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Modes, arts et créations à Paris

Joaquin Phoenix

Vincent Peters, l’émotion du glamour Maxime Simoens, raffiné et sensuel

Spécial

Mode PalaceScope l’agenda très parisien

N U M É R O

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Sommaire PalaceCostesest édité par la société PalacePresse. Gérant Claude Maggiori Rédaction: 64rue Tiquetonne, 75002 Paris. 0144 88 24 94 palace@palacepresse.com le magazine cadeau

N° 5 1

Février/Mars 2014

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La Météo des Tendances

Le jeu du portrait chinois. Si 2014 était…un pays, une couleur, une tendance mode, un mot, un objet, une envie… 18. Des parfums étranges et envoûtants.

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Ta l e n t s

22. Joaquin Phoenix,

«Je vis mon conte de fées d’acteur»

24. Amélie Dillemann.L’art du carton. 26. Camille Muller.Jardinier de la nature. 28. Louise Bourgoin.La vie d’artiste. 30. Clara Molloy.Le voyage du parfum. 32. Nawell Madani.Le comique au féminin. 34. Essentiel. Un amour de mode. 36. Valérie Donzelli.«J’essaie de faire des comédies d’auteur». 38. Géraldine Zberro.Hélène Courtaigne. 40. Les passions de Mélanie Bernier. 42. Le diamant en liberté. Les filles de «Camweb». 44. Berenice. Rock glamour, rock glitter. 46. Ma rubrique à moi.

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Vincent Peters

L’émotion

du glamour

«Finalement, pour un photographe, la seule distance qui existe avec le personnage, c’est la lumière entre toi et lui…» Vincent Peters expose ses images et explique sa démarche artistique.

62. Jeanne Detallante. Des dessins pour l’imaginaire.

PHOTOGRAPHIE DE COUVERTURE : Jork Weismann. Mannequin, Yulia Terenti@Oui Management. Elle porte unerobe à col montant en maille et un corset en cuir, Azzedine Alaïa Stylisme June Nakamoto @Shotview.Coiffeur Franco Argento@Atomo Management. Maquilleuse Deedee Dorzee @Calliste. Mise en beautéDior avec BB Crème Diorskin Nude,

skinflash lumière universelle, palette 5 couleurs Trianon Edition Pastel Fontanges, gloss Pétillante Dior Addict. Merci au Musée national des arts asiatiques-Guimet, Galeries du Panthéon bouddhique et jardin japonais (MNAAG), pour son formidable accueil. PA LACE COST ES FEVRIER / MARS 2 014

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Directeur de la rédaction, directeur de la création Claude Maggiori Graphisme, mise en page et retouches Nader Kassem Responsable photo Lucie Gouze Direction mode Anne Delalandre English Text Tom Ridgway Secrétariat de rédaction Philippe Bottini Assistante et assistante de rédaction Lucie Tigoulet contact@palacepresse.com

Ont collaboré à ce numéro: Virginie Bertrand Sarah Bouasse Anne Carpentier Christian Caujolle Anne Delalandre Charlotte Guillemin Antoine Laurain Juliette Michaud Robert Puyal Bertrand Raison Michel Rebichon Max Robert Sandra Serpero Patrick Thévenin Nadine Vasseur Ellen Willer Photographies Christian Geisselmann www.christiangeisselmann.com

Keffer

www.kround.com

Vincent Peters

www.vincentpetersphotography.com

Flavien Prioreau

flavienprioreau.4ormat.com

Jork Weismann www.jork.at

Publicité Palace Presse 64 rue Tiquetonne, 75002 Paris 0144882494 Virginie Hoang, virginiehoang@palacepresse.com

06 61 11 15 63

Marianne Tran, mariannetran@palacepresse.com

0620997757

Imprimerie SEGO 95150 Taverny Fabrication Annick Torrès/Rivages Chromie&gravure Nader Kassem nader@naderkassem.com

ISSN 1955-9380 Dépôt légal à parution Diffusion : 40 000 exemplaires


CLASSIC FUSION SHAWN CARTER BY HUBLOT Une pièce exclusive en or jaune 18K. Cadran ajouré du logo Shawn Carter révélant le mouvement extra-plat entièrement manufacturé par Hublot, 90 heures de réserve de marche. Bracelet en caoutchouc et alligator. Série limitée à 100 pièces.

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10, Place Vendôme • 271, rue Saint-Honoré Galeries Lafayette – 40, Bd Haussmann Le Bon Marché – 24, rue de Sèvres twitter.com/hublot •

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Sommaire

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Les Carnets

de Mode 66. Maxime Simoens.

Raffiné et sensuel. 72. Alberto Moretti.Résolument sexy. 73. Elena Ghisellini. Sacs rock. 74. Pierre Corthay.Maître chausseur.

Seuleà Paris 76

Photographies Jork Weismann. 94. Etienne Derœux. Sportswear raffiné.

96. La vague russe.

Vika Gazinskaya, Ulyana Sergeenko, Valentin Yudashkin. 102. Jimi Janis. 104. Yiqing Yin. 108. Emilio Pucci. 109. Lanvin. 110. Clover Canyon. 112. Olympia Le-Tan. 114. Paule Ka. 115. Peter Pilotto. 116. Camille Lescure.Parures sensuelles.

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DenisDubois Monstres et merveilles. 130

Infomania

130. Alphabet trucks.132. Ofée. Précieux porte-bonheur. 133. JAR. Bijoux secrets. 134. ba&sh. 10 ans de mode et d’amitié. 135. Fantaisies italiennes.Made in France. Hôtel Particulier. Simplement élégant. 136. Bambi show.Elisabeth Quin. 137. Les toits de Parisrien que pour soi. 138. Eres Costes,glamour associé. 140. Tesla Model S85 Plus. 141. Bagues en liberté.Hommes au top. 142. Magnifiques monstres.143. Passions bijoux.Couleurs chics. 144. Carapaces de lumière.Symboles pour tous.

147 Pa l a c e s c o p e

148. Expositions. Henri Cartier-Bresson. Bill Viola. Gustave Doré. Lucio Fontana. Inauguration de la Galerie PalaceCostes, Claude Lévêque. Robert Mapplethorpe. Robert Adams. Art Paris Art Fair. Kourtney Roy. Pierre & Gilles. Rankin. Agnès Varda. Ernest PignonErnest. Ellen Kooi. Atiq Rahimi. Guido Guidi. Josef Hoflehner. Rero. 164. Claude Fain.«L’art, c’est approcher l’essentiel». 166. Bonnes adresses. 172. Service Palace. Les conseils très parisiens d’Anne Carpentier. 178. Musique&Nuit. PA LACE COST ES FEVRIER / MARS 2 014

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Adresses Azzedine Alaia 01 42 72 30 69 Barol au Bon Marché Rive Gauche Ba&sh01 45 08 14 15 Berenice 01 48 31 35 54 Bottega Veneta 01 42 65 59 70 Cartier 01 42 18 43 83 Casadei 01 42 82 34 56 Chanel 08 00 25 50 05 Chanel Joaillerie 08 00 25 50 05 Dior 01 40 73 73 73 Clover Canyon www.clovercanyon.com Dannijo au Bon Marché Rive Gauche Dolce & Gabbana 01 40 73 73 73 Dsquared2 0142865466 Emilio Pucci www.emiliopucci.com Fendi 0149528452 Gucci 0144941470 Jimi Janis www.jimijanis.com Lanvin 0144713173 Michael Kors 0144541851 Miu Miu 0153632030 Olympia Le-Tan www.olympialetan.com Paul&Joe01 42 74 24 68 Paule Ka www.fr.pauleka.com Peter Pilotto au Bon Marché Rive Gauche Pièce d’Anarchive chez colette Prada 0153239940 Shiatzy Chen 0140159598 Valentino 0147237979 Venna au Bon Marché Rive Gauche Versace 0147428802 Vivienne Westwood 0149270509 Wolford 0825850005 Yiqing Yin 0617010554 Zapa 01 42 86 63 99

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La Météo des Tendances Portrait chinois. Et si 2014 était…

Un pays: le Brésil

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vec une montée en puissance écoCHINESE PORTRAIT: IF 2014 WERE… nomique qui le fait passer au A COUNTRY: BRAZIL sixième rang de l’économie mondiale Along with a rapidly growing economy and devant la Grande-Bretagne, avec une middle-class, Brazil is riding a new wave of population qui évolue vers une middle class creativity. In fashion terms,Alexandre plus aisée, des femmes qui travaillent en plus Herchcovitch has now been joined byAdriana grand nombre et s’offrent ainsi enfin les moyens Degreas’ beachwear; Cavalera’s fun and funky de leurs ambitions, avec un goût marqué pour la fête, le beau, leisurewear; Lenny Niemeyer’s feminine and elegant la beauté, avec l’émergence d’une nouvelle vague créative, swimwear; and, of course, young São Paulo designer de nouvelles façons d’entreprendre et d’aborder la création, Renan Serrano’s label, Trendt, the home of simple le Brésil donne naissance à une lame de fond esthétique en shapes with divine technique. mode, en design, en food, en beauté… Résultat: le Brésil est le spot qui attire tous les regards et attise tous les appétits. Longtemps, en mode, on ne pouvait mentionner que le designerAlexandre Herchcovitch. Aujourd’hui, il est rejoint par une foule de créateurs talentueux, si nombreux qu’on a du mal à tous les citer: Adriana Degreas et sa beach fashion irrésistible, qui donnerait envie de vivre toute l’année au bord de la mer; Cavalera, le plus funky, fou, coloré, une explosion d’humour subversif; Lenny Niemeyer et ses lignes super féminines, divinement épurées; Teca by Helo Rocha, tous les codes du luxe, mais revisités, esthétiquement réinventés; et, bien sûr, Renan Serrano. Ce jeune designer de mode paulista réussit le pari de combiner simplicité des formes et complexité technique. Chef de file d’une nouvelle création brésilienne en ébullition, il se dit en quête permanente d’innovation et d’expérimentation. Selon lui, la spécificité de Trendt, sa marque, c’est la transparence, qui permet en même temps de montrer et de cacher le corps. Le Brésil par excellence. A gauche, un modèle Renan Serrano; au centre, le défilé Alexandre Herchcovitch; à droite, un maillot de Lenny Niemeyer. PA LACE COST ES FEVRIER / MARS 2 014

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Belle et bien dans votre âge.

N O U V E AU

Haute Exigence Jour Multi-Intensive Redensifie, lifte, illumine Et si être belle c’était tout simplement se sentir bien dans son âge ? Aujourd’hui, votre peau a de nouveaux besoins. Enrichie du pouvoir anti-âge exceptionnel de l’extrait d’harungana, un nouvel actif végétal bio exclusif Clarins, la crème Haute Exigence Jour Multi-Intensive redensifie votre peau à tous les niveaux1. Elle est plus dense, plus lisse, plus lumineuse. Il y a un âge pour être belle, le vôtre. Clarins, No 1 en France des soins de beauté haut de gamme2. 1. Tests ex vivo et in vitro. 2. Source : NPD BeautyTrends France, ventes valeurs et unités des produits de soin vendus en parfumeries, marques prestige, CAM octobre 2013.

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Portrait chinois. Et si2014 était…

Un accessoire: le bijou de tête

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près la déferlante des headbands, ces nouveaux accessoires pour cheveux tirent leur épingle du jeu. Un soupçon d’aristocratie pour des coiffures qui se tiennent bien, en version minimale et épurée, comme les barrettes ultra-longues, fines, et les «ponytail folder», ces chouchous version bijou et option sobre, ou en version ornementée, comme pour les peignes d’Anna Rivka, à porter plutôt sur l’arrière de la tête, pour plus de discrétion.

Une couleur: le mauve

A

vant, on essayait de prédire quelle serait la couleur de l’année. Désormais, il suffit de le décréter. Et c’est bien sûr au pape de la couleur que revient cette tâche : Pantone. Longtemps, Pantone a été un simple outil, un nuancier qui classifiait les teintes, une référence commune qui permettait, à Stockholm comme à São Paulo, de savoir de quoi on parlait et d’être sûr de parler de la même chose. Aujourd’hui, Pantone s’expose et s’impose: la couleur transversale de l’année, qui touchera décoration et mode, sera le mauve, baptisé «Radiant Orchid». Une continuité du rose qui a traversé 2013, mais dans une version moins enfantine et régressive, et oscillera du lilas au violet profond, presque fatal. Habemus color!

Une tendance mode: le blanc

E

n total look, accessoires compris. Bien sûr, une référence au spirituel. Une allure en écho à tous ces courants de pensée positive et de pratiques de pleine conscience, de méditation, qui se généralisent comme une traînée de poudre… blanche. Mais aussi une envie de silhouette soft, minimaliste, associée à des formes contemporaines et marquées. Une forme d’incarnation esthétique du culte du corps et de l’esprit, bien dans l’air du temps.

IF 2014 WERE… AN ACCESSORY: HEAD JEWELRY After all those headbands, the latest head fashion is for minimalist, extra-long and thin hair clips, and “ponytail folders” available in either bejeweled or plain versions. A COLOR: PURPLE We used to predict the color of the year, but now it’s global color authority Pantone that decides. And this year it has decreed Radiant Orchid, also known less poetically as 18-3224. A FASHION TREND: WHITE

White: a total look (accessories included); a nod at a sort of generic spirituality; powder of any sort; minimalism. A MEN’S TREND: FLEXIBILITY

Une tendance homme: le flex

It’s official: men can now do

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ui, pour flexible, pour décomplexé, pour à l’aise. Pour libre. Un code sans code, au fond. Après plusieurs années où l’homme a dû apprendre à décoder la mode et ses références, voici venu le temps où on lui permet de tout oublier pour faire exactement ce qu’il veut de tout ce qu’il sait. Bon, il ne s’agit pas non plus de se vêtir n’importe comment. Mais de trouver sa voie à lui, en croisant les trois grandes composantes actuelles du vestiaire masculin contemporain : le street, le tailoring et l’héritage. A lui, avec ces cartes aux règles parfois rigides, de construire sa silhouette et de trouver son équilibre. Etre flex, c’est ne pas trancher, c’est tout choisir. Un ensemble de la collection printemps-été de Giambattista Valli. PA LACE COST ES FEVRIER / MARS 2 014

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what they want fashion-wise! Apparently they’ve now grown-up enough to be trusted, and so instead of having to choose, they can have it all. Hurrah!


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Portrait chinois. Et si2014 était…

Un mot: «happy»

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a crise, n’en parlons plus! Essayons plutôt d’être heureux, pour de bon, pour de vrai. Méthode Coué : Pharrell Williams et son clip qui dure 24 heures avec partout plein de surprises en guest, histoire de ne pas se lasser. Inscrire le détournement et l’ironie dans nos vies, dans nos rapports avec les autres, pour qu’une vague de joie de vivre nous submerge, inondant les idées noires. Une joie de vivre simple, comme l’illustre notamment le nom évocateur de l’exposition «The Happy Show»à la Gaîté Lyrique.

IF 2014 WERE… A WORD: “HAPPY” n des objets déco clés de l’année. On ne se contentera pas Forget the crisis! Listen toPharrell24/7 and be nice to de les acheter dans l’une de ces boutiques déco qui les others to create a wave of joy that will drown all our dark remettent fièrement en vitrine, on s’y mettra soi-même, oui, à ideas. Then visit Stefan Sagmeister’sHappy Show in Paris. la maison, avec son tour de potier. Et si on veut aller au bout du trend, on le twistera du détail «trompe-l’œil» qui fera toute la A DESIGN OBJECT: POTTERY différence : un dessin au trait qui évoque l’étiquette d’un sachet It’s time to stop shopping, get your hands dirty, and begin de thé, un liseré qui souligne le bord comme des touches d’hu- making your own pots at home. Kiln not included. mour qui laissent une empreinte. A DESIRE: COMFORT FOOD Comfort food is reassuring and full of both calories and familiar emotions, whatever its origins. AtMezz, it’s from ne nourriture rassurante, qui emprunte aux plats familiaux leur émotion chargée de souvenirs d’enfance. the Middle East and made up of kebabs, falafels and other Mediterranean classics. Accompagnant le retour de la cuisine populaire, parfois régressive, souvent calorique, elle joue autant des registres locaux que des influences étrangères, des hamburgers américains aux boulettes du Moyen-Orient. Mezz, qui veut imposer le «boulette power», A FLAVOR: CARBON détourne keftés et falafels, les associe à d’autres classiques méditerranéens, dips, More than just a new feuilletés filo, houmous, brochettes… pour flavor, it’s a new way créer une nourriture riche en goût et en of cooking. Time for réconfort.(Mezz, 53quai de Valmy, ParisXe.) burned bread, blackened shellfish and caramelized vegetables. What was lus qu’une nouvelle forme de once a failure is now cuisson, une nouvelle saveur se desa trend seen atLe sine : pain brûlé, coquillages carbonisés, Chateaubriand, Akrame légumes caramélisés. Et voilà le raté tradiand Alexandre tionnel intronisé en piste créative. A part Gauthier. que le brûlé parfait, comme toutes les cuissons, ne supporte pas l’approximation. A Paris, les chefs expriment leur penchant pour le calciné au Chateaubriand, au Le chef de la Passage 53, chez Akrame, sans oublier la Grenouillère, Alexandre célèbre Grenouillèred’Alexandre Gauthier, Gauthier. chef de file de ce mouvement… On y mange –brûlés, donc– de l’aubergine, de la vachette, des saint-jacques…

Un objet déco: la poterie

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Une envie: la «comfort food»

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Une saveur: le brûlé

Marie-Pierre Morel

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223 rue Saint HonorĂŠ 75001 Paris

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Portrait chinois. Et si2014 était…

Une sortie: le ballet

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e twerk et sa sexualité affichée, le hip-hop et son esprit combatif, le voguing avec ses attitudes posées et son second degré, et jusqu’à la danse de salon qui donne lieu chaque jour à l’ouverture de nouvelles salles: pas de doute, la danse est là. Et le ballet classique retrouve son aura de spectacle à ne manquer à aucun prix. Le film Black Swan était un indice avant-coureur de ce retour en grâce, Benjamin Millepieden est aujourd’hui un acteur majeur, avec son entrée en fonction comme directeur de la danse de l’Opéra, ses nombreux contrats de pub et sa surmédiatisation, autant liée à son mariage avec une star américaine, Natalie Portman, qu’à sa propre personnalité, forte, déterminée et rayonnante.

Un trend beauté: le sur-mesure

ans cette époque du «me», «myself» et du «elfie», de la customisation, rien d’étonnant à ce que la beauté pense au sur-mesure. Pour le parfum,My DNA Fragrancede la marque Eco Health and Beautypropose de s’appuyer sur les connaissances récentes en matière d’ADN pour créer un parfum unique en son genre: le nôtre, et celui de personne d’autre. Comme pour une recherche de paternité, on adresse à cette société américaine son ADN par la poste, sur un coton-tige. Quelques semaines plus tard, on reçoit le parfum composé selon nos spécificités génétiques. L’expérience complète coûte autour de 150dollars, alors on n’est pas trop sûr du sérieux, mais c’est amusant. Pour les soins, la personnalisation correspond à une envie de produit fait pour soi, qui éviterait de se tromper ou de se sentir trahi par des promesses faites à l’identique à toutes. Le précurseur estMyBlend, du Dr Olivier Courtin. Mais on peut citer MaCrème sur Mesuredu Dr Pierre Ricaud, Codage, et surtout Ioma, qui pousse l’expérience en laissant un appareil calculer et définir la formule, parmi près de 45000 disponibles, après une analyse très fine de la peau. En maquillage, le distributeurIntelligent Color Experiencede L’Oréalamorce le mouvement avec une initiative intéressante, mais forcément restreinte. Installé dans le métro de Manhattan, il analyse la tenue de la femme qui l’interroge pour lui proposer le produit de beauté adapté. Elle peut, ou non, l’acheter immédiatement. Plus généralement, c’est le teint, bien sûr, qui est le premier concerné par une telle démarche.True Match de L’Oréal a développé 33teintes de fond de teint pour s’adapter aux 57ethnies observées, et les classe par lettres et chiffres pour assurer la rigueur de sa démarche. ChezSephora, qui s’engage à définir la couleur qui vous va, leColor IQ, mis au point avec Pantone, permet de définir à la micro-nuance près la teinte idéale pour une peau.

IF 2014 WERE… A NIGHT OUT: BALLET Dance is everywhere – from twerking to foxtrots – and classical ballet is making a comeback thanks to the star power of Benjamin Millepied (Mr. Natalie Portman) and his appointment as director of dance at the Paris Opéra. A BEAUTY TREND: TAILOR-MADE

The beauty industry was always going to get into customization. So, My DNA Fragranceis a perfume created after an analysis of your DNA. Beauty creams have Dr. Olivier Courtin’s My Blend, Dr. Pierre Ricaud’s Ma Crème Sur Mesure, and Ioma, which calculates your skin type from among 45,000 possible. In make-up, theIntelligent Color Experience by L’Oréal allows women to choose products adapted to their outfits. Meanwhile,L’Oréal also has True Match to suit your skin color andSephora has linked up withPantone for its version. ELLEN WILLER,

avec Pierre-François Le Louët, président de l’agence NellyRodi. www.nellyrodilab.com

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Alexander Yakovlev

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Des parfums étranges et étonnants

uoi de neuf dans l’air? Des parfums. De toutes sortes, des classiques, des innovants et… des parfums originaux, un peu barrés, limite intellos ou carrément étranges. Certains sont difficilement respirables. D’autres irrésistibles. A vous de voir. Et de sentir. De vraies curiosités à porter ou pas, mais à connaître en tout cas.

Des parfums aux odeurs de la vie.Cette vaste collection permet de se parfumer au savon, au gintonic ou à l’herbe coupée, mais également à la fleur de cannabis… ou aux effluves d’une cérémonie funéraire. Pas aussi glauque qu’il en a l’air, Funeral Home est un grand bouquet de fleurs blanches : lilas, œillets, glaïeuls et chrysanthèmes, juste enrobé de bois d’acajou.(«Funeral Home», Demeter) Une bonne odeur de propre qui nous vient tout droit des Etats-Unis.Là-bas, c’est un best-seller. En fait, Amazing Grace sent le frais, le doux, comme un vêtement qui sort du sèche-linge. Doudou en spray plus que véritable parfum, il exalte un cœur floral, porté par un fond musqué typique des parfums «clean» dont raffolent les Américaines. («Amazing Grace», Philosophy)

Mariya Vokhmentseva

Et si on fixait le souvenir olfactif d’un lieu? C’est l’idée qu’a eue la Maison Martin Margiela avec sa collection Replica. Composé par Jacques Cavallier,Beach Walk restitue une odeur estivale, capturée à Calvi. C’est celle d’une peau salée par la mer puis séchée par le soleil, mêlée au parfum onctueux des produits solaires. («Beachwalk», Maison Martin Margiela) Faut-il sentir «beau» pour sentir bon? Pas forcément, répond Comme des Garçons. Affranchies des codes de la parfumerie traditionnelle inspirée par la nature, les fragrances du label s’intéressent parfois à des odeurs hors norme: issue de la sérieSynthetic 6, Garage surprend par ses effluves de cambouis, graisse, caoutchouc de pneus et kérosène. Un parfum à part entière, différent mais portable, et surtout remarquablement moderne. («Garage», Comme des Garçons)

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La Météo des Tendances Une sorte d’acrobatie entre herbes aromatiques exotiques et fleurs de jardin anglais…Phul-Nana est la mise au jour, par deux délicieux excentriques anglais, Amanda et Simon Brooke, d’une fragrance lancée en 1891. C’est hallucinant tellement c’est fort, présent, bluffant. Ça coûte un bras, une jambe et même un peu plus, mais c’est si bon… («Phul-Nana», Grossmith) Selon Blood Concept, notre sang influencerait nos préférences olfactives.Bien sûr, A, B, AB et O se présentent en flacon compte-gouttes, sinon à quoi bon? Le dissident du groupe, +MA, jeu de mots sur «plasma», tourne le dos aux senteurs métalliques de ses prédécesseurs pour évoquer un univers plus réconfortant de fleurs blanches, comme un paradis après l’enfer. («+MA», Blood Concept) Julien et Madalina ont décidé de mettre leur amour en parfum.Leur histoire compte pour l’instant trois chapitres, dans trois capitales, Paris, New York, Venise. Et trois fragrances, dontStilettos on Lex, qui démarre en douceur comme une promenade rythmée sur Lexington Avenue et finit comme une course vers l’autre, le cœur battant. («Stilettos on Lex»,Jul et Mad) A New York, Aedes de Venustas est une sorte de galerie d’art olfactif qui accueille les créations les plus chics du moment.A force de mettre en scène les autres, on ne résiste pas à la tentation de créer son propre sillage. Dans son drôle de flacon un peu kitsch, ce parfum renverse les codes de la parfumerie pour mieux surprendre: des notes vertes mais pas potagères, des touches acides mais pas agressives, sur un fond sourd de bois et d’encens, pour un parfum signature au charme barré et dévastateur, qui emballe les amateurs.(«Aedes de Venustas», Aedes de Venustas) Un sublime floral, ultra-féminin, composé par l’ex-parfumeur de Myrurgia,qui a longtemps été la seule maison espagnole de parfum digne de ce nom, et à ce titre fournisseur officiel de la famille royale. Au cœur deKiss My Name, la tubéreuse, une fleur mythique pas facile à travailler, qui s’entoure de fleur d’oranger et de jasmin pour écrire sa propre histoire et marquer les mémoires.(«Kiss My Name», Ramon Monegal) Une référence explicite: une eau de toilette qui s’inspire de l’odeur des ateliers des tailleurs de Savile Row. Pour la fragrance, elle renoue avec la famille olfactive des fougères, une note masculine très traditionnelle entre lavande et géranium, plus ou moins abandonnée récemment dans la parfumerie.(«Sartorial», Penhaligon’s) Andy Tauer, un parfumeur suisse, s’est inspiré d’un personnage féminind’un courtmétrage indie américain, Woman’s Picture, pour créer une fragrance qui renvoie aux parfums troublants des sixties. («Miriam», Andy Tauer)

Olfactive Studio organise la rencontre entre un photographe et un parfumeur, pour créer des parfums à double inspiration.Flashback est donc une sorte de réminiscence visuelle et olfactive. Sur une image vidéo ultra-travaillée de Laurent Segretier, jeune artiste français, le parfumeur Olivier Cresp a composé une fragrance vibrante, bizarrement acidulée. Une façon inédite de capturer l’instant.(«Flashback», Olfactive Studio) Roger Piguet, avec sa petite moustache de dandy et son chic fou,a été une figure légendaire de la haute couture de l’entre-deux-guerres. On a dit qu’il possédait le sens du bon goût, du luxe vrai, et qu’il se tenait aussi loin que possible de la banalité. C’est encore plus précieux aujourd’hui. Rien d’étonnant dans ces conditions que soit si largement salué le relancement deFracas, avec son bouquet de fleurs blanches surdosé, sa féminité sexy, excessive, sa séduction explosive, si terriblement vintage. («Fracas», Roger Piguet) Un élixir de rêverie pour l'homme et la femme. Cette eau rare n’est éditée qu’à 300 exemplaires. Issu d'une maturation exceptionnelle de dix ans. Le flacon est magnifié par le dessin de Jean Cocteau. («Eau de Gloire Cologne», Parfum d’Empire) S A R A H B OUA S S E / E L L E N W I L L E R

Maison Martin Margiela’s first Replica scent is Beach Walk: a recreation of Calvi in summer, all salty skin and sun cream. Comme des Garçons’ Garage: grease, rubber and kerosene for a scent that’s unusual but highly wearable. Our favorite Demeter is Funeral Home: lilacs, carnations, gladioli and chrysanthemums wrapped in mahogany. Philosophy’s Amazing Grace smells like clothes out of the dryer: think sprayable cuddly toy. Grossmith has updated a scent from 1891 calledPhulNana; it’s incredibly strong and costs a fortune. Blood Concept’s +MA(a sort-of pun on plasma) is flowery. Jul et Mad’s Stilettos on Lexstarts out slowly but builds to a crazy climax. Aedes de Venustas’ eponymous perfume has green hints and acidity, all on a bed of wood and incense. Ramon Monegal’s Kiss My Nameis sublimely floral and ultrafeminine. With a base of fougères,Penhaligon’s Sartorial is all man and Savile Row tailors’ workshops. Andy Tauer based his latest scent on a character in a 1960s short film. She was calledMiriam; now it is, too. Olfactive Studio’s Flashback is vibrant and startlingly acidic. Roger Piguet’s Fracas has been relaunched: a white flower explosion of fabulous femininity. Parfum d’Empire’s Eau de Gloire Cologne: only 300 bottles of this 10-year-old unisex elixir exist.

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Phoenix «Je vis mon conte de fées d’acteur»

mpereur romain, country star ou gars de la marine déboussolé, Joaquin Phoenix peut tout jouer, et veut tout jouer. On parle d’un nouveau film avec son réalisateur de Prête à tout,Gus Van Sant, et même d’un rôle de méchant dans le prochain Batman ! Loin de ralentir, comme il avait menacé de le faire, l’enfant terrible d’Hollywood enchaîne les projets. Nommé aux Oscars pourThe Master, et après une nouvelle collaboration avec son mentor,James Gray, l’an dernier pour The Immigrant, on le retrouvera en mars dans Her, de Spike Jonze. Nous avons rencontré, à LosAngeles, où il habite, un Joaquin barbu et cheveux longs qui nous a désarmés par son humour et son humilité. Après James Gray et Paul Thomas Anderson: Spike Jonze. Vous avez trouvé votre famille de cinéma? JOAQUIN PHOENIX. J’ai commencé si jeune dans ce métier que je pensais qu’être acteur, c’était avoir ces expériences incroyables, mais qu’ensuite on rentrait chez soi, tout seul. Je vais avoir 40ans, et je n’aurais jamais imaginé que le travail deviendrait au contraire de plus en plus excitant. En rencontrant ces réalisateurs qui sont vraiment des artistes, comme Paul Thomas Anderson, ou Spike Jonze, des portes se sont ouvertes. Je traverse une période de chance inouïe, je me retrouve là où j’ai toujours voulu être. Dans une zone plus libre et plus… insondable.Je vis mon conte de fées d’acteur. James Gray a été le premier à vous offrir cette liberté? Avec James Gray, nous avons un lien de sang. Il m’a dit un jour que je lui appartenais.(Rire) Spike Jonze dit que vous exercez votre art très sérieusement, mais que vous ne vous prenez jamais au sérieux... Parfois, je n’en peux tellement plus de moi que je ne vois pas comment le public n’en aurait pas marre non plus s’il me voit trop. C’est pourquoi je ne veux pas créer une saturation en acceptant trop de films. Quant à mes opinions dans la vie, qui s’en soucie? On me demande ce que je pense des relations amoureuses modernes: aucune idée! On me demande quels sont mes films préférés, et quand je cite un Will Ferrell ou un Adam Sandler, et que je dis que ces types sont des génies au même titre qu’Al Pacino ou Woody Allen, on ne me croit pas. Mais rire est ce que je préfère ! Et mon humour ne vole pas haut! (Rire) Qu’est-ce qui vous touchait tant dans «Her» de Spike Jonze? Un bon scénario vous touche personnellement de façon mystérieuse. Her, plus qu’un film sur la technologie, est une histoire sur la peur de recommencer une relation amoureuse quand on a été blessé, cette peur qui amène à la solitude, à s’isoler et à se réfugier dans le fantasme. Mon personnage, Theodore, avec sa moustache et ses habits proprets, est fin prêt pour tomber amoureux de son ordinateur Samantha. Un ordinateur qui a la voix de Scarlett Johansson, que l’on ne voit jamais, mais qui vous vole parfois la vedette! Moi, j’étais en pyjama, vu que nous enregistrions juste les voix, mais Scarlett, elle, arrivait au studio toute maquillée, toute pimpante ! On l’a pas mal chambrée avec Spike. Scarlett est précise et concentrée, et très drôle aussi. Jouer est un truc bizarre et complexe. Parfois, toute l’équipe est au dia-

pason et c’est l’extase. Parfois, ça ne vient pas et je suis misérable, frustré. J’ai eu envie de tuer Spike Jonze plein de fois, et ensuite de l’embrasser autant de fois.(Rire) Mais, c’est ce que j’aime sur un tournage: c’est un condensé de vie. Vous êtes né à Porto Rico, votre père vit au Costa Rica. La culture latine tient une place importante dans votre vie? Je me souviens d’abord avoir été terrifié par les iguanes. (Rire) Nous vivions chez une femme qui, en échange d’une petite pièce pour toute ma famille, demandait à mes parents de s’occuper de sa maison. Nous étions très pauvres et, franchement, tout le temps affamés. Un jour –nous n’étions pas encore végétariens–, mon père a chapardé un steak dans la cuisine de la propriétaire des lieux et l’a cuit pour nous. Elle est revenue et nous a surpris en train de manger sa nourriture. Je me souviens de ma terreur:«Mon Dieu, nous avons fait quelque chose de mal!» Mes parents n’étaient pas du tout du genre à voler, mais c’était un acte de désespoir. Bien sûr, la femme a pardonné à ce jeune couple et ses cinq enfants qui n’avaient rien à manger. Mais cela m’a marqué ! Je suis retourné en Amérique latine à 16ans pour travailler dans une ferme. J’allais au village à cheval, c’était merveilleux. Oui, j’ai de très bons souvenirs de ma jeunesse. Un peu sauvages, mais très bons.(Rire) Propos recueillis par J U L I E T T E M I C H A U D

«Her», de Spike Jonze, le 19 mars. Photographie Christopher Beyer / Contour by Getty Images

As Joaquin Phoenix nears 40, he considers himself a lucky man. To work with directors such as Paul Thomas Anderson (on The Master) and Spike Jonze (forHer, out in March) is a film “fairy tale,” one in which he feels freer and freer. Plus the screenplay for Her had what all good screenplays have: the ability to touch you in a mysterious way. Yet he doesn’t want to accept too many roles, as he can’t imagine the public not getting bored with him. Born in Puerto Rico, Phoenix grew up “really poor” and always hungry. He moved to the US when he was 16 to work on a farm and would travel to the local village on a horse. Yet he has great memories of his childhood, “a bit wild, but really good!”

