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MIRABEL AUX BARONNIES

Entre Vaison la Romaine et Nyons, à cheval sur la frontière qui séparait autrefois le Dauphiné du Comtat Venaissin, Mirabel aux Baronnies et Piégon sont deux charmants villages de la Drôme Provençale. Les monts des Baronnies tous proches et au loin le Mont Ventoux offrent des paysages 1


variés et de ravissantes promenades. Eloigné des brumes du couloir rhodanien et protégé du mistral, Mirabel jouit d’un climat des plus agréables. L’air pur de la campagne, un ciel presque toujours bleu, vous serez conquis par cette partie de la Provence qui rappelle par bien des points la Toscane. Un peu d’histoire : Le nom de Mirabel signifierait « belle vue » du nom de la tour Turris Mirabella qui selon la légende se situait à l’emplacement de l’actuel clocher de l’église et d’où l’on pouvait apercevoir toujours selon la légende la ville d’Orange. Le premier texte parlant de Mirabel date du 11ème siècle où il est fait mention du Mirabello Castellum ou Castrum Mirabello. 2


Le village est enserré de 3 séries de barry (remparts).

Le premier autour de l’église et du château au sommet du village, le deuxième au 3


niveau de la place de la Libération dite «Place d’Armes» et le troisième sur le chemin des Barry avec la tour Sarrazine. Il ne reste du Mirabel du Moyen-Age que le chœur de la chapelle Delphinale de l’église Saint Julien. Il ne subsiste aucune trace des 2 châteaux. Mirabel est l’ancienne capitale de la tribu vocontienne des Gaudenses. Au début de la féodalité, Mirabel aux Baronnies était possession des barons de Montauban et Mévouillon d’où nom Baronnies en référence au titre de ses suzerains. En 1326, Mirabel et la Baronnie furent annexées par le Dauphiné. Plusieurs fois pillées par les grandes compagnies au 14ème siècle, Mirabel subit de nombreux ravages au cours des guerres de religion. La chapelle Saint Julien fut détruite puis en 4


1633 le château et les remparts, remparts reconstruits en 1652 à cause d’une épidémie de peste qui sévissait dans le sud de la France (voir mur de la peste dans le Vaucluse). En 1790, Mirabel devint cheflieu de canton jusqu’en 1800. A partir du 19ème siècle, l’histoire de Mirabel est celle d’un bourg rural sans grand problème avec économie locale, agriculture, artisanat (vers à soie).

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Aujourd’hui Mirabel aux Baronnies compte 1602 habitants et vit essentiellement de l’agriculture. La commune fait partie de la zone AOC huile d’olive de Nyons. Le terrible gel des oliviers en 1956 a décimé une grande partie des oliveraies, une grande replantation a eu lieu et maintenant Mirabel est la commune de l’appellation qui possède le plus grand nombre d’oliviers après Nyons. Il subsiste 7


sur la commune 3 oliviers millénaires. Il est à signaler que 2 moulins à huile sont en activité sur la commune. L’agriculture est également basée sur la viticulture (AOC Côtes du Rhône), les arbres fruitiers, le maraichage et les truffes.

Les fontaines et lavoirs : L’eau est abondante à Mirabel et le village n’a jamais manqué d’eau. L’alimentation publique du village date de la fin du Moyen Age et le village fut un des premiers à posséder une alimentation générale en eau dès le 19ème siècle. Le village possédait de nombreuses fontaines.

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Sur la place de la Libération «Place d’Armes» qui était la courtine (cour) de l’ancien château, vous pouvez voir une très belle fontaine du 13ème siècle, typiquement provençale surmontée d’une pomme de pin, avec les becs-verseurs en tête de femmes (très rare pour l’époque). Celle de 9


l’entrée sud sur la place des Pas Perdus, en bordure de la D 538 qui était autrefois un vala (fossé) qui recueillait les eaux qui descendaient du quartier des Montées existe toujours après avoir été transformée à plusieurs reprises. Elle fut déplacée en 1954.

