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Modes, arts et créations à Paris

Bérénice Bejo Julianne Moore Brad Pitt Laura Smet Tahar Rahim Jessica Chastain

Spécial

Glamour Mais c’est quoi le glamour? Le glamour flou

Mode au Moulin Rouge La poésie du mauvais temps

Palacescope l’agenda très parisien

N U M É R O

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Sommaire PalaceCostesest édité par la société PalacePresse. Gérant Claude Maggiori Rédaction: 64rue Tiquetonne, 75002 Paris. 0144 88 24 94 palace@palacepresse.com

Directeur de la rédaction, directeur de la création Claude Maggiori

le magazine cadeau

N° 5 5

Novembre/Décembre 2014

18

La Météo des Tendances

18Etre no. 20Toujours jeune. 22Mourir, et après ? 24Avant-après. Bleached. 26Le top des cinémas atypiques. 28 Le plus rouge des rouges à lèvres ? Les plus beaux velours ?

30

Ta l e n t s

30 Bérénice Bejo

Direction mode Anne Delalandre Mise en page et retouches Nader Kassem Responsable photo Lucie Gouze English Text Tom Ridgway Secrétariat de rédaction Philippe Bottini Assistante et assistante de rédaction Lucie Tigoulet contact@palacepresse.com

«Je veux être glamour accessible». 34 Michaël Gregorio.Monsieur Voix.

36 Julianne Moore

«J’ai des cheveux gris, mais je ne suis pas prête du tout à les montrer». 38 Vincent Dedienne. Le candide mordant.

40 Brad Pitt

«Entre la sagesse et la jeunesse, je prends la sagesse». 42 Nora Gubisch. La force de la voix.

44 Jessica Chastain

«On m’offre des rôles de femmes plus intelligentes que je ne suis dans la vie». 46 Apolline de Malherbe. Du charme et du punch. 48 Laura Smet. L’intranquille. 52 Tahar Rahim.«Il faut se maintenir à hauteur d’homme». 54 Michaël Cailloux. Un artiste qui fait bzzzzzz ! 56 Eric Ruf. Le pari du théâtre. 58 Alba Rohrwacher. Future star. 60 Charlotte Gabris. Du rire aux larmes.

C’est quoi le 62

glamour?

Le mystèred’un charme envoûtant

Ali Mahdavi /Dita Von Teese /Frédéric Beigbeder / Marc-Antoine Coulon / François Ozon / Thierry Ardisson /Serge Toubiana / Monica Bellucci /Fabien Baron /Michel Pastoureau / Olivier Dahan / Sarah Andelman /

Ont collaboré à la rédaction: Virginie Bertrand Sarah Bouasse Anne Carpentier Thierry Chèze Anne Delalandre Lucie Gouze Patricia Khenouna Philippe Latil Oscar Léon Juliette Michaud June Nakamoto (rédactrice mode) Robert Puyal Bertrand Raison Sandra Serpero Patrick Thévenin Lucie Tigoulet Nadine Vasseur Ellen Willer Pierre Zéni Photographies Fabien Baron www.baron-baron.com

Brice Ferré

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Christophe Jacrot

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Ali Mahdavi

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Flavien Prioreau

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Imprimerie SEGO 95150 Taverny Fabrication Annick Torrès/Rivages Chromie&gravure Nader Kassem nader@naderkassem.com

PHOTOGRAPHIE DE COUVERTURE : Signe Vilstrup @Artsphère. Azzedine Alaïa, Mannequin: Patricia Schmid@Women. Body en maille de laine et gants en maille de laine et dentelle manteau en fourrure de chèvre roseGucci, bas Falke,une broche “Soleil” en or blanc serti de diamants et une bague “Cosmos” en or blanc serti de diamantsChanel Joaillerie.Styliste: June Nakamoto@Shotview. Coiffeuse: Deki Kazue@Calliste. Maquilleuse:Deedee Dorzee@Calliste.La série a été réalisée au Moulin Rouge. PA LACE COST ES N O V E M B R E / D E C E M B R E

8

2014

ISSN 1955-9380 Dépôt légal à parution Diffusion: 40 000 exemplaires


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Sommaire

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Glamour flou Photographies Brice Ferré.

C’est quoi, le glamour?

Jean Paul Gaultier / Elie Saab / Pierre Hermé / Pierre-Anthony Allard / Albane Cleret / Lorenz Bäumer / Lydia Courteille / Camille Seydoux /Jacques Garcia /India Mahdavi / Giuseppe Zanotti / Djemila Khelfa / Marc Zaffuto, Emmanuel D’Orazio / Marco Dos Santos / Jean-Michel Othoniel.

132

La magie de la scène Mode

Photographies Signe Vilstrup.

160

Carnets de mode

160 Hauts talons noir et or.162 Bottes et bottines bijoux. 164 Dsquared2. Le retour des seventies. 166 Mary Katrantzou. Imprimé alphabet. 168 Fendi. Sport pop. 170 Alexander McQueen. Fleurs de nuit. 172 Ulyana Sergeenko. Tailles hautes. 174 Milady. Le plaisir de la fourrure.176 Chantal Thomass. Glamour sensuel. 180 Cecilia Bönström. La vie avec style. 182 Coperni. Portable et désirable.

186

Bijoux de fête 206

La poésie du mauvais temps Photographies Christophe Jacrot.

224

Infomania

224 Un hommage aux «épiceries du coin» parisiennes. 226 Aston Martin Shooting Brake Zagato.230 Maserati, une légende.

243

Pa l a c e s c o p e

244 Expositions.Jeff Koons. Bruno Decharme. Mi-Hyun Kim. Autoportraits. Elliott Erwitt. Erwin Olaf. Luc Delahaye. Kate MccGwire. Michael Kenna. Jerome Liebling. Bettina. Laurent Dumas. Paris Magnum. James Franco. Richard Prince. Jardin Rouge. David LaChapelle. Roberto Frankenberg. Mathias Coullaud et Audrey Koulinsky. Galeristes singuliers. Jacques-Antoine Granjon. Insuffler la culture de la création. 262 Bonnes adresses. 276 Musique&Night. PA LACE COST ES NOVEMBRE / DECEMBRE 2014

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des marques Le Sommaire

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Paris XVIIe L A C OMPAGNIE . 123 avenue de Wagram, Paris XVII e. 01 42 27 16 83. Paris XVIIIe

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REPÈRES EXPRESS Banalstore Depuis quelques saisons, la décoration consacre les produits utilitaires, liés à l’univers du bricolage. Les ampoules nues sur fils, choisies avec soin, sont le nec plus ultra de l’éclairage. La cuisine expose ses ustensiles. Les balais, les torchons, les verres doseurs, les tire-bouchons bénéficient de lignes et de gammes de couleurs travaillées avec soin. Mélanges de culture japonaise, scandinave, et d’influences industrielles, des concept-stores dédiés à ce secteur proposent une sélection pointue, autour du petit objet, de l’ustensile et des accessoires de jardinage. Au Japon, Muji a transformé son tout premier point de vente

comme Muji, mais laisser malgré tout traîner des étiquettes en lieu dédié aux objets rouge et beige. Etre no, c’est préférer le banal, s’astreindre de tous les jours, venant à la consommation utilitaire, revenir aux basiques, trouver de tous les bouts du monde, et se rebaptise pour l’ocses références dans le mainstream, et s’inscrire ainsi dans une casion Found Muji. Au Japon encore,Comme des Garçons démarche de mode volontariste et pourtant discrète. C’est propose sa sélection d’objets utilitaires dans son Good connaître les codes, pour pouvoir sciemment les rejeter. C’est Design Shop. A Londres,Labour&Wait est une référence. faire comme tout le monde, sans vraiment être tout le monde. A Paris, enfin, La Trésorerie, à mi-chemin entre Marais Normcore was supposed to highlight the virtues of et canal Saint-Martin, est un lieu (et si on disait un normal: cool, sexy and attractive. A sort of evolved hipster, magasin ?) dédié à la droguerie, avec café scandinave pour where the authentic and the real once again became prolonger le shopping (et si on disait les courses?). countercultural. Normcore rejects brands that shout their For the past few years, interior design has been all about names, and instead works by what you might call “doing a the useful turned into the beautiful. Like unshaded Margiela.” Or four-white-stitch branding that screams industrial lighting or utensils as objets d’art. In Japan,Muji to those in the know and says nothing to everyone else. has reopened its original store asFound Muji and filled it with Normcore is about knowing the rules so you can reject everyday objects, whileComme des Garçonshas its selection them; pretending to be normal by standing out. Let’s call stocked at Good Design Shop. In London,Labour & Wait it the paradox of banality. is the place to go, while in Paris, you should head over to La Trésorie. PA LACE COST ES NOVEMBRE / DECEMBRE 2014

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es tendances vont si vite qu’il va bientôt falloir les prendre tout de suite à rebrousse-poil pour ne pas passer à côté… Trop d’exigences, trop de clichés, trop de tendances qui s’accumulent, laissant peu de place au laisseraller, et voilà le«normcore» qui émergeait en février dernier, partout repris depuis comme un mantra. Et le normal est devenu plus cool, plus sexy, plus attirant. Plus glamour. Seulement voilà, certains s’interrogent: et si le normcore n’était qu’un grade de plus après le hispter? Pas un retour en arrière, un pas vers l’avant. Rien de spontané, du fabriqué. Et les sociologues de rappeler qu’au départ, avant la barbe et les lunettes cerclées, le hipster était l’authenticité incarnée. Etre soi sans effort. L’expression même de la contre-culture. Une anti-tendance. Etre normal. Etre no, c’est cela, faire semblant de ne pas, et pourtant. Rejeter la tyrannie des marques, comme le faisaitMaison Martin Margiela, mais en signant ses vêtements de quatre points de couture discrets mais parfaitement positionnés dans le haut du dos, reconnaissables pour ceux qui connaissent. C’est négliger de signer les objets qu’on distribue,


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REPÈRES EXPRESS Acheter chez soi

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e refus de grandir est-il symptomatique de notre époque? Le régressif serait-il la marque de fabrique d’une génération qui a vécu son entrée dans la vie adulte entre sida, récession économique et crises à répétition? Trop jeunes pour grandir. Pas envie d’une famille, pas sûr d’avoir un métier, pas garanti de rester dans un pays pour la vie. Il est bien compliqué dans ces conditions de construire, de se projeter, de se retrouver dans ce que les autres appellent adulte. Alors, ils restent célibataires, prolongeant aussi longtemps que possible la période avant les responsabilités. Ou ils jouent à l’adulte et ont des enfants sans renoncer à leur vie d’adolescent. Ces comportements influencent bien sûr la consommation. Ils portent des imprimés tutti frutti, des chaussures roses à motif voyant, des purs joyaux qui ressemblent à du toc, avec toute sa fantaisie. Ils choisissent des objets qui représentent des animaux, renards, ours bruns, chouettes, hiboux, comme dans les livres de contes qu’on leur lisait quand ils étaient petits. Ils aiment la glace à l’eau, en pot, en stick, à la crème, glacée, givrée, colorée, parfumée… et la mangent désormais toute l’année. Le pop-corn, qu’ils parfument au masala, à la truffe blanche, et bien Home! sûr au caramel. Vu à Maison&Objet, plein de petites maisons, en horloge, Is a refusal to en bougeoir, en cadre, en étagère, en élément décoratif… grow up symptoSmall houses were everywhere at theMaison & Object matic of our era? trade fair. The don’t want to grow up, no Vêtement chez soi desire to have a Le caftan profite de la déferlante family, not sure about a career or hippie qui souffle sur la mode even staying in the same country contemporaine pour se modergeneration is influencing fashion niser : délesté de ses origines tradiand consumerism. So there are tionnelles, les motifs ethniques prints a-go-go, bright pink shoes, s’allègent et se jouent ton sur expensive clothes that look like ton, le denim fait son apparithey’re thrift store, animaltion. On voit aussi beaucoup de inspired objects and popcorn kurtas, ces tuniques indiennes rebranded as chic. It’s the confortables qui s’adaptent era of the adulescent. très bien à la vie d’intérieur. Kaftans are back from fashion purgatory in less ethnic versions, while kurtas – comfortable Indian tunics – are perfect for staying at home. PA LACE COST ES NOVEMBRE / DECEMBRE 2014

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©Macrovector

Toujours jeune

Un bon concept-store, c’est un point de vente qui a une vision. Les concept-stores récents prennent la forme d’appartement, comme s’ils devenaient les lieux de vie réels d’un curator ou d’une marque. On n’achète plus un produit, mais le style de vie de quelqu’un qui a du goût. A New York, dans SoHo, sur Greene Street,The Apartment by The Linese visite sur rendez-vous. La sensation est assez étrange, entre gêne, car l’illusion est parfaite et on se demande ce qu’on fait là, et excitation, car on sait qu’on peut tout acheter si on en a envie, du dressing à la cuisine, des bijoux qui semblent traîner sur une table de chevet au plaid abandonné sur un canapé. A Brooklin, Boerum House&Home rassemble les créations de 130designers et artistes qui vivent et travaillent à proximité. Bless Home à Berlin est à la fois le point de vente et l’appartement de la créatriceMira Schroeder. Chez Moi, rue Herold, à Paris, reprend l’idée, avec une offre transversale déco et mode, et cette invitation: «Etre chez vous, chez moi». Luxe suprême, l’Appartment Hong Kongde Louis Vuitton, designé par André Fu, est une sorte de showroom particulier pour amateurs éclairés, qui, entre penderies, bureau et cuisine, équipée de son chef étoilé, présente les collections. The latest concept stores are also like apartments. Manhattan has The Apartment by the Line, while over in Brooklyn, Boerum House & Homeshowcases the work of 130 designers and artists who live nearby. Berlin hasBless Home, designer Mira Schroeder’s store and home, but perhaps the chicest version is Hong Kong’s L’Appartement: a special showroom forLouis Vuitton collections, which even has its own chef.


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Mourir, et après?

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REPÈRES EXPRESS

l se pourrait bien qu’un jour ou l’autre il soit possible de devenir immortel. La science avance et en donne l’espérance. Bonne chose ou mauvaise, aujourd’hui, d’où l’on est, difficile de savoir. Ce qui est sûr, c’est que désormais la mort est un marché comme un autre. On peut, si on veut, customiser son cercueil en termes de matière, forme, couleur, et sans forcément l’inscrire dans ses dernières volontés. Quant à notre vie virtuelle, elle, si on n’y fait rien, elle est éternelle. Que vont devenir toutes les données que nous essaimons tout au long d’une vie? Nous ne sommes pas immortels, mais les traces que nous laissons sur le réseau, elles, nous survivent. Tôt ou tard, il faudra bien s’en occuper. Le message de Google accompagnant sa fonction «post mortem» donne à la fois envie de rire et de pleurer, et pas seulement parce qu’il fait référence à la mort: «Aujourd’hui, nous lançons une nouvelle fonction qui rend plus facile de dire à Google ce que vous voulez faire de vos actifs numériques si vous mourez ou ne pouvez plus utiliser votre compte. Nous espérons que cette nouvelle fonction vous permettra de préparer votre vie numérique après la mort, d’une manière qui protège votre vie privée et votre sécurité.» Dans les moments durs, comme un bon ami, Google répond présent. Il n’est pas le seul: une offre «personnalisable» se développe en parallèle sur le digital, qui se propose de gérer nos données après notre dernier souffle, de résoudre notre identité numérique après les obsèques. Le «post mortem» semble ouvrir un nouveau champ d’intervention, notamment pour les entités soucieuses d’accompagner le consommateur jusqu’au bout et au-delà. We’re all going some day so better prepare for it. And that includes online. SoGooglehas set up the Inactive Account Manager (“not a great name, we know”), so you can tell the behemoth what you want it to do with your data after you’ve gone. And there are now also plenty of digital-afterlife plans out there.

Plaisirs régressifs La meringue revient sur le devant de la scène et vole la vedette au macaron, qui commençait, il faut bien le dire, à lasser. Elle est plus légère, et elle y gagne sans doute en sex-appeal. Et à part ça, elle a tout bon: couleurs, parfums, textures. Elle se nappe de chantilly, s’enrobe de chocolat et envahit toutes les capitales. On ne compte plus les nouvelles adresses dédiées à ce plaisir aussi voluptueux que régressif: Meringue Girls à Londres, Les Merveilleuxde Fred à Paris, O Merveilleux à New York… Meringues are the new macaroons. AsMeringue Girls in London, Les Merveilleux de Fred in Paris and O Merveilleux in New York prove.

Coloriage 2.0 La créatrice des célébrissimesCahiers de gribouillagespour les adultes, Claire Faÿ, vient de lancer sonCahier de dessin animé, qui transforme les coloriages d’enfants en dessin animé. Tout simplement. Et c’est bluffant. Claire Faÿ just launched an animated coloring book that instantaneously turns the images your children color in into cartoons. Simple and surprising.

Découpage On redécouvre les plaisirs sereins de la couture et du découpage. Les Editions du Chênerééditent des planches en papier épais à découper, avec poupées à habiller, maisons et maquettes d’auto, d’avion à monter. Cutout figures, houses and cars fromLes Éditions du Chêne: vintage pleasure in a digital world.

Héritage numérique La Vie d’aprèsest un site qui propose de créer un espace pour sauvegarder tous ses souvenirs, sons, vidéo, photos, et de les archiver en attendant de les transmettre. Protégés dans un espace numérique, les infos de connexion, mots de passe, adresses mail, etc. ne sont révélés qu’à ceux qui sont désignés. La Vie d’après(The Afterlife) is a site that allows you to curate and archive your digital life so it’s ready to pass on when you head off into binary nothingness.

Fond noir

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L’été prochain sera très noir. On parle de mode, bien sûr. De l’uni, mais aussi des imprimés fleuris, champêtres, géométriques, sur fond noir, plus chic. Et plus gai. Next summer is all about bright prints on black backgrounds. So now you know.

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vant, en beauté, la meilleure façon de faire la démonstration d’un produit était le célèbre «avantaprès». Mais ça, c’était avant. Aujourd’hui, l’important, c’est pendant. Depuis que les tutos beauté sur le Web ont remplacé les articles de presse, les blogueuses, qui désormais jouent le rôle de testeuses, ne peuvent se contenter d’un coup de webcam avant et d’un autre après: leurs posts seraient un peu courts. Alors elles laissent tourner la caméra entre les deux. D’où la nécessité pour les marques de meubler et de mettre au point des produits spectaculaires. Et voilà une déferlante de crèmes noires, plutôt déroutantes, même si leur couleur disparaît à l’application: le Soin Noir de Givenchy, qui en est déjà à sa deuxième génération,Réponse Premium Les Yeuxde Matis, Pure Ritual Care-in-Peel de Helena Rubinstein et Skin Absolute Soin Anti-Age Ultime Nuitde Filorga, avec texture réglisse quasiment appétissante. Les masques eux aussi permettent une bonne présence sur les blogs et les réseaux sociaux. Il existe même un hashtag dédié : #mudmaskmonday. Shiseido, avec son Narturgo Mud Mask, est pile où il faut. A l’application, il a un aspect vinyle noir très spécifique qui le rend aussi reconnaissable que désirable. Le Supermud Clearing Treatmentde Glam Glow, lui, une fois sec, révèle les pores obstrués par des petites taches sombres. Frank, une marque australienne, a eu la bonne idée d’inciter ses «fans» à se prendre en photo pendant l’application de son gommage au café, en tenant à la main le pack cartonné. Aujourd’hui, sur Instagram, près de 10000 images ont été postées, avec des visages souriants, des jambes, de la peau, au point que cette galerie de photo est devenue la première source de vente pour la marque. E L L E N W I L L E R avec Pierre-François Le Louët, président de l’agence NellyRodi. www.nellyrodilab.com

Bleached

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e tie and dye, on connaît. Les cheveux timidement contrastés et colorés sur les pointes, on a vu. Voilà pourquoi la tendance se fait plus radicale et passe au bleached. Les cheveux sont purement et simplement décolorés, jusqu’au blanc, comme passés à la Javel. Puis, se teintent très légèrement de pastel ou, version moins recommandée, se colorent de façon plus franche. Sur les blogs et autres comptes Instagram de it girls, chacune yva de la sienne : awkward peach, parma violets, out of the blue,isaw red, washed up mermaid… Même si le rose semble dominer.Tyler Oakley, l’un des plus célèbres vidéo-stars américains, avec plus de 5millions d’abonnés sur YouTube et près de 3millions de followers sur Twitter, préfère en essayer plusieurs, du vert pâle au parme. Cette vague peroxydée déborde jusqu’aux sourcils, qui deviennent décidément le terrain de jeu favori des tendances. Après le sourcil sauvage et broussailleux, voilà qu’il faut s’arrêter pour souffler sur le sourcil blond, et admettre que le sourcil bleached fait plus fort encore. L’effet «sans sourcils» a déjà séduitKaty Perry, Lady Gaga, Miley Cyrus, Kendall Jenner, sœur deKim Kardashian et belle-sœur deKanye West, et déboule à présent dans la pub. Et on l’a vu version invisible chezAlexander Wang, version pastel arc-en-ciel chezBadgley Mischka. Proper, full-on bleach jobs are back, as well as the less radical pastel versions seen all over It-girls’ Instagrams: awkward peach, Parma violets, and 50 shades of pink. Blame Tyler Oakley. Blond eyebrows are gaining ground, too.

Nut de coco Après le lait de coco et l’eau de coco en food, l’huile de coco fait des adeptes en cosmétique. Ce «all in one» s’utilise sur le visage, le corps et les cheveux. Réputée très hydratante, avec elle, on masse, on assouplit, on démaquille, on sent bon. Coconut oil is an all-in-one you can use to moisturize the face, body and hair.

It used to be before and after in make-up and beauty demonstrations that mattered, but since bloggers started turning the camera on themselves, the bit in between is now important, too. This might explain brands’ sudden love for Soin coussin products that go on black and then disappear. It began with La Corée devient le pays d’où l’on attend les révolutions Givenchy’s Soin Noir, then came Matis’ Réponse beauté. Après la BB cream, voici la «cushion compact», une Premium Les Yeuxand Filorga’s Skin Absolute BB cream en compact, mousseuse d’aspect, moelleuse au Soin Anti-Age Ultime Nuit , which has a toucher, et en général vendue avec un applicalicorice texture you almost want to teur qui fait coussinet, d’où son nom. eat. Bloggers also love a good South Korea is becoming home to beauty mask. Try Shiseido’s Naturgo Mud revolutions. After straight-up BB cream, Mask, Glam Glow’s Supermud please welcome the cushion compact: Clearing Treatment or the mask moussey BB cream in a compact. sold by Australian brandFrank. Its users have now posted 10,000 Masque Nô photos of its coffee scrub in action On les voyait surtout en Asie, on les voit on Instagram. désormais en backstage des défilés: les masques de beauté en tissu imprégné d’actifs sont de sortie. Leur effet coup d’éclat instantané plaît. Product-impregnated fabric beauty masks were all over the backstages of the recent shows.

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Le top des cinémas atypiques

Paris VIe): avec son design écolo-pastel de Matali Crasset et sa programmation «Kid Odéon», les enfants se plaisent à délaisser le petit écran pour le grand chaque dimanche n se fait une toile?Sans en faire tout un cinéma, matin. Et, une fois par mois, une session de contes en lien rendez-vous dans une de ces salles singulières: loin des complexes marchands qui dispensent à tout va les grands avec la thématique du film est animée par Violaine ou films commerciaux, elles résistent au temps. Cinéphiles, filez Clémence, les Conteuses aux Pieds Nus. Pour les salles luxueuses, celles qui ne sont pas accessibles vite dans ces salles obscures qui ne sont pas éteintes! au commun des mortels, voici la chiquissime salle de cinéma Premier arrêt sur image sur ces cinémas hors du temps. du Royal Monceau (37avenue Hoche, ParisVIIIe), où se déroulent Jean-Jacques Schpoliansky est fier de sonBalzac (1 rue de e Balzac, Paris VIII ). Il a soigné le décor transatlantique (le les plus privatives des avant-premières. Accessible à tous le dimanche soir pour le «Sunday Night Film Club»: coupe de cinéma a été créé l’année de l’inauguration du paquebot Normandie) et soigne sa clientèle: ici, le pop-corn est interdit champagne servie dans la salle et cornet de pop-corn caraet le café est signé Illy. Focus sur la salle3, garnie de fauteuils mélisé Pierre Hermé. Plus inaccessible encore, la salle de cinéma du Silencio (142rue Montmartre, ParisIIe), designée par club ultra-conforts, parfaits pour visionner unWinter Sleep de3h17. Jean-Jacques crée l’événement: pour les gourmands, David Lynch et réservée aux membres du club. des plateaux-repas avec de grands chefs ou, pour les enfants, la projection de vieux films muets accompagnés de musiciens avec crème glacée à la clé. La prochaine, en décembre, est sur Méliès. Côté Saint-Germain, il y a l’incontournable Champollion, dit le Champo (51 rue des Ecoles, Paris Ve), animé par les grandes rétrospectives. On peut s’y régaler de l’intégralité des films d’auteur. Quelques frissons noir et blanc avec M le Mauditou Nosferatu le Vampireà la séance de minuit (15 euros la séance avec petit déjeuner). La Pagode(57 bis rue de Babylone, ParisVIIe)tient autant du musée que du cinéma. Elle fut le Taj Mahal de M.Morin, directeur du Bon Marché, qui l’édifia pour reconquérir son épouse en 1895, laquelle le quittera pour son associé. Entre-temps, cette authentique pagode avec charpente japonaise et tuiles vosgiennes servit de salle de bal où le couple donna des fêtes fastueuses. To escape the multiplex, see a movie at one of Paris’ more L’épouse partie, la salle fut fermée, puis ressuscita pour adventurous cinemas. For 1930s decor and, in one devenir le cinéma que l’onconnaît aujourd’hui, figé dans son screening room, comfortable armchairs and food service, décor au look d’Angkor. MmeMorin pourrait apparaître en try the Balzac(1 rue de Balzac, 75008 Paris). There are also special costume d’impératrice du Japon… ce qui ne surprendrait pas screenings of silent films with a live piano accompaniment les habitués, cinéphiles avertis qui apprécient sa programfor kids every month.Le Champo(51 rue des Écoles, 75005 Paris) is mation exigeante... et Maïs, le chat noir, qui hante les lieux en home to interesting career retrospectives.La Pagode(57 bis rue gardien du temple. de Babylone, 75007 Paris) was originally built by a director of Le Pour l’Afrique, optez pour leLouxor (170 boulevard de Bon Marché to win back his wife, but when she left him Magenta, Paris Xe) à Barbès, une salle inscrite dans son quar- anyway this Japanese-style pagoda became a cinema, and it still is. Head toLe Louxor(170 boulevard de Magenta, 75010 Paris) for tier depuis bientôt cent ans, récemment restaurée. Si l’on cherche les grands formats, on s’en met plein la vue a recently restored, pharaonic picture palace! For big avec l’écran panoramique duMax Linder (24 boulevard Poisscreens, try Max Linder(24 boulevard Poissonière, 75009 Paris) or Le sonnière, Paris IXe). Rive gauche, il faut aller au cinémaGrand Grand Action(5 rue des Écoles, 75005 Paris).To keep the kids happy, Action (5 rue des Ecoles, ParisVe). head over to Studio des Ursulines(10 rue des Ursulines, 75005 Paris), a Pour les salles consacrées aux enfants, en mode séance beautiful 1925 cinema, orLe Nouvel Odéon(6 rue de l’École de animée, rehausseurs et haro sur les décibels, la plus belle est Médecine, 75006 Paris). For luxury movie going, the cinema in celle du Studio des Ursulines(10 rue des Ursulines, ParisVe), un Royal Monceau(37 avenue Hoche, 75008 Paris) is only open on bijou de salle créé en1925. Auparavant dédiée aux art et Sunday nights; Champagne and Pierre Hermé popcorn are essai (Breton, Man Ray, Desnos… ont posé leurs fesses sur le served before the film,bien sûr. Even more inaccessible is the rouge velours des fauteuils), elle est aujourd’hui réservée au screening room inside David Lynch’s clubSilencio(142 rue jeune public. Le Nouvel Odéon(6 rue de l’Ecole-de-Médecine, Montmartre, 75002 Paris) – it’s members only.

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sez le rouge,le rouge idéal, d’une femme fatale, d’une vamp infernale, voire d’une candide virginale. Le rouge qui enflamme, luxe et beauté sans état d’âme dans ce siècle vaurien. Pensez à Baudelaire qui chercha en vain le rouge parfait pour son cœur asséché: «Car je ne puis trouver parmi ces pâles roses/ Une fleur qui ressemble à mon rouge idéal.» Cet idéal se trouve chezBy Terry(36 galerie VéroDodat, Paris 1er) : Terry de Gunzburgest la seule à Paris à proposer un rouge à lèvres sur mesure. «J’ai trouvé dans les pigments les plus rares et les actifs les plus purs la quintessence de la juste lumière.» Dans sa gamme prêt-à-porter, elle vient de développer une gamme de fards à lèvres liquides:le Terrybly Velvet Rouge, un rouge à lèvres hybride au pouvoir mat couvrant effet velours et surchargé de pigments. Des huit couleurs, on opte pour l’Ingu Rouge. En complément, le crayon Red Alert, concentré lui aussi en pigments, stylise les lèvres en un objet de désir. S’il fallait rendre une femme nue glamour par un seul accessoire, ce serait sans conteste le rouge à lèvres. Charles Baudelaire couldn’t find his “ideal red,” but you can by heading over to By Terry (36 Galérie Véro-Dodat, 75001 Paris), where Terry de Gunzburgis the only person in Paris to offer tailormade lipstick. “I have found in the rarest pigments and purest active ingredients,” he says, “the quintessence of the right light.”

plus demandés ? Le vert bouteille et le cramoisi, car ils mettent parfaitement en valeur les plus fins des objets d’art. Les velours ciselés, quant à eux, sont fabriqués encore à la main sur de petits métiers à bras. A raison de 10cm par jour, leur prix est à la hauteur de leur somptuosité ! La plupart reprennent des grands motifs d’archives, comme le velours de Pise avec ses entrelacs polychromes sur fond de satin, le velours coupé façonné Memling d’après un dessin italien du XVe siècle d’un rouge fastueux si «Jacques Garcia». La reine du Danemark est venue en personne dans les ateliers admirer la fabrication du velours conçu expressément pour tapisser les murs de son château d’Amalienbourg. Car Prelle propose aussi un service sur-mesure: si un entrelacs ne vous plaît pas dans un tissu existant, vous pouvez le retirer ; si vous souhaitez parer les murs de votre chambre du même ton que vos lambris (comme chez Benjamin Steinitz), ils vous trouveront la couleur parfaite. Autant d’adresses béton dans un magazine de velours… Anne Carpentier est la fondatricede Mon Chasseur es deux syllabes évoquent d’emblée multitude de sensations et de plaisirs raffinés. La peau, la voix, les d’Adresses.com,le service sur-mesure d’exception à Paris. yeux, jusqu’au grand vin ou au gant. Contrairement à ce que Simple: Prelle, a prestigious house founded in Lyon in 1752, veut lourdement un minimalisme sec et intransigeant, les with a sumptuous showroom at5 place des Victoires(75001, Paris). couturiers et les décorateurs y reviennent toujours pour son Also known for its silks, the velvets are spectacular and often toucher délicatement conforhandmade (it takes a table et son infini de couleurs day to weave 10cm). miroitantes. There is an archive of Une adresse à retenir:Prelle, old patterns and manufacture depuis 1752, pressamples dating back tigieuse maison lyonnaise dont 1837, as well as a madeon peut admirer le savoir-faire to-measure service to dans un somptueux showbring them back to life room avec vue imprenable sur if needs be. le profil de LouisXIV place des Victoires (au numéro 5, Paris Ier). Réputée pour ses soies, on y trouve cependant les plus beaux velours : des velours de soie aux couleurs raffinées évocatrices ; bleu Nattier, jaune Tiepolo, écarlate, vert de mer, pain brûlé, peau d’oignon… Les

Les plus beaux velours?

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Talents Bérénice A

dolescente, Bérénice Bejo rêvait devant les photos de stars hollywoodiennes. Son talent l’a propulsée jusqu’à Hollywood où, avecTheArtist, elle a pu laisser s’exprimer son envie de faire, à son tour, rêver le public. Après un césar, une palme d’or (prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes pourLePassé), elle s’apprête à tourner avec Robert Pattinson. Mais avant, Bérénice Bejo monte au créneau pour TheSearch, le dernier film de Michel Hazanavicius, son compagnon à la scène et à la ville. Rencontre avec une actrice «glamour accessible». Pourquoi ce choix d’un film sur la guerre en Tchétchénie? BÉRÉNICE BEJO. C’est un sujet qui tenait à cœur à Michel Hazanavicius depuis longtemps. Avec le succès deTheArtist, il avait la possibilité de tourner ce qu’il voulait, mais il s’est dit qu’il fallait profiter de ce moment où tout lui était possible. Mettre 20millions d’euros sur un film commeTheSearch, c’est pas simple! Je trouve formidable d’utiliser son pouvoir d’artiste pour faire ce film. C’est une guerre qui ne nous concerne pas directement, nous n’avons pas d’amis tchétchènes, c’est loin, et c’est un film sur les massacres de musulmans, et Michel est juif… mais le sujet est important. C’est une guerre qui date de quatorze ans, mais qui continue en Syrie ou en Ukraine. C’est une guerre «générique», en fait.

Bejo «Je veux être glamour accessible»

red carpets par an! Nous, un seul tapis rouge, aux Césars! On ne peut pas comparer. Quand une actrice française arrive, elle est paumée. La plupart ne savent ni marcher ni poser, elles sont un peu gauches, elles essaient des trucs, mais elles ne se connaissent pas bien, car elles ne portent une robe red carpet qu’une seule fois dans l’année!Les Américaines, dès septembre, enchaînent cinquante festivals avant les Oscars. Elles ont essayé deux cents robes, posé Le film résonne avec votre histoire personnelle, puisque vos devant des milliers de photographes, elles se sont vues en parents ont fui la dictature argentine? photo, ont distingué les poses qui les mettent en valeur, et L’oppression, le déracinement, je connais. Le film parle de elles savent ce qui leur va. De plus, elles ont des stylistes qui résilience, d’un enfant qui, malgré l’assassinat de ses bossent pour elles six mois de l’année! Nous, on n’est pas du parents, va s’en sortir. Je n’ai pas connu cela, mais mes parents ont pris leurs affaires, dit au revoir à leurs carrières, tout là-dedans. Alors OK, les Françaises sont moins glamour leurs familles, et ont débarqué en France sans parler un mot que les Américaines, mais parce que nous n’en avons pas l’occasion ! Sinon, la plupart aimeraient! de français. Ils se sont reconstruits ici. J’ai grandi dans une famille ouverte au monde, au cinéma, aux expositions, à la Mais vous, comment avez-vous joué le jeu du glamour? musique, au théâtre, car c’était leur réponse: bouffer la vie! J’ai appris durant les trois dernières années. J’avais envie de jouer le jeu et j’y ai pris du plaisir. En tant que Française, on a Si «Meilleur espoir féminin» vous a révélé en2000, c’est avec peur au début d’être décalée, puisque personne ne joue le «OSS 117 : Le Caire, nid d’espions», six ans plus tard, que vous explosez. Un film important, donc, mais aussi un rôle de poupée jeu chez nous. Moi, je suis partie du principe qu’une fille n’est jamais trop habillée et que, si j’ai envie de me faire sixties, sexy et glamour, qui n’est pas un hasard… Oui, car je me glisse finalement dans la peau de l’une de ces plaisir, je me fais plaisir. Je me souviens de toutes ces photos héroïnes de cinéma que j’admire depuis mon enfance, et j’y d’actrices hollywoodiennes qui m’ont fait rêver, et je veux faire rêver de la même façon! Cela prend du temps pour y prends énormément de plaisir! Mes références, à 20ans, arriver, car cela ne fait pas partie de notre culture. La Franc’était les actrices hitchcockiennes, les films américains çaise pense que la méga-robe fera too much. Mais non, nous d’avant 1960, pas mal d’Italiens aussi. C’était Audrey Hepburn, Marilyn Monroe, Ingrid Bergman, Paulette Goddard, avons le droit d’être glamour! Même quand on fait le tour de France pour promouvoir nos films, il ne faut pas y aller en Joan Crawford. Le glamour old school! jean-baskets. Si vous mettez un jean, essayez de trouver les chaussures, l’accessoire, le top, le bijou qui va vous habiller Un glamour qui faisait rêver et qui ne subsiste plus qu’à chic et vous distinguer. Personnellement, pour m’aider, je Hollywood à l’occasion de cérémonies comme les Oscars? Qu’entend-on aujourd’hui ? Que nous sommes toutes «nor- travaille avec une conseillère styliste. Au début, je ne savais males», particulièrement les Françaises. Mais ce que l’on ne comprend pas ici, c’est que les Américaines font soixante PA LACE COST ES NOVEMBRE / DECEMBRE 2014

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«La Française pense que la méga-robe fera too much. Mais non, nous avons le droit d’être glamour!»

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{ Talents } pas comment faire! Et je n’étais pas non plus sûre «C’est justement d’y arriver (rires). Mais Marion Cotillard a ouvert parce que j’ai la voie en allant aux Etats-Unis. Léa Seydoux éga- cette image de lement. C’est un plaisir, mais cela peut aussi girl next door devenir pénible, si je dois être glamour en perqu’il est manence ! Entre la robe, la coiffure, le maquillage, important le sac, le vernis… une fille a besoin de deux heures de montrer offre une liberté financière qui permet à une pour être prête. Un mec, il change juste de cheque je suis actrice ou un acteur de choisir ses films et de ne mise ! Donc, c’est quand même fatigant de jouer aussi glamour. pas accepter de tourner dans n’importe quoi. à Cendrillon tout le temps! En même temps, On verra demain si j’ai besoin de contrats publiAprès «The Artist», vous avez eu des quand je signe citaires pour conserver ma liberté de choix. propositions américaines, mais vous n’avez pas des autographes, avez des chouchous, dans la mode? enchaîné là-bas. Manque d’envie? je parle avec Je Vous connais monsieur Elie Saab depuis quinze Après les Oscars, j’ai enchaîné les tournages du le public. ans et je porte souvent ses créations, que Passé, du Dernier Diamant et de TheSearch, qui C’est ma nature, j’adore. J’aime aussi Alexis Mabille, Valentino, avaient été signés avant. Donc, pendant deux ans, j’ai dit à mon agent américain que je n’étais dispo- j’aime les gens, Maxime Simoëns, et ce sont des personnes qui nible pour rien! Je ne sais pas si j’ai envie de faire je vais vers eux.» m’aiment. Mais, par exemple, Elie Saab ne prend pas d’égérie. Nous avons une autre forme carrière à Hollywood, mais je lis des scénarios et de collaboration. J’aime aussi des marques Michel va réaliser un film américain dont je ferai moins luxueuses mais suffisamment haut de peut-être partie. D’ici là, je vais tourneren janvier dans un film indépendant avec Tim Roth et Robert Pattinson, gamme et tendance pour justement ne pas arriver à une avant-première à Lille ou à Dijon en jean-baskets sans être L’Enfance d’un chef,de Brady Corbet. J’ai adoré l’histoire –la relation d’une mère avec son fils qui sombrent dans la vio- pour autant over dressed. Je pense à ba&sh, Vanessa Bruno lence, la méchanceté–, et je ne fais donc pas un film améri- ou Jérôme Dreyfuss. Avoir le dernier petit manteau à la cain pour faire un film américain. Sinon, je rêve bien sûr de mode donne une image plus glamour, même pour une simple avant-première. Les images glamour d’actrices dans tourner avec beaucoup de réalisateurs et d’acteurs amériles magazines sont très importantes! Regardez les photos de cains. C’est aussi un cinéma qui dispose de moyens de Marion Cottillard ou de Léa Seydoux: elles sont sublimes. malades qui permettent de réaliser des choses insensées. Moi, je commence tout juste à faire de belles séances. L’an dernier, j’ai refusé un shooting avec Peter Lindbergh parce Vous avez également un côté «girl next door», la voisine que Darty venait chez moi ce jour-là(rires) ! La boulette! abordable. Vous le cultivez? Depuis, j’ai fait une séance avec Paolo Roversi. Une expé(Rires) C’est vrai, vous avez raison! Avec les médias, je ne veux pas mettre trop de distance, car rencontrer les journa- rience de dingue. J’ai ressenti une véritable émotion de ! listes fait partie du travail. Ensuite, faire rêver, c’est dans les cinéma sur son plateau, et, en voyant le résultat, j’ai pleuré Je veux continuer. C’est important, c’est ça qui va susciter le avant-premières, les red carpets, les photos… C’est justerêve ! Et je suis fière d’offrir ça au public! ment parce que j’ai cette image de girl next door qu’il est important de montrer que je suis aussi glamour, d’insuffler Propos recueillis par P H I L I P P E L A T I L autre chose. En même temps, quand je signe des autoPhotographie Patrick Swirc/modds graphes, je parle avec le public. C’est ma nature, j’aime les Since her role inThe Artist, Bérénice Bejo has won a César (a gens, je vais vers eux. Je pense qu’il faut être «glamour French Oscar) and best actress at Cannes, the festival where accessible» ! C’est aussi ça qui fait de vous une actrice popu- her latest film, The Search, debuted in May.The Artist director laire, et je suis fière que des réalisateurs populaires conti(and her husband) Michel Hazanavicius’ film takes place nuent de m’appeler. Moi, lesCh’tis, j’adore, et je trouve forduring the second Chechen war. “It’s a subject close to midable que cela fasse 20millions d’entrées ! Michel’s heart. With the success ofThe Artist, he had to make the most of a moment when anything was possible, because Vous n’êtes l’égérie d’aucune marque de luxe. Pourquoi avez- finding €20 million for a film likeThe Search isn’t easy!” vous refusé les propositions qui vous ont forcément été faites? The subject is also close to Bejo’s heart. “I know about Parce que après TheArtist, alors que le public me découvrait oppression, about being uprooted,” she explains. “My réellement, j’ai voulu rester libre et différente. Je n’avais pas parents packed up their stuff, said goodbye to their careers envie d’appartenir à une marque. Je ne suis pas fashion and families, and moved to France [from Argentina] addict, et je préfère mettre ce que je veux:c’est Bérénice qui without speaking a word of French. They rebuilt their lives porte un vêtement, ce n’est pas quelqu’un qui me fait porter here.” On a lighter note, while she’s not really a “fashion un vêtement ! (Rires) Mais je reconnais que ce type de contrat addict,” she recently did a shoot with Paolo Roversi: “It was a crazy experience. It genuinely felt like a film on the set and when I saw the result I cried. I’d really like to continue – it’s what is going to make people dream!” PA LACE COST ES NOVEMBRE / DECEMBRE 2014

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MichaëlGregorio

Monsieur Voix

n dit de lui qu’il est un phénomène, l’un des imitateurs les plus talentueux de sa génération, capable de se glisser dans la voix de chanteurs aussi divers que Louis Armstrong, Edith Piaf, Michael Jackson ou Vincent Delerm. Il faut rencontrerMichaël Gregorio pour comprendre qu’il est beaucoup plus qu’une simple bête de scène. Un esprit subtil et précis, un travailleur acharné, un connaisseur des plus avisé de son instrument: sa voix. Mais avant tout et surtout de son pouvoir d’émotion. La voix charme, séduit, bouleverse, parce qu’elle est déchirure, mélancolie. La voix d’Amy Winehouse, de Serge Gainsbourg, d’Alain Bashung, qu’il imagine «bleu nuit», la voix d’Arno, «qui est de l’émotion pure, capable de tout faire passer». Question de timbre, grave, cassé, question aussi de tempo. «Le secret des grands crooners comme Frank Sinatra ou Bing Crosby est de chanter quelques millièmes de secondes en retard du temps. On appelle cela “chanter au fond du temps”. C’est le groove qui produit cet effet posé, plein de charme, dont usent aussi les chanteurs de jazz, de soul ou de blues, quand les chanteurs de rock chantent devant ou droit dans le temps.» Michaël Gregorio ne se définit pas comme imitateur. Il préfère parler de suggestion. «L’imitation évoque la copie, ce qui est à la fois impossible et sans intérêt. Pour Le Poinçonneur des Lilas,ce n’est pas la prouesse vocale que je cherche, mais plutôt à habiter le personnage. La voix est indissociable du geste, de l’attitude, du texte des chansons et même de la manière dont on est habillé. Il ne s’agit pas là non plus de copie, mais d’interprétation personnelle, de détails saisis et réinterprétés. Ce qui est insupportable, ce sont les chanteurs qui mettent un effet dans leur voix. Ce que j’aime, c’est le naturel dans la voix. Bref, tout le contraire de ce que je fais ! Ce qui m’intéresse dans les voix, ce sont les défauts, ce que chaque timbre a de singulier.» Michaël Gregorio aime les femmes à la voix grave, celle de Lou Doillon, d’Anna Calvi. Il aime aussi les voix androgynes, celle du crooner suédois Jay Jay Johanson, celle d’Antony Hegarty du groupe Antony and the Johnsons. Voix troubles, décalées. «Mais celles aussi qui vous prennent aux tripes, les voix terriennes. Celle d’Edith Piaf. Celle de Jacques Brel, l’une des voix qui me donnent le plus de fil à retordre. Je dois la retravailler avant chaque spectacle. Dans une moindre mesure, c’est d’ailleurs vrai de toutes les voix. Je dois les retravailler sans cesse, me rafraîchir en permanence les oreilles pour ne pas risquer de tomber dans l’imitation de mes imitations. Je travaille depuis des mois la voix de Stromae, et je sens qu’elle me résiste encore. Pareil pour Serge Gainsbourg. Je n’ai pas encore trouvé le bon timbre, le bon placement. Pour Gainsbourg, je veux que ce soit vraiment très beau. Non pas imiter Gainsbarre, mais retrouver Gainsbourg.» Les femmes, question de tessiture, sont bien sûr moins présentes dans le répertoire de Michaël Gregorio. «Edith Piaf est une voix haute pour moi. Pour Billie Holiday, j’ai dû jouer de la voix mixte, mélange de voix de poitrine et

Lisa Roze

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de voix de tête. Il s’agit là de techniques que j’ai en grande partie trouvées tout seul. Il ne peut pas exister d’école d’imitation, c’est un travail très personnel. C’est en fait un peu de technique et beaucoup de bricolage.» Beaucoup de sensibilité aussi. N A D I N E V A S S E U R Michaël Gregorio is a singing impressionist whose range includes Serge Gainsbourg, Louis Armstrong, Michael Jackson and Amy Winehouse. “I’m not looking to show off my vocal prowess, but rather to inhabit a character,” he says. “The voice is inseparable from the gesture, the attitude, the lyrics and even from the clothing. It’s not about just copying either, but a personal interpretation of details picked up and reinterpreted.” He likes voices that “hit you in the guts, earthy voices. Like Edith Piaf. Or Jacques Brel, whose voice is one I find among the most difficult. I have to work on it before each show. To a lesser extent that’s true for all the voices, in fact. I have to keep working on them continually, keeping my ears fresh all the time so I don’t fall into an imitation of my imitations.”

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JulianneMoore

«J’ai des cheveux gris, mais je ne suis pas prête, mais alors pas prête du tout à les montrer»

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rix d’interprétation à Cannes pourMaps to the Starsde David Cronenberg, mega guest star deHunger Games : La Révolte, la flamboyante Julianne Moore continue parallèlement à tenir magnifiquement son rôle de reine du glamour. Elle a déjà terminé une ribambelle de films, dont Freeheld, où elle campe avec Ellen Page un tandem de détectives lesbiennes… Oui, Julianne Moore, on l’aime d’amour!

