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À l'Ouest ! no 3 / offert L e m ag a

zine GRATUIT

qui vou r e d é co us fait v r ir La

Réunion

stella matutina histoire d’une résurrection

le van du week-end rouler et profiter

trois bassins en trois étapes

dis moi aqua tu joues ? de quoi se mouiller un peu


édito

L'EAU, ÇA MOUILLE Boulets rouges sur bonnet rouge : voilà plusieurs semaines que les internets francophones flinguent l’ex-idole tricolore, le recordman absolu des titres de Personnalité Préférée des Français, j’ai nommé Jean-Yves Cousteau, gentleman en slip de bain et père du documentaire sous-marin. Pourquoi cet homme, hier encore voué au Panthéon, est-il désormais honni ? Parce qu’à la veille des 50 ans de sa sortie en salles, une poignée de personnes a revu Le Monde Du Silence, le documentaire qui avait valu à Cousteau la Palme d’Or, un Oscar, et un statut de vedette internationale. Et qu’avec un demi-siècle de recul, certaines images de ce film sont devenues choquantes.

À À l'Ouest l'Ouest !! Alé Voir !

Dossier

Dann Zion

visite guidée

domoun

AGENDA

Infos pratiques boutik sinwa

24h avec...

abonnez-vous c'est gratuit ! rendez vous sur

où l’état du monde et des connaissances scientifiques était bien différent. Si l’ignorance n’excuse pas tout, on peut tout de même plaider une circonstance atténuante aux âneries du bon Commandant : il n’avait pas vraiment conscience de ce qu’il faisait.

Notre indignation devant certains passages du Monde du silence devrait surtout être pour nous une mise en garde. En seulement un demi-siècle, nous avons si bien détruit la planète que des comportements hier quitte Massacre des requins ; encore anodins sont pêche à la dynamite ; devenus graves, voire à répéter destruction enthoucriminels. De là, nous l'évidence. siaste d’un récif pour serions avisés de ne pas prenons grand faire de la place à réserver notre révolte à soin de l'océan nos seuls devanciers, car un bateau ; marins qui rigolent quand les générations qui suivent un bébé cachalot se fait pourraient bien regarder déchiqueter par l’hélice du notre temps avec une rage plus navire : toutes ces scènes qui, à l’époque, féroce encore : à la différence de Cousteau provoquaient l’émerveillement sont deveet de son équipage, personne ne pourra nues « naïvement dégueulasses », écrit ainsi plaider pour nous l’ignorance. Nous savons le réalisateur Gérard Mordillat, l’homme la portée de nos actes. qui a lancé le premier harpon, et qui dit voir dans le Monde du Silence « l’horreur qui C’est pourquoi, avant de vous emmener en est en train de transformer sous nos yeux les balade dans l’océan et à la rencontre des océans en poubelle, en désert liquide ». personnes qui en ont fait leur vie, quitte à répéter l’évidence, nous vous invitons Cette critique rétrospective n’est pas à en prendre le plus grand des soins : ne nouvelle. Voilà longtemps que le « chefpas piétinez pas les coraux, ne laissez pas d’œuvre » de Cousteau est régulièretraîner vos déchets, soyez respectueux de ment étrillé, avec une malhonnêteté notre environnement… L’aventure n’en intellectuelle qui consiste à appliquer une sera que plus belle ! grille de lecture morale contemporaine à des personnes qui ont vécu à une époque

sommaire ALÉ VOIR ! p.5 Par ici ou par là ...

aqua tu joues ? p.10 plongée sous marine p.12 jetski p.13 pêche au gros p.14 stand up paddle p.16 sortie voilier p.18 sentier sous marin p.19 ski nautique p.20 ambians bordmer p.21 Une sélection pieds dans l’eau

Dann zion p.28 Un week-end en combi

bat in ti karé p.32 Trois étapes à Trois-Bassins

visite guidée p.34

La résurrection de Stella

boutik sinwa p.40

Trois lectures d’une autre Réunion

AGENDA p.42 PRATIQUE p.45

L’éditeur décline toute responsabilité quant aux erreurs éventuelles. Toute reproduction ou utilisation, intégrale ou partielle, des images et textes est interdite. Vavang est réalisé en partenariat avec l’Office du Tourisme de l’Ouest. contact@vavang.re / 0262 10 84 10

no 3 Une édition Dir. de la publication : Sandrick ROMY Rédac. en chef : François GAERTNER Photographies : Mickael DALLEAU, Shutterstock : p1-3,6-8,13-15,17,22-29, 47 Impression : Graphica DL.

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Alé Voir ! POSITIVE ALTITUDE

LES HAUTS S'ORGANISENT « Aujourd’hui, les gens qui viennent dans les gîtes, les tables d’hôtes ou même en piquenique dans les hauts, ils viennent, ils mangent et ils repartent. Et ils passent à côté de beaucoup de richesses et de découvertes. » C’est en partant de ce constat que Danièl Valin, qui tient la table paysanne Agni à La Saline, a voulu fédérer ses camarades en altitude pour mieux communiquer sur leurs activités, mais

aussi créer une chaîne de solidarité pour organiser des choses ensemble. Créée il y a six mois, l’association Label Ouest regroupe 19 professionnels de l’agro-tourisme, gîteurs, restaurateurs, artisans, apiculteurs, producteurs de fruits ou distillateurs qui ont décidé d’unir leurs forces pour faire valoir leurs atouts : « Dans les hauts, dit Danièl, on n’a pas la mer, mais on a l’air pur, et la convivialité. » Label Ouest

disposera bientôt d’un site internet où vous pourrez retrouver des infos et des conseils, mais en attendant, pour vous faire une idée de l’esprit de ce nouveau label, vous pouvez aller faire un tour à la table de Danièl, perchée à 850 mètres d’altitude. La cuisine, d’inspiration indienne et malaisienne, est assurée par son épouse, tandis que Danièl lui-même et ses enfants, tous passés par le conservatoire, impliquent les tablées dans des créations musicales en fin de repas. Ambiance familiale & gentillesse garanties. Table Paysanne Agni 32, Rue Romely – Sur la Route Hubert Delisle La Saline / 0692 36 86 90

CHAPEAU !

CAFÉ CULTUREL Voilà 5 ans qu’Émilie et ses joyeux comparses ont ouvert ce lieu chaleureux et important de la vie culturelle de l’ouest. La Cerise est l’unique café culturel du centre de St-Paul. Expos, spectacles, concerts, projections-débat, théâtre d’impro : quatre soirs par semaine en moyenne, le lieu propose une programmation variée et souvent bien choisie, et accueille régulièrement quelques uns des grands noms de la scène réunionnaise pour des concerts intimistes. Le 21 août prochain, la grande dame du maloya, Christine

Salem, fera par exemple escale sur son petit podium. Mais La Cerise n’est pas qu’un lieu de découverte artistique. C’est peut-être, surtout, un vrai chouette bar. Bonne ambiance au comptoir, assiettes de charcuterie ou de fromage, baby foot à l’ancienne, équipe du tonnerre : le genre d’endroit dont on a tout de suite envie de faire son QG pour l’apéro et les soirées entre potes. La Cerise 1, rue Eugène Dayot – St-Paul / www.lacerise.re Tél : 0262.96.21.69 / Horaires : du mardi au samedi, de 18h à 2h

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Alé Voir ! LE GRAND HUÎTRE

vis ta vie, vitamine

COQUILLAGES ET CRUSTACÉS Il a récemment ouvert deux échoppes, à StPierre et à St-Denis, et son nom fait grand bruit dans la communauté des amateurs de fruits de mer de toute La Réunion, mais c’est à St-Gilles que M. Lebon a lancé son activité il y a deux ans et demi, en installant son vivier sur le Mont Roquefeuil, en surplomb de la station balnéaire. Producteur d’huîtres à l’Île de Ré marié à une Réunionnaise, cet ostréiculteur a eu l’idée de créer dans l’île des bassins d’eau de mer réfrigérés où il peut conserver ses huîtres, moules, homards, palourdes et autres bigorneaux vivants sur des durées assez longues, et donc les vendre directement aux particuliers parfaitement frais – ce sont bien sûr les fruits de mer qui sont parfaitement frais, les particuliers eux le sont parfois moins, les huîtres notamment étant prisées par quelques turbulents fêtards qui trouvent dans leur

