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Présentation de la Rentrée littéraire 2011

Limonov – Emmanuel Carrère. - Editions P.O.L. Résumé : « Limonov n’est pas un personnage de fiction. Il existe. Je le connais. Il a été voyou en Ukraine ; idole de l’underground soviétique sous Brejnev ; clochard, puis valet de chambre d’un milliardaire à Manhattan ; écrivain branché à Paris ; soldat perdu dans les guerres des Balkans ; et maintenant, dans l’immense bordel de l’après communisme en Russie, vieux chef charismatique d’un parti de jeunes desperados. Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud : je suspends pour ma part mon jugement.

654 romans vont paraître entre août et octobre 2011 contre 701 en 2010 (-6%). La production étrangère propose 219 titres conte 204 l'année dernière. Les romans français connaissent un net reflux : 435 contre 497 en 2010 et avec 74 titres contres 85, les premiers romans subissent un fort recul. Certaines maisons comme Denoël et l'Olivier n'en publiant aucun. Le recul global de la production proivient d'un allègement d'un ou deux titres dans les principales maisons d'éditions. Cette rentrée littéraire propose des sujets variés témoignant de la vitalité et de l'imaginaire des écrivains. Mais quelques thèmes s'imposent, en écho aux bouleversements du monde. Des histoires de familles mais avec le père pour thème central de l'histoire. Laurence Tardieu, Jean-Philippe Blondel, Amélie Nothomb pour n'en citer que quelques uns. Un deuxième thème fort est celui du fait divers. En effet, parce qu'ils révèlent les bouleversements de la société, les faits divers inspirent les romanciers : Morgan Sportès a reconstitué la torture et l'assassinat d'Ilan Halimi en 2006, Room de Emma Donoghue s'inspire de l'histoire de Natascha Kampusch. D'autres thèmes sont l'honneur : La fin des temps, la crise de la société.. Cette rentrée littéraire 2011 sera aussi pour la première fois numérique. Les romans seront disponibles en parallèle en format papier et numérique. Source : Livre-Hebdo n°872 du 1 juillet 2011 et Lire Juillet-août 2011. Bibliothèque de Saran – Rentrée littéraire 2011

C’est une vie dangereuse, ambiguë : un vrai roman d’aventures. C’est aussi, je crois, une vie qui raconte quelque chose. Pas seulement sur lui, Limonov, pas seulement sur la Russie,...

Auteur : Emmanuel Carrère est un écrivain, scénariste et réalisateur français né à Paris le 9 décembre 1957. Il est le fils de Louis Carrère et de l'historienne Hélène Carrère d'Encausse. Il commence comme critique de cinéma pour Positif et Télérama. Son premier livre, Werner Herzog, paraît en 1982. Son premier roman sort en 1983 chez Flammarion : L'Amie du jaguar. Le suivant, Bravoure, sort un an après chez P.O.L, éditeur à qui il confiera tous ses autres ouvrages par la suite. Limonov fait partie des sélections des prix Goncourt et Décembre 2011.

Extrait de sa bibliographie : L'adversaire, Un roman russe, La moustache, D'autres vies que la mienne. Plusieurs de ses livres ont été adaptés au cinéma.


Du temps qu'on existait – Marien Defalvard. - Grasset

Rien de s'oppose à la nuit – Delphine de Vigan. - Lattès

Résumé : Cela commence par un enterrement.

Résumé : « La douleur de Lucile, ma mère, a

Cela finit par un enterrement. Entre les deux, l’homme que l’on enterre prend la parole et raconte sa vie. Le récit commence dans les années 1970, où le narrateur est encore un enfant. Un fils de famille bourgeoise qui s’ennuie. Il combat cet ennui par des sarcasmes et des rêveries. Les années passent. Il promène à travers la France (Paris, Lyon, Brest, Tours), sa grande intelligence offusquée par la vulgarité des temps. Que l’on ne s’attende pas à des aventures picaresques : ce livre est l’étonnant récit d’une sensibilité, des premières amours adolescentes à la douceur des dernières heures, où le héros rencontre enfin la joie. Si la vie l’a oublié, le personnage n’a pas oublié de s’en moquer. Entre de grands passages mélancoliques où, avec toute sa virtuosité, le très jeune auteur décrit magnifiquement des paysages, des voyages en train ou la neige tombant sur Lyon, on trouvera des moments de satire, sur la vie de famille et les mères, par exemple, et de l’humour pur, comme la savoureuse description d’une partie de Monopoly. Un enchantement continuel.