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«Je traverse une période de chance inouïe, je me retrouve là où j’ai toujours voulu être.»


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Amélie Dillemann D

L’art du carton

essinatrice, peintre, créatrice de meubles et d’objets, Amélie Dillemann sait tout faire. Et tout ce qu’elle fait ne ressemble à rien de ce que l’on connaît. Lui demandet-on de dessiner une chaussure «reine de France» pour Christian Louboutin? Il sort de sa plume, en guise de boucle de soulier, une fabuleuse tête royale dont la chevelure devient voilier. Réalisée en broderie, puisque Amélie était alors directrice artistique chez le grand brodeur Jean-François Lesage. Une tête tout droit sortie d’un conte. Comme

tant mieux. Aune époque où ce que l’on dit compte autant (sinon plus) que ce que l’on fait, elle se contente de faire. Si elle travaille le carton, c’est par hasard. «Un jour que mon frère était triste à cause d’un chagrin d’amour, je lui ai fabriqué, pour le consoler, un petit théâtre en carton avec une saynète qui racontait que l’amour, ça s’arrangeait.» Plus tard, lorsque son sac Kelly en cuir est mort, elle s’en est fait un autre, en carton. Puis un autre, façon croco, et dont la doublure intérieure est une photographie de Mao. Des sacs tout à fait portables, tout comme ses meubles sont faits pour vivre. «Ils ne sont pas plus fragiles que des meubles anciens.» De ce même matériau, elle fait aussi des tableaux dont les cadres –en carton– sont des copies de cadres anciens et les motifs peints, des reprises de scènes de la Renaissance ou de collages surréalistes. Sa dernière trouvaille est d’utiliser des photocopies pour reproduire des objets. «C’est ce que j’ai fait avec un miroir que ma mère a donné à ma sœur. Je l’aimais beaucoup, et j’en ai donc fait une photocopie. Ainsi, j’ai mon propre miroir, en carton. Il est flou… je trouve ça très poétique…» N A D I N E VA S S E U R

Artist, designer of furniture and objects,Amélie

Marie-Pierre Morel

la plupart des œuvres d’Amélie qui conjuguent inventivité technique et esprit d’enfance, humour et profond sérieux. A commencer, bien sûr, par ses créations en carton, dont elle sort, depuis des années, des objets stupéfiants de grâce: cabinet Directoire, banquette Louis XVI, sacs Kelly ou Fendi, décoration de la Légion d’honneur… Une manière de détourner les codes du luxe en y associant un matériau pauvre? Non, rien de tout cela. Amélie ne recouvre pas ses œuvres de discours, et c’est

Dillemann does everything – and everything she does resembles nothing else. Like her “reine de France” shoe for Christian Louboutin or the cardboard objects she’s been designing for years. The latter include picture frames, Directoire-style cabinets, Louis XVI bench seats, and even Kelly or Fendi bags made out of her favorite material, not because of some great theory but rather, because she likes it. The resulting bags are perfectly usable and the furniture is, she says, “no more fragile than antiques.”

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CamilleMuller

Jardinier de la nature

n faubourg très fréquenté, une petite porte. Au bout d’un long couloir, il faut sonner la cloche pour qu’on vienne vous ouvrir. On découvre un petit paradis caché dans la ville. Camille Muller reçoit dans son spacieux atelier sous verrière. «Fallait le voir il y a vingt ans, s’amuse-t-il. Une ruine…» C’est l’hiver, mais au-dessus de notre tête se dresse un luxuriant jardin vertical sur les toits. «C’est surtout les voisins qui en profitent!» lance-t-il. Une carte de visite idéale pour ce jardinier paysagiste. Camille Muller invite ses futurs clients à venir chez lui. «Il faut que la démarche soit authentique et sincère, explique-t-il. J’ai besoin qu’on fasse un pas vers moi. Trop souvent les gens sont pressés, s’attendent à un miracle. Or un jardin, c’est surtout de la patience, car sa conception prend du temps. Avant les dessins, les plans et les premières installations, il faut apprendre à se connaître, puis accepter les difficultés d’un chantier, mais quand arrivent les plantes c’est toujours un moment magique. Un jardin, c’est comme un enfant, on l’aime, on l’accompagne, on l’aide à grandir, mais c’est parfois des misères aussi.» Autour d’une tasse de thé, il fait défiler avec passion les images de ses plus belles réalisations: 7 hectares à Ithaque, une terrasse à New York, une

oasis artificielle à Madagascar… Il a aussi travaillé pour Marithé et François Girbaud, la famille Rothschild ou encore John Galliano. Celui qui dit s’inspirer de la nature, de la forêt des Vosges et des sous-bois confie que «la beauté ne doit pas être spectaculaire». Les fleurs dans tous les sens, ce n’est pas trop son truc. «Il faut que ça ait du sens», ajoutet-il. Il préfère l’intemporel au branché, revendique avant tout son approche écologique. «Il faut sentir ce que le lieu contient, s’adapter au biotope, mettre les mains dans la terre, c’est primordial.» Avoir du goût, selon lui, c’est sortir des standards. «A la fin, j’improvise, il faut que j’ajoute du bazar, de la spontanéité... c’est ça, mon style!»

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LUC I E G O U Z E www.camillemuller.com «Les Mains dans la terre», Editions Ulmer.

“I need people to take a step towards me,” say garden designerCamille Muller. “Too often people are in a hurry and want a miracle, when a garden is above all about patience. Before the sketches, plans and first planting, you have to get to know each other, then accept the difficulties of a construction site, but when the plants arrive it’s always a magic moment. A garden is like a child: you love it, you accompany it, you help it to grow – but it’s also difficult sometimes.”

Lou Muller/Claire de Virieu

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LouiseBourgoin

La vie d’artiste C

elle qui faisait la pluie et le beau temps à Canal+ s’est très vite imposée dans notre paysage cinématographique. Par sa plastique, son talent et son audace. Rencontre au bord d’un lagon émeraude en marge du e9Festival du film de la Réunion. Vous avez toujours voulu être actrice? Avant, je n’y pensais pas. Je me destinais plutôt à devenir prof d’arts plastiques… Mais, dès les premiers jours de tournage deLa Fille de Monaco, j’ai su que j’avais trouvé mon endroit. Ce qui explique ma boulimie de travail, mon besoin de faire ma bonne élève. J’avais la volonté de tester mon «outil». Nicole Garcia dit de vous: «Louise a beaucoup été filmée sur son éclat physique. Elle a cette gaieté que j’adore, mais aussi une part secrète plus étrange, plus douloureuse.»Dans le film (Un beau dimanche), je joue Sandra, une femme séparée, endettée. Elle a un petit garçon oublié par son père et que Baptiste, l’instituteur du gamin (interprété par Paul Rochefort, fils de Nicole Garcia et de Jean Rochefort), va lui ramener. Entre eux, le temps d’un week-end, tout va basculer… Nous avons beaucoup travaillé sur mon look, mes vêtements pas trop cagole ni tire-larmes, mon tatouage un peu ringard… Un travail tout en finesse. Je crois savoir que vous dessinez vos personnages…C’est mon truc pour mieux les appréhender, ça m’aide à les construire. Je dessine des petits crobards de rien avec ma silhouette et les vêtements que je porterai. J’ai gardé ceux deLaFille de Monaco, pour qui j’avais même dessiné un tas d’accessoires. Vous dessinez aussi, chaque mois, dans «Lui».C’est une bande dessinée érotique que je réalise à l’encre de Chine sur une page. Je prends du plaisir à faire ça. Je cherche la ligne juste, le trait parfait, un peu comme pour mes personnages. Votre jeu a évolué? Comme je n’ai jamais pris de cours, je compense en parlant avec descomédiens, comme Cluzet ou Luchini. Je lis beaucoup de Mémoires d’acteurs, comme, en ce moment, ceux de Louis Jouvet. Michel Bouquet m’a donné une clé, qui est aussi celle d’Isabelle Huppert:«Il ne faut pas oublier que le public veut aussi jouer avec nous.» Après Un beau dimanche, j’ai vécu une sensation de manque. On a joué des scènes tellement fortes. Après, la vie normale vous paraît fade, presque insipide. Sauf aujourd’hui, car je file faire une virée en hélico autour du volcan du Piton de la Fournaise ! C’est ça, la vie d’artiste! (Rire) Propos recueillis par M I C H E L R E B I C H O N Photographie Nicolas Guérin / Contour by Getty Images

From TV weather girl to one of the most in-demand actresses in French film,Louise Bourgoinhas had a good few years. “I was supposed to be an art teacher, but since the first day filming on my first film I knew I had found my niche. I never studied acting, so I make up for it by talking to other actors, like François Cluzet or Fabrice Luchini. Michel Bouquet gave me a key, which is also Isabelle Huppert’s: ‘You must never forget that the audience also wants to act with you.’ After a film, life can seem bland, almost insipid – except today because I’m off on a helicopter trip around a volcano!”


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ClaraMolloy

Le voyage du parfum chaque flacon la magie et l’émotion de tout un voyage. Un projet poétique pour lequel elle s’est associée àAliénor Massenet, parfumeur chez IFF, qui a composé toutes les fragrances de la maison. «Elle a une grâce particulière, une délicatesse à laquelle je suis sensible. En plus, nous avons les mêmes goûts, ce qui raccourcit le temps de développement des parfums, puisque nous savons toutes les deux ce que nous cherchons.» Entre les deux, le processus de création commence par la destination choisie. «J’isole ensuite une sensation, un moment particulier dans ce lieu. Puis Aliénor va le transposer en propositions olfactives, et un jeu de ping-pong commence», explique Clara. Pour Italian Leather, leur dernière création, Clara et Aliénor ont saisi la douceur ensoleillée de l’Italie: un cuir magnifique, comme découpé dans les sièges d’un cabriolet, rencontre la fraîche simplicité d’une feuille de tomate verte et l’élégance poudrée de l’iris. En fond, mêlée de santal et d’absolu vanille, on retrouve la note la plus emblématique des parfums Memo: la myrrhe, cet ingrédient mystique. «Elle confère à nos jus leur magnétisme particulier, poursuit Clara. Ce qu’on cherche à provoquer, c’est une émotion, un moment, un souvenir. Mais, une fois en bouteille, ces parfums ne nous appartiennent plus: d’autres personnes vont les rêver, leur attribuer une couleur ou un sentiment. Et je suis ravie de cet envol…»S A R A H B O U A S S E

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l y a des parfums qui nous transportent ailleurs. Les créations de la maisonMemosont de ceux-là. Quartier Latin, Granada, Siwa, Luxor Oud… près d’une vingtaine de fragrances dessinent une véritable carte olfactive du monde. Une aventure aux multiples escales, initiée parClara et son mari John Molloy, présentés par le hasard, entre ciel et terre, alors qu’ils empruntaient le même télésiège. De cette rencontre est née la maison Memo: lui au développement et elle à la création. «Depuis toute petite, le parfum est un fil conducteur dans ma vie, m’explique-t-elle depuis Genève, où elle est installée. Le parfum permet la rêverie, la poésie, il libère l’imagination et donne une grande liberté. Il n’est pas limité par l’image, ce qui est très récréatif dans notre société, où, souvent, seule la vue est sollicitée.» Le parfum permet à Clara de concentrer dans

En vente chez colette et au Bon Marché.

It began in 2005 on a ski lift, whenClara met John Molloy. Two years later the couple founded perfume company Memo: he’s business; she’s creative. “Perfume allows for dreaming, poetry,” says Clara, from Geneva where she lives. “It frees the imagination and creates freedom.” It’s an adventure she also shares with Aliénor Massenet, perfumer at giant scent company IFF. “She has a particular grace, a delicacy that touches me,” says Clara. “I isolate a feeling, a specific moment. Then Aliénor translates them into olfactory propositions and a game of Ping-Pong begins.” But the emblematic base note in all their creations is myrrh, which gives Memo perfumes their “distinctive magnetism.”

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NawellMadani

Le comique au féminin N

awell Madani est née et a grandi à Bruxelles. Autrement dit, l’humour belge, elle connaît. Mais les parents de cette belle trentenaire sont algériens. Aussi ses vannes ont-elles le piquant de la harissa. En fait, Nawell Madani est la plus belge des humoristes beurs. Et vice versa. «J’ai grandi en écoutant Mary J. Blige, Bobby Brown, TLC, et j’ai toujours voulu devenir danseuse, raconte la jeune femme. Je suis devenue prof de danse de hip-hop à Paris et chorégraphe pour des artistes comme Rohff, Singuila, Mac Tyer, Kayliah et Lord Kossity. Mais comme je faisais rire tout le monde avec mes vannes pendant mes cours, j’ai fini par vouloir monter sur scène.» Nawell démarre en2011 par des scènes ouvertes et se fait remarquer par le directeur artistique duJamel Comedy Club. Son humour épicé, sans tabous et rentrededans plaît au public. «En revanche, ça a été très violent avec les autres pensionnaires duJamel Comedy Club. Des personnalités très fortes, assez machistes, qui ont été assez dures avec moi», raconte celle qui finira par créer le Jam’Girls Comedy, collectif réunissant la nouvelle génération d’humoristes féminines. En mars, Nawell Madani s’installe au Palais des Glaces pour son premier one-woman-show. «C’est beaucoup de comique d’observation; c’est aussi très autobiographique, je joue sur les différences culturelles, je raconte le parcours d’une femme dans ce milieu machiste, les relations aussi avec ses parents, avec les hommes. Je raconte beaucoup mes “premières fois”: quand j’ai dû dire au revoir à ma virginité en lui écrivant une lettre… jusqu’à ma première interview télé.» La télé, justement, elle s’en tient éloignée. «Je ne suis pas chroniqueuse, ça ne m’amuse pas, dit-elle. En revanche, j’aimerais beaucoup jouer au cinéma. Mais je ne suis pas pressée. Pour l’instant, je pars à la rencontre de mon public, à Paris puis en France, Suisse, Belgique, Algérie, et même aux Etats-Unis!» M A X R O B E R T

Born in Brussels to Algerian parents,Nawell Madani

Wahib

later moved to Paris and became a dance teacher and choreographer. “But,” she says, “as I made everyone laugh with my wisecracks, I ended up getting up on stage.” While the audience enjoyed her hardhitting comedy, “pretty macho” male comedians were less charitable. So she set up the Jam’Girls Comedy troupe to unite the new generation of female comedians. In March she’s bringing her first one-woman show to Paris –it is, she says, “really autobiographical” – before taking it out on the road.

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Un amour de mode L

a création, c’est une histoire d’amour. Celle d’Inge Onsea, mannequin folle de mode, et d’Esfan Eghtessadi, entrepreneur issu d’une famille du textile belge, qui lancent en 1999 la marqueEssentiel. «Nous avons commencé par des tee-shirts en jersey coton, et très vite Inge a créé une collection complète, raconte Esfan. Nous avons rapidement exporté nos vêtements vers 80 clients étrangers dès la première saison. Aujourd’hui, nous avons 300 agents dans le monde et nous sommes en train d’exploser: + 10 % l’an dernier en France avec trois boutiques (dont deux à Paris) et une présence au Printemps, aux Galeries Lafayette et au BHV, de fortes croissances en Italie, Espagne, des implantations en Corée du Sud, Australie, Etats-Unis…» La femme Essentiel séduit de plus en plus, car elle est «joyeuse» ! «L’ADNde la marque, c’est la couleur, les imprimés, poursuit Esfan. Et, depuis deux ans, elle est de plus enplus fashion, avec une silhouette qui colle à l’air du temps. Nous sommes d’ailleurs passés de deux collections par an à dix impulsions annuelles. Cette proposition permanente de nouveautés nous a boostés !» L’homme Essentiel, lui, est plus classique. Mais des touches de couleurs lui apportent du dynamisme et un esprit «Riviera». Le défi de la marque, installée à Anvers, est désormais de mieux se faire connaître. Positionnée moyen-haut de gamme, la griffe propose un excellent rapport qualité-prix et des vêtements «porteurs d’émotions». «Mais notre nom est moins connu que le produit, indiquent les créateurs. Il nous faut asseoir la marque et lui donner une image en communiquant plus.» Avec ses modèles2014, nul doute que la marque Essentiel va faire parler d’elle.

Essentiel was founded as a T-shirt collection in 1999 by Inge Onsea and Esfan Eghtessadi. It quickly moved into ready-to-wear. “Our DNA is in colors and prints,” says Esfan. “But we’ve recently become more high fashion.” The Antwerp-based label’s excellent quality and 10 minicollections a year have created strong growth all over the world. And a great collection to begin the year should see its clothes that “wear their emotions” gaining an even wider audience.

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ValérieDonzelli

«J’essaie de faire des comédies d’auteur» E

lle est comédienne, scénariste, réalisatrice… Valérie Donzelli se raconte. En trois mots clés. CINÉMA. «J’ai réalisé pour Arte un film de commande: l’adaptation des Jeux de l’amour et du hasardde Marivaux, que j’ai rebaptisé Que d’amour ! Le deal est de choisir une pièce qui a été donnée à la Comédie-Française, d’en garder la distribution théâtrale et d’en faire un film en 14jours. Mathieu Amalric en a déjà réalisé un et Arnaud Desplechin et Vincent Macaigne devraient en tourner prochainement. La seule contrainte, c’est de respecter le texte à la lettre. Ce que j’ai fait, mais en prenant la liberté de mettre certaines répliques dans la bouche d’autres comédiens, en basculant des scènes, en introduisant un narrateur et en transposant l’action dans le Paris d’aujourd’hui… Bref, j’ai ajouté ma patte à la pièce de Marivaux, d’autant que j’ai eu la chance de collaborer sur ce film avec Philippe Jakko, qui est un musicien exceptionnel. Rendezvous vers la mi-mai sur Arte! Le 12février, je suis à l’affiche, comme actrice, dansLesGrandes Ondes (à l’Ouest)du Suisse Lionel Baier aux côtés de Michel Vuillermoz et Patrick Lapp. Une comédie familiale et populaire qui se déroule en avril 1974: deux journalistes et un technicien suisses sont envoyés faire un reportage au Portugal; malgré eux, ils vont se retrouver emportés dans la tourmente de la révolution des Œillets… J’y incarne avec beaucoup de plaisir une féministe olé olé… Et puis, cet été, je vais tourner mon quatrième longmétrage (après LaReine des pommes, Laguerre est déclaréeet Main dans la main)… Tout ce que je peux dire, c’est qu’il s’agit d’un projet que François Truffaut n’a pu mener à bien… Une histoire d’amour impossible dans laquelle je ne jouerai pas. J’aime faire des films, même si je ne me considère pas encore comme une réalisatrice. Je ne suis pas une technicienne de la mise en scène, je suis dans l’intuition.» SUCCÈS. «Je vis les choses comme elles viennent. J’ai, avec Jérémie, connu un énorme succès avecLa guerre est déclarée. Cette histoire d’amour et de maladie que nous avons pu tourner parce que notre fils était guéri a été l’équivalent d’un tube dans le monde de la chanson.(Rire) Ça n’a pas été le cas avecMain dans la main. Quand on sort d’un succès, les gens ont tendance à vouloir retrouver ce que vous leur avez déjà donné. Moi, j’essaie de faire des comédies d’auteur. Des films lyriques, loin de tout réalisme et de tout naturalisme. J’aime me décaler de la réalité, faire un pas de côté pour raconter des histoires d’accidents de vie en mélangeant les tons, le rire et les larmes, les silences et la musique, le drame et la comédie.

AMOUR. «Jérémie Elkaïm, c’est ma muse, mon acteur fétiche. Il m’a encouragée en me disant: “Si tu veux faire l’actrice, tu n’as qu’à écrire tes films.” Travailler avec la personne que l’on aime est un plus incomparable. J’éprouve un immense plaisir à l’imaginer dans un tas de situations, à le fantasmer dans un tas de personnages… Ensemble, la plupart du temps, on ne parle que de cinéma, que des films qu’il va faire, que des films que je vais faire et que des films que nous allons faire ensemble… Jérémie est un acteur à l’aisance physique incroyable doublé d’un sens fort du contrôle, c’est quelqu’un qui s’investit totalement pour mieux s’abandonner. En fait, on se complète à merveille. Propos recueillis par M I C H E L R E B I C H O N Photographie Renaud Monfourny

We met up with actress, screenwriter and directorValérie Donzellifor a self-portrait around three words. “Cinema” Arte commissioned me to make a film last spring. The deal was to choose a play staged by the ComédieFrançaise, use the same actors and make it into a film in 14 days, without changing the text. I chose Marivaux’s play,Jeux de l’amour et du hasardand renamed itQue d’amour!. This summer I’m going to direct my fourth feature. All I’ll say is that it’s a project François Truffaut didn’t manage to complete, an impossible love story I don’t act in.“Success”I had an enormous hit withLa Guerre est déclarée. The followup, Main dans la main, was less well received, but I’m trying to make auteur comedies, lyrical films, far away from all realism and naturalism.“Love” In that, my partner, Jérémie Elkaïm, is my muse. Working with the person you love is incomparable; it’s amazing to share the same passion. We complement each other brilliantly.

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Géraldine Zberro U

David Cintract

n sourire sympathique, de beaux yeux bleus, Géraldine Zberro m’accueille dans sa galerie colorée. «Ici, c’est une pouponnière, je prends les artistes au tout début.» On lui doit la découverte de David Cintract, Pascal Vilcollet, Seth, Levalet et bien d’autres. Son plaisir, c’est de les aider à évoluer: «Pascal Vilcollet, par exemple, c’est la nouvelle figuration narrative, il fait évoluer le mouvement. Cintract, il s’approprie la suite du pop art, c’est un renouveau.» Elle leur trouve des ateliers, met deux artistes dans le même pour les motiver. Passe chaque semaine contempler les nouvelles œuvres réalisées, donner son avis, réoriente si besoin… «J’ai hésité à faire les Beaux-Arts, j’ai clairement la fibre artistique. J’ai cet œil qui me permet de les aider à aller dans la bonne direction.» Géraldine a commencé très jeune. Déjà, à 14ans, elle courait les expos pendant les vacances scolaires, avec Solange, une voisine de 70 ans qui vivait dans l’immeuble de ses parents. A18 ans, le bac en poche, elle organise à son tour des expos, la première dans les studios deSacrée soirée, et s’inscrit en auditrice libre à l’Ecole du Louvre. «Entre les artistes, d’abord, il y a cet esprit de famille. Ils s’entraident, se connaissent tous. Et puis, Joseph, mon mari, m’a rejointe il y a cinq ans. Il s’occupe des ventes, du commercial. Ce qui me permet de me consacrer aux artistes. On se complète parfaitement. On est tous là pour avancer ensemble.» L U C I E T I G O U L E T “It’s a sort of crèche here,” Géraldine Zberro says in her colorful gallery. “I take artists who are just starting out.” She also looks after them, finds them studios, looks at their work every week, nudges them in one direction or another. It’s a world she loves. “There’s a family spirit between artists,” she says. “They all help each other out and know each other.”

Hélène Courtaigne L

es bijoux d’Hélène Courtaigne se reconnaissent en un seul coup d’œil : l’or à l’aspect mat, légèrement granuleux, est devenu sa signature. La créatrice a même développé sa propre teinte d’or, un jaune atypique et très lumineux, pour mieux souligner l’éclat et la couleur des pierres qu’elle utilise. Car cette diplômée de gemmologie connaît les pierres précieuses sur le bout des doigts et leur voue une véritable passion. Lorsqu’elle part aux quatre coins du monde pour étoffer son stock, elle achète au coup de foudre : «Tout le défi consiste alors à trouver des gemmes spectaculaires, mais qui restent abordables.» Les bijoux que façonne Hélène Courtaigne ne sont jamais classiques: c’est qu’ils reflètent le parcours tout aussi peu classique de leur créatrice. Ancienne directrice artistique dans le milieu de la pub, Hélène s’est reconvertie dans la joaillerie après avoir appris le métier auprès de son exbelle-mère. Une formation atypique qui explique l’originalité et la popularité de ses créations, dont la moitié sont réalisées sur mesure pour des commanditaires conquis par cette griffe unique. «Je fais ce que je veux, puisque je n’ai jamais appris les règles ! s’amuse la créatrice. Les irrégularités, le manque de symétrie… moi, ça ne me dérange pas.» Hélène vient de présenter trois pièces à l’Hôtel Drouot lors de la première vente aux enchères dédiée exclusivement au bijou contemporain: on s’est laissé envoûter par l’impressionnant bracelet Babel et ses quelque 82pierres précieuses aux couleurs sublimes. S A R A H B O UA S S E

Hélène Courtaigne’s instantly

recognizable jewelry has a matt, slightly rough gold that underlines the stones’ sparkle. It is far from classic, as was her training: she learned how to make jewelry from her ex-mother-in-law. “I do what I want because I never learned the rules,” she says. “Irregularities, a lack of symmetry – I don’t mind! The real challenge is finding spectacular gems that are still affordable.”

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encontre à Avoriaz avec une jeune femme à la candeur enfantine, moins angélique qu’il y paraît… Vous venez de recevoir le trophée Femme en or de la révélation cinéma. Emue ? C’est toujours un honneur quand on est une jeune comédienne de recevoir un prix, et celui-ci encore plus, car il récompense les femmes depuis vingt et un ans. Etre actrice en2013, c’est quoi? C’est avoir beaucoup de conviction sur l’envie de faire ce métier. Le film «Les Gamins», avec Boublil et Chabat, a-t-il tout changé? Non. Mais, au cours de ces deux dernières années, il y a eu les sorties successives de quatre films avec quatre rôles complètement différents aux côtés d’acteurs incroyables.J’ai senti un désir qui s’est créé, mais je prends beaucoup de recul, car je pense qu’un film ne nous installe nulle part. Comment vous voyez-vous dans dix ans ? Toujours actrice, mais j’espère pouvoir donner vie à mes autres passions: je fais de la danse depuis quatre ans, du modern jazz et de la barre au sol. Je rêve d’un spectacle autour du corps Dernier coup de gueule? Il y en malheureusement beauqui mélangerait plusieurs univers. coup : la peur que les gens ont les uns des autres, l’intoléUn rôle qui vous fait rêver? Celui d’une artiste de cirque ou rance et l’argent qui domine tout, c’est effrayant. d’une danseuse, et aussi celui d’une reine… Une parade à tout cela? La spiritualité. J’en ai besoin. Retour sur les planches depuis le mois de janvier…Oui, le Une devise ? Aime-toi comme tu aimeras ton prochain. théâtre, j’y reviens toujours avec grand plaisir. En plus, aux Le mot de la fin? On va boire un coup? côtés de Valérie Lemercier, c’est un beau cadeau. Propos recueillis par S A N D R A S E R P E R O Mélanie, qu’est-ce qu’on dit de vous? Que je suis pétillante et Mélanie Bernier joue actuellement au Théâtre Montparnasse dans solaire... Mais mon âme est plus complexe… je suis «Un temps de chien», avec Valérie Lemercier. quelqu’un d’angoissé, en perpétuel questionnement. Ce que vous préférez dans votre métier? Son inconstance et A quick Q&A with 28-year-old actressMélanie Bernier, a son incertitude, et ce sont aussi paradoxalement les deux rising star of French cinema.What does it mean to be an actress choses qui m’effraient le plus. in 2013? Being really sure you want to be one.Where will you be Vous et la mode? J’ai compris que l’on trouvait son style en in 10 years?Still acting, but hopefully having brought my assumant ses défauts… Avant, ma petite taille me comother passions to life.What do others say about you?That I’m plexait beaucoup et je me perchais tout le temps sur des sparkly and sunny, but with a more complex soul. I’m talons de 12cm. Aujourd’hui, je suis toujours à plat ou naturally anxious, always questioning myself.What’s your presque ! Etre naturel, c’est la meilleure arme de séduction. favorite thing about being an actress?Its fickle and nature and Votre Paris bonheur? C’est suivre les cours de barre au sol the uncertainty, which are also paradoxically the two things au Centre de danse du Marais, c’est rouler en scooter sur les that scare me the most.A motto? Love thy neighbor as thyself. quais, c’est flâner dans les rues et découvrir des salons de thé. A word to finish?Shall we get a drink? Je fais aussi partie des gens qui vont dormir à l’hôtel à Paris. Une musique ? Le clip de Pharrell Williams,Happy. Dernier coup de cœur? La pièce Ring, qui dépeint la confusion amoureuse. C’est sensuel et haletant à la fois.