L’OT Ouest AUX MANETTES

COMBOS PARFAITS Si vous n’avez jamais joué à un jeu vidéo dans les années 90, sachez que le mot combo est un diminutif de combinaison, et désigne ces associations complexes de mouvements rapides qu’il faut exécuter pour enchaîner des actions spectaculaires qui, dans les jeux de combat notamment, infligent à l’adversaire un maximum de dégâts. Les Zarlors, c’est un peu ça mais rassurez-vous, il s’agit ici de substituer le plaisir aux blessures physiques. Ces offres groupées imaginées par l’Office du Tourisme associent des activités qui vont bien ensemble pour proposer des moments de détente et de découverte décuplés, comme par exemple enchaîner une randonnée en paddle dans le lagon sur fond de coucher de soleil et un apéritif les pieds dans l’eau, ou alors un vol en parapente avec une escale restaurant à St-Leu, lieu d’atterrissage. Pour découvrir les offres Zarlor, une adresse : www.ouest-lareunion.com/zarlor

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parfum iodé un moyen de lutte efficace contre les affres de la gueule de bois. « Avant, à La Réunion, il n’y avait qu’un arrivage par semaine et faire venir des fruits de mer était toujours un risque parce qu’un homard, par exemple, il arrive le jeudi et si vous ne l’avez pas vendu le vendredi, il est bon pour être jeté à la poubelle. Avec mon système, je fais venir mes produits directement de mon exploitation et je peux les conserver plus longtemps, et ils sont encore plus frais que ceux qu’on trouve habituellement dans la grande distribution ou la restauration. » Les huîtres y sont donc meilleures, mais aussi moins chères. Chez M. Lebon, comptez de 14€ à 20€ la douzaine, contre environ 25€ dans la grande distribution. À ce prix-là, ça reste un plat de fête, mais disons que ça peut être un peu plus souvent la fête.

GREEN SHAKE Green Shake est un concept développé par quelques camarades un peu écolos et soucieux de votre santé, et qui chemine depuis deux ans sur les routes de l’ouest, de plages en places et en marchés. L’idée : un petit stand mobile et autonome, sans autre besoin énergétique que la force de bras d’hommes, qui pressent à la demande des jus de fruits et des cocktails tropicaux désaltérants.

Le Vivier des Huîtres Lebon 20 Rue des Navigateurs, Le Mont Roquefeuil St-Gilles - 0692 88 30 95 - www.huitres-lebon.re Horaires : du lundi au mercredi : sur réservation par téléphone / Du jeudi au samedi : 10h - 12h30 & 15h - 19h / Dimanche : 10h - 13h

Si les classiques du jus de fruits à base de banane, d’orange ou d’avocat sont bien au menu, ce qui fait la particularité de Green Shake, c’est un choix de boissons énergisantes naturelles à base de thé ou de décoctions de plantes comme la

spiruline et, surtout, l’Aloe vera, plante miraculeuse aux multiples bienfaits. Équipés de glacières, de fruits frais et de leurs préparations vitaminées, ces presseurs d’élite se promènent tous les jours le long de la plage de l’Ermitage. Ils sont aussi de tous les marchés de l’ouest, de St-Paul à St-Leu, et sur le Mail de Rodrigues le dimanche matin. Leurs petits stands verts à la déco tropicale, faits de bois et de bambou et customisés avec la complicité d’artistes locaux sont facilement reconnaissables. Green Shake Plage de l’Ermitage, Marchés de l’Ouest, Mail de Rodrigues le dimanche matin

tu veux ma photo ?

toi, moi, eux, vous, là !

RÉFECTOIRE

Partagez vos plus beaux clichés pris dans l’Ouest de La Réunion et gagnez des cadeaux. Rendez vous sur facebook/vavang.mag ou sur www.vavang.re

ESCALE AU BISTRO Une petite maison de ville au centre du Port, des meubles créés par des ferronniers locaux, des expos de peinture régulières, une petite équipe soudée depuis quatre ans, une cuisine ouverte sur la terrasse (c’est toujours rassurant), une carte bistro de très bon aloi et la saine habitude de cuisiner maison la totalité des plats proposés, de la tapenade de l’apéro au biscuit du café : La Cantine est l’une des

adresses les plus agréables pour déjeûner la semaine dans la cité portuaire. Et si le lieu n’est ouvert que le midi du lundi au vendredi, Stéphane, le sympathique propriétaire, se dit ouvert à toutes les propositions honnêtes pour y organiser vos soirées, concerts, expos, etc. La Cantine 23 bis, Bvd de Brest – Le Port / 0262 34 25 39 / Horaires : Lundi - Vendredi : 11h30 - 14h30

ANGER GAMES UN

BON SHOOT

Envie de faire un massacre ? Besoin de vous défouler ? Pulsion remontée de votre lointaine enfance qui vous pousse à crapahuter dans les fourrés toute une après-midi pour tendre des embuscades à des passants innocents en récitant vos répliques préférées de la trilogie Die Hard ? Peut-être avez-vous besoin d’une petite session paintball. Ça tombe bien, puisque l’association Dodo Flingueur dispose de la plus grande aire de jeu dédiée à ce sport pétaradant à La Réunion : 10 000 m2 de forêt où vous pouvez vous amuser en

toute sécurité, et sans investir dans le matériel, qui est fourni. À partir de 14 ans, parcours variés et aménagés avec des fortins en palette et autres bunkers de fortune, scénarios adaptés, parties de rigolade et adrénaline assurées : pour 35 € la demi-journée, vous pourrez mitrailler joyeusement vos 200 billes sur vos copains tout en profitant d’un bon bol d’air frais. Le Dodo Flingueur www.paintball-réunion.com - Tél : 0262.22.64.01 Tarifs : 35€ la demie journée, avec 200 billes fournies / 60€ la journée, avec 400 billes

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Alé Voir ! TIME CAPSULE

SAINT-LEU EN HISTOIRES

© Office de Tourisme de l’Ouest

Parmi les nombreuses visites conduites par Clovis, « L’Éclaireur de l’Ouest » et guide patrimoine de l’Office de Tourisme de l’Ouest, il en est une qui lui tient tout particulièrement à cœur : le parcours historique de la ville où il a grandi, Saint-Leu. Au cours de cette promenade en centre-ville, vous pourrez par exemple apprendre que la cité tient son nom du Sieur Laleu, premier habitant d’un lieu qui était appelé, jusqu’au milieu du XVIIIème siècle, Boucan Laleu, avant de devenir la capitale du Café Bourbon. Il vous racontera également la révolte des esclaves de 1811, la seule qu’ait connue l’île de La Réunion, et le parcours de son meneur, Élie. L’histoire de Notre Dame de la Salette, l’église du miracle, les initiatives du Frère Scubilion pour éduquer les esclaves : en 2h, vous ferez le tour de l’une des histoires les plus riches et intéressantes de La Réunion ! Tous les 1er et 3e samedis du mois Infos et réservations : 0810 797 797 | www.ouest-lareunion.com Tarif : 9€ / 6€

Y’À KAYAK

L'ÉTANG D'UNE BALADE Durant les vacances, les éco-gardes de la réserve naturelle de l’Étang de Saint-Paul organisent des balades en kayak sur le plan d’eau. 1h30 à ramer parmi les plantes comme des explorateurs à la grande époque, sur la plus grande zone humide de La Réunion. Espèces endémiques, volatiles multiples dont les poules d’eau, les tourterelles malgaches ou le fier et souverain rapace créole, le papangue : cette zone, qui fut la première habitée dans l’île, est aussi l’une des plus belles et les plus riches en terme de trésors naturels. Une échappée exploratrice à vivre en famille, d’autant que ces promenades sont entièrement gratuites lorsqu’elles sont organisées dans le cadre des week-ends nature du Conseil Général. En dehors de ces week-ends, la visite guidée est toujours possible mais devient payante en groupe de 10 à 14 personnes. À noter enfin que L’Office de Tourisme de l’Ouest proposera à partir de septembre, avec la réserve nationale de l’Etang, un nouveau « Zarlor biodiversité » comprenant la découverte en Kayak de la biodiversité de l’Etang, un atelier et un déjeuner. Et si vous êtres réfractaire à la rame et à l’eau non salée, sachez que des visites sont également organisées à pied, sur les berges et dans la forêt qui entoure le bassin. En kayak : Sessions gratuites le 22 juillet et le 5 août À pied : Sessions gratuites les 15 et 29 juillet, et le 5 août Info et réservation (obligatoire) : 0262.45.81.80

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AQUA TU JOUES ?

