la Fondation Belge de la Vocation. J’ai le goût de m’engager lorsque le propos défini est suivi d’un effet. C’est incontestablement le cas pour les bourses de la vocation. Par leur importance – 10 000 euros c’est une somme conséquente –, elles peuvent marquer la vie du lauréat et constituer un véritable tournant dans sa carrière. Ainsi le propos défini, la présence d’une véritable vocation, se vérifie. Cette idée me plaît. En outre, la Fondation octroie quinze bourses, un nombre important, ce qui évite un choix trop exclusif dans les spécialités. Je suis séduit par l’idée que l’on puisse récompenser un désir, une forme d’intelligence, une qualité individuelle sans qu’il y ait un objectif de finalité. L’argent a une portée sans retombée matérialisée. Au niveau ministériel,peu de structures octroient une vraie aide sans conditions. Les structures d’État ne permettent pas une aussi grande générosité ; des bourses sont délivrées pour des projets précis, des achats concrets, tandis que la Fondation, en donnant un prix, exprime une marque de confiance. Elle reconnaît un potentiel dont elle estime que la qualité sera poursuivie et augmentée. Enfin, j’ai également été attiré par l’existence du Trèfle d’Or Pour attribuer cette bourse de confirmation, l’exigence du jury est plus grande et plus conséquente ; la personne a-t-elle pu mener à bien un travail ? et surtout : a-t-elle acquis une forme de maturité par rapport à ce travail ? À ce stade, la détermination

20

Vocatio 15

décelée précédemment doit être devenue visible par une série de concrétisations. h Comment avez-vous vécu cette première promotion ? Comme dans les autres jurys où je siège, j’ai vu de bons dossiers et de moins bons. Bon nombre de candidats témoignent d’un désir de s’accomplir, cela n’en fait pas des artistes de qualité pour autant. Mon rôle en tant que spécialiste est d’examiner la pertinence du travail proposé par rapport au contexte artistique national et international. Cette évaluation se confronte à celle de mes collègues qui ont des préoccupations différentes. J’ai trouvé cela positif et enrichissant. D’ailleurs, si les prix de la Fondation existent depuis quarante ans,c’est qu’on a trouvé une manière de ne pas les scléroser et de les adapter à de nouveaux propos. En arts plastiques, cette adaptation est de toute façon nécessaire car il faut se détacher des a priori par rapport à l’émergence de nouveaux moyens d’expression. La bourse octroyée cette année à un designer exprime cette volonté.Il s’agit d’ailleurs d’un lauréat dont le dossier me tenait fort à cœur. Ses réalisations et son parcours témoignaient d’une qualité et d’une maturité certaines. Je suis persuadé que pour lui la bourse est venue à un moment clé. h Recevoir une bourse, c’est aussi une grande responsabilité ? Sûrement, car une relation s’établit entre la personne et l’institution. La Fondation donne un coup de pouce qui incite à se dépasser,à placer la barre très haut. Nous donnons aux lauréats une liberté qu’eux seuls peuvent faire fructifier. Dans ce sens, leur avenir leur appartient. Ce n’est pas nous, mais eux-mêmes,qu’ils ne doivent pas décevoir.

