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tous les artistes s ’appellent


Le projet est né de la conjonction de deux événements : les 15 ans de l’association culturelle artaban et la fin du chantier de rénovation de l’immeuble qui abrite ses locaux au 3 place de la Bourse. les 15 ans d’artaban

Cette association orientée vers la découverte du Patrimoine, à la fois ancien et contemporain, s’attache particulièrement à créer des passerelles entre ces deux périodes de l’histoire.

ART CONTEMPORAIN et PATRIMOINE

La fin du chantier de restauration, 3, place de la Bourse

Cet immeuble du centre ville date du début du xviiie siècle (et pour les bâtiments en arrière façade du xviie siècle). C’est donc un joyau du patrimoine nantais, d’autant qu’il est le seul immeuble de la ville à posséder des escaliers conçus en loggias à l’italienne. Au terme de réflexions qui se sont étalées sur ces mêmes quinze ans, les propriétaires ont fini par voter en 2005 un important chantier pour la restauration des deux cours intérieures. Les travaux commencés en janvier 2007 doivent prendre fin au printemps 2011. À l’issue de cette métamorphose, l’idée de l’association artaban est de valoriser de façon innovante cette réfection en créant des événements d’art contemporain d’abord dans ses locaux, puis à terme, annuellement dans l’immeuble (cour, escalier, couloir, appartement privé…).


Tous les artistes s ’appellent

…Pascal(e), Éric, Jean, Louise, Christophe.

DU 12 mai au 22 Juillet 2010


Sur un air de famille se déclinent les expositions de cinq couples d’artistes réunis par le jeu arbitraire de l’homonymie de leurs prénoms. C’est un heureux hasard qui permet de montrer les travaux sans que le nom soit le signifiant majeur de l’événement. La valeur de la création est privilégiée aux dépens de la signature. Il y a dans le titre un côté « les copains d’abord » qui ne recouvre pas totalement la réalité. Six d’entre eux appartiennent à une même génération de l’École des Beaux-Arts de Nantes, mais quatre autres sont universitaires et viennent d’horizons différents. Le concept arbitraire de l’exposition offre de possibles connivences, des rencontres, des (re)découvertes. En fait, les artistes ne se sont pas nécessairement appelés en amont, mais plus certainement au cours du déroulé des expositions. Un coup de dé était jeté, le principe ludique et aléatoire a primé jusqu’au bout. Les expositions ont lieu dans les deux pièces d’un appartement, où siège le bureau de l’association culturelle artaban. L’atmosphère du lieu est plutôt intime, presque deux chambres. Chacun avait émis son désir quant à l’espace qu’il préférait investir. Tous les artistes ont accepté les confusions possibles autour de leurs travaux. À défaut de s’appeler, ils se sont toujours entendus. Le premier qui installait son travail a pu parfois infléchir le projet de l’autre. Chaque accrochage était donc un moment de grande surprise, voire d’euphorie car plusieurs d’entre eux en ont profité pour larguer les amarres et jouer une partition nouvelle de leur création.

En conclusion, il nous a apparu intéressant de détendre la mécanique habituelle des expositions, de faire fonctionner de nouveaux paramètres : - d’abord l’arbitraire de l’assemblage artistique qui pose la question de la bonne exposition avec les bons artistes. L’humour et l’aléatoire introduisent le sourire dans un époque qui ne l’utilise plus guère… Ce qui n’empêche pas le sérieux avec lequel nous avons accueilli les propositions de chacun. - Le côté événementiel paradoxal de la manifestation. - Sur un temps limité, nous avons créé une forte dynamique par la succession de cinq expositions très courtes, qui, pour autant, ne se sont pas confondues avec le temps fort du vernissage. - La prise en charge par une association culturelle, ordinairement investie dans la médiation de l’art contemporain, de la conception et du commissariat des expositions. - En fait, c’est un collectif de plusieurs personnes, aux savoir-faire multiples, qui se sont diversement investies dans les différents aspects de l’exposition. La responsabilité de l’accrochage a été partagée, et les artistes se sont trouvés responsables de leur projet. - Une seule condition était nécessaire : s’appeler. En l’entendant au double sens du terme, c’est aussi de cette responsabilité dont il était question. Nous avons fait confiance à l’interaction des rencontres entre les artistes. Le rythme très soutenu des expositions (dix à quinze jours) les a favorisées.


