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Sommaire

61 Février Mars 2016

34 La Météo des Parisiennes 34Alcool à croquer. Cocktails à assortir. Parfums à boire. 36La sape, c’est chic. Légumes pour jouer. Denim vintage. Le style Victorien. 38 Service PalaceLe top du pain. 42 Talents

42 Julia Roberts. «Avec le temps, ce que je cherche le plus, c’est me mettre en danger.» 46 Will Smith. «J’ai envie d’aller vers des films qui me donnent l’impression de contribuer au bien de la société.» 50 Dita Von Teese. «La séduction, ça vient avec l’âge…» 54 Ali Mahdavi«Le glamour est de plus en plus rare.» 56 Jacky GeorgesPeintre en lettres. 58 Robert Vallois«Les passions, ça occupe.» 60 Jean JullienLa force de la simplicité. 62 Kader AounAccoucheur comique. 64 Philippe JordanMaestro surdoué. 66 Bonnie Banane. Rebecca Marder.

68 Des gens que j’aime. Sylvie Guillem.

70 Peau d’âme Photographies Christian Saint. 74 Laurent Favre-Mot. 76 Daphné Bürki. Photographie de couverture Max Cardelli. (folio-id.com) PA L AC E COS T E S F E V R I E R / M A R S 2 0 1 6

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ISSN 1955-9380 Dépôt légal à parution


Mon Maurice

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Sommaire

61 Février Mars 2016

78 Spécialmode 78 Marco De Vincenzo«L’essence de ma collection, c’est la couleur…» 82 Yacine Aouadi«Moderniser la haute couture.»

84 La jeune fille

Photographies Delphine Chanet.

100 Mixte

Photographies Antoine &Balthazar.

124 Corps électriques Photographies Dani Olivier.

135palacescope L’agenda très parisien

Retrouvez aussi votre magazine PalaceCostes sur facebook, issuu.com, instagram et pinterest

136 Galeries & Musées 144 Restos & Bars 154 Concerts & Fêtes 166 Envies & Plaisirs

166 Aurore de La Morinerie Empreintes de mode. 168 Foulards sensuels. 170 Nouveautés à l’essai BMW M4 GTS. Fiat 124 Spider. 179 Tee-shirts de prince. 183 Catalina Brenes Brut de poésie. 193 Les lieux exclusifs PalaceCostes. PA L AC E COS T E S F E V R I E R / M A R S 2 0 1 6

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La Rédaction

PalaceCostes est édité par la société PalacePresse. Gérant Claude Maggiori Rédaction: 64rue Tiquetonne, 75002 Paris. 0144 88 24 94 palace@palacepresse.com Directeur de la Rédaction, Directeur de la Création Claude Maggiori cmaggio@palacepresse.com Direction Mode Anne Delalandre Mise en page, Chromie et Retouches Images Nader Kassem Responsable Photo Lucie Gouze English Texts Tom Ridgway Secrétariat de Rédaction Philippe Bottini Assistante et Assistante de Rédaction Lila Vandeput contact@palacepresse.com Maquette Jules Sérac Ont collaboré à la Rédaction Sarah Bouasse, Clémence Cahu (rédactrice mode), Anne Carpentier, Alice de Chirac, Anne Delalandre, Sabine Euverte, Lucie Gouze, Charlotte Guillemin, Shino Itoi (rédactrice mode), Patricia Khenouna, Philippe Latil, Antoine Laurain, Didier Lestrade, Claude Maggiori, Juliette Michaud, Robert Puyal, Bertrand Raison, Sandra Serpero, Patrick Thévenin, Lila Vandeput, Nadine Vasseur, Ellen Willer Photographies Antoine & Balthazar www.antoineandbalthazar.com Jérôme Bonnet www.jeromebonnet.com Delphine Chanet www.delphinechanet.com Flavien Prioreauwww.flavienprioreau.com Illustrations Pierre Serieis www.pierreserieis.com P U B L I C I T É Palace Presse. 64 rue Tiquetonne, 75002 Paris 0144882494 Directrice Commerciale Marianne Tran mariannetran@palacepresse.com 0620997757 Imprimerie Imaye Graphic ZI des Touches 53022 Laval Cedex Annick Torrès/Rivages Gravure Nader Kassem

Nicolas Blum-Ferracci

elphine Chanet est une photographe parisienne. Elle a réalisé la série mode de ce numéro intitulée La Jeune Fille. Après un parcours de directrice artistique, elle commence à travailler en tant que photographe en 2004. En 2015, elle est nommée pour le prix Découverte aux Rencontres photographiques d’Arles. Elle aime mêler l’art et la mode, elle photographie beaucoup sa fille, mais aussi des personnes qu’elle rencontre au hasard, s’inspire des photographes de l’intime et du quotidien, tels Helen Levitt, William Eggleston ou Luigi Ghirri, mais regarde aussi du côté de Jean-Luc Godard. «Sans en avoir l’air, ou l’air de rien, est une idée qui m’intéresse et qui traverse mon travail artistique. J’aime rendre compte de l’innocence des postures érotiques et de la franchise des corps qui ne sont pas encore formatés. Je suis à la recherche de la retenue.»

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ntoine Blum et Balthazar Brigaud, 28 et 29 ans, sont deux photographes parisiens. Ils ont réalisé la série mode Mixte de ce numéro. Tout juste diplômés de l’Ecole supérieure d’art graphique Penninghen, ils décident de travailler en binôme et signent une exposition et des vitrines au Bon Marché Rive Gauche, puis celles de Lancel et la communication du Printemps. Aujourd’hui, ils lancent Lords, un journal-magazine expérimental, une sorte de fanzine qui évoluera dans sa forme et s’ouvrira à d’autres photographes. Lords, c’est deux opus de quarante pages, reliés par un bandeau, avec une couverture holographique –qui évoque les trames d’écran lorsqu’on photographie avec son iPhone–, une profusion d’images imaginées avec la styliste Clémence Cahu, un danseur, une fille forte et naturelle, plein de mecs efféminés… Pourquoi le nommer Lords ? «Parce qu’on voulait parler de notre génération qui se prend pour des rois sans en avoir la capacité, qui se cultive par les écrans et peu par les mots. On parle de personnes qui sont des Lords en puissance, nous, les mannequins, les sujets, une génération dirigée et abrutie par les écrans, la culture des marques et de la télé qui pousse à croire que tu peux être une star en quelques clics.»

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Clément Pascal

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Special Mode


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La meteo des parisiennes L’observatoire des modes d’ E L L E N W I L L E R et P I E R R E - F R A N Ç O I S L E L O U E T

alcool

àcroquer

Cocktails

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runken Dairy, Artic Monkeyset POPSpour les glaces, Wondermade pour les guimauves : rififi chez les gourmands, voilà qu’on introduit de l’alcool dans les sucreries. Le plus souvent, les recettes s’inspirent de cocktails populaires : piña colada, mojito, sangria… D’autres préparations se focalisent sur un des alcools phares : champagne, bière, bourbon… Des mélanges parfois puissants, qui titrent jusqu’à 8% d’alcool. A Londres, chez Eat Your Drink, le duo de confiseurs Smith &  Sinclair propose, entre sucre candy au gin et sucette à la vodka, une pastille gélifiée, à l’aspect pâte de fruits, déclinée en une trentaine de parfums, du gin Langley à la vodka Beluga. Et si on veut le faire soi-même, on file sur le site Jelly Shot Test Kitchen pour leur piquer des idées de «jelly shot», gelée de fruit alcoolisée servie dans un verre à shot, très appréciée aux Etats-Unis. Eat your drinks with alcohol-filled candies and ice creams like Smith & Sinclair’s Cocktail Confectionary, soft candies with flavors including berry daiquiri and G&T. A DIY version is available at website Jelly Shot Test Kitchen.

à assortir

Le cocktail s’impose à table, avec des associations culinaires inattendues. Le «cocktail pairing», c’est le gin, l’absinthe, le Cointreau… associés avec science à des plats, tout comme on recommande un vin avec un mets. Le «foodtail» propose des combinaisons plus radicales : des mélanges d’alcools, déjà surprenants en soi (gin et champagne…), servis avec un aliment spécifique : le champignon, l’huître, la mandarine… “Foodtailing” – matching cocktails with specific foods – is where it’s at.

Parfums

à boire

Au Fragrance Bar du Ritz Carlton à Berlin, une carte de cocktails rend hommage aux plus beaux sillages de la parfumerie de luxe : Annick Goutal, Yves Saint Laurent, Guerlain. A Londres, l’Atelier Givenchy a demandé à Antonio Catapano, de l’Hôtel Café Royal, de décliner en cocktails sa collection de huit parfums. A Hongkong, le bar de l’Hôtel Langham propose des cocktails olfactifs créés en collaboration avec le parfumeur star, Carlos Benaïm. In Berlin, the Fragrance Bar’s cocktail list pays homage to luxury perfumers; Atelier Givenchy and the Hotel Café Royal in London have linked cocktails to eight scents; and Hong Kong’s The Langham has odorous cocktails by perfume artist Carlos Benaïm.

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L a M e t e o d e s Pa r i s i e n n e s

La sape,

c’est chic

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a S.A.P.E., Société des ambianceurs et des personnes élégantes, est l’art de vivre qui cultive le bien-s’habiller. Née dans les années 1940 à Brazzaville, en République du Congo, la communauté des sapeurs défie les normes imposées par la colonisation. Jusque-là limités à des manifestations artistiques et culturelles, ces génies de l’élégance, qui érigent le vêtement au rang d’œuvre d’art et de signe de singularité, inspirent désormais la mode masculine, qui cherche à recomposer cet art vestimentaire si particulier. S.A.P.E, or the Société des Ambianceurs et des Personnes Élégantes, was born in Brazzaville in the 1940. That club, created to defy colonial rule and which made elegant clothing into art, is now inspiring menswear.

Denim vintage Repérée sur le salon Denim Première Vision à Barcelone (qui anticipe la saison printemps-été 2017), l’influence des années 1990 s’imprime sur le jean, qui s’effiloche, se frange, se gratte, se patche, s’écussonne… Un retour à une culture populaire qui célèbre la mode vintage et le seconde main. It’s time for 1990s style holed, worn, ripped and patched denim, as seen at the Denim Première Vision show in Barcelona. A holler to vintage and secondhand fashion.

Le style victorien

Silhouettes fluides et sombres, matières travaillées, dentelle revisitée, transparence graphique et suggestive : la mode s’inspire de l’époque victorienne pour un romantisme apaisant. Col montant raffiné et précieux, détails volantés, panne de velours, velours de Gênes… une humeur qui survivra aux fêtes de fin d’année. Dark and flowy silhouettes, suggestive sheerness, precious details, high-necked blouses and dresses made of lace and velvet: calming romantic Victorian fashion perfect for a new year.

Légumes

pour jouer Eh bien oui, on joue avec la nourriture : le projet Open Toys propose des petits accessoires en plastique, imprimés en 3D, pour transformer les carottes, les courgettes et les aubergines en jouets pour enfants, avion, bateau, voiture… You are now allowed to play with your food:Open Toys makes small 3D printed plastic accessories that turn vegetables into children’s toys like planes, boats and cars.

Pierre-François Le Louët est président de l’agence NellyRodi. www.nellyrodilab.com Illustrations Pierre Serieis

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Service palace Les conseils très parisiens d’ A N N E C A R P E N T I E R

Le top

il exhale des notes de châtaigne et de sirop d’érable comme nul autre pareil. Dans la cour des grands, on trouve Stéphane Secco, qui fut longtemps au labo pâtisserie des Costes avant de racheter Poujauran en 2003. Ses spécialités : le pain de campagne au levain fermentation naturelle, les baguettes tradition, le pain six céréales torréfiées. Et si Jean-Luc Poujauran n’a plus pignon sur rue, il demeure une figure capitale. Vous avez souvent l’occasion de goûter son levain d’exception puisque son pain est servi dans près de 280 restaurants ! Frédéric Lalos (cinq adresses dont 74 rue SaintCharles, Paris XVe) fut le plus jeune MOF en boulangerie en 1997. Ses spécialités sont le longuet (au levain de sarrasin et froment séchés), la boule au levain et la barquette céréales.

du pain L

es meilleures boulangeries de la capitale: une sélection menée à la baguette à partir de cette question : qu’est-ce que du bon pain ? Car les critères peuvent être subjectifs, selon que l’on préfère la croûte ou la mie, le pain blanc ou le pain complet, la tartine ou le beurré… Le truc, c’est de se référer à l’expert mondial, Steven L. Kaplan, auteur d’ouvrages de référence sur le pain, qui a défini six critères pour séparer le bon grain de l’ivraie : l’aspect, la croûte, la mie, la mâche, l’odeur et le goût.

Dupain(20boulevard des Filles-du-Calvaire, ParisIIIe) est la nouvelle boulangerie sise boulevard des Filles-du-Calvaire, ce coin de Paris qui n’en finit pas de se gastronomiser… Tanguy Delahaye, son auteur, est un puriste. Le nom (Dupain, tout simplement), les produits, le décor, tout a été pensé avec une exigence vertueuse. Son CAP de boulanger en poche, Tanguy est parvenu à obtenir le pain parfait, nommé ici la Miche Dupain : une croûte ni trop claire ni trop foncée mais assurément croustillante, une mie à l’alvéolage équilibré, un doux goût de levain avec une pointe d’acidité en fin de bouche. Pour obtenir ce résultat, il faut de la patience (24 heures de fermentation), du levain naturel, de la farine de meule biologique du Gâtinais, de l’eau pure et du sel de Guérande. Un pain d’exception exposé dans des vitrines tels les bijoux place Vendôme. A côté de la Miche, deux autres pains sont proposés : un 100% seigle et un autre, appeléGourmand, car à base de graines de courge, de sésame, de lin brun, de tournesol et de miel. «La tradition, sans artifice ni compromis», c’est ce que défend Philippe Vasseur. Son antre, Du pain et des Idées (34 rue Yves-Toudic, Paris Xe), est plébiscité par des hordes de touristes qui viennent voir le Pain des Amis comme ils visitent le Louvre ou la tour Eiffel. C’est désormais un monument. Confectionné avec de la farine de blé bio à l’ancienne (peu pétri avec peu de levure, longue fermentation de 48 heures, cuisson à four «tombant» comme le four à bois d’autrefois),

On vient chez Dominique Saibron(77avenue du Général-Leclerc, Paris XIVe) lorsqu’on est, notamment, en mal de Sud, de soleil et d’accent qui chante. Sa Ciabatta provençale est un trésor molletonné, son Pain treize desserts, qui cache autant de fruits secs et fruits confits, un plaisir sucré-salé, et son Pain brochette de maïs façon «corn bread», doré et dodu, avec ses portions que l’on rompt à la main après l’avoir réchauffé au barbecue, une invitation à partager… David Granger se fait une place parmi les grands, avec la chic enseigne Des Gâteaux et du Pain (63 boulevard Pasteur, Paris XVe et 98 rue du Bac, Paris VIe). Sa boule de campagne à la farine bio T80 écrasée à la meule de pierre au sel de Guérande est un best-seller rive gauche. Rare, une femme à la boulange: c’est Apollonia Poilâne, fille de, qui perpétue la fameuse miche de pain gris de 1,9 kg créée par Pierre Poilâne en 1932. Il faut aller dans la boutique historique (8 rue du ChercheMidi, Paris VIe), rien que pour tenter sa chance avec les chaussons aux pommes : une tuerie lorsqu’ils sortent du four…

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S e r v i c e Pa l a c e

La meilleure baguette se trouve chez les boulangers starifiés précédemment cités. En plus, la Mairie de Paris révèle chaque année, par son célèbre concours de la meilleure baguette (4 000 euros à la clé et la livraison de l’Elysée pour l’année), des inconnus ou des méconnus. Quoique, lors du dernier concours, en 2015, le grand prix a été décerné à Djibril Bodian (38 rue des Abesses, Paris XVIIe) pour la seconde fois (la première, ce fut en 2010), fait rarissime et étonnant lorsqu’on sait que les baguettes lauréates (231 en 2015) sont dégustées à l’aveugle. Et puis, il y a le serial créateur de boutiques, Eric Kayser(30 en France et de nombreuses à l’étranger, de Mexico à Singapour ; l’originelle est au 8 rue Monge, Paris Ve), pour sa fameuse baguette Mongeet sa belle mie couleur crème. Mode oblige, citons Chambelland (14rue Ternaux, ParisXIe).Des pains qui ne cassent pas la croûte pour les puristes, mais qui ont le mérite de régaler les vrais intolérants au gluten. Ils peuvent venir ici rassurés, pas une poussière de blé ne peut s’y immiscer. Nathaniel Doboinet Thomas Teffri-Chambelland ont bâti leur propre moulin en HauteProvence et produisent leur propre farine. Dans leur boutiquecantine, on trouve de larges pains rectangulaires, fermentés, à base de levain naturel, de farine de riz et de sarrasin, à la croûte épaisse et à la mie fondante, se déclinant nature, avec une panoplie de graines ou à base de fruits secs. La version cinq graines a été choisie par Alain Ducasse pour être servie au Plaza Athénée. Un autre pain qui fait du bien : le Pain Granolade Benoît Castel, ex-pâtissier de la Grande Epicerie et créateur de Liberté, sa boulangerie-pâtisserie jouant la transparence au 39 rue des Vinaigriers, à un pas du canal Saint-Martin (on brunche près du four à bois dans sa deuxième boutique juchée au 150 rue de Ménilmontant, Paris XIXe). Farine de tradition fourrée de noisettes entières, raisins fondants et cerneaux de noix. Pas mal non plus au petit-déjeuner ou pour une pause sucrée, sa Tradition Chocolat, un pain à base de poudre de cacao 64 % noir et jouant sur un gourmand duo de pépites de chocolat noir et de chocolat blanc. Beau succès pour son Pain du Coin, au look pain de seigle traditionnel mais au goût si particulier, avec le miel de forêt et le sel de Salish, ce sel fumé venu des Etats-Unis.

Illustrations Pierre Serieis

Gontran Cherrier (22 rue Caulaincourt, Paris XVIIIe et 8 rue Juliette-Lamber, Paris XVIIe), c’est le beau gosse qui créa le désormais fameux pain à l’encre de seiche, en format bun, baguette et pain tranché. Ex-Senderens et Passard, il a de l’inventivité à revendre, jouant avec les arômes et les couleurs du monde entier : sa baguette au curry se marie magnifiquement avec le foie gras ou n’importe quelle viande, sa boule de seigle au miso rouge révèle de subtiles saveurs iodées, comme son pain à l’encre de seiche, celui à la mélasse noire, au gingembre et aux graines de coriandre, d’inspiration russe, achève de révéler que Gontran Cherrier ne s’interdit aucune frontière… Un régal à tous ces étals. Non seulement vous mangerez de ces pains-là, mais vous n’en laisserez pas une miette. A N N E C A R P E N T I E R est la fondatrice de www.monchasseurdadresses.com, le service sur-mesure d’exception à Paris. Where can you get the best bread in Paris? Let’s start at Dupain(20 Boulevard des Filles-du-Calvaire, ParisIIIe) where Tanguy Delahayecreates the perfect loaf, Miche Dupain, proved for 24 hours. “Tradition, without artifice or compromise,” says Philippe Vasseur, owner of the celebrated Du pain et des idées(34 Rue Yves-Toudic, ParisXe) who proves his bread for 48 hours and bakes it in a wood-fired oven for notes of chestnut and maplesyrup. Stéphane Secco bakes out of the famous Poujauran, while Jean-Luc Poujauranhimself has no store but delivers to 280 restaurants. Frédéric Lalos (five addresses in Paris) has a great buckwheat longuet; while Dominique Saibron(77 Avenue du Général Leclerc, ParisXIVe) creates a divine ciabatta provençale. David Grangeris making a name for himself at Des Gâteaux et du Pain(63 Boulevard Pasteur, ParisVIe) with a best-selling boule de campagne. Apollonia Poilânenow runs the family company producing Paris’s most famous sourdough; you can buy it at the original boulangerie(8 Rue du Cherche-Midi, ParisVIe). Every year, one baker is awarded the prize for best baguette in Paris: in 2015 it was Djibril Bodian(38 Rue des Abbesses, ParisXVIIIe). Eric Kayserhas 30 stores around the world, but his baguette Monge is best tasted at the original (8 Rue Monge, ParisVe). For gluten-free bread, try Chambelland(14 Rue Ternaux, ParisXIe). The specialty at Benoît Castel’s Liberté(39 Rue des Vinaigriers, ParisXe) is Pain du Coin, with honey and smoked salt. Gontran Cherrier(two stores in Paris) makes surprising savory breads.

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Ta l e n t s

Julia

Roberts

«Avec le temps, ce que je recherche le plus, c’est me mettre en danger»

Dans ce film, vous jouez tout en retenue, sans fard, et on sent que cela vous permet d’aller plus loin… On fait tout un plat de mes trois cheveux blancs dans ce rôle, mais personne ne demande à Chiwetel s’il ne craignait pas d’avoir une barbe grisonnante pour jouer un agent du FBI ! Mon look «éteint» est cohérent avec l’histoire qui se déroule sur plusieurs années. Il doit contraster avec celui, plus glamour, de Nicole, et, surtout, il reflète ce que cette mère, qui a perdu sa fille dans des conditions terribles, ressent. Qu’est-ce qui vous plaisait dans ce projet ? D’abord, le casting. Et puis j’avais adoré le film argentin, une enquête subtile, menée comme un opéra. Le réalisateur, Billy Ray, qui a été nominé aux Oscars pour le scénario de lle arrive dans un palace de Santa Monica, pressée et Capitaine Phillips, m’a appelée pour m’expliquer que le en nous prévenant qu’elle dispose de «très peu de remake serait un peu plus robuste, transposé du Buenos temps» : mais l’éblouissement du sourire est là, la magie intacte. Elle nous explique qu’elle doit «finir de tricoter une Aires des années 1970 au Los Angeles paranoïaque post11 Septembre… Il a ajouté que mon personnage… était un écharpe pour l’anniversaire d’une amie» ! C’est tout elle. homme, mais que si j’étais intéressée il réécrirait l’histoire A la fois superstar, reine d’Hollywood, éternelle Pretty pour moi, avec une femme. Woman, égérie Lancôme et maman «normale» de trois Cela ne vous a pas déroutée ? enfants, qui cultive ses légumes dans le jardin de sa maison Non. Qu’un rôle masculin soit modifié pour le faire jouer de Malibu… Indémodable, elle sera à l’affiche du thriller Money Monster, avec George Clooney, réalisé par Jodie Foster, par une actrice, cela arrive souvent. Cela en dit long sur la rareté des bons rôles féminins, et retrouvera son vieil ami Garry Marshall pour la comédie que déplorent des actrices, comme Sandra Joyeuse Fête des mères… Mais Julia Roberts, très «Travailler Bullock ou Jennifer Lawrence. pro, nous rappelle qu’elle est là pour parler avec mon d’Aux yeux de tous. Elle y interprète un agent du mari m’aide Sur ce sujet, comme sur l’inégalité des à me salaires, je suis mal placée pour me plaindre. FBI enquêtant sur le meurtre de sa propre fille, dépasser» Je suis une «ancienne», deux fois plus âgée aux côtés de Nicole Kidman et Chiwetel Ejiofor. que Jennifer Lawrence. Ceci dit, dans deux ans, elle aura Julia Roberts et Nicole Kidman, c’est une bien jolie aussi deux ans de plus. Mais je m’égare… (Rires) rencontre au sommet ! Aux yeux de tous est votre septième collaboration avec JULIA ROBERTS. Je la connais un peu… depuis votre mari, le directeur de la photographie Danny Moder. longtemps, et c’est fou que nous ayons tant attendu avant C’est l’un des meilleurs chefs-opérateurs du monde! de travailler ensemble. Je regrette de ne pas avoir eu plus de Voir un visage aimé derrière la caméra, particulièrement scènes avec elle: nous avons passé plus de temps à papoter dans des scènes difficiles, est réconfortant et stimulant. au maquillage que sur le plateau. Je voudrais vraiment Travailler avec mon mari m’aide à me dépasser. retravailler avec Nicole, qui est parfaite. Tout ce que je peux dire à son sujet est dominé par cette idée que j’ai d’elle : Nicole Kidman est parfaite ! Elle est tellement talentueuse, tellement belle, que c’en est surréaliste… et ce n’est rien en comparaison de son humanité, sa chaleur, ses valeurs… Bon, voilà, c’est dit: j’ai une admiration sans bornes pour elle.

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{Talents}

Karen Ballard © 2015 STX Productions, LLC. DR

Julia Roberts, sans fard, dans une scène d’«Aux yeux de tous».