Imaginiez-vous, à vos débuts, connaître une telle carrière? JULIANNE MOORE. Je ne viens pas d’un milieu artistique. C’est ma passion pour la lecture qui m’a dirigée vers le métier d’acteur, et mon désir a toujours été de raconter des histoires, jamais d’être une star. Je me souviens que l’un de mes profs d’art dramatique à Boston nous avait dit que, dans notre classe, un seul étudiant parviendrait à vivre de son

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train de faire une machine à laver lorsque le scénariste Bruce Wagner m’a téléphoné pour me dire qu’il avait reçu le prix à ma place! Un tel honneur vous touche aux larmes. Dans les deux prochains volets de «Hunger Games», vous tenez le seul rôle féminin assez âgé pour vous dans la saga : le comble du cool, aujourd’hui? C’est comme d’être accepté dans le cercle des ados actuels. Encore que les copains de mes enfants vont dire:«Waouh, c’est ta mère qui joue le Président Coin… ça craint.»(Rires) Ce qui m’a le plus abasourdie dans les tournages démesurés des troisième et quatrième volets desHunger Games, outre un contenu politique bluffant, c’est la capacité de Jennifer Lawrence à assumer une telle franchise avec un tel naturel. Jennifer Lawrence vous impressionne? Elle est remarquable. Elle ne prend rien comme un dû, ni son succès, ni les offres sous lesquelles elle croule de tous les côtés. Elle reste posée, lucide, facile à vivre, avec plein d’humour et d’auto-dépréciation. Elle est impulsive, elle teste la caméra, par exemple. Elle est comme moi: elle veut s’amuser quand elle travaille, et son appétit pour la vie est totalement contagieux. J’ai eu la même admiration pour Robert Pattinson dans Maps to the Stars. Dans «Hunger Games», vous apparaissez en cheveux gris, total look glacial, très éloigné de la Julianne Moore glamour des publicités et tapis rouges... J’ai les yeux gris, ça s’y prêtait bien(rires). J’ai aussi de vrais cheveux gris dans la vie, mais je ne suis pas prête, mais alors pas prête du tout à les montrer. Nous avons eu un jour une conversation hilarante avec mon ami Tom Ford sur le processus du vieillissement, sur le thème: «Donnez-nous encore un peu de temps!» (Rires) Propos recueillis par J U L I E T T E M I C H A U D Photographie Dusan Reljin/Mao-Agence A.

Julianne Moore says that it was her passion for reading that led her to becoming an actor, and her driving passion has always been to tell stories, not to be a star. Her first big break came in 1993 with Short Cuts, particularly a now-legendary scene of a half-naked argument (“I was 23, with Robert Altman!”). It C’est «Short Cuts», en1993, qui vous a vraiment lancée. Avec revealed a daring that she’s continued to show throughout her une scène d’engueulade à demi nue présageant déjà de l’audace career, most recently in David Cronenberg’sMaps to the Stars, for de ce rôle d’une actrice déglinguée dans «Maps to the Stars». which she won best actress at Cannes. (An honor she was told J’avais 23 ans, avec Robert Altman! Avoir la cinquantaine, se about, she says, while doing her washing.) She’ll next be seen in déshabiller et jouer une actrice en pétage de plombs pour the final two Hunger Games movies, in which she plays the grayDavid Cronenberg, c’est encore plus audacieux. Mais ce haired, deeply scary President Alma Coin. (She admits to having sont ces maîtres, comme plus tard Paul Thomas Anderson a few gray hairs in real life, but is absolutely not ready to show pour Boogie Nights, qui me donnent envie, de me dépasser. them in public.) What impressed her most while making the two films was the “remarkable” Jennifer Lawrence, who reminds Le prix d’interprétation à Cannes pourrait annoncer un oscar? Moore of herself: someone who wants to have fun while she’s Cette récompense m’a stupéfaite. J’avais passé une semaine working and whose appetite for life is completely contagious. à Cannes pour la promotion deMaps to the Starset des deux prochains Hunger Games tout en étant ambassadrice de L'Oréal… Epuisée, je suis repartie avant la clôture. J’étais en art… Je me suis installée à New York, j’ai bossé comme serveuse, je me suis investie au théâtre. Et puis j’ai décroché un rôle dans un soap-opéra à la télé. Les rôles au cinéma sont arrivés plus tard, d’abord au compte-gouttes…

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VincentDedienne

Le candide mordant

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Hugo, Tchekhov ou Racine. J’ai adoré jouer du classique. Puis, à un moment, j’ai commencé à écrire un spectacle autobiographique mêlant l’humour, la littérature et l’exigence du rythme et du jeu théâtral. C’est ainsi qu’est né S’il se passe quelque chose.» Il y a deux ans, Vincent Dedienne propose son one-man-show théâtral au public, dans une petite salle du quai de Jemmapes. Laurent Ruquier, décidément souvent sur les bons coups, décide de produire son spectacle. Regardez Vincent Dedienne le dimanche sur Canal+ et courez le voir au Théâtre du Petit Hebertot (jusqu’au 3janvier, les samedis et dimanches), puis au Café de la danse, avant de le découvrir en tournée en province : il pourrait bientôt devenir l’égal des humoristes et comédiens qui l’ont influencé : Muriel Robin, Philippe Caubère, Valerie Lemercier, Florence Foresti, Camille Chamoux, Guillaume Gallienne… Louis de Funès. P H I L I P P E L AT I L

In September, Vincent Dedienne, 27, moved from small theatres and a one-man show onto national TV network Canal+. The classically trained actor-comedian’s “Bio Interdite” (Banned Bio) slot sees him satirize political figures to their faces. “What interests me,” he says, “is having a look at what kind of person is hiding behind the spin machine.” His journey to national renown began two years ago when comedian and impresario Laurent Ruquier spotted his first one-man showS’il se passe quelque chose(If Something Happens) and agreed to produce it in a bigger theatre. And moving onto TV? “Of course, I have to be funny,” he reflects, “but it’s the same pressure I feel every night at the theater!”

Xavier Lahache/Canal+

uccéder à Stéphane De Groodt et ses tirades absurdes et hilarantes : telle était la périlleuse mission de Vincent Dedienne en débarquant au Supplément de Canal + avec sa «Bio interdite». «En fait, cela n’a pas été difficile, car Stéphane avait installé une écriture unique, qui ne ressemble qu’à lui. Il était finalement assez facile de faire autre chose, car il était impossible de s’approcher de ce qu’il faisait. Alors, bien sûr, il faut être drôle, mais je connais la même pression tous les soirs au théâtre», relativise ce jeune homme de 27ans. Il aura en effet suffi de quelques «Bio interdite» pour que Vincent Dedienne emporte l’adhésion du public et des critiques télé. Najat Vallaud-Belkacem a gentiment essuyé les plâtres, Christian Estrosi a ri jaune sous les premières morsures de l’humoriste et Louis Aliot a stoïquement subi son humour pincesans-rire. «La politique ne me captive pas outre mesure. Aussi, je joue le rôle du candide, du naïf qui rencontre pour la toute première fois une personnalité politique. Je m’amuse du fait que les politiques soient des machines de guerre de communication, rodées à la caricature. J’attaque sur le thème “j’ai un peu entendu parler de vous mais je ne vous connais pas, alors j’ai un peu fouillé”. Ce qui donne pour Louis Aliot : “Quand vous dites que le Front national est le parti le plus démocratique de France, eh bien, je n’aurais pas dit ça.” Ce qui m’intéresse, c’est d’aller voir quel bonhomme se cache derrière la bête de communication. Il est plus intéressant de s’apercevoir qu’Estrosi manque d’humour que de voir qu’il sait donner le change. Cela réclame un gros boulot de recherche biographique, puis j’écris tout seul un premier jet. Après, je bois un coup avec troiscopines qui viennent du théâtre classique mais qui me font rire dans la vie et on élague. Elles me conseillent, mais l’esprit de la chronique vient de moi.» La chaîne cryptée avait repéré Vincent Dedienne l’an dernier à Montreux, où le comédien avait gagné le Montreux Comedy Casting. «Etant bavard et le rigolo de la classe, ma vocation pour l’humour et le théâtre s’est vite révélée. Mais mon trajet m’a amené dans une école nationale d’art dramatique où j’ai étudié pendant trois ans les grands textes, Victor


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Brad Pitt

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50 ans, toujours l’une des plus grandes stars d’Hollywood, producteur oscarisé, père de six enfants, insatiable humanitaire, Brad Pittest tout simplement épatant. Mais quand vous rencontrez cet ancien petit gars de l’Oklahoma qui voulait être architecte ou journaliste, aucune trace de vanité. Notre entretien, réalisé auTribeca Grill de Manhattan (le restaurant de Robert DeNiro), est coincé entre la promotion de Fury et le tournage deBy the Sea: la seconde collaboration, neuf ans aprèsMr.and Mrs.Smith, de Brad Pitt avec son épouse, Angelina Jolie, qui non seulement joue dans le film, mais l’a écrit et le réalise! Comment le jeune homme qui n’avait jamais pris l’avion avant son arrivée à Hollywood voit la vie extraordinaire qu’il mène aujourd’hui? BRAD PITT. Je n’ai jamais eu de plan de carrière ou de plan de vie. En revanche, j’ai toujours suivi mes instincts. J’aimais trop le cinéma pour poursuivre des études de journalisme. Déjà, à l’époque deThelma et Louise, j’avais développé une sorte de radar pour savoir ce qui était bon ou pas pour moi. Je marche au «feeling». Et j’ai toujours aimé être en mouvement, un peu comme les requins. C’est lorsque vous arrêtez que vous êtes en danger. Vieillir fait partie d’une évolution, et ça a du bon. A choisir entre la sagesse et la jeunesse, je prends la sagesse sans hésiter. Tous ces films violents dans votre filmographie récente, «Killing Them Softly», «World War Z» dont la suite est en préparation, «Fury» où vous tuez des nazis à la pelle comme dans «Inglourious Basterds»… est-ce tellement sage? Tous ces films montrent l’absurdité de la violence, justement. Et on trouve derrière des réalisateurs visionnaires et inspirés par le cinéma réaliste des années1970, qui est mon préféré. Pour Fury, j’avais aimé End of Watchde David Ayer, et le fait que l’action se déroule dans un tank. Cela me rappelait Le Bateau de Wolfang Petersen, un de mes films fétiches. Et puis, l’an dernier, ma maison de production a remporté l’oscar pour Twelve Years a Slave, un film très humain, qui dénonce les horreurs d’une idéologie. Angelina et vous avez chacun un film sur la Seconde Guerre mondiale cette année. Pure coïncidence? Elle préparait déjà Invincible, qui est une histoire d’héroïsme inouïe, quand on m’a proposéFury. Habituellement, nous évitons de travailler au même moment. Là, je jouais dans Fury en Europe et elle mettait en scèneInvincible dans les mers du Japon. Du coup,pour mieux nous mettre dans la peau des soldats pendant la Seconde Guerre mondiale, nous avons uniquement correspondu par courrier postal. Nous nous sommes envoyé pendant toute la durée des deux tournages de longues lettres d’amour, c’était une expérience très pure, très belle. Vous produisez «By the Sea»? Oui, Angelina a écrit cette magnifique histoire, élégante et intime, tournée à Malte, mais qui se déroule dans un hôtel au bord de la mer en France dans les années1970, sur un couple d’Américains qui en est à sa quatorzième année de mariage. Dans une autre chambre se trouve un jeune couple, avec Mélanie Laurent… Il y a aussi deux veufs magnifiques joués par Niels Arestrup et Richard Bohringer, qui jouent le patron de l’hôtel et le barman. Le scénario est

«Entre la sagesse et la jeunesse, je prends la sagesse sans hésiter» très complexe, car le film est un huis clos. Je regarde Angie, sûre d’elle, faire le découpage des scènes, choisir ses plans, rassembler son équipe, cela m’émeut. Pour ma part, j’ai réalisé que je n’étais pas nul en meneur. Mais je dois encore m’améliorer dans plein de domaines. Angie, elle m’épate. La France, pour vous, c’était aussi «au feeling»? Oui, au départ, nous voulions emmener nos enfants loin de Los Angeles pour qu’ils puissent juste être des enfants et ouvrir leur vision du monde. Cette propriété viticole de Miraval nous a parlé. Belle, calme et bien placée, car nous voulions une base européenne pour aller facilement en Afrique, en Asie et dans tous les pays où Angie se rend pour ses fonctions aux Nations unies. Aujourd’hui, nos enfants parlent tous le français. Moi, je prends des cours et je suis bien décidé à y arriver. DansBy the Sea, mon réalisateur, comprenez ma femme, a fait exprès d’écrire plein de dialogues en français! (Rires) Propos recueillis par J U L I E T T E M I C H A U D

Brad Pitt says that the secret to being one of Hollywood’s biggest stars, an Oscar-winning producer, father of six children and humanitarian is to always follow your instincts and never stop moving. It’s when you come to a halt, the 50-year-old says, that things get dangerous. At the same time he was filming his most recent film – Second World War tank filmFury – in Europe his wife Angelina Jolie was filming her Second War film, Invincible, around Japan, and while apart they only wrote each other letters that they sent by mail (an experience he calls really pure). His attachment to France and Château Miraval also began with the instinct that the beautiful, calm and well placed vineyard was perfect. He says the kids now all speak French and he’s taking lessons. In fact, forBy the Sea, his next film with Jolie, who also wrote and will direct, he has plenty of dialogue in French — deliberately written for him by his wife.

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NoraGubisch

a voix grave est celle dont se parent, dans le répertoire de l’opéra, les femmes fatales, les femmes que leurs blessures rendent cruelles ou perverses. «C’est la voix de Dalila dans Samson et Dalilade Saint-Saens, celle de Carmen, qui n’est en rien une fille légère mais un personnage extrêmement riche et complexe.» C’est la voix des sorcières, des bohémiennes comme Azucena dansLe Trouvère de Verdi. «On dit souvent, c’est bien sûr un peu réducteur, que la voix de mezzo est celle des femmes sensuelles, charnelles, quand celle de soprano colorature serait davantage hystérique!» Mais, quand on lui parle de rôle,Nora Gubisch préfère répondre en termes de production. «Un rôle, c’est d’abord une rencontre avec un metteur en scène, d’autres chanteurs. J’ai adoré chanter la Carmen mise en scène par Calixto Bieito. J’ai aussi chanté des Carmen beaucoup moins passionnantes…» Pour cette fille de musiciens professionnels, descendante de Ricardo Viñes, immense pianiste du début du XXe siècle, qui créa toutes les œuvres de Ravel, de Falla, de Debussy, la question de faire de la musique ne s’est jamais posée. Plus personnel est son choix de s’orienter vers le chant. «Quand j’étais enfant, nous devions écouter chaque été les retransmissions en direct du Festival de Bayreuth. J’ai découvert très jeune les voix wagnériennes. Mais aussi d’autres plus contemporaines, comme dans les œuvres de Stockhausen que mon père m’emmenait entendre. J’étais fascinée par la voix, la manière si différente de la traiter d’un musicien à l’autre, par le fait de pouvoir faire sortir des sons hallucinants de son propre corps, d’en faire un véritable instrument. J’étais toute petite que je savais déjà que je voulais chanter.» Parallèlement à des études de piano, elle intègre donc la Maîtrise de Radio France, plus tard le Conservatoire de Paris. Avec le temps, les rôles qui se sont succédé, le jeu de l’acteur est venu se mêler à celui de la voix. «L’opéra nous impose par-

fois des contraintes de jeu très difficiles. Certaines sont des acrobaties gratuites. Mais, quand elles sont justifiées, cela peut être très excitant. Lorsque j’ai joué la marâtre de Cendrillon dans l’opéra de Massenet, Laurent Pelly m’avait demandé de bouger comme un personnage de bande dessinée. C’est très difficile de tenir des gestes extrêmement stylisés. Très difficile aussi d’être complètement statique comme dans les mises en scène de Bob Wilson. Mais aussi très jouissif ! Car, dans la contrainte, on finit par trouver une forme de liberté.» Les récitals et la musique de chambre sont l’autre versant de la carrière de Nora Gubisch. Mélodies françaises obligent, elle a enregistré avec son mari, le chef d’orchestre et pianiste Alain Altinoglu, une intégrale de Duparc et des mélodies de Ravel. Et, plus récemment, un ensemble de folk songs qui mêle à l’œuvre de Lucinao Berio, qui donne son titre à l’album, des mélodies venues du monde entier, arméniennes, espagnoles, azéries, bretonnes… joliment surnommé «Un peu des musiques que nous sommes». Un hommage éblouissant à ce que la musique savante doit aux mélodies populaires. N A D I N E VA S S E U R

“My voice is that of Delilah in Saint-Saën’sSamson and Delilah or Carmen, who is not a flighty girl but an extremely rich and complex character,” says mezzo-sopranoNora Gubisch. “When I was a child [her parents were both musicians] we had to listen every summer to live broadcasts from the Bayreuth festival. I discovered Wagnerian voices early in life. I was fascinated by the voice, the way one singer or another treated it so differently, by the fact that these amazing sounds could come out of your own body, making it a real instrument. I was really small but I already knew that I wanted to sing.”

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Brian Benson

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La force de la voix


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JessicaChastain

«C’est drôle, on m’offre des rôles de femmes beaucoup plus intelligentes que je ne suis dans la vie» ifficile de croire que l’étoile qui brille si fort aux côtés de Matthew McConaughey et Anne Hathaway dans Interstellar de Christopher Nolan était il y a trois ans inconnue du grand public. Entre-temps, cette merveilleuse actrice caméléon diplômée de la Juilliard School a reçu deux nominations aux Oscars, a tourné avec Terrence Malick, est devenue l’ambassadrice du parfumManifesto pour Yves Saint Laurent, a été nommée parTime Magazine l’une des «100 personnes les plus influentes du monde» et, entre mille projets, tournera le prochain Xavier Dolan à Hollywood ! Jessica Chastain, 37ans, est un phénomène. Entretien au QG des stars, l’hôtel Four Seasons de Beverly Hills. Quelle surprise de vous voir arriver avec un carré très court! JESSICA CHASTAIN. (Elle décoche son sourire «à la Julia».) J’aime bien m’amuser avec mon apparence. Je porte un look Prada et, pour le parfaire, Roberto, mon coiffeur, a eu l’idée de rentrer ma chevelure pour créer l’illusion. J’ai aussi été inspirée par les cheveux courts d’Anne Hathaway, ma partenaire d’Interstellar, qui est devenue ma copine. Vous avez dit dans «Vanity Fair»: «J’étais devenue cette actrice dont personne ne connaît le nom, mais dont on a déjà marre.» En 2011, alors que personne n’avait jamais entendu parler de moi, tous les films que je venais de tourner, sept films en tout, sont sortis en même temps! Les gens se disaient à chaque fois qu’ils me rencontraient dans les festivals: «Tiens, c’est cette fille qui est dansTake Shelter ou The Help», ou : «C’est l’actrice deThe Tree of Lifeet The Debt.» J’étais devenue «cette fille»... (Rires) La nomination à l’oscar de la meilleure actrice pour Zero Dark Thirtyde Kathryn Bigelow m’a légitimée, mais mes films continuent encore maintenant à sortir tous en même temps, et je crains toujours de lasser… Je préférerais des sorties plus espacées… Vous avec la liberté de choisir vos projets? Oui. C’est un privilège. Aujourd’hui, tout le monde me demande, mais je sais que cela ne durera pas, je le sais. Mais actuellement, je peux travailler en suivant mes envies… «Interstellar» est votre premier très gros film de studio. Je rêvais de faire un vrai film de science-fiction –et je me pince car j’ai un autre projet avec Ridley ScottThe Martian– et de travailler avec Matthew, qui me rappelle les stars d’autrefois, à la Gary Cooper. Mais si les moyens sont monstrueux, Chris Nolan est un cinéaste très personnel. C’est drôle, parce qu’on m’offre surtout des rôles de femmes beaucoup plus intelligentes que je ne le suis dans la vie. Je n’ose pas dire que mon rêve, enfant, était d’être la Princesse Leia… Comment se mesure la réussite? Le jour où ma grand-mère, à Sacramento, m’a emmenée au

cinéma, je me suis considérée comme actrice. Je ne me suis pas dit : «Je veux être actrice.» Non, j’étais devenue actrice. Ma grande chance est arrivée lorsque AlPacino recherchait une inconnue pour la pièce de théâtreSalomé. Mais la réussite se mesure aussi aux joies personnelles: pouvoir recueillir des chiens abandonnés; offrir à ma mère, qui est un formidable chef vegan, un food truck; lui rendre visite quand je veux, l’aider à préparer la cuisine – je suis moi aussi végétalienne depuis huit ans… Vous semblez à l’aise avec la célébrité… Je ne le suis pas tant que ça. Je rougis de plaisir à l’idée d’être associée à la maison Saint Laurent, mais je n’ai pas choisi ce métier pour être célèbre. J’aime mieux participer au développement des films, comme je l’avais fait surThe Disappearance of Eleanor Rigby, qu’être sur les tapis rouges, où seule l’excitation de porter de belles robes me donne cette fausse assurance. Et puis, j’ai un naturel joyeux, optimiste, alors j’ai tendance à sourire. Mais c’est étrange, le métier d’actrice : c’est lorsqu’il faudrait pouvoir se protéger qu’on a besoin, au contraire, d’être encore plus vulnérable pour fournir de bonnes interprétations. On va vous revoir dans «Miss Julie» de Liv Ullmann avec Colin Farrell, dans «AMost Violent Year» de J.C.Chandor avec Oscar Isaac, dans «Crimson Peak» de Guillermo Del Toro… Que du lourd! J’aurais bien besoin d’une comédie(rires). AMost Violent Year,du réalisateur deAll Is Lost, l’histoire d’une famille d’immigrants au début des années1980 à New York, est un bijou qui m’a permis de retrouver le magnifique Oscar Isaac, avec qui j’ai étudié à la Julliard School. Ce film a été riche en émotions. Et mon look, c’est coiffure à la Michelle Pfeiffer dans Scarface et Armani vintage: tout ce que j’aime! Propos recueillis par J U L I E T T E M I C H A U D Photographie Max Vadukul

It’s hard to believe that only three years agoJessica Chastainwas a virtual unknown. Now after two Oscar nominations, starring in films directed by Terrence Malick, Jeff Nichols and Al Pacino, and becoming the face ofManifestofor Yves Saint Laurent, she is back onscreen in Christopher Nolan’sInterstellar. She decided she was an actress aged eight after a trip to the movies with her grandmother. Acting has never been about success, but the upside of fame is that she can help people around her, such as buying a food truck for her mother who is vegan chef. Among her upcoming films (Liv Ulmann’s Miss Julieand Guillermo del Toro’sCrimson Peak)is J.C. Chandor’s A Most Violent Year, which she says allowed her to be reunited with Oscar Isaac, with whom she studied at Julliard, as well as to get a great hairstyle she describes as “Michelle Pfeiffer in Scarfaceand vintage Armani.”

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Max Vadukul / August pour L’Oreal

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«Je ne suis pas tant à l’aise que ça avec la célébrité. Je rougis de plaisir à l’idée d’être associée à la maison Saint Laurent, mais je n’ai pas choisi ce métier pour être célèbre.»

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ApollinedeMalherbe

Du charme et du punch

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Premier ministre. Sa fonction modifie bien sûr la nature du rapport, elle induit forcément une solennité plus grande. Mais à aucun moment ma légitimité n’a été mise en cause.» Plus encore, Apolline de Malherbe affirme n’avoir jamais été déstabilisée : «Je n’ai jamais eu le trac, et je crois que je ne l’aurai jamais. Je suis comme cela depuis l’enfance, confiante, enjouée. Et j’aime assez être culottée. Je trouve cela très stimulant. Les vieux routiers de la politique ne m’intimident pas. D’ailleurs, dans le direct, on n’a pas le temps de se poser la question de savoir si on a le trac. Il faut y aller. Et c’est ce que j’aime. Cette confrontation sans filtre. Sans filet.» Une absence de timidité qui n’empêche pas le respect. «J’ai une vraie passion pour la politique, je continue à penser qu’elle peut changer les choses. Les hommes politiques sont trop souvent dénigrés. Ils sont ambitieux, c’est vrai. Et c’est tant mieux. Mais leur métier est difficile et ils l’exercent souvent au prix d’immenses sacrifices. Le problème, c’est que j’ai parfois l’impression de croire en la politique plus qu’eux! Tant ils semblent parfois résignés.» N A D I N E VA S S E U R

“I’ve never had stage fright and I don’t think I ever will,” saysApolline de Malherbe, 34, presenter and journalist on French news network, BFMTV. “The old political dinosaurs don’t intimidate me. Anyway, when you’re live, you don’t have the time ask yourself if you’re scared. You just have to go for it and that’s what I love. My secret is never to put on armor, to be in the studio what I am in real life. I try to place my guests in front of their contradictions without ever being aggressive, but rather by asserting my authority.”

Lionel Guéricolas/Visual/BFMTV

lle est jeune, elle est belle, et impressionne par son assurance sans faille. Apolline de Malherbeest, à 34 ans, la benjamine du journalisme politique à la télévision. Après un passage à Canal+, elle officie chaque jour sur BFMTV et le dimanche dansBFM Politique, succédant ainsi à Olivier Mazerolle. On ne peut s’empêcher de penser à Anne Sinclair démarrant à la barre de7 sur 7 au milieu des années 1980. Si elle devait se trouver un modèle, ce ne serait pourtant pas la journaliste française, mais Christiane Amanpour, journaliste vedette de CNN. Une référence qui lui vient de son expérience de correspondante à Washington pour BFMTV. «Pendant trois ans, j’ai touché à tous les sujets, de l’élection d’Obama à la mort de Michael Jackson, des intempéries à l’affaire DSK. J’ai appris à toujours garder le contact avec le terrain. C’est de là que me vient aussi le style de mes interviews. Aux Etats-Unis, le face-à-face se déroule dans une atmosphère chaleureuse, on peut discuter autour d’une tasse de thé, mais les interviews sont menées de manière très acérée, très précise. De la même manière, je m’efforce de mettre mes invités face à leurs contradictions sans être pourtant jamais agressive, mais en affirmant mon autorité.» Pas toujours facile quand on est une jeune femme. «Mon secret est de ne pas mettre d’armure. D’être sur le plateau comme je suis dans la vie. D’être la jeune femme que je suis, une jeune femme de son époque, assez féminine sans que je cherche à le masquer. Je n’ai jamais pensé que cela pouvait être un handicap. Au contraire. Les hommes politiques ne peuvent pas se situer dans le rapport de force face à une jeune femme souriante. De ce point de vue-là, je les désarme. S’ils le font, ils commettent une lourde erreur. Cette semaine, j’ai interviewé le


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LauraSmet

L’intranquille

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est sous la véranda d’un petit hôtel discret du VIe arrondissement que Laura Smetm’a donné rendez-vous. S’excusant d’être en retard, alors qu’elle est pile à l’heure. Laura vient nous parler de son dernier film, Tiens-toi droite, le deuxième long-métrage de Katia Lewkowicz, dont elle partage l’affiche avec Marina Foïs et Noémie Lvovsky: une sorte de plongeon dans un tourbillon féminin dont elle incarne la figure sexy et glamour, une reine de beauté naïve mais généreuse. Là où Marina est celle qui ambitionne, fonce et dirige et Noémie celle qui fait et élève des enfants, des filles uniquement. Aucune n’est heureuse… Comment voyez-vous votre personnage, Miss NouvelleCalédonie, qui se donne à fond sans savoir où elle va? LAURA SMET. Le personnage de Lili, c’est la fille du village qui ne se rend pas compte de ce qu’elle dégage et qui veut tout faire pour plaire à son père, et ça, ça me touche, évidemment… Elle est éblouie par sa petite célébrité. Et ça a fait écho à quelque chose en vous? Oui, la scène de début quand elle devient Miss et qu’elle ne sait pas vraiment ce qu’elle veut faire, moi, j’étais un peu comme ça. C’est le côté très naïf et très joli de ce personnage. Ce rôle vous a fait du bien? Oui, il faut que les personnages fassent du bien. Vos premiers rôles à l’écran étaient plutôt sombres? Oui, et peut-être trop. DansLes Corps impatients,je ne faisais pas la différence entre le personnage et moi dans la vie. Plus on avance dans le temps, plus on arrive à faire la différence entre les rôles qu’on interprète dans la journée et le soir quand on rentre chez soi et où on redevient soi-même. Vous vous sentez glamour, de temps en temps? Quand je tourne et que je me sens aimée, désirée… Bien sûr, quand je suis bien dans ma peau, quand j’ai fait mon boulot et que je sais que j’ai rendu certaines personnes heureuses, qu’on est fier de moi et que je suis fière de moi. Là, c’est un état où je me sens bien, donc je me sens glamour. Le glamour, c’est comme le mot “star”, ce ne sont pas des mots qui me font rêver. Pour moi, le glamour, c’est quelque chose d’inabordable, c’est Cannes dans les années de Bardot, c’est Marilyn. Ce qui me fait rêver, ce sont les choses en lien avec l’imaginaire, les femmes fatales… J’adore Audrey Hebpurn dans Diamants sur canapé.C’est quelque chose d’épatant, un monde où tout est possible, tout est beau, ça sent bon… C’est ça, pour moi, le glamour. Pour moi, le talent et l’intelligence rendent les gens sexy, ce n’est pas du tout une question de beauté. Eva Green, par exemple, même si elle est belle, a quelque chose de très mystérieux, assez dark, et en même temps une force qui se dégage. C’est une aura, le glamour, c’est vraiment une aura. Vous avez joué des rôles de femme fatale. Pourquoi? Quelque chose dans mon physique et peut-être le côté mystérieux. C’est vrai que les gens ne savent pas très bien qui je suis. Tellement de choses ont été dites, qui étaient fausses, que je peux faire un peu flipper les gens. On ne sait pas si je

vais caresser ou foutre une claque. DansInsoupçonnable, j’incarne une fille très vénéneuse, dans le contrôle, ce que je ne suis absolument pas dans la vie, je rassure tout de suite tout le monde. Je ne suis pas comme ça. Moi, je n’agis qu’avec le cœur, et je ne suis pas du tout dans le contrôle. Je n’ai pas confiance en moi. Je ne suis pas quelqu’un qui se trouve joli, qui a une image. Je suis assez complexée. Beaucoup moins à 30 ans qu’à 20ans, car, à un moment donné, on finit par s’accepter. Au cinéma, au début, j’étais complètement inconsciente, je ne réalisais pas que le film allait sortir sur des écrans. Et puis, à l’écran, c’est le choc. Par exemple, quand je me suis vue dansLes Corps impatients, filmée comme ça avec les cheveux rasés, je suis partie aux toilettes et j’ai été malade direct. Une expérience super violente. Nathalie Baye, votre mère, au moment de recevoir son césar en 2006, avait eu une belle phrase sur la difficulté de ce métier… Il y a des moments où il faut s’accrocher, il ne faut pas laisser tomber, il faut avoir la rage au ventre, d’une certaine manière. Faut pas que ça te bouffe, mais il faut avoir faim. Et ce n’est pas parce que je suis la «fillede» que je n’ai pas la dalle... Au contraire, j’ai encore plus la dalle qu’à 20ans. C’est ce que vous attendez d’un réalisateur? J’ai besoin qu’on me pousse. Pour moi, la meilleure des récompenses, c’est de voir un réalisateur sortir d’une scène et dire : «C’est génial, je suis trop content.» Là, je suis la fille la plus heureuse du monde, vraiment. Vous savez, moi, mes années scolaires ont été une catastrophe, je n’ai pas passé mon bac, je ne finissais jamais les choses. Je commençais un livre, je ne le terminais jamais, je commençais un film, je ne le terminais pas… Là, c’est un truc où tu dois aller jusqu’au bout du bout du bout. Aujourd’hui, j’ai des envies d’écriture, de réalisation, de théâtre aussi. Je tourne en ce moment, en Bourgogne, un film de Jérôme LeGris qui s’appelle Premiers crus, sur le vin, avec Gérard Lanvin. Et puis après, je pars en Bulgarie tourner la série d’Olivier Marchal pour Canal+, Section 0. C’est le seul rôle féminin, une fille qui s’appelle Cheyenne, et elle rigole pas. C’est encore un autre registre qui me plaît, un film d’action. Propos recueillis par P I E R R E Z É N I Photographie Nicolas Guérin/Contour by Getty Images

Laura Smetis French royalty, the daughter of French rock god Johnny Halliday and celebrated actress Nathalie Baye. “I no longer see myself as Cinderella, because while it’s a present, it’s also complicated. At the same time I’m proud of my parents. I prefer having parents who are successful and who are examples. I am extraordinarily lucky as my mom advises me on how to prepare for roles, even if we don’t work in the same way.” Smet began acting aged 19 and her first films were perhaps “a little too dark.” Since then she’s often been cast as femmes fatales, and her latestTiens-toi droitesees her playing Lili, a naive beauty queen. “She’s the little girl from the village who has no idea how she comes across. Above all she wants to please her father – and that touched a nerve. She is dazzled by her moment of fame.”

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«Pour moi, la meilleure des récompenses, c’est de voir un réalisateur sortir d’une scène et dire: “C’est génial, je suis trop content.” Là, je suis la fille la plus heureuse du monde.»


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TaharRahim

«Il faut se maintenir à hauteur d’homme, toujours» T

ahar Rahim a très vite tutoyé les sommets de son art, dès Un prophète, de Jacques Audiard, presque son premier rôle, il est couronné par deux césars. Il compose avec grâce des figures de héros malgré eux pris dans la tourmente de la vie. Mais voilà que, tout à coup, il joue les vitriers chippendales dans Samba, puis se déguise en Père Noël dans une fable urbaine signée Alexandre Coffre. Rencontre. Tahar, vous êtes en train de vouloir nous surprendre… TAHAR RAHIM. J’avais envie depuis longtemps de faire des comédies. Avec Samba, je me suis dit: je vais pouvoir m’ouvrir à autre chose, à un personnage un peu fun.Père Noël, c’est un conte moderne pour enfants et pour parents, et je n’oublie pas que ce cinéma m’a fait rêver quand j’étais gosse. Vous avez réussi à préserver votre part d’enfance… Dès que ça ne va pas dans ma vie ou dans ma tête, je me rends compte qu’inconsciemment je pars dans l’enfance, je deviens nostalgique de cette période. C’est la meilleure période de ma vie, en fait. Sur les plateaux, je me sens super bien, parce que je me retrouve un peu dans un état d’enfance. Il est extra, le petit Victor, l’enfant de «Père Noël»… Il est magnifique. C’est une nature. Je pense que quand on choisit un enfant au cinéma, il faut choisir une nature, pas un enfant qui sait jouer. Tu prends une nature et, à un moment donné, il capte la machine. Et puis c’est un amour, il ne triche pas, cet enfant-là; quand il t’aime, il t’aime. Je me suis beaucoup attaché à lui et réciproquement. Un enfant, ça te vole la vedette. Tout de suite il se crée un univers. Qu’est-ce que la notion de rêve représente pour vous? Ce qui m’a fait aimer le cinéma, ce qui m’y a amené, c’est le rêve. Il faut essayer de faire rêver des gosses, des ados, des adultes ou des dépressifs… des acteurs, même. Je pense que c’est ça, le glamour, c’est faire rêver les gens. Dans les années 1970, on a eu une réinvention du cinéma qui a impulsé tout ce qu’il y a aujourd’hui. Le glamour, c’est devenu des héros modernes, des héros de tous les jours. Un sans-papiers dans Samba, par exemple. Aujourd’hui, il n’y a plus de vedettes. La vedette était inaccessible.Moi, j’estime qu’on ne peut plus se comporter comme ça, parce que le cinéma lui-même s’est tellement rapproché du peuple, la technologie crée des liens tellement rapides des deux côtés des écrans, de la toile, que naturellement il faut cultiver son rapport aux gens avec humilité… C’est ça qui fait rêver les gens aujourd’hui. Et ce n’est pas un truc que tu peux préparer, parce que si tu le fabriques, tu triches et t’es mort. Il faut se maintenir à hauteur d’homme, toujours. Dans mon cas, si je dépasse ça, je ne serai plus sincère, je ne serai plus le même type. Et en plus, ça tue la classe d’essayer(sourire). Tu as croisé Martin Scorsese de manière originale. Oui, c’était pour mon dernier film,The Cut, réalisé par Fatih Akin (qui va sortir en janvier2015). Scorsese et Akin ont une

relation artistico-amicale, et Scorsese a demandé à Fatih de lui montrer son film dans ses bureaux de New York, et Fatih m’a emmené avec lui! C’était fou, j’étais comme un gosse! Il est glamour, Martin Scorsese? C’est lui qui a su retranscrire au ciné la plus belle définition du glamour. Les Affranchis, c’est glamour au possible, les gars sont en train de buter un type, le mettent dans le coffre d’une voiture, l’enterre, puis doivent retourner le déterrer… Et là, Scorsese installe une lumière rouge, somptueuse. Si ça, ce n’est pas glamour! (Rires) Et ils font des blagues. Et quand ils se promènent dans la rue avec leurs costumes, leurs voitures d’époque, le son, la musique... Il a réinventé le glamour. Le glamour dépend de la façon dont le réalisateur regarde ses personnages. Par exemple, un film que j’ai trouvé extrêmement glamour, c’estMommy, de Xavier Dolan. La façon dont il filme les gens, dont il les sublime, et son actrice Anne Dorval est super belle dans le film. Il magnifie les gens du peuple. Tu fais des héros des gens du peuple, et là, tout à coup, c’est glamour. Voir une belle actrice, bien coiffée, bien habillée, qui sent bon, ça ne m’atteint pas pareil. Même si je me souviens deL.A. Confidential, quand Kim Basinger rentre avec son manteau noir avec un peu de fourrure autour de la capuche et son rouge à lèvres rouge dans un halo de fumée. C’est super glamour! On est complètement dans les codes de l’âge d’or hollywoodien et je suis fan. Et pour finir: vos projets? Je suis en train de tourner à Marseille une série pour Canal+, Panthers, je vais enchaîner avec un film d’Elie Wajeman avec Adèle Exarchopoulos, Les Anarchistes, et ensuite un autre avec le réalisateur japonais Kiyoshi Kurosawa. Propos recueillis par P I E R R E Z É N I Photographie Marcel Hartmann/Contour by Getty Images

“What made me love films, what brought me here today, was how they fired my imagination,” says French actor Tahar Rahim, first revealed in Jacques Audiard’sA Prophet. “You have to try and give kids, teenagers, adults, the depressed, even actors something to dream about. In the 1970s, cinema was reinvented, which brought us to where we are today. Glamour has become about being a modern hero, an everyday hero, like the refugee in Samba [his new film by the directors of French smash The Intouchables]. Today, there are no longer any real stars. Stars are inaccessible, but we can’t go one like that. Cinema itself has got so much closer to the people and technology is creating links between the two sides of screens so quickly, that naturally you have develop your relationships with people with a certain humility. That’s what makes people dream today. And it’s not something you can prepare, because if you make it up, you cheat and you’re a goner.”

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«La vedette était inaccessible. Moi, j’estime qu’on ne peut plus se comporter comme ça, parce que le cinéma s’est tellement rapproché du peuple que naturellement il faut cultiver son rapport aux gens avec humilité…»

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MichaëlCailloux

Un artiste qui fait bzzzzzz! S

uivez son regard doux et laissez-le prendre la mouche. Elle risque fort de se poser sur votre bouche. Passionné par le XVIIIe siècle, Michaël Cailloux, un designer textile de 39ans, remet au goût du jour les «assassines», «baiseuses» et autres «discrètes» fort prisées sous l’Ancien Régime. En collant sur leurs visages une petite mouche en tissu, les femmes (et parfois les hommes) affichaient ainsi leur humeur du moment, selon un langage galant très codifié: au coin de la bouche, la baiseuse; l’assassine ou la passionnée près de l’œil; la discrète, au menton… «A une époque où les jeux de séduction passent plutôt par Internet, cela m’amusait de relancer une telle pratique», explique Michaël Cailloux, qui réalise ses créations sur mesure et sur commande dans du taffetas de soie noir, comme à l’époque. Pour comprendre la fascination qu’exercent sur lui les insectes en général et la mouche en particulier, il faut chercher la petite bête dans ses carnets, noircis de centaines de croquis minutieux: «L’esthétisme de la mouche, symbole de vie et de mort, injuste objet de répulsion, m’inspire. Tout petit déjà, je dessinais sur la moindre chose qui me tombait sous la main… y compris sur les draps!» Après avoir œuvré plus de dix ans au service de maisons prestigieuses (Baccarat, Cartier, Nina Ricci…), Michaël Cailloux est rattrapé par le besoin viscéral de créer ses propres œuvres. En2009, ce perfectionniste lâche sa société de design et entreprend une démarche plus artistique, sans concessions. Cuivre, satin de soie, taffetas, papier, et bientôt cuir… son drôle de bestiaire prend vie au gré de ses matières fétiches. «Il s’agit de pièces uniques que je réalise entièrement à la main.» Un univers raffiné, poétique, qui rappelle les natures mortes du XVIe siècle et le style des Arts nouveaux. Inspirés des peignes Lalique, ses bijoux muraux en cuivre («mouches murales») s’accompagnent

d’estampes («mouches estampillées»), fruits du mariage inédit de deux techniques, celles du bijou et de la gravure à l’eau-forte. «J’adore détourner les “accidents” générés par le bain d’acide qui donnent parfois un aspect vieilli à mes œuvres et en accentue le côté anachronique.» Michaël Cailloux exposera du 16 au 21 décembre à l’Espace Beaurepaire (Paris Xe)et sera à l’honneur dans un ouvrage publié chez Thames & Hudson, qui sortira en janvier. La célèbre maison d’édition d’origine britannique vient de le classer parmi les «70 artisans d’art les plus innovants du monde». P A T R I C I A K H E N O U N A www.michaelcailloux.com

In 2009, after 10years working for luxury brands (including Baccarat, Cartier and Nina Ricci), Cailloux closed his design company and began using copper, silk satin, taffeta and paper to create etchings and “wall jewelry” that recall both 16th-century still lives and the Art Nouveau. “I love using ‘accidents’ created by the acid bath,” he says, “as sometimes they give an aged look to my work that accentuates its anachronistic side.” Thames & Hudson has proclaimed Cailloux among the “70 most innovative artisans in the world” and will celebrate his work in a new book, out in January.


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LuLu

«L’esthétisme de la mouche, symbole de vie et de mort, injuste objet de répulsion, m’inspire. Tout petit déjà, j’en dessinais sur la moindre chose qui me tombait sous la main… y compris sur les draps!»

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EricRuf

Le pari du théâtre on bureau donne sur la place Colette. Grand, mince, et pourtant solide. La barbe inégale et les cheveux en bataille. L’air doux d’un adolescent, un regard amical, Eric Ruf, 45 ans, est le nouvel administrateur général de la Comédie-Française. Et quand il parle, on l’écoute. Le Président vous a nommé vous. Pourquoi? J’ai parlé de la Comédie-Française autrement. Moi, je considère que tout ça est d’un équilibre précaire, fragile, mais exemplaire. Cette maison est un écheveau compliqué, un tissu de pouvoirs et de contre-pouvoirs, de prérogatives et de politesses faites, et tout ça fait que ça tient. Ici, les comédiens ont une science empirique du répertoire, ils ont la mémoire de ce qui a été fait, de ce qui a marché, de ce qui n’a pas marché. L’administrateur passe. Les comédiens du Français restent. Quel est le rôle de l’administrateur? C’est un poste qui a été inventé à la fin du XVIIIe. Jusque-là, c’était le doyen de la Société des comédiens-français qui administrait. Il y a eu des dissensions, et l’Etat a décidé de mettre un arbitre. Ce titre pourrait laisser supposer que c’est un gestionnaire, mais c’est un directeur artistique. Et il lui revient d’assurer la programmation. J’ai fait un exercice très bizarre, une conférence de presse pour expliquer longuement aux journalistes que je n’avais rien à annoncer. Ça a duré une heure, j’ai parlé de théâtre. Des espoirs, des stratégies que j’aimerais mettre en place. On vous donne une maison qui marche bien. Les salles sont pleines. L’image est belle. Il faut que ça continue. Chaque administrateur est devant le même pari: faire du spectacle vivant à partir d’une maison patrimoniale. Quelles sont vos priorités? Je dois trouver des metteurs en

scène, et il ne suffit pas de trouver les plus connus ou les moins chers, mais ceux pour qui venir dans cette maison a un intérêt. Je voudrais aussi faire venir des metteurs en scène étrangers, qui ont une manière de réveiller notre langue de façon si pertinente. Allez-vous encore jouer vous-même? Pour moi, jouer n’est pas un besoin irrépressible. Je suis scénographe. Je mets en scène. Je fais des décors. J’ai peur à plein de moments de ne pas faire bien les choses. Mais, à cette place, je me sens légitime. C’est pour ça que les gens m’ont fait confiance. J’adore jouer. Je le fais depuis vingt et un ans. Ça reviendra. C’est un mandat de cinq ans, renouvelable par trois ans. Je peux m’arrêter un peu. Un jour, on dira peut-être de moi: «C’est un homme de théâtre.» C’est une belle définition. Propos recueillis par E L L E N W I L L E R

“This institution is a complicated labyrinth, a web of powers and opposing forces, prerogatives and manners, which all mean that it works,” saysEric Ruf, recently appointed general administrator of the Comédie Française, France’s national theater. “I went through a strange exercise, a press conference where I had to explain at great length that I had nothing to announce. They hand you an institution that’s working well: the theaters are full and it has a good image. That has to continue. But I also have to find directors, not just the most well-known or the cheapest, but those for whom coming here could be interesting. I also want to bring in foreign directors, who have a way of waking up our language, which would be good for the audience, the !” theater and the repertoire. But it’s not always simple

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AlbaRohrwacher

Future grande star

L’

une des plus grandes actrices européennes reste méconnue du grand public français. Mais la donne va changer en2015. On vous l’aura dit avant tout le monde. Son nom ne vous dit sans doute rien. Son visage un peu plus, même si le grand art de cette comédienne italienne consiste à disparaître derrière ses personnages. Mais tout va changer pour Alba Rohrwacher. Avec la sortie de deux films charnières signés par deux proches. D'abord,Les Merveilles, grand prix du Jury à Cannes, mis en scène par sa sœur Alice, où elle incarne la jeune mère d’une famille d’apiculteurs vivant au cœur de l’Ombrie. PuisHungry Hearts, signé par son compagnon, Saverio Costanzo, où elle joue la jeune femme d’un couple entraîné dans une spirale paranoïaque peu après la naissance de leur enfant. Avec, à la clé, un prix d’interprétation à la Mostra de Venise. Pourtant, rien ne prédestinait à ce métier de comédienne celle dont le premier choc cinématographique fut la découverte à 8ans, en cachette de ses parents, du magistral1900 de Bernardo Bertolucci. «Quand j’étais petite, j’ai d’abord rêvé d’être acrobate.» Le premier lien avec ce qu’elle est devenue, adulte. Car le corps joue dans chacune de ses compositions un rôle décisif. Un corps évidemment moins pulpeux que ceux de ses compatriotes qui hantent nos rêves cinéphiles depuis des décennies, de Sophia Loren à Monica Bellucci en passant par Monica Vitti. Mais un corps qui en dit plus que mille mots de dialogues. Torturé, magnifié, exalté ou fatigué, il transcende à chaque fois les émotions des personnages qu’elle incarne. «J’ai toujours aimé l’expression corporelle. Je n’ai aucune peur de jouer avec mon corps et de me laisser entraîner par lui.» Adolescente, elle commence à prendre des cours d’acrobatie et de gymnastique avant de bifurquer vers le théâtre, puis le cinéma. L’année de ses 18ans. Par pur défi ! «C’est le challenge de rentrer à l’Ecole nationale du cinéma de Rome qui m’a poussée à franchir le pas. Seuls six garçons et six filles étaient retenus chaque année. Je me suis dit que si je n’étais pas prise, je passais à autre chose…» Mais elle décrocha le Graal. Trois ans de cours d’abord. Puis, dès2004, sur scène puis au cinéma, elle passe de la théorie à la pratique. Et son teint diaphane marque pour la première fois nos pupilles dans Amore, où elle campe la fille de Tilda Swinton, avec qui elle partage ce singulier charme androgyne diaphane. Puis il y aura LaSolitude des nombres premiers, sa première collaboration avec Savario Costanzo,LaBelle Endormie, de Marco Bellocchio, Goltzius et la Compagnie du Pélican,de Peter Greenaway… A chaque fois, ses prestations enflamment la critique. Mais les films restent trop confidentiels pour que cet écho élogieux parvienne aux oreilles du grand public… jusqu’à cette année et l’enchaînement des tournages des Merveilles et de Hungry Hearts. Le premier film a une résonnance particulière chez elle. Parce que sa petite sœur l’a mis en scène. Mais aussi parce qu’il raconte d’une certaine manière leurs vies et celle de leur père, fils d’une lignée de

musiciens allemands qui, par amour pour leur mère italienne, a tout quitté pour venir s’installer dans une ferme en Ombrie et devenir apiculteur. «Je pensais être trop jeune pour jouer la mère d’une enfant de 14ans. Mais ma sœur a insisté. Et parce que nous partageons la même mémoire de notre enfance, je savais que je pouvais lui faire confiance. Et je ne la remercierai jamais assez de m’avoir poussé à incarner ce personnage.» La confiance se retrouve aussi au cœur deHungry Hearts. Puisque son fiancé, Savario Costanzo, a écrit cette adaptation de L’Enfant indigo, un roman du Vénitien Marco Franzoso. «Au cinéma, mon plus grand bonheur est de pouvoir partager le plus en amont possible un processus de création. Encore plus lorsqu’il s’agit de Savario, un réalisateur courageux qui n’a jamais peur de changer les choses sur un plateau au dernier moment. Et rien ne me séduit plus que de partir dans des aventures avec lui, précisément parce que je ne sais jamais où elle va nous amener.»Hungry Hearts est un modèle du genre, qui débute comme une comédie romantique tendre et hilarante avant de basculer dans le film d’angoisse psychologique façon Rosemary’s Baby. Une mutation qui doit beaucoup à l’interprétation d’Alba Rohrwacher, qui se balade avec une aisance inouïe sur la carte des sentiments. Mais quel est donc son secret? «Pour chaque personnage, mon travail consiste à trouver leur vérité. A partir de là, il n’y a aucune règle. Le déclic peut naître de la lecture du scénario, d’un rêve, d’une vision ou d’une image…» PourHungry Hearts, ce fut la réminiscence soudaine d’un plan d’ Une femme sous influence de John Cassavetes où Gena Rowlands marche dans la rue. «Son personnage et le mien n’ont rien à voir. A l’exception d’un mystère qu’elles dégagent. Et cette quête du mystère a constitué la colonne vertébrale de mon interprétation.» Le résultat est littéralement à couper le souffle. Faitesnous confiance : son nom ne vous sera bientôt plus du tout inconnu. T H I E R R Y C H E Z E Photographie Nicolas Guérin/Contour by Getty Images

Alba Rohrwacheris the best actress you’ve never heard of, but that’s about to change with the release of her next two films. First up,The Wonders, directed by her sister Alice and winner of the Grand Prix at Cannes, in which she plays a young mother living deep in the countryside. It’s followed by Hungry Hearts, directed by Saverio Constanzo, for which she won Best Actress at the most recent Venice Film Festival. The first film is actually based upon her childhood growing up with her German father and Italian mother in Umbria. “I thought I was too young to play the mother of a 14-yearold,” she says. “But my sister insisted, and because it’s her and because we share the same memories of our childhood, I knew I could trust her. For every character, my job is to find their truth, and I can never thank my sister enough for pushing me to take on this one.”

