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J’ose

By Oussama Aouina


J’ose est une de ces formations d’où l’on ressort tout retourné, avec des révélations, de l’espoir et plein de nouveaux amis. J’ose est avant tout une formation inédite du comité SCORA, préparé par les SCORAngels de Associa-Med Tunisie. Embarqué pour Sousse, je fus séduit par l’hôtel qui nous hébergeait, un Dar Tunisien rénové au cœur de la Médina de Sousse, je me suis vite rendu compte que le cadre n’était pas mon premier coup de foudre. Rania la NORA et ses inséparables Oussema et Zeineb m’accueillirent à hugs ouverts, on s’était promis de nous revoir après l’EMR9, et voilà qu’une belle occasion se présentait. Aux froids bonjours partagés entre les participants se sont succédé les courses dans les couloirs pour avoir les meilleurs lits. J’ai réussi à avoir un lit, une baignoire et un colocataire qui ne ronflait pas. Le luxe quoi ! Maintenant que je suis bien installé, il ne me reste plus qu’à faire revivre la mémoire.


Vendredi 22/02/2013 , 16h30 : Nous avons fait connaissance avec la bit-estah, la chambre sur le toit, un conseil si vous voulez qu’une formation marche faites la sur un toit, c’est garanti ! Un ice breaker assez drôle et nous voilà assis autour de Mme Emna Ben Miled, chercheur et écrivain pour parler de l’histoire de la femme tunisienne.

De Saida Manoubia à Bechira Ben Mrad, la discussion s’est enchaînée entre nostalgie et prise de recul pour déceler les enjeux de notre temps. Notre histoire écrite par les hommes a réduit la présence féminine à l’état de flash à l’image d’une bougie dans une zaouia soufie, à la flamme tremblante menaçant de s’éteindre au souffle du vent. La femme tunisienne aujourd’hui doit s’armer contre l’ignorance et doit se détacher des complexes inscrits sur son corps. C’était une belle leçon de vie, une magnifique entrée, suivie du plat servi dans un restaurant et du dessert dégusté dans la plus célèbre des chambres d’hôtels, l’unique 125. Après des heures de rire et de délire, nous étions inséparables, complices et surtout fous à lier.


Samedi 23/02/2013, 7h45, Un tremblement de terre me fit réveiller ! non en fait c’était l’assaut de la Time Keeper, Sirine qui nous demandait « gentiment » de nous retrouver au petit déjeuner, les organisateurs, par pitié, le petit déjeuner était une vraie catastrophe ! Mais entre nous c’est vite oublié ! Une nouvelle journée s’annonce sur le toit, entre energizers, cross the line et ôter le masque, nous avons fait le tour des droits sexuels,

Une matinée vouée à la lutte anti-préjugés, à la tolérance et à l’ouverture d’esprit. Prendre place des autres, parcourir les mentalités, je commençais à oser…


12h pétante, un petit tour de Sousse, entre le déjeuner leblebi et les rues colorées et animées de la Médina, tout n’était que spectacle authentique, je regrette seulement de ne pas avoir pris plein de photos, j’y reviendrais avec plaisir. L’après-midi, nouveaux défis, nouvelles découvertes. Si l’équipe est devenue une vraie famille soudée, l’advocacy ou plaidoyer était la surprise du weekend. Jamais je n’avais senti la pratique et le concret comme durant cette séance. Nos projets n’étaient plus des efforts créatifs, désormais ils pouvaient mûrir, en campagnes et en lois. Le moment fort de la formation était cette réunion autour d’une aspiration partagée par tous, agir en toute harmonie, en toute démocratie pour écrire nos décrets et notre constitution.


La soirée terminée avec Mme Bochra Bel Haj Hamida, nous a fait ouvrir des horizons et des engagements plus politiques, tous très révélateurs en tout cas. A partir de 20h, les j’ose people se sont divisés pour la première fois, selon le degré de leur fatigue pour danser ou diner, tous se sont retrouvés le lendemain après beaucoup de rire (et de réveils en chansons).


Dimanche 24/02/2013 : Dernière journée pour profiter de tout le monde, nous l’avons entamé par nos thinking projects and projects presentation, l’occasion de concrétiser nos idées avec des termes plus sérieux. Une hotline pour femmes violentés, un court métrage pour briser le tabou, une campagne d’éducation sexuelle à grande échelle, du théâtre pour apprendre aux ados à assumer leur sexualité et j’en passe que de beaux projets approuvés par la représentante d’ONU Femmes, Mme Hela Skhiri, venu nous parler de lutte contre la discrimination des femmes et des violences à leur égard. Un tour de table et de nouvelles perspectives, nous étions venus, chacun avec ses attentes, nous sommes repartis, Josephs et Joséphines en quête de nous-mêmes et d’égalité.

Vous n’êtes pas un souvenir ! Vous êtes le Futur !


J'ose