Comment voyez-vous votre évolution au cinéma ? Vu mon grand âge… (Rires) Mon ambition, c’est de garder la passion, d’être à l’écoute et de continuer à tirer des leçons de mes erreurs passées, et de celles des autres. J’essaie de voir tous les gens qui traversent ma vie comme des enseignants. We meet Julia Roberts in Malibu to talk about Secret in Their Ma mère donnait des leçons d’art dramatique, jouer est Eyes. In this remake of an Oscar-winning Argentinian dans mon sang… J’ai eu une chance folle de connaître une thriller, in which she stars alongside Nicole Kidman and carrière aussi gratifiante. Au début, j’avais vraiment besoin Chiwetel Ejiofor, she plays as an FBI agent who investigates de reconnaissance. Avec le temps, ce que je recherche le the murder of her own daughter. The director, Billy Ray, plus, c’est me mettre en danger. Quand je suis montée sur “called me to explain that the remake would be moved from les planches à Broadway, c’était par nécessité, quitte à me Buenos Aires in the late 1970s to a paranoid Los Angeles after casser la gueule. 9/11. He then told me that my character was a man, but he Quel film reste, à vos yeux, votre triomphe d’actrice ? would rewrite the story for me if I was interested. I also really Je devrais dire Erin Brockovich de Steven Soderbergh, qui m’a wanted to work with Nicole – my only regret is that we didn’t valu cette incroyable récompense appelée oscar, mais c’est have more scenes together”. The film was also another Closer, sous la direction du magnifique Mike Nichols, qui me chance to work with her husband, Danny Moder: “He’s one vient tout de suite à l’esprit. Il m’a fait mûrir. Et of the best cinematographers in the world! «Mon Un été à Osage County : donner la réplique à Meryl ambition, The first day I had a difficult scene with Streep rend instantanément meilleure. Chiwetel and it was really comforting to see c’est de garder la a friendly face behind the camera”. As her Votre image : cette fraîcheur, cette spontapassion» career has advanced she says she has wanted néité, vous la travaillez beaucoup ? A l’écran, on l’a ou on ne l’a pas. Dans la vie, on m’aide un to take bigger risks, which is why she decided, for example, peu… Moi, je me vois comme une maman qui cultive elleto appear on Broadway. When looking back on her past même ses légumes. En ce moment, nous avons des bettefilms, she says Erin Brockovich as a favorite, as well as Closer, raves, des laitues et des tomates, sans oublier trois avocadirected by the “magnificent” Mike Nichols, who “helped tiers très généreux. Nous mangeons les œufs de nos propres me grow”. In fact, she says, “I try to see all the people who poules. Je cuisine tout ça avec amour et nous compostons come into my life as teachers”. tous les déchets des légumes. Ma maison est moderne et fonctionnelle, avec une vaste collection de Lego, et, quand je suis partie ce matin, il y avait de la vaisselle sale partout. Voilà pour mon image ! (Rires) Propos recueillis par J U L I E T T E M I C H A U D «Aux yeux de tous», sortie le 23 mars. Photographie Kirk McKoy / Contour by Getty Images PA L AC E COS T E S F E V R I E R / M A R S 2 0 1 5

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Will

«J’ai envie d’aller vers des films qui me donnent l’impression de contribuer au bien de la société»

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Illustration Nader Kassem

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Smith

016 sera-t-elle l’année Will Smith ? Son rôle dans Seul contre tous, de Peter Landesman, l’histoire vraie et controversée d’un neurologue américain, d’origine nigériane, qui bouleversa le milieu du football américain en révélant de nombreux cas de traumatismes crâniens chez les joueurs, lui a valu une nomination méritée aux Golden Globes. Il tient aussi la vedette dans Suicide Squad, l’adaptation d’un comic book qui sortira début août. Il prépare un nouveau disque de rap, et même une tournée ! Vous êtes à un tournant dans votre vie et votre carrière ? WILL SMITH. (Rires) Oui ! J’ai 47 ans, deux fils de 23 et 17 ans, une fille de 15ans… Je suis définitivement dans une phase de transition… qui n’est pas encore complètement claire pour moi. Il y a trois ans environ, après Men in Black III, j’ai eu l’impression de me trouver face à un mur, et j’ai un peu ralenti. J’ai pris conscience que je devais réfléchir, appréhender différemment mon rapport à ma famille, mon mariage… si je voulais continuer à apporter quelque chose artistiquement.C’est pour ça que le scénario de Seul contre tous m’a séduit. Ce film d’auteur a une valeur cinématographique fantastique, mais, surtout, je m’y sens utile. J’ai envie d’aller vers des films qui me donnent l’impression de contribuer au bien de la société. Mais Seul contre tous peut-il être vu comme une dénonciation du football américain, ce sport assez violent ? face à un cadavre. C’est une expérience fasciJ’avoue que j’ai d’abord hésité. Je ne voulais pas «C’est nante, car tout ce qui constitue la personne est être l’acteur qui dit : «Jouer au foot est mauvais d’être pour la santé !» (Rires)Mais le réalisateur Peter une nation encore là, sauf ce qui fait réellement la perd’immigrés sonne : son âme. Cette prise de conscience a Landesman est un ancien journaliste d’invesqui fait une dimension spirituelle. Tout le monde tigation très méticuleux, et à la production il y toute la a Ridley Scott… Seul contre tousdresse avant tout beauté de devrait assister à une autopsie. Si vous ne l’avez un vibrant portrait du rêve américain. l’Amerique» pas encore fait, je vous le conseille ! (Rires) D’où vient votre légendaire assurance? Le rêve américain est un thème qui vous Vous avez un super-pouvoir ? tient à cœur, que ce soit dans Ali, ou dans A la poursuite du On n’est pas bien, là ? Assis ensemble au Beverly Hilton de bonheur de Gabriele Muccino, que vous aviez produit… Los Angeles, au soleil… à Hollywood ! (Rires) Si j’ai un superJ’ai choisi Gabriele Muccino après qu’il m’a dit : «Seul un pouvoir, c’est mon empathie pour les gens. J’aime me étranger comprend vraiment le rêve américain.» C’est donner des défis: si quelqu’un doute de moi pour un rôle, tellement vrai!C’est d’être une nation d’immigrés qui fait toute la beauté de l’Amérique. Le point de vue très positif du alors il me le faut à tout prix… Vous n’avez jamais connu la peur de l’échec ? personnage que j’incarne, le Dr Bennet Omalu, qui vient du Quand j’ai quitté le lycée pour faire du rap, ma mère, pour Nigeria, sur le rêve américain a réveillé mon envie de qui l’éducation était tout (elle enseignait dans une école à défendre les idéaux qui l’ont construit. Philadelphie) était effondrée. Mon père, qui travaillait dans Comment se prépare-t-on pour un tel rôle ? l’armée de l’air, nous disait au contraire : «Tu apprends en J’ai passé du temps avec le vrai Dr Omalu, pour qui tout est échouant. Lance-toi !» C’est aussi ce que je dis à mes un signe du ciel. J’ai travaillé mon accent nigérian… et enfants. Cela peut paraître étrange, mais je veux qu’ils assisté à cinq autopsies. Oui, car le Dr Omalu, qui est vivent autant d’échecs que possible, sans que cela les brise… médecin légiste, a fait sa découverte en pratiquant une autopsie sur un joueur. Il fallait donc que je me sente à l’aise


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Vingt ans de mariage à Hollywood? «c’est comme les années qui compte plus pour les chiens»

Will Smith dans «Seul contre tous» de Peter Landesman.

d’effets spéciaux… Dans une scène d’attaque, vous avez 80 cascadeurs qui tournent l’action en même temps, suspendus par des câbles… Je n’avais jamais vu ça. Le tournage a été comme une bouffée d’air frais. Ça m’a rappelé à quel point j’aime faire du cinéma. Propos recueillis par J U L I E T T E M I C H A U D «Seul contre tous», sortie le 9 mars.

Will Smith is at a turning point. “I’m 47 with two sons aged 23 and 17, and 15-year-old daughter,” he says. “I’m definitively in a transitional phase, one that’s not completely clear to me yet.” The first stage in this new direction is Concussion, a feature about Nigerian doctor Bennet Omalu who revealed that NFL players were suffering brain damage from repeated head trauma. “I did hesitate at first,” he says. “After all, I didn’t want to be the actor who said that playing football is bad for your health! But the director, Peter Landesman, is an extremely meticulous ex-investigative journalist. Above all, though, the film is a stirring portrait of the American dream. My character’s positive outlook about that idea made me want to defend the ideals it was built on.” To prepare for the role, Smith met the real-life doctor, and even attended five autopsies: “It was a fascinating experience because everything that makes up a person is still there, except the bit that makes them human: their soul”. His next big role is in Suicide Squad, which he accepted because of director David Ayer’s vision. “He told me he wanted to make a realistic superhero movie with real stunts and very few special effects,” says Smith. “In one scene we had, like, 80 stuntmen, all hanging off cables. I’ve never seen anything like it! It was a breath of fresh air – it reminded me just how much I love movies.”

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Melinda Sue Gordon © 2015 Columbia Pictures Industries, Inc. DR

Le monde est dur, ils doivent être capables d’encaisser les critiques. Jaden n’a pas besoin de mes conseils, il est l’une des personnes les plus en confiance que je connaisse. Il a même créé sa propre ligne de vêtements, et il peut porter une jupe si l’envie lui en prend, juste parce qu’il fait chaud dehors. Moi, je suis là, je bafouille : «Euh, t’es sûr...?» (Rires) Vous venez tout juste de fêter vos vingt ans de mariage, un record à Hollywood ! Oui, c’est comme les années qui comptent plus pour les chiens. (Rires) La route a été rude… Au départ, Jada et moi avions une vision très romantique du mariage. Moi, je nous voyais vivre comme dans Dallas, mon feuilleton préféré quand j’étais gosse, tous réunis à Southfork, avec Sue Ellen arrivant à cheval pour le petit déjeuner… (Rires) Depuis, nous avons fait beaucoup d’ajustements. Nous voulons célébrer notre longue union… en musique: mes trois enfants participent au nouveau disque que je veux sortir, le premier depuis dix ans. Vous vous intéressez à la politique, vous avez soutenu le président Obama. La préservation de l’environnement, cela vous touche ? Beaucoup. Je travaille avec une association de gens merveilleux qui fabriquent des bouteilles constituées à 53% de papier, extrait lui-même de forêts renouvelables. Pour chaque arbre utilisé, nous en replantons trois… Un mot sur l’adaptation du comic book Suicide Squad : encore un film d’action et de super-héros ? J’ai accepté pour David Ayer, le scénariste choc de Training Day et réalisateur de Fury. Il m’a dit qu’il voulait faire un film de super-héros «réaliste», avec de vraies cascades et très peu


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Von Teese

éminine à l’extrême, la so sexy Dita Von Teese a des manières exquises et un sourire désarmant. Presque timide, dans ce temple du strip-tease parisien où elle nous reçoit, elle ajuste régulièrement les pans de sa robe Alexander McQueen, sobre et chic, afin de masquer pudiquement l’apparition d’une cuisse gainée d’un bas résille… Elle s’apprête pourtant à dévoiler bien plus de sa pulpeuse personne dans les shows qu’elle donne ce mois-ci au Crazy Horse. Dix ans tout juste après avoir enflammé le célèbre cabaret parisien en tant que première célébrité invitée, Dita Von Teese revient souffler sur les braises. Et nous promet quatre numéros époustouflants enivrés de ce glamour années 1950 dont elle a le secret. Parmi eux, une prestation inédite, mise en scène par son ami le photographe et directeur artistique Ali Mahdavi. Ces tableaux exigent-ils un entraînement particulier ? DITA VON TEESE. Oui. Je dois mémoriser beaucoup plus de chorégraphies que pour mon propre show. Notamment un mouvement de hanche typique du Crazy (elle le mime), redoutable à maîtriser. Mais c’est un tel honneur ! De votre lointain Michigan natal, comment avez-vous connu le Crazy Horse ? Grâce à un numéro de Playboy que mon père cachait sous son lit ! Il y avait une photo des fameuses «girls» en uniforme. Ça m’avait tellement marquée que, lors de mon premier voyage à Paris, j’ai interrogé tous les passants pour savoir où l’on pouvait voir ces «petits soldats tout nus» ? On me regardait avec des yeux ronds… Un jour, quelqu’un a compris qu’il s’agissait du Crazy Horse. Depuis, je n’ai jamais cessé d’y retourner, au point d’avoir mes «girls» favorites ! Comment a réagi le public américain à vos débuts ? Dans les clubs de strip-tease où j’ai démarré ma carrière, on n’avait encore jamais vu une fille avec autant d’accessoires, un corset, des bas, des gants… La plupart des autres danseuses étaient en bikini. En voyant mes photos, les gens Qu’est-ce que la séduction, selon vous ? pensaient qu’elles avaient été prises en 1940. «J’ai La séduction, ça vient avec l’âge. J’ai rarement «Cette fille doit avoir au moins 80 ans aujourrarement d’hui !» disaient-ils ! (Elle rit) rencontré rencontré une grande séductrice de moins de Quel message cherchez-vous à transmettre une grande 30 ans. En plus, ce ne sont pas forcément les séductrice plus jolies. Car, dans l’arsenal érotique, dans vos spectacles ? de moins Au naturel, je suis blonde, j’ai un look ordinaire, de trente l’essentiel se situe dans la tête (elle se touche le front). Sans esprit, voire sans un peu de et je viens d’une petite ville du Michigan. Donc, ans» sagesse, il ne se passe pas grand-chose… j’ai créé mon propre style, avec la volonté de Vous avez dit un jour : «J’ai une tête faite pour les changer l’image, vulgaire, généralement véhiculée par le affaires et un corps taillé pour le péché.» Vous considérezstrip-tease. Je veux montrer aux femmes qu’elles doivent vous comme un objet sexuel ? croire en leur pouvoir de séduction et que, pour être sexy, il J’ai dit ça, moi ? On dirait une citation de Mae West ! (Rires) n’y a pas que le bikini sur une plage ! Tempest Storm, une Hmmm… C’est un mélange subtil des deux. Je suis très légende du genre, me dit que j’ai révolutionné l’histoire du professionnelle, très organisée. A part quelques exceptions, cabaret. C’est le plus beau des compliments. j’ai généralement toujours eu des relations amoureuses qui Pourquoi les années 1950 vous fascinent-elles autant ? durent et je n’ai pas une réputation de fêtarde… Etant J’ai grandi avec une mère qui adorait les vieux films. Ma donné que mon public est constitué à 80% de femmes et non toute première image de l’idéal féminin a été celle des de mâles lubriques, je serais peut-être un sex-symbol héroïnes des années 1940 et 1950. Et elle n’a pas changé! «alternatif» pour les gays ou les femmes qui apprécient la Photographie Don Flood / August-Agence A sophistication. L’inverse de Pamela Anderson !

«la séduction, çavient avec l’âge, car dans l’arsenal érotique l’essentiel se situe dans la tête»

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{Talents} Quand le rideau tombe, qui, de Heather Sweet, votre nom de baptême, ou de Dita Von Teese, prend le dessus ?

Je ne fais pas de distinction. J’ai voulu me choisir un nom, comme les stars d’Hollywood dont j’étais fan, comme Rita Hayworth, et un look différent, mais Heather Sweet est toujours là ! Y compris sur scène, où mon caractère transparaît à travers une certaine vulnérabilité, parfois. Je n’essaie jamais d’afficher une froideur factice. Je veux juste offrir un spectacle sexy, glamour, avec une pointe d’humour. Comment vous imaginez-vous d’ici quarante ans ? Ouh ! Si je suis encore de ce monde, j’aurai environ 80 ans… J’aimerais être à peu près la même… si possible plus sage! (Rires) Je ne changerai pas mon style : si je rentre toujours dans mes vêtements, tant mieux. Idem pour le maquillage et la coiffure, à l’exception de ma couleur de cheveux. Je ne les teindrai pas. C’est tellement beau, une chevelure blanche ! Et il va sans dire que j’aurai atteint et maîtrisé les sommets de la séduction! (Elle éclate de rire) Propos recueillis par P A T R I C I A K H E N O U N A «Dita’s Crazy Show», du 15 au 30 mars au Crazy Horse. www.lecrazyhorseparis.com

Dita Von Teese, the original retro burlesque artist, is back at the Crazy Horse in Paris for 33 shows only. They come 10 years after she first lit up the legendary cabaret, a place she first learned about from looking at one of her father’s copies of Playboy. “There was a photo of the girls in uniform,” she says. “I was so obsessed with it that when I first came to Paris I asked strangers in the street where I could see the ‘naked little soldiers’! One day I realized that it was the Crazy Horse – and since then I’ve never stopped coming back.” The message behind her art, she believes, is that women should always believe in their powers of seduction: “I’m naturally an ordinary-looking blonde from a small city in Michigan. But I created my own style so I could change the vulgar image that striptease had”. Key to seduction for her is age. “I’ve rarely met a seductress who was under 30. The key weapon in the erotic arsenal is found here,” she says, pointing to her head. So, how do you imagine yourself in 40 years? “If I’m still around I’ll be about 80!” she says, laughing. “I won’t change my style and if I can still get into my clothes, then all the better. But I won’t dye my hair – white hair is so beautiful!”

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«Je veux juste offrir un spectacle sexy, glamour, avec une pointe d’humour»

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{Talents}

Ali

Mahdavi

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«le glamour est de plus en plus rare»

tyliste de mode, artiste plasticien, photographe de mode, portraitiste, illustrateur, cinéaste et directeur artistique de la revue Désirs au Crazy Horse, Ali Mahdavi, 41 ans, est un créateur bouillonnant d’idées. Dans son petit bureau du VIe arrondissement, il arpente l’espace, de long en large, en s’exprimant à toute allure, sans interruption. La veille, David Bowie a rejoint les étoiles, et son œuvre semble avoir des concordances avec celle d’Ali Mahdavi. ment du glamour se fait de lui-même avec l’arrivée des nou«Vous me flattez ! Je suis très fier que quelqu’un pense à me velles technologies. Je rêve d’utiliser au Crazy Horse les comparer à lui d’une manière ou d’une autre, en rougirait masques Oculus Rift de réalité virtuelle ou l’holographie.» presque le photographe. C’était un génie, d’une richesse Ali est infatigable. «Auparavant, j’étais plus dictatorial, je créative et esthétique exceptionnelle. Notre point commun était certainement de concrétiser une vision de la beauté qui dessinais tout, de la lumière à la coiffure, et je pouvais avoir tendance à me répéter. Désormais, je me nourris du talent allait à l’encontre de celle que la société veut nous imposer. des autres pour évoluer et me renouveler. C’est un enrichisLa mort d’Helmut Newton et celle de Monsieur sement.» Il va bientôt lancer une collection capsule de robes Saint-Laurent m’ont beaucoup touché, mais j’ai toujours et tenues «idéales et intemporelles» sous son nom propre; souhaité, si je devais me réincarner un jour, l’être soit en David Bowie, soit en Hugh Hefner, soit en Madame Claude !» des souliers que ce fétichiste de la chaussure a dessinés pour Ali Mahdavi se définit comme «un combattant du glamour». une mythique marque française ; il écrit un long-métrage, prépare une exposition autour de Dita Von C’est le fil rouge de son travail, quels que soient le «Ceux qui Teese, et toujours plus de photos et d’illustramédium, le sujet, la technique. «Le glamour est expriment de plus en plus rare. Dans la mode, c’est le mar- aujourd’hui tions. On se sépare, avec un regret toutefois. Ali Mahdavi n’a pas révélé le secret des bas keting qui règne et décide de la création. Sur les le plus tapis rouges, les actrices sont payées pour porter intensément magiques qu’il a inventés en collaboration avec glamour, telle ou telle robe, et ce n’est pas toujours une le ce sont les l’atelier costume du Crazy Horse pour le réussite ! Et puis, si elles apparaissent trop belles, travestis!» numéro La Crise. «Ce sont des bas couture que la danseuse peut enlever sans ôter ses chaussures. trop apprêtées, les réalisateurs n’arrivent plus à projeter leurs fantasmes sur elle. Le glamour devient alors un La technique est secrète.» Un bon prétexte pour retourner enquêter au Crazy Horse… P H I L I P P E L A T I L handicap.» Loin de se décourager, Ali Mahdavi poursuit la lutte en multipliant les shooting avec Dita Von Teese, Monica Bellucci, Kylie Minogue… «Ceux qui expriment Fashion designer and photographer, artist, portraitist, aujourd’hui le plus intensément le glamour, ce sont les illustrator, film director and artistic director of the Désirs travestis ! estime le photographe. J’ai réalisé des séries photo revue at Parisian cabaret Le Crazy Horse, Ali Mahdavi avec Laurent Mercier, alias Lola, et avec les Américaines defines himself as a “warrior for glamour”. A quality, he Miss Fame et Violet. Chez ces garçons qui fantasment et says,that is “rarer and rarer. In fashion, marketing rules and idéalisent la femme, on retrouve un haut niveau de gladecides on design now. On red carpets actresses are paid to mour. Ils sont la prolongation de l’âge d’or d’Hollywood et wear dresses and it doesn’t always work! Directors can no de ses actrices mythiques. Comme disent Lola et Eliane Pine longer project their fantasies on them. It’s like glamour has Carringhton : “Glamour will never die ! Tant que nous become a handicap! Today, the people who are most intenserons vivants !”» sely glamorous are transvestites!” Mahdavi has recently been Pour Dita Von Teese, au Crazy Horse, Ali Mahdavi a mis working with his friend Dita Von Teese on her new show at Le en scène plusieurs nouveaux numéros avec pour ambition Crazy Horse. The routine he’s proudest of is “Undressed to d’inventer le strip-tease duXXIe siècle tout en respectant les Kill”, which uses video mapping. “Glamour will renew itself with the arrival of new technology,” he says. “I dream about codes créés par Alain Bernardin il y a plus de soixante ans. using virtual reality or holograms.” After inventing special Le numéro Undressed to Kill lui tient particulièrement à tights that dancers can tear off without removing their shoes, cœur. Pour la première fois dans un strip-tease, de nouhe is currently writing a feature film, preparing an exhibition velles technologies, comme le mapping vidéo, font leur with Dita, and preparing more photographs and illustrations. apparition, transformant la scène en une performance inédite et surprenante. Ce qui nous amène justement à demander à l’artiste comment le glamour, qu’il explore depuis si longtemps, peut se réinventer. «Le renouvellePA L AC E COS T E S F E V R I E R / M A R S 2 0 1 5

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JackyGeorges

Peintre en lettres

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essin à la craie, puis peinture au pinceau avec des couleurs glycéro, et pas le droit à l’erreur. «On n’est plus grand monde à faire ça, c’est un métier qui a disparu avec la sérigraphie, l’adhésif, puis les photos…» Ainsi parle Jacky Georges, qu’on a envie d’appeler «Jacky les belles lettres», comme les surnoms que portaient les acolytes de Gabin, époque Touchez pas au grisbi. Un Parigot pur jus, avec des yeux clairs qui ont vu passer tant d’alphabets… Jacky, le doyen des peintres en lettres de la capitale, attend sa cliente dans cette jolie cave à vin du XIe arrondissement. Peintre en lettres, un métier du temps passé. Une époque où l’imprimerie se contentait d’éditer des livres et des affiches. Les

lettres des enseignes des magasins étaient toutes peintes «à la main» par des artistes spécialisés. Pas seulement les devantures, mais aussi les menus sur ardoises, les slogans des vitrines, les horaires du commerce affichés sur les carreaux de la porte, les spécialités de la brasserie sur les vitres et les miroirs, les fresques publicitaires, les marques sur les camions de livraison et leurs slogans… Tout était peint. «J’allais sur les chantiers avec mon père qui était décorateur, spécialiste en faux bois, marbres et patines. J’avais un petit don pour le dessin, ça vaut mieux, sinon on s’accroche pas, dans ce genre de métier.» Jacky va commencer comme peintre en lettres de carrosserie pour les mythiques camions «tonneau Byrrh». Quand les gens lui demandaient quel était son métier, il lui suffisait de jeter un œil dans la rue et de dire : «Le voilà, mon métier», en désignant un camion qui passait avec ses belles lettres peintes. «J’ai pas fait d’apprentissage. On m’a dit : “Alors, tu veux devenir peintre en lettres, p’tit gars ? Si t’es aussi doué que ton père, ça marchera.”» Et ça a marché. Jacky a refusé du travail toute sa vie, et sa société comptait, à la grande époque, pas moins de onze employés. «Je les compte plus, ceux que j’ai formés ! Il y en a encore trois en activité, le plus jeune à 42 ans.» Aujourd’hui dans sa soixante-quatrième année de travail, Jacky continue son métier. Après le bar à vin, ce sera un prestigieux restaurant à Vincennes, alors que la semaine passée il peignait les tiroirs de l’herboristerie de luxe Buly, rue Bonaparte. A N T O I N E L A U R A I N Photographie Lucie Smeriglio

“There aren’t many of us doing this anymore,” says Jacky Georges, sign painter extraordinaire. “It’s a job that disappeared with screenprinting, adhesives and then photos.” A man of letters, he began his career when the words on everything – from delivery trucks to shop doors – was painted. “I used to go on jobs with my dad who was a specialist painter,” he says. “I didn’t do an apprenticeship because people would say to me, ‘If you’re as gifted as your dad, then you’ll be alright’.” And he was – his company was never short of work and today Jacky Georges is as busy as ever, 64 years after he began.

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RobertVallois

«Les passions,çaoccupe» st-ce à cause de son extraordinaire réussite comme découvreur et marchand de mobilier Art déco ? Pour ses légendaires cigares dont il va régulièrement s’approvisionner à Cuba ? Son énergie qui lui a fait multiplier les galeries, les expériences, à Paris, à New York, aujourd’hui en Afrique ? Une chose est sûre, Robert «Bob» Vallois est un personnage, une stature. Une figure du Paris des galeristes de Saint-Germain-des-Prés. S’il a ouvert une galerie à Manhattan il y a maintenant dix ans, il ne s’en dit pas moins «typiquement, profondément parisien et, plus que tout, germanopratin». C’est dans son antre, débordant de livres, de papiers, aux murs recouverts de photographies, d’objets, de statuettes africaines, au premier étage de sa galerie du 41 rue de Seine qu’il me reçoit. «Ça, me dit-il en suivant mon regard, ce n’est pas à vendre. C’est mon jardin secret. C’est une collection d’art Lega, un peuple de la République démocratique du Congo qui vit dans la forêt, un peuple extraordinaire. J’ai prêté quelques pièces il y a deux ans au Musée du quai Branly…» L’Afrique est sa dernière passion. «C’est bien d’avoir une nouvelle passion, il faut s’occuper !» Sur le mur derrière lui, une petite affiche : «La meilleure retraite, c’est l’attaque.» Plutôt bonhomme, rieur, nullement poseur, l’immense marchand qu’il est n’a plus grand-chose à prouver. Aujourd’hui, comme hier, il fait «tout ce qui (lui) passe par la tête». Il marche au coup de cœur. C’est déjà ainsi qu’il est devenu le spécialiste de l’Art déco. «Ma femme et moi étions brocanteurs antiquaires au Cap d’Agde, près de Monaco. Un jour, j’ai ramené un fauteuil de Mallet-Stevens, et ma femme en est tombée amoureuse. C’est comme ça qu’on a découvert ce mobilier qui était alors totalement tombé dans l’oubli. Ça ne valait rien, à l’époque. On pouvait acheter un meuble de Muhlmann pour 1 000 francs. J’ai dû acheter le fauteuil Dragon d’Eileen Gray entre 7 000 et 10 000 francs. Il s’est revendu cette année en salle des ventes près de 27 millions d’euros!» Le temps est venu pour Robert Vallois de ne plus compter. De donner, aussi. Il est ainsi devenu mécène d’une école et d’un centre d’art au Bénin. Près de 4 000 m2 pour exposer et accueillir en résidence artistes français et africains. «Les galeries d’art africain du quartier ont donné au centre de quoi commencer à constituer un musée, 35 œuvres qui sont des emblèmes royaux béninois. Nous ouvrirons aussi bientôt ici un centre de formation et un dispensaire.» Bob Vallois serait-il en train de changer de métier ? «Ce n’est pas un métier, c’est un sacerdoce ! C’est sûr qu’on est parti dans un trip ONG. Ce doit être mon côté boy-scout qui ressort !»

Philippe Poivre

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Larger-than-life Robert “Bob” Vallois smokes specially imported Cuban cigars, is one of the world’s best-known dealers in Art Deco furniture, and has galleries in Paris, New York and, now, Benin. He began furniture dealing in the late 1960s, when the Art Deco “had been completely forgotten”, so today, with an Eileen Gray armchair selling for $28 million, Bob has turned his attention to Africa. He has founded a school and art center in Benin, to which other Paris galleries have donated pieces to create a museum, and where, “we’ll soon open a training center and dispensary”. So, is Bob changing profession? “This isn’t a profession,” he says, laughing, “it’s a calling!”

NADINE VASSEUR

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JeanJullien

La force de la simplicité

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dessins. Une manière imprévue, pour le dessinateur, de se faire connaître, et, il en convient, «la pire des manières qui soit». Des groupes de musiciens, des fabricants de produits dérivés lui ont demandé d’utiliser son dessin, qui est devenu un symbole. Il n’en tire luimême aucun bénéfice commercial, l’ensemble étant reversé aux victimes. Alors que la vie reprend, il lui faut recommencer à observer, à tenter de faire sourire. NADINE VASSEUR

“Rather than desperately attempt to be all sophisticated, I decided to keep things simple, and not only because my technical skills are pretty limited,” says illustrator Jean Jullien. “In actual fact, this naive side is really useful to me. It lets me talk to everyone all over the world.” It was this extreme simplicity that helped his “Peace for Paris” drawing become the universal symbol of the November 2015 attacks. “It just came to me,” he says. “It probably became so popular, because in a moment when there was a completely confusing mass of messages, it was instantly readable.”