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Pascal(e)


Pascale Rémita

Pascal Raguideau

L’idée de nature, singulièrement le paysage, tient une place caractéristique dans le travail de l’artiste. Les paysages enneigés, la glace, certains de leurs effets concourent à définir sa production récente. La composition, la palette, cette manière si singulière de l’in-fini installent une « iconologie fantôme... ». Les paysages, les morphologies de la montagne, les effets de transparence cristallins recourent à l’art de la suggestion (...). Pascale Rémita sillonne l’inoccupé ; les skieurs portraiturés avec leurs lunettes sont autant de trouées, d’écrans offrant de nouvelles visions qui invitent au dépassement. Représenter si peu, sans être abstrait, conduit à narrer beaucoup. (...) C’est entre les toiles, dans la narration suspendue, glissante, dans cet ensemble de vides impalpables que son œuvre prend sens; l’unité d’histoire et de temps a disparu. Pascale Rémita nous emmène au souvenir, que, enfant, renversé sur la banquette arrière de la voiture, regardant le paysage défiler au travers de la vitre, la capacité à se raconter des histoires se démultipliait. C’est dans ce paradoxe à développer la narration par la suggestion au sein d’une peinture du peu que son œuvre prend corps, assumant le risque de ne pas fixer le regard. Christian Garcelon, catalogue «Morphologies», Poitiers, 2010

Au début des années 80, lors de ses premières expositions, Pascal Raguideau présente de grandes toiles peintes dans le registre de l’abstraction. C’est à partir des années 90 qu’il se tourne vers des installations et que l’objet devient central dans son œuvre.

Vit et travaille à Niort.

Vit et travaille à Nantes.

Il vide l’objet de son sens premier et de ses caractéristiques habituelles afin de lui conférer un potentiel poétique et imaginaire. Il cherche à aller au-delà des apparences et à révéler les éléments invisibles des objets. « Mes formes ne cachent rien. La logique est apparente, mais le doute s’installe. Je fais exister quelque chose qui n’existe pas ». Pascal Raguideau, David Perreau, Entretien.​ Catalogue «Avis de Passage», Rennes, 1992.


Pascale RĂŠmita, Plasma, 2009, 46 x 61cm huile sur toile


Pascale Remita

Quiet, 2009, 75 x 110cm aquarelle sur papier


Pascal Raguideau


Pascal Raguideau


Pascale RĂŠmita


Pascale RĂŠmita


Pascale RĂŠmita, Sans Titre (les observateurs) 2010, 80 x 100cm huile sur toile


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Éric


Éric Pénard

Éric Fonteneau

Peintre à ses débuts dans le registre très coloré du pop art, Eric Pénard délaisse la peinture depuis quelques années et se consacre uniquement au dessin afin d’adapter sa technique au quotidien (un espace de 20 m2). Ses dessins «  pressés  », spontanés, sont faits au feutre noir sur des bristols de 10x15 cm ou 21x29,7 cm. Cette technique lui permet de dessiner partout et dès qu’il le souhaite. Chaque dessin est associé à un texte, des mots, des phrases lus ou entendus lors de leur réalisation.

Artiste plasticien passionné de dessin, la géographie est au coeur de son travail. Ce choix correspond à son intuition selon laquelle la carte serait une source intarissable d’idées. Ses modes d’expression sont multiples  : photographie, verre taillé, maquette, plaque imprimée etc.

Vit et travaille aux Sables-d’Olonne.

Textes et dessins n’ont pas de rapport direct : c’est l’esprit Dada, le rejet de la raison et de la logique, le jeu avec les convenances et les conventions... À partir de certains de ses dessins, Eric Pénard crée également de courtes vidéos graphiques qui mettent en scène des personnages, seuls ou en couple, dansant sur différents styles de musique, nous laissant témoins de moments intimes ou festifs. Lorsqu’il se trouve dans son atelier, Eric Pénard adapte sa technique à un temps de réflexion plus important, il en résulte des œuvres à l’encre de Chine.

Vit et travaille à Nantes.

Son travail se décline en 2 ou 3 dimensions, passant du minuscule au monumental, du dessin de cartes sur un mur, à l’installation d’un cercle de 240 mètres de diamètre au large de Guérande, jusqu’à des œuvres de commandes publiques. Géographie mais aussi voyage(s), que l’on retrouve dans The Big Leap, en deux pas de géant nous voici à l’autre bout du monde. L’artiste aime donc voyager, bouger, et préfère travailler in situ (comme à Hawaï et à San Francisco par exemple).


