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Sommaire

le magazine cadeau

N° 4 8 Juillet/Août 2013

10 La Météo des Tendances

Nouvelle vague. 12. Tatoo bon. 14. Esthétique festival. Surfstory. 16. Glamour de plage.

18 Ta l e n t s

Noémie Lvovsky. «Je pense à moi le moins possible». 20. Alice Belaïdi.«Je m’amuse, je me régale… on verra bien…» 22. Didier Varrod. Monsieur Musique. 24. Fabien Naudan. Collectionner, c’est se mettre en danger.

26. Astrid Bergès-Frisbey. Avec infiniment de grâce. 30. François Roca. Histoires de femmes. 36. Bruno Aveillan. Rêveur d’images. 38. Rudy Ricciotti. «Je suis provençal, petit-bourgeois et réactionnaire, c’est-à-dire réactif à la modernité.»

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Sommaire

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Les Carnets

de Mode Christophe Josse. Délicate élégance. 94

Diam’stonic Photographies Thomas Paquet

110. Les Carnets de Djemila. 111. Sandales d’été. 112. Lea Peckre. 116. Preen. 118. Miu Miu. 119. Véronique Leroy. 120. Emilio Pucci.121. Erdem.

122 Infomania

Les trésors des effets spéciaux. 125. Italiens électriques. 126. Grégoire Guillemin. Les super-héros aussi ont une vie privée. 130. «Irène». L’érotisme au féminin. 131. La vie en soie. 132. Carmen Busquets. Pionnière de l’e-commerce de luxe. 133. Délicats contrastes. 134. Asarota. La mosaïque haute couture. 136. BMW M6. Richesses intérieures. 137. Marius, l’affûteur. Bijoux d’ongles. Exclusif Audi. 138. Martine de Richeville. La magie des massages. 139. Perles, diamants et fils de soie. 140. David Cintrac. Pop libre. 141. Le Paradis 100 % Montmartre.144. Les éventails dans le vent. 146. Odile Soudant. L’émotion de la lumière.

147 Pa l a c e s c o p e

148. Expositions. Roy Lichtenstein. Michelangelo Pistoletto. Frank Horvat.Dynamo. David LaChapelle. Tamara de Lempicka. Lorna Simpson. Little Black Dress. My Joburg. Vanessa Winship. Costa-Gavras.Troy Henriksen. Arnault Joubin. Ferrante Ferranti. 160. Vincent Wapler. Dans le vif de l’art. 162. Bonnes adresses. 168. Service Palace. Les conseils très parisiens d’Anne Carpentier . 170. Musique&Nuit. PA LACE COST ES JUILLET / AOU T 2 013

8

PalaceCostesest édité par la société PalacePresse. Gérant Claude Maggiori Rédaction: 64rue Tiquetonne 75002 Paris. 0144 88 24 94 palace@palacepresse.com

Directeur de la rédaction, directeur de la création Claude Maggiori Graphisme, mise en page et retouches Nader Kassem Responsable photo Lucie Gouze Direction mode Anne Delalandre English Text Tom Ridgway Secrétariat de rédaction Philippe Bottini Assistante et assistante de rédaction Lucie Tigoulet contact@palacepresse.com

Ont collaboré à ce numéro: Virginie Bertrand Sarah Bouasse Anne-Laure Brougalay Anne Carpentier Anne Delalandre Lucie Gouze Djemila Khelfa Antoine Laurain Oscar Léon Robert Puyal Bertrand Raison Max Robert Sandra Serpero Patrick Thévenin Lucie Tigoulet Nadine Vasseur Ellen Willer Photographies Thomas Paquet www.thomas-paquet.com Flavien Prioreau flavienprioreau.4ormat.com Laurent Seroussi www.laurentseroussi.com Publicité: Figaro Médias 9, rue Pillet Will 75009 Paris 01 56 52 26 93 Sibylle Dubost-Foisil, Directrice de la Publicité sdubostfoisil@figaromedias.fr

Bertille de la Pontais, Chef de Publicité blapontais@figaromedias.fr

Imprimerie SEGO, 95150 Taverny Fabrication Annick Torrès/Rivages Chromie&gravure Nader Kassem nader@naderkassem.com

ISSN 1955-9380 Dépôt légal à parution Diffusion : 40 000 exemplaires


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La Météo des Tendances Nouvelle vague

ous les six mois, une nouvelle addiction food déferle dans nos assiettes et débarque sur nos menus. Cet été, arrivage de coquillages et crustacés. Et pas seulement en bord de mer, non, même en ville, surtout en ville. Après le boucher incontournable, le maraîcher indispensable et l’épicier irremplaçable, voilà l’écailler superstar. Le phénomène est international. Les bars à crustacés ouvrent partout dans le monde, hissant l’huître au top. A New York, elle se déguste chic or cheap selon les envies et les quartiers, avalée au coin d’un bar, accompagnée d’une rasade de ketchup ou de vinaigre… C’est le cas à l’Oyster Bar, caché au sous-sol de Grand Central et donc forcément pris d’assaut. A Pékin, un Oyster Craze a été organisé ce printemps. Et, dans tous les bars pointus, les huîtres remplacent les planches de charcuterie et autres tapas trop grasses. A Paris, deux adresses émergent du lot : l’Ilot, rue de la Corderie dans le IIIe, qui se la joue guinguette. Et bien sûr le Mary Céleste, rue Commines, où la variété est grande et le choix des origines, des formes et des formats parfois déroutant, de la british wild blackwater à la kumamoto, en passant par l’hermine 1875 de Bretagne. Sans compter que les oursins rejoignent la carte. Pendant les mois d’été, dits «mois sans “r”», les huîtres, en période de reproduction, donc «laiteuses», furent longtemps bannies. Un scrupule moins fondé aujourd’hui, puisque les huîtres ne sont plus seulement cueillies mais élevées. Une bonne raison pour se rabattre sur le homard? Qui abandonne, lui, son statut de produit de luxe, pour descendre dans la rue et se glisser entre deux tranches de mie ou comme un hot-dog, dans un pain, avec sauce mayonnaise: le Lobster Roll. On peut désormais le trouver à Paris au Lobster Bar, 41 rue Coquillière dans le Ier. Et au Valois, place Rio-de-Janeiro, avec mayonnaise américaine Hellmann’s et recette française de Frédérick Grasser Hermé. Ou en sandwich à l’Oyster Bar de Dessirier et au Café Prunier, deux écaillers historiques parisiens qui ont su prendre la nouvelle vague à temps.

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REPÈRES EXPRESS Brune ou blonde Puisque«beer is the new wine» et qu’elle se boit désormais avec tout ce que le vin blanc accompagnait encore récemment, la bière devient le must avec les crustacés. D’autant que la brasserie parisienne Demory renaît avec des propositions qui mettent l’eau à la bouche : Astroblonde, Roquette Blanche, Nova Noire… Brown or blond? Beer is the new wine so head to Parisian brewer Demory for a fine selection of crus.

Vous buvez quoi, cet été? Après le whisky sour, le spritz et le Pimm’s de l’an dernier, on annonce l’arrivée du mint julep, ancêtre du mojito, pour sa fraîcheur à base de menthe froissée, sucrée, noyée de bourbon. Talonné de près par le mezcal, un alcool comparable à la tequila, qui profite du retour de flamme pour les alcools traditionnels aux origines internationales, comme le saké ou le whisky japonais. The drinks of summer. Fresh taste and a slug of bourbon make mint julep this year’s top tipple, although mescal is running it a drunk second.

Illustration Erica Guilane-Nachez

Nouvelle vague Every six months a new food craze hits Paris. The latest? Oysters. So shuck your way over to the L’Ilot for unpretentious fun or Le Mary-Céleste for a British wild Blackwater, a Kumamoto or a Hermine 1875 from Brittany. If bivalves are out of season then you could try a sea urchin or be heartened by the news that the lobster roll has hit Paris. The Lobster Bar will serve you one, as will Frédérick Grasser Hermé at Le Valois. PA LACE COST ES JUILLET / AOU T 2 013

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La meteo des tendances

Tatoo bon

e tatoo vintagefait son come-back et l’ancre bleu marine resurgit du plus profond des océans. Le tatouage appartient bien sûr autant à l’iconographie marine qu’à la légende biker. Contrairement à une médaille sainte, qui risquait de vous lâcher au premier grain venu, cette impression indélébile était pour les marins de haute mer un symbole fort, capable de conjurer le mauvais sort. Une petite élite de vrais connaisseurs revient aux sources, c’est-à-dire au bon vieux tatouage d’origine, forcément monochrome. «Black ink only»est le nouveau mot d’ordre de ces amateurs éclairés, et de véritables graphistes prennent l’aiguille en main pour créer une nouvelle esthétique du genre. Sailor Roman est le salon de Romain Foucher, installé rue de la Folie-Méricourt, dans le XIe. Il prêche pour des modèles uniques, sur mesure, inspirés par la vie même du tatoué. Ce qui fait venir à lui des adeptes de tous les bouts du monde, heureux de trouver chez lui cet esprit intact associé à un réel talent d’illustrateur. Chez Bleu Noir, aux Abbesses, c’est Jeykill qui officie dans la grande tradition. Le tatouage monochrome est sa signature. Le nom Bleu Noir fait du reste référence à l’encre traditionnelle, noire quand on la tatoue, bleuie quand elle cicatrise : «On avait vraiment ce parti pris de travailler le noir, ce sont les tatouages qu’on porte et ceux qu’on a envie de faire, même si chaque tatoueur a son univers. Aujourd’hui, les gens qui se font tatouer ne sont plus les mêmes qu’il y a quinze ans, beaucoup d’entre eux ont une culture graphique, avec des références au street art. On essaie d’expliquer aux gens que ce n’est pas un accessoire de mode. Le tatouage est tout le contraire d’une tendance, puisque c’est quelque chose que tu gardes.» C’est dit.

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REPÈRES EXPRESS Signe distinctif

Jeune marque de la région niçoise, 1789 Calaranime l’espadrille française à semelle de corde ou de chanvre, en lui donnant un petit twist urbain. Vingt-quatre couleurs en version tradi et un écusson bleu-blanc-rouge, très sixties. New rope. An up-and-coming brand from Nice, 1789 Cala makes traditional French espadrilles in rope or hemp and adds a touch of urban chic.

L’accessoire de l’été Inspiré du sarong indonésien et du pagne swahili, le kikoy de Simone et Georges est un paréo double face, assez léger pour s’enrouler, assez confortable pour éponger,aussi bien pour les hommes que les femmes. Summer must-have. The “kikoy” by Simone et George: a unisex sarong on one side, a towel on the other. Genius.

Une tête de mort pour rire ? Comparable à un tampon d’écolier, le marqueur tête de mort de Sephora est parfait sur le visage comme sur le corps. Existe aussi en motif étoile. Holiday romance. Sephora’s Tattoo me has three temporary-tattoo designs to print on: skull, anchor or star.

Photographie Oleg Gekman

Tattoo you too Monochrome tattoos are the purist’s choice. So at Sailor Roman, Romain Foucher’s parlor, it’s black ink only and images inspired by the to-betattoed’s life, all brought to life by the artist’s undeniable talent. Over at Blue noir, Jeykill runs a parlor where classic blue-black ink rules. But he won’t just tattoo anyone; he wants you to think first: “Getting a tattoo has become fashionable, but a tattoo is the absolute opposite of a trend – it’s something you keep.”

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Esthétique festival

estival est le mot clé du début de l’été. Coachellaa donné le coup d’envoi et la saison bat son plein. Les marques ont bien compris le potentiel hautement désirable de l’appellation et les collections capsules explosent. H&M lance sa collection Divided, ouvertement inspirée par l’ambiance Coachella, et organise pour son lancement son propre festival à Ménilmontant; Fovever 21 fait shooter Sky Ferreira par David Roemer pour la collection Festival 2013; Guess sort sa capsule Festival; Topshop s’associe à Kate Bosworth pour une collection Festival dont les premières images ont été dévoilées pendant Coachella; et Kitsuné fait bien sûr la sienne en collaboration avec Aigle.

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Beach boys and girls Festival season! H&M has a Divided collection inspired by Coachella, the same place Topshop unveiled its Kate Bosworth collaboration, while Kitsuné has worked with Aigle, perfect for Glastonbury mud.

Surfstory

Le surf way of lifea jailli à la fin des années 1950, drainant dans son sillage une véritable culture, avec ses codes, sa mode, ses bandes… A l’époque, les Etats-Unis proposaient un modèle familial soft et bien-pensant, et cette contre-culture a fait son apparition à l’autre bout du territoire, sur les plages de Californie. Aujourd’hui, la crise est là, et cet âge d’or blond prend des airs de paradis perdu. Le son du courtmétrage First Point du peintre Richard Philips, projeté à la Art Basel, était signé Thomas Bangalter des Daft Punk, et le plus indispensable coffee table book du moment est celui de Ron Church, qui réunit ses clichés les moins connus des années 1960 à 1965, de la Californie à Hawaï. Le «surf, sex & sun» séduit désormais une cible urbaine. Les planches sont détournées en accessoires de décoration, table basse ou cloison mobile, et, quand elles sont vintage, elles se négocient à prix d’or. . Au 9, rue Notre-Dame-de-Nazareth, dans le IIIe, les créateurs des lunettes en bois Waiting for the Sun proposent Wait, un concept store qui offre une sélection pointue de vêtements, mobilier, accessoires et magazines dédiée à l’art de vivre du surfeur urbain. Surf story Surf culture is in the spotlight: painter Richard Phillips has shot Lindsey Lohan holding a board in First Point; Ron Church’s photographs of surfers make California to Hawaii 60 to 65 the best coffee-table book around; while in Paris, Wait is a new concept store dedicated to urban surfers.

REPÈRES EXPRESS Tout le monde en parle, tout le monde veut vivre l’expérience. Les hypnotiseurs deviennent les nouveaux gourous d’une société en mal de croyance et de sensations fortes. Un voyage au centre de soi-même. Try hypnosis.Hypnotists are the new go-to gurus. Perhaps because no one wants to stay conscious anymore.

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La meteo des tendances

n ville, certes, pour l’homme de goût, le costume trois pièces s’impose. Mais quand vient la saison du bain, au fond, quel costume adopter ? Car même à la plage, la tendance a sa météo. Si le short, version courte ou mi-cuisses, reste l’option la plus répandue, et la plus souhaitable, disons-le, le trunk revient, un peu en force. Un peu trop, au goût de certains. Ce slip moulant ne s’accommode que des silhouettes parfaites, ça va de soi, mais aussi des personnalités assez fortes pour l’assumer avec classe. Mais vous saurez rester lucide et résister à la tendance, même si elle vous invite à plonger. Le slip de bain–même le mot est difficile à porter– a tellement envie d’exister qu’il est présent désormais chez l’indiscutable Sundek, marque historique du surf née en 1958, créatrice du célébrissime rainbow short, reconnaissable à ses trois bandes colorées comme un arc-en-ciel sur le fessier. Sur sa version trunk, les trois bandes se déplacent sur le côté et, pour autant, côté style, ce n’est pas gagné. Si la tentation est trop forte, choisissez une version sobre, unie de préférence, sombre à tout prendre. Chez Robinson les Bains, le must absolu du costume de bain bien taillé et bien pensé, au chic fou et aux impressions sages, le trunk fait aussi une percée. Christophe Vérot, grand voyageur et adepte du water-polo, qui a fait ses armes dans la couture de haute volée, qui a créé sa marque parce qu’il se désolait de ne pas trouver le costume de bain idéal, vient de l’intégrer à son look book. On restera plutôt fidèle à ses modèles shorts, courts ou longs, aux noms qui évoquent les lieux mythiques du nautique et du balnéaire. Orlebar Brown est une marque anglaise créée par Adam Brown après dix ans dans la photo. Avec son esprit Miami Beach, coupes ajustées et style affirmé, il déborde du simple maillot pour dessiner des silhouettes complètes aux teintes pastel, jusqu’aux pantalons courts de ville et aux blazers colorés. Du côté du Carioca Oskar Metsavaht et de sa marque Osklen, les imprimés sont plus foisonnants et marqués. Le Brésil est là, dans une exubérance maîtrisée avec justesse. Chez Cuisse de Grenouille, la bien nommée, la marque frenchy assez récente que les people commencent à découvrir, le beach-wear est très «gentleman surfeur»,

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avec des coupes parfaites et une fabrication irréprochable. Créée par deux jeunes Français qui disent s’inspirer de leurs films et livres de glisse préférés. Swim-Ology est une histoire de bande. Des amis de longue date, très différents, se retrouvaient tous les jours à la plage. Ils ont fondé ce label dédié à ce qu’ils considéraient comme leur vraie vie, sur l’océan, loin de la leur… Aujourd’hui, Swim-Ology décline avec une simplicité minimaliste trois modèles de maillots inspirés par le style des années 1950 et 1960. Elégants mais jeunes, de bonne qualité mais abordables, confortables mais tendance, leur devise est : «No longer dream about the beach, live it !» Beach glamour Tight trunks are hard for anyone but Adonis himself to wear, but they turn up in Sundek’s range anyway, even if you’d better stick to the surfing brand’s classic shorts. Trunks appear over at Robinson les Bains, too, but again, let’s be clear: go with the nice shorts (both long and short). Orlebar Brown, known for its stylish swimwear, now has post-water wear: chic and comfortable Bermudas and blazers. Oskar Metsavaht at Osklen is far louder with his bright and wild, yet controlled prints, while French brand Cuisse de Grenouille is all beautifully made, splendidly cut gentleman surfwear. The Swimology gang keeps things simple with three models inspired by 1950s and 1960s styles, so you can follow its motto: “No longer dream about the beach, live it.”

REPÈRES EXPRESS Brasil Du «do it yourself» à bricoler soimême quand on s’ennuie sur la plage au bracelet gourmette tressé de raphia et d’or et fermé par un trombone signé Aurélie Bidermann, le bracelet brésilien est de tous les poignets. Brazil. Brazilian bracelets – DIY or Aurélie Biderman versions – are everywhere this summer.

«Greeter» est le nouveau mot Après l’échange d’appartement, qui permet de voyager partout dans le monde sans se prendre pour un touriste, voici le greeter, qui vous donne l’impression d’avoir des amis qui vous attendent sur place. Les greeters, ce sont des guides bénévoles qui aiment tellement leur ville ou leur région qu’ils se réjouissent de vous la faire découvrir façon insider. Tapez «greeter» et le nom de la ville, et voyez qui vient vous accueillir à la descente de l’avion. Greetings. Goodbye apartment swapping, hello to greeters: people who love where they live so much they want to show to you around. It’s like having instant friends. E L L E N W I L L E R avec Pierre-François Le Louët, président de l’agence NellyRodi. www.nellyrodilab.com

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Glamour de plage


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Talents Noémie Lvovsky

«Je pense à moi le moins possible» «Nous sommes tous de grands inadaptés. C’est ce qui m’émeut tant dans les gens. Ce qui me touche, c’est à quel point on n’est pas ce qu’on a l’air d’être.»

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amille redouble, plusieurs fois nominé aux Césars 2012, l’a intronisée dans la cour des grands. Mais, grande, elle l’était déjà, avec des films comme Faut que ça danse ! ou Les Sentiments. Des films sur l’inquiétude, qui parlent du temps qui passe, de la douleur de l’amour, de l’amitié. Qui tissent avec subtilité le drame et le burlesque. Appuient là où ça fait mal, puis rebondissent d’un saut de chat. Quand elle parle de son travail, Noémie Lvovsky parle avant tout d’énergie, de rythme intime. L’un de ses premiers films avait pour titre La vie ne me fait pas peur. Une affirmation, mais aussi une conjuration qui pourrait servir d’exergue à tous ses films. «Ce titre est à la fois une volonté et une antiphrase. Ce qu’il sous-entend, c’est : “la vie me fait peur, mais je ne suis pas d’accord !” D’où, chez mes personnages, cette nécessité de combat. De combat, pas de conflit.» Vous avez l’art d’esquiver le «je». NOÉMIE LVOVSKY. J’ai du mal à parler de mon travail, alors parler de moi ! Je pense à moi le moins possible. Ce n’est pas une coquetterie de ma part. Ni non plus de l’humilité. Mais parce que penser à moi-même, ce serait comme m’enlever une part de liberté. J’y vois comme une petite prison. Et puis, comme si «soi-même», ça existait ! Un film comme «Camille redouble» repose pourtant sur cette idée d’une permanence de soi. Plus qu’une idée, c’est une question qui m’obsède de film en film, mais aussi en dehors de mon travail. Est-ce que le temps est capable de nous changer au point de nous faire devenir un autre ? Ou existe-t-il, au contraire, une permanence qui nous constitue ? Comme un noyau, même minuscule, mais inaltérable. On peut appeler cela l’âme. Le temps qui passe est l’un de vos thèmes de prédilection… Tous les films que j’aime, même ceux qui n’ont pas l’air d’en parler, parlent du temps. Plus largement, il me semble que le cinéma parle forcément du temps. Moi, ce sont les âges, plus encore que le temps, qui sont mon obsession. On a tel âge mais en même temps on a tous les âges, celui de l’état civil, celui qu’on a dans la tête, dans le corps, dans le regard des autres. Celui qu’on n’a plus, celui qu’on n’a pas encore et bien sûr celui du présent… En vérité, je pense que nous sommes tous de grands inadaptés. C’est ce qui m’émeut tant dans les gens. Ce qui me touche, c’est à quel point on n’est pas ce qu’on a l’air d’être. Je me souviens du jour où j’ai rencontré Jean-Pierre Bacri, un de mes acteurs préférés, pour moi l’image même du séducteur. Je lui proposais d’interpréter Jacques, le personnage des Sentiments. Un homme qui n’a jamais plu aux femmes. Il se décrit comme «vieux, gros, con, moche». J’étais un peu inquiète… mais, en deux minutes, j’ai compris que Bacri ne se vivait pas du tout comme un séducteur, et cela m’a bouleversée. Je cherche autre chose que ce qui se voit, d’où le côté toujours un peu décalé de mes personnages.

Johan Poezevara

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«Quand j’étais plus jeune, je regardais les films et je me disais: “Je pourrais avoir une vie meilleure, je pourrais m’habiller ainsi, si j’avais la voix de Delphine Seyrig, je connaîtrais l’amour…” Le cinéma, celui de Truffaut, de Rossellini, de Godard, m’a aidée à m’habiller, à draguer…»

On a l’impression que vous aimez tous vos personnages, la femme trompée, le mari adultère, l’amant qui s’en va… «Tout le monde a ses raisons», disait Renoir. Si je devais me faire adopter par un grand-père de cinéma, ce serait par lui. Mais tous les grands films font aimer les personnages, même les moins aimables. Dans la vie, si on tend aussi à comprendre que «tout le monde a ses raisons», ce n’est pas toujours facile de tenir le cap. Cela devient plus vivable à travers la fiction. Le cinéma aide à vivre ? Oui, quand j’étais plus jeune, je regardais les films et je me disais : «Je pourrais avoir une vie meilleure, je pourrais m’habiller ainsi, si j’avais la voix de Delphine Seyrig, je connaîtrais l’amour… Le cinéma, celui de Truffaut, de Rossellini, de Godard, m’a aidée à m’habiller, à draguer… Vos films traitent, dites-vous, de sujets dramatiques, mais pas tragiques. Quelle est la différence ? La tragédie, c’est la mort inévitable. Il n’y a pas de morts dans mes films. Enfin, si, on pourrait dire que la mère de Camille meurt. Mais, en vérité, elle «re-meurt» ! C’est d’ailleurs une chose que je me dis parfois : «Il faudrait que tu arrives à faire mourir un personnage», comme je me dis aussi : «Il faudrait que tu arrives à tourner une scène d’amour physique.» J’ai encore des progrès à faire ! Propos

recueillis par N A D I N E V A S S E U R

«I think about me as little as possible» Director, writer and actress Noémie Lvovsky’s most recent film, Camille Rewinds, was the story of a middle-aged woman who one day wakes up as her 16-year-old self. Nominated for 13 Césars (France’s film awards), her fifth feature continued her look at ideas of the self and time. “It’s a question that obsesses me,” she says. “Is time capable of changing us to the point that we become someone else? All the films that I love talk about time. But even more than time I’m obsessed by ages: you’re the age on your passport, in your head, in your body, in the eyes of others. In truth I think that we’re all just really mal-adjusted. That’s what moves me in people – just how much we aren’t what we appear to be. ‘Everyone has their reasons,’ Jean Renoir said, and if I were adopted by a cinematic grandfather it would be him. All great films make you love their characters, even their less likable ones. In life, if you try to understand that ‘everyone has their reasons’ it’s not always easy to go on, but it’s livable in fiction.”