NL/ Sinds 2004 maakt Laurent Busine, directeur van het museum van hedendaagse kunst van de Franse Gemeenschap MAC’s, deel uit van de jury van de Stichting. Dankzij zijn ervaring, visie en kennis van het artistieke veld, zowel nationaal als internationaal,beschikt hij over een scherp beoordelingsvermogen om de dossiers Plastische Kunsten te evalueren. Ondanks een erg drukke agenda aanvaardde Busine zijn nieuwe taak met plezier. Een van de redenen waarom ik op de uitnodiging van de jury ben ingegaan, is dat ik ervan overtuigd ben dat een beurs van de Stichting een mijlpaal kan zijn in de loopbaan van een laureaat.Tienduizend euro is een bedrag dat ruimte schept, investeringen toelaat en toekomstperspectieven opent. Ik zie het als een echte steun. Bovendien stel ik vast dat er op overheidsniveau geen enkele gelijkaardige vorm van subsidiëring bestaat. De Stichting stelt geen voorwaarden aan het gebruik van de beurs ; ze geeft eigenlijk enkel een teken van haar vertrouwen, als wil ze tegen de laureaat zeggen : we geloven in je potentieel, aan jou nu om het waar te maken. De vrijheid is dus ook een verantwoordelijkheid. Ook de Gouden Klaver vond ik een interessant initiatief, in die zin dat de evolutie van een eerder bekroonde roeping wordt bekeken. De criteria zijn strenger dan bij een gewone beurs, waarbij vooral naar een diepliggende motivatie wordt gepeild. Ze moet wel al tot beslissende keuzes geleid hebben, maar eigenlijk verwachten we dat de echte doorbraak nog moet komen.Voor de Gouden Klaver liggen de kaarten anders. De roeping moet definitief vorm hebben gekregen in belangrijke, concrete realisaties met een internationale uitstraling.


L’archéologie à la portée de tous Frédéric André h 1977

FR/ Je travaille au Musée royal de Mariemont depuis 1997, date à laquelle l’Administration du Patrimoine culturel m’invita à y relancer le Service des fouilles, dont les activités sur le terrain étaient interrompues depuis la fin des années quatre-vingt. Il s’agissait d’une belle mission me permettant de retrouver la pratique du travail archéologique sur le terrain, après treize ans passés à inventorier – un travail énorme (et ingrat) – les collections archéologiques de la ville de Mons dans le cadre d’une convention pour la réorganisation de ses musées, qui la liait à l’Administration du Patrimoine culturel (Ministère de la Communauté française) et qui occupait une équipe composée de trois collaborateurs scientifiques dont je faisais partie. Pendant cette période,plus précisément en 1987, j’ai eu l’occasion de présenter au Festival du film d’Archéologie de Paris, ainsi qu’à un colloque sur le silex à l’Université de Bordeaux I, un film documentaire sur les minières néolithiques de silex de Spiennes,réalisé avec François Hubert, mon « parrain » en archéologie, dont je devins un des collègues et qui devint, je l’espère, mon ami. Depuis, j’assiste à peu près à tous les festivals de films d’Archéologie en Europe (Bordeaux, Amiens, Roveretto, Athènes, Nyons,

21

Vocatio 15

Frédéric André devant la vitrine des objets paléolithiques, Musée de Mariemaont, section Archéologie du Hainaut / Frédéric André voor de vitrine met paleolithische objecten, Museum van Mariemont, afdeling Archeologie uit Henegouwen

Bruxelles). Au fil des ans, depuis 1988, je me suis donc constitué un fichier des films sur le sujet assez impressionnant. Grâce à cela, en 1998, j’ai démarré, à la demande de l’ancien directeur du Musée de Mariemont,un cycle annuel de films commentés, conçu dans une optique de vulgarisation scientifique et consacré à des sujets divers de l’Archéologie, de l’Histoire, de l’Histoire de l’Art, et de l’Ethnographie notamment. Certaines séances, comme la première, consacrée aux médecines anciennes, affichaient complet, ce qui est exceptionnel, les autres attirant en général entre vingt et cinquante personnes. J’ai très rapidement compris que le film ou la télévision – des émissions comme la Roue du Temps à la RTBF – constituent le médium idéal pour informer le grand public sur son passé, car l’être humain cherche toujours à connaître ses racines. Grâce aux images commentées l’Archéologie devient une science à la portée de tous.