Daniel Arnold

on trait simple, souvent largement souligné, son dessin volontairement naïf, son humour ont su séduire le New Yorker, The Guardian, L’Obs… De nombreuses marques et enseignes, telles Colette, Kitsuné ou Only, ont aussi été charmées par ses planches colorées. Jean Julliendessine pour faire rire, se moquer de lui-même et de ses contemporains avec une économie de moyens héritée des grands affichistes des années1960 – Vuillemot, Savignac, Cassandre. «Ils avaient à cœur d’embellir le spectre visuel des gens au quotidien. Même pour leur vendre les produits les plus simples. Je me reconnais dans leur souci d’efficacité, leur désir de produire un message clair. Plutôt que de m’acharner à faire du beau sophistiqué, j’ai choisi moi aussi, parce que j’ai une capacité technique assez limitée, de faire simple. En réalité, ce côté naïf me sert énormément, il me permet de parler à tous, dans le monde entier.» De là à imaginer que l’un de ses dessins ferait en quelques heures, en quelques minutes, le tour de la planète… Jean Jullien est l’auteur de Peace for Paris, relayé des millions de fois sur les réseaux sociaux et devenu le symbole universel du sang et du deuil qui ont assombri Paris lors des attentats de novembre 2015. «C’est un dessin d’une simplicité extrême, qui synthétise deux icônes immédiatement reconnaissables, le symbole de la paix créé en1958 par le designer britannique Gerald Holtom, lors de la campagne en faveur du désarmement nucléaire, et la tour Eiffel. Il m’est venu spontanément et je l’ai posté comme d’autres postaient des messages écrits, pour dire ma solidarité et ma tristesse. S’il est devenu si populaire, dans un moment de confusion totale et de multiplication des messages, c’est du fait, sans doute, de sa lisibilité immédiate.» Depuis, nombreux sont ceux qui ont découvert le travail de Jean Jullien et mis un nom sur ses

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4 & 5 mars 2016 - Galerie Art District - Le Royal Monceau Raffles - 41 avenue Hoche 75008 Paris 11 au 21 mars 2016 - Boutique éphémère Claritone - 11 rue Debelleyme 75003 Paris www.claritone-paris.com


KaderAoun

accoucheur comique L

Kader Aoun l’affirme : tous ses artistes marchent vraiment, et il se tient à l’écart de ce réseau de «faussaires». Il est même devenu, au fil des ans, le parrain de l’humour hexagonal. «Si cela signifie aider les autres et pousser au renouvellement, alors oui, je le suis, admet cet homme de l’ombre. Il y a très peu de gens qui, comme moi, travaillent avec autant de débutants. Je ne “découvre” pas. Je dis : “Qu’est-ce qu’on peut faire ensemble ?” On fabrique ensemble un truc qui a de la valeur. C’est ça qui m’éclate !» Sciences Po, qu’il a fréquenté en 1995, mène donc bien à tout, y compris à Canal+. Où ce natif de Bobigny envoie ses premiers textes. Il démarrera chez Karl Zéro et continuera à Nulle part ailleurs. Débarqué de Canal avec l’éviction de Pierre Lescure en 2003, il crée le Jamel Comedy Club. Une brouille plus tard, il lance sa propre structure (Kader Aoun Productions) et enchaîne les succès. La grande affaire du moment, c’est Norman. Un succès immense sur YouTube, un triomphe sur scène : quarantecinq Zénith l’an dernier, quarante cette année. Kader Aoun, accoucheur de la génération des youtubeurs ? «Je les apprécie beaucoup. Ils font tout tout seuls, ont un rapport direct avec le public et savent très bien où ils vont.» Il égrène son programme pour ce printemps : Norman; Mathieu Madenian, «le meilleur stand-upper de France», au Grand Point Virgule; le nouveau spectacle de Thomas VDB au Paname Art Café; Fary, «que je mets en scène», au Théâtre du Châtelet; Nosman Hosni, «en développement» au Point Virgule; Céline Lefèvre, «dont je produis Ma leçon de hiphop»; Abdelkader Secteur, «un show 100% en langue arabe qui cartonne». Si vous voulez rire, vous avez la liste !

e grand public le connaît peu, et pourtant Kader Aoun, 43 ans, fait rire la France entière depuis des années ! Il a écrit pour et produit Jamel Debbouze, Omar et Fred, Eric et Ramzy, Tomer Sisley, Thomas VDB et Norman, a imaginé H et le Burger Quiz et écrit les vannes de Thierry Ardisson… «Si je suis un comique raté ? sourit l’homme. Non. Je suis un footballeur raté, un boxeur raté, mais pas un comique raté. Je ne suis jamais monté sur scène car je n’ai PHILIPPE LATIL pas ressenti cette nécessité impérieuse. Je ne suis pas frustré Photographie Roberto Frankenberg / modds de la scène. Peut-être que dans vingt ans je pourrai dire que Kader Aounis French comedy’s éminence grise. “Am I a failed je suis un comique raté parce que justement je serai monté comic?” he asks, smiling. “No, I’m a failed soccer player, a sur scène !» failed boxer, but not a failed comic. I’ve never got up on stage Kader Aoun se définit comme un «accoucheur». Dans sa because I’ve never felt like I needed to. I’m not a frustrated maternité, Le Paname Art Café de la rue de la Fontaine-austand-up.” He is what he describes as a “midwife”. “I help Roi, à République, se succèdent les talents d’aujourd’hui other people and push them to renew themselves,” he says. (Mathieu Madenian, Tom Villa, Fadily Camara, Hugo tout “There aren’t many people like me who work with so many seul…) et, encore en couveuse dans «Le Labo du rire», young comics. We work together to create «Le parrain something valuable – and that’s what I ceux de demain. Kader Aoun cherche à repérer les de l’humour «bons». Sujet sensible. «En France, on aime bien les hexagonal? love!” His latest star is Norman, a young si cela fausses valeurs et on peut facilement faire croire à un comic “discovered” on YouTube who last signifie succès. Comme en football ou en politique, les résultats year sold out 45 arena shows and is set for aider les ont moins d’importance que les bons réseaux, les bons another 40 this year. He likes the Youautres appuis, une bonne communication… On peut faire croire et pousser Tube generation’s ambition: “They do it au renouque l’on est drôle. On touche les avances, les chaînes achèall themselves, have their own direct link vellment, tent les spectacles… Au détriment bien sûr de ceux qui to the audience – and know exactly where alors oui, sont vraiment bons ! Il suffit pourtant de regarder they’re going”. je le suis» les chiffres de vente des DVD ou ceux de la SACD.» PA L AC E COS T E S F E V R I E R / M A R S 2 0 1 5

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{Talents}

PhilippeJordan

maestro surdoué S

a grâce à diriger l’orchestre captive. Les gènes hérités d’une mère danseuse ont peut-être façonné la gestuelle harmonieuse de Philippe Jordan. Depuis 2009, ce séduisant quadragénaire règne sur l’orchestre de l’Opéra de Paris. Chez les Jordan, on a la musique dans le sang. Le père, Armin, était un chef d’orchestre réputé en Suisse et apprécié en France. Né à Zurich, le jeune Philippe manifeste des dons très tôt. Son diplôme de professeur de piano en poche, il commence sa carrière à Ulm en Allemagne comme maître de chapelle, puis il devient l’assistant de Daniel Barenboïm à l’Opéra d’Etat de Berlin. Il se perfectionne à Graz en Autriche, mais il veut connaître le monde: les festivals réputés de Glyndebourne, d’Aix-en-Provence et de Salzbourg l’accueillent, tout comme les salles d’opéra prestigieuses du Met à New York et de Covent Garden à Londres. Parallèlement, il fait ses débuts avec les plus grands orchestres symphoniques comme chef invité. A 35 ans, il décroche le poste vacant de directeur musical de l’Opéra national de Paris. Dès lors, il n’aura de cesse de lancer des défis aux musiciens de l’orchestre, à commencer par le Ring de Wagner, qui n’y a pas été représenté depuis 1957. Ses débuts éclatants à Bayreuth avec Parsifal le distinguent comme l’un des meilleurs chefs wagnériens. Ainsi retrouvera-t-il la Colline verte en 2017 avecLes Maîtres chanteurs de Nuremberg, une œuvre qu’il présente à Bastille du 1er au 28 mars. Le chef fait aussi sortir son orchestre de la fosse. Il accomplit un cycle des symphonies de Beethoven et donne lesGurre-Lieder à la Philharmonie le 19 avril en cette saison lancée avec Schönberg. S’il excelle dans le répertoire germanique –il dirigera Le Chevalier à la rose de Richard Strauss en mai–, peu à peu il fait sienne la musique française, avec Debussy, Chausson, un album Ravel (Erato) couvert d’éloges et un cycle Berlioz qu’il va conduire sur plusieurs saisons. Mais le prodigieux chef ne doit pas occulter le pianiste. Le 27 mars, au Palais Garnier, il accompagne Renée Fleming en récital. Double culture oblige, il est depuis 2014 le directeur musical de l’Orchestre symphonique de Vienne, avec lequel il interprétera au printemps Bach et Beethoven. Le maestro n’a pas fini de nous fasciner !

Johannes Ifkovits

ALICE DE CHIRAC

Philippe Jordan, musical director of the Paris Opera, began his career as Kapellmeister in Ulm, before conducting at celebrated festivals (Glyndebourne, Salzburg, Bayreuth) and some of the greatest opera houses. Aged just 35 he was appointed in Paris, where he immediately began showing his ambition with a full Ring Cycle, the first since 1957. On March 27, he will accompany Renée Fleming at the Palais Garnier, before heading off to conduct Bach and Beethoven with the Vienna Symphony. A non-stop maestro!


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REBECCA

Marder

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ifficile de se glisser dans l’univers onirique de Bonnie Banane, sans justement avoir l’impression de glisser sur une peau de banane en GIF. Il faut dire, à notre décharge, que Bonnie est passée experte dans l’art de nous amener du point A au point C (voire au point D), sans forcément passer par la case FB, quoique… La preuve : depuis quelques années, celle qui se revendique à la fois comme comédienne (elle suit actuellement des cours de théâtre et songe au cinéma), chanteuse, multicasquette, bombe anatomique et membre du collectif Weirdata ne cesse de bousculer le hip-hop avec son r’n’b lent, codéiné et bourré de second degré. Un son du futur (qui emprunte autant à la nouvelle scène r’n’b US façon The Internet qu’à l’électro-pop second degré d’Elli & Jacno) et qui ratisse, les doigts en V et le pantalon remonté haut sur la taille, à 360°, paroles en français SVP. Capable autant d’aborder en chanson la problématique pop-philosophique de Leonardo DiCaprio dans Titanic que de se passionner pour l’héritage soul psyché d’Alice Coltrane, de questionner l’héritage postcolonial français que de se vautrer la culotte à l’air dans la déconnade franchouillarde à la Jean Yanne, tout en balançant des vidéos Web 1.0 qui questionnent notre rapport à l’esthétisme, Bonnie Banane est un petit concentré parfait des obsessions de notre époque : le mix de plus en plus taré entre pop et underground, le second degré comme acte de résistance, la mode indé comme doigt en l’air. Car, c’est bien connu, Bonnie ou pas, la Banane, on a envie de la dévorer par les deux bouts.

PATRICIA KHENOUNA

“I feel like a mouse that stole an ID badge to attend a rehearsal,” says Rebecca Marder, the Comédie Française’s most recent, and youngest, recruit. The 20-year-old French-American actress made her film debut aged five and “never wanted to leave the set!” Spotted by Éric Ruf, head of the Comédie, she joined France’s most prestigious troupe in June last year, and is ready for the spotlight.

PATRICK THÉVENIN

Bonnie Bananeis as capable of singing about the pop-philosophical problem of Leonardo DiCaprio in Titanic, as she is of questioning France’s postcolonial legacy, all while uploading web 1.0 videos that question our relationship to aesthetics. She is, in other words, a perfect mixtape of contemporary tics and obsessions: a twisted version of underground pop, using irony as an act of resistance. PA L AC E COS T E S F E V R I E R / M A R S 2 0 1 5

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Bonnie Banane: Alex Sabot / Rebecca Marder: Stéphane Lavoué, coll. Comédie-Française

BONNIE Banane

olière aurait adoré la candeur et la fougue attendrissantes de ses 20 ans. Toute frêle dans son immense pull à franges noir et blanc, Rebecca Marder n’en revient toujours pas d’être la nouvelle pensionnaire (et benjamine !) de la Comédie-Française. «J’ai l’impression d’être une souris qui aurait volé un badge pour assister à une répétition !» avoue cette jeune Franco-Américaine. C’est pourtant bien elle qui vient d’interpréter une délicieuse Lucietta dans Les Rustres de Goldoni et qui est actuellement en tournée avec George Dandin, de Molière. Grandir entre une mère critique de théâtre à Libération et un père new-yorkais compositeur de musique de film n’a fait qu’affûter son appétit pour le spectacle. A 5 ans, elle donne la réplique à Louis Garrel au cinéma dansCeci est mon corps. «Je ne voulais plus quitter le plateau !» se souvient celle à qui l’on cachait pudiquement les yeux pendant les scènes de sexe. Charmante petite peste dans Demandez la permission aux enfants, elle incarnera ensuite la fille de Gad Elmaleh dans La Rafle, avant de remporter le prix du meilleur jeune espoir féminin au festival de la fiction TV de La Rochelle pour le rôle-titre du téléfilm Emma. Lorsque Eric Ruf, l’administrateur de la Comédie-Française, lui fait passer une audition après l’avoir repérée au Théâtre national de Strasbourg, il est conquis par sa prestation. Depuis, Rebecca arpente les couloirs de la maison de Molière, et n’a qu’une ambition : être digne des illustres fantômes qui l’ont habitée…


{Talents}

Des gens que j’aime…

SYLVIE Guillem D

es gens que nous aimons nous parlent des gens qu’ils aiment… Sylvie Guillem était sans doute la plus grande danseuse du monde. Elle avait annoncé qu’elle s’arrêterait fin 2015. Après une dernière tournée mondiale triomphale, elle a donné her last dance en direct à la télévision japonaise, son dernier pas ajusté à la dernière note du Boléro, le 31 décembre à minuit. Sur Facebook, Sylvie Guillem a posté ce proverbe zoulou : «Si tu avances, tu meurs. Si tu recules, tu meurs. Alors pourquoi reculer ?» Donc elle avance. A grands jetés parfois, entre la force tranquille et l’action directe de ceux qu’elle a choisi d’évoquer, voire de suivre. 1. ALEXANDRA DAVID-NÉEL. «Mon héroïne… Moi, j’ai rêvé avec cette femme-là. A une époque où les femmes ne devaient ni apprendre de langues étrangères ni voyager, s’en tenir à gérer un foyer, elle a décidé de partir, d’apprendre l’anglais, puis le mandarin. A Tunis, elle a dit au revoir à son mari sur un quai pour ne le revoir que quinze ans après… Elle a fait du théâtre, été chanteuse. A cheval, elle a traversé le Tibet interdit où les lamas l’ont accueillie… Elle est morte à plus de 100 ans. J’avais lu sa biographie et m’étais dit : ça, c’est une vie ! Non, pas «une» vie. Il y a une vingtaine de vies à l’intérieur de la sienne. Le courage et la passion m’impressionnent. A peu près tous les gens que j’aime ont cette force-là, cette peur de rien.» 2. WANGARI MAATHAI. (Biologiste kényane, initiatrice du Green Belt Movement, Prix Nobel de la Paix2004, morte en2011.) «Encore un tempérament extraordinaire. Dans un monde un peu fou, violent, qu’une femme (encore une femme) se lève et en entraîne d’autres dans une des actions les plus vitales au monde : planter des arbres (30 millions en seize ans)… Ce sont des gens entiers, pleins. Dans ce combat pour la survie, contre le business et la domination, on a envie de les aider.» 3. MALALA YOUSAFZAI. (Militante pakistanaise des droits des femmes, Prix Nobel de la Paix2014.)«Quelle maturité ! Elle s’est fait tirer dessus par les talibans à 13 ans... A cet âge-là, avoir déjà une voix si dérangeante pour les adversaires de l’éducation, notamment des filles… Et elle se remet sur ses pieds, elle continue à se battre. “Si les leaders du monde entier arrêtaient huit jours de financer les armements, c’est 39 milliards qu’on récupérerait pour l’éducation”, dit-elle. Mais qui l’entend ?» 4. PIERRE RABHI. «De lui, je tiens cette légende amérindienne : «La forêt qui brûle». Alors que tous les animaux fuient, un colibri s’évertue dans des allers-retours à apporter, goutte à goutte, de l’eau. Au tatou exaspéré par ce

manège selon lui inutile, le colibri répond : “Je fais ma part.” Je ne l’ai jamais rencontré, mais je m’investis dans la biodiversité semencière via l’association Kokopelli, dont il est vice-président. Je mangeais n’importe quoi. Il y a quatrecinq ans, j’ai décidé d’être végétarienne, puis “vegan” (c’està-dire de n’acheter aucun produit issu des animaux ou de leur exploitation) : ma façon de faire ma part.» 5. MASANOBU FUKUOKA. «Le père de l’agriculture naturelle. Biologiste japonais, il travaillait aux contrôles dans les aéroports. Il a eu une sorte de révélation : la nature est parfaite. On cherche midi à 14 heures. Retourné dans la ferme de ses parents, au lieu de se poser la question : “Que faire pour produire plus ?”, il s’est demandé : “Que dois-je ne pas faire ?” Ses études et recherches de détective l’ont conduit à écouter et laisser faire la nature. Au début, il a tout perdu. Au bout de dix ans, il a gagné les meilleures récoltes. La permaculture lui doit beaucoup. Je vais m’y mettre. Ce petit monsieur m’a plu.» 6. PAUL WATSON. (Activiste écologiste canadien, fondateur de la Sea Shepherd Conservation Society, armada au pavillon de pirates contre les baleiniers et autres chasseurs des mers.) «J’avais été frappée par son énergie : “Assez de blabla ! Pendant qu’on est là autour d’une table, d’autres tuent toutes les espèces de la mer.” Fiché par Interpol, les Japonais rêvent de le voir en prison et sa tête est mise à prix par la mafia taïwanaise… Les gouvernements le qualifient de “crétin d’écoterroriste”. Pour moi, l’écoterroriste, c’est Monsanto. Quand il coule un bateau, Paul Watson évite des massacres. Il sauve. L’équilibre de la mer est en péril, et la mort de la mer, c’est la nôtre. Et puis, il n’y a jamais eu ni morts ni blessés.» 7. MICHEL ONFRAY. (Découvert à la télé, elle l’écoute en podcast sur France Culture.) «Moi, j’apprends énormément et trouve extrêmement important qu’il puisse proposer tout ce qu’il sait aux gens qui veulent bien l’entendre. Qu’on soit d’accord ou pas, il est très courageux, pas hermétique : on suit une pensée, on suit une vie. Il donne envie de savoir, envie d’être intelligent.» 8 et 9. LAURENT GAUDÉ et ROBERT LEPAGE. «Des poètes. Ils vous ouvrent un monde à part. Laurent Gaudé, il m’emmène où il veut. Je l’avais contacté quand je dansais encore, j’avais envie d’un spectacle avec un de ses livres. Je voulais aussi rencontrer la personne. Il a une façon tellement douce et tendre d’écrire… Robert Lepage, lui, il vous donne une clef, vous ne savez pas ce qu’elle ouvre, il vous embrouille, et d’un seul coup, c’est là. Le processus et le résultat. Il a une grande intelligence, visuelle et émotionnelle, le talent de

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Gilles Tapie

vous emmener, comme j’imagine on emmène un enfant qui vous demande une histoire le soir. J’avais adoré son Andersen et l’avais contacté. Travailler avec lui, c’était vivre en direct cette gymnastique de l’esprit, ce master des puzzles.» Dans son puzzle à elle, on aurait pu ajouter le dalaï-lama, la cabane en Sibérie de Sylvain Tesson («avec un peu moins de vodka»)… ou le rugby, dont les matchs peuvent la faire sauter debout sur un canapé. Cela dit, sa pièce maîtresse s’appelle aujourd’hui Sauver le monde : «Je pense que ce ne sera pas un voyage vers la beauté et le bonheur. Celui-là, je l’ai vécu avant.» Sylvie Guillem est une étoile solaire. «Capable, comme l’écrit Etty Hillesum, à chaque obscurité, d’ajouter plus de lumière.» S A B I N E E U V E R T E

Until her retirement on December 31, 2015, Sylvie Guillemwas perhaps the world’s greatest dancer. She tells us about the people who matter in her past and present. Alexandra David Neel “My heroine. Back when women weren’t supposed to travel or learn a foreign language she crossed Tibet on a horse. She lived not one life but 20!” Wangari Maathi, Kenyan biologist and 2004 Nobel winner. “An extraordinary character: a woman who motivated others to plant over 31 million trees.” Malala Yousafzi, Pakistani women’s education activist and 2014 Nobel winner. “Shot by the Taliban aged 13, she carries on fighting the enemies of women’s education. What maturity!” Pierre Rahbi, environmental and sustainablefarming activist. “He once told this fable: as the forest burns, a hummingbird drips water onto the flames. An armadillo is exasperated by this behavior, but the hummingbird replies, ‘I’m doing my share’.” Masanobu Fukuoka, Japanese “natural farming” advocate. “He asked not, ‘How can I produce more?” but rather, ‘What shouldn’t I do?’ To begin with he lost everything; 10 years later he had the most productive harvests.” Paul Watson, founder of Sea Shepherd Conservation Society. “The Japanese dream of seeing him in prison, the Taiwanese mafia have a price on his head, but for me Monsanto is the ecoterrorist, not him.” Michel Onfray, philosopher. “He makes you want to understand better and be more intelligent.” Laurent Gaudé, author, & Robert Lepage, director. “Poets who open up another world: Gaudé has such a gentle and tender way of writing, while Lepage gives you a mysterious key and suddenly, it’s there: process and result.”

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Laurent

Favre-Mot «La majeure partie de mes tatouages ne sont pas visibles. un tatouage, c’est personnel. Les miens représentent des périodes de mavie»

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aurent Favre-Mot me reçoit dans sa pâtisserie, ouverte il y a quelques mois dans le quartier de South Pigalle, à deux pas de la rue des Martyrs. Longue barbe, chemise en jean, tatouages jusque sur les doigts, l’apparence du Marseillais de 43 ans détonne et étonne dans le milieu de la pâtisserie. Lui, cela fait près de trente ans qu’il se fait tatouer. Son premier tatouage, un «vilain truc sur l’épaule», c’était à 14 ans. «Il faudrait que je le fasse recouvrir à l’occasion, il date un peu. Au départ, me faire tatouer, c’était un acte de rébellion, avoue-t-il. J’ai été élevé à Cannes, une ville bourgeoise, par des parents commerçants… Le tatouage, c’était une manière d’aller contre. Je reconnais que j’étais un peu stupide, c’était vraiment très impulsif, je le regretterais presque.» Une exception, pour le pâtissier, qui ne renie aucun de ses autres tatouages. «Je les assume tous, ils sont tous réfléchis, symboliques. Il y a une vraie logique dans mes tatouages, je sais ce qu’ils représentent.» Il montre alors sa dernière inscription, un oiseau tatoué sur sa main gauche. «Celui-là, par exemple, j’y ai réfléchi un an et demi avant de le faire. La majeure partie de mes tatouages ne sont pas visibles. Je pense qu’un tatouage, c’est personnel, tout le monde a son histoire à raconter. Les miens représentent des périodes de ma vie, ils sont faits pour me plaire à moi, pas aux autres ! Je pense d’ailleurs que ceux qui se font tatouer des têtes de mort en chocolat, personne ne l’avait fait. J’ai pour le regard des autres vont finir par le regretter.» donc fabriqué mon moule et je suis allé le déposer. J’ai été le Quant au qualificatif de «pâtissier rock’n’roll» dont il est premier. On va dire que j’ai juste été malin. Mais je ne voue souvent affublé dans la presse, il dit ne pas s’y reconnaître. pas une adoration aux têtes de mort, loin de là. Ce n’est pas «D’abord, je ne pense pas qu’avoir des tatouages ce soit être pour faire rock, ou dark.» L I L A V A N D E P U T rock’n’roll. Le terme ne correspond ni à ce que je peux être ni à ce que je veux représenter. D’ailleurs, pour moi, une Laurent Favre-Mot Pâtisserie. 12 rue Manuel, Paris IXe. personne rock’n’roll, ça ne veut rien dire du tout. Photographie Christophe Billet «Je pense Qu’on dise que je suis atypique, que j’ai une qu’il y a des démarche différente et que je cultive ma difféPastry chef Laurent-Favre Mot got his first périodes rence, par contre, oui. Si c’est pour faire ce que dans la vie où tattoo at the age of 14. “At the time, it was a way on a besoin font les autres, ça ne m’intéresse pas. J’ai du mal de souffrir. of acting out against my upbringing,” says the à expliquer pourquoi je pousse la porte d’un 43-year-old. “I made a rash decision; I almost C’est dans tatoueur. Mais je pense qu’il y a des périodes dans ces moments- regret it now.” Which isn’t the case for the la vie où on a besoin de souffrir. C’est dans ces là que je vais many tattoos he has since had. “They are all me faire moments-là, comme après la mort de mon père, well thought-out and meaningful to me,” piquer» que je vais me faire piquer. C’est mon point de he continues. “Most of my tattoos are not vue, en tout cas. Les tatouages sont aussi un moyen de mar- noticeable, they are meant to please me, not other people. quer les grands et les petits moments de la vie, mais, pour moi, They are personal – and mine represent periods of my life.” ils viennent surtout de ce besoin de souffrance.» As for what drives him to go see a tattoo artist, the answer is Quid de son gâteau Fucking Dark Chocolate surmonté d’une also very personal: “I have trouble explaining it, and it’s tête de mort ? «Juste du business ! dit-il. J’ai été pâtissier my own point of view, but I think there are moments in your pendant quelque temps au Printemps, il y a six ou sept ans. life when you needs to suffer. That’s when I usually A l’époque, toutes les marques de mode ont sorti leurs get a new tattoo”. motifs tête de mort. J’ai cherché si quelqu’un avait déjà fait PA L AC E COS T E S F E V R I E R / M A R S 2 0 1 6

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Daphné

Bürki

«Me faire tatouer est un moment émouvant, voire joyeux, parce que je pense très fort à la personne ouàl’élément de mavie qui a inspiré le tatouage»

