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_________________ RYAN MCGINLEY _________________


Ryan Mc Ginley

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CHAPITRE 1: Le début du succès Photographies d’un rêve éveillé.

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Le début du succès On est pas sérieux quand on a 17 ans. Jeunesse rebelle, une recette fructueuse. Une joie de vivre contagieuse.

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CHAPITRE 2: Un nouveau tournant Une expérience de la marginalité.

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Un nouveau tournant Un cirque ambulant sur la route. Un hymne à la vie.

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Un nouveau tournant La coqueluche des magazines. Un zeste de maturité. Sa côté sur le marché de l’art.

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Fin Crédits

Couverture : Indiana coyotte, Ryan McGinley, 2010 Page 2 : Sisters moonrise, Ryan McGinley, 2012 © Tous droits réservés à Ryan McGinley Sommaire 3


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LE DEBUT DU SUCCES

«Mes premières photos sont ma vie.»

Photographies d’un rêve éveillé. Vues dans les musées d’art contemporain, dans les pages du New York Times ou ailleurs, les photographies de l’Américain Ryan McGinley fascinent. On plongerait volontiers dans le miroir rose de ces fragments de fantasme à l’état pur : des corps d’adolescents minces et nus, une palette de couleurs pastels, des escarbilles de lumière irisée, une nature soyeuse, des forêts comme des backrooms, des cavernes baroques, tout y respire la vie avec l’intensité dramatique d’un rêve éveillé.

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Né en 1977 dans une famille nombreuse de Ramsey, un bled du New Jersey, Ryan McGinley est le plus jeune de huit enfants. Après avoir perdu un frère, mort du sida, il part pour l’East Village new-yorkais, où, jeune skater, sa vie se met à ressembler à celle des adolescents de Kids, le film de Larry Clark. Déambulations, fêtes et défonce deviennent le terreau du bad boy qui filme ses potes à l’aide d’une petite caméra. «J’ai toujours pensé que j’étais hors de la société, confie McGinley à Gus Van Sant dans un entretien de 2012. J’ai documenté plein d’expériences intimes avec des gens dont j’étais proche. Mes premières photos sont ma vie.»


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Larry Clark, né le 19 janvier 1943 à Tulsa dans l’Oklahoma est un photographe, réalisateur et directeur de la photographie américain.

à Louisville dans le Kentucky est un réalisateur, directeur de la photographie, musicien et scénariste américain.

Nancy Goldin dite « Nan Goldin », née le 12 septembre 19531 à Washington, D.C., États-Unis. est une célèbre photographe. L’œuvre de Nan Goldin est inséparable de sa vie : marquée par le suicide de sa sœur.

Page 5 : Tim and Dakota, Ryan McGinley, 2002 Page 7, ci-dessus : Kiss explosion, Ryan McGinley, 2005 © Tous droits réservés à Ryan McGinley

Gus Van Sant Jr., né le 24 juillet 1952 Le début du succès 7


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Repousser ses limites. Dans ses photos, les corps sont toujours jeunes, nus, athlétiques, évoluant dans une nature rappelant l’Éden. À travers une scénographie qui célèbre l’hédonisme et la liberté, McGinley offre un rapport au corps décomplexé et ludique. Proches ou rencontres d’un soir, ses modèles « ont en commun d’être à l’aise dans leur nudité », explique-t-il. « Ils doivent avoir envie de repousser les limites. J’utilise ces paysages pour en faire quelque chose. » Que ces instantanés soient pris au crépuscule, à contre-jour ou au contraire dans la lumière écrasante du désert conférant à ces corps des formes fantomatiques, Ryan McGinley a cette capacité singulière de s’approprier la sensualité des espaces.

Flanqué de Dan Colen et Dash Snow, il explore la face sombre, a ­ rtistique et underground de Manhattan. Le trio de bad boys fonde alors le Irak Crew (jeu de mots autour de I rack, en argot, je vole), une bande de graffeurs qui, la nuit venue, s’offre des frissons en recouvrant la ville de mots. Les trois sont devenus

la grâce d’une jeunesse rebelle qui rejette toute forme de contrainte. Comme Clark et Goldin, ses sujets sont des marginaux. Mais McGinley en offre, lui, une vision différente, joyeuse et poétique. Une joie de vivre contagieuse.Un exemplaire de son premier recueil tombe entre les mains de Sylvia Wolf, alors directrice du département photo du Whitney Museum. « Les gens tombent amoureux du travail de Ryan car il raconte une histoire autour de la libération et du plaisir. Goldin et Clark disaient ­ quelque chose d’angoissant sur la jeunesse en proie à l’addiction aux drogues et au sexe dans une jungle urbaine incontrôlée. Lui, au contraire, annonçait que les enfants allaient bien et suggérait qu’une culture souterraine, libre et merveilleuse était juste à portée de nos yeux », se souvient-elle. 