Reportage : Laurent Perrin, Maelys.Peiteado Photos : Mickaël Dalleau, Laurent Perrin

Rappel : faire plouf dans l’océan en quête de sensations, sans crainte et en toute légalité, c’est encore possible. Nous avons testé pour vous quelques activités nautiques, portées par des pros qui n’en démordent pas : la mer peut encore être un plan de loisir, de découverte et de sensibilisation à l’environnement.

« Océan. Masse d’eau occupant à peu près les deux tiers d’un monde destiné à l’homme – lequel est dépourvu de branchies. » Lorsque le journaliste américain Ambrose Bierce publia, dans son Dictionnaire du Diable, les 998 définitions dont cette phrase vénéneuse est un échantillon, il reçut un accueil mitigé. Les États-Unis venaient de mettre fin à la guerre de Sécession, et l’industrialisation triomphante reprenait sa course dans l’enthousiasme général. Nul n’avait alors envie de goûter les aigreurs d’un esprit caustique rognant mot après mot l’une des idées forces de l’époque : Dieu a créé la Terre pour que l’homme en dispose à sa guise. À La Réunion, un bon siècle plus tard et à 18 000 km de San Francisco, où Bierce acheva son ouvrage, la phrase pourrait très bien être jetée dans le bouillon rhétorique où s’échauffent depuis plusieurs années les débats suscités par la crise requin. Faut-il considérer l’océan comme un territoire hostile où l’homme n’a pas sa place, ou le soumettre par la force et l’invention à ses désirs et ses besoins ? Pendant que ces questions philosophiques étaient maltraitées par les parties adverses qui s’étrillent sur le web au fil des attaques, les plages se sont vidées, malgré les mesures instaurées – un peu tardivement, il est vrai.

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Pourtant, il en reste, des choses à faire dans l’eau, qui n’impliquent pas de se placer hors la loi ou de prendre des risques importants. Pour vous, nous sommes donc allés à la rencontre de ces acteurs qui n’en démordent pas, et proposent toujours des activités où les sensations vont de paire avec une certaine sensibilisation au milieu naturel. Parce que contrairement aux antagonismes parfois violents entre écologistes et usagers de la mer que l’on croit remarquer dans les eaux troubles du discours médiatique, quand on enfile son maillot de bain, son masque et ses palmes pour s’immerger quelques heures avec les passionnés de sports nautiques, il devient clair qu’on ne peut qu’être les deux à la fois. Des guides de randonnée aquatique (si, ça existe) aux moniteurs de Stand Up Paddle en passant par les pêcheurs, capitaines de voiliers ou les pilotes de jetskis, nous n’avons croisé que des amoureux de la nature, tous soucieux de préserver la richesse des eaux qui bordent notre littoral, et déterminés à en profiter sans risquer le Diable qui soufflait à Bierce ses amusants sarcasmes. On n’a pas de branchies certes, et on ne résoudra pas l’équation impossible de la crise requin en quelques mois ; mais on peut encore s’amuser dans l’eau à La Réunion, et pas que dans les piscines !

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aqua tu joues ?

© Bleu Marine Réunion

monde singulier qui échappe à notre regard la plupart du temps. Nous sommes sur le site dit «Canyon» devant la plage des Brisants et à -17 mètres on rencontre une faune si variée qu’il faudrait de longs mois d’étude pour apprendre à distinguer vivaneau, poisson-trompette, baliste titan, mérou et murène.

Plongée sous-marine

LES YEUX DANS LE BLEU J’étais plongé dans la lecture du livre référence de Jacques Mayol, Homo Delphinus, quand le téléphone a sonné. Mon rédac chef me propose un sujet sur les activités nautiques à faire en toute sécurité dans l’ouest réunionnais. Je saute sur l’occasion et sur mon carnet de plongée. Avec la crise requin et son UN Récif impact sur le tourisme, corallien qu'on je n’aurai pas de mal à a l'avantage caler un rendez-vous dans un club. Je choisis de pouvoir Bleu Marine, pas parce explorer toute que je suis inconscieml'année ment influencé par l’inquiétante actualité politique en Métropole, mais parce que l’enseigne est l’une des mieux ancrées sur le port de Saint-Gilles.

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groupe de baptêmes parmi lequel se trouve la fille de mon camarade de palanquée, d’à peine 10 ans, ravie et terrifiée à la fois par cette première expérience.

Elle a fêté ses vingt ans au mois de mai. Ma dernière plongée remonte à juillet, en Méditerranée, près de Nice. Quelques mois avant je passais mon niveau 1 à la Réunion, dans un autre club, et découvrais les merveilles d’un récif corallien qu’on a l’avantage de pouvoir explorer toute l’année.

Un monde singulier

Ce jour-là il y a un autre N1 avec moi et on embarque avec Jean-Marc, jeune mono de cinquante balais, qui s’est découvert une passion sur le tard, entraîné par son fils dans les passages de niveau. Ce dernier me fait d’ailleurs remarquer que les plus beaux poissons ne sont pas tous dans l’eau, alors que les clientes du club voisin reviennent de leur sortie. Le fiston prendra en charge un

Bascule arrière, on crache dans le masque, on vérifie son détendeur et première descente à quelques mètres pour les tests habituels : vidage de masque, lâcher et reprise d’embout... Quelle joie de retrouver cette sensation de planer sous la surface, de se sentir « supporté par ces milliards de petites mains amies qui sont dans l’eau de mer » (Mayol) et d’aller observer, en totale autonomie, ce

Une heure plus tard, il faut remonter – déjà. Je n’ai pas vu le temps passer. Un peu déçu peut-être de ne pas avoir croisé de tortue ou de dauphins, qui viennent régulièrement saluer les plongeurs lors de leur mise à l’eau, je me dis que je reviendrai bien entre juillet et septembre pour voir les baleines. Le club organise en effet, dans le respect de la Charte, des approches en palme-masque-tuba des cétacés géants, lorsque ceux-ci viennent mettre bas dans les eaux chaudes de nos contrées australes. Difficulté : 3/5 • Sensation : 4/5 Prix : Explo 50€ - Baptême 60€ Durée : 1 heure (exploration) bleu marine

Port de Saint-Gilles 06 92 85 80 83 www.bleu-marine-reunion.com

Jetski

RODÉO SCOOTER L’image que j’avais des jetskis était plutôt sinistre : ces engins bruyants polluent mon océan et effraient mes dauphins, pour l’unique plaisir de quelques marteaux de vitesse et sensation forte. Mais ça c’était avant. Avant d’avoir essayé. Rien que pour ça, l’initiation en vaut le coup, histoire de faire tomber quelques clichés et autres idées préconçues. Comme pour toutes les activités où la vitesse est en jeu, quelques consignes de sécurité s’imposent. Ainsi on apprendra à respecter une distance de sécurité avec le bateau et les autres jets, à « rester maître de son périmètre ». Pour le freinage intempestif on fera gaffe à ne pas utiliser la manette semblable comme deux gouttes d’eau au frein d’un vélo – c’est l’accélérateur – mais à couper les gaz quand il faut : il n’y a pas de frein. une fois

rassuré, je n'hésite pas à filer à fond les manettes

Si la consigne est respectée, on sera exempt d’expériences malheureuses, comme cette tantine qui à 5 km/h a réussi, en s’approchant un peu trop près du jet de son mec, à lui arracher sa colonne de direction tout en lui pétant la cheville ! Enfin on pensera à passer autour de son poignet la sangle reliée au moteur qui coupe automatiquement celui-ci si d’aventure on devait tomber à l’eau, sans quoi on verrait son engin s’éloigner inexorablement, nous plantant au milieu de l’océan, seul avec nos doutes quant à l’existence de Dieu. Mais pour ça il faut vraiment être un gros bourrin – ou très maladroit – car ces engins, même lancés à pleine vitesse, n’ont aucune chance de se renverser : « C’est comme un kart, pour le décrocher, c’est compliqué », image Sam, qui nous encadre.