Les passions de

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Julien Vallon

Mélanie Bernier


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Le diamant en liberté

etite, elle accompagnait son père diamantaire lors de ses voyages au bout du monde. C’est auprès de cet homme passionné queValérie Messikaa tout appris. Fascinée par le diamant, elle a choisi de transmettre cet émerveillement en créant la marque qui porte son nom. Messika, lancée en 2005, s’affranchit des codes de la joaillerie traditionnelle pour mieux sublimer l’éclat inimitable du diamant. En témoigne sa ligne de bijoux la plus emblématique, baptisée Move : des pièces qui présentent en leur centre trois diamants insérés entre deux rails. Mobiles, ces derniers bougent au gré des mouvements… Si les créations Messika séduisent au premier regard, elles se démarquent également par leur maîtrise technique. Avec la complicité de ses artisans, Valérie donne naissance à des bijoux hors norme, comme le collier Silk, qu’on peut froisser comme du tissu. Pour la créatrice, c’est la ligneSkinnyet ses montures d’une souplesse inouïe qui incarne le mieux la philosophie de sa marque : «Ces pièces légères et confortables, qu’on peut maltraiter sans avoir peur de les casser, permettent de ne pas se sentir encombré par le bijou. Tout d’un coup, on se verrait bien porter des diamants tous les jours!» Avec des pièces dès 1000 euros, Valérie a sorti le diamant de son carcan luxe sans transiger sur sa qualité. Distribuée dans 30pays, Messika vient d’ouvrir sa première boutique, un espace scintillant de 180m2, au 259rue Saint-Honoré. On y découvre avec joie la toute première collection de haute joaillerie de la maison, une trentaine de pièces aux lignes pures, éblouissantes de modernité.S B As a child,Valérie Messika would accompany her diamond-dealer father on business trips. Today, she continues the family tradition withMessika, her jewelry company launched in 2005. The aim is to add some daring and wonder to traditional diamond jewelry. Take, for example, the Move line: at the center of each piece are three diamonds mounted on rails so that they move with the wearer.

Les filles de «Camweb» eut-on faire l’interview chez moi? C’est là que nous tournons nos vidéos», me demandeIsabelle. 15 h, Pigalle, je pénètre dans l’univers des filles deCamweb. Isabelle, 33 ans, brune, Aglaé, 32 ans, brune également. Elles sont comme sur Dailymotion. Pas prise de tête, drôles, spontanées. A l’image deSolange te parleou Dora Moutot, les filles de Camweb, font de l’humour «Web 2.0». Aglaé, la candide, fausse naïve, versus Isabelle, la peste cynique à l’humour plus brut, seules face à leur webcam. «On caricature ce qu’on est. On pousse le naturel jusqu’à l’autodérision», dit Aglaé. «C’était une grosse blague, à la base, ajoute Isabelle. J’avais mis la webcam en marche alors qu’Aglaé était sur AdopteUnMec en train de défoncer tous les potentiels hommes de son panier. Je l’ai filmée à son insu, on a regardé, ça nous a fait marrer, on

en a fait une vidéo(love@2012), qu’on a postée sur Dailymotion...» Leur websérie fait maintenant un carton sur la Toile, chaque vidéo de la série enregistre au minimum 70 000 visites. Elles peuvent désormais en vivre. «En tout cas pouvoir nous y consacrer, et c’est une vraie chance», précise Isabelle. L U C I E T I G O U L E T La saison 3 de «Camweb» a redémarré depuis le 5février, en coproduction avec Agat Films et France Télévisions.

Behind web seriesCamweb is Isabelle, 33, and Aglaé, 32. By bringing some much needed irony to subjects dear to the Facebook generation, what began as a “big joke” now attracts 70,000 hits an episode. Thanks to funding from a magazine and TV station, the pair can now live off the series. Well, “we can at least do it fulltime,” says Isabelle, “which is a real chance.”

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de Paul Evans. Il associe de larges formes lle a débuté mannequin, fut l’égérie géométriques en miroir, acier ou bronze. de Berenice avant d’en devenir la Ça m’inspire pour mes recherches sur les directrice artistique. Aujourd’hui, toubrillances. J’aime le côté roots de Peter jours aussi jolie, elle s’occupe des collecBeard, Peter Lindberg à la belle époque, tions et de l’image de la marque.Myriam Inez & Vinoodh. Seguy Krief, jeune femme de 32 ans, Quels sont tes basiques préférés? Les legconstruit au fil des ans un vestiaire rock et gings en cuir, les petits pulls en cacheglamour, aux ailes désormais célèbres. mire délavés et retravaillés… Le logo a changé, ce sont maintenant des Que préfères-tu dans ton travail? J’aime ailes… Les ailes sont l’emblème de la tout. Diriger un plateau photo, trouver de marque ! La liberté, la victoire. C’est l’ADN nouvelles matières, voyager… New York et le succès de la marque, c’était juste d’en m’émeut beaucoup par sa lumière et son faire notre logo. énergie, ses buildings, ses mélanges de Pourquoi avoir choisi ce nom, «Berenice»? couleurs improbables. Paris est sublime Mon mari a créé la marque, il y a huit ans. mais sans folie. J’adore l’Inde et leur Il voulait un prénom qui sonne français, façon de travailler. Les sequins, les un peu BCBG, original et facile à retenir. brillances sur les vestes sont teintes làC’est aussi une déesse grecque, celle qui bas. J’ai commencé à 14ans, j’en ai32. J’ai porte la victoire. maintenant un certain pouvoir, je peux Le style Berenice, c’est quoi ? Rock glafaire quelque chose de mes doigts. Je tramour, rock glitter! Des vêtements soir qui se portent au quotidien, qui s’associent à des pièces jour, plus vaille pour un groupe qui s’étend. Il y a 70boutiques, et nous faciles à porter. Par exemple, un jean un peu destroy avec une développons à l’étranger, à Genève, Bruxelles, Londres… veste en paillettes. La brillance est toujours le fil conducteur. puis ce sera les Etats-Unis. Les boutiques sont totalement revisitées depuis un an, avec un nouveau concept, plus fort Et pour cet été? La collection est plus féminine. Un mélange glitter ethnic. Comme cette veste frangée associée visuellement, avec du métal, du noir et blanc, pour que le à un jean brillant, ou cette veste glitter à porter avec un jean vêtement ressorte plus. Le mot de la fin? Come and see! boyfriend délavé et un marcel blanc. Il y a des sweats, des cuirs, des tee-shirts un peu élimés, parfois un esprit plus Propos recueillis par A N N E D E L A L A N D R E road movie, plus Texas avec les franges. Myriam Seguy Kriefmodeled for ready-to-wear label Du statut d’égérie, tu es devenue directrice artistique, comBerenice before becoming its creative director two years ago. ment passe-t-on de l’autre côté du miroir? En tant que manne- Why the name Berenice?When my husband founded the label quin, j’avais une connaissance précise du vêtement. C’est eight years ago, he wanted a Frenchune grande aide pour réaliser l’image de marque, sounding name that was a bit preppy, je sais évidemment diriger le modèle et j’essaye original and easy to remember.The tout. Je ne fais que des vêtements que je porte et Berenice style? Rock’n’roll glamour que j’aime porter. and glitter! Eveningwear worn in Tu es influencée par des stylistes ou des artistes? the daytime mixed with easy-toJe m’inspire plus d’une tendance que des wear day pieces. And there’s always créateurs. La vraie tendance est dans la rue! some sparkle. This summer’s collecJe regarde beaucoup les filles, leur silhouette. tion?More feminine; a mix of ethnic Je préfère les femmes new-yorkaises et glitter. Influences?The real trends are anglaises. Elles ont plus de chien, elles osent plus. in the street. I look at a lot of women, La Parisienne est plus classique. Mais j’aime their looks. I prefer New York or Bribeaucoup Alexander Wang, Isabel Marant et tish women; they’re more daring. surtout maintenant Hedi Slimane chez Saint Parisians are more traditional. I like Laurent. Sa collection d’été est très intéresAlexander Wang, Isabel Marant and sante, très nouvelle, plus rock. Je m’inspire Hedi Slimane at Saint Laurent. I also aussi de la musique, de l’art et de la gastro- like Paul Evans’ furniture, and Peter nomie ! A Hongkong, un Chinois qui Beard and Inez & Vinoodh.The best bit of revisite les sushis avec des coloyour job? Directing a photo shoot, finrants a réalisé une sorte de ding new materials, traveling. Everysushi sandwich coloré dont thing! Last word? Come and see! les couleurs étranges m’ont inspirée… J’aime les meubles PA LACE COST ES FEVRIER / MARS 2 014

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Ma Rubrique à moi

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e suis Charlotte. Charlotte Guillemin.Ça fait des années que je prête ma modeste plume àPalaceCostes, que j’adore j’adore j’adore, pour y raconter les histoires passionnantes d’artisans authentiques et rigoureux, de jeunes créateurs déments, de Parisiens fous et de Parisiennes étonnantes. Ici, c’est pareil, mais plus encore: j’ai un espace pour parler de moi. De ce que j’ai vu, entendu, perçu, rencontré, aimé, ce qui m’a surprise, ravie, enchantée, transportée, désarmée ces derniers temps. Partout où mes yeux curieux ont pu fureter et s’en mettre plein la vue. La classe à Dallas. Je ne suis pas geek, mais c’est dingue comme, au gré de promenades inspirées sur la Toile, on découvre des pépites. Des créateurs/artistes idéalistes, romantiques et un peu barrés, tout ce que j’aime. Genre,Nico: des sweats tout doux rebrodés de sequins, foulards fluides en tecnicholor, tops loose aux imprimés funky-psychédéliques, le tout handmade à Paris parKalou Dubus (www.nico-shirt.com).

sime, de toutes les couleurs et pour les tout-petits comme pour les plus grands. Elle en a même acheté pour sa petite fille de 8mois, c’est croquignolesque. e A côté de notre resto à mon amoureux et moi, dans le VI (le Charlotte…), il y a une boutique de poche trop adorable qui vend des bijoux en strass de folie. L’idée? Des réinterprétations funky-chic-glitter-shiny de pièces anciennes dénichées aux puces ou chez les antiquaires signéesCharlotte Ziegler, aka Reine Rosalie, en hommage aux prénoms de ses grands-mères. Dans un autre genre, j’adore les pièces magistrales en cristal aristo-trendy inspirées des films noirs des années 1940 by Fanny Chaléon, qui a appelé sa toute jeune marque (2012) Kormelitz en souvenir de ses aïeux hongrois.

Ou cette artiste du vêtement,Faustine Steinmetz qui recrée des sapes à partir de poils de mouton teints, filés, tissés, coupés et cousus main. Que des pièces uniques, une totale poésie mâtinée de punk, c’est dément(www.faustinesteinmetz.com).J’ai aussi craqué pourAurélie et Déborah, deux créatrices trop choupinettes aux idées poétiques et durables, qui font des pièces couture-street hyper graphiques et sexy, dans un univers tout fleuri. Gros coup de cœur pour leurs couronnes végétales DIY (www.pantheone.blogspot.fr). Ma meilleure copine, Joan, elle est archi-frileuse. C’est oppressant, le nombre de couches de vêtements qu’elle est capable d’empiler pour ne pas avoir froid! Sauf que… Les choses ont changé depuis qu’elle a poussé la porte dePoncho Gallery : des ponchos et des capes en cachemire sweetis-

Dans les deux cas, c’est extra. Avec, je me sens comme une princesse de conte de fées, même (surtout !) avec un vieux sweat tout mouk. La semaine dernière, j’avais un mariage. Chic mais pas cucul. Du coup, j’ai fait sobre, fute de smoking noir, tee-shirt blanc (un vieux authentique Fruit of the Loom, parfait), microblazer marine Tara Jarmon (oui j’adore mixer le noir et le marine, et je le revendique), et pour twister le tout, j’ai mis un nœud pap’ byAlexis Mabille à la ceinture. Moi les nœuds pap’ j’ai toujours trouvé ça tellement parfaitement chic. Et perso je les ai toujours portés en broche, dans les cheveux, sur un sac… Alors, j’ai bien sûr crié victoire quand j’ai découvertBalzac, marque

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Ma Rubrique à moi d’accessoires inaugurée à grands coups d’humour et avec un sacré talent par un trio de choc composé de Victorien, Chrysoline et Charles. Résultat, des nœuds pap’ à pois, cœurs, en liberty ou à carreaux vichy, et en bonus des cols Claudine archi-rétro trop parfaits. Et même (surtout !) avec mes toutes nouvellesAir Force One immaculées, c’est canon. J’assume pas encore des masses le côté grosse sneaker teenage, mais je les kiiiiiiffe. AdieuStan Smith déjà overdosées !

chaude, et ça fait wiiiizz. 8euros à la caisse de la pharma, pas de quoi se priver. Et ensuite, je suis devenue accro àla spiruline, un «super-aliment»: des mini-algues broyées archi gorgées de protéines, oligoéléments et autres vitamines en tout genre. Ma prof de yoga-naturopatheBelda Sisso(un personnage à rencontrer d’urgence, elle fait cours chez elle boulevard Raspail) m’a juré croix de bois croix de fer que si on en prend une cuillérée (diluée dans un jus ou une sauce) tous les jours, on ne vieillit presque pas. C’est un peu chelou au début, tout vert et amer, mais on s’y fait. Et on a la patate grave. uand j’ai déjeuné ce week-end avec ma Et dans le genre trouvaille bébête qui révolutionne copine Constance Boutet (super créaton quotidien, je me suis déniché deux pépites. Le trice de mode de la mort qui tue spécialisée dans Rose à lèvres Darnia. Tout vert genre Shreck, il la soie, c’est magnifiquement beau, poétique, colore en quatre secondes les lèvres d’un rose un peu psychédélique mais toujours joyeux), pétard trop canon et qui dure toute la journée. Et le elle a fait rien que me narguer avec sa nouvelle shampoing sec Batiste : avant je me lavais les cheveux bague signée Parme Marin, un cube doré en 3D à tous les jours, ils étaient brillants, soyeux, doux, mais mourir. Parme Marin, elle est vraiment à part. A la fois un chouïa BCBG et super exotique, elle prend la toile du d’un plat déprimant. Flop. Maintenant, je les lave beaucoup monde comme canevas et crée des bijoux mâtinés de bitume moins souvent, en revanche je les bombarde tous les jours de shampoing sec Batiste. Trois pschit et ça fait la cheveet de terre, de soleil et d’étoiles, d’architecture et de peinlure de Farrah Fawcett période Charlie’s Angels. ture tribale… Un mix qui dépote, attrape l’œil, et moi m’émeut, me chamboule et me ravit. CHARLOTTE GUILLEMIN Dans un autre genre, j’ai testé pas mal de chouettes lieux récemment. Toujours dans la I’m Charlotte and my mission is to guide même veine : du bio, du cru, du veggie, du you through all my latest discoveries. Like: healthy, du cosy… Mon préféré? The Broken Nico’s embroidered, handmade sweats Arm : ici tout est minimal, quatre tables pour (www.nico-shirt.com) or Faustine poser dessus (et dévorer) une petite soupe, un Steinmetz and her copies of everyday sandwich/un bun, une salade, un dessert… clothes in handspun wool and found fibers Zen et trop bon. Seule connerie: y être allée (www.faustinesteinmetz.com). My best avec mes enfants. On a tenu 20minutes, j’ai cru friend always feels the cold, but not since she qu’ils allaient tout détruire (bon, à ma décharge, discovered Poncho Gallery’s cashmere ils sont trois, ce sont des mecs, entre e1 t 4 ans). ponchos and capes. Next to my restaurant Le ( J’en profite pour glisser une spéciale dédicace àCamila Charlotte) sits Reine Rosalie, a mini-store selling strass Prioli, spécialiste de cuisine crue et veggie et initiatrice du jewelry that’s funky, chic, and glittery. I love a good bowtie, concept de Happy Crulture. Elle a fondé un pop up restau- so go Balzac and its patterns a-go-go! My designer friend rant qui va de galeries en boutiques pour faire déguster ses Constance Boutet showed me her amazingParme Marin 3D recettes vachement surprenantes: spaghettis de patates gold ring last week, just before I went toThe Broken Arm, a douces à la tomate crémeuse, ravioles au radis noir, maca- minimalist coffee shop perfect for a soup and a sandwich. rons au thé vert… Croquant et cocoonant à souhait! For the best in raw, vegan cuisine, however, track J’ai tripé sur le fauteuilLéopard de Maria Pergay pour down Camila Prioli’s Happy Crulture Silvia Fendi : elle a osé, on se croirait chezHugh Hefner. (sic) pop-up restaurant. After eating I Et puisqu’on est dans la déco, il faut vraiment aller generally need a sit-down, so how chiner à la galerie de ma copineKarry Berabout Maria Pergay’s Leopard armchair reby, et tomber en mourance devant sa colfor Silvia Fendi? Particularly needed as lection magique de bijoux/joaillerie vintage. I’m ill all winter, even if I recently Moi l’hiver je suis tout le temps malade. discovered two magic potions. First up, Pas genre je sors pas de mon lit, mais le nez Vitaflor: a spoonful in hot water and bouché, la voix rauque, la petite toux de kerboom! Second, spirulina, bitter, but mémé. Berk. Mais je devrais dire j’étais, en recommended by my yoga teacher. Beauty fait, because je me suis trouvée cette année news: Darnia lipsticks, which stick around deux recettes magiques. D’abord, je me shoote all day and only cost €3.50 at the Indian au grog Vitaflor : miel, citron, eucalyptus, canshop. And Batiste dry shampoo to “refresh nelle, gingembre. Une cuillère dans de l’eau your hair between washes” and get theFarrah look. PA LACE COST ES FEVRIER / MARS 2 014

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©The Broken Arm

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Laetitia Casta, 2008.

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Eva Herzigova, 2008

L’émotion du glamour

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Vincent Cassel, 2004


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Alexander McQueen, 2002


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Natalia Vodianova, 2008


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Scarlett Johansson, 2013

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Monica Bellucci, 2006


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l pleut, le ciel est gris. J’ai rendez-vous avecVincent Peters. Il a photographié les plus belles femmes du monde. Devant un thé à l’Hôtel Costes, nous discutons longuement de son travail, de son rapport à la lumière… des femmes et des stars… Comment est née l’idée de l’exposition? Dans une galerie, tu te confrontes à ton travail, comme si tu te regardais dans un miroir. C’est un moment de solitude. Je ne regarde pas mes publications dans les journaux, car je suis toujours un peu déçu. Dans une exposition, il n’y a pas d’excuses. (Nous regardons ses photos.)Linda Evangelista, je l’ai shootée à Paris, dans un hôtel à Belleville. Dans les années 1990, j’avais 19 ans, j’étais assistant à New York avec juste 10dollars en poche et je rêvais devant les couvertures de Linda. Puis, un jour, on m’a proposé de shooter Linda!J’ai choisi un vieil hôtel pas cher, assez glauque. Elle est venue avec sa mère. Pendant la prise de vue, en attendant que le polaroïd se développe, j’ai vu Linda sur une chaise qui regardait par la fenêtre. Elle se demandait ce qui se passait dans sa vie et ce qu’elle faisait dans cet hôtel miteux, et moi je pensais que c’était incroyable que je sois là, avec elle! On s’est regardés, et, à ce moment précis, nous avons compris que chacun faisait le point sur sa vie, et nous avons ri. Cette planche d’Eva Herzigova, comme chaque photographie, a une histoire. Elle venait d’accoucher de son premier bébé. Je shoote souvent les femmes après leur premier bébé. Monica Bellucci, Laetitia Casta, Malgosia Bela, et une de mes préférées, Adriana Lima… Je ne sais pas ce qui se passe chez les femmes à ce moment-là, elles ont une lumière, un rayonnement incroyable. Il y a une légèreté dans ces photos qui est très rare. J’adore aussiLaetitia Casta. Elle n’a pas envie d’être une femme banale sur les photos. Elle ne veut pas être que belle, à la différence des Américaines. Elle travaille avec toi, pour trouver un deuxième degré à l’image. Elle bouge comme elle écoute la musique. Moi, je ne l’écoute pas, je la suis. J’aime aussi les séances avecMonica Bellucci. Elle aime la vision que j’ai d’elle. CommeVincent Cassel : il aime l’homme que je vois en lui. Il faut sortir quelque chose de chacun, et que cette personne pense: «J’aime être cela!» Tu photographies une personne comme tu la vois, pas comme elle est. Par exemple, j’ai shootéBeyoncé très naturelle. Elle a détesté. Les photos ne sont jamais sorties. C’est la lumière qui transforme les femmes en stras et en icônes ? La photographie, c’est particulier. Moi, je n’ai que la lumière du moment. Au cinéma ou à la télé, il y a de la musique, du mouvement… Je n’ai que le relief de la lumière, qui, à un moment donné, dessine un personnage. Avec cela, je suis capable de donner une idée de cette personne. Finalement, pour un photographe, la seule distance qui existe avec le personnage, c’est la lumière entre toi et lui. Avec la photo, je veux réduire la distance esthétique. Que signifie «réduire la distance esthétique»? Tu peux styliser une fille ou la rendre plus personnelle, plus vulnérable. Par exemple, j’aime beaucoup les photos deRomy Schneider, car elle se laisse aller. Elle a réduit la distance esthétique. De la même manière, la nouvelle vague a réduit la distance esthétique. Elle s’est rapprochée des gens, Godard, Truffaut filmaient dans la rue, avec la lumière du jour. Les films américains, eux, ont agrandi cette distance esthétique. Les femmes dans les films d’Hitchcock sont coiffées parfaite-

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ment, Marilyn était dans une idée de perfection. Alors, les gens pensent : ils sont là-haut, et je suis en bas. Au contraire, je veux quelqu’un de très proche. Le néoréalisme italien travaillait ainsi. Je cherche une vraie femme, une personne qui se réveille le matin, qui aime, qui pleure. J’aime les femmes belles, mais je ne veux pas d’images froides. Tu «fabriques» des stars. Tu es responsable de leur image? Un photographe est responsable. La photographie a une autorité objective ! On se voit sur l’image comme on ne peut pas se voir en réalité. Les célébrités doivent pouvoir se nourrir d’une image. Je fais une photo d’une femme, je la rends belle. Alors, elle va penser: «C’est moi? Merci, Vincent !» J’essaye de faire une icône, mais une icône vivante. Ton travail est en quelque sorte «une usine à glamour»… Oui ! La photographie, c’est une violence de l’esthétisme. Elle idéalise tout. Je vis dans un monde de glamour, je passe beaucoup de temps à Hollywood. C’est un monde beau, mais faux. Par contre, les émotions, elles, sont vraies. Les stars représentent les envies d’une société à un moment donné: Marilyn pour les années 1950, Brigitte Bardot pour les années 1970, elle était plus libre, moins parfaite, mais plus érotique. Personnellement, je n’ai pas la prétention de faire un vrai portrait de Monica. Mais je rentre en contact avec ceux qui regardent la photo, leur désir, leur mélancolie. Si c’est réussi, j’ai créé une émotion. La couleur, c’est une mélodie. Je cherche un esprit, une harmonie. Ce qui m’intéresse, ce sont les émotions provoquées par cette mélodie. Propos recueillis par A N N E D E L A L A N D R E

GALERIE ICONOCLASTES.Vincent Peters. 20 rue DanielleCasanova, Paris IIe. 06 60 15 10 33. Jusqu’au 6avril. Exposition organisée par Linda N’guyen et Hervé Lagaude. Avec l’aimable participation de Pierre Cornette de Saint-Cyr, président du Palais de Tokyo et commissaire-priseur, Paris.

German photographer and filmmakerVincent Peters discussed his work with us over tea at Hôtel Costes. “Photography is particular. I have only the light of each instant. Cinema and TV have music and movement, but I only have the relief created by the light and which, at a certain moment, draws a character. For photographers the only distance with their subjects is the light between them. With photography I want to reduce the aesthetic distance. For example, I love photos ofRomy Schneider because she let herself go – she reduced the aesthetic distance. I’ve often shot women just after they’ve had their first baby:Monica Bellucci, Laetitia Casta, Malgosia Bela and one of my favorites, Adriana Lima. At that moment they have a light, an incredible radiance. I really love working with Laetitia Casta. She doesn’t just want to be beautiful; she works with you to find some irony in the image. She moves as she listens to music; I don’t listen to it, I just follow. I’m looking for real women who wake up in the morning, who love, who cry. I’m looking for a spirit, a harmony – and I’m interested in the emotions provoked by that melody.”

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Charlize Theron, 2008

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Milla Jovovich, 2009

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JeanneDetallante

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eanne Detallante a une patte, un trait déjà totalement reconnaissable, résolument élégant: souvent au crayon de papier, pas vraiment noir, juste doucement gris… que des couleurs posées à l’ordinateur viennent enflammer. Ses images sont étonnamment troubles et irrésistiblement séduisantes, mirétro, mi-moderne. «Je crois que mes références expliquent beaucoup ce mélange, dit-elle. Je veille toutefois à ne pas m’accrocher à une chose trop précisément, à travailler par évocation. Il y a des synonymes à trouver pour évoquer le désir, le désespoir, l’ennui, la joie, la terreur… Le côté rétro me permet d’insuffler un recul, de dramatiser avec humour…» Ses dessins nous montrent des univers «surréalistes» où semblent flotter des personnages de

cinéma : des stars arrogantes, des vamps nonchalantes, des animaux de dessin animé… «Dans un plan fixe de film, ajoute l’artiste, il y a l’évocation de l’avant et de l’après, et tous les indices y sont refermés. C’est ce que je cherche en créant une image: mettre tous les éléments au même plan afin de créer un univers qui tienne en soi, qui a déjà vécu et qui continuera après cet instantané. Cela crée de l’épaisseur et donne de la signification au choix d’un objet dans le décor, par exemple. En général, j’aime partir de personnages très définis, mythologiques, pour ne pas dire caricaturaux, une femme belle à mourir, une jeune fille sous emprise, une dame qui n’en est pas une, une

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Claire D.

Des dessins pour l’imaginaire


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«La peinture flamande, la mythologie grecque, les fresques de Pompéi, James Ensor et De Chirico m’ont autant influencée que la bande dessinée…» femme qui va se révéler dans l’épreuve… ou de détails, une femme qui rit trop, qui fume trop, une femme très grande. Ce que j’aime faire transparaître, c’est l’avant et l’après de ce personnage, qui elle a été et qui elle pourrait devenir… La peinture flamande, la mythologie grecque, les fresques de Pompéi, De Chirico ou James Ensor m’ont autant influencée que la bande dessinée, la télévision, un catalogue Quelle ou une vieille collection de Mad dont j’ai hérité préado. J’admire beaucoup des artistes comme Milton Glaser ou Tomi Ungerer, qui ont autant travaillé à des projets purement graphiques que politiques, pornographiques, ou à des illustrations pour les enfants. Un des premiers films que j’ai regardés en boucle est Hairspray de John Waters, cela explique beaucoup d’aspects de mon travail. Evidemment, le cinéma est une influence majeure: Fellini, Cassavetes, Chabrol, Hitchcock, bien sûr, Lynch évidemment.» Jeanne est née à Paris, en 1978. Elle a travaillé pour Vogue, The New Yorker, The New York Times… dans la mode pour Carven, Repetto, Louis Vuitton. Plus récemment pour Miu Miu et Prada, dont elle a «illustré» des robes de la collection printemps-été 2014. «J’ai pensé à la symétrie, aux étendards, à des costumes d’apparat modernes. Des visages frontaux comme des masques. Avec l’ambiguïté de l’intention que l’on donne aux masques.

Jeanne Detallante’s style is instantly recognizable and utterly elegant: a drawn pencil outline covered by computer-generated colors. The results are both surprisingly unsettling and irresistibly seductive, both retro and contemporary. “In general,” she explains, “I like to start with pre-defined, even classic characters, and then create their inner life, what they have been and what they could become – a sort of self-contained universe.” Born in Paris in 1978, Jeanne has now worked for magazines includingVogue and the New Yorker, and brands including Louis Vuitton and Prada, for whom she “illustrated” a series of dresses in the S/S 2014 collection. “I thought of faces like masks,” she says, “with the ambiguous intent we give to masks.”

OSCAR LÉON Collection Prada printemps-été 2014. Jeanne Detallante est représentée par Costume 3 Pièces. www.costume3pieces.com

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imoens S e m i x a M

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adieux, joyeux, serein, extrêmement sympathique, habillé simplement de noir, sans lunettes, le sourcil rasé d’un trait, voiciMaxime Simoens, 29 ans. Il me reçoit dans un bureau sobre et design du IIe arrondissement de Paris. Un immense miroir coulissant sépare son bureau du showroom, éclairé par un incroyable lustre aux milliers d’ampoules qu’il a conçu lui-même. L’atelier est à l’étage audessus. «C’est un luxe important! J’ai une équipe fidèle qui sait ce que j’aime et comprend mes croquis», dit-il d’entrée. Son univers, qu’il qualifie de «graphique et structuré», est empreint d’une élégance moderne, voire futuriste. Maxime Simoens aime les formes géométriques, les illusions d’optique, utilise le noir et blanc comme une signature. La collection de cet été est zippée de la tête aux pieds, avec beaucoup de blanc, du noir, quelques touches argentées, des franges et des empiècements de cuir.

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etsensuel

C’est la première fois qu’un créateur devient membre de la Fédération française de la couture sans avoir jamais défilé… MAXIME SIMOENS. Oui, j’ai eu de la chance… Cette année, tu obtiens le soutien de LVMH… Ils ont plutôt l’habitude de développer des maisons établies ou de réveiller des marques en sommeil. Essayer de créer une relève, soutenir une jeune marque, ils ne l’avaient pas fait depuis Christian Lacroix, c’est-à-dire depuis plus de vingt-cinq ans. L’idée est de faire grandir la maison Maxime Simoens, de l’accompagner dans son développement à l’international. C’est important quand on est un jeune créateur d’avoir une structure. Et LVMH, on ne pouvait rêver mieux! Ça te stimule, ou bien ça te fait peur? Ça ne me fait pas peur. Mais il faut mettre la barre au niveau où les gens l’attendent. Gérer le paradoxe entre les exigences commerciales et la créativité, plaire aux acheteurs et à la presse. Etre différent des autres. Dès que l’on a trouvé son style, c’est facile. Et je sais exactement ce que j’aime ! Tu aimes donc… La structure, la féminité, les finitions, la finesse du travail de

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la mode, les tissus, le graphisme, les imprimés. Ni casual, ni bobo, mais chic et glamour… Tu as dit «ne pas aimer les fanfreluches»... Ni frou-frou, ni fanfreluches ! C’est superficiel ! J’aime ce qui va à l’essentiel: mettre le corps de la femme en valeur. Toutes les femmes n’ont pas la même morphologie, là est le challenge. Je travaille sur la silhouette. Je n’aime pas ce qui donne trop de hanches, j’aime ce qui affine. Il peut y avoir un côté loose, un peu ample, mais toujours avec des épaules fines et une petite carrure. Une femme cherche à se sentir forte grâce à son pouvoir de séduction. Une femme se sent jolie lorsqu’un homme la regarde avec du désir ou avec attention. C’est ce que je veux offrir à une femme. Mais sans bling-bling. Chic, élégant, faussement minimal. Qu’entends-tu par «faussement minimal»? Un minimal… pondéré. Qu’on ne trouve pas dans la grande diffusion. Grâce à l’aspect artisanal du travail que je développe, comme les détails sur les boutons, la broderie très fine, les découpes ultra-précises et techniquement délicates, la qualité de tissu… pour trouver le chic exact! Tu dessines ? Oui, je dessine toute la collection, les accessoires, les chaus-

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sures, la maille, les imprimés… En amont et seul. Je choisis les tissus. Je les adapte. Tout est retravaillé, aucun tissu n’est pris tel quel chez un fournisseur. Même pour le prêt-àporter. Je souhaite un travail d’artisanat, mais produit en quantité. C’est ce point d’équilibre que je dois trouver. Peux-tu me décrire la collection de cet été? C’est le mélange du sportswear et du chic. L’idée de départ est que la Parisienne est une combattante, qui va défendre Paris comme capitale de la mode. Beau programme ! Oui, comme un match. Il fallait qu’elle soit sportive. Il y a donc des visières en métal, des lunettes en métal percé, des zips gansés avec une bande de latex, un zip gansé qui suit les courbes… c’est techniquement très subtil. Des broderies réalisées avec des fils de couleurs de tons différents pour obtenir un subtil jeu de brillances et de stries. C’est ce travail de précision, sur une robe apparemment simple qui m’intéresse. Tout est fait à la main, bien sûr. Ce n’est pas fantaisiste, juste graphique. Comme mon code-barres. D’où est venu cette idée du logo code-barres? C’est venu très tôt, lorsque j’ai créé ma marque. Je voulais un message. Ma génération est celle du mass market, où tout

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«Je travaille sur la silhouette. Je n’aime pas ce qui donne trop de hanches, j’aime ce qui affine. Il peut y avoir un côté un peu ample, mais toujours avec des épaules fines et une petite carrure.»