Cette fontaine dite des Dauphins allie le Dauphiné (les dauphins), la Provence (la coupe) et Mirabel (les boules de la 10


montagne). Mirabel possède également trois grands lavoirs du 19ème siècle récemment restaurés. En parcourant Mirabel : La rue des orfèvres se nomme ainsi car le village de Mirabel avait le privilège de battre monnaie à partir de 1334 environ et cela jusqu’en 1426. On y frappait des florins valant 10 sols tournois de monnaie de France. Cet atelier de monnayage fut transféré à Montélimar. La rue Chauchière ainsi appelée (chaucher = fouler au pied) car c’était la rue où l’on travaillait les tissus et les peaux grâce aux nombreuses fontaines qui s’y trouvaient. Rue de l’hôpital, un hospice y fut fondé en 1550. C’était un hospice qui prenait en charge les indigents. Début du 19ème siècle, 11


il abrita un temps les consuls (personnes représentant le village), une escouade de soldats et enfin l’école des filles. Le vieux moulin : il date du 15ème siècle, à l’origine installé dans une grotte creusée dans les safres, il a été ensuite renforcé par un cintre puis une voûte d’arêtes et un mur de façade pour construire la maison d’habitation qui l’abrite.

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Le moulin a 2 meules de pierre, l’une verticale le trissoum ou pilon et une autre horizontale, l’auge. C’était un moulin à sang, c’est-à-dire qu’il était actionné par des animaux, ânes ou mules la plupart du temps. En face des meules se trouve le vieux puits à margelle et le sommier du pressoir. Il est constitué d’un linteau de chêne servant d’écrou et de 2 vis de chêne également dont les têtes sont percées pour recevoir les leviers de serrage. En vous promenant dans le village vous pourrez voir des posterlons (portes dérobées), des soustets (abris) et de petites ruelles en calade et en pas de mules caractéristiques des villages du sud.

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Eglise et chapelles :

L’église Saint-Julien et Saint Victor a son origine qui remonte vraisemblablement à l’époque de l’installation des Dragonet de Montauban dans les premières années du 13ème siècle alors que Mirabel était la capitale de la Baronnie. Après plusieurs destructions et mise à sac, des travaux de réfection auront lieu au cours du 19ème siècle. La restauration la plus récente est 14


celle entreprise par l’abbé Victor Morel dans la deuxième moitié du 20ème siècle. La chapelle Saint Roch est située au nord du village en bordure de la route de Nyons. En 1629, une épidémie de peste fit de nombreux morts et en 1630 la population éleva cette chapelle dédiée à Saint Roch qui se dévoua auprès des pestiférés (la légende assure qu’il passa à Mirabel au cours d’un voyage qu’il fit en Italie). Cette chapelle est privée et une messe y était célébrée tous les 16 août. La chapelle des pénitents blancs est située sur la route de Vaison. Autrefois nommée chapelle du bon repos car elle était attenante à l’ancien cimetière. Propriété privée, elle est aujourd’hui dans un état délabrée et abandonnée (il est à noter qu’elle fut autrefois le siège du syndicat d’initiative). 15


La chapelle Notre Dame de Beaulieu se trouve à l’écart du village à environ 2 kilomètres et fut l’oratoire des Dragonet de Montauban et s’y trouve la pierre tombale de la famille des Dragonet de Montauban. Son existence est déjà attestée en 1059 par une charte de l’abbaye Saint Victor de Marseille. Plusieurs fois détruite au cours de son histoire, sa reconstruction en 1841 l’a profondément modifiée et il faut le dire défigurée par rapport à son allure d’origine. Aujourd’hui elle appartient à la commune et des offices religieux y sont célébrés à l’occasion de certaines fêtes religieuses (semaine sainte, fête de Dieu)

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Au lieu-dit le calvaire, dans le quartier Josiol se trouve un oratoire posé sur une petite plateforme d’où il domine la vallée de l’Eygues. Sa construction date du 14ème siècle à l’époque des Dauphins. En contre bas on peut voir la grotte du gisant qui a été malheureusement vandalisée. La chapelle est propriété de la commune mais enclavée et sans accès.

