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Lescouloirs d ut e mps KAYSERSBERG

EDITIONS COULOIRS DU TEM PS


Les couloirs du temps de KAYSERSBERG

texte, photos, maquette et mise en page de Paul-AndrĂŠ Bechler

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Dans la même collection : Les couloirs du temps de RIBEAUVILLE Les couloirs du temps de KIENTZHEIM Les couloirs du temps de COLMAR Le circuit mystère de COLMAR Les couloirs du temps de TURCKHEIM

2005 2005 2008 2009 2010

Cet ouvrage a été réalisé par Paul-André Bechler Les informations contenues dans cet ouvrage ne font qu’exprimer l’opinion de l’auteur, et peuvent faire l’objet de modifications sans préavis. L’auteur ne pourra être tenu responsable des erreurs contenues dans ce document, ni des dommages fortuits ou consécutifs ayant trait à la fourniture, à la qualité ou à l’usage de ce dernier. Toute reproduction, photocopie est strictement interdite sans le consentement écrit de l’auteur Paul-André Bechler.

ISBN : 978-2-9533248-4-6 © EDITIONS LES COULOIRS DU TEMPS BECHLER PAUL-ANDRE 68040 INGERSHEIM -France coultemps@aliceadsl.fr Dépôt Légal : Première édition, juin 2011

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INTRODUCTION

Si vous tenez ce guide entre vos mains, c’est certainement la curiosité qui vous y a poussé. Ou peut-être l’espoir de découvrir autrement la ville de Kaysersberg. Le présent ouvrage se veut être comme un de ces « Guides du voyageur curieux » qui apparurent en France vers la fin du XVe siècle. Ces guides étaient destinés à la découverte d’une ville ou d’une région et offraient une description détaillée des lieux à visiter. Plutôt que d’opter pour un découpage traditionnel, suivi par la plupart des guides touristiques, j’ai volontairement privilégié une démarche un peu plus ludique : la promenade. Chaque guide contient des indications précises sur les cheminements à suivre pour atteindre les lieux ou les édifices cités. En pénétrant dans les « Couloirs du temps » de Kaysersberg, vous observerez quantité de détails insolites et mystérieux. Pour vous y aider, des centaines de photos illustrent cet ouvrage. Vous retrouverez ainsi facilement, dans l’aspect actuel de la ville, tout ce qui a réussi à traverser les siècles jusqu’à nous. Puissiez-vous éprouver autant de plaisir à suivre ces itinéraires que celui que j’ai moi-même éprouvé en arpentant ces rues empreintes d’histoire. L’auteur

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Hôtel de Ville Nous débuterons notre visite à partir de l’Office du Tourisme situé au rez-de-chaussée de l’Hôtel de Ville, 39 rue du Général De Gaulle. Ce grand bâtiment à deux étages de style Renaissance allemande fut construit en 1604 par le charpentier Dominique Haecher, pour servir de centre administratif et judiciaire ainsi que de lieu de résidence du bailli impérial. (Fig. 1) La structure de cet ensemble à la forme d’un U avec un passage d’entrée vers une cour intérieure. Puisque vous vous trouvez déjà à l’intérieur de l’édifice profitez-en pour regarder attentivement cette grande dalle en pierre sur le mur à l’intérieur du hall d’entrée Est (à droite). (Fig. 2) Des textes écrits en langue allemande apparaissent sur cette dalle murale assortis d’armoiries et de lions. Le premier texte du haut se lit : « Dem heyligen Reich ist dieses Haus zuo Lob und Ehr gemach auss 1604 » et signifie « Pour le Saint-Empire cette maison a été faite en son honneur et pour son éloge en 1604 ». Quant au second texte, du bas, il déclare : « Darin die wahr Gerechtigkeit gehalten wir zuo ieder Zeit » ce qui se traduit par « A l’intérieur la vraie justice sera maintenue pour toujours ». Vous noterez que seul le blason de Kaysersberg, la « besace » est restée intacte, l’autre a été « buché », c’est-à-dire effacé. En sortant vers la droite, vous apercevrez une grande salle à colonnes en grès. Elle abritait autrefois un arsenal utilisé par la milice bourgeoise, un cellier ainsi qu’un pressoir communal. Dirigez-vous ensuite vers la grande cour intérieure. (Fig. 3) Sur les côtés Nord et Ouest de celle-ci, une belle coursière à balustrade repose 13