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reconnaît que le tatouage est une sorte d’addiction. «Si ma tatoueuse fétiche, Sharon, était à Paris, je passerais mes week-ends dans son salon, je serais recouverte ! Mais, comme elle habite à Londres, j’y vais deux ou trois fois par an… D’abord, je commence par me demander ce que j’ai besoin de faire, ce que j’ai envie de produire. J’écris à Sharon, on échange par mail, on passe d’abord par des mots avant le dessin. Je lui exprime mes émotions, ce que je ressens, ce que j’aimerais faire… Elle m’envoie un premier dessin, je lui envoie des références et ainsi de suite… J’ai beau avoir une formation de dessinatrice, jamais je ne dessinerai quelque chose qui vienne complètement de moi.» Ce qui venait d’elle, en revanche, c’est d’avoir fièrement montré ses tatouages «Paris» et «Don’t stop me now» en direct à la télévision, trois jours après les événements tragiques du 13 novembre dernier. Un moment sincère et émouvant qui a été vu plus d’un million de fois sur Internet. «J’ai vécu comme tout le monde ces attentats avec une sidération totale. La veille de l’émission, la seule chose dont je me souvienne, c’est de m’être dit à quel point j’aime Paris et ses habitants. J’avais fait ces deux tatouages il y a quelque temps déjà et ça m’a semblé évident de les montrer puisque c’est mon corps, c’est moi. Je suis française, je suis parisienne, j’aime ma ville, et puis vous n’allez pas m’arrêter, personne ne s’arrêtera. Je n’ai pas du tout mesuré ce qu’il s’est passé à ce moment-là, je voulais juste être la plus sincère possible et je suis contente que des gens s’y soient retrouvés. Ce jour-là, mon tatouage n’était plus juste en 2D sur ma peau, il s’est mis en relief.» L I L A V A N D E P U T

lle arrive au Carmen, jean slim et tee-shirt blanc dévoilant deux bras tatoués. Marraine de l’édition 2016 du Mondial du tatouage avec son amoureux GunPhotographie Jérôme Bonnet pour Palace Costes ther Love, Daphné Bürki, souriante, enjouée, parle bien Daphné Bürki présente «La nouvelle édition» sur Canal+. sûr de ses tatouages. «Les tatouages, les piercings, ça me fas- Le Mondial du tatouage les 4, 5 et 6mars 2016 à la Grande Halle de la Villette. cinait, j’ai toujours trouvé ça sublime, explique-t-elle. Mais www.mondialdutatouage.com j’ai commencé tard, il y a six-sept ans. A l’époque, je passais très souvent devant un salon de tatouage à “I’ve always been fascinated by tattoos,” says «Pour moi, Londres qui m’intriguait. J’ai fini par y aller : il y ce n’est pas Daphné Bürki, a popular French TV host, avait des choses que j’avais envie d’avoir sur le du tout une “but I’ve only started getting my own six or corps depuis longtemps.» Le tatouage comme souffrance, seven years ago.” Since then she hasn’t stopped, ça me accessoire, très peu pour elle. Celle qui a longdéclenche adding new inks two or three times a year. des endortemps travaillé dans la mode ne calcule pas l’em“Getting a tattoo is not painful for me, on the phines et placement de ses «blasons». Elle voit le tatouage contrary, it releases endorphins! Each time, ça développe it is a very emotional and joyful moment comme un moyen de s’exprimer. Et si certains une espèce souhaitent graver des souvenirs sombres sur leur de bien-être» because I am thinking about the person or the peau, elle a choisi de ne tatouer que des choses period of my life that inspired the tattoo.” She positives. Des moments qui ont compté dans sa vie, comme proudly showed off two of them – saying “Paris” and “Don’t des «porte-bonheur» qu’elle garderait toujours sur elle. stop me now”– on live TV last November, following the Paris Même l’acte ne la fait pas souffrir. «Je vois beaucoup de gens attacks. The video quickly went viral with more than 1 milgrimacer dans les salons de tatouage, mais ce n’est pas du lion views. “It was obvious for me to show them, because it’s tout mon cas. Pour moi, ce n’est pas du tout une souffrance, me, my body,” she says. “I am French, I am Parisian, you’re ça me déclenche des endorphines et ça développe une not going to stop me, nobody is going to stop. I didn’t fully espèce de bien-être ! Me faire tatouer est un moment émou- realize what happened at the time, I just wanted to be as sinvant, voire joyeux, parce que je pense très fort à la personne cere as possible. That day, my tattoos became more than just ou à l’élément de ma vie qui a inspiré le tatouage.» Elle body art, they sort of came alive.” PA L AC E COS T E S F E V R I E R / M A R S 2 0 1 6

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Carnets de

Mode

Marco De

Vincenzo

«L’essence de ma collection, c’est la couleur, l’excentricité, l’envie de s’inspirer du passé et de le bouleverser complètement»

U

Pouvez-vous me raconter votre parcours ? Je suis sicilien. Je vis à Rome depuis de nombreuses années. J’ai suivi une formation en lettres, que j’essaye de continuer à cultiver maintenant que la mode occupe le plus clair de mon temps. En 2009, j’ai lancé ma propre marque tout en restant créateur de la maroquinerie chez Fendi. Tout ce que je sais sur la mode, je l’ai appris auprès de Silvia Venturini Fendi : la méthode de travail, l’audace, la sérénité nécessaire pour changer de peau quand on en ressent le besoin. Votre style est très personnel, très inventif… J’essaye de ne pas être obsédé par les tendances. Au contraire, je fais confiance à l’expérimentation. J’ai en tête, depuis mes débuts, une femme collectionneuse de mode, moderne, toujours à la recherche de ce qu’elle n’a pas. L’essence même de ma collection, c’est la couleur, l’excentricité, le plaisir de relever de nouveaux défis, l’envie de s’inspirer du passé et de le bouleverser complètement. Votre style est un mix de vintage et d’innovations… Je déteste penser que tout a déjà été fait. Beaucoup de belles choses ont déjà été réalisées ; ce n’est pas un crime de les PA L AC E COS T E S F E V R I E R / M A R S 2 0 1 5

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Letorres

ne poésie aux antipodes du minimalisme. Avec des collections ultra-féminines, presque psychédéliques, composées d’une mosaïque de couleurs subtiles, de matières innovantes, et de tissus scintillants… Marco De Vincenzoinvente un univers unique où le charme du vintage se marie à une modernité éclatante. Le créateur sicilien est l’un des plus brillants de sa génération.


«J’essaie de ne pas être obsédé par les tendances. au contraire je fais confiance à l’expérimentation»


Carnets de

regarder et de s’en inspirer, mais l’industrie est en constante évolution, elle nous offre de nouvelles techniques et nous aide à dépasser les limites. Pourquoi ne pas en profiter pour créer quelque chose de nouveau ? Quel est l’essentiel de votre recherche: la coupe, les matières, les couleurs, le mouvement ? J’aime beaucoup dessiner. Mais, pour imaginer le vêtement définitif, j’ai le besoin absolu de tenir un morceau d’étoffe dans mes mains. Je suis attiré par le mouvement des choses, par la façon dont la tenue change une fois qu’elle est portée. Je n’exclus rien quand je crée mes collections, car trouver l’harmonie entre des choses qui ne semblent pas en avoir au départ est le plus beau et le plus intéressant des objectifs. Quels sont les tissus de la collection été ? J’ai voulu présenter une collection légère. Je me suis concentré sur la mousseline, la dentelle, le satin, le tulle… Avant tout, les collections doivent me surprendre moi. L’ensemble doit à la fois ravir et étonner. Comment travaillez-vous l’harmonie des couleurs ? Je mélange les couleurs sans a priori. Parfois, il m’arrive d’en mettre dix sur une même tenue, tellement il m’est difficile d’en choisir une ! Colorer les collections est l’une des étapes qui me procure le plus d’adrénaline. Un tissu, une couleur préférés ? Le crêpe de soie. Quant aux couleurs,

Mode

je dirais un groupe de couleurs : les couleurs primaires. Y a-t-il quelque chose qui vous fascine ? L’art, surtout quand on sent la fatigue de l’homme qui a créé. Avez-vous un designer préféré ? Walter Albini. Il avait un goût incroyable et une vision extrêmement moderne de la femme. Un dernier mot sur les accessoires… Les lunettes colorées sont un message ? Les accessoires font partie intégrante de mon histoire depuis longtemps. Ils auront donc de plus en plus d’importance dans les collections à venir. Je conseille souvent aux autres, et à moi-même, de voir la vie en rose. Alors, oui, les lunettes de la collection printemps-été 2016 pourraient être le symbole de ce moment important et positif de ma carrière. Propos recueillis par A N N E D E L A L A N D R E

“Iam Sicilian, but I’ve been living in Rome for a long time,” explains Marco De Vincenzo, one of the most brilliant couturiers of his generation. “I launched my own brand in 2009, while I was still working as leather designer for Fendi. Everything I know about fashion I learned from Silvia Venturini Fendi. I try not to be too obsessed by trends – I trust experimentation. While lots of beautiful things have already been made, it’s not a crime to look at the past and be inspired by it, even if the industry is constantly evolving and offering new techniques that help us advance. I love drawing but to imagine the final piece I absolutely need to hold a piece of fabric in my hands. I’m attracted by how things move, how they change every time they are worn.”


«Avant tout, les collections doivent me surprendre moi. l’ensemble doit à la fois ravir et étonner»


Carnets de

Mode

Yacine

Aouadi

«MOderniser la haute couture, c’est dire qu’elle est portable»

Gregory Harris

V

oilà un destin digne d’un scénario de cinéma. Ou l’histoire du petit dernier d’une fratrie de cinq enfants, de parents d’origine algérienne installés modestement dans les quartiers nord de Marseille, qu’un fabuleux talent mène à la semaine de la couture parisienne… Mais tout ne s’est pas fait d’un coup de baguette magique, Yacine Aouadi s’est cherché. La mode, il l’a toujours aimée. Il rêvait d’ouvrir une boutique dans sa ville natale. Mais, bon petit soldat, il a suivi des études de chimie. Son BTS en poche, tout change : il opère un virage brusque et atterrit à Paris au Studio Berçot. Il se révèle. S’épanouit. Dernière ligne droite avant de se lancer en son nom : il part peaufiner son style encore balbutiant aux côtés de Christophe Decarnin, puis d’Olivier Rousteing chez Balmain. Juillet 2015. Le Grand Palais. Le jeune couturier présente sa première collection baptisée 13015 : 13 pour le nombre de silhouettes, 015 pour l’année, et, au final –une facétie des planètes, qui sait ?–, 13015, le code postal du quartier de son enfance… Des matières qui s’entrechoquent, cachemire et organza, drap de laine et dentelle, des effets d’optique prodigieux avec des tatouages brodés sur du tulle. Le tout en noir, noir sur noir et noir encore. C’est pur, sobre, entier, libre et rebelle, ça parle de choc des cultures, d’appartenance et d’individualité, c’est furieusement moderne et complètement intemporel. Yacine Aouadi présente sa nouvelle collection pour l’été: «Cette seconde collection est très différente. Ma première était noire, inspirée de Soulages, mais je ne voulais pas tomber dans le gothique. Pour l’été, il fallait apporter quelque chose de clair et chaleureux. J’ai travaillé un aspect très charnel et très “peau”. La transparence apporte une touche moderne et sexy, sans vulgarité. La haute couture permet d’épanouir sa créativité, d’innover avec de nouvelles matières et surtout de les combiner de manière innovante. C’est ça qui fait la richesse d’une collection couture. Je voulais que cette collection soit réelle, faire un vrai manteau, une vraie robe… Moderniser la haute couture, c’est dire qu’elle est portable.» C G

Yacine Aouadi grew up in Marseille and studied chemistry before heading to Paris and fashion school Studio Berçot. After graduating he worked with Christophe Decarnin and then Olivier Rosteing at Balmain. He presented his first collection, entitled 13015, in July 2015 – a beautiful, sober, and all-black mix of materials, effects and embroidery. His latest collection is more colorful, and he says, extremely “wearable”.

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Robe en coton, Fendi.


La jeune fille Photographies

Delphine Chanet Direction artistique

Anne Delalandre Stylisme

Shino Itoi


Page de droite: polo en maille ajourÊe, Carven. Short en coton, Love Stories. En arrière-plan, tissu Lancelot bleu, maison Edmond Petit.

Top en coton blanc, Chanel. Blouse en soie, Fifi Chachnil. Culotte en laine et lurex, Marni.


Veste en gaze brodĂŠe, Moncler Gamme Rouge. Culotte en coton, Petit Bateau.


Col Dior Garden en viscose et polyester, top et short ÂŤLingerieÂť en voile de coton blanc, Dior.


Page de droite: chemise en soie imprimĂŠe, Prada. Culotte en soie, Rochas. Au sol, tissu Lancelot bleu, maison Edmond Petit.

Chemise en soie imprimĂŠe et pull en laine, Prada. Culotte en coton, Fifi Chachnil. Au sol, tissu Lancelot bleu, maison Edmond Petit.


Page de gauche: blouse en soie rouge et jupe en cuir glacé, Gucci.

Robe chemise à rayures en popeline de coton, Versace. Culotte en coton, Fifi Chachnil. Rideau Velours Lumière, maison Edmond Petit.


Photographe: Delphine Chanet. Modèle: Juliette Fazekas @IMG Paris. Directrice artistique: Anne Delalandre. Styliste: Shino Itoi. Maquilleuse: Khela @Call my agent. Coiffeur: Chiao Chenet @Airport Agency. Set-designer: Cédric-Cyril Colonges @Quadriga. Digital captureet retouches digitales: Imag’in Productions. Assistant photographe: Stan Rey-Grange. Assistante styliste: Coline Peyrot. Assistant set-designer: Alexis Anouman. Assistante: Melissa De Araujo. Merci à Isabella @luxchick pour son chat Coca. Merci au Centre d’art et de danse Elephant Paname pour son formidable accueil.

Robe en maille de viscose, Alaïa.


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Carnets de

Mode

Festival baroque

P

age de gauche, de haut en bas et de gauche à droite : sandale Stella Luna ; escarpin Cosmolip, Christian Louboutin ; sandale en sequins, Gucci ; sandale et sandale plateforme, Dries Van Noten. Page de droite : sandale multicolore, Pierre Hardy ; sandale cuir imprimé léopard, Christian Louboutin ; sandale cloutée, Gucci ; sandale lacée, Paula Cadermatori. Left page, from top to bottom and from left to right: sandal Stella Luna; sequin ruffle mule sandal Gucci; Cosmolipstiletto Christian Louboutin; sandal and platform sandal Dries Van Noten. Right page: multicolored sandal Pierre Hardy; leather sandal Christian Louboutin; spiked sandal Gucci; lace-up sandal Paula Cadermatori.

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m i x t e

Photographies Antoine & Balthazar Direction artistique Anne Delalandre Stylisme ClĂŠmence Cahu

Robe avec des feuilles en cuir noir, blanc et marron, VĂŠronique Leroy.


Combinaison en stretch twill, Kenzo. Veste saharienne en popeline de coton, Maison KitsunĂŠ.


Col roulé en coton, Harmony. Veste de tailleur et pantalon de costume droit en laine mélangée, Paul & Joe. Sandales à brides croisées en cuir métallisé, Gucci. Collier en laiton doré et pyrite, Sylvia Toledano.


Polo blanc en polyester avec détails jaune fluo, Lacoste. Pull en coton noir avec plongeur brodé, Carven. Collier «Blood Diamonds» en or rose et diamants, Stone Paris. Boucle d’oreille en métal doré, «Pisces Fortune», Louis Vuitton. Bague «Goutte de jour», or et diamant, porté en bague et en pendentif, Mauboussin.


Robe en soie et dentelle, Rochas. Cardigan en cachemire, Barrie. Escarpins en veau verni blanc, noir et fard, Dior. Boucles d’oreilles en acétate marron, Véronique Leroy. Montre «Boy.Friend», boîte, lunette et couronne en or beige, cadran opalin guilloché et cabochon en onyx, bracelet en alligator noir et boucle en or beige, Chanel Horlogerie.


Pull court en laine écru, Dior. Veste en tweed d’été ivoire, Lanvin. Pantalon en viscose, Stella McCartney. Chaussures compensées «Bow» en cuir lisse et cuir verni, Céline. Bague «Talisman Signet» en or jaune sertie de diamants bruts et polis, blancs et de couleur, De Beers.


Pantalon en laine noire, De Fursac. Veste «Moon» en coton et chemise oversize en soie, Saint Laurent par Hedi Slimane. Médaille «Talisman 10» en or jaune sertie de diamants blancs, jaunes, bruns, bruts et polis, De Beers.


Chemise pyjama en soie, imprimé aigle rose clair, Louis Vuitton. Pantalon fitté en jacquard zébré de soie mélangée, Lanvin. Casquette en néoprène noir, Maison Michel.


Collier avec pendentifs en porcelaine émaillée et laiton doré, Céline. Soutien-gorge dos croisé, American Apparel. Jupe en tulle et tweed, Chanel.


Polo blanc à col vert en coton, Fred Perry. Tee-shirt en cachemire et coton, Montagut x Adieu et à Demain. Etole en soie, imprimé animal, Louis Vuitton. Pantalon de costume gris en laine, Harmony. Chaussettes vintage, Nike. Baskets running en agneau et tissu technique léopard bordeau, Lanvin.


Combinaison pantalon drapée en crêpe caviar écru avec attaches aux épaules, Maison Rabih Kayrouz. Bustier en denim, Martin Grant. Collier «Glacier», pendentif aigue-marine, diamants et cristal de roche, Lorenz Bäumer.


Top en fibres techniques, Issey Miyake. Short noir en cuir, Dsquared2. Sandales gladiateur en cuir métallisé, Gianvito Rossi. Boucle d’oreille en métal doré, «Pisces Fortune», Louis Vuitton. Manchette «Juste un Clou», or gris serti de diamants, Cartier.


Costume en coton imprimé, chemise en mousseline et mocassins à bride arrière avec mors en cuir brodé,Gucci.


Photographieset layout : Antoine & Balthazar. Mannequins: Kim Riekenberg @Oui management. Joris Mortet @16Men ; Erik Nordin @Marilyn Hommes. Directrice artistique: Anne Delalandre. Styliste : Clémence Cahu. Maquilleuse: Frédérique Van Espen@ Aurélien. Coiffeur: Martyn Foss Calder@ Airport. Opérateur numérique: Pierre-Etienne Huvenoit. Assistante styliste: Laure Demonchy. Assistante: Mélissa De Araujo.

Robe en crêpe de Chine avec détails trompe-l’œil, Gucci. Bottes hautes «Lanvin Block Heel» en veau velours, Lanvin. Boucles d’oreilles en acétate marron, Véronique Leroy. Bracelet «Aquarella», or blanc, opale d’Australie, saphirs violets, émeraudes et diamants, Cartier.


D

Corpsélectriques

ani Olivier dit que son travail se résume à trois choses: «un corps de femme, un fond noir et de la lumière». Il appelle ses images des «projogrammes» ou des «mouvogrammes». «Je ne fais que ça! J’espère toujours une harmonie. Entre deux formes, celle abstraite que je projette et celle vivante que je regarde. Je ne veux pas que les femmes que je photographie soient habillées, sinon ce serait de la mode… Je veux des images hors du temps. Ce que je recherche, c’est une rencontre, entre cette projection graphique et un corps feminin… Je regarde ce qui se crée : les lignes droites ou les formes géométriques bougent, se déforment au hasard de la fusion avec les courbes, les seins, les hanches… Et parfois se fabrique une perfection: l’image est bonne, elle me surprend, j’ai le sentiment de ne l’avoir jamais vue avant, je la garde.» Dans ses photographies, les corps des femmes disparaissent presque, à la limite de l’abstraction. Dani dit aimer voir dans ses images «l’empreinte que la fille a laissée dans l’espace. Comme une aura.» Il y a comme une vibration dans ses photographies. Comme l’invention de corps électriques. C M French photographer Dani Oliver describes his work as “a woman’s body, a black backdrop and lights. I want to create images that exist out of time. I look for the meeting between the projection and the female body.” He says that what he likes to see in his photographs is, “the trace the girl left in the space, her aura.”


Corps magnétique (2015)


Marianne (2015)


Le cœur (2015)


Sans titre (2014)


Portrait (2014)


Sans titre (2015)


Ballerine (2015)


Sans titre (2015)


LinĂŠogramme (2015)


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Galeries &M u s é e s

M

oqué, vilipendé, porté aux nues, que n’a-t-on dit d’Henri Rousseau(1844-1910), surnommé le Douanier ! Pourtant rien n’a arrêté ce commis de l’octroi de la porte de Charenton de poursuivre en autodidacte son chemin dans la peinture. Effectivement, dans les dernières années du XIXe siècle, son œuvre hybride et foisonnante pouvait surprendre le public. Ses animaux folâtrant dans l’entrelacs des feuillages tropicaux avaient de quoi déconcerter la critique désarçonnée par une exubérance décapante mettant à mal toutes les règles classiques de la représentation. On riait, mais on finit par admirer, avec la volonté de célébrer un cas isolé pour mieux le circonscrire. On en fit le peintre naïf par excellence, le représentant idéal de l’enfance retrouvée en ignorant délibérément son travail de copiste au Louvre et sa formation auprès de peintres reconnus. Bref, tout le monde y trouvait son compte. Sa maladresse supposée réjouissait, les surréalistes vantaient son imaginaire débridé et chacun se délectait de cet aérolithe insolite. L’exposition d’Orsay a le mérite de briser ce carcan assez convenu en multipliant les questions et les relations que les toiles du Douanier tissent en amont et en aval de sa production, démolissant avec bonheur le poncif paresseux de l’excentricité sans pour autant dissiper l’impact

de son extravagance. Le parcours met l’accent sur les antécédents du Douanier et sur ses influences avec une incursion formidable outre-Atlantique auprès de peintres américains du XIXe siècle qui, eux aussi, empruntent des voies parallèles assez proches des siennes. Si Henri Rousseau a bien sûr regardé de près ses contemporains, il a, lui aussi, été examiné à la loupe par ceux qui l’ont suivi. Du côté de ses adeptes, citons Carlo Carrà, le cofondateur du futurisme italien, qui retint particulièrement la leçon du Douanier. Mais pour remettre les pendules à l’heure, voici comment

Le Douanier Rousseau

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Galeries & Musées

Jean-Michel

Alberola P

remière grande exposition personnelle à Paris de l’artiste français Jean-Michel Alberola depuis près de vingt ans, «L’aventure des détails»rassemble travaux inédits et créations plus anciennes : néons, peintures, installations, textes… L’occasion de revisiter l’œuvre politique, poétique et pleine d’humour d’un artiste aux talents multiples. PALAIS DE TOKYO. Jean-Michel Alberola. L’aventure des détails. 13 avenue du Président-Wilson, ParisXVIe. 0181973588. Jusqu’au 16mai. French artist Jean-Michel Alberola’s first major solo show in Paris for 20 years is the opportunity to (re)discover his political, yet poetic work. ce dernier définissait sa place dans l’histoire de l’art à l’occasion d’un dîner au Bateau-Lavoir offert en son honneur, en 1908. Il déclarait notamment à Picasso : «Finalement, nous sommes les deux grands peintres de l’époque, toi dans le genre égyptien et moi dans le genre moderne.» BERTRAND RAISON MUSÉE D’ORSAY. Le Douanier Rousseau. L’innocence

archaïque. 1 rue de la Légion-d’Honneur, Paris VIIe. 01 40 49 48 14. Du 22 mars au 17 juillet. “In the end,” Henri Rousseautold Picasso in 1908, “we are the two greatest painters of our age”. Nicknamed the Douanier (the customs officer), Rousseau was mocked, lambasted and celebrated in equal measure both during his life and after his death. His image as the folk artist par excellence appealed to the Surrealists and others, but conveniently ignored how he was a copyist at the Louvre and admitted to having received “advice” from two classical painters. The Musée d’Orsay’s new show destroys some of the myths, placing Rousseau and his style in a historical and artistic context, while tracing his subsequent influence. «La Charmeuse de serpents», 1907 ©RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay)/ Hervé Lewandowski ; «La Guerre», vers 1894 ©Musée d’Orsay, dist. RMNGrand Palais/Patrice Schmidt. Page de droite : «L’Enfant à la poupée», 1904-1905 ©RMN-Grand Palais (Musée de l’Orangerie)/Franck Raux.

«Fétiche Gardien de l’enfance de tout», 2005-2008, photo ©Bertrand Huet/Tutti, ADAGP, Paris 2016 ; «(Crâne) néon», 1995, collection Fondation Cartier pour l’art contemporain ©Jean-Michel Alberola/ADAGP, Paris 2015, photo ©Florian Kleinefenn/ADAGP, Paris 2016.

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Galeries & Musées

Daido

Moriyama D

epuis les années 1960, Daido Moriyama arpente les villes, appareil photo au poing. Pour lui, dès ses débuts auprès d’Eikoh Hosoe, un des maîtres de la photographie japonaise, une image ne saurait exister hors d’un environnement urbain. Il sera influencé par le style théâtral de son mentor et partagera l’amour de ce dernier pour les quartiers chauds de Tokyo. Marcheur infatigable, il glisse à la rencontre des foules. Loin de s’isoler dans la tranquillité des studios, ce piéton traîne de trottoir en trottoir, préférant le clair-obscur des ruelles et des arrièrecours. Il aime la rudesse de l’instant et combat l’académisme. Converti par la démarche sans concession de William Klein, il déconcerte et se fera remarquer par son approche radicale de la prise de vue. Ses photographies noir et blanc très contrastées dénotent, parce qu’elles ignorent les lois du genre. Daido Moriyama se compare volontiers à un chien errant, flairant l’air du temps, allant où bon lui semble et à ce titre se fichant comme d’une guigne que ses images soient floues ou décadrées, en couleur ou pas, même si à cet égard il leur attribue des fonctions précises. C’est ainsi en toute logique que le texte qu’il écrit en guise de préface à l’exposition que lui consacre la Fondation Cartier est un éloge de Shinjuku. Quartier effectivement non aseptisé de la capitale nippone dans lequel se côtoient quelque deux cents bars et qu’il assimile à un «monstre aux couleurs franches, débordant de vie, parcouru de constants soubresauts». Une définition on ne peut plus appropriée de son œuvre photographique. BERTRAND RAISON FONDATION CARTIER POUR L’ART CONTEMPORAIN.

Daido Moriyama. Daido Tokyo. 261 boulevard Raspail, Paris XIVe. 01 42 18 56 50. Jusqu’au 5 juin. Since the 1960s Daido Moriyama has been capturing the streets of Tokyo and their denizens in stunning, highcontrast black-and-white photographs, each one more fight in his ongoing battle against genre and convention. He compares himself to a stray dog, led to places by instinct, and that sixth sense often takes him back to Shinjuku. It’s a neighborhood he describes as “a monster, overflowing with life” – just like his photographs. «Dog and Mesh Tights», 2014-2015, diaporama de 291 photographies noir et blanc, 25 min, musique de Toshihiro Oshima, conception audiovisuelle de Gérard Chiron, courtesy de l’artiste/Getsuyosha Limited/Daido Moriyama Photo Foundation. PA L AC E COS T E S F E V R I E R / M A R S 2 0 1 6

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Seydou Keïta A

rtiste autodidacte, Seydou Keïta (1921-2001) ouvre son studio de photo à Bamako en 1948, où il réalise des portraits de commande, principalement en noir et blanc. Sa maîtrise du cadre et de la lumière, son sens de la mise en scène et sa façon de mettre en valeur ses sujets le font rapidement connaître dans tout le Mali. En 1962, contraint par les autorités de fermer son studio, il devient photographe officiel du gouvernement socialiste de Modibo Keïta, jusqu’en 1977. Son œuvre est à découvrir au Grand Palais, qui lui consacre une première grande rétrospective réunissant près de trois cents photographies. GRAND PALAIS. Seydou Keïta. 3 avenue du Général-Eisenhower, Paris VIIIe. 01 44 13 17 17. Du 31 mars au 11 juillet. The Grand Palais is giving a first major retrospective to Seydou Keïta, a self-taught Malian photographer who shot portraits at his studio in Bamako from 1948 to 1962, before becoming the government’s official photographer. «Sans titre», 1952-1956 ©Seydou Keïta/SKPEAC/photo courtesy CAACThe Pigozzi Collection, Genève.