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Carnet de est codifié. J’avais envie de faire un clin d’œil à cet aspect commercial et technologique. Et surtout le graphisme du code-barres, la dualité du noir et blanc, me correspond vraiment. Tout le monde s’en souvient, c’est très déclinable. Et surtout, je n’aime pas trop l’idée de marquer «Maxime Simoens» partout, alors c’est parfait. Revenons à la collection… Il y a aussi des pièces modulables, où la femme peut s’approprier le vêtement. Comme ce trench qui, grâce aux zips, peut se transformer en veste classique ou veste ultra-courte. Ou cette jupe dont on peut choisir la longueur, cette robe qui peut devenir jupe. Idem pour le pantalon, long, short, capri ou corsaire. Le zip fait aussi l’ouverture du cou, adaptable, plus ou moins décolleté. Zip fermé, pour un look chic et élégant, ou plus ouvert pour un effet loose et grunge. Des accessoires ? Des chaussures zippées et gansées, comme les «méduses» de plage en plastique, mais à talons, plus rock! Tu choisis une histoire pour chaque collection? Oui, mais pas traitée de façon littérale. Il y a eu Versailles, puis Dracula et Nosferatu, Tokyo, LeLac des cygnesavec des fourrures plissées pour un effet plume,Cherry Blossum Girl,avec les teenage américaines des années1970… et le tout premier «Black to White»: le thème étaitMichael Jackson, un vestiaire qui allait du noir au blanc! J’aime raconter une histoire. Je n’ai jamais été fashion addict, je voulais faire du cinéma… En 2001, je suis allé au concert de Madonna, j’ai vu les croquis de Jean Paul Gaultier dans le programme, et là, ça a été le déclic. Je me suis dit que c’était à la fois créatif et très technique. Comme au cinéma, on peut raconter une histoire de façon très personnelle. Mais sans le processus long du tournage. Alors, c’est devenu une évidence: c’était ma vocation. Le thème de la précollection de l’hiver prochain est La Cristallisation. Des brillances, des jeux de découpe, de graphisme. Et beaucoup de broderies, toujours cette idée de délicatesse et de raffinement. Tu as du succès auprès des actrices et des chanteuses… Un soir, j’ai reçu un message sur Facebook d’une fan qui m’annonçait que Beyoncé portait une de mes robes ! J’étais tout jeune, jamais je n’aurais imaginé que la première robe que j’avais dessinée pour le festival ferait la couverture de l’album de Beyoncé! Dernièrement, il y a eu Léa Seydoux, qui portait une robe spécialement réalisée pour elle pour la remise de la palme d’or à

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Cannes, puis Emma Watson pour les MTV Movie Awards. Les gens s’en rappellent, c’est chouette. De quoi es-tu le plus fier, à part la couverture de Beyoncé ? C’est de ne pas m’être trompé sur ma vocation. Le soutien de LVMH est un gage de réussite, c’est une confiance énorme, une fierté. Mais la plus belle des réussites, c’est lorsque je croise une femme dans la rue qui porte mes vêtements. Ce n’est arrivé qu’une fois à Paris. Ma volonté est d’habiller de plus en plus de femmes… et de croiser beaucoup de femmes portant mes vêtements! Propos recueillis par A N N E D E L A L A N D R E

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Maxime Simoenswas apparently born under a lucky star. He is the first designer ever admitted to the Fédération française de la couture without ever having shown. Beyoncé wore one of his dresses on an album cover. And LVMH has agreed to support him. “It’s important for a young designer to have a structure – and who could imagine a better one than LVMH? Once you’ve found your style, designing is easy, and I know exactly what I like! Structure, femininity, finishes, fabrics, graphic design, prints. The chic and glamorous. A woman feels beautiful when a man looks at her with desire and attention, and that’s what I want to offer women. I design the whole collection, the access-ories, shoes, knitwear, prints. My summer collection is a mix of sportswear and the chic. It’s based on the idea that Parisian women are defending Paris as the capital of fashion, so it had to be sporty. There are also adjustable pieces: a trench with zips so it can be turned into a classic jacket or a really short one. I was never been a fashion addict, but in 2001 I went to a Madonna concert, saw Jean Paul Gaultier’s sketches in the program, and it all clicked into place. I realized that fashion was both creative and technical, and you could tell a story. I had found my vocation. My greatest success is when I see a woman in the street wearing my clothes. I just want to meet more and more women wearing my clothes!”

Photographies Michael Ferire

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Résolument sexy

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es hommes et les femmes ont besoin d’être sexy.» Fort de cet évangile, l’ItalienAlberto Moretti a choisi les chaussures. Et ce jeune homme joue la carte à fond avec des escarpins décolletés haut de 10 à 15 cm. «Je fais de mon mieux pour créer des chaussures portables dans la vie quotidienne, mais avec une touche unique», professe cet ambitieux homme d’affaires qui a repris en2008 l’antique maison Arfango. La relookant totalement et créant un premier mocassin en velours de soie, sa marque de fabrique, cousu main et disponible dans toutes les couleurs. Un carton auprès des dandys italiens pour celui qui demandait à porter des nœuds papillon dès ses 3 ans ! «Je ne me rappelle pas de quand date cette passion pour l’élégance et pour les chaussures en particulier. Probablement étais-je trop jeune ou peut-

être même pas encore né!» raconte le créateur. Mais c’est sur le pied des femmes, «la partie la plus sexy d’une femme», comme l’affirmait Helmut Newton, que notre Italien se déchaîne: «C’est vrai, mais j’essaie toujours aussi de faire des chaussures avec ironie. Nous n’avons qu’une seule vie, nous avons besoin d’avoir du plaisir et de ne pas nous prendre trop au sérieux!» Chaque saison, Moretti fait graver sous les semelles sa devise du moment. En2013, Cameron Diaz, Elle Macpherson, Elton John, Ryan Gosling, Ronnie Wood et Valeria Golino affichaient sous leur pied gauche «Be Yourself» et sous le droit «No matter what they say». Cette année, ce sera «Shine Bright» et «Like a diamond in the sky»! M A X R O B E R T www.albertomoretti.com

“Men and women need to be sexy,” says shoe designer and businessman Alberto Moretti, who took over Arfango in 2008. “I do my best to make wearable shoes for everyday life, but with a unique touch. We only live once so we need pleasure and not to take ourselves too seriously.” A design philosophy perfectly embodied by his now iconic hand-stitched velvet loafers.

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PierreCorthay

Maître chausseur

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ierre Corthayfut repéré dès1995 par Suzy Menkes, papesse de la mode, qui eut le coup de foudre pour ses chaussures et lui consacra une page entière du prestigieuxNew York Herald Tribune. Cet ancien de chez John Lobb et de chez Berluti est le seul chausseur français à avoir été couronné maître d’art par le ministère de la Culture… «J’ai choisi le soulier, car le façonnage s’apparente à la sculpture, le travail technique est très complexe et passionnant, et, enfin, la rencontre avec le client est très importante. La psychologie, le désir comptent beaucoup», raconte le créa-

tandis que celle de Tokyo est reprise en nom propre. Harrods et Saks viennent également s’ajouter à la liste des distributeurs de luxe. «Mais le plus important est que ce développement et l’augmentation de notre production se sont opérés en maintenant à 100% nos critères de qualité, tient à souligner Pierre Corthay. Notre but n’est pas d’inonder le marché; il y a d’ailleurs trois mois d’attente pour des souliers sur mesure.» Pierre Corthay se déplace en personne à Dubai ou Hongkong pour les essayages avec les clients ! 2014 sera pour Corthay l’année de la petite

teur. Les souliers sont ce qui termine une silhouette. J’amène mes clients à dépasser les classiques noirs et marron en leur faisant des propositions de couleurs, jamais extravagantes ou ridicules, toujours chics.» Pierre Corthay sélectionne les meilleures peaux de veau français, mais aussi du crocodile, et chaque paire, à la patine époustouflante, cousue Goodyear, est faite à la main et nécessite pas moins de 45 heures de travail. Lanvin et Dior sont ses premiers clients. Une commande extraordinaire du club de golf de Long Island, le plus cher du monde, lui permet enfin, en 2003, de créer sa propre manufacture, près de Paris. Boosté par Internet, le bottier de luxe lance une ligne de prêt-à-chausser aussi exigeante, mais plus abordable (à partir de 1030 euros, contre 4400 euros pour le sur-mesure). En2010, la Maison Corthay passe à la vitesse supérieure avec l’arrivée d’un groupe d’investisseurs privés emmené par un ancien de LVMH, Xavier de Royère. Le mariage fonctionne parfaitement : à Pierre la création, à Xavier la gestion, le marketing et la stratégie de développement. En deux ans, des boutiques à Londres, Hongkong, Dubai ouvrent,

maroquinerie. Six pièces ont été présentées: portefeuille, porte-monnaie, porte-cartes de visite… Du grand art, toujours! M A X R O B E R T www.corthay.com

“Ichose shoemaking because the process is similar to sculpture,” saysPierre Corthay. “The technical work is extremely complex and fascinating, and the relationship with the client is extremely important. Psychology and desire count for a lot.” The designer’s work was first spotted by fashion maven Suzy Menkes in 1995, but he had been creating made-to-measure shoes since 1990. While his company has changed since then (outside investment, an ex-LVMH business manager, boutiques around the world, a ready-towear line), his basic techniques haven’t: 45 hours is still spent transforming the best French leather into the most beautiful men’s shoes. “What’s most important,” he says, “is that we’ve developed and grown without dropping our standards in any way. We don’t want to flood the market; in fact, there’s now a three-month waiting list forour made-to-measure shoes.”

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«Les souliers sont ce qui termine une silhouette. J’amène mes clients à dépasser les classiques noirs et marron en leur faisant des propositions de couleurs, jamais extravagantes ou ridicules, toujours chics.»

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Ă Paris Photographies

Jork Weismann Direction artistique Anne Delalandre Stylisme June Nakamoto

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Manteau organza, culotte organza, sac à main avec pompon en fourrure, Fendi. Brassière en satin, Shiatzy Chen. Ceinture fine en cuir, Michael Kors. Collier en or gris, saphirs et diamants, et braceletmaillons en or rose et diamants, Cartier.

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Robe multicouleur et bracelet, Chanel. Collier «San Marco» en or jaune serti de diamants, saphirs jaunes et perles de culture, collection «Les Perles de Chanel», Chanel Joaillerie. Sandales, Azzedine Alaïa.

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Robe rebrodée de sequins, Miu Miu. Collier avec grosses perles, Chanel. Boucles d’oreilles «Entrelacs» en or blanc serti de diamants, perles de culture, collection «Les Perles de Chanel», Chanel Joaillerie.


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Robe Ă col montant en maille, sandales avec plumes, corset en cuir, Azzedine AlaĂŻa.

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Robe noir rebrodée de cuir, Valentino. Tour de cou, avec strass et pierres, Dannijo. Bague «San Marco» en or jaune serti de diamants, saphirs jaunes et perles de culture «Les Perles de Chanel», Chanel Joaillerie.

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Robe bustier en soie imprimée et ceinture élastique, Christian Dior. Tour de cou en or plaqué, cristal coloré et passementerie, Venna. Bracelet «Clou» en or rose, Cartier.


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Robe bustier blanc avec col et jupe évasée, ceinture cuir avec détails en métal, Versace.

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Top volant noir en popeline de coton, Bottega Veneta.


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Veste courte en cuir et tissu imprimĂŠ, jupe en jean, Dsquared2. Soutien-gorge en dentelle noire, Wolford. Ceinture en cuir, Vivienne Westwood. Sac Ă main noir, Bottega Veneta. Sandales papillon en veau velours, Casadei. Bracelet en or gris, saphirs et diamants, Cartier.

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Manteau en soie imprimÊe, Prada. Boucles d’oreilles en strass, Barol.


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Photographe:Jork Weismann Direction artistique: Anne Delalandre Styliste:June Nakamoto@Shotview Maquilleuse:Deedee Dorzee@Calliste Coiffeur:Franco Argento@Atomo Management Mannequin:Yulia Terenti@Oui Management Assistante photographe:Hélène Decroix Assistante stylisme:Naoko Soeya Merci au Musée national des arts asiatiques Guimet (MNAAG), Galeries du Panthéon bouddhique et jardin japonais, pour son formidable accueil.

Robe longue en soie imprimée fendue devant et brassière croisée, Gucci. Boucles d’oreilles «Entrelacs» en or blanc serti de diamants et perles de culture; bague «San Marco» en or jaune serti de diamants, saphirs jaunes et perles de culture, collection «Les Perles de Chanel»,Chanel Joaillerie. Mise en beauté Dior avec BB Crème Diorskin Nude, skinflash lumière universelle, palette 5 couleurs Trianon Edition Pastel Fontanges, gloss Pétillante Dior Addict.


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Etienne Deroeux

Sportswear raffiné


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Photographies Tine Claerhout/PortraitBruno Werzinski

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eune homme au regard d’un bleu très clair, Etienne Derœux, arrive vêtu de baskets et d’un imperméable élégant. En 2011, il a lancé sa marque éponyme, et, saison après saison, invente un sportswear raffiné. Comment décrire la marque «Etienne Derœux»? Les grandes lignes sont inspirées du sportswear américain. Après la guerre, la mode américaine s’est affranchie de l’Europe et a inventé un vestiaire propre : plus décontracté, adapté à leur style de vie. La créatrice Claire McCardell, qui a influencé Calvin Klein, Alexander Wang… m’a beaucoup inspiré. Je trouve très intéressant ce vestiaire moins engoncé, moins compliqué et beaucoup plus libertaire. Intellectuellement, cette démarche émancipatrice pour construire une nouvelle société fait écho à mes convictions. L’idée est de garder cette approche du vêtement tout en y transposant des codes français, une fabrication extrêmement qualitative et un choix raffiné de matériaux exclusivement naturels. Je veux offrir un sportswear avec les codes de la couture. Peux-tu décrire la dernièrecollection? L’idée est d’avoir un vestiaire extrêmement léger avec beaucoup de blanc, des couleurs pâles, pour exprimer un sentiment d’été. Je me suis inspiré aussi du travail de Christo et Jeanne-Claude. J’ai recréé des bâches plastiques, pour obtenir cet imprimé «effet d’emballage». Christo révélait en cachant. J’ai voulu jouer de cette notion, cacher pour mieux révéler, en utilisant les transparences des tissus, tel cet organza lavé, un peu craquelé, ou ce jersey de lin très ajouré, mais aussi en créant des ouvertures, comme les échancrures d’épaules sur une robe, par exemple. Ta pièce préférée dans la collection? J’aime le bomber. Mes clientes l’aiment aussi. C’est donc une bonne pièce. Il évolue: jaune safran dans la collection précédente, il sera cet hiver en agneau noir. Les prix restent raisonnables, c’est important pour toi? Absolument, je ne veux pas être cher! Je suis attaché à un prix logique. Tout en maintenant des matières exceptionnelles et une fabrication française. Que préfères-tu dans ton travail? Voyager! Je voyage beaucoup en France pour les ateliers, à Londres, en Italie… Je voyage physiquement, mais surtout d’un métier à l’autre. Je suis parfois designer, parfois

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contremaître à l’usine, directeur commercial ou directeur artistique. Ta définition de la beauté? Un rapport étroit entre le bien-être et la liberté. Lorsqu’on est bien dans sa peau, notamment à travers ce que l’on porte, on est plus facilement belle. Propos recueillis par A N N E D E L A L A N D R E

En exclusivité sur www.avenue32.com

“It’s largely inspired by American sportswear,” says Etienne Derœux of his eponymous label, launched in 2011. “After the war, American fashion arrived in Europe: it was more relaxed and adapted to people’s lifestyles. I want to keep this idea while giving the clothes some Frenchness, like high-quality manufacturing in France and exclusively natural, elegant materials. I want to create sportswear that follows couture rules, but I don’t want to be expensive! Beauty is the close relationship between well-being and freedom.”

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russe «D

e beaux atours ouvrent toutes les portes», dit-on en Russie. Sortie de longues années de glaciation, et après un passage par une période bling-bling de «rattrapage», la création russe s’épanouit à nouveau. On connaissait les sublimes top models russes, on découvre à présent les jeunes couturiers venus de l’Est. After decades out in the cold and then some more in bling, Russian fashion is blossoming again thanks to a new generation of designers. ’histoire de Vika Gazinskaya inskaya résume bien l’évolution Vika Gaz récente de la mode en Russie. Elle a 10 ans à la chute de l’Union soviétique, et la petite fille, qui grandit dans un appartement communautaire avec une autre famille, découvre… Barbie ! Une vie glamour, faite de belles robes et de jolies chaussures, s’offre alors à celle qui n’avait, jusque-là, jamais vu un magazine de mode. Elle commence par dessiner pour sa poupée, puis étudie la mode à Moscou, avant de rentrer au magazine L’Officiel. Elle lance sa propre marque en2006. Ses premiers défilés sont trèsscénarisés : la blonde hitchcockienne croise la pin-up de comic strip sur une bande-son rock. Puis, elle débarque à Paris où elle devient une petite star des blogs Internet et, trois ans plus tard, franchit le pas et défile dans la capitale de la mode. C’est un succès, et ses vêtements prennent place chez colette, le temple de la hype. Pour ce printemps-été 2014, la collection s’inspire de dessins graphiques. «J’étais à Baden-Baden , en Allemagne, et c’était le début du printemps. Les arbres étaient majestueux et j’avais l’impression qu’ils me suivaient partout! J’y ai ajouté des flamants roses», explique la styliste. Fabriquée en France, chaque pièce est parfaitement coupée, avec un souci constant du détail. «Cette collection est à la fois forte et délicate, toujours féminine, conclut Vika Gazinskaya. Chaque pièce est unique, sophistiquée et en même temps facile à porter.» Membre incontournable du Russian Fashion Pack, groupe de modeuses russes, elle n’a pas fini de faire parler d’elle.M R En exclusivité chez colette Vika Gazinskaya studied fashion in Moscow and worked for L’Officiel, before launching her own label in 2006. She then moved to Paris, became a blogger favorite, was stocked in colette, and showed for the first time in fashion’s capital city. Her S/S 2014 collection is “strong and delicate, but always feminine,” with each perfectly cut piece “unique, sophisticated, yet easy to wear.”

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ergeenko Ulyana S

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’est la nouvelle icône de la mode russe. En apparaissant en 2012 dans une spectaculaire robe rouge d’Ulyana Sergeenko, Lady Gaga a propulsé la créatrice au top de la hype. La jeune styliste reprend la quintessence du style russe : fourrure, imprimés traditionnels, écharpes colorées, robes et jupes bouffantes et soyeuses. Epouse du milliardaire Danil Khachaturov, Ulyana Sergeenko marque les esprits avec des tenues fortes: les images de son body en velours noir à porte-jarretelles ont fait le tour du monde ! Ulyana Sergeenko nous emmène, ce printemps, dans le Kazakhstan Express en compagnie de… Marlene Dietrich ! «Je l’ai imaginée voyageant dans les anciennes républiques soviétiques du Sud, raconte la jeune créatrice. Là, sa féminité et son glamour rentrent en harmonie avec la nature. Je suis née au Kazakhstan. Cette collection est basée sur mes souvenirs d’enfance, notamment ceux des vêtements de ma grand-mère.» Avec un quatrième défilé parisien, Ulyana Sergeenko s’impose comme la styliste star de la nouvelle vague russe. Les Suites, 47 rue Pierre Charron, Paris VIIIe.

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La jeune styliste reprend la quintessence du style russe: fourrure, imprimés traditionnels, écharpes colorées, robes et jupes bouffantes et soyeuses.

Ulyana Sergeenko was already a fashion star when Lady Gaga sent her stratospheric in 2012. Her vision brings couture style and detailing to classic Russian tropes – fur, traditional prints, colored scarves – for a highfashion version of “my grandmother’s clothes.”

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Valentin Yudashkin respecte les traditions de la culture russe… mais adore l’époque et le style de Louis XIV, notre Roi-Soleil…


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n Russie, Valentin Yudashkin est une authentique star. It-girl et autres mondaines s’arrachent depuis plus de vingt ans ses créations audacieuses et techniquement très maîtrisées. Au point que le plus grand couturier russe actuel est aussi le seul à être membre duSyndicat de la haute couture parisienne! Né en1963, passionné par le vêtement à une époque où cela n’était guère bien vu, il a persévéré, monté sa marque en1991 et immédiatement explosé. Artisan dans l’âme, il met en forme ses rêveries. Ses fameuses robes Fabergé sont désormais au Louvre de Paris et au Metropolitan Museum de New York. Pour la petite histoire, il est aussi le créateur qui a redessiné l’uniforme de l’armée russe en 2008. Glamour et chic, la collection printemps-été 2014 est «très colorée et structurée, avec une taille marquée et des épaules accentuées, détaille ce créateur amoureux des matières et des couleurs. Les vestes sont allongées, les chemises en mousseline blanches et légères, et les longues robes brodées style baroque.» Valentin Yudashkin respecte les traditions de la culture russe… mais adore l’époque et le style de Louis XIV, notre RoiSoleil…

www.yudashkin.com

Valentin Yudashkin has been providing well-to-do Russians with daring and technically brilliant clothes for over 20 years. The only Russian member of the Syndicat de la haute couture parisienne, his S/S 2014 collection is a mix of traditional Russian style and Louis XIV: brightly colored, structured and baroque.

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rendre de l’esprit, du cœur, de l’or et des diamants, et les mixer ensemble», tel est le credo de Fanny Poletti, créatrice de la jeune marque française Jimi Janis. Un dressing ultra fun, ultra coloré, très électrique. Des coupes cool et oversize associées à des tissus précieux et novateurs provenant des plus grandes maisons où les finitions sont faites à la main. Une mode arty, 100% française, où la couture côtoie l’humour et l’ironie. “Take some spirit and heart, gold and diamonds, and mix them together.” Fanny Poletti’s recipe for her young label results in fun, colorful clothes in innovative fabrics.

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és Les pliss x u e u n si s’enrouulernt auto du corpsnt et sculputeette la silho

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Yin Yiqing

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our cette première collection de prêt-àporter, Yiqing Yin présente des déclinaisons audacieuses de sa ligne haute couture. Des pièces sculpturales, mais plus portables, qui reprennent son vocabulaire radical, sensible et poétique. Une collection où l’on retrouve les savants drapés, les plissés travaillés avec volume, l’asymétrie, ainsi que les matières luxueuses et raffinées propres à la créatrice. For her first ready-towear collection Yiqing Yin has created daring versions of her couture work. Sculptural yet wearable, it all has the trademark Yin poetic sensibility.


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Shoji Fujii

La dentelle façon seconde peau, dévoile le cor avec grâpcse et subtilité


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Yiqing Yin propose s es d création subtiles et raffinées t où se mêlen dentelles, plissés et formes organiques pour des femmess audacieuse et sensuelles


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près être passée chez Bvlgari, Ferragamo, Givenchy et Pucci, Elena Ghisellini a lancé sa marque en2003. En haut, la pochetteKat, issue de la collection capsuleKiss, créée en hommage au maquillage du célèbre groupe de rock éponyme. Au milieu, le Mask Mixglitter Nero Gold. En bas, à gauche, le petit sac carréFelina, issu de la collection capsuleKiss ; à droite, le Felina Frange Nappa Fuoco.

www.elenaghisellini.com

After working at Bvlgari, Ferragamo, Givenchy and Pucci, Elena Ghisellini launched her label in 2003. Top, Kat pouch; bottom left, Felina bag, from the Kiss capsule collection. Left center,Mask Mixglitter Nero Gold; bottom right, Felina Frange Nappa Fuoco.

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Pucci o i l i m E

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et été, Peter Dundas a transformé les célèbres imprimés pop et flashy de la maison Pucci en motifs géométriques d’inspiration massaï. Une collection sexy et très rock’n’roll. Peter Dundas has given the house’s flashy prints a Masai-inspired geometric makeover.


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our l’été, Alber Elbaz décline une collection tout en brillances. De multiples textures de lamé et de Lurex, reflets irisants pour une délicate poésie pop. From lamé to Lurex, Alber Elbaz has gone sparkling this summer.


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anyon Clover C

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es imprimés vibrants et radieux, mais délicats, sont la signature de cette marque conçue et fabriquée à LosAngeles. La collection de cet été célèbre la lumière de la Californie du Sud, celle qui a inspiré les artistes, deEames à Dan Flavin. For summer: more of this Los Angeles-based label’s vibrant, radiant, yet delicate signature prints.


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xy Le choctrse e st a n o c u d e n u n e t culotte cporfiselet to n u et de pêche

e-Tan L a i p m Oly

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ne femme dans chaque port, c’est le titre de cette collection estivale pleine d’humour, au charme kitsch. Des corsets, porte-jarretelles, des minimarinières, des culottes taille haute en latex, mais aussi de larges pantalons de marin: la panoplie du marin version chic et sexy. “Agirl in each port” is the theme for this collection of corsets, suspenders, latex knickers and sailor trousers.

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’été de Serge Cajfinger est un rêve de bonheur simple. Avec de belles chemises en popeline de papier, des jupes et des robes ultra courtes et des imprimés s’inspirant des céramiques de Vallauris, il twiste les classiques de la maison. Serge Cajfinger’s summer is one of simple pleasures: paper poplin shirts, ultrashort skirts and dresses, all inspired by Vallauris ceramics.

Des associations de matières, dont un néoprène, très tendance cet été


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ilotto Peter P

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’inspirant des sculptures en céramique de Ken Price, artiste emblématique de la côte ouest des Etats-Unis, les créateurs Peter Pilotto et Christopher De Vos déploient leurs talents de coloristes dans cette collection où se côtoient jupes crinoline, chemises patchwork et shorts plus basiques. Célèbre pour ses imprimés vifs et novateurs, ses coupes origamis futuristes, la marque PeterPilotto signe cet été une collection ultra pointue. En vente au Bon Marché Designers Peter Pilotto and Christopher De Vos were inspired by artist Ken Price’s ceramics for their new collection: cutting edge, innovative and futurist skirts, shirts and shorts.

Ds empièceem de dentelleensts soulignent l’effe graphiqtue de la coupe


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CamilleLescure

Parures sensuelles L

es créations de Camille Lescure s’inscrivent dans la lignée des grands paruriers: elle crée des accessoires et des bijoux qui associent de façon audacieuse le cuir, le métal laqué, le satin et le velours de soie, les cristaux Swarovski, pour des parures élégantes, sensuelles et poétiques. Camille Lescure’s accessories and jewelry transform leather, lacquered metal, satin and silk velvet into elegant, sensual and poetic objects.

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Carnet de

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Lili Roze

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Carnet de

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Camille Lescure crée des parures élégantes, sensuelles et poétiques.

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DenisDubois

Monstres

et merveilles

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ontrairement à ce que certains peuvent croire au premier coup d’œil, ces images ne sont pas issues d’un vieux catalogue de gravures anciennes. Ni d’un stock de lithographies. Elles n’ont pas non plus été créées avant-guerre, à la grande époque du surréalisme, par un peintre comme Max Ernst. Elles sont l’œuvre d’un artiste français de 45ans, tout à fait dans son époque, Denis Dubois. Qui se définit lui-même comme un «manufacteur d’images», un créateur compulsif. «Je suis en quelque sorte une fabrique d’images, ma tête est une usine. Une manufacture, un peu comme celles du XIXe siècle, à l’aube de l’ère industrielle: je fabrique de petites histoires, et le public, qui regarde les images, en fonction de ses réactions et émotions, fabrique un sens qui lui est propre.» Les œuvres de Denis Dubois sont des chocs visuels, des jeux d’images, comme on dit des jeux de mots:le sens vient des juxtapositions surprises, de la virtuosité

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Des collages d’images, de styles, d’époques.

des contrastes, des assemblages provocateurs. Ces «prouesses visuelles» sont surtout des images saisissantes. Surréalistes, oui, drôles parfois, mais aussi puissantes, très graphiques, très belles… «En fait, ce sont des collages de gravures anciennes, mais retravaillées numériquement, raconte l’artiste. Les gravures sont tirées de livres, de journaux, de catalogues de ventes par correspondance comme celui de Manufrance. Mais la mise en scène est moderne, parce qu’inspirée par notre époque. J’aime la mesure du temps de ces graveurs du XIXe siècle, le soin et la minutie avec lesquels ils dessinaient. En particulier pour les gravures produites entre 1840 et 1910, parce que, après 1910, les images ont changé, les


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Des assemblages provocateurs, des «prouesses visuelles».

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«Je crée des scènes oniriques, mais je m’inspire du réel, qui me paraît absurde.»

informations ont eu besoin d’être véhiculées plus rapidement, d’où l’essor de la photographie aux dépens de la gravure. La société s’est accélérée… elle a perdu le charme de ces images si finement ciselées. J’aime me servir de cette finesse pour produire des images d’aujourd’hui.» Denis Dubois propose des rapprochements inattendus, des confrontations perturbantes, des juxtapositions bizarres et invraisemblables, mais non dénuées de sens. «Je crée des scènes oniriques, mais je m’inspire du réel, qui me paraît absurde. Je fabrique un monde peuplé de “monstres”. Qui interpellent le public, comme la réalité peut, moi, m’interpeller. La “critique sociale” n’est pas ouvertement consciente, car, lorsque je fabrique mes collages, l’assemblage se fait de manière inconsciente, et c’est une fois l’œuvre terminée qu’elle se révèle à moi. Et une fois les images exposées, c’est le public lui-même qui, par sa propre lecture, donne un sens satirique, cynique, politique, humoristique ou poétique. Cela ne m’appartient plus.» C L A U D E M A G G I O R I

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Monstres et merveilles

«C’est le public qui donne un sens satirique, cynique, politique, humoristique ou poétique aux images.»

“I’m a sort of image mill,” says 45-year-old artist Denis Dubois, “my head is a factory. A bit like a 19thcentury production plant, at the dawn of the Industrial Revolution: I invent little stories and the people looking at the images make sense of them their own way, according to their feelings. The images are collages of old engravings I digitally rework. The engravings come from old books, newspapers, and mail-order catalogues, but the staging is modern. I create dreamlike scenes but inspired by real life, which appears absurd to me. I make a world full of ‘monsters.’” PA LACE COST ES FEVRIER / MARS 2 014

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Illustrations Denis Dubois denisdubois.blogspot.fr Deux recueils: «Zoo» et «On the Beach», éditions Le Tripode. PA LACE COST ES FEVRIER / MARS 2 014

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Infomania Des infos étonnantes et des objets excitants

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Alphabet Trucks, © Eric Tabuchi. www.erictabuchi.fr

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rôle de quête que celle d’Eric Tabuchi, photographe français: saisir toutes les lettres de l’alphabet sur l’arrière de camions roulant devant sa voiture sur les routes et autoroutes de France… A première vue, cela peut sembler dérisoire et plus proche du gag que de la série photographique. Mais lorsqu’on regarde la rigueur des cadrages, la qualité des lumières, on est saisi par l’exigence du travail. Comme répondant à un besoin frénétique de documenter et d’ordonner. De donner un sens aux choses. D’anoblir le banal. Le serial photographe est toujours quelqu’un qui pose des questions. Ces représentations objectives ne sont

pas neutres. Tabuchi a aussi photographié des graffitis sur des granges au milieu de champs déserts, des skate parks désolés, des concept stores misérables, des stations d’essence abandonnées, des signes perdus au milieu de nulle part… Tabuchi nous aide à mieux regarder notre monde. Eric Tabuchi has created an alphabet by photographing letters on trucks traveling round France. Which might seem anecdotal until you see the careful framing, the quality of the light and the obvious care in the images. His work in general seems to want to ennoble the banal and draw patterns out of the chaos of our modern world.

