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Collages Collatéraux

Pablo Despeysses - images Philippe Despeysses - textes


VAGAMONDER1 1. le mot/verbe « VAGAMONDER » a été fabriqué par le poète portugais Al Berto (1948/1997). Il est un mariage entre les mots vagabonder et Monde.

Autour du Monde Les vibrations de la vitesse Dans nos têtes Les pistes du désir Tout va , tout vient De ci, de là Le souffle des traces Les reflets du vent Derrière les casques fendus par le temps les calottes crâniennes à découvert à la portée de la moindre flèche Mais tourne,tournera le Globe Nos caboches et nos envies avec Tourne, tournera le manège Extravagante et folle sarabande Autour du Monde Des archipels de vibrations Dans nos têtes


VISAGE BLEU : STREET ARTISTE REZENDE

Germaine & Pedro et l’homme bleu Germaine dans le ciel Pedro gravé dans le mur Et le regard bleu métal de l’homme au chapeau qui avec eux, veillait sur toi passant.

Ils te suivaient des yeux même quand tu te planquais Ils savaient d’où tu venais Ils te disaient où tu devais aller C’étaient les anges de notre rue

Rien ne pouvait leur échapper même le chauffeur au feu rouge qui se croyait seul et libre dans sa carlingue excitée Ils en avaient vu des gens et des gens Ils en avaient des histoires à raconter.

Mais voilà un matin, un sagouin les a effacés pour du crépi béton Est restée d’eux une photo prise comme ça à la sauvette

Germaine du haut du ciel c’est sûr en a pleuré de joie Pedro lui traîne parfois dans la ville L’homme bleu a changé de quartier.


Dylan Corner & Cie Au bout de la coursive où personne ne s’aventure on peut deviner des lueurs grises. La nuit tombe sur la ville. Ne restent que des ombres planquées dans les sous-sols. Quelques notes qui suintent. Des voix lascives,éraillées Just like rolling men I still remember the way they w’re I can hear the sounds of their words Ils sont invisibles maintenant Loin de la bataille qui fait rage Ils n’ont plus rien à cacher Ils n’ont plus rien à perdre Traînent encore dans les ruelles l’éclat de leurs mots étranges et magiques One more cup of coffee brother ‘fore they go.


Avec calme Un vitrail Elle dessine

Les reflets Violets De son âme

Dans les coursives D’un bar perdu Se faufilent

S’en vient la nuit Dans le « Navire » Des mots qui se disent1.

1. « Com calma » : Bar de slam et de spoken words basé dans le quartier de Benfica, à Lisbonne.


Le Come-back du Samouraï

1. collage poétique à partir du texte d’une chanson de Claude Nougaro

2. collage poétique à partir d’une phrase de Miguel de Cervantes

Un jour, un jour , c’est sûr Surgira le jour pur L’immense jour que l’on attend Alors le samouraï moribond Se relèvera sans façons Enfin armé d’Amour jusqu’aux dents1 L’oracle des temps modernes le préviendra : « Honneur, Politesse, Loyauté : Basta ! Sincérité, Droiture, Bienveillance: Si tu le peux ? Mais surtout ami d’avant ce temps tu devras être imprudent sans jamais oublier qu’aujourd’hui les téméraires doivent plus à la chance qu’au Courage2 » Un jour, un jour, c’est sûr Ne surgira peut-être pas le jour pur L’immense jour que l’on attend Le samouraï toujours aussi moribond se relèvera-t-il alors sans façons armé de doutes jusqu’aux dents ?


Des confins de ton imagination T’en souviens-tu de ce bateau qui l’autre nuit volait dans ton rêve ? Il semblait revenu des lointains Il avait dû en croiser des ports chargé qu’il était jusqu’à la gueule de tant de gens rencontrés On aurait dit une nouvelle arche Au fil du temps il transportait de nouvelles histoires, une autre histoire Il repartait pour d’autres ailleurs

Cour des miracles aux éclats Une étrange folie semblait l’envahir Du haut de son mât, tu jubilais « Droit devant » disait le capitaine « Vers où, vers quoi » s’inquiéta la chanteuse « Vers ces îles du milieu du monde où ne chante que le silence » répondit l’écho Balivernes de balivernes et tu le savais bien Dans ces îles silencieuses de l’autre côté du monde les grands navires ne peuvent accoster Les passagers doivent continuer à vivre et à danser au large à tout jamais

T’en souviens- tu de ce bateau qui l’autre nuit volait dans ton rêve ? Ne ressemble-t-il pas à celui qui vogue depuis toujours dans les confins de ton imagination ?