Eric PĂŠnard


Eric PĂŠnard


Eric PĂŠnard


Eric PĂŠnard


Eric Fonteneau


Eric Fonteneau


Eric Fonteneau


Eric Fonteneau


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Jean


Jean Bannier Vit et travaille à Nantes.

Dérobade

Cinq tableaux colorés comme suspendus à une ligne invisible présentent des volumes simples, des architectures incertaines, évoquant des habitacles textiles, des chapeaux, des cages… À proximité, la toile rouge et verte esquisse l’idée d’une robe dont ne resterait que la carcasse. Une dérobade au sens propre et figuré. A chaque fois un enjeu pictural : les formes se répondent et se complètent en un argument mystérieux qui propose des jeux de cache et de dévoilement. Formes énigmatiques donc, que la suite de l’installation éclaire : sur le mur d’en face une série de dessins épinglés flottent légèrement sur la paroi. Ils représentent des « amours en cage » terme populaire pour désigner ces fleurs délicates et flamboyantes que sont les alkékenges. Les dessins présents sont les vestiges d’anciens tirages d’imprimerie dont les formes avaient été absorbées par le papier. A l’issue d’un patient travail, l’artiste a réinscrit aux crayons couleur les nervures de la fleur. Cette réapparition ténue de la structure des cages, dites d’amour, complètent de façon métaphorique le dispositif abstrait des peintures. Enfin au sol de drôles d’installations  : un chapeau rayé textile semble avoir été jeté par terre et s’y accroche comme une bernique. Une tente sur roulettes en velours noir assez cocasse exhibe un dôme avantageux que souligne une dentelle noire incongrue.

Cousues par une main féminine, ces sculptures semblent interpréter les peintures. Elles sont la part non maîtrisable de l’œuvre qui, en offrant des réponses insolites, répondent peut-être au dess(e)in de l’artiste. L.R.

Jean Fléaca Vit et travaille à Nantes.

Artiste plasticien, l’œuvre de Jean Fléaca influencée par sa double formation en philosophie et aux Beaux-Arts, se caractérise souvent par une mise en jeu du texte, de la poésie et de l’image. Ses œuvres font appel à notre imaginaire, à nos souvenirs pour nous transporter dans un univers poétique et romantique proposant ainsi une réflexion sur le temps, la mémoire et l’espace, nous invitant à partir à la découverte du monde comme lorsque l’on était enfant. Il présente, pour Artaban, une œuvre originale intitulée Sans Titre ou Le Ciel Marche Sur La Terre, une sculpture de papier calque froissé, au centre une marquise miniature, perdue au milieu d’un champ de parachutes d’un autre temps. « Mes peintures sont autobiographiques, mais je pense qu’elles sont assez «  polies  » pour appartenir à d’autres, je considère qu’un travail est assez réussi quand dans le petit univers qui constitue l’image, j’ai mis assez de moi-même pour que celle-ci puisse vivre, avoir son autonomie, être pleine de moi sans que pour autant je sois présent d’une façon trop anecdotique ».


Jean Bannier


Jean Bannier


Jean Bannier


Jean Bannier


Jean Bannier


Jean Bannier


Jean Fléaca


Jean Fléaca


Jean Fléaca


Jean Fléaca


Jean Fléaca


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Louise


Louise Dumas

L.Louise Landois

Artiste fraîchement diplômée de l’école des Beaux-Arts de Nantes, elle puise son inspiration autant dans son cursus artistique que littéraire (classes d’hypokhâgne-khâgne puis licence de lettres modernes à la Sorbonne avant d’intégrer l’école des Beaux-Arts de Nantes).

Plasticienne, LLL s’intéresse particulièrement aux relations que l’Homme entretient avec la Nature. Elle développe un travail de sculpture, qui s’élabore à partir de formes moulées et d’objets collectés. De cette rencontre inédite naît un dialogue plastique, discret, parfois intrigant. Son matériau de prédilection est le plâtre. Originellement elle moulait des formes abstraites et colorées qui constituaient des séries. Aujourd’hui c’est la cristallisation rapide du plâtre qui retient son attention.

Vit et travaille à Nantes.