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Précieux porte-bonheur C

’est sous l’impulsion d’ Anne Bougon-Scelo qu’est née Ofée, marque de «joaillerie parisienne», en 2006. Pour la fondatrice, issue du milieu du design, l’idée originelle était de proposer des bijoux qui seraient luxueux mais accessibles, à la fois précieux et faciles à vivre au quotidien. Elle est rejointe deux ans plus tard par son amieValérie de Mazières. Les deux femmes déclinent en bijoux des motifs discrets mais originaux, qu’on s’approprie comme de véritables porte-bonheur, à garder toujours près de soi. Pour le duo, l’inspiration de Paris, de son architecture, de ses lumières, est éternelle: «C’est une ville à taille humaine, et pourtant très moderne», expliquent-elles. Pour sa dernière collection, le duo d’Ofée s’est attaché à créer le coup de cœur avec des pièces surprenantes, intelligentes, différentes. Des bijoux magiques, qui sont toujours un peu plus que des

bijoux. Il y aMood, cette bague qui peut se transformer en dix bijoux différents, colliers, bracelets ou sautoirs. Il y a aussi la collectionSunset et sa poudre d’or, qui, enfermée dans une bulle, recouvre ou dévoile quelques diamants au gré des mouvements. Ou encoreBlossom et sa délicate fleur de diamants, qui offre, elle aussi, de nombreuses superpositions. En or 18carats et diamants, serties des plus belles pierres, les créations Ofée sont fabriquées par les meilleurs ateliers parisiens. Et semblent, plus que jamais, nous rappeler que le bijou est là pour faire rêver. S A R A H B OUA S S E

Ofée was the brainchild ofAnne BougonScelo, the idea being to offer luxurious but accessible jewelry inspired by and made in Paris. “It’s a human-sized city, yet really modern,” she explains. Each Ofée piece (now co-designed with Valérie de Mazières) offers more than meets the eye, such as the Mood ring that can be integrated into 10 different pieces including necklaces and bracelets.

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Bijoux secrets C

©Katharina Faerber, © Jozsef Tari, courtesy JAR, Paris.

’est le plus secret des joailliers de la place Vendôme. JAR, de son vrai nomJoël Arthur Rosenthal, ne fait jamais de publicité, n’a pas de boutique et n’accorde aucune interview. Surnommé le «Matisse de la joaillerie», il a conquis, uniquement par le bouche à oreille, une clientèle de milliardaires et de people tombée sous le charme de ses créations délicates et ciselées au micron près. JAR aime réinterpréter les bijoux anciens, dessiner des fleurs et des papillons, utiliser des émeraudes, des diamants, mais aussi des améthystes, tourmaline rose et autres opales. La couleur est son royaume, la sculpture sa passion. Une occasion de découvrir ce joaillier élitiste se présente à New York, où le Metropolitan Museum expose actuellement 150de ses pièces. M R Meet JAR or Joël Arthur Rosenthal, a discreet jewelry designer who, through word-of-mouth alone, has conquered a global clientele of the super-rich. If you want to see what they buy, New York’s Metropolitan Museum is currently showing 150 pieces by the man nicknamed the “Matisse of jewelry.”

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10 ans de mode et d’amitié

ba&sh

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our fêter les 10 ans deba&sh, Barbara Boccara et Sharon Krief ont eu une belle idée. Amies d’enfance, elles ont créé et développé ensemble la marque. C’est cette amitié qu’elles ont voulu montrer à travers une série de photos sur le thème «10ans, 10 robes, 10 amies»: des duos de copines portant chacune une robe iconique de la maison, à peine revisitée. Elles ont choisi la photographe Sylvie Lancrenon pour son regard tendre sur les femmes et ses images douces et sensuelles. Le shooting a lieu dans l’appartement parisien de Barbara. Beaucoup de blanc, une simplicité chic et naturelle. Et surtout d’immenses canapés accueillants pour recevoir tous les amis. Discussion d’après-shooting avec la photographe Sylvie Lancrenon. Comment s’est passé le shooting ? Une ambiance extraordinaire de joie et de gaieté. Et pourtant, ça n’a pas été toujours simple de faire les photos, car ce ne sont pas des filles qui ont l’habitude de poser. Elles se connaissent bien, puisqu’elles sont amies, mais elles ne sont pas mannequins. Montrer la complicité naturelle dans un contexte de photos mode, avec une grande équipe autour, ce n’est pas facile… Pourquoi avoir choisi cet appartement? On hésitait entre le studio et un décor naturel. Mais lorsque Barbara m’a proposé son appartement, j’ai dit oui tout de suite. J’adore la déco, il y a de la place et de belles ondes. J’aime les couleurs. Qui sont les amies qui ont posé? Sharon et Barbara, les deux créatrices, la chanteuse Irma et sa meilleure amie, Julie, les blogueuses Margaux et Kenza, Sibel et Domitille, gagnantes d’un concours, et enfin Anastasia et Magali, qui travaillent pour ba&sh. Tu penses avoir réussi à exprimer l’amitié ? J’ai été aidée par la bonne humeur générale, le rire et la complicité des filles. Mais il ne fallait surtout pas que ça fasse «posé», il fallait que ce soit naturel. Le noir et blanc renforce cette idée de complicité. Que penses-tu des robes? Ma préférée, c’était une noire avec les bretelles croisées dans le dos. Que penses-tu de ce thème? J’ai adoré ! J’ai hâte d’aller trier les photos. J’ai voulu rendre les filles belles. C’était un pari de les rendre heureuses. J’espère avoir réussi.

Propos recueillis par A N N E D E L A L A N D R E

To celebrate ba&sh’s 10th anniversary the label’s founders (and childhood friends)Barbara Boccara and Sharon Krief had a great idea: a photo series called10 Years, 10 Dresses, 10 Friends. Five pairs of friends would each wear one of the label’s most iconic dresses and be photographed by Sylvie Lancrenon in Barbara’s Parisian apartment. Sylvie says that even if it “wasn’t always simple to take the photos, because the girls weren’t used to posing, I was helped by their good mood, laughter and complicity.”

Les dix robes feront l’objet d’une collection capsule à retrouver en boutique dès le mois d’avril. Les cinq portraits de femmes seront ensuite exposés lors d’une exposition itinérante qui commencera par la boutique Etienne Marcel, puis se déplacera dans l’ensemble des boutiques parisiennes. Photographies Sylvie Lancrenon PA LACE COST ES FEVRIER / MARS 2 014

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Simplement élégant

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eux modèles craquants de la marque Hôtel Particulier. Un débardeur blanc en résille, très tendance cet été, qui s’amuse du jeu de la transparence. Une délicieuse combi-pantalon au motif léopard très chic et en même temps décontracté. Toute la collection est sous le signe de cette simplicité élégante.

Fantaisies italiennes

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ngela Caputi est une créatrice de bijoux fantaisies en résine, fabriqués à Florence, en Italie. La collection printemps-été 2014 est notamment composée d’une ligne baptisée Fish: des bijoux amusants inspirés du monde aquatique, couleur turquoise et corail.

15 galerie Véro-Dodat, ParisIer.

Madein France

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e salon de haute-façon s’installe cette année au Carreau du Temple, les 9 et 10 avril prochain. Une centaine d’exposants seront présent, des experts en savoir-faire et techniques de fabrication du vêtement et de l’accessoire. Seuls habilités à apposer une étiquette «Made in France» sur leurs fabrications.

Salon Made In France.Carreau du Temple, 2 rue Eugène Spuller, ParisIIIe. 01 83 81 93 30. PA LACE COST ES FEVRIER / MARS 2 014

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Elisabeth Quin L

e magazine 28 min à 20 heures sur Arte est miculturel, mi-économique, mi-politique et 100% intelligent. Présenté par l’irremplaçableElisabeth Quin, il finit par devenir l’aimable refuge des saturés des JT. Comment êtes-vous arrivée sur «28min» ? On est venu me chercher en disant: «On a vu tous les mecs de Paris, tiens, si on prenait une fille?» C’était sans doute un vœu non formulé de Véronique Cayla, présidente de la

Bambi show A

près leur première collaboration en 2008 pour une ligne de cosmétiques aux couleurs de Bambi, Disney et Paul&Joe Sister s’associent de nouveau pour créer une collection capsule mettant en avant le petit faon et Panpan. D’adorables tee-shirts, sweat-shirts, combi-shorts et robes. Bambi devient pour l’occasion l’égérie de cette ligne.

chaîne, qui trouvait qu’il n’y avait pas assez de femmes sur Arte et que l’antenne n’était pas assez incarnée. Comment une émission devient-elle soudainement visible, et à ce point? Comme le disait Mitterrand, «il faut laisser du temps au temps», ce qui n’est pas toujours la démarche stratégique et économique des chaînes. Dans le cas d’Arte, c’était possible. Au début, c’était perché et radical. A présent, on fait un zoom sur deux éléments de l’actualité, un approfondissement, à travers des débats, des analyses, une mise en perspective. On est resté sur le regard et l’exigence, mais on a organisé des rendez-vous. C’est comme ça que sont arrivés les chroniqueurs, qui ont tous une grande légitimité. Le vendredi, on est plus léger, c’est le week-end. Par rapport à un journal télévisé, qui propose un récapitulatif panoptique, on est opposé et complémentaire. Quelle est l’ambition de cette émission? De durer. De devenir la preuve qu’on peut proposer et faire exister, faire aimer et même rendre nécessaire un magazine qui rend obsolètes les JT parce qu’il traite l’actualité d’une autre manière. Plus de cinéma: comment le vivez-vous? Mal. Mais c’est la vie. Et j’ai une vie à côté. Et puis la vie est longue… Propos recueillis par E L L E N W I L L E R

After years as the face of French cinema journalism on TV network Paris Première,Elisabeth Quin recently moved to Arte for a new current-affairs show,28 mn. After a quiet few first months, the show has recently taken off, which Quin puts down to Arte giving her the time to perfect the format. “We now zoom in on two news items, going more in-depth, through debates, analyses, and putting things into perspective,” she says. PA LACE COST ES FEVRIER / MARS 2 014

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Les toits de Parisrien que pour soi

es étonnants papiers peints sont tirés de l’œuvre de Thomas Lable, alias Materz, artiste passionné par les vues urbaines et leurs perspectives. Ces décors nécessitent un travail exceptionnel. Ils sont réalisés selon une technique minutieuse : les dessins sont tracés au Rotring, à main levée.

Il existe plusieurs vues de différents quartiers de la capitale et quatre formats différents. These surprising wallpaper designs are byThomas Lable (aka, Materz), who traces them with a Rotring. Different views are available.


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Eres Costes

Glamour associé

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ans l’univers du maillot de bain raffiné, une griffe s’impose depuis quarante-cinq ans: Eres. C’était en 1968 et les femmes se libéraient des armatures qui compressaient le corps. Pour la première fois, une marque leur proposait, tout au long de l’année, des maillots de bain pensés comme des vêtements chics et confortables. «Eres est d’abord un véritable architecte du corps, souligne Valérie Delafosse, directrice artistique de la marque, qui a succédé en2005 à Irène Leroux, la fondatrice. C’est une ligne épurée, des coupes parfaites, des matières galbantes et souples et une belle palette de couleurs. Eres n’est pas démonstratif, mais raffiné. Nos maillots se reconnaissent sur la plage, mais nous ne suivons pas la tendance.» C’est un maillot de bain exceptionnel qu’Eres propose cette saison aux femmes. Pour l’Hôtel Costes,Valérie Delafosse a créé deux ensembles exclusifs, un une-pièce et un deux-pièces, inspirés du spa de l’hôtel. «J’ai été séduite par le caractère exclusif de cette collaboration; les maillots, un

noir et un marron très foncé avec des lanières glossy métallisées or, rappellent les boiseries du lieu, les lumières tamisées à la bougie, le calme luxueux et moderne. LeCostes est une bulle en plein Paris: quand on y entre, on est ailleurs. Et le spa, avec sa belle piscine et son environnement sophistiqué, correspond parfaitement à Eres. En fait, j’ai créé des maillots de bain de soirée!» M A X R O B E R T It was 1968 and, with the help of Eres’ chic and comfortable bathing suits, women were freeing themselves from their armor-like swimwear. Since then, Eres has continued being an “architect of the body,” says creative directorValérie Delafossewho took over from founder Irène Leroux in 2005. Originally called in to Eres to design lingerie (“sensual, modern and designed around the body”), Delafosse’s latest creations are two bathing suits, a two-piece and a one-piece, for an Eres-Hôtel Costes collaboration. “I was attracted by the exclusivity of this collaboration,” she says. “Basically, I’ve designed eveningwear swimsuits!”

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No u v e a u t é s à l ’ E s s a i

Tesla Model S85 Plus Emission impossible Z

éro émission… Depuis le temps qu’on en parlait! Voici la voiture électrique alternative, ni bizarre ni complexe. Une machine belle, luxueuse, et qui ne consomme rigoureusement aucun polluant. Un objet courant, plus une étincelle. L’électricité à la place d’un moteur essence, ce n’est pas juste une substitution. LaTesla S offre des sensations de conduite bien à elle. Il faut avoir senti le volant, précis, assuré, délivré du poids du moteur. Il faut avoir senti la poussée sans rupture, qui vous amène de l’arrêt à 100km/h en 4,4 secondes ! Il faut avoir éprouvé le puissant ralentissement, engendré par l’accumulateur, avant même de toucher aux freins… Il faut, bien sûr, avoir «entendu le silence», goûté le seul bruit de l’air, à plus de 200 km/h. Et puis il faut prendre ses aises… L’ascèse demandée au conducteur de sportive n’est pas de mise ici. Le moteur, petit, logé entre les roues arrière, laisse toute la place:un coffre géant à l’arrière, un autre à l’avant et jusqu’à cinq passagers sous l’immense toit vitré, en partie ouvrant. Quelques surprises : pas de réservoir, un port de connexion (plug-in) caché sous un feu arrière, des poignées de porte effacées dans les portières, qui redeviennent

saillantes seulement quand la clé s’en approche. Plus de tableau de bord: un immense écran tactile informe et permet tous les contrôles. L’autonomie est confortable, jusqu’à 400 km en conduite «mixte», et une simple prise pourvoit chaque nuit aux besoins du jour, tandis que se déploie le réseau de stations-service «superchargeurs»… Décomplexée, délivrée du scrupule de salir l’air, c’est la joie de l’automobile qui redevient toute naturelle. R O B E RT P U YA L Moteur électrique, 421ch à 6500 tr/min, roues arrière motrices, 2100 kg, 0 à 100 km/h en 4,4secondes, 110 000 euros.

Here it is. Finally. A real electric car. TheTesla S goes from 0-100kmph in 4.4 seconds, can reach 200kmph (at which speed all you’ll hear is the wind) and it drives well, too: precise and assured. You can get 400kms out of the battery between charges, and with no emissions it has one more advantage: driving becomes guilt-free.

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Bagues en liberté

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n hommage au rocher de Rio, Fred propose des bagues Pain de Sucreà cabochon interchangeable pour assortir les couleurs et les pierres à vos humeurs, désirs et vêtements. Un bijou chic et ludique en or gris ou rose, pavements endiamants. Les cabochons sont en tanzanite, béryl vert, citrine madère, améthyste, aigue-marine, quartz rose, tourmaline ou lapis-lazuli… 7 place Vendôme, Paris Ier. www.fred.com

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Hommesau top

eux sacs Paul Smith pour hommes élégants: un sac cabas en cuir et mailles de filet; un sac week-end en cuir de veau vert. Et une jolie pochette femmes en cuir corail.

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Magnifiques monstres

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eux bêtes! En haut, laFat Bob Dyna Black Edition,une splendide Harley-Davidson uniquement construite à 50 exemplaires. Avec le cache-moteur de la série Burst, les poignées Edge Cut et le guidon Drag Bar noir… c’est dire. En bas, la nouvelle KTM 1290 Super Duke R, surnommée «The Beast», qui seracommercialisée début 2014. Two monsters: up top, theFat Bob Dyna Black Edition from Harley-Davidson, of which only 50 will be made; below, the newKTM 1290 Super Duke R, already nicknamed the Beast.

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Passions bijoux

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eux passionnées de pierres précieuses, Carine Larretgère, parisienne, et Constança Costes, brésilienne, ont lancé, début 2012, une marque au nom intrigant: Aimée.Aimer. «Il nous était difficile de choisir un mot, expliquent-elles. Alors, on s’est posé la question: “Qu’est-ce qui compte le plus dans la vie ?” Et on a répondu ensemble : “Aimer et être aimée!”« Leurs collections déclinent des bijoux chics et colorés, empreints de tradition, mais fous de modernité. Entièrement fabriqués en France, leurs finitions de haute joaillerie subliment des modèles inédits, comme une bague sertie d’une améthyste qui se transforme en pendentif ou un bracelet

cage dans lequel semble flotter une perle. «Nos pièces sont chics et féminines. On les pense pour être portées aussi bien la journée que le soir: elles ne sont pas massives, mais elles se font remarquer.»S B Aimée.Aimer.28 rue Notre-Dame des Victoires, Paris IIer. 01 44 54 52 00, sur rendez-vous.

Parisian Carine Larretgère and

Brazilian Constança Costes launched Aimée.Aimer in early 2012. Their collections of colorful yet chic jewelry are entirely French made, using highend jewelry finishes. “We design our pieces to be worn in the daytime and at night: they aren’t heavy, but they get noticed.”

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e sac intemporel Z54 deZapa. A droite, le Rouge Small, à gauche, le Tricolore medium. Plusieurs tailles et coloris. En cuir lisse ou clouté pour s’adapter à tous les styles. A porter au bras, à l’épaule ou en bandoulière.

Couleurs

chics

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Carapaces de lumière

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a lampe Enso est produite par la société hongroise Laokoon. Le laokoon est une matière créée par Zsuzsanna Szentirmai-Joly, pour laquelle elle a reçu un prix. C’est un textile souple à écailles qui permet de créer des formes en trois dimensions. La structure en laokoon est maintenue par des boutons pression ou des attaches en plastique, bois, ou cuir… La lampe, grâce à sa structure et ses écailles, peut se déformer, se tordre et changer de forme au gré de l’utilisateur. www.laokoon-co.com

Laokoon, a flexible scaled textile you can shape into 3D objects, was invented by Zsuzsanna Szentirmai-Joly. It is used in Hungarian company Laokoon’s Enso lamp.

Symboles pour tous

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es dernières nouveautés d’Alexandre Corrot, créateur de la marque Djula, toujours prêt à imaginer des collections fantaisie haut de gamme: ici, quatre bagues pampilles «bout de doigt» ou «phalange» en or rose, blanc, jaune ou noir sertis de diamants.

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abrication artisanale des plus soignée, tirage limité, exemplaires signés de la main de l’artiste, le livre d’artiste est une niche très prisée des collectionneurs d’art contemporain. Il met le plus souvent en regard le texte d’un auteur et les œuvres originales d’un plasticien, mais peut aussi prendre la forme d’un véritable objet. C’est le cas de Lienart Limited, une nouvelle collection lancée par trois fous du livre d’art. Son directeur estJacques Binsztok, longtemps responsable du département des livres illustrés aux Editions du Seuil, auquel on doit notamment l’historique The Beatles Anthology. Philippe Ducat en est le directeur artistique (on lui doit le catalogue de l’exposition Georges Mélies à la Cinémathèque française, celui de «La Mélancolie» au Grand Palais). «Le modèle dont nous rêvions ensemble depuis longtemps, précise Michaële Liénart, la directrice des éditions, ce sont les Editions Soleil noir, qui publièrent dans les années 1960-1970 certains des livres d’artistes parmi les plus étonnants. L’un d’entre eux, réalisé avec l’artiste Jacques Monory, se présentait sous la forme d’une valise de tueur à gages contenant six sérigraphies de l’artiste, un revolver, deux balles à blanc, le tout transpercé par deux balles tirées par le peintre…» Premier numéro de la collection, un coffretMarc Desgrandchampsédité à 20exemplaires. Dans chaque coffret, confectionné à la main par la maison Jeanne Frère, se trouve un collage original de l’artiste (différent pour chaque coffret) numéroté, signé et encadré, un livre sur papier vergé reproduisant l’ensemble des vingt collages et un écran vidéo LCD muni d’une D-carte pour visionner deux films sur le travail de Desgranchamps spécialement réalisés pour le livre. «Notre innovation réside dans cet apport technologique que nous insérons dans chacune de nos éditions et que nous souhaitons chaque fois différent.» Le prochain volume, bientôt appelé à souscription sur le site des Editions Lienart, sera une valise Hervé DiRosa, en hommage à la série Autour du mondeauquel l’artiste se consacre depuis plus de vingt ans. «La valise comprendra toutes sortes d’objets originaux réalisés par l’artiste : cartes postales, stickers, faux passeport… L’écran LCD qui permettra de voir un film sur DiRosa, produit dans le cadre de l’exposition qui ouvrira au mois de mars au quai Branly, sera emballé dans une copie de télévision des années 1950.»

Une nouvelle collection de livres d’artiste #1: Marc Desgrandchamps

N A D I N E VA S S E U R www.lienarteditions.com Offre spécialepour les lecteurs de «PalaceCostes» : une réduction de 300euros. PA LACE COST ES FEVRIER / MARS 2 014

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© Marc Desgrandchamps /Lienart Limited.

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Lienart Limited is the next level in art books. Its first publications were 20 Marc Desgrandchamps box sets, each one handmade by the Maison Jeanne Frère and containing an original numbered, signed and framed collage, a book featuring all 20 collages, and an LCD screen on which to watch two films about the artist’s work. The next publication – subscribe online – will be a Hervé Di Rosa suitcase containing original objects by the artist such as postcards, stickers and a fake passport. Its LCD screen will be encased inside a 1950s-style TV set.


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L’agenda très parisien Expositions Bonnes adresses Musique Nuit

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enri Cartier-Bresson est mort il y a dix ans. Depuis le début des années 1970, celui qui a marqué l’évolution du regard par son intransigeance à composer avec la géométrie, avait cessé de développer les ensembles journalistiques qui occupèrent l’essentiel de son temps après qu’il eut fondé Magnum en1947 et, abandonnant la photographie, s’était essentiellement consacré au dessin. En choisissant d’explorer le parcours de celui que l’on a surnommé «l’Œil du siècle», le Centre Pompidou lui rend justice et prend un vrai risque. Que proposer de nouveau, en effet, après la grande exposition dans laquelle le MoMA de New York avait mis en avant les «premières années» marquées par le surréalisme, et après l’énorme retrospectifDe qui s’agit-il ?, dans lequel Robert Delpire, l’éditeur, complice et ami de toujours, avait mis en forme une œuvre multiple? Le projet est ambitieux –excitant, donc–, et il sera foisonnant. En puisant dans les fonds de la Fondation que l’artiste créa avant sa disparition, ce sont plus de 500éléments, tirages d’époques, dessins, peintures, documents, qui vont s’articuler dans un parcours croisant la chronologie et les thématiques. Si l’engagement constant du photographe, politique dans les années 1930 et 1940, puis davantage lié au journalisme, avant de se centrer sur l’attitude bouddhiste, les droits de l’homme et un refus constant de l’autorité et de l’injustice, pourra servir de fil conducteur, on attend de

pouvoir enfin approcher l’ensemble des éléments de la relation de Cartier-Bresson au cinéma. Il est toujours difficile, surtout lorsqu’ils ont largement publié de leur vivant, de relire l’œuvre de photographes qui ont été aussi largement analysés et célébrés. C’est certainement le vrai enjeu, au-delà du plaisir de retrouver des icônes et de découvrir des ensembles moins connus de cette rétrospective qui place celui qui ne voulait jamais être qualifié d’artiste au cœur même de l’institution muséale. L’autre enjeu, pour peu que l’on mette clairement en évidence les axes forts de l’œuvre, est de mieux estimer sa descendance et de comprendre comment son omniprésence et sa rigidité ont occulté des œuvres qui n’allaient pas dans la même direction. C H R I S T I A N C A U J O L L E CENTRE POMPIDOU. Henri Cartier-Bresson. 19 rue Beaubourg, Paris IVe. 01 44 78 12 33. Jusqu’au 9juin. Henri Cartier-Bresson died 10 years ago, the moment for the Centre Pompidou to present an ambitious retrospective of his work. Five hundred elements – from photographs, drawings, paintings to documents – will trace his journey from Surrealism to photojournalism and the founding of Magnum, his interest in Buddhism and human rights, and his abandonment of photography. Not to mention, providing a better understanding of his life-long refusal of authority and injustice.

Henri Cartier-Bresson

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«Foule attendant devant une banque pour acheter de l’or pendant les derniers jours du Kuomitang, Shanghai, Chine», décembre 1948 ; «Camagüey, Cuba», 1963 ©Henri CartierBresson/Magnum Photos, courtesy Fondation Henri Cartier-Bresson


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vec Bill Viola, la vidéo entre (enfin) au Grand Palais. L’institution reconnue pour ses grandes monographies de référence ne pouvait plus ignorer cette nouvelle forme d’art née dans les années 1960 et dont l’Américain Bill Viola est une des figures majeures, pour ne pas dire le père, après Nam June Paik. Voici donc une vingtaine d’œuvres magistrales disséminées sur une trentaine d’écrans reprenant de 1977 à 2013 les principales séquences d’un univers tout entier dévolu à l’interrogation du temps et de l’espace. Soit quarante ans de réflexion autour d’un des événements clés de sa vie, sur lequel il est constamment revenu. A savoir sa chute dans un lac à 6 ans. Une quasi-noyade qui lui a permis, ditil, «d’apercevoir entre deux eaux un monde extraordinaire» dont tout son travail tente de ressaisir la beauté. Le visiteur retrouvera ce motif de l’immersion tout au long d’un parcours divisé en trois grands chapitres qui, sur différents formats, met l’accent sur cette expérience déterminante. The Reflecting Pool (1977-1979), qui ouvre l’itinéraire, fournit dans un sens tout le programme à venir. Car, outre le jeu faussé des silhouettes se réfléchissant dans la piscine, il y a surtout cette insistance du cadre à rester sur la même image afin que l’on voie bien que rien n’est jamais fixe et qu’il faut être aux aguets pour percevoir les moindres changements. A force de patience, l’attente s’intensifie et ce qui vient n’est pas le prévisible. Leplongeur saute et, sur un cri, s’immobilise, reste en l’air sans toucher l’eau. Ce choc visuel mélange deux contraires: l’instant suspendu et son étirement dans le temps. Puis tout se dissipe et revient à l’étale. Si l’on se résignait à résumer, on pourrait dire que ses œuvres se chargent pour diffuser leur dose d’incertitude. Chaque «vidéo» expose ainsi des surfaces inquiètes qui, tels des microscopes, explorent des régions invisibles à l’œil nu.Chott El-Djerid (1979), ce portrait de lumière et de chaleur, dit le sous-titre, offre le mouvement des images dilatées sous l’effet du soleil du désert. Mirages optiques au ralenti, et mirages du peintre dont les outils technologiques se placent directement dans la filiation de la grande tradition des paysages de la Renaissance italienne ou de Turner. Paradoxe ici de cette avant-garde technique

«The Dreamers (détail)», 2013 ; «Going Forth By Day (détail)», 2002 , photo Kira Perov.

qui se place sous le signe de la lenteur et paradoxe encore de ce ralentissement des choses et des êtres qui n’exclut pas la commotion des sensations. Ebranlement indispensable, en somme, à la révélation de cette «autre» réalité poursuivie par La Femme en feu (2005) et Les Rêveurs immergés (2013). BERTRAND RAISON

GRAND PALAIS. Bill Viola. Avenue WinstonChurchill, Paris VIIIe. 01 44 13 17 17. Du 5 mars au 21juillet.

The Grand Palais welcomesBill Viola, one of video art’s pioneers, for a retrospective featuring 20 works from 1975 to 2013. Nearly 40 years of reflection around the key events in his life, such as his near drowning in a lake aged six: “I saw the most beautiful world, and my work is about getting back there.” Immersion runs through the show, whether in water withThe Reflecting Pool(1977-1979), or heat and light inChott El-Djerid (1979). Each work also reveals the central aesthetic of Viola’s work: his use of cutting-edge technology to create a stillness around the commotion of our emotions.

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Lucio Fontana

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Gustave Doré

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mmanquablement associé à la gravure –on lui doit les fabuleuses illustrations duGargantua de Rabelais, du Don Quichotte de Cervantès ou desContes de Perrault–, Gustave Doré (1832-1883) aura passé sa vie à se faire reconnaître comme un peintre à part entière et non comme un simple illustrateur. Ses contemporains célébraient certes ce «roi des illustrateurs à la mode», mais ne s’embarrassaient guère de ses tableaux. Un critique venimeux de l’époque cité dans un des articles de Philippe Kaenel, commissaire scientifique de l’exposition d’Orsay, va droit au but: «M. Gustave Doré ne se contente pas d’être un crayonneur habile… il voudrait devenir peintre. Le pourra-t-il jamais? Oui, peut-être, le jour où il consentira à étudier avant de produire.» Serons-nous plus cléments ? Sans aucun doute, face au déploiement d’une œuvre multiforme qui caracole allègrement de la caricature au dessin en passant par l’aquarelle et la sculpture. Cet appétit démesuré va de pair avec la précocité de l’enfant prodige qui commença, en autodidacte, sa carrière à l’âge de 11ans. Dès 16ans, il publie ses caricatures dans LeJournal pour rire,une publication satirique. Il n’arrêtera plus. Le succès vient à lui, mais on lui reproche encore et toujours sa «peinture au kilomètre». Ses livres illustrés, par contre, se répandent en Allemagne, en Russie et à Londres, où, dépité par la frilosité parisienne, il ouvre la «Doré Gallery» pour montrer ses toiles. Bien sûr, ses œuvres monumentales versent quelque peu dans un académisme bon teint. Mais regardez ses fabriques londoniennes, ses vues d’Ecosse et ses paysages, la montagne surtout qui apparaît à mi-chemin entre les brumes gothiques et romantiques d’un Gaspard Friedrich...