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Alice Belaïdi

«Je m’amuse, je me régale… on verra bien…» lice Belaïdi est une des Sophie et Sophie qui «Je ne me rêve nous font hurler de rire sur Canal+. Ren- pas à Cannes. Je ne me vois contre avec une comédienne étonnante. pas comme Vous aviez envie d’être comédienne ? Je n’ai pas une actrice été une gamine qui rêvait d’être comédienne. qui monte les Tout ce qui m’arrive, j’ai l’impression que c’est marches avec un bonus dans ma vie. Gérard Gélas, le directeur une belle robe. du Théâtre du Chêne Noir à Avignon, m’a pris Je vois le métier tel qu’il est, sous son aile. Mon père est maçon. Le Théâtre du c’est-à-dire: Chêne Noir, il avait coulé la dalle en béton vingt on est actrice, ans avant. Je les faisais rire, j’étais ado. Ils m’ont fait bosser comme ça. J’ai commencé avec Phi- c’est un travail, des auteurs, lippe Avron, un grand monsieur du théâtre. des réalisateurs. Confidences à Allah, ce n’est pas à moi qu’on l’a pro- Tous les métiers posé en premier: tout ça aurait pu ne pas arriver. du plateau, Il se trouve que ce spectacle a été un carton, on a j’adore ça. C’est plus gagné des prix, j’ai eu un molière… Et voilà. concret Ça ne vous a pas collé une image intello ? On m’a pour moi que proposé plutôt des comédies… J’ai fait LesKaïra, le fantasme Radiostars. Arriver par le théâtre, m’a permis qu’on se fait d’avoir accès à des choses très différents. de ce métier.» «Sophie et Sophie», c’est un tournant ? C’est le spin-off de WorkinGirls, un 13 minutes complètement décalé, pas du tout politiquement correct, l’adaptation d’une série hollandaise. L’auteur, Franck Bellocq, écrit Groland sur Canal. On est vraiment très loin de ces personnages, même physiquement. On se déguise, on s’amuse bien. On ne se connaissait pas avec Clémence Faure avant de commencer. Toutes les deux, on appréhendait, parce que les Sophie, c’est vraiment un personnage en deux. On s’est pris un verre un soir et on a flashé tout de suite. Clémence aussi a commencé dans le théâtre.On est devenues copines… Le succès, ça compte ? Philippe Avron, il avait joué avec

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«I’m having fun; i’m having a ball… We’ll see what happens.» Alice Belaidi is one Sophie on Sophie & Sophie, a short sketch show aired on TV network Canal+. “I didn’t dream of being an actress. My father was a mason at the Théâtre du Chêne Noir in Avignon and the director Gérard Gélas took me under his wing. I made people laugh; they gave me work. I started out in a show with Philippe Avron, a theatre legend; it was a hit and voilà. Sophie & Sophie is a completely out there and [co-star] Clémence Faure and I just dress up and have fun. I’m not the kind of actress who goes up the red carpet at Cannes. I see the work for what it is: you’re an actor; it’s a job. I’m just living in the moment and we’ll see what happens.”

Gérard Philipe, il avait été dirigé par Jean Vilar. Il avait plus de 80 balais et il était comme un gamin chaque soir quand il montait sur scène. Il faisait rire des salles entières et il ne s’est jamais ennuyé. Pourtant, ce n’était pas Brad Pitt, et personne ne le reconnaissait dans la rue. Je ne me rêve pas à Cannes. Je n’ai rien à y faire. Du coup, j’y vais pas. Je ne me vois pas comme une actrice qui monte les marches avec une belle robe. Pour le coup, je vois le métier tel qu’il est, c’est-à-dire: on est actrice, c’est un travail, c’est des auteurs, des réalisateurs… Tous les métiers du plateau, j’adore ça. C’est plus concret pour moi que le fantasme qu’on se fait de ce métier, d’une carrière… Je m’amuse, je me régale. Mon plaisir, je n’ai pas envie de me le gâcher en me disant que je ne vais peut-être le vivre qu’une fois. Je le vis simplement, sur le moment, et on verra bien ce qui se passe. Propos recueillis par E L L E N W I L L E R


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Didier Varrod

Monsieur Musique l s’excuse d’arriver en retard. Vraiment débordé. En pleine préparation d’un «truc improbable», pour la Fête de la musique: France Inter investit pendant 24heures nonstop l’Olympia. Didier Varrod, le «Monsieur Musique» de France Inter, celui qui parle de chansons comme on parle d’art, celui qui, tous les matins, semble jouer sa vie sur une chanson, un disque ou un chanteur, qui ne se refuse aucun mot pour nous faire partager son enthousiasme, même les plus grands, même les plus emphatiques… et qui, en trois ans, nous a fait découvrir tant d’artistes, gère pour l’occasion la programmation et la coordination pour l’ensemble

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du groupe Radio France. Pour la fête de la musique, il met sur pied un concert de Zazie, une création de la Grande Sophie et une carte blanche à Christophe… Depuis sa nomination en septembre au poste de directeur de la musique, Didier Varrod mène un rythme infernal. Il a longuement hésité avant d’accepter ce «poste à responsabilités». Lui, l’électron libre, craignait un peu de se perdre dans la logique de management et la «réunionite». Mais se voir offrir la possibilité d’agir sur la musique de «manière structurelle», il le reconnaît, c’est quand même «une chance formidable». Juste quinze jours après sa nomination, Didier Varrod «impose» Woodkid pour une journée spéciale: «Jusqu’au jour J, les gens avaient des doutes, mais, grâce à ce choix, une nouvelle ère est née sur France Inter.» Avec «Encore un matin», sa chronique musicale dans le 7/9, il peut se vanter d’avoir fait ces trois dernières années quelques choix ambitieux. «Avoir été totalement libre aura été mon grand privilège.» Il se félicite surtout des «histoires extraordinaires» de cette chronique, avec des disques qui ont vu leur carrière démarrer grâce à lui, comme ceux de Rover, Timber Timbre ou encore Agnes Obel, dont l’album a été disque d’or. Car Didier Varrod ne sait pas aimer un peu, il aime beaucoup et veut le faire savoir. Ses envolées lyriques matinales ont fait de lui un incontournable prescripteur. Conscient de son influence, il garde pour ambition de «faire évoluer l’arbre sans pour autant se couper des racines». Ce qu’il voudrait qu’on retienne, c’est qu’avec lui, surtout, «ça a bougé». Propos recueillis par L U C I E G O U Z E

Photographie Jérôme Bonnet

«Avoir été totalement libre aura été mon grand privilège.»

Mr. Music Didier Varrod was appointed music director at national radio station France Inter in September last year – and he hasn’t stopped since. After briefly hesitating, afraid it would prove too corporate, he ended up grabbing “this amazing chance.” One of his first decisions was to dedicate a day to Woodkid’s first album; the audience followed him. A to-the-bones music fan he’s proud to have helped catapult certain artists – Rover, Timber Timbre, Agnès Obel – to unexpected success. His current “improbable” project: 24 hours of concerts from legendary Paris venue Olympia for the Fête de la Musique.


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Nicolas Guiraud

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Fabien Naudan

cherchaient à monter un département design et arts décoratifs du XXe siècle. C’était un vrai pari pour moi. J’ai abandonné des acquis, une petite carrière, un confort. C’était aussi un vrai pari pour eux : le design était une flèche qu’il fallait avoir à son arc, j’avais l’air sympathique, passionné, mais je n’avais rien fait de professionnel. C’était «ça marche en douze mois, et ça marche bien, ou j’arrête». ollectionneur aussi éclairé qu’éclectique, Fabien Aimez-vous toujours autant les objets ? Naudan vient d’être nommé vice-président d’ArtcuIl faut bien saisir la dualité de ce métier. Sa schizophrénie. rial, la première maison française de vente aux enchères. Fondateur, il y a seulement une dizaine d’années, du dépar- Il faut parfois faire abstraction de notre propre goût. Il faut aimer les objets, mais il faut aussi s’en détacher. Il faut tement design, il a hissé cette activité au premier rang en connaître le marché et appréhender le deal en tant que deal. Europe. Rencontre passionnante avec un homme qui se Si on n’est pas capable de ça, on est remis sur le banc de décrit lui-même comme un «fétichiste de l’objet». touche en quelques minutes. Mais on m’a proposé des Quelle a été votre première collection ? FABIEN NAUDAN. Par la force des choses, je me suis tourné sommes colossales pour certaines pièces que je possède, et j’ai toujours refusé de les vendre. Aussi élevée soit la somme, vers ce que j’avais les moyens d’acheter à l’époque: les elle ne me donnera jamais le plaisir que cet objet me donne. vinyles, les jeans. J’associe le fait de collectionner à l’accuIl y a quelques années, autour de la vente «Black, le noir mulation et surtout à l’idée qu’on n’en a jamais assez. Au début, ça a été pour moi le désir de posséder, mais aussi la dans le paysage domestique», un artiste nous avait confié une petite table basse, un chef-d'œuvre, fragile, possibilité de revendre, en achetant parfois en «Quand délicat… Dans l’exposition, une dame s’est double, en triple exemplaire. on revend, assise dessus. Et elle l’a explosée. J’étais entre les Au début, on achète sur quels critères ? on a une larmes et la grande colère. Quand elle m’a dit Je me suis formé sur le tas. J’aurais pu choisir des que son assurance allait payer, je lui ai demandé études de collectionneurs de jeans, mais ça n’exisdécharge tait pas. Ce qui m’a toujours guidé, c’est une d’adrénaline de disparaître, je ne voulais plus la voir, plus disavec elle. Elle ne se rendait pas compte que phrase que j’ai entendue : «Quand on peut acheter fantastique. cuter cet objet, qui avait été créé par un artiste, avait quelque chose à 300, mieux vaut acheter à 500.» C’est là que disparu de la terre, n’existait plus. Quelqu’un Il faut que ça fasse un peu mal, il ne faut pas se l’exercice qui n’a pas les moyens de s’acheter un objet qu’il satisfaire de ce qui est accessible, il faut aller audevient désire, et qui le vole, me dérange moins qu’un delà. Si on joue ce jeu-là et qu’on est bon, si on a des vertueux, objet cassé. Parce qu’au moins, lui va l’aimer. qualités de chineur, de collectionneur, quand on revend, on a une décharge d’adrénaline fantasPropos recueillis par E L L E N W I L L E R agréable tique. C’est là que l’exercice devient vertueux, et jouissif. agréable et jouissif. C’est un vice. Une forme de C’est un vice. Collecting is a risky masochisme. Une collection, c’est une sorte de Une forme de business mise en danger. Plus on pousse le bouchon, plus “Artcurial was looking for someone to run its masochisme. new 20th-century design and decorative arts la sensation est forte. Plus on pousse department. It was a risky bet for me and them,” Quand sait-on qu’on ne pourra pas échapper à le bouchon, says Fabien Naudan, who 10 years later has just cette passion ? En seconde, déjà, je voulais abandonner le cursus been named vice-president of the Parisian aucplus la classique pour faire des études d’architecte. Mes tion house. “To begin with, collecting was a sensation parents ont dit non. Ça a été un rendez-vous desire to own things but also the chance of sell est forte.» manqué. Mais j’ai continué à me passionner. J’ai them. What’s always guided me was a phrase I acheté des bouquins sur l’architecture, puis sur le mobilier heard, ‘When you can 300 of something, better to buy 500.’ d’architecte. Un jour, je me suis trouvé à acheter du mobiIt has to hurt a little; you can’t be satisfied with what is acceslier d’architecte, et puis à avoir une collection de mobilier, sible, but go beyond that. If you play that game and you’re et à vendre… good at it, then selling is a fantastic adrenaline rush. To do Puis c’est devenu votre métier… this job you have to love objects, but you have to let them go. Quand j’ai eu envie de tenter l’aventure du marché de l’art, But then people have offered me colossal sums for certain je suis allé voir des galeristes, qui m’ont très sympathiquepieces I own and I’ve always refused, because no amount of ment ri au nez. Artcurial prenait sa forme d’aujourd’hui. Ils money could give me as much pleasure as the object.”

Collectionner, c’est se mettre en danger

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Astrid BergèsFrisbey

Avec infiniment de grâce PHOTOGRAPHIES JOSH OLINS (Trunk Archive/PhotoSenso)

lle donne rendez-vous sur une place du IXe arrondissement, près de Pigalle. Quel numéro ? Aucun. «Sur la place», dit-elle. Après une rue qui monte, je débouche sur la place en question. Mon regard accomplit un long travelling, hésitant, impatient. Je passe puis repasse, de terrasse en terrasse, décidément toutes désertes. Sur un banc, peutêtre ? Pas plus. Une silhouette se faufile, gracile, gracieuse. Poncho informe, casquette enfoncée jusqu’aux yeux, écharpe serrée autour du cou. Aimantée par la seule table réchauffée par un infime rayon de soleil, la silhouette se replie sur une chaise de café. Une main s’échappe du tissu laineux pour faire signe au garçon. Le visage se lève. Sous la visière, des yeux très clairs, si pâles et pourtant lumineux, éclairés, comme sous tension. C’est elle ? C’est elle. Je m’assois en face d’Astrid Bergès-Frisbey.

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Comment êtes-vous venue au cinéma ? ASTRID BERGÈS-FRISBEY. J’ai eu une enfance assez décousue : je suis née en Espagne,j’ai beaucoup déménagé, et j’avais envie d’une vie stable, d’un métier stable: je voulais faire des études pour devenir ostéopathe. Le cinéma, c’est un désir qui est venu vers l’âge de 18 ans. J’ai perdu mon père. Et j’ai décidé d’essayer au moins d’avoir une vie qui PA LACE COST ES JUILLET / AOU T 2 013

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ressemble à ce dont j’avais envie. De ne pas me mentir. Je me suis donné la permission d’essayer. Pourquoi actrice ? J’avais fait du théâtre au lycée, j’adorais ça, mais pour moi, ce n’était pas un métier. J’ai grandi à la campagne, je n’avais même pas la télévision. On peut penser que je suis passée du coq à l’âne, mais, très étrangement, il y a un lien: l’ostéopathie, comme le jeu d’acteur, cherche à comprendre comment fonctionne l’humain, aussi bien psychologiquement que physiquement, ce qui touche à l’âme… Comment vous y êtes-vous prise ? C’était compliqué, parce que c’est un peu contre-nature. Contre ma nature. Je n’aime pas forcément être le centre de l’attention, et que ce soit sur une scène de théâtre ou sur un plateau de cinéma, on est au cœur. J’ai voulu avoir mon bac, pour avoir cette clé qui me permettrait de me sentir libre de reprendre mes études si j’en avais besoin. Quand j’ai voulu me lancer, j’avais quelqu’un de proche qui faisait ce métier, je lui ai demandé si je perdais mon temps à faire une école de théâtre. Il m’a dit : «Il va falloir que tu travailles, mais tu as tout pour, alors fonce !» Vous aviez quoi pour ? Je pense, une sensibilité. Comment imaginiez-vous ce travail ? Je n’imaginais rien du tout. Je cherchais seulement à donner le meilleur de moi-même. A partir du moment où j’avais pris la décision, j’avais envie de bouffer de la scène, de parcourir tout le répertoire, de bosser comme une acharnée… En cours d’art dramatique, les jeunes gens autour de moi faisaient des études en parallèle, moi pas. J’avais la conviction que ce n’est pas quelque chose qu’on peut faire à côté. On ne peut le faire qu’à fond, ou pas. Quand avez-vous su que ce métier était pour vous ? On ne sait jamais véritablement. Il y a des moments de grâce où on se dit : oui, je suis faite pour ça. Quand on vibre, qu’on fait vibrer les gens, quand on a l’impression de toucher à quelque chose de vrai. J’ai fait des essais. J’ai été prise sur le film Sa Majesté Minor, de Jean-Jacques Annaud. Pour moi, c’était surréaliste. Ça a été coupé au montage, mais c’était la première fois que je jouais de façon professionnelle, et ça m’a permis de trouver un agent. Sans ça, on ne peut rien faire dans ce métier. Vous avez continué les cours d’art dramatique ? J’ai continué assez longtemps. J’en prends encore aujourd’hui : je fais des laboratoires de jeu. On est notre propre outil, et il faut l’affûter. Ne pas perdre la main, s’exercer, aller vers plus précis. Comme un danseur, comme un violoniste. Quel a été votre chemin jusqu’à «La Fille du puisatier» de Daniel Auteuil ou «Pirates des Caraïbes» de Rob Marshall ? J’ai commencé à tourner, et j’ai tourné beaucoup. La première année a été non-stop. Pour la télévision, des séries, des films… Au théâtre, à Marigny, j’ai joué dans Equus, de

Peter Shaffer.J’ai eu un rôle important dans un premier long, où je n’ai pas été coupée… C’était Un barrage contre le Pacifique. Puis La Première Etoile. J’étais très consciente de la chance que j’avais. J’étais dans le présent, hyper heureuse de me dire que je ne m’étais pas trompée, que ce n’était pas seulement une envie, que j’avais ma place. J’ai toujours choisi ce que je faisais, mais maintenant c’est plus accentué. Mais quand j’ai commencé à tourner mon tout dernier film, Juliette, de Pierre Godeau, ça faisait un an et demi que je n’avais pas tourné. Une année de réflexion, où j’ai grandi, où je me suis ressourcée. Quand vous ne tournez pas, ça vous manque ? Quand je ne tourne pas, on me dit : «Qu’est-ce que tu fais dans la vie ?» Et c’est vrai que c’est difficile de répondre. On est complètement lié à ce qui se voit. J’entendais récemment une actrice qui expliquait qu’une carrière se construit plus sur les rôles qu’on refuse que sur ceux qu’on accepte. Je suis tout à fait d’accord avec ça. Ça a fini par me manquer, mais je préférais ne rien faire plutôt que faire des choses ou travailler avec des gens qui ne me plaisaient pas. Ça me rend trop malheureuse.

«C’est un peu contre-nature. Contre ma nature. Je n’aime pas forcément être le centre de l’attention, et que ce soit sur une scène de théâtre ou sur un plateau de cinéma, on est au cœur.»

Propos recueillis par E L L E N W I L L E R

Astrid Bergès-Frisbey tient le rôle-titre dans «Juliette», de Pierre Godeau. Sortie le 17 juillet.

Playing for keeps Astrid Bergès-Frisbey began acting at high school, but never thought of it as a career. Then, around the age of 18, her father died and she decided to “at least try to have a life that resembled what I wanted” and began acting classes. “From the moment I took the decision I wanted to devour the stage, to do the whole repertoire, work relentlessly,” she says. “Others were studying in parallel, but not me. You either do it completely or don’t.” Not long afterwards she picked up a role in JeanJacques Annaud’s Sa Majesté Minor and, despite being cut, it got her an agent. So she worked on other films – “the first year nonstop” – and did more theatre. Then came her first real role in Un Barrage contre le Pacifique (2008) with Isabelle Huppert, and in 2011 a siren in Pirates of the Caribbean: On Stranger Tides. “I was very conscious of how lucky I was,” she says. “I was in the moment, wildly happy that I’d been right and it hadn’t just been some misplaced desire.” She then took a break, “a year of reflection during which I grew up, recharged my batteries. I ended up missing working, but I preferred to do nothing than do things or work with people I didn’t like. That would make me too unhappy.”

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«Il y a des moments de grâce où on se dit: “oui, je suis faite pour ça”. Quand on vibre, qu’on fait vibrer les gens, quand on a l’impression de toucher à quelque chose de vrai.»

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François Roca

Histoires de Femmes

lles sont seules, en déshabillé, le regard absent, dans des chambres au décor sommaire. Que font-elles ici ? Que vont-elles faire après ? Ces portraits de femmes, peints par François Roca, ne racontent rien, mais ils suggèrent un récit. Une histoire à imaginer. Comme devant la scène arrêtée d’un film. La référence au cinéma est omniprésente, à commencer par celui de David Lynch. «Il y a beaucoup de scènes de chambre dans ses films, je pense à Blue Velvet, lorsque le héros, caché dans une penderie, regarde Isabella Rossellini se déshabiller. J’adore l’atmosphère de cette scène. Elle est érotique sans être vulgaire.» François Roca cite aussi, en vrac, James Ellroy et ses romans, les films noirs américains des années 1950. «J’ai beaucoup regardé ces films enfant, et leur esthétique m’influence jusque dans les moindres détails. Les fenêtres qui s’ouvrent à l’américaine, le mobilier un peu daté –rien n’est design !–, les déshabillés, les coiffures de mes personnages et, bien sûr, leurs corps plutôt plantureux. Moi, je suis à l’ancienne ! J’aime les corps qui ont vécu. Ce qui m’intéresse, ce sont les petits plis, même les bourrelets, bref, ce qui est sensuel et qui est gommé dans les magazines de mode d’aujourd’hui. Quand on regarde ceux des années 1950, il y avait toute une variété de corps ; actuellement, les filles sont toutes

Eric Garault

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retouchées, épilées. Elles sont très belles, mais cette beauté porno-chic n’est pas celle qui m’intéresse.» Sa palette sombre, son goût pour les dégradés de gris renforcent encore le côté «roman noir» de ses tableaux. On pense bien sûr, devant ses toiles, à Edward Hopper et à ses personnages solitaires dans de grandes pièces dénudées. «Oui, bien sûr, j’adore Edward Hopper. La différence, en toute modestie, c’est que Hopper peint les personnages comme il peint les murs. Moi, c’est d’abord les corps que je peins.» N A D I N E VA S S E U R

Story of women. Like Edward Hopper, François Roca paints women in what look like suggestive film stills. The French painter freely admits to being influenced by the American, as well as by David Lynch (“particularly Blue Velvet”) and 1950s film noir. “I watched those films as a kid and they definitely influenced my aesthetic, right down to the tiniest details,” he says, “the windows, the dated furniture, the négligées, and, of course, the voluptuous bodies. Back then there was still a variety of bodies, but today, they’re all ‘bodybuilt,’ retouched and waxed.”

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«Moi, je suis à l’ancienne! J’aime les corps qui ont vécu. Ce qui m’intéresse, ce sont les petits plis, même les bourrelets, bref, ce qui est sensuel et qui est gommé dans les magazines de mode d’aujourd’hui.»

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François Roca est représenté par Costume 3 Pièces www.costume3pieces.com

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«Moi, c’est d’abord les corps que je peins.»


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Bruno Aveillan

Rêveur d’images Musée des arts décoratifs de Paris et au MoMA de New York. «Les marques de luxe s’intéressent à ma vision artistique justement parce que ce sont souvent eux-mêmes des créateurs. On parle le même langage.» Bruno Aveillan définit sa patte de photographe comme «impressionniste». Souvent très douces et lumineuses, ses photos sont prises en argentique et jamais retouchées. «Je m’éloigne volontairement d’une approche trop réaliste.Ce qui fait la beauté d’une image, c’est tout ce qui est autour, tout ce qui sort du cadre : les sons, les odeurs… Pour m’approprier un moment, j’essaie de m’intéresser à des détails particuliers, car ce sont eux qui construisent le souvenir. Je laisse aux spectateurs le soin de remplir tous les blancs que je préserve: ce sont leurs espaces d’interprétation. C’est comme avec les livres : chacun est libre de visualiser l’histoire à sa façon.» S A R A H B O U A S S E Image dreamer “I’ve won lots of prizes,” says Bruno Aveillan, “even if the films I make aren’t constructed like classic ads.” A specialist in publicity films for luxury brands such as Chanel, Lanvin, and Swarovski, he says that, “putting a brand’s image into images is a real challenge.” Especially when, as with Louis Vuitton in 2008, it is the house’s first ever film. “With Vuitton, it was about reaffirming the legendary brand’s spirit of travel,” he says; his film, set in China, won 14 awards. After studying painting at the Beaux-Arts in Toulouse, he turned to photography and directing, and still sees himself as an artist above all. “Luxury brands are interested in my vision,” he says, “because they are often creative, too. We speak the same language.” He describes his photography as “impressionist”: “I leave it up to the viewer to fill in the blanks. It’s like with books – everyone is free to visualize the story in their own way.”