Il devient le plus jeune artiste à qui le Whit­ney ait jamais consacré une exposition. Et incarne, de fait, une génération certes en marge de la société, mais porteuse d’une joie de vivre contagieuse. « La musique (part “non négociable” de son ADN, NDLR), les tunnels du métro, les toits, mes amis, tout ce monde fantastique décuplait mon énergie, confesse Ryan McGinley. Mais vivre à New York, c’est vivre dans une poussée d’adrénaline continuelle. Une grande source d’inspiration qui peut aussi vous dévorer. »

«Vivre dans une poussée d’adrénaline.»

On est pas sérieux quand on a 17 ans. Capturer la joie, l’insouciance et la transgression de la jeunesse : l’esthétique de cet « enfant de Warhol » comme l’a surnommé New York Magazine, est la résultante de ces années à arpenter le bitume ­newyorkais en skateboard. Adolescent, ce dernier d’une fratrie de huit enfants n’a qu’une hâte : quitter son New Jersey natal, s’affranchir d’une tutelle ­maternelle « trop bigote » et embrasser New York pour y assouvir sa soif de liberté. « On n’est pas sérieux quand on a 17 ans », écrivait Rimbaud. Cela devient son hymne. Downtown, et en particulier le Lower East Side qui, dans les années 1990, a encore mauvaise réputation, sera son territoire de jeu.

des icônes de la scène artistique.. Depuis, Dash Snow est décédé d’une overdose d’héroïne. Une légende urbaine est née. Jeunesse rebelle, une recette fructueuse. En 1999, Ryan McGinley, qui trouve néanmoins le temps de parfaire sa technique à la Parsons School of Design, se fait remarquer pour sa série de portraits de la scène alternative : The kids are allright, en référence au film du même nom sur les Who. Il a 25 ans et une insolente insouciance. « J’ai d’abord fait une expo Sauvage dans une galerie vide à SoHo, puis j’ai édité une centaine de livres à compte d’auteur que j’ai distribués, notamment dans des journaux que je respectais dans l’univers de l’art. Index a aimé mon travail, et c’est ainsi que ça a commencé », se souvient-il. On le présente comme spirituel de Nan Goldin Clark, dont les clichés leur entourage dans un tragique. Ryan McGinley,

l’héritier et Larry figeaient quotidien lui, saisit

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UN NOUVEAU TOURNANT Une expérience de la marginalité. Il y a onze ans, en 2003, il fuit New York pour une maison de campagne du Vermont, et redécouvre la légèreté de cette nature dans laquelle il jouait, durant son enfance. Ses copains se désapent et McGinley photographie. Car être nu est aussi une transgression, une expérience de la marginalité aux Etats-Unis. Le photographe raconte s’être fait maintes fois dénoncer par des fermiers et épingler par la

police. Il trouve là le cocktail de son succès : nudité, nature, mouvement, voyage.

«Je sais où va l’été.»

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C’est ce qui a poussé ce photographe à l’âme poétique, dès 2005, à prendre la route, l’été, pour des voyages rappelant ceux de Kerouac. Depuis, il loue régulièrement un van pour traverser les États-Unis, s’arrêtant ici ou là, dans des forêts, un désert ou au bord d’un lac.


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Une de ses série intitulée I Know Where the Summer Goes, a subrepticement fait glisser l’art de McGinley de « snapshots » quasi anthropologiques à des mises en scène « très documentées », préciset-il. Influencé par les réalisateurs Terrence Malick et Gus Van Sant, il y célèbre la liberté à travers la mystique du voyage initiatique. « Il y a une part d’instinct très forte dans ces photos et, en même temps, beaucoup de répétitions. On peut avoir l’impression d’un moment volé alors que je travaille énormément en amont. » En témoignent les centaines de livres d’art, qu’il lui plaît à montrer, soigneusement rangés sur les étagères de son atelier. Un cirque ambulant sur la route. Pour ouvrir la boîte magique de ce romantisme du millénaire, sa production est très organisée. Depuis neuf ans, chaque été, il embarque avec lui dans des road trips des modèles recrutés à l’aide d’un directeur de casting. «Il faut être ensemble pendant de longues périodes, devenir intimes et faire toutes sortes de choses intenses. C’est comme une colonie de vacances, la tournée d’un groupe

de rock, ou un cirque ambulant.» Un assistant guetteur alerte les culs nus si la police pointe son nez, et le photographe utilise lumières, boule à facettes, feux d’artifice, machines à fumée ou à neige et trampolines pour réaliser ses images. Un hymne à la vie. Ces artifices revendiqués l’éloignent de Larry Clark ou de Nan Goldin, à qui on le compare souvent. Largement influencé par une approche documentaire à ses débuts, son message photographique est devenu hédoniste en se muant en fiction. Plus rien de glauque ou de violent. C’est un hymne à la vie, proche de la métempsycose, une réponse enchantée et nécessaire à la fatalité. Dans ses images, la chair transmutée devient liquide ou lumière et se fond dans le cosmos. Son art réveille les mythes profonds de l’Amérique - utopie, espace, liberté.

