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Les couloirs du temps de

KIENTZHEIM

Texte, photos, maquette et mise en page de Paul-AndrĂŠ Bechler

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Dans la même collection : Les couloirs du temps de RIBEAUVILLE

2005

Les couloirs du temps de COLMAR

2008

Circuit mystère de COLMAR

2009

Le Pfifferdaj de RIBEAUVILLE

2007

Le Pfifferdaj de RIBEAUVILLE

2008

Cet ouvrage a été réalisé par Paul-André Bechler Les informations contenues dans cet ouvrage ne font qu’exprimer l’opinion de l’auteur, et peuvent faire l’objet de modifications sans préavis. L’auteur ne pourra être tenu responsable des erreurs contenues dans ce document, ni des dommages fortuits ou consécutifs ayant trait à la fourniture, à la qualité ou à l’usage de ce dernier. Toute reproduction, photocopie est strictement interdite sans le consentement écrit de l’auteur. Paul-André Bechler.

ISBN : 2-9514363-5-1 © EDITIONS LES COULOIRS DU TEMPS BECHLER PAUL-ANDRE 68040 INGERSHEIM -France info@bechypsoft.com Dépôt Légal : Prem.Edition, nov. 2005, juin 2006, juillet 2009 4

Kientzheim


INTRODUCTION Si vous tenez ce guide entre vos mains, c’est certainement la curiosité qui vous y a poussé. Ou peut-être l’espoir de découvrir autrement la ville de Kientzheim. Le présent ouvrage se veut être comme un de ces « Guides du voyageur curieux » qui apparurent en France vers la fin du XVe siècle. Ces guides étaient destinés à la découverte d’une ville ou d’une région et offraient une description détaillée des lieux à visiter. Plutôt que d’opter pour un découpage traditionnel, suivi par la plupart des guides touristiques, j’ai volontairement privilégié une démarche un peu plus ludique : la promenade. Chaque guide contient des indications précises sur les cheminements à suivre pour atteindre les lieux ou les édifices cités. En pénétrant dans les « Couloirs du temps » de Kientzheim, vous observerez quantité de détails insolites et mystérieux. Pour vous y aider, des centaines de photos illustrent chaque ouvrage. Vous retrouverez ainsi facilement, dans l’aspect actuel de la ville, tout ce qui a réussi à traverser les siècles jusqu’à nous. Puissiez-vous éprouver autant de plaisir à suivre ces itinéraires que celui que j’ai moi-même éprouvé en arpentant ces rues empreintes d’histoire. L’auteur

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Kientzheim, cité médiévale située au coeur du vignoble alsacien

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La Porte Basse La porte devant laquelle vous vous trouvez maintenant fut construite en 1375 par Ulrich de Ribeaupierre (Fig. 1). A cette époque-là, les portes constituaient un dispositif indispensable pour filtrer les entrées et sorties d’une ville. Kientzheim disposait en fait de deux portes principales, celle-ci et une autre se trouvant à la sortie Ouest de la ville vers Kaysersberg. L’insécurité caractérisait cette époque. Divers récits rapportent que les habitants étaient fréquemment terrorisés par les bandes sauvages. Celles du sire « Enguerrand de Coucy » et de son lieutenant « Arnaud de Servole, l’Archi-prêtre de Verny » ont été particulièrement mal vécues. C’est pour garantir la sécurité des habitants de Kientzheim qu’Ulrich de Ribeaupierre fit bâtir cette porte avec ses propres deniers. Remarquez la meurtrière en forme de bouche grimaçante tirant la langue et creusée au-dessus du portail (Fig. 2). On l’appelle « Lalli » faisant ainsi référence au « Lallenkoenig », le « roi des Bredouilleurs » suisse de Bâle. Une solide construction en pierre à bossage surmontée d’une tour carrée semblable à la « Porte Haute », qu’il qualifia lui-même comme étant « ein guet thor da Aufgericht und gemach », c’est-à-dire « une bonne porte bien construite et bien faite ». Cette porte est incluse dans l’enceinte qui fait le tour de la cité (Fig. 3). En passant sous la porte, observez sur le côté gauche la peinture murale représentant le Christ rencontrant Sainte Véronique (Fig. 4). L’original de celle-ci datait du début du XVe siècle. La fresque et a été restaurée par un artiste-peintre, Gérard Ambroselli en 1974 (Fig. 5). Sur le côté droit de la porte, subsiste encore de nos jours la niche qui permettait au gardien de s’abriter des intempéries. Les nuits étaient froides et humides en Alsace (Fig. 6). 18

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1. Porte Basse

2. Le « Lalli »

3. Porte et enceinte Est Kientzheim 19


4. Porte Basse (Façade intérieure)

6. Niche du gardien

5. Peinture du XVe siècle 20

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La « Strassgasse » En face de vous, voici l’artère principale de la ville, appelée « Strassgasse » (Fig. 7). Dès le Moyen-âge, cette rue permettait à tout voyageur pénétrant dans la ville de la traverser de part en part, pour ensuite ressortir par la « Porte Haute » et continuer son chemin vers Kaysersberg. Mais nous en parlerons un peu plus tard.