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CharlotteGabris

Du rire aux larmes C

harlotte Gabris. Retenez bien ce nom, car2015 devrait être l’année de cette jeune comédienne. Son «palmarès» est déjà impressionnant: un seule-en-scène, Comme ça c’est mieux, remarqué par le public et salué par la critique, des collaborations radio sur Europe1 avec Laurent Ruquier, puis Michel Drucker, une scène sur Canal+ avec Djamel et, depuis octobre, le rôle de «la Meuf d’Ali Baddou» dans La Nouvelle Edition, toujours sur Canal+. A 27 ans, Charlotte Gabris ne perd pas de temps. «Notre génération de comédiens s’est prise en main et sait qu’il ne faut pas attendre que le téléphone sonne; il faut écrire ses shows, démarcher les productions, être polyvalente, dans la comédie, le cinéma, le théâtre. J’ai compris cela en séjournant un an aux Etats-Unis et en discutant avec des artistes et des producteurs», confie la jeune battante. Charlotte Gabris a toujours eu la vocation. Née en Suisse d’une mère allemande et d’un père hongrois, elle ne grandit pas dans un environnement artistique, mais, à 7ans, elle s’inscrit au théâtre. «Tout le monde, dans ma famille, a fait des études dites sérieuses, et moi j’ai fait à Lausanne une classe préconservatoire, raconte la jeune femme. Puis, je suis partie un an aux Etats-Unis pour suivre différents stages de théâtre. A mon retour, je me suis installée à Paris pour suivre les cours du Studio d’Alain de Bock. Je rêvais de cinéma, mais la scène me permet de toucher directement les gens, qu’ils se reconnaissent dans mon propos et qu’ensemble on dédramatise certaines choses.» Ce seraJ’en ai marre, premier jet en 2005, et surtoutComme ça c’est mieux,en 2012, avec aujourd’hui une tournée française d’une trentaine de dates. «Je joue des personnages qui parlent de l’excès dans la joie, la tristesse, la jalousie, l’amour, la sensibilité, la susceptibilité, et le but est que le public passe du rire aux larmes. Oui, je suis moi-même excessive. Je vis chaque sentiment à la puissance mille ! C’est parfois bien, c’est parfois fatigant pour mon entourage», sourit la comédienne. En janvier, elle sera dans Baby Sitting2, après un petit rôle dans le premier opus. Elle écrit son premier long-métrage, un sujet de société sur fond de comédie romantique. 2015 sera, à n’en pas douter, l’année Charlotte Gabris. P H I L I P P E L A T I L Photographie Julien Vallon

Remember the nameCharlotte Gabris, because 2015 promises to be the27-year-old actress and comedian’s year. Born in Switzerland, she began acting aged seven and has never stopped. “Everyone in my family studied supposedly serious subjects, but I went to Lausanne for acting school,” she says. “Then I went to the US for a year to attend different acting courses. When I got back, I came to Paris to study with Alain de Bock.” Her first one-woman show was in2005, and she is currently touring her second,Comme ça c’est mieux. As well as appearing on TV every day, starring in films and writing her first feature. “I’m excessive!” she says. “I live every feeling to the power of a thousand.” PA LACE COST ES NOVEMBRE / DECEMBRE 2014

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“Le glamour, c’est une mise en scène de soi. Par le maquillage, la coiffure, les postures, la lumière que l’on attire sur soi.” Photographie

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e glamour est toujours une stratégie. C’est un idéal de beauté. Mais une vision qui doit être personnelle, surtout pas conventionnelle. Le glamour, c’est une mise en scène de soi. Par le maquillage, la coiffure, les postures, la lumière que l’on attire sur soi. Il faut exploiter, magnifier ses qualités et cacher ses défauts. Le glamour est toujours une fabrication. Sachez que la très séduisante brune Dita Von Teese est blonde! Au départ, elle était une belle fille, mais très girl next door. Elle a choisi le noir pour renforcer la finesse de son visage, sa pâleur, qui contraste avec ses tenues sexy. C’est sa rencontre avec une autre strip-teaseuse burlesque, Catherine D’Lisch, qui l’a aidée à se transformer et à devenir une icône glamour. Le glamour est toujours une éducation, une recherche… Que l’on soit belle ou pas trop, on peut devenir la fille la plus séduisante du monde. C’est à Hollywood que des artistes ont porté cette vision du glamour à son paroxysme. Les studios étaient des usines à fabriquer du charme et de la séduction. De grands artistes, comme Max Factor pour les maquillages ou Sidney Guilaroff pour les coiffures, transformaient des femmes, pas toujours extrêmement jolies, ni formidablement sexy, en beautés fatales. Le glamour a une origine très ancienne: tout le glamour est déjà dans le buste de la reine Nefertiti, épouse royale d’Akhenaton, pharaon d’Egypte, exposé à Berlin… Tout est là, il suffit de savoir regarder: le maintien noble du cou, sa finesse, la coiffure en arrière qui prolonge le front et projette le profil en avant, le maquillage qui souligne le dessin des yeux, les pommettes saillantes… Pour comprendre le glamour, il faut aimer les femmes et comprendre leur corps. J’ai été styliste pour Thierry Mugler avant d’être photographe et réalisateur, j’ai aussi fait de longues études d’anatomie, cela m’est extrêmement utile pour mes images: je connais le corps, ses formes, les positions avantageuses… Et j’ai la passion de la lumière qui est essentielle pour créer des images sensuelles. Il y a

quand même des règles de base: la lumière doit être directe, venir d’un peu haut, être centrée sur les yeux ; une petite ombre de 2 millimètres doit venir souligner le nez et faire ressortir les pommettes; l’éclairage doit sortir le visage de l’ensemble de la mise en scène, le ramener au centre; et mettre en valeur les yeux et le regard… Les mains ne doivent jamais être photographiées de face, toujours de profil… avec l’ordre des doigts qui doit être en éventail. Si le modèle est debout, il ne peut pas rester raide, ni croiser les jambes, mais préférer le déhanchement. Il ne faut jamais être droit, mais créer un mouvement, des courbes, des ruptures. Ne jamais placer les deux mains sur la taille, mais sur les hanches, car il ne faut jamais cacher les courbes. Le pied doit toujours être à l’extérieur de soi, jamais à l’intérieur, et toujours dans une posture cassée. Si le personnage est assis, le bassin et les jambes doivent être de profil. Il faut toujours privilégier la silhouette. C’est elle qui souligne la puissance d’un maintien, le charme d’une attitude, la beauté d’une femme. uelles sont les femmes les plus glamour du moment? Dita Von Teese, bien sûr, Arielle Dombasle, Carmen Dell’ Orefice, Catherine Baba, Suzanne von Aichinger… Monica Bellucci, surtout quand elle est un peu ronde. Elle est tellement glamour un peu ronde! J’aimerais être une encyclopédie du glamour. Parce que c’est la mission de ma vie. ALI MAHDAVIest photographe et cinéaste, spécialiste des images glamour, au point que certains disent qu’il est «l’ambassadeur du glamour». “Glamour has ancient roots: the essence of glamour is already present in the bust of Queen Nefertiti, royal wife of the Egyptian pharaoh, which is kept in Berlin. Everything is already there, you just have to know how to look: the noble bearing and delicacy of the neck, the hair pulled backward so it extends the forehead and throws the profile forward, the make-up that underlines the form of the eyes, the prominent cheekbones. Glamour is always manufactured” —Ali Mahdavi, photographer, director and glamour specialist.

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“Quelles sont les femmes les plus glamour du moment? Dita Von Teese, bien sûr, Arielle Dombasle, Carmen Dell’ Orefice, Catherine Baba, Suzanne von Aichinger… Monica Bellucci, surtout quand elle est un peu ronde. Elle est tellement glamour un peu ronde!”

Marie-Agnès Gillot

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DitaVon Teese

«L’exceptionnel c’est la vie, c’est tous les jours» J

e suis une icône glamour! Parce que je crois que l’essence même du glamour, c’est la création: j’ai entièrement fabriqué ma propre image. Elle est loin de ce que la nature m’a donné ! Enfant, j’étais obsédée par le fait de porter à tout moment mes plus belles robes. Sans occasion particulière. Pourquoi garder les belles choses pour des moments extraordinaires? “L’exceptionnel, c’est la vie, c’est tous les jours”: c’est ma devise. Le glamour est une notion difficile à définir, mais ce qui est sûr, c’est que quand vous voyez une femme glamour, vous le savez au premier coup d’œil! A l’adolescence, j’ai commencé à porter du vintage, car je n’avais pas les moyens d’acheter des vêtements de marque. Mais c’est là que j’ai commencé à créer mon propre glamour. J’étais capable de trouver des choses formidables, qui me rendaient unique. N’importe qui peut être glamour s’il le souhaite. Ça ne dépend pas de l’âge, ni de la morphologie, ni de ses origines… J’ai basé ma carrière tout entière sur le glamour, mais je n’ai jamais eu besoin de beaucoup d’argent pour l’être, j’ai même trouvé un jour un rouge à lèvres à 5dollars ! Pour moi, la femme la plus glamour est celle qui réussit à tout surmonter, et qui continue à entretenir son charisme. Qui travaille sa féminité, qui cultive son esprit, son érotisme, d’une manière personnelle, même si cela va à l’encontre des standards établis. Elle est consciente que la recherche de la beauté parfaite est perdue d’avance, que c’est une notion qui n’est jamais objective. Elle est à l’aise avec ses différences, elle en tire profit. Le glamour est toujours lié à la séduction, il attire les gens, leur donne envie d’en voir plus. Mais la vraie séductrice sait que son pouvoir réside dans sa confiance en elle. La vraie séductrice maîtrise ce qui la rend attirante, elle est à l’aise avec ça. Mes icônes du glamour sont des femmes du passé qui se sont construites, transformées, à Hollywood. Le mot “glamour” est né dans les années1930. Dans ces années-là, il y avait de vraies personnalités dans

le monde du cinéma, du spectacle. C’était effectivement un moment très fort pour le glamour, la beauté et la mode autant à Hollywood que pour la société dans son ensemble, qui traversait une période forte d’évolution vers plus d’élégance, de raffinement… Les stars ont compris le pouvoir que leur donnait le fait d’être des rêves, des icônes, des images, plutôt que de montrer leur «vrai» visage. J’aime les femmes qui n’ont pas nécessairement une beauté sublime mais qui connaissent leur côté glamour et savent le mettre en valeur. La transformation, c’est ça le pouvoir. e suis passionnée par la lingerie, par les belles pièces qui permettent d’être glamour au quotidien. Je conçois mes collections en essayant d’offrir aux femmes du glamour fonctionnel. De très beaux ensembles qui sont portables tous les jours. Je crois que le glamour évolue, et il est bien vivant. Aujourd’hui, quand tu sors en étant trop habillée, préparée, les gens peuvent se moquer… je trouve ça réellement triste. J’aimerais tant vivre dans une ville rêvée, où les gens, tous les jours, sont extrêmement bien habillés. Une ville où je ne verrais plus jamais de tongs et de joggings… La ville de “Glamourland”, dont Ali Mahdavi serait le maire. DITA VON TEESEest la reine internationale du burlesque, connue par son style rétro-glamour. Elle a créé sa propre marque de lingerie Dita Von Teese Lingerie, une pour les femmes enceintes, Von Follies by Dita Von Teese, et une collection de lunettes. Elle travaille actuellement sur un documentaire autobiographique à propos du burlesque et de la mode. “The essence of glamour is creation, and I have crafted my own image, which is far from what I was born with. Even as a little girl, I was obsessed with wearing my fancier dresses for no reason. Why save special things for a special occasion? The occasion is life, and it is now – I still live by this motto.Glamour is alive and well, even if we glambassadors are the exception. I’d like to live in my own city of glamour where we all dress properly for every occasion, a place where I don’t have to see Crocs shoes or sweatpants ever again” —Dita Van Teese,burlesque artist and lingerie designer.

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“J’aimerais tant vivre dans une ville rêvée, où les gens, tous les jours, sont extrêmement bien habillés. Une ville où je ne verrais plus jamais de tongs et de joggings… La ville de Glamourland.” Photographie

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“Le glamour, c’est la légèreté. Il faut rechercher la légèreté. Moi, je fais beaucoup d’effort pour paraître léger, détaché de tout. C’est un vrai boulot d’illusion.”

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FrédéricBeigbeder

JF Paga/Grasset

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«Le glamour c’est la légèreté»

’abord, et c’est un signe (je ne sais pas trop de quoi), j’ai démarré mes travaux d’écriture dans un journal qui s’appelaitGlamour. C’est dire si je peux en parler. Dans mon dernier livre, je raconte la liaison de J.D.Salinger, l’auteur de L’Attrape-cœurs,avec Oona O’Neill, la fille d’Eugène O’Neill, grand auteur dramatique, Prix Nobel de littérature en 1936, qui sera l’épouse adorée de Charlie Chaplin… Savez-vous que Oona a été élue, en 1942, à 17ans, «Glamour Girl of the Year» par le Stork Club à New York, un club à la mode, hélas fermé en 1963 ? Le glamour, c’est la légèreté. Il faut rechercher la légèreté. Moi, je fais beaucoup d’effort pour paraître léger, détaché de tout. C’est un vrai boulot d’illusion. Je fais toujours semblant de ne pas bûcher. Mais en fait je suis un laborieux qui hésite, rame et rature. Je me donne un mal de chien pour donner cette impression de facilité. Je cherche à me rendre intéressant, sans en avoir l’air. Françoise Sagan disait toujours de sa petite voix: «je suis un écrivain mineur». Soyons mineur avec élégance et panache. Le dilettantisme, c’est un boulot à plein temps. Quand c’est trop écrit, c’est illisible. Comme lorsqu’on est trop habillé ou trop maquillé. L’over dressing, la fashion week, les gens en total look, c’est l’antithèse de l’élégance, du glamour. La vérité, c’est que j’ai peur de m’ennuyer, je fuis l’ennui comme la peste, c’est pour moi une forme acceptable de lâcheté. J’ai ce handicap: je suis allergique au réel. La réalité m’emmerde. La vie, au fond, est vraiment dégueulasse. Jeune, je me trouvais super moche, je me prenais des râteaux avec les filles. Après, toute ta vie, cela te pousse à être audessus de toi-même. A construire un personnage, plutôt qu’être tout simplement une personne. Dans L’Homme qui tua Liberty Valance, de John Ford, tout le monde croit que c’est James Stewart qui a tué Liberty, alors que c’est John Wayne… Au moment d’imprimer l’information, le journaliste dit cette très belle phrase, devenue résolument mythique: «This is the West, sir. When the legend becomes fact, print the legend (On est dans l’Ouest, ici, monsieur. Quand la légende dépasse la réalité, on imprime la légende).» C’est ça, le glamour! Le glamour est une forme de résistance. C’est

presque politique. Il y a une dictature du naturalisme et du réalisme. Un film commeLaVie d’Adèle est absolument no-glamour. J’aurais aimé trouver ça beau… Nous avons mille et une raisons de déprimer… alors un rouge à lèvres écarlate, un sourire, une robe qui tourne, une blague, et tout est plus beau. Faut pas emmerder les gens. Il y a des artistes qui regardent la réalité en face, d’autres cherchent le beau, le chic, l’élégant. Nous sommes l’orchestre duTitanic: continuons à jouer gaiement pendant que le bateau coule! Le glamour est la chance économique de la France. Peut-être la dernière. Un vieux pays avec des bonnes manières, chic et raffiné, qui vend des produits de luxe, donc indispensables, au monde entier… ésormais, les geeks, les fanas de jeux vidéo, les premiers de la classe, les bons en maths, tiennent le monde. Les Jeff Bezos,les Steve Jobs, Larry Page, Mark Zuckerberg ont gagné! Ils nous proposent un monde moche, propre, dur, qui ne rêve que de chiffres et d’efficacité… Un monde qui appartient aux geeks est un monde triste. Alors, je dis, je crie, je hurle : «Fuck les geeks!» J’ai plus d’admiration pour les playboys que pour les geeks, plus pour James Bond que pour Mark Zuckerberg. Je rêve d’un monde où l’on mourrait pour une virgule, comme l’a écrit Cioran… Un dernier message: il y a aussi une douleur du glamour. Les hommes, parfois, en souffrent. Les filles, arrêtez les bouches en cœur, le rouge à lèvres, les boucles dans les cheveux, le noir sur les yeux, décroisez vos jolies jambes, rangez vos minis trop courtes, les décolletés plongeants, les talons de12… Jetez le trop beau, freinez le super-doux, fuyez le violemment sensuel… Car trop de glamour, trop beauté peuvent me faire pleurer… FRÉDÉRIC BEIGBEDER est écrivain, animateur télé, directeur de rédaction et cinéaste. “Glamour is France’s great, perhaps last, economic opportunity.It is an old, chic and elegant country with good manners, while today the world is run by geeks. The Bezos, Jobs, Page, Zuckerbergs have won and they are offering us a horribly ugly world that’s too clean, hard. A world belonging to the geeks is a world that’s infinitely sad. So I say, I cry, I scream: ‘Fuck the geeks!’” — Frédéric Beigbeder, novelist and TV presenter

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Marc-AntoineCoulon

«Pas de glamour sans une certaine forme d’érotisme» L

e glamour est une alchimie très particulière, qui peut se définir surtout par son empreinte. Une femme qui vous subjugue laissera derrière elle une fragrance, le souvenir d’un battement de cil, le souffle d’une voix encore suspendu dans les airs, alors qu’elle est déjà partie. C’est d’ailleurs là toute la beauté du souvenir, de la persistance rétinienne engendrés par cette apparition. Une sorte d’irrésistible mélange de beauté incarnée et éthérée tout à la fois. Comme le parfum que l’on garde au cou après un baiser. Ou comme la trace d’un rouge à lèvres sur la joue après une étreinte – une signature attestant du passage du mystère sur votre peau. Car la femme est mystère. Truffaut a magistralement défini cette troublante ambiguïté, dans Baisers volés, avec la tirade de Delphine Seyrig venue retrouver Jean-Pierre Léaud dans sa chambre: “Je ne suis pas une apparition, je suis une femme.” elle qui représente pour moi le mieux cette idée pourrait être Catherine Deneuve. Elle évolue tout armée de son mystère. Le silence qui suit Catherine Deneuve est encore Catherine Deneuve. Je reste marqué par cette scène deManon 70, film pourtant mineur mais délicieux où, dans un battement de paupière fardée, elle adresse un souriant “je ne vous aime pas” à son amant futur, qu’elle détruira. Je n’ai jamais considéré une femme glamour comme un objet. Je pense, au contraire, que cette femme-là, si elle peut sembler offerte, en fait dirige, décide. Elle choisit ce qu’elle donne, à un moment précis. Sous le fard s’affirme la femme de pouvoir. Il n’y a guère plus charmant spectacle que celui d’une femme qui se maquille. Le regard qu’elle s’adresse dans le miroir est d’une vérité absolue. Les gestes précis, délicats, presque professionnels, soulignent, caressent les contours de son visage. Je pense qu’il n’y a pas de glamour sans une certaine dose d’érotisme. La chevelure onctueuse comme une coulée de miel, les délices de la féminité

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assumée, dans ses formes, dans ses postures, dans ses parures, invitent à un plaisir sensuel, que l’on cueille ou pas cette femme corolle. MARC-ANTOINE COULONest illustrateur de mode et portraitiste. “There is hardly more charming spectacle than a woman putting on her make-up. The way she looks at herself in the mirror contains an absolute truth. There’s no glamour without a certain amount of eroticism. Smooth hair like a river of honey, the delights of a lived-in femininity, its shapes, its postures, its finery, all invite the viewer to a sensual pleasure, whether or not this female flower is picked” — Marc-Antoine Coulon, illustrator.

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“Je n’ai jamais considéré une femme glamour comme un objet. Je pense, au contraire, que cette femme-là, si elle peut sembler offerte, en fait dirige, décide.”

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FrançoisOzon

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l est sans doute l’un des cinéastes d’aujourd’hui les plus sensibles au glamour, et il en joue lui-même très volontiers dans ses films. Dans 8 femmes, bien sûr, mais aussi dans le dernier, l’étonnant et épatant Une nouvelle amie, où, sous les yeux d’Anaïs Demoustier et Raphaël Personnaz pour le moins surpris, Romain Duris se travestit. Et devient une femme –et une actrice!– glamour… Comment définiriez-vous le glamour? Pour moi, le glamour est forcément féminin, sans doute parce que j’attends des hommes autre chose que le glamour! (Rires) Le glamour est un jeu sur l’artifice, un jeu sur la féminité poussée à l’extrême. Et, pour moi, cela a forcément à voir avec le cinéma hollywoodien des années1940-1950, avec ces films magiques en Technicolor, avec ces actrices que j’ai découvertes enfant et adolescent à la télévision, puis ensuite au cinéma, et que j’ai beaucoup aimées… Et aussi avec ces films en noir et blanc des années1930, avec Marlene Dietrich ou Greta Garbo, icônes glamour absolues… Pour qu’il y ait glamour, il faut qu’on soit au-delà du réel… Etymologiquement, le mot «glamour» est lié à l’idée d’ensorcellement, de magie… Y a-t-il pour vous cette notion de menace, de danger, dans le glamour? Bien sûr. A quoi sert le glamour? Ce n’est rien d’autre qu’une arme de séduction. Si une femme essaye d’être glamour, c’est justement pour attirer les regards, pour susciter du désir… La force du glamour ne vient-elle pas aussi de cette beauté irréelle, de cette charge érotique retenue? Si. Le glamour est une sublimation. Une sublimation de la femme, une sublimation de l’actrice. On sublime avec des artifices: la lumière, le maquillage, la coiffure, le costume… C’est une construction, une fabrication. Ne serait-ce pas finalement une manière de se cacher? Je ne suis pas sûr qu’il y ait beaucoup d’actrices au réveil qui soient glamour, encore qu’il y ait des photos de Marilyn sans aucun maquillage, réalisées sans aucun artifice, où elle est très glamour… Les studios hollywoodiens de la

grande époque étaient passés maîtres dans l’art de cette fabrication. Simplement parce qu’ils pensaient que le cinéma était là pour faire rêver, pour créer du désir. Est-ce toujours le cas aujourd’hui? Je ne suis pas sûr. En tout cas, pas pour tout le monde. J’aime, moi, cette idée que le cinéma est là pour faire rêver, pour créer du désir, pour vivre des émotions bigger than life, pour tomber amoureux… Lorsque vous entreprenez un film comme «8femmes», il y a chez vous un désir évident de glamour… Pour 8femmes, oui, c’était clair. L’intrigue de la pièce de Robert Thomas n’était pour moi en effet qu’un prétexte pour parler des actrices, pour m’amuser avec elles, avec leur image. A partir du moment où j’ai eu ce casting royal –Danielle Darrieux, Catherine Deneuve, Fanny Ardant, Isabelle Huppert, Emmanuelle Béart, Virginie Ledoyen–, j’ai réécrit en fonction de qui elles étaient, de leur image, et des liens que je pouvais faire entre elles et des actrices glamour hollywoodiennes. Catherine, c’était un mélange de Lana Turner et de Marilyn Monroe; Fanny, d’Ava Gardner et de Cyd Charisse; le personnage de Virginie était inspiré d’Audrey Hepburn; Isabelle, d’actrices de second rôle, ou de Bette Davis, pas forcément glamour, mais aussi de Rita Hayworth au moment de sa transformation; Emmanuelle, elle, était plutôt inspirée d’actrices françaises, de Jeanne Moreau dans LeJournal d’une femme de chambre… Que fait-on pour créer du glamour? On casse l’idée du réalisme, on stylise le réel pour en donner une autre vision, on s’appuie sur des artifices qui mettent en valeur l’actrice qu’on filme. On joue avec la lumière, un contre-jour dans les cheveux, un éclairage direct plutôt qu’un éclairage latéral… Pour 8femmes, il fallait trouver pour chacune un costume qui soit à la fois un objet de séduction et une arme, car ce sont des femmes qui s’affrontent, qui se battent. La fourrure que porte Catherine Deneuve, la robe rouge de Fanny Ardant, ce sont des éléments indissociables du glamour? La fourrure, c’est forcément érotique, et, comme le film devenait érotique à un moment, c’était un élé-

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Mathieu Zazzo/ Pasco

«Seul m’intéresse le glamour à l’intérieur des films»


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“Pour qu’il y ait glamour, il faut qu’on soit au-delà du réel…”

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ment important… Quant à la robe rouge, c’est un incontournable du genre! Pierrette, le personnage de Fanny Ardant, est au départ une prostituée. Quelqu’un qui dépare, dans cette famille bourgeoise. Un objet sulfureux de désir, de sexualité libre, qui a même une aventure avec la bonne, Madame Chanel, jouée par Firmine Richard. Or, le rouge, c’est la couleur du désir, de la passion. Il s’imposait. En plus, Fanny était la seule qui pouvait le porter aussi bien… On retrouve une robe rouge dans votre dernier film, «Une nouvelle amie», que porte fois Anaïs Demoustier… C’est sous la pression de Virginia –le nom du personnage de Romain Duris lorsqu’il s’habille en femme– que le personnage d’Anaïs s’achète cette robe rouge, non sans hésiter. Mais Virginia/David la pousse dans sa féminité, la pousse à exprimer sa sexualité, son désir de femme. Acheter et porter une robe rouge, c’est effectivement un geste fort. Il faut oser… Il y a aussi, dans «Une nouvelle amie», une scène avec des travestis dont on sent bien qu’ils sont fascinés par l’image glamour des femmes… Je pense que c’est naturel. A partir du moment où un homme se dit «j’essaye de ressembler à une femme», il va tout de suite aller vers quelque chose de très sexué. Les travestis sont attirés par ce qui leur semble le comble de la féminité. Or le comble de la féminité, qu’est-ce que c’est? C’est toujours plus de bijoux, plus de maquillage, plus de cheveux, plus de robes moulantes, plus de porte-jarretelles, plus d’artifices… Ce sont les codes de la féminité poussés à l’extrême, pour aller parfois jusqu’au grotesque. Le personnage de David a cette tentation au début d’aller vers une «sur-glamourisation», il en fait trop, puis, plus le film avance, plus il essaye de trouver sa vraie image et, à la fin, il est presque banal, c’est une femme en pantalon, une femme au quotidien… Paradoxalement, chez vous, le glamour naît aussi parfois, comme dans «Sous le sable» avec Charlotte Rampling ou dans «Jeune et jolie» avec Marine Vacth, de l’absence totale d’artifices… C’est vrai, dans les films et pour les actrices que vous citez, cette mise à nu révèle souvent une forme de beauté, encore plus rare, encore plus bouleversante. En plus, Charlotte a dans la vie une espèce de mystère qui fait qu’elle est glamour au quotidien. Pareil pour Marine. Elle est d’une telle beauté que, dès qu’on la filme, on est tout de suite ailleurs… Ce sont des actrices qui portent en elles cette présence magique. Il y a des gens qui ont ce qu’on appelle aux Etats-Unis la «star quality». Charlotte et Marine, on les met dans n’importe quelle situation, ça… fait monter la température! Je ne sais pas si c’est lié au

glamour – d’ailleurs, au fond, je ne suis pas très fan du mot «glamour», d’autant qu’on le met aujourd’hui à toutes les sauces. Il y a des actrices et des acteurs avec lesquels, dès qu’ils sont dans la lumière, il se passe quelque chose. C’est plus ce mystère-là qui m’intéresse que l’idée même du glamour… Pensez-vous qu’il y a encore du glamour aujourd’hui? J’ai le sentiment que le glamour s’est déplacé. Il n’est plus dans les films, il est autour des films. Sur les tapis rouges, dans la promotion, dans les pages des magazines, dans les photos de mode, et plus vraiment dans les films eux-mêmes. Pour être franc, tout ce glamour autour des films ne m’intéresse pas, ne me touche pas. Je n’y suis pas sensible du tout. Ce qui m’intéresse, c’est ce qui se passe à l’intérieur du film, au cœur du film, c’est l’image iconique que crée une scène ou une autre: James Dean –voilà, pour parler d’un homme!– avec son jean dansGéant, une pose de Marilyn dansCertains l’aiment chaud… Contrairement aux images de cinéma, toutes ces images de tapis rouge, ces photos de magazine, ces clichés de mode, ne sont pas sources de fantasmes, elles n’alimentent pas votre imaginaire… Certaines actrices s’y trompent et pensent qu’il suffit de poser sur le tapis rouge ou de faire une belle séance photo pour être glamour. Mais ce ne sont pas les couvertures de magazine qui restent, ce sont les films. Propos recueillis par JEAN-PIERRE LAVO IGNAT

FRANÇOIS OZONest cinéaste. Dernier film: «Une nouvelle amie», avec Anaïs Demoustier, Raphaël Personnaz et Romain Duris. “Ihave the feeling that glamour has moved. It’s no longer in films, but around films. On red carpets, in promotional events, in the pages of magazines, in fashion shoots, not really in the films themselves. To be honest, I’m not at all interested in the glamour around films. It doesn’t affect me; I’m not sensitive to it at all. What I find interesting, what touches me is what happens inside a film, at its heart, the iconic image that one scene or another can create. Like James Dean in his jeans inGiant, a pose by Marilyn in Some Like It Hot… All those images from the red carpet, magazine photos and fashion shoots are completely unreal to me. There’s no flesh on the bones. Unlike cinema images, they’re not a source of fantasies. They don’t feed the imagination. Certain actresses mistakenly think that they just have to pose on the red carpet and do a beautiful fashion shoot to be glamorous. But it’s not the magazine covers that will remain – it’s the films” —François Ozon, film director.

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«Mon glamourama» L

e glamour, c’est la femme! Pour moi, Audrey Hepburn est l’incarnation du glamour, il n’existe rien au-delà d’elle. Le glamour n’est pas le sexy. Dans le glamour, il y a quelque chose de pur, d’épuré, d’absolu. Le glamour, c’est la femme inaccessible. Le glamour est ce qui fait rêver, s’échapper du quotidien, et qui provoque un sentiment de bonheur parfumé. Le glamour est intemporel. Il traverse les époques. Je pense à Balanciaga, à Givenchy, à Dior, à Hollywood, aux années1950, derniers feux du glamour… Après, survient la révolution rock des années1960, et on quitte cette esthétique ultra-classe qu’exprimaient les photos de Horst P. Horst ou de Guy Bourdin. Puis, avec l’époque hippie, ce fut anti-glamour au possible! Le glamour est revenu avec LePalace. Des gens, riches ou pauvres, célèbres ou pas, passaient la journée à se demander comment ils allaient s’habiller pour paraître le soir. Il existait une “scène” glamour. Aujourd’hui, c’est fini. Les gens ne s’habillent même plus pour aller à l’Opéra ! Je suis attristé par le manque de glamour actuel de la société, par la façon dont elle s’enlaidit. Ça commence avecSchrek au cinéma et ça finit par les jaunes citron, les verts pomme et les roses fuchsia chers à Valérie Damidot! Mais le glamour reviendra! Mon père était fan des plumes. Tout petit, il m’a transmis ce goût en me mettant devant les films de chorus-girl comme lesZiegfeld Follies ou ceux de Busby Berkeley. J’ai retrouvé ce glamour plus tard, dans les grandes fêtes du Palace, celles de Karl Lagerfeld, d’Yves Saint Laurent ou de Kenzo… C’est ce que j’ai voulu ensuite apporter en télé. Dans le générique de Double jeu, je descends le grand escalier des Folies Bergère entouré de danseuses emplumées. On est au cœur du glamour! Bains de minuitest mon émission la plus glamour: une émission ultra-branchée avec des gens que je mettais en scène de façon glamour. Le climax fut une séquence de1987 dans laquelle Guy Cuevas, disc jockey du7 et du Palace, affalé dans un sofa tel un empereur romain, regarde Pierre Combescot (Prix Médicis 1986 pourLesFunérailles de la Sardine et Prix Goncourt en 1991 pourLesFilles du Calvaire) danser en tutu dans la piscine vide des Bains Douches avec Frédéric Bourgeois, alias Ubu Superstar! Je collectionne les peintures de cocottes de JeanGabriel Domergue. Avec leurs cous trop longs et leurs bibis sur la tête, les femmes qu’il peignait étaient

incroyablement glamour. Je vivais donc seul dans mon appartement de la rue de Rivoli au milieu de ces tableaux, quand, un jour, sur LCI, je tombe sur Audrey Crespo-Mara, un Domergue vivant! Je n’ai eu alors de cesse que de l’épouser. Et pour notre mariage, je voulais qu’elle ait une robe glamour. Ne la trouvant nulle part, je l’ai dessinée un soir au restaurant sur la nappe et j’ai demandé à Dior de la réaliser. C’est du Dior old school, très “Christian”, du Dior d’avant le chic trash de Galliano. Puis, j’ai fait réaliser un portrait d’Audrey à la manière de Domergue. Enfin, nous avons fêté notre mariage auMeurice, où j’avais aussi bien invité des stars que ma concierge, comme au Palace. Ce fut une party glamour! e Festival de Cannes est le dernier refuge du glamour. J’aime le Festival pour les robes longues, les smokings et les filles pieds nus dans le sable à 4heures du matin, leurs stilettos à la main. Le smoking, dernier costume folklorique occidental! Malheureusement, il est aujourd’hui mal vu de dépenser son argent, surtout pour faire la fête… La monarchie est glamour. Je suis fou de Kate, William et Baby George! C’est le couple “témoin” qui symbolise tous les couples. Kate et William sont glamour à mort! La Facel Vega et la 404Coupé sont glamour. J’essaie de vivre entouré d’objets glamour, telles ces magnifiques automobiles que je ne conduis pas, je n’ai pas le permis, mais que j’aime sortir dans la cour de ma maison en Normandie, juste pour le plaisir de les admirer. Comme pour les femmes, c’est une histoire de carrosserie! J’ai baptisé mes enfants auBristolet je me suis marié au Meurice. Par leur architecture, leur décoration, leur ambiance feutrée, les beautiful people que l’on y rencontre, les palaces sont les derniers lieux glamour! THIERRY ARDISSON est animateur et producteur de «Salut Les terriens». “Icollect paintings of women by Jean-Gabriel Domergue. The women he painted were incredibly glamorous. So I was living alone in my apartment on Rue de Rivoli when I saw Audrey Crespo-Mara, a living Domergue, on the news channel! I had only one idea: marry her. And for our wedding I wanted her to have a glamorous dress. I couldn’t fine one anywhere, so I designed one on the tablecloth of a restaurant and asked Dior to make it. Then I commissioned a Domergue-style portrait of Audrey” — Thierry Ardisson, TV presenter

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“Le glamour est ce qui fait rêver, s’échapper du quotidien, et qui provoque un sentiment de bonheur parfumé.”

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SergeToubiana

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«Le glamour fait partie de l’univers du cinéma»

e glamour fait partie de l’univers du cinéma. Je dirais que le cinéma en est le “foyer”. Le cinéma a su fabriquer du glamour, à partir des années 1930-1940, avec la lumière, l’art du costume, l’art des belles actrices. C’est une mythologie extrêmement cinématographique. S’il y a une image du glamour qui a marqué notre jeunesse, c’est Rita Hayworth dansGilda (1946). C’est une manière de fabriquer l’image de la star et de la femme –le studio refait tout, la couleur de cheveux, l’épilation, les cils–, pour un cinéma qui a besoin d’assurer le rayonnement de sa propre mythologie. On ne demandait pas au public de s’identifier à ces icônes, mais de les admirer, d’être pris par la magie de cette fabrication “glamoureuse” de la femme, une forme d’érotisation, sachant que le glamour inclut l’érotisation mais ne s’y réduit pas. Il y a des actrices sexy qui ne sont pas glamoureuses: Brigitte Bardot, par exemple. C’est une grande actrice érotique, sexuelle, qui a bouleversé l’histoire du cinéma. S’il y avait deux tendances, je dirais que le glamour s’oppose au naturel. Bardot est naturelle, belle, elle a un corps sublime, elle aime être pieds nus sur la plage, sensuelle et provocante… mais elle n’est pas du tout glamour. Le glamour, c’est l’antinaturel, le jeu avec l’artifice dans la création des icônes mythologiques où la part de magie, de trucage, est très forte. C’est un code accepté par l’ensemble des regardeurs. Le glamour suppose un regard autre, le mien, celui du spectateur dans la salle, celui du lecteur de magazines où le chic et la beauté sont mis en valeur : pas de regard, pas de glamour. S’il y a une période où le glamour est à son apogée, c’est avec Fred Astaire. Avec Gene Kelly, on sent l’effort physique, on sent que c’est un très grand danseur, un grand sportif. Chez Fred Astaire, pas d’effort, on entend à peine le bruit de ses pas, c’est sublime. C’est lié à une époque, au système du studio. Il y a eu un âge d’or des studios qui a été peu à peu attaqué par la télévision, et donc par la vie domestique: à partir des années1950,

le petit écran a domestiqué la star. Celui qui a compris ce phénomène, c’est Hitchcock. Quand il tourne Psychose, il le fait pour la télévision sans savoir que cela va devenir son plus grand succès en salle. Il va devenir très riche grâce àPsychose. Il a déjà compris quelque chose de très important avant tout le monde: on est en1959, le cinéma hollywoodien va décliner, le cinéma va rentrer dans le foyer, la chambre à coucher, et à ce jour il n’en est pas sorti… n peut dire que tout le système des studios imprime le personnage de Rita Hayworth. La prégnance du studio était absolument incontestée à l’époque. Personne ne pouvait s’opposer au pouvoir du studio. C’était une donnée absolue. Peu d’actrices ont réussi à s’affranchir de cette contrainte, peutêtre Bette Davis… Généralement, on acceptait d’être façonné, habillé, maquillé, éclairé, transformé physiquement. Cela a été le cas pour Rita Hayworth. Aujourd’hui, une Scarlett Johansson, qui est une belle star, glamour et sexy –elle a les deux options–, a plus de liberté. Le star-system n’impose plus ses choix aux grandes actrices. Mais cette concession met en péril le glamour. Les actrices actuelles sont de plus tentées par des aventures esthétiques plus radicales, plus satisfaisantes pour leur carrière, mais qui se font au détriment de leur statut. Une actrice qui va jouer chez Lars von Trier –et on en a une très bonne en France, Charlotte Gainsbourg–, elle sait que ce n’est pas le glamour qu’elle recherche. SERGE TOUBIANA est ancien rédacteur en chef des «Cahiers du cinéma» et directeur de La Cinémathèque française. “There are sexy actresses who aren’t glamorous. Brigitte Bardot, for example: natural, with a sublime body,but not glamorous. Because glamour is the antithesis of natural” — Serge Toubiana, director of the Cinématheque française.

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«Etre envoûtante est une énergie qui te dépasse» O

ui, c’est vrai, le glamour est un envoûtement! Je crois que c’est quelque chose de magnétique. Une femme glamour est avant tout, pour moi, une femme envoûtante: et être envoûtante, c’est une énergie qui te dépasse, qui se dégage malgré toi. C’est d’ailleurs ça qui est beau. Nous n’avons pas le contrôle de ce que nous dégageons, c’est juste naturel ou magique. Quand c’est forcé, quand tu te dis “je veux absolument être glamour”, on peut très vite se transformer en poupée déguisée. On peut très vite devenir ridicule. Moi, je viens d’Italie, d’un pays où le glamour fait partie de notre éducation. Quand je pense à Claudia Cardinale, Monica Vitti, Sophia Loren, Anna Magnani, elles avaient le glamour en elles. C’étaient des femmes avec une féminité tellement exacerbée qu’il était difficile de comprendre où finissait l’actrice et où commençait la femme, tellement les deux rôles étaient confondus. Tout était lié. Le glamour se retrouvait autant dans la femme que dans l’actrice. En Italie,le glamour fait partie de la femme, de la féminité italienne, c’est naturel, inné. Je crois que l’on peut pousser à l’extrême sa féminité, mais en restant mystérieuse. Le glamour est quand même lié à une certaine forme d’élégance et de pudeur. Le glamour, c’est une manière d’être. La discrétion, la retenue, la pudeur sont des traits de caractère qui ajoutent au charme son côté troublant, sa part de secret. Moi, je m’habille parfois d’une jolie robe noire, avec des talons hauts… Je suis très féminine et je le serais même si je n’étais pas actrice. J’ai ce côté féminin, c’est moi. Je n’appelle pas ça glamour. Pour moi, c’est de la féminité. Quand je suis dans le rôle de l’actrice et que je dois m’habiller sexy… je le fais pour donner une certaine image de moi. Ça fait partie de mon métier, mais c’est une partie relative de ma personne. Je suis une femme qui fait la comédienne, j’ai une passion pour ça, je trouve ça beau. Mais je ne suis pas qu’une image, je suis une femme, je suis une mère, j’ai des responsabilités en tant que telle, je suis

attachée aux choses vraies de la vie. Même quand je fais un film, mon travail, c’est de préparer mon rôle, d’être sur le plateau… la partie glamour, je la réserve aux tapis rouges, même si je ne le fais qu’une fois par an. Pour les gens, c’est cette image qui reste, ce sont ces photos-là, prises sur ces tapis, mais c’est une partie relative de ma personne par rapport à ce que je suis en réalité. Quand je sors du plateau, je suis moi, je ne vis pas pour ce que je représente. vant, dans les années1940-1950, le glamour était lié à la position sociale de la femme, dans le sens où les femmes étaient très féminines, d’une féminité absolue. Elle n’avait pas de droits sociaux, pas la possibilité de voter, ni le droit d’avortement, la femme n’avait pas le contrôle d’elle-même au niveau social. Ce qui lui restait, c’était la féminité poussée au maximum: la beauté les faisait exister. Aujourd’hui, une femme qui a envie de se faire jolie, elle le fait pour elle-même, pas forcément pour les hommes. Ça peut d’ailleurs leur faire peur… Aujourd’hui, les femmes existent par elles-mêmes, pour elles-mêmes. Pour moi, dans le glamour, il y a aussi un besoin de liberté, une affirmation d’indépendance… MONICA BELLUCCI est actrice. Conversation au téléphone, depuis le Canada où la belle est en plein tournage du film de Guy Edoin, «Ville-Marie». “In the 1940s-1950s,glamour was tied to women’s social standing, in the sense that they were really feminine and possessed an absolute femininity. They had no social rights, no right to vote, no abortion rights. Women didn’t control their lives on a social level. All that was left for them was femininity pushed to its limits — beauty made them exist. Today, a woman who wants to look pretty does it for herself, not just for men. Today women exist by themselves, for themselves. For me, glamour also contains a need for freedom, an assertion of independence” — Monica Bellucci, actress.

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“En Italie, le glamour fait partie de la femme, de la féminité italienne, c’est naturel, inné.”

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FabienBaron

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«Le glamour c’est ton âme, c’est ton style»

e vrai glamour, c’est en toi! On peut fabriquer du glamour, mais cela reste une image. Le vrai glamour appartient à ton âme. C’est ton idée de la beauté, de l’élégance… Le glamour, c’est ton style. Moi, j’aime le glamour discret, comme celui de Catherine Deneuve ou de Charlotte Gainsbourg, Sophia Coppola: un glamour intérieur. Je n’aime pas du tout les femmes trop habillées, trop maquillées. J’aime le glamour classique, qui garde une certaine réserve. Il n’y a que Madonnna qui peut interpréter toutes les formes de glamour: le glamour hollywoodien, le glamour rock’n’roll, le glamour grunge…qui existe. Regardez Kate Moss, c’est le glamour de la nonchalance: un glamour détaché, pas de maquillage, juste un petit jean, c’est léger, magnifique de charme. Kate Moos a une élégance innée. Le glamour peut être juste une façon d’être, une attitude, une allure. Lorsque je construis des images, je ne cherche pas d’abord à fabriquer du glamour, mais à créer du caractère, une identité forte. C’est le plus important. Comme pour la mode. Il faut définir un caractère personnel, original, fort. Et là, tout devient glamour. Il existe aussi des typographies glamour. Comme le bodoni, le didot, ces lettres d’une infinie élégance que j’ai beaucoup utilisées. Un dessin de lettre pur, avec des droites d’une grande finesse, des courbes sensuelles, totalement glamour. J’ai parfois utilisé le didot en très gros, au centre de la page, comme un signe qui donnait le ton, qui annonçait et symbolisait le charme et le style des images. La classe de la typographie, la qualité des images, tout participe à créer cette identité, cette singularité, ce charme, cet ensorcellement. Il s’agit plus d’une identité que d’un charme, d’ailleurs. Il s’agit d’être et d’affirmer son propre caractère, sa singularité. Ou d’appartenir à une certaine clique, à une tribu. Comme on veut. Mais cela se fabrique. Ton style te permet de devenir ton propre poster, d’afficher ce que tu veux dire de toimême.

Je ne sais pas si les images en noir et blanc sont plus glamour que celles en couleurs. Il y a une certaine facilité dans le noir et blanc, cela efface certains défauts… Mais c’est glamour parce que cela évoque la nostalgie… Parce que c’est une déformation de la réalité. Cela crée une distance. La possibilité d’un rêve. ujourd’hui, je voudrais aller plus loin: et allier le narratif et le visuel. Mettre toutes mes qualités graphiques et esthétiques au service d’une fiction. Travailler avec mon style, sur une vraie histoire, sur de vraies émotions, avec un visuel très élaboré. Pour l’instant, globalement, je package les histoires et les objets des autres. Je sais très bien faire ce packaging. Je voudrais demain, bientôt, imaginer et réaliser une fiction, une histoire à moi, avec mon style à moi. J’aimerais aussi passer plus de temps sur mes photos personnelles. J’ai donc deux rêves un peu divergents: faire un film, un long-métrage, ce qui veut dire travailler en équipe, avec une grosse équipe ; et de l’autre côté, travailler tout seul en solitaire sur des images personnelles… Je vais très vite trouver le moyen de relier ces deux extrêmes. FABIEN BARONest creative director et photographe. “There are glamorous typefaces. Like Bodoni or Didot with their infinitely elegant letters, delicate downstrokes and sensual, utterly glamorous curves. I sometimes use Didot really big, in the center of the page, like a sign that creates the tone, which announces and symbolizes the charm and style of the images. The class of a typeface, the quality of the images, all play a role in creating this identity, this singularity, this charm and enchantment” — Fabien Baron, art director and photographer

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“J’aime le glamour classique, qui garde une certaine réserve.”


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“Lorsque je construis des images, je ne cherche pas d’abord à fabriquer du glamour, mais à créer du caractère, une identité forte.”