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Chloé Blondeau

runo Aveillan, 45 ans, a réalisé un nombre incroyable de films publicitaires pour des marques comme Chanel, Perrier, Cartier, Vuitton, Lanvin, Guerlain, Swarovski, les hôtels Shangri-La, ou encore Reporters sans frontières, glanant au fil de sa carrière un nombre incalculable de prix et de distinctions. Réalisateur, mais aussi photographe et artiste multimédia, Bruno a récemment présenté une expo photo sur les coulisses du Bolchoï et vient de signer un coffret de sept livres pour Louis Vuitton, racontant en images les différents métiers de la maison. «On m’a demandé de traduire tous ces savoir-faire, mais je ne voulais pas d’un travail trop didactique. Je souhaitais quelque chose de plus poétique. Beaucoup de métiers artisanaux, voués à disparaître, ont été sauvés par le luxe.» La maison avait déjà donné carte blanche à Bruno pour réaliser le tout premier film publicitaire de son histoire, en 2008. «Mettre l’image d’une marque en images, c’est un vrai challenge. Bien sûr, on veut être à la hauteur du mythe ! Je leur ai dit que je voulais montrer le voyage à travers les yeux du voyageur, en partant faire le tour de la Chine, caméra à l’épaule, avec une toute petite équipe et aucune star au casting. En construisant l’histoire au fil des rencontres, à la manière d’un carnet de voyage… Bon, quand je leur ai dit ça la première fois, il y a eu un léger blanc.» L’équipe dirigeante de Louis Vuitton a accepté, et le film a remporté 14 prix dans le monde entier. Chez Bruno Aveillan, cela semble une habitude. «Les films que je propose ne sont pourtant pas “formatés” pour les prix, dans le sens où ils ne sont pas construits selon une mécanique publicitaire classique. Je suis toujours étonné, mais ça fait plaisir.» Dernier gros succès en date : L’Odyssée de Cartier, premier film de la maison joaillière, lauréat du grand prix du luxe et d’un lion d’or en 2012. Outre ces distinctions, le travail de Bruno Aveillan a motivé des rétrospectives, notamment au

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Rudy Ricciotti

«Je suis provençal, petit-bourgeois et réactionnaire, c’est-à-dire réactif à la modernité»

’est à la réception de l’hôtel du XVIe arrondissement où il a ses habitudes que Rudy Ricciotti m’a donné rendez-vous. Celui qui se décrit comme «ayant une gueule de voleur de poules» ne ressemble ce jour en rien à cette image d’enfant terrible qui lui colle à la peau. Affable, attentif, soucieux de se faire comprendre, il a l’art de la phrase qu’on n’oublie pas. En 2012 le pavillon des Arts de l’Islam du Musée du Louvre, cette année le Musée des civilisations de l’Europe et de la méditerranée (MuCEM) à Marseille, le stade Jean-Bouin bientôt inauguré à Paris, le tout couronné d’une exposition monographique au Musée de l’architecture et du patrimoine, Rudy Ricciotti, grand prix national d’architecture en 2006, est devenu en quelques mois l’un des architectes français les mieux connus du grand public. Pour ses mots passionnés qui frisent volontiers la provocation. «Le problème, c’est que j’aime trop la sémantique.» Pour ses fines résilles en béton fibré ultra-performant dont le MuCEM et le stade Jean-Bouin proposent deux versions aussi différentes que spectaculaires. Avec ses 3 500 triangles dont 3 250 dissemblables, ses 80 poteaux de hauteur inégale, le stade est une «véritable cathédrale de béton»

Marco Jeanson. MuCEM,Marseille ©Lisa Ricciotti

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dont les façades asymétriques ondulent comme une ola de supporters. La couverture en béton imperméable est une première du genre. Une prouesse technique. Ricciotti préfère parler de combat, pour reprendre le titre de son livre : L’architecture est un sport de combat, qui vient de paraître aux Editions Textuel. Construire, pour lui, c’est «en découdre», avec les contraintes techniques, la résistance de la matière, celle des éléments. Les poteaux mathématiquement organisés de façon aléatoire pour le Pavillon Noir d’Angelin Preljocaj procèdent d’une réflexion sur les pressions du mistral. «Ce bâtiment exprime la somme des souffrances qu’il endure. Il est la traduction de sa capacité à encaisser.» Sa vision dramatique de l’architecture ne cesse de réaffirmer que la transformation du réel ne va jamais de soi, qu’il n’est de processus créatif que dans l’anxiété. «On dit que je fais une architecture radicale, je suis un architecte maniériste, nourri de fragilité, d’anxiété, d’ambiguïté, en rupture avec la modernité, qui n’est, elle, qu’anorexie de la pensée !» Ses diatribes contre le minimalisme, «tyrannie du banal», voire «salafisme», sa dernière construction sémiologique qui met dans le même sac ces deux versions du «refus du récit et de la figure interdisant tout désir», une rétention qui, pour

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citer le poète William Blake, «produit la pestilence», ne lui a pas fait que des amis. Pas plus que celles qu’il distille contre la globalisation et le politiquement correct. «Je ne suis pas canal Saint-Martin, baskets et blazer. Je suis provençal, petit-bourgeois et réactionnaire, c’est-à-dire réactif à la modernité. Pour moi, les conservateurs, ce sont les modernes. J’ai horreur de tous ces hôtels design, partout les mêmes d’un bout à l’autre de la planète. Je ne vais que dans les Relais & Châteaux. Etre réac, c’est très goûteux sur le plan esthétique et cela confirme une certaine autorité sexuelle…» «Je trouve Son dernier cheval de bataille est la culture très sexy de voyage. «Il faut réduire les distances. C’est dans le refuge que l’on peut encore ima- de refuser d’être giner, dans le regard de proximité, ce que l’on voit par la fenêtre.» Avec son enveloppe global.» pareille à un moucharabieh, l’architecture du MuCEM renvoie à la métaphore de l’espace méditerranéen, comme elle semble refléter les rocailles des fonds marins qu’elle surplombe. «Pour le Musée Cocteau de Menton, j’ai puisé dans mes souvenirs d’enfant de La Belle et la Bête. J’aime ne pas aller chercher loin. Et je trouve cela très sexy de refuser d’être global.» Avec leurs courbes féminines, leurs ondulations, leurs résilles sexy, ses derniers bâtiments le sont aussi. Ça n’a pas toujours été le cas. «A l’époque du cube noir du Stadium de Vitrolles, je percevais l’esthétisme comme critiquable. Il me semble désormais que la vraie position révolutionnaire est de travailler sur la question de la beauté. On assiste aujourd’hui en France, et plus largement en Europe, à un exil de la beauté, de la générosité, de l’intelligence. C’est parce que j’aime la France que je m’en prends à toutes ces doxas qui assèchent.» On se souvient de sa sortie mémorable au sujet des fameuses normes de haute qualité environnementale (HQE) qu’intègre désormais tout projet de construction : «Le H, j’en prends un peu ; le Q, autant que je peux… Quant au E, j’hésite. Mais, s’il vous plaît, ne faites pas de moi une caricature. Je suis extrêmement sensible, une sorte de Quasimodo qui sourit en retour des coups.» «S’il vous plaît», «merci», c’est dans ces deux expressions magiques que réside, dit-il, sa force de frappe, qui lui vaut d’être profondément aimé par le monde du

bâtiment, des ingénieurs, des ouvriers. «Je suis un homme de chantier et j’aime les associations, la mise en puissance des savoirs des autres.» Davantage qu’en créateur, c’est en capitaine de navire qu’il se voit. Premier à partir à l’assaut en cas d’abordage, «prêt à (se) mettre en danger, mais sans mettre en danger les autres». Sensible ? Romantique, comme on le voit dans le film de Laetitia Masson projeté dans l’exposition ? Provocateur, grande gueule assurément. Rudy Ricciotti n’est pas de son temps, il est un homme paradoxal. N A D I N E V A S S E U R Exposition «Ricciotti, architecte», jusqu’ au 8 septembre 2013 à la Cité de l’Architecture & du Patrimoine Rude boy In 2012 the Louvre’s Rudy Ricciotti-designed Islamic art department opened; in May this year, it was his Musée des Civilisations de l’Europe et de la méditerranée (MuCEM) in Marseille, his renovation of the Jean Bouin stadium, Paris, will soon be finished, and an exhibition of his work just opened at the Musée de l’Architecture et du Patrimoine, Paris. Ricciotti has suddenly become France’s most highprofile architect. For him, “architecture is a combat sport” (the title of his book) and building is about “unpicking” technical constraints or materials’ resistance. He has a dramatic vision of architecture (one building “expresses the sum of the suffering it endures”) and fights against the homogenization of taste (“I hate all those designer hotels, the same all over the world”), because he thinks we should be looking locally for inspiration: “I don’t like going far and I think it’s sexy to refuse to be global.” Talking of sexy, he is also fighting for beauty. “It seems to me now that the real revolutionary position is to work on the question of beauty,” he says. “Today in France, and across Europe, we are witnessing beauty, generosity and intelligence being sent into exile. It’s because I love France that I’m having a go at all these orthodoxies.”

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Stade Jean Bouin, Paris ©Agence Rudy Ricciotti Musée du Louvre, département des Arts de l’Islam ©Philippe Ruault

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«Cerogenes auricoma»

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insectes es femmes de toutes les formes! Des femmes de toutes les beautés, les plus douces ou les plus inquiétantes. Les artistes n’en finissent pas de questionner le corps et l’image des femmes. Laurent Seroussi, photographe et graphiste français, nous propose un «clash esthétique»: «Ce qui est intéressant, c’est de créer une collision entre deux perceptions de la beauté. Des femmes, parées, maquillées, apprêtées comme pour des photographies de mode, et des insectes, qui, pour moi, représentent une certaine pureté esthétique. Cela crée des hybrides, à la fois attractifs et répulsifs. Les “personnalités” supposées des animaux ne rentrent pas en ligne de compte: le papillon n’est pas plus “gentil” que la mante religieuse… et une femme brune n’est pas plus féroce qu’une blonde, c’est la synthèse qui est intéressante, l’hybride “cohérent” qui apparaît. Deux notions sont communes à ces deux formes de beauté: la brièveté et la fragilité.»

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“What’s interesting is bumping two things together,” says French photographer Laurent Seroussi. “Here are women dressed up like in fashion photographs and insects. It creates hybrids that are both attractive and repulsive, and asks questions about our ideas of beauty.” PA LACE COST ES JUILLET / AOU T 2 013

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«Mormolyce phyllodes»

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«Phyllium giganteum»


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«Goliathus regius»

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«Megasoma actaeon»


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«Titanacris Albipes»

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©Laurent Seroussi, courtesy Opera Gallery, Paris. Les photos de Laurent Seroussi sont à l’Opera Gallery, 356 rue Saint-Honoré, Paris Ier. PA LACE COST ES JUILLET / AOU T 2 013

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n haut à gauche, la lampe articulée Hyperionconçue comme un insecte en bois par le designer hollandais Paul Heijnen, présentée par la galerieRossana Orlandi. A droite, le fauteuil Paulistano signé Paulo Mendes da Rocha, avec la housse réversible de la styliste Rosita Missoni, édition limitée à 500 pièces, édité par Objekto. En bas à gauche, le fauteuil, bulle d’intimité, Hush Pod Chair signé de la designer britannique Freyja Sewellen feutre de laine, manufacturé par Ness Furniture ; à droite, la chaise Moro de Fornasetti, imprimée, laquée et peinte à la main. Rééditée pour fêter en cette année 2013 le 100e anniversaire de la marque.

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Paul Heijnen-designed lamp; Paulo Mendes da Rochaarmchair; Hush Pod Chair by Freyja Sewell; Moro chair by Fornasetti.

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n haut, inspiration Louis XV pour la commode W(hole) de Pietro Feruccio Lavianipour Fratelli Boffi. Acajou et laiton, partie supérieure en marbre «empereur» et trou conique laqué bleu. En bas, le TajMahal, l’une des sept merveilles du monde, réinterprété en table par le Studio Job, présentée par laCarpenters Workshop Gallery-London Paris. En bronze poli et patiné. Ferruccio Laviani Louis XV-inspired cupboard W(hole) in mahogany, brass and marble; Taj Mahal table by Studio Job in polished and patinated bronze.

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n haut à gauche, le F*Buffet de Feruccio Laviani, dont la base, taillée à la main et repolie à la feuille d’or en style baroque, contraste avec les lignes contemporaines du coffre, pour Fratelli Boffi. A droite, le cabinet Good Vibrations aux lignes «cryptées» créé par Feruccio Laviani pour Fratelli Boffi. En bas, une autre version, en bois clair, de Good Vibrations pour un modèle de buffet bas, toujours pour Fratelli Boffi. F* dresser by Ferruccio Laviani; Good Vibrations cabinet by Ferruccio Laviani and a light wood version.

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n haut à gauche, étagère «désordonnée» Bric à Brac en chêne issu de forêts françaises gérées durablement ; au centre, bibliothèque graphique KAO Triple en chêne. A droite, bibliothèque modulable 3 Mâts : 11 éléments coulissent et 7 pivotent sur 3 axes. En bas à gauche, étagère Equilibriste en chêne ; en bas, bureau Rebelle en chêne, pieds en marbre de Carrare. Le tout dessiné et fabriqué parDrugeot Labo. “Disordered” shelf Bric à Brac; KAO bookshelves in oak; modular 3Mats bookshelves; oak Equilibriste shelves; Rebelle desk in oak by Drugeot Labo.

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n haut, étagères Pentagonale Shelving System modulables issues de la série de mobilier en kit Redux du designer belge Alix Welter. En bois durable. L’ensemble de la collection est doté d’un système d’emboîtement autobloquant. En bas, le bureau déstructuré avec lampe intégrée Kenn Desk et le meuble Kenn Brutal, designés par Kenyon Yeh pour Seletti. En MDF recouvert d’une laque blanche, pieds en bois massif. Pentagonal Shelving System by Alix Welter; Kenn Desk with built-in lamp and Kenn Brutal chair by Kenyon Yeh.

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n haut, la bibliothèque sculpture Pattern, en aluminium composite laqué, du designer argentin Alfredo Häberli pour Quodes. En bas, le système d’étagères symétrique EUR de Giulio Iacchetti pour Magis, inspiré de l’architecture «fasciste» du square Colosseum de Rome. Pattern aluminum bookshelves by Alfredo Häberli; EUR shelving system by Giulio Iacchetti.

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n haut, à gauche, le fauteuil à base pivotante Dalia, dont les lignes rappellent la forme de la fleur, signé Marcel Wanders pour Cappellini ; à droite, la Bowl Chair de Lina Bo Bardi. Créée en 1951, la Bowl Chair n’avait été fabriquée qu’en deux exemplaires. La firme italienne Arper vient de la rééditer dans une variété de textiles. Au centre et en bas, le fauteuil et le canapé Sfatto, dessinés par Francesco Binfaré pour Edra. Une partie du dossier peut se relever et permettre ainsi de se blottir. Les modèles existent en tissu ou en cuir très épais. Dalia armchair by Marcel Wanders; originally from 1951, the Bowl Chair by Lina Bo Bardi; Sfatto armchair and sofa by Francesco Binfaré.

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Etonnants Créateurs

Benjamin Graindorge

Des Objets pour Rêver ’aime qu’un objet soit bien conçu, c’est le minimum… qu’il soit beau, mais j’aime aussi qu’il raconte autre chose, des sensations, des émotions.» Benjamin Graindorge a pris pour thème de son mémoire de fin d’études, il y a six ans, «la contemplation et le paysage domestique». Un thème que le jeune designer décline dans toutes ses créations. Ses objets incitent à la rêverie, dissimulent leur technicité très complexe dans des formes qui semblent directement empruntées à celles de la nature : plis géologiques pour sa table Pyrénées, plage de galets pour son canapé Sofascape, jardin japonais miniature pour son jardin domestique de mousse Small Living Home. Le cuir, le bois, le verre, le marbre sont, comme il le dit, ses «couleurs primaires». Des matières vivantes, qui savent vieillir avec le temps et qui durent longtemps. «Dans une époque d’incertitude et de crise comme la nôtre, on se détourne du jetable, de l’éphémère. Les gens cherchent quelque chose de plus calme, de plus certain.» Ces matières sont, par ailleurs, en accord avec sa volonté de paysage. Ainsi le verre dont la transparence suggère celle de l’air, du ciel. La contemplation est aussi un état d’âme. A propos de sa lampe Morning Mist («brume du matin»), il a écrit : «Je voulais une lampe

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qui semble naître de l’esprit d’un homme qui vient juste de s’éveiller.» Et de préciser : «J’aime dessiner des objets qui ont des états seconds, qui développent notre paysage intérieur.» Tantôt serein, tantôt tourmenté, ce paysage est à l’image de l’âme humaine. «Mes objets sont un mélange de calme et de sauvagerie. Ils ont, comme tout être humain, une sorte de seconde peau. Une peau sociale et une autre, plus intime, où se joue quelque chose de plus fou, de plus animal.» En témoigne, par exemple, son vase Ikebana Medulla. «L’idée première de ce vase était d’aider les gens à composer un bouquet et à faire en sorte qu’il reste habité par une forme vivante même quand il n’est pas fleuri. Cette forme nous parle de l’intimité du corps, de la chair. D’où son nom qui emprunte à la fois à la délicatesse de l’art floral japonais et à la moelle qui se trouve à la base du cerveau.» Cette référence au Japon n’est pas surprenante, tant l’univers de Graindorge la suggère à chaque instant. Mélange de spiritualité et de modernité extrême dans les techniques. Elégance faite de légèreté. Il se dit lui-même proche de la culture zen. Benjamin Graindorge a été pensionnaire de la villa Kujoyama à Kyoto, et il a retenu de son séjour au Japon quelques leçons essentielles : «Le Japon

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Second nature “I like an object to be well designed

est très perturbant, car tout y est beau, mais tout le monde s’en fiche. C’est que, pour eux, le résultat est moins important que le travail qui y conduit. J’ai rencontré à Kyoto l’élite des artisans, dont certains fabriquaient deux bouilloires par an. Ce qui les intéressait, c’était le temps qu’ils passaient à faire les choses. Voilà une idée importante à méditer quand on est un designer.» N A D I N E V A S S E U R

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and beautiful,” says Benjamin Graindorge, “but I also like it to say something.” His own designs hide their complex technicality and speak nature: geological folds in his Pyrénées table or pebbles for his Sofascape sofa. “My objects are a mix of tranquility and wildness,” he says. “Like humans, they have a social side and another, more intimate side, something crazier, more animal.” The designer is still digesting the time he recently spent on a scholarship in Kyoto: “Japanese artisans are interested in the time spent making things – the result is less important than the work that gets you there.”


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a Masters Chair revisitée par Philippe Starck, en collaboration avec Eugeni Quillet, devient, en version tabouret, le Masters Stool, pour Kartell. Au centre, Patricia Urquiola réinterprète, avec la Comback Rocking Chair, le fameux modèle Windsor en intégrant des pieds-bascule en frêne teinté chêne, pour Kartell. A droite, la chaise Linee de Taewoo Kim. La structure est conçue en connectant les points de force avec aussi peu de lignes que possible pour garantir la stabilité. En bas, le fauteuil avec oreilles latérales Take a Line for a Walk, designé par Alfredo Häberli pour Moroso. The Masters Chair reworked by Philippe Starck with Eugeni Quitllet becomes the Masters Stool; Patricia Urquiola reinterprets the Comback Rocking Chair; Taewoo Kim’s Linee chair; Take a Line for a Walk armchair by Alfredo Häberli.

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n haut, la console Venise d’inspiration néoclassique, composée d’une «forêt» de pieds dépareillés, signée Welter Egon, présentée par Outdoorz Gallery. En dessous, table d’appui Celte signée Christian Liaigre, piètement en bronze et plateau gainé de tulle. Modèle en édition limitée présenté dans l’espace galerie du designer. A droite, le siège rococo Trono de Ferruccio Laviani pour Fratelli Boffi. En bas, le canapé Uncle Jack de Starck pourKartell. Réalisé par une injection de polycarbonate transparent dans un seul moule. Neo-classical Venice console by Welter Egon; limited-edition side-table by Christian Liaigre; Trono rococo seat by Ferruccio Laviani; Uncle Jack sofa by Philippe Starck.

Photo : Luc Boegly

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n haut, le très mince canapé Paper Planes Sofa dessiné par Doshi Levien pour Moroso. En bas, deux sièges signés Christophe de la Fontaine pour Dante : à gauche, El Santo Libre-Fur avec sa coque en cuir, assise et dossier en fourrure ; à droite, El Santo Libre-Kilim avec sa coque en cuir, assise et dossier en tapis kilim. Thin Paper Planes Sofa by Doshi Levien; two seats by Christophe de la Fontaine; El Santo Libre – Fur with leather seat and fur lining; El Santo Libre – Kilim.

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n haut, trois modèles de chaises à bascule: tressées à la main et fabriquées sur mesure par Mecedorama. En bas, canapé Oasis 3 places signé Atelier Oï pour Moroso en tissu et fer. Three rocking chairs: made to order by Mecedorama; Oasis three-place sofa by Atelier Oï.

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n haut à gauche, fauteuil Crinoline de Patricia Urquiola pour B&B Italia. Structure en aluminium surtressée en corde naturelle. A droite, fauteuil avec dossier en forme d’alcôve Xistera, né de la collaboration entre Samuel Accoceberry et Jean Louis Iratzokipour Pyrenea. En bas, fauteuil Fjord de Patricia Urquiola pour Moroso, au design asymétrique. Fibre de verre et base en fer. Crinoline rope armchair by Patricia Urquiola; Xistera alcove-backed armchair by Samuel Accoceberry and Jean-Louis Iratzoki; Fjord armchair by Patricia Urquiola.

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n haut et au centre, les chaises Cowrie Rocker et Cowrie Chair: la nouvelle marque londonienne de design Made in Ratio inaugure sa création avec cette collection signée Brodie Neill. En bas, le fauteuil Altoum, designé par Marjan Denkov pour Rue Monsieur Paris. Rotin et petites branches de coco, finition dans la résine noire. Cowrie Rocker and Cowrie Chair by Brodie Neill; Altoum armchair by Marjan Denkov.

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Cédric Ragot

Formes Mutantes ’éclectisme, un éclectisme revendiqué, est ce qui caractérise Cédric Ragot, de prime abord. Mobilier, arts de la table, électronique, packaging, ses créations touchent à tous les secteurs du design. Marbre, résine de polyester, polyéthylène rotomoulé, zinc, porcelaine, il ne s’interdit aucun matériau. «L’important est de trouver celui qui est le plus adapté. En général, quand le cahier des charges est bien rédigé, il n’y a qu’un matériau qui réponde à la contrainte.» Derrière cet éclectisme déclaré se dessine néanmoins une cohérence, celle d’un goût prononcé pour le détournement des formes. Son horloge Mantel Dome, directement inspirée de celles de nos grands-parents, en livre une version épurée de toute ornementation. Son mécanisme protégé par une cloche de verre, ses aiguilles très fines qui dépassent du volume en zinc expriment à l’extrême l’idée de la fragilité du temps. «Je l’ai dessinée à l’heure où tout le monde regarde l’heure sur son smartphone. Mais l’on a besoin malgré tout d’incarner le temps, de l’inscrire dans un lien émotionnel et affectif. La vie ne se passe pas uniquement devant un écran.» Dans une démarche analogue, bien que dans un mouvement inverse, de la tradition à l’électronique, Cédric Ragot est parti, dans son vase Fast,

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Photographies Tristan Everhard. Cédric Ragot pour Henri Mazelier, © Bernard Touillon. Canapé Nautil pour Roche Bobois

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de l’archétype d’un vase Ming dont il a déformé l’un des hémisphères par l’art numérique. Collision là encore entre l’ancien et le nouveau pour son guéridon Radian, qui crée la confusion entre pièce industrielle et colonne antique. Cette pièce appartient à la dernière collection de mobilier créée par Cédric Ragot pour Roche Bobois. Conçue comme une «libre composition», celle-ci propose une conception rénovée du séjour où cohabitent des éléments autonomes et divers dans leur esthétique et dont l’assemblage renvoie à «la pluralité et à la complexité des goûts de nos contemporains». De facture plutôt épurée, ils se disposent et se combinent au gré du client. «J’essaie de briser la référence un peu haussmannienne de Roche Bobois, d’apporter un peu de fraîcheur au luxe français, de le rendre un peu moins ampoulé. A l’aménagement du genre costume trois pièces, je substitue un discours très éclectique, très bavard.» Ce n’est pas la première fois que Cédric Ragot réinvente l’espace à vivre. Ses tables Cute-cut, créées il y a quelques années pour la même marque, rompaient déjà avec l’organisation traditionnelle du salon. De formes semblables à celle des galets, proposées dans diverses couleurs, des plus sobres aux plus éclatantes, elles servent autant à s’asseoir qu’à s’attabler ou à servir de desserte et sont conçues pour être disposées de manière éparse en une sorte d’archipel domestique. A mettre également au palmarès de son éclectisme, quelques créations à l’ingéniosité réjouissante, comme son couteau doté d’un fourreau pour protéger la lame de l’usure ou son tabouret de bar Kenny, conçu pour permettre aux dames de reposer confortablement leurs pieds chaussés de talons et équipé d’un crochet servant à suspendre casque de moto ou sac à main. N A D I N E VA S S E U R

Shaping the future Designer Cédric Ragot is eclectic, whether it’s his projects (furniture, tableware, packaging) or the materials he uses (marble, resin, zinc, porcelain). “What’s most important,” he says, “is finding what’s most suitable.” Allied to this pragmatism is an avowed love of shapes. Just look at the Mantel Dome, his reworked carriage clock, or the Hyper-Fast vase, which resembles a Ming vase passing you at the speed of sound. His most recent project saw him given carte blanche by Roche Bobois for a furniture collection, which he conceived as a “free composition” “I’m trying to bring a breath of fresh air to French luxury,” he says, “and make it less pompous.”

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e fauteuil Ro («tranquillité» en danois) du designer espagnol Jaime Hayon pour Fritz Hansen défini par son créateur comme étant «le fauteuil de demain en réponse aux besoins d’aujourd’hui». La coque extérieure rigide contraste avec l’intérieur chaud et doux. Ro by Jaime Hayon for Fritz Hansen: “the armchair of tomorrow’s that answers the needs of today.”

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gauche, la bergèreArne XV, signée par le Studio R2d pour Fratelli Boffi. Son design rappelle à la fois les lignes scandinaves et le style Louis XV. En haut, à droite, Hervé Mat&Jewski revisite la bergère traditionnelle en version Punk. La touche rock est donnée par le dossier orné d’une crête de plumes en queue de coq noir. Le fauteuil est patiné et tapissé en France. En bas, la bergère Mamy Blue aux formes rondes et vives signée Roberto Lazzeroni pour Poltrona Frau. Arne XV wing chair by Studio R2d; Mat&Jewski’s Punk wing chair; Mamy Blue wing chair by Roberto Lazzeroni.

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n haut à gauche, armoire Bois de Rose de Massimo Morozzi pour Edra, décorée d’un plaquage en bois de rose. Existe en version marquetée ou en imitation léopard. Les pédales d’ouverture sont celles d’un piano. A droite, bureau en bois, finition noire «piano» et détails en métal, Secretaria Desk de la designer slovène Nika Zupanc pour Moooi. En bas, le buffet Frutto del Peccato est une réinvention signée Barnaba Fornasetti, le fils de Piero, qui interprète à sa façon les archives et l'héritage esthétique de la maison Fornasetti. Bois de Rose wardrobe by Massimo Morozzi; Secretaria Desk by Nika Zupanc; Frutto del Peccato sideboard by Barnaba Fornasetti.

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e Sushi Cabinet des frères Campana pour la Carpenters Workshop Gallery issu de l’Ocean Collection. Cette pièce est le résultat d’une évolution de la série Sushi qui reposait sur un mélange de matières. La structure est en acier inoxydable. Sushi Cabinet by the Campana brothers, an evolution of the Sushi series, in stainless steel.

©Fernando Laszlo, Courtesy Workshop Gallery

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n haut, sofa Pillowcase signé Italo Rota et Alessandro Pedretti pour Meritalia. En dessous, à gauche, le fauteuil DU 55 de Gastone Rinaldi, modèle icônique des années 50 réédité par Poltrona Frau. A droite, le fauteuil Labyrinth Chair Insect, signé Studio Job pour Moooi. En bas, nouvelle version du fameux canapé Bocca Dark Lady, designé par le Studio 65 pour Gufram.