Dans le même esprit de vulgarisation scientifique, j’effectue au musée des démonstrations de techniques préhistoriques comme la fabrication d’aiguilles en os, la taille du silex ou l’allumage d’un feu.Toucher et manipuler les matériaux nous apprend beaucoup sur leurs caractéristiques et sur la manière dont les hommes préhistoriques s’en sont servis. La principale leçon, finalement, est qu’à toutes les époques, depuis environ trois millions d’années,l’Homme doit résoudre les mêmes problèmes fondamentaux, se nourrir et s’abriter, qui débouchent sur le travail. Le reste est complément. Le Musée de Mariemont est l’Établissement scientifique de la Communauté française. Dans le cadre de sa section d’Archéologie régionale, il est donc habilité à conduire des fouilles au niveau local et régional. Actuellement nous préparons un chantier de fouilles sur un site de 50 hectares à Havay. Ce terrain a été prospecté par sa propriétaire qui a demandé au musée un


Bouteille carrée à deux anses, en verre, découverte à Haulchin (Ier -IIIe siècles de notre ère) / Museum van Mariemont, afdeling Archeologie uit Henegouwen, vierkante glazen fles met twee oortjes, gevonden te Haulchin (Ie-IIIe eeuw)

Démonstrations : Allumage du feu – Taille d’un silex / Demonstratie : Aanmaken van vuur – Kappen van silexsteen

examen de sa collection, puis chargé l’institution de réaliser les recherches. Sur base des objets trouvés, je pense pouvoir affirmer que le terrain a été occupé depuis la fin du Paléolithique inférieur, soit à partir de moins 250.000 ans, jusqu’au 3e ou 4e siècle de notre ère et à l’époque mérovingienne. Nous espérons trouver des pièces intéressantes, surtout pour l’époque paléolithique, qui complèteraient de manière idéale notre collection.D’autre part j’ai aussi des attentes personnelles par rapport à ce chantier car j’ai repris depuis peu ma thèse de doctorat sur le Paléolithique ancien moyen dans le bassin de l’Escaut, et la découverte d’objets paléolithiques à Havay pourraient constituer une nouvelle source de données.

22

Vocatio 15

NL/ Sinds 1997 leidt Frédéric André de dienst opgravingen van het koninklijk museum van Mariemont, afdeling Archeologie,in Henegouwen. Het betreft lokale en regionale projecten uitgevoerd in opdracht van de Franse gemeenschap. "Momenteel onderzoek ik een site van vijftig hectaren in Havay, vlakbij de Franse grens. Het terrein is eigendom van een particulier,een dame met een grote passie voor archeologie. Dankzij haar basiskennis kon ze zelf op verantwoorde wijze enkele opgravingen uitvoeren ; die hebben een mooie collectie voorwerpen opgeleverd. Ze nam contact op met het museum om de stukken te dateren, met het oog op een verdere studie van de site.Op basis van de typologie van de voorwerpen leidden we een bewoning of tenminste een bezetting af vanaf 250 000 jaar voor onze tijdrekening tot de Merovingische periode in de 3de, 4de eeuw. Het terrein heeft ongetwijfeld zijn geheimen nog niet allemaal prijsgegeven ; we verwachten dan ook heel veel van de opgravingen, want vooral voor het paleolithicum vertoont de collectie van het museum nog leemten.

Zelf hoop ik uit het project interessante gegevens te vergaren voor mijn doctoraatsverhandeling, die na een onderbreking van een aantal jaren weer volop mijn aandacht opeist. Wetenschappelijk onderzoek is evenwel maar een onderdeel van mijn job ; het andere is vooral op educatief werk gericht. In het museum demonstreer ik regelmatig prehistorische technieken, zoals het maken van gebruiksvoorwerpen uit been en steen of het aanmaken van vuur. Rechtstreeks contact met de materialen leert ons immers veel over de levenswijze van de voorhistorische mensen. Ik ben ervan overtuigd dat archeologie het grote publiek echt kan boeien,als je de informatie op de juiste manier aanbiedt : niet met saaie teksten of afstompende getallenreeksen, maar met woorden, beelden en beweging.


News Edouard Jakhian quitte la présidence de la Fondation Belge de la Vocation et y conserve sa fonction d’administrateur. La Fondation salue le départ du Chevalier Evers,président du Jury. Pendant de nombreuses années ils ont assuré leur fonction avec enthousiasme et grande compétence. Qu’ils en soient remerciés.