Auteur : Marien Defalvard est né en 1992 à Orléans. Du temps qu'on existait est son premier roman. Il fait partie des selections des prix Renaudot et Flore 2011.

fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. »

Auteur : Delphine de Vigan est une romancière française née en 1966 à Boulogne-Billancourt. Elle est l'auteur de six romans dont No et moi qui a été couronnée par le Prix des Libraires 2007 et adapté au cinéma en 2010. Rien de s'oppose à la nuit a obtenu le prix Roman Fnac et fait partie des sélections des prix Femina, Médicis, Goncourt et Renaudot 2011.

Bibliographie : Jours sans faim, Les Jolis garçons, Un soir de décembre, No et moi, Sous le manteau, Les Heures souterraines.

Bibliothèque de Saran – Rentrée littéraire 2011


Freedom – Jonathan Franzen. - L'Olivier

Eux sur la photo – Hélène Gestern. -Arléa Résumé : Une petite annonce dans un journal comme une bouteille à la mer. Hélène cherche la vérité sur sa mère, morte lorsqu’elle avait trois ans. Ses indices : deux noms, et une photographie retrouvée dans des papiers de famille qui montre une jeune femme heureuse et insouciante, entourée de deux hommes qu’Hélène ne connaît pas. Une réponse arrive : Stéphane, un scientifique vivant en Angleterre, a reconnu son père.

Résumé : Patty sera la femme idéale, c’est décidé. Mère parfaite, épouse aimante et dévouée, cette ex-basketteuse a fait, en l’épousant, le bonheur de Walter Berglund, de St. Paul (Minnesota). En devenant madame Berglund, Patty a renoncé à son goût pour les bad boys, à commencer par Richard Katz, un rocker dylanien qui se trouve être aussi le meilleur ami de Walter. Freedom raconte l’histoire de ce trio amoureux et capture le climat émotionnel, moral et politique des ÉtatsUnis entre entre 1970 et 2010 avec une incroyable virtuosité. Anatomie d’un mariage, ce livre propose une méditation sur les déceptions et les compromis auxquels se trouvent confrontés ces baby-boomers qui avaient voulu changer le monde. C’est aussi l’acte d’accusation le plus féroce qu’on ait vu depuis longtemps sur ce qu’est devenue l’Amérique. Mais sa plus belle réussite est sans nul doute le personnage de Patty. Telle une héroïne sartrienne égarée dans un roman de Tolstoï, elle cherche à se libérer – mais de quoi ? –, tandis que les États-Unis livrent en Irak leur propre guerre napoléonienne, en tentant d’imposer la démocratie par la force.

Auteur : Jonathan Franzen, né en 1959 est un romancier et essayiste américain. Après deux romans (La vingt-septième ville en 1988 puis Strong Motion en 1992) et une période de doute, il connut en 2001 un succès hors-norme avec Les Corrections qui a obtenu plusieurs prix américains. Freedom est sélectionné pour les prix Femina et Médicis 2011.

Bibliographie : La 27ème ville, Les Corrections, Pourquoi s'en faire, La Zone d'inconfort. Bibliothèque de Saran – Rentrée littéraire 2011

Commence alors une longue correspondance, parsemée d’indices, d’abord ténus, puis plus troublants. Patiemment, Hélène et Stéphane remontent le temps, dépouillant leurs archives familiales, scrutant des photographies, cherchant dans leur mémoire. Peu à peu, les histoires se recoupent, se répondent, formant un récit différent de ce qu’on leur avait dit. Et leurs découvertes, inattendues, questionnent à leur tour le regard qu’ils portaient sur leur famille, leur enfance, leur propre vie.

Auteur : Hélène Gestern a quarante ans, Elle vit à Nancy. Eux sur la photo est son premier roman.


Une Femme fuyant l'annonce - David Grossman. - Seuil

Le Premier été - Anne Percin. - Rouergue.