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Pillowcase sofa by Italo Rota and Alessandro Pedretti; DU55 armchair by Gastone Rinaldi; Labyrinth Chair Insect by Studio Job; Bocca Dark Lady sofa by Studio 65.

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n haut, canapé Via Lattea de Mario Bellini pour Meritalia. Sofa modulable à l’infini composé de sacs en fibres recyclées gonflés d’air. En dessous, leSofa du designer belge Maarten de Ceulaer pièce de sa collection Mutations Series représentée par Industry Gallery aux Etats-Unis. En bas, le canapé Le Nuvole, designé par Sergio Giobbi pour Giovannetti Collezioni, est une réédition d’un modèle de 1972. Via Lattea sofa by Mario Bellini; Sofa by Martine De Ceulaer; Le Nuvole sofa by Sergio Giobbi.

Photo Nico Neefs

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es lits sont tous signés des frères Campana pour Edra. Ils sont inspirés de célèbres meubles des designers réinterprétés en lits. En haut à gauche, le Corallo Bed ; en dessous, le Cabana Bed ; en haut à droite, le Favela Bed et, en dessous, le Grinza Bed… All beds by the Campana brothers, reworkings in horizontal form of their furniture designs.

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a famille d’objets Capitello signée Studio 65 pour Gufram est composée d’un fauteuil en forme de chapiteau et de chauffeuses découpées dans des colonnes. Toutes les pièces sont composées de mousse de polyuréthane recouvertes de peinture lavable Guflac. Capitello family by Studio 65, classical columns sliced for seats and pouffes.

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n haut à gauche, la suspension, en cristal et bambou tressé Cosmo Rouge ; à droite, la lampeAmuleto en cristal aquamarine et bambou. En dessous, à gauche, la lampe Nave. La boule de cristal est au centre de l’enchevêtrement des tiges de bambou. Le tout issu de la collection Fusion des frères Campana pour Baccarat. Fusion Collection by the Campana brothers: Cosmo Rouge ceiling light; Amuleto lamp; Nave bamboo lamp.

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Le design organique d’Ayala Serfaty

outes les pièces présentées sont en soie et signées par la créatrice israélienne Ayala Serfaty pour l’atelier Aqua Creations. Page de gauche, à gauche, Dippa, une suspension de lampions; en haut, le lustre géant Pyramid, véritable sculpture de lumière ; en bas, les deux modèles de lampe fleur Morning Glory. Page de droite, en haut, le lustre à lampionsPalm ; en dessous, les appliques en forme de demi-gousse d’ail, Garlic Cream.

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All pieces are in silk and by Ayala Serfaty: Dippa paper lanterns; Pyramid light fixture; Morning Glory flower lamp; paper-lantern ceiling light Palm; Garlic Cream wall lamps.


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de stars unettes en acétate de cellulose, made in France, fabriquées sur mesure à la demande, strassée et montée à la main (seulement 120 exemplaires pour chaque couleur) . Modèle Régine, créé en hommage à Régine Lesca, pour une grande soirée à Venise, Lesca. Acetate frames, made to measure in France by hand.

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nspiré du mythique sofa de Dalí et de la bouche de Mae West, Pascal Jaulent, directeur artistique, a imaginé ce modèle Bocca Rock 3 aux gambettes irrésistibles chaussées de petits escarpins, Face à Face. Inspired by Dalí’s legendary “lips sofa,” the arms on these frames are legs, with high heels.

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mblématique monture de la maison Emmanuelle Khanh, le modèle icône 5050 est réédité en édition limitée et numérotée en plusieurs couleurs, dont cette version écaille mouchetée. The designer’s iconic model is back in a limited edition and different colors, including tortoise shell.

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unettes Chunky Cat Eyes en peau de serpent bicolore, cendre et corail, Linda Farrow Luxe. Two-color, ash or coral serpent skin for Chunky Cat Eyes.

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gauche, les lunettes rondes en acétate brun fonduCarrington, Moscot. A droite, modèle bicolore de la collection capsule Rasoir, Miu Miu.

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Left, dark brown acetate for round frames; right, two-color frames. PA LACE COST ES JUILLET / AOU T 2 013

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unettes en acétate brun foncé Casandra, Olivers People. Casandra dark brown acetate frames.

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odèle de lunettes cat-eye dont la monture est recouverte de strass, Dsquared². “Cat’s eyes” with sparkly frames.

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gauche, lunettes forme papillon optyl et métal pastel, Dior. A droite, modèle Poetry, en acétate rouge translucide, branches en métal bicolores, Thierry Lasry. Left, butterfly-shaped frames in Optyl and pastel metal; right, translucent red acetate with two-color arms.

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unettes translucides bicolores double ton de violet, Tom Ford. Two-tone violet translucent frames.

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gauche, le modèle impression serpent Full Moon, Roberto Cavalli. En dessous, à droite, les lunettes orangées, forme papillon Anastasia, Tom Ford. Left, serpent-print Full Moon. Below right, orangecolored, butterfly-shaped Anastasia.

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odèle en acétate rose sorbet, Mafalda, gamme n° 2, Mykita. A sorbet-pink acetate Malfalda.

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odèle papillon avec une ligne de 24 perles de culture montées en diadème, Chanel. Butterfly-shaped frames with two lines of 24 cultured pearls assembled in a diadem.

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odèle en édition limitéeJulie, dessiné en 1979, en hommage à sa petite-fille par Joël Lesca, Lesca. Julie: limited-edition model from 1979, designed by Joël Lesca for his granddaughter.

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Carnet de

e Josse Christoph

Délicate hristophe Josse me reçoit dans les salons de sa maison, rue Saint-Honoré. Ambiance très noir et blanc. Nous traversons la première pièce où sont présentés des modèles de la dernière collection, puis nous nous installons dans son bureau. Dos à la fenêtre trône son immense bureau noir, couvert de dossiers et de dessins. Derrière lui, neuf cadres noirs que l’on croit vides, mais qui sont en fait des dégradés de blanc, une de ses œuvres. Au sol et le long des murs sont posés avec précision les échantillons de tissus de la prochaine collection haute couture. Christophe Josse est un homme d’une élégance rare et d’une grande délicatesse. Il me raconte la jeune histoire de sa maison. Jeune, car c’est en janvier 2011 qu’il a intégré le club très fermé de la haute couture. Il parle au pluriel, n’oubliant jamais ses équipes. Pour cet été, une collection concise: beaucoup de blanc, du noir, des bleus nuit, quelques touches de pastel ; des silhouettes fluides et délicates; des robes souvent longues, floutées, plissées, tressées, brodées; de la charmeuse, des dentelles de Lyon, du satin cuir, du tulle… associés à des matières plus atypiques, du rhodoïd ou de la maille métallique. Il cultive les contrastes, entre tradition et modernité. Une collection qui veut exprimer l’idée d’un romantisme nouveau.

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Mode

élégance

Quel est l’esprit de votre maison ? CHRISTOPHE JOSSE. J’essaye d’insuffler un parfum de légèreté et de fraîcheur. Une approche de la haute couture contemporaine en phase avec l’époque. C’est ce que j’aime appeler le «romantisme urbain». De la poésie, mais aussi de la force et de la passion. Aujourd’hui, une fille peut, si elle le souhaite, porter une de mes robes et sortir dans la rue. Ce n’est pas une mode à poser sur un piédestal, dans un musée. Ça reste des vêtements, et cela, j’y tiens. Quelles femmes vous inspirent ? Des filles qui ont autre chose que le paraître, qui dégagent une certaine personnalité. Elles sont capables de porter nos robes. Mais c’est assez facile, car les robes ont cette force de ne pas phagocyter les filles qui les portent. Les robes doivent les mettre en avant et les mettre en lumière. Pas les «dévorer». Vos robes sont très sensuelles… Oui, j’espère bien qu’elles le sont ! Elles ne sont pas sexy, mais sensuelles. Je préfère suggérer. C’est plus dans la délicatesse, le ressenti des choses et le suggestif. La caresse plutôt que le besoin d’afficher… comme une esquisse. J’aime l’idée d’une fragilité, un peu en retenue. Sans prétention. Je veux que les robes soient légères lorsque les femmes les portent. Les clientes ne souhaitent pas des robes qui pèsent des tonnes. A l’atelier, lorsque l’on construit un vêtement, on réfléchit à la technique pour que le vêtement ne soit pas empesé et ne devienne pas un carcan. C’est plus quelque chose qui frôle le corps, le caresse.

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«Les robes doivent mettre en avant les filles qui les portent et les mettre en lumière. Pas les “dévorer”.»

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Carnet de Vous avez fait des études d’art, mais pas d’école de mode ? J’ai passé juste un an dans une école de mode ! J’ai tout appris au contact des gens. C’est un métier qui s’apprend en se confrontant au quotidien d’une maison de couture, à ce qu’est une collection. Les intervenants sont tellement nombreux, entre les divers marchands et fabricants de tissus, les ennoblisseurs de matières, les brodeurs, les plumassiers, les fourreurs… C’est l’échange entre tous ces gens qui

Mode

Ça n’a pas empêché la vente de robes, qui sont devenues des robes de mariée… La modernité est là aussi ! Vous êtes soutenu par des femmes politiques : Aurélie Filippetti à Cannes et Fleur Pellerin à Davos portent vos robes… Oui, ça fait plaisir ! Même si je ne suis pas l’ambassadeur du gouvernement. Mais j’en suis plutôt fier, et elles défendent le savoir-faire français. Votre meilleur souvenir ? Le jour où j’ai su que je rentrais en tant que couturier dans le cercle fermé de la haute couture. Un fort moment de partage avec mes équipes. C’était joyeux, gai, exaltant. Une fenêtre qui s’ouvrait et allait permettre beaucoup de choses. Comme si l’on m’avait donné un trousseau de clés pour ouvrir des portes.

permet une collection. Il faut le vivre, car il y a un battement de cœur ! Chacun est animé par la passion, cherche, propose. Au début, il n’y a rien, puis, en très peu de temps, on arrive à une silhouette. Il y a des confrontations, des tensions… On a des moments d’extrême exaltation ! L’aventure pendant les deux mois magiques de préparation de la collection haute couture: une expérience humaine et artistique ! Vous avez des mentors ? Deux couturiers qui m’ont vraiment marqué: Jules-François Crahay chez Lanvin et Christian Lacroix. Christian Lacroix est un des rares à avoir été capable d’imposer un style propre, de raconter une histoire, la sienne, et qu’elle soit très reconnaissable. Ce n’est pas si facile ! Vous dessinez beaucoup ? Oui, c’est le point de départ ! (Il me sort des pochettes remplies de dessins.) Voici des croquis de travail… qui ne correspondent pas forcément à la robe finale. Après les essayages, il peut y avoir d’énormes questionnements. La collection ne prend corps réellement que dans les quelques jours qui précèdent le défilé. Un drapé peut devenir un plissé, on peut raccourcir une robe, remplacer un cuir par un organza… Le point de départ est une idée globale que l’on va alimenter par une recherche iconographique. Je vais chercher par exemple telle broderie chez un peintre, ou les broderies roumaines, mais aussi des choses ethniques au Pérou, les dessins étoiles des pulls norvégiens, Ron Arad pour les bijoux… ça part dans tous les sens, puis, après, on cadre l’histoire. Avez-vous un fil conducteur ? Retrouver des éléments graphiques ou techniques permet d’installer un lien. Continuer à travailler des robes du soir très légères, fluides, amples, très floutées, évanescentes. J’essaye pour chaque collection de faire deux ou trois robes en mousseline très éthérées. J’aime l’idée d’une continuité. Il n’y a pas de robe de mariée dans la dernière collection… Oui, c’était la première fois. Je me suis aperçu que ce n’était pas nécessaire et que cette tradition n’était pas obligatoire.

Josse couture On the walls of Christophe Josse’s black and white office on Rue Saint-Honoré are his own artworks (all white) and fabric samples for his next haute-couture collection. His most recent featured lots of black, white and petrol blues, with pastel touches, on fluid and delicate shapes in lace, leather satin and tulle. It was, like its designer, elegant and charming. “I try to bring a light touch and freshness, an approach to contemporary haute couture in tune with the times: what I like to call ‘urban romanticism.’ A woman can, if she wants to, wear one of my dresses in the street; it’s not fashion on a pedestal. They’re not sexy, but sensual, delicate and have to show women off and put them in the spotlight, not devour them up. When we make a garment we think about the techniques so it doesn’t become a straitjacket. I did only one year of fashion school. It’s a job you learn by being confronted with a haute-couture house every day. I was really influenced by Jules-François Crahay at Lanvin and Christian Lacroix. Lacroix is one of the rare designers who has been able to impose his own style, which isn’t easy! The two months preparing for a collection are magical: a human and artistic adventure. I begin by drawing, but a collection only really takes shape in the days just before the show: everything is possible up to the last minute. My favorite memory was the day I found out I was being admitted to the closed circle of haute couture. It was as if they’d given me a set of keys that would open all the doors.”

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Vincent Lappartient et Julien Mignot, Nathalie Malric

Propos recueillis par A N N E D E L A L A N D R E


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Elin Hornfeldlt

«La collection ne prend corps réellement que dans les quelques jours qui précèdent le défilé. Un drapé peut devenir un plissé, on peut raccourcir une robe, remplacer un cuir par un organza…»

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Diam’s

tonic Photographies Thomas Paquet Direction artistique Anne Delalandre Stylisme Azadeh Zoraghi

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Bikini en jacquard Princesse tam.tam. Collier Haute Joaillerie en or rose serti de grenats, perles d’eau douce, émeraudes et diamants taille brillant Bulgari. Boucles d’oreilles en or rose et diamants Cartier. Bracelet et bague en or gris et diamants, Cartier. Mise en beauté Chanel collection 2013 L’Eté Papillon, avec le mascara Inimitable Waterproof Blue Note, l’ombre à paupièresstylo Eyeshadow Pink Lagoon et Eyeshadow Moonriver, le vernis à ongles Azuré et pour les lèvres, le Rouge Coco Shine Pygmalion.


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Maillot en lycra Pain de Sucre chez Micha. Parka impérméable Adidas by Stella McCartney. Collier et bague «Temptations» en or blanc serti de tanzanites, améthystes et diamants. Bracelet Haute Joaillerie en titan serti de grenats. Boucles d’oreilles en or blanc serti de diamants blancs, kunzites et tourmalines vertes, le tout par Chopard.

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Bikini en lycra Thapelo. Tee-shirt en coton Nike. Mitaines en cuir Georges Morand. Boucles d’oreilles «Blue Peacock» en diamants blancs, tanzanites et saphirs bleus Henri J. Sillam. Collier «Ava Scarf» en or blanc serti de saphirs et de diamants, Boucheron. Bras droit : accroche-cœur en or blanc serti de diamants Boucheron. Bras gauche : manchette en or gris et diamants Louis Vuitton Joaillerie.


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Bikini en lycra et collier «Bamboo» en argent Gucci. Bracelet et bagues en or gris, diamants blancs et saphirs Vertygo. Elastique de musculation Reebok.

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Bikini en lycra Lacoste. Visière en plexi House of Flora. Chemise sans manches en soie plissée Issey Miyake. Collier et bracelet en or rose, hématites, améthystes, quartz fumés, opales roses et diamants, boucles d’oreilles en or rose et diamants. Main droite : bague or rose, hématites, améthystes, quartz fumés, opales roses et diamants. Main gauche : bague en or jaune, bague en or rose, saphirs roses et diamants, le tout par Cartier.

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Maillot en lycra et résille Etam par Natalia Vodianova. Sac à dos en nylon Gucci. Bandeau et poignets éponge Lacoste. Main droite : bague «Horsebit Cocktail» en or jaune et quartz fumé Gucci. Main gauche : bague «Miss Dior» en or jaune, diamants et citrine, bague «My Dior» grand modèle, or jaune et diamants, bague «My Dior» moyen modèle, or jaune et diamants, le tout Dior Joaillerie. Vélo Chappelli pour Le Coq Sportif.


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Maillot en coton Eres. Visière en coton Adidas by Stella McCartney. Collier, boucles d’oreilles et bague «Voyage dans le temps» en or rose, perles, diamants blancs et bruns Louis Vuitton Joaillerie. Bras gauche : bracelet perlé signature or blanc et diamants Van Cleef & Arpels. Bras droit : bracelet perlé trèfle en or blanc et diamants Van Cleef & Arpels.

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Maillot en lycra, Naila. Parka impérméable, Adidas by Stella McCartney. Collier fleurs en or blanc et diamants, boucles d’oreilles en or blanc et rubis. Bras droit : bracelet en or blanc, diamants baguettes et brillants. Bras gauche : bracelet «Paon» en or blanc, émeraudes, saphirs, diamants et tsavorites, le tout par Garland.

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Trikini Bandage en soie artificielle Hervé Leger. Short en coton Franklin & Marshall. Visière en résille House of Flora. Pince d’entraînement Reebok. Bracelet Bamboo en or jaune Gucci. Main gauche: bague «Bois de Rose» or jaune et diamants, bague «Rose Dior Pré Catelan» grand modèle en or jaune, diamants et corail rouge, les deux Dior Joaillerie. Main droite: bague «Rose Dior Pré Catelan» petit modèle, or jaune, diamant et corail rouge, bague «My Dior» grand modèle, or jaune et diamants, les deux Dior Joaillerie.


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Robe en coton stretch Chanel. Collier «Fontaine Saphir» en or blanc serti de diamants et de saphirs, Collection 1932 Chanel Joaillerie. Bras droit: bracelet «Cupidon» en or blanc et diamants blancs Patrice Fabre. Bague «Plume de Chanel» en or blanc serti de diamants taille brillant Chanel Joaillerie Bague «Moonlight» en diamants blancs et tanzanites Henri J. Sillam. Bras gauche: bracelet «Franges» en or blanc serti d’un diamant et d’émeraudes Chanel Joaillerie.

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Mise en beauté

Chanel : Anthony Preel Coiffure :

Caroline Bufalini @Box Management Mannequin :

Blake Myers @NextParis Assistant photographe : Lucas Laurent Opérateur numérique : Florien Massal Assistante styliste : Adélaïde Goetz Merci au Klay pour son aimable accueil. www.klay.fr


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Carnet de

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Les Carnets de Djemila Le tout-transparent

mer et ceinture dorée du plus bel effet esthétique. Strié de bandes noires, le pantalon panache tons et dorures. Avec une modestie de violette, la belle Senait Gidey porte des lunettes papillon avec miroir. Juste punition : l’admirateur luxurieux recevra en pleine poire l’image de sa concupiscence. Pour jouer sa partition «imprimés», Maison Martin Margiela enfourche carrément le dada du dadaïsme. Elle nous en enseigne le b.a.-ba ! Quant à Marc Jacobs version Louis Vuitton, le mec nous sert un remake de La Madone des sleepings de Maurice Dekobra. Dadamisée par une robe de chambre fleurie comme un papier peint, une lolita gagne à pas feutrés le compartiment du plaisir. Around the world in 80 prints. For Fall 2013 prints rule: Tom Ford and Liya Kebede going all Aztec; Kenzo and Senait Gidey doing mirror sunglasses and seahorses; and Marc Jacobs at Louis Vuitton with Murder on the Orient Express-flowery-wallpaper robes.

ême les politiques parlent de transparence. Elle seule démythifiera les comptes de fées helvétiques et brisera les pots de vin frelaté. Cette transparence-là me fait suer ! Je lui préfère les subtiles moiteurs d’odore di feminasécrétées par les transparences de la mode lorsqu’elle est touchée par la grâce. Sarah Burton, directrice artistique d’Alexander McQueen, en déborde. Non seulement elle ressuscite Catherine de Médicis, mais elle psychanalyse, exhume les fantômes et exclame les fantasmes d’une reine, veuve pas toujours joyeuse. Elle n’en eut pas moins une libido libidineuse au point de transformer le Louvre en maison close. Précurseur de l’hebdomadaire Voici, Brantôme, chroniqueur des Dames galantes, relate par le menu comment la souveraine testait elle-même les capacités érotiques de ses agents 00SEX. Après une catharsis vestimentaire provoquée par le docteur Freud, SM Catherine de Médicis nous revient pourtant avec une tenue digne de Sade et SacherMasoch. Fidèle à l’histoire, le noir est toujours présent, tout comme la fraise Renaissance. Mais la grille, prison du visage, le plastron jacquard qui dame le tronc et les bas résille laissent croire que la reine s'est embastillée herself. Quant aux mains, seules les phalanges sont gainées de cuir noir, ce qui nous donne dix doigts d’héroïsme. Transparency international. Everyone’s talking about transparency. Apparently it’s the only thing that can demystify the Greeks’ accounts of their accounts. But there are other types: such as Sarah Burton’s black sheer Catherine de’ Medici-meets-a-ghost widow look.

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Pour qui sonne le glas? e n’est plus le glas mais l’alarme que sonnent les entrepreneurs de pompes funèbres. On fait la queue dans les cimetières ! Thanatologue à Berlin, Walter Müller constate : «Les corps mis en terre, il y a trente ans ont l’air d’avoir été enterrés la semaine dernière !» Réunis à Hambourg, les scientifiques autour du Pr Horn accusent la pollution et les pesticides. Ils détruisent les bactéries nécessaires à la décomposition des corps. Dorénavant, toute une profession, dont la vocation consistait à maintenir le défunt dans son apparence terrestre, s’ingénie à hâter son retour à la poussière. Les uns suggèrent de substituer le cercueil en pin à celui en chêne, jugé trop solide. D’autres proposent l’inhumation dans un sac de jute. En Norvège, on étudie l’injection de produits chimiques pour accélérer le processus… For whom the bell tolls.That would be the alarm bell as Walter Müller, an undertaker in Berlin, notices that “bodies put in the ground 30 years ago look like they were buried last week!”

Le tour de la mode en 80imprimés our l’automne 2013, au sud comme au nord, à l’est comme à l’ouest, l’imprimé règne ! Ce tour de la mode commence par le Mexique, où Tom Ford, dernier des Mohicans, fait une incursion nordiste. Qu’elle soit aztèque, zapotèque ou toltèque, la sculpturale Liya Kebedecumule beauté et mystère. On croirait quelque jardin initiatique ambulant dessiné par une géométrie minutieuse. De singulières cuissardes auraient une allure de protège-tibias de base-ball si elles n’étaient décorées comme des vitraux de cathédrale. Gracieux hélicoptère sous-marin, l’hippocampe est trop rare pour qu’on le déguste tout cru. Kenzo nous l’habille en appétissant sushi. Ce sympathique syngnathidé possède à la fois bonne renommée de cheval de

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Alexander McQueen, automne/hiver 2013-2014. Foued B. Lord Akeem

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Carnet de

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Sandales

d’été

n haut, sandales à talons aiguilles et brides en soie imprimée Tabitha Simmons. A gauche, sandales à talons en cuir verni et sergé de soie imprimée rehaussées de cordes tressées Nicholas Kirkwood. Sandales à talons en daim noir avec découpe sur les brides laissant apparaître le cuir Azzedine Alaïa (Chez colette). Top, high-heeled sandals with printed-silk straps, Tabitha Simmons. Left, heeled sandals in patent leather and printed silk twill on braided rope wedge, Nicholas Kirkwood. Heeled sandals in black suede with cutouts on straps to reveal leather, Azzedine Alaïa

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Un je graphiquue mat et brilla opaqu etnt, transpareen t, dessin taille trèes ufinne comme e, un corset


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Une ronbe crayo t longiligrneenete. transpaessins Des d ux flora le o c uvrenvtec corps a ce élégan

ckre Lea Pe rès jeune créatrice française, Lea Peckre lance sa première collection cet été, intitulée A Light in the Dark. Elle dessine des silhouettes strictes comme sculptées à même le corps. Le noir est intense. La «lumière» apparaît par un jeu subtil des transparences. Des découpes fines et graphiques soulignent et dessinent une taille très fine. Une silhouette stricte et ultra-féminine ! Young French designer Lea Peckre has a new collection called A Light in the Dark featuring strict shapes, intense blacks and subtle transparencies.

Pascal Montary

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Un jeu dioe ns superpoast es. et de m nticèdres Le bla ient gants v «rehaussire,r» le no par e transparenc

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Preen reen, by Justin Thornton and Thea Bregazzi, c’est le chic déstructuré. Des coupes ultra-graphiques, des associations géométriques de matières ou d’imprimés. C’est net, droit, précis et ultra-chic ! Justin Thornton and Thea Bregazzi’s Preen is deconstructed elegance: clean, straight, precise and ultra-chic.

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Des jupdesues ultra-fednevant sur le une pour e coup nerveuaseste en contrla avec légeretéiedress chemis

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Des bandes de pyth imbriquoéens pou résultat rcuubn et graphiquiste e


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des Mélangnes: saiso s de large fourrurmesent m négligesé po es le, au sur l’épm à mê eue la peau n

iu Miu M e la fourrure et des couleurs sombres pour l’été ! «J’ai essayé d’être élégante, mais d’une façon différente», raconte Miuccia Prada. Un mix entre des matières nobles et pauvres. Une silhouette très fifties, mais toujours à l’avant-garde, grâce à l’association du denim sombre, du satin, des tops brassières amples, qui laissent apparaître la peau, et, définitivement, grâce à cette fourrure estivale. «I tried for elegance, but in a different way,” says Miucca Prada, so she mixed high and low materials for a denim and fur summer extravaganza.

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De la magile le grilla ge, x e tra-lare comm des filetsse, qui lais apparaîtsreet le corpe attir le regard

Leroy e u q i n o Vér our la collection de cet été, Véronique Leroy développe une nouvelle matière: une maille «grillage», découpée au laser. Des vêtements qui n’épousent pas le corps,mais restent résolument sensuels, grâce à la transparence de la résille. For her Summer collection, Véronique Leroy has developed a laser-cut “chainmail” knit that’s sensual in its transparency.