© Benjamin du Roy

Edouard Jakhian verlaat het voorzitterschap van de Belgische Stichting Roeping en blijft bestuurder. Ridder Evers verlaat het voorzitterschap van de jury. Ze hebben hun functie met toewijding en bekwaamheid vervuld. De Stichting dankt hen voor hun jarenlange inzet. Le Chevalier Evers (à gauche) et Edouard Jakhian lors de la remise des bourses 2004. / Ridder Evers (links) en Edouard Jakhian tijdens de beursuitreiking 2004.

TV

CD Gaby Pas-Van Riet a étudié à Anvers, Cologne et Bâle, auprès notamment des professeurs Schwegler et Peter-Lukas Graf. Elle est lauréate 1977 de la Fondation Belge de la Vocation. Elle s’est produite avec Georg Soiti,Herbert von Karajan, Lorin Maazel, Roger Norrington et Claudio Abbado. De nombreuses œuvres contemporaines lui ont été dédiées, notamment par Helmut Lachenmann.Elle est flûte solo de l’Orchestre radio-symphonique de la SWR de Stuttgart et professeur à la Hochschule für Musik und Theater des Saarlandes à Saarbrücken.

Gaby Pas-Van Riet studeerde in Antwerpen,Keulen en Bazel o.a bij Prof. Schwegler en Prof. PeterLukas Graf. In 1977 werd ze laureate van de Belgische Stichting Roeping. Ze trad op met Georg Soiti, Herbert von Karajan, Lorin Maazel, Roger Norrington et Claudio Abbado.Verschillende hedendaagse werken werden voor haar geschreven o.a door Helmut Lachenmann. Ze is solo fluitiste van het symfonisch radio-orkest van de SWR van Stuttgart en doceert aan de Hochschule für Musik und Theater des Saarlandes van Saarbrücken.

www.fondationvocation.be

www.stichingroeping.be

Le nouveau site de la Fondation vous permet d’insérer directement l’annonce d’un événement dans la rubrique Agenda via le lien insérer un événement. Après approbation l’annonce est immédiatement mise en ligne.

De nieuwe site van de Stichting biedt de mogelijkheid rechtstreeks aankondigingen te plaatsen in de rubriek Agenda via de link submit an event. Na goedkeuring wordt de aankondiging onmiddellijk on line geplaatst

23

Vocatio 15

Jurylid Stijn Coninx draait vanaf augustus 2004 de VTM-serie De Kavijaks. De serie vertelt het verhaal van een arme vissersfamilie in Heist waarvan de gewelddadige vader zijn tien kinderen terroriseert.Jan Decleir speelt vader Kavijak en oud-laureate Sien Eggers, moeder Kavijak. De serie zal in het najaar 2005 op het scherm te zien zijn.


Agenda TV

EXPO

u Michel Mestrum werd laureaat van de promotie 2001 voor zijn project destigmatisering van psychiatrische ziektebeelden. Als ervaringsdeskundige is hij een reguliere gastspreker in het secundair onderwijs waar hij lezingen geeft over geestelijke gezondheid. In het programma Overleven (Canvas, 09/09/04, 22:15) getuigt hij over zijn psychische handicap, schizofrenie.

Chantal Maes Cultureel Centrum De Doos Kunstlaan, 5, 3500 Hasselt 011 22 99 31 Vernissage 11/09/04 18 :00

CONCERTS AU BOZAR | BOZAR CONCERTEN

Avec ma série photographique Inward Whispers (1997-1999), je me suis intéressée à l’être humain, dans l’environnement social particulier que constitue l’aéroport, où les employés qui travaillent en public sont contraints à représenter en

permanence l’image de marque d’une société commerciale. J’ai guetté les moments où le masque de la représentation disparaît pour faire place à des instants de dialogues intérieurs. Actuellement et dans cette continuité, je m’attache aux accidents, aux glissements, aux hésitations dans le langage, par le biais de quatre médium différents (photographie, vidéo, écriture et son). Avec la vidéo Take a look from the inside (2003), le spectateur ressent ce que provoquent, dans le for intérieur, des paroles lues avec peine.