Dashiell «Dash» Snow né le 27 juillet 1981 et décédé le 13 juillet 2009 était un considéré comme un enfant terrible de la scène artistique new-yorkaise rendu célèbre par ses photographies prises au Polaroid. Daniel Colen, né en 1979 dans le New Jersey, est un artiste exerçant à New-York. Son travaille réside en la confection de sculptures éphémères, installations et peintures textuelles inspirées des graffitis. Terrence Malick, né le 30 novembre 1943 à Ottawa (Illinois) ou à Waco (Texas), est un réalisateur, scénariste et producteur de cinéma américain. Sa carrière de réalisateur couvre environ quatre décennies mais six films à peine portent sa signature. La rareté, l’originalité, la puissance visuelle et la vision très personnelle de son cinéma marquent durablement le public, la critique et la profession. Page 9 : Jonas and Marcel (Blue Altar), Ryan McGinley, 2009 Page 10 : Albino (Milky), Ryan McGinley, 2012 © Tous droits réservés à Ryan McGinley

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La coqueluche des magazines. Mais est-il encore hors du monde, celui qui a quitté la galerie Agnès B pour celle de son rutilant confrère, Emmanuel Perrotin ? Peut-il encore nous faire croire à tant d’innocence, le petit prodige soutenu par Vice et devenu en dix ans la coqueluche du monde de l’art, de la mode et des magazines ? Les immenses tirages chez Perrotin, tels des posters, atteignent une sorte de paroxysme orgasmique. Sur les bords du Rio Grande, les corps sautent, nagent, courent dans des pétarades de feux multicolores. La dominante myrtille est osée, presque crépusculaire. On sait pertinemment qu’il s’agit d’un monde qui n’existe pas. Certaines photographies, des corps nu dans le déserts ou cotoyant la faune sont plus ambigües, à la fois Ophélie symboliste et Vénus de Milo brisée, figures mythologiques qui évoquent un lendemain de fête qui déchante. Ryan McGinley est-il aux années 2000 ce que David Hamilton était aux années 70, comme le pensent ses

détracteurs ? Le pape d’un érotisme destiné à devenir daté et tabou ? Ses photographies aquarelles et pyrotechniques font partie de la banque d’images début-de-siècle. Un zeste de maturité. Aujourd’hui, le jeune homme semble assagi. Est-ce la renommée – il a multiplié les expositions et son travail figure dans les collections permanentes du Guggenheim ou du musée d’Art contemporain de San Francisco –, l’intérêt porté à son travail par des galeristes ou mécènes, à l’instar d’Agnès b., ou la mort de son compagnon d’errance urbaine, Dash Snow en 2009   ? Sûrement

un peu de tout cela. «Au bout de quelques années, je ne pouvais plus attendre que les choses arrivent d’elles-mêmes. J’ai éprouvé le besoin de donner une nouvelle direction à mon travail. » Sa cote sur le marché de l’art. En un peu plus de dix ans, Ryan McGinley a su se tailler une vraie cote sur la scène photographique, avec des prix frôlant aujourd’hui les 40  000 dollars pour certains tirages. L’année dernière, chez ses différents galeristes, les prix allaient de 5 500 (pour un format 35 x 22 cm) à 30 000 dollars (180 x 270 cm), avec des prix médians compris entre 8 000 et 20 000 dollars, en particulier pour sa série Animals. 
 En novembre 2012, chez Philips à New York,Alex  (Giant Explosion, 2010) partait à 37 500 dollars. En avril dernier, Whirlwind, 2003 (76 x 101 cm), estimé entre 5 000 et 7 000 dollars, s’est adjugé à 15 000 dollars. Et Garrick, 2003 (67 x 100 cm), a été vendu à 8 500 dollars, soit la fourchette haute de l’estimation.

«J’ai éprouvé le besoin de donner une nouvelle direction à mon travail.»

David Hamilton est un photographe et réalisateur britannique, né à Londres le 15 avril 1933. Ses photographies ont étées publiées par de nombreux magazines. Il connu un grand succès à la fin des années soixantes. Il cherche à entrecroiser les arts. On peut citer parmi ses influences, les paysages de Gustave Le Gray, les natures mortes de Giorgio Morandi, les nus de Robert Demachy et les danseuses d’Edgar Degas. Page 13 : Parakeets, Ryan McGinley, 2012 Page 15 : John, Ryan McGinley, 2011 © Tous droits réservés à Ryan McGinley Un nouveau tournant 14


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