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Une longue rqoubie fluide commenficnee par une qui résille serre le buste

Le dos est largement échancré

Pucci o i l i m E es imprimés kaléidoscopiques de Pucci sont célèbres. Cette saison, Peter Dundas s’est inspiré des motifs traditionnels vietnamiens. More kaleidoscopic prints from house designer Peter Dundas, this season inspired by traditional Vietnamese patterns.

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Carnet de

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Erdem our cet été, Erdem Moralioglu, jeune créateur anglais qui monte, raconte aimer jouer avec les frontières du beau et du laid: «J’aime mélanger le bon goût et le mauvais, aller à rebours du conformisme… Je ne veux pas une mode bourgeoise.» Des combinaisons de pastels dissonants, des patchworks surprenants : dentelles, broderies et imprimés python. Et pourtant, le résultat est charmant et romantique! Home to clashing pastels and surprising patchworks, but as Erdem Moralioglu says, “I like mixing good and bad taste; I don’t want bourgeois fashion.”

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Un patchwork de den lles transparte ntes et d’impreim python és

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Infomania Des infos étonnantes et des objets excitants

Les

trésors

des effets spéciaux

agasin des horreurs, arrière-boutique d’un brocanteur, laboratoire d’un apprenti sorcier ? Il y a de tout cela dans l’Atelier 69. Sur une étagère, la maquette en pâte à modeler d’un masque de Gérard Lanvin. Sur une autre, une collection de faux yeux. Ailleurs, une jambe géante en mousse de latex pour le prochain film de Dany Boon, une tête de cheval… On est à Montreuil, dans l’un des ateliers qui fabriquent les accessoires de nombre de films français. «Ici, on fabrique ce que les réalisateurs ne trouvent pas dans la réalité. Des choses plus ou moins gaies…» Guillaume Castagne, l’un des trois fonda-

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teurs, me montre un corps dépecé pour la série Braquo. «Il a été mis en pièces par la mafia !» Mais aussi un bébé en silicone qui sert dans de nombreux films. «La législation française interdit qu’un bébé soit présent dans un film pendant plus d’une heure, ne serait-ce que pour être tenu dans les bras. On utilise donc des faux.» Il y a aussi les ventres de femme enceinte, différents pour chaque actrice. «Il doit être adapté, comme une chaussure, à chaque corps de comédienne. A celui, par exemple, d’Isabelle Carré dans Anna M. On nous en commande beaucoup depuis quelque temps. Avant, cela relevait du travail de la costumière, qui plaçait un coussin sous le vêtement. Les réalisateurs cherchent désormais un effet plus réaliste.» Le vieillissement des acteurs est une autre de leurs spécialités. «On a vieilli Denis Podalydès dans Camille redouble,

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«La législation

française interdit qu’un bébé soit présent dans un film pendant plus d’une heure, ne serait-ce que pour être tenu dans les bras. On utilise donc des faux.»

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Infomania Jean Dujardin pour l’émission Débarquement sur Canal+ ; bientôt, ce sera Catherine Deneuve pour son prochain film… Les comédiens doivent pour cela se prêter à un exercice peu plaisant. On recouvre entièrement leur visage, yeux compris, seules les narines sont épargnées, pour qu’ils puissent respirer, d’une pâte qui met dix minutes à durcir. C’est sur ce moule qu’on sculpte ensuite les rides, les affaissements. C’est plus ou moins physiologique, mais, à force, on a acquis des notions d’anatomie ! Et puis, on replace le moule en plusieurs morceaux pour que le visage puisse bouger au moment même du tournage. Une opération qui prend à chaque fois entre quatre et cinq heures.» Ils travaillent actuellement à un dentier qui servira à déformer le visage de Bérénice Bejo dans son prochain film. Guillaume Castagne comme ses deux acolytes, Olivier Afonso et Frédéric Lainé, étaient des enfants passionnés d’effets spéciaux au moment où, dans les années 1980, ils explosaient au cinéma, dans Le Loupgarou de Londres, The Thing… Ils ont ensuite tous trois suivi les cours de l’Ecole des arts appliqués Olivier-deSerres. «Notre champ, c’est surtout les polars, les comédies et les films réalistes. Il y a peu de films fantastiques ou de films d’horreur dans le cinéma français.» Dans une réserve sont rangés, par parties du corps, tous les moulages utilisés pour la confection de mannequins : bassins, membres supérieurs, organes… Ils servent notamment pour figurer les passagers d’une voiture dans les scènes de cascade, un corps qui se jette dans le vide ou qu’on traîne. Vus de près sur des étagères, à la

lumière du jour, tous ces corps et parties de corps ont des airs de mauvais acteurs en carton-pâte. Mais il faut les imaginer sous la lumière des projecteurs, recouverts d’un effet subtil de sang frais ou de sueur. Le frisson, alors, est assuré. Propos recueillis par N A D I N E V A S S E U R

Blood and guts “Here, we make what directors can’t find in real life,” says Guillaume Castagne, one of the three founders of Atelier 69. Which means chopped-up bodies, giant latex legs, silicone babies that don’t cry, as well as masks that age actors (Jean Dujardin recently used one) and dentures to change actors faces (Bérénice Bejo will soon wear some). Along with his co-founders Olivier Afonso and Frédéric Lainé, Guillaume grew up in the 1980s obsessed with special effects. Sadly for these fans of The Thing and An American Werewolf in London, “We work mostly on thrillers, comedies and realist films – there aren’t that many French sci-fi or horror films.”

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Italiens électriques eux solutions «made in Italy», glamour et écolos, pour circuler chic en ville: en haut, la version vintage, type californien à assistance électrique, produit par ItalJet, en cours d’importation en France (Goes Europe); en bas, le Cykno, lui aussi électrique, résultat de la collaboration entre Bruno Greppi, un ingénieur moto, et Luca Scopel, un concepteur spécialisé dans les produits de luxe, aidés par deux gourous de la publicité transalpine, Gianpietro Vigorelli et Riccardo Lorenzini (Engeenius). Remarquez les gros pneus, la selle en suspension et admirez le design particulièrement réussi! Two glamorous and green Italian-made solutions for getting around town: Ital Jet’s pedal-electric, Californianstyle vintage bike; and the Cykno, also electric and, thanks to a stellar engineering and design team, fat tires and a soft saddle, also a stunner.

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Etonnants Créateurs

Grégoire Guillemin Les super héros aussi ont une vie privée régoire Guillemin travaille dans la pub. Il a 45 ans et il aime jouer avec les supports, les styles, les graphismes, les mythes et les figures héroïques. Il s’est intéressé aux robots, a redessiné des affiches de films dans des styles très variés, minimaliste, Art déco ou futuriste, imaginé une multitude de capsules et recréé des héros avec des petits bouts de papier… Sur son site, il se définit d’ailleurs comme «eclectic graphical gamer». Dans cette série, Léon (c’est le pseudo qu’il s’est choisi) a voulu se confronter aux super-héros. «J’ai imaginé des situations dans lesquelles nous n’avons jamais vu nos héros préférés ; les scènes les plus banales de leur vie quotidienne…» Et cela donne ces très belles images de héros surpris dans leur intimité. On découvre Batman se lavant les dents, BlancheNeige une cigarette à la main, Wonder Woman choisissant son sex toy, Spiderman aux toilettes… C’est drôle et très beau.

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The private lives of superheroes Grégoire Guillemin works in advertising but under the name of Léon has created entertaining image of superheroes in their private moments.

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Grégoire «Léon» Guillemin

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«Irène» L’érotisme au féminin ur le chemin, j’ai l’impression d’aller retrouver trois copines, mais en même temps ces drôles de filles ont fondé un étonnant fanzine érotique, Irène. Le rendezvous a été pris dans leur QG,Les Parigots,à République. En arrivant, je découvre trois filles très différentes, trois styles, trois personnalités. Toutes les trois très jolies: Esthèle, blonde, 26 ans, graphiste, Geneviève, brune, cheveux bouclés aux pointes rouges, 26 ans, styliste lingerie, et Lucie, brune, frange, cheveux longs, 27 ans, assistante de production dans l’audiovisuel. Elles se sont rencontrées à Londres. Geneviève parle la première: «L’érotisme est un sujet qui m’intéressait beaucoup. A Londres, il a un côté un peu trash… En France, c’est l’opposé. Je voulais aborder le sujet de manière différente en reliant les deux.» Un an de réflexion plus tard, le projet est prêt : «On a fait un premier numéro pour nous, on l’a mis en ligne sur Issuu, il a été bien reçu, des photographes nous ont proposé leur travail et, lorsqu’on a quitté Londres, on a ramené le fanzine en France, on a tiré les autres numéros à 200 et 400 exemplaires numérotés.» Comme un objet de collection. Pour juste 10 euros. Pourquoi «Irène» ?«On voulait un prénom de femme: Irène, c’est le prénom d’une poétesse surréaliste belge –Irène Hamoir–, qui était la muse de Magritte», explique Lucie. «C’est un prénom ancien, qui a une histoire. Phonétiquement, il est assez marquant», ajoute Geneviève. Le mode d’emploi? «Chacune intervient un peu partout, tout le monde met la main à la patte, mais, en général, Geneviève travaille la direction artistique, l’ambiance générale. Moi, je la traduis à travers le graphisme. Lucie pose parfois, vérifie également les détails et gère la prod et la com», explique Esthèle. «Il y a forcément quelques difficultés, chacune a sa manière de travailler, de réagir face aux choses. Il y a des disputes, surtout en période de bouclage», avoue Geneviève. L’érotisme féminin, c’est comment? Geneviève répond la première:«Irène, c’était vraiment de la douceur, un côté assez sauvage et naturel. Mais je pense qu’on ne s’arrête jamais sur un type d’érotisme précis. Il faut toujours que tout soit fait avec poésie et finesse, mais en gardant les aspects un peu dérangeants. L’érotisme, c’est une poésie.» Esthèle parle plutôt de la démarche: «On le fait en contrepied. On définit notre iconographie en fonction de ce qu’on n’aime pas, de ce qu’on a l’habitude de voir ou pas. Les gens ne sont pas habitués à voir ces images-là, avec un point de vue qui est féminin. Proposer quelque chose de différent avec notre univers.» Lucie conclut : «Nos envies de départ ont évolué au même rythme que nous. Ça se traduit par le parti pris à chaque numéro de mettre en avant une person-

nalité différente : sauvage, suggérée… C’est une intention, une direction artistique. La nudité n’est pas nécessairement vulgaire ou érotique, c’est juste beau.» Propos recueillis par L U C I E T I G O U L E T irene-eroticfanzine.com

Feminine eroticism Irène, an “erotic fanzine,” was created in London by Esthèle, 26, graphic designer; Geneviève, 26, lingerie designer; and Lucie, 27, a production assistant. (“Irène was a Belgian surrealist poet, Irène Hamoir, Magritte’s muse,” explains Lucie.) That first issue took a year to put together, says Geneviève, then “we put it on Issuu, and people liked it.” The trio returned to Paris and printed the next issues, “200 and 400 numbered copies” of each. “Each of us does her bit,” says Esthèle. “Geneviève works on the art direction; I translate that into graphic design; Lucie poses sometimes, and manages production and PR. We’re looking for something different; people aren’t used to seeing these kind of images with a feminine point of view.” Lucie adds, “Nudity isn’t necessarily vulgar or erotic – it’s just beautiful.”

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Photo : Esthèle Girardet

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La vie en soie hilippe Mermi a lancé sa marque de foulards en 2013 après une riche carrière dans les médias. Directeur artistique, il a toujours cultivé sa passion pour la photographie, le graphisme et la mode. Pour sa première collection de carrés de soie printemps-été, il opte pour un aspect graphique et haut en couleur. Ces carrés ont été réalisés à partir de photographies vintage et bénéficient d’une nouvelle technique d’impression numérique qui magnifie le rendu des couleurs et de l’imprimé. Philippe Mermi collabore notamment avec les meilleurs artisans soyeux de Lyon: une manière pour lui de célébrer le luxe à la française.

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Showroom : 81 rue Beaubourg, Paris IIIe (sur rdv). www.mermi.fr

Philippe Mermi has launched a line of scarves featuring strong, colorful prints based on vintage photographs.

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Infomania E t o n n a n t s Pa r i s i e n s

Carmen Busquets

Pionnière de l’e-commerce de luxe elle joue son plus gros coup : la vente de Net-A-Porter au groupe Richemont, une transaction exceptionnelle de près de 400 millions d’euros. Récompensée, en 2011, par le prix de l’Individual Outstanding Achievement au Luxury Briefing Awards pour sa vision de précurseur dans la vente en ligne d’objets de luxe et son soutien à l’artisanat à travers CoutureLab, Carmen finance aujourd’hui de jeunes entreprises créatives à travers son propre relais d’investissement, Cabus Venture. Et elle a récemment lancé GiftLab, un site où elle propose aux internautes de trouver le cadeau idéal, quel que soit leur budget : on y découvre une sélection d’objets de qualité et toujours portés par une histoire forte, dans l’esprit de CoutureLab. Carmen a du flair : elle est sûre d’avoir visé juste en misant sur le plaisir d’offrir. Et nous, on n’hésite pas à parier que GiftLab sera le carton des fêtes de fin d’année. S A R A H B OUA S S E

Invest for success In the early 1990s, Carmen Busquets lived in Caracas and sold haute couture from photographs she’d taken at catwalk shows. So when she saw Net-APorter’s first business plan in 1999, she knew it would work, “because I’d been doing it successfully for years!” So in 2000, she invested £250,000 and joined the board. After which she set up CoutureLab, an e-commerce site for rare and exclusive products made by artisans, artists and designers, which attracted a rich international clientele. In 2010, she saw her Net-A-Porter bet pay off when Richemont bought it for €400 million. Her latest venture is GiftLab, a site for people looking for the ideal present, whatever their budget. We’re betting it’s going to be a success.

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Oleg Covian

armen Busquets me reçoit chez elle, dans son luxueux appartement du VIIIe arrondissement où se rencontrent mobilier design et œuvres d’art. Paris est en pleine Fashion Week, mais la Vénézuélienne précise tout de suite qu’elle n’a plus le temps de courir tous les défilés. Pourtant, c’est là, au pied des podiums, que Carmen, aujourd’hui multimillionnaire, a commencé sa carrière. Au début des années 1990, Carmen tient une petite boutique de mode à Caracas, et elle a l’idée de distribuer à ses clientes les collections de haute couture des podiums européens, en leur présentant les modèles grâce à de simples photographies qu’elle rapporte de ses voyages. Une intuition géniale, qui lui permettra plus tard de comprendre qu’elle tient un véritable trésor entre les mains lorsqu’elle feuillette, pour la première fois, le business plan de Net-A-Porter. Nous sommes en 1999, et la vente de vêtements en ligne n’existe encore quasiment pas. «J’y ai tout de suite cru, sourit Carmen. Cette aventure s’inscrivait parfaitement dans mon histoire, et je savais pertinemment que les gens achèteraient des vêtements sur photo, puisque je l’avais moimême fait avec succès pendant des années !» Ignorant les mises en garde de son entourage, Carmen investit 250000 euros en 2000 et devient ainsi cofondatrice majoritaire et présidente du conseil d’administration de Net-A-Porter. Très impliquée dans le développement et la croissance fulgurante du site, elle lui apporte son expertise d’acheteuse mode, un carnet d’adresses impressionnant ainsi que son talent naturel pour le business. En véritable pionnière de l’e-commerce de luxe, elle fonde en parallèle Couture Lab, un site de vente en ligne de produits rares et exclusifs fabriqués par des artisans, artistes, créateurs et maisons de mode du monde entier. «Je voulais faire quelque chose d’inspirant. Soutenir tous ces talents créatifs en racontant aux consommateurs l’histoire qui se cache derrière chaque produit que le site sélectionne pour eux.» Carmen voit de nouveau juste : CoutureLab fidélise une riche clientèle internationale, séduite par cette approche –alors résolument différente– du luxe. Puis, en 2010,

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Contrastes raffinés

nnelise Michelsonaurait pu faire de la mode. La créatrice a vu son destin basculer lorsqu’elle a présenté à Carine Roitfeld les accessoires qu’elle avait créés pour le shooting photo d’une amie : des chapelets revisités, mariant à des chaînes de gourmette une dentelle entièrement rebrodée. Encouragée, Annelise décide de changer de cap. Sans renier sa passion du vêtement. Puisant son inspiration aussi bien dans l’art abstrait du XXe siècle que dans les clips sur MTV, la créatrice de 28 ans dessine les contours de son univers ludique et coloré depuis son atelier parisien, où elle réalise tous ses bijoux à la main. Annelise présente une collection qui joue la carte des contrastes: une dentelle raffinée et délicate, issue d’une tradition française ancestrale, se pare d’un silicone moderne aux teintes pop, appliqué en touches aléatoires sur des plastrons ou des cols plongeants. Ces créations inédites complètent une collection «permanente», taillée, elle, dans le métal. S A R A H B O U A S S E

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www.annelisemichelson.com

Annelise Michelsontrained to be a fashion designer, but then Carine Roitfeld saw some accessories she’d made for a photo shoot. So, with the encouragement of French Vogue’s ex-editor, the 28-year-old has been designing jewelry since 2010. Her latest collection is an elegant mix of traditional lace, hi-tech silicon and precious metals.

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Asarota

La Mosaïque Haute couture L

façade de building… Asarota multiplie les réalisations à travers le monde et séduit acteurs et personnalités de la mode en bousculant les codes de ce matériau luxueux qui trouve désormais sa place dans toutes les pièces des intérieurs contemporains. «Du petit tableau au pan de mur intégral, sur la base d’un dessin, d’une photo ou d’une simple idée, nous pouvons réaliser toutes les envies, même les plus folles !» Bluffant. S A N D R A

a mosaïque, les Italiens en ont fait leur faire-valoir, et, depuis peu, un couple de Français, Catherine et Christophe de Mouraont modernisé ce support ancestral en proposant une offre esthétique et singulière qui colle parfaitement aux tendances actuelles. La marque Asarota, dont le nom latin signifie «ouvrage en mosaïque», est l’œuvre de ce duo de créateurs passionnés par la mosaïque en pâte de verre. Après de nombreux voyages, des recherches en chimie et des partenariats avec diverses universités, Asarota a vu le jour en 2009. Approche créative, style raffiné, couleurs intenses élaborées en laboratoire, Asarota s’est fait une place à part sur le marché de la mosaïque grâce à l’excellence de son verre fabriqué en Europe et à son procédé unique d’assemblage : «Nous utilisons des tesselles de verres de petite taille, 10x10mm, ce qui nous permet de reproduire à l’identique motifs et images en conservant une “qualité photo”.» Chez Asarota, toutes les images et photos peuvent être traduites en mosaïque, sans limites de taille, pour un revêtement de sol ou une application murale, à l’intérieur comme à l’extérieur. Résideces privées, hôtels, spas, showrooms, yachts,

SERPERO

www.asarota.com

Designer mosaic Catherine and Christophe de Moura launched Asarota (“mosaic” in Latin) in 2009. The couple can reproduce photographs, drawings and “even the craziest ideas” in mosaic of all sizes thanks to its 10x10mm colored glass squares – the fruit of years of research – and a unique assembly process.

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«Nous utilisons des tesselles de verres de petite taille, ce qui nous permet de reproduire à l’identique motifs et images en conservant une “qualité photo”.»

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Infomania No u v e a u t é s à l ’ e s s a i

BMW M6

Richesses intérieures

n long coupé quatre places, silhouette sculptée, beauté un peu intimidante. Beaucoup de prestance… Et lorsque la poupe de la Série 6 est frappée du matricule M, aristocratique tatouage réservé aux BMW les plus sportives, c’est l’assurance d’une puissance abondante. Le long capot avant abrite alors un gros V8 et deux turbos : 560 chevaux. De fait, la puissance, donnée théorique, se transforme en une supériorité bien tangible, à la fois copieuse et savoureuse. Depuis le poste de conduite à l’ergonomie impeccable, le conducteur jouit d’accélérations prodigieuses et en rythme du bout des doigts le déferlement, sur les palettes derrière le volant. Mais souvent, il ne demande pas plus à la lourde machine et croit devoir cantonner au circuit ou à l’autobahn ces performances d’avion de chasse… Et il se trompe, le conducteur… Car le meilleur est à venir. Oubliée l’autoroute, la première partie du voyage achevée, la M6 se confronte aux virages. Et là… Sensation : le beau mannequin est aussi acrobate ! Le gabarit est oublié, la surpuissance parfaitement gérée, la route avalée. Pour ajouter au plaisir, pour en affiner la saveur, la M6 offre le menu

électronique le plus détaillé qui soit : il appartient au pilote (le conducteur de tout à l’heure est monté en grade et en ambition !) d’adapter le châssis à la situation et à son désir. Fermeté ou souplesse des suspensions, régime maximal de passage des rapports et même effort à la direction, tout se règle. Le croiseur d’autoroute, sur départementale de montagne, offre l’efficacité sportive d’une compacte : cette grande a tout d’une petite ! Belle personnalité.

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R O B E RT P U YA L

Inner Resources The BMW 6 Series M version is a V8, 560-horsepower, intimidatingly beautiful, stunningly powerful coupé, with electronics that let drivers control every detail. And while they will enjoy the exceptional acceleration and ride on highways, it’s on smaller roads that the car really proves itself a thriller : twists and turns are eaten up in perfect style.

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Bijoux d’ongles ujourd’hui, toutes les filles du monde savent que la mode se porte au bout des ongles. Holly Silius, maquilleuse professionnelle, et Hannah Warner, designer de bijoux, ont pris les choses en main et ont lancé une marque de bijoux d’ongles, H&H. Le matériel nécessaire à la pose est livré avec le bijou, en métal doré et disponible en trois tailles. A L B Make-up artist Holly Silius and jewelry designer Hannah Warner have combined their talents for H&H: nail jewelry kits, available in three sizes.

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Exclusif Audi

Le réseau Audi Bauer lance un service exclusif : Bauer Conciergerie. Vincent, interlocuteur unique, est joignable via un numéro dédié ou par e-mail. Un service de voituriers vient chercher votre Audi, à votre domicile ou à votre travail, et vous la rapporte après un passage rapide par les ateliers. A partir de 490 euros pour un forfait de deux ans, Audi Bauer bichonne votre Audi, de l’urbaine A1 à l’ultra-sportive A8, et met à votre service ses meilleurs techniciens.

E t o n n a n t s Pa r i s i e n s

Marius, l’affûteur adis, le rémouleur et sa charrette s’annonçaient dans les rues de Paris au son d’une petite clochette. Bouchers, poissonniers, coiffeurs, restaurateurs et particuliers lui confiaient alors couteaux et ciseaux pour un affûtage efficace. Désormais, c’est en taxi londonien et sur rendezvous, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, que Marius le rémouleur ressuscite ce petit métier parisien. «Il n’existe plus que six rémouleurs à Paris, très âgés, et qui ne se déplacent pas, explique Didier Mouche, de son vrai nom. Quelques armuriers affûtent également, mais ils sont surbookés. Reste la solution Rungis, chère et avec un long délai.» Ou alors jeter et racheter des couteaux, ce que font la plupart des gens. «Pendant trente ans, j’ai été cuisinier à Paris et j’affûtais moi-même mes couteaux», raconte cet homme de 52 ans au look de Gavroche soigneusement étudié… J’avais appris la technique avec mon grand-père Marius, viticulteur dans le Beaujolais. Quand j’ai décidé de devenir rémouleur, je suis parti suivre, au centre FCTV, à Beaumarchés, dans le Gers, la seule formation existante sur les techniques d’affûtage.» Car le métier, pour être bien fait, nécessite de connaître l’angle de taille de chaque lame. Marius a entièrement aménagé l’arrière de son véhicule en atelier ambulant, avec pierre sèche, bande abrasive, disque feutre, plusieurs pierres à grain et un point d’eau pour la meule. En trois minutes par pièce et pour 2,50euros la lame standard ou les ciseaux, Marius affûte. «Je souhaite me développer et avoir trois taxis qui tourneraient dans Paris, explique le rémouleur. Et pourquoi pas, avec l’aide d’un investisseur, lancer une franchise “Marius” dans les grandes villes de France ?» M A X R O B E R T

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www.marius-affuteur.fr

Cutting edge Knife-sharpeners used to ring their bells all over Paris; today, there is “Marius,” who roams the city’s streets in a converted London cab. “I learned the techniques from my grandfather Marius in Beaujolais,” says founder Didier Mouche. From taxi-workshop and by appointment, he’ll sharpen your knives in three minutes with prices starting at €2.50. He also has great plans: “I’d like to see Marius in all of France’s big cities.” PA LACE COST ES JUILLET / AOU T 2 013

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Martine de Richeville

La Magie des Massages n croise du beau monde chez Martine de Richeville. Créatrice du massage amincissant qui porte son nom, Martine voit défiler chaque jour dans ses deux salons parisiens une clientèle haut de gamme, et notamment des actrices et top-modèles venues du monde entier. Et si l’on s’arrache ses dix doigts, c’est parce que Martine a mis au point un massage breveté, qu’elle pratique depuis quinze ans et qui permet de remodeler le corps de façon spectaculaire. Mieux encore : un massage pour se réconcilier avec soi-même, gagner en énergie et en bien-être global. Diplômée d’une maîtrise de psychologie, Martine se passionne depuis toujours pour la médecine chinoise et est également acupunctrice. Le geste de massage qu’elle a inventé est avant tout amincissant, puisqu’il assainit les tissus en profondeur et permet ainsi d’éliminer la cellulite avec des résultats significatifs dès cinq séances, même sur les cas les plus installés. En libérant les cellules de l’eau et des toxines, il retonifie la peau et permet de redessiner la silhouette, d’affiner une jambe, de faire disparaître un petit ventre ou carrément une culotte de cheval. «J’ai littéralement transformé certaines de mes clientes», sourit Martine. Mais son massage régule également les flux énergétiques et améliore

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la circulation sanguine et lymphatique, procurant ainsi des bienfaits qui ne se mesurent pas, eux, en centimètres : après une seule séance de 50minutes, on se sent déjà les jambes plus légères et le corps détendu. Ceux qui optent pour un suivi régulier retrouvent vitalité corporelle et vivacité d’esprit. Forte de son succès, Martine s’est entourée d’une équipe de masseurs qu’elle a formés à sa précieuse technique. Mais continue malgré tout de masser elle-même certains de ses clients et clientes. «Mon plaisir à masser est intact, explique-t-elle. En posant mes mains sur quelqu’un, je peux vous dire qui il est. C’est fabuleux.» S A R A H B OUA S S E Svelt-Coaching. 13 boulevard Malesherbes, Paris VIIIe.

