PalaceCostes 59

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Carnets de

Mode

ertaines des robes de Clara Maeda semblent sorties d’un conte. D’autres, d’une peinture ancienne. Ou encore d’un rêve. Ce sont des créations hybrides où se mêlent parfois la femme et l’animal, telles ses robes oiseaux, tantôt paon, tantôt cygne… Formée au costume de théâtre, puis corsetière pour un artisan de luxe, Clara Maeda s’est ensuite installée au Japon où elle s’est initiée à l’art de l’obi et autres constructions savantes du vêtement nippon. «J’ai deux passions : le kimono et les robes du XVIIIe siècle français, dit-elle. C’est en voyant, très jeune, le film de Sofia Coppola Marie-Antoinette que j’ai eu le coup de foudre pour cette époque.» Quelques années plus tard, cela donnera naissance à sa collection Antoinette Was a Lolita. Rubans, tons pastel, bustes corsetés, baleines, tout le Petit Trianon est au rendez-vous. «C’est l’une de mes deux collections de prêt-à-porter. L’autre s’intitule Twice Upon a Time, qui est inspirée de personnages de contes, comme la Princesse de glace ou la Poupée russe.» Ces robes, comme d’autres plus extravagantes encore que Clara Maeda réalise sur mesure, sont surtout des robes de mariage. Ses modèles plus historiques, qui revisitent le vestiaire des XVIIIe et XIXe siècles, font, eux, la joie des amateurs de soirées costumées. Quand ils ne font pas celle des podiums. Sa collection Brumes: de la légende au mythe, présentée lors d’un défilé à Monaco, rassemblait quelquesunes de ses créations les plus surprenantes. Comme la robe Elisabeth inspirée du costume élisabéthain et composée exclusivement d’obis japonais. Ou encore TheMermaid Ghost, créée d’après la légende de la princesse Taira no Tokiko, qui se serait jetée à la mer avec son fils après une bataille perdue. Composée de douze épaisseurs de kimonos, elle superpose des volants qui évoquent les vagues. «C’est dans un monde suspendu entre rêve et réalité, entre vie et mort, histoire et fiction, qu’errent mes héroïnes de soie et de chiffon», résume la jeune créatrice. Si vous rêvez de l’une de ces robes de légende, rien de plus simple, Clara Maeda a créé la haute couture par Internet. «Je définis le projet de robe avec ma cliente par mail. Je l’aide ensuite à prendre ses mesures par Skype et je lui envoie une toile d’essayage par la poste. Les derniers essayages se font lors de mes séjours en France.» Grâce à la technologie, le conte devient réalité. N A D I N E V A S S E U R PA L AC E COS T E S S E P T E M B R E / O C TO B R E 2 0 1 5

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Alexandra Banti

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