Résumé : Ora, une femme séparée depuis

Collection « La Brune ».

peu de son mari Ilan, quitte son foyer de Jérusalem et fuit la nouvelle tant redoutée : la mort de son second fils, Ofer, qui, sur le point de terminer son service militaire, s’est porté volontaire pour « une opération d'envergure » de vingt-huit jours dans une ville palestinienne. Comme pour conjurer le sort, elle décide de s’absenter durant cette période : tant que les messagers de la mort ne la trouveront pas, son fils sera sauf. La randonnée en Galilée qu’elle avait prévue avec Ofer, elle l’entreprend avec Avram, son amour de jeunesse, pour lui raconter son fils. Elle espère protéger son enfant par la trame des mots qui dessinent sa vie depuis son premier souffle, et lui éviter ainsi le dernier. À travers le destin bouleversant d’une famille qui tente à tout prix de préserver ses valeurs et ses liens affectifs, l’auteur nous relate l’histoire de son pays de 1967 à nos jours et décrit avec une force incomparable les répercussions de cet état de guerre permanent sur la psyché des Israéliens, leurs angoisses, leurs doutes, mais aussi la vitalité, l’engagement, et l’amour sous toutes ses formes.

Auteur :

Résumé : Deux soeurs se retrouvent une fin d'été en Haute-Saône, afin de vider la maison de leurs grands-parents décédés. Depuis longtemps, Catherine, la benjamine, se tient loin de ce village... Pourtant, chaque coin de rue ou visage croisé font surgir en elle des souvenirs précis et douloureux. Sa soeur aînée a fondé une famille, elle, non. Devenue libraire, c'est une femme solitaire. À l'adolescence déjà, elle passait ses heures dans les livres. Mais pour ce qu'elle a vécu ici, l'été de ses seize ans, l'été de sa lecture du Grand Meaulnes, «il n'y a pas eu de mots. Il n'y en a jamais eu, ni avant, ni après. C'est quelque chose qui ne ressemble à rien d'écrit.» Quinze années ont passé, et personne n'a jamais su quel secret la tenaillait depuis tout ce temps, le drame dont elle a peut-être été coupable. C'est une histoire d'innocence et de cruauté que nous raconte Anne Percin. Sensuelle et implacable à la fois, douce-amère comme tous les crève-coeurs de l'enfance.

Auteur :

David Grossman, né à Jérusalem en 1954, est un écrivain israélien, auteur de romans, essais et de livres pour la jeunesse. C'est l'une des figures de la littérature israélienne. Une Femme fuyant l'annonce est sélectionné pour les prix Fémina et Médicis 2011

Anne Percin, née en 1970 à Épinal, grandit à Strasbourg qu'elle quitte à 25 ans pour Paris, où elle comment à enseigner le français en collège. Ellle vit actuellement en Saône et Loire. Son premier roman pour adultes, Bonheur fantôme (la brune, 2009) a reçu le Prix Jean Monnet des jeunes lycéens européens.

Bibliographie : Le Sourire de l'agneau, Voir ci-dessous l'amour, Le

Bibliographie : Point de Côté, Servais des Collines, Né sous

Livre de la grammaire intérieure, L'Enfant zigzag, Quelqu'un avec qui courir, Le Vent jaune, Chronique d'une paix différée, Duel à Jérusalem.

X, L'Âge d'Ange, N'importe où hors de ce monde, Bonheur Fantôme, A quoi servent les clowns?, Comment (bien) rater ses vacances.

Bibliothèque de Saran – Rentrée littéraire 2011


Ils ont tous raison – Paolo Sorrentino. - Albin Michel

La Tristesse des anges – Jon Kalman Stéfansson. Gallimard. Collection « Du monde entier ».

Résumé : « L’amour ? Il n’y a plus que moi

Résumé : «Maintenant, il ferait bon

maintenant pour le chanter. C’est pour ça aussi qu’elles viennent à mes concerts. Pour se rappeler ce qu’elles n’ont pas vécu depuis vingt ans, ou plutôt, ce qu’elles n’ont jamais vécu. » Tony Pagoda, chanteur de charme, a traversé la scène d’une Italie florissante. De Naples à Capri, il a connu la gloire, l’argent, les femmes. Aussi, lorsque la scène évolue, il comprend que le moment est venu de changer de cap. À l’occasion d’une brève tournée au Brésil, il décide d’y rester. Mais après dix-huit ans d’un exil moite au fin fond de l’Amazonie, un puissant chef d’entreprise reconverti dans la politique lui offre un pont d’or pour qu’il se produise à nouveau en Italie. Tony Pagoda découvre un pays natal qu’il ne reconnaît plus, une Italie vulgaire et stupide où l’argent est roi…