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Bentu

a Fondation Louis Vuitton met l’art contemporain chinois à l’honneur avec l’exposition «Bentu», qui réunit douze artistes aux techniques et aux médiums variés (peinture, photographie, vidéo ou installation), vivant et travaillant en Chine. Parmi les artistes sélectionnés, on retrouve le plasticien Xu Zhen, le peintre Liu Xiaodong ou encore le photographe, peintre et sculpteur Liu Wei. FONDATION LOUIS VUITTON. Bentu. Des artistes chinois dans la turbulence des mutations. 8 avenue du Mahatma-Gandhi, Paris XVIe. 01 40 69 96 00. Jusqu’au 2 mai. Bentu features the work of 12 contemporary Chinese artists, including Xu Zhen, Liu Xiaodong and Liu Wei.

Liu Xiadong, «Bent Rib», 2010, courtesy de l’artiste. Liu Wei, «Liberation n°16», 2014, courtesy Liu Wei Studio.

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Galeries & Musées

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Henri Salesse

n 1945, Henri Salesse est recruté au sein du service photographique du ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme afin de documenter les travaux d’aménagement du territoire, défiguré après six ans de conflit. Jusqu’en 1977, le photographe parcourt les villes et les campagnes de France, visite les chantiers, les nouvelles constructions… et collecte des milliers de clichés, devenant un témoin privilégié de la transformation spectaculaire du paysage national. MAISON DE LA PHOTOGRAPHIE ROBERT DOISNEAU. Henri Salesse. Nouveau monde 1945-1977. 1 rue de la Division-duGénéral-Leclerc, Gentilly (94). 01 55 01 04 86. Jusqu’au 24 avril. From 1945 until 1977, photographer Henri Salessea was employed by the French government to document the reconstruction of France after the destruction of World War II. «Circulation porte d’Orléans à 18h30, Paris, avril 1958» ; «Enquête sociologique 3, rue Marin-le-Pigny, Rouen, septembre 1951» ©MEDDE/MLETR.

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Etoiles

nciennes étoiles de l’Opéra de Paris, ensemble à la ville comme à la scène, les danseurs Nicolas Le Richeet Clairemarie Ostase dévoilent dans une exposition en quatre mouvements à l’Eléphant Paname. A travers des photos, objets personnels, vidéos, costumes et accessoires de scène, une incursion dans les coulisses du monde de la danse. ÉLÉPHANT PANAME. Etoiles. 10 rue Volney, Paris IIe. 01 49 27 83 33. Jusqu’au 29 mai. Etoilesunveils both the carreer and personal life of former ballet dancers and real-life couple Nicolas Le Richeand Clairemarie Osta. «Pointes de Clairemarie Osta», archives personnelles. «Clairemarie Osta et Nicolas Le Riche», 2009 ©Ann Ray. PA L AC E COS T E S F E V R I E R / M A R S 2 0 1 6

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GabPub.qxp_Palace 16/02/2016 17:39 Page3


François Kollar U

ne première rétrospective consacrée au photographe d’origine hongroise François Kollar, figure majeure du reportage industriel et social en France. L’exposition regroupe 130 tirages noir et blanc des années 1930 à 1960 (photographies de mode, publicités, la série de reportages La France travaille…) constituant un témoignage unique sur la société française de l’époque. JEU DE PAUME. François Kollar. Un ouvrier du regard.1place de la Concorde, ParisVIIIe. 01 47031250. Jusqu’au 22mai. Photographer François Kollar was active from the 1930s to 1960s and his work offers a unique account of French society and industry at the time. «Bouche du tunnel Sainte-Catherine, Sotteville-lès-Rouen», 1931-1932, donation François Kollar, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine. PA L AC E COS T E S F E V R I E R / M A R S 2 0 1 6

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Galeries & Musées

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Barbie

a poupée la plus célèbre au monde fait l’objet d’une exposition qui l’inscrit dans une perspective historique et sociologique. Depuis sa création en 1959, Barbie, décriée pour l’image stéréotypée et inatteignable de la femme qu’elle présentait, n’a pourtant cessé de se réinventer, reflétant les changements sociaux et culturels de son époque. Tour à tour hôtesse de l’air, chirurgienne, astronaute et même candidate à la présidence, habillée par Dior, Diane Von Furstenberg ou Moschino, à l’effigie de Grace Kelly ou des héroïnes de la série Mad Men, elle se transforme à l’infini tout en restant la même. MUSÉE DES ARTS DÉCORATIFS. Barbie. 107 rue de Rivoli, Paris Ier. 01 44 55 57 50. Du 10 mars au 18 septembre. The most famous doll in the world is getting an exhibition that places her in historical and sociological context. Since her first appearance in 1959, Barbie has been embracing social and cultural changes, transforming herself while still remaining the same.

Andy Warhol, «Portrait de Barbie», 1985 ©Mattel. «Barbie Lagerfeld» ; «Barbie Dior», pour les 50 ans du Tailleur Bar, 1997 ©Mattel.

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Bettina Rheims

ettina Rheims ne s’est jamais éloignée de son thème de prédilection, la femme, explorant la question de la féminité dans des portraits intimistes ou des images exubérantes, où ses modèles, anonymes ou célèbres, exhibent leurs corps et leurs sentiments. Cette exposition rassemble près de deux cents clichés de la photographe, de ses images les plus iconiques à ses travaux plus personnels, certains montrés pour la première fois en France. MAISON EUROPÉENNE DE LA PHOTOGRAPHIE. Bettina Rheims. 5-7rue de Fourcy, ParisIVe. 0144787500. Jusqu’au 27mars. French photographer Bettina Rheims has never ceased to explore her favorite subject, women, taking both intimate portraits and luxuriant photographs of her models, famous and unknown. «Madonna Lying on the Floor of a Red Room, September 1994, New York» ; «Georgie Bee Wearing her Own Amazing Shoes, June 2013, London» ©Bettina Rheims. PA L AC E COS T E S F E V R I E R / M A R S 2 0 1 6

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R estos

&B ars

coup de cœur

Le Sybaris I

soif, une cave qui aime le naturel et les découvertes. Et pour le fun : le «club des gastronomes», un abonnement annuel qui permet de venir se régaler à prix coûtant deux samedis par mois de produits extra, sourcés chez les meilleurs artisans. On adore. SYBARIS. 86 rue des Archives, Paris IIIe. 06 76 57 73 10. Sybaris,owned by two former acting students, is our new favorite spot. The dishes (burrata with Corsican honey , black Angus beef picanha and its side of mash cooked with olive oil, garlic and macadamia nuts)are delicious and daring; while the wines are natural. On top of that, for an annual membership fee, you can join the restaurant’s gastronomy club where there are tastings of new products two Saturdays a month.

l y a de la tendresse, de la sincérité et du talent à cette jeune adresse menée rondement par deux amis qui se sont rencontrés au Cours Florent. Pas de cinéma, ici, Sybaristape dans le goût et dans le vrai. La cuisine vive et habile est perfusée de la passion du chef Paul, qui a travaillé ses gammes auprès de Ducasse. Ce soir-là, les assiettes défilent avec allégresse, pimpantes en diable et soignées avec ce petit supplément d’audace qui fait le goût, qui fait l’âme : burrata fondante au miel corse, assortiment de charcuteries, velouté butternut peperoncino, câpres, ail et noisettes, et picanha black angus et sa purée montée à l’huile d’olive, noix de macadamia et écume d’ail. Pour la

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Douglas Bergossi

Bar-bistro iodé

ux abords du canal Saint-Martin, cette jeune adresse à la façade blanche a fière allure ! A l’intérieur, c’est une histoire de potes : Hamza, Gildas, Hichem et en cuisine Mathieu Moity (Ô Divin). Leur concept ? Un bar à vins naturels, des cocktails et une carte de «choses à manger». En vrai, le chef déploie chaque jour de coquettes assiettes faisant la part belle aux produits de la mer (bonite marinée et son taboulé de chou-fleur, saint-jacques encre de seiche et litchis), mais pas que ! Jambon à la truffe, magret de canard, ris de veau caracolent gaiement sur la carte, tandis que le pigeon entier est bichonné par une sauce chocolat. Le tout s’arrose de vins tout nature ou de cocktails planants concoctés par Hamza (ex du Mary Celeste). Et pour la touche sucrée, fruits rôtis, cake citron et ganache chocolat se disputent le podium. LA MÉDUSE. 177 quai de Valmy, Paris Xe. Réservation en ligne sur www.lameduseparis.com Owned by four friends, including mixologist Hamza and chef Mathieu Moity, La Méduse is a natural-wine bar that also features cocktails and “things to eat”. These include squid-ink scallops and litchis, truffle ham, pigeon with chocolate sauce and for dessert, lemon cake, chocolate ganache, and roasted fruit .

Mythe toujours

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Le Mathis

uits neuves dans lieu culte ? Voilà le pari du groupe H8 Collection et de l’Experimental Group, qui ont repris les clefs de ce bar de poche autrefois «place to be» de la jet-set parisienne. Ceux qui aiment la fête connaissent le chemin et ne seront pas dépaysés : moquette, banquette en velours rouge, lustres Art nouveau et toiles de maître sont toujours là. Un petit coup d’éclat et un comptoir transformé en piano à cocktails plus tard, voilà le nouveau Mathis. Attenant, le restaurant a quant à lui fait peau neuve, mais partage la même quête d’élégance autour d’une carte qui fait la part belle à la cuisine française : poularde de Bresse, navarin de homard breton, ris de veau à la truffe… Le tout pulse sous l’énergie d’une clientèle chic et bon genre, beau quartier oblige ! LE MATHIS. 3 rue de Ponthieu, Paris VIIIe. 01 53 76 39 55. Mathis, the celebrated bar-restaurant located in the 8th arrondissement, may have new owners, but it still has the same carpeting, red velvet seats, Art Nouveau chandeliers and the spirit that made it a favorite party spot among the Parisian jet set for so many years.

Paul Bowyer

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La Méduse


restos & Bars Gastro japonisant

Biotiful

uand l’ancien second du Sergent Recruteur, passé par Antoine et Senderens, se retrouve derrière le piano d’un restaurant, on pressent déjà que l’assiette sera bonne. Shinjo Hiroyuki apporte une bonne dose de gastronomie sagement japonisante dans ce joli repaire coloré du quartier des Batignolles. Baignée de bleu et de bois, la salle vibre sous la fresque murale réalisée par Tofdru, tandis que l’impressionnant comptoir chiné au Pays basque impose sa stature de colosse. Ce midi-là, une onctueuse crème de panais suivi d’un suprême de poulet distingué escorté d’une polenta solaire et de petits légumes pimpants. Deux verres de chardonnay plus tard, une délicate mousse au thé vert est venue clôturer ce repas et ajouter aux motifs de satisfaction de cette table qui régale avec sincérité.

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BIOTIFUL BATIGNOLLES. 18 rue Biot, Paris XVIIe.

09 80 87 32 75. In the kitchen at this colorful spot, Japanese chef Shinjo Hiroyuki cooks delicious and satisfying dishes. A recent visit spoiled us with creamed parsnip soup followed by chicken supreme with a side of polenta and vegetables, while dessert was a delicate green-tea mousse.

Portrait de Chef

n dit que la cuisine ressemble à ceux qui la font. Etiquetée «bistronomique», celle de Bruno Doucet est généreuse, sincère, énergique, terrienne, affirmée. Le chef la défend avec cette formule : «L’essence de ma cuisine repose sur trois éléments : le produit, l’assaisonnement et la cuisson.» Une équation pleine de bon sens qui colle parfaitement à l’esprit de l’homme né dans une famille de chasseurs et petit-fils de producteurs de fromages de chèvre qui rêvait enfant d’être astronome ou cuisinier ! A 42 ans, il pilote les trois Régalades parisiennes et vient d’offrir à l’emblématique adresse de Saint-Honoré un nouvel écrin plus spacieux, plus élégant. Dans un jus bistrot chic, cette version coquette de La  Régalade qui a déménagé sur le trottoir d’en face, affiche une belle salle tout en longueur aux murs bruts, compte une table privative en mezzanine et une table d’hôtes de seize couverts, installée face au chef et sa brigade. Bruno Doucet honore dans sa nouvelle cuisine XL les spécialités qui ont fait la renommée de la maison : sa fameuse terrine de campagne posée en préambule de chaque repas, ses plats terriens droits dans les textures et les saveurs, ce riz au lait d’anthologie, crémeux et angélique. Avec lui, on parle plaisir de manger, huile d’olive, piment,

Bruno Doucet

truffe, cèpes, gibiers et joie des saisons : «Je suis toujours heureux de voir arriver les produits avec les saisons. Ma cuisine est avant tout une cuisine du marché», précise-t-il. Trois restaurants, des activités de consulting, une passion pour le rugby et un goût prononcé pour la fête, cet infatigable mène une vie au tempo enlevé : «C’est le plaisir et la satisfaction qui donnent du sens à ce que je fais chaque jour.» Un secret forme ? «Je suis un excessif, c’est un trait de caractère, pas un secret !» LA RÉGALADE. 106 rue Saint-Honoré, Paris Ier. 01 42 21 92 40. “The essence of my cuisine,” says Top chef Bruno Doucet, “is based upon three elements: product, seasoning and how it is cooked”. The generous, sincere, down-to-earth and confident 42-year-old is currently applying his simple philosophy as executive chef for the three La Régalade restaurants in Paris, particularly the newly (re)opened Rue SaintHonoré establishment. “It’s the pleasure and satisfaction I create that makes sense of what I do,” he explains.

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Stéphane de Bourgies

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Batignolles


Thaï sexy

club de quartier

Cantine du Badaboum

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n connaissait le club et le bar à cocktails, mais voilà que le Badaboum ouvre ses portes le midi et se transforme en sympathique et conviviale cantine de quartier. Au menu, qui varie selon les semaines et l’inspiration du chef Walid Saheb, c’est sauté de bœuf, blanquette de veau ou encore coquillettes jambon et truffe. On retrouve aussi quelques intemporels à la carte, comme le cordon bleu maison chorizo et cheddar accompagné de sa purée de céleri rave ou le poisson pané à l’aneth agrémenté de sa sauce tartare. Avec un bon gâteau comme à la maison, c’est tout comme on aime parfois, simple et réconfortant! LA CANTINE DU BADABOUM. 2 bis rue des Taillandiers, Paris XIe. 01 80 88 48 30. Club and cocktail bar Le Badaboum is now also a friendly canteen open for lunch. The menu, that changes according to chef Walid Saheb’s inspiration, features comfort food staples: veal stew, chorizo and Cheddar-cheese cordon bleu and, to satisfy your sweet tooth, homemade cakes.

Ginger

près avoir repris le Raspoutine, Ghislain Evraert et Logan Maggio prolongent leur empreinte dans le quartier du Triangle d’or en s’attaquant désormais à une table adossée au Plaza Athénée. Belle métamorphose pour le fameuxGinger, qui affiche, dans sa grande salle sexy avec plafond miroir, un décor aux contours épurés et aux accents voluptueux. Au menu, une cuisine thaïe sans reproche : croustillants nems de poulet, copieux bun bœuf basilic piment et délicats nems au chocolat fondant. Service prévenant et courtois, on est ici entre gens de bonne compagnie où créatures graciles et smart people ont pris leurs aises. Le soir, les lumières baissent et le son monte, c’est cocktails au bar, avant de filer au Raspoutine. GINGER. 11 rue de la Tremoille, Paris VIIIe. 01 47 23 37 32. After taking over the Raspoutine, Ghislain Evraertand Logan Maggioare at it again with Thai restaurant Ginger. The simple yet sexy decor includes mirrors on the ceiling and soft lighting, making it the ideal place to enjoy a cocktail at the bar, before heading over to Raspoutine.

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restos & Bars

Extra-chic

grill argentin

Monsieur Bleu

Biondi L

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Mathieu Rainaud

Fred Jagueneau

e chef Fernando Tomaso double la mise ! Après La Pulperia, voici Biondi, adresse incendiaire où la viande tient toujours le haut de l’affiche. Avec sa nouvelle machine de compét qui croustille les viandes à la perfection, le chef argentin braise plus que jamais et fait monter d’un cran ses assiettes avec un supplément de maîtrise qui vise l’allure. A partager, la côte de bœuf maturée ou la picanha accompagnée d’une crème de pomme de terre : démoniaque ! En solo, filet de bœuf, entrecôte, volaille ou poisson s’offrent de belles déclinaisons sur la carte. Côté sucré, petits desserts bien fagotés et touche de fraîcheur en prime : agrumes, pain d’épice et glace au poivre ou fine tartelette de pommes, camomille, citron vert. Le tout ? Canaille chic. BIONDI. 118 rue Amelot, Paris XIe. 01 47 00 90 18. Argentinian chef Fernando Tomaso just opened a second restaurant, Biondi, where meats are cooked to crispy perfection. Try the matured prime rib for two with its side of creamy potatoes: devilishly good!

adre exceptionnel avec vue imprenable sur la Seine et la tour Eiffel, Monsieur Bleu, dans son magnifique écrin designé par Joseph Dirand, n’a rien perdu de sa superbe. Mais, côté cuisine, il y a du changement, avec l’arrivée depuis novembre dernier de Benoît Dargère. Ce chef dynamique a imaginé une carte adaptée à sa clientèle éclectique et festive (avec une formule déjeuner très abordable) où saveurs du Sud, légumes frais côtoient pâtes à la truffe, cochon de lait et ris de veau. En dessert, on craque pour l’île flottante (détournée du blanc-manger) et son cœur coulant et le sculptural Pavlola. On attend la réouverture pour les beaux jours de la terrasse, qui fait de Monsieur Bleu un des spots incontournables des belles soirées parisiennes. MONSIEUR BLEU. Palais de Tokyo. 20avenue de New York, ParisXVIe. 0147209047. Service continu le WE de midi à minuit. With a stunning view of the Seine and the Eiffel Tower, hotspot Monsieur Bleuis still as beautiful as ever. In the kitchen, energetic new chef Benoît Dargèrecreates eclectic (and affordable) dishes such as pasta with truffles, sweetbread, and for dessert, île flottante and pavlola.


restos & Bars Italianissime

Iovine’s N

icola Iovine, chef pizzaiolo qui a aiguisé son talent un peu partout en Italie et notamment dans les pizzerie de Naples, régale désormais les Parisiens dans son restaurant baigné de bleu à l’esthétique moderne. Depuis son beau four à bois planté au milieu de sa cuisine ouverte sur la salle, signor Nicola envoie la crème des pizzas. Constellées de produits biologiques premium sélectionnés en Italie, ces belles plantureuses multiplient les saveurs : intemporelle margherita, gourmande burratissima (burrata des Pouilles, petites tomates du Vésuve, tomates San Marzano, basilique, roquette et huile d’olive extra-vierge)… Et des vins aux étiquettes haut de gamme choisis dans les meilleures régions viticoles italiennes.

IOVINE’S. 7 bis rue du Colonel-Driant, Paris Ier. 09 73 54 33 52.

Trained in Naples, Nicola Iovine is now treating Parisians to his organic and downright delicious pizzas cooked in a wood-fired stone oven, including the Burratissima (burrata from Puglia, San Marzano tomatoes, basil, arugula and extra-virgin olive oil). Delizioso!

gastronomie italienne

’est derrière une discrète porte noire de la rue Pierre-Leroux, nouveau repaire hautement gastronomique, que se cache une des belles surprises gustatives de ce début d’année : le nouveau restaurant italien du chef Koji Higaki, autrefois second au Passage 53. Ce jour-là, il faudra prendre le temps pour apprécier le menu dégustation, découvert à l’aveugle. Les amuse-bouches, onctueuse crème de chou-fleur et délicate tarte potimarron ainsi que la moelleuse et juste tiède focaccia donnent le ton. Défilent ensuite des

L’inconnu

assiettes maîtrisées et subtilement dressées : saint-jacques crue crème raifort, cabillaud pané risotto sépia, pintade rôtie et son tartare de moules pour finir sur d’exquises tagliatelles bolognaise de canard. La dernière note sucrée avec ses châtaignes rôties crème de marrons nous aura convaincue, cet Inconnu mérite d’être reconnu. L’INCONNU. 4 rue Pierre-Leroux, Paris VIIe. 01 53 69 06 03. restaurant-linconnu.fr Chef Koji Higaki’s new Italian restaurant is one of the most delicious surprises of the new year. The no-choice testing menu includes pumpkin pie and focaccia bread as amusebouche, followed by raw scallops with horseradish cream sauce, tagliatelle with duck ragu and, to finish, roasted chestnuts with chestnut purée. Consider ourselves convinced.

Yuichi Aokiv

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première classe

I

Le Clarence

l y a d’abord le lieu, un hôtel particulier du XIXe siècle restauré par le Domaine Clarence Dillon et décoré par les meilleurs artisans d’art. Ambiance royale avec tissus tendus, moquette épaisse et salons en enfilade qui donnent l’impression d’être reçu à demeure. Aux commandes du restaurant, un duo de talent : le chef Christophe Pelé, ex-double étoilé de La Bigarrade, et Antoine Pétrus, MOF en sommellerie. Au fil de ses menus, le chef offre une relecture diablement inspirée et actuelle des grands classiques de la gastronomie française autour d’une cuisine agile, précise et lisible. Noblesse des produits, talent des compositions, vins fins, service distingué et complice,cette grande table

où l’on goûte à l’exception fait l’éloge de l’excellence à la française et regarde droit vers les étoiles. Sublime. LE CLARENCE. 31 avenue FranklinDelano-Roosevelt, Paris VIIIe. 01 82 82 10 10. Located in a 19th-century hôtel particulier, Le Clarence is an exceptional restaurant that celebrates French excellence thanks to twostar Michelin chef Christophe Pelé’s modern take on haute-cuisine classics and fine wines selected by sommelier Antoine Pétrus, awarded Meilleur Ouvrier de France. Sublime.


Café Joyeux

Les Souris Dansent ernier en date dans le quartier Montorgueil, ce lieu funky qui s’amuse et vit tout au long de la journée. A sa tête, un trio d’amis bien intentionné qui régale gourmand dès le petit-déjeuner, mitonne au déjeuner des plats à la faveur du marché façon bistrot, réjouit à toute heure des pâtisseries de Yann Le Gall et envoie le soir des tapas du monde arrosées de vin naturel. Mais pas seulement ! Ces souris-là proposent dans leur petit salon plongé au sous-sol une foule d’ateliers et de rencontres : lectures, projections de films, cours de yoga… Et du jeudi au samedi soir, on danse avec elles ! Inspiré, vif et créatif, voilà un charmant spot qui fait envie. LES SOURIS DANSENT. 16 rue Marie-Stuart, Paris IIe. 09 73 63 47 63. At this new, fun and lively spot near Rue Montorgueil, you can have breakfast and lunch, eat pastries and tapas, drink natural wine, and even watch a movie, attend a yoga class and, from Thursday through Saturday evenings, dance. What more could you ask for?

Alban Couturier

Allison Simonot

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AGLes Halles T

Cafés d’exception

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Bistro gourmet

Cuillier

utrefois torréfacteur du faubourg Saint-Honoré, Cuillier renaît avec une première adresse dans le quartier des Abbesses. Ici, les cafés d’exception sont à l’honneur, avec expresso racé et cappucino mousseux à souhait, avec un must, le Blend 21, mélange signature de la maison. Parfait le matin, idéal à midi pour une pause tranquille autour d’une bonne tartine et d’un œuf à la coque, et à toute heure pour un cake praliné sésame, Cuillier est un coffee shop de haute qualité qui montre qu’en matière de café Paris n’a plus rien à prouver. CUILLIER. 19 rue Yvonne-Le Tac, Paris XVIIIe. Nouvelle boutique, 68 rue de Grenelle, Paris VIIe. www.cuillier.fr Cuillier is a high-quality coffee shop that offers exceptional espressos and capuccinos every day from 8am until 6pm. A special mention for house signature coffee, Blend 21.

ables sur mesure en bois finlandais, mur végétal, canapé en velours et plafonds géants qui s’élancent en direction d’une verrière classée aux Monuments historiques, voilà le décor de ce repaire gourmet planté en plein quartier des Halles. Aux commandes, le chef Alan Geaam, déjà à la tête du bistrot AG à SaintGermain-des-Prés, qui fait aller son talent autour d’une carte de caractère donnant la parole au meilleur des produits du terroir français. Jolie poêlée de champignons des bois, châtaignes, jus persillé et œuf poché, énergiques légumes de saison cuits comme une tourte, et avant l’incontournable No Cheesecake, une pioche heureuse dans le chariot de fromages servis à point. Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas si bien mangé dans Les Halles ! AG LES HALLES. 14 rue Mondétour, Paris Ier. 01 42 61 37 17. Chef Alan Geaam’s new establishment located in Les Halles proposes gourmet dishes that use the best French products: mushroom and chestnut stir-fry with a poached egg, vegetable pies, and a cheese trolley. It’s been a long time since we ate this well in the neighborhood!

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restos & Bars

Leѕ macarons de Pierre Marcolini

GANACHE AU CHOCOLAT : 400 g de chocolat grand cru Chuao (Venezuela), 200 g de crème liquide 35 % MG, 1 gousse de vanille de Tahiti, 25 g de sorbitol, 130 g de fondant confiseur, 260 g de beurre doux. La veille, préparez la ganache. Hachez le chocolat au couteau. Réservez dans un culde-poule. Portez la crème, la vanille fendue et grattée, le sorbitol et le fondant à ébullition. Retirez du feu et couvrez la casserole. Laissez infuser 10 minutes. Filtrez. Versez l’infusion encore chaude sur le chocolat. Mélangez bien. Lorsque la ganache atteint 37 °C, ajoutez le beurre en petits morceaux et débarrassez dans un récipient hermétique. Réservez une nuit dans un endroit frais et sec. BISCUIT MACARON : 150 g de poudre d’amandes, 150 g de sucre glace, 4 blancs d’œufs (soit 120 g), 150 g de sucre semoule, 25 g de cacao en poudre amer, 2 g de colorant liposoluble rouge (facultatif) Réalisez le biscuit macaron. Préchauffez le four à 150 °C (th. 5). Mélangez et tamisez la poudre d’amandes et le sucre glace. Montez les blancs d’œufs avec le sucre semoule en neige ferme. Incorporez petit à petit le mélange poudre d’amandes/ sucre glace dans les blancs d’œufs et terminez par le cacao en poudre et éventuellement le colorant. A l’aide d’une poche munie d’une douille lisse n° 3, dressez en boules sur une feuille de papier sulfurisé. Laissez reposer la pâte 10 minutes à température ambiante. Enfournez 20minutes. Laissez refroidir sur plaque à la sortie du four. Pendant ce temps, sortez la ganache du réfrigérateur et montez-la au blender pour y incorporer de l’air. Retournez la moitié des coques de macarons pour dresser. A l’aide d’une poche munie d’une douille lisse n° 8, dressez des boules de ganache sur les coques retournées. Terminez en déposant la deuxième coque. Astuce : laissez vos macarons emballés une nuit au réfrigérateur afin de les affiner avant dégustation.