Martine de Richeville’s patented massage technique can eliminate cellulite in just five sessions. It can even firm up legs and make bellies, flabby thighs and bottoms disappear. (“I’ve literally transformed certain clients.”) Even one session can help legs feel lighter, as it will regulate energy flow and improve circulation. Martine now has a team of masseurs, but she still likes to keep her hand in: “By placing my hands on someone I can tell you who they are.”

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Perles, diamants et fils de soie G

éraldine Carfield vient tout juste de créer sa marque de bijoux. Elle donne naissance à une première collection déclinée autour des perles baroques sur une chaîne de soie ! Elle associe ensuite des pierres précieuses et semi-précieuses, comme la topaze, le saphir, le corail, l’améthyste… mais aussi des diamants aux couleurs gourmandes, chocolat, caramel ou vanille. Showroom : 10 rue de Buci, Paris VIe.

Géraldine Carfield has just created her own jewelry label featuring baroque pearls on silk chains, as well as precious and semi-precious stones such as topaz, sapphires and diamonds. PA LACE COST ES JUILLET / AOU T 2 013

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David Cintrac

Pop Libre S «Je me sers

de l’art pour esthétiser l’existence et rendre la vie plus intéressante. Aussi, je ne m’arrête ni à un style ni à un sujet, mais je mixe tous les styles, tous les matériaux et toutes mes influences.»

MAX ROBERT

If you went skiing at Courcheval this winter you’ll have spotted David Cintract’s Mademoiselle Courcheval. “I use art to make life more interesting,” he says. “So I don’t stop with one style or subject but mix them all.” The result he calls “Pop libre” (free Pop): “more of a state of mind than a classic artistic movement.” He also refuses to put his work into auctions so as “to remain relatively accessible”; a Mademoiselle is yours for €20,000. PA LACE COST ES JUILLET / AOU T 2 013

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Pop Libre Concept

i vous avez glissé cet hiver à Courchevel, vous ne pouvez pas l’avoir ratée : sur la «Croisette» de la station, la Mademoiselle Courchevel de David Cintract est la nouvelle égérie pop de Courch’. Mais si vos bâtons sont restés plantés dans le macadam parisien, la spectaculaire série des Mademoiselles, mannequins de plastique customisés, trône à l’Artclub de Paris, au 172 rue de Rivoli. «Je me sers de l’art pour esthétiser l’existence et rendre la vie plus intéressante. Aussi, je ne m’arrête ni à un style ni à un sujet, mais je mixe tous les styles, tous les matériaux et toutes mes influences, qu’elles soient musicales, picturales, cinématographiques, philosophiques ou même dans l’actualité.» Plus que de pop art, ce peintre, plasticien, sculpteur et photographe, parle, lui, de pop libre, «plus un état d’esprit qu’un mouvement artistique au sens classique du terme». Le pop libre est pour lui une façon de s’affranchir de ses «faux pères» du pop art. Et derrière la beauté colorée de ses tableaux, mannequins, «candy box» ou «mutantoy’s», détournements d’objets de grande consommation, l’artiste nous rappelle une évidence un peu enfouie : «La consommation effrénée et frivole ne remplace pas le bonheur. Celui-ci est en nous.» Si ses œuvres se vendent bien, ce n’est jamais par le canal des ventes aux enchères. «Sauf dans le cas de ventes caritatives, je refuse de rentrer dans ce système qui, par la spéculation, me permettrait de diffuser mon travail dix fois plus cher qu’aujourd’hui. Je souhaite demeurer relativement accessible.» UneMademoiselle ne coûte en effet encore «que» 20 000 euros…


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Le Paradis 100% Montmartre iché au cœur du village de Montmartre, L’Hôtel Particulier est un lieu magique, caché au fond d’une impasse de l’avenue Junot. Passez le fameux et mystérieux rocher de la Sorcière, poussez la porte… tout de suite, c’est l’émerveillement: le plus grand jardin hôtelier de Paris, 900 m2 de jardin sauvage, des odeurs sublimes, le chant des oiseaux, le ronronnement des ruches toutes proches… Un hôtel, un restaurant, un bar. «On est très cachés, très discrets, on est une adresse d’initiés, de bouche à oreille. Les gens qui viennent, ce sont des gens qui connaissent», dit Oscar Comtet, le maître des lieux. Depuis 1871, date de sa construction, ce lieu a été habité par de nombreuses familles, qui ont toutes conservé cet esprit de maison de maître que les parents d’Oscar ont souhaité mettre en valeur en créant, il y a huit ans, des chambres d’hôte. En 2011, Oscar, 25 ans, fils unique, décide de reprendre les lieux après une fulgurante carrière d’assistant producteur dans le cinéma. Il quitte Los Angeles, juste après le tournage de The Artist, donne sa démission et démarre l’aventure. «L’important, était de redynamiser le lieu.» Il ouvre le bar en pleine période estivale avec une carte de cocktails inédite et fait le plein ! Les recettes permettent d’ouvrir une cuisine et de faire des travaux dans le restaurant pour lui redonner son style Empire. Oscar prépare la rénovation des cinq chambres en collaboration avec des artistes. Il crée une «suite nuptiale», au dernier étage,

Photo : Loic Bellez

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avec une grande baignoire au centre de la chambre et une vue imprenable sur les toits de Paris… Ici, tout est autofinancé, les recettes générées sont réinvesties et les projets sont nombreux : création d’un salon de thé dans le jardin et d’un bar extérieur sous verrière «très chic, très sexy» (ouverture prévue pour janvier 2014)… Oscar est très écolo-quartier: «J’ai des cocktails qui sont 100% Montmartre, des cocktails autoproduits: les herbes viennent du jardin, le miel vient de mes ruches, j’ai 300 000 abeilles que je bichonne personnellement, 100% naturel, et j’arrive à produire jusqu’à 5 000 pots par récolte… La seule chose qui n’est pas de Montmartre, dans nos cocktails, c’est l’eau ! Je monte également mon poulailler pour les œufs du matin des clients de l’hôtel.» L U C I E T I G O U L E T Réservation au 01 53 41 81 40. www.hotel-particulier-montmartre.com.

Hidden away in the heart of Montmartre sits Hôtel Particulier, a hotel-restaurant-bar with a unique asset: 900 square meters of garden. When Oscar Comtet took over in summer 2011 after quitting as an assistant film producer, he began by opening the cocktail bar. The profits financed the restaurant’s Napoleonic face-lift and the 25-year-old is now working on the five bedrooms. At the same time, out in the garden, he cares for his 300,000 bees (5,000 pots of honey a year) and will soon have some chickens for really fresh eggs at breakfast.

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La perle des rosés

Cabas chic n superbe cabas Zadig & Voltairede la collection Sacs sellier printemps-été 2013. La collection comprend deux cabas, une cartouchière et des spartiates. Le tout en cuir de veau naturel promis à une belle patine, coupés à cru, surpiqués de jaune ou de rose et estampillés d’ailes de papillon ou d’anges strassés.

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’été, à l’heure de l’apéritif, on apprécie tout particulièrement le rosé frais. Celui-ci, excellent, est issu des Domaines Ott, un côte-de-provence du Clos Mireille. La situation géographique du domaine en bord de mer, le microclimat, ainsi que les embruns marins ont donné naissance à un vin d’une qualité exceptionnelle, subtil et singulier, cultivé dans le respect de la nature. Aucun traitement chimique, ni production intensive. Un nez expressif, une robe rose pâle aux reflets dorés, des notes de fraise des bois, une pointe de pamplemousse… Idéal pour les belles soirées chaudes sous les étoiles.

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www.domaines-ott.com

Montaigne Market. 57 avenue Montaigne, Paris VIIIe. 01 42 56 58 58. www.montaignemarket.com PA LACE COST ES JUILLET / AOU T 2 013

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L’œil de Montaigne Market i j’étais une robe, je serais cette sublime robe longue Gipsy de chez Givenchy. Essayer les robes d’Azzedine Alaïa, c’est les adopter, comme cette élégante robe Naïade rouge à manches trois quarts. Si j’étais un sac, je serais cette création Alaïa, incontournable pour toute fashionista qui se respecte. Si j’étais un bijou, le bracelet de main Carpe Gaydamak. A avoir absolument dans son dressing : un jean bleu délavé Current Elliott, ou encore le jean exclu Montaigne Market avec des étoiles argentées, le must have de cet été…

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LILIANE JOSSUA

Montaigne Market. 57 avenue Montaigne, Paris VIIIe. 01 42 56 58 58. www.montaignemarket.com PA LACE COST ES JUILLET / AOU T 2 013

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Les éventails dans le vent a maison Duvelleroy, fondée en 1827 par Jean-Pierre Duvelleroy, a remporté le pari de remettre en main ses éventails fantasques, colorés et distingués. C’est, à l’époque, grâce à la duchesse de Berry, qui organisa un bal somptueux, que la maison prit son envol. Aujourd’hui, elle peut compter sur des créateurs innovants, qui lui permettent de continuer le bal des tendances autour des créations de Jean-Charles de Castelbajac, du concept store libanais ultra-pointu Beirut Loves, ou encore de la DJ et directrice artistique Chloé Van Paris. Si la marque se modernise, elle garde tout son savoir-faire, employant, pour façonner ses créations, une dizaine de corps de métiers différents, dont des sculpteurs, graveurs, brodeurs et ennoblisseurs. Pour la touche finale, c’est un éventailliste formé par le dernier maître d’art en France qui assemble chaque éventail à la main. La maison propose tous les styles pour toutes les occa-

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sions: un éventail noir et graphique inspiré de Gustave Eiffel pour une «urban girl» sous la chaleur parisienne, des plumes d’autruche associées au satin pour les oiseaux de nuit, les plumetis associés à la douceur du marabout pour un jeu de transparence tout en sensualité. Katy Perry vient d’adopter, lors des fashion weeks, l’éventail Air Conditioning (disponible dans quatre couleurs). Elle a choisi le rouge. A N N E - L AU R E B R OUG A L AY

Duvelleroy. 67 rue du Bac, Paris VIIe.

Duvelleroyhas been handmaking fans since 1827, and has recently updated its range with capsule collections from Jean-Charles de Castelbajac, Lebanese concept store Beirut Loves, and DJ and art director Chloé Van Paris. Our favorite is JC/DC’s “Air Conditioning” version available in four colors and already adopted by Katy Perry during Fashion Week.

Tee-shirts cultes élanger la mode, la célébrité, l’art et la littérature est toujours une bonne intuition. God on Earthest une nouvelle marque de tee-shirts, qui vous permet de rendre un hommage discret à des personnages illustres que vous admirez particulièrement. Mais, comble du chic, et du snobisme, seuls la date et le lieu de naissance du grand personnage sont inscrits sur le tissu avec une jolie typo de machine à écrire. La première collection, qui vient juste de sortir, compte déjà 45 items. A vous de choisir votre icône. www.godonearth.eu PA LACE COST ES JUILLET / AOU T 2 013

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Photo : Damien Guéras

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SURVÊTEMENT DE VOYAGEExemplaire. LUNETTES Sunpocket x colette. GLACE Glazed pour colette. ENCEINTE Big Jambox x colette. COMPILATION colette call. SET pour salle de bains Vipp x Darcel. CRÈME Extra Rich d'Hervé Hérau.

Le shopping de colette colette. 213 rue Saint-Honoré, Paris I er. www.colette.fr


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{ Talents }

Odile Soudant

L’émotion de la lumière lle revient de Tbilissi, en Géorgie, où elle s’occupe d’un immense projet: une place publique, un hôtel international, des voies de circulation, un pan de ville à redessiner, avec pour seul matériau la lumière. Odile Soudant est «light designeuse». Comment avez-vous su que la lumière comptait tant pour vous ? ODILE SOUDANT.J’ai acheté mon premier appareil photo à 13 ans avec toutes mes économies: un reflex hors de prix. Et, bizarrement, pendant un séjour linguistique à Berlin, j’ai commencé à faire des photos de nuit. Voilà. C’était en moi. Utiliser la lumière pour éclairer la ville, la nuit, j’ai regardé ça toute ma vie, j’ai une forte sensibilité à ça. L’émotion que provoque la lumière, chez moi, est très amplifiée. Comment est-ce devenu votre métier ? Je me suis trouvée à travailler et à vivre avec un architecte… On se rend compte qu’un édifice n’a pas de sens sans lumière. Et je l’ai dit. Je ne pouvais pas voir les matières, les volumes, sans me demander comment les éclairer. J’ai appris en faisant. Le projet dont vous êtes le plus fière ? La lumière du Leviathan d’Anish Kapoor au Grand Palais. On avait simplement quelques images en 3D, et on a travaillé sans avoir vu l’œuvre finie. Je me suis concentrée sur son intention, l’impression qu’il voulait donner. Dans un cas comme celui-là, la lumière, quand elle est bien faite, on ne la remarque pas. Et pour que ce soit parfait, on ne doit pas voir les sources. En plus, c’était un gonflable, sous pression, au mois de mai, sous une verrière où il faisait 50 °C. On a tout mis en place alors que l’œuvre était encore à plat au sol, comme une flaque. Je n’étais sûre de rien. La nuit est tombée, les gens se sont mis à applaudir. J’en pleurais. Ce n’est pas racontable, pas photographiable.

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The emotion of light Odile Soudantruns Lumières Studio, an agency specializing in large-scale lighting design, which she founded in 2009. “I bought my first camera aged 13 and began taking photos at night – using light to illuminate the urban landscape is something I’ve always looked at. I ended up living and working with an architect and we realized that a building makes no sense without lighting.” She’s most proud of her work lighting Anish Kapoor’s sculpture Leviathan in the Grand Palais: “252 spotlights, three days to install them, three to adjust them. When night fell, everyone applauded – and I burst into tears.” PA L AC E C O ST E S J U I L L E T / AOU T 2 0 1 3

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Christophe MacPherson Piedagnel

Propos recueillis par E L L E N W I L L E R


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L’agenda très parisien Expositions Bonnes adresses Musique Nuit

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Les Expositions

Roy Lichtenstein

de Mickey à Picasso oy Lichtenstein (1923-1997), figure emblématique du pop art américain, a été trop vite associé à la critique, voire à la célébration de la société de consommation, dont il a décrit à satiété les objets. Le combat aérien de Whaam ! (1963), emprunté à l’univers de la bande dessinée est devenu le cliché de son travail de peintre et, comme tel, il a contribué à masquer la production de l’artiste en la focalisant sur les années 1960 et en oubliant le céramiste, le graveur et le sculpteur. L’exposition de Beaubourg, première rétrospective complète de l’œuvre en France, et donc inédite à bien des égards, devrait, à la suite des présentations de Chicago, de Washington et de Londres, contribuer à remettre les pendules à l’heure. Ou tout au moins à ne pas s’en tenir à la seule explication lapidaire que donnait le Britannique Richard Hamilton (1922-2011), père du pop art anglais, en ramassant ce mouvement sous la formule suivante: «Populaire, éphémère, jetable, bon marché, produit en masse, spirituel, sexy, plein d’astuces, fascinant et qui rapporte gros.» Bien sûr, la provocation reste d’actualité, mais c’est encore trop général. Car, et pour en revenir à l’explosion de Whaam !, si la composition en diptyque montre un zinc en descendant un autre, c’est aussi et surtout, comme le dit très explicitement Lichtenstein, un tableau qui tire sur un tableau. A suivre le fil, on peut ajouter un tableau qui tire sur le sujet. Car, venu de l’expressionnisme abstrait, Lichtenstein ne l’abandonne pas en choisissant de reprendre les images de la bande dessinée. Bien sûr, il cite les motifs de la culture de masse, mais il s’emploie à l’aide d’une trame de points (visible sur l’aile du chasseur américain) qui deviendra sa marque de fabrique, à faire disparaître minutieusement l’imagerie sous une forme technique extrêmement élaborée et minutieusement travaillée à la main. Une hypothèse tentante suggérée par la commissaire Camille Morineau et dont la série des miroirs sans reflet des années

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1970 serait en quelque sorte l’aboutissement logique. De même, à la fin du parcours, en contrepoint exact de Whaam !, la reprise d’un paysage chinois traditionnel (Paysage avec rocher de lettré, 1997) s’estompe sous le brouillard du tamis de points qui le recouvre. Les sculptures adeptes de ce programme abstrait refusent le rond de bosse et adoptent l’aspect bidimensionnel des figures glacées de la période pop. Rien donc d’arbitraire dans cet itinéraire qui apparaît moins comme le triomphe de l’image que comme celui de l’unité formelle du tableau. C’est dans ce sens que Lichtenstein relira sans complexe toute l’histoire de l’art, citera Matisse, Léger, Klee ou Miró qu’il intégrera au réseau de ses toiles ou dans ses nombreux «ateliers d’artiste». Sur sa lancée, il n’hésitera pas à mettre en scène «Mickasso», sorte de personnage hybride entre Mickey et Picasso. Clin d’œil humoristique au Look Mickey (Regarde Mickey, 1961) qui, près de quarante ans plus tôt, annonçait l’arrivée fracassante de Roy Lichtenstein sous les projecteurs de l’art contemporain. B E R T R A N D R A I S O N CENTRE POMPIDOU. Roy Lichtenstein. 19 rue Beaubourg, Paris IVe. 01 44 78 12 33. Jusqu’au 4 novembre.

From Mickey to Pablo After Chicago, Washington and London, the Roy Lichtenstein show is arriving in Paris. This complete retrospective of American pop art’s other star (his first in France) reveals that there is perhaps to his work than Whaam! (1963) and his other comic strip-based paintings. Lichtenstein continued producing work until his death in 1997 aged 73, and until the end used his trademark dots to reveal how just how much he cared about the history of art, while being intimidated by it. Look at Landscape with Scholar’s Rock, a Chinese-style view of mountains, or what he called his “parodies” of Matisse, Léger, Klee and Míro. His career was proof that even in high art, imitation remains the sincerest form of flattery.

«Whaam !», 1963 ; «Blonde [Blonde]», 1965 ©Estate of Roy Lichtenstein New York/Adagp, Paris 2013. PA L AC E C O ST E S J U I L L E T / AOU T 2 0 1 3

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Michelangelo Pistoletto ’Italien Michelangelo Pistoletto, cofondateur de l’Arte povera, est peintre et sculpteur. Un artiste complet, qui s’est aussi beaucoup intéressé à la performance, à l’art vidéo et au théâtre. Le Musée du Louvre lui a donné carte blanche: l’artiste a choisi de se confronter aux différentes temporalités, le passé du patrimoine du musée, le présent des visiteurs captés par des miroirs et le futur symbolisé par le signe du Troisième paradis, qui s’inscrit sur la façade de la pyramide, une œuvre créée spécialement pour cette exposition. MUSÉE DU LOUVRE.Michelangelo Pistoletto. Année 1, le Paradis sur terre.162 rue de Rivoli, Paris Ier. 01 40 20 53 17. Jusqu’au 2 septembre. «Venere degli Stracci», 1967 ©Cittadellarte/Fondazione Pistoletto, Biella. Co-founder of the Arte Povera movement, Michelangelo Pistoletto has been given carte blanche by the Louvre; the result is called Heaven on Earth.

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Frank Horvat

rank Horvat a toujours préféré photographier les mains plutôt que les visages. Selon lui, «elles sont plus révélatrices de ce que nous sommes». Elles sont aussi un langage universel qui nous permettent de nous comprendre, même si nous ne parlons pas la même langue. Cette fois-ci, c’est lui-même que Frank Horvat a photographié. Par un procédé assez artisanal : «mon compact numérique, utilisé en mode “retardateur” et placé sur un minitrépied. Cela ne réussit pas toujours, mais parfois mes erreurs ont donné de bonnes surprises…». GALERIE DINA VIERNY. Frank Horvat. Les mains d’Horvat. 36 rue Jacob, Paris VIe. 01 42 60 23 18. Jusqu’au 27 juillet.

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«Y Hands» ©Frank Horvat

Frank Horvat prefers taking photographs of people’s hands rather than their faces (“they reveal more about who we are”) and this time he’s shot his own. . PA L AC E C O ST E S J U I L L E T / AOU T 2 0 1 3

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Dynamo, l’art instable ynamo, un siècle de lumière et de mouvement dans l’art, 1913-2013», tel est l’intitulé de la dernière exposition du Grand Palais. Un titre ambitieux à la mesure du nombre des œuvres exposées. Pas moins de 150 artistes attendent le visiteur de pied ferme répartis sur la totalité (une rareté) des galeries du Grand Palais. Un parcours athlétique sur deux étages à la mesure de la soif grandissante des amateurs, qui vont, n’en doutons pas, battre encore des records d’affluence. Mais il y a plus : à travers le thème de la lumière et du mouvement, les commissaires se sont intéressés aux artistes qui, profitant de la liberté offerte par l’abstraction, ont choisi d’explorer les conditions de la perception plutôt que de déplorer la perte de l’illusion perspectiviste. Et cela commence dès la file d’attente par le brouillard qui, par intermittence, envahit le bassin aux Nymphes du square JacquesPerrin. Le ton est donné par cette sculpture de brume réalisée par Fujiko Nakaya. Déjà, rien n’est sûr, le bassin s’estompe, les formes divaguent et s’effilochent. Au gré des heures, la fontaine se dissout et regagne provisoirement sa stabilité d’origine. Belle introduction à ce qui va suivre, car à peine le seuil franchi, les néons de John Armleder (Volte III, 2004) et les éclats lumineux de Carsten Höller (Light Corner, 2001) bombardent la rétine des spectateurs. Certains peuvent même faiblir face à cette avalanche de lumière. La tête vous tourne, rassurez-vous, cette faiblesse bienvenue s’inscrit dans le droit fil d’une présentation qui privilégie l’expérience. Ici, on ne cherche pas à célébrer l’image, on tente plutôt de défricher les chemins de la vision, on intervient sur les processus en laissant de côté les charmes de la figuration. Il s’agit de se concentrer sur les phénomènes physiques qui mettent en scène l’instabilité du réel par tous les moyens possibles, ce qui du même coup oblige le spectateur à s’engager dans l’aventure. Il traverse le maillage du Pénétrable bleu de Soto (1999), s’engage dans le Labyrinthe du GRAV (1963) ou se perd dans les miroirs acryliques de Yayoi Kusama (2000-2011). Cet itinéraire n’oublie pas pour autant

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les pionniers, Giacomo Balla, Robert Delaunay, Marcel Duchamp, qui, au début du siècle dernier, ont changé le rapport à la réalité. Ces précurseurs ont permis d’ouvrir d’autres champs d’investigation et surtout ont donné la possibilité de s’affranchir de la domination toute-puissante de la représentation. Que cela soit l’art optique, l’art cinétique des années 1960 ou les pièces contemporaines d’Ann Veronica Janssens, toutes ces œuvres s’attachent à dématérialiser le tableau et, ce faisant, elles s’approchent de l’insaisissable. Paradoxe réjouissant, cet insaisissable n’a rien de pompeux. Et, dernière raison de se réjouir : toute la technique utilisée ne sert qu’à souligner son évanouissement à travers l’aspect éphémère des formes produites. Dernière recommandation : éviter le pas de course pour profiter de toutes les surprises de la visite. BERTRAND RAISON

GRAND PALAIS. Dynamo. Un siècle de lumière et de mouvement dans l’art, 19132013. 21 avenue Franklin-Roosevelt, Paris VIIIe. 01 43 59 76 78. Jusqu’au 22 juillet. Instable art Dynamo: A Century of Light and Movement in Art, 19132013 is the ambitious title of a wide-ranging show at the Grand Palais, Paris. It features works by 150 artists all celebrating different notions of perception rather than bemoaning the loss of illusionist perspective. It all starts with a bang – Carsten Höller’s retina-exploding Light Corner (2001) and John Armleder’s neon Volte III (2004) – and moves through a series of different works by artists escaping the domination of representation, from pioneers such as Duchamp to more recent artists like An Veronica Janssens. Whether in op art, kinetic art or the contemporary scene, Dynamo is a fascinating journey tracing the path of a dematerializing canvas and the elusive power of light. Carlos Cruz-Diez, «Transchromie mécanique», 1965, ©Carlos Cruz-Diez ©Adagp, Paris 2013. Stephen Antonakos, «Hanging Neon», 1962, ©1965 Stephen Antonakos.

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David LaChapelle avid LaChapelle, grand photographe de mode américain, présente pour la première fois en France deux séries extrêmes. L’une, inédite, Last Supper, revisite La Cène de Léonard de Vinci et présente des têtes coupées dans des cartons représentant Jésus, Marie et les apôtres… L’autre, Still Life, évoque l’envers du rêve américain: une réflexion sur la fragilité de la célébrité et du système hollywoodien. GALERIE DANIEL TEMPLON.David LaChapelle. Still Life. 30 rue Beaubourg et impasse Beaubourg, Paris IIIe. 01 42 72 14 10. Jusqu’au 26 juillet. Two works, one unseen in France from the self-described “surrealist/photographer”: the Last Supper, a reworking of da Vinci, and Still Life, the flipside of the Hollywood dream.