Auteur : Paolo Sorrentino, est un romancier réalisateur et scénariste italien né en 1970. Ils ont tous raison est son premier roman

dormir jusqu´à ce que les rêves deviennent un ciel, un ciel calme et sans vent où quelques plumes d´ange virevoltent doucement, où il n´y a rien que la félicité de celui qui vit dans l´ignorance de soi.» Lorsque Jens le Postier arrive au village, gelé, il est accueilli par Helga et le gamin qui le détachent de sa monture avec laquelle il ne forme plus qu´un énorme glaçon. Sa prochaine tournée doit le mener vers les dangereux fjords du nord qu´il ne pourra affronter sans l´assistance d´un habitué des sorties en mer. De son côté, le gamin poursuit sa découverte de la poésie et prend peu à peu conscience de son corps, des femmes, et de ses désirs. C´est lui qu´on envoie dans cet enfer blanc, «là où l´Islande prend fin pour laisser place à l´éternel hiver», y accompagner Jens dans son périple. Malgré leur différence d´âge, leurs caractères opposés, ils n´ont d´autre choix que de s´accrocher l´un à l´autre, s´accrocher à leurs amours éloignées, pour ne pas céder à l´impitoyable nature.

Auteur : Jón Kalman Stefánsson né en 1963, est un auteur islandais.

Filmographie : L'homme en plus, Les Conséquences de l'amour, L'ami de la famille, Il Divo, The Must place to be (actuellement à l'affiche).

La Tristesse des ange est sélectionné pour le prix Fémina 2011.

Bibliographie des œuvres traduites en français : Entre ciel et terre Sources : les résumés et les couvertures sont issus des sites des éditeurs, les bibliographies de wikipédia Bibliothèque de Saran – Rentrée littéraire 2011


Revue de Presse Limonov « Limonov est beaucoup plus que le portrait d’un homme invraisemblable : une histoire de la Russie depuis cinquante ans. Pages d’anthologie que celles sur l’underground des intellectuels sous Brejnev, sur la vie des exilés russes de New York, sur le mélange d’anarchie prédatrice, d’autoritarisme cynique et de résignation qui règne depuis longtemps à Moscou. Avons-nous été de bons observateurs du déroulement de l’histoire ? Les pièces du puzzle ne se sont-elles pas rassemblées à notre insu ? Emmanuel Carrère n’a-t-il pas écrit ce livre pour comprendre ce que cachait la formidable énergie de Limonov et, à travers lui, pour s’interroger sur son propre itinéraire d’écrivain dans les cris et les silences de l’histoire ? » Bernard Pivot, Le Journal du Dimanche , 28 août 2011 Du Temps qu'on existait Les lieux, au fond, ne comptent pas : seuls importent leurs noms, que Marien Defalvard fait rouler sous sa plume avec gourmandise, et les paysages intérieurs qu'ils suscitent chez le narrateur. Le temps, lui, ne vaut qu'à l'échelle de l'individu, qui passe à travers les décennies sans jamais se laisser atteindre par l'histoire collective, et ne cesse de courir mentalement derrière son vieux monde. De cette existence qui n'est qu'une errance mélancolique, Marien Defalvard fait un premier roman saturé de références (à Gide, Nerval, Lampedusa, Proust, Péguy...) mais incroyablement singulier, aux trouvailles stylistiques éclatantes, même si elles frisent parfois la cuistrerie irritante. Il pose sur le monde et sa vulgarité un regard définitif qui ne saurait être que celui d'un adolescent n'ayant rien connu ou d'un vieillard ayant tout vécu. Bibliothèque de Saran – Rentrée littéraire 2011

Du temps qu'on existait est un livre conservateur, qui semble exalter une impossible fixité des choses. Mais c'est avant tout le roman d'un véritable écrivain, pour qui la seule réalité qui vaille existe dans les mots. Raphaëlle Leyris, Le Monde des Livres, 08 septembre 2011

Rien ne s'oppose à la nuit Dans ce récit prenant, Delphine de Vigan se penche sur la vie et la personnalité de sa mère, Lucile, femme aussi belle que douloureuse et lointaine, qui flirta très jeune avec la folie et finit par se donner la mort. « J'écris Lucile avec mes yeux d'enfant grandie trop vite, j'écris ce mystère qu'elle a toujours été pour moi », note Delphine de Vigan, lancée dans cette enquête et donnant à lire, en même temps que les faits reconstitués et les certitudes peu à peu acquises, la somme bien plus imposante, granitique et inépuisable, des doutes et des impasses - ces « replis secrets » de la psyché de sa mère que l'écriture échoue à explorer, à expliquer. Intranquille et opiniâtre, affectif et âpre, empreint d'une vraie justesse, Rien ne s'oppose à la nuit s'est d'ores et déjà imposé comme un des livres importants de cette rentrée. Nathalie Crom, Télérama n°3219, du 24 septembre 2011