A

près Kitsuné et Tom Dixon, le chocolatier belge haute couture Pierre Marcolini dévoilera en avril Le Goût du Jeu, une nouvelle collaboration avec la maison de couture Peter Pilotto, réputée pour ses imprimés audacieux. Un écrin ludique, graphique et coloré dans lequel d’exquises bouchées chocolat cœur citron, fruit de la passion, praliné pistache, praliné nougat, caramel beurre salé ou encore matcha accompagneront les classiques pralinés et autres grands crus. Un coffret macarons sur mesure sera également proposé. L’occasion de partager avec vous la recette de ces gourmandises, dévoilée dans le très bel ouvrage de Pierre Marcolini consacré au cacao.

PIERRE MARCOLINI HAUTE CHOCOLATERIE. 235 rue Saint-

Honoré, Paris Ier. www.marcolini.com. «Cacao. De la fève à la tablette», Editions de La Martinière. Macarons au chocolat Pour 20 pièces Temps de préparation : 50 minutes Temps de cuisson : 20 minutes Temps de repos : 1 nuit This April, Belgian chocolate maker Pierre Marcolini will unveil his new exquisite collection of chocolates and macaroons,Le Goût du Jeu, made in collaboration with couture house Peter Pilotto, known for its bold prints.

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Marie Pierre Morel

La recette du chef


ouvertures imminentes

Passerini Restaurant&Co

Simon Horwitz

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Daroco

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Néobistro chic

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’emblématique chef de chez Rino, Giovanni Passerini, est de retour dans le quartier qui l’a révélé avec l’ouverture imminente et très attendue de sa nouvelle trattoria. Pour patienter, un tour s’impose dans sa boutique déjà ouverte de pâtes fraîches à emporter et à tomber. Les raviolis et agnolotti farcis selon la recette du jour valent le détour. Vivement le restaurant ! PASSERINI RESTAURANT & CO. 65 rue Traversière, Paris XIIe. Ouverture annoncée fin mars. Rino chef Giovanni Passerini is back, this time in the 12th arrondissement, with the opening in late March of a new and eagerly awaited trattoria.

Elmer

e jeune Simon Horwitz, 32 ans, passé derrière les fourneaux des plus belles tables (Oustau de Beaumanière, Strato à Courchevel, Balzac à Paris) avant de s’essayer aux cuisines du monde en arpentant les quatre coins de la planète du Japon au Brésil, a posé son tablier à Paris pour inaugurer ce chic néobistro. Dans ce bel espace boisé, il partage son goût pour les grandes tablées. Nourrie par les beaux produits des artisans français, sa cuisine fait aller çà et là des saveurs d’ailleurs : oh, de l’estragon péruvien ! Chez lui, les assiettes tournent et se partagent : pléiade d’entrées colorées, iodées ou veloutées, toujours bien roulées. Pour le plat, on peut viser le duo avec l’agneau de lait rôti à la broche délicieusement grillé ou la jouer perso en s’envoyant une canette de Challans. Côté desserts ? Une bombe de ganache chocolat, curry et glace whisky à ne pas louper. ELMER. 30 rue Notre-Damede-Nazareth, Paris IIIe. 01 43 56 22 95 Globetrotting 32-year-old chef Simon Horwitzjust opened a chic neobistrot full of large wooden tables. The menu features a delicious roast suckling lamb, Challans duckling and, for dessert, a curry and chocolate ganache with whiskyflavored ice cream that’s a must.

ye-bye la mode, bonjour la gastronomie ! Exit la boutique historique de Jean Paul Gaultier rue Vivienne, c’est une trattoria haut de gamme qui va désormais régaler les becs fins du quartier. A la tête de ce projet qui fleure bon la pasta, on retrouve un jeune duo de restaurateurs à succès, Alexandre Giesbert et Julien Ross, qui assurent déjà la régalade dans trois spots parisiens : Roca, Roco et Rococo. Pour cette future adresse allurée, on annonce des produits d’exception en provenance directe de la Botte et un mixologue de renom pour hydrater chic et bien. Et en clin d’œil à JPG, toute l’équipe portera une marinière ! Ouverture prévue al dente pour mi-avril. DAROCO. 6 rue Vivienne, Paris IIe. From mid-April, designer Jean Paul Gaultier’s longopen store on the rue Vivienne will be no more, making way for Daroco, a high-end trattoria owned by Alexandre Giesbert and Julien Ross.

Rubrique «Restos & Bars» réalisée par L U C I E G O U Z E & S A N D R A S E R P E R O PA L AC E COS T E S F E V R I E R / M A R S 2 0 1 6

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Les Fils du Calvaire citent une certaine idée de la bombance, du porno chic et du plaisir de la chair, gardant toujours en tête leur goût de la chanson pure et dure, du décalage à 360 degrés et de la partouze musicale. Bref, on les adore, et c’est bien parti pour durer. P A T R I C K T H É V E N I N LES FILS DU CALVAIRE, au Badaboum, le 2 avril. Fils du Calvaire, French trio dOP’s side project, is releasing a debut album full of wet beats, double-entendrefilled lyrics and pulsating melodies straight out of a 1970s porn film. Fun and free-spirited, the lads are shaking things up and we love it (and them).

Nyqua

n adore dOP, ce trio français qui depuis des années plonge tête la première dans l’électro, tout en gardant suffisamment de liberté et d’humour, histoire de bousculer la pop française. On adorera, logiquement et avec autant de passion, leur side-project Fils du Calvaire dont le clip érotico-interactif Rester avec toi a échauffé notre hiver. Avec un premier album logiquement intitulé Fils de…, qui oscille entre beats mouillés, paroles feutrées à double entente, et mélodies palpitantes sorties tout droit d’un porno seventies, les Fils du Calvaire ressus-

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Concerts & Fêtes

Erykah Badu O

n peut faire confiance à la reine de la soul, mais aussi de l’extravagance, quand il s’agit de bousculer les codes de la musique black américaine. La preuve avec la fascination sans borne qu’Erykah avoue pour le r’n’b dépressif de Drake. Une fascination qui prend comme point de départ le fabuleux Hotline Bling du rappeur canadien, que la diva reprend haut la main, ajoutant une nouvelle dimension à cet ovni musical. Et qu’elle complète de dix titres entièrement dédiés à cet instrument de torture moderne qu’est devenu le smartphone, sous forme d’une mixtape, But You Caint Use My Phone, qui n’a jamais aussi bien porté son nom. Et comme pour parfaire son entreprise d’envahissement de la pop contemporaine, Erykah vient de s’attaquer au Real Friends de Kanye West, rebaptisé malicieusement Trill Friends. Sacrée Badu ! P T Queen of soul Erykah Badu just released an 11-track mixtape dedicated to the modern torture device that is the smartphone. Called But You Caint Use My Phone, it includes an inspired half-cover, half-remix of Drake’s smash hit Hotline Bling.

R

éunion de deux entités artistiques fortes –Modeselektor et ses rythmes en folie d’un côté, Apparat et sa science des mélodies lancinantes de l’autre –, Moderatest de retour avec un troisième album décrit par le trio comme «fait de sang, de sueur et de larmes». Tout simplement intitulé III, ce nouveau disque ne change pas vraiment une formule qui gagne. Les ambiances éthérées se fracassent comme des vagues sur des voix tout en chuchotements pendant que les mélodies coulent sur les nappes de synthés. Bref, Moderat nous avait prévenus : c’est bel et bien sang, sueur et larmes au programme, et c’est très émouvant. MODERAT, à l’Olympia, le 28 mars. German supergroup Moderat, made up of Modeselektor and Apparat, is back with an affecting third album,“made of blood, sweat and tears”.

Flavien Prioreau

Moderat


Concerts & Fêtes

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on, Alain Chamfortn’était pas un chanteur des années 1980 pour midinettes éperdues, et il y a bien longtemps que la pop et l’électro françaises ont réalisé tout ce qu’elles doivent au beau gosse proto-romantique. La bonne idée de ce début d’année, on la doit à l’agitateur multiculturel Marco Dos Santos, qui a convié la fine fleur de l’électro actuelle à s’attaquer aux grands classiques de Chamfort, comme La Fièvre dans le sang, Manureva, Traces de toi ou Rendez-vous. Et le résultat est évidemment au-delà de toutes nos espérances, mais atteste surtout de la modernité de Chamfort. Géant remixé par Superpitcher prend ainsi une dimension quasi spacedisco, Manureva malmené par Ivan Smagghe est à la

limite de la décharge épileptique,La Fièvre dans le sang alangui par les Scratch Massive se transforme en hymne cold wave et Cap aux Antilles sous les coups de Krikor s’installe durablement au centre du dancefloor. Bref, vous l’aurez compris : Alain Chamfort est de retour et on ne pouvait espérer meilleure nouvelle. P T ALAIN CHAMFORT, à l’Olympia, le 25 mars. French singer Alain Chamfort is more than a 1980s heartthrob. A statement confirmed by contemporary electronica artists Superpitcher, Ivan Smagghe, Scratch Massive and Krikor who have reimagined Chamfort’s greatest hits. The resulting Marco Dos Santos-produced remix album proves the lasting modernity of his music.

Boris Camaca

Alain Chamfort

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epuis quelques années et une poignée de singles disséminés comme des petits cailloux, on guette d’un œil envieux l’évolution de Petite Noir. Belge de naissance, mais né de parents congolais-angolais, Yannick Ilunga vit désormais entre Londres et Le Cap. Un grand écart culturel et géographique qui rend parfaitement compte de sa musique, idéalement située quelque part entre l’afrobeat desseventies, la cold waveeighties et la pop à guitares d’aujourd‘hui. Chouchou de Solange Knowles (la petite sœur hors norme de Beyoncé), Petite Noir avance désormais ses pions avec La vie est belle/Life Is Beautiful,un album aux pouvoirs magiques où les gimmicks afro se mélangent aux artefacts électro, et qui fait souvent penser aux aventures de The Drums ou Twin Shadow, qui seraient partis en vacances au Congo. Comme Tintin. P T PETITE NOIR, à la Maroquinerie, le 9 mars. Belgian-born singer Yannick Ilunga (aka Petite Noir) lives between London and Cape Town, two diametrically opposed cities that have both influenced his album La vie est belle/Life is beautiful, a perfect blend of 1970s Afrobeat, 1980s cold wave and contemporary guitar-heavy pop.

Lisa Swarna Khanna

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ésidente du Panorama Bar à Berlin, boss des labels Klakson et Dolly, Steffi est un pilier de l’écurie Ostgut Ton. Producteur prolifique remarqué entre autres pour ses sorties sur Klockworks et Transmat, le digger DVS1 est réputé pour la puissance de ses sets. Pour fêter le printemps, Mercredi Production, de retour au Rex, réunit pour l’occasion ces deux grandes figures de la scène techno. On dit oui ! ME.CLUB.017, au Rex, le 25 mars. OSTGUT TON NACHT, au Virgo, le 12 mars. To celebrate the return of spring, Mercredi Production is returning to the Rex Club armed with two major techno acts,DJs and producers in the shape of Steffi and DVS1.

Breakbot

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près la «breakbotmania» de 2002, qui accompagna un premier album, By Your Side, gorgé de morceaux disco-funk garantis à haute teneur en soleil californien, on attendait patiemment le retour de celui qui nous avait mis des palmiers plein les yeux, ou plutôt les oreilles. Breakbot(désormais duo partagé entre Thibault Berland et Irfane) a décidé de légèrement calmer le jeu et d’introduire plus d’organique, plus d’instruments, plus de voix féminines, dans ses beats chauffés aux LED des computers. Au boogie-funk eighties qui a fait tout le charme de leur premier album, suivent des morceaux plus down tempo, smokers, r’n’b et rêveurs. Un album plus soul en quelque sorte, qui s’éloigne un temps du centre du dancefloor, pour se tenir sur le côté, sans oublier de nous donner envie de nous déhancher, un cocktail à la main évidemment. BREAKBOT, à la Cigale, le 2mars. Since 2002 and the release of their first album, By Your Side, we have been patiently awaiting new music from Breakbot.14 years later, the follow-up album of the now duo is finally here, adding more instruments, female vocals, r’n’b and soul tracks to its 1980s-inspired disco and funky sound.

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Ludovic Zuili

ME.Club.017

Kent Andreasen

Petite Noir D


Le directeur du Rex Club

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Fabrice

l nous fait découvrir ce jour-là l’incroyable toit-terrasse qui domine tout Paris et son plus grand cinéma. Le froid est glacial mais la photo devant les trois lettres du nom du club qu’il dirige est évidente pour Fabrice Gadeau. De retour dans ses bureaux quelques étages plus bas, il présente fièrement ses collaborateurs, Valéry B., son directeur adjoint, Emeline, Clara et Victorien. Il revient sur son parcours atypique, du commerce des vins et spiritueux à l’informatique, rien qui le prédestinait à bosser dans la musique. Il découvre les rave parties le 8 janvier 1992, et, pour Fabrice Gadeau, c’est le coup de foudre. Très vite, il rencontre les Fantom,activistes de l’époque avec qui il sympathise. Puis, il organisera, avec son collectif Take No System l’after de leur dernière fête, Nostromo. S’ensuivent les voyages organisés pour suivre les grandes raves européennes. «Il faut dire qu’à l’époque, se souvient Fabrice, il ne se passait pas grand-chose à Paris. Nous étions à peine 3 000 à écouter ce genre de musique.» Les choses s’accélèrent après son premier vrai succès : 6 000 personnes se déplacent pour la soirée «hardcore» Apokalyps au Bourget. Christian Paulet, directeur du Rex à l’époque (aujourd’hui manager de Laurent Garnier), propose alors à Fabrice Gadeau et à son collectif une résidence au Rex : ils commenceront avec les D-Club, avant de lancer les emblématiques Automatik du vendredi soir. Grâce auxquelles, sans doute, il se verra offrir en 2006 la direction du mythique club du boulevard Poissonnière. Depuis son arrivée, Fabrice constate que le Rex n’a pas changé et reste une étape incon-

tournable dans la carrière d’un artiste. «On a su rester authentique et évoluer avec la musique. Nous avons toujours la vocation de trouver des nouveaux talents, continue-t-il, mais surtout des organisateurs, des collectifs qui nous apportent une certaine richesse.» Il parle de passion plutôt que de travail et de ses équipes comme une famille : «Ici, les gens restent longtemps, c’est sans doute que les conditions de travail sont agréables.» En mars, Fabrice Gadeau fêtera ses 50 ans et ses 25 ans de carrière, et s’offre pour l’occasion un plateau d’exception avec Derrick May et Lil’ Louis : «C’est vrai, je me suis fait plaisir.» Celui qui a failli arrêter il y a quelques années par lassitude trouve que la musique est redevenue intéressante, avec un gros retour de la techno et de la house, que Paris et son public ont retrouvé leur côté festif. Et se verrait bien continuer dix ans encore. L U C I E G O U Z E

Gadeau

Photographie Flavien Prioreau pour PalaceCostes

UN RÊVE, au Rex, le 30 mars avec Derrick May et Lil’ Louis. www.rexclub.com Fabrice Gadeaubegan his journey to running legendary Paris club the Rex on January 8, 1992, when he went to his first rave. He then began organizing events in Paris and following the music around the world. “Nothing was happening in Paris,” he says, “we were only about 3,000 people listening to that music.” He took over the Rex in 2006. “We still have our mission to find new talent,” he explains. But for his 50th birthday and 10th Rex anniversary he’s gone old-school: a night with Derrick May and Lil’Louis. “I’m spoiling myself,” he says.

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ébut janvier, pour la dernière date parisienne de son FeuTour, c’était la folie sur la scène de l’Olympia, Nekfeu était venu avec tous ses gars, ceux de l’Entourage et 1.9.9.5. Parmi eux, le «frérot» Alpha Wann, introduit comme il se doit, venu balancer son Playoffs Freestyle remarqué un mois plus tôt sur Internet et annonçant ainsi son imminent retour en solo. Deux ans après un EP du même nom, il signe Alph Lauren II avec huit nouveaux titres : «C’est une manière timide d’envoyer les morceaux. Je ne me sentais pas forcément prêt pour l’album. Ce qui m’importait, c’est qu’il y ait une évolution dans ma musique.» Le résultat, moins de boom bap, moins de technique, et des textes moins superflus. «Il a fallu fluidifier tout ça, explique-t-il, pour que ça soit plus accessible aux gens qui n’écoutent pas de rap, mais il y en aura toujours qui ne me comprendront pas, comme ma mère !» Sa vision du monde, n’est pas très optimiste : «Il y a des gens qui rappent des trucs heureux. Moi, ça n’est pas dans mon tempérament. Je pourrais dire que je préfère quelqu’un qui fait bien de l’egotrip à celui qui fait mal du rap conscient, mais, en ce qui me

Alpha Wann

concerne, je refuse qu’on m’enferme dans une case.» Même en solo, difficile d’échapper aux featuring, on le retrouve avec Nekfeu sur le morceau A deux pas ; et sur Lunettes noires (dont le clip est réalisé par Syrine Boulanouar) avec S.Pri Noir : «Quand je l’ai vu pour la première fois, j’ai trouvé qu’il crachait de belles flammes, alors j’ai eu envie de bosser avec lui.» Son label Don Dada, lancé avec le beatmaker Hologram Lo’, lui permet l’indépendance. Ils ont déjà collaboré avec Caballero et Infinit, un rappeur d’Antibes, mais se concentrent sur leurs projets : «Avant de pouvoir lancer quelqu’un, il faut être soi-même bien installé.» Il confirme la préparation d’un album avec 1.9.9.5, mais, pour le sien, il ne se presse pas : «Je ne veux pas confondre vitesse et précipitation.» L G ALPHA WANN, à la Gaîté Lyrique,le 20avril. “I didn’t really feel ready for an album,” says rapper Alpha Wann. “What was important was that my music kept evolving. I had make it all flow, so it was more accessible to people who don’t listen to rap, even if there are always people who don’t understand. My mom, for example! Some people rap about happy stuff, but that’s not in my nature.”

D

epuis quelques années, ces quatre jeunes Lillois (Myd, Sam Tiba, Panteros666 et Canblaster) forment le collectif de producteurs français sur lequel tous les yeux sont rivés, certains n’hésitant pas à leur prédire un avenir à la Daft Punk. Pour l’heure, après avoir produit et remixé pour Rihanna, The Weeknd ou The Dø, Club Cheval sort enfin son premier album, au titre on ne peut plus cinglant : Discipline. Une incursion entre house et r’n’b sous codéine, dubstep et électro, gavée de voix

toastées à l’Auto-Tune, de rythmiques sous computers, qui s’avère comme leur meilleure carte de visite (leur green card) pour les Etats-Unis et ses charts impitoyables. CLUB CHEVAL, à la Gaîté Lyrique, le 9 mars. After producing and remixing tracks for Rihanna, The Weeknd and The Dø, Club Cheval is finally releasing its debut album, Discipline, a successful blend of house, R’n’B, dubstep and electronica, all tailor-made for the US charts.

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Etudes Studios / Priscillia Saada

Club Cheval


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l fait partie, avec Lindstrøm et Todd Terje, de la vague nu-disco venue de Norvège. Une remise du disco au goût du jour qui a, depuis quelques années, envahi le monde avec sa relecture de l’euro-disco des eighties façon Giorgio Moroder ou Cerrone. Principe del Norte, le nouvel album de Prins Thomas, se divise en deux faces : une contemplative et poétique où les synthés jouent au toboggan émotionnel, et une dansante et souriante idéale pour cet été à Ibiza. Deux plages disco, qui se répondent comme les deux aimants réunis d’une fête réussie : chill & dance. PRINS THOMAS, au Rex, le 19mars,pour la Haïku #26, avec Fort Romeau. Nu-disco ambassador Prins Thomas’new double album is entitled Principe Del Norte. Side A is contemplative and poetic, while side B is the perfect Ibiza summer soundtrack.

Ragnhild Fors

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Prins Thomas

Primal Scream

Sage

Ismael Moumin

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ublions l’aventure Revolver et celle des bébés rockeurs qui, dans les années 2000, ont secoué le rock français, belles gueules et jolies mèches à l’appui. Ambroise Willaume, chanteur de Revolver, s’est installé à son piano et roule désormais sa bosse tout seul sous le pseudo Sage. Gentiment aidé par The Shoes ou Woodkid, Ambroise balance un premier disque tout en retenue, hanté de mélodies hivernales, de sa voix de crooner sous Prozac et de notes de piano feutrées… Quelque part entre le déchirement d’un James Blake et l’école post-rock de Brooklyn, Sage dessine doucement mais sûrement les contours d’une pop stylée et maniérée garantie à haute teneur en mélancolie. SAGE, à l’Olympia, le 22 mars. Former Revolver frontman Ambroise Willaume has gone solo under the moniker Sage. His debut album is full of muffled piano notes and melancholic melodies evoking both James Blake and Brooklyn.

ls furent dans les années 1990, avec les Happy Mondays, les fers de lance d’une pop anglaise qui rencontre la rave culture, à coups de beats massifs, d’hymnes à l’ecstasy, de synthés défoncés et de samples déchirés. Trente ans après leurs débuts en forme de feu d’artifice (tout le monde se souvient de Come Together, Loadedou Higher Than the Sun), Primal Scream update sa formule techno-pop, pique quelques (enfin, beaucoup) gimmicks à New Order, invite la it-girl Sky Ferreira aux vocaux, se prend souvent pour les Chemical Brothers, mais parvient tout de même à ressusciter un certain esprit poprave des 1990 qui ne peut pas nous faire de mal. Nostalgie, quand tu nous tiens…P T British band Primal Scream is reviving the pop-meets-rave-culture sound that made them famous in the 1990s with its new album. Inspired by New Order and the Chemical Brothers, it’s a welcome reminder of still-not-quite-dead techno-pop musical scene.

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Sam Christmas

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Carolina Redondo

Ma play list

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Marcus

epuis le début de l’année, les soirées Haïkupropagent une sacrée dose de bonne humeur sur les dancefloors parisiens, et, au vu de ce qui s’annonce à la Machine du Moulin Rouge, cela ne va pas s’arrêter en si bon chemin. Pour leur 25e édition (déjà !), ils recevront une fois encore l’indétronable Dixon, qui sera accompagné de Marcus Worgull. Originaire de Cologne, Marcus, considéré comme un des leaders de la deephouse allemande, compte surtout parmi les recrues de qualité du label Innervisions, sur lequel il sortait l’an dernier l’impeccable EP Trivia. Il nous a donné la playlist de ses morceaux préférés (du moment). Le morceau idéal pour ouvrir un DJ set ?«Une précision, “le” morceau n’existe pas. Du moins pour moi. Les situations changent tout le temps, comme la musique qui m’entoure. Donc si vous me posiez les mêmes questions dans quelques jours, mes réponses seraient complètement différentes. Mais, en ce moment, il m’arrive souvent de passer le remix qu’a fait Ruede Hagelstein de Raindrops d’Autotune.» Le morceau que tu aimes jouer pour le public parisien ?«Je pourrais dire ESC de Lauer (Prins Thomas Diskomiks). Mais c’en est un parmi tant d’autres !» Le morceau pour réveiller le dancefloor ? «Je le disais, je pense que ce “morceau” particulièr n’existe pas, cela dépend tellement du moment. Mais Kill 100 de X-Press 2 (Carl Craig Remix) pourrait aider.» Le meilleur morceau de ton nouvel artiste préféré ? «Ker de Lazaros, un jeune mec de Cologne qui sort vraiment des morceaux incroyables !» Le morceau que tu aurais aimé composer ?«Il y en a tellement ! J’avoue que ce serait mieux que je termine d’abord de composer mes propres idées avant d’essayer de réfléchir à ce que j’aurais pu faire et qui a déjà était fait par d’autres. Et puis, je ne pense pas être à la hauteur de ces très bons morceaux. Mais quand même, This Is How We Walk on the Moon d’Arthur Russell (compositeur, chanteur

et violoncelliste américain).» Le morceau qui reflète tes goûts éclectiques ?«C’est une bonne question, mais elle est difficile. Sans doute Polaroïd/Roman/Photo de Ruth (groupe français éphémère des années 1980). Ou alors Vitamin C de Can (groupe allemand de rock expérimental fondé en 1968 à Cologne).» Le morceau que tu aimerais remixer ?«J’ai toujours pensé que j’aimerais bosser sur Hello Asshole de Jimi Jules quand je le jouais. Et il y a deux semaines, j’ai eu la chance de lui demander personnellement si je pouvais essayer, et je vais recevoir les pistes du morceau cette semaine. Je suis assez chanceux et surtout content !» Le prochain morceau que tu vas sortir ?«Il y a des choses en cours, surtout des collaborations, j’ai un projet avec Fink, un chanteur fabuleux, et d’autres avec Peter Pardeike. Mais tout ça est encore “under construction”.» Ton morceau préféré absolu ? «Pas facile ! Le remix par François K. deForever More de Moloko, peut-être. Ou alors Everybody Knows de Leonard Cohen. Ou Land of Hunger de The Earons. Difficile de répondre !» L U C I E G O U Z E HAÏKU #25, avec Dixon, à la Machine du Moulin Rouge, le 3 mars. On March 3, deep-house DJ Marcus Worgull will join Dixon at La Machine du Moulin Rouge’s Haïku night. Questions before the show. The best track to open a set?I often play Ruede Hagelstein’s remix of “Raindrops” by Autotune. Best track to get the dancefloor going?Carl Craig’s remix of X-Press 2’s “Kill 100” will always help. Best track by your current favorite new artist?“Ker” by Lazaros. Track you’d most like to have written?Arthur Russell’s “This Is How We Walk On the Moon”. Best left-field track?“Polaroid/ Roman/Photo” by 1980s French group Ruth. The track you’d most like to remix?“Hell Asshole” by Jimi Jules – and I’m going to do it next week! Your favorite ever song?Not easy, but François K.’s remix of Moloko’s “Forever More”, Leonard Cohen’s “Everybody Knows” or The Earon’s “Land of Hunger”.

Worgull

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Le portrait amoureux l est un choix évident pour cette chronique. Quand je l’ai rencontré en 2003 pour lancer la soiréeOtra Otra, notre entente fut instantanée. J’étais sous le charme de son accent de Manchester (où il est né), qui me faisait penser irrésistiblement au jeune Laurent Garnier de la fin des années 1980. Je le trouvais sexy, humble, toujours joyeux et j’ai découvert aussi sa bande d’amis de Guys & Dolls qui sont tous des fleurs. Et puis, il faut le dire tout de suite car c’est important, Nick Vu-Hoang est le premier DJ français d’origine asiatique, et pour moi c’était une preuve supplémentaire de la beauté de la diversité dans une société française toujours trop segmentée. J’adorais ses racines dans la house, son sens de la généalogie disco et funk, les DJ anglais qu’il faisait venir, son amour pour la house claire, souvent deep. Ensuite, quand Mona a ouvert, ce fut le seul club parisien à offrir une place de choix à la nouvelle scène voguing de Paris. Un endroit protecteur qui permettait aux filles et aux garçons, au début, de commencer la soirée par des cours de danse gratuit, ce qui est un moyen unique de créer une convergence, une manière de danser ensemble (perso, j’adoooore quand un club entier effectue la même dance routine). J’ai finalement trouvé très révélateur qu’un DJ hétéro comme lui soutienne si bien la scène voguing alors que les clubs gays ont considéré cette renaissance avec superficialité. Nick est d’une génération d’hétéros qui n’a aucun problème avec les gays. Il a ouvert ses portes à un public mixte et tolérant, ce qui fait de Mona un vrai reflet de l’intégration underground, comme Cheers au niveau du garage et de la house africaine.