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aqua tu joues ?

Cette fois ça y est, on peut se lancer. Sortie du port de Saint-Leu en douceur, en suivant le zodiac, contournement de la gauche mythique et nous voilà lancés en pleine mer, à toute berzingue, avec tout de même une petite appréhension au début. Mais une fois rassuré, et désormais en symbiose totale avec les éléments, je n’hésite pas à filer droit à fond les manettes – 55 km/h avec les clapotis, c’est entre le scooter et le rodéo – et à profiter du moindre remou pour décoller de la surface. J’en profite pour taper quelques virages et de belles accélérations, assis ou debout, avant de rentrer au port bien tranquillement pour ne pas échauffer les oreilles des plaisanciers. La prochaine fois, promis, j’essaye le jet à bras, plus sportif apparemment, et on verra si j’arrive à placer à mon tour, comme les meilleurs, un double back flip arrière avec une machine de 130 kg et 80 chevaux ! Difficulté : 2/5 • Sensation : 2/5 Prix : 80€ Durée : 30 minutes funky jetski

Port de Saint-Leu 06 93 91 81 29 www.funky-jet.com

Pêche au gros

DU PLAISIR DE RENTRER BREDOUILLE La plupart des Parisiens ne sont jamais montés en haut de la Tour Eiffel. C’est un peu la même chose pour les Réunionnais : beaucoup d’entre eux ne sont jamais allés à la pêche en mer, et j’en fais partie. Pas par manque d’intérêt, ni par peur de l’océan, c’est juste qu’on n’y pense pas. On est content d’avoir une bonne tranche d’espadon dans son assiette, quant à savoir comment elle est arrivée là... C’est donc poussé par cette curiosité nouvelle chez moi que j’ai rejoint un groupe de pêcheurs amateurs embarqués à bord de l’Océana II, un bateau de pêche professionnel. C’est Jean-Louis, le patron, qui pilote pendant que Gérald nous explique les bases du métier. « À la traine, le splash attire le poisson. Quand ça mord on mouline à fond en descendant la canne, puis on la remonte lentement, et ainsi de suite jusqu’à qui me ramener la prise ».

moi voyais déjà poser sur l'une de ces photos triomphales

Pour les petites cannes, le pêcheur s’attache autour de la taille un ou plusieurs baudriers en fonction du nombre de poissons, plus un harnais si la prise est grosse, pour s’accrocher à la canne et soulager le bras gauche lors de la remontée. « Je prend une canne dans chaque main, et même deux autres aux pieds quand il y a trop de poisson », plaisante-t-il.

deux thons trois mouvements Ce jour-là, ce ne sera pas nécessaire. Après avoir écumé plusieurs DCP (dispositif de concentration de poisson) et passé sept heures en mer, on rentre au port presque bredouilles. Moi qui me voyais déjà poser sur l’une de ces photos triomphales avec casquette obligatoire à côté d’un monstre marin gros comme une voiture vaincu après plusieurs heures d’un combat homérique, je dois me contenter de deux malheureux petits thons. « Il y a des jours comme ça où la mer ne veut pas » : philosophe Gérald. Mais tout ça n’enlève rien au plaisir d’une journée en mer, instant contemplatif pour certains, tranche de rigolade pour les autres, et spectacle grandiose des dauphins venus nous saluer. Pour le poisson dans l’assiette, on aura peut-être plus de chance la prochaine fois. À charge de revanche !

remerciements Pour la réaliser cette sélection d’activités nautiques à pratiquer sur, sous, dans ou à côté de l’eau, nous avons fait appel à la générosité des prestataires qui ont permis à nos journalistes, non seulement de vivre de fortes et belles émotions, mais aussi et surtout de pouvoir vous retranscrire ces expériences réellements vécues.

Ces professionnels se sont montrés à la fois sympathiques, disponibles et attentifs à partager leur métier, souvent une passion. Tant pour leur professionnalisme que pour leurs conseils et la qualité de leur accueil, nous tenons donc à les remercier chaleureusement.

Vous trouverez, classés par activités, les coordonnées de l’ensemble des autres prestataires sur le site de l’Office du Tourisme de l’Ouest : www.ouest-lareunion.com

Difficulté : 4/5 • Sensations : 2/5 Prix : 90€ Durée : 7 heures albacore fishing club

06 92 61 91 61 www.albacorefishingclub.com

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aqua tu joues ?

Stand Up Paddle

planche de salut Surf et supervisé par la Direction de la Jeunesse et des Sport sur l’île. « On était une douzaine à passer le B.E dont deux ou trois de métropole », précise celui qui, après un stage au Boucan Surf Club de trois ans, ouvre son école aux Roches Noires en 1990. « Les clubs exison redécouvre taient, notre un milieu où mission a été de structurer on laisse plus l’enseignede place à la ment du surf, contemplation notamment en l’ouvrant aux plus jeunes ». En parallèle de l’école il ouvre le Surf Club des Roches Noires avec Philippe Robert, « pour pouvoir donner des licences, faire des compétitions et envoyer les enfants au Championnat de France ».

Professeur de surf depuis 25 ans, Bertrand Pièce est un personnage emblématique de cette pratique à La Réunion. Aujourd’hui il transmet sa passion différemment, à travers le Stand Up Paddle, dont il est tombé amoureux et dont il fut un précurseur.

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Après une jeunesse passée au Maroc où il découvre le surf, et une courte escale à Montpellier, il débarque à La Réunion avec sa planche et une valise à l’âge de vingt ans. Il passe alors son Brevet d’Etat devant un jury envoyé par la Fédération Française de

Et il en a formé des champions ! Fabrice Perrin, Alexandre Monier, Hugo Savalli, David Grainville, Christophe Allary... tous sont passés entre ses mains, ont été nourris au sein du club saint-gillois et ont eu des titres de Champion de France ou plus. Puis ils ont fait leur chemin dans d’autres clubs ou au Pole Espoir de la Réunion et dans les compétitions internationales. « C’était donnant-donnant : l’enseignement que j’apportais, la passion du surf, l’impulsion, l’envie et les entraînements, me revenaient à travers leur reconnaissance et le plaisir qu’ils avaient à surfer ».

MARCHER SUR L’EAU

UN BUREAU SUR LA PLAGE

En 2010, on compte une quinzaine de clubs de surf. L’activité est florissante, elle attire un nombre toujours plus croissant de jeunes, de touristes, et de Métropolitains qui viennent s’installer dans l’île pour profiter des vagues. Les premières attaques vont en faire déchanter plus d’un. Presque toutes les écoles vont raccrocher le leash. Le milieu surf réunionnais est en deuil, et les plages, désertées.