JUMEAUX Moi et moi nous sommes des jumeaux Moi et moi nous avons vécu la vie que nous avons vécue par « peur » de devenir de vieux cons Moi et moi (mêmes pères) nous sommes restés des enfants capricieux et égarés Moi et moi nous sommes des voleurs d’instants justes bons à ne pêcher que le plaisir Moi et moi nous avons essayé de nous « élever » sans jamais arriver vraiment à donner du sens à nos navigations Moi et moi nous sommes des incertains errants nostalgiques sans mémoire Mais Moi et Moi nous sommes des frères de hasard envers et contre tout Jumeaux !

1. Fernando Pessoa : (1888-1935) poète portugais. Un des fondateurs du modernisme en poésie.

« Chacun de nous est plusieurs à soi tout seul, est nombreux, est une prolifération de soi-même » (Fernando Pessoa1)


AUTRE Moi je voulais être lui Lui il voulait être un autre Mais quel autre ? Lui il voulait être moi Moi je voulais être un autre Mais quel autre ? Moi je le voyais autre Lui il n’était rien Que m’imaginais-je ? Lui il me voyait autre Moi je n’étais rien Que s’imaginait-y-il ? Moi je voulais sa vie Lui il avait peine à vivre Quelle confusion ! Lui il voulait ma vie Moi j’avais peine à vivre Quelle confusion ! Il y avait eu dès le départ une énorme erreur de réglage Celle de celui qui passe son infini à se mélanger les pinceaux « Nous ne nous débarquons jamais de nousmêmes. Nous ne parvenons jamais à autrui sauf en devenant un autre par l’imagination devenue sensation de nous-mêmes » (Fernando Pessoa)


GLISSE l’HOMME Lanières d’acier Tombées du ciel Toile du matin De noir vêtue Glisse l’homme Gamme de vie Parure de fête Cordes élancées Grille de notes Glisse l’homme Folie de la piste Vibrations frôlées Tension dans l’air Eclats de voix Glisse l’homme Athlètes fébriles Danseuses légères Amours volatiles Drôle de cirque Glisse l’homme Haut la harpe Des mots croisés Les mains tricotées

Entre les traits Glisse l’homme Dresser le mât Grimper toujours Couvrir le temps Irradier la ville Glisse l’homme De haut en bas Des arpèges Des arabesques Des rebonds Glisse l’homme Chapeau pointu Voûte bombée Bouche d’ivoire Vitesse vitesse Glisse l’homme Fil du temps Fil de vie Fils du temps Fils de vie Glisse l’homme


Notes de Plein Ciel Plein soleil, jupes légères Clapotis d’un bassin nénuphar Nous les écoutions, double tempo Notes de loup, swing papillon La musique de la mer s’endormait sur la terrasse Notes étranges pleines de nous Nous trinquions d’un verre de lumière quand soudain sa guitare se mit à parler Oui je vous le dis , croyez- moi sa guitare parlait d’un Sahara lointain Ses doigts voltigeaient de poussières défiant les allées et venues des enfants Sa main profonde teintait le temps Battements de nos pieds raccordés sur le glacis de ce bonheur trouvé Nous pouvions nous endormir Il pouvait jouer à sa guise, à l’infini Là nous y étions , là ça le faisait Envoutés, devenus sans mémoire...


La Petite histoire d’ Eusebio et Luis Lui , à gauche , c’est Eusebio. On l’appelait la « Panthère Noire ». Il était né au Mozambique en 1942. À 18 ans il arriva à Lisbonne pour jouer dans le club de football du Benfica. Il devint à cette époque presque l’égal de Pelé. Une grande et belle personnalité tout au long de sa vie. Avisé, pondéré, écouté respecté une fois sa carrière de footballeur terminée. Après son décès en 2014 , le Portugal décréta trois jours de deuil national car il était ( et l’est encore ) le Portugal tout comme Amalia Rodrigues. Les Portugais se sont retrouvés, dans les petites cantinas, une journée entière à suivre à la télévision le cheminement de son convoi funéraire dans les rues de Lisbonne. Le Café O LUIS était une de ces petites cantinas. Lui, à droite , justement , est bien le Luis du Café en question. O LUIS comme il se dit dans son quartier à Lisbonne. Luis a une passion immense, le Football et plus encore pour son club, le Benfica, avec tout en haut dans le firmament : Eusebio.