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«Jesus», série «The Last Supper», 20092012 ; «Madonna», «Michael Jackson», «Princess Diana», série «Still Life», 20092012 ©David LaChapelle, courtesy Galerie Daniel Templon, Paris.

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d’origine polonaise, Tamara était surtout une Tamara Peintre femme libre à la sexualité assumée et au style audaFigure du mouvement Art déco, elle a peint avec une de Lempicka cieux. incroyable géométrisation les femmes des Années folles, leur sensualité et leurs attitudes érotiques. Elle devient ainsi le peintre préféré de la bohème parisienne. La PinacoPA L AC E C O ST E S J U I L L E T / AOU T 2 0 1 3

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thèque lui consacre une grande rétrospective. «Je veux qu'au milieu de cent autres, on remarque une de mes œuvres au premier coup d’œil», disait l’artiste. PINACOTHÈQUE 2.Tamara de Lempicka, la reine de l’Art déco. 8 rue Vignon, Paris IXe. 01 42 68 02 01. Jusqu’au 8 septembre.

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Originally from Poland, de Lempicka hit the big time in the Paris of the Roaring Twenties and became the epitome of Art Deco style.

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«La Tunique rose», avril 1927 ©Tamara Art Heritage/ Licensed by Museum Masters International NYC/Adagp, Paris 2013.


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Lorna Simpson rtiste américaine, Lorna Simpson est née à Brooklyn dans les années 1960. Jeune artiste, elle découvre le féminisme, la génération de photographes noirs et assiste à l’émergence artistique du Lower East Side. Elle pratique jusque dans les années 1980 une «photographie de rue documentaire» pour laisser place ensuite à la performance. En combinant l’image et le texte, elle essaie de représenter la complexité du corps noir, son thème de prédilection. JEU DE PAUME. Lorna Simpson. 1 place de la Concorde, Paris VIIIe. 01 47 03 12 50.Jusqu’au 1er septembre.

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«1957-2009» (détail), 2009, Rennie Collection, Vancouver ©Lorna Simpson.

New York artist Lorna Simpson was first known as a street photographer in 1980s New York, but her palette later expanded with a move into performance and text.

Little Black Dress upervisée par André Leon Talley –collaborateur à la rédaction du Vogue US–, l’exposition est présentée pour la première fois en France. Plus de 50 pièces de créateurs, de Chanel à Oscar de la Renta, en passant par Prœnza Schouler, présentent l’évolutionde la petite robe noire : un phénomène vestimentaire, culturel et social. MONA BISMARCK AMERICAN CENTER FOR ART AND CULTURE.Little black dress.34 avenue de New-York, Paris XVIe. 01 47 23 38 88. Jusqu’au 22 septembre. Proenza Schouler, Lily et Cie, Ulyana Sergeenko, photo SCAD. Curated by US Vogue collaborator André Leon Talley, this exhibition presents one centurie of little black dresses.

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My Joburg y Joburg» s’inscrit dans un cycle d’expositions consacré aux villes dites «périphériques». Après Winnipeg, la Maison Rouge présente un panorama de la scène artistique de la grande ville d’Afrique du Sud. 40 artistes y sont représentés: de tout âge et quels que soient leurs médiums, ils tentent de saisir l’évolution de leur ville, à la fois témoins et acteurs de ces changements. LA MAISON ROUGE.My Joburg.10 boulevard de la Bastille, Paris XIIe. 01 40 01 08 81. Jusqu’au 22 septembre. Jodi Bieber, «Orlando West Swimming Pool», 2009, The Walther Collection, Ulm. La Maison Rouge has brought together 40 artists from Johannesburg, South Africa, who reveal their city and how it’s changing.

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Vanessa Winship anessa Winship, photographe anglaise, a reçu le prix HCB à l’automne 2011 pour son projet sur l’Amérique. Elle met en images la mélancolie et la solitude qui parfois assombrissent le rêve américain. Son approche est intime, adoucie par le noir et blanc. «Ce travail est un chapitre, une citation d’Amérique à un moment précis de son histoire et aussi de la mienne», dit-elle. FONDATION HCB.Vanessa Winship. She dances on Jackson.2 impasse Lebouis, Paris XIVe. 01 56 80 27 00. Jusqu’au 28 juillet. «Printers Row, Old Colony Building, Chicago, Illinois», 2012 ©Vanessa Winship/VU. British photographer Vanessa Winship spent a year in the US to create a melancholic, black-andwhite vision of the country, a precise moment in both the country and the photographer’s lives.

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Costa-Gavras inéaste engagé (Z, L’Aveu, Amen), Costa-Gavras est un pourfendeur des injustices. C’est aussi un photographe amateur qui se promène toujours avec son Leica, se caractérisant lui-même comme «un photographe du dimanche». Il ouvre aujourd’hui ses carnets intimes à la MEP et avoue son bouleversement lorsqu’il a découvert ses images sur les murs : «Sur le papier blanc tout d’un coup apparaissent des choses qu’on aime bien. La photographie, c’est magique… Mais je n’ai jamais pensé que mes photos étaient assez bonnes pour être exposées.» LA MEP.Costa-Gavras. Carnets photographiques.5-7 rue de Fourcy, Paris IVe. 01 44 78 75 00. Jusqu’au 15 septembre.

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«Immigré grec, 5e Avenue, New York», 1991 ©Costa-Gavras.

Politically engaged film director Costa Gavras is also an amateur photographer. The work is now on show to their creator’s surprise: “I never thought that my photos were good enough to be exhibited.” PA L AC E C O ST E S J U I L L E T / AOU T 2 0 1 3

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Troy Henriksen roy Henriksen est un artiste américain. Il revient aujourd’hui à la Galerie W avec une série inédite inaugurant une nouvelle période artistique: il peint des histoires pour qu’«elles existent pour de bon». Il y a la poétique de la vie quotidienne et celle des événements forts. Un voyage dans la tête de l’artiste, où se mêlent émotions et intuitions, rêve et réalité. Un nouveau langage de liberté, de spontanéité et de mariages inconscients. «Tout commence avec un objet associé à une personne qui, de cause à effet,

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crée un événement. C’est cette histoire que je vais raconter en mots, traduits en couleurs et en traits, puisque c’est mon médium», dit l’artiste GALERIE W.Troy Henriksen. 44 rue Lepic, Paris XVIIIe. 01 42 54 80 24. Jusqu’au 14 juillet. «Everyday Gangster» ; «Temptation» ; «Daddy and Child» ; «Let’s Get Wasted» ©Galerie W, 2013.

US artist Troy Henriksen’s latest exhibition is like a trip inside his head, mixing emotion, intuition, spontaneity and unconscious alliances.

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Les Expositions

Arnault Joubin

rnault Joubin est un portraitiste. De Woody Allen à Cédric Klapish, il photographie «l’intérieur des personnes». Il dit de lui-même: «Je suis un photographe de “gens”, voilà ma vraie spécialisation.» Il présente ici trois séries: les portraits de plusieurs générations d’artistes; des «doudous», compagnons rassurants de personnes qu’il a rencontrées; et des «paysages naturels», éloge du noir et des contrastes de la lumière. VOZ’GALERIE.Arnault Joubin. 41rue de l’Est, Boulogne (92). 0141318430. Jusqu’au 20septembre.

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Ferrante Ferranti é en Algérie, Ferrante Ferranti est un artiste voyageur. De Jérusalem à Damas, de la Bolivie à la Sicile, en passant par Saint-Pétersbourg, il photographie le «sacré»: les sculptures et icônes religieuses. L’exposition est articulée autour de trois thèmes chers à l’artiste : «Pierres sauvages, pierres vivantes», «Rencontres» et «Empreintes du sacré». MEP.Ferrante Ferranti. Itinérances.5-7 rue de Fourcy, Paris IVe. 01 44 78 75 00. Jusqu’au 15 septembre. Born in Algeria, Ferrante Ferranti is a photographer-nomad, travelling the world to record the sacred in all its forms.

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«César» ; «Woody Allen» ©Arnault Joubin.

Three series of photographs from portraitist Arnault Joubin: artist portraits; cuddly toys; and landscapes.

«Ruines de l’église Sainte-Claire», Antigua, Guatemala, 2002 ©Ferrante Ferranti.

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Sur le buffet : Yvan Theimer, «Temple», 1989 ; au-dessus : Christian Bonnefoi, «P.L.». Photographie : Philippe Sébirot .

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Les Expositions Dans l’Intimité d’un Collectionneur

Vincent Wapler

Dans le vif de l’Art e ne collectionne pas, je m’approvisionne à toutes fins utiles et à ma mesure.» Vincent Wapler collectionne l’art contemporain depuis plus de trente ans et cultive l’art du paradoxe. Son père, à la fois théologien, disciple de Pierre Teilhard de Chardin, et dirigeant d’une grande entreprise, entretenait une proximité intellectuelle avec des artistes et des philosophes de renom. Cette quête paternelle a nourri une enfance, un imaginaire, et déterminé des études poussées en histoire de l’art et esthétique. Vincent devient commissaire-priseur pour gagner sa vie, collectionneur d’art contemporain pour alimenter sa vie en art. L’argent?Un principe de réalité qui lui permet de «rentrer en relation avec l’art», de s’ouvrir au champ des possibles, du désir; il aime citer cette sentence de Laotseu: «Est riche celui qui sait qu’il a assez.» Sa première œuvre? Un Jan Voss, objet de méditation acheté en 1981. Son dernier achat ? Une chaîne de montre pour ne pas perdre son temps. Collectionner ? Etre au plus proche de «la mécanique de la création», dans «le vif de la pensée contemporaine». Mais acquérir une œuvre confine aussi au plaisir, à «l’intensité du quotidien». Vincent Wapler «approvisionne» sa quête singulière par des acquisitions dans des galeries, foires internationales, ventes publiques, ou en passant commande à des artistes. Son appartement parisien est le lieu de mises en scène, dispositifs métaphoriques et symboliques mêlant sans hiérarchie des mondes primitifs, classiques, contemporains, pièces radicales ou objets d’art, en présence des sculptures sensuelles de Jane Poupelet, son aïeule. Tout fait sens et trace un portrait en creux du propriétaire : un panneau d’Hamish Fulton, Sound of Surf, surplombe un petit oratoire consacré à un maître bouddhiste rencontré dans l’Himalaya ; un Chien en bronze de Paul Rebeyrolle surgit de derrière un rideau, prêt à s’échapper ; sur une console LouisXV, à partir d’une peinture de Christian Bonnefoi, est organisé un cabinet de méditation jouant sur l’esthétique des objets et des œuvres qui le composent ; un Etrog jaune de Jean-Pierre Bertrand dans les bras d’un ourson… Cinq sculptures de lumières, Pendeloques, commandées aux artistes français

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En haut (console XVIIIe) : Christian Bonnefoi, «P.L», 1989 ; Jane Poupelet, «Femme assise» ; Franz West, chaises en fer forgé et lanière polychrome. Vue générale de l’appartement : Jugnet+Clairet, «Underson III», 1999 ; David Saltiel, «Je serai ton miroir», 2002 ; Suzanna Fritscher, «ST», 2004 ; Jean-Pierre Bertrand, «Etrog», 1999. En dessous : Jane Poupelet, «Imploration» ; Suzanna Fritscher, sans titre, 2004 ; John Armleder, sans titre. En bas, au centre : Christian Boltanski, «Monument (La fête du Pourim)», 1986. Toutes les photographies : Philippe Sébirot.

Jugnet + Clairet, servent de lustres tandis que les chaises de la salle à manger sont de Franz West et les poignées de portes d’Yvan Theimer, car il «préfère faire appel à des artistes pour les accessoires d’usage de la maison». La radicalité de la commande passée à Susanna Fritscher, peinture sur film en flux tendu traversant en diagonale l’espace du salon, l’oblige quotidiennement à se baisser pour passer mais agit comme un vecteur de lumière ; alors que deux œuvres à forte charge symbolique de David Saltiel, un grand miroir et une maison de verre, déstabilisent, dilatent et disloquent l’environnement par des jeux de reflets… L’univers complexe de Vincent Wapler s’écrit comme une page de littérature, un temps suspendu où se fomentent en secret, au gré de ses lectures, ses idées d’assemblage d’œuvres, qu’il combine en créateur ; cette partie de la collection n’est pas exposée, conservée dans des stockages. Peut-être la dévoilera-t-il un jour. V I R G I N I E B E RT R A N D & N I NA R O D R I G U E S - E LY Observatoire de l’art contemporain, plateforme de décryptage www.observatoire-art-contemporain.com

At the heart of art “Idon’t collect art,” says Vincent Wapler. “I stock up in case it may prove useful and to my own level.” His work as an auctioneer has helped him with this 30-year passion, but mention money and he quotes Lao Tzu: “Being rich is knowing when you have enough.” To him buying art is like being “close to the mechanics of creation,” like living “at the heart of contemporary thought.” His apartment is full of contemporary art and objects, such as an oratory dedicated to a Buddhist monk he met in the Himalayas, and works by Jane Poupelet, Hamish Fulton, Christian Bonnefoi and Jean-Pierre Bertrand, among others; the rest of his collection is still in storage.

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oleil au beau fixe pour l’équipe d’ECC, qui, fort du succès de ses trois établissements parisiens, s’est lancé dans un nouveau concept en ouvrant à côté de son Beef Club, un «bar à tapas péruviennes». Dans une ambiance marine et décontractée d’inspiration sud-américaine (la décoration a de nouveau été confiée à Dorothée Meilichzon), le Fish Club propose une belle carte entièrement dédiée aux produits de la mer, qui évoluera selon les arrivages, avec des huîtres, langoustines et sèches à la plancha, soupe de crabe servie glacée ou encore les divins

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ceviches. Si la cave propose près de 200 références de vins blancs, on recommande néanmoins les addictifs cocktails Pisco. Sans compter la sympathique terrasse et les gentils serveurs dont on a trouvé le service irréprochable. LE FISH CLUB. 58 rue Jean-Jacques-Rousseau, Paris Ier. 01 40 26 68 75. Next door to Le Beef Club, Le Fish Club is a “Peruvian tapas bar” – crab soup, squid, oysters and ceviche – with a wine list featuring 200 whites, a nice terrace and excellent service.

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Kristen Pelou

Le Fish Club


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Chez Jeanne B ous aimiez Jeanne A ? Vous allez adorer sa petite sœur installée en haut de la rue Lepic. Traiteur, rôtisserie, table et cave, le concept qui a fait le succès de son aînée se déploie dans un décor haut en couleur qui multiplie les ambiances. Sous la houlette de Cyril Boulet, qui a fait ses classes auprès de Joël Robuchon et Michel Troisgros, la cuisine ouverte sur la première salle palpite au rythme des commandes et distille ses embruns gourmands dans tout le restaurant. Honorées par un service enthousiaste, les assiettes sont garnies des classiques qui ont fait la réputation de la maison : pâté en croûte de Bobosse, poulet pattes noires à la broche, gigot d’agneau de lait des Pyrénées, huîtres de Prat-Ar-Coum, de l’AberWrac’h, et la nouvelle star de la carte : le délicieux croq’ homard. Le plus : chez cette baby Jeanne on grignote, mange et emporte à toutes les heures de la journée et de la soirée. CHEZ JEANNE B. 61 rue Lepic, Paris XVIIIe. 01 42 51 17 53. If you liked Jeanne A, then you’ll love her little sister: wellcooked and beautifully sourced ingredients (Pyrenees lamb, Prat-Ar-Coum oysters) all available to eat in or out.

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Cuistance ffrir une carte composée de plats en petites portions, inciter au partage et au mélange des saveurs, telle était l’idée de Charles-Etienne Prétet et Lyor Medioni. Chez Cuistance, cette nouvelle vision, loin de la cuisine de tapas, propose une carte gourmande et raffinée axée sur les saveurs de saisons maraîchères. Aux commandes, le chef Henri-Serge Manga, sorti de l’école Ferrandi et passé par une pléiade de maisons prestigieuses, imagine des plats signatures comme le pressé de foie gras, oignons et piment doux, gaufres, pousses de blette ou notre préférée, la raviole de champignons, girolles sautées, écume de vieux parmesan. Le tout est frais, précis, étonnant et finalement pas si petit que ça. CUISTANCE. 14 rue Sauval, Paris Ier. 01 40 41 08 08. A menu made up of little dishes – but not tapas! – created by chef Henri-Serge Manga in CharlesÉtienne Prétet and Lyor Medioni’s restaurant: fresh, precise, surprising, and not as little as all that.

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Le Pantruche

Bernardaud our fêter ses 150 ans, la maison Bernardaud, célèbre manufacture de porcelaine, est partie à la rencontre de l’art en demandant à onze artistes de renom de poser leur signature sur des services d’assiettes. Sophie Calle, David Lynch, JeanMichel Alberola, Jeff Koons, Marco Brambilla… réenchantent les arts de la table en portant leurs regards sur cet inspirant matériau. La bonne nouvelle ? Toutes ces assiettes sont réunies dans un espace spécialement dédié à ces collaborations inédites et proposées à la vente dans une boutique qui vient d’ouvrir ses portes à Saint-Germain. BERNARDAUD, 60 rue Mazarine, Paris VIe. 01 43 12 52 00. Celebrated porcelain manufacturer Bernardaud asked 11 artists – including Sophie Calle, David Lynch and Jeff Koons – to design a dinner service; the results are on show and sale in the new Parisian store.

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Jean Boutang

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Bernardaud 150 ans

n décor rétro avec grands miroirs vieillis, banquettes en cuir et comptoir en zinc. Aux manettes, un trio de trentenaires enthousiastes et, en cuisine, le chef Franck Baranger, qui s’est frotté aux fourneaux de Constant et Fréchon. Du thon fumé au foin et son sorbet de concombre aux noix de Saint-Jacques bretonnes, mousseline de chou-fleur, jusqu’au cochon de lait poirecéleri-châtaigne, sans oublier l’épatant soufflé au Grand Marnier caramel au beurre salé, tout est juste et savoureux. Avec une ambiance bon enfant et des prix qui n’écorchent pas le porte-monnaie, on comprend pourquoi, au Pantruche, on joue presque tous les soirs à guichet fermé. LE PANTRUCHE.3 rue Victor-Massé, Paris IXe. 01 48 78 55 60. The Pantruche recipe for a full house: a retro decor of old mirrors, leather banquettes and a zinc counter with a tasty, ever-changing menu that doesn’t break the bank. Simple.

La Comédie Humaine açon cabinet de curiosités balzacien, la boutique de la marque la plus littéraire de la capitale s’inspire du Traité de la vie élégante. Dans cet intérieur feutré, mélange de meubles chinés et de créations contemporaines, on retrouve le vestiaire masculin complet de la griffe qui s’est fait connaître avec ses chemises à cols interchangeables et ses tee-shirts aux imprimés d’époque. Simplicité, raffinement, sens du détail se posent ici sur chaque article qui raconte un petit bout d’histoire à travers son origine, sa présentation ou sa forme. En mêlant la tradition à une bonne dose d’originalité, La Comédie Humaine revisite avec raffinement les basiques masculins et offre une mode qui colle à la peau des dandys et gentlemen modernes. LA COMÉDIE HUMAINE. 24 rue Yves-Toudic, Paris Xe. 01 42 41 43 24. By mixing tradition with a good dose of originality, La Comédie Humaine elegantly revisits men’s basics to offer the modern gentleman and dandy the perfect look.

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Bozart Bistrot a cuisine se veut généreuse et sent bon la méditerranée. On y retrouve quelques clins d’œil à la Corse, dont sont originaires Elsa et son frère Numa, avec des incontournables comme l’anciulata (petit chausson aux herbes et coppa) ou le brocciu ainsi qu’une belle sélection de vins de propriété. La carte se décline en 5 entrées, 5 plats et 5 desserts et compte déjà ses classiques, comme la pièce de bœuf accompagnée de ses frites carrément parfaite et la pana cotta, émulsion chocolat blanc et brisure de spéculoos. BOZART BISTROT. 9 rue Jean-Pierre-Timbaud, Paris XIe. 01 43 57 69 83. A Mediterranean restaurant that keeps things simple and delicious (the anciulatta and brocciu are excellent), and is a great spot for an early-evening drink.

Camille Malissen

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Lorenz Bäumer usqu’à maintenant, celui qu’on surnomme «le magicien de la place Vendôme» admirait la colonne Vendôme des fenêtres de son bureau, où se trouvaient également ses salons privés dans lesquels il recevait ses clientes privilégiées. Mais Lorenz Bäumer ouvre enfin sa première boutique et offre à ses bijoux somptueux «la plus belle vitrine du monde» et un cocon chaleureux qu’il a imaginé dans les moindres détails. Sa nouvelle création, la bague Ecume, sera mise à l’honneur aux côtés des pièces emblématiques des collections Mikado, Battement de Cœur, Fil d’Amour… LORENZ BÄUMER. 19 place Vendôme, Paris Ier. 01 42 86 99 33. Until now Lorenz Bäumer sold his magical jewelry from private salon next to his office, but now he’s finally opened a store, which he promises will offer his work “the most beautiful window display in the world.”

Jean Boutang

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Le Nüba vec ses palmiers, ses parasols et ses tables conviviales, Le Nüba,nouveau spot festif amarré sur les toits de la Cité de la mode et du design, fait souffler un p’tit air de bord de mer en plein cœur du XIIIe arrondissement. A l’initiative de Lionel Bensemoun et Jean-Marie Tassy, fondateurs, entre autres, du festival Calvi on the Rocks, cet espace exotique, réinvente la fête dans un esprit décontracté et cool. LE NÜBA. 36 quai d’Austerlitz, Paris XIIIe. www.nuba-paris.fr Palm trees, parasols and large, shared tables in a friendly spot on the roof of the Cité de la Mode et du Design, for a vibe that’s all relaxed Berlin-meets-London-meets-New York cool.

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Tuck Shop n joli trio d’Australiennes, Rain, Anna et Stella, a pris les rênes de cette petite cantine décontractée située non loin du canal Saint-Martin. Le concept ? Des menus exclusivement végétariens, avec des soupes maison, des plats healthy, des sandwichs gourmands, parmi lesquels l’incontournable toastie mozzarella basilic sauce chili douce, et des gâteaux typiquement anglo-saxons (pain banane-noix, carrot cake, scones…). On aime les cafés venus tout droit de chez Coutume (47 rue de Babylone) et la spécialité maison, le Tuck Shop’s LSD : mélange de latte, de lait de soja et de décoction miel-pissenlit. Le petit plus : le brunch sain et copieux à 10 euros, certainement le moins cher de la capitale. TUCK SHOP.13 rue Lucien-Sampaix, Paris Xe. 09 80 72 95 40. Three Australians – Rain, Anna and Stella – offer vegetarian meals and good old-fashioned cakes (banana bread, scones) near Canal Saint-Martin, plus probably the cheapest brunch in Paris (€10).

Julie Ansiau

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Pirouette

osé au cœur des Halles sur une petite place piétonne, calme et ombragée, le restaurant Pirouette entonne le couplet d’une cuisine gourmande et inventive. Imaginée par le jeune chef Tomy Gousset, la carte déroule chaque jour cinq propositions d’entrées et autant de plats et de desserts. Les gnocchis et le pigeon y trouvent leurs aises tout au long de l’année aux côtés d’une cave XXL qui compte plus de cent références de vins. L’atmosphère ? Celle d’un atelier contemporain au décor brut et boisé. Une gourmandise ? Le riz au lait beurre salé et condiments, juste parfait. PIROUETTE.5 rue Montédour, Paris Ier. 01 40 26 47 81. On a quiet pedestrian street, Pirouette is stylishly contemporary decor, food from chef Tomy Gousset that’s inventive and delicious, and an extensive wine list.

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L’Atelier des Artistes i bar ni restaurant, «ici, c’est un lieu de vie compulsif», entonnent Filipe Alves et Arthur Louvet, créateurs de cette nouvelle adresse insolite. Et il suffit de parcourir les 500 m2 de cet Atelier, suite d’espaces de vie et de fêtes, pour capter son esprit. A l’étage, un immense bar sculpté en bois et sa salle de restaurant. Au sous-sol, un fumoir cosy et une salle de projection dédiée aux arts numériques. Et un bar à cocktails, et sa secrète «Danish Suite» privatisable où l’on se fait servir façon room-service. Autant d’ambiances et d’expériences à vivre selon ses envies. Comme un grand bol d’air sur la nuit parisienne ! L’ATELIER DES ARTISTES.4rue Rampon, ParisXIe. 0664806111. A cocktail bar, a restaurant, a screening room and a “secret” Danish Suite with room service. Put it together and you have the hottest new Parisian nightspot.

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Body Ballet a silhouette gracieuse d’une danseuse classique : quelle fille n’en a jamais rêvé ? Arrivée tout droit de l’Ecole nationale de danse du théâtre de Biélorussie, Tatiana Gerassimato délie les corps à l’Usine Opéra le temps d’un cours où elle adapte les pas de la danse classique en version fitness. Pendant 1 h 30, cette liane fluide au crâne rasé, qui prend le temps de rectifier la posture de chacun de ses élèves, inflige à ses proies consentantes un ensemble d’exercices inspirés de l’entraînement des ballerines par un travail au bâton et au sol, complété par une méthode spécifique d’étirements. A la clé, un renforcement des muscles profonds qui corrige les lignes et la posture pour les rendre gracieuses et légères comme une ballerine. BODY BALLET.A l’Usine Opéra, 8 rue de la Michodière, Paris IIe. 01 42 66 30 30. Ex-ballerina Tatiana Gerassimato has taken her years of dance exercises and transformed them into a 90-minute class that strengthens deep muscles and corrects posture.