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«Le glamour a besoin du papier glacé»

’idée de beauté et celle de sensualité se rejoignent. En termes de couleurs, il y a tout de suite un rapport avec la photographie. On est glamour en photographie, mais peuton l’être en vrai? Il y a déjà une différence. Mais du côté de la photographie, le glamour a besoin du papier glacé. Si le papier est mat, le glamour perd beaucoup. Dans le glamour, il y a quelque chose qui brille et qui glisse, c’est du lisse, du brillant. Par là même, n’importe quelle couleur peut être glamour. Mais il y a des couleurs plus glamour que d’autres, si l’on regarde les documents des années 1950 jusqu’à aujourd’hui, on s’aperçoit qu’il y a des dominantes. Par exemple la blondeur. Est-ce qu’une femme brune peut être glamour? J’ai l’impression que, majoritairement, sur les photos glamour de femmes, ce sont toujours des blondes, des blondes pas naturelles, d’une blondeur fabriquée. Et puis, il y a des couleurs plus souvent sollicitées que d’autres, et notamment toutes celles qui tournent autour du rose, et plus particulièrement les teintes entre rose et violet: fuchsia, framboise écrasée, lilas… Aussi surprenant que ça puisse paraître, ce sont des couleurs mal aimées. Dans les enquêtes d’opinion sur les couleurs préférées, les couleurs qui viennent en dernier sont le rose et le violet (et le marron). La mise en scène du rose et du violet dans le glamour, c’est aussi une provocation par rapport à ça, pour se faire remarquer. Dans le glamour, on emploie plus souvent des couleurs en association que des couleurs toutes seules. Et souvent, c’est une couleur plus l’or. Du rose et de l’or, c’est tout de suite plus glamour. On peut aussi s’intéresser aux couleurs qui ne sont pas glamour. Ça aiderait à définir acontrario le glamour. Le gris, le bleu marine, le vert foncé, le brun et même le blanc ne sont pas glamour. En matière de glamour, la couleur est presque toujours unie. Non seulement brillante, lisse, mais aussi unie. Les couleurs glamour n’ont pas de taches, de motifs ni de rayures. Priorité à la couleur unie associée à une autre couleur. Les motifs rayés,

qui peuvent être très élégants, ne sont pas glamour. L’œil est pourtant très attiré par les surfaces rayées, qui ont quelque chose de très musical et de rythmique : mais on se concentre alors plus sur les rayures que sur la femme qui les porte. Le glamour commence à une époque où le noir et blanc est dominant dans la presse, la photo, le cinéma, où on joue sur les qualités de ce noir et blanc. Un noir et un blanc dense, brillant, lumineux. D’où le papier glacé des magazines. Il faut que le contraste soit fort. Et il faut que ce soient des noirs bien noirs et des blancs bien blancs. Le noir évoque tout de suite le glamour, une certaine élégance mystérieuse. Je pense que c’est lié au contraste avec la peau du corps. Les femmes, notamment, qui ont la peau très claire, particulièrement les blondes, qui portent un vêtement noir, ou un sous-vêtement noir, il y a là quelque chose qui fait contraste et qui est attirant. Une des significations du noir, c’est l’élégance, le luxe, même, dans les sociétés anciennes. Dès la fin du Moyen Age, les princes s’habillent de noir, une couleur à la mode. Autrefois, c’était difficile pour les teinturiers de fabriquer un beau noir, vraiment noir; d’où l’idée de luxe quand il est vraiment noir, dense, saturé. C’est élégant et ça se remarque. Même si depuis au moins trente ans, c’est une couleur dominante dans le vêtement de tous les jours (il suffit de s’asseoir dans le métro et de regarder comment les gens sont habillés). Mais ce sont alors des noirs ordinaires, souvent même des gris foncés plus que des noirs. Cela dit, le noir tend à se banaliser. Les sous-vêtements noirs de nos grands-parents étaient provocants, et ainsi excitants. Aujourd’hui, c’est banal, on en fait un usage trop grand. Quand j’étais enfant, dans les années 1950, les femmes habillées en noir, c’étaient le plus souvent les veuves. Donc, quand une jeune et jolie femme portait du noir, ça se voyait, ça attirait l’œil, ça séduisait.Pour faire glamour, il faut un noir brillant, associé à du doré, avec une pointe de rouge. Noir et rouge peuvent être glamour en soirée, rare-

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ment en journée. C’est là qu’une brune peut être glamour, pas en rose, mais en rouge et noir. La combinaison des deux attire l’œil, suscite le désir. utre remarque importante, pour les femmes et la mise en scène du glamour, la peau compte énormément. Il y a un rapport à la peau qui est inhérent au maquillage. Les couleurs des vêtements ou les couleurs des bijoux et du maquillage se déclinent par rapport à la peau. J’ai l’impression que les peaux claires, voire très claires, se prêtent mieux à la mise en scène du glamour que les peaux plus foncées. Ça va avec l’idée de blondeur. On cherche le contraste avec le blanc de la peau, d’où le rouge des lèvres et du vernis à ongles et la petite touche de couleur qui fait écart ici ou là sur le vêtement. Le rouge du rouge à lèvres est toujours glamour, surtout s’il est agressif, quelle que soit l’époque. En revanche, dès que l’on commence à le décliner dans des nuances qu’on ne pratiquait pas autrefois, le glamour tend à disparaître. Des teintes plus rosées, plus chair, ne sont pas –à mon avis– gla-

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mour. L’or (ou le doré) est aussi une façon de faire parler la lumière. Il est souvent présent dans le glamour, car, dans le glamour, il y a toujours un jeu des lumières. Avec la couleur, bien sûr, l’or joue un rôle important, d’où les bijoux. L’argent ou l’argenté ne joueraient pas le même rôle, alors que l’or est presque indispensable. Pour mettre en valeur le corps féminin, on sollicite beaucoup l’or dans les accessoires des vêtements. Il y a des époques qui sont fascinées par l’or et d’autres qui le refusent. Ce qui me semble le plus se rapprocher du glamour dans les sociétés anciennes, toute prudence mise de côté, c’est d’une part ce qui se passe sous l’Empire romain. Il y a de nouvelles modes pour les femmes, un scandale parce que ces modes mettent trop en valeur le corps qui se dénude, devient provocant. Il y a de nouvelles couleurs dans le vêtement féminin chez les femmes de la haute société et les bijoux se font de plus en plus nombreux. On retrouve également une certaine idée de glamour au XVIIIe siècle en Europe. Là aussi, la palette des vêtements féminins change, se diversifie et met en valeur le corps de la femme qui se dénude, notamment au niveau de la poitrine. Les bijoux deviennent importants et on joue avec les lumières. Pas les mêmes lumières que les nôtres, évidemment, puisque ce sont des lumières provoquées par des flammes et non par l’électricité. Le glamour revient dans les années1950, par le biais du cinéma et de la photographie, par le noir et blanc, et puis, rapidement, la couleur s’en empare. MICHEL PASTOUREAU est un historien médiéviste français, spécialiste de la symbolique des couleurs. “In photography terms, glamour needs glossy paper. There is something shiny and slippery in glamour; it’s smooth and glossy. Color in terms of glamour is almost always uniform. Not only shiny and smooth, but uniform. Glamour colors don’t have blemishes, patterns or stripes. Always one uniform color next to another. Stripes, which can be really elegant, are not glamorous. The eye is extremely attracted by striped surfaces, which have something musical and rhythmic about them, but which mean you concentrate on the stripes rather than the woman wearing them. Today’s glamour is not quite the same as the 1950s’, and it’s not quite the same in the US, in different countries across Europe or in Asia. It’s striking that between China and Japan, it’s not the same thing at all. For the Japanese, glamour is something restrained and elegant, but for the Chinese, glamour is almost vulgar, as well as being beautiful and sensual” –Michel Pastoureau, historian, specialist in the history of color.

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OlivierDahan

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’idée d’un envoûtement, c’est très beau, très profond. Le glamour, c’est bien plus que du strass, des bijoux, du luxe ou des tapis rouges. Cela a à voir avec le rêve, la poésie, la magie, l’illusion. Cela touche à l’émerveillement de l’enfance et de l’adolescence. Quand j’étais jeune et que j’ai découvert, comme tous les gens de ma génération, le cinéma à la télévision, à partir du moment où j’étais envoûté par un film, il était glamour. Mais je ne le savais pas. Un film commeLaNuit du chasseurm’a beaucoup marqué, et je réalise aujourd’hui que c’est un film glamour, dans sa fascination poétique. Pour moi, David Lynch, que j’ai la chance de connaître, est l’un des réalisateurs les plus glamour qui soient. On peut se perdre, être absorbé, dans ses films. Cela se ressent aussi dans sa peinture, que j’aime beaucoup. Dans la mode, un créateur comme Galliano est glamour, et je suis content qu’il revienne. Je suis très influencé par les films du cinéma hollywoodien des années 1950, notamment quand je filme les actrices. Et j’adore filmer les actrices. Je raffole des films en noir et blanc pour leur façon de filmer les femmes, les gros plans sculptés par la lumière. Je regarde encore souvent tous ces films, ceux de Douglas Sirk, de Joseph Mankiewicz, de Nicholas Ray. Même des œuvres plus mineures. Je m’intéresse à cette époque, pas juste pour le travail sur l’image et la lumière, mais aussi pour les scénarios, sur la tension des personnages. Ce cinéma très éclatant qui était en fait très complexe. Les films les plus glamour sont souvent sombres. Si on parle de complexité, j’adore Marilyn Monroe. Elle me touche profondément. Marilyn, c’est trop violent pour parler de glamour. Son histoire est trop dure. Il aurait été intéressant de voir ce qu’elle aurait pu faire après les cours à l’Actors Studio, après son dernier film,LesDésaxés. Qui sait, peut-être aurait-elle joué MrsRobinson dans LeLauréat ? On a vu la partie la plus glamour de Marilyn. On a loupé le plus intéressant: quand elle n’aurait plus été traitée comme un objet. Est-ce que le cinéma en lui-même est glamour? Pas le processus, qui est répétitif et ennuyeux. Ce qui est magique, imprévisible, c’est l’énergie humaine,

la symbiose qui opèrent entre les gens sur un plateau. Ça, c’est une vraie drogue.Grace de Monaco, les gens s’attendaient à des diamants, Monaco, la Riviera, de beaux costumes, alors que ce qui m’intéressait, moi, se trouvait en dessous… J’aurais en fait dû faire un film plus sombre pour qu’il soit glamour. Sombre et brillant, car je n’aime pas le sombre mat. Je n’ai pas revu mon filmDéjà mort, mais je pense que c’est un film glamour, dans le sens où il est à la fois sombre et brillant. Et Benoît Magimel dansDéjà mort est l’un des seuls acteurs que j’ai trouvés glamour à filmer, très féminin. Le mot “star” dit tout. Etre absorbé en regardant les étoiles tout en restant assis sur son siège dans une salle de cinéma. Chez les actrices avec qui j’ai travaillé, Nicole Kidman évoque cette tradition des grandes stars. Elle semble toujours sortir d’un film des années 1950. Pourtant, au quotidien, Nicole n’est pas comme cela. Elle utilise le glamour comme un vecteur. D'ailleurs, le glamour n’existe pas dans la réalité. arion Cotillard a joué la carte du glamour à la perfection. Sur le tournage deLaMôme, elle s’était transformée en une autre, comme totalement envoûtée. C’était fascinant. Qu’elle ait fait ensuite une telle carrière hollywoodienne n’est donc pas étonnant, parce qu’elle l’avait en elle. C’est là où on voit que le glamour n’est pas superficiel. Il ne s’agit pas d’être star ou pas star: cela vient de l’intérieur, c’est presque spirituel. David Bowie a écrit des tonnes de chansons glamour. Vous écoutez un album comme Hunky Dory, vous êtes irrésistiblement attiré. Cela provient de l’intérieur. Le glamour est quelque chose de viscéral.» OLIVIER DAHAN est réalisateur et scénariste. “Is cinema itself glamorous? Not the process, which is repetitive and boring. What is magic, and unpredictable, is human energy, the symbiosis between people on a set. That’s the real drug. [Of my films], La Vie en Rosewas too French to be glamorous. ForGrace of Monaco, people were expecting diamonds, Monaco, the Riviera, beautiful costumes, while what interested me was what lay beneath. I would have had to have made a darker film for it to be glamorous. Dark and shiny, though, because I don’t like dark mat” — Olivier Dahan,film director and scriptwriter.

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Questions de glamour

SARAH ANDELMAN est acheteuse et co-fondatrice de colette.

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Photographies Brice Ferré

es photographies de femmes nues où on ne voit pas les détails des corps… comme une forme suprême de l’élégance ou de la pudeur. Comme si la lumière, forte, blanche, à contre-jour, surexposée, venait faire exploser les corps, jusqu’à les rendre illusions, rêves, souvenirs. Comme l’idée d’une femme, de ses seins, ses reins… qui reste dans la tête, sur la peau. Comme un corps qui ne vous quitte pas. Et qui pendant des jours, des semaines, des mois, des années, vous obsède. Comme une empreinte qui vous reste sur les mains, sur la bouche, dans la tête… Ou le parfum de cette même femme qui refuse obstinément de s’évaporer… Ces images, du photographe canadien Brice Ferré, sont un éloge du flou. «Je ne suis personnellement pas fan de photos de nus où rien n’est laissé à l’imaginaire, dit-il. L’imaginaire est un outil incroyable, et en utilisant le flou, le modèle sur la photo est différent pour chaque spectateur. Je ne sais pas si on peu dire que c’est plus sexy, mais plus mystérieux et plus doux, assurément. J’essaie de créer de l’élégance. Mais le flou met quand même en valeur les hanches, les seins ou la courbure du dos des modèles tout en conservant une qualité artistique proche de la peinture.» Le désir n’est jamais net.C M “I’m not really a fan of nudes in which leave nothing to the imagination,” says Frenchborn, Vancouver-based photographer Brice Ferré. “The imagination is an incredible tool and by blurring the model the photo is different for each viewer. I don’t know whether you can say it’s sexier, but it’s certainly more mysterious and softer. I try to create elegance, but being blurred nevertheless highlights the hips, breasts and curves of the models’ backs, while retaining an artistic quality close to painting.”

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JeanPaulGaultier

Glamour quiz

le glamour peut être masculin. Regardez mon Quelle serait votre définition du glamour ? homme couture. La séduction, la sensualité, la personnalité. Paris est-elle la ville la plus glamour du monde? Le glamour est-il une forme sensuelle de l’élégance? Notre perception de Paris est très glamour, Pour moi, glamour et élégance, ce n’est pas la même la réalité est un peu différente. Les Parichose. Mais les deux viennent de l’intérieur, ils siens ne sont pas toujours glamour. reflètent la personnalité. Le glamour n’a-t-il pas un lien mystérieux, Quelles sont les personnalités les plus glamour? secret avec la magie, l’enchantement? Dita Von Teese, une vraie Parisienne très glamour, Je dois ma vocation au cinéma et au film même si elle n’est pas née à Paris. Farida Khelfa. de Jacques Becker Falbalas. L’histoire du Conchita Wurst. créateur en panne d’inspiration Est-ce qu’il existe des couleurs, des odeurs, que rencontre sa muse interdes étoffes, des lieux… glamour? prétée par Micheline Presle… Peut-être le passé? Mais j’aime plus regarder C’était peut-être ma première le futur. On reconnaît certaines gens par leur rencontre avec le glamour. parfum. Avant que nous les voyions… C’est Mais glamour, c’est aussi du du glamour. glam, du glam rock, David Bowie, Est-ce que, pour vous, le glamour est lié à la les New York Dolls… Ça séduction ? m’évoque aussi les années 1970 On s’habille parfois pour séduire ou parfois et une flamboyance que nous pour se cacher, on peut même changer la peravons perdue. ception que les autres ont de nous. Les vêteEn l’absence de glamour, manments sont une sorte de protection, une querait-il quelque chose, et quoi? armure, le glamour peut l’être aussi. Une étincelle, une lumière Est-ce que le glamour est lié à la sexualité? intérieure… Oui. JEAN PAUL GAULTIERest Est-ce que le glamour doit rester pudique? couturier. Non. “I owe my vocation to the Le luxe est-il forcément glamour? cinema and Jean Becker’s [1945] Non, pas toujours. Et qu’est-ce que c’est, film Falbalas. The story of a desile vrai luxe aujourd’hui? gner who’s run out of inspiration, but Star et glamour, cela va ensemble? then meets a new muse, played by Pas toujours. Micheline Presle. It was my first meeting La couture est-elle glamour? with glamour. But glamour is also glam Je n’ai pas d’abord pensé au glamour pour cette and glam rock – David Bowie, the New York collection couture automne-hiver 2014-2015 intiDolls. It brings back the 1970s and a flamtulée «Les Vampires glamoureuses», plutôt à cerboyance that we’ve lost. Glamour is seductaines couleurs et matières. Je voulais me limiter tion, sensuality and character. While glaau rouge, noir, blanc et gold. L’idée des vampires mour and elegance are not the same thing, est venue de ça, et glamour s’est rajouté tout natuthey do both come from the interior. They rellement. are a reflection of character. Men can be glaEtes-vous, vous même une icône glamour? morous, like women; just as they can be vulSûrement pas, mais en portant du Gaultier Paris, on nerable or objectified. Of course glamour can peut être glamour. be masculine – look at my menswear couLe glamour peut-il être masculin? ture!” — Jean Paul Gaultier,fashion designer L’homme peut être glamour comme une femme. Comme il peut être vulnérable et homme objet. Je suis toujours pour l’égalité de sexes. Bien sûr que Photographie Rainer Torrado

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ElieSaab

«C’est l’attitude et l’allure d’une femme qui la rendent glamour» L e glamour n’est pas un mystère, c’est une combinaison de féminité, de raffinement et d’élégance. C’est avant tout la volonté de mettre le corps de la femme en valeur. Je suis né avec cette passion de concevoir des silhouettes élégantes. J’ai toujours été entouré par de belles femmes, entre mes sœurs, mon épouse et mes amies, qui ont inspiré mon idée du glamour. C’est avant tout l’attitude et l’allure d’une femme qui rendent sa silhouette glamour. Souvent, il est préférable d’en faire moins que trop. Les femmes, quand elles hésitent sur leur look, ont tendance à en rajouter : trop de bijoux, trop d’accessoires, trop de maquillage. Mon conseil, en cas d’hésitation, est toujours de retirer un élément plutôt qu’en rajouter. Il suffit de porter une robe simple et bien coupée, et d’accessoiriser avec une belle minaudière, plutôt que de nombreux bijoux. Une robe noire est d’un chic intemporel. Le glamour est une attitude qui reflète un style. Aussi bien un jean porté avec une chemise d’homme qu’une robe fourreau longue. Pour les couleurs, tout dépend de la façon dont elles sont réparties sur une silhouette. C’est une question d’équilibre. Si on prend l’exemple d’une robe du soir, en mousseline dégradée de soie jaune citron et corail, du dernier défilé prêt-à-porter printempsété 2015, la couleur est si forte qu’elle n’a pas besoin de plus pour la rendre glamour. En revanche, le dernier passage du même défilé est une robe noire avec une silhouette plus simple: mais parce qu’elle est rebrodée et doublée d’une cape gonflée par la brise, elle devient une invitation au glamour. Une des principales qualités de la haute couture est le travail de la broderie. Chez nous, toutes les broderies et dentelles sont uniques et faites à la main. C’est un

travail extrêmement minutieux, faisant partie de la réputation de la maison. Ce savoir-faire inestimable et ce travail d’artisans contribuent à apporter la touche de glamour nécessaire à faire de chaque silhouette des créations uniques. a femme Elie Saab peut être féminine et élégante, qu’elle soit à plat ou à talon. Pour cette saison, je voulais présenter le soir d’une façon plus décontractée tout en restant glamour. J’ai donc associé certaines silhouettes “soir” à des sandales plates, comme par exemple avec une robe longue en dentelle noire agrémentée d’une veste smoking. Aujourd’hui, je pense que la cliente Elie Saab cherche une silhouette plus décontractée, tout en restant glamour. C’est la raison pour laquelle j’ai créé, dans la collection prêt-àporter printemps-été 2015, des silhouettes à la fois faciles à porter mais toujours élégantes : un pantalon évasé en dentelle dévorée ou un ensemble sportswear chic blanc avec un bomber ajouré de dentelle. Le glamour est intemporel. ELIE SAABest couturier. Célèbre pour l’élégance de ses robes du soir, robes cocktail de «princesse» en dentelle ou mousseline, parées de broderies raffinées, ornées de perles et de paillettes. “Glamour is not a mystery. It’s a combination of femininity, refinement and elegance. It’s above all the attitude of a woman that makes her look glamorous. Often, it’s better to do less than too much. Women, when they’re hesitating about their look, tend to do too much: too much jewelry, too many accessories or too much make-up. Glamour is an attitude that reflects a style. It can be a pair of jeans worn with a man’s shirt, as much as a long sheath dress” —Elie Saab, fashion designer.

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“C’est l’attitude d’une femme qui rend sa silhouette glamour. Souvent, il est préférable d’en faire moins que trop. Les femmes, quand elles hésitent sur leur look, ont tendance à en rajouter: trop d’accessoires, trop de bijoux, trop de maquillage. Mon conseil, en cas d’hésitation, est toujours de retirer un élément plutôt qu’en rajouter.”

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PierreHermé

«Le macarona quelque chose de très glamour» Q uand on me parle du glamour, cela m’évoque instantanément la sensualité, l’élégance, la splendeur et l’éclat. C’est une forme de magie et d’enchantement extraordinaire. Dans mon métier, à mon sens, ce qui compte avant tout, c’est de mettre en «appétence», une forme de glamour gourmand ! Je ne recherche pas à tout prix le glamour dans mes créations, mais il peut être une conséquence de l’apparence, des ingrédients et du packaging de la pâtisserie. Je cherche l’élégance, une certaine sensualité dans les formes évidemment, mais avant tout, c’est la recherche du goût qui m’anime. Et la magie du résultat ! Le macaron a quelque chose de très glamour : sa forme ronde et bombée, l’arrondi du dôme… Mais c’est surtout l’Ispahan qui pourrait en être la représentation absolue : avec sa couleur rose pastel, les framboises rose-rouge posées sur le biscuit macaron, les pétales de rose et la petite goutte de rosée posée dessus. C’est peut-être en partie pour cette raison, d’ailleurs, qu’il a autant de succès. Son association de saveurs aussi a fait la différence. Ispahanest une invitation au voyage, à la douceur, à l'exotisme. C'est comme une saveur d'enfance rose tendre et sucrée. Pourtant, ça a le goût de l'inconnu et de l'inédit. Il y a une promesse d'aventure. Ispahan est plein de sensualité suave comme un baiser. Dans les années 1980, après avoir dégusté des spécialités de Bulgarie, j’ai commencé à faire des essais avec le goût de la rose. La première création s’appelaitParadis : rose et framboise. J’ai revu ma recette lorsque je me suis aperçu que le letchi avait des saveurs proches de la rose. J’ai aussi retravaillé les textures avec ce scénario du goût propre à Ispahan l’ : d’abord le croquant du biscuit macaron, puis l’aci-

dité des framboises, le parfum du letchi et enfin la douceur de la crème à la rose. Nous l’avons proposé à l’ouverture de la première boutique parisienne en 1998. C’est tout de suite devenu un best-seller. Depuis, j’ai réinterprété cette association de saveurs sous différentes formes, il existe plus de 40créations Ispahan : bonbon, chocolat, macaron, sablés, baba, paris-brest, millefeuille, yaourt, cheese-cake… Il est difficile de faire un classement des aliments les plus glamour. Le chocolat ou la fraise, par exemple, ne sont pas pour moi les saveurs les plus glamour, je pense plutôt aux parfums de fleurs comme le jasmin, la rose ou la violette, des saveurs que l’on retrouve dansLes Jardins : une collection de macarons éphémères. Chaque mois, une nouvelle saveur ou association de saveurs vient remplacer la précédente. Une balade gourmande. PIERRE HERMÉest pâtissier…

“I’m not looking for glamour at any price in my pâtisserie, but it can be a consequence of its appearance, ingredients and packaging. I’m looking for elegance, a certain sensuality of shapes, obviously, but above all, I’m motivated by the search for taste. And the magic of the result! Macaroons have something glamorous about them: their circular, convex shape, the curve of the dome. MyIspahan macaroon is perhaps the perfect vision of that: with its pastel pink color, red-pink raspberries on the macaroon biscuit, rose petals and the pink ‘dew’ on the top. That’s perhaps one of the reasons that it’s been so successful” – Pierre Hermé, pâtissier.

Photographie Jean-Louis Bloch Lainé

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Pierre-anthonyAllard

«Le glamour c’est surtout la pudeur» L

devait décupler la séduction. On devait suggérer, provoquer le désir… qui jamais n’était assouvi. Le glamour est une provocation, mais toujours liée à une frustration. e suis photographe parce que je n’ai pas osé être cinéaste. Mais j’ai regardé tellement de films! Ce sont les films qui m’ont enseigné la lumière. Alors, j’ai construit toutes mes images comme sur un plateau de cinéma : toujours des projecteurs fixes, une lumière continue qui permet de voir l’image finale; plusieurs sources de lumière, pour créer un faisceau dans lequel le modèle va entrer; la création d’un relief dramatique qui oblige la vedette à se placer comme pour une scène de cinéma, avec souvent une musique de fond que j’ajoute pour renforcer l’ambiance… Le glamour vient toujours d’une lumière “modelée”, dramatique. La lumière des plus belles images glamour est très directement inspirée de la lumière des grands films noirs américains. PIERRE-ANTHONY ALLARDest photographe. Il a été pendant de longues années le photographe du studio Harcourt à Paris. On lui doit peut-être les plus belles photos de stars magnifiées de cet éclairage si particulier qui a fait la réputation d’Harcourt. “Glamour is a lifestyle brought to the screen by light. It is the antechamber of legend; it lifts up, magnifies, sublimates. It is from a time when sex was corseted and camouflaged in cinema: you could show very little, barely a kiss on the lips. You had to suggest and provoke a desire that could never be satisfied, so it becomes a provocation, forever tied to frustration” — Pierre-Antony Allard, photographer and long-time official portraitist at Studio Harcourt.

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Abraham

e glamour, c’est le nondit. Aujourd’hui, je vois bien peu de glamour. Le glamour était un mode de vie, porté à l’écran par la lumière. Car le glamour est indissociable de la lumière. Et peutêtre de la lumière d’une époque. Il y a une soixantaine d’années, à la différence d’aujourd’hui, les médias n’étaient pas toujours à l’affût de l’intime. Les personnages célèbres, ceux que tous appelaient les stars, les “divas” en Italie, étaient enveloppés de mystère. La vedette était secrète, cachée, protégée. Personne n’évoquait sa vie quotidienne, sa banalité, sa trivialité. Personne n’avait besoin d’évoquer la réalité de la vie de ces stars. Un certain silence les entourait. Le glamour, c’est la grâce, l’élégance, mais surtout la pudeur. C’est le contraire de la pipolisation, du porno chic. Le glamour, c’est l’antichambre du mythe. Le glamour élève, magnifie, sublime. Greta Garbo, un de mes mythes glamour préférés, s’est arrêtée et s’est cachée lorsque sa vie, son âge, ses rides allaient envahir l’écran… Les stars n’entraient dans la lumière que lorsqu’elles pénétraient dans un studio. Il y a aussi une idée à laquelle je tiens:le glamour appartient surtout à une époque où le sexe était corseté et camouflé au cinéma: on avait le droit de montrer très peu de choses, presque pas les corps et pas du tout les rapports sexuels, à peine les baisers sur la bouche. Donc les vedettes, les stars devaient “envoyer” d’autant plus fort. Le glamour est une retenue, une réserve: un réservoir d’autant plus intense d’émotions que le cinéma ne pouvait pas aller beaucoup plus loin. D’ailleurs, ça s’arrête souvent au buste, il n’y a pas besoin de tout le corps. Les femmes glamour hollywoodiennes envoyaient beaucoup d’énergie, elles mettaient le feu. Comme on ne voyait jamais ouvertement de sexe, le glamour

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AlbaneCleret

«Ce qui est le plus glamour, ce sont les rencontres» C

e qui est glamour, c’est une façon de regarder la vie. Et faire qu’elle devienne la plus belle possible. Créer une atmosphère, une lumière tamisée, des bougies, des fleurs… Le glamour, c’est aussi partir à l’improviste en décapo ou sur une vieille moto à la découverte de nouveaux horizons, de nouvelles personnes. Pour moi, ce qui est le plus glamour, ce sont les rencontres. Les rencontres, ça m’émeut. Véritablement. Même si elles ne débouchent sur rien. J’adore présenter des gens, les “brancher”, puis partir et les regarder de loin continuer à parler ensemble. Je trouve que c’est beau, des talents qui se découvrent. Des gens qui vont faire des choses ensemble grâce à un cadre que j’ai créé. Ce qui m’intéresse, c’est le mélange. J’ai été élevée dans une famille où il fallait parler, de tout, de politique, d’art… Mes parents recevaient beaucoup, et j’adorais compter les nombreuses voitures sur le parking. Pour moi, c’était la vie! Cette effervescence, toutes ces personnes réunies ensemble. Je pense que je continue à “remplir le parking”. Faire que tout devienne possible, toucher le rêve. J’aime plutôt ça. Favoriser les rencontres, c’est créer les étincelles chez les autres, faire naître les étoiles dans leurs yeux, donner le fluide. Ce sont des moments qui m’émeuvent comme un beau spectacle. on travail, si on peut dire, mon talent peut-être, disent certains, c’est de créer des moments qui ouvrent des possibilités. Je suis, comme a dit un ami, “une femme avec qui l’ouverture du champ du possible est illimitée”... Je crois que ma qualité principale, c’est la générosité. Je suis amoureuse de la vie. Je me nourris des moments qui se suivent et ne se ressemblent pas. Avec une pensée positive, je sais maintenant que l’on peut provoquer énormément de choses. Apporter du glamour lorsque parfois tout est gris. C’est pour cela aussi que j’aime l’univers du cinéma. Ça va du palpable à l’impalpable, comme le rêve. Avec un revers à la médaille: je ne supporte pas le quotidien. Alors, il y a des jours moins glamour que d’autres, ce qui peu avoir tendance à m’angoisser. Et à me rendre parfois un peu down. Je suis extrême et sensible. J’ai parfois peur que les lumières s’éteignent, comme un clap de fin ! Mais je travaille sur ce point! ALBANE CLERETdirige l’une des principales agences de relations publiques parisiennes, avec comme spécialité les événements mondains. On dit d’elle qu’elle est «la reine des nuits cannoises». “I now know that with positive thinking you can make so many things happen. Like bringing some glamour when all around everything is gray. That’s why I love the film world; it goes from the tangible to the intangible, like a dream” —Albane Cléret, director of PR agency Albane

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LorenzBäumer

«Un bijou glamour doit avoir quelque chose d’exceptionnel»

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out le monde veut être glamour, mais c’est un terme très difficile à définir ! Il désigne ce qui est beau et excitant, romantique et étincelant ; étonnant et surprenant. Pour qu’une femme soit glamour, elle ne peut pas se contenter d’être belle:elle doit posséder un ensemble de qualités extérieures mais aussi intérieures, dégager une présence, un sentiment de profondeur. Je pense à Sarah Bernhardt ou à Charlène de Monaco, pour qui j’ai créé la tiareEcume de Diamants: princesse, elle s’engage dans des œuvres de charité et demeure une personne très accessible. De la même façon, un bijou glamour n’est pas simplement beau : il doit avoir un caractère exceptionnel, par la provenance de ses pierres, l’originalité de son porté ou encore son histoire… Récemment, j’ai créé un collierGlacier spectaculaire, sur lequel est sertie une aigue-marine de 200carats qui provient de la célèbre mine brésilienne de Santa Maria. Une très grosse pierre qui correspond bien à cette idée que le glamour est audacieux, qu’il ose, qu’il s’assume. Personnellement, j’avoue avoir un faible pour les spinelles, mais je dois reconnaître que la pierre glamour par excellence, c’est le diamant: par son éclat et sa radiance incomparables, il est la pierre des superlatifs. Les femmes l’adorent, surtout

lorsqu’il est bleu, car c’est sa variété la plus chère… Mais les hommes aussi, je pense, peuvent être glamour. Pas par le côté paillettes, mais par leur savoir, leur culture. C’est le cas de Xavier Darcos, dont j’ai récemment créé l’épée d’académicien. Ou encore du danseur Rudolf Noureev, de Mathieu Kassovitz ou de Rudolph Valentino: j’admire les caractères passionnés. Chez les hommes aussi, le glamour s’inscrit dans une combinaison de qualités parfaitement unique. LORENZ BÄUMERest créateur de joaillerie. “Everyone wants to be glamorous but it’s a very difficult word to define! For a woman to be glamorous she can’t just be beautiful, she must also have a collection of exterior and interior qualities, presence and a feeling of depth. In the same way a glamorous piece of jewelry can’t just be pretty: it has to have exceptional character, through the provenance of its stones, the originality of how it’s worn or its history. For men, too, glamour is about a combination of utterly unique qualities. Their knowledge and their culture. That’s the case with Rudolf Nureyev or Matthieu Kassovitz. I admire their passionate characters”— Lorenz Baümer,jewelry designer

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LydiaCourteille

«L’ audace, c’est ça le vrai glamour» L

e glamour, c’est l’exacerbation de la féminité, ce qui met en valeur la femme et les codes qui lui sont propres. Pour moi, celles qui incarnent le mieux ces notions-là sont les stars hollywoodiennes. Et je pourrais aussi citer certaines de mes clientes, car j’ai la chance de compter parmi elles des femmes très glamour : Natalia Vodianova, Catherine Deneuve, Arielle Dombasle… En tant que créatrice, je pense qu’un bijou glamour est celui qui vous met en valeur, qui fait de vous une œuvre d’art, mais qui reste néanmoins un bel objet lorsque vous le posez sur une table. Comme je suis passionnée par les symboles, je dirais que le glamour d’un bijou réside aussi dans les thèmes qu’il explore. Ainsi, j’ai imaginé des bouches qui mangent des fraises, exploré le mariage entre les femmes et les fleurs… J’adore aussi le serpent qui offre des possibilités esthétiques infinies et qui, en s’enroulant autour du bras ou du cou, est toujours très sensuel. Le tout, c’est d’apporter à ces motifs éternels un éclairage différent: les fleurs soulignent la féminité, certes, mais lorsque je les travaille en bijou, j’aime “casser” leur image trop lisse en les parant d’insectes. Parce que la dissymétrie, le politiquement incorrect, c’est ça le vrai glamour ! Le bijou a cela de merveilleux qu’il peut aider chacune de nous à révéler une facette cachée de

notre personnalité : une femme au style classique et discret qui porte un bijou imposant ou extravagant envoie un double message à ceux qui la regardent. Cultiver l’art de bousculer les codes, prendre le risque de déplaire, c’est très glamour. Le tout, c’est d’oser! Et le bijou, justement, permet cette audace. LYDIA COURTEILLE est créatrice de joaillerie. “Glamour is an intensification of femininity, such as Hollywood stars or some of my clients, as I’m lucky enough to have some who are extremely glamorous women: Natalia Vodianova, Catherine Deneuve and Arielle Dombasle. As a designer, I think glamorous jewelry brings out the best in you and makes you a work of art, but remains a beautiful object when you put it on a table. It’s all about being daring, and jewelry allows you to do that” —

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CamilleSeydoux

e glamour utilise les codes de la féminité, la bouche rouge, la silhouette dessinée, un air mutin dans les yeux… Le glamour, c’est lié au cinéma. Je pense à une héroïne de Hitchcock, à Marilyn Monroe, Brigitte Bardot, une actrice italienne. Une femme glamour n’est jamais vulgaire. Etre glamour, c’est être chic, sexy, élégante, inatteignable. Une femme glamour se tient bien. Elle fait rêver et fait monter le désir. Avec toujours une toute petite dose de sexy. Le glamour installe une distance avec les autres, ça doit rendre fou les hommes! Le glamour évoque quelque chose plus proche de la sensualité que de la sexualité. Le glamour est respectable, pudique, on montre peu de peau, et donc on nourrit plus le fantasme. Le glamour doit rester sacré et un peu rare. Le glamour a toujours existé. Cléopâtre et Marie-Antoinette étaient déjà glamour. Marilyn Monroe est l’icône absolue du glamour. Et aussi Scarlett Johansson, Penélope Cruz, Liz Tailor dansUnechatte sur un toit brûlant, Kim Basinger dansL.A. Confidential, Jessica Rabbit, même si c’est un dessin… Avec Léa Seydoux, ma sœur, nous avons construit ensemble son image glamour. On aime ça et ça lui va bien. Elle a des formes, des hanches, de la poitrine, une taille fine, de beaux cheveux, une belle bouche. Le style glamour, c’est même ce qui lui va le mieux. J’ai construit quelque chose aussi avec Adèle Exarchopoulos, Céline Sallette, une actrice que j’adore, Sara Forestier… Je travaille aussi avec des comédiennes pour des événements, comme Bérénice Bejo lorsqu’elle a été maîtresse de cérémonie. A Cannes, pour leSaint Laurent de Bertrand Bonello, Léa portait une robe verte au décolleté ultra-plongeant, inspirée d’un défilé Saint Laurent des années 1990. La robe a été réalisée pour l’occasion avec Prada; ils sont très forts pour les broderies. J’ai choisi un satin pas trop brillant. Léa est ultra-

glamour sur le tapis rouge, mais, dans la vie de tous les jours, elle a un style très garçon manqué. Elle peut être méconnaissable. C’est un effort pour elle d’être glamour, mais elle aime jouer le jeu. De toute façon, c’est un effort pour tout le monde, on ne se réveille pas glamour le matin. Le glamour, ça se travaille, ce n’est pas inné. ior ou Chanel sont des marques glamour. Et aussi Elie Saab et Zuhair Murad, qui veulent faire du glamour plus que de la mode. Le ChanelNo 5 est un parfum glamour. Ellen von Unwerth est une photographe glamour, elle a fait une série magnifique avec Léa, Mario Testino, Richard Avedon… Il y a des tas de choses glamour: Ella Fitzgerald, un beau rouge à lèvres, une coiffeuse, une statue, de la lingerie. Une belle voiture, se balader dans une décapotable les cheveux au vent. Il y a aussi des paysages glamour: les quais de Paris le soir. Rome, l’Italie est un pays très glamour… Des conseils pour être glamour? Un beau rouge à lèvres, des yeux de biche, de beaux talons, travailler une démarche élégante et légère. Une fausse fourrure sur une robe légère de satin ou de soie... CAMILLE SEYDOUXest styliste. Elle habille et conseille de nombreuses actrices, et principalement sa petite sœur Léa. “Glamour creates a distance with other people. It makes people dream and ignites desire. It has to drive men mad! Glamour calls to mind something closer to sensuality than sexuality. You can be sexy with next to nothing; it is animal-like. Sexy has nothing to do with glamour, which is respectable, modest. You don’t show much skin, and so you feed a fantasy. Glamour has to remain sacred and a little bit rare” — Camille Seydoux, stylist, notably for her sister, actress Léa Seydoux.

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«Le glamour ça se travaille»


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JacquesGarcia

e suis le type qui a inventé le glamour en décoration! Comment ? Cela tient à des choses simples. Et d’abord à la couleur. Je suis sorti du beige, du gris, du noir. J’ai mis à l’honneur les couleurs. Et pas seulement le rouge auquel on m’associe souvent. Le rouge, d’ailleurs, n’a rien de glamour. Trop violent. Le rouge, c’est le sang, c’est la vie. Ce n’est pas un hasard si le rouge est la couleur des théâtres, il renforce les émotions. Il est aussi la couleur de la puissance, d’où les velours rouges dans les palais. Pour moi, les couleurs glamour, c’est un violine très pâle, le vert absinthe, le gris rosé, des couleurs qui évoquent la fragilité. Il y a quelque chose de fragile dans le glamour. La décoration et la mode vont souvent de pair. Si Chanel n’avait pas ôté le corset des femmes, je n’aurais pas pu inventer les assises basses. J’ai baissé les sièges de 4 centimètres, ce qui donne une attitude moins raide, plus décontractée et donc plus séduisante. De nos jours, on peut dîner sur une table, ce qui aurait été impossible hier du fait des gaines. Un autre élément du glamour, c’est bien sûr la lumière. Nous voulons tous séduire. Mais comment séduire sous un néon? Une lumière glamour, c’est une lumière tamisée, indirecte, chaleureuse. Une sorte de variation contemporaine de la bougie, plus près de nous, de l’abat-jour. Une lumière qui instaure entre soi et l’autre une manière de filtre. Le glamour, c’est l’inaccessible, le mystère. Le glamour, c’est une robe Dior des années1950, en taffetas, très serrée à la taille et qui s’évase ensuite autour du corps. Les amples plis laissent la place au rêve, pour imaginer ce qui se trouve dessous. Mais on peut être kitsch et glamour, regardez Loulou de la Falaise ! Quel chic, quelle élégance! n vérité, le glamour, c’est une manière d’être. Qui n’a rien à voir avec la beauté. Coco Chanel était très laide, et pourtant, plus glamour, on meurt! Ni avec le luxe. Il y a des intérieurs pleins d’objets d’art, richement décorés, qui n’ont aucun charme. C’est souvent qu’il y manque une femme! Ce sont les hommes qui souvent achètent les objets, mais ce sont les femmes qui donnent de l’esprit à une

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maison. Hélène de Rothschild, à qui l’on demandait un jour le secret du charme de son intérieur, avait répondu par cette phrase sublime: «L’odeur des fleurs et l’odeur de la cire.» Voilà qui est glamour! Une autre esthète célèbre avait placé des roses au centre de la table. Tout le monde fait cela. La différence, c’est que celles-ci étaient comme perlées de givre. Elles semblaient sortir de la forêt. Une astuce de réfrigération, mais quel charme! Est-ce à dire que seules les femmes sont glamour? Non, il suffit de penser aux dandys, leur élégance poussée à l’extrême. Mick Jagger, par exemple. Le jour où je l’ai rencontré, il n’avait rien d’un rocker, c’était un véritable dandy, un lord anglais. J’ai eu mon époque dandy, moi aussi. Et puis les kilos sont venus!» JACQUES GARCIAest décorateur et propriétaire du Château du Champ de Bataille. www.studiojacquesgarcia.com et www.chateauduchampdebataille.com. “I’m the guy who invented glamorous interior decoration! How? Simple things. First, there was color. I left beige, gray and black behind and gave pride of place to colors. And not just red, which I’ve often been associated with. Red, by the way, is absolutely not glamorous. Too violent. Red is blood, it’s life” — Jacques Garcia,interior designer

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«Je suis le type qui a inventé le glamour en décoration» J


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IndiaMahdavi

e crois que l’on peut qualifier ce que je fais de “chic et glamour”. J’ai conçu deux lampes, Don Giovanni et Casanova, qui sont des luminaires très habillés faits pour séduire, comme un séducteur s’habille pour mieux se déshabiller. L’éclairage joue un rôle très important pour rendre les gens plus beaux, plus séduisants. J’aime les éclairages tamisés qui nous transforment en une impression de nous-mêmes. J’aime créer des meubles que l’on a envie de toucher, de caresser. Avec des matériaux chauds, sensuels comme le velours. J’aime plus encore jouer du chaud et du froid comme ces icônes glamour hollywoodiennes à la fois érotiques et distantes. Erotiques parce que distantes. Je tente le chaud et le froid dans le mélange de matériaux. Le froid de la céramique, la chaleur du bois bien que la céramique puisse ellemême être chaude et froide, car c’est une matière très vivante. D’ailleurs, il n’existe pas de matériau en soi. Il n’est que des manières de s’en servir. Le cuir peut être très froid et en même temps sensuel comme une seconde peau. our le restaurant londonienThe Gallery at Sktech, j’ai réalisé un décor entièrement rose, murs, plafond, cuir et velours rose pour les assises, simplement relevés de cuivre pour les parties métalliques. Le rose est une couleur de l’enfance, il est associé aux petites filles. C’est en l’utilisant d’une manière forte qu’on peut pourtant en faire une couleur forte. Cette brasserie entièrement rose est assez culottée, je le reconnais. Mais elle est aussi très glamour. Quand on va dîner dans ce restaurant, on est beaux comme si on avait passé trois jours au soleil! On est superbes aussi parce qu’y venir dîner demande que l’on s’apprête, qu’on s’habille. Le glamour est de moins en moins présent dans nos manières de vivre, et en même temps on le désire. C’est comme si, dans cette période de crise, on avait envie de lâcher prise, de retrouver l’insouciance de périodes plus légères. Je m’en suis rendu compte récemment en allant à la réouverture de Chez Castel. Castel,c’était vraiment le glamour, l’insouciance des années1970, dont on a aujourd’hui la nostalgie. Je pense qu’il y a un glamour à la fran-

Photographie Paolo Roversi

«Je pense qu’il y a un glamour à la française» J

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çaise, comme il y a une élégance à la française. Pour moi, c’est une certaine manière de séduire sans y mettre d’effort. Je pense à Charlotte Gainsbourg qui incarne aussi peut-être une forme de glamour moderne. Débarrassée du côté bourgeois du terme.» INDIA MAHDAVI est architecte d’intérieur. Elle crée des pièces de mobilier, des objets et même des bijoux. Avec une esthétique où se mêlent élégance et sensualité. “Glamour is less and less present in our lifestyles, yet at the same time we still want it. It’s as if in this time of crisis we’ve wanted to let go and rediscover the insouciance of less-serious times. I do think glamour à la françaiseexists, just like French elegance does. It’s a certain way of effortless seduction. I think that Charlotte Gainsbourg embodies a form of modern glamour, free of the bourgeois side of the term” — India Mahdavi, interior designer.

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GiuseppeZanotti

Philippe Servent

«Le glamour vous entraîne dans un monde de beauté» L

e glamour, au début, c’était une émotion dans l’imagination des gens. Aujourd’hui, il existe une dimension supplémentaire dans le glamour : l’attitude. Le glamour, c’est fascinant, et ça vous entraîne dans un monde de beauté. Si vous voulez être glamour, vous devez d’abord le sentir en vous.C’est une question de personnalité, de féminité insouciante. Etre glam, être rock, être punk… sont autant d’attitudes que la femme peut avoir et autant de manières d’être. Il y a dans chaque femme une inclination naturelle à se déguiser.La pose sculpturale, presque statuesque, d’une femme extrêmement élégante dans un théâtre n’a rien à voir avec l’image qu’on a de la même femme en train de faire son jogging dans un parc… Cela dépend finalement de ce que cette femme a voulu être à ces deux moments précis. Il faut ressentir le glamour dans son fort intérieur pour devenir exactement la femme que l’on imagine. Audrey Hepburn est certainement la femme la plus glamour. Je pense aussi que Joséphine Baker, Cléopatre, Liz Taylor, Greta Garbo, Sharon Stone et Charlize Theron sont très glamour. Adriana Lima et Karolina Kurkova, quand elles prennent certaines poses, le sont ellesaussi. Toutes ces femmes rayonnent par leur séduction, leur charme indescriptible. Glamour est un mot qui représente à lui-seul un univers de beauté. Essayer de capturer cet incroyable mirage de beauté et le traduire dans mes créations pour qu’elles rendent les femmes encore plus séduisantes: ça a toujours été un but pour moi. Définir le glamour comme étant un équivalent du mot «mystère» est tout à fait juste.

C’est exactement ce que je fais quand je crée mes chaussures. Je prête toujours une grande attention à toutes les étapes de fabrication: m’assurer que chaque modèle comporte des détails sensuels et une âme glamour, du dessin jusqu’au produit final. Ce n’est pas seulement une histoire de couleurs, de matières. C’est surtout une histoire d’interprétation, de faire passer l’émotion même à travers le processus de fabrication, pour que ce sentiment se ressente. Les artisans, les tailleurs, les techniciens font partie intégrante de tout ce processus de fabrication. Ils sont dans la secte des gens “contaminés” par la beauté. Le glamour n’est pas qu’une affaire de femmes. David Bowie a été une icône du rock’n’roll, il a inspiré des centaines d’artistes. Et avant lui, il y avait Jimi Hendrix, au charme indescriptible. Même les jazzmen des années 1920, 1930, 1940. Ils étaient tellement talentueux qu’ils en devenaient glamour. Aujourd’hui, on a encore des exemples, comme les sportifs, David Beckham par exemple. Même dans la sphère musicale, dans le milieu du hip-hop surtout, des artistes comme Kanye West dont l’univers musical est un mélange de mode, d’art, de design… GIUSEPPE ZANOTTI, est créateur de chaussures.