1. H么tel de Ville

2. Dalle de 1604 (original)

3. Cour int茅rieure 14


4. Coursière à balustrade

5. Puits de 1521

6. Puits de 1521(détail)

7. Oriel

8. Oriel (détail) 15


sur une série de colonnes en grès. (Fig. 4) Les piliers de la balustrade en bois sont taillés en spirale, ce qui semble avoir été la spécialité des charpentiers de l’époque, puisque l’on retrouve cette caractéristique sur d’autres maisons de la ville. En ressortant de cette cour, vous passerez devant un puits particulièrement original placé du côté droit en 1897 et initialement installé dans la rue De Gaulle. (Fig. 5) Comme vous le constatez, une telle disposition permettait de puiser l’eau aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur. Ce puits daté est de « 1521 ». Il possède le plus ancien décor Renaissance actuellement identifié en Alsace, à savoir un décor en relief avec des dauphins. (Fig. 6) Après être ressortis dans la rue De Gaulle, retournez-vous et examinez maintenant la façade Sud de l’Hôtel de Ville. Il y a d’abord ce grand oriel* qui monte jusqu’au toit. (Fig. 7) Il est couronné d’un fronton* à volutes dont les côtés laissent apparaître des têtes sculptées dont la figuration reste inconnue. (Fig. 8) Une dalle similaire à celle vue précédemment porte les armoiries de la ville et de l’Empire ainsi que la date de «1604 » (Fig. 9). En fait il s’agit d’une copie réalisée en 1848, l’original étant conservé à l’intérieur du hall d’entrée. Sur cette même façade, on peut admirer le beau portail en plein cintre magnifiquement décoré de rosaces, de coquilles et de fleurons. (Fig. 10) Sur la gauche de l’édifice, près de l’église, se dresse fièrement une tourelle d’escalier qui mène aux étages. (Fig. 11) Au bas de celle-ci on retrouve à nouveau les armoiries de la ville ainsi que le texte suivant en langue allemande : « Den Aus und Ingang Gott bewar, Dem ley lob und dank gfagt immerdar ». Ce qui traduit signifie « Que Dieu protège l’entrée et la sortie, Qu’il soit loué et remercié à jamais ». (Fig. 12) 16


9. Dalle de 1604 (copie de 1848)

10. Portail Sud

12. Inscription tourelle d’escalier 11. Tourelle d’escalier 17


Rue de l’église Laissez l’Hôtel de Ville derrière vous et engagez-vous dans cette petite rue pavée appelée « Rue de l’église » qui se trouve face à la sortie Sud. (Fig. 13) Au bout d’une dizaines de mètres, vous vous rendrez compte qu’une des maisons dépasse l’alignement des autres. Approchez-vous de celleci.

Maison du XVe siècle. Cette maison, située au n°3, appartenait de toute évidence à un vigneron. (Fig. 14) Elle possède un portail en plein cintre avec des pierres bossues. La chaîne d’angle* est aussi à bosses avec une tête sculptée sur laquelle s’appuie un oriel* d’angle. (Fig. 15) Sa construction se situe dans la première moitié du XVe siècle, au cours de l’année 1444. En poursuivant votre avancée dans cette rue de l’église, vous arriverez en vue du mur de l’enceinte primitive de 1227. (Fig. 16) Sa forme crénelée marque par la même occasion la limite de l’ancien manoir d’Etienne de Bavière.