J’ai toujours une anecdote à l’esprit sur Nick V. Pendant les années Otra Otra, des amis proches venaient me voir en backstage pour chipoter sur ses mix. On me disait à l’oreille : «Mais il ne mixe pas si bien», et je regardais ces amis de travers, leur répondant que le mix n’était pas tout, qu’il y avait de très grands DJ qui ne se focalisaient pas sur la perfection des enchaînements. C’est la programmation et le choix des disques qui font vraiment le reflet de l’esprit d’un DJ. Je défendais Nick contre ces mauvaises langues en leur disant qu’ils n’avaient pas compris la qualité première de Nick : sa générosité. C’est un DJ qui véhicule beaucoup de joie positive et de spiritualité, comme sa pratique des arts martiaux (viet vo dao, taï chi, qi gong) et de la méditation. Enfin, sur une note plus personnelle, Nick est le seul DJ qui ait compris mes goûts de soul boy. Son éducation musicale anglaise englobe tous les sons qui ont marqué la Northern soul, le reggae, le dubstep, le r’n’b, le hip-hop. Il y a chez lui un élément adorable qui lui permet de jouer Let Me Love You de Mario à 6 heures du matin (si on lui demande), et ça, les amis, c’est une preuve d’ouverture d’esprit très rare à Paris. Je vois Nick comme un kid qui est devenu aujourd’hui le parrain de son public et je lui souhaite de continuer à grandir, car c’est l’âme la plus sereine de la scène parisienne. D I D I E R L E S T R A D E Didier Lestrade a été chroniqueur musical à «Libération». Fondateur d’Act-Up Paris, et cofondateur du magazine «Têtu». Il a publié huit livres qui retracent son engagement dans le domaine des droits des homosexuels et du sida.

Nick Vwas an obvious choice. We hit it off the first time we met, back in 2003 when I was charmed by his Manchester accent. I found him sexy, humble, always happy, and I loved his roots in house, his sense of disco and funk’s family trees. Then when Mona began he was the first person to open his doors to a mixed and tolerant audience that became a genuine reflection of the underground scene’s tolerance. Nick’s first quality is his generosity, and his tastes can take in Northern soul, reggae, dubstep, R’n’B and hip-hop. I still see Nick as a kid but one who has become a godfather –and serene soul –of the Parisian scene.

Dr Feelgood Nick V

Nathalie Savale

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Andrea Montano

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Grand Blanc

epuis trois ans, le label indépendant Entreprise a mis la main sur la pop française, déclinant des signatures comme Juniore, Moodoïd ou Bagarre dans tous les recoins de la French touch, du post-yéyé au psychédélisme ou la techno-pop sautillante. Avec Grand Blanc, quatuor originaire de Metz, c’est l’héritage garage et new wave, avec ses guitares électriques en avant, ses voix spleenesques et ses mélodies grises qui se souviennent, avec affection, de Joy Division. P T GRAND BLANC, à la Maroquinerie, le 15 mars. Produced by French independent label Entreprise, Metzbased band Grand Blancblends garage rock and cold wave to make a brand of haunted and melancholic music that can’t help but evoke Joy Division.

Synapson D

ans la lignée de The Avener, Robin Schulz ou Joris Delacroix, le duo français Synapson, formé par Alex et Paul, deux potes d’enfance, se fraie enfin une place de choix dans les hit-parades avec Convergence, un second album, plus maîtrisé et condensé. En mélangeant brise folk, cadence électro, beats relaxant, profondeur soul, et faisant tenir cette mayonnaise secrète par des voix venues de tout autour du monde, les deux Français déroulent une électro-folk qui garde astucieusement un pied dans le passé, tout en ayant le regard tourné vers l’avenir. Un emachine à tubes, en somme! Et on parie que ces deux-là joueront leur prochaine date parisienne à guichets fermés SYNAPSON, à la Cigale, le 7 avril. Following in the footsteps of acts like The Avener, Robin Schulz and Joris Delacroix, French duo Synapson’s second album, Convergence, is a convincing mix of folk and electronica, full of surefire hits. We bet its next Parisian show will be sold out!

Théodora n l’avait repérée dans le groupe Théodore, Paul & Gabriel, et leur pop-folk douce-amère, où elle assurait la position enviée de bassiste. Désormais en solo, Théodora déballe de son sac ses influences : le lyrisme d’un Leonard Cohen, l’électroclash second degré d’une Miss Kittin, les beats distordus de la nouvelle scène hip-hop… Un mélange de douceurs tenues d’une main de fer et en forme d’un premier 6-titres (avec une sublime reprise du Jolene de Dolly Parton) qui donne très envie d’entendre la suite. THÉODORA, aux Bains, le 24 mars. A former bass player in the band Théodore, Paul & Gabriel, Théodora has gone solo with a promising sixtrack debut EP influenced by Leonard Cohen, Miss Kittin and the new hip-hop scene.

Julot Bandit

Clément Vayssieres

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se ballade les doigts dans le nez entre r’n’b futuriste et petites bombes pop et à danser. A surveiller, donc.

’est la petite Française qui monte et dont le nom, à 28 ans, est de toutes les conversations branchées. Parfaite enfant des années 1990 (celle des boys bands, des fringues –trop– colorées et de l’avènement du sportswear), Claude Violante a grandi entre l’eurodance et l’électro, la plus grande discothèque du monde et les clubs underground. En échappée solo du groupe Haussmann dont elle partage l’affiche, elle sort un premier album d’électro-pop chantée, de mélodies torturées et de rythmes fracassés, qui brassent les obsessions de l’époque, entre amour et genre, et

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CLAUDE VIOLANTE,

au Badaboum, le 9 mars. Twenty-eight-year-old French singer Claude Violante is a child of the 1990s, heavily influenced by eurodance, electronica and underground clubs. Her first synthpop album is definitely worth a listen and we can’t wait to hear what she does next.

Mood II Swing

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Seinabo Sey

ortement inspirée par les grandes dames de la soul américaine (Beyoncé ou Alicia Keys, pour ne citer qu’elles), Seinabo Sey, Suédoise d’origine gambienne, se lance à l’assaut d’une pop dansante et mutante où influences soul, rythmes tribaux et instruments électroniques se disputent tout en dansant. Mais c’est surtout la voix de Seinabo, à la fois puissante et subtile, qui nous laisse sans voix.P T SEINABO SEY, au Café de la Danse, le 2 mars. Heavily inspired by Beyoncé and Alicia Keys, Swedish singer Seinabo Sey makes pop music you can dance to by mixing soul, tribal rhythms and electronica.

Strictly Rhythmv

onne nouvelle : après avoir déchaîné les dancefloors des années 1990, la house et la deep house font leur grand retour, marquant par la même occasion la fin du perçage de tympans qu’était l’EDM (pour Electronic Dance Music) et le retour à plus de sensualité et d’érotisme dans un milieu, la nuit, qui en a souvent bien besoin ! La preuve de ce retour en force des années 1990 au volant avec la présence prochainement sur les écrans radars de Mood II Swing. Les parfaits représentants d’une house new-yorkaise toute en vocaux, disco et glamour, dont les tubes (et même si vous l’avez oublié) vous ont fait suer plus que de raison sur les pistes de danse. MOOD II SWING, au Badaboum, le 30 avril. Nineties house music is making a major comeback and so is Mood II Swing. The New York-based production duo’s glamorous disco-inspired vocal tracks will definitely get you back on the dancefloor.

Alberto Cabrera

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Claude Violante

A ne pas manquer si vous y tenez... Patricia Reyes

Kerri Chandler,au Rex, le 13 mars. Alessia Cara,à l’Alhambra, le 14 mars. Flume, au Trianon, le 14 mars. Matador, au Showcase, le 18 mars. Lee Scratch Perry, au Cabaret Sauvage, le 20 mars. Alice on the Roof, à la Maroquinerie, le 5 avril. Maissiat, au Carreau du Temple, le 11 avril. Mariah Carey, à Bercy, le 21 avril. Rubrique «Concerts&Fêtes» réalisée par L U C I E G O U Z E avec P A T R I C K T H E V E N I N et D I D I E R L E S T R A D E PA L AC E COS T E S F E V R I E R / M A R S 2 0 1 6

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AURORE DE

La Morinerie

Empreintes

R

de mode

echerche de la trace juste, de l’empreinte parfaite laissée sur la page, parfois proches de l’abstraction, toujours de l’épure, les dessins d’Aurore de La Morinerie révèlent des silhouettes d’objets, de plantes ou de femmes d’une précision et d’une grâce éblouissantes. Pour Alaïa, elle a réalisé une série revisitant le thème du perforé, jeu du voilé-dévoilé emblématique du couturier. Vous travaillez beaucoup pour la mode. Qu’est-ce qui vous attire en particulier ?L’essence de la création des autres. J’ai eu une formation artistique appliquée à la mode et une partie de mon activité de dessinatrice s’attache à exprimer et traduire l’esprit des marques. Quelles techniques utilisez-vous ?J’ai une prédilection pour les techniques de dessin d’Extrême-Orient, l’association des «quatre trésors du lettré» en Chine –le papier, le pinceau, l’encre et la pierre à encre–, à décliner à l’infini. J’utilise aussi une presse taille-douce pour la technique du monotype. Pour la série Alaïa, après un long travail préparatoire, je me suis inspirée de photographies que j’ai prises, et j’ai choisi la technique du pochoir. C’est une technique particulière, le résultat est très structuré et me semble être le plus proche de son style. Qu’est-ce qui vous touche dans l’œuvre de monsieur Alaïa ? J’admire beaucoup sa rigueur, son art… J’ai cherché à exprimer les qualités de sculpteur propre à son travail. A mon sens, tout en modelant de manière idéale le corps de la femme, ses robes ont une existence plastique autonome. Lorsque le Palais Galliera a rouvert avec la première rétrospective parisienne d’Azzedine Alaïa, j’ai réalisé une série de dessins pour le catalogue où j’ai interprété quelques robes qui nous semblaient emblématiques. Que pensez-vous du parfum Alaïa ?Je suis sensible aux qualités de cette fragrance qui m’évoquent douceur, enveloppement et féminité. Peut-on faire une analogie avec le parfum et votre style ? En plus des dessins, j’ai réalisé de petits films pour lesquels j’ai trouvé une musique qui correspond à Alaïa. Toute proportion gardée, peut-être peut-on faire, entre son parfum et le dessin, une analogie proche des Correspondances baudelairiennes : «Les parfums, les couleurs et les sons se répondent…»

“Part of my artistic activity is expressing and translating the essence of brands,” says illustrator Aurore de La Morinerie. “For Alaïa, I was looking for the sculptural qualities that are unique to his work. Because, while modeling the female body to perfection, his dresses have their own physical existence. For his perfume, as well as the drawings, I also made some short films for which I found music that corresponded to Alaïa.”

Propos recueillis par A N N E D E L A L A N D R E

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Foulards sensuels D

évorée est une marque de foulards en soie créée en 2014 par Maria Ponti et Benjamin Rossignol, deux concepteurs et directeurs artistiques qui ont souhaité combiner leur passion pour la photographie et les belles matières. Sur chaque foulard s’affiche une photographie de nu, conçue en exclusivité pour la marque, qui se révèle une fois l’accessoire déplié. Pour le printemps-été 2016, Dévorée a réalisé quatre collections, In Bloom, Gold, LK4BetLooking for Bambi, toutes plus sensuelles et surprenantes les unes que les autres. Les modèles sont tissés et imprimés en Italie, à Côme, et sont réalisés en édition limitée.

Dévorée is a Parisian silkscarf brand founded in 2014 and inspired by the creators’s love of photography and precious fabrics. Each limited-edition scarf hides a picture that reveals itself when unfolded. PA L AC E COS T E S F E V R I E R / M A R S 2 0 1 6

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Sacs bijoux C

ône de glace arcen-ciel, éventail précieux, bonbon gourmand, les minaudières Judith Leiber sont toujours aussi irrésistibles avec leurs formes ludiques et originales. Des boîtes talismans qu’on arbore comme de véritables bijoux. Judith Leiber makes playful and original clutches that are impossible to resist.

Jus toniques C

’Juice est une marque de jus frais et pressés à froid lancée par Claire Courtin-Clarins. Composés de plantes médicinales, légumes et fruits issus de l’agriculture biologique, les jus sont fabriqués quotidiennement dans le laboratoire parisien de la marque. En plus d’une première gamme de jus toniques, C’Juice propose également deux cures détox. A découvrir en boutique avant l’ouverture prochaine de l’e-shop.

C’Juice. 21 rue du Dragon, Paris VIe. 09 82 52 97 33. www.cjuice.fr PA L AC E COS T E S F E V R I E R / M A R S 2 0 1 6

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Nouveautés a l’Essai

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BMW M4 GTS Bolide édition limitée

e coupé BMW est fait pour être beau. Une beauté de proportions, discrètement arrogante, qui parle de performances uniquement à ceux qui savent. Pour mieux faire allégeance à la longue lignée des M3, il s’appelle… M4. Ce chiffre nouveau, cette lettre M comme «Motorsport» sont déjà les marquages privés d’un club très à part au sein de la clientèle BMW. Notre créature du jour y ajoute le suffixe GTS, et cette fois, nous sommes chez les initiés, les radicaux, le noyau dur du parti de la performance. L’aileron vaut bannière, mais c’est l’attitude tout entière qui change. Posée plus bas sur des roues plus larges, la GTS est prête à charger. La couleur (gris métal ? gris animal ?) renforce la sensation de proximité avec le tarmac, contre lequel elle s’allonge pour mieux le dominer. L’habitacle a changé, lui aussi, et parle le langage de la course. Simples sangles en guise de poignées de porte, baquets moulants à l’avant, tandis qu’un fort arceau a délogé la banquette arrière. Une machine exclusive, pour deux et surtout pour un, le pilote, dont elle attend les gestes. Et mieux vaut qu’ils soient précis, ces gestes, car la M4 dispose d’une puissance inédite, qui s’annonce d’un chiffre rond : 500 chevaux. Le 6cylindres en ligne, architecture de tradition chez BMW, est de ceux qui éveillent le romantisme mécanique : double turbocompresseur, injection d’eau dans les

chambres de combustion… De ces plaisirs d’initiés, dès la lecture de la fiche technique. Vous serez 700 à pouvoir transformer cette fascination en exercices moins contemplatifs, à 305 km/h. R O B E R T P U Y A L This new BMW M4 GTS is beautiful, discretely arrogant and extremely powerful. A new addition to the M (for Motorsport) family, this race-car version sits lower on wider tires and comes with front and rear diffusers, and an aluminum-mounted rear wing. Which it needs because its straight six-cylinder engine produces 500 horsepower and a top speed of 190mph. The only problem? Only 700 will be made.

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Nouveautés à l’Essai

Fiat 124 Spider Un bijou pour le soleil O

n la croyait perdue, la Fiat 124 Spider, garée parmi les souvenirs de voitures joyeuses… La voici qui ressort de sa boîte. On la connaissait petite, jolie, coquette, un rien capricieuse, c’était il y a longtemps ! Et ça a duré longtemps aussi, de 1966 à 1985 ! Plutôt interminable, pour une voiture. On la retrouve moins petite, aussi jolie, toujours très coquette et avec un côté pragmatique qu’on ne lui connaissait pas. Pour sa renaissance, elle s’est acoquinée avec celle qui lui avait en somme succédé au moment de son éclipse, la Mazda MX-5. La nouvelle génération de la japonaise et celle de l’italienne sont en effet cousines, fabriquées sur les mêmes chaînes japonaises, et c’est nouveau ! Ainsi, elle est encore plus près des Etats-Unis, où elle connaît déjà un certain succès, que de l’Europe, où nous l’attendons incessamment. C’est d’autant moins grave que ça lui permet de garder, ou de récupérer, par rapport aux autres Fiat d’aujourd’hui, une architecture préservée de vraie sportive, avec les roues arrière motrices, qui iront bien avec le 2-litres de 160 chevaux. Une sportive, donc, mais d’abord un Spider, une voiture ensoleillée… Prêt à décapoter pour un ParisDeauville comme avant ?

In November last year, a new version of Fiat’s muchloved 124 Spider was unveiled at the Los Angeles Auto Show. Using the same platform as the latest version of Mazda’s ever-popular MX-5 and built in the Japanese constructor’s Hiroshima plant, it first launched in the the US, but should arrive in Europe late this year.

ROBERT PUYAL

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Le charme du costume

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ud Express s’associe à Veja le temps d’une collection capsule écoresponsable ; des cabas et des pochettes en cuir provenant du Brésil, fabriqués dans le respect des normes chimiques européennes. Des pièces colorées, à la fois mode et équitable, à découvrir dès le mois de mars dans une sélection de boutiques Sud Express.

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uand on demande à la créatrice russe Venera Kazarova quel était son rêve d’enfant, elle répond: «Sécher l’école pour coudre.» De cette vocation a éclos une artiste-styliste singulière. «Mon style se situe entre la mode et le costume. Je n’ai jamais pu choisir entre les deux, alors j’ai construit une identité qui se nourrit des deux. Le plus important pour moi, ce sont les formes et les matières.» Son inspiration ? «La nature, les plantes, le monde aquatique, les contes de fées. Je crée beaucoup pendant mon sommeil, des choses m’apparaissent dans mes rêves.» Ainsi Venera conçoit des robes-sculptures-installations-œuvres d’art qui happent l’œil et vrillent le cœur avec l’immense poésie qu’elles dégagent. «Les vêtements sont pour moi des œuvres d’art à travers lesquelles j’exprime ma vision du monde.» Ce qui donne des pièces en papier plissé, sa matière de prédilection, mais aussi en plastique, et toutes sortes de tissus vintage.«J’aime l’idée de pouvoir me cacher derrière une garde-robe pour me protéger, c’est un leitmotiv fort pour moi». C H A R L O T T E G U I L L E M I N As a child, Russian designer Venera Kazarovadreamed of skipping school to sew. She became a unique fashion designer and artist. Inspired by nature, the aquatic world and fairy tales, she creates dreamlike sculpted dresses in pleated paper (her signature material), plastic and vintage fabrics.

Elena Kholkina

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a 14e édition du salon professionnel Made in France Première Vision se déroulera les 6 et 7 avril prochain. Les objectifs : détecter, stimuler et rassembler tous les atouts de la filière mode française. Et valoriser des métiers tels que tricoteurs, ennoblisseurs, façonniers… Une vraie mise en lumière des savoir-faire français. Carreau du Temple, les 6 et 7 avril. www.salonmadeinfrance.com

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L Djula.

’émeraude à l’honneur dans les dernières créations de la maison Des bijoux qui révèlent la profondeur infinie de cette pierre verte à la beauté éternelle. Rare, envoûtante et fragile, l’émeraude possède une aura unique. Symbole de l’amour, de l’espoir et du renouveau, elle était aussi la pierre précieuse favorite de Cléopâtre. Pour cette nouvelle collection, la maison Djula confronte la force du diamant et la fragilité de l’émeraude. Un message d’amour. Une collection de bagues et de boucles d’oreilles aux courbes graphiques et modernes, des pierres taillées en poire tels des yeux de chat. www.djula.fr

L’éclat de l’émeraude

Djula’s new collection features bold earrings and rings made of diamonds and rare, enchanting and delicate green emeralds. A symbol of love, hope and renewal, it’s perhaps not a surprise that they were Cleopatra’s favorite stones.

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CONSTANCE

Jablonski

Tee-shirt

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couture

onstance Jablonski signe une collection capsule pour Majestic Filatures, le spécialiste du tee-shirt couture. Vingt pièces aux coupes modernes et confortables, toutes brodées d’un sablier. La top française, égérie de la maison, s’est prêtée au jeu du «Dico Mode». Que me répondez-vous si je vous dis… Naturel. «On aime. C’est la touche française du coiffé-décoiffé, du maquillage qu’on ne voit pas. On essaye de garder une image authentique.» Confortable. «Toujours. Il faut pouvoir marcher, voyager, danser…» Sexy. «Un minimum. Toujours une petite touche. Les tee-shirts boyfriend sont très évasés, il faut les accessoiriser avec des mini-shorts très sexy ou des jupes taille haute.» Egérie. «J’ai fait cette collection en m’inspirant de ce que je porte. Des basiques à accessoiriser, pratiques en voyage. Quand j’avais 15 ans, j’étais très sportive, je jouais beaucoup au tennis et Martina Hingis était mon égérie. Aujourd’hui, ce sont plutôt ma mère ou ma grand-mère, des personnes plus “vraies”.» Sablier.«Hypnotique. Le sable qui descend, le temps qui passe… un peu stressant mais fascinant. J’aime beaucoup la philosophie, je tiens cela de mon père, qui, tous les matins, m’envoie une citation. Aujourd’hui, j’ai reçu celle-ci d’Etty Hillesum : “Il faut si peu de mots pour dire les quelques grandes choses qui comptent dans la vie. Je voudrais tracer ces quelques mots au pinceau sur un grand fond de silence.”» Unique. «On l’est tous.» Passion. «Vital. C’est ce qui nous fait vivre. Les passions tracent notre chemin.» Style.«L’élégance. C’est la façon dont on se porte, plus que ce que l’on porte.» Paris. «La romance !»

Propos recueillis par A N N E D E L A L A N D R E

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arbara Boccara et Sharon Krief, créatrices de la marque ba&sh, ont imaginé avec la jeune griffe Ana Heart une collection capsule dédiée au yoga, ba&sh Mantra. Désireuses de créer une ligne dédiée à cette discipline depuis longtemps, elles ont conçu huit pièces à la fois confortables, techniques et féminines, à porter avant, pendant ou après le sport. Des vêtements qui incarnent au mantra des deux femmes : «Se sentir belle, c’est avant tout se sentir bien !» Ci-contre, le legging Moss et la brassière Miller.

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Ode à la petite culotte

Pierre Laurent & Nicolas Joyen-Conseil

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ue peut-on envoyer de drôle à son amoureux quand on est loin de lui parce qu’on fait ses études d’arts plastiques à Montréal et qu’il nous manque ? Une petite culotte, bien sûr ! C’est en tout cas ce qu’a fait Pauline Guyau, une jeune Parisienne de 28 ans qui a toujours aimé l’art, la mode… et les culottes en coton. «Comme j’adore customiser tout ce qui me passe sous la main, j’avais collé sur l’une des miennes des tas de petits cœurs et des messages en feutrine», raconte-t-elle. Fin 2013, lorsque Pauline rapporte cette anecdote à Julia Jais, une étudiante en management rencontrée à la terrasse d’une auberge de jeunesse, les contours d’un projet commun commencent à se dessiner. «Nous partagions le même constat que les dessous en coton sont très rarement féminins. Alors, pourquoi ne pas s’associer et créer notre propre collection ?» explique Julia. Dans l’imagination des filles naît alors la petite culotte chef-d’œuvre : une pièce qui mêlerait art, mode, et serait 100% made in France. En décembre dernier, la toute première collection de ces passionnées voit le jour sous le nom LaBobette («petite culotte», en québécois).

«Nos modèles sont réalisés en Dordogne par Moulin Neuf Textiles, une entreprise spécialisée en lingerie depuis des décennies», précise Pauline Guyau. Cinq jeunes artistes aux univers graphiques totalement différents en signent les motifs : Vanessa Grünbaum et ses dessins éroticopoétiques, la collagiste Flore Kunst, fan des années 1950, Sarah Vieille et sa passion du papier découpé, les illustratrices Noémie Cédille et Cécile Fleuriet. A quand une expo de petites culottes au musée ? P A T R I C I A K H E N O U N A

www.labobette.com

What to send to your boyfriend when you miss him? A pair of your panties, of course! At least that’s what Pauline Guyau did. When the 28-year old Parisian, then studying fine arts in Montreal, told the story to fellow student Julia Jais, they decided to create a company that would blend three of their interests: fashion, art and cotton panties. La Bobette (panties in Canadian French) was born. Made in France, the panties feature feminine patterns designed by young artists, including Vanessa Grünbaum, Flore Kunst, Sarah Vieille, Noémie Cédille and Cécile Fleuriet.

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Inspiration nature

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a jeune créatrice mexicaine Daniela Villegas s’inspire de la nature pour créer des bijoux colorés et joyeux. Fabriquées à la main, ces pièces mêlent l’or et les pierres précieuses à des matériaux naturels comme le bois et les plumes. Mexican jewelry designer Daniela Villegas makes handcrafted pieces inspired by nature.

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Tee-shirts de prince P

rince Tees, une ligne de tee-shirts ultra-luxe imaginés par le prince Emmanuel-Philibert de Savoie, débarque en France. Le petit-fils du dernier roi d’Italie, désormais animateur, producteur et acteur, se raconte avec simplicité. Pourquoi des tee-shirts ? «J’ai été inspiré par les princes d’Hollywood: James Dean, McQueen, Brando, Marilyn, si glamour en tee-shirt blanc. C’est une pièce que l’on peut porter de mille façons, décontracté en jean ou chic avec une jupe Chanel. J’ai développé une matière d’excellence, un coton avec du cachemire, ultra-confortable, d’une qualité ultra-luxe. C’est la “dévulgarisation” du tee-shirt!» Cela aide, d’être prince, en 2016 ? «J’ai du mal avec cette histoire de “prince”. J’ai voulu, à travers mon logo et son graphisme dessiné au pinceau, dédramatiser toutes ces histoires de couronnes. Mais, je l’avoue, ça m’ouvre beaucoup de portes. Ma famille a été condamnée à l’exil jusqu’en2002. Lorsque je suis rentré en Italie, il m’a fallu prouver plus que les autres. Je suis très fier de mon pays, je me sens engagé et responsable: faire du made in Italie un label d’excellence.» Vos projets ? «Une série de tee-shirts sur les publicités vintage des papiers à cigarette, une autre sur les gentleman magazines des années 1950 et des pyjamas “dreamcatchers”, ces Indiens d’Amérique attrapeurs de mauvais rêves. Je suis en train de produire La dolce morte, un documentaire sur Fellini pour le cinéma, et le prochain film de Sylvain Chomet, le réalisateur des Triplettes de Belleville, qui s’appellera The Thousand Miles. L’histoire de deux frères qui participent à la célèbre course automobile italienne, les Mille Miglia. L’un des deux est narcoleptique et, à chaque fois qu’il s’endort, il rêve de son enfance. Le scénario s’inspire des journaux intimes de Fellini, dans lesquels il écrivait et dessinait ses rêves.»