L’écriture est très liée à sa pratique du dessin, discipline quotidienne qui relève d’une sorte d’observation de ce qui l’entoure avec toutefois une certaine distance lui permettant d’introduire dans ses œuvres la dérision. Favorisant le trait au moyen de la plume et de l’encre de chine, elle ne garde ainsi que l’essence graphique la plus forte du dessin et parvient à lier le trait du dessin au trait de l’écriture car les deux sont composés ensemble. S’inscrivant dans la tradition du dessin humoristique anglo-saxon (les dessinateurs du New-Yorker par exemple), elle s’intéresse aussi aux chefs‑d’œuvre de l’Histoire de l’Art pour constituer une sorte de musée imaginaire. Par ses dessins elle s’approprie les figures en y infusant des notions d’empêchement (l’aveugle, d’après un dessin d’Antoine Coypel, empêtré dans un phylactère géant).

Vit et travaille à Nantes.

Les objets sont généralement anodins, pauvres  : jouets, fleurs artificielles, capsules variées, bouchons, corps démembrés de poupées… Ils sont eux aussi des moulages industriels en plastique coloré qui semblent vouloir échapper à leur série et rejouer leur destin. Ce vocabulaire spécifique et ce goût pour l’hybridation s’apparente aux recherches des sculpteurs anglais des années 80  : le non-sens, le questionnement sur les jeux et la syntaxe du décor, l’attirance pour les matériaux colorés du quotidien, leur métamorphose en sont les traits récurrents. L’œuvre de LLL révèle une vision poétique du monde, où l’esprit pop dépoussière l’esthétique classique du cabinet de curiosités. Dans cette exposition, l’artiste compose avec la géométrie des emballages et transmue leur intérieur pour y faire cohabiter des espèces florales divergentes. Deux autres sculptures hybrides viennent compléter l’installation : un hommage discret à Louise Bourgeois, récemment disparue, qui a contribué à réhabiliter le travail artisanal du tissage et de la broderie dans le contexte de la sculpture.


Ces trois sculptures-installations brouillent les frontières des matériaux, des espèces et des catégories traditionnelles et ouvrent la polysémie des lectures. L.R.

plastique du terme. Les lambeaux de récit sont eux aussi réécrits et synthétisés, mais tentent de rester fidèles aux premiers souvenirs. L’aspect ludique de la construction du rêve reste le moteur du travail. Xantia Ni Loi

Louise Robin Vit et travaille à Nantes.

Passionnée par l’univers du livre, elle développe une pratique de «  livres d’artistes  ». Il s’agit d’une catégorie artistique assez floue, qui englobe des productions très diverses  : livre de poésie, romans ou nouvelles illustrés, livre-objet… Le plus souvent, ce sont des ouvrages auto-édités, à tirage très limité, d’une facture trop complexe pour être réalisés industriellement. Pour la présente exposition, LR a réalisé un petit cabinet de livres d’artistes, au sein duquel se trouvent trois de ses créations. 5 rêves

Le livre 5 rêves n’est pas un ouvrage d’illustration de rêves, mais plutôt un travail de re-création qui s’effectue en « dépliant » les images nocturnes. D’une idée, d’un objet ou d’un personnage, le travail associatif renvoie vers d’autres souvenirs qui provoquent des collisions, des collages au sens

Xantia Ni Loi est un livre à deux voix/voies. LR en a écrit le récit dans une voiture, alors qu’elle effectuait un très long périple vers l’Afrique noire. Eric Pénard a réalisé les dessins à partir de ce récit et des souvenirs de son propre voyage en Mauritanie à la même époque. Le titre est un jeu de mots qui sous-tend l’idée de frontière et de transgression, et l’ensemble des dessins et textes donnent l’illusion d’un récit d’aventure. Le livre s’est construit en parodiant et inversant les codes formels et narratifs des ouvrages jeunesse Club Des Cinq de la célèbre bibliothèque rose. Il constitue un regard amusé à la fois sur les voyages et les carnets de voyage.


Louise Robin


Louise Robin


Louise Robin


Louise Robin


L.Louise Landois


L.Louise Landois


L.Louise Landois


Louise Dumas


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Christophe


Christophe Vigouroux Vit et travaille à Nantes.