BERTRAND RAISON

MUSÉE D’ORSAY. Gustave Doré. L’imaginaire au pouvoir. 1 rue de la Légion-d’Honneur, ParisVIIe. 01 40 49 48 14. Jusqu’au 11 mai. Gustave Doré (1832-1883) produced huge amounts of drawings, engravings, caricatures and illustrations, while his illustrated versions of European classic literature made him famous and wealthy. But all he really wanted was to be recognized as a painter. This first French retrospective in 30 years will bring new insight into the visual universe of an artist who remains influential to this day. «Souvenir de Loch Lomond», 1875 ©French & Company, New York.

ucio Fontana(1899-1968), icône de l’art du XXe siècle, identifié aux Tagli, ces somptueuses toiles fendues, est curieusement méconnu. Personne ne lui conteste sa place de visionnaire, mais on ignore le plus souvent l’incroyable production de cet artiste prolifique. Il a, sa vie durant, inlassablement exploré une diversité de champs d’expression, mettant joyeusement à bas les frontières séparant la figuration de l’abstraction. Sculpteur, céramiste, peintre, créateur des premières installations in situ, il travaille aussi bien le néon dès1951, sans pour autant négliger les commandes d’art funéraire et religieux ni les projets de décoration intérieure. Bref, il y a au moins trois bonnes raisons de se rendre au Musée d’art moderne: l’ampleur de la rétrospective; le caractère peut-être sans lendemain d’une telle présentation, car le coût prohibitif des prêts empêchera sûrement le retour des œuvres jalousement gardées par les collectionneurs italiens; et, fin du fin, la possibilité offerte d’observer de près le «spatialisme». En héritier direct du futurisme italien, célébrant au début du siècle dernier le progrès et la vitesse, le spatialisme, à partir de 1947, dans le contexte de la conquête spatiale, allait lui aussi revendiquer l’abandon des genres traditionnels d’expression au profit de l’expérimentation. La toile fendue ouvre sur la troisième dimension, elle est à proprement parler une sculpture dans l’espace. L’entaille fit couler beaucoup d’encre. Fontana cherchait surtout à sortir le tableau de son cadre, sorte de méditation sur la gestation de cette obstination. Réflexion continue puisque, des années 1950 à la fin, l’œuvre apparaît comme une immense variation sur la déchirure et la lacération, l’ombre portée en somme d’un spatialisme plus physique que philosophique. B E R T R A N D R A I S O N MUSÉE D’ART MODERNE.Lucio Fontana. Rétrospective. 11 avenue du Président-Wilson, ParisXVIe. 01 53 67 40 00. Du 25 avril au 24août. While Lucio Fontana (1899-1968)is famous for his 1960s slit canvases, he also worked in sculpture, ceramics, painting, installations and neon lights (in 1951!). And it’s said that every Sunday this Milanese born in Argentina would draw expressionist nudes from life. The retrospective at the Musée d’art moderne is a rare overview of this undervalued artist’s output. In fact, you’ll probably never again get a better opportunity to see so much of his work in one place at one time or a better chance to understand spatialism, Fontana’s artistic movement. «Il guerriero (Le Guerrier)», 1949; «Retrato di Teresita (Portrait de Teresita)», 1940 ©Lucio Fontana/ SIAE/Adagp, Paris 2014.

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Les Expositions Inaugur ation de la Galerie PalaceCostes

Claude Lévêque laude Lévêqueinaugure la toute nouvelle galerie PalaceCostes: soit deux vitrines de l’Hôtel Costes,rue SaintHonoré, mises à la disposition d’artistes invités. Dans la lignée du travail de Christian Boltanski et d’Annette Messager, Claude Lévêque, né en 1953 à Nevers, brasse, depuis plus de trente ans, les zones enfouies de l’enfance, ces territoires de nos émotions et de nos affects que nous refoulons ou que nous ignorons. Reconnu sur la scène internationale, il intervient aussi bien à Tokyo qu’à Chicago. C’est à partir de1982, diplôme des Beaux-Arts de Bourges en poche, qu’il entre par effraction dans l’univers des musées et des centres d’art. Ses mises en scène spectaculaires ou discrètes mélangent le son, l’écriture, les objets, les images et la lumière. Il représente la France à la Biennale de Venise en2009 avecLe Grand Soir, un parcours énigmatique et sombre au milieu de cages en inox noyées dans une bande-son de moteur de bateau. A voir les carcasses de lit suspendues duGrand Sommeil(2006), ses installations se présentent sous la forme du hold-up. Cet art consommé du cambriolage de nos intérieurs cadenassés fait feu de tout bois pour inverser le temps de nos souvenirs et faire chavirer l’imaginaire en vue d’accueillir des ombres nouvelles. Rue Saint-Honoré, il utilise l’écriture sobre et tremblée du néon, à l’image de ces éclats qui composent par intermittence la rumeur urbaine. Revue de détail. Comment avez-vous répondu à la commande qui vous a été faite? Quand Kamel Mennour m’a proposé ce projet, c’est-à-dire occuper les deux vitrines de la galeriePalaceCostes pendant six mois; je me suis dit que j’allais utiliser des mots pour exprimer les sensations qu’on peut ressentir dans Paris. J’adore la place Vendôme, j’adore ce lieu, même si ce n’est plus ce qu’il était à l’époque de ces vieilles bijouteries, objets de cambriolages légendaires, dont on trouve la trace dans le film de JeanPierre Melville Le Cercle rouge. A part quelques enseignes prestigieuses, ces vieilles maisons ont été remplacées par des chaînes qu’on trouve partout, des Champs-Elysées aux Halles. J’ai tourné dans le quartier et j’ai choisi d’intervenir à chaque fois avec un diptyque composé de deux mots, un par vitrine. Cette série sera renouvelée tous les mois jusqu’en juillet.

Vous avez choisi de commencer par «nuit/rumeur». Pourquoi ? Ce sont des mots qui font partie de notre quotidien, qui font partie de la rue, des lieux communs du langage. On peut disparaître dans la nuit. La rumeur, c’est la rumeur de la ville, la rumeur de la parole des passants, un écho urbain. Ils forment une dualité ambivalente, certes, mais rien de bavard. De plus, les vitrines sont petites, j’aime bien cette dimension. J’ai vraiment calculé l’échelle des inscriptions pour obtenir une sorte d’apparition fantasmée. C’est aussi le choix de l’écriture au néon, ce néon bleu entre le blanc froid et le légèrement bleu, un peu comme le ciel. Tout ça joue avec le reflet de la rue, car il est difficile d’isoler cette écriture du contexte de l’Hôtel Costes, des piétons, des voitures. La recherche de la discrétion légère passe-t-elle aussi par l’écriture tremblée des néons? C’est l’écriture de mon filleul Romaric, que je fais écrire depuis deux ans. J’aime son aspect incertain, sa maladresse qui n’a rien d’un style. Elle évoque une fragilité, tout le contraire des enseignes lumineuses qui cherchent un impact publicitaire. Les mots n’ont rien de dogmatique, ce sont des murmures dans la ville. Ils correspondent au titre de la série, Eclats, qui s’étale sur six mois. Un éclat, c’est pareil, c’est ambivalent, un éclat d’obus, un éclat de rire, comme cela peut être quelque chose qui se désolidarise du corps; toutes sortes de sens possibles. Et, en même temps, il n’y a rien d’éclatant dans ce dispositif. C’est presque tout le contraire. Quel a été votre critère de sélection? J’ai éliminé énormément de mots. Il fallait trouver le bon dialogue entre eux sans pour autant leur faire dire quelque chose de précis. A la limite, les mots peuvent être lus par des gens qui ne comprennent pas le français. Ils voient les mots et la fragilité de l’écriture, cela suffit. Cette suite pourrait-elle être présentée dans un autre lieu? On peut toujours réadapter l’ensemble, mais elle sera toujours montrée deux par deux, jamais d’un seul tenant. Au

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Photo : Takenori Miyamoto + Hiromi Seno

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Photo : Fabrice Seixas

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départ, c’est fait spécifiquement pour le lieu. Je ne dissocierai pas les couples de mots, ce seront toujours les mêmes, mais jamais présentés de manière exhaustive. La vision de la liste entière nuit à l’aspect flottant, à l’aspect extrêmement volatil des mots. Ils ont malgré tout une résonance particulière parce qu’il y a la rue autour. Les montrer de nouveau exigerait de tout recalculer. Vous dites «portails» quand vous parlez des vitrines : faut-il entendre que les mots ouvrent des portes? C’est le format de la vitrine qui fait penser à ça. Un hôtel, c’est un lieu de passage. On va et vient. Si les portent restent ouvertes, on peut apercevoir quelque chose. Elles peuvent aussi bien être entrebâillées que complètement closes. Mais, vous savez, il y a des gens qui ne repasseront jamais de leur vie devant les vitrines de l’hôtel. Propos recueillis par B E R T R A N D R A I S O N «Nuit/rumeur», diptyque, néon bleu argon, écriture Romaric Etienne, série «Eclats», 2014, courtesy the artist and kamel mennour, Paris. © ADAGP Claude Lévêque.

French artist Claude Lévêque has been chosen to inaugurate the brand new Galerie PalaceCostes, two windows in the Hôtel Costes on Rue Saint-Honoré. Born in 1953, Lévêque has worked all over the world since leaving art school in 1982, building a reputation for installations that mix sound, writing, objects, images and light. For the Costes windows he decided to create a work made up of pairs of neon words that will change each month until July. The first pair is “Nuit/Rumeur” (Night/Rumor), the lights based on the handwriting of Lévêque’s godson, Romaric. “I like its uncertain aspect, its artless awkwardness,” the artist says. “They both evoke a certain fragility, the exact opposite of neon signs that are advertising something. The words aren’t dogmatic; they’re whispers in the city, and they have a particular resonance because the street is there. I eliminated an enormous number of words. I had to find a good dialogue between each pair without them saying anything too precise. At a pinch, the words could be read by someone who doesn’t understand French. They will see the words and the fragility of the writing, and that will be enough.”

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Robert Mapplethorpe C

ensure –pour l’image gentillette d’une petite fille nue !–, affirmation considérée comme scandaleuse de son homosexualité et des photographies sado-maso réunies dans le Portfolio X, disparition suite au sida… on a vite entouré Robert Mapplethorpe d’une aura vénéneuse que son appartenance à la «scène» branchée des années 1970 et 1980 du New York artistique n’arrange pas. C’est aussi la façon la plus sûre de passer à côté d’une œuvre sage, délibérément classique –il avait une passion pour les portraitistes français du XIXe siècle, entre autres Carjat– et qui, comme il le disait, était «obsédée non par la beauté mais par la perfection». Dans cette recherche d’un absolu, un pénis en érection, une fleur, le visage de Cindy Sherman, la plastique de Lisa Lyon, un corps noir athlétique et lisse, un arum, un buste de Cupidon grec en marbre blanc sont, en photographie, parfaitement équivalents. De la forme que la lumière caresse et révèle pour l’installer dans la respiration bien tempérée du carré, de la forme modulée

ceux qui coïncident avec sa liaison passionnelle avec Patti Smith –dont il réalisa toutes les pochettes d’album et avec qui la relation amoureuse ne se démentira jamais, de part et d’autre–, stupéfiants de liberté, de légèreté et de fermeté à la fois. Tout Mapplethorpe est déjà là, en recherche de perfection des corps et des attitudes, de la sensualité évidente, de l’image juste dans sa simplicité immédiate. Ce sont certainement les images les plus bouleversantes. Celles qui n’étaient pas encore guettées par un formalisme qui a parfois été le prix à payer pur approcher la «perfection». CHRISTIAN CAUJOLLE

savamment par les variations des contrastes, les vibrations de gris et une attention permanente à l’excellence et à la précision des tirages. S’il travaille en deux dimensions, Robert Mapplethorpe est un amoureux de la sculpture. Il est un modeleur de formes, des corps essentiellement, et un sculpteur classique, qui tourne autour de son modèle, l’installe éventuellement sur un piédestal habillé de velours noir, qui se joue des ombres pour mettre en évidence l’érotisme d’une fleur, l’érection d’un pistil, la vulve d’une orchidée… On a trop peu insisté sur sa pratique de l’autoportrait, genre classique s’il en est, des années rock blouson de cuir de l’ange séducteur et sexy au malade amaigri faisant face à la mort sculptée sur le pommeau de la canne qui le soutient. On a, surtout, trop peu mis en avant les polaroïds du début,

GRAND PALAIS. Robert Mapplethorpe.21 avenue FranklinRoosevelt, Paris VIIIe. 01 43 59 76 78. Du 26 mars au 13juillet. Concentrating on Robert Mapplethorpe’s “scandalous” photographs – the censored ones, the S&M ones – means that you miss the essential of his work. Because he was, at heart, a classicist, one “obsessed not with beauty but perfection,” as he put it. Hence his continued search for the absolute in his subjects – an athlete’s body, the face of Cindy Sherman, a Greek bust of Cupid – and in his technique – the caress of light, the variations in contrasts, the permanent desire for flawless prints. There is a something of a sculptor in two dimensions in Mapplethorpe’s work, for example, in his self-portraits. And then there are the early Polaroids when, high on life and Patty Smith, he captured something fleeting, a moment before formalism froze him and AIDS took him away. «Lisa Lyon», 1982; «Calla Lily», 1986 All Mapplethorpe Works ©Robert Mapplethorpe Foundation.

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Robert Adams

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’Ouest américain est incontestablement photogénique. C’est là que s’est constituée, dès le XIXe siècle, une tradition américaine de la photographie. Des Timothy O’Sullivan ou William Henry Jackson –pour ne citer qu’eux– ont célébré la nature et les grands espaces tout en affirmant la modernité de la photographie dans un pays en train de construire son histoire. Après eux, il y a deux Adams, qu’il ne faut pas confondre. Ansel, le panthéiste, le fanatique de la photographie nette à la chambre, de l’excellence maniaque du tirage, bien conventionnel en somme, qui publia autant de portfolios qui affolent aujourd’hui les enchères que de livres techniques déterminant ce qu’était la «bonne» et la «mauvaise» photographie. Puis, il y a Robert, que Paris expose aujourd’hui. Robert Adams, lui, n’est pas un simple contemplatif de la nature, même s’il est capable de réaliser de bouleversantes séries semblables à de fines gravures. Il est avant tout un écologiste sentimental qui se penche avec désolation et une pointe de mysticisme sur la relation tragique entre l’homme et la nature. Travaillant essentiellement par séries, il développe un point de vue original, servi par de magnifiques tirages qu’il réalise lui-même, s’attache à des espaces dégradés, tout proches du Wisconsin, puis du Colorado où il réside, et dans lesquels la lumière vient sublimer une forme

de chaos. Robert Adams ne se comporte pas en passéiste et sait toujours trouver la beauté dans des paysages dégradés. Lorsqu’il aborde dans de bouleversants et sensibles portraits le quotidien d’une population vivant près d’une centrale nucléaire, ce photographe de la nature, complexe, sophistiqué jusque dans le moindre détail, abandonne tout maniérisme pour se laisser emporter par le sensible. CHRISTIAN CAUJOLLE

JEU DE PAUME.Robert Adams. L’endroit où nous vivons. 1 place de la Concorde, ParisVIIIe. 01 47 03 12 50. Jusqu’au 18mai. The American West is not just the birthplace of many of the country’s foundational myths, but also ground zero for a certain tradition in American photography. From Timothy O’Sullivan and William Henry Jackson’s celebration of nature in a new country in a modern medium, to the formal perfection of Ansel Adams, to the work of the other Adams, Robert. For the past 50 years he has been tracking the collision between the wilderness and encroaching urbanization. The full range of his work is now on show in a retrospective at the Jeu de Paume, from his complex, sophisticated nature shots to the disarmingly innocent portraits of people living near a nuclear plant. «Longmont, Colorado», 1979 ©Robert Adams, courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco et Matthew Marks Gallery, New York.

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Art Paris Art Fair

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près la Russie, la Chine est l’invitée d’honneur de l’édition2014 d’Art Paris. Le rendez-vous de printemps de l’art contemporain met en valeur le dynamisme de ce grand pays, considéré aujourd’hui comme l’un des acteurs les plus puissants de l’art mondial. Différentes générations d’artistes chinois seront représentées, soulignant le dialogue constant de ces créateurs avec Paris. Cette invitation coïncide avec le 50e anniversaire de la reconnaissance de la Chine populaire par la France. GRAND PALAIS.Art Paris Art Fair.Avenue WinstonChurchill, Paris VIIIe. 01 44 13 17 17. Du 27au 30 mars. China is the guest at this year’s contemporary-art fair, which will show different generations of artists to underline the ongoing dialogue between Paris and China. Huang Yan, «Self Portrait», 2008, courtesy Galerie Blue Square.


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Les Expositions

Kourtney Roy

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odèle et photographe à la fois, Kourtney Roy est une artiste décomplexée et singulière. «Avoir un modèle est assez démodé comme concept. L’idée d’être photographe et sujet en même temps me semble plus intéressante.» Elle joue, expérimente, interroge les stéréotypes de la femme, tour à tour secrétaire, Wonder Woman, femme fatale. GALERIE CATHERINE ET ANDRÉ HUG.Kourtney Roy. Fixed in no-time. 40 rue de Seine, ParisVIe. 01 43 26 93 75. Du 6 mars au 5avril. Egalement présente au BALdu 30 avril au 11mai. Fixed in No Timeis model and photographer Kourtney Roy’s latest examination of female stereotypes. It features secretaries, Wonder Woman and a femme fatale. «Self-Portrait, Stairs» ; «Self-Portrait, Red Truck», 2012 ©Kourtney Roy.

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Les Expositions

Pierre&Gilles

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our leur première exposition à la Galerie Daniel Templon, Pierre&Gilles poursuivent leur travail à quatre mains –Pierre le photographe et Gilles le peintre– et proposent un ensemble inédit de toiles réinterprétant le mythe du «héros». De la culture de la rue aux références à l’histoire de l’art, on découvre une galerie de portraits, tels Achille ou Prométhée, jusqu’à un couple heureux, «marié pour tous». GALERIE DANIEL TEMPLON.Pierre & Gilles. 30 rue Beaubourg, ParisIIIe. 01 42 72 14 10. Du 10 avril au 31mai. The duo’s latest show has work reinterpreting the idea of the hero through the lens of art history and the street.

Rankin

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rtiste multiforme et audacieux,Rankin a exploré une large palette de sujets et d’univers distincts. L’exposition présente une sélection de ses dernières œuvres: des portraits d’hommes politiques, des séries de nus… et son travail à l’occasion du jubilé d’or de la reine d’Angleterre : en effet, Rankin avait été l’un des photographes choisis pour réaliser le portrait d’Elisabeth II . A. GALERIE.A little more Rankin. 4 rue Léonce-Reynaud, ParisXVIe. 06 20 85 85 85. Jusqu’au 19 avril. A Little More Rankinis the chance to discover British photographer Rankin’s latest work, including nudes and portraits of politicians and the Queen.

«Le Printemps arabe (modèle Tahar Bouali)», 2013; «Narcisse (modèle Matthieu Charneau)», 2013, courtesy Galerie Daniel Templon, Paris et Bruxelles ©Pierre et Gilles.

«Hat Kate», 2005 ©Rankin, A. Galerie.

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Les Expositions

Ernest Pignon-Ernest

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rtiste plasticien, Ernest PignonErnest est un des premiers à avoir investi la rue. Il dessine et va coller son œuvre la nuit, sur des murs. De Naples à Paris, de Soweto à Ramallah… C’est en septembre 2012, lors des Journées du patrimoine, qu’il est invité à investir la prison Saint-Paul de Lyon. Ce sont l’histoire chargée de cette prison, son architecture carcérale du XIXe siècle et les dialogues avec d’anciens détenus qui ont inspiré l’artiste. «Avant que la transformation des lieux en campus ne provoque une amnésie collective, j’ai tenté d’y réinscrire par l’image le souvenir singulier d’hommes et de femmes, célèbres ou inconnus, qui y ont été torturés gnès Varda est une des rares réalisatrices issues de la nouvelle vague. ou exécutés.» GALERIE LELONG.Ernest Pignon-Ernest. Elle aime se décrire comme «une vieille cinéaste devenue jeune Prisons.13 rue de Téhéran, ParisVIIIe. artiste visuelle». L’exposition «Triptyques atypiques» est sa première exposition personnelle. Elle y présente ses récentes propositions visuelles 01 45 63 13 19. Jusqu’au 15mars. mêlant photographies, vidéos et matériaux divers. Street artist Ernest Pignon-Ernest has GALERIE NATHALIE OBADIA.Agnès Varda. Triptyques atypiques. worked all over the world but returned to 3 rue du Cloître-Saint-Merri, ParisIVe. 01 42 74 67 68. Jusqu’au 29mars. France for his latest work,Prisons, set in a Director Agnès Varda likes to describe herself as an “old filmmaker who’s 19th-century penitentiary in Lyon. become a young visual artist.” Her first personal exhibition,Triptyques «Ecce Homo», Lyon,2012, courtesy Galerie Lelong ©Ernest Pignon-Ernest. atypiques, includes photographs, video and diverse materials.

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Agnès Varda

«Marie dans le vent», 2014 ©Agnès Varda, courtesy Galerie Nathalie Obadia. PA LACE COST ES FEVRIER / MARS 2 014

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Kei-Chan, 2011 - Fibre de verre, plastique, métal et peinture uréthane, pièce unique - 260 x 135 x 100 cm

Yayoi Kusama

www.operagallery.com PA R I S . M O N A C O . L O N D O N . G E N E V A . N E W Y O R K . B A L H A R B O U R . S I N G A P O R E . H O N G K O N G . S E O U L . D U B A I

356, rue Saint-Honoré 75001 Paris. T +33 (0)1 42 96 39 00 paris@operagaller y.com Lundi - Samedi 10 h -19 h


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Les Expositions

Ellen Kooi

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xposée à l’Institut néerlandais en2010 à Paris,Ellen Kooirevient avec une nouvelle série, As It Happens. C’est sa prédilection pour la mise en scène et la manière dont elle dirige ses modèles comme s’ils étaient des acteurs qui l’ont conduite à photographier ces formats panoramiques. Ils évoquent la symbiose qu’il peut y avoir entre le paysage et ceux qui le traversent. Elle capte dans ses photographies ces instants chargés de merveilleux, habituellement «cachés». GALERIE LES FILLES DU CALVAIRE.Ellen Kooi. As it happens.17 rue des Filles-du-Calvaire, Paris IIIe. 01 42 74 47 05. Du 14 mars au 19avril. Dutch photographer Ellen Kooi’s new exhibition As It Happensis a panoramic fusion of landscapes and the people who pass through them.«Berck - Vallende bomen», 2013, courtesy Galerie Les filles du calvaire.

Les expositions ambitieuses duMusée Guimet

©Didier Plowy

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ophie Makariou, présidente duMusée Guimet, nous explique ses projets2014. «Le musée est en constant mouvement. Après le succès d’«Angkor», nous montrons, jusqu’au 10 mars, «L’Apparition de la couleur dans l’estampe japonaise». Des expositions ambitieuses structurent toute l’année : fin mars, nous ouvrons «Sublimes matières», célébrant 5000 ans de création chinoise à travers soieries, jades, laques et porcelaines. A l’été, nous présentons l’art royal du Vietnam avec des prêts venus de Hanoï ; au même moment, Harunobu, grand maître de l’estampe japonaise, investira la belle rotonde du deuxième étage. Enfin, les expositions de rentrée invitent à venir découvrir l’empire des Han grâce à des prêts exceptionnels, tous venus de Chine; et la peinture à la cour de Corée à travers un ensemble inédit en France, venu de Séoul. Nous mettons en valeur nos collections notamment autour des acquisitions : au troisième étage, en ce moment, mon coup de cœur est une tête méditative, d’une beauté saisissante, qui, bien que chinoise et datant du VIe siècle, évoque les grands chefsd’œuvre de la sculpture gothique française.» MUSÉE GUIMET. 6 place d’Iéna, Paris XVIe, 01 56 52 53 00 . Coming up at theMusée Guimet, explains its president,Sophie Makariou: “Sublime matières, 5,000 years of Chinese design; followed by royal art from Vietnam with loans from Hanoi, and Harunobu, a Japanese print master. In the autumn, discover the Han dynasty, as well as Korean court painting.”

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Impossible is not French

Salon de la Haute-Faรงon

9-10 avril 2014

Carreau du temple PARIS salonmadeinfrance.com Pub Palace Presse_ MIF 2014.indd 1

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Atiq Rahimi

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crivain et réalisateur, Atiq Rahimi présente sa première exposition personnelle. Articulée en trois parties, «Champ», «Contre-champ», «Horschamp», on y découvre ses dessins, ses séries photographiques ainsi que le film Trance and Dance,réalisé par Anne Paris et Jan Kounen. GALERIE CINÉMA.Atiq Rahimi. Callimorphies. 26 rue Saint-Claude, ParisIIIe. 01 42 77 06 26. Jusqu’au 5avril. Callimorphies is writerdirector Atiq Rahimi’s first show and features drawings, photography and Trance and Dance, a film by Anne Paris and Jan Kounen.

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Josef Hoflehner

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epuis 2002, Josef Hoflehner voyage avec son fils Jakob dans le monde six ionnier du renouveau de la photogra- mois par an. Il planifie minutieusement phie de territoire, Guido Guidi, pho- chaque photo, attendant parfois plusieurs semaines pour avoir les conditions idéales tographe contemporain italien, est exposé en France pour la première fois. Il présente à la prise de vue. Le tout pour réaliser des quarante ans de carrière sur le paysage et ses photos de paysage prises en moyen format, à vitesse lente. «Parfois, nous parcourons transformations. D’abord travaillant en la moitié du globe pour une seule photogranoir et blanc, il se consacre par la suite à la phie…» dit l’artiste. Ce travail d’attente photographie couleur à la chambre grand donne son nom à cette série: Patience. format. FONDATION HENRI CARTIER-BRESSON. GALERIE ACTE 2. Josef Hoflehner. 41 rue d’Artois, ParisVIIIe. 01 42 89 50 05. Guido Guidi. Veramente.2 impasse Lebouis, Paris XIVe. 01 56 80 27 00. Jusqu’au 27avril. Du 27 mars au 31 mai. Veramente is Guido Guidi’s first retroSince 2002 Josef Hoflehner has traveled spective in France and presents 40 years of the world with his son Jakob taking landscape photographs in both black and landscape photographs. They sometimes white and large-format color. wait for weeks for the perfect shot, hence his exhibition’s title: Patience. «Cavallino-Treporti Venezia», Italie, 2010 ©Guido Guidi.

Guido Guidi

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«Bondi Baths», Sydney, Australie, 2011; «Patience», Japon, 2012 ©Josef Hoflehner.

©Atiq Rahimi, Galerie Cinéma Anne-Dominique Toussaint.

Rero

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enu du graffiti, Rero est une des figures montantes du mouvement street art. Le travail exposé est le fruit de ses recherches sur la négation de l’image. Rero crée des œuvres monumentales –souvent en plein air– et barre ses messages d’un épais trait noir. Une façon d’interroger le spectateur sur les délires de la consommation. BACKSLASH GALLERY.Rero. Erreur dans le titre.29 rue Notre-Dame-de-Nazareth, ParisIIIe. 09 81 39 60 01. Jusqu’au 29mars. A rising figure in street art,Rero’s latest exhibition Erreur dans le titreis an exploration of our relationship with consumerism. «Sans titre (Escape)», 2013 ©Rero, courtesy Backslash Gallery, Paris. PA LACE COST ES FEVRIER / MARS 2 014

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LA CHINE À L’HONNEUR

(Paris) | A2Z Art Gallery (Ivry-sur-Seine) | Acabas (Paris) | AD Galerie (Montpellier) | Adler Subhashok Gallery (Bangkok)* | Galerie ALB - Anouk Le Bourdiec (Paris)* | Louise Alexander Gallery (Porto Cervo) | Analix Forever (Genève) | Art Lexing (Miami)* | Galerie Arts d’Australie • Stéphane Jacob (Paris) | Gallery Roza Azora(Moscou)* | Backslash Gallery (Paris) | Galleria Alessandro Bagnai (Florence)* | Galerie Hélène Bailly (Paris) | Galerie Géraldine Banier (Paris)* | Beautiful Asset Art Project (Pékin)* | Galerie Claude Bernard (Paris) | Galerie Christian Berst (Paris) | Galerie Berthet-Aittouarès (Paris) | Galerie Françoise Besson (Lyon)* | Blindspot Gallery (Hong Kong)* | Galerie Blue Square (Washington, DC) | Bodson Gallery (Bruxelles) | Boesso Art Gallery (Bolzano)* | Bogéna Galerie (Saint-Paul de Vence)* | Galerie Jean Brolly (Paris) | Nadja Brykina Gallery (Zürich) | Galerie Camera Obscura (Paris)* | Cat-Berro Galerie (Paris) | Galerie Charlot (Paris)* | °Clair Galerie (Munich/Saint-Paul de Vence) | Galerie Da End (Paris) | Galerie Derouillon (Paris)* | Ditesheim & Maffei Fine Art (Neuchâtel)* | Galerie Dix9 (Paris)* | Dock Sud (Sète)* | Galerie Dukan (Paris) | Duplex 100m2 & L’Agence à Paris (Paris/Sarajevo) | Galerie Dutko (Paris)* | Galerie E.G.P (Paris/Londres)* | Galerie L’Eclaireur (Paris)* | Feizi Gallery (Bruxelles)* | Galerie Les Filles du Calvaire (Paris) | Flatland Gallery (Amsterdam) | Galerie Jean Fournier (Paris) | Galerie Claire Gastaud (Clermont-Ferrand) | Gimpel & Müller (Paris/Londres) | Galerie Bertrand Grimont (Paris)* | Muriel Guépin Gallery (New York)* | Galleria Heino (Helsinki) | Galerie Thessa Herold (Paris) | Galerie Ernst Hilger (Vienne) | Hua Gallery (Londres)* | Ifa Gallery (Bruxelles/Shanghai) | Ilan Engel Gallery (Paris) | In camera Galerie (Paris)* | Galerie Iragui (Moscou) | Island6 Arts Center (Hong Kong/Shanghai)* | Galerie Catherine Issert (Saint-Paul de Vence) | Galerie Pascal Janssens (Gand) | Jiali Gallery (Pékin)* | Galerie Jousse Entreprise (Paris)* | La Galerie Particulière (Paris) | Galerie La Ligne (Zürich) | Galerie Lahumière (Paris) | Galerie Alexis Lartigue (Paris/Neuilly) | Baudoin Lebon (Paris) | Galerie Arnaud Lefebvre (Paris)* | Galerie Claude Lemand (Paris) | Galerie Françoise Livinec (Paris)* | Galerie Loft (Paris)* | M97 Gallery (Shanghai)* | Kálmán Makláry Fine Arts (Budapest) | Galerie Maubert (Paris)* | Mario Mauroner Contemporary Art (Vienne/Salzbourg)* | Minimasterpiece (Paris) | Galerie Frédéric Moisan (Paris) | Galerie Agnès Monplaisir (Paris)* | Galerie Lélia Mordoch (Paris/Miami) | Pascaline Mulliez (Paris)* | Sarah Myerscough Gallery (Londres) | NameGallery (Saint-Pétersbourg)* | Galerie NeC nilsson et chiglien (Paris, Hong Kong)* | NK Gallery (Anvers) | Nuovo Gallery (Daegu)| Galerie Nathalie Obadia (Paris/Bruxelles) | ON/Gallery(Pékin)* | Oniris • Galerie Florent Paumelle (Rennes) | Galerie Paris - Beijing (Paris/Pékin/Bruxelles) | Priska Pasquer(Cologne) | Pechersky Gallery (Moscou) | Galerie Petits Papiers Sablon (Bruxelles)* | Galerie Photo 12 (Paris/Santa Monica)* | Pièce Unique (Paris)| Galerie Placido (Paris) | Galerie Catherine Putman (Paris) | Galerie Vanessa Quang (Paris) | Galerie Rabouan Moussion (Paris) | Red Bridge Gallery (Shanghai)* | Red Zone Galerie d’Arts Contemporains (Genève)* | Galerie Richard (Paris/New York) | J. P. Ritsch-Fisch Galerie (Strasbourg) | Michel Rooryck (Courtrai)* | Rue Française By Miss China (Paris) | Galerie Russkiy Mir (Paris)* | Salamatina Gallery (New York)* | Galerie Sator (Paris) | Mimmo Scognamiglio Artecontemporanea (Milan) | Galerie Scrawitch (Paris)* |Eduardo Secci Contemporary (Florence)* | Sèvres - Cité de la Céramique (Sèvres)* | Galerie Nicolas Silin (Paris)| André Simoens Gallery (Knokke) | Galerie Véronique Smagghe (Paris) |Galerie Caroline Smulders (Paris)* | Galerie Armel Soyer (Paris)* | Galerie Daniel Templon (Paris/Bruxelles) | Tifana Art Gallery (Riga)* | Galerie Toxic (Luxembourg)* | Galerie Patrice Trigano (Paris) | Galerie Tristan (Issy-les-Moulineaux) | Un-Spaced (Paris)* | Venice Projects (Venise) |Galerie Vidal Saint-Phalle (Paris)* | Galerie Vieille du Temple (Paris) | Studio Vigato (Milan)* | Galerie VU’ (Paris) | Galerie Olivier Waltman (Paris/Miami)* | Xin Dong Cheng Gallery(Pékin)* | Espace Meyer Zafra (Paris)* | Gallery Lilja Zakirova(Heusden) | Galerie Zürcher (Paris/New York)