Un matin, un portrait d’Eusebio (une épreuve d’artiste au pochoir) lui a été offerte. Luis, le soir, les clients une fois partis, a pris discrètement le temps, par delà le temps, de parler d’un regard à la fois tendre et respectueux avec Eusebio. Ils ont dû, du fond des yeux, se dire (semberait-t-il !) tant de choses ? L’épreuve d’artiste trône aujourd’hui dans le Café de Luis ; il y a même eu un vernissage pour l’accrochage du portrait d’Eusebio ; c’était le premier vernissage organisé dans le café de Luis et pas sûr que ça se reproduise ! Si tu passes un jour par Lisbonne, le Café O LUIS est toujours bien là avec au dedans, ensemble, Eusebio et Luis. Le Café est à deux pas de la Igreja Santa Isabel ; tu ne peux pas te tromper.

- le Mozambique est un pays dans le sud-est de l’Afrique face à l’océan indien (ancienne colonie portugaise). - « Benfica » : un quartier de Lisbonne, mais surtout le plus prestigieux club de football du Portugal avec 230 000 socios/abonnés (le deuxième au monde après le Bayern de Munich.) - Edson Arantes do Nascimento dit PELÉ est né au Brésil en 1940. Il est considéré comme le plus grand joueur de football de tous les temps. - Amalia Rodrigues (1920-1999) dite la « Reine du Fado ». - « Cantina » : une sorte de petit café, de petite taverne portugaise populaire. - « Igreja » : une église en portugais


La Complainte d’un Dragueur Abandonné Je vivais depuis si longtemps, Dans le silence vert de l’océan, Fluides frôlements, pas de danse.

Je divaguais dans les profondeurs de la mer, J’y rencontrais souvent des libres de cœur, En secret ils aimaient se retrouver, Nous puisions des particules magiques.

J’avais l’instinct des fosses, Des histoires s’y croisaient, Des histoires noyées d’obscurité, Impossibles à raconter.

Je cache encore dans mes soutes, Les secrets ignorés des abysses, Sont-ils sombres crustacés ou colliers de corail ?

Maintenant face à la mer dans le silence des matins, Je reste là oublié, Immobile, égaré Je cherche au petit jour juste un reflet sur l’onde... ...et le manque.


RÉÉLIRE DOMICILE Dans le cœur du petit matin un air gracieux de mystère Une falaise déchiquetée Quelques mousses solitaires Une plage mystique Une brise apaisée Le temps suspendu

PHOTO : LISA DESPEYSSES

Des allures de cathédrale marine en instance de dérive Rien de farouche Le chant des vagues est bien là Tout est relié Intemporel

Entre deux bruissements d’ailes écouter réélire domicile Les noms y sont de personne prêts à rouler sur l’onde


Au cœur de la ville Au coin de ses toits Chantent les âmes Le temps se faufile Tricote des bruits Raconte une histoire La plume de l’oiseau Portée par la brise Passante légère Le rebond d’un ballon Un glissement d’arbres L’heure chaude du midi Les échos du fleuve Chuchote un air lointain Celui de l’Océan La ville s’allonge Nos paroles silencieuses L’envers du souci


CARESSER le SOLEIL Le poète voulait se faire oiseau caresser le soleil Il n’avait pas de pays où allumer le Feu Il voulait s’en aller plus haut - sans savoir où mène la soif là où s’égare la main de l’air vers cette lumière brûlée cette joie immense si près d’être musique

1. Dialogue poétique avec Eugénio de Andrade, poète portugais (1923 -2005)

Une voix lui dit alors : « N’écoute pas le rossignol ni l’alouette C’est en toi que toute la musique est oiseau1 »


A CESARIA

* « Parlés d’Afrique » (inventés et donc intraduisibles) 1. Créole du Cap Vert (de l’île de Cesaria Evora : l’île de São Vicente) « Nostalgie,nostalgie de ta voix. Nostalgie, nostalgie. Si Dieu le veut. À plus tard »

Tout était à la fois Facile en toi La nuit, éveillée Tout se dérangeait

Bougeaient nos corps Le Cap Vert à bord Douceur, couleurs Les yeux langueur

Houta ba ao Touva y yoko *

Bali y sanki Va ni so souti *

Tout se faisait large Les sons à la charge Les coeurs à l’envers Tournés vers la mer

Tu nous as traversés En nous ta voix est restée Elle vogue entre ciel et mer Nos cœurs encore et toujours à l’envers

Maké so to rou Até fo va lou * L’odeur du matin Tes îles en chemin Morna , coladeira Ça frottait Cesaria Umavé tou yo Vé narré mosso *