La section surf de son école suspendue depuis 2011, puisque sa pratique est interdite, Bertrand se concentre aujourd’hui sur le paddle, qu’il fait découvrir aux touristes de passage, mais aussi aux locaux et aux enfants. Il a établi son «bureau» sur la plage de la Saline-les-Bains, juste à côté de Planch’Alizée, et propose des séances d’initiation, perfectionnement, stages, sorties coucher de soleil ou encore rando sur plusieurs heures à la découverte des richesses insoupçonnées c'est une du lagon. pratique vieille

À ce jour, Bertrand déconseille vivement à quiconque de se mettre à l’eau, de 3000 ans, « tant que les Comment rêver ça ne date spots ne sont d’un cadre pas entièrement plus idyllique ? pas d'hier ! sécurisés ». Il Eternel blagueur, ne tient pas à grand philosophe s’étendre sur la crise devant dame nature, requin, qui a exacerbé les Bertrand garde le sourire différences et les intérêts divergents quoi qu’il arrive. Ce jour-là, un vent des acteurs touchés. Là où beaucoup de sud souffle fort sur l’océan et une y ont trouvé une voie de reconversion, vague née sur la barrière de corail pour pouvoir survivre malgré tout, lui vient dérouler jusqu’à nos pieds. Clin a commencé à pratiquer le Stand Up d’œil des éléments ? Paddle (SUP) quelques mois avant les premières attaques. « Le paddle fait partie de l’enseignement nautique, de la famille du surf. C’est une pratique vieille de 3000 ans, ça ne date pas d’hier ! C’est Laird Hamilton qui l’a ramené en métropole. A Hawaï et en Polynésie, c’est un sport ancestral, c’est la base de tout : on marche sur l’eau ». À ces mots, ses yeux s’éclairent d’une lueur nouvelle. Avec le SUP, il redécouvre un milieu, le lagon, qu’il avait délaissé pour le surf, où on laisse moins de place à la contemplation « pour attraper la vague à tout prix. »

Difficulté : 1/5 • Sensations : 3/5 Prix : 23€ adulte - 20€ enfant Durée : 1h30 école de stand up paddle du lagon

06 92 86 00 59

GET UP, STAND UP ! Pour m’essayer à la glisse contemplative, j’ai choisi de me laisser guider par Bertrand. Derrière ses lunettes de soleil et sa casquette se cache la frimousse d’un adulte qui a su rester jeune dans sa tête. Toujours le mot pour rire, il affiche un sourire généreux quand ses vannes font mouche. Du coup on a envie d’y prendre part et d’apporter son grain de sel. Ce matin-là, je fais deux sorties avec lui, la première avec deux marmailles handicapés, l’autre avec un couple, hôtesse et steward de chez Air France. Dans les deux cas, j’ai pu voir comment mon prof de surf préféré sait trouver l’équilibre entre responsabilité et décontraction. Tout un art ! En nous promenant ainsi au-dessus des coraux, sans les abimer bien sûr, il nous fait découvrir des poissons de récif qu’il nous déconseille vivement de goûter, car certains sont toxiques. On ne sait jamais où commence et où s’arrête la blague avec lui. Mais quand il décroche d’une patate le harpon d’un braconnier, on ne peut douter de la sincérité de sa réaction. « Je les mettrais en prison pour cinq ans ! C’est très dur de faire respecter la réglementation. Je me verrai bien garde-côte ». Derrière l’humour piquant du bonhomme se cache le sérieux et l’autorité d’un vieux loup de mer, qualités nécessaires pour maintenir durant toutes ces années la discipline au sein d’une école de surf fréquentée par des gamins intrépides qui ne pensent qu’à se ruer sur le spots. Alors quand il nous dit « faites comme chantait Bob Marley : Get up, stand up ! », on ne peut que s’exécuter. Et avec un peu de chance, il vous emmènera dans les petites vagues du lagon, découvrir de nouvelles sensations. Puisqu’on vous dit que c’est bon pour vous, ride on !

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aqua tu joues ?

Sentier sous-marin

CHENILLES OUVRIÈRES

Sortie voilier

Ce jour-là, pas de baleines en vue – la saison commence un peu plus tard, vers la fin juillet – mais quelques beaux bans de dauphins, que l’on voit remonter à la surface renouveler leur réserve d’air. Comme souvent, c’est une petite fille qui les voit la première, et alerte le reste du groupe. À bord nous sommes avec une équipe de commerciaux venus fêter leur objectif atteint. Parmi Samedi, 9h, embarquement à bord d’un Cruise Croisière eux, un vieil ami qu’on a le plaisir de retrouver ici par baptisé Cat’Alizé. Je pense à tenir un journal comme hasard, et un chanteur du nom de Meta qui se lance ma compatriote Maud Fontenoy. Mais on ne dans le séga avec trois clips au compteur. s’embarque pas pour un tour du monde Une fois passé le petit déj, ils débouchent comme pour un tour dans la baie d’ailleurs assez vite le champagne et de Saint-Paul. Ici pas de 40èmes se retrouver avec un petit son d’ambiance, on rugissants mais un petit vent qui s’imagine facilement dans un clip. parfois seul nous pousse bien tranquillement Mon capitaine me raconte que ça avec les à 6 nœuds. peut être beaucoup plus chaud Le gros de la promenade se fera cétacés après quelques verres quand les tand’ailleurs au moteur, bien que tines « bougent leur boul » comme en nous soyons sur un voilier, c’est boîte. De fait, sur ce catamaran fendant parfois indispensable pour avancer : la mer, les voiles gonflées par le vent, on se « Le vent nous pousse certains jours jusqu’à sent bien. Loin des regards, seuls au milieu de à 12 nœuds. Dans ce cas il y a ceux qui adorent et se l’océan, on comprend très bien pourquoi. mettent tout à l’avant pour se faire bien mouiller, et les autres qui restent à l’arrière, un peu crispés », m’explique Difficulté : 1/5 • Sensations : 3/5 Raphaël, le capitaine. Pour ce genre de sorties, il est le Durée : 3 heures seul à partir de la ville du Port. Tous les autres partent Coût : 43€ - 60€ de Saint-Gilles, en direction du sec (haut fond à 60 m de profondeur où les baleines aiment venir pendant la odc saison) via le Cap La Houssaye. Ce qui lui permet de se Port Ouest, Le Port retrouver parfois seul avec les cétacés. 06 92 04 19 19

COMME DANS UN CLIP

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sableux serait recouvert de 10 cm de vase. Suivant un parcours balisé, se rapportant au besoin à des fiches étanches, notre exploratrice sous-marine nous fait partager sa passion pour ce milieu à l’équilibre précaire. « Le lagon est un milieu très fragile. La pollution, le piétinement, ainsi que le réchauffement climatique détruisent le corail, sans lequel il n’y aurait pas de plages de sable blanc à la Réunion ». De fait, le récif corallien réunionnais n’occupe que 14 km2 – dont 12 dans la Réserve Marine – quand celui de Maurice par exemple s’étend, lui, sur 250 km2. Avec environ 170 espèces de corail et 3600 espèces végétales et animales, les eaux réunionnaises offrent tout de même un ravissant spectacle, qu’il appartient à chacun de préserver en ajustant son comportement.

Quand j’ai entendu pour la première fois parler de sentier sous-marin, je me suis demandé si je devais emporter mes chaussures de rando et un sac à dos. « Palmes, masque, tuba » a rectifié mon contact au téléphone, sérieusement. Ce jour-là j’accompagnais un groupe de scolaires, des 4èmes venus de Saint-Benoit. C’est Teva la ravissante qui nous encadrait tandis que son collègue Guillaume tenait le stand d’information sur la plage. Et nous voilà lancés, sous un beau soleil, dans la fraîcheur australe des eaux du lagon, en quête de coraux et poissons. C’est ainsi qu’on apprend que les patates ont une croissance d’un centimètre par an, que certains poissons peuvent devenir agressifs si on les titille trop, et que les boudins – dites notre chenilles Galabert – qu’on se lançait dessus étant marmaille sont exploratrice les nettoyeurs sans qui le fond

sous-marine nous fait partager sa passion

Difficulté : 1/5 • Sensations : 2/5 Prix : gratuit ! Durée : 1 heure réserve naturelle marine de la réunion

02 62 34 64 44 www.reservemarinereunion.com

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aqua tu joues ?

