Page 1

SAHUNE

Le village est au cœur des Baronnies Provençales. A cet endroit d’un élargissement de l’Eygues, le paysage est couvert d’oliviers argentés sur la rive droite, rive gauche il est dominé par le Mont Coucou et le rocher du Bramard, rocher emblématique dont la tête de sphinx et les ciselures brament aux vents. 1


Origine du nom de Sahune : La légende voudrait que le fondateur de cette seigneurie s’écriât, voyant sa cité prospère « Assez d’une », cette locution devint au fil du temps et par déformation SAHUNE.

Il y a deux villages, le Sahune moderne en bordure de l’Eygues sur la D94 et le vieux village sur son promontoire de l’autre côté de la rivière

2


Un peu d’histoire : Selon différentes sources tant écrites qu’archéologiques, on peut affirmer que dès les temps préhistoriques le site de Sahune a été occupé par l’homme : présence de silex, pierres polies, poteries… Une stèle dédiée aux Mastrae (déesse Mères) à l’époque gauloise confirme l’importance de ce site (stèle actuellement à Lyon). Il y eut une forte présence romaine

3


(Sahune = Ansaduna en romain). On relève également plusieurs tracés de voies romaines, dont une conduisait au vieux village perché et l’autre vers les gorges de l’Eygues pour rejoindre le village de Villeperdrix (piles d’un pont romain encore visibles en contrebas de l’actuelle route d’accès au village de Villeperdrix). A la même époque, on trouve des fragments de poteries sigillées, de monnaies, attestant d’une occupation gallo-romaine sédentarisée. Au Moyen âge, le territoire fut partagé entre un prieuré installé près de la rivière et le « castrum » installé sur les hauteurs, un village grossit au pied de ce dernier et se fortifia. La première mention du château de façon certaine date de 1142. Il fut maintes fois pris et saccagé durant les guerres de religion, détruit sous Richelieu,

4


restauré en 1762 et à nouveau dévasté en 1792. Aujourd’hui, la plupart des remparts ont disparu, seuls restent çà et là quelques vestiges d’un passé glorieux comme une tour circulaire d’une dizaine de mètres de hauteur représentant probablement un donjon. La chapelle Saint Michel qui faisait partie de l’ensemble fortifié entièrement restauré est maintenant propriété privée.

La situation géographique de Sahune est très particulière. En effet jusqu’au milieu du 19ème siècle, la vallée de Sahune 5


constituait un cul-de-sac, le lit de la rivière s’enfonçant à l’est dans des gorges infranchissables, au nord et au sud les montagnes n’autorisaient le passage qu’aux piétons et aux mules, cette plaine n’était qu’un lieu de passage et a vécu en autarcie quasi-totale. Ce n’est qu’au milieu du 19ème siècle par la construction d’une route vers Rémuzat voulue par Napoléon 1er que la vallée fut désenclavée.

Jusqu’à la fin du siècle dernier, Sahune 6


restera un village de cordonniers, on en comptera jusqu’à 75 en 1880 répartis dans divers ateliers de un à quatorze ouvriers et seulement deux en 1920. Les chaussures de Sahune étaient réputées dans toute la région et l’on venait de loin pour s’en procurer. Les cordonneries industrielles ont eu raison de cet artisanat. Le village de Sahune a longtemps été renommé pour ses brebis que l’on appelait

« les brebis de Sahune ». Elles étaient 7


réputées pour leur qualité de laitière. Il y eut jusqu’à 3 foires aux agnelles à Sahune, seule la foire de septembre subsiste avec toujours quelques spécimens de race « brebis de Sahune ». En 1851, la population de Sahune atteint son apogée avec 690 habitants. Pourtant en un peu plus de 60 ans, le village de Sahune sera presque entièrement abandonné au profit du nouveau village au bord de la route. Petite histoire intéressante : Sahune a longtemps été célèbre pour son cadran solaire végétal : arbre mentionné comme un « Sabinier du Dévès » (genre de genévrier) dont l’ombre sur le sol ponctuait les journées des Sahunais, un arrêté municipal de 1735 menaçait même de 100 livres d’amende quiconque aurait osé toucher à cet arbre. 8


Nouveau siècle, nouveau village. La création de la route provoqua un déplacement de la population vers la rivière en contre bas du vieux village, celuici se trouvant excentré par rapport à cette nouvelle route. Petit à petit tout suivit, l’église, le temple, la mairie, la poste et la création d’un nouveau cimetière. Plusieurs éléments majeurs contribuèrent à cet abandon, le problème de l’eau, la fin de l’autarcie grâce à la route, la fin d’une agriculture moyenâgeuse et l’hécatombe de la guerre de 1914. Le vieux village fut complètement abandonné par ses derniers habitants à la fin des années 30 et en quelques années il fut réduit à l’état de ruine. Le Sahune moderne s’étire le long de 9


la D94 sur les bords de la rivière. Le village compte actuellement 302 habitants. On y trouve quelques commerces (boulangerie, épicerie, restaurant-bar, poste, campings, garage/pompe à essence, poste) ainsi que plusieurs départs pour des circuits de randonnées.

Sahune vit essentiellement de l’agriculture. La commune fait partie de l’AOC huile 10


d’olives de Nyons. L’agriculture est également basée sur l’arboriculture avec en particulier l’abricot « Oranger de Provence ». Le tourisme tient aussi une grande place, en effet le village compte 2 campings. Le vieux village est en cours de réhabilitation. Des travaux ont été entrepris dès 1995 pour retrouver les rues et l’emplacement des maisons du village d’antan afin d’entretenir les parcelles et les voies communales. L’église a été restaurée ainsi que sa calade d’accès, le four et la fontaine également. Tout ceci est le fruit du travail de bénévoles qui consacrent un samedi par mois à leur passion pour le vieux Sahune.

11


Sahune est un village vivant avec des animations et fêtes tout au long de l’année. L’été, la présence de nombreux touristes attirés par la qualité de vie et les superbes paysages qu’offrent la vallée de l’Eygues dynamisent ce charmant village qui devient le temps d’un été un parfait lieu de villégiature et de bien-être où il fait bon vivre.

12


13

Documentation en caractères agrandis Sahune  
Documentation en caractères agrandis Sahune  
Advertisement