Liste des galeries au 13 février 2014 | * nouveau participant

ART MODERNE + CONTEMPORAIN + DESIGN 10 Chancery Lane Gallery (Hong Kong) | 313 Art Project (Séoul) | A. Galerie


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Les Expositions Dans l’Intimité d’un Collectionneur

Claude Fain «L’art, c’est approcher l’essentiel» «J

’avais besoin de soigner.» Claude Fain s’engage dans une carrière médicale –docteur en chirurgie dentaire– et rompt avec une filiation de grands couturiers et d’industriels de la mode, même s’il garde de ses grands-parents, tailleurs juifs venus de Lituanie et de Pologne, le sens de la survie. Son père, qui avait créé le premier salon de prêt-à-porter de luxe dans les années1950, ramenait des œuvres à la maison, les contemporains de son époque, qu’il achetait dans les ateliers, Lanskoy, Poliakoff… La transmission paternelle se fait ainsi, par l’art. Il réunit dès1972 une première collection de peintres symbolistes ; une approche qui le construit, lui apprend à capter la charge vivante des signes liés à son histoire. Sa première œuvre contemporaine? Lors de sa première Foire de Bâle, en1985, sur le stand d’un tout jeune marchand, Thaddaeus Ropac. L’énergie phénoménale et l’aura symbolique des peintures de Jean-Michel Basquiat le renversent et le font basculer dans la passion de l’art contemporain. Il traverse alors l’Atlantique pour s’immerger dans la vitalité artistique de New York, à la rencontre d’artistes comme Warhol, Chamberlain, Mapplethorpe, Schnabel, Keith Haring, Bickerton… Même si, sur le moment, il passe à côté des premiers dessins publicitaires d’un jeune artiste, Jeff Koons, il se rattrapera un peu plus tard. Claude Fain rappelle que ces années-là «correspondent à la fin d’un âge d’or et au début de la spéculation dans l’art; on surenchérissait sur des artistes dont on ne parle plus aujourd’hui». L’argent ? «La matérialisation d’un échange. Dans l’histoire des civilisations, il est intéressant de voir les formes multiples de l’argent. L’acte d’achat se rapporte à la vie.» Collectionner ? Un champ d’ouverture qui participe à la construction de soi. «Quand je me reconnais dans une œuvre, j’ai besoin de l’acheter.» L’œuvre doit intéresser l’humanité, susciter une démarche philosophique, un engagement : l’art, c’est approcher l’essentiel en suivant une ligne d’épure. Son œil prospectif l’emmène naturellement, au fil des décennies, vers les jeunes générations d’artistes, Jonathan Meese, Philippe Decrauzat, Emmanuel Régent, Blair Thurman, Ulla von Brandenburg, Cyprien Gaillard, Blaise Drummond… Son dernier achat? Un inconnu, Brendan Lynch. Une œuvre en résonnance avec l’instabilité du monde qui met en jeu le passage de l’apparition à la disparition par le

recouvrement de feuilles d’aluminium réfléchissantes ; une parabole sur la transition générationnelle. Claude Fain est un passeur animé par le besoin d’être utile, aux manettes de projets en phase avec l’évolution du monde de l’art. Il fonde en2010 Happy Art Collectors, un club confidentiel de collectionneurs qui voyagent et parcourent ensemble les événements internationaux toujours accompagnés d’un spécialiste commissaire d’exposition ou conservateur de musée: «Ici, pas de mondanité, seuls l’échange et la sensibilité à l’art priment.» Il soutient de jeunes artistes sans galerie en mettant à leur disposition un espace lui appartenant au centre de Paris; il participe à l’éclosion d’un site d’e-commerce de luxe, Best Kept Secret in Paris, consacré au talent des artisans parisiens, et fait valoir le savoir-faire français à l’étranger ; il imagine, met en œuvre et orchestre pour 2014 la naissance d’un événement international, soutenu par la présidence de la République, le ministère de la Culture et la Ville de Paris, «mêlant les deux piliers de ma vie: l’art et la médecine»; un champ d’exploration de l’humain, une vision du futur. VIR G IN IE BERTR AN D & N INA R OD R IGUES- ELY Observatoire de l’art contemporain, plateforme de décryptage www.observatoire-art-contemporain.com

Dental surgeon Claude Fainlearned to love art with his father on visits to artist friends such as André Lanskoy and Serge Poliakoff. Claude began collecting in early 1970s, but his eureka moment came in 1985 when he saw his first Jean-Michel Basquiat. He immediately began buying contemporary art and spending time in New York with Robert Mapplethorpe, Julian Schnabel, and Keith Haring. Over the years his collection has grown to include artists including Jonathan Meese, Ulla von Brandenburg and Cyprian Gaillard. His art philosophy is simple: “When I identify with a work, I need to buy it.” To help other collectors he set up the Happy Art Collectors club, and has helped luxury e-commerce site Best Kept Secret in Paris. He is currently working on an event that will bring together “the two pillars of my life: art and medicine.”


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Portrait : Philippe Sebirot

«Quand je me reconnais dans une œuvre, j’ai besoin de l’acheter.»

Thomas Hirschhorn, «Nouvelle série», collage, 1995 ; Nan Goldin, «David by the Pool at the Back Room», 1976 ; Blaise Drummond, «Catalina», 2007 ; Bruno Peinado, «Intarsio We Trust», 2000 ©Philippe Sebirot. PA LACE COST ES FEVRIER / MARS 2 014

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Nos Bonnes Adresses

Lockwood D

ernier spot branché du sentier, le Lockwood, c’est un lieu «trois en un» qui déploie sur deux étages et encore plus d’ambiances un coffee-shop bien léché, un comptoir aperitivo et un espace cocktails. Aux commandes, les frères Lehoux (Olivier, du Silencio, Thomas, ex-Ten Belles et Brûlerie de Belleville, et Christophe, tout droit venu d’Australie), qui partagent un goût prononcé pour la culture barista et n’ont pas manqué d’audace pour créer cet ovni underground et décalé. Spot idéal pour déguster expressos, pâtisseries et lunchs originaux, leLockwood se mue dès 19h et jusqu’à 2h du matin en bar à cocktails feutré et intimiste. Mention spéciale pour la salle du bas en pierres et voûtes qui vibrent au son du blues et du rock’n’roll et qui envoie un «Mary used to smoke», variante du Bloody Mary au whisky fumé: absolument renversant... LOCKWOOD. 73 rue d’Aboukir, ParisIIe. 01 77 32 97 21. The latest hip spot in the Sentier neighborhood, Lockwood is a coffee shop during the daytime, and an intimate cocktail bar at night.


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Alexandre Jonas/Elodie Rambaud et David Japy

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Marlette

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a marque de pâtisserie maison qui enchante les gourmands avec ses recettes simples et savoureuses et ses préparations en kit bio vient d’inaugurer sa première boutique. Murs de pierres, tables en bois, sol brut, cuisine ouverte et espace café, voilà pour le décor. A la carte, fondant au chocolat, banana bread, cookies chocolat-sésame et autres recettesMarlette. Mais aussi : œufs à la coque ou œufs cocotte pour des petits déjeuners fermiers, salades

Café Pouchkine

©Conserverie la belle-iloise

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usqu’ici installé au rez-de-chaussée du grand magasin Printemps, le célèbre salon de thé moscoviteCafé Pouchkine a ouvert sa première boutique tout près de la place des Vosges. L’écrin parfait pour les desserts fastueux imaginés par le chefDamien Piscioneri. Des gâteaux très beaux à regarder qui feront sensation pour vos grandes occasions. Laissez-vous tenter par laRose Pouchkine (biscuit pistache et sa compotée de fruits de la datcha), leNapoléon (charlotte sophistiquée parfumée à l’orange) ou encore la tarte caramel parfumée au sgouchonka (configure de lait russe). C’est très original… mais parfois un peu surprenant. CAFÉ POUCHKINE. 2 rue des FrancsBourgeois, Paris IIIe. 01 42 72 97 05. This second Parisian outpost of celebrated Moscow tearoom is full of delicate pâtisseries – pistachio biscuits, orange charlotte, caramel tarts – that are both original and sometimes a little bit surprising.

gourmandes ou veloutés du potager au déjeuner, et rillettes du terroir et vin bio pour les flâneurs de fin de journée. En plus, tous les produits sont bio et, petit plus, les cafés viennent de chez Coutume Café. MARLETTE. 51 rue des Martyrs, ParisIXe. 01 48 74 89 73. Known for its organic home-baking kits, Marlette now has its first café: cakes and biscuits all day; eggs for breakfast; salads and soups for lunch; and rillettes and wine for the evening.

La Belle-Iloise

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remière boutique parisienne pour la célèbre conserverie de Quiberon qui a pris ses quartiers rive gauche. Dans sa jolie boutique,La BelleIloise offre aux amateurs du genre sa gamme de conserves de poissons travaillés à la main dans la tradition bretonne. A nous la pêche miraculeuse: sardines, rillettes de maquereau, émiettés de thon, bisque de homard… mais aussi des assaisonnés à la tomate ou au citron, des relevés au poivre vert, des marinés au muscadet… et quelques millésimés qui se gardent des années. Un grand bol d’iode gourmand. LA BELLE-ILOISE. 7 rue de l’Ancienne-Comédie, Paris VIe. 01 43 26 17 73 The first Parisian store for this Breton institution carries its full range of canned fish and soups in their beautifully designed packaging.

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Nos Bonnes Adresses

Soya

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Mohamed Khalil

ette cantine bio «fusion» apporte une touche de joie et de bonne humeur à la cuisine veggie. Le lieu : un ancien atelier revu façon loft avec verrières, tables d’hôtes en bois et sol en dalles de béton. Au menu : une cuisine végétarienne à 90 %, principalement sans gluten, le tout élaboré à partir de produits labellisés bio. La carte, d’humeur méditerranéenne, déroule chaque jour mezzés, lasagnes, tartes salées, salades, soupes et une pléiade de desserts savoureux, comme le crumble aux fruits de saison servi tiède (extra). Le week-end, on s’y bouscule pour le brunch copieux et à volonté, arrosé de jus de fruits pressés minute. SOYA. 20 rue de la Pierre-Levée, Paris XIe. 01 48 06 33 02. This new, nearly vegetarian, organic restaurant has a great selection of meze, lasagna, savory tarts, salads, soups and desserts. Weekend brunch is always busy.

Des Gâteaux et du Pain on loin de la Pâtisserie des Rêves, chez Chapon ou encore Angelina, c’est dans la rue du Bac que Claire Damonet David Grangeront choisi d’ouvrir leur deuxième pâtisserie-boulangerie. Cet hiver, Claire Damon met à l’honneur les agrumes et a imaginé des gâteaux élégants délicieusement colorés. Entre la tarte Absolu orange ou sa version manguevanille, le saint-honoré mangue et épices douces, le cheese-cake pamplemousse et le Lipstick ananas citron vert (gâteau signature), difficile de choisir! On a tout goûté et, on peut le dire, c’est succulent, inventif et extrêmement réconfortant. Côté boulangerie, on adore le pain perdu et les délicieuses viennoiseries, en particulier les minikouglofs individuels. Coup de cœur absolu! DES GÂTEAUX ET DU PAIN.89 rue du Bac, ParisVIIe. 01 45 48 30 74. Claire Damon and David Granger’s second pâtisserieboulangerie just opened on Rue de Bac. Strenuous in-depth testing has revealed that all the cakes are delicious and inventive, while the bread tastes like bread should.

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Laurent Fau

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Nos Bonnes Adresses

Dessance

ousculer les codes de la restauration chez Philippe Baranes, c’est un art de faire. Déjà aux commandes du Braisenville, il frappe fort en ce début d’année avec l’ouverture du «premier bar à desserts gastronomique de Paris». Niché dans un hôtel particulier du Marais, on entre chez Dessance comme dans un cocon. Une enveloppe en bois s’étire du sol au plafond, reliant la salle à la mezzanine. En guest, l’imposante cuisine-comptoir où le chef pâtissierChristophe Boucher (ex-Ledoyen et Grand Véfour) crée et dresse minute des desserts qui envoient valser tous nos apriori. Mariages innovants, architectures minutieuses, harmonies des goûts, ces éphémères chefs-d’œuvre sont bien plus que des desserts, ils offrent une nouvelle expérience gustative du sucré. Alléluia! DESSANCE. 74 rue des Archives, ParisIIIe. 01 42 77 23 62. Philippe Baranes’ latest concept is the “first gastronomic dessert bar in Paris.” Head pâtissier Christophe Boucher creates miniature chef d’oeuvres of sweetness in the cocoon-like space.

Eric Deniset

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Yves-Marie Le Bourdonnec

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ournisseur d’établissements de qualité (le Beef club, chez Blend… c’est lui),Yves-Marie Le Bourdonnec, spécialiste de la maturation autrefois sacré meilleur boucher de Paris, a ouvert tour à tour deux nouvelles boutiques dans les quartiers de Montmartre et Saint-Germain. A la tête de la boucherie «précieuse» de la rue du Cherche-Midi,Paul de Monteynardet Yann Le Bourdonnec, qui le seconde, vous réservent un accueil de qualité, vous conseillent et préparent la viande avec passion ! Et pour une belle pièce de bœuf Wagyu ou une des préparations maison (selle d’agneau au pesto, gigot d’agneau au lait des Pyrénées…), cela vaut vraiment le déplacement ! YM LE BOURDONNEC.43 rue du Cherche-Midi, ParisVIe. 01 42 22 35 52. Butcher Yves-Marie Le Bourdonnecsupplies some of Paris’ top restaurants and now, thanks to this two new stores, he can supply you with top-quality meat prepared and matured with passion and precision.


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Nos Bonnes Adresses

Maison Alexandre Paris

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oux tons de gris, blanc et noir avec tapisserie baroque et carrelage d’inspiration mauresque, le tout habillé d’un mobilier aux lignes contemporaines, cette boulangerie-pâtisserie a joué la carte design. Les petits gâteaux colorés de la maison rivalisent eux aussi de créativité : le Merveilleux citron, le Millefeuille praliné chocolat, l’Eclair caramel beurre saléet le fameux Saint Framboise, signature de la maison, à base de sablé breton, avec sabayon chocolat blanc vanille, compotée de framboise et copeaux de noix de coco. Le dimanche, c’est brunch de10h à17h.

MAISON ALEXANDRE PARIS.34 avenue de Versailles, Paris XVIe. 01 42 88 59 13. This pâtisserie-boulangerie is not only stylish – muted colors and baroque tapestries – it also makes delicious cakes, such as its signature Saint Framboise, a shortbready marvel of chocolate and vanilla sabayon with raspberries and coconut.

Buvette

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errière ce nom bien français qui respire le petit troquet de quartier se cache une enseigne directement importée de la Big Apple que l’on doit à la New-YorkaiseJody Williams. Un p’tit air de Greenwich Village que l’on retrouve dans la déco habillée de pierres et de briques grattées aux murs, de tables en bois et d’un large comptoir en marbre. La carte déroule les mêmes recettes qu’à New York, mais si vous cherchez des burgers, passez votre chemin ! A l’heure du p’tit déj, scones, roulés à la cannelle, croissants façon bretzels, œufs brouillés au saumon. Et, du lunch au dîner, une pléiade de petits plats coquets mitonnés avec soin comme la brandade de morue en verrine et des tartinettes créatives. Ajoutez à cela des croques (monsieur ou madame) divins et des desserts à tomber, comme la mousse au chocolat à la crème fouettée, et vous ne serez pas surpris du sous-titre –«gastrothèque»– arboré par la maison. BUVETTE. 28 rue Henry-Monnier, ParisIXe. 01 44 63 41 71. The name may sound French, butBuvette is actually from Greenwich Village. New York star Jody Williams has kept the same menu for her new Parisian version: scones and croissants for breakfast, with tasting plates andcroques monsieur and madame for lunch and dinner. Plus great desserts. PA LACE COST ES FEVRIER / MARS 2 014

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Juice It

e New York à Los Angeles, les itgirls ne jurent plus que par les «juice cleanses». Les Parisiennes peuvent se réjouir, le concept vient de s’installer à Paris. Amené par deux jeunes Français ayant vécu aux USA, Charlotte Rouah, à l’origine des recettes, et Rashid Rivani, architecte designer, qui a signé le concept et l’identité visuelle de cette première adresse, Juice It nous désaltère et nous détoxifie à coups de grands shots de vitamines. Le principe ? Des fruits et légumes pressés à froid selon un mode d’extraction innovant : le système hydraulique qui préserve l’aliment de l’oxydation et conserve toutes ses vitamines. A boire tout au long de la journée, à la place de son soda quotidien ou en cure comme un repas pour redonner un grand coup de fouet à l’organisme et arborer un teint de pêche. Healthy easy. JUICE IT. 8 rue de la Vrillière, ParisIer.01 73 71 27 31.

Balls

près New York et Londres, la folie des boulettes débarque à Paris! Balls, c’est le premier vrai «meatball bar», que l’on doit àSalomée et Jérémie, reconvertis par passion dans la boulette. Ce petit plaisir régressif, ils l’ont revu à la sauce branchée dans ce spot convivial et décontracté lové au cœur de l’Est parisien. Au

programme : cinq boulettes, dont une végétarienne, et autant de sauces et accompagnements à mixer selon les envies. Une «good food» extra-fraîche et parfaitement relevée. Attention, addictif ! BALLS. 47 rue Saint-Maur, ParisXIe. 09 51 38 74 89. After New York and London, Paris finally has someBalls: five types of meatball (including one vegetarian) with sauces and sides to mix and match.

Vincent Desailly

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At Juice It fruit and veg are smushed using an innovative method that prevents oxidation and keeps all the vitamins. The vision of two young French women who lived in the US, it’s healthy made easy.

Georges Maubert

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Service Palace

nn e Ca rpe nti er Le s con sei ls trè s pa ris ien s d’A que l’auteur de laRecherche portait sur sa veste, à composer les camaïeux de fleurs qui garniront les corbeilles des es fleurs sont les indispensables instruments de nos rédactrices de mode ou des premières dames de France… Dans leur riche carnet d’adresses, elles connaissent les conduites comportementales : se déclarer (tulipe), aimer timidement (bleuet), puis follement (œillet), repro- goûts et les caprices de tous. C’est bien simple:tout est sur cher (renoncules), rompre (anthémis), se souvenir (myo- mesure. Sublimer les mariées par leur bouquet, confectionné «à l’ancienne», est la spécialité sacrée de la maison. sotis)… Il est commun de dire qu’elles ont leur langage, Chaque tige est recoupée, remontée, humidifiée. Du – mais il est certain que chacun a ses préférences et ses faussement– simple bouquet, comme un total muguet propres codes. Depuis des siècles, leur pouvoir reste intact, qu’elles trônent au salon ou qu’on vous les jette à la (plus de 300brins !), au plus sophistiqué, comme celui de la belle-fille de la grande duchesse du Luxembourg, ou figure. Pour les mettre en scène, voici la «fine fleur» des garni de perles, comme l’affectionnent les princesses fleuristes de la capitale. Le top fleuriste de Paris a d’abord été diplômé d’horticul- arabes, chaque composition réclame un travail de haute ture. C’est probablement pour cela que les branchages prennent autant d’importance dans les mises en scène deStéphane Chapelle (29 rue de Richelieu, Paris Ier). Il joue de la légèreté des feuillages de bouleau ou de la brillance de celles de magnolia, s’enflamme pour des branches de chatons de 3mètres de haut… Chez lui, on ne parle pas de bouquets. De brassées, oui. Brassées de tulipes, de narcisses, d’anémones, de renoncules, de lilas, autant de fleurs dites «de jardin» dont Stéphane Chapelle s’est fait la spécialité. Particulièrement les fleurs à trois pétales, si subtiles, si fragiles qu’on se retourne sur elles avec émotion… Dani a fait des boums et des bangs dans le monde de la rose. «Au nom de la rose», c’est elle. Aujourd’hui, comme tous les jours depuis quatre ans, la chanteuse se passionne pour sa boutique, Dani Roses(clin d’œil au film de WoodyBroadway Danny Rose), précieux écrin du faubourg SaintHonoré (n° 173, Paris VIIIe). Ici, ce ne sont pas les projecteurs qui l’éclairent, mais ses roses. Elle reste émerveillée par la délicatesse de cette fleur immuable, s’émeut d’un camaïeu de blancs un jour, du velours d’un pétale le lendemain. La petite grande dame est sur le terrain, épine chaque rose chaque matin, les coupe «souriantes», compose ses bouquets entre les roses boutons et celles qui «s’évanouissent». Une belle leçon de poésie que d’aller se faire composer un bouquet de roses par Dani… Et comment ne pas mentionnerLachaume (103 rue du Faubourg-Saint-Honoré, Paris VIIIe), «maître fleuriste depuis le XIX e siècle» avec «l’excellence pour devise»?! La grand-mère à la boutonnière d’orchidée veille sur ses deux petites-filles, unies pour la beauté éphémère. Stéphanie et Caroline s’activent chaque jour à ravir les amoureux transis par leur fameuse rose de 1 mètre, à satisfaire les amateurs de Proust qui viennent chercher leur madeleine: la cattleya,

Le top5 des fleuristes

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couture. Chez Lachaume, les apprentis fleuristes sont priés d’oublier leur formation et réapprennent l’intégralité de leur métier avec la méthode de la maison. Chez Moulié (8 place du Palais-Bourbon, ParisVIIe)aussi on fleurit le Tout-Paris depuis des lustres. Les femmes des députés, proximité oblige, les services de presse des maisons de couture, les salons de l’Opéra le jour du «changement d’année» et «M.et Mme Tout-leMonde» apprécient la sélection de fleurs provenant des petits producteurs locaux. Et s’éblouissent de la richesse des plantesextérieures, comme cet olivier âgé de quatre siècles! Jeff Leatham est le fleuriste grand luxe. Sa vitrine est le Four Seasons GeorgeV (31 avenue George-V, ParisVIIIe). Son terrain de jeu: les sublimes salons du palace et les chambres des nababs qu’il garnit chaque semaine de près de 2 000 tiges, à grand renfort d’arums et d’orchidées présentés le plus souvent plongés dans d’immenses vases. Un de ses secrets? L’eau de Perrier, dont les bulles accrochent la lumière des fleurs. Ah ! qu’il est grand le plaisir d’offrir des fleurs, de s’ouvrir à l’autre, de cueillir et recueillir sentiments et émotions ! On y revient toujours et, quoi qu’on en dise, le succès double est toujours assuré tant auprès de celle qui les reçoit que de celui qui les offre. Top Five Florists

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rise la coiffe ou se porte en couronne. Regardez cette marguerite en mousseline de soie dont chaque étamine a été façonnée et assemblée à la main. Ou cette délicate couronne de dizaines de fleurs de jasmin tressées, sublime accessoire qui fleure bon le romantisme printanier. Emilio Robba (29-33 galerie Vivienne, Paris IIe) a la réputation d’un sculpteur de fleurs, voire d’un magicien. Il joue sur l’enchantement et s’amuse du regard trompé. Ses créations s’appellent Fleurs d’illusion : il faut «voir la transparence soyeuse de leurs pétales, les veines de leurs feuillages gonflées d’une sève imaginaire ou le velours de leurs bourgeons printaniers», dit-il. Les compositions florales traversent les jours sans faner. Elles ne craignent qu’une chose: la poussière! The best artificial flowers

For those who like their flowers to last, visit Maison Guillet, “creator of artistic flowers since 1896”; its handmade silk flowers make perfectly romantic accessories. Emilio Robba (29-33 Galerie Vivienne, 75002 Paris) is known as a “flower sculptor” and calls his creations “Flowers of Illusion.”

Où s’initier à l’art de la composition florale?

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tre l’artiste d’un moment, composer un bouquet comme le peintre sa palette, et pour tous, y compris pour ceux qui ont une sensibilité à fleur de peau, être l’ardoesn’t make bouquets, but beautiful “armfuls of garden tiste d’un moment… C’est possible chezMarie Marianne flowers.” At Dani Roses (173 Rue du Faubourg Saint(6 rue du Général-Bertrand, ParisVIIe), mais seuls les enfants (à Honoré, 75008 Paris), Dani de-thorns each rose every morning and composes bouquets perfectly balanced partir de 7ans) peuvent savourer cette adresse. Les autres between blooms and buds. Lachaume (103 rue du jouiront du décor, atelier-cabinet de curiosités où il fait Faubourg-Saint-Honoré, 75008 Paris) has been around bon laisser flâner son regard. Car les deux comparses, since 1845. Marcel Proust used to come in every day for his Marie et Marianne, ont beaucoup de goût. Un univers personalized boutonnière and everything is still made to naturel, poudré, malin qu’elles appliquent à leurs ateliers. measure with sophistication. At Moulié (8 Place du Palais- Jamais de bouquet classique, et chaque semaine un nouBourbon, 75007 Paris), you’ll appreciate flowers from small veau thème : «paysage de lande irlandaise» ou de «maquis local producers. Jeff Leatham’s playground is the Four corse», «masque de pétales», «tulipe dans son herbe», Seasons George V (31 Avenue Georges V, 75008 Paris) The «couronne de fin d’été» ou encore l’atelier de «papiliona2,000 flowers he uses a week are watered only with Perrier. cées» à base de petits pois, pois de senteur, haricots verts… Les enfants sont ravis, les parents comblés. Si vous désirez changer du bouquet traditionnel, sachez Où trouver de jolies fleurs artificielles? aussi qu’à Paris on trouve aussi un expert desMauvaises our ceux qui ne peuvent se résoudre à ce que les Graines (25 rue Custine , ParisXVIIIe) et une artiste fleuriste fleurs, comme le dit le poète, «ne durent que l’espace d’un moment», le recours aux fleurs artificielles –de qui joue de la lingerie fleurie,Une Fleur en Liberté (26 rue goût– existe. Il s’agit toujours d’une démarche décorative. Saint-Sauveur, Paris IIe). Si vous ne trouvez pas votre bonLes décors sont immuables et les sentiments fragiles. Pour heur dans ces adresses, c’est le bouquet! ce faire, l’excellence est requise, la perfection créant la The best place to learn flower confusion entre réel et irréel est nécessaire, sinon cela vire arranging au pastiche. Et pour s’enticher de créations florales artifi- At Marie Marianne (6 Rue du Général-Bertrand, 75007 cielles, il faut trouver de rares spécialistes. Paris), children aged seven and up can learn about La Maison Guillet (www.guillet-fleurs.fr), «créateur de arranging. Otherwise, try Mauvaises Graines (25 Rue fleurs d’art à Paris depuis1896», fait désormais partie de Custine, 75018 Paris) or Une Fleur en Liberté (26 Rue Lemarié et des sept maisons «métiers d’art» appartenant à Saint-Sauveur, 75002 Paris). Chanel. Sept maisons comme autant de merveilles de A N N E C A R P E N T I E R est la fondatrice de mode. C’est là même où l’on confectionne le fameux Mon Chasseur d’Adresses.com, le service sur-mesure camélia, selon une technique ancestrale. La fleur accessoi- pour adresses d’exception à Paris.

Stéphane Chapelle (29 Rue de Richelieu, 75001 Paris)

©Svetlana Fedoseeva, Smolyar Zhanna

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Benefit

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Le Roi de la Capote

a marque de maquillage américaine née en1976 à San Francisco a pris ses quartiers à quelques pas des Halles. Dans un décor de bonbonnière aux tons poudrés, cette première boutique parisienne propose aux French girls ses services beauté dont les Américaines raffolent. On y retrouve le fameux bar à sourcils qui a fait la réputation de Benefit ainsi qu’une offre de services ultra girly, comme l’épilation visage et corps, la pose de faux cils, le maquillage flash et même une cabine de douche auto-bronzante pour le visage et le corps. Le plus: des «apéros beauté», entendez des leçons de maquillage entre copines. BENEFIT. 56 rue Tiquetonne, ParisIIe. 01 40 13 72 12. The San Francisco-based cosmetics brand has just opened its first Parisian boutique featuring the celebrated Brow Bar, as well as the Airbrush Tan for a “customized gorgeous glow.”

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l fallait y penser,Marc Pointel l’a fait. La première boutique consacrée aux préservatifs a ouvert ses portes à Paris fin 2013. Après huit ans de succès sur Internet,Le Roi de la Capotes’offre une vitrine pour combler les attentes des clients souhaitant des conseils en direct. Et, d’après son créateur, les questions foisonnent, car la culture préservatif en France est proche de l’ignorance. En offrant ici une large gamme de préservatifs aux innovations bluffantes, comme les préservatifs «retardant» pour faire durer le plaisir, les préservatifs en polyisoprène pour les allergiques au latex, un modèle spécial adolescents ou encore pour les hommes circoncis… ce shop offre à une clientèle masculine curieuse et décomplexée l’occasion d’un shopping plaisir. LE ROI DE LA CAPOTE. 106 boulevard Richard-Lenoir, ParisXIe. 01 42 38 60 40. After eight years online this condom store has gone bricks and mortar. With a huge range, there’s a rubber for all occasions and to suit all types of male equipment.

Café Kitsuné ’est sous les arcades du Palais-Royal que le duo super stylé de Kitsuné a ouvert son mini coffeeshop, avec vue, donc, sur le plus joli jardin de Paris. Au comptoir, on se prend un vrai bon petit café ou un jus super frais pressé à froid Bob’s Juice, accompagné d’un petit carrot cake from NoGlu (l’épicerie voisine gluten free). Et on sympathise, pourquoi pas, avec le barista beaucoup trop sympa! CAFÉ KITSUNÉ. 51 galerie de Montpensier, ParisIer. 01 40 15 62 31. über-cool fashion and music label Kitsuné has opened a coffee shop in the arcades of the Palais Royal. Inside you’ll find great coffee, fresh juice and gluten-free cakes. PA LACE COST ES FEVRIER / MARS 2 014

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Karl Hab

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Nos Bonnes Adresses

Samuel Rocher

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Maxime Antonin

Didier Adam

nspiré de l’hôtellerie de luxe, ce salon joue la carte d’un confort et d’un service haut de gamme et nous fait cet immense cadeau : retrouver le plaisir d’un moment chez le coiffeur. Il faut dire qu’ici on est loin des normes standard : 850 m2 d’espace divisé en salons privés et boudoirs intimes, avec un coin lecture Taschen, un institut de beauté, un espace réservé aux hommes au rez-de-chaussée et même une cuisine avec un chef qui mitonne chaque jour des petits plats à déguster entre deux soins. De son regard attentif et inspiré, Samuel Rocher, le maître des lieux qui a fait ses armes auprès des plus grands noms de la haute coiffure parisienne et de la mode, défend l’idée d’une harmonie globale qui met en accord une coupe, un visage et une silhouette. La magie opère et on en ressort avec ce sentiment galvanisant d’être soi, en mieux. SAMUEL ROCHER. 24-28 avenue d’Iéna, ParisXVIe. 01 84 86 05 70. More than an ordinary hair salon,Samuel Rocher’s space is 850m2 of private salons and boudoirs, with a Taschen reading corner, a beauty spa, a men’s space, and a kitchen so you can eat between treatments.