Sodade, sodade d ‘ ta voj Sodade, sodade S’ Deus kizer D’ x pox , gente t’oiá1


ISIDORE1 J’aurais aimé écrire comme je respire En continu sans point à la ligne Me laisser porter sans consigne Accepter les mots au bout de la main Aller malgré moi sur d’autres chemins Respirer manger boire aimer mais surtout sans satiété Écrire ce qui vient là devant le rebond d’un ballon d’un enfant la voisine alerte flèche à son arc son joli corps attiré par le parc le café en face bande d’arlequins et qu’on y passe au petit matin Sans oublier ce qui va et vient Il est déjà l’heure du turbin Pêcher capter tout de partout

M’imprégner du vent un peu fou Regarder la rue qui prend la plume raconte des histoires que ça hume Le clocher venez les ouailles Dieu vous a déjà tracé les rails Et puis sans faute un tour à la plage Bonjour la mer bonjour les coquillages Regarder un instant le soleil M’endormir d’un demi-sommeil Les voir les ondines qui défilent la peau perlée cachée d’un fil Eh oui tout ça à vivre et à écrire sans forcer au feeling mieux que dire Le stylo jamais à l’arrêt ni au repos Le papier à foison tout blanc tout beau Écrire à grande allure oui sans fin le jour la nuit jusqu’au petit matin

Que les lettres les mots retrouvent alors leurs fibres Qu’ils redeviennent gammes de traits lignes qui vibrent Au delà de l’horizon des lendemains Là où le langage se dilue sans chagrin Là où il renaît indicible intense indéfini Musique d’onomatopées vibration de couleurs infinies Emotions dans ma lyre Sensations à la tire J’aurais vraiment aimé écrire comme je respire

1. ISIDORE ISOU ( poète/peintre/cinéaste/ romancier/dramaturge/économiste français d’origine roumaine) est le fondateur du Lettrisme, mouvement artistique qui renonce à l’usage des mots pour s’attacher à la poétique des sons, des onomatopées, à la musique des lettres.


Lacis1 d’enfance J’aimerais tant retrouver la lancinante langueur des landes de mon enfance J’aimerais tant retourner vers la lagune lactée de mon village J’aimerais tant ne rien oublier des plaisirs lascifs, même des larmes qui emplissaient mes songes J’aimerais ne plus m’éloigner de cette ancienne latitude, de ce labyrinthe où tout était encore possible 1. Réseau de « fils » entrelacés


« Mon Rêve Familier » « Je fais souvent le rêve étrange et pénétrant1 » d’un terrain de sport qui fatigué par toutes ces joutes et compétitions déciderait de s’enfuir du stade. Il partirait en goguette dans la ville et deviendrait chemin faisant champ de jeu pour les femmes, les hommes et plus encore les enfants de la Cité. 1. Référence au poème de Paul Verlaine (1844-1896): Mon Rêve Familier


Dictons du Monde Afrique du Nord .1 Amérique du Sud .2 Pays Slaves .3 Moyen Orient .4 Europe Occidentale .5 Afrique Noire .6 Amérique du Nord .7 Inde .8 Océanie .9

A. Le destin balaie toujours les souhaits B. Le diable reprend toujours ses cadeaux C. L’homme oublie toujours l’ombre de son corps D. Le temps efface toujours ce qu’il donne E. L’espace appartient toujours à celui qui l’occupe F. Le soleil brûle toujours ce qu’il aime G. La scoumoune finit toujours par rendre l’âme H. La Terre épouse toujours le ciel I. La vie renaît toujours d’un jour à l’autre


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LISBONNE est (encore) une ÎLE C’est le temps encore de dire des vers Cette ville est opportune Nous empruntons ses ruelles Dans le plein été des quais, des quartiers s’ouvrent les lucarnes voyagent les secrets C’est le temps des possibles de la douceur, des regards clairs Nous dessinons dans leurs miroirs des arabesques éphémères C’est le temps de la lumière des reflets, des édredons d’azur Cette ville est opportune Cette ville est encore une île


PHOTO : LISA DESPEYSSES

Lui c’est le pouet-pouet de service comme il se dit Il s’enfuit en courant de peur que la réalité ne le rattrape Il n’a pas oublié juste avant de jeter une bouteille à la mer avec tout simplement quelques poèmes glissés à l’intérieur.

Et pour finir, du haut de sa tour, le poing levé, « l’artiste » vous salue. Dans sa main, deux mots cachés : Jeux et Rêveries. Ils balisent son chemin. Tous les textes « poétiques » de ces collages collatéraux ont été inspirés par son travail.

PHOTO : LISA DESPEYSSES


L’Isle-d’Abeau - FR Lisbonne - PT 2020

Merci à: Lisa Despeysses & Anna Larnicol

Composé avec : Open sans (light / regular / bold / extra bold) Alegreya Sans (medium italic / Black)

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