Ski nautique

pour Lindsay Bordier ou Laura Martinfois ce dernier, mon Champetier, nos champions locaux, appréhension à l’idée mais un bon moment d’éclate tout d’y retourner était bien de même. Deux tours ça passe vite, réelle, nourrie par des mais c’est le prix d’un baptême. Pour souvenirs de vautres reprendre de l’adrénaline il faudra spectaculaires et de s’inscrire et lâcher 3€50 la minute, tasses abondantes. Vaille que vaille, j’y vais « c’est le prix de l’essence, il n’y a pas de GPL pour les bateaux à la Réunion », gonflé de confiance en précise Dominique, elle-même me disant « on verra bien ». Ancien pratiquante passionnée en très belle champion de France et d’Europe, condition physique. Si votre budget Christophe me rassure et me briefe ne vous le permet pas, vous pouvez rapidement : « Reste bien assis dans toujours assister aux sessions depuis l’eau, laisse toi monter lentement, et quand tu trouves ton équilibre, lève-toi la rive ou sur l’ancien pont de l’étang, par exemple lors des étapes de la complètement ». Je me jète à l’eau, coupe du monde, le Tour Elite, qui ont oublie mes doutes existentiels et lieu ici tous les deux ans. « La Réunion m’abandonne au lâcher-prise et... ô est d’ailleurs une pépinière de surprise, parviens à me hischampions », ajoute ser sans peine sur mes celle qui dirige skis. J’enchaîne un depuis vingt ans premier tour ma posture le club fondé en d’étang sans évoque plus 1973 par une tomber, sauf à le crapaud poignée de l’arrivée où j’ai fondus arrivés l’infortune de diarrhétique dans l’île. Si c’est boire quelques que l'athlète votre sensibilité gorgées d’une écologique qui vous eau d’étang pas freine, sachez que du tout minérale. Au la qualité de l’eau est second tour, je commence régulièrement testée, et que l’écoà m’amuser avec les vagues de sillage système de l’Etang Saint-Paul n’est du hors-bord. Le pilote essaye de me en rien dégradé par cette activité. faire chuter en effectuant un virage « Au contraire », assure la bienveilcomplet mais je tiens bon, même si ma posture évoque plus certainement lante présidente, « les mouvements provoqués par le bateau aèrent le plan le crapaud diarrhéique que l’athlète d’eau et favorisent ainsi la vie qui s’y aquatique souverain des éléments. développe ». Qui l’eût cru ! Si c’est pour la bonne cause, en plus…

L'ÉTANG D'UN PETIT TOUR

Peu de gens savent qu’on peut pratiquer le ski nautique à la Réunion. « Nous avons pourtant un très beau plan d’eau avec l’Etang de SaintPaul », rappelle Dominique Gasmi, présidente du club. Le cadre à lui seul vaut qu’on s’y arrête. Sertie par une forêt d’eucalyptus, séparée de la baie par des galets, la mangrove abrite de belles touffes de papyrus et des familles de poules d’eau. Endroit idéal pour tracter les fondus de ski nautique et de wakeboard. Pour avoir testé une

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Terre de champions

Les pieds bien parallèles, le buste droit et les genoux légèrement fléchis, je retrouve les sensations du ski, mais sur l’eau, et suivant les conseils de mon moniteur, j’appuie sur le pied droit pour tourner à gauche et vice-versa. Pas de quoi se prendre

Difficulté : 4/5 • Sensations : 5/5 Prix : 40€ (baptême) ou 3,5€/mn Durée : 10 mn Ski Nautique Club de Saint-Paul

06 92 85 14 96 www.skiclubdelareunion.com

sortie baleines & dauphins

nager avec les géants Avec le début de la saison des baleines, de nombreuses possibilités s’offrent à ceux qui voudraient les observer d’un peu plus près. Nous avons testé la plus tripante : une sortie en palmes, masque et tuba Quand on m’a annoncé que j’avais une sortie baleine dans la semaine, j’étais comme une gosse à Noël, moi qui scrute chaque année l’horizon dans l’espoir de voir une queue surgir de l’eau. Mais quand j’ai su que j’allais carrément devoir me mettre à l’eau munie seulement d’un maillot de bain, de palmes, d’un masque et d’un tuba, j’ai vite déchanté. Depuis la crise requin, tout contact avec les eaux réunionnaises s’était réduit au barbotage dans le lagon, et retourner en pleine mer me faisait un peu flipper. Alors le matin de la plongée, en arrivant sur le port de Saint-Gilles où se trouve le club Ô Sea Bleu, qui organise la sortie, je ne peux pas m’empêcher de poser la question, l’air de rien : « Et sinon, niveau requin, ça craint pas trop ? » Les moniteurs rigolent. « En 5 ans de plongée quasi quotidienne, j’en ai jamais croisé », lance l’un d’eux. Ça me rassure. Je rejoins donc une dizaine de personnes pas très réveillées à bord du Maraudeur. Il est 8h, nous quittons le port.

Le mode mirador Avec nous, Stephanie, une intervenante de l’association Globice, fait l’inventaire des cétacés qu’on pourrait croiser tandis que Paul, moniteur de plongée, nous met à l’eau histoire de nous familiariser avec la pleine mer et le matériel. 10 péquins perdus dans ce bleu sans fin, il y aurait de quoi paniquer, mais je ressens pourtant une sensation de liberté inattendue. Désormais à l’aise, on remonte et là, c’est parti : tout le monde en mode mirador, à l’affut de la moindre nageoire. Silence pendant 10

en ligne sous la surface. de longues minutes de spectacle

minutes, et puis : « Des dauphins ! À 10 heures ! » Le temps que tout le monde plonge, ils auront déjà déguerpi. « Ils sont très joueurs », s’amuse Stéphanie en nous voyant remonter bredouilles . Re-mirador. Nous croisons finalement un autre banc de Grands dauphins au large de l’Ermitage. Cette fois-ci c’est la bonne. En ligne sous la surface pour que tout le monde puisse voir, nous sommes à moins de 10 mètres de ces créatures marines. Elles s’éloignent lentement, ce qui laisse de longues minutes de spectacle. Au cours des 3h qui suivent, nous aurons également la chance d’apercevoir trois tortues, mais aucune baleine. C’est le jeu : après tout, on n’est pas au zoo, et c’est tout l’intérêt de l’exercice. Le risque, c’est de devoir revenir plusieurs fois pour pouvoir enfin nager avec les baleines. Encore rares en ce début de saison, elles sont plus nombreux près des côtes entre juillet et septembre. Épuisés et courbatus, nous rentrons au port, où nous attend un Ti Punch réparateur.

Difficulté : 4/5 • Sensations : 5/5 Durée : 3h (sortie labellisée, encadrée dans le respect de la charte) Coût : 60€ Ô Sea Bleu Port de St-Gilles www.reunion-plongée.com - 02 62 24 33 30

En bateau, en voilier, en safari ou en plongée : la découverte des baleines, c’est comme vous voulez. Plus d’info et la liste complète des prestataires sur www.ouest-lareunion.com

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LA SÉCURISATION DES PLAGES Impossible de parler du bordmèr aujourd’hui sans évoquer la crise requin, qui mine depuis des années la fréquentation de certaines plages, et continue d’inquiéter les Réunionnais et les touristes. Quelles activités peut-on encore pratiquer dans l’océan ? Et quels sont les risques ? Le point sur les différents dispositifs de sécurisation en cours.

SÉCURISATION Surf et Activités Nautiques

Au mois d’octobre, la mairie de St-Paul espère pouvoir étendre les zones de protection des plages existantes en installant de nouveaux filets à Boucan et aux Roches Noires. Le premier devrait s’étirer de la piscine de Boucan jusqu’à l’hôtel St-Alexis. Le second sera tendu entre la digue du port de St-Gilles et Cachera. Un troisième filet devrait sécuriser à terme le spot de surf des Aigrettes. Ces projets devraient permettre la reprise de toutes les activités au niveau des plages emblématiques de l’ouest. Ils ont aussi pour objectif de rassurer la population, qui s’est réfugiée sur un lagon désormais surpeuplé.

Baignade

Pour l’heure, deux filets protègent déjà deux de ces plages sur un périmètre plus restreint. Ils n’ont vocation qu’à sécuriser la baignade. Le premier est installé sur le ban de sable de la plage des Roches Noires ; le second est à Boucan, face au poste des MNS. Ces filets

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permettent aux nageurs de pratiquer sans risque l’exploration avec palmes, masque et tuba.

Interdiction

En dehors des zones protégées par les filets existants, toutes les activités nautiques restent strictement interdites par arrêté préfectoral. Il est impératif de respecter l’interdiction.

RÉGULATION Cap Requin 2, programme d’étude et de régulation des populations de requins considérées comme potentiellement dangereuses (tigre et bouledogue), est entré dans sa phase opérationnelle au mois de juin. Il fait appel à deux techniques de capture sélectives, les palangres de fond et les smart drumlines, équipées d’un système d’alerte qui permet de signaler une capture en temps réel. Mais une partie du programme a été mis entre parenthèses au mois de juillet suite à une plainte déposée au tribunal administratif par l’un des pêcheurs impliqués dans le dispositif.