Rue de l’Hôpital Au bout de la ruelle, vers la droite remontez sur quelques mètres la rue de l’Ancienne gendarmerie, puis engagez-vous dans la rue de l’Hôpital. (Fig. 17) Cette rue porte ce nom parce que le manoir dont nous allons parler, servit d’hôpital municipal du XIVe au XIXe siècle avant d’être affecté à la gendarmerie jusqu’en 1855. 18


14. Chaîne d’angle à tête sculptée

13. Rue de l’église

16. Rue de l’Ancienne Gendarmerie

15. Enceinte du manoir 17. Rue de l’Hôpital 19


Manoir d’Etienne de Bavière Sur la droite se trouve l’entrée d’un manoir construit par Etienne de Bavière et Claire de Hunawihr au XVe siècle. Etienne était comte de Simmeren et duc des Deux-Ponts jusqu’à son abdication en 1444. Il occupa ensuite la fonction de bailli impérial à Kaysersberg de 1445 à 1452. Sur le porche crénelé sont taillées leurs armoiries jumelées, malheureusement en partie « buchées ». (18 et 19) On peut encore y distinguer un heaume* de chevalier et des lambrequins. A l’arrière, dans la cour, vous découvrirez une tourelle d’escalier qui fut adjointe au bâtiment lors de travaux d’agrandissement au XVIe siècle. (20)

Maison du XVe siècle Après être revenu sur vos pas par le porche, dirigez votre attention sur cette maison du XVe siècle, au n°7. Vous constatez que le pan de bois et la charpente de structure médiévale, furent réalisés à l’aide de savants assemblages à mi-bois en queue d’aronde. (21) Ce qui est remarquable, c’est qu’il n’y a ni vis ni clous mais uniquement des chevilles de section carrée qui maintiennent l’ensemble des poutres en place. (22) Une étude « dendrochronologique » permet de dater le bois utilisé à l’année 1458. On sait en effet, que les charpentiers au Moyen Age employaient obligatoirement des bois coupés dans l’année. Autre détail intéressant, le poutrage, a été comblé de briques rouges apparentes. Cette maison avec ses trois encorbellements* successifs servait alors de boulangerie et de logement pour le personnel du château. Au premier étage subsistent encore deux fenêtres à meneaux* de bois du Moyen Age. Leur forme est encore visible bien qu’elles soient aujourd’hui murées. Laissez cette maison et continuez votre route jusqu’à ce que vous arriviez au niveau de la rue de la Commanderie. 20


18. Portail manoir

20. Tourelle 19. Armoiries

22. DĂŠtail poutrage

21. Maison de 1458 21


Commanderie des Chevaliers Teutoniques Cette rue doit son nom à une commanderie que des Chevaliers Teutoniques fondèrent en 1295 avec une chapelle dédiée à Saint-Sébastien. Rappelons que l’Ordre Teutonique était un ordre militaire constitué lors des croisades au XIIIe siècle. Cette cour fut malheureusement détruite, il ne reste que le portail d’entrée que l’on aperçoit au fond de la rue au n°12. (23)

Maison Volrhat Au n°6 de la rue, voici la maison de Johannes Volrhat, l’architecte municipal. (24) De nombreux édifices de la ville portent sa signature. Comme vous le voyez, cette maison possède un pignon* avec une loggia* à trois baies. Les balustres* et les poteaux sont torsadés. Au premier étage, les fenêtres, qui occupent pratiquement toute la largeur du bâtiment méritent une attention toute particulière. Elles possèdent des chambranles* saillants ainsi que des colonnettes et des pilastres* de style Renaissance. (25) Sur l’appui d’une des fenêtres, du côté droit, entre deux têtes de singes, vous pourrez lire un texte mystérieux. Voici son contenu : « IVNGES BLUT SPAR DEIN GUOT ARMUOT IM ALTER WHE THUOT ». Voici sa teneur : « Epargne ton bien durant ta jeunesse car la pauvreté frappe la vieillesse ». (26) Sous la fenêtre de gauche apparaissent la signature de l’architecte et la date de construction : « Johannes Volrhat MDLXXXXIIII », c’est-àdire « 1594 ». (27) 22


23. Ancienne Commanderie Teutonique

24. Maison Volrhat

25. Loggia Maison Volrhat

26. Inscription fenêtre de droite

27. Inscription fenêtre de gauche 23


Les couloirs du temps de KAYSERSBERG