“Glamour has a power similar to a spell that bewitches you. It’s a seven-letter word that symbolizes a universe of beauty. It has always been an important factor for me, a goal sometimes, which has helped me find solutions in my work. Defining glamour as a synonym of the word ‘mystery’ is absolutely right. Everyone has their own interpretation of the word. It’s exactly what I try to do when I design my shoes” — Giuseppe Zanotti, designer

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DjemilaKhelfa

ans les landes de la vieille Ecosse, un “glamer” était un sortilège, un envoûtement qui n’est pas sans rappeler le chant magique du Carmen latin. Un amoureux allait trouver la sage doyenne du village et la rétribuait pour envelopper sa promise d’un charme d’invisibilité qui empêchait les autres jeunes gens de la convoiter. Puis, est née une seconde légende outreAtlantique cette fois: les écrans de Hollywood scelleront pour l’éternité le «pou poupidou» de Marilyn ou le sex-appeal de Lauren Bacall, l’une des femmes les plus glamour du cinéma américain, distillant avec une précision chirurgicale ce subtil mélange de décence et d’audace, de sensualité suggestive et de maniérisme vertigineux, de séduction apprêtée et sage se disputant un prestige érotique insolent. Dans le panthéon de ces tentatrices, citons encore

Lana Turner, épouse torride et manucurée, maîtresse d’un mécano-pompiste dansLe facteur sonne toujours deux fois(1946, Tay Garnett). Toutes ces créatures avaient le charme et l’arrogance de celles qui savent que leur état de grâce ne durera que le temps de leur jeunesse. Puis, Marlon Brando s’est féminisé en créant le glam rock’n’roll, ruisselant de sueur sous un teeshirt déchiré avec les dents! Le glamour sexy est né avec sa faune indomptée: et Dieu créa la bombe Bardot. Avec ses obus, elle a pulvérisé la morale sous nos yeux pétrifiés devant l’aplomb de cette Lolita garçonne qui enfourchait les hommes et les Harley, en cuissardes effrontées et mini-jupe ras l’outrage. BB allait libérer la femme plus que ne le fera une décennie de MLF. Hollywood Boulevard a fait des émules sur la scène rock : Vince Taylor, forçat du rock, débarque sur la scène de l’Olympia en1961, gainé de cuir noir, le cou lesté d’une lourde chaîne. Le glamour exulte au son de Brand New Cadillac, bien plus érotisé cette fois. Les New York Dolls et T-Rex androgynisent les salles de concert de leur glitter rock, David Bowie immortalise l’hermaphrodite Ziggy, Brian Ferry ressuscite Oscar Wilde, le dandysme rock triomphe, Mick Jagger se déhanche surHot Stuff, joue les allumeuses et méduse jusqu’à Diana Vreeland de ses lèvres “djemiliennes”, Iggy Pop invente «l’idiot» bestial, Lou Reed enflamme la gent gay en tee-shirt et jean noir moulants sur la pochette de l’album au titre prophétique Transformer… le glam s’essouffle avant d’expirer, Sid Vicious etMy Way l’exécuteront définitivement d’une overdose punkglamort! Pour mon propre glamour, j’ai de longue date franchi le mur du sexe tout comme le Rafale passe le mur du son. Hommes, femmes, jeunes et vieillards, l’hécatombe sur mon passage entre des maîtres aussi éclectiques qu’Helmut Newton, Serge Kruger, Thierry Mugler et James Brown, j’ai su faire la synthèse. Saint Thèse, priez pour nous! DJEMILA KHELFA est directrice artistique, styliste et auteur du blog www.djemila-k.com . “In the wilds of old Scotland a ‘glamer’ was a spell, a charm reminiscent of Carmen’s magic song. A lover would go the village sorceress and pay her to envelop his betrothed in an invisibility spell that would stop any other young men coveting her” —Djemila Khelfa, fashion journalist

Marc-Antoine Coulon

Les légendes du glamour D


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MarcZaffuto EmmanuelD’Orazio

otre amie Allanah Starr, meneuse de revue à Club Sandwich, nous dit toujours que le glamour, c’est avant tout une certaine confiance en soi. Quelque chose hors du temps. Catherine Deneuve dansTheHunger. Glamour rime avec Paris, Hollywood, luxe et volupté! Il y a des codes du glamour: un charme ensorcelant, une attitude sensuelle et un look où la décence le dispute à l’audace ! Bas couture, escarpins vernis, coupe d’un champagne bien frappé… mais aussi l’attitude: la discrétion mélangée au chic impertinent. La nuit, tout apparaît plus glamour! Les lumières scintillent, les silhouettes se dessinent, les maquillages sont intenses, les flashs crépitent… La nuit laisse place au glamour pour s’exprimer comme dans un film ou une comédie musicale. Vous pouvez être qui vous voulez la nuit: une star incognito ou un inconnu superstar! Le glamour peut avoir une odeur, un parfum enivrant.Fracas de Robert Piguet. Une odeur captivante, envoûtante comme Opium d’Yves Saint Laurent. Le glamour peut être transgressif et se manifester comme une provocation, comme Isabelle Adjani dans le filmSubway en punk époustouflante. Il y a beaucoup de glamour dans nos soirées. Sur le dancefloor, du top model Karlie Kloss à Olivier Rousteing, en passant par Alexander Wang. Nos parures sont glamour: selon l’humeur, Biker Balmain, Mugler nineties, fetish, high drag, rock smoking… des accessoires fétiches dont nos Mask Erik Halley, mes boots Saint Laurent ou les cuissardes Rick Owens. Smoking Yves Saint Laurent et souliers vernis. lamour peut aussi rimer avec humour! Comment rendre une fin de nuit glamour? Finir au petit matin, en très bonne compagnie, dans la suite d’un palace parisien… et commander un club-sandwich. MARC ZAFFUTO ET EMMANUEL D’ORAZIOsont les organisateurs des soirées Club Sandwich. Ils célébreront en juillet 2015, le dixième anniversaire de leurs soirées. Découvrez les soirées Club Sandwich Bang Gang au YoYo les 29 novembre et 20décembre.

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“At night everything appears more glamorous and you can be who you want: an incognito star or an unknown superstar! At our club nights, glamour rubs shoulders with transgression and provocation. A night ends glamorously at first light, in great company in a luxury Parisian hotel, and ordering a club sandwich” — Marc Zaffuto and Emmanuel d’Orazio, organizers of Club Sandwich for nearly 10 years

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Studio Exterface.com

«La nuit, tout apparaît plus glamour» N


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MarcoDos Santos

«Le glamour, c’est un esprit, une façon d’être» O n est glamour, on ne le devient pas. Le glamour, c’est un ensemble de choses, pas seulement une apparence, une robe ou un costume; ça, c’est pour les frimeurs. Le glamour, c’est plus qu’une attitude, c’est un esprit, c’est une façon d’être, peut-être même une raison d’être. Dans la nuit, il y a un côté faussement glamour, surtout si vous repartez du lieu aussi propre qu’en rentrant. La nuit, le glamour a le droit d’être un peu déviant, un peu sale, un peu punk, arriver clinquant et repartir un peu moisi, le veston sale et la chaussure molle… mais la soirée a été bonne. Dans mon réseau, une grosse poignée de clubbeuses s’apprêtent pas mal, une façon d’être encore plus à l’aise dans l’obscurité. Vous savez très vite si cette “attitude vestimentaire” les moule bien ou pas, si cela est légitime, finalement. Le glamour de maman n’est plus; aujourd’hui, il se traduit par du clinquant (mauvaise passe) ou du chic (bonne passe). Quelques détails simples dans l’accoutrement peuvent apporter le petit bonus glamour. En revanche, mettre en place une belle fête avec comme dress code le glamour à outrance, je dis oui. Le glamour a à voir avec la sensualité, voire avec le sexe, avec une pancarte devant “Watch it but do not touch”. Les jeunes actrices ne sont pas assez mûres pour être glamour, car j’aime encore l’idée que le glamour appartient aux femmes qui approchent la quarantaine, la période où elles acquièrent une certaine puissance intérieure. Quand j’étais jeune, j’aimais beaucoup Maruschka Detmers, elle avait ce côté glamour dans la façon de se maquiller, toujours avec un bijou brillant à l’oreille ou autour du cou. Son visage mélangeait la tristesse et la sensualité pure, comme si on avait envie de la protéger, mais que, par pur orgueil, elle refuserait. Les soirées les plus glamour que j’ai faites étaient les TGV de Sylvie Chateigner ou les soirées Mona de Nick V à la Java (concept de soirée autour de la culture du Voguin’, avec danseurs et performeurs). Dans les deux, le principe étant d’être le plus beau possible, le plus “vivant”, le plus extravagant aussi; être glamour le temps d’une soirée et se sentir puissant. Là, c’est intéressant, surtout si tout le monde joue le jeu.

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ans ma playlist “glamour”, je mettrais: Annette Peacock, Survival, 15 minutes langoureuses, lentes, au timbre vocal assassin; Rita Lee, Lança Perfume, pour son côté léger exprimant une certaine joie de vivre à la bourgeoise; Lana Del Rey, Young and Beautiful,qui est un peu trop jeune pour être glamour, mais sa musique l’est, je pense, parfaite bande-son pour les dîners dédiés; Donna Summer, I Feel Love, le sexe puissance10, tout en retenue, la boule à facettes qui devient l’accessoire glamour, le rouge à lèvres de Donna qui scintille, la transe version chicos; Valerie Dore, Get Closer, le glamour italo des années1980, l’envoûtement asexué, cette fois-ci, le glamour du drogué. MARCO DOS SANTOSest «un couteau suisse» parisien: photographe, réalisateur, directeur artistique, DJ, avec pour dénominateur commun la musique. “Young actresses aren’t mature enough to be glamorous. I still love the idea that glamour belongs to women nearing 40, who have a certain inner power. On my ‘glamour’ playlist I’d put Annette Peacock’s Survival; Donna Summer’sI Feel Love, sex to the power of 10, but still restrained; and Valerie Dore’sGet Closer, 1980s Italo glamour” —Marcos Dos Santos,DJ

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Jean-MichelOthoniel

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e glamour ne fait pas partie de mon vocabulaire. Mais cela ne veut pas dire que mon travail n’a rien à voir avec le caractère optimiste, merveilleux de réenchantement. Contrairement au glamour, il s’agit de savoir comment le réel peut être merveilleux, et c’est à cela que je m’attache, à rendre la réalité merveilleuse, et non pas à créer un monde artificiel. Si on prend une de mes dernières réalisations, le bosquet du théâtre d’eau, une commande du château de Versailles, on est en face d’une vraie fontaine, avec de vrais matériaux, de vraies émotions. Je ne propose pas un monde dans lequel on s’échappe de la réalité. Je souhaite au contraire que la réalité nous enchante. Et c’est là où mon travail diffère de celui de Murakami, qui travaille aussi sur l’idée de l’enchantement, mais à travers les mangas, à travers une imagerie de la fantaisie. Jeff Koons lui aussi propose des mondes artificiels avec leur force. Des œuvres que j’aime par ailleurs. Moi, j’essaie plutôt de montrer comment la réalité peut encore nous émerveiller. Retrouver ce sentiment d’enfance qui est en nous. Il n’y a pas de second degré dans mon travail, pas de cynisme. Avec le glamour, on n’est pas dans le réel, et je ne me sens pas du tout proche de ce monde-là. Il y a effectivement du cynisme dans le glamour, avec cette volonté de créer une image de soi supérieure à celles des autres, et ce n’est pas ce qui m’intéresse. C’est difficile aujourd’hui de se laisser émouvoir, à cause de la dureté du monde, du rythme, du cynisme ambiant. Je me sens aussi difficile à émouvoir et je me bats pour garder la porte ouverte aussi bien dans mon travail que dans ma vie. Gilbert et George à cet égard sont de très grands artistes qui ont toujours été dans la vraie vie avec des engagements politiques, sociaux, esthétiques forts. Ce n’est pas pour rien qu’ils ont souvent été repris dans l’iconographie populaire. Ce sont des artistes qui ont été copiés des millions de fois, tee-shirts, couvertures de

disques. Leurs œuvres touchent tout le monde, c’est ce que je trouve formidable. La plus belle anecdote que j’ai par rapport à mon travail vient d’un petit garçon qui visitait une de mes expositions à la Fondation Cartier où il y avait un énorme lit avec des perles de verre et un baldaquin, et qui disait à sa mère: “Tu vois, je te l’avais bien dit, ça existe, des lits de princesse.” Par cette remarque, mes œuvres étaient plus dans la réalité qu’elles n’étaient dans le fantasme. Du coup, il pouvait croire au Père Noël. C’est formidable de se dire qu’avec mon travail je pénètre dans l’émotion du réel. Ce petit garçon sentait que la réalité pouvait être enchantée et que le réel dans lequel il vivait pouvait être enchanteur et enchanté. C’est un vrai message politique, aujourd’hui. La beauté, le merveilleux doivent être ramenés dans le réel. e glamour participe trop du fantasme des images et c’est dans ce sens-là que je dis que Paris est sexy et pas glamour. Dans “sexy”, il y a “sexe” et donc il y a “réalité”. C’est différent d’être dans une ville ou d’être dans l’image de la ville. La force de Paris, c’est comme Rome, on est touché par la beauté des lieux, par la lumière sur la Seine. On n’est pas dans le fantasme d’une ville comme Los Angeles, une ville très glamour, inaccessible comme tous les fantasmes. JEAN-MICHEL OTHONIEL est un artiste sculpteur qui a fait du verre son matériau de prédilection. “There’s a cynicism in glamour, with its desire to create a self-image superior to others – and I’m not interested. Today it’s difficult to let oneself be moved, due to the hardness of the world, its rhythm and the prevailing cynicism. Glamour is too implicated in the fantasy of images; it puts reality in parentheses. That’s why I say Paris is sexy: there’s sex in it and so reality” — Jean-Michel Othoniel, artist

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©Othoniel Studio «Noeud rose miroir», «Collier doré», 2014 ©Othoniel/ADAGP, Paris, 2014.Courtesy Galerie Perrotin

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Chemise et pochette en soie, Paul Smith. Veste, pantalon et grande étole en fourrure, Dries Van Noten. Escarpins et bague en métal doré, Marni. Soutien-gorge en dentelle, Givenchy par Riccardo Tisci. Collier, Dary’s.

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La magie de la

scène Photographies

Signe Vilstrup

Direction artistique Anne Delalandre Stylisme June Nakamoto


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A gauche, robe en soie brodée, Emilio Pucci. Escarpins or, Christian Louboutin pour Alexander Vauthier. Collier de scène.


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Costume en cady de soie avec épaulettes et boutons militaires dorés métalliques, Versace. Soutien-gorge en dentelle, Givenchy par Riccardo Tisci. Escarpins, Christian Louboutin. Collier «Miss Hepburn», en or blanc serti de diamants, Messika.


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Robe noire asymétrique en métal et jupe beige, Mary Katrantzou. Bottines, Azzedine Alaïa. Bague en métal doré, Marni. PA LACE COST ES NOVEMBRE / DECEMBRE 2014

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Mini-robe en cady stretch et tulle, drapé de franges en cordon de soie, Stella McCartney. Boucles d’oreilles, «Fontaine» en or blanc serti de diamants taille brillant et fancy, Chanel Joaillerie.

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Robe en mousseline et corset lacé, Dolce&Gabbana. Escarpins, Christian Louboutin. Bague «Zebra» en or rose et nanocéramique sertie d’émeraudes, de Grisogono. Page de droite: Robe en mousseline, Dolce&Gabbana. Collier Haute Joaillerie en or blanc serti de diamants blancs et d’émeraudes de Grisogono

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Body en maille de laine, gants en maille de laine et dentelle, et bottines en cuir et python, Azzedine Alaïa. Manteau en fourrure de chèvre rose, Gucci. Bas, Falke. Boucles d’oreilles «Soleil» en or blanc serti de diamants, broche «Soleil» en or blanc serti de diamants, bague «Cosmos» en or blanc serti de diamants, Chanel Joaillerie.


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Robe longue en georgette de soie brodée de sequins en dégradé, ceinture en cuir, Elie Saab. Collier en métal, Marni. Chapeau et collier de scène.


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Robe longue en georgette de soie brodée de sequins, ceinture en cuir, Elie Saab. Escarpins en daim et collier en métal, Marni. Chapeau et collier de scène.

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Costume en laine, pull col roulé sans manches, étole en renard et capeline en feutre avec chaîne dorée, Lanvin. Gants transparents, Givenchy par Riccardo Tisci. Bague «Cosmos» en or blanc serti de diamants, Chanel Joaillerie.


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Robe brodée et veste en plume, Ralph Lauren. Collier «Victoria» en or blanc serti d’un diamant jonquille taille coussin, bague en or blanc sertie d’un diamant cognac, Messika.


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Robe en soie brodée, Roberto Cavalli.

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Robe en cuir stretch et broderies cuir «ferronnerie XVIIIe», Jitrois. Bague «Cosmos» en or blanc serti de diamants. Chanel Joaillerie.

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Photographe : Signe Vilstrup @ Artsphère Directrice artistique : Anne Delalandre Styliste : June Nakamoto @ Shotview Mannequin :Patricia Schmid @ women Danseuses du Moulin Rouge :Danah Matthews, Justyna Zienteket Katie Hayward. Coiffeuse : Deki Kazue @ Calliste Maquilleuse :Deedee Dorzee @ Calliste Retouches digitales : Werkstette.dk Assistants photographes : Nadia Back Khramer et Lancelot Pomepui Assistante stylisme : Sarina Hayashi Assistante : Lucie Tigoulet

Merci au Moulin Rouge qui fĂŞte son 125e anniversaire pour son formidable accueil.


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Carnets de

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Hauts talons noir et or

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n haut à gauche, les sandales à lacets rose mirroir Lacey, Sophia Webster ; à droite sandales Lunette Arcs of Orbit, Nicholas Kirkwood ; En bas, de gauche à droite, les sandales Cage métalliques Evening avec strass, Casadei ; les sandales en cuir et bandes de renard,MSGM ; les sandales Lacy ajourée à talon or en cuir de veau,Pierre Hardy.

Top, left, Lacey sandals, Sophia Webster ; right, Arcs of Orbitsandals, Nicholas Kirkwood ; Bottom, from left to right, Evening sandals, Casadei ; sandals in fur,MSGM ; Lacy sandals, Pierre Hardy. PA LACE COST ES NOVEMBRE / DÉCEMBRE 2014

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Carnets de

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D

e gauche à droite, de haut en bas, les cuissardes en cuir suédé à franges,Just Cavalli ; les cuissardes à imprimés,Versace ; les bottines en python avec insert en métal sur le talon,Roberto Cavalli ; les bottines brodéesBragina, Manolo Blahnik ; les boots python doré,Free Lance. from left to right, top to bottom, fringed thigh boots, Just Cavalli ; thigh boots, Versace ; boots, Roberto Cavalli ;Bragina boots, Manolo Blahnik ; boots, Free Lance.

Bottes et bottines bijoux

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Le collier chaîne aux énormes maillons reste un must have de la saison avec un imposant pendentif talisman, plus style seventies.

Alors que les robes s’allongent, les décolletés sont de plus en plus plongeants.

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Le foulardcravate, à porter négligemment juste enroulé autour du cou.

Le retour des seventies C

ouleurs vives et chatoyantes, longues robes, imprimés optiques… les seventies font leur come-back. La collection printemps Dsquared2 surfe sur la tendance dans un esprit toujours très glamour. Bright colors, long dresses, op-art prints. The 1970s are back at Dsquared2.


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Carnets de

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L’esprit vintage d’un top noir transparent brodé de fleurs noir et or.

La taille haute est une des tendances fortes de la saison.

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Sur un bloomer légèrement évasé ou une microcombinaison, la taille est haute et soulignée.

Une série de quatre minaudières dessinées sur la base des lettres M-A-R-Y.


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Imprimé alphabet La pureté et l’élégance de la coupe dessinent une silhouette pure et audacieuse. La ligne dessine les épaules et les volants donnent une touche de vitalité.

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ary Katrantzou aime la typographie. Ce printemps, elle offre une collection intitulée Alphabet où les lettres ne sont que des signes collés, juxtaposés, parfois en volume, sur des pièces où la pureté des lignes et le raffinement éblouissent. Typography-lover Mary Katrantzou’s Spring collection Alphabet is magnificently refined.


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Sport pop La fourrure est cousue sur une très large résille, tendance chic et sporty de la saison prochaine .

Comme un tableau pop, des empiècements de vison colorés avec des graffitis.

La cape reste d’actualité.


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Allure sport-chic avec ce microblouson coloré d’écussons style pilote de Formule1.

L’asymétrie, tendance forte des prochaines saisons, est soulignée par une large bande géométrique couleur moutarde.

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port-chic attitude, à tenir ce printemps. Karl Lagerfeld et Silvia Venturini proposent une collection surprenante pour Fendi, riche de combinaisons inattendues mais ultrasophistiquées. Lignes géométriques, camouflages, larges pois, rayures, mots graffitis, fleurs sont mixés dans un esprit pop urbain. Sport-chic at Fendi this spring with a surprising collection from Karl Lagerfeld and Silvia Venturini : geometric lines, camouflage and large polka dots abound.

Le classique sac «2 jours» revisité pour cette saison avec des couleurs éclatantes.

Des pois jusqu’au bout des pieds, avec ces sandales aux semelles en bois à pois multicolores.


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Imprimé floral coloré sur un fond noir profond, jouant avec la mousseline transparente qui dévoile peau et fleurs.

Fleurs de nuit L

a collection printemps McQAlexander McQueen associe parkas oversize, bombers et robes girly de satin et mousselines raffinées, dans une sorte de nonchalance et de rebelle attitude inspirées de la rue londonienne. McQ from Alexander McQueen brings together oversized parkas, bomber jackets and dresses for a Spring collection inspired by London streets.


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La tendance est au vêtement à fonction multiple.

Les zips à la taille soulignent la silhouette et permettent de porter chaque vêtement de différentes façons.


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Pantalons flare à la coupe affûtée et taille haute s’affirment comme une tendance forte.

De larges poches soulignent les hanches et affinent la taille haute.

Tailles hautes


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Une palette de gris éclairée de broderies de lilas.

Les plissés en biais donnent un effet de mouvement et une dynamique aux robes.

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a collection haute couture d’Ulyana Sergeenko puise ses inspirations dans les arts de la révolution russe. Elle s’impose aujourd’hui comme l’une des figures majeures de la nouvelle génération de designers de son pays. Ulyana Sergeenko’s latest haute-couture collection looks to art from the Bolshevik revolution art and confirms her status as one of Russia’s brightest fashion lights.


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Carnets de

Mode

Le plaisir de la fourrure

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Carnets de

«L

a femme doit avoir du plaisir à porter une fourrure !» Serge Ghnassia, qui dirige aujourd’hui la maison Milady, parle des créations en zibeline, vison, chinchilla, lynx et astrakan avec passion. Milady, c’est un concept de «haute fourrure». Qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie travailler avec les matières les plus nobles. Notre première démarche est toujours de choisir l’excellence des matières: c’est essentiel pour nous de garantir une qualité exceptionnelle. C’est tellement plus simple de vendre un beau produit! Qu’est-ce qui définit une belle fourrure? C’est avant tout une souplesse particulière. Une fourrure doit aussi avoir une belle couleur, une couleur rare ou contrastée. Comment sélectionnez-vous les fourrures? Nous maîtrisons toute la chaîne de production. Nous achetons nos peaux aux enchères internationales (souvent les «top lots», les lots les plus prestigieux), ensuite c’est l’équipe de design qui prend en charge la création, puis nous faisons fabriquer en Italie. Une peau nous inspire un modèle, un modèle nous inspire une recherche de peau particulière. Par exemple, nous nous sommes demandé ce qu’une femme rêvait de porter en plein été: évidemment, a priori, pas des fourrures! Nous avons réfléchi et inventé une mini-collection de petites vestes courtes, avec des mix de couleurs flashy. La fourrure, c’est très différent du tissu. Il faut réfléchir au nombre de peaux, à la façon dont on les assemble ou comment on allonge la peau. Que signifie «allonger la peau»? C’est la découper en très fines lamelles pour ensuite les recoudre afin d’obtenir une peau longue. Un rectangle de 10cm de largeur et 20cm de hauteur peut devenir une pièce de 5cm de largeur et 30centimètres de hauteur. On peut aussi insérer d’autres matières, comme le crocodile ou le python, ou encore, très tendance cette saison, mélanger les fourrures. Effectivement, la fourrure est très tendance cette année… J’en suis ravi! On redevient politiquement correct! Nous sommes dans la planète mode, alors nous sortons des collections chaque année en suivant les tendances. Quelles sont les tendances de la fourrure cet hiver? Il y a une tendance sur le poil long, type renard, marmotte ou zibeline. Personnellement, je reste convaincu que c’est très joli à la montagne, mais, en ville, mon choix se porte plus sur des

“A woman has find wearing fur pleasurable,” says Serge Ghnassia, who runs Paris-based,haute-fourrure house Milady. So what should our pleasure-seeking lady be looking at for this winter? “There’s a trend for long-haired fur, such as fox, marmot or sable. Personally, I’m convinced that while it’s very nice in the mountains, in the city a shorter, more-refined fur is better. I love sable! It’s a beautiful fur with something really going on. Fox is a little bulky and heavy. I think that in Paris a superb alternative is mink as it’s lighter, thinner, extremely elegant and ultra-feminine. The shine of a beautiful mink fur is extraordinary.”

Mode

fourrures plus courtes et à mon goût plus raffinées. J’adore la zibeline ! C’est un très beau poil où il se passe quelque chose. Le renard, lui, est très volumineux, un peu lourd. Je trouve qu’à Paris le vison est une superbe alternative. Parce que léger, fin, très élégant et ultra-féminin. Le brillant d’un beau poil de vison, c’est extraordinaire. Propos recueillis par A N N E D E L A L A N D R E

74 rue du Faubourg-Saint-Honoré, ParisVIIIe.


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Glamour

sensuel

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out est glamour chezChantal Thomass. Cette créatrice de mode est la première à avoir dévoilé guêpières, porte-jarretelles et collants de dentelle sur ses défilés, Chantal Thomass a réhabilité la lingerie sexy. En bousculant avec audace les codes établis de la lingerie, en leur injectant une forte dose d’impertinence, Chantal Thomass a opéré une véritable révolution : imposer les dessous sur le devant de la scène, les transformer en véritables accessoires de mode et de désir.Chantal Thomass, icône de mode consacrée par les professionnels du style, reconnue du grand public qui voit en elle la papesse des dessous chics. Tout cet univers glamour a inspiré le décor de sa boutique boudoir du 211rue Saint-Honoré, Paris Ier.

www.chantalthomass.fr

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All is glamour for Chantal Thomass. The designer was the first to drag sexy lingerie back from purgatory and onto the catwalk. You can explore her world of desire and sensuality at her boudoir boutique at 211 Rue Saint-Honoré in Paris.

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Carnets de

Mode

Noël Monstre auxGaleries Lafayette Robe Maje, néoprène : 88 % polyester, 12 % polyamide, 240 €, sur galerieslafayette.com. Bottes Saint Laurent par Heidi Slimane, cuir, 995 €. Le tout au Lafayette Coupole.

N

oël, c’est le moment où chacun de nous rêve de redevenir un enfant. Où petits et grands goûtent la magie des fêtes de fin d’année et ont envie de merveilleux. C’est pour leur plus grand bonheur que les Galeries Lafayette se transforment, cette saison, en un vertigineux théâtre. A l’affiche: un Noël monstre ! La petite robe noire n’en finit plus de se réenchanter. Pour lui donner un air de fête, 18 créateurs de mode la réinventent. L’élégance excentrique s’attable autour d’un repas de fête où dentelles, fourrures, brocards et métal «féérisent» allures et silhouettes. Plus que jamais, il était une fois Noël aux Galeries Lafayette. Monstrueusement enchanteur!

Clutch Michael Kors, cuir de vachette, 175 €, Lafayette Coupole.

Pantalon De Fursac, laine, 195 €. Chemise De Fursac, coton, 145 €. Chaussures Saint Laurent par Heidi Slimane, cuir, 695 €. Le tout au Lafayette Homme.

Pochette Lafayette Collection,cuir de vachette, 49,99 €, Lafayette Coupole et sur galerieslafayette.com

Ballerines Galeries Lafayette Paris, 89 €, Lafayette Coupole.

Sweat Diesel, coton, 120 €, Lafayette Homme.

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Carnets de

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Pull Version Originale, coton, 49,99 €,Lafayette Coupole et sur galerieslafayette.com

Cologne Intense Tuberose Angelica Jo Malone, vaporisateur 100ml, 117 €, Lafayette Coupole.

Combinaison Sandro, 78% acétate, 22% polyester, 255 €, Lafayette Coupole et sur galerieslafayette.com

Jupe Des Petits Hauts, 70 %coton, 19 %viscose, 11 %polyamide, 185 €, Lafayette Coupole.

A gauche, savon liquide Galeries Lafayette Paris, 500ml, existe en 6senteurs, 9,90 €, Lafayette Coupole et sur galerieslafayette.com Au-dessus, savon Noël Lafayette Beauté, 150 g, 4,90 €. En exclusivité au Lafayette Coupole et sur galerieslafayette.com

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Carnets de

Mode

etonnants créateurs

Cecilia Bönström.La vie avec style

e style rend singulières les choses les plus communes.» La devise, extraite du Dictionnaire philosophiquede Voltaire, court en lettres capitales noires sur un large mur blanc. Le ton de la maison est posé, il sera artistique, littéraire et libre. La collection hiver deZadig & Voltaire mixe allure militaire et féminité, dans un esprit boyish teinté d’inspiration bohème. Entretien avec Cecilia Bönström, la directrice artistique. Tu as commencé mannequin. Comment passe-t-on du métier de top model à celui de directrice artistique? Je préfère «mannequin» ; «top model», c’est trop prétentieux. En2003, j’ai eu un flash et j’ai voulu une nouvelle vie. J’ai appelé au culot Zadig & Voltaire, ils ont osé miser sur moi, une inconnue. Thierry Gillier, le fondateur, avait une vision très précise, il voulait habiller les femmes de façon très androgyne pour qu’elles restent éternellement jeunes. Une silhouette droite et sans chichi, chaussures plates et cheveux longs un peu négligés, c’est pour lui très sexy. Il trouvait qu’il y avait trop de créativité dans les années1990 et qu’on ne pouvait même pas trouver un tee-shirt blanc. Il a alors inventé le tee-shirt de Zadig & Voltaire coupé aux ciseaux, bords francs, lavé et tissé de façon particulière pour que chaque pièce ait un vécu et une authenticité. Tu dessines une silhouette androgyne, moderne, pour une femme volontaire…Je suis une femme pratique… et suédoise. Avoir un look ne doit pas gêner. Je veux créer des vêtements pour une femme libre, sûre d’elle, des pièces faciles pour la vraie vie. Qui durent et ne se démodent pas. C’est plus un style et une manière de vivre. La femme se rajoute trop de contraintes, trop de maquillage, trop de talon… Trop de féminité tue la féminité. C’est mieux, un peu plus de subtilité et de mystère. On aime le clash des oppositions, soie et cuir craquelé, treillis militaire et blazer super chic, bottes plates super masculines avec une mini-robe. Quelles sont les pièces fortes de cet hiver ? L’énorme parka, parce que le col est exagéré, les zips dans un style perfecto, les coudières sont articulées, la matière est ultra douce et la couleur flashy. C’est une pièce protectrice à porter sur une mini-robe. Et aussi ces nouvelles mailles, tricotées serrées, à porter comme un manteau décontracté, jour et soir. Les mots et slogans sont importants chez Zadig& Voltaire… Zadig, c’est une marque militante? Bonne question ! Elle se veut différente d’une autre marque de mode, car

elle veut proposer un nouveau style de vie. Militante, c’est peut-être trop politique. C’est important d’avoir une opinion, mais on veut rester optimiste, ce sont plus des messages d’affection entre la cliente et nous. Ils sont très durs à trouver. Ils ne doivent pas être nunuches. Et cet hiver? «Heroes», «Peace» et «Wild». On a changé la typo, plus graphique, un peu militaire. La campagne a été réalisée par Terry Richardson. Pourquoi l’avez-vous choisi ? Quel message vouliez-vous transmettre? On a commencé par faire tout nous-mêmes, puis, après une saison avec Inez et Vinoodh, on a choisi Terry Richardson. On voulait un style plus rock, avec une lumière plus franche, capturé sur le vif, plus réaliste. On aime aussi son aspect sexy. Après une première saison avec lui, on a voulu continuer, malgré la polémique, parce que c’est un homme intéressant, intelligent, très doux. On a même piqué ses lunettes. Freja Breha, la modèle, les porte et lève le pouce comme le fait Terry sur chacune des photos où il pose. On assume, on défend son univers artistique! Propos recueillis par A N N E D E L A L A N D R E

www.zadig-et-voltaire.com

“In2003, I had a flash and decided I wanted a new life,” saysCecilia Bönström, creative director at Paris-based fashion labelZadig&Voltaire. “So I had the cheek to call Zadig&Voltaire, and they took a chance on me, a complete unknown. Thierry Gillier, the founder, had an extremely precise vision: he wanted to dress women in an androgynous way so they remained young eternally. Straight shapes, no fuss, flats, and long disheveled hair. I’m a practical woman and Swedish. Having a good look shouldn’t be difficult. I want to create clothes for free women, selfconfident, with easy pieces for real life, which last and don’t go out of fashion. Too much femininity kills femininity. A touch of subtlety and mystery is better. Zadig&Voltaire wants to be different to other fashion brands – because it wants to offer a new lifestyle.”

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Coperni

Portable

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ull noir, pull gris, yeux bleus, yeux bruns, 25ans chacun, Sébastien Meyer et Arnaud Vaillant ont un avenir certain. Sébastien est le créateur, Arnaud, qui travaille la journée chez Balenciaga, s’occupe du business: «Moi, je fais le reste», dit-il avec pragmatisme et pudeur. Les deux parlent et fonctionnent en un parfait binôme. Il y a un an et demi, ils ont décidé de lancerCoperni : un vestiaire contemporain portable et ultra-créatif, une silhouette minimaliste et épurée où la précision de la coupe rappelle leurs inspirations architecturales. En juillet dernier, vous remportez le prix des premières collections de l’Andam. Quels bouleversements cela a-t-il déclenchés? ARNAUD VAILLANT. Ce fut radical. Dès le lendemain, nous avions des appels de la presse et des acheteurs. Ce concours existe depuis vingt-cinq ans et a été remporté par Martin Margiela. Ça nous laisse rêveurs… car, pour nous, c’est un mythe. Avec ce prix, nous sommes passés du stade de projet à la crédibilité d’une vraie marque. Nous avons mis en valeur notre passion, notre binôme.

Et de façon plus intime, qu’est-ce que vous avez ressenti? SÉBASTIEN MEYER. C’était hallucinant, surtout lorsqu’on s’est retrouvés face au juré composé de François Pinault, Nicole Phelps, Renzo Rosso, Ellen von Unwerth… Tout est allé très vite, c’était excitant et surréaliste. C’était aussi beaucoup de stress. Comment allez-vous rebondir avec ce prix? A.V. On va commencer par trouver un local! Pour l’instant, on jongle entre chez nous et une salle que nous prête notre ancienne école. Nous avons développé un peu la collection, avec un mix de pièces très créatives et d’autres plus commerciales. Il nous faut solidifier les bases de la marque… S.M. L’Andam, c’est comme une famille qui vous adopte, vous aide et vous apporte son soutien. Coperni, c’est un hommage à l’astronome Nicolas Copernic. Est-ce l’espace ou ses idées révolutionnaires qui vous inspirent? S.M. Il y a l’idée du soleil et de la lumière. J’aime que, dans les vêtements, il y ait une subtile idée du mouvement, un aspect vivant. Comme ces détails sur une veste qui rappellent l’éclosion d’une fleur, ces plis sur une jupe qui tournent

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«J’aime que, dans les vêtements, il y ait une subtile idée du mouvement, un aspect vivant.»

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Carnets de dans un même sens, une torsade dans une chemise… Cette robe avec les vagues est un peu lunaire. C’est poétique… A.V. Futuriste et technologique. Derrière ce nom, il y a une révolution hallucinante… S.M. Oui, tout en restant concret et terre à terre avec un beau vêtement portable, pas du tout gadget. En quelques mots, Coperni, c’est quoi? A.V. Un vestiaire portable et désirable. Un mix de pièces d’innovations techniques et d’autres ultra-simples très facilement portables au quotidien, comme la mini-jupe tout de suite commandée par nos copines. Urbain, un peu avantgardiste, architectural, minimal et poétique. Et en plus, Coperni est 100% made in Paris! Il y a une idée d’avant-garde dans ce style architectural… A.V. C’est chouette de le remarquer. S.M. J’aime travailler la collection en amont comme un laboratoire d’idées, avec des tests de matières, de plissés, de formes… En référence à l’architecture brutaliste, on aime exposer les fondations et les constructions. C’est mettre les coutures à l’extérieur, par exemple. A.V. Il est inimaginable pour nous de doubler le vêtement, car c’est là que l’on voit la «patte» du créateur. On aime ce qui est brut, bords francs, ce qui est rigide. On utilise des thermocollages, qui permettent d’avoir des bords francs sans effilochages. On adore ce qui est un peu carton, comme cette robe en lin japonais qui se tient car la trame est dense. S.M. Avec une incrustation en arrondi très difficile à obtenir. Un peu le même procédé que la robeMondrian de Saint Laurent. Et aussi, je laisse un peu vivre le vêtement en ne repassant pas les coutures. Sébastien, comment procèdes-tu? S.M. Je fais des maquettes… en papier, qui donnent naissance à une forme. Comme des origamis. Puis il y a le travail de moulage sur le stockman. La première veste en lin, nous avons fait 150tests… Et comment sera la collection de cet été? S.M. J’ai décliné la forme du joyau, en broderie, inversé, parfois plié, en répétition, ou encore version XL sur un top en crêpe contrecollé… On retrouve aussi la découpe cœur de la saison sur une veste vrai basique, pièce «dégaine» à porter au quotidien qui peut s’associer à une pièce plus compliquée. Cet après-midi, on l’a surnommée veste Lolita. Lolita, c’est notre muse et amie. Nous sommes deux garçons, alors nous adorons écouter ses conseils. Nous avons une confiance aveugle en son goût, elle a un truc parisien et avant-gardiste incroyable. La quatrième personne de l’équipe est Jean-Baptiste Talbourdet, qui a créé notre logo, notre journal, et qui fait les photos de la collection. Qu’est-ce qui vous rend le plus fier? S.M. Voir nos amies porter nos vêtements. A.V. Avoir réussi à parcourir ce chemin depuis qu’on s’est rencontrés à l’école, il y a six ans, et avoir cette reconnaissance ensemble.

Mode

Vous citez Saint Laurent et Martin Margiela. Qui d’autre admirez-vous ? A.V. Je n’ai pas honte de dire que Pierre Bergé est une idole. Mon but est de faire comme lui. Mais c’est important pour nous de nous présenter à deux, en binôme. S.M. On se nourrit de l’art, je suis passionné d’architecture, mais j’aime avoir des références diverses et être libre. Propos recueillis par A N N E D E L A L A N D R E

www.copernifemme.com

Coperniis Sébastien Meyer(design)and Arnaud Vaillant (business), both 25, both ecstatic because their womenswear label, only founded 18months ago, recently won the prestigious Andam Fashion Award. “With this award we moved from being a project to a real brand,” says Arnaud. So, Arnaud, describe this real brand: “Wearable and desirable clothes. A mix of pieces featuring technical innovations and simpler pieces that are easy to wear every day, such as the mini-dress our girlfriends immediately ordered. It’s urban, a touch avant-garde, architectural, minimal and poetic. And on top of all that, Coperni is 100% made in Paris.” So after the prize and success what makes you proudest and happiest? “Seeing our clothesworn by our friends,” says Sébastien, while for Arnaud, it’s “having succeeding in getting where we are today since we met each other at college six years ago, and having won this recognition together.” Appropriately named after a Renaissance astronomer, Coperni is surely heading for the stars.


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«Urbain, un peu avant-gardiste, architectural, minimal et poétique. Et en plus, Coperni est 100% made in Paris!»

Photographies

Jean-Baptiste Talbourdet


Bijoux

defête

ArchiDior, the new Dior collection by Victoire de Castellane, creates jewelry inspired by classic house clothing designs with fabric becoming rare metals and embroidery precious stones.

De haut en bas : bague «Envol drapé» en or jaune, diamants et émeraude ; bague «Trompe l’œil» en or jaune et rose, diamants jaunes, grenats spessartites et saphirs roses ; bague «Verticale plissée» en or blanc, jaune et rose, et diamants jaunes, orange et roses.

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Eclats couture a nouvelle collection de Dior, ArchiDior, marque une révolution dans le style des créations de Victoire de Castellane. La créatrice a conçu ses bijoux comme des robes aux tissus sculptés, volantés, plissés, ceinturés, drapés. Inspirées des modèles les plus emblématiques du couturier, ces pièces sont des réinterprétations joaillières des silhouettes de Christian Dior où le tissu est un métal rare et les broderies sont des pierres précieuses.

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De haut en bas : bague «Bar en corolle» en or blanc, diamants, saphirs roses, émeraudes, grenats démantoïdes et saphirs violets ; bague «Cocotte» en or blanc, diamants, diamants violet-rose et roses et saphirs roses ; bracelet «Bar en corolle» en or blanc, diamants, saphirs roses, émeraudes, grenats démantoïdes, saphirs violets, grenats tsavorites et spinelles rose-orange.

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Remember Coco travers une collection inspirée du CaféSociety des années 1920, célèbre l’audace et la liberté de sa créatrice et ressuscite les dessins de Philippe Jullian qui avait trouvé une belle inspiration dans la vie très riche de Gabrielle Chanel. Une parure pour chaque heure du jour et de la nuit : Midnight,MorninginVendôme,Charleston…

A Chanel

De haut en bas et de gauche à droite : montre «Cruise» en or blanc, diamants, perles d’aigue-marine et spinelles noirs ; broche «Morning in Vendome» en or blanc et jaune, diamant et émeraude ; collier «Tuxedo» en onyx et diamants.

Chanel’s new collection is inspired by 1920s cafésociety, Mme. Chanel’s daring design freedom and Philippe Jullian’s drawings.

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Pierres d’exception ’excellence des pierres est le thème central de la nouvelle collection Cartier. Baptisée Cartier Royale, elle met en lumière les pierres les plus précieuses : la pureté du diamant, la couleur ardente du rubis, les nuances du saphir, l’aspect végétal de l’émeraude…

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Nick Welsh, Collection Cartier © Cartier

De haut en bas et de gauche à droite : collier «Viracocha», diamants, émeraude et jadéites ; bague «Pur Absolu» en platine, diamant poire ; broche «Pince-panthère» (1949) en platine et or blanc, diamants blancs et jonquille, et cabochons de saphir.

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CartierRoyale celebrates precious stones, from diamonds to emeralds to sapphires.


Bijoux d’art Leconceptdebijoud’artétaitalorstout nouveau sur le marché ; collectionneurs et professionnels de l’industrie l’accueillaient avec beaucoup de précautions.» Mais l’intuition de Cindy se révèle visionnaire : en 2007, ses premiers Art Jewels, un collier ras du cou et une manchette éblouissante, se vendent chez Christie’s à New York pour deux fois leur prix estimé. C’est que la patte de la créatrice est déjà remarquable. Petite-fille d’architecte, fille de sculpteur, Cindy a grandi auprès d’artisans passionnés. Nourrie par leur exigence, leur créativité et leur persévérance, elle sculpte elle-même toutes les cires à l’origine de ses bijoux, dont la fabrication, d’une méticulosité inouïe, peut ensuite durer jusqu’à deux ans. Son héritage familial s’exprime aussi dans sa compréhension architecturale du bijou –elle cite parmi ses modèles Zaha Hadid et Antonio Gaudi– et son attention particulière aux détails. Autant de qualités qui lui permettent de transformer métal et pierres d’exception en véritables œuvres d’art, vivantes et pleines d’audace, bousculant à jamais les codes du bijou tel qu’on le connaissait. S A R A H B O U A S S E

©Cindy Chao The Art Jewel

a frontière entre bijou et œuvre d’art n’a jamais été aussi floue que depuis Cindy Chao. Pour s’en convaincre, il suffit d’admirer le ButterflyMasterpieceréalisé par la créatrice taïwanaise en 2009 : cette broche spectaculaire, sertie de 2 328 pierres précieuses, a fait son entrée dans les vitrines du Musée national d’histoire naturelle du Smithsonian Institute à Washington. Ou d’observer la ferveur avec laquelle est attendue, chaque année, sa série Black LabelMasterpieces, sa ligne la plus prestigieuse. Pensées comme de véritables sculptures, les créations de Cindy Chao s’adressent à une clientèle particulière, largement constituée de collectionneurs et de maisonsde ventesaux enchères. «J’ailancémamarqueen2004,mais c’est en 2006 que j’ai décidé de véritablement poursuivre mon rêve, explique Cindy Chao. Les deux premières années, alors que je réalisais beaucoup de pièces sur mesure, j’ai compris quejenecréaispas,mais quejeproduisaissimplementdespiècesjoaillières commandées par des clients.J’aidécidédeplutôt me concentrer sur la création des bijoux uniques que j’avais toujours rêvé de faire.

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Designer Cindy Chao blurs the boundary between jewelry and art. Take her ButterflyMasterpiece: the brooch uses 2,328 precious stones. “I launched my brand in 2004, but it was only in 2006 that I decided to really follow my dream, when I realized that I wasn’t designing but simply producing jewelry ordered by clients. I decided to concentrate on unique pieces that I’d always dreamed of making.” Cindy’s intuition proved correct and in 2007 her first Art Jewels – a necklace and a manchette bracelet – sold at Christie’s in New York for double their estimate.

De haut en bas et de gauche à droite : broche «The Art Jewel Ballerina Butterfly» en titane et or serti de diamants et perles de conque ; broche «Butterfly» en or blanc, rubis et diamants ; broche «Butterfly» en or blanc, émeraudes de Colombie, diamants et tsavorites ; broche «Aquatic» en titane et or blanc, émeraude, diamants et saphirs. Le tout issu de la série Black Label Masterpieces. PA LAC E C O ST ES NOV EMB RE / DE C EMB RE 2 0 1 4

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The DeBeers Aria collection features circles of diamonds that evoke the movements of dancers.

Valse dediamants a collectionAriadeDeBeers place le diamant au cœur de ses nouvelles pièces. Les cercles de diamants évoquent les mouvements d’une danseuse.

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De haut en bas et de gauche à droite : manchette «Aria» en or blanc, aventurine et diamants ; bague «Aria» en or blanc, aventurine et diamants ; bracelet «Aria» en or blanc et diamants. PA L AC E C OST ES NOV EMB R E / DE C E MB RE 2 01 4

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Lapisteauxétoiles ugénie Niarchos seprésente d’une voixfeutréecomme lesmursde l’hôtel où elle m’adonnérendez-vous.Elle estvêtue de noir,un look sobrequi laisse toutela vedette aux nombreux bijoux qu’elleporte : mon œilest attiréparson sautoir,serti d’une grossepierre et de diamants.«C’est une labradoriteassezspectaculaire», sourit Eugénie. Ce sautoirest signé Venyx, lamarque joaillièrequ’ellea lancéel’étédernier. Pourquoi Venyx ? «C’estl’associationde Vénus etd’Onyx. Une planèteetune pierre.Je souhaitaiscréer plusqu’un label : un univers.»Eugénie a décliné pour sa nouvellecollection, «Théa»–du nom de laTitanide grecque qui confère aux pierres leur lumière–, aurores boréales,étoiles filantes,éclairs et météorites en autantde créations pleinesd’audaceet de belles matières. Petite-fillede l’armateur milliardairegrec Stavros Niarchos,fillede VictoriaGuinness, lajeune créatrice a aiguiséson œil et songoût au fild’un parcours très international : une scolaritéparisienne, un cursus de gemmologie à Londres, puis un passagechez Christie’sà New York. Aujourd’hui, c’estdanslequartier londonien de Mayfairqu’Eugénie a installéson studio, où ellereçoitelle-même ses clientssur rendez-vous. Pour ceux qui n’ontpascettechance, Venyxsedécouvreaux quatre coins du monde, du Dover Street Marketà Bergdorf Goodman, en passant parcolette,bien entendu.

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S A R A H B OUA S S E

“It’s a mix of Venus and Onyx,” says Eugenie Niarchos about the name of her jewelry brand, Venyx. “A planet and a stone. I wanted to create more than a label, but a universe.” Her work is stocked in exclusive shops around the world or you could visit her by appointment at her studio in London’s Mayfair.

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De haut en bas et de gauche à droite : bague «Venyx Star» en or jaune et rhodium noir, diamants, saphirs et pierres colorées ; boucles d’oreilles «Electra Hoop» en or jaune, diamants et pierres colorées ; pendentif «Theiya Obscura» en or jaune, diamants, saphirs et labradorite. bague «Meteoryx» en or jaune et diamants ; bague «Miss Zeus» en or jaune, rodhium noir et diamants ; boucles d’oreilles «Venyx Star» en or jaune, rhodium noir, saphirs et améthyste.


De haut en bas et de gauche à droite : bracelet «Mvsa» en or rose, améthystes, perles en rubellite et diamants ; collier «Mvsa» en or rose, améthyste, perles en rubellite et diamants ; bague «Diva» en or rose, nacre et diamants ; bague «Mvsa» en or rose et diamants ; Bague «Mvsa» en or rose, citrine, et diamants.