Freedom A travers leurs ambitions, leurs doutes et leurs erreurs Franzen dresse un portrait incisif d'une Amérique en crise aiguë. Rien de manichéen dans son propos : au laisser-faire cynique des républicains répond la compassion hypocrite des caciques démocrates. Richard, le musicien, comme Joey, l'étudiant, se demandent si, finalement, les républicains ne sont pas plus cool, moins donneurs de leçons... Quelle que soit la force des idéaux, vient le temps des compromissions. Walter et son fils Joey se lancent chacun dans des business peu glorieux, orchestrés par des proches de Bush et de Cheney. Franzen concentre ses critiques - assassines -sur le couple ultraconservateur qui a gouverné le pays pendant huit ans. Mais selon lui, la perversion de la démocratie américaine vient de loin. A travers la figure odieuse du grand père suédois de Walter, qui immigra en Amérique parce qu'il était en bisbille avec sa famille, l'écrivain tord le coup au mythe du pionnier : « Il devint une donnée de plus dans l'expérience américaine d'autogouvernement, une expérience statistiquement faussée dès le départ, puisque ceux qui avaient fui l'Ancien Monde surpeuplé pour le nouveau continent n'étaient pas les personnes dotées de gènes sociables ; c'étaient au contraire ceux qui ne s'entendaient pas bien avec les autres. » La dimension politique de « Freedom » ne doit pas faire oublier l'essentiel : le récit d'une douloureuse histoire d'amour, d'un combat rageur pour le bonheur. Limer ses chaînes à chaque souffle de vie pour exister dans un monde qui étouffe : Franzen nous lance d'Amérique un revigorant appel à la liberté. Philippe Chevilley, Les Echos, 29 août 2011

Bibliothèque de Saran – Rentrée littéraire 2011

Eux sur la photo Hélène Gestern fait dans l'investigation sentimentale, avec un homme et une femme du jour au lendemain unis pour marcher ensemble vers une vérité interdite. Sa maladresse de débutante épouse habilement celle des deux protagonistes, qui dans un premier temps se cherchent, hésitent et doutent. Tout sonne juste dans cette correspondance. Anne Crignon, Le Nouvel Obs, 08 septembre 2011

Une Femme fuyant l'annonce David Grossman a écrit un livre magistral sur le quotidien des Israéliens et la mort annoncée de son fils. Du roman comme exorcisme. La rançon de l'Histoire, David Grossman l'a payée avec le sang de son fils Uri, tué aux dernières heures de la guerre du Liban, en août 2006. Brutalement assailli par la "barbarie du réel", le grand romancier israélien était alors en train de terminer Une femme fuyant l'annonce, son livre le plus bouleversant. Parce qu'il peint les horreurs de la guerre avec une férocité terrible. Et parce qu'il est tragiquement prémonitoire : ce sont ses propres souffrances lors de la disparition de son fils que Grossman semble anticiper dans ce roman commencé en 2003. Un roman sur la perte mais, aussi, sur la possibilité de l'exorciser et de lui donner un sens grâce à la littérature. André Clavel, L'Express du 19 août 2011


Ils ont tous raison On touche là le vrai sujet du livre. Son public, ses amis, son Italie natale, Pagoda ne les reconnaît pas. On dirait que ces gens "barbotent dans le chaos". Drogués, fatigués, suralimentés, abouliques, flasques, corrompus, blasés, menteurs, décadents : ils sont blets en somme. Comme Pagoda. Comme leur époque... Lui-même, escroc cynique, réactionnaire assumé et sentimental à l'excès, est loin d'être un enfant de choeur. Mais à la fin, on l'aime, ce Pagoda. On n'est pas près de l'oublier. A n'en pas douter ceci est dû au brio de Sorrentino. Une prose verte, nerveuse, drue. Un rythme enivrant. Des formules comme des coups... Bref, un premier roman qui cingle et qui réveille. Et vous laisse "la bouche ouverte". Exactement ce que souhaitait son auteur. Le Monde des Livres, 01 septembre 2011

Bibliothèque de Saran – Rentrée littéraire 2011


Présentation rentrée littéraire septembre 2011