Propos recueillis par A N N E D E L A L A N D R E

Emmanuel-Philibert de Savoieis the grandson of the last king of Italy, a presenter, producer, and actor. He also makes luxury T-shirts under the name Prince Tees. He is also producing a documentary about Fellini, as well as the next feature from Oscar-nominated animator Sylvain Chomet. PA L AC E COS T E S F E V R I E R / M A R S 2 0 1 6

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O

n dit de lui qu’il travaille à l’ancienne. Et c’est vrai qu’Edouard Nahumest un joaillier créatif, à taille humaine et (relativement) abordable. Presque un artisan de quartier, proche de sa clientèle, mais qui aurait choisi les Champs-Elysées pour continuer de faire rayonner l’art de la joaillerie française. Abécédaire. Dcomme «Diamant». «Par goût, je préfère les diamants aux pierres de couleurs, et, comme je n’arrive à vendre que ce que j’aime, 99% de nos collections sont constituées de diamants. Je suis extrêmement difficile dans le choix des pierres. Je ne choisis que les meilleures.» Fcomme «France».«Tous nos sertissages sont réalisés à Paris. C’est exceptionnel, car aujourd’hui la plupart des créateurs ne réalisent que deux ou trois bijoux en France pour pouvoir afficher “made in France”, mais, en réalité, tout le reste de la production est fabriqué à l’étranger. Nous avons une expérience de plusieurs siècles et un savoir-faire artisanal exceptionnel. Paris demeure la capitale de la joaillerie mondiale.» Pcomme «Perfection».«Mon obsession, c’est la perfection ! Je ne suis pas place Vendôme, mais je fais de la haute joaillerie. La place Vendôme est une adresse magnifique, mais avec des loyers extrêmement élevés. Or j’ai toujours voulu rester abordable et donc limiter les frais.» Rcomme «Restauration».«Le service après-vente est un point capital pour moi. Les grandes maisons de la place Vendôme ne disposent pas d’un service réparation. Vous achetez un bijou hyper cher chez eux et, après, en cas de problème, débrouillez-vous ! Nous avons un petit atelier de deux personnes avenue Franklin-Roosevelt et un autre, “la clinique du bijou”, dans le IXe arrondissement, qui compte huit personnes. On propose aussi de restaurer, nettoyer, polir et transformer un bijou ancien, quelle que soit sa provenance. Je préfère faire évoluer un bijou plutôt que de le laisser dans un tiroir ! C’est un service unique à Paris.» Scomme «Stars».«Je suis le joaillier des stars, de Madonna à Sharon Stone en passant par Pharrell Williams, et j’aime ça. Ça s’est fait par hasard, au fil de belles rencontres.» P H I L I P P E L A T I L

EDOUARD

Nahum

Haute

joaillerie française

Edouard Nahum.20 avenue Franklin Delano Roosevelt, Paris VIIIe. 01 53 96 06 06.

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Mix

indienparisien D

e ses dix ans passés en Inde, elle a rapporté une multitude d’inspirations et des valises remplies de tissus, senteurs, bijoux et autres trésors… Laurence Doligé rentre à Paris et redevient Laurence Bras, de son nom de jeune fille. Les essentiels de sa garde-robe n’ont pas changé : la chemise d’homme, le chino, la robe indienne, la combinaison et l’imprimé léopard. «Je ne choisis pas un thème par collection, je veux des pièces intemporelles, des basiques avec un mix indien-parisien, comme les chemises en coton et soie imprimés en block print. C’est une technique ancestrale indienne où le motif est dessiné, puis gravé sur un bloc de bois que l’on trempe dans l’encre et que l’on applique manuellement sur le tissu. Ces imprimés sont réalisés sur d’immenses tables à Jaipur et Jodhpur. C’est magnifique à voir !»

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Rêves de parfums

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livia Giacobetti, créatrice aussi brillante que discrète, signe, depuis plus de vingt ans, des parfums délicats et inspirés. Indépendante dans l’âme, Olivia à également lancé sa propre marque en 2003 : Iunx. «J’avais envie d’un mélange de poésie et de modernité. Tout a été pensé avec une entière liberté : nous avons simplement essayé de faire ce qui nous faisait rêver !» Et quel rêve, en effet, que cette ligne de treize eaux, oscillant entre minimalisme et exotisme. L’Eau Argentine et ses notes de chanvre et maté, l’Eau Frappée aux zestes d’agrumes ou encore l’Eau Blanche, imaginée «comme un coton frais séché au soleil, la sensation de se glisser dans une chemise blanche»… Ces créations pleines d’émotion sont à découvrir à la nouvelle adresse de Iunx, au cœur du VIe arrondissement. Une boutique feutrée, épurée, tout en noir et blanc. D’un raffinement exquis, bien évidemment. S B Iunx.13 rue de Tournon, Paris VIe.

“I wanted to invent a sensitive and different world, both poetic and modern,” says perfumer Olivia Giacometti about her brand Iunx.The result? Thirteen exquisite eaux waiting to be discovered at Iunx’s new store, located in the 6th arrondissement.

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a maison de mode masculine suisse Strellson vient d’ouvrir sa première boutique bimarque à Paris. L’espace, au design épuré, regroupe les lignes business premium et sportswear de Strellson et les basiques luxueux de Windsor. Une première mondiale pour la marque, déjà présente dans plus de quarante pays.

Strellson & Windsor. Centre commercial du Palais des congrès, Paris XVIIe.

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CATALINA

Brenes

Brut

de poésie E

n 2005, alors qu’elle étudiait le graphisme au Costa Rica, Catalina Brenesa soudain ressenti le besoin de réaliser son rêve d’enfance : créer des choses avec ses mains. Elle change donc d’orientation et intègre une petite école de joaillerie locale : «Dès que j’ai touché le métal, c’est comme si j’avais fait ça toute ma vie. J’ai senti que je ne pourrais plus jamais rien faire d’autre.» Catalina Brenes crée essentiellement des bagues. Ou du moins, ce sont ses bagues qui sont les plus révélatrices de son style, sa patte, son âme : «Créer une bague, c’est comme donner forme à une petite sculpture. Je suis confiante et épanouie, en phase avec moi-même, quand je travaille sur une bague.» Ses anneaux en or frappé, brossé, aux contours volontairement irréguliers, sont comme des serres d’aigle renfermant une émeraude, un rubis ou un quartz bruts. Les créations de Catalina Brenes sont un rêve. Une poésie. Une parenthèse enchantée directement sortie de la forêt de Blanche-Neige : bracelet écorce d’arbre en argent, boucles d’oreille en argent oxydé et marbre qui font écho aux ronces qui protègent la méchante Reine… Entre bien et mal, ombre et lumière, savoir-faire classique et libertés stylistiques, le tout auréolé d’une touche de mysticisme.

Luigi Lam

CHARLOTTE GUILLEMIN www.catalinabrenes.com

“As soon as I worked with metal, it felt like I had done it my whole life,” says jewelry designer Catalina Brenes. “I knew that I could never do anything else.” She concentrates on rings - made of gold and precious stones such as emeralds and rubies - because she feels confident and in tune with herself when designing them. Her other poetic pieces include a wooden bracelet straight out of Snow White’s forest.

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Le temps des cerises

es bijoux d’inspiration vintage Erickson Beamon séduisent le monde de la mode et les stars depuis plus de trente ans. Confectionnées à la main à New York, leurs créations colorées aux lignes audacieuses s’adaptent à tous les styles, à l’image de ce collierCherry Pie, en cuivre plaqué or, émail laqué rouge et serti d’un cristal Swarovski vert pâle. Handcrafted in New York, Erickson Beamon’s colorful and bold jewelry suits all types of women.

Tapis en fleurs L

a marque italienne Missoni a été une des premières à passer du podium aux salons avec sa ligne de décoration intérieure Missoni Home. Elle crée des accessoires originaux, élégants et colorés, comme ces tapis en laine vierge de Nouvelle-Zélande fabriqués et tuftés à la main. De haut en bas et de gauche à droite : les tapis Olindina, Oros et Oriente. Italian brand Missoni Home creates original, elegant and colorful home accessoiries such as these handcrafted carpets made of virgin wool from New Zealand.

Etoiles du Sud

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e joaillier libanais Selim Mouzannar rend hommage à la majesté d’Istanbul avec des créations féeriques surmontées d’étoiles à cinq ou sept branches, comme ces bagues en or rose serties de diamants. PA L AC E COS T E S F E V R I E R / M A R S 2 0 1 6

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Les must have des Galeries Lafayette

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ette saison, lorsqu’elle croise le balnéaire, la mode se fait légère autour de coupes amples, de couleurs toniques, et de marinières nouvelle vague. LesGaleries Lafayette appellent à prendre le large en versions bandes originales. 40 boulevard Haussmann, Paris IXe.

© Charlotte Wales

Manteau, Galeries Lafayette.

Lunettes de soleil, Miu Miu. Jupe, Rochas. Ballerines, Gianvito Rossi.

Sac seau, Michael Kors.

Bagues , Pomelato.

Sac 48h, Galeries Lafayette.

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deux pas des Champs-Elysées et de l’Avenue Montaigne, la maison de couture Diamant Blanc reçoit ses clientes sur rendez-vous dans son showroom immaculé, intimiste et chaleureux. Passionnée par son métier, la créatrice Kim Ktorza accompagne chaque femme dans le choix de la robe de mariée idéale ou de la robe du soir la plus glamour. A l’écoute des envies de ses clientes, elle propose également des créations unique sur mesure. Un essayage chez Diamant Blanc, c’est un moment de luxe, de calme et de volupté.

Diamant Blanc Couture. 4 rue de Marignan, Paris VIIIe. 01 47 20 64 55. Sur rendez-vous. www.diamant-blanc.fr


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a nouvelle collection Amenapih compose le vestiaire estival idéal des filles sportives et voluptueuses avec des bikinis aux couleurs acidulées, des caftans ethniques et une ligne d’accessoires comprenant chapeaux, sacs et lunettes de soleil. Des plages californiennes aux festivals de musique, Amenapih vous accompagne partout cet été. www.amenapih.com

Colorful bikinis, bohemian kaftans and vintage-inspired sunglasses: Amenapih’s new collection is the perfect summer wardrobe for sporty and free-spirited girls. PA L AC E COS T E S F E V R I E R / M A R S 2 0 1 6

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PHILIPPE Carré

La paѕsion du beau son lipson, c’est la haute couture du son. Un terme plus approprié que jamais puisque la marque historique d’enceintes audio a fait appel aux grands designers de mode que sont Maurizio Galante et Tal Lancman. De cette collaboration naissait notamment en 2011 le Sound Tree, une installation sonore composée d’un tronc abritant un caisson de basse et de douze enceintes en forme de boules disposées comme les fruits d’un arbre pour une spatialisation optimale du son. Le Sound Tree a su séduire les enseignes les plus prestigieuses. Tous les audiophiles, tous les passionnés de l’histoire du son, tous les accros de la Hi-Fi connaissent bien ces enceintes boules dont les premiers modèles ont été créés par Joseph Léon, le fondateur de la marque en 1938. Philippe Carréest l’un d’entre eux. Fondateur et gérant du groupe AV-Industry, qui détient entre autres le site de vente en ligne Son-vidéo, entièrement dédié au matériel haut de gamme, il a la bonne idée de racheter la marque Elipson en 2008. «La notoriété d’Elipson commence dans les années 1950 quand l’Etat lui a demandé de sonoriser des espaces publics, puis s’amplifie dans les années 1960, quand elle devient la marque de l’ORTF. Une enceinte Elipson, c’est plus que du matériel audio, c’est un morceau d’histoire, une sculpture.» Et bien sûr un son inégalé. Une combinaison qui sied à merveille à Philippe Carré. «Nous vendons des jouets pour adultes. Nos clients nous achètent du matériel comme d’autres achèteraient une Porsche. Ce sont des spécialistes qui viennent sur notre site. En échange, nous leur offrons un service premium.» Philippe Carré vend certaines pièces de collection, réédite certains des modèles phares de la marque revisités pour Colette, le Bon Marché Rive Gauche ou encore Habitat. «L’aménagement intérieur «On ne a pris une importance énorme, on ne veut plus veut plus “We sell toys for adults,” says Philippe Carré, d’enceintes laides et encombrantes. Les Améri- d’enceintes who bought historic audio company Elipson in laides et cains parlent du WAF, le “woman acceptance 2008. “Some people buy a Porsche, our custoencomfactor”, ta femme qui te dit : “Tu ne vas pas mettre brantes» mers buy equipment . Specialists visit our site, ça dans le salon !”» La marque veut collaborer and we give them a premium service.” Longavec de grands architectes pour intégrer le son en amont des known for its stylish products – such as its iconic spherical aménagements intérieurs et éviter que les enceintes appa- speakers from the 1960s – Elipson began collaborating raissent «comme des verrues dans nombre d’espaces with designers in 2011. The results include the Sound publics, comme c’est le cas aujourd’hui». Autre projet novaTree, a sound installation with a bass-speaker teur d’Elispon, lancé fin 2015, une platine “trunk” and 12 ball-shaped speakers that dangle vinyle Bluetooth qui allie technique révolulike fruit, created by Maurizio Galante, Tal tionnaire et élégance du design. «Le vinyle Lancman and Jean-Yves Le Porcher. The latest est un objet qu’on touche, qu’on range, qui project, launched late last year, is a turntable nous fait retrouver un contact avec le matéfeaturing Bluetooth streaming and starkly riel qu’on avait perdu avec les fichiers numéelegant looks. riques. Notre platine permet d’allier ce contact à la perfection du son numérique.» Design, qualité du son, inscription dans l’histoire, Elipson nouvelle génération reste fidèle à sa Retrouvez Elipson à la première édition du salon marque de fabrique. Sound Days les 16 et 17 avril au Showroom By4, NADINE VASSEUR

4 rue d’Uzès, Paris IVe PA L AC E COS T E S F E V R I E R / M A R S 2 0 1 6

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our sa nouvelle collection de bijoux, Mad Lords a cherché son inspiration dans la lumière des beaux jours. Cet espace confidentiel et exclusif vient d’inaugurer le premier et unique «shop in shop» dédié au créateur Maor Cohen, inspiré des tendances californiennes les plus pointues. Mad Lords propose également de nouvelles collaborations inédites avec Jacquie Aiche, Pascale Monvoisin ou encore Aaron Jah Stone et une sélection de parfums présentée en exclusivité mondiale. Mad Lords, a store dedicated to rare designer jewelry for her and him, just opened its first in-store shop. It’s dedicated to Californian designer Maor Cohen and offers a selection of exclusive fragrances.

Exclusif Mad Lords

Mad Lords. 316 rue Saint-Honoré, Paris Ier. 01 45 25 08 31. www.madlords.com

Bague Teardrope or jaune, turquoise et diamants blancs Jacquie Aiche

Bracelets Neon African, perles africaines et argent M.Cohen

Créoles tourmalines roses, or jaune, et diamants blanc, Jacquie Aiche

Bracelets Floating perles africaines et argent M.Cohen Bracelet Raging Saddle argent massif et perles africaines M.Cohen Choker en cuir tressé, or rose et turquoise Jacquie Aiche

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Bague Marquise tourmaline rose, or rose et diamants blancs. Jacquie Aiche


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Un week-end face à l’océan... S

un jeune chef surdoué (et surfeur), Fabrice Idiart. Le plaisir d’un luxe et d’un art de vivre simples, une sensation rare que seul le charme de La Réserve de Saint-Jean-de-Luz rend possible. La Réserve de Saint-Jean-de-Luz.

ur la colline de Sainte-Barbe, à quelques minutes de marche du village le plus typique de la Côte basque, l’hôtel 4 étoiles La Réserve, suspendu au-dessus de l’océan, incarne à merveille l’état d’esprit du Sud-Ouest… Dressé face à la mer, l’hôtel a été aménagé comme une maison de vacances de 41 chambres toutes plus cosy les unes que les autres et jouit d’un panorama à couper le souffle, dont vous pourrez profiter depuis votre chambre, la terrasse du restaurant, ou dans la piscine chauffée à débordement… Un havre de paix et de douceur pour un séjour ou un weekend rêvé. Mais aussi placé sous le signe de la gastronomie basque au sein du restaurant Ilura… En effet, c’est l’une des tables les plus prisées de la région, avec aux commandes

Nuit à partir de 115€ (en chambre standard). 05 59 51 32 00. www.hotel-lareserve.com

La Réserve de Saint-Jean-de-Luz, a 4-star hotel on the Basque Coast welcomes you in a fashion typical of southwest France. Located atop a cliff, this charming hotel offers 41 cozy rooms with breathtaking views of the ocean, making it a perfectly peaceful haven for a weekend or a longer stay. And for food lovers out there, surfer and chef Fabrice Idiart proposes Basque specialties at the hotel’s restaurant, Ilura. PA L AC E COS T E S F E V R I E R / M A R S 2 0 1 6

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n parallèle de la Fashion Week parisienne, colette présente en exclusivité le sac Pouch, fruit de la collaboration entre le créateur J.W.Anderson et l’artiste américain Richard X Zawitz. A cette occasion, celui-ci exposera dans le concept store parisien ses dernières sculptures, Infinite Man, Infinite Woman et Infinite Child, ainsi qu’une série de six peintures intitulée Spooky Action at a Distance.

Le shopping de colette colette. 213 rue Saint-Honoré, Paris I er. www.colette.fr

Sandales Ancient Greek Sandals. Lunettes La petite lunette rouge. Shampooing Oribe. Chaussures Dr Martens x colette. Tirage Superhero Rabbit Ham.

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L e s L i e u x E xc l u s i f s Pa l a c e C o st e s Paris Ier Hôtel Costes. 239rue Saint-Honoré. 0142445000. Atelier Cologne. 8rue Saint-Florentin. 0142600031. Au Vase de Delft. 2rue du Marché Saint-Honoré. 0142609249. Avril Gau. 46rue Croix des Petits-Champs, Paris. 0142612160. Caroline De Marchi. 217rue Saint-Honoré. 0953583573. Claus Paris. 14rue Jean-Jacques Rousseau. 0142335510. Caviar Ultreïa Salon Privé. 8place Vendôme Colette. 213rue Saint-Honoré. 0155353390. Corto Moltedo. Jardin du Palais Royal-Galerie de Valois. 0149279791. Da Rosa Epicerie-Cantine. 19bis rue du Mont-Thabor. 0177373787. De Grisogono. 358bis rue Saint-Honoré. 0144550440. Goralska. 8rue de Castiglione. 0144548387. Guerlain. 329rue Saint-Honoré. 0142606861. Institut Darphin. 350rue Saint-Honoré. 0147031770. Irakli. 6rue Villedo. 0142605617. Jack Russell. 1rue d’Alger. 0142368178. Jeu de Paume, site Concorde. 1placedelaConcorde. 0147031250. Kiehl’s. 217rue Saint-Honoré. 0149270344. La Barbière de Paris. 7rue Bertin-Poirée. 0140260101. La Pâtisserie des Tuileries de Sébastien Gaudard. 1rue des Pyramides. 0171182470. Les Jardins du Pont-Neuf. 19quai d’Horloge. 0630158302. Les Petites. 5place des Victoires. 0965308786. Loup. 44rue du Louvre. 0142367323. Mad Lords. 316rue Saint-Honoré. 0145250831. Manoush. 12rue du Jour. 0144882808. Messika Joaillerie. 259rue Saint-Honoré. 0170391800. Parosh. Jardin du Palais Royal-Galerie de Valois 138-139. 0142332037. Perrin Paris. 3rue d’Alger. 0142365354. Pizzeria Iovine’s. 7bis rue du Colonel Driant. 0973543352. Sandro. 269rue Saint-Honoré. 0158622875. Sarah Guetta. 28rue du Mont Thabor. 0158621010. Satellite. 314rue Saint-Honoré. 0142600130. Scc Vendôme. 22place Vendôme. 0153059480. SPA Nuxe. 32/34 rue Montorgueil. 01 42 36 65 65. Stella Luna. 318rue Saint-Honoré. 0140204737. Très Honoré. 35place du Marché Saint-Honoré. 0144869797. White Bird. 38rue du Mont-Thabor. 0158622586. Wine by One. 9rue des Capucines. 0142608576. Paris IIe 0039 Italy. 10place des Victoires. 0984387141. Angela Caputi. 15 galerie Véro-Dodat. 0140390119. By Marie. 44rue Etienne Marcel. 0142333604. Café Madam. 150rue Saint-Denis. 0140390145. Café Stern. 47passage des Panoramas. 0175436310. Chez Maman. 4rue Tiquetonne. 0140284609. Christophe Robin. 22rue Saint-Augustin. 0140209212. Gripoix. 14place des Victoires. 0951584953. Hôtel Bachaumont. 18rue Bachaumont. 0181664700. Kiehl’s. 56rue Tiquetonne. 0145088232. La Belle époque. 36rue des Petits-Champs. 0142963333. Le Klay. 4bisrue Saint-Sauveur. 0140260000. Le Moulin de la Vierge. 10place des Petits Pères. 0142600278. Lockwood. 73rue d’Aboukir. 0177329721. Nathalie Garçon. 15galerie Vivienne. 0140201400. The Paris Liquor Store. 29rue du 4septembre. 0140060236. Waskoll. 19rue de la Paix. 0144719894. Paris IIIe Almare Toscana. 75rue Charlot. 0183061493. Backslash Gallery. 29rue Notre-Dame de Nazareth. 0981396001. Café Pinson. 6rue du Forez. 0983825353. Caves Saint-Gilles. 4rue Saint-Gilles. 0148872262. Chez Janou. 2rue Roger Verlomme. 0142722841. Cuisine Attitude. 10cité Dupetit-Thouars. 0149960050. Elodie Euston By Cizor’s. 46rue de Turenne. 0140270889. Féau. 32rue de Turenne. 0144541530. Galerie Baudoin Lebon. 8rue Charles-François Dupuis. 0142720910. Galerie Cinéma. 26 rue Saint-Claude. 0142770626. Galerie Daniel Templon. 30rue Beaubourg. 0142721410. Galerie Emmanuel Perrotin. 76rue de Turenne. 0142167979. . Galerie Jousse Entreprise. 6rue Saint-Claude.01538210 18. Galerie Paris-Beijing. 54rue du Vertbois. 0142743236. Galerie Particulière. 16rue du Perche. 0148742840. Galerie Thaddaeus Ropac. 7rue Debelleyme. 0142729900. Galerie Xippas. 108rue Vieille-du-Temple. 0140270716. Galerie Yvon Lambert. 108rue Vieille du Temple. 0142710933. Guerlain. 10rue des Francs-Bourgeois. 0153010200. L’Habibliothèque. 61rue de Saintonge. 0142773679. Le Candelaria. 52rue de Saintonge. 0142744128. Le Salon by Thé des Ecrivains. 16rue des Minimes. 01 40 29 46 25. Les Petites. 98rue Vieille du Temple. 0142774907. Paris New York. 1rue Perré. White Bird. 7boulevard des Filles du Calvaire. 0140242717. WM Models. 11rue des Arquebusiers. 0158622865.

Paris IVe Café Martini. 11rue du Pas-de-la-Mule. 0142715973. Hôtel Bourg Tibourg. 19rue du Bourg Tibourg. 0142784739. Hôtel Emile. 2rue Malher. 0142727617. Jean-Claude Biguine. 39rue des Archives. 0142724233. Kaviari. 13 rue de l’Arsenal. 0144618850. Le Temps des Cerises. 31rue de la Cerisaie. 0142720863. Les Petites. 43rue des Francs-Bourgeois. 0142770763. Les Petites. 6rue Malher. 0967518630. Librairie Flammarion Pompidou. Place Georges-Pompidou. 0144781233. MEP. 5-7rue de Fourcy. 01 4478 75 00. Satellite. 23rue des Francs-Bourgeois. 0140294577. Paris Ve Maison Marie. 222rue Saint-Jacques. 0143547868. Paris VIe Avril Gau. 17rue des Quatre-Vents. 0143294904. Carlotti. 40rue Saint-Sulpice. 0144071199. Desi Road. 14rue Dauphine. 0143264491. Féau Saint-Germain. 21rue Bonaparte. 0144073000. Galerie Arty Dandy. 1rue de Furstemberg. 01 43 54 00 36. Galerie Catherine et André Hug. 40rue de Seine et 2rue de l’Echaudé. 0143269375. Galerie Down Town. 33rue de Seine. 0146338241. Galerie G.-P. & N. Vallois. 36rue de Seine. 0146330086. Galerie jousse Entreprise. 18rue de Seine. 0153821360. Galerie Kamel Mennour. 47rue St-André des Arts. 0156240363. Géraldine Carfield. 10rue de Buci. 0964254101. Hôtel Montana. 26rue Saint-Benoît. 0153637920. Lapérouse. 51quai des Grands-Augustins. 0143266804. La Société. 4place Saint-Germain-des-Prés. 0153636060. Le Petit Lutetia. 107rue de Sèvres. 0145483353. Les Petites. 10rue du Four. 0155429878. Liu Jo. 182boulevard Saint-Germain. 0153711540. 25rue du Four. 0142035811. Lucia Iraci. 95boulevard Saint-Germain. 0142222986. Marc Deloche. 36rue Jacob. 0149270379. Marina Rinaldi. 56rue du Four. 0145486157. Mini. 89boulevard Raspail. 0139466448. Satellite. 10rue du Vieux Colombier. 0142221448. Paris VIIe Atelier Cologne. 38rue du Bac. Jean-Claude Biguine. 194rue de Grenelle. 0145517368. L’Esplanade. 52rue Fabert. 0147053880. Le Bon Marché Rive Gauche. Salon privé sur rendez-vous. 24rue de Sèvres. 0144398000. Le Moulin de la Vierge. 64rue Saint-Dominique. 0147059850. Le Tourville. 43avenue de la Motte-Picquet. 0144180508. Lily Wang. 40avenue Duquesne. 0153860909. Paris VIIIe By Marie. 8avenue GeorgeV. 0153238800. City Models. 32rue de Penthièvre. 0153933333. Crazy Horse. 12avenue GeorgeV. 0147233232. Féau. 140rue du Faubourg Saint-Honoré. 0153530707. Galerie Matignon. 18avenue Matignon. 0142666032. Galerie RX. 6avenue Delclassé. 0145631878. Galerie W Matignon. 35avenue Matignon. 0142548024. Jean-Claude Biguine. 10rue Marbeuf. 01 5367 8180. Karin Models. 9avenue Hoche. 0145630823. L’Avenue. 41avenue Montaigne. 0140701491. L’Hôtel du Collectionneur. 51-57rue de Courcelles. 0158366700. Le Bristol. 112rue du Faubourg Saint-Honoré. 0153434300. Le Madrigal. 32avenue des Champs Elysées. 0143599025. Le rendez-vous Toyota. 79avenue des Champs-Elysées. 0800869682. Le Roosevelt. 61avenue Franklin Roosevelt. 0145639403. Le Village. 25rue Royale. 0140170219. Marina Rinaldi. 20rue Royale. 0142861090. Martine de Richeville. 13boulevard Malesherbes. 0144940938. Montaigne Market. 57avenue Montaigne. 0142565858. Opéra Gallery. 62rue du Faubourg Saint-Honoré. 0142963900. Romain Colors. 27rue de la Boétie. 0140070158. Wine by One. 27rue de Marignan. 01456318 98. Paris IXe Braisenville. 36rue Condorcet. 0950912174. Epicerie Causses. 55rue Notre-Dame de Lorette. 0153161010. Fairy Cakes. 34rue Condorcet. www.fairycakesparis.fr Féau.52rue des Martyrs. 0155319470. Galerie VU’. Hôtel Paul Delaroche, 58rue St Lazare. 01 53 01 85 85. Grand Pigalle Hôtel. 29rue Victor Massé. 0185731200. La Barbière de Paris. 14rue Condorcet. 0145269245. La suite Galeries Lafayette. 40boulevard Haussmann. 0142828388. Le Glass. 7rue Frochot. 0980729883. Le Mansart. 1rue du Mansart. 0156920599. Le Sans Souci. 65rue Jean-Baptiste Pigalle. 0153161704. Le Sept Cinq. 54rue Notre-Dame de Lorette. 0983550595. Sam Rone. 31rue du Faubourg Poissonnière. 0142462100. SPA Nuxe. 64 bd Haussmann, Printemps Haussmann-Beauté (1er étage). 01 42 82 52 52.

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