Luxe évocateur

es deux dernières collections de : Mvsa en référence aux neuf muses grecques qui ont inspiré les arts, la poésie et la musique, avec couleurs acidulées, caractéristiques de la maison, qui font rayonner ces parures aux volumes généreux et sensuels; Diva, avec ces parures aux pierres colorées, en hommage à la dolce vita italienne. Bvlgari has two new collections: Mvsa in homage to the nine Greek muses, and Diva, a celebration of la dolce vita.

LBvlgari

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Voyages enOrient n hommage à la dynastie d’aventuriers qu’était la famille Boucheron, le joaillier nous convie à un voyage dans l’Orient lointain en présentant Rêvesd’ailleurs. Une collection composée de cinq chapitres aux noms évocateurs : les soleils et les couleurs de la Perse avec Trésorde Perse, les eaux chaudes de la mer avec RivesduJapon, en terre de sages et d’artistes avec PinceaudeChine, dans les jardins d’un palais indien avec FleurdesIndes et dans les froids polaires et cristallins avec SplendeursdeRussie.

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Boucheron takes us on a journey to the Orient with Rêvesd’Ailleurs, a collection in five globetrotting chapters.

De haut en bas et de gauche à droite : montre «Cristal de Lune» en or blanc, diamants et cristal de roche ; bague «Trésor de Perse» en or blanc, saphir, cristal de roche et diamants ; bague «Ispahan» en or blanc, améthystes et diamants ; bague «Nymphéa» en or blanc, saphirs, nacre blanche et diamants.

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Rêves dediamants ette année encore, le maître joaillier chinois propose des pièces d’une grande complexité. Il continue d’innover avec des techniques de sertissage et de moulage révolutionnaires. «Je crée parce que j’ai des histoires à raconter», explique-t-il. Des pièces profondes et poétiques. Technically accomplished Chinese jeweler Wallace Chan continues to create stunning collections “because he has stories to tell.”

CWallace Chan

De haut en bas et de gauche à droite : bague «Mon rêve» sertie d’une tourmaline verte, d’une rubellite, d’un diamant, d’un grenat tsavorite, d’un saphir rose et de lapis-lazuli; broche «Gleams of Waves» sertie de diamants jaune, rubis et saphirs roses.

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Bestiaire précieux De haut en bas et de gauche à droite : bracelet «Arabian Horse» en or blanc, onyx et diamants blancs et noirs ; Bague «Octopus» en or jaune et diamants ; broche «Paon» en or blanc noir, diamants, saphirs, rodolite, topaze, citrine amethyste et iolite ; bague «Garden» en or jaune, diamants, améthyste et tsavorite ; bracelet «Cobra Royal» en or blanc, saphirs et diamants blancs et noirs.

ragons menaçants, tigres rugissants et animaux surgis des fonds marins, aime créer des pièces à l’effigie des animaux et les parer de pierres précieuses. Une ménagerie des plus étonnantes, avec des inspirations multiples… qui nourrissent la créativité débordante du joaillier italien. Italian designerRobertoCoin’s dragons, tigers and sea animals drip with precious stones.

D Roberto Coin

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De haut en bas et de gauche à droite : collier «Robe couleur du temps» en or blanc, diamants, tourmalines Paraïba, saphirs et aiguesmarines ; bague «Amour Amour» en or blanc, diamants, tourmalines Paraïba, spinelles et émeraude de Zambie ; clip «Château enchanté» en or blanc, diamants, émeraudes, saphirs et émeraude du Brésil ; bracelet «Protection féerique» en or blanc et rose, diamants, corail et saphirs.

nspiré du faste du conte Peaud’âne, la maison Van Cleef a créé pour sa dernière collection une centaine de pièces aux camaïeux de couleurs inédits. L’imagerie développée autour des pierres précieuses est décomposée en trois chapitres : l’enfance, la forêt, l’amour… VanCleef’s new collection, inspired by Charles Perrault’s classic French fairytale Peaud’Âne, is made up of 100 pieces in brightly colored cameos.

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Bijoux defées

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Eblouissant anniversaire

our son 140e anniversaire, la maison Piaget a voulu mettre à l’honneur les pierres précieuses et les pierres dures dans une collection intitulée ExtremelyPiaget. Une ligne très colorée, ExtremelyColorful, est un mélange éblouissant de turquoises et de lapis-lazuli, inspiré des années 1960 et 1970. Près de 125 pièces qui ont chacune un caractère particulier dû au choix des pierres : des émeraudes colombiennes, des turquoises d’Arizona ou encore des saphirs du Sri Lanka. Pour la ligne ExtremelySparkling, la maison a fait des prouesses techniques en offrant aux diamants un éclat inégalé grâce au sertissage dit «en jupon» (technique créée par la maison en 1960) : les diamants sont sertis en étoile pour créer l’effet d’un jupon d’autrefois.

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Piaget is celebrating its 140th anniversary with the ExtremelyPiaget collection. This includes the Extremely Colorful line: 125 pieces, each with a particular character thanks to the original choices of stones, such as Colombian emeralds, Arizona turquoises and Sri Lankan sapphires.

De gauche à droite : collier en or rose, perles d’émeraude, diamants et émeraude ; collier en or rose, diamants et perles turquoises naturelles ; collier, diamants et émeraudes. La parure suit les lignes arrondies du cou sur l’avant, l’arrière, déambule le long du dos, et peut se détacher pour ne laisser que le collier .


Inspiration

vintage nspirées de bijoux anciens, les pièces imaginées par Vanessa Pinoncely, créatrice de DearCharlotte, ont un parfum de nostalgie. Passionnée de pièces vintage, elle réinterprète bagues, joncs et médaillons gravés et dorés à l’or fin 24carats pour donner cet aspect noble et sensuel des bijoux d’autrefois. Porteuse de souvenirs, cette nouvelle collection célèbre l’Europe de la Renaissance avec ses manchettes en cuir, ses croix en filigranes et perles blanches, mais aussi un peu de douceur avec des pièces tout en dentelles, bagues marquise et trèfles travaillés. Tout l’univers raffiné de Dear Charlotte est à retrouver à son showroom écrin ouvert à la vente tous les mercredis et vendredis de 10h à 19h ainsi que sur son site. ShowroomDearCharlotte.28rueBoissy-d’Anglas, Paris VIIIe (2e étage).0177184520/0614668502. dearcharlotte.paris@gmail.com, www.dearcharlotteshop.com

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Excellence extravagante L

a CrazySkull est une montre étonnante. De par son design, tout d’abord, mais également parce qu’elle symbolise la double expertise de la maison deGrisogono : l’artisanat joaillier et horloger. Il a fallu un an de recherche et 250 heures de travail sur ce bijou. Le crâne est composé de 890 diamants sertis neige, le mécanisme de la mâchoire a nécessité neuf mois de travail, les dents sont en diamants baguettes, le nez est un diamant cœur et, lorsque la mâchoire inférieure est abaissée, elle laisse apparaître une langue sertie de 66 saphirs roses ou rubis. Le bracelet est en galuchat, véritable signature de la maison. «Une édition limitée, une montre haute couture, qui incarne toute l’expertise et l’esprit de Grisogono», résume Fawaz Gruosi, fondateur de la marque. www.degrisogono.com PA LAC E C O ST ES NOV EMB RE / DE C EMB RE 2 0 1 4

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Bijoux de feu éraldine Carfield crée ses collections à Paris, au cœur de Saint-Germain-desPrés. Sa passion pour les bijoux élégants a donné naissance à une première collection déclinée autour de perles baroques, sur un maillon inédit, une chaîne de soie… Une deuxième collection voit le jour, interprétant la nature à travers la symbolique du feu. Des pièces exceptionnelles, des bagues de phalanges, des tours d’oreilles, des manchettes, parés de diamants vanille et de saphirs aux couleurs irisium...

G In the heart of SaintGermain-des-Prés, Géraldine Carfield designs elegant jewelry using beautiful stones such as vanilla diamonds and iridescent sapphires.

10ruedeBuci,Paris VIe.01 43 26 28 25. www.geraldinecarfield.com

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Rêves fastueux arnazelle, artiste, sculpteur, explosif, libre, solaire, fantasque, crée de luxueuses pièces uniques de haute joaillerie, façonnées en France dans la pure tradition du savoir-faire des artisans joailliers. De sa boutique atelier, Céline Rivet multiplie les inventions et installe un rêve, un faste figuratif hors du temps.

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Garnazelle,3rueduMarché-Saint-Honoré,ParisIer. 0140151040,www.garnazelle.com

Garnazelle, artist, sculptor, free spirited, wild hearted, Céline Rivet designs precious one of a kind pieces of high-end jewelry, drawing upon the ancestry of French savoir-faire. From her boutique and workshop, Céline Rivet creates her own treasure island of timeless artifacts. She makes dreams come true. Experience the uniqueness of Garnazelle Jewels.

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Etonnants Créateurs

CarolineNéron Née dans la banlieue de Montréal, Caroline Néronestdéterminéeàdeveniractricedepuisson plus jeune âge. Suite à plusieurs séries et films à succès dont L’Age des ténèbres, où elle a partagé la vedette avec Diane Kruger et Emma de Caunes, la starquébécoisesorten 2003sonpremieralbumet deuxautresdanslesannéessuivantes.En2004,elle décidedecréersaproprelignedebijoux.Lacréation faitpartiedesonquotidien,c’estsapassion,saraison d’avancer. «Depuis que j’ai fait le saut en affaires, je me sens plus artiste que jamais.» La philosophie de la marque : «Vivez le glamour tout en gardant un esprit libre et bohème.» Cet esprit se ressent à travers sa gamme de bijoux, fait principalement d’un mélange de cristaux Swarovski et de matièresbrutestellesquelecuiretlespierressemi-précieuses.Ladesigner,passionnéedel’accessoire,aajouté unelignedebijouxhommeetdesacsàmainàsagamme de produits. Aujourd’hui,l’entreprisecompte20boutiquesCaroline NéronauCanadaetdistribueàplusde120multimarques à travers le Canada, l’Europeet l’Asie. Caroline Néron a reçu depuis 2012 plusieurstitresprestigieux, dont,entre autres, celui de l’entrepreneurede l’année selon le réseau des femmes d’affairesdu Québec,etceluidepremièreentrepriselaplusencroissanceauQuébecselonleProfit500.«Jesuistrèsfièredes prixquej’aipugagneretdusuccèsdelacompagnieau Canada.Avoiruneprésenceàl’internationalatoujours faitpartiedemavisionetdemesambitions.Aujourd’hui, jevisitelacapitalefrançaiseaumoinstouslesdeuxmoiset continueledéveloppementsurplaceavecmonéquipe.»

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© Bal du Moulin Rouge 2014 - Moulin Rouge® - 1-1028499

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La poésie du mauvais temps Photographies Christophe Jacrot

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’est beau une ville sous la pluie ou la neige. Mouillée, secouée par la bourrasque, blanchie par la neige, la grande ville est comme transformée, repeinte, maquillée. Soudain devenue plus romantique. Comme un décor de cinéma. Etrangement, le mauvais temps embellit les cités, il anime les trottoirs, colorie les murs, fait fondre les buildings, dissout les perspectives, bouleverse les carrefours, transforme les silhouettes.Christophe Jacrot aime saisir les villes dans ces moments particuliers. Ses images sont superbes. Oniriques et étranges, mélancoliques et parfois inquiétantes, parfois douces comme des pastels. Des tableaux urbains. Les villes qu’il photographie deviennent presque irréelles, comme dissoutes ou réinventées, troubles et troublantes. Des fantômes urbains. Une manière si belle de regarder la ville. A city is pretty in the rain or the snow. Transformed, repainted, made-up, it’s often more romantic, like walking through a cinema set. Christophe Jacrot’s photographs capture cities in these moments when they are unreal, dissolved and reinvented, friendly ghosts of their former selves.


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Christophe Jacrot présente sa série «Blizzard» à la Galerie de l’Europe jusqu’au 10 janvier 2015. 55 rue de Seine, Paris IVe. 01 55 42 94 23 «Pepsi» 2014


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«Pink et vert» 2009

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«Brouillée 2» 2014


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«Hong Kong» 2009

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«Huile 1» 2009

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«White Blizzard» 2013


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«Vert d’hiver» 2010

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«Le petit chaperon rouge» 2007

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«Elle court, elle court, la Parisienne» 2007 ©Christophe Jacrot, Galerie de l’Europe. www.christophejacrot.com


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Infomania Des infos étonnantes et des objets excitants

Un hommage photographique aux «épiceries du coin»parisiennes M

arie Hamel, jeune photographe française, a immortalisé les «alimentations générales», ces épiceries de quartier ouvertes tard la nuit où tous les Parisiens vont chercher les produits de dernière heure: le sel qui manque, la salade oubliée, les bananes pour le petit ou la bouteille de vin pour finir le fromage… A travers une belle série d’images nocturnes, saisies à la chambre, elle rend un hommage à ces lieux d’échanges et de rencontres nocturnes qui tendent à disparaître, pittoresques étalages de fruits et légumes, derniers commerces de proximité éclairés dans la nuit parisienne. www.mariehamel.com

Marie Hamel’s beautiful large-format photographs are a celebration of thealimentation générale, convenience stores, which, despite being threatened by supermarket chains, continue to light up the Parisian night.

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Infomania

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Infomania No u v e a u t é s à l ’ E s s a i

Aston Martin Shooting Brake Zagato Un Z qui veut dire br avo A

ucune Aston Martin n’est banale. Mais, parmi elles, celles qui sont carrossées par le grand Zagato sortent du lot. Un dialogue qui date de 1962. L’an dernier, le carrossier italien a de nouveau choisi pour base une voiture du constructeur britannique. Sur les belles proportions de la Virage, il a étiré une silhouette bien dans sa manière: flamboyante et avant tout originale. Au-dessus du V12inépuisable (477 chevaux !), il a posé un capot presque plan, tendu une ligne nouvelle, qui renouvelle et enrichit le capital esthétique d’Aston. Cette ligne frappée du Z de Zagato est apparue en2013 sous la forme d’un coupé et d’un cabriolet, commandités par deux clients assurés d’entrer dans l’histoire d’Aston, de Zagato et de la voiture de sport… Et cette année, à l’occasion du nouveau concours d’élégance de Chantilly, début septembre, Zagato a remis son dessin sur la planche et en a dérivé une auto plus surprenante encore. La troisième version, qui complète la trilogie, rencontre une autre tradition

d’Aston Martin, initiée en1965 sur la DB5, le break de chasse. Ou plutôt «shooting brake», «brake» étant une vieille orthographe anglaise, tellement plus chic. Comme jadis, Zagato marie la partie avant et les deux portes de son coupé à un arrière propice au transport des fusils, du gibier et des chiens, ou de bagages abondants pour un voyage stylé. Un raffinement subtil comme un paradoxe ; refusant la coquetterie du pur coupé, le break de chasse accède à l’élégance. R O B E RT P U YA L

Aston Martin and Zagato first worked together in1962 on a DB4 GT, and last year the two companies released two special editions – a DBS Coupe and DB9 Volante – to celebrate Aston Martin’s centenary. Now the third car in the collection has been announced: the Virage Shooting Brake, all V12, 477 brake horsepower and a unique design that’s both elegant and original.

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ssue d’une famille de diamantaires, c’est en 2008 qu’Audrey Savransky, créatrice belge, a choisi de créer sa marque de bijouxAS29 (AS pour ses initiales, 29 pour son chiffre portebonheur). Des inspirations rock et une passion pour le diamant noir, qu’elle marie avec d’autres pierres : «Du rubis et beaucoup de saphirs traités dans toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. J’utilise aussi de l’améthyste, cela dépend des couleurs et des tendances que j’ai envie de créer.»www.as29.com

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a manufacture horlogère indépendante Audemars Piguet a enrichi sa collection iconique : la nouvelle Royal Oak est plus fine et sophistiquée. L’année 2014 est aussi marquée par le lancement de la deuxième montre de haute joaillerie, inspirée d’un modèle historique remis au goût du jour. Ici la Royal Oak Extraplate Squelette en or rose à la glace et fond saphir et la Royal Oak Offshore Quartzen or rose sertie de diamants, glace saphir et lunette sertie. 380 rue Saint-Honoré, ParisIer.

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Echarpes de luxe L

es créations de la designer Emma J. Shipley sont incroyables de maîtrise et d’originalité, associant la délicatesse du trait à l’audace et au raffinement des couleurs, afin d’offrir pour la première fois à l’ Atelier Swarovski des écharpes luxueuses, soie et cachemire, tissées dans les plus précieuses étoffes naturelles italiennes. La créatrice s’est inspirée de l’élégance, de la beauté et de la puissance de l’un des grands félins les plus menacés: le léopard des neiges. «L’opportunité de travailler avec Atelier Swarovski sur cette collaboration a été vraiment excitante. Ils m’ont donné une liberté créative totale, ce qui m’a permis de me laisser porter par mon inspiration et de véritablement m’immerger dans le monde merveilleux des cristaux Swarovski», confie-t-elle. Atelier Swarovski a également pris position pour s’assurer de la survie des léopards des neiges en reversant 10 % de toutes ses recettes à l’association Snow Leopard Trust. www.atelierswarovski.com

Designer Emma J. Shipleyhas created silk and cashmere scarves forAtelier Swarovski that feature delicate, original drawings of both snow leopards and Swarovski crystals. Ten percent of proceeds will be donated to the Snow Leopard Trust, a charity working in Central Asia to protect this endangered species.

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Fair,éthique vodka O

vni dans le monde glitter des spiritueux haut de gamme, la vodka Fair est capturée dans une bouteille élancée simplement décorée d’une étiquette dentelée. Un packaging qui annonce la différence et les convictions d’Alexandre Koiransky, fin connaisseur des alcools de prestige et entrepreneur éclairé qui a créé Fair, première marque de spiritueux issus du commerce équitable. L’histoire commence au cours d’un voyage en Bolivie, où Alexandre découvre la primauté du quinoa, «la semilla madre», mère de tous les grains. L’idée? Créer un pont entre les producteurs boliviens et les distillateurs charentais: soit associer dans une même démarche le savoir-faire français et les pratiques de production ancestrales du quinoa bolivien. Concrètement : la graine de quinoa de Fair vodka est cultivée par plus de 1200 petits producteurs indépendants et Fair reverse 2,5% de son chiffre d’affaires pour le financement de programmes de développement locaux. «Je suis animé par la conviction qu’il existe un parallèle entre l’harmonie d’une collaboration bienveillante et la qualité du produit qui en est le fruit. Fair, c’est le travail accompli à la croisée de deux cultures», précise Alexandre. Une vodka made in France, produite et mise en bouteille dans la région de Cognac, au goût exceptionnel, riche et complexe, que de nombreuses distinctions à travers le monde ont déjà saluée. A ses côtés, la gamme s’est enrichie d’un rhum, d’une liqueur de café du Mexique, d’une liqueur de baies de goji du Tibet et, à venir, d’un spiritueux innovant qui sera lancé en janvier 2015. Et toujours la même envie qui anime Alexandre Koiransky : «Favoriser les échanges interculturels, l’éthique et l’amour du goût est essentiel pour moi et donne du sens à mon activité.»

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ud Express signe une collection automnehiver à la fois décontractée et élégante, composée de matières nobles telles que la laine, le cachemire ou la soie. Ici, le look Tomboy au style boyish, avec le pull Mambou et le pantalon Pretender.

www.sudexpress.com

SANDRA SERPERO www.fairspirits.com

Alexandre Koiranskydecided to make his quinoa-basedFair vodka after a trip to Bolivia. Made in the Cognac region of France, it uses Fairtrade grains grown by 1,200 independent Bolivian producers. Fair uses 2.5% of its revenue to finance local development projects, part of Alexandre’s belief that “there is a parallel between a caring collaboration and the quality of the product that comes from it.” PA LACE COST ES NOVEMBRE / DECEMBRE 2014

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Maserati, une légende La marque fête ses 100 ans

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a commence comme un film, un film italien. Une famille de sept frères ; l’un est décédé, un second est artiste, les cinq autres sont passionnés de voitures! Au point de fonder une officine dédiée à la course, sous l’égide du trident de Neptune, superhéros qui a dû impressionner les garçons. C’estMarco, le frère peintre, qui le dessine. Nous sommes en1914, et il faut être aveuglé de passion pour ne pas voir que le contexte n’est pas tout à fait propice à tant de frivolité; en fait de trident, l’heure est plutôt à la baïonnette. Pour les vrais débuts deMaserati, il faut donc attendre cinq ans. Les Fratelli, alors, se lancent à corps perdu dans la croisade, dangereuse mais pacifique, de la compétition. La course automobile, enfin. Meilleur pilote et chef de la fratrie, Alfiericourt, Alfieri gagne. D’abord sur uneIsotta Fraschini très affûtée. Ensuite sur des voitures qu’il conçoit pour la marque Diatto, dont il assure le service courses. Et, en1926, apparaît la MaseratiTipo26, vendue à de nombreux coureurs privés. En 1929, la 16-cylindres décroche le record du monde de vitesse, 246km/h, puis remporte le Grand Prix de Tripoli. La gloire de Maserati décolle définitivement, mais Alfieri, mal remis d’un grave accident, meurt en1932. Il aura connu le bonheur rare de gagner bien des courses sur une machine qui portait son nom. Ses frères continuent et sortent des modèles brillants. Pourtant, s’ils savent à merveille équilibrer un moteur enV, équilibrer une comptabilité leur est plus difficile. Et, en1937, ils cèdent leur affaire au financier Orsi, qui ambitionne de créer une gamme de voitures de route. Il installe Maserati à Modène, tout près de celui qui en sera le plus grand adversaire, Ferrari. Entre les GT rivales, et aussi en course partout dans le monde, ce «derby de Modène» divise la ville en deux moitiés de passionnés. Maserati marque de gros points et enthousiasme ses partisans, avec deux victoires à Indianapolis en1939 et 1940, et

La dernière-née de la marque, la très belle «Alfieri».

aussi avec la fabuleuse, rougissime et fusiforme 250 F de Formule 1. Elle donne sa dernière victoire et son dernier titre à Fangio, en1957. Mistral, Ghibli, Bora, Khamsin; les chefs-d’œuvre de route portent souvent le nom d’un vent. En plus de Neptune, Eole les protège… Pourtant, les rafales ne sont pas toutes bénéfiques. Faillites et repreneurs (au nombre desquels Citroën et De Tomaso) se succèdent, jusqu’à ce qu’en1993 le groupe Fiat intègre Maserati, qu’il associe bientôt à… Ferrari! Surprise, scandale presque… Mais la collaboration entre les deux géants de l’automobile sportive s’avère intelligente. La mise en commun des héritages techniques permet au Trident d’élaborer sa gamme pour le second siècle. La «petite» 4-portes (la taille d’une Mercedes ClasseE) perpétue la nomenclature éolienne en reprenant le nom de Ghibli, un vent du désert. Mais la dernière-née y déroge, inévitablement. Pour fêter le centenaire, elle se prénomme Alfieri, comme le plus valeureux des fondateurs… R O B E RT P U YA L www.maserati.fr

It began in1914 with five brothers who loved cars. Five years later one, brother Alfieri, began winning races, and in 1926 the Tipo 26, the firstMaserati, appeared. Alfieri died in1932 after a crash, and in1937, the company was sold to industrialist Adolfo Orsi, who moved the company from Bologna to Modena, the hometown of another Italian legend Ferrari. The “Modena derby” had begun. Yet while the cars were winning titles on the track, the company spent decades being sold and restructured until finally, in 1993, it was bought byFiat who gave the company some much-needed stability. This year Maserati is celebrating its centenary with a beautiful new model: the Alfieri, a fitting tribute to the racing brother who did so much to give Maserati its values.


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oyez reçu dans l’univers Mad Lords Private Shop dédié aux bijoux et aux accessoires pour elle comme pour lui. Les collections ont été choisies pour imprimer un souvenir inoubliable qui marquera votre fin d’année.Caroline et Serge Muller vous recevront dans ce lieu hors du commun et vous proposeront les créateurs qui symbolisent le mieux vos succès de l’année écoulée et vos espoirs pour l’année à venir. Mad Lords. 320 rue Saint-Honoré, Paris Ier (bâtiment C, 2e étage). 01 45 25 08 31. www.madlords.com

By-appointment-only store Mad Lords stocks terribly trendy luxury, rock’n’roll-inspired jewelry and accessories including scarves, hats, belts and bags for both him and her. A unique Parisian shopping experience on chic Rue Saint-Honoré.

Mad Lords, luxe rock

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assionnée de pierres, Ariane Prette créa APM Monaco en 1982. Kika Prette –directrice artistique de la marque– suit l’héritage de la famille en créant des bijoux intemporels et modernes. Pour cela, elle sort des collections mensuelles afin de suivre les tendances et elle choisit des pierres indémodables, comme les perles ou les diamants.

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a ligne Patrimony privilégie les montres classiques et incarne l’élégance intemporelle de Vacheron Constantin. Elle reflète un savoir-faire horloger transmis et développé depuis1755. Ici, la Patrimony 81180, inspirée d’un modèle historique de 1957. D’une parfaite sobriété, elle est composée d’un cadran bombé au diamètre généreux rehaussé d’une minuterie perlée. Elle arbore le prestigieux Poinçon de Genève.

www.apm.mc

2 rue de la Paix, ParisIIe. PA LACE COST ES NOVEMBRE / DECEMBRE 2014

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n 2013, la célèbre chatte de Karl Lagerfeld, Choupette, devenait une star disposant de son propre compte Twitter. Cette année, elle est à nouveau le sujet d’une nouvelle collection, Monster Choupette. Nettement moins docile, l’animal y est représenté version cartoon.

www.karl.com

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a cuvée Brut Nature2006 est le fruit de plusieurs mois de travail et de dialogue entre Fredéric Rouzaud, directeur général de Louis Roederer, Jean-Baptiste Lecaillon, chef de caves, et le créateurPhilippe Starck. «C’est une rencontre : celle d’un terroir historique avec une année remarquable, celle d’une Maison à l’écoute de la nature avec un grand créateur», a dit Frédéric Rouzaud. La collaboration s’étend de l’élaboration même de la cuvée jusqu’à son étiquette. Un champagne «non dosé», comme le souhaitait Starck, un vin «à l’os», dépouillé, honnête… 2/3 de pinot noir, 1/3 de chardonnay, une belle couleur or jaune soutenue pour une cuvée vraiment exceptionnelle.

www.louis-roederer.com PA LACE COST ES NOVEMBRE / DECEMBRE 2014

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ans l’ambiance chic de sa boutique rue George-V, Marie Gas, fondatrice des boutiques multimarques ByMarie, sélectionne des pièces de créateurs établis et de talents émergents. Pour cette saison,Marie choisit la paire d’escarpins Elba version léopard noir et bleu nuit signée Rupert Sanderson.

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l’approche de Noël, la marque de bijoux italienne Angela Caputi propose de nouvelles collections élégantes et sophistiquées: la ligne «Square» aux formes géométriques et la ligne «Fume» qui joue avec les transparences, les nuances de gris mélangées à l’intensité du rouge carmin.

15 galerie Véro-Dodat, ParisIer.

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vec son esprit rive gauche, Rowena Forrest redéfinit pour sa dernière collection les indispensables en proposant un dressing féminin intemporel et élégant. L’esprit du détail et le confort des matières nobles sont ses signatures. Ici, le pull en laine mérinos tricoté main, la jupe patineuse en cachemire rehaussée de détails en agneau plongé, bonnet et mi-bas en laine mérinos.

23 rue du Cherche-Midi, ParisVIe.

8 avenue George-V, ParisVIIIe. 01 53 23 88 00. www.bymarie.fr


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Max&Moi, le luxe à prix raisonnable M

ax&Moi est la belle saga familiale d’une entreprise de négoce de peaux créée en1925 devenue, ces dernières années, une griffe de mode tendance. «Max Lederer était notre arrière-grand-père. Jusque dans les années1960, il achetait et vendait de la fourrure, du vison et du renard», raconte Alexis Lederer, directeur commercial de la société que préside son père, Hervé, et dont son frère,Elie, est le directeur général. «La génération de mes parents a ensuite introduit la maison dans la confection de prêt-à-porter en fournissant des pièces à de grandes maisons. Puis, au début des années 2000, nous avons souhaité utiliser cette expérience en lançant Max&Moi.» En 2005, Elie Lederer recrute Sylvie Simah, ancienne directrice de collection chez Ramosport, et positionne l’entreprise sur le créneau du luxe. L’originalité de la marque repose sur le travail de matières nobles et naturelles : le cuir, le cachemire, la soie et la fourrure en hiver. «Nos vêtements sont le résultat de la rencontre de différentes matières avec des coupes modernes qui en font des produits tendance, explique Alexis Lederer. La cliente Max&Moi vient chercher un produit de luxe confortable. C’est une femme active qui travaille et voyage. Elle veut un produit cosy, haut de gamme, et qui ne soit pas ostentatoire. Un luxe à prix raisonnable!» Constituée de 120pièces, du gilet aux leggins en cuir en passant par la parka, la collection joue sur les beiges et les noirs et propose un classique moderne avec des détails fashion. Si la fourrure, avec ses beaux manteaux, représente toujours une partie de la collection, elle n’est utilisée que par petites touches. Max&Moi surfe sur l’image de la Parisienne féminine et élégante, moderne et raffinée, qui fait son succès. L’heure est maintenant à l’internationalisation, avec des ouvertures de boutiques en Belgique, Suisse, Allemagne, en plus des 150points de vente à l’international.P H I L I P P E L A T I L www.maxemoi.com

“Max Lederer was our great-grandfather, and until the 1960s he bought and sold fur,” says Alexis Lederer, commercial director of Max&Moi, whose president is his fatherHervé and general director his brotherElie. “My parents’ generation brought ready-to-wear production to the house and then in the early 2000s we used this experience to create Max&Moi.” The clothes are luxurious chic, comfortable and made in noble materials – leather, cashmere, silk and a touch of fur – and are aimed at a clientele of active women who want “high-end products that are not ostentatious.”

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e sac bourse Sofolk en cuir de Bérénice. On aime ses détails, comme les clous en or vieilli et le jeu de lainage lie de vin sur le contour des losanges. Idéal pour affirmer votre look folk chic.

Le choc desmatières

Fe/Pinheiro

www.berenice.net

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ugo Matha, créateur aveyronnais, né il y a 23ans dans une famille de vignerons, a séduit la planète mode avec sa première collection de pochettes ultra-chics taillées dans des matières inattendues, comme le bois ou le plexiglas. Une élégance de haute facture 100% made in France. Cette collection de sacs joue sur les matières.Le bois ou la pierre sont des matériaux étrangers à la mode que j’ai eu envie de faire parler. C’est comme s’exprimer dans une langue différente, entamer une discussion avec l’accessoire et la matière. Tu dis de tes accessoires qu’ils sont faits pour «des femmes puissantes»… Puissantes dans leur démarche, leur attitude. Je pense que mes accessoires touchent des femmes libres qui ne sont pas enfermées dans des carcans de mode ou de style. Pour moi, ultra-féminité et esprit conquérant, c’est la même chose. L’accessoire dit quoi d’une femme? Son charme par transparence. Propos recueillis par S A N D R A S E R P E R O

www.hugomatha.com

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et hiver, Zapa réaffirme son amour du cuir. Il se décline en teddy, parka en peau lainée, veste zippée… Et bien sûr le caban en cuir de vachette. Une pièce intemporelle.

Hugo Matha, a 23-year-old French designer from a family of winemakers, has seduced the fashion world with his first www.zapa.fr collection of bags. Built of unusual materials, such as wood and Plexiglas, they are also 100% made in France.

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assionnée par les accessoires depuis toujours, Clarisse Virot a décidé de créer sa marque éponyme. Inspirée par les peaux précieuses, c’est avec le python qu’elle a choisi de commencer sa ligne. Ici, le cabasGeorgia en python turquoise, le sac à dos Madeleine en python narurel et noir et le sac Charly en python denim. www.clarisvirot.com

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our un hiver tout en douceur, la marque belge Essentiel propose une collection composée notamment de pièces en fourrure qui se portent en version XXL, pour pouvoir s’y emmitoufler. On reconnaît l’originalité de la marque, comme ici avec la veste en fourrure colorée Himmyfurpre, 100 % renard.

www.essentiel-antwerp.com

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ette saison, Les Petites collaborent avec American College pour développer un «maxi» teddy vendu dans les boutiques Les Petites et sur le site Internet. Les blogueuses @wichclothestoday, @intoyourcloset, @valentinehello soutiennent ce projet et se prêtent au jeu en prenant la pose! www.lespetites.fr


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Le caviar en famille

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aviari, c’est une histoire d’amitié et de famille. Jacques Nebot, passionné par le caviar, découvre dans les années1970 auprès des artisans pêcheurs iraniens les secrets d’un savoir-faire unique. Au fil des ans, d’un restaurant, Le Coin du Caviar,inauguré en 1985 à la présidence du groupe Hédiard, il rejointRaphaël Bouchez, fin connaisseur de ces grains délicieux, lorsqu’il crée Kaviari en 2011. Ensemble, ils font le pari d’installer cette nouvelle maison comme l’une des plus belles références de négociant-affineur en France et à l’étranger. Pour cela, ils sélectionnent les plus beaux caviars aux quatre coins du monde, apportant ainsi une qualité rare. Face à la disparition progressive des esturgeons en mer Noire et Caspienne, Kaviari a adopté très tôt une démarche écologiquement responsable. Pour cela, il travaille avec les meilleures fermes d’aquaculture : élevage des esturgeons dans des conditions naturelles, sélection attentive des œufs, fabrication suivant les conseils d’experts ira-

niens et affinage en chambre froide. Forte d’un savoir-faire en matière de caviar sauvage iranien, la Maison est devenue une référence dans la haute gastronomie et fournit désormais de nombreux chefs étoilés: Alain Ducasse, Yannick Alléno, Jean-François Piège, Guy Martin… La passion transmise à leurs familles, c’est tout naturellement que les enfants de Jacques rejoignent l’entreprise. Laurent, dont l’expérience à l’international permet de tisser des partenariats avec Shanghai et les Etats-Unis, puis, en 2010, Karin, dont la sensibilité veut installer la maison dans une belle modernité. www.kaviari.fr

Jacques Nebot first discovered the secrets of caviar in the 1970s with Iranian fishermen. In 2011 he cofounded Kaviari and began sourcing the best caviar from around the world using sustainable methods. Kaviari now supplies farmed and wild caviar to some of Paris’ best chefs, including Alain Ducasse and Yannick Alléno.

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n hommage à Kurt Cobain, initiateur du mouvement grunge, Hudson crée le modèle Melissa. Un jean slim dont l’effet used est entièrement fait à la main, rendant chaque modèle unique. Une collection en édition limitée, vendue en exclusivité chez Montaigne Market.

www.hudsonjeans.com

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arine Lecchi aime citer Maria Luisa Poumaillou : «Pour être élégante, il faut être juste en toute circonstance.» C’est cette ligne de conduite qu’elle se fixe pour créer ses collections. Des silhouettes d’apparence classique, un choix de belles matières, exclusivement italiennes ou françaises. Ici, la mini robe bimatièreRosace. 7 rue Saint-Martin, ParisIVe

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our la fin d’année, l’Hôtel Bourg Tibourgédite un bel objet sonore, un vinyle 33tours où l’on retrouve le meilleur de son habillage musical. Pensée par l’excellentGuillaume Sorge (cofondateur du label Dirty et directeur artistique du Red Bull Studio Paris), cette compilation retrace une histoire originale de la musique. Du Berlinois Nils Frahm à l’électro du Canadien James Teej, en passant par le jazz de Julie London, un joli voyage à travers les époques et le style. Un must have!Compilation en série limitée disponible à l’Hôtel Bourg Tibourg et en exclusivité chez colette.


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a capsule Extrait de Mode de la marque Un Jour Ailleurs, se compose de 18pièces intemporelles de l’ultracasual au plus habillé. Comme ici le pull rayé Jane en laine mérinos et cachemire, fabriqué en Italie.

33-35rue Tronchet, ParisVIIIe.

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L’art du tee-shirt

arque parisienne créée en2012 par deux amis,Tealer (contraction de «tee-shirt» et «dealer») est une vraie successstory. La petite entreprise a débuté dans le sous-sol d’un local du Sentier avec un concept audacieux pensé parJeff et Alex : vendre des tee-shirts aux impressions «cannabiques», fabriqués, coupés et imprimés sur place, puis livrés dans des pochons en plastique. Les demandes explosent. Tealer prend alors la Toile d’assaut et crée le buzz : une page Facebook likée par près de 170000 fans et un compte Instagram suivi par 13000 personnes. Fort d’une identité marquée et d’une fabrication 100% made in France, le duo crée une équipe et lance un site de vente en ligne. La marque se développe à la vitesse de l’éclair, se vend dans 80boutiques en France, dont colette à Paris, et s’exporte dans 30points de vente à l’étranger. Devient partenaire de festivals et soirées et prend même le géant Nike dans ses filets, qui signe une collaboration remarquée. Porté par l’inspiration de graphistes ultra-créatifs et autres jeunes âmes bien dans leurs baskets et leur époque, Tealer n’en finit pas de surprendre: «Les gens se sentent proches de nous, on parle shit et street, mais on n’est pas dans la provocation, confie Alex, qui ajoute: «Tealer, c’est plus qu’une marque de fringues, c’est une façon de vivre. L’idée, c’est que notre marque devienne un label qui touche plein d’univers.»

SANDRA SERPERO 11 rue d’Alexandrie, ParisIIe. www.tealer.fr Photographie Flavien Prioreau

Launched by two friends in 2012, Tealer (or “T-shirt dealer”) produces T-shirts that feature weed-inspired designs and are 100% manufactured in Paris. The brand was an instant hit and is now sold in 80 stores in France (including colette in Paris) and 30 abroad. “Tealer is more than a clothing brand,” says co-founder Alex, “it’s a way of life.” PA LACE COST ES NOVEMBRE / DECEMBRE 2014

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n 1764, on pouvait lire sur le livre de comptes de la Maison Ruinart l’expédition d’«un panier de 120bouteilles dont 60 bouteilles d’œilde-perdrix». Par «œil-deperdrix», comprenez un rose délicat aux reflets cuivrés. Cette année, Ruinart fête les 250ans de son champagne rosé. Cette cuvée gourmande est un assemblage de deux cépages : le chardonnay, qui apporte au rosé une fraîcheur aromatique, et le pinot noir, qui offre des arômes délicats de fruits rouges. www.ruinart.com


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Carnets parisiens

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otebook II, une édition limitée de huit carnets imaginée et conçue par l’Imprimerie du Marais –maison fondée en 1971–, qui a reformé son duo avec le studio allemand Deutsche & Japaner pour le design du packaging. Les carnets, quant à eux, sont signés par huit studios internationaux prestigieux. 16 rue Chapon, Paris IIIe. 01 42 72 10 56.

Art box

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ombat, c’est la première «art box», qui ravira les amateurs de photographie et autres néophytes grâce à ses découvertes culturelles et artistiques. Un coffret articulé autour d’un message positif comprenant un tirage numéroté, un portfolio artistique, une sérigraphie numérotée, mais aussi des surprises (invitations à des expositions, catalogues d’expos, livres, tee-shirts, sacs sérigraphiés…). En partenariat avec les musées et institutions de la capitale. Abonnement mensuel, 25 euros. www.wombat.fr

Subscribe to Wombat and every month you’ll get an “art box” containing a numbered photograph and print, an artist’s portfolio and extras such as invitations to exhibitions. Wombat has partnerships with many of Paris’s top galleries so the surprises should keep on coming.

A

lexandre Mareuil est spécialiste de la maroquinerie. L’atelier basé à Bordeaux ne fait appel qu’à des artisans d’exception. Ici, le sacViolette en cuir naturel. Inspiré de la cartouchière. Il trouve sa féminité et son élégance dans ses lignes fluides et sa fermeture en forme de pétale.

16 rue Vignon, ParisIXe.

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Jeu de dominos N

on, la dominoterie n’est pas un jeu de société. C’est un artisanat oublié, aujourd’hui ressuscité et revisité par trois possédés du XVIIIe siècle. Derrière Antoinette Poisson (alias la marquise de Pompadour)se présentent Julie Stordiau, Vincent Farelly et Jean-Baptiste Martin, créateurs papivores. L’éventail de leurs talents est sans limite. Ils se sont d’abord consacrés à la restauration de papiers peints anciens. Des scènes épatantes se jouaient sur papier, vastes paysages ou aimables chinoiseries habillant les salles et cabinets d’apparat de châteaux. Moins fastueux que la tapisserie, moins grandiose que la scène peinte, le papier peint n’en demeure pas moins un art délicat et fragile. L’équipe d’Antoinette Poisson se plaît à les restaurer. C’est dans ces vieilles demeures qu’ils ont redécouvert la dominoterie. Un savoir-faire particulier datant du XVIIIe siècle, précisément des années1720-1760. Les précieux n’avaient pas toujours les moyens de leur passion et, pour parer les lieux intimes, endroits réduits, alcôves et encoignures, malles, armoires, tiroirs… le cher tissu est remplacé par des papiers décoratifs. C’est la naissance de la dominoterie, la fabrication originelle de papiers peints. Côté technique, les «dominos» sont du papier vergé (à base de chiffon) imprimé à la feuille à partir de planches de bois gravées. Toujours de petits motifs, géométriques ou floraux, rehaussés de couleur à la main et au pochoir. Les papiers dominotés sont ensuite assemblés les uns à côté des autres (il faut 8 dominos pour 1mètre carré) pour créer un décor de papier peint. Julie, Vincent et Jean-Baptiste utilisent toujours la méthode de fabrication employée par les dominotiers du XVIIIesiècle. Ils ont recherché les planches originelles, les motifs anciens, et retrouvé les couleurs d’époque. D’autres motifs ont été adaptés au goût du jour. Au total, une

base de 17modèles de dominos déclinés en trois coloris qu’il est possible de superposer, et ainsi de multiplier à l’envi les combinaisons. Ce petit format s’appose aujourd’hui partout, devenant un élément de décoration original. Il séduit par ses motifs audacieux et charmants, la fraîcheur de ses coloris, la fragilité de la réalisation. Chaque pièce est unique, avec chacune ses accidents habilement mis en page. Le trio s’amuse de ces dominos: ils parent boîtes et carnets, lampes et lampions. Ils se sont aussi aperçus que la technique s’adapte parfaitement au tissu d’ameublement. Lins anciens imprimés et velours estampés à partir des mêmes planches gravées pour les papiers dominotés ont un rendu superbe sur des coussins ou le garnissage de fauteuils. Ainsi, dans leur showroom, trône une banquette XVIIIe recouverte de tissu imitant le cannage… Subtil. Edités à la feuille, les papiers comme les tissus seront bientôt disponibles au mètre, permettant un nouveau champ des possibles décoratifs. Les décorateurs américains en sont déjà fans. ANNE CARPENTIER Nouvelle adresse rue Saint-Sabin, ParisXIe. Sur rendez-vous uniquement.

Julie Stordiau, Vincent Farellyand Jean-Baptiste Martin created Antoinette Poissonto bring back to life the almost lost art of dominoterie . A predecessor to wallpaper,dominoterie dates from the 18th century – 1720-1760 – when it began to replace fabric as a wall covering. To make it, pieces of laid paper or dominos are printed using handmade blocks, with eight dominos making up a square meter. After searching for old patterns and colors, the trio now handprint 17 different styles so that each individualdomino is unique. The daring designs are now available for wallpaper and fabric.

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L’agenda très parisien Expositions Bonnes adresses Musique & Night

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Jeff Koons

eaubourg souhaite la bienvenue à Jeff Koons, artiste américain qui, à 59ans, domine la sphère médiatique du marché de l’art. Et c’est tant mieux, car, par le plus heureux des hasards de la programmation, on trouve, à la Monnaie de Paris, Paul McCarthy, un de ses compatriotes habile en provocation, malheureuse victime d’une agression pendant la Fiac, et, au Centre Pompidou, Marcel Duchamp, prince des sous-entendus, le père absolu de notre modernité. Le voilà donc en bonne compagnie, et, même si comparaison n’est pas raison, le visiteur aura au moins la possibilité de vérifier sur place la pertinence du lien qui, selon les professionnels de la profession, relie Duchamp à Koons en passant par Rauschenberg et Warhol. Cette première rétrospective en Europe est aussi l’occasion, selon Bernard Blistène, le directeur du musée et commissaire de l’exposition parisienne, de se débarrasser des préjugés qui courent sur l’artiste. Il faut dire que le personnage a fait et fait toujours couler beaucoup d’encre. Un de sesBalloon Dog, chien orange en acier inoxydable de 3 mètres de haut, a atteint aux enchères la somme record de 58millions de dollars. A la tête d’une entreprise qui emploie plus de cent personnes, celui qui fut le mari d’une star du porno italien délègue l’exécution de ses pièces à ses nombreux assistants. Adulé ou vilipendé, on en fait le (dernier) représentant idéal du néo-pop, et tout le monde sur ce point est d’accord. Remixant à volonté les icônes populaires des classes moyennes américaines, de Titi le canari à Popeye, sans oublier les chromos publicitaires, il surfe sur la vague de

la société de consommation, posant çà et là le regard joyeux de sa prolifique production. Les œuvres de ce peintre sculpteur flirtent avec la monumentalité des chiens et des lapins XXL. Le monde entier connaît le chiot (Puppy, 1992) de 12mètres de haut qui trône à l’entrée du musée de Bilbao. Couvert de 65 000 fleurs constamment irriguées, l’acier du support se convertit à la vie. Une obsession inscrite dans toutes ces structures gonflables qui sont des métaphores de l’optimisme. «L’image la plus morbide que je connaisse, dit-il, est celle d’un objet gonflable qui s’est effondré.» Alors, pour éviter tout affaissement inopiné, l’œuvre de Jeff Koons ne cesse de promouvoir un art gonflé. BERTRAND RAISON CENTRE POMPIDOU. Jeff Koons. La

rétrospective. Place Georges-Pompidou, Paris IVe. 01 44 78 12 33. Jusqu’au 27avril. Loved and loathed in (un)equal measure, Jeff Koonsis an artist who doesn’t make his own art (his studio employs over 100people who do), but who does make lots of money (one of hisBalloon Dogs, orange three-meter tall stainless steel mutts, was recently sold for a record $58 million). His work, which has always seemed part of a chain that links him to Duchamp and Warhol, does have the merit of monumentality, and not just in dogs (he does a mean rabbit). Now aged59, the American’s first major retrospective in Europe will soon open at the Centre Pompidou giving a new audience the chance to find out on which side of the great Koons debate they stand. «Rabbit», 1986 ; «Balloon Dog (Magenta)», 1994-2000; «Gazing Ball (Ariadne)», 2013 ©Jeff Koons


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Bruno Decharme

n ces temps de morosité, rien de tel que de porter ses pas vers la Maison Rouge, qui abrite, jusqu’au début de l’année prochaine, la collection d’art brut de Bruno Decharme. Résultat garanti, on en ressort euphorique. L’enthousiasme aidant, on se demande pourquoi l’art brut reste confiné dans les limites étroites d’une appellation qui rassemblerait l’art populaire, l’art des délirants et autres monomaniaques. En effet, les 200artistes présentés dynamitent allègrement toutes les tentatives de cloisonnement et ne souffrent aucunement de la comparaison avec l’art contemporain de nos cimaises. En tout état de cause, c’est plutôt ce dernier qui serait à la peine. Si l’art dit primitif a su s’émanciper de la tutelle de nos paresseuses catégories, pas de raison que l’art dit brut n’emprunte pas le même chemin. Précisons que le collectionneur n’a pas les yeux dans sa poche, d’où le plaisir à suivre l’itinéraire de ses choix. Et la liberté souffle, il suffit d’approcher l’escadrille de Hans-Jörg Georgi pour être subjugué par cette flotte aérienne faite de carton et de colle, suspendue dans l’espace, prête à tous les voyages. Le constructeur allemand de cette armada bringuebalante, né en1949, s’adonne depuis des dizaines d’an-

nées à modeler ces aéronefs épatants. Avions aussi fascinants que les plans concoctés, par Jean Perdrizet, de cette machine à écrire destinée à converser avec l’au-delà (1971). Oui, retenez bien cette exposition, le vent y souffle un oxygène insolent. BERTRAND RAISON LA MAISON ROUGE. Art brut. Collection

abcd/Bruno Decharme.10 boulevard de la Bastille, Paris XIIe. 01 40 01 08 81. Jusqu’au 18 janvier. If you’re looking for a sense of euphoria in these depressed times, head over theMaison Rouge and spend some time with Bruno Decharme’s collection of outsider art. The 200 artists on show explode any attempts to imprison them in genre or categories and reveal work that’s at least an equal of the best contemporary art. If you need proof, then just look at Hans-Jörg Georgi’s fleet of cardboard and glue planes suspended in space and ready to depart, or Jean Perdrizet’s detailed and beautiful plans for a typewriter designed to speak with aliens and ghosts. Hans-Jörg Georgi, «Ensemble d’avions», vue de l’installation à la Maison Rouge, collection abcd, photoMarc Domage.