Algemene Informatie Info Générale www.bozar.be Ticketoffice : 02 507 82 00 u 31/10/2004 – 11:00 Ilse Eerens, sopraan & Inge Spinette, piano François Poulenc Fiançailles pour rire 2 Mélodies de Guillaume Apollinaire Jozef Ryelandt 'k En hoore u nog niet Claude Debussy Mandoline Fêtes Galantes I u 26/09/04 – 15:00 David Cohen (cello / violoncelle) Nationaal Orkest van België / Orchestre National de Belgique Paleis voor Schone Kunsten, Brussel / Palais des Beaux-Arts, Bruxelles u 17/10/04 – 20 :00 Jan Michiels (piano) Paleis voor Schone Kunsten, Brussel / Palais des Beaux-Arts, Bruxelles u 19/10/04 – 20 :00 Arnaud Van de Cauter (orgel / orgue) Kerk van O.L.V. ter Kapelle, Brussel / Eglise Notre-Dame de la Chapelle, Bruxelles

© Chantal Maes

APPEL AUX CANDIDATURES

OPROEP AAN DE KANDIDATEN

Fondée en 1963 et présidée par le Baron Philippson,la Fondation Belge de la Vocation octroie chaque année une quinzaine de bourses de 10 000 EUR.Ces bourses sont attribuées quels que soient le niveau d’études, la formation ou la nature de la vocation des candidats. Pour bénéficier d’une bourse, il faut avoir : u entre 18 et 30 ans u la nationalité belge u une véritable vocation dans n’importe quel domaine :artistique,social,scientifique, artisanal, technique, écologique, humanitaire… Les candidatures sont examinées dans un esprit de stricte objectivité par un jury composé d’une vingtaine de personnalités prestigieuses du monde des sciences, des arts, des lettres et de la musique. Les bourses ne sont pas attribuées pour commencer des études ou une activité commerciale, mais pour parfaire ou mener à terme ce qui a été entrepris.

De Belgische Stichting Roeping werd opgericht in 1963 en staat momenteel onder het voorzitterschap van Baron Philippson. Jaarlijks kent de Stichting een vijftiental beurzen van 10 000 EUR toe aan de laureaten, wat ook hun studieniveau,hun opleiding of de aard van hun roeping moge zijn. De deelnemingsvoorwaarden zijn de volgende : u tussen de 18 en de 30 jaar oud zijn u de Belgische nationaliteit bezitten u blijk geven van een ware roeping op gelijk welk domein : artistiek, cultureel, sociaal, wetenschappelijk, technisch, ecologisch, humanitair… De kandidaturen worden in alle objectiviteit beoordeeld door een jury samengesteld uit een twintigtal personaliteiten uit de wereld van de wetenschappen, de kunsten, de letterkunde en de muziek. Het geld van de toegekende beurzen dient niet om studies aan te vatten of om een commerciële activiteit op te starten, maar wel om wat al opgestart is tot een goed einde te brengen. Inschrijvingen moeten voor 30 september 2004 worden ingediend. Het inschrijvingsformulier is beschikbaar op de website www.stichtingroeping.be Belgische Stichting Roeping Albertinaplein 2 B-1000 Brussel Tel. 02 213 14 90 – Fax 02 213 14 95 E-mail info@stichtingroeping.be

La clôture des inscriptions est fixée au 30 septembre 2004. Le bulletin d’inscription est disponible sur le site www.fondationvocation.be Fondation Belge de la Vocation Place de l’Albertine 2, B- 1000 Bruxelles Tél. 02 213 14 90 - Fax 02 213 14 95 E-mail info@fondationvocation.be

24

Vocatio 15

Vocatio 15  

Sofie Saller h h 2002 Van links naar rechts / de gauche à droite : Gaëtan Bulourde, Alberto Sanchez-Diezma, Marie-Clara Villa Lobos en/et So...

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you