Jean-Paul Lubliner

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Café Artcurial ilez vite au cœur de la maison de ventes aux enchères Artcurial vous attabler à son restaurant. Le lieu a été réaménagé par l’architecte Charles Zana, qui a imaginé une décoration inspirée des grands noms du design italien. Un décor élégant avec sa jolie nef coiffée d’une verrière et ses baies vitrées ouvrant sur les jardins de l’hôtel Dassault. Sous la houlette d’Enrico Einaudiet de son chef, la cuisine fait la part belle à la gastronomie piémontaise. CAFÉ ARTCURIAL.7 rondpoint des ChampsElysées, Paris VIIIe. 01 57 76 39 34. The café inside the Artcurial auction house brings wellsourced Piedmontese cuisine to a beautiful space that looks out onto the gardens of Hôtel Dassault next door.

Le 39 Marc Le Bihan Patricia Blanchet

vec ses boutiques de lunettes imaginées comme des magasins de mode, la maison Marc Le Bihan est devenue en quelques années l’enseigne la plus trendy de la capitale. Après le jardin du Palais-Royal, le Marais et la rue de Grenelle, Marc Le Bihan installe un nouveau shop rue Etienne-Marcel. On y retrouve les collaborations avec des créateurs en vogue (Dita, Thierry Lasry, Thom Browne, Alexander Wang…), des solaires et optiques stylés et des modèles en exclusivité, comme ceux d’Illesteva. A voir forcément. LE 39 MARC LE BIHAN.39 rue Etienne-Marcel, Paris IIe. 01 44 82 55 55. Marc Le Bihan’s optician’s shops look like fashion stores, and along with their fashion designercreated frames are popping up all over the French capital.

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Akillis

our ses 5ans, Akillis s’offre son flagship parisien près de la place Vendôme. Dans un espace pensé par sa créatrice, Caroline Gaspard, on retrouve les incontournables de la marque,ainsi que les nouvelles collections Punket Wanted. AKILLIS.332rue Saint-Honoré, ParisVIIIe. For its fifth birthday jewelers Akillis is opening a Parisian flagship store featuring its classic models and special extras.

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uand elle lance sa marque, il y a quatre ans, Patricia Blanchet imagine de jolis souliers confortables à des prix raisonnables. Des boots –avec son modèle phare PL55– et des escarpins colorés joliment découpés dans de belles couleurs franches –bleu électrique, vert émeraude, jaune impérial– sur des cuirs irisés ou des daims que l’on peut désormais retrouver dans sa boutique. Et notre it-modèle, l’escarpin Katar, dans sa version serpent bleu nuit. PATRICIA BLANCHET. 20 rue Beaurepaire, Paris Xe. 01 42 02 35 85. When she launched her brand four years ago, Patricia Blanchet wanted to make pretty yet comfortable footwear at reasonable prices, which she did. We love the Katar pumps in dark-blue serpent.

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Jean Boutang

Jacques Pepion

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Nos Bonnes Adresses

Service Palace

nn e Ca rpe nti er Le s con sei ls trè s pa ris ien s d’A Le top 5 des fromagers ux esprits les plus subtils, sans affabuler, sans en faire tout un ramage et quel que soit votre plumage, je tiens à tenir ce langage : rendezvous chez les grands maîtres fromagers de la capitale. In fine, vous trouverez dans leurs fromages, majestueusement affinés, toutes vos affinités : doux, puissant, fin, fort, consistant, dur, généreux, coulant… Pour Nicole Barthélemy(51 rue de Grenelle, Paris VIIe), le fromage fait partie du patrimoine gastronomique français au même titre que le vin et nécessite le même degré d’exigence. Voici quarante et un ans que la dame officie à Paris, et autant de temps qu’elle prépare, chaque matin, les fontainebleaux, la vraie recette, une émulsion de crème, créée par Mme Senoble au 92 rue Grande dans la ville éponyme. Nicole Barthélemy aime aussi les vieux fromages, le comté 3 ans d’âge, les vieux salers et beauforts, qu’il est appréciable de déguster en hiver. A cette même saison, on vient d’ailleurs de toutes les contrées pour aller quérir le précieux mont-d’or, l’une des grandes spécialités de Nicole. Ce sont tous ses fromages qui fleurissent la table de Matignon (depuis 1971) et celle de l’Elysée (depuis 1973 ; les plus importantes commandes émanaient de Mitterrand). Marie-Anne Cantin(12rue du Champ-de-Mars, ParisVIIe) se plaît à dire qu’elle est née dans un camembert ! Il s’en est fallu de peu pour que sa maman fromagère accouche près de son étal de marché… Elle se consacre depuis aux fromages de saison et de terroir, prenant soin de ses producteurs, qui la bichonnent à leur tour. Elle a ses propres roqueforts et camemberts, qui portent son nom, et un saint-antoine, sa spécialité, qui ferait damner un saint : une triple crème affinée présentée dans sa petite boîte, véritable addiction lactique. La proximité de la tour Eiffel, ajoutée à sa réputation, font venir des hordes de touristes, contribuant à faire connaître notre gastronomie au fin fond de l’Asie, du Brésil ou des Etats-Unis (si, si !). Marie Quatrehomme (62 rue de Sèvres, Paris VIIe) est la première femme à avoir été distinguée du titre de meilleur ouvrier de France, classe fromagerie, en 2000. La règle de la maison : «Le fromage que nous vous proposons n’est pas celui que nous avons reçu.» Les fromages y sont délicatement malmenés : déballés, retournés, humidifiés, ventilés, frottés, sondés… Même souci d’affinage chez Virginie (54 rue Damrémont, Paris XVIIIe). Cette autre fille de fromagers (troisième génération) a été séduite il y a dix-huit ans par les caves exceptionnelles d’une fromagerie datant de 1850. Elle y affine depuis ses fromages comme on porte à maturité un vin, de

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quelques jours pour un fromage crémeux jusqu’à quatre ans pour un comté, car la dame aime les fromages qui ont du caractère. En ce moment, elle propose de succulents fromages de chèvre et de brebis savoyards, tels les persillés de Tignes et de Tarentaise. Si Virginie ne présente que des fromages issus de micro-productions, à 95 % de lait cru (elle y tient), elle s’amuse d’associations inédites comme le camembert au calvados ou les sushis comté-pâte de coing ! A ce propos, étonnant est le Salon du fromage ouvert par Mme Sanae Hisada (47 rue Richelieu, Paris 1er) en 2004 à Paris. Au cœur du quartier japonais, elle présente une sélection pointue de fromages traditionnels comme un vieux Red Leicestershire, étonnants comme le bleu 61 affiné dans un vino passito, et d’autres avec la touche nippone, comme son chèvre au wasabi, subtilement explosif. Vous en doutez ? Mme Hisada est grand officier de la Confrérie des chevaliers du taste-fromage de France et maître fromager de la Guilde des fromagers. A l’étage de la boutique, il y a quelques tables pour déguster sur place les spécialités fromagères et suivre des cours dispensés par Mme Hisada, où l’on découvre que le fromage se marie très bien avec le saké ! Avez-vous remarqué ? Ces experts du fromage sont tous des fromagères. Comme si l’art délicat du raffinage ne pouvait être qu’une affaire de femmes… The top five cheese shops Nicole Barthelemy (51 rue de Grenelle, 75007 Paris) has been supplying the French president with cheese, including her fresh Fontainebleau, Mont d’Or and three-year Comté, since 1973. Marie-Anne Cantin (12 rue du Champs du Mars, 75007 Paris) sells her own brand of Roquefort and Camembert, as well as a Saint-Antoine to die for, and she’s near the Eiffel Tower for easy tourist access. Marie Quatrehomme (62 rue de Sèvres, 75007 Paris) likes to help her cheeses age well: “The cheese we sell is not the same one we received.” At Chez Virginie (54 rue Damrémont, 75018 Paris) the cellars have been maturing cheese since 1850. Virginie’s products only come from micro-producers and 95% of them are made with raw milk. Enter Sanae Hisada’s Le Salon du fromage (at 47 rue Richelieu, 75001 Paris, in the heart of Japantown) to understand why she was awarded the title of “master cheesemonger.” Uniquely, she can also tell you which cheese goes best with sake.

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de luxe. Alain, maître barbier (8 rue Saint-Claude,Paris IIIe), est lui aussi un incontournable de la place parisienne. Depuis plus de vingt ans, on y vient se faire couper la barbe sous des effluves d’eau de Cologne. La particularité de son salon ? Il est doublé d’un musée dans lequel il a entreposé tout ce qui touche au poil : assiettes parlantes du XIXe siècle, coupe-chou aux initiales de Johnny Halliday, vieux fers à friser la moustache, d’autres pour l’onduler… Where can you get a close shave? The best barber in Paris is at La Barbière de Paris(14 rue Condorcet, 75009 Paris). Wielding her cutthroat like no one else, Sarah Daniel Hamizi transforms a shave into a thing of beauty. At men’s spa Institute Marc Delacre(17 avenue Georges V, 75008 Paris), the shaves are luxury, while Paris landmark Alain(8 rue Saint-Claude, 75003 Paris) has been sharpening his razor for 20 years.

Mais où trouver des cerfs-volants ? our beaucoup, le cerf-volant suscite de persistantes nostalgies, quand, sur une plage, dans la plaine, on dévidait avec plus ou moins de succès le fil libératoire d’un engin souvent rétif à l’envol… Hors France, le cerf-volant est plus qu’un simple loisir de niche ; il est souvent reconnu comme un sport, parfois comme un art, notamment au Japon avec les rokkakus, des cerfs-volants de combat hexagonaux dont le dernier en vol sort vainqueur. Il existe à Paris un lieu qui ne manque pas d’air : La Maison du Cerf-Volant (7 rue de Prague, Paris XIIe). C’est le seul endroit de la capitale où l’on vend, répare et enseigne l’art du cerf-volant. Gérard Clément, son fondateur, a développé sa passion suite à sa rencontre avec maître Cassagnes, «la» référence française en matière de cerf-volant. Et voici vingt-trois ans qu’il plie la toile de spi à toutes les envies : cerf-volant monofil, aile delta, quatre fils, voile de traction… et des modèles sur mesure pour le cinéma ou encore des modèles en cuir pour la maison Hermès ! C’est ce même Gérard Clément qui est à l’origine des Rencontres internationales de cerfs-volants de Berck-sur-Mer, qui emplissent chaque année le ciel de centaines de milliers d’engins de toutes les formes et de toutes les couleurs. Pour les petits comme pour les grands, redécouvrir le cerf-volant peut être un plaisir jubilatoire. Ecologique, sans bruit, ne sacrifiant qu’au dieu Eole, il s’agira de s’élever, toujours plus haut, et de jouer d’heureuses pirouettes aériennes.

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Où se faire raser de près ? e barbier a toujours eu un rôle essentiel dans l’art du paraître et parfois plus encore : tout près de sa grâce, de son prince, de son roi, il en était le confident ou le conseiller. Aujourd’hui, le barbier redevient un personnage indispensable auprès des mâles de Paname, et une foison de salons a relevé le rideau, sur le modèle des innombrables barbershops new-yorkais. Il y a des adresses plus barbantes que d’autres ; voici les meilleures prises au fil du rasoir. Le top du barbier est une barbière, unique à Paris : Sarah Daniel Hamizi, nommée La Barbière de Paris(14 rue Condorcet, IXe). Formée par Jean-Louis Bourasseau et un barbier turc de la capitale (de ceux qui apprennent à raser sur des ballons de baudruche), titulaire du certificat de barbier de l’Institut national formation coiffure, elle manie le coupe-chou comme personne. Du rasage traditionnel à la taille de la barbe, elle a transformé la coupe du poil en art. Si le sujet vous intéresse, sachez qu’elle a récemment publié Barbes et moustaches. Comment les tailler au poil !, aux Editions Larousse. D’un tout autre style, il y a l’Institut Marc Delacre(17 avenue George-V, Paris VIIIe), un cercle de soins réservé aux hommes, le temple du rasage

Illustrations Milovelen, Yemelianova. Photo Xuxw

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Where can you find a kite? La Maison du Cerf-Volant(7 rue de Prague, 75012 Paris) is the Parisian kite Mecca. Owner Gérard Clément has transmitting his love of kites for over 20 years, and he stocks one for all tastes. He’s even made kites to measure for films and Hermès. A N N E C A R P E N T I E R est la fondatrice de Mon Chasseur d’Adresses.com, le service sur-mesure pour adresses d’exception à Paris.

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Musique & Night

Acid Washed

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igné sur Record Makers, le label de Sébastien Tellier ou de Kavinsky, Acid Washed est un duo qu’on suit attentivement depuis quelques années. Pour leur second album, enregistré après une longue tournée autour du monde, le duo s’est souvenu des plus belles heures de la house : le garage new-yorkais, l’acid de Chicago qui a remué les raves anglaises, le voguing qui refleurit aujourd’hui dans les clubs branchés… Et s’est offert le best of : produit par le talentueux Joakim, visité par Miss Kittin, Yan Wagner, Turzi, La Muerte ou Hypnolove, pour un House of Melancholyqui porte merveilleusement bien son nom, même s’il s’aventure aussi dans le futur en dessinant parfaitement les contours de ce qui secouera les dancefloors de demain. A la Bellevilloise, le 19 juillet. House of Melancholy, the second album from the French duo, mixes garage, acid house and voguing to get tomorrow’s dance floors dancing today. Photographie Flavien Prioreau

Devendra Banhart

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uoi ? Vous ne connaissez pas Devendra Banhart, le chantre du renouveau de la folk depuis une bonne paire d’années, le rolemodel préféré des hipsters tout autour du monde, le hippie-barbu-sexybohème (rayez la mention inutile) qui a fait de sa philosophie du cool une nouvelle attitude, quitte à poser avec sa copine, l’artiste serbe Anna Kross pour une pub Kooples ? Ce soir le barbu le plus patchouli de la planète défendra son huitième album (déjà !), le très bricolé Mala. Fashion victims ne pas s’abstenir ! Au Trianon,le 13 juillet. Hippie savant, sexy bohemian, the hippest of hipsters. However you want to describe him, he’s back with his eighth album, Mala. There will be beard.

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Mount Kimbie

!!! (Chk Chk Chk)

om et Kai sont des Anglais pure souche qui se sont rencontrés à l’université et ont décidé de tripoter leurs machines de concert. Il faut croire qu’ils ont bien fait, tant le duo, depuis 2009, s’est fait une place au soleil auprès des producteurs et des groupes qui comptent, comme The XX, AlunaGeorges ou Disclosure. Influencé par le dubstep, le son qui agite depuis quelques années l’underground londonien, le duo tisse sa toile à coup de beats r’n’b et vicieux d’un côté, de pures mélodies pop d’un autre et leur second album, Cold Spring Fault Less Youth, ne dément pas leur virtuosité. Désormais rodé au live, passant des clubs souterrains et enfumés aux salles de concert et aux scènes des festivals, le duo vient défendre son très réussi second album. Au Nouveau Casino,le 5 juillet. Mount Kimbie’s Dom and Kai have a second album, Cold Spring Fault Less, of R’n’B-pop-minimalism to play to their Paris fans.

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ormé sur la nostalgie des années post-punk, où le rock s’amusait à se faire peur en dansant, le groupe anglais, qui marche sur les traces de ses cousins américains comme The Rapture ou LCD Soundsystem, a tout au long de sa discographie placé l’électronique au cœur de son système vital. Leur dernier album, intitulé Thr!!!er, comme un hommage au King of pop, s’ébroue magnifiquement sur les dancefloors et devrait faire remuer le popotin de tous les festivaliers de l’été. Rock en Seine,au Domaine national de Saint-Cloud, le 23 août. A chance to see the group that, like the Rapture or the much-mourned LCD Soundsystem, isn’t afraid to make rock music that dances.

Maxwell Tomlinson

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Kölsch Release Party

ompakt sera à l’honneur ce soir avec Kölsch, qui fêtera la sortie de son nouvel album, Speicher 75, entouré de Denis Stockhausen, nouveau poulain de l’écurie, et Terranova en special guest. L’occasion de rappeler que le label allemand fête ses 20 ans cette année, et il faudrait un livre pour raconter ce que Kompakt, inventeur du fameux son de Cologne, a apporté à la dance musique. Fonctionnant en «famille» et constitué à la fois d’un label, d’un magasin de disques, d’un distributeur et d’une agence artistique, Kompakt n’a jamais renié au cours des années sa philosophie : l’indépendance à tout prix. Ce qui lui a plutôt réussi quand on fait le compte du nombre de classiques publiés sur le label. A la Machine du Moulin Rouge,le 4 juillet. A party to celebrate Kölsch’s new album, Speicher 75, as well as its label, Kompakt, the legendary Cologne-based “family” that’s brought so much to dance music over the past 20 years.

Piper Ferguson

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Musique & Night

Open Space Festival

’est pendant tout l’été que se tiendra sur la scène flottante du Petit Bain la première édition d’Open Space, le mini-festival imaginé par le collectif Minimal Trip. Près d’une vingtaine d’artistes viendront se produire en live avec, entre autres, Christian Löffler (le 12 juillet), Coma (le 9 août), Raz Ohara (le 23 août), mais également les figures montantes de la scène parisienne, comme Rafaël Murillo qui jouera aux côtés de Nico from Nôze et Guillaume & The Coutu Dumonts (le 26 juillet). Au Petit Bain,du 28 juin au 6 septembre. Nearly 20 concerts throughout the summer during this minifestival, including Christian Löffler, Coma, Raz Ohara and Rafaël Murillo.

Shervin Lainez

MS Mr l n’aura pas fallu longtemps au producteur Max Hershenow et à la chanteuse Lizzy Plapinger pour se tailler une jolie réputation et se voir inviter par le label Columbia (oui, le label des Daft Punk !) à signer leur premier album. Parfait duo issu de l’ère Internet, Ms Mr donne les interviews au compte-gouttes, distille ses morceaux en avant-première sur son Tumblr (qui dessine du coup une étrange identité visuelle au groupe), se définit comme un groupe d’«alt-pop» (personne ne sait ce que ça veut dire) et, histoire de nous perdre encore un peu plus, s’amuse à dire que ses chansons sont un mélange de «tumblr glitch pop soul fuzz electro shock»… Pour faire plus simple, disons que le premier album du duo new-yorkais se situe au confluent de Lana Del Rey, Tori Amos, Austra ou Florence & The Machine. Rythmes distordus, grandiloquence des arrangements, nappes gothiques, ambiances tribales, voix grave et emphatique : Ms Mr, dessine les contours d’une pop qui s’inviterait dans les messes noires et les grottes enfumées. Préparez les fumigènes en vue du concert.

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PAT R I C K T H ÉV E N I N

A la Maroquinerie, le 2 juillet. New York duo MS (singer Lizzy Plapinger) and MR (producer Max Hershenow) make “tumblr glitch pop soul fuzz electro shock.” It might make sense live.

James Blake

25 ans et déjà deux albums encensés par la critique, l’Anglais James Blake est la figure la plus talentueuse de la bouillonnante scène dubstep, qui secoue les nuits blanches de l’Angleterre. Travail sur les changements de rythmes, mélodies larmoyantes, voix qui vous brise le cœur, clins d’œil discrets au jazz et aux musiques savantes, la pop ultra-mélancolique de Blake et son physique de jeune premier en ont déjà fait s’évanouir plus d’une. Days Off,à la Cité de la musique, le 4 juillet. James Blake’s ultra-melancholic dubstep will lift you up while breaking your heart.

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Playground #1

our sa soirée Playground, la pétillante Möggli invite Audio Werner, patron du label Hartchef Discos et Ben Vedren, jeune prodige de la scène parisienne, résident des soirées Concrete. Bonne humeur, techno chaleureuse et groovy au programme ! Au Pigallion,le 6 juillet. Möggli has invited Audio Werner (boss of Hartchef Discos) and Ben Vedren (rising Parisian star) to his first night of the summer.

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Flavien Prioreau

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© Bal du Moulin Rouge 2013 - Moulin Rouge® - 1-1028499

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LA REVUE DU PLUS CÉLÈBRE CABARET DU MONDE !

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DINER ET REVUE À 19H À PARTIR DE 180 € REVUE À 21H ET À 23H : 109 €

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THE SHOW OF THE MOST FAMOUS CABARET IN THE WORLD !

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Musique & Night

Valerie June alerie June est originaire du Tennessee et fascine tant pour sa voix suave que par sa labyrinthique chevelure à dreadlocks. Repérée par Dan Auerbach des Blacks Keys, elle enregistre avec lui dans son studio de Nashville l’album Pushin’ Against a Stone, qui la révèle enfin au grand public. Du blues sincère et mélancolique, de la «musique roots organique de contrebande» comme elle aime la définir, qui raconte l’Amérique profonde à travers onze chansons vibrantes. Et qui rendent l’album de Valerie June totalement indispensable. Rock en Seine,au Domaine national de Saint-Cloud, le 24 août. Discovered by the Black Keys’ Dan Auerbach, Valerie June makes “organic moonshine roots music” in tune with her Tennessee roots.

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The Peacock Society mbassadeurs des belles fêtes parisiennes, We Love Art et Savoir-Faire ont uni leur force pour imaginer The Peacock Society. Un festival ensoleillé et champêtre au cœur du Parc floral qui verra défiler pendant deux jours un line-up fabuleux. De Richie Hawtin à Gesaffelstein, en passant par l’écurie Cadenza (pour leurs 10 ans) ou encore Hot Natured, Joris Delacroix, Audion (aka Matthew Dear) Louisahhh !!!… et Ricardo Villalobos. Avec dancefloor en plein air pour danser la tête sous les étoiles ! Cyril Hahn, dont les remix de Beyoncé et Solange ont fait sensation ces derniers mois, ouvrira les festivités pour l’opening au Social Club le 11 juillet. Au Parc floral,les 12 et 13 juillet. A two-day festival in the Parc Floral with a fabulous lineup, from Richie Hawtin to Gesaffelstein to Audio (aka, Matthew Dear). Dance under the stars.

Dean Chalkley

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Rubrique «Musique&Night» réalisée par LUC I E G O U Z E & PAT R I C K THÉVENIN PA LACE COST ES JUILLET / AOU T 2 013

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The Aikiu he Aikiu, au départ, c’est un projet un peu fou nourri dans l’imagination galopante d’Alex Aikiu. Un jeune styliste réputé du cénacle de la mode, décidé à se lancer à corps perdu dans sa passion première : la musique. Un projet initial devenu, en quelques années et deux clips (le très soft-porn Pieces of Gold par Panteros et le très queer Fools par Lisa Paclet), un quatuor qui sait merveilleusement bien s’entourer. En confiant la production de Ghost Youth, leur premier album, à Guillaume Brière du groupe TheShoes, les arrangements au sorcier du mix Pilooski et en invitant JDSamson du groupe rock et lesbien Men ou la diva pull marine Isabelle Adjani, TheAikiu, livre un album tout en demi-teinte. A la fois gay et straight, yin et yang, énervé et contemplatif, mélancolique et rageur, qui puise autant son inspiration dans le passé (se souvenant de l’élégance rageuse des Talking Heads) que dans le futur (on pense souvent à la pop emphatique et maniérée d’un Twin Shadow). TheAikiu accordant autant d’attention à sa musique qu’au design ou à l’attitude, on est pressé de voir ce que ce groupe chéri de la hype va bien pouvoir délivrer comme spectacle total. P A T R I C K T H É V E N I N Au Parc floral, The Peacock Society, le 13 juillet. What began as side project for fashion designer Alex Aikiu has now become an album featuring Isabelle Adjani, among others, that sounds like a bit of Talking Heads and a dash of the future.

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Frank Ocean e Pyramids, composition magistrale de dix minutes, à l’addictif Lost, Frank Ocean sample rock, pop et soul et ne se cantonne pas à un seul genre musical. Avec Channel Orange, son enthousiasmant premier album, il est devenu le nouvel ambassadeur d’un r’n’b classieux et sensible. Après une première tournée annulée, il fera (enfin) sa première date parisienne et se produira la veille au Bataclan avec le collectif Odd Future. Un deuxième album, pour lequel on évoque déjà des collaborations avec Pharrell Williams et Danger Mouse (membre de Gnarls Barkley), serait en préparation. De quoi prolonger le début de notre idylle parfaite avec Frank Ocean. Au Zénith, le 3 juillet. The first tour was cancelled, but Frank Ocean has returned to Paris to play his Channel Orange, a first album of classy, sensitive R’n’B.

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Fauve vec leur nom tiré des Nuits fauves, le film culte de Cyril Collard, le collectif Fauve, composé de quatre musiciens et un vidéaste, mais qui peut réunir jusqu’à 15 personnes, est le combo qui excite à mort la hype parisienne et secoue le rock français dans tous les sens. En se saisissant des thèmes durs et flippés qui agitent la jeunesse des années 2000, leur premier mini-album, entre pop et guitares lancinantes, spoken world et paroles scandées en français, est l’électrochoc dont on avait tous besoin. Prévoyez un tee-shirt de rechange, car ça risque de suer sec dans la salle… Rock en Seine,au Domaine national de Saint-Cloud, le 24 août. A collective group of four musicians and videomaker Fauve has been getting the French public going with its mix of pop sensibility, throbbing guitars and French spoken word.

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FAUVEcorp.

Ohlman & Consorti

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ANNONCES D’EXCEPTION

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Paris 1er

ue Saint-Honoré, ravissant appartement traversant de 160 m², baigné de lumière au 4e étage d’un très bel immeuble en pierre de taille. Il se compose d’une galerie d’entrée, d’un grand salon orienté sud avec balcon filant, d’une belle cuisine, salle à manger et de 3 chambres au calme. Prix : c DELPHINE PATOU & ASSOCIÉS TÉL. 06 16 66 57 50 www.dpaparis.fr

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Paris Ve

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