« Je me suis inspiré de la cour intérieure « à l’italienne » et du long parcours, dans le palais d’Artaban, qui mène à cette petite chambre reculée. J’aurais pu vivre là, y faire ma petite lessive et, dans l’intimité de mon isolement, me dépouiller des contraintes de la ville et du monde. Ma liberté retrouvée me réserverait sans doute d’autres questions... » Christophe Vigouroux, le 12 juillet 2010

Artiste peintre, Christophe Vigouroux fait parler nos actes quotidiens les plus anodins dans sa pratique quasi journalière du dessin. il puise l’essentiel de son inspiration dans des images prélevées sur des emballages de produits de grande consommation, dans des catalogues promotionnels… images vouées à une reproduction de masse, images-signes destinées à provoquer un réflexe d’achat. À ces images, il fait subir une véritable opération de régénérescence. Il les décontextualise, les recadre, isole un détail, pousse à l’extrême leurs caractéristiques plastiques et les peint. Il cherche ainsi à retrouver un ordre dans cette profusion d’images à laquelle nous sommes quotidiennement confrontés et questionne notre propre manière de consommer de l’image. Christophe Vigouroux n’instaure pas seulement une relation critique à l’égard de la consommation à l’instar du pop art, mais aussi un langage où se combinent les ingrédients sémiologiques et poétiques de la peinture. C’est l’affirmation d’une peinture éternelle, pleine de surprises et de possibilités, d’une peinture-piège susceptible tout à la fois de dénoncer et d’émouvoir. Parallèlement à son travail de peinture, il réalise de nombreuses aquarelles, dessins, exécutés de façon très spontanée à partir d’observations tirées du quotidien, et achevés lorsque l’artiste arrive à un carrefour de sens, quand surgit un hiatus entre sourire et malaise.


Christophe Fauconnet Vit et travaille à Nantes.

Cabane de papier, baraque de chantier

Difficile de rentrer dans la salle d’exposition  ! Un rideau de papier, mosaïque de 96 feuillets suspendus grossièrement sur un linteau, fait barrage nous obligeant à longer les murs pour avancer. On peut alors découvrir le recto de cette grande fresque apocalyptique qui n’exhibait à l’entrée que son verso filigrané d’un grand A… Mais en face, un autre rideau de papier, assez semblable, marqué cette fois-ci d’un Oméga géant, jaune. L’univers est peu convivial, une énorme cascade de câbles électriques se répand depuis la rosace du plafond. Sur le mur, le mot absinthe, intrigant, est dessiné avec les mêmes fils bruts de décoffrage. Des boulons métalliques ajustent les 96 feuillets photocopiés qui composent chacune des fresques mosaïque. Celles-ci s’agitent au gré du vent, s’exposent à la lumière de la fenêtre, créant ainsi des transparences qui accusent la lecture de l’alpha et l’oméga et signent le propos.

L‘aurore de bon matin

L’ambiance des dessins est glauque et apocalyptique. Sur un fond noir de désespérance s’ébattent des créatures monstrueuses qui s’entre-dévorent, s’égorgent, se tripatouillent et se pissent dessus. On y devine la grande Prostituée de Babylone, impudique, affalée sur un fauteuil, des bacchantes en furie, des cortèges menaçants d’hommes équipés de masque à gaz. La composition d’ensemble s’articule autour d’un jet puissant qui tient à la fois du déluge et de la coulée volcanique. Les références sont nombreuses et comme toujours chez CF, des êtres étranges sont égarés dans cet environnement effrayant : la jeune femme illuminée qui promène des chiots dans une poussette, ou encore les hommes qui se font un expresso sur le toit d’une R5. « L’horreur de bon matin » se révèle à nous dans une atmosphère de chantier, véritable architecture du dessin et de l’installation. Clin d’œil à la réelle situation de l’exposition (dans un immeuble du centre ville en chantier de restauration), ce travail propose aussi un état des lieux des recherches de l’artiste. Il scanne tous ses dessins manuels pour les injecter dans l’ordinateur, puis les mixe avec d’autres productions numériques. Un nouveau langage graphique s’élabore mais qui pose paradoxalement la question du support et de la présentation. Est-il judicieux de retourner au papier après tant de manipulations informatiques  ? La présente installation est une réponse sous la forme d’un chantier complexe et perplexe ! L.R.


Christophe Vigouroux


Christophe Vigouroux


Christophe Vigouroux


Christophe Vigouroux


Christophe Fauconnet


Christophe Fauconnet


Eric & Eric du mardi 8 juin au samedi 19 juin

Pascale & Pascal du mardi 25 mai au samedi 5 juin

Association Culturelle

Artaban 3, Place de la Bourse

44 000 Nantes

Jean & Jean du mardi 22 juin au mercredi 30 juin

tél : 02 40 35 08 98

www.artaban-asso.com

Christophe & Christophe

Louise & Louise & L.Louise

du lundi 12 juillet au jeudi 22 juillet

du vendredi 2 juillet au samedi 10 juillet


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