Le Don K

Papier Tigre

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enouez avec les joies de l’écriture et précipitezvous chez Papier Tigre. La jolie marque parisienne de papeterie moderne qu’on adore a désormais sa boutique dans le Haut Marais. On est accros aux jolis carnets au design soigné (à collectionner!) et aux cartes postales vraiment trop stylées. On aime aussi beaucoup les objets de décoration tout en papier recyclé. Et, pour la saison, Papier Tigre invite Macon et Lesquoy, dont on retrouve (pour la première fois) l’intégralité des bijoux rustines trop mignons. PAPIER TIGRE. 5 rue des Filles-du-Calvaire, ParisIIIe. 01 48 04 00 21. Modern stationery with lovely designs for stylish notebooks, beautiful postcards, and paper-based decorations. The new store also features the complete range of Macon & Lesquoy’s pretty patches.

S

itué au premier étage des Saint-Pères, leDon K, c’est le nouveau repaire des noctambules branchés. Ce lieu ouvert depuis1953 connaît une véritable renaissance à travers une nouvelle programmation décalée et orientée sur un style électro-pop-indie que l’on doit aux nouveaux propriétaires Guillaume de Boiset Jordan LorgeronStempfer. Ambition affichée: faire revivre l’esprit des glorieuses années de ce club mythique qui a vu défiler les plus grands noms de la scène française et internationale, d’Orson Welles à Serge Gainsbourg. Pari réussi pour ce cirque néo-baroque qui réinvente l’atmosphère des salons de nuit, entre shows burlesques et musique selector. LE DON K.10 rue des Saint-Pères, ParisVIIe. Tous les vendredis et samedis de 1h à 5h. 01 42 60 51 47. Hidden away on the first floor of the once-legendary Club des Saint-Pères – founded in 1953 and recently brought back to life by Guillaume de Bois and Jordan Lorgeron-Stempfer – Le Don K is a unique space featuring burlesque dancers and neo-baroque decoration. PA LACE COST ES FEVRIER / MARS 2 014

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Olivier Degorce

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Yuman

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n restaurant éclairé: qu’y a-t-il derrière cette appellation ? Un homme, Gilles Tessier, qui a donné vie à un projet qui a du sens:«Yuman, c’est une part de réponse aux enjeux actuels, une occasion donnée aux Parisiens de transformer la nourriture en un acte de bienveillance pour soi et autrui.» Le ton est donné. Belle verrière en guise de devanture, cuisine aux allures de loft, mobilier design, tables en bois et, dans les assiettes, que du bio, du frais, des produits français, voire du local cultivé à moins de 100kilomètres de Paris. Chez Yuman, la carte se déguste sur place ou à emporter et change chaque jour. Et se décline en quatre thèmes: végétal avec soupes, salades, légumes, pâtes ou risottos, produits du terroir ou sandwich raffiné et un plat sans gluten ni laitage. YUMAN. 70 rue du Chevaleret, ParisXIIIe. 01 73 74 44 79. At Yuman, all the produce is organic, fresh, French, and sourced as much as possible from producers less than 100kms from Paris. The menu is available to eat in or take out, and changes every day.

L’Amoncel, épicerie fine

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n spot à fruits secs? C’est l’idée de cette jolie boutique tout de briques vêtue qui déploie dans ses casiers transparents une grande variété de petites merveilles séchées venues des quatre coins de la planète. Des amandes grillées sur place aux baies de goji, en passant par les noix de pécan, wasabi rouge, raisin jumbo…L’Amoncel nous offre un voyage des sens à travers un monde de saveurs inexplorées. Le plus: chaque produit a sa petite fiche informative sur les bénéfices nutritionnels (vitamines, oligoéléments…) tandis que la maîtresse des lieux partage ses astuces pour les utiliser au mieux. Coup de cœur pour les coco cubes moelleux, furieusement addictifs! L’AMONCEL. 1 rue Etienne-Marcel, ParisIer. 01 40 13 06 52. Dried fruit and nuts from the four corners of the world are prettily displayed in transparent containers, each one featuring an info card about the product’s nutritional benefits. We love the addictive soft coconut cubes.

Rubrique «Nos Bonnes Adresses» réalisée par L U C I E G O U Z E & S A N D R A S E R PE R O PA LACE COST ES FEVRIER / MARS 2 014

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L’œil de Montaigne Market

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our cette rentrée2014, la pièce phare est la marinière Marc Jacobs. Réinterprétée par le créateur, elle est en lapin et déclinée en plusieurs longueurs et couleurs. On est fan! Incarnation de la féminité,Victoria Beckham sublime les courbes de la femme avec sa ligne de robes, plus belles les unes que les autres. On aime la longue robe noire en crêpe de soie et laine. Toujours à la pointe,Gianvito Rossi revisite les escarpins et nous redonne goût aux bouts pointus avec ses escarpins à paillettes en PVC et cuir doré. Cette saison, le camouflage s’invite chez Valentino dans sa version flashy: orange fluo, rose fluo, vert fluo et jaune fluo. On ne passera pas inaperçue sur la plage été ! Star reconnue made inUS, Rag & Bone s’installe chez Montaigne Market et envahit notre dressing estival! Un must have cette saison : le jean skinny bleu délavé à effet usé. Yvonne Léon nous propose une nouvelle façon de féminiser nos oreilles : le dessous d’oreilles devient «le» nouvel accessoire incontournable en or blanc et diamants! Et pour parfaire le tout, on opte pour le sac du jour d’Yves Saint Laurent, qui s’impose dès à présent comme un classique. Chez Montaigne Market, on plébiscite le bicolore noir et blanc.L I L I A N E J O S S U A Montaigne Market. 57avenue Montaigne, ParisVIIIe. 01 42 56 58 58. www.montaignemarket.com

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Musique & Night

Jennifer Cardini D

epuis son adolescence et sa découverte de la techno, des raves et de la culture club,Jennifer Cardini n’a cessé d’en répandre la bonne parole autour du monde, s’imposant tranquillement, avec le style et la liberté de parole qui sont les siens, comme une des meilleures DJ au monde. Certains n’hésitant pas à la présenter comme une «Laurent Garnier au féminin», ce qui, connaissant l’âme féministe de la principale intéressée, ne doit pas vraiment lui faire plaisir… Des grandes années du très agité Pulp au Rex, le temple de la techno parisienne, en passant par le label allemand Kompaktet des compilations comme Lust, qui restent dans l’inconscient des clubbers, Cardini a imposé tranquillement au fil des années sa patte, celle d’une électro racée et mélancolique, sexy et sensuelle, qui donne envie d’aller tâter de la température sur le dancefloor. Tout en préparant la prochaine compilation de son label Correspondant, tout en faisant tourner sa soirée du même nom de Paris à Amsterdam en passant par Berlin, Jennifer a trouvé le temps de s’enfermer en studio avec celui qu’elle nomme l’homme de sa vie et accessoire-

ment le meilleur producteur au monde: David Shaw. Ensemble, ils viennent de rendre un hommage tout en finesse au documentaire culte sur le voguing,Paris Is Burning, avec Pepper LaBeija, un trois-titres du nom d’une des icônes de cette danse des minorités. Une bombe ultra-sexy à destination des dancefloors et un parfait petit résumé de la personnalité de notre Cardini nationale. PAT R I C K T H ÉV E N I N

Au Rex,le 26 avril pour la Correspondant Compilation II Tour. Photographie Flavien Prioreau

Jennifer Cardini has long been the queen of elegant, melancholic, sexy and sensual electro, whether during her years at the Rex, on German label Kompakt or on her legendary mixes like Lust. During the preparation of a new mixtape for her label Correspondant, she locked herself away in a studio with her man (and the world’s best producer) David Shaw to produce three tracks that pay homage to Pepper Labeija, one of the stars of cult film Paris Is Burning.

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Musique & Night

Metronomy

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rois ans que The English Riviera–album électro-pop ciselé un pied dans l’eau, l’autre dans les nuages– hante notre iPod. Trois ans qu’on attend enfin une suite à cette douceur qui fond dans les oreilles mais pas dans la main. Chose promise: le groupe anglais, emmené par le timideJoseph Mount, sera de retour en mars, avecLove Letters, plus dépouillé et intime, rempli de réminiscences sixties discrètes. Une collection de love songs livrée avec palmier, soleil et piscine à débordement, où la voix de Joseph file la chair de poule jusqu’à des profondeurs insoupçonnées. Le concert s’annonce comme l’événement de ce printemps, donc n’attendez pas pour réserver vos places. Ou ne venez pas pleurer ensuite.Au Zénith,le 28 avril. Three years after The English Riviera,Metronomy return with Love Letters. A more stripped back and intimate affair, this collection of love songs features discreet 1960s references andJoseph Mount’s goosebumps-inducing voice.

Exotica

Mathieu Missiaen

n a découvert, tout émoustillés, ce duo sensible avec Désorbitée, un mini-album sexymouillé, un pied dans les années 1980 façon Elli et Jacno, l’autre dans l’électro contemporaine conçue pour faire danser et la tête dans le romantisme de la Nouvelle Vague. AvecLa Vierge et le Lion (chez Arista) , Clara Cometti(ex-Koko Von Napoo) et Julien Galner (de Chateau Marmont) ont décidé de passer aux choses sérieuses avec dix chansons sucrées-salées, français-anglais, sexy-mélancoliques, où les susurrements de Clara sont la promesse d’un avenir meilleur. A la Maroquinerie,Toutes les dates sur facebook.com/Ex0ticaEx0tica Exotica’s Désorbitée was a sexy mini-album of 1980s pop and contemporary electro made for dancers and romantics. Now the duo has released La vierge et le lion, 10 sweet and sour songs in French and English.

Alexander Koch

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Katapult

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près avoir assuré une saison à la programmation musclée l’été dernier,Alex & Laetitia, le duo du label Karat, sont de retour pour leur résidence sur la péniche River’s King. Et ça démarre très fort avec l’éblouissanteSonja Moonear et Ark, ainsi qu’un «secret guest» qui devrait compléter à merveille ce plateau jubilatoire. Le printemps s’annonce bien! A la péniche River’s King,le 14 mars. After their successful season last season,Alex & Laetitia from label Karat are back with a new residency. The first one featuresSonja Moonear, Ark and a “secret guest.”


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Jed De Moss

Musique & Night

Darkside

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Haïku

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n passe de devenir incontournables, les soirées Haïku, orchestrées par Nadir Sayah et Adrien Messié, enchaînent les line-up pour le moins enthousiasmants. On les remercie encore d’avoir invitéThe Martinez Brothers en février et la prochaine édition promet d’être fantastique. Le producteur lituanienTen Walls, dont le dément EP Gotham (sorti sur Innervisions) tourne encore en boucle dans nos oreilles, se produira en live aux côtés de Cassy et de David Reyner, résident des Haïku. Incontournable, on vous dit! Au Yoyo,le 22 mars. Nadir Sayah and Adrien Messié’s Haïku nights are fast becoming unmissable. The next one features Lithuanian producer Ten Walls, Cassy, and Haïku resident David Reyner.

etit prodige de la musique,Nicolas Jaar, producteur américano-chilien basé à New York, mais influencé par l’âge d’or de la culture française, s’est fait remarquer il y a trois ans avec un disque tout en circonvolutions, effets de voix, gimmicks jazzy et incursions dubstep, se faisant le concurrent tout trouvé d’un James Blake. Désormais, on le retrouve en binôme avec son bassiste,Dave Harrington, sous le pseudo Darkside. Les deux sales gosses s’amusent à faire du grabuge en distordant leurs guitares, bouclant méchamment leurs beats feutrés et nappant le tout de divagations fantomatiques. La preuve avecPsychic, album hautement mental, psychédélique et contemplatif, parfait pour les soirs de grande dépression ou pour les intellos de l’électro. On attend avec impatience de voir ce que ce projet basé sur le freestyle peut bien donner une fois installé sur scène. A l’Olympia, le 23 mars. New York-based American-Chilean producer,Nicolas Jaar first came to prominence three years ago with his mix of voices, jazz and dubstep. Now, along with bassistDave Harrington, he is Darkside, and the pair make a fine ruckus on their album, Psychic, a mix that’s mental, psychedelic and contemplative. We can’t wait to see what they do live.

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Frivolous

agicien de la scène avec ses instruments extraordinaires, Frivolous fascine son public avec des performances live de toute beauté. Pour son quatrième album, Daniel Gardner a fouillé dans ses archives et ressorti de ses tiroirs (et de son disque dur) neuf titres inédits. Avant de le retrouver sous le chapiteau du Cabaret Sauvage pour la prochaine We Are Family, Daniel Gardner nous parle de Lost & Forgotten et de quelques-uns de ses morceaux préférés. Le morceau que tu es content d’avoir retrouvé? La pire chose, quand tu fais des remix pour des petits labels, c’est que tu ne sais jamais s’ils vont sortir. Donc, parfois, tu bosses pour rien. C’est ce qui est arrivé avecApp - 24 Hour Studio People (Frivolous remix), le dernier morceau du nouvel album, et je suis heureux qu’il soit finalement sorti, parce qu’il reflète vraiment le plaisir que je prends à mélanger du jazz avec des sons expérimentaux. Le morceau que tu aurais totalement oublié sans ton disque dur ? 303D. C’est le plus vieux morceau de l’album. Il date de 2003 ! A cette époque, je n’étais pas tellement confiant techniquement. Mais, bizarrement, c’est le morceau le plus décontracté et naïf de l’album. Une des raisons pour lesquelles je suis content de sortir ce disque, c’est que ces flash-back me donnent envie d’expérimenter à nouveau et d’enregistrer des choses simples. Le morceau qui te représente le plus? Love Is My Business. Parfois, ça me désole, mais l’amour, c’est comme du business : «Je te donne, tu me donnes!» J’ai fait ce constat, et c’est quelque chose que je regrette parfois. Donc c’est vraiment un morceau qui critique un peu tout ça. Je critique, mais je suis aussi un idéaliste optimiste. C’est une de mes préférées parce qu’elle révèle ce mélange d’émotions. Le morceau avec lequel tu ouvriras ton prochain live? Bats at Twilight, mais dans sa version live! En fait, j’avais déjà sorti ce morceau sur un album d’un petit label portugais:

30 Porumalinha. C’est une deuxième sortie! Le morceau que les Parisiens vont préférer? Ohh ! J’adore cette question. Mais difficile à dire! Wendy peut-être, qui est aussi mon morceau préféré. Parce qu’il mélange parfaitement des sons très agressifs avec d’autres plus mélodieux et innocents. Le morceau qui te fait sortir du lit le matin? Hmmm… Myrtle Avenue de Floating Points. Le morceau qui, selon toi, aurait dû être un succès? Youthern (Flako remix) de Cloud Boat. Le morceau que tu aurais aimé composer? Isch de Thomas Brinkmann. Le meilleur morceau de 2013? Oh merde ! Je ne sais pas… Je vais prendre le risque et dire…Royals de Lorde. Ton morceau préféré absolu? Non, sérieux ? OK… Disons que, pour aujourd’hui, mon morceau préféré de tous les temps, c’est Les Yeux noirs de Django Reinhardt. LUC I E G O U Z E

Frivolous, «Lost and Forgotten», Lessizmore Rec. Au Cabaret Sauvage,le 4 avril, pour la We Are Family, avec Marcus Meinhardt, Youandewan et Rafaël Murillo. Lost & Forgotten, the new album fromFrivolous (or Daniel Gardner to his mom), is made up of rediscovered treasures. A few questions before his show at the Cabaret Sauvage. The song you were most happy to find?A remix called “App-24 Hour Studio People (Frivolous Remix)”: a mix of jazz and experimental sounds.The song you’d totally forgotten about? “303D.” The oldest song, but the most relaxed.Most representative song? “Love Is My Business.”The opening track of your next show?“Bats at Twilight.”The song that gets you out of bed? “Myrtle Avenue” by Floating Points.The song you’d most like to have written?“Isch” by Thomas Brinkmann.Best song of 2013? “Royals” by Lorde. Best song ever?My favorite ever song today is Django Reinhardt’s “Les Yeux noirs.”

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Musique & Night

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son peps irrésistible et sa grâce aérienne servent sa musique métissée, magique décoction sonore qui unit les influences de la tradition brésilienne à des notes de rap, hip-hop et reggae. Aujourd’hui, Flavia enchaîne les dates, un deuxième album sortira en juin, une tournée aux USA est programmée pour cet été et, cerise sur le cocktail, elle enflammera l’Olympia le 17 octobre prochain. Avec allant et talent, cette exquise jeune femme n’a pas fini d’ensoleiller nos sens. On en redemande.

uand on écoute sa voix suave et piquante, on a envie d’été, de plage et de danser pieds nus dans le sable. Cette musicienne voyageuse née sous le ciel de Rio de Janeiro a grandi au son de la samba et du pagode et fait ses premiers pas sur scène à 14ans, avant de s’installer à Paris en2006 : «Quand je suis arrivée ici, j’ai tout recommencé à zéro: la rue, le métro, les bars, mais j’étais heureuse de grandir seule, de faire vivre ma musique et surtout d’habiter enfin dans cette ville qui me faisait rêver.» De petites scènes en rencontres déterminantes, comme le musicien camerounais Bika Bika Pierre et le producteur Victor Vagh, avec qui elle enregistre son premier album, Bossa Muffin, la jeune Carioca devient l’une des coqueluches du public français avec son groove imparable et sa farouche détermination de bête de scène. En2011, elle remporte la 5e édition du tremplin musical Génération Réservoir, réédite en2012 son album Bossa Muffin avec cinq chansons inédites et se voit attribuer en décembre2013 le trophée révélation musicale de l’année aux Femmes en Or. Et le charme agit encore et encore. L’évident plaisir qu’elle prend à être sur scène,

SANDRA SERPERO A l’Olympia,le 17 octobre.

When musician Flavia Coelho moved from Brazil to Paris in 2006, she “started from scratch – but I was happy to bring my music to life and finally live in my dream city.” After teaming up with a Cameroonian musician and a producer, her first album and amazing stage presence began bringing in the awards. Her second album, out in June, is sure to be another energetic mix of Brazilian traditions, rap, hip-hop and reggae.

Roch Armando

Flavia Coelho

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Richard Dumas

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Etienne Daho

i on met de côté le projet d’adaptation en musique (avec, dans le rôle de la diva, Jeanne Moreau) du célèbre poème Le Condamné à mortde Jean Genet, voilà six ans qu’on attend des nouvelles du «plus doué représentant de la chanson française», des news fraîches de celui qui a contribué à lui conserver ses lettres de noblesse, duDaho qui nous accompagne main dans la main depuis l’adolescence. Riche à tous les sens du terme (des collaborations prestigieuses avec Nile Rodgers de Chic, Debbie Harry, Dominique A, François and TheAtlas Mountain…), enregistré dans un studio mythique (le fameux Abbey Road des Beatles à Londres),Les Chansons de l’innocence retrouvée puisent à la fois dans le Daho pop sautillant de son Tombé pour la Franceet celui, mélancolique et orchestré, deLa Baie. Un disque nostalgique qui permet de mieux comprendre pourquoi Daho, la soixantaine fringante, reste le mètreétalon, et l’influence ultime, d’une scène pop française qui n’en finit pas de se réinventer chaque jour. A la Cité de la musique, dans le cadre du Festival Days Off, le 5juillet. French new-wave stalwart Etienne Daho is back with his first solo album in six years.Les chansons de l’innocence retrouvée was recorded at Abbey Road in London and features Nile Rodgers, Debbie Harry and Dominique A, among others. A nostalgic record, perhaps, but one that shows just why Daho remains the king of French pop.

Drake

aleur montante du hip-hop américain, le Canadien Drake, 26 ans, dépoussière le genre en ne faisant rien comme tout le monde, ce qui ne l’empêche pas de s’offrir des featurings avec Jay-Z, Nas ou André3000 d’Outkast et d’être signé sur le label de Lil Wayne, excusez du peu ! Ex-acteur d’une sitcom pour teenagers, Drake est partie prenante du renouveau r’n’b actuel –plus féminin et romantique–, loin des clichés du bad boy en baggy. On ne montre plus ses biscotos pour faire son tatoué à la DrDre, on ne chante que des histoires d’amour contrariées et on mélange beats funky, nappes synthétiques et vocoder. Adulé par les mamans comme par leurs filles. A Bercy, les 24 et 25février. Signed to Lil Wayne’s label,Drake is one of hip-hop’s rising stars, as well as a singer taking R’n’B in a more romantic and feminine direction. Think heartbreak over funky beats and vocoder effects.

Masomenos

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n adore leur univers psyché hyper coloré et leur house super groovy. On est heureux de retrouver Masomenos pour leur résidence au Badaboum. Tous les mois, Joan et Adrienviendront ensoleiller, avec leurs invités, le nouveau club qui bouge de la rue des Taillandiers. Au Badaboum, le 8 mars. Our favorites Joan and Adrien, aka, Masomenos, have a monthly residence at Badaboum. Expect bright colors and groovy house. PA LACE COST ES FEVRIER / MARS 2 014

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The Hacker

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n pensait à tort que le beau gosse multi-talent avait délaissé la musique pour les sirènes du cinéma, mais il n’en était rien. Et le fils spirituel de Michael Jackson a surpris tout le monde l’année dernière avec non pas un, mais deux albums, enregistrés comme d’hab’ avec son poteTimbaland et classés dès leur sortie au sommet des charts. Cette année, Justin a décidé de porter sa 20/20 Experience tout autour du monde et sur scène. Comptez au moins sur le Stade de France pour caser tous les fans transis. Au Stade de France, le 26 avril. After last year’s two albums (produced, as usual, by Timbaland), Justin T. is taking the 20/20 Experience out on the road. It’s at the Stade de France, so it’s not going to be intimate.

ans les années 1990, en pleine explosion French touch, Grenoble fut l’épicentre d’une électro made in France, cristallisée autour deThe Hacker et inspirée par la new wave, l’italo-disco et la techno venue de Detroit, quand Paris ne jurait que par les boucles disco filtrées. Quinze ans plus tard,Michel Amato, en solo ou en duo avec Miss Kittin, n’a pas bougé d’un iota, et sa techno froide, racée et mentale a profondément marqué la culture dancefloor et engendré une nouvelle génération de kids, Gesaffelstein, son fils spirituel, en première ligne. The Hacker n’en a pas pour autant baissé les bras, et son obstination et sa passion sont toujours au goût du jour. En témoigne son nouvel album,Love/Kraft, qui, comme son titre l’indique, se déclinera en deux mini LP, avec un premier jet de cinq titres où TheHacker nous rassure: il n’a pas perdu la main quand il s’agit de triturer ses synthés pour les faire danser et n’est pas près de descendre de son piédestal. Mais là où on l’aime le plus, pour sûr, c’est quand il avoue enfin sur disque sa passion sans borne pour Depeche Mode avec A Thousand Time, titre électro-dark meublé de vocaux qui foutent le frisson. Vivement la suite! PAT R I C K T H ÉV E N I N

The Hacker, «Love/Kraft», Zone Records. Lieu tenu secret,le 25 avril, pour sa Release Party Photographie Keffer

Back in the 1990s as the world went French Touch mad, Grenoble was the center of another French electro scene and at its heart wasThe Hacker. Inspired by new wave, Italo-disco and Detroit techno, he left his mark on a whole generation of kids. His new album,Love/Kraft, shows he’s not lost his touch with synths to get your feet moving, plus proof of an unlimited love for Depeche Mode.

Tom Munro

Justin Timberlake

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Musique & Night

Franz Ferdinand

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Matt Barnes

Andy Knowles

éraut, au début des années2000, du renouveau branché du rock, les Ecossais deFranz Ferdinand n’ont jamais retrouvé la superbe dancefloor d’un titre comme Take Me Out, même si leur dernier album,Right Thoughts, Right Words, Right Action,les voyait s’ouvrir à plus de rythmes électroniques. Ils seront sur scène, histoire de prouver certainement qu’ils n’ont pas perdu la main quand il s’agit de chauffer à blanc et de faire bouger dans tous les sens, sueur en sus, une foule acquise à leur rock qui se trémousse. Au Zénith, le 10 mars. The early 2000s herald of rock’s refound love of dancing, Franz Ferdinand’s latest album, Right Thoughts, Right Words, Right Action goes a little more electronic. But only a little – and live it’ll rock.

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Azealia Banks

uand elle ne s’embrouille pas avec Nicki Minajou Disclosure, elle accuse Pharrelld’être responsable du bide de leur morceauATM Jam ou annonce sur Twitter vouloir se libérer très vite de son label, Universal.Azealia Banks se fait surtout attendre pour la sortie de son album Broke With Expensive Taste,dont la sortie, sans cesse repoussée, a finalement été annoncée pour le printemps. Si le dernier single,Yung Rapunxel (et son clip un peu glauque), n’avait pas forcément convaincu, la performance

scénique de la tigresse qui s’autoproclamait récemment «meilleure artiste hip-hop» devrait valoir le déplacement. Au Bataclan, le 2 avril. When she’s not arguing with Nicki Minaj and Disclosure, bitching about Pharrell or complaining about her record label, Azealia Banks is putting the finishing touches to her new album, Broke With Expensive Taste. The self-proclaimed “best female in hip-hop” might even play some of it live when she visits Paris.

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Musique & Night

Ninoo

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ascale aime les tatoos, Villanova et le label allemand Innervisions. Mais elle est aussi et avant tout la maman d’un petit garçon de 5ans, Eliot, atteint d’autisme. Investie et déterminée, elle crée en mars2013 l’association Ninoo, qui se veut différente. Ninoo, un nom doux pour des actions coup-de-poing qui soutiennent des parents souvent désemparés face à ce handicap qui touche 600 000 personnes en France et 1enfant sur 100. Avec son équipe de choc et sa marraine de charme,Annina Roescheisen, elle propose des activités aux enfants de 3à 10 ans, comme la cuisine, les arts plastiques, la musique, le yoga ou encore le skate. Pour financer ces projets, Pascale, avec l’aide de Laetitia, du label Karat, a lancé les Ninoo Mix Party. Des fêtes caritatives, dont la dernière –qui s’est tenue au Rex le 23janvier avec Acid Arab, Villanova, Laetitia & Alex Katapult, DJYellow et Nico from Noze–

a permis de récolter plus de 5000 euros. Dans un club blindé ce soir-là, on sentait une belle énergie et l’envie de danser utile. Si vous avez raté cette soirée, vous pouvez toujours vous mobiliser pour l’événementHappy Blue Daydu mercredi 2 avril, déclaré Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme. L U C I E G O U Z E Ninoo, toutes les infos sur www.ninoo.eu Photographie Christian Geisselmann

Pascale loves tattoos, Villanova and German label Innervisions. But, above all, she loves Eliot, her five-yearold autistic son. So in March 2013 she created the charity Ninoo to offer activities for autistic children aged 3-10, such as cooking, art, music, yoga and skateboarding. To raise money for Ninoo she organizes club nights with the help of Laetitiafrom label Karat. The next one isHappy Blue Monday on April 2, World Autism Awareness Day.

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Frank Loriou

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Melanie De Biasio

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Fredrik Skogkvist

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Neneh Cherry

eneh Cherry n’avait pas sorti d’album solo depuis seize ans et son retour en a surpris plus d’un. Tout comme l’annonce de sa collaboration avec le prolifique et génialissime producteur de musique électronique Four Tet. Pour le moins ambitieux, TheBlank Project, savant mélange de poésiebeat et d’électro avant-gardiste, mérite qu’on s’y intéresse. Et quand on sait que le premier remix du morceau, Everything, est signé Ricardo Villalobos et Max Loderbauer, on se précipite pour écouter. A la Gaîté Lyrique,le 1er mars. Neneh Cherry is back with her first solo album since 1996. The Blank Project, produced by Four Tet, no less, might well be worth hearing live.

Fabien Breuil

’est un bijou pur de trente-quatre minutes. Avec No Deal, son deuxième album,Melanie De Biasio nous propulse sans détour dans l’ambiance d’un club enfumé. Entourée de son trio piano-batterie-synthé, la chanteuse flûtiste belge offre une belle échappée jazz tout en retenue. Absolumentenvoûtantt. A la Cigale,le 10 avril. Thirty-four minutes of pure pleasure.Melanie De Biasio’s second album, No Deal, is singing jazz flute at its finest.

Danton Eeprom

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n était sans nouvelles depuis quatre ans du dandy de l’électro française Danton Eeprom, qui, après Yes Is More(un album qui s’aventurait aux quatre coins de la galaxie techno), semblait s’être donné comme mission de sillonner la planète pour y dispenser ses DJsets ou ses live pas forcément comme les autres… Fini les divagations avec If Looks Could Kill, deuxième album, où Danton apparaît sur la pochette gominé à la Gatsby et avec un costard-cravate du plus bel effet qui ne manquera pas de détonner sur les dancefloors. Pour le reste, notre héros moderne n’a pas changé une recette qui gagne et s’aventure autant vers la techno qui se danse, que vers le pop-rock ou les ambiances brumeuses et romantiques. Lieu tenu secret,le 28 mars. Electro dandy Danton Eeprom has been missing in action for four years. But now he’s strutted back on stage looking like Gatsby’s long-lost cousin with a second album, If Looks Could Kill. The music is all dancy techno with some pop-rock and misty romanticism. PA LACE COST ES FEVRIER / MARS 2 014

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emarquée lors de son passage au dernier Festival des Inrocks, Karen Marie Ørsted, aka MØ, nous a fait saliver tout l’hiver avec son EPBikini Daze. Allure rebelle et grande tresse blonde, la tornade danoise, petite protégée de Diplo, envoie avec assurance une électro pop électrique. Son albumNo Mythologies to Follow vient de sortir, alors on se précipite pour se trémousser sur ce qui s’annonce comme les prochains tubes de l’été. A la Maroquinerie,le 24 mars. Karen Marie Ørsted, aka MØ, was first spotted in Paris last fall after the release of her fab EP,Bikini Daze. The Danish tornado and Diplo protégée’s new album,No Mythologies to Follow, is out now.

Sunday Roast #2

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Christina Kernohan

our sa nouvelle résidence dominicaleSunday Roast, la Machine du Moulin Rouge invitera chaque mois un artiste à se produire seul «all evening long».Derrick Carter, figure emblématique de la bonne house de Chicago, sera l’invité d’honneur de cette deuxième édition. Et comme il ne vient plus très souvent à Paris, on n’hésite pas une seule seconde. A la Machine du Moulin Rouge, le 16 mars, de 17h à minuit. La Machine du Moulin Rouge is inviting artists to perform evening-long Sunday sets and Derrick Carter – legendary figure of Chicago house – accepted.

Chvrches

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lu talent 2013 par la très vénérable BBC anglaise, le trio écossais se souvient à merveille de la new wave des années 1980, parsemant ses envolées pop-électro de soupçons de Depeche Mode ou de poudre de Kate Bush. Le tout porté par la voix nasale et mélancolique de la chanteuse, Lauren, qui donne parfois envie de s’oublier et de danser comme si on était seul au monde. Prévoyez donc de vous habiller léger pour leur passage à Paris, car ça risque de remuer dans la foule.Au Trianon,le 17 mars. The trio from Glasgow with a taste for 1980s synth pop writes music that makes you want to dance like you were the only person in the room.

Rubrique «Musique&Night» réalisée par LUC I E G O U Z E & PAT R I C K T H É V E N I N PA LACE COST ES FEVRIER / MARS 2 014

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