Une sélection de bons plans pour manger, boire et dormir au bord de l'eau

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restaurants

Sergio Burger Planch’Alizé La Petite Vague «Non ce n’est pas une légende», clamait La Petite Vague à propos de son tartare de thon. Pionnière dans le domaine, cette rondavelle a vite connu le succès grâce à ses spécialités à base de poisson cru ou grillé. Parmi les plats qui ont fait sa renommée, le «Panaché de la Mer» mêle un tartare de thon à un poisson façon tahitienne. Quasiment en plein air et littéralement sur la plage, le restaurant respire les vacances. En revanche, si la salle est agréable lorsqu’elle est ensoleillée, c’est le soir que la cuisine retrouve les saveurs qui l’ont rendu célèbre. Tarifs moyens : 15-20€ 70, route du Trou d’Eau • La Saline-Les Bains 0262.59.79.73

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Vue sur la mer : l’expression, au Sarah Beach, est à prendre au pied de la lettre, puisque la terrasse de ce restaurant situé à l’entrée nord de St-Leu s’avance presque au dessus de l’eau, avec le bruit des vagues qui déferlent en fond sonore. La carte est mieux garnie et plus fun que dans la plupart des adresses du genre, avec par exemple un filet de bœuf sauce Speculoos ou un magret sauce Carambar. Mais oui, pas de panique, ils ont bien sûr aussi du tartare de thon.

À deux pas du cimetière marin, le Grand Baie est un petit coin isolé du bruyant front de mer et du marché avoisinant. La plupart des clients, habitués ou touristes avertis, se placent en bordure de la terrasse qui offre une vue imprenable sur la baie de Saint-Paul et son sable noir. Ici, à l’abri des arbres et dans le doux vent marin, ils dégustent une carte variée, fruit d’une affaire familiale qui fonctionne. Chez les Lucas, poissons, grillades et spécialités créoles sont concoctés par Jacques-Yves, l’un des fils du patron. Et si par malheur, vous n’avez pas le temps de profiter du décor, il vous est possible de prendre à emporter.

L’enseigne commence à être bien connue dans l’ouest. On m’a même soufflé qu’on y faisait « les meilleurs burgers de Saint-Gilles ». C’est vrai que le cadre, et les odeurs de cuisine qui exhalent alentour, invitent à s’asseoir et à étudier la carte. Les burgers y ont de drôles de noms, empruntés au septième art : La Grande Vadrouille (champignons, oignons frits, sauce au vin), Les Bronzés Font Du Ski (reblochon, jambon cru, pommes vapeur), le Scarface (poivrons rotis, mozzarella) ou encore, pour les végétariens, le Rasta Rocket (Beaufort, galette de pomme de terre)... En tous cas on se régale, c’est clair, les mensurations sont généreuses, et les frites sont maison, ce qui ne gâche rien. Aux heures de pointe prévoir une grande pause déjeuner pour s’assurer d’être servi à temps : l’attente peut durer une petite heure. Mais vous ne le regretterez pas.

La référence absolue, celle qui a probablement instauré les codes du restau de plage, parasol-transat, à La Réunion. Le fait est qu’on s’y sent bien, grâce à une formule patiemment mise au point au fil des ans, et une arme secrète : « le meilleur croque-monsieur de l’île », communément reconnu comme tel par tous les usagers du littoral. Les estomacs honnêtes en commanderont au moins deux, voire plus pour les grosses faims, d’autant que la maison ne fait pas de frites, c’est sa politique. Tant mieux, vous n’en serez que plus légers pour repartir sur les chapeaux de roue et emprunter canoës, kayaks, masques et tubas ou Stand Up Paddles, à la découverte des beautés du lagon. Si la position assise vous sied davantage, et qu’un repas équilibré est ce que vous cherchez, profitez alors du restaurant. Sinon, rendez-vous dans le sable, où une équipe de plagistes sympas se pliera en quatre pour vous.

Tarifs moyens : 13 - 25 € 44, rue du Général de Gaulle • Saint-Leu 0262.10.23.37

Tarifs moyens : 10 - 20 € 4 Rue des Filaos • Saint-Paul 0692.60.73.70

Tarifs moyens : Prix : 3,5 - 10€ 151 rue du Général de Gaulle • Saint-Gilles

Tarifs moyens : 13 - 25 € 25 rue des Mouettes • La Saline-Les Bains

Le Zat Toque Chef Dur nom à porter que Toque Chef, écho direct à la célèbre émission de cuisine française. Si la comparaison peut faire sourire, elle tient pourtant la route. Du lever au coucher du soleil, cette rondavelle semi-gastronomique offre des plats copieux et raffinés. La cuisine s’y veut métissée, et le filet de kangourou côtoie le cari d’espadon au combava. Sur le fond, ça marche mais sur la forme aussi. Pour chaque plat, la présentation soignée, voire audacieuse, fait le bonheur des «Instagrameurs» compulsifs. Tarifs moyens : 15-30€ Rondavelle de la plage Ti Boucan Rue du Cap Homard • Boucan Canot 0262441013

Ne vous fiez pas à l’entrée, qui est adossée à des toilettes pas 100% glamour : vous ne trouverez sans doute pas de cadre plus tropicool à St-Leu que celui du Zat, où l’on mange les pieds dans le sable, au bord de la charmante ravine qui traverse la ville. Mobilier nonchalamment dépareillé, pergolas, parasols : tous les codes du resto de plage branché-décontracté sont respectés. La cuisine est à l’avenant, dans un registre « brasserie tropicale » qu’on retrouve sur tout le littoral ouest : tartares de thon avec différents assaisonnements, grillades et salade, dont un assortiment de samoussas, bonbons piment, bouchons et autres piments farcis servi dans une grande assiette. Tarifs moyens : 13 - 25 € 14, rue de la compagnie des Indes • Saint-Leu 0262.42.20.92 | lezat@hotmail.fr

Le Grand Baie Sarah Beach

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petit-dej'

Hôtel Boucan Canot On n’y pense pas toujours, mais il est possible de rentrer dans les hôtels sans avoir l’intention d’y dormir. Outre son restaurant et son bar, le Boucan Canot dispose aussi d’une salle spéciale pour le petit-déjeuner, dont la terrasse offre une vue magnifique sur la plage qui s’étend jusqu’à Petit Boucan. Pour 20€, vous pouvez avoir accès à la même formule brunch que les résidents, avec omelettes, crêpes, viennoiseries, œufs et bacon à volonté. Petit déjeuner : 20 € 32, rue Boucan Canot • Boucan Canot 0262.33.44.44

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rondavelles

aperos

L’esplanade des Roches Noires La rénovation et le nouveau format piéton de l’esplanade des Roches Noires ont totalement transformé l’ambiance des restaurants qui la bordent. Ils s’étalent désormais sur d’amples et belles terrasses face au spot de surf et à l’entrée du port. Quatre lieux s’y trouvent côte à côte, avec chacun son esprit.

Apéro, sandwiches, déjeuners sur le pouce : le littoral de St-Leu est l’un des plus fournis en rondavelles. Comme tous les lieux emblématiques, la plus connue d’entre elles a tellement de noms qu’on peine à les recenser tous, mais qu’on vous parle de Chez Jean-Paul, des Filaos ou tout simplement de « La Ronda », sachez qu’il s’agit bien du même endroit. Situé entre le petit port de St-Leu et la ravine, c’est le rendez-vous incontournable des apéro du week-end, avec des concerts en tous genres prévus tous les vendredi, samedi et dimanche soirs – dire que la programmation est éclectique relève de l’euphémisme, et vous pouvez aussi bien tomber sur un DJ que sur une star du maloya ou un trio de free jazz migraineux. Le dimanche, les alentours de la rondavelle se transforment en mini champ de foire, puisque des vendeurs ambulants s’y installent dès l’après-midi pour proposer crêpes, brochettes et sandwichs. La foule est alors si nombreuse que La Ronda a la réputation d’être le plus gros débit de bière de La Réunion. Mais comme à chaque fois qu’un effet de mode dure assez longtemps pour devenir un phénomène populaire, il se trouve des gens pour se mettre à bouder. Si vous préférez avoir un peu plus de calme, vous pouvez les retrouver sur la plage vers la sortie sud de St-Leu, au Leu 46. Installé les pieds dans le sable ou sur des transats posés sur la plage, vous y trouverez une animation moins intense, une programmation un peu plus pointue et une carte plus étoffée qui va au-delà du simple snack pour proposer de vraies assiettes. Sous les filaos, à l’écart du centre-ville, Leu 46 est aussi l’endroit idéal pour prendre un petit déjeûner à la coule.

la ronda 17, boulevard de la Compagnie des Indes • Saint-Leu www.lesfilaos-chezjeanpaul.re 0970.35.71.43

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Leu 46 66, rue du Lagon • Saint-Leu Leu46.jimdo.com 0693.97.35.52

La Palmeraie restaurant bien connu pour ses tapas soignés et son ambiance familiale conviviale, convient à ceux qui aiment la simplicité des vieilles adresses.