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Mi-Hyun Kim

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u cœur de l’intime» est le thème de cette 17e édition du Mois de la photographie. L’artiste coréenne Mi-Hyun Kim a décidé de se placer non pas au centre, mais au seuil de cette intimité. Sa sérieAu seuil de l’amour saisit des instants pudiques. Les scènes se jouent souvent derrière des persiennes, dans les reflets d’une vitre, dans des intérieurs parisiens. Les photos sont volontairement floues pour garder la dimension confidentielle. GALERIE BAUDOIN LEBON.Mi-Hyun Kim. Au seuil…8 rue Charles-François-Dupuis, Paris IIIe. 01 42 72 09 10. Jusqu’au 6 décembre. Mi-Hyun Kim’s series Au Seuil de l’amourbrings together intimate, yet modest moments captured from behind shutters, in reflections and Parisian interiors. «Antoine et Guillaume», 2013 ©Mi-Hyun Kim, courtesy Baudoin Lebon.

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Autoportraits

es autoportraits photographiques ont bouleversé les codes: l’objectif est tourné sur soi-même, la photo ainsi prise devient le témoignage d’un état intérieur. Démarche expérimentale, autobiographie imagée, jeu de rôles ou de mise en scène… Cette exposition donne à voir les «selfies» de célèbres photographes. Chacun ayant une approche différente et originale. LES DOUCHES LA GALERIE.Autoportraits. 5 rue Legouvé, Paris Xe. 01 78 94 03 00. Jusqu’au 10janvier. Selfies by photographers includingViviane Maier and Bérénice Abbot who each bring their unique sensibility to this now-ubiquitous genre. Lucien Hervé, «Autoportrait, Paris», 1938 ©Lucien Hervé/courtesy Les Douches La Galerie. Vivian Maier, «Self-portrait», nd ©Vivian Maier/Maloof Collection, courtesy Howard Greenberg Gallery, New York /Les Douches La Galerie, Paris.

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Elliott Erwitt C

élèbre membre de l’agence Magnum, c’est à l’occasion de la sortie de son livreRegarding Women que la A.galerie propose de voir ou revoir 43tirages originaux du photographe. L’exposition est divisée en trois thèmes: les plus belles images du livre, les photos les plus célèbres, mais aussi des images inédites, comme le travail couleur de l’artiste. A. GALERIE.Elliott Erwitt. More than women. 4 rue Léonce-Reynaud, Paris XVIe. 06 20 85 85 85. Jusqu’au 20décembre. «Marilyn Monroe», New York, 1956 ©Elliott Erwitt /A. galerie. Forty-three original prints from veteran Magnum photographer Elliot Erwitt celebrate the publication of his bookRegarding Women.

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dant la guerre du Vietnam qui est devenue une icône du photojournalisme. Tout le monde s’en souvient… En fait, la photographie correspond à ma personnalité, c’est plus rapide, je vois tout de suite le résultat de ce que je prends. J’aime beaucoup les photographes qui sont précis et qui travaillent sur l’impact, comme Robert Mapplethorpe, JoelPeter Witkin, Pierre et Gilles. Dans l’un de vos entretiens, vous affirmez que vous ne croyez pas à la reproduction de la réalité et que vous préférez exposer votre propre fantaisie. Vous rediriez la même chose? Oui, exactement. Enfant, je rêvais beaucoup. Ma mère m’a raconté qu’une fois en voyant entrer mon père dans ma chambre, je lui aurais dit: «Mais fais attention, tu marches sur mon chien!» Nous n’avions pas d’animaux à la maison, sauf bien sûr ceux qui habitaient mon imagination. Je me sens toujours très proche de cette fantaisie. C'est pourquoi je me suis éloigné du photojournalisme. Mais, plus que la fantaisie, n’est-ce pas plutôt les émotions que vous mettez en scène? Oui, mais je voulais d’abord m’affirmer comme un bon professionnel. Et une fois que l’on a compris que l’on pouvait compter sur moi, disons à partir des années2000, cette approche ne me convenait plus. Conquérir le monde ne m’intéresse plus. Mon cheminement est devenu plus intérieur. J’essaie de comprendre la chorégraphie des émotions. Quand quelqu’un penche la tête d’un côté ou de l’autre, qu’est-ce que cela provoque chez le spectateur? La position des mains, le moindre geste finalement, changent complètement notre perception de l’image. J’ai découvert que la peinture a eu beaucoup plus d’influence sur moi que je ne l’avais réalisé. Le travail de l’ombre et de la lumière, l’architecl’affiche ce mois-ci à la galerie ture des corps m’intéressent de plus PalaceCostes, le photographe en plus. hollandais Erwin Olaf, mais ne devraitLa série «Keyhole», dont deux images sont exposées à la on pas dire metteur en scène, scénographe? Car depuis les années 1980, il a beaucoup œuvré pour la publicité, de Diesel galerie PalaceCostes, montre des portraits vus de dos… Jeans à Bottega Veneta, ce qui lui a permis de développer une Tourner le dos face à l’objectif suscite une atmosphère émoapproche très personnelle de son travail en studio, associée à tionnelle très forte et génère de multiples interprétations. un goût maniaque du détail. Cette volonté de recomposer la Se sent-on honteux, coupable, victime? Pense-t-on à une punition, à un viol? J’ai donc rassemblé dix photographies réalité, de ne jamais la traduire telle quelle, il la doit en constituant une famille dans laquelle il y aurait un secret. partie, confesse-t-il, au peintre et dessinateur Norman Chaque modèle qui me tourne le dos le fait d’une manière Rockwell (1894-1978), qui proposa une vision idéalisée et particulière exprimant des émotions différentes, ce qui me recomposée de la société américaine. Cela dit, il faut soulipermet de mettre en scène des récits différents. C’est ce que gner qu’en trente ans de carrière le photographe préfère la j’aimerais faire dans le futur en associant la vidéo, la photoligne noire à la ligne trop claire de l’idylle. graphie, le son et la lumière. Au gré de ses séries, on croise des clowns sulfureux, des femmes oiseaux, des grooms exhibitionnistes, mélangeant Propos recueillis par B E R T R A N D R A I S O N les critères du beau et du laid. Une petite musique obsédante Dutch photographer Erwin Olafhas been gradually moving le suit depuis ses débuts, et se renforce autour des away from the advertising imagery towards a more personal, années 2000. Elle contamine toute l’atmosphère des images artistic approach. Keyhole(2011), part of which is the next et surtout celle deKeyhole (trou de serrure,2011), une des exhibition at the Galerie PalaceCostes, is a good example of toutes dernières installations, qui expose dix portraits vus de this progression: 10richly detailed photographs of people dos. Ces figures enfermées dans leur solitude, le visage shot from behind. “Turning your back to the lens creates a tourné vers le mur, se débattent avec leur peur. Le piège really strong emotional atmosphere and creates multiple visuel est si bien construit que le spectateur cherche à déchif- interpretations,” he says. “Are they ashamed or victims? Each frer le mystère de ces silhouettes mises au secret. Rencontre. model has his or her back to the camera in a particular way to Vous avez suivi une formation de journaliste en Hollande, express different emotions, which allowed me to stage diffemais vous êtes passé du côté de la photographie… rent stories. It’s what I’d like to do in the future by mixing J’aime écrire, mais c’est une discipline très difficile. Prenez video, photography, sound and light.” la photographie de cette petite fille brûlée au napalm penè- «The Keyhole 2», 2011 ©Erwin Olaf, courtesy Galerie Rabouan Moussion.

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Erwin Olaf

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Luc Delahaye

e photographe revient avec une nouvelle exposition personnelle composée de 10œuvres réalisées depuis2011. Il continue son travail sur la représentation de la condition de l’homme dans le monde contemporain au moyen d’une approche documentaire. Cependant, il étend ici ses moyens d’intervention : prise directe sur le réel, mais aussi reconstitution d’une scène déjà vue, création d’une situation imaginaire avec des acteurs… Une première pour l’artiste. GALERIE NATHALIE OBADIA.Luc Delahaye. 3 rue du CloîtreSaint-Merri, Paris IVe. 01 42 74 67 68. Jusqu’au 17janvier. A new solo show of 10 works thatLuc Delahaye has created since 2011, featuring documentary work and reconstructions of scenes from real life using actors. «Boys Fighting», 2013, courtesy of the artist and Galerie Nathalie Obadia, Paris/Bruxelles.

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Kate MccGwire

’artiste anglaise crée depuis dix ans des oiseaux à partir de plumes de pigeon, de colombe ou de corneille patiemment récoltées, nettoyées et assemblées. Toute une faune inédite de formes mêlées, entrelacées, animées de mouvements. L’artiste sacralise ses curiosités en les mettant à l’abri dans des vitrines ou des cloches qui les prémunissent de la poussière et des maladresses. Un bestiaire sorti tout droit d’un conte de fées. MUSÉE DE LA CHASSE ET DE LA NA TURE.Kate MccGwire. Covert. 62rue des Archives, ParisIIIe. 0153019240. Jusqu’au 26janvier. Kate MccGwireuses bird feathers she patiently collects and sorts to create original sculptures that she then places under glass. It’s an imaginary bestiary out of a strange fairy tale.

es photographies de Michael Kenna –toujours en noir et blanc, de petits formats– immortalisent les monuments, les quais, les ponts de Paris, sans aucune présence humaine. Les lieux en deviennent mystérieux, les paysages ainsi capturés, oniriques. L’artiste, fasciné par les villes, pose un regard tendre sur la capitale et les lieux qui ont forgé son identité. MUSÉE CARNAVALET.Michael Kenna. Paris.16 rue des FrancsBourgeois, Paris IIIe. 01 44 59 58 58. Jusqu’au 1er février. Black and white, small-format photographs of Paris in which the lack of human presence makes the familiar strange and dreamlike.

©Kate MccGwire/La Galerie Particulière, photo JP Bland.

«Tree, Pont Royal and Louvre, Paris», 2013; «Pont des Arts, Study3, Paris», 2013 ©Michael Kenna/Musée Carnavalet, courtesy Galerie Camera Obscura.

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Michael Kenna

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énichés dans les archives du photographe américain, la Galerie Frédéric Moisan propose une sélection –Eclat-ordinaire– d’une trentaine de tirages allant de1950 à nos jours. Des photos en couleurs ou en noir et blanc, réalisées à l’argentique ou en numérique, qui capturent l’intimité des sujets rencontrés dans la rue, au hasard des lieux. «Ma sympathie allait vers les gens du quotidien. Ils sont le centre de ma photographie», disait l’artiste. GALERIE FRÉDÉRIC MOISAN.Jerome Liebling : Eclatordinaire. 72 rue Mazarine, ParisVIe. 01 49 26 95 44. Jusqu’au 6 décembre. Bringing together 30 images picked out ofJerome Leibling’s archives, the show confirms the American photographer’s interest in ordinary people, “the center of my photography.” «Morning in Monessen PA», 1983; «Butterfly Boy, NYC», 1949 ©Jerome Liebling, courtesy Galerie Frédéric Moisan (Paris) & Steven Kasher Gallery (New York).

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Bettina

ne exposition consacrée au mannequin Simone Micheline Bodin, dite Bettina, née en 1925. Une sélection de ses plus beaux portraits par Erwin Blumenfeld, Irving Penn ou Robert Doisneau… Reconnaissable à sa crinière rousse, ses petites taches de rousseur, son élégance naturelle, elle fut longtemps le mannequin vedette des plus grandes maisons de couture: Givenchy, Fath… Paris Match la désignera comme «la Française la plus photographiée de France». GALERIE AZZEDINE ALAÏA.Bettina. 18 rue de la Verrerie, ParisIVe. 01 42 33 93 18. Jusqu’au 11 janvier. artant du constat suivant: «L’énigme est constitutive Acollection of du fait photographique en soi»,Michel Frizot, histo- portraits featuring legendary model rien de la photographie, propose une sélection de tirages d’anonymes, d’auteurs oubliés ou d’amateurs. L’exposition and muse est intitulée «Toute photographie fait énigme»: le regard du Micheline photographe qui élabore son image avant de la concrétiser Bodin, better known as Betpar le déclenchement, celui des photographiés et celui du tina, by some of spectateur qui élit telle ou telle photo. photography’s MAISON EUROPÉENNE DE LA PHOTOGRAPHIE.Toute photographie fait énigme. Une collecte de regards, conçue et réalisée greats, including Erwin Blumenpar Michel Frizot. 5-7 rue de Fourcy, ParisIVe. 01 44 78 75 00. feld, Irving Penn Jusqu’au 25 janvier. and Robert Doisneau. “All photographs create an enigma,” curated by photography historian Michel Frizot, is a “collection of looks” «Bettina devant la vitrine de Van Cleef & Arpels, place Vendôme», by anonymous, forgotten and amateur photographers.

Toute photographie fait énigme

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«Réunion de modélistes, photo de presse», vers1930 ; «Anonyme», vers 1930 ©Collection particulière.

Paris, 1953 ©Jean-Philippe Charbonnier/Gamma Rapho. «Paris», 1953 ©Georges Dambier.

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eintures de Fiona Rae et de Jean-Pierre Bertrand, sculptures de David Mach… Où que l’on pose le regard, les œuvres d’art sont partout. Sur les murs, dans l’escalier, dans le jardin. On est à l’hôtel Beaubrun, siège de la société immobilièreEmerige, dans le Marais. «Nous recevons ici de grands donneurs d’ordre, des politiques, commente Laurent Dumas, créateur et directeur d’Emerige depuis vingt-cinq ans. Etre confrontés à ces œuvres leur permet de déconnecter du contenu de notre métier, qui est, il faut le reconnaître, plutôt lourd!» C’est pour vivre au milieu des œuvres qu’il aime, au bureau, chez lui, que Laurent Dumas est devenu collectionneur. «Je fais un métier de propriétaire, mais ce n’est pas posséder des œuvres qui m’importe.» Etonnant parcours que celui de ce chef d’entreprise qui, parti de rien, a su créer une société immobilière parmi les plus audacieuses et les plus florissantes d’aujourd’hui. Amateur d’art depuis toujours, c’est dans la foulée d’une quête intérieure qui le mène sur le chemin de Saint-Jacques-deCompostelle qu’il découvre l’œuvre de Bram Van Velde. Son cheminement spirituel, sa force d’introspection l’émeuvent et lui ouvrent la porte de l’art contemporain. «Ma collection, résume Laurent Dumas, n’a d’autre cohérence que la liberté de mon choix.» Avec une inclination néanmoins pour les œuvres qui suscitent un monde imaginaire, racontent des histoires, parlent de l’humain. «Plutôt Bruno Perramant ou Gérard Garouste que l’hyperréalisme !» A rebours des collections d’entreprise plus consensuelles, anonymes, celle-ci témoigne de la passion d’un homme qui ne se réclame que de son instinct. Une vingtaine de pièces de sa collection sont actuellement exposées et visibles par le public à l’hôtel Beaubrun. On peut y voir notamment des œuvres de Kader Attia, Erik Dietman, Dove Allouche, qui, chacune, ont été exposées selon le désir de l’artiste : «sur un mur peint en gris», «au milieu d’une pièce pour que l’on puisse tourner autour», «près d’une fenêtre et semblant rêver de la vie réelle»… Quel est le devenir d’une œuvre lorsqu’elle quitte l’atelier ? En quoi le contexte dans lequel elle est exposée peut-il en brouiller le sens, lui faire perdre de sa force? C’est tout cela qu’interroge cette démarche profondément originale. Emerige a été mécène de nombreuses expositions permettant notamment au public de découvrir l’extraordinaire exposition d’art brut du Museum

of Everything, de l’exposition Philippe Parreno au Palais de Tokyo, de celle des œuvres de l’Assistance publique présentée dans son espace de la Villa Emerige. Cette année qui marque le 25e anniversaire de l’entreprise marque également un tournant dans sa politique de mécénat. La création du Fonds de dotation Emerige pour le mécénat vise à recentrer son action autour de sa stratégie de marque liée à la ville, à l’architecture, au bâtiment. La future station Pont-Cardinet dans le quartier des Batignolles sera ainsi dotée grâce à Emerige d’une œuvre de l’artiste allemand Tobias Rehberger. Pour la rénovation de l’ancien hôtel des Douanes, rue de l’Université, Laurent Dumas a passé commande à l’artiste Gérard Garouste pour une fresque en céramique et l’ensemble de portes en bronze donnant sur la rue. «Intervenir dans la ville, faire en sorte que l’art puisse être partagé par tous, est au cœur de cette démarche. Cet automne voit aussi naître la première édition de la Bourse Révélations Emerige, qui permet d’offrir à de jeunes artistes, n’ayant pas encore de galerie, un tremplin vers la scène artistique professionnelle. Chaque année, un galeriste parisien –cette année, la Galerie Fabienne Leclerc– s’engagera à défendre le lauréat du prix.» Soutenir la scène française, artistes comme galeristes, est l’un des défis que Laurent Dumas s’est fixés, qui ne cesse d’être fier du patrimoine de son pays. Un air frais, on ne peut plus salutaire.

N A D I N E VA S S E U R «As I Run and Run, Happiness Comes Closer». Morceaux choisis d’une collection, hôtel Beaubrun, jusqu’au 20décembre. Bourse révélations Emerige. Du 26novembre au 20décembre.

Paintings by Fiona Rae and Jean-Pierre Bertrand, sculptures by David Mach: art is everywhere at property developer Emerige’s HQ in the historic Marais district of Paris. “We welcome clients and politicians,” saysLaurent Dumas, the company’s founder and CEO. “Being faced with these works allows them to disconnect from what we do, which, it has to be said, can be pretty serious!” He began collecting so he could be surrounded by works he loved. “My collection has no coherence,” he says, “apart from my freedom of choice.” Around20 of his choices are currently on show at the company’s HQ, including Kader Attia, Erik Dietman and Dove Allouche, each one exhibited according to the artist’s desires (“on a wall painted gray,” for one). For the company’s 25th anniversary, Dumas has changed the company’s patronage model and begun commissioning work specifically for urban spaces: the new metro station Pont Cardinet, for example, will have a work by German artist Tobias Rehberger. This autumn also saw the launch of a new Emerige-sponsored prize for young French artists, the prize a solo show in a Parisian gallery.

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Laurent Dumas, collectionneur et mécène GalerieCoullaud et Koulinsky


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u lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, les membres de l’Agence Magnum, en décidant de devenir les propriétaires exclusifs de leurs images, ont fait évoluer le rapport à la photographie. A la fois témoins et acteurs de leur temps, ils ont capturé les instants qui ont marqué l’histoire de Paris. Cette exposition retrace 80ans d’effervescence parisienne, des années1930 à nos jours en passant par Mai68. MAIRIE DE PARIS.Paris Magnum. La capitale par les plus grands photorepor’artiste américain débuta sa carrière ters. Place de l’Hôtel-de-Ville, ParisIVe. 01 42 76 40 40. Du 11décembre au 28mars. vers 1976, dans son petit appartement de l’East Village à New York par des «rephoAn exhibition that traces 80 years of Parisian history through the eyes of Magnum’s celebrated photographers from the 1930s to today via May 1968. tographies» : des diapositives publicitaires qu’il trouvait et dont il enlevait le slogan. Plus «Serge Gainsbourg et sa statue de cire au Musée Grévin», 1981 ©Guy Le Querrec/Magnum Photos. tard, il se mit au dessin, à la peinture, et commença à faire des collages à partir d’images trouvées (souvent des images considérées comme «vulgaires» à l’époque) auxquelles il ajoutait des lignes dessinées, des couleurs pâles. C’est cette série,New Figures, que la Galerie Almine Rech nous présente. ALMINE RECH GALLERY.Richard Prince. New figures. 64 rue de Turenne, ParisIIIe. 01 45 83 71 90. Jusqu’au 20décembre. New Figuresis a collection ofRichard Prince’s collages of found images and drawings.

Richard Prince

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«Untitled», 2013 (pour chacune des deux œuvres) ©Richard Prince, courtesy of the Artist and Almine Rech Gallery.

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James Franco

ames Franco, plus connu comme acteur que comme artiste, présente pour la première fois en France ses tirages argentiques dans lesquels il se montre dans des poses, des vêtements et des mises en scène inspirés des images de Cindy Sherman. GALERIE CINÉMA.James Franco. New film stills. 26 rue Saint-Claude, ParisIIIe. 01 40 27 09 22. Jusqu’au 3janvier. Renaissance man James Franco presents New Film Stills, in which he photographs himself recreating celebrated Cindy Sherman images. «New Film Stills», 2013 ©James Franco. PA LACE COST ES NOVEMBRE / DECEMBRE 2014

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Les Expositions

Jardin Rouge, Marrakech, le paradis des artistes I

l existe au milieu des cailloux et de la poussière, à 18 kilomètres de Marrakech, un paradis pour les artistes. Un lieu rare, unique sûrement, une sorte de Villa Médicis du désert, une oasis de l’art où fleurissent toiles et sculptures, des œuvres d’art surprenantes produites par de jeunes artistes talentueux. C’est un homme d’affaires, Jean-Louis H., qui finance l’incroyable projet Jardin Rouge. Très jeune, l’homme a quitté sa famille, pour grandir dans la rue, avant d’être recueilli par un proche de René Char et de fréquenter le milieu artistique de l’époque, puis de se lancer dans les affaires et de faire fortune comme intermédiaire pour de grands industriels internationaux. Aujourd’hui, devenu riche, il veut rendre aux autres ce que la vie lui a donné. Sans se mettre en avant, soucieux de rester discret et pudique. Concentré sur le bien-être des artistes qu’il aide et encourage. L’histoire est belle. Et le lieu qu’il a créé de ses mains, magique: d’abord un immense jardin, planté d’oliviers, de palmiers et d’arbres fruitiers, avec, bien sûr, une belle piscine, et des maisons ocre éparpillées avec chambres et terrasses dans le plus pur style marocain, de grands salons confortables ornés de dizaines de tableaux colorés, un patio avec une fontaine et, au centre, les ateliers d’artiste. Là, de jeunes créateurs viennent en résidence, plusieurs semaines, voire des mois, travailler à leur art. Tout est fourni, toiles, pinceaux, bombes et pots de peinture… Les résidents sont nourris, logés, et baignent dans un climat chaleureux, serein, propice à la création. Seul leur travail artistique doit compter. Ils sont même assistés dans leur travail par des artisans locaux, spécialisés dans la décoration de mosquée. Les premiers hôtes de Jardin Rouge avaient été choisis dans les milieux du street art international et en particulier

russes. Aujourd’hui, la fondation s’ouvre à d’autres styles artistiques. Depuis six mois, sous l’impulsion d’une jeune Française, Estelle Guilé, qui travaillait dans le milieu artistique au Maroc, le Jardin Rouge connaît un nouvel essor. Elle a pris en charge l’organisation du travail des artistes. Désormais, des expositions seront régulièrement montées, où tout ce que la région compte d’amateurs d’art sera convié et où les œuvres produites dans le village d’artistes seront mises en vente. A n’en pas douter, grâce au Jardin Rouge, l’art va fleurir à Marrakech.

Eighteen kilometers from Marrakech surrounded by stones and dust sits theJardin Rouge (Red Garden), a haven for artists funded by a discreet businessman called Jean-Louis H. It’s a magical place: a huge, tree-filled garden, with a beautiful swimming pool, and, dotted around, comfortable ochre houses with attached studios for visiting artists. Housed, fed, provided with materials, only the artists’ work counts. Managed for the past six months by Estelle Guilé, the Jardin Rouge is now open to a wider range of artists than its early days and will now stage regular exhibitions, as well as sales.

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Peinture Loïc FenX

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Les Expositions

Roberto Frankenberg

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a Shoah fait partie de mon histoire.» C’est en interrogeant son père, rescapé des camps de la mort, que Roberto Frankenberg a ressenti le besoin d’explorer les traces de son passé. Il est parti marcher à travers la Pologne et la Lettonie… Aujourd’hui, il ne reste aucune trace visible, juste des forêts, des clairières, des monuments commémoratifs. «Je ressens une dimension invisible difficile à expliquer. J’éprouve le besoin de photographier l’absence, la mémoire…»

MAISON DE LA CULTURE YIDDISH.Roberto Franken-

berg. Traces. 29 rue du Châteaud’Eau, ParisXe. 0147001400. Jusqu’au 15janvier. Roberto Frankenberg’s father survived the Nazi death camps. After talking to him the photographer set out to visit their locations in Poland and Lithuania. He avid LaChapelle revient à la Galerie Templon avec deux séries ultra-colorées:des found only forests, clearings épreuves chromogènes obtenues à partir de négatifs couleur. L’une, intituléeLand Scape, représente des raffineries de pétrole photographiées dans des déserts et sur le littoral and commemorative monuments, but, he says, “I felt a de Californie. L’autre, Gas Stations, montre des stations-service dissimulées au cœur de la real need to photograph the végétation de la forêt de Maui. absence, the memory.” GALERIE DANIEL TEMPLON.Land scape. 30 rue Beaubourg, ParisIIIe. 01 42 72 14 10. Jusqu’au 23 décembre. «Camp d’extermination de Treblinka», Two new, typically colorful series fromLaChapelle: Land Scape features oil refineries in the Pologne ©Roberto Frankenberg. deserts and on the coastline of California, whileGas Stations reveals the eponymous spaces hidden in the forest vegetation of Maui.

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David LaChapelle

«Land Scape Emeral City», 2013; «Gas 76», 2012 ©David LaChapelle, courtesy Galerie Daniel Templon, Pariset Bruxelles. PA LACE COST ES NOVEMBRE / DECEMBRE 2014

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Les Expositions E t o n n a n t s Pa r i s i e n s

Mathias Coullaud et Audrey Koulinsky Galeristes singuliers

Antonin Brousse

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n à peine plus de deux ans, la Galerie Coullaud&Koulinsky a su affirmer une identité singulière sur la scène parisienne. Quand ils se sont rencontrés, Mathias Coullaud et Audrey Koulinskyvenaient d’univers différents. Fils et petit-fils de collectionneur, il avait fait un long détour dans le monde du spectacle vivant avant de renouer avec la passion familiale. Elle était professeur d’économie à l’université mais passionnée d’art depuis toujours et collectionneuse ellemême. «C’est un métier de passion, il n’exige aucun diplôme. On devient galeriste quand les autres vous reconnaissent comme tel.» Leur singularité tient davantage à leur démarche. Leur galerie ne propose pas d’expositions monographiques consacrées aux divers artistes qu’ils défendent –Steven Cohen, Ralf Marsault, Cécile Babiole, pour ne citer qu’eux–, mais des expositions thématiques comme pourraient en proposer des institutions muséales. Premier thème qui les occupe et qu’ils déclinent deux fois par an : celui du corps. L’automne dernier, «Corps en œuvre» réunissait des artistes tout à la fois chorégraphes, danseurs et plasticiens. «Aucune galerie au monde ne s’est spécialisée dans les œuvres plastiques des chorégraphes, et pourtant ils sont nombreux, à commencer par Jan Fabre ou William Forsythe, pour ne citer que les plus célèbres. Ces artistes ont une manière spécifique et très cohérente d’aborder le thème du corps, en ayant recours aux médiums les plus divers.» Cet automne, avec «In absentia», c’est au tour du corps et de sa vêture d’être mis à l’honneur. Une exposition qui mêle arts plastiques et haute couture. Leur deuxième fil directeur est celui de la transmission, comme en témoignait déjà au printemps dernier une surprenante exposition consacrée au «DrAlbert Delucq», véritable aïeul de Mathias Coullaud se glissant dans la peau e d’un collectionneur imaginaire né à la fin du XIX siècle et dont la collection se serait constituée jusqu’à nos jours. Mélange d’œuvres disposées dans un intérieur classique reconstitué et d’autres disposées dans un espace reprodui-

sant le Cube blanc, devenu le standard des lieux d’expositions d’art contemporain. Une mise en scène qui interrogeait la question de la transmission chez les marchands et les collectionneurs, mais aussi la transmission du goût. «Contrairement à ce que l’on croit, le White Cube n’a pas été imposé par les galeries ni les musées, mais par les artistes contemporains eux-mêmes, qui ont refusé le système d’ornement et ont exigé des collectionneurs qu’ils leur dédient un espace spécifique pour l’exposition de leurs œuvres.» A partir du 15décembre, la galerie proposera de réfléchir à l’influence de Jean Cocteau sur l’art contemporain. Et bientôt, dans un lieu encore tenu secret, une exposition consacrée aux années Palace et à son influence sur notre esthétique actuelle. En quoi les années1960 et 1970 nourrissent-elles encore les artistes d’aujourd’hui? Que s’est-il transmis jusqu’à nous de cette époque? L’exposition présentera notamment des œuvres de Gérard Garouste et de Pierre et Gilles. Pourtant, qu’on ne s’y trompe pas. Vous n’êtes pas ici au musée. Ici, comme dans toute galerie qui se respecte, tout est à vendre.N A D I N E V A S S E U R 12 rue de Picardie, ParisIIIe.

Founded by Mathias Coullaud – son and grandson of art dealers – andAudrey Koulinsky – ex-university economics professor and art collector –Galerie Coullaud & Koulinsky does not stage solo exhibitions, like a normal gallery, but rather thematic shows, like a museum. So, for example, there are twice-yearly shows about the body (which allows them to invite artist-choreographs). Their other founding idea was about how art is passed on, as seen in a recent surprising show called Dr. Albert Delucq. Based upon a fictional 19th-century art collector, it contrasted two gallery spaces – a rebuilt Victorian gallery and a contemporary white cube – to investigate how dealers and collectors help pass on art (and their tastes). Thanks to the gallery’s museum-like airs, it’s sometimes easy to forget the vital difference: here everything is for sale.

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Dans l’Intimité d’un Collectionneur

Jacques-Antoine Granjon Insuffler la culture de la création

«L

a clé dans l’art, après l’émotion, c’est la connaissance.» Jacques-Antoine Granjon se souvient de la passion de son grand-père pour Fernand Léger;un univers fascinant pour cet entrepreneur de travaux publics qui aurait bien voulu acheter des tableaux de l’artiste, «alors que sa femme l’en empêchait en lui disant que cela ne servait à rien». JacquesAntoine Granjon révèle son ancrage fondateur : avoir eu la chance de voyager et de parcourir les musées avec ses parents, qui, sans être des collectionneurs, l’ont très tôt intéressé à l’art, lui ont donné «une ouverture d’esprit, une éducation et le goût d’entreprendre». Après des études de commerce, il crée à 22 ans une entreprise de déstockage; gagne sa vie vite, vit intensément la créativité de son époque, traduit le travail acharné en vie, la vie en plaisir décomplexé. Une expérience de terrain sans cesse développée qui fondera une réussite fulgurante

dès 2004, récompensant quatre difficiles années de constance pionnière dans l’e-commerce. Sa première œuvre? A 22 ans. Un tableau du peintre russe Igor Andreev, Le Chien jaune,payé en 10fractions de 1 000 francs à la Galerie Down Town, aujourd’hui installé dans la chambre de son fils. Suivront les artistes de l’effervescence artistique des années 1980, Combas, Basquiat… Un lien fort avec le designer Pucci De Rossi. Première Fiac en 1985, entraîné par son amie de l’époque Cécilia de Rosnay. Sa collection ? «Je ne me définis pas comme un collectionneur, mais comme un acheteur compulsif guidé par l’émotion.» Il accumule, absorbe à travers ses acquisitions émotionnelles tous les signaux propres à son époque, révélés par les artistes actuels : poésies urbaines (BP, Takis, César),

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icônes (David LaChapelle), force expressive d’images (Erwin Olaf), de mises en scène (David Mach) , symboliques contemporaines à l’esprit néo-pop (Sylvie Fleury). Dans son bureau règne un chaos apparent, organisé autour de deux œuvres en pôles inversés : derrière son siège, une peinture de Yan Pei-Ming achetée en1994, un portrait de Mao, dont une partie du visage est violemment effacée par un coup d’éponge, rappelle «l’impermanence du monde» ; face à lui, une photographie de Pierre et Gilles intitulée L’Importance d’être constant. Un seul regret, de nombreuses pièces encore dans des caisses qui attendent leur place. L’argent ? «L’argent me permet de faire beaucoup de choses; il est fait pour circuler; je suis pour imposer ceux qui ne le font pas circuler...» L’art contemporain ?«Je suis sensible au vivant sous toutes ses formes.» Les œuvres de sa collection personnelle se tissent avec saveur dans l’activité des espaces de travail de vente-privee.com et agissent comme des stimuli visuels sur les collaborateurs et les visiteurs. «Ce qui compte pour un entrepreneur, c’est d’être créatif.» Quoi de mieux que la proximité des artistes pour décadrer les esprits, insuffler la culture de la création dans la vie de l’entreprise? Les artistes «font réfléchir, donnent un angle de vision différent, révèlent et exorcisent la comédie humaine de la vie». Jacques-Antoine Granjon, également président du conseil d’administration du Palais de Tokyo depuis2012, a une obsession citoyenne en tête: «L’art doit être au cœur de la cité.» Favoriser et démultiplier l’accès des musées aux jeunes Européens par des ventes de packs d’abonnement sur vente-privee.com, après le succès de ce catalyseur hors pair pour le Palais de Tokyo.

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Jacques-Antoine Granjon bought his first work of art aged 22, the same age he set up his first business:Le Chien jaune by Russian painter Igor Andreev, today hanging in his son’s bedroom. “I don’t see myself as an art collector,” he says, “but as a compulsive buyer guided by emotion.” These feelings have led him to buy works by BP, Takis, César, David LaChapelle, Erwin Olaf, David Mach and Sylvie Fleury, among others. In his seemingly disorganized office he has a painting of Mao by Yan Pei-Ming behind his chair and facing him, Pierre et Gilles’L’Importance d’être constant. For him, “Art has to be at the heart of the disadvantaged neighborhoods,” which is why his website, vente-privee.com, now sells reduced-price tickets to top European museums to the young.

V I R G I N I E B E RT R A N D & N I NA R O D R I G U E S - E LY Observatoire de l’art contemporain, plateforme de décryptage. www.observatoire-art-contemporain.com

Olivier Roller

Yan-Pei Min, «Mao». Erwin Olaf, «Moving Targets». César, «Compression». David Mach, «Piranesi Urn», «Laid Back» et «It Takes Two».

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Ventes aux Enchères

Maison de ventes aux enchères,49 rue SaintSabin, Paris XIe. Du mardi au samedi, de 13h à 21h. Estimations sans rendez-vous tous les samedis. 01 55 28 80 90. contact@fauveparis.com www.fauveparis.com FauveParis, c’est aussi un salon de thé-bar à vins unique à Paris, «L’Abreuvoir», ouvert toute l’année aux amoureux des bonnes choses. Du mardi au samedi, de 13h à minuit, entrée par le 38 rue Amelot, ParisXIe.

Tony Duquette (1914-1999), «Symbolizing the Eternal Immuable Mother Nature Energy of the Planet Earth», spectaculaire collier en améthystes et nacre, 8 000 / 12 000€.

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auveParis, l’impertinente maison de ventes parisienne, organise le 18 décembre prochain dans son espace du haut Marais «Luxe, calme et volupté», «la» vente événement de cette fin d’année proposant des bijoux, montres et objets de vitrine incontournables. Pour l’occasion, un hommage particulier sera rendu au créateur californien Tony Duquette (1914-1999), icône du design américain. D’abord créateur de costumes et de décors pour l’industrie cinématographique

dans les années 1930, Tony Duquette est vite adopté par le Tout-Hollywood, Greta Garbo, Fred Astaire et Gloria Swanson en tête. Brillant touche-à-tout, il fonde sa propre maison de décoration d’intérieur en 1956, donnant naissance à un style surréaliste, baroque et glamour reconnaissable entre tous. A l’image de ces bijoux mêlant pierres semi-précieuses, verre et cristaux multicolores. Estimations entre 5 000 et 50 000€.

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Charlotte Moulard pour FauveParis

Luxe, calme et voluptéHollywood in Paris


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Ventes aux Encheres

La Dolce Vita,

une invitation au voyage

«V

iva Italia !» L'Italie de l'Antiquité à nos jours, c'est ce que vous propose FauveParis en première partie de la vente du 8 décembre.Rendez-vous dès le 12 novembre chezFauveParispour deux semaines d’exposition inédite confrontant objets étrusques, peintures du XVIIe siècle, design, robes de haute couture et art moderne et contemporain. Vente le 8 décembre à 19h. Estimations de 300 à 30000 €. Mariano Fortuny (1871-1949), Robe en velours et soie plissé, 10 000 /15 000 €. Lola Vitelli, «At Four Corners of the Heart», 2007, 8 000 / 12 000 €. Annibale Oste (1942-2010), «Tavolo con drappo», 1984, 18 000/20 000 €. Annibale Oste (1942-2010), «Lampada corallo», 2004, 2 000/3 000 €. Affiche de «La Dolce Vita», 1 500 / 2 000 €. Le Piranèse (1720-1778), «L’Arc de Constantin», eau-forte, 1 000 / 1 500 €. Félix-Alexandre Desruelles (1865-1943), «Tête de Bacchus», terre cuite, 400 / 600 €. Prochaines ventes 8 décembre 2014: «D’ici et d’ailleurs» :de «La Cité interdite» à «La Dolce vita», arts d'Asie, art indo-portugais, arts premiers + archéologie, art moderne et contemporain, design italien. 18 décembre 2014: «Luxe, calme et volupté», bijoux précieux, montreset objets de vitrine. 20 janvier 2015: «You rock !», instruments de musique et photographies inédites des stars du rock des sixties. 12 février 2015: «Quelles histoires !», œuvres d’art, mobilier et dialogues.

De la langoureuse Asieà la

brûlante Afrique...

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e 8 décembre, FauveParis embarque aussi pour l’Extrême-Orient en longeant les côtes africaines avec sa vente «D’ici et d’ailleurs». Ivoires de Goa, art tribal, jade d’époque Qianlong, terrine couverte en porcelaine Ming... la chasse au trésor est ouverte! Estimations de 800 € à 50 000€.

Tshokwé, Angola, tabatière en bois sculpté, 800/1 200 €. Goa, XVIIe siècle, «Christ au Bon Pasteur» en ivoire, 1 000/1 500 €. Epoque Ming (1368-1644), terrine couverte en porcelaine. Epoque Qianlong (1735-1796), rare jade gravé de pivoine et d'un poème, 30 000/50 000 €. PA LACE COST ES NOVEMBRE / DECEMBRE 2014

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Nos Bonnes Adresses

Sébastien Gaudard C

omme nous avons le Godard atypique du septième art, nous avons le Gaudard de l’art pâtissier. Délicieux succès auprès des épicurieux du IXe, rue des Martyrs. Il investit un lieu exceptionnel aux abords du Louvre où il décline un salon de thé sur trois niveaux:l’atelier, la boutique et le salon. Tout est mis en scène pour qu’au plaisir du palais s’associe le plaisir des yeux. Une belle lumière baigne l’espace, tapissé d’images d’Epinal (dont une Jeanne d’Arc, adresse oblige), de marbre de Carrare et de velours couleur miel doré. On y retrouve ses classiques, les gâteaux d’antan qu’il fait ressurgir du passé en archéologue de la pâtisserie: mussipontain, baba au rhum, duchesse (le vrai nom des éclairs)… et des petites nouveautés telle la tarte au thé darjeeling aux notes de caramel, de fruits secs et de châtaigne. Une carte salée aussi, au déjeuner, où le travail d’orfèvre se retrouve dans le feuilleté du vol-au-vent ou dans l’agencement de la tourte lorraine à accompagner d’un bancha hojicha, un thé légèrement torréfié. En boutique, les fans s’arrachent

les mugs, les barbotines de Saint-Clément, les fruits déguisés et les fruits confits, les confiseries de toutes saveurs et sa nouvelle gamme d’«aide à la pâtisserie» avec gousses de vanille et chocolat à cuire. In fine:2 lieux, 6 métiers différents, 35personnes et Hot Dog (le chien de Sébastien) qui se fait une joie de se promener aux Tuileries ! Et son gâteau le plus glamour? Le puits d’amour aux fruits rouges! AC LA PÂTISSERIE DES TUILERIES. 1 rue des Pyramides, Paris Ier. Pâtissier Sébastien Gaudard has expanded from his original shop on Rue des Martyrs and openedLa Pâtisserie des Tuileries, a delightful tearoom right next to the Louvre. Bathed in natural light and surrounded by French images (including Joan of Arc, of course), Carrera marble and golden velvet, you’ll discover classic French cakes and new sweet inventions. There is also a savory menu, which displays the same attention to delicious detail.

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La Belle Epoque

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uand un élégant bistrot fait tout pour nous séduire, pourquoi résister ? Derrière sa façade vitrée, La Belle Epoquea conservé son costume de bal avec ses belles mosaïques et ses faïences d’origine qui dessinent les contours d’une salle extra-large où se pose un comptoir boisé. A la carte, des plats aux ingrédients de saison, des incontournables de brasserie (salade césar, poireaux vinaigrette, burgers…) et des spécialités bien balancées. Le petit plus: service non-stop de midi à minuit pour les appétits décalés. Et ça, ça nous plaît. LA BELLE ÉPOQUE. 36 rue des Petits-Champs, ParisIIe 0142963333 A beautiful interior of original ceramics and mosaics complements a menu featuring well-cooked bistro fare and some well-balanced specials. And it serves non-stop from midday to midnight.

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Trandline

ette nouvelle adresse dans le VIIIe arrondissement s’érige en temple de la beauté façon palace. Dans un vaste appartement haussmannien aux multiples alcôves et autant de salons, bois précieux, rideaux épais, parquet chaud et effluves délicats réveillent la volupté. La beauté s’offre ici une autre dimension autour d’une carte étoffée de soins qui viennent sublimer les cheveux, raviver l’éclat de la peau, magnifier les ongles et gommer les tensions. Mentions spéciales pour le massage tibétain (60 min) et la réflexologie plantaire (45min), qui poussent l’effet feel-good à son maximum. Les plus: un room service, un salon privé et un service voiturier. Le tout? Déconnectant. TRANDLINE. 64 rue Pierre-Charron, ParisVIIIe. 01 44 13 88 88. www.trandline.fr A five-star beauty salon in a beautiful, typically Parisian apartment. It’s a voluptuous space for exceptional treatments such as an hour-long Tibetan massage. There’s also room service, a private salon and valet parking.

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Cigare Bar

e lieu élitiste qui célèbre les volutes rondes et épicées des cigares des amateurs de havanes suspend le temps dans un décor au charme classieux signé Maison Martin Margiela. Boiseries brutes, sol noir et profonds fauteuils club en cuir brun, ce salon luxueusement voluptueux fait le bonheur des fumeurs de cigare. Une ode au bon temps. CIGARE BAR. Hôtel La Maison Champs-Elysées, 8rue JeanGoujon, Paris VIIIe. 01 40 74 64 65. An elitist space for cigar lovers designed by Maison Martin Margiela, all black wood and deep club armchairs. An ode to smoking pleasure.

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Nos Bonnes Adresses

L’Habibliothèque

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éinventer le shopping ? C’est l’idée de départ de trois jeunes sœurs bien dans leur temps et expertes en mode, qui proposent aux femmes d’essayer une marque, un modèle ou un style avant de l’adopter. Comment ? Dans leur concept store ou sur leur site Internet, les pièces de créateurs (Cacharel, Poe, NC2, Gat Rimon, Laurence Doligé…) s’empruntent via trois formules d’abonnement (un mois, 50 euros ; six mois, 40euros par mois; douze mois, 30euros par mois) . Ensuite, chaque pièce empruntée coûte 5euros pour dix jours de prêt, pressing et retour offert. Et, en cas de coup de cœur, à L’Habibliothèque, il est toujours possible d’acheter une pièce neuve à prix préférentiel. Le plus: chaque fin de saison, une vente privée sur le stock d’occasions. Intelligemment tendance. L’HABIBLIOTHÈQUE. 61 rue de Saintonge, ParisIIIe. 09 81 43 43 43. www.lhabibliotheque.com Ever thought of renting your designer clothes? Well, now you can for €30-50 a month and €5 for each piece borrowed for 10 days (cleaning included). And if you really love a piece you can buy it at a discounted price. Smart!

Loup

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près avoir officié au Napoléon, Rafal Gruszkiewiczvient de redonner vie à un troquet tout décrépi du cœur des Halles pour le transformer en lumineuse et conviviale brasserierôtisserie avec ses jolis ophie Mechaly, la créatrice de la marquePaul & Joe, murs de pierre sur fond bleu canard, vieilles ampoules susrêvait depuis longtemps d’«habiller» la maison comme elle le fait pour ses collections. C’est en s’associant à pendues et authentiques bancs spaghettis. Appétissants Madura, célèbre marque de décoration d’intérieur, qu’elle poulets et dodus cochons de lait qui rôtissent sous nos yeux, salades bien garnies ou encore copieux magrets de canard et a pu créer une collection capsule distribuée dans toutes les boutiques Madura. Une collection en deux lignes: la pre- succulentes pommes de terre grenaille, leLoup sait y faire pour nous ouvrir l’appétit. Mention très spéciale pour le mière, très british, inspirée de scènes divin burger qui figure déjà dans le palmarès de nos préde chasse à courre; la seconde avec férés. En plus d’un service chic, souriant et sympa, vous des imprimés très colorés, ornés de comprendrez pourquoi tout le monde s’y précipite déjà. guépards et de fleurs.www.madura.fr LOUP. 44 rue du Louvre, ParisIer. 01 42 36 73 23. Ouvert de8h PAUL & JOE. 2bis,rue Commines, ème Paris III . à 2h du matin. After having run Le Napoléon,Rafal Gruszkiewiczhas Sophie Mechaly– the designer of turned an old restaurant near Les Halles into an airy, lightPaul & Joe– has long dreamed about filled and convivial brasserie specializing in roasts. Chicken, dressing her house as she does her suckling pig, big salads and a divine burger (already in our collections. So she teamed up with top three) are complemented by service with a smile. Madura and created a capsule collection of cushions, bed linen and curtains.

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Paul&Joe

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La Jeune Rue

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Ibaji

vec sa mosaïque du sol au plafond, ses branches de noisetier et ses paniers multicolores, cette cantine coréenne, installée dans la Jeune Rue, a pulvérisé les clichés asiatiques sous la patte habile de la décoratricePaola Navone. Dans cette échoppe de poche (20places)où l’on joue des coudes autant que des couverts, ce joyeux décor nous prépare à découvrir la cuisine coréenne impeccablement orchestrée par le chefSukwon Yong sous l’œil d’Antonin Bonnet, le chef duSergent Recruteur. On peut commencer par une miyuk gouk (soupe aux algues et aux moules), suivi d’un samgyupsal dup-bap (riz aux céréales garni de ventrèche de porc grillé), sans faire l’impasse sur les fameux korean fried chicken (KFC), plus relevés et croustillants que jamais! Pour finir: un yaourt glacé au thé vert, des cookies aux flocons d’avoine, chocolat et raisins secs, ou une gaufre au sésame noir, crème fouettée, noix caramélisées et cannelle. Un véritable choix cornélien! IBAJI. 13 rue du Vertbois, ParisIIIe. 01 42 71 67 81. Small (20 covers), stylish (designed byPaola Navone) and delicious (thanks to chefSukwon Yong), Ibaji is an impeccable Korean canteen where you want to try everything.

Caroline De Marchi

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uand une élégante Italienne qui a fait ses classes chez Ungaro crée une marque de maroquinerie de luxe, cela pique notre curiosité. Si, à cela, vous ajoutez des cuirs précieux, des peaux exotiques, une fabrication artisanale dans des ateliers milanais et des modèles au chic créatif en éditions limitées, là, nous sommes conquises. De l’emblématique Cubo, star de la maison, qui se décline en quatre tailles et se customise à l’infini, aux généreux cabas complices du quotidien, en passant par les précieuses minaudières exaltantes de féminité, tous capturent nos envies et signent l’allure. CAROLINE DE MARCHI.217 rue Saint-Honoré, ParisIer. 09 53 58 35 73. An elegant Italian who has worked at Ungaro begins handmaking high-end bags from precious skins in a Milanese workshop. What’s not to like? Her star bag is theCubo, but the generous shopping bags and precious little clutches are rather darling, too.

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remière adresse pour le chef japonais Ryuji Teshima, alias Teshi, passé derrière les fourneaux d’Alain Senderens, qui s’inscrit avec élégance dans les tables incontournables de cette rentrée. Féru de beaux produits, Teshi associe dans ses menus en libre inspiration le meilleur du terroir français et mélange techniques françaises et nippones. Face à la cuisine vitrée dans une salle au design épuré, le chef et son équipe opèrent pince à épiler à la main pour créer des assiettes précises et poétiques. Sans énumérer le menu à neuf plats de ce jour-là, c’est un enchantement à chaque bouchée: de l’épatant poulet jaune des Landes au magistral cabillaud en jus de maïs, jusqu’au saint-honoré au caramel salé. Le tout sublimé par des accords de vins soigneusement sélectionnés. Exquis. PAGES. 4rue Auguste-Vacquerie, ParisXVIe . 0147207494.

After working for, among others, the legend who is Alain Senderens, Japanese chefRyuji Teshima has now opened his first Parisian restaurant,Pages. The food – a mix of French products and French and Japanese techniques – is precise and poetic, each mouthful an exquisite joy.

Aperlaï

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errière la façade bleu nuit de cette boutique boudoir, Aperlaï, marque de souliers fondée en 2009 par Alessandra Lanvin, dévoile sa première adresse parisienne. Un écrin pur chic paré de matériaux précieux, comme la pierre de Thala au sol, le marbre Calacatta et les panneautages en noyer qui accueillent les créations hautement désirables de la marque. Sur les chaussures et les sacs, on retrouve les contrastes, les lignes graphiques, les asymétries et les références aux beaux-arts chères à Aperlaï, et, cette saison, de jolis pompons qui flirtent avec des slippers et des escarpins aux couleurs vibrantes. APERLAÏ.28 rue du Mont-Thabor, ParisIer. 01 77 11 97 65. A first Parisian store forAlessandra Lanvin’s brand has Tunisian limestone floors and marble and walnut walls, and features her full range of highly desirable shoes and bags. PA LACE COST ES NOVEMBRE / DECEMBRE 2014

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Rina Nurra

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Nos Bonnes Adresses

FrançoisPerret

«L’important c’est d’étonner les gens» D

u haut de son mètre quatre-vingt-sept, c’est «le» chef pâtissier qui monte! Au Shangri-La, le palace 5 étoiles de l’avenue d’Iéna, ses créations à la fois ludiques et sensuelles font craquer jusqu’aux irréductibles du «No dessert, thank you!». Sa botte secrète? Des compositions peu sucrées et des contrastes audacieux parfaitement maîtrisés (avocat-fraise, céleri-framboise, poivronvanille, coriandre-ananas). «Je cherche souvent ce qui peut «désucrer», l’acidité d’un agrume, celle d’un cacao»... L’esprit François Perret, c’est la fantaisie d’une fraise Tagada et la volupté d’une crème fouettée. Ajoutez à cela un sens de la précision quasi chirurgical qui fait de ses entremets de délicats objets d’art. «Mon métier est grisant. Quand je commence à chercher des idées, ça devient une obsession, jour et nuit!» A 34ans, ce jeune papa originaire de Bourg-en-Bresse a déjà un parcours impressionnant: un passage auMeurice sous la houlette de James Berthier, six ans auGeorgeV, puis deux auLancaster en tant que chef pâtissier pour Michel Troisgros, qui y est alors consultant. «Une révélation gustative! Avant lui, je pensais que, quand c’était beau, c’était forcément bon. Troisgros m’a prouvé le contraire». En 2010, l’envie de voler de ses propres ailes pousse François Perret à postuler auShangri-La. Philippe Labbé, chef de cuisine des trois restaurants du palace le choisit, parmi dix autres candidats. François Perret y est depuis à la tête d’une brigade de 18pâtissiers ultramotivés. «Tous les jours, je suis bluffé et ému par leur recherche constante de la perfection.» Ils sont à bonne école: Perret ne lâche rien, dissèque tout, animé d’une curiosité insatiable. «Gamin, je démontais toujours mes petites voitures pour savoir comment elles étaient constituées.» En plus des desserts à l’assiette, il doit assurer les tea times, petits-déjeuners, mignardises et autres anniversaires de la clientèle de l’hôtel. «En pâtisserie, il n’y a aucune limite à la création. L’important, c’est d’étonner les gens en les embarquant sur des sentiers qu’ils ne connaissent pas.» Dépaysement garanti avec un dessert à la figue, cœur de sorbet goyave et feuilles de roquette, dont les notes poivrées épicent subtilement l’ensemble. «J’adore la fraîcheur qu’apporte la verdure dans un dessert. Si je m’écoutais, je mettrais de la salade partout!» Parmi ses terrains d’expression favoris: le monde de l’enfance. «Je ne lèche jamais les vitrines de gâteaux, mais celles des magasins de jouets – ancien, de préférence. J’aime la forme simple d’un bonhomme de bois...», ou d’un Lego, dont il s’amuse à coiffer un entremets

ludique à base de mousse au Philadelphia, fraise des bois, confit de gingembre et biscuit baba imbibé à l’eau-de-vie de gingembre. Quand la féminité qui sommeille en lui se déchaîne, il fait chavirer nos papilles. «J’aime suggérer, ne pas trop montrer… Il est, certes, important d’obtenir un contraste de texture, mais sans excès, afin de rester dans la sensualité.» A l’instar de son «tube 100% chocolat sura», une variété de cacao légèrement fumé originaire de Java, et recouvert d’un crémeux rehaussé d’une pointe de fleur de sel. Une composition extrêmement graphique, dont la structure en opaline, très friable, dissimule un cœur de crème glacée diabolique. «En cassant l’ensemble, on a l’impression que c’est costaud, et c’est tout l’inverse.» Me laissant à peine le temps de méditer ce paradoxe irrésistible, le jeune homme m’invite à déguster un véritable bijou ceint d’une guirlande de larmes au caramel beurre salé : l’île flottante selon François Perret. Texture aérienne en bouche, rappelant le traditionnel dessert aux œufs en neige, mais architecture verticale inattendue. «Quand je vous dis que, dans ce métier, la transformation est sans limite !» jubile-t-il avant de plonger sa cuillère dans un cheese-cake pomelo, son péché mignon. «Si demain j’ouvre une boutique, il y figurera en premier. Sa pâte friable apporte la texture, la mousse au Philadelphia, l’onctuosité, et la légère amertume du pamplemousse thaï comblent les papilles sans les saturer. On peut toujours améliorer un dessert, mais celui-là, il a tout!» C’est bon, chef, inutile d’en rajouter, on vous croit sur parole. PAT R I C I A K H E NOU NA www.shangri-la.com

“There’s no limit to creativity withpâtisserie,” says François Perret, head pâtissier at the Shangri-La Hotel in Paris. “What’s important is surprising people.” With Perret this means surprising taste combinations (avocado-strawberry, bell pepper-vanilla). “I suggest rather than show all my cards,” he says. “It’s important to have some contrast in texture, but not too much – it has to remain sensual.” Like his “Sura chocolate tube”: smoky Javanese chocolate, slightly salty cream and devilishly good ice cream. His personal favorite? Pomelo cheesecake: “The crumbly base gives it texture, the Philadelphia mousse its creaminess, while the slight bitterness of the Thai grapefruit satisfies but doesn’t overwhelm the taste buds. This one has everything!”


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etonnants créateurs

Agnès Comar:le chic audacieux rchitecte d’intérieur, Agnès Comar proclame haut et fort son peu de considération pour «ce qui se fait ou ne se fait pas». De ses lignes de linge de maison raffinées à ses chantiers de décoration et d’architecture d’intérieur comptant hôtels particuliers, cabinets d’avocats à Paris, yachts, palais à Marrakech… Agnès Comar a fait naître des univers singuliers mais toujours élégants. La décoration était une vocation? Depuis que je suis toute petite, j’ai préféré imaginer les maisons de mes poupées plutôt que leurs vêtements. J’ai été élevée dans un environnement très raffiné, et ma chambre de jeune fille était déjà très personnelle. Vos premières créations étaient déjà qualifiées d’audacieuses. Bousculer les codes et les conventions, c’est votre marque de fabrique ? Oui, je déteste le conventionnel, la routine et le convenu. Je manie l’audace avec plaisir. Comment définir votre style? Parisien, élégant, faisant référence à ma culture des Arts déco. Vous avez signé la décoration du bar-restaurant «Très Honoré». Parlez-nous de ce lieu à part.Le Très Honoré, c’est une jolie histoire à quatre

mains avec ma fille Anne-Cécile Comar, architecte (l’Atelier du Pont). C’est un lieu inédit inspiré de la nature et une nouvelle interprétation de l’Eden à la façon de Tim Burton. Une journée idéale dans la capitale? Paris se prête à la flânerie. Une balade sur les quais, un brunch auTrès Honoré, le Palais de Tokyo, Beaubourg, le Louvre… Une envie? Un Rothko face à mon lit. Une folie? Ma finca dans les Baléares. Un projet à venir? Les chantiers en cours restent assez confidentiels, mais il y en a un de très excitant : c’est un projet de paquebot… Propos recueillis par S A N D R A S E R P E R O

www.agnescomar.com

Interior decorator Agnès Comar “hates the conventional, routine and the formulaic,” as you can see in her work, from lawyers’ offices in Paris to hotels in Marrakech. Her most recent project isLe Très Honoré, a bar-restaurant she designed with her daughter Cécile. “It is,” she says, “an original space inspired by nature and a new vision of Eden, in the style of Tim Burton.”

A. Limousin / Sergio Grazia

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Folks and Sparrows

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n coffee shop qui a de l’esprit, une gueule et du sens. Aux commandes,Franck, un barbu plus hippie qu’hipster, qui revient au pays, des envies plein la tête après une décennie à Brooklyn. Dans ce petit café qui lui ressemble, pierres apparentes au mur, carrelage à l’ancienne, tables en bois brut, fleurs coupées, on s’abreuve d’un café Lomi ou d’une citronnade maison, et si la faim se fait entendre, on croque dans un sandwich fait minute, pastrami, saumon, végétarien, ou l’envoûtant Prince de Paris (jambon blanc de la rue de Charonne, moutarde violette de Brive, comté, pickles, vinaigre, poivrons rouges, piments d’Espelette). On ne repart pas d’ici sans un petit quelque chose choisi dans le coin épicerie fine qui regorge de produits venus d’ailleurs, comme les pickles McClure’s, la BBQ Sauce Stockyard, l’huile d’olive Kalios ou le chocolat omNom. FOLKS AND SPARROWS.14 rue Saint-Sébastien, ParisXIe. 09 81 45 90 99. After a decade in Brooklyn,Franck has returned home and opened his own coffee shop. The décor is clean-cut, while the Lomi coffee tastes great, as do the sandwiches including pastrami, salmon, vegetarian and the Prince de Paris (ham, mustard, Comté, pickles, vinegar, red peppers, chili). There’s even a deli corner where you can pick up some well-chosen products.

Chez Ly

ouveau palais gourmand dela famille Ly, cette adresse tout en chic et amabilité fait le bonheur des élégants du VIIIe et des fidèles de la maison. Dans ce vaste décor velouté, on retrouve toute la maîtrise et le sérieux des Ly, avec une double mise en cuisine: un chef formé à Hongkong qui assure la carte chinoise, et un chef thaïlandais qui envoie les authentiques délices de son pays. Le tout emballe les papilles à grand choix de spécialités parfaitement préparées et dosées en épices, avec de belles viandes (filet de bœuf au poivre, poulet croustillant du chef, côte de veau…), un canard laqué à la cantonaise de compét et des pommes au caramel pimpantes. CHEZ LY.8 rue Lord-Byron, ParisVIIIe. 01 45 63 88 68. The Ly family’s latest chic, yet friendly outpost has two head chefs, one trained in Hong Kong, the other in Thailand, who create perfectly prepared and seasoned, authentic and delicious dishes.

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Dolores Promesas

a griffe espagnole Dolores Promesas marque son expansion à l’international par l’ouverture de sa première boutique à Paris. En plein cœur de Saint-Germain, la créatrice espagnole proposera ses collections aux imprimés colorés, mais aussi ses lignes d’accessoires et de maroquinerie. Le tout dans un lieu à la décoration naïve et romantique, inspiré de l’univers de la jardinerie. DOLORES PROMESAS. 91 rue de Seine, Paris VIe. Spanish designer Dolores Promesas has opened her first store in Paris in the heart of Saint Germain. In it you’ll find her oh-so 1970s prints on clothes, as well as lines of accessories and leather goods. P A L A C E C OP SA TL E A SC EN O CO V ES T M EBSR EN O / D VEM CE BM R EB R/ ED 2E 0C1E4M B R E 2 0 1 4

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Andishée Paris Les bienfaits de la phytothérapie persane A

ndishée est une nouvelle ligne de soins cosmétiques fondée à la fois sur la phytothérapie persane et sur l’expertise française en matière de cosmétique. La fondatrice d’Andishée, Yasmine Valipour, a puisé dans la phytothérapie plurimillénaire et la biodiversité exceptionnelle de la Perse pour donner naissance à une nouvelle gamme de soins anti-âge et brevetés. Andishée fait du temps un allié: de longues recherches ont été nécessaires pour élaborer cinq soins. Garantis naturels, ils accompagnent les différentes phases de la vie des femmes. A la jonction des mondes asiatique, indien, arabe, turque et russe, la phytothérapie persane est originale et variée. Les soins Andishée à la texture soyeuse et fondante et au parfum léger sont une invitation au voyage.

Andishée is a new cosmetics line based on traditional Persian herbal medicine and French cosmetics expertise. Founder Yasmine Valipour has created an original and varied range suited to the different phases in a woman’s life.

www.andishee.com, www.facebook.com/andisheeparis PA LACE COST ES NOVEMBRE / DECEMBRE 2014

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A Noste

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Pataugas

ataugas, célèbre chausseur, ouvre son flagship rue du Pont-Neuf. Un espace moderne et convivial conçu à l’aide de matériaux nobles tel que le Corian, le latex ou la résine blanche. La marque a fait appel à l’artiste Philippe Baudelocque pour customiser son sol en résine naturelle. Trois univers composent la boutique : prédominance de blanc pour accentuer le caractère chic pour les femmes, un aspect brut et chaleureux pour les hommes, un côté ludique avec un mur en pixels pour les enfants. PATAUGAS. 19 rue du Pont-Neuf, Paris Ier. French shoemaker Pataugas has opened a new store near Pont-Neuf, made up of three differently designed spaces: white for women, raw and warm for men, and pixelated for children.

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Caffè Stern

etit bijou frappé de la patte deStarck et investi du savoir-faire des frères Alajmo, propriétaires du Gran Caffè Quadri à Venise, l’italianissime Caffè Stern fusionne avec brio genres et époques entre les murs boisés de l’ancien atelier du graveur Stern, classé aux Monuments historiques. L’expérience gastronomique commence avec les cafés, des arabicas veloutés venus de Vérone, servis dès 8h30 avec croissants et brioches à l’huile d’olive. Puis, il y a l’excellence d’une cuisine qui escorte dans chaque assiette ses déclinaisons d’expressions vénitiennes : cappuccino de pommes de terre alla bolognese, taglioni à l’aneth et aux calamars, homard et bar sauce aux pistaches, foie alla veneziana et polenta croustillante, côtelettes de veau alla milanese… Le tout offert au talent d’un service irréprochable. CAFFÈ STERN.47 passage des Panoramas, ParisIIe. 01 75 43 63 10. Arenovated printing shop designed by Philippe Starck, Caffè Stern looks great and the food, by star Italian chefMassimiliano Alajmo, is both original and exciting. Start with croissants and brioches made with olive oil at breakfast time, then head off into unheard of Italian delights at lunch and dinner (turkeytonnata with capers and coffee powder), but always have the divine coffee roasted in Verona.

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Fausto Mazza

ux abords de la Bourse, ce tout nouveau spot gourmand fait honneur à la gastronomie du Sud-Ouest. Aux commandes, le jeune chef Julien Duboué, qui a eu l’idée de rassembler, dans ce lieu sur deux niveaux, trois espaces de restauration et autant de façons de déguster sa cuisine. D’abord, il y a cette camionnette vintage rouge pimpant posée au rez-de-chaussée qui envoie en take away chaque jour de la semaine, de midi à 15 heures, des taloas: galettes basques de farine de maïs déclinées en quatre variations dont une sucrée. A ses côtés, de grandes tables font valser les tapas tandis qu’à l’étage on déguste un menu généreux qui déroule la crème des produits du Sud-Ouest, dont les divines viandes rôties à la broche et découpées minute. Le tout est subtil et haut en saveurs, la bonne ambiance en prime. A NOSTE. 6 bis rue du 4-Septembre, ParisIIe. 01 47 03 91 91. Anew restaurant that pays homage to the gastronomy of southwest France. The restaurant has three spaces: a space on the ground floor for take-outtaloas – Basque corn pancakes – next to a dining room for tapas, and an upstairs room for full meals. Subtle and tasty.


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La Barbière de Paris

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uinze ans après la création de son premier salon, La Barbière de Parisa posé ses lames et ses mousses à deux pas de Châtelet dans un immeuble classé.Sarah, unique femme barbier à Paris, a investi un large espace de 200 m2 pour offrir aux hommes la crème des soins. Sur fond de pierres apparentes et de bois chaleureux, ce nouveau temple beauté déploie une carte de soins pointus qui compte manucure, soins capillaires, modelages relaxants, rasage vapeur… En guest, l’expertise maison pour l’entre-

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tien de la barbe et de la moustache le temps d’un tête-à-tête bienveillant pour tailler au poil et viser l’allure. Ou quand la barbe fait le style. LA BARBIÈRE DE PARIS. 7 rue Bertin-Poirée, Paris Ier.01 40 26 01 01. Sarah, the only female barber in Paris, welcomes men to this large salon where they can get a manicure, skin treatments and relaxing massages, on top of a good shave and haircut.

Eternamé

ové au milieu des moulures, du marbre et du faste de l’hôtel Peninsula, Eternaméne pouvait rêver plus bel écrin pour sa première adresse parisienne. Façon boudoir, cette boutique feutrée traduit avec délicatesse l’esprit de cette maison joaillière, fondée en2007 par Sarah Besnainou, en déroulant d’électrisantes couleurs sous son puits de lumière naturelle. Tandis que les vitrines et les meubles en bois laqué noir révèlent tout le raffinement des collections de la plus sentimentale des marques, les joyaux font danser les pierres précieuses et rayonner une esthétique raffinée. ETERNAMÉ. The Peninsula Paris, 19avenue Kleber, Paris XVIe. 01 58 12 28 88.

Jewelry designer Sarah Besnainou’s first Parisian boutique is inside the Peninsula hotel and, with its hushed, delicate boudoir looks, is perfect for highlighting her elegantly refined collections.

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Faust

ous le pont Alexandre-III, il faut voir les curieux défiler toute la journée devant l’immense porte forgée. Difficile en effet de passer à côté de sa prestigieuse entrée. Dans la pure tradition parisienne, comme s’il avait toujours existé, le restaurantFaust est inspiré des années 1900. Un choix évident pourCharaf Tajer et John Whelan, les deux directeurs artistiques (connus pour le Pompon et le Carmen), deux antimodernes au goût prononcé pour le classicisme. Du back bar illuminé, qui rappelle la structure du pont, aux sublimes toilettes à l’anglaise, en passant par la salle à manger privée (où se trouve la table du chef qu’il est possible de privatiser jusqu’à 15couverts), on retrouve beaucoup du très élégant Wolseley à Londres et de l’officine parisienne Bully. A la carte, conçue par l’ancien chef des cuisines de Matignon,Christophe Langrée, de grands classiques de la cuisine bistrotière haut de gamme avec un très beau choix de poissons (en arrivage journalier en direct de petits pêcheurs). On recommande vivement la formule déjeuner abordable à 34euros ou encore le sublime brunch royal à volonté du dimanche (à 49euros). Depuis son ouverture (très attendue) en septembre, le tunnel du Faust abrite également un nouveau club qui a déjà reçu sous son plafond aux mille ampoules scintillantes les soirées Haiku, Magie Noire, Joey Starr, la soirée officielle de la Fiac et autres soirées hip-hop avant-

gardiste. Le Faust, un lieu chic et trendy comme on les aime à Paris. FAUST. Pont Alexandre-III, port des Invalides, Paris VIIe. 01 44 18 60 60. Restaurant ouvert du mardi au dimanche. Soirées tous les vendredis et samedis. Under the Alexandre III bridge, behind a large iron door, sitsFaust. A huge space with a classic Parisian bistro (with private dining room if needed) and Le Tunnel, an events space. The menu was put together by Christophe Langrée, who used to cook at the French prime minister’s residence Matignon, and the lunch menu at €34 is great value. Le Tunnel has already hosted some great parties so get on over there.

Besirevic / Yula Shadrinski

Le Monseigneur

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ous la houlette deJulien Boisseau et Marc Resplandy de SNTWN et 75021 à la direction artistique,Tarik Magra de Vice et Karim Methamem du Baron, Le Monseigneur a fait des débuts prometteurs depuis son ouverture en septembre. De ce lieu atypique (ancien cabaret russe muté ces dernières années en club de raï), ils ont gardé le nom et la déco rutilante avec sa cheminée dans l’entrée, ses vitraux et les lustres médiévaux pour en faire un club intimiste hyper festif. Côté musique, on oscille entre house et disco avec un peu de hip-hop et de techno «mais pas industrielle», le tout dopé par un sound-system de qualité. Au programme, des résidences avec des labels et des collectifs, ClekClekBoom, Antinote ou Midi Deux ,pour ne citer qu’eux, des guest internationaux bien sûr ou encore des concerts et showcases. Cerise sur le gâteau, le grand fumoir-salon avec vue imprenable sur le dancefloor et les consos au bar à des tarifs plus que raisonnables. «On voulait jouer du côté très parisien en inversant un peu les codes», souligne Julien. Et c’est plutôt réussi. LE MONSEIGNEUR. 94 rue d’Amsterdam, ParisIXe. www.monseigneurparis.com Once a Russian cabaret,Le Monseigneur is now the club of the moment. The original décor – medieval-style windows and light fittings, fireplace – has been joined by a great sound system playing house, disco, some hip-hop and techno (“but not industrial”). There’s a smoking room-salon overlooking the dance floor, plus – and here’s a shock – reasonable drinks prices. Rubrique «Nos Bonnes Adresses» réalisée par L U C I E G O U Z E & S A N D R A S E R PE R O PA LACE COST ES NOVEMBRE / DECEMBRE 2014

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Benjamin Piret/OOO Communication

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ARMANDO TESTA

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uand Julian Casablancas n’est pas occupé par son job de leader des Strokes (certainement le groupe de rock le plus influent de la planète) ou qu’il n’est pas en train de donner de la voix surInstant Crush des Daft Punk, l’heureux homme s’occupe comme il peut en jouant à se faire peur en solo. En 2009, sa première tentative hors Strokes n’avait pas vraiment convaincu les foules, mais, avec The Voidz, son big band spécialement affûté pour l’occasion, c’est une autre histoire. SurTyranny, qui porte merveilleusement bien son nom, le rocker sexy se lâche comme jamais et sème la zizanie: hard metal, sons dis-

tordus, chants hurlants et morceaux étirés sur plus de dix minutes composent une symphonie urbaine sur laquelle la voix de Julian plane comme un Phoenix. Au Casino de Paris,le 8 décembre. When Julian Casablancas isn’t singing with the Strokes or collaborating with Daft Punk, he likes to do some solo work. His first album, released back in2009, wasn’t exactly loved (to put it mildly), but the new one,Tyranny, is another story. With the help of his backing group the Voidz, he lets it all hang out, meaning hard rock and 10-minute noise epics.

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Abby Ross

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Julian Casablancas


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Southern Fried / K&B Music Services

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The 2 Bears

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Gilbert Cohen

epuis quelques années, Joe Goddard –une des têtes pensantes du groupe Hot Chip– s’amuse avec son projet plus personnel et dancefloor,The 2 Bears. Un duo rigolo qui, pour faire court, établit le grand écart entre scène dubstep londonienne actuelle et le mythique Paradise Garage qui, dans les années 1980, faisait danser le New York branché. Disco, garage, piano-rave, soul et même excursions reggae, avecThe Night Is Young,Joe Goddard refuse cinq minutes de se prendre au sérieux et parsème ses compositions de paillettes dorées, de refrains sirupeux comme des chamallows et d’un sens de la mise en jambes que ne renieraient pas Véronique et Davina. Prochaine date sur facebook.com/followthebears The 2 Bears is Joe Goddard of Hot Chip’s personal project mixing London dubstep and 1980s New York dance music. New album, The Night is Young, does everything (disco, garage, rave, soul and even reggae), except take itself seriously.

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Arca

Daniel Sannwald

epuis deux ans et une poignée de singles (la série des Stretch), le producteur vénézuélien, désormais installé à Londres, est le centre d’une agitation sans pareille. Il faut dire que les affaires sont passées à la vitesse grand V pour Alejandro Ghersi : quatre titres placés sur le Yeesuz de Kanye West, la pro duction du premier album de FKATwigs (la nouvelle prodige du R’n’B) et une participation plus qu’active au prochain, et neuvième, album de la diva cintrée venue du froid Björk. L’occasion d’aller découvrir le goût des rythmiques concassées et des ambiances mélancoliques du jeune prodige avant qu’on ne puisse plus l’approcher… Au Point Ephémère,le 1er décembre. London-based Venezuelan producerAlejandro Ghersi is on a roll: four tracks on Kanye’sYeesuz, the production of FKA Twigs’ first album and a major role on Björk’s upcoming opus. So go see him live in a venue the size of which (tiny) he won’t be playing for long.

Etienne Jaumet

nclassable : c’est certainement l’adjectif qui colle le mieux au musicien et producteurEtienne Jaumet, qui, en quelques années, s’est imposé sur la scène des musiques modernes. Que ce soit au sein du duo Zombie Zombie, passé maître dans l’art de faire planer les synthétiseurs, ou aux côtés de la légende marocaine Bachir Attar et ses Masters of Jajouka, le temps d’une soirée hommage à la vibration de Tanger à la Gaîté Lyrique… En quelques années, Jaumet, autant capable de disserter sur la new wave française des années 1980 que sur l’utilisation du saxo dans la pop, est devenu le requin de studio incontournable qu’on retrouve sur les disques de Frànçois & The Atlas Moutains ou de Château Marmont. Ce qui n’empêche pas l’empêcheur de tourner en rond de se concentrer aussi sur sa carrière solo, où il dit tout le bien de sa découverte des musiques électroniques. A preuve son deuxième album, La Visite, où il laisse ses instruments s’emballer, balayant, des années 1970 à demain, une certaine idée de la machine de danse électronique. Au New Morning,le 18 décembre. One half of Zombie Zombie,Etienne Jaumet is an electro adventurer, as well as a much in-demand producer (François & the Atlas Mountains, Chateau Marmont). His second solo album, La Visite, goes from 1970 to today, in the process sweeping away any preconceived notions of what electronic dance music should be.

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Musique & Night

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Yelle

Maciek Pozoga ;Romain Riviäre

a jeune Bretonne que le monde entier nous envie n’a pas changé une formule qui gagne, et son électro-pop mutine et coquine, remplie de jeux de mots, est toujours au rendez-vous de son troisième album : unComplètement fou qui porte merveilleusement bien son nom. La nouveauté, c’est que le producteur américain superstar Dr. Luke (qui a fait le succès des Britney Spears, Katy Perry ou Miley Cyrus) a jeté son dévolu sur Yelle et a décidé de signer sur son propre label la jeune Française. Pour autant, sa musique n’a pas changé d’un pouce, la production de Dr.Luke donnant au contraire plus d’ossature aux goûts des mélodies de Yelle, mais surtout plus d’envergure. Car Dr.Luke, c’est un peu un jet supersonique dans l’industrie musicale mondiale, un producteur démiurge qui pourrait propulser Yelle jusque dans l’espace, histoire de montrer aux extraterrestres à quel point on l’aime. A la Gaîté Lyrique,le 16 décembre. A la Cigale,le 11 mars. US superstar producer Dr. Luke (who’s worked with Britney, Katy and Miley) recently signed French singerYelle to his record label, so you can expect to hear her rather excellent album Complètement fou (Completely Mad) quite a lot in the months ahead.

Thylacine

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ulti-casquetté (entre graphisme et musique), le jeune Français William Rezé a déjà tous les honneurs du public avec son projet Thylacine, porté par des mélodies synthétiques, des voix graciles et des rythmes caressants. Repéré aux Inouïs du Printemps de Bourges, puis en première partie de Stromae, Thylacine distille une pop rêveuse et aérienne qui cite aussi bien Moderat que Massive Attack ou Steve Reich. Au Nouveau Casino,le 11 décembre. William Rezé is a French graphic designer and musician whose project Thylacine mixes synthetic melodies, graceful voices and tender rhythms into dreamy, ethereal pop. PA LACE COST ES NOVEMBRE / DECEMBRE 2014

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Haïku

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écidément jamais déçus par les line-up des soirées Haïku, on se réjouit déjà de cette prochaine édition en compagnie d’Ame, le duo formé par Kristian Beyer et Frank Wiedemann, du label Innervisions et du jeune et prolifique David August, recrue du label Diynamic, réputé pour ses live hypnotiques et mélancoliques. Après le mémorable passage de Dixon à l’Espace Pierre Cardin en octobre dernier, on est plus qu’impatients! A l’Espace Pierre Cardin, le 31janvier. A Haïku line-up never disappoints and this one is no exception because Ame (Kristian Beyer and Frank Wiedemann) and the young, talented and prolific David August are going to be there.

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Ninoo Mix Party

n janvier dernier, l’association Ninoo, qui soutient les enfants autistes et leurs familles, présidée par Pascale Comte, avait récolté plus de 5 000 euros grâce à laNinoo Mix Party (un projet initié avec l’aide de Laetitia des soirées Katapult) qui s’était tenue au Rex. Pour cette nouvelle édition, on fait confiance au prodigieux Dixon, au jeune et non moins talentueux Konstantin Sibold et à l’efficace duo Laetitia & Alex Katapult pour mobiliser les clubbeurs autour de cette grande cause qu’est l’autisme. Au Rex,le 8 janvier. Ninoois a charity supporting autistic children and their families and every year it has a club night to raise funds. This time round it features Dixon, Konstantin Sibold and the duo Laetitia & Alex Katapult.

Decked Out

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edro Winter et Riton du label Ed Banger, le producteur belge nu-disco Aeroplane, Alex Metric et le duo Mumbai Science prennent les commandes de la soiréeDecked Out. Et ça se passe à l’Electric. Ça promet, non ? A l’Electric,le 13 décembre. Pedro Winter and Riton from Ed Banger, Belgian producer Aeroplane, Alex Metric andMumbai Science. Sounds pretty good, doesn’t it?


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Release The Groove: The 3rd Birthday

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our fêter ses 3 ans, le collectif Release The Groove met à l’honneur la scène de Detroit représentée pour l’occasion par l’emblématique Robert Hood, Kyle Hall et D3 (Detroit Trio Live) du label Underground Resistance. Un vrai line-up d’anniversaire. Les amateurs apprécieront. A l’Electric, le 12décembre. To celebrate turning three,Release the Grooveis honoring Detroit with Robert Hood, Kyle Hall and D3 of Underground Resistance.

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The Kooks

epuis dix ans, le groupe indie-pop anglais issu de Brighton ne change pas sa recette qui gagne (même si la formation initiale a subi moult adaptations), avec une pop débraillée, capable de partir d’un même élan vers des sonorités rock comme reggae. Reliftés et requinqués, après plusieurs mois d’absence l’année dernière, et forts d’un nouvel album,Listen, les Kooks reviennent enfin à ce qu’ils savent faire le mieux:la scène ! A l’Olympia, le 17 février. The line-up might have changed sinceThe Kooks first set out from Brighton 10 years ago, but the music hasn’t. Which isn’t such a bad thing, especially when it’s live.

Maud Geffray

Alexia Cayre

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remier essai en solo, pour la moitié du duo Scratch Massive, avec 1994, un projet qui mélange à la fois images et musique. L’histoire de1994 est celle d’une vidéo amateur sur une rave-party organisée dans les dunes de Carnac en 1994. Des années plus tard,Maud Geffray, qu’on aperçoit dans la vidéo, retrouve le film, décide de le remonter et d’en composer la bande-son. Présenté une première fois lors de l’édition2013 du festival F.A.M.E de la Gaîté Lyrique, ce court-métrage tout en mélancolie, et qui ne ressemble à rien de connu, est finalement publié par l’excellent label Pan European. L’occasion de se laisser engloutir par cet ovni filmesque tout en poésie et synthés frissonnants. A la Gaîté Lyrique,le 30 janvier pour sa release party. Half of French duo Scratch Massive,Maud Geffray’s solo project 1994 is a melancholic and poetic soundtrack to a found film shot during a beach rave (at which she was present) 21 years ago. PA LACE COST ES NOVEMBRE / DECEMBRE 2014

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Musique & Night

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C.A.R

’est l’histoire d’un joli doigt d’honneur au destin ! Débarquée de son Ontario natal à 16 ans, Chloé Raunet commence à traîner dans la scène indie londonienne. Plutôt portée sur Madonna et la pop mainstream, elle plonge la tête la première dans le rock et l’électro, se lie d’amitié avec le DJ et producteur superstar Andrew Weatherall, prend à brasle-corps sa timidité maladive, pousse la chansonnette et décide, après sa rencontre avec Tim Fairplay, de monter de toutes pièces Battant, un groupe de rock qui lorgne vers l’électro et réciproquement et s’aventure vers une pop radicale. Tout s’annonce pour le mieux pour la carrière du groupe, aussi à l’aise sur disque que sur scène, sauf qu’il y a trois ans, en pleine sortie du second album de Battant, ou le son du groupe s’est considérablement affiné, le suicide brutal de Joel Dever laisse une Chloé sans voix, qui décide quand même d’assurer seule la tournée qui suit. C’est au terme de cette rage qui lui permet de surmonter cette épreuve insupportable qu’elle décide de mettre un terme

à Battant et de se lancer dans l’aventure toute seule avec C.A.R et d’en profiter pour explorer de nouvelles pistes musicales. A preuve My Friend, album où électro, new wave, pop et variété dansent en rythme, où les mélodies vous prennent par le cou (l’incroyableIdle Eyes). Et la voix de Chloé, dure et caressante à la fois, ne vous lâche plus… PAT R I C K T H ÉV E N I N

Au Monseigneur, le 27 novembre pour sa release party. Photographie Keffer

Chloé Raunet arrived in London from her native Ontario aged 16. She hit the indie scene, made friends with DJ and producer Andrew Weatherall, overcame her natural shyness and, upon meeting Tim Fairplay, founded a rockelectro band called Battant. Then, three years ago, just as the pair’s second record was about to be released, Tim committed suicide. She finished the tour for the record, before taking a break. Now she has returned with a solo record, My Friend, and a new name:C.A.R.

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Musique & Night

Boris Brejcha

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hacun de ses passages parisiens est très attendu. Fidèle des soirées We Are Family,Boris Brejcha sera à nouveau la tête d’affiche de la prochaine édition. En attendant, la légende du dancefloor nous a fait sa playlist, l’occasion de (re)découvrir les productions les plus marquantes de sa déjà longue discographie. Le morceau qui t’a donné envie de devenir DJ-producteur? Il n’y en a pas qu’un. Quand j’étais jeune, j’écoutais du hardcore, de la rave, mais aussi de la musique commerciale. Le morceau avec lequel tu ouvriras ton prochain DJ set? Ma nouvelle intro! Tous les ans, j’en compose une nouvelle spécialement pour ouvrir mes DJ sets. L’artiste que tu aurais aimé signer sur ton label? Je n’écoute pas vraiment ce que font les autres artistes! Mais si je devais n’en citer qu’un, je dirais Worakls. Le morceau que tu as adoré remixer? Je me suis amusé à remixer le track Mermaid of Salinas,de Basement Jaxx. Le morceau pour réveiller le dancefloor? Lost Memory ou You Will Rise. Mon public les reconnaît instantanément. Le morceau que tu aurais complètement oublié sans ton disque dur ? Everybody Wants to Go to Heaven. Il y a un an,

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j’avais pensé faire un EP de remix, mais rien ne s’est passé, car j’avais totalement oublié ce morceau. Il y a quelques semaines, je rangeais mon disque dur et je suis retombé dessus. C’est enfin sur le point de se faire! Le morceau que tu aurais aimé composer? Nothing Else Matters de Metallica. Je l’ai vraiment beaucoup écouté. Le morceau de festival idéal? Purple Noise, sorti en début d’année (2014) sur le label Harthouse. Le morceau qui te représente le plus? En ce moment, je dirais Hashtag (qu’il est possible de télécharger gratuitement sur SounClound). Dans ce morceau, on retrouve la ligne rythmique habituelle, la mélodie, bien sûr, et des effets de sons particuliers qui me caractérisent. A la Machine du Moulin Rouge,le 12décembre, pour la We Are Family. Photographie Flavien Prioreau

Boris Brejcha’s coming back to Paris for the latest We Are Family night. The track you open your sets with?My new intro! I compose a new one especially every year.The track you loved remixing?Basement Jaxx’s Mermaid of Salinas. The track you’d like to have written?Metallica’s Nothing Else Matters; I listened to it so much. avec des valeurs sûres de la scène parisienne et internationale, accompagnés des résidents des soirées Blank. «Ekō, ça reste un club avec de l’alcool,des filles et des mecsqui dansent»,conclut Jérémie. Que demander de plus? EKŌ. 14rue Saint-Fiacre, ParisIIe. Ouvert tous les vendredis et samedis de 21h à 6h. Inscriptions sur www.ekoclub.fr.

EKŌ

ouveau projet du duo des soirées Blank (ex-Die Nacht), Jérémie Feinblatt et Valentin Joliff, viennent d’inaugurer leur premier club en plein cœur de Paris. «Avoir un lieu fixe et régulier, c’est ce qui nous manquait, et ça va nous permettre de faire autre chose. Avoir des contraintes différentes, c’est ça qui nous plaît», explique Valentin. Inspirés par des voyages au Japon, ils ont imaginéEkō, un club mystérieux avec son bar à saké et son dancefloor caché. Happés par les vidéos time-lapse (réalisées par l’agence Paul& Martin)qui défilent en continu, on se croirait perdus dans les ruelles sombres de Tokyo. Le tout dans une ambiance musicale house-disco

Photographie Keffer

The duo behind Blank,Jérémie Feinblattand Valentin Joliff, has just opened a first club in the center of Paris. Inspired by trips to Japan, EK Ō has its own sake bar and hidden dance floor, as well as a great selection of French and international DJs.

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Musique & Night

Kee -Yoon

Du barreau aux planches E

Renaud Cambuzat

xiste-t-il un humour sud-coréen ? Telle est l’inévitable interrogation que suscite Kee-Yoon, humoriste française au ravissant minois. «Je ne sais pas si je suis représentative, mais ce qui est certain c’est que les Sud-Coréens aiment beaucoup rigoler et sont très chaleureux. Ce sont les Italiens de l’Asie! dit en souriant la jeune femme d’origine coréenne de 32ans. L’autre jour, un chauffeur de taxi m’a demandé si, avec mes yeux bridés, j’arrivais à voir normalement. J’ai répondu : “Non, je vois tout en 16/9.”» A l’autodérision, Kee-Yoon ajoute un humour acide : «On a tendance à l’oublier, mais on va tous mourir. Même ceux qui ne voyagent jamais sur laMalaysian Airlines.» Kee-Yoon est une comique étonnante. Diplômée de la faculté de droit d’Assas, de Sciences Po et de l’Essec, la demoiselle était jusqu’en2013 une brillante avocate pénaliste du cabinet Bredin Prat, rien de moins que l’un des plus importants offices de l’Hexagone, créé par Robert Badinter. «Au départ, j’ai été influencée par un oncle que j’adorais qui était avocat et fondateur de l’université de droit de Séoul, raconte-t-elle. Mais, en même temps, j’ai grandi dans un univers artistique, puisque ma mère est chanteuse lyrique.» Le déclic se produit en2010 quand elle remporte le concours d’éloquence du barreau de Paris en prononçant un discours certes très sérieux sur le fond, mais égayé de nombreuses blagues qui plient de rire le jury, au plus grand bonheur de la jeune avocate. «J’ai alors découvert avec émerveillement le plaisir que procurait le fait de faire rire les gens. Rire, c’est la grande passion de ma vie. Une façon de vivre.» Aussi, avec un brin d’inconscience et quelques économies, Kee-Yoon se lance. Elle commence par gagner le Montreux Comedy Casting 2012, teste ses premiers sketchs sur des scènes ouvertes, et finit par s’installer au Théâtre du Gymnase en octobre2013 avec son premier show,Jaune bonbon, qu’elle joue toujours cet automne. Elle y parle de la mort, des Chinois, de la Corée du Sud, des coulisses du métier d’avocat, de son enfance et de sa mère, «une femme exceptionnelle». Exemples: «Ma mère est coréenne. Coréenne signifiant le laxisme de Vladimir Poutine et la tolérance de Kim Jong-il.»

P H I L I P P E L AT I L

«Jaune bonbon», Théatre du Gymnase, tous les jeudis à 21h30. Jusqu’au 18 décembre

Kee-Yoon is a graduate of three of France’s top universities and worked as a lawyer at a top firm. Then she won a lawyers’ rhetoric competition and it all changed. “I discovered the pleasure of making people laugh,” she says. So she packed it all in and became a stand-up comic. In her first one-woman showJaune Bonbon, she brings her biting humor to subjects including death, her South Korean heritage, the joys of being a lawyer, and her mother (“an exceptional woman”).

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Chassol

epuis quelques années, ce prodige français du piano et compositeur pour musique de films a développé son concept d’«antivoyages». Des excursions en Inde ou à La Nouvelle-Orléans, dont il ramène un matériel sonore et vidéo sur lequel Chassol intervient en samplant, mettant en boucle et rajoutant ses compositions. Après le sublimeIndiamore, mélange onirique dans l’Inde traditionnelle, Chassol s’est penché sur les Antilles, et particulièrement la Martinique, sa terre natale, dont il ramène une fois de plus un spectacle son et image au-delà du sublime. A la Gaîté Lyrique,le 15 janvier. Young French piano prodigyChassol creates what he calls “musical antivoyages.” He takes trips to, say, India or New Orleans and then returns with sound and video recordings that he samples and mixes with his own compositions. AfterIndiamore, he has turned his eyes and ears to his native Martinique for his newalbum, Big Sun.

C’

La Klepto

est le genre de collectif un peu barré et super festif qu’on adore. La Culottée, à la tête des soirées du même nom, vient d’installer sa résidence au Petit Bain. Egalement organisateur des Klepto, la joyeuse bande fêtera son premier anniversaire au Showcase en compagnie de la dynamique Shinedoe et deKikidu détonnant label BPitch d’Ellen Allien. Au programme: performances, vidéos, surprises et paillettes. Sans aucun doute, ça sera chouette! Au Showcase, le 6décembre. The Klepto collective is celebrating its first birthday with Shinedoe and Kiki from Ellen Allien’s Bpitch label. Plus videos, glitter and other surprises.

Seth Troxler The Martinez Brothers

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ertains gardent un souvenir ému de son set fabuleux au petit matin au Weather Festival. Nous qui l’avions loupé, on va pouvoir se consoler: Seth Troxler est enfin de retour à Paris. Et une semaine après, ce sont les Martinez Brothers qui débarquent pour la soirée Pacific avec TheMekanism et Dactylo. De quoi nous rappeler nos belles soirées d’été ! Au Showcase, les 12et 19 décembre. If you missed Seth Troxler’s fabulous set at the Weather Festival, then get over to the Showcase because he’s back. A week later it’s the Martinez Brothers, with The Mekanism and Dactylo.


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Musique & Night

Crazy en fêtes P

our terminer 2014 ou débuter 2015 sous le signe du glamour, quel meilleur lieu que le plus iconique des cabarets parisiens, passé maître dans l’art de sublimer la femme ? L’esthétique de cette institution de la nuit parisienne, qui allie danseuses aux corps parfaits et cambrés habillées principalement de projections, aux influences musicales et vestimentaires du moment, a inspiré d’innombrables personnalités du monde de la mode, de l’art et du spectacle, la dernière en date étant Beyoncé, qui a tourné le vidéoclip Partitionen collaboration avec leCrazy. Dans un écrin de velours rouge et de miroirs, situé au cœur du Triangle d’Or, succombez à la magie du Crazy! CRAZY HORSE. Spectacle «Désirs», signé Philippe Decouflé & Ali Mahdavi.I nformations et réservations : 01 47 23 32 32 12 avenue George-V, Paris VIIIe. www.lecrazyhorseparis.com The dancers’ perfect bodies and sensual choreography, as well as up-to-the-minute musical choices and costumes, make the Crazy Horse an unrivalled icon of Parisian glamour. Beyoncé is convinced – she filmed the video for Partition in collaboration with le Crazy. And the current show, Désirs, was created by Philippe Decouflé and glamour guru Ali Mahdavi.

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Chloe Nicosia

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Robert Bellamy

S Marathon Impulse!

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arah Rebecca Krebsa beau s’être installée à Paris depuis six ans, le Mississippi dont elle est originaire coule dans ses veines et le gospel (qu’elle a chanté avant même de savoir lire) dans sa voix. Après sa collaboration avec Slove (remember le tubeFlash), Sarah a décidé de se lancer dans l’aventure solo, avec un folk dépoussiéré de ses certitudes, qui se mélange à l’électro et à la pop avec une aisance qu’on appelle la classe. Au Café Charbon, le 27 novembre. After a noted collaboration with Slove, Mississippi-born, Paris-based Sarah Rebecca Krebshas gone solo. The result is new folk mixed with electro and pop in a way that brings to mind only one word: class.

I

Sage

l s’appelle Ambroise William, il est beau, jeune, mélancolique et plein d’espoir. On l’a connu fougueux avec Revolver, il se réinvente avec Sage, découvre le piano, la variété, le songwriting, la pop et tout ça… Sur son premier EP, aidé de Benjamin Lebeau, moitié de TheShoes (les désormais producteurs incontournables), Sage s’invente une image de garçon le spleen dans la tête, les doigts sur les touches et la voix perchée au plus profond de la mélancolie. Bonne pioche! Au Café de la Danse,le 29 janvier. He’s called Ambroise William but records as Sage; he’s young, handsome, melancholic but full of hope. To discover what that sounds like, listen to his new EP.

Ismael Moumin

our la première édition de cette nouvelle soirée, Marathon Impulse ! a imaginé un voyage musical de 8 heures autour de la musique répétitive et de la musique électronique. Une folle nuit pendant laquelle se croiseront Carl Craig (qui présentera son projetModular Pursuits) et Steve Reich,Nathan Fake et Terry Riley. Sans aucun doute une des soirées les plus excitantes de cet automne. A la Gaîté Lyrique,le 29 novembre, de 18hà 2h. Get ready for eight hours of non-stop musical madness with Carl Craig (playing his Modular Pursuits project), Steve Reich, Nathan Fake and Terry Riley. It might well be this winter’s best night out.

S.R. Krebs

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évélée en 2009 par une place de troisième à la Nouvelle Star, mais surtout par une voix absolument fantastique capable de filer la chair de poule aux plus endurcis, Camélia Jordana, 22 ans seulement, continue une trajectoire sans faute avec une ligne de conduite dont elle ne dévie pas, tout occupée, comme elle le dit si bien, à «faire des chansons françaises modernes». Quatre ans après un premier album prometteur, même si parfois maladroit, Camélia est de retour avecDans la peau,qui la place instantanément en haut de la pile de disques,

capable d’assurer des comparaisons avec Barbara, tout en allant chercher une légitimité dans l’air du temps du côté des popeux modernes de Metronomy, des fantaisies d’une Björk ou de l’indépendance d’une Feist. Au Bataclan, le 15 décembre. The product of a TV talent show, 22-year-oldCamélia Jordana’s second album, Dans la peau, proves she really does have talent: a terrific blend of classic French torchlighting (à la Barbara) mixed with some surefooted modern pop.

Rubrique «Musique &Night» réalisée par L U C I E G O U Z E & PA T R I C K T H E V E N I N PA LACE COST ES NOVEMBRE / DECEMBRE 2014

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Chloe Nicosia

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Camélia Jordana


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’exposition «Voyage céleste»vous fera découvrir M. Bibor – l’ours souffleur de pissenlits et créateur d’étoiles – imaginé par le plasticien végétalDuy Anh Nhan Duc, membre de la Splendens Factory. Il a imaginé une sculpture géante de plus de 2 mètres de haut pour rendre hommage à cet ours, personnage central dans sa démarche créative. Très inspiré par le végétal, l’artiste a entièrement constitué la fourrure d’aigrettes de pissenlits, qui ont été appliquées une à une. Un résultat surprenant ! CHEZ COLETTE.Du 1er décembre au 3janvier.

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