La « Ringgasse » Engagez-vous maintenant dans cette petite rue étroite qui s’en va sur la droite, que l’on appelait la « Ringgasse » ou « Rue circulaire » (Fig. 8). Elle longe le mur d’enceinte sur sa partie intérieure et mène directement vers la Chapelle Saint Félix et Régule. On y trouvait aussi un puits, aujourd’hui disparu, le « Unterkirch-strassenbrunnen » qui fournissait l’eau à toute la partie basse de la ville.

Le logis du gardien Le bâtiment accolé à la porte constituait le logis du gardien (Fig. 9). C’est ici qu’ont logé des générations de gardiens chargés de surveiller les portes de la ville. La fonction du gardien consistait d’abord à ouvrir chaque matin et refermer chaque soir les lourds battants de ses portes, puis à relever la lourde herse en fer. Mais les attributions d’un portier étaient beaucoup plus étendues. Homme de confiance, il était également chargé de prélever les péages, de veiller à ne pas laisser pénétrer dans la ville tout individu louche ou suspect, bref de contrôler tout ce qui entrait ou sortait de la ville de jour comme de nuit. Kientzheim 21


7. La « Strassgasse »

8. La « Ringasse »

9. Logis du Gardien 22

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On comprend donc pourquoi il était équipé d’un sabre et d’une hallebarde. Si vous remontez la petite ruelle étroite, vous arriverez en vue du cimetière Sainte Régule qui se trouve à droite. Il est entouré d’une petite enceinte (Fig. 10). Longez maintenant la façade Ouest de l’église « Saint Félix et Régule ». Sous un vieux cadran solaire en bronze (Fig. 11), vous passerez en revue les nombreuses pierres tombales qui y sont adossées (Fig. 12). Les décors gravés sur certaines d’entre elles sont assez surprenants, comme ce « sablier ailé » (Fig. 13). Il symbolise, comme le disait Lamartine « la chute éternelle du temps », son écoulement inexorable. Une « tête de mort couchée sous un palmier » évoque certainement dans l’idée de son commanditaire l’espérance de la résurrection (Fig. 14). Quoiqu’il en soit, la représentation de l’au-delà a toujours excité l’imagination des humains à travers l’histoire. Vous pourrez aussi noter sur votre droite une scène familière figée dans la pierre (Fig. 15). Elle représente le Christ au Jardin des Oliviers en compagnie de ses apôtres le soir de son arrestation par les prêtres juifs. Ce « Jardin des Oliviers » date vraisemblablement du XVIIIe siècle.

Le rempart Est

Après avoir franchi le petit pont de pierre qui enjambe le fossé vous obtiendrez une très bonne vue d’ensemble sur les remparts Est et Nord de la ville (Fig. 16). Barrières de pierres élevées à partir de 1374 à la demande des Seigneurs de Ribeaupierre, ces remparts assuraient à la population une protection efficace en ces temps de guerres fréquentes (Fig. 17). Construits suivant les règles de l’art, ces murs de plus de 9 mètres de haut comportaient à leur base une bande de terre d’une quarantaine de mètres de large. Kientzheim 23


10. Eglise Sainte RĂŠgule

12. Pierres tombales

11. Cadran solaire 24

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13. Le sablier ailĂŠ

14. Le palmier et la mort

15. Le Mont des Oliviers

16. Rempart Est Kientzheim 25


17. Fossé du rempart Est

18. Fossé Est 26

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De très importants travaux de terrassement furent nécessaires pour creuser le profond fossé tout autour de la ville (Fig. 18). Quant aux matériaux, ils provenaient en grande partie de la rivière qui coule au fond de la vallée de Kaysersberg, la « Weiss ». Une foule de travailleurs était chargée de ramasser les tonnes de galets ronds au fond du lit de celle-ci. Un chemin de ronde en bois garnissait la face intérieure des murailles (Fig. 19). Ce dispositif permettait aux arquebusiers et aux arbalétriers de repousser d’éventuels assaillants.

La Chapelle Saint-Félix-et-Régule Revenez à présent sur vos pas pour vous intéresser à la chapelle « Saint Félix et Régule » (Fig. 20). Différents documents datant du IXe siècle attestent que le roi Lothaire II avait fait don de la chapelle royale ainsi que de plusieurs parcelles de terrains, au Couvent des sœurs de Zurich « Saint Félix et Régule ». Puis en 1291, elle sera transférée à l’Abbaye de Lucelle. A la fin du XIVe siècle d’importants travaux seront entrepris pour en faire une église romane. Certaines sculptures seront intégrées dans ce nouveau sanctuaire (Fig. 21). On reparlera de ce lieu de culte en août 1466 à propos d’un événement assez curieux. Une nouvelle fois des bandes armées brûlèrent l’église fortifiée de la ville voisine de Sigolsheim. Une fois les assaillants partis, des habitants de Sigolsheim emportèrent deux statues de bois représentant l’apôtre Jean et la vierge Marie ayant échappé à la destruction par le feu. Ils les apportèrent à l’intérieur de l’église « Saint Félix et Régule ». Or, à peine mises à l’abri, ces deux statues, selon les dires de certains « laissèrent couler des larmes de leurs yeux » (Fig. 22). Kientzheim 27


19. Muraille de galets

20. Chapelle Saint FĂŠlix et RĂŠgule 28

Kientzheim

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Guide touristique - circuit commenté de la ville de KIENTZHEIM

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