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PIEGON :

Piégon en 1920

Piégon de nos jours 18


En 1178, Raymond 1er de Montauban confie la garde de la colline et du village qui fait face au castrum de Mirabel à Sieur Hugo Gigues ou Gigone. Pié ou pod signifiant colline ayant pour seigneur Hugo Gigues ou Gigone est devenu par contraction Piedgigone ou Puyhugon et au final Piégon par déformation. Les derniers suzerains de Piégon sont les Montpezat dont le descendant direct n’est autre que le Prince Henry de Montpezat, mari de l’actuelle reine du Danemark. Le vieux village se désertifia au cours du début du 20éme siècle sans doute à cause d’une grande sécheresse qui fissura les maisons mais surtout pour une raison de commodité pour les habitants car les ruelles étaient étroites et mal aisées sans possibilité d’agrandissement. Petit à petit 19


le village devient ruine avec l’aide de certains entrepreneurs de la région qui se sont servis en pierres et tuiles pour bâtir à moindre frais. Le seul bâtiment qui soit resté debout dans le vieux village est le clocher de l’ancienne église. A l’heure actuelle l’habitat à Piégon est dispersé et il reste plus de village à proprement parlé. Il n’y a qu’un un petit hameau regroupant la mairie, l’école et quelques maisons. La commune compte aujourd’hui 259 habitants. L’agriculture représente la plus grande partie de l’économie du village. Elle fait partie tout comme Mirabel aux Baronnies du territoire de l’appellation Olives de Nyons et son vignoble de l’appellation Côtes du Rhône.

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A Piégon trois sites remarquables sont à signaler.

La chapelle Notre Dame de Cadenet, monument classé, date du 12ème et est une des plus belles chapelles d’art roman rural. Elle doit son nom au fait que d’après la légende, les vaches d’un jeune paysan venaient s’agenouiller devant un cade (espèces de genévrier) où se tenait la vierge. Le cade existe toujours, il est donc plus que millénaire. Cette petite chapelle mérite le détour. 21


La sculpture «La Belle Vendangeuse», véritable cariatide des Côtes du Rhône est une œuvre monumentale de 20 X 6 mètres, sculptée dans le safre durant 18 mois par Jean Pierre Eichenberger. Cette sculpture est le symbole de la prospérité de la commune et de notre région : la vigne. Cep en hiver, bourgeon au printemps, feuilles en été et grappes en automne. Il y associa dans le creux du portique la Madone au Raisin. Elle fut inaugurée le 06 juillet 1997 en présence de plus de 1000 personnes et de très nombreuses personnalités. 22


Les fresques de la mairie représentent un hommage à la résistance. Elles ont été peintes en 1945 par Jean Lhuer, élève des arts décoratifs à Paris, il refusa la mobilisation, il se réfugia dans la Drôme à Saint Restitut puis il rejoint la résistance à 23


Piégon dans la famille du commandant Oudot. La Provence commence ici. Ce sont les aléas de l’histoire qui ont fait de Mirabel et de Piégon sa voisine, deux villages dauphinois. Le climat, la végétation, les hommes, les mœurs et l’accent appartiennent plus à la rieuse Provence qu’à l’austère Dauphiné. Sous la douceur du climat, la luminosité du ciel, la beauté de ses paysages, Mirabel aux Baronnies est un village de pierres blondes dans un éblouissement de lumière dorée. Quand souffle le mistral à l’ombre de vieux oliviers à la chevelure argentée et qu’il fait danser le patchwork émeraude des parcelles de vigne quand tout vibre sous le chant strident des cigales, quand le bleu de la 24


lavande se confond avec le bleu du ciel, vous pourrez alors dire « aqui sien ben » Provènco e Doufinat caresson de sis alo Aquéu païs astra qu’a per noum Mirabèu Soun èr pur, soun soulèu, sa clarta sèns rivalo. Ségur vous raviran e dirès : que siès bèu (Provence et Dauphiné caressent de leurs ailes ce pays béni des dieux qui a nom Mirabel, son air pur, son soleil, sa clarté sans rivale pour sûr vous raviront et vous direz « que tu es beau »)

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Documentation en caractères agrandis Mirabel aux Baronnies - Piégon  
Documentation en caractères agrandis Mirabel aux Baronnies - Piégon  
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