Chez les filles La plage des Brisants, derrière le port de St-Gilles, est l’un des endroits les moins pratiques du monde pour se baigner, mais c’est the place to be pour s’allonger sur le sable en mode starlette et, accessoirement, admirer les plastiques sportives en nage sur les terrains de beach tennis avoisinants. Posée à l’entrée de la plage, la rondavelle Chez les filles est un haut lieu de la branchitude apéritive balnéaire et dispose d’un spot de rêve pour boire un verre. Bémol : du coup, les tauliers n’ont manifestement pas besoin d’être très sympas pour attirer du monde. Bon, ça reste anecdotique et l’endroit a plein d’autres qualités de toutes manières. Tout le monde à le droit d’être parfois dans un mauvais jour. Espérons que le sentiment qu’on a eu - et qui n’engage que nous donc - ne soit pas définitif ! Plage des Brisants • Saint-Gilles

Le Kazbar joue la mode du

La Varangue du Lagon C’est le spot à tout faire. Restaurant traditionnel avec service à table, coin snack pour les sandwichs et les encas sur place ou à emporter, petit déjeuner, concerts du dimanche, DJ parties le samedi après-midi : le lieu s’est adapté au fil du temps pour répondre aux attentes des plagistes qui ont ici leurs habitudes. Bordée par une large forêt de filaos, cette rondavelle polyvalente sert de base arrière aux familles qui viennent profiter de l’ombre des arbres jusque tard dans la matinée, et d’un plan de baignade agréable à quelques dizaines de mètres de la passe de l’Ermitage, côté sud. Rue du Lagon 0970.35.86.64 • Ermitage

bar lounge un peu branché, avec grands canapés et musique électronique, et s’attire les faveurs des noctambules sapés qui entament ici leurs soirées.

L’Ice Spotmoins sympa en soirée, propose en revanche une cuisine moderne plus recherchée, et dispose d’une varangue abritée agréable le midi, avec des plats du jour à partir de 15€. la nouvelle vague avec ses chaises et ses tables en plastique, est le snack modeste du coin. Vous pouvez encore y boire une canette et manger vos bouchons dans une barquette pour des prix camion-bar, ou presque. C’est aussi là qu’il faut aller si vous préférez commander à emporter et vous assoir sur un banc, ou sur la plage.

La Bodega 974 Aménagé assez récemment, le terrain sur lequel s’étend le restaurant La Bodega 974 surplombe directement la plage du Trou d’eau. Côté plats, c’est correct, mais rien d’original. Il faudra donc vous tourner vers les tapas aux saveurs ibériques, plus variées et nombreuses. Bien calé face au lagon, sur des canapés ou transats, vous profiterez, pieds dans le sable, d’un cadre tout désigné pour des apéros en musique. Tarifs moyens : 9 - 18 € Plage du Trou d’eau - 0262356669 • La Saline-Les Bains

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locations

Le Tuit-Tuit Leu Pied Dans L’Eau Le nom et le jeu de mot qu’il contient ne sont pas d’une formidable inspiration, certes, mais le lieu est l’un des meilleurs spots de l’ouest pour une location saisonnière. 30 mètres de deck posés devant la plage, une belle piscine et un jardin entretenu comme les allées de Versailles, ce mini-complexe de meublés de tourisme regroupe 4 villas qui peuvent accueillir jusqu’à 8 personnes chacune, et plusieurs bungalows pouvant recevoir entre deux et six personnes. La location est possible à la semaine ou au week-end. Semaine : 1440€ pour 8 pers. / 360€ pour deux Week-end : 550€ pour 8 pers. / 150€ pour deux 22 Rue du Général Lambert • Saint-Leu www.leupieddansleau.fr 0692.69.58.95

Envie d’un week-end roots à lambiner au bord de l’eau dans un bungalow tropical en rêvant aux jours d’avant, où la côte ouest n’était encore qu’une grande savane d’où ne dépassaient que quelques cases en bois ? Le Tuit-Tuit est sans doute l’adresse qu’il vous faut. Ce bungalow meublé surplombe la plage de la Souris Chaude, à Trois Bassins, sur une portion du littoral encore vierge d’immeubles qui ressemble à ce que pouvait être l’Ermitage il y a 30 ans. La petite terrasse en deck, le jardin et le barbecue donnent sur l’océan, et le bungalow lui-même a le charme des cabanes balnéaires. Le lit double situé sur la mezzanine et le canapé convertible au rez-dechaussée peuvent accueillir en tout quatre personnes, et vous pouvez y passer un week-end pour 140€, soit 35€ par personne. Excellent rapport qualité-situation-prix. Tarifs : 2 nuits minimum : 140€ / Semaine : 450€ 21, Allée des Tuit-Tuits • Trois Bassins emteyss@yahoo.fr

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& octobre

destination mafate

Randonnées | Bivouac Animations

festiVal DE LA

rando

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10 11 & octobre

les hauts de l’ouest

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visite guidée

STELLA MATUTINA LA RÉSURRECTION Après d’énormes travaux, Stella Matutina a rouvert ses portes avec une ambition nouvelle : à travers le sucre, raconter l’histoire et la culture réunionnaises au grand public, et devenir le plus grand musée de l’île.

avec un musée terminé à l’intérieur duquel on Devant l’entrée, un petit sucrier en argent semble ne sait plus comment faire rentrer un camion ou flotter dans une vitrine. La modestie de l’objet dénote, quand on sait le gigantisme des travaux une machine industrielle. Imaginiez que vous possédiez des meubles si énormes qu’ils ne qui viennent de s’achever ici, et la grandeur pourraient rentrer chez vous par la de leurs ambitions. Lancée en 2011, porte, et que vous soyez obligés la rénovation du musée de de les installer avant d’avoir Stella Matutina aura duré transformé en achevé de construire votre plus de quatre ans, et méga-musée du maison. Figurez-vous coûté 47 millions d’euros. ensuite que votre maison Un immense auditorium savoir populaire soit une halle haute de 400 places, un centre pour aborder et large de plusieurs de ressources et une salle l'histoire dizaines de mètres, d’exposition temporaire traversée par un labyrinthe de 500 m2 ont été ajoutés réunionnaise de passerelles connectées par aux bâtiments historiques de l’usine, qui ont eux fait l’objet des escaliers : vous obtenez un d’une réhabilitation techniquement casse-tête en 3D diabolique, d’autant complexe. Pour placer les pièces les plus que la présence d’amiante dans certains imposantes des nouvelles collections sur les édifices, décelée en cours de travaux, a rendu hautes coursives métalliques où circulent nécessaire l’épuration des structures. Cerise sur le désormais les visiteurs, il a fallu prévoir chaque gâteau, l’ensemble du parc de plusieurs hectares étape minutieusement pour éviter de se retrouver qui entoure le musée a été repaysagé.

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visite guidée

GRANDES AMBITIONS Mais l’ampleur et la difficulté de la tâche était justifiée par les ambitions nourries pour le nouveau Stella. Tombé en désuétude après 15 ans d’exploitation, le petit musée industriel n’avait pas su s’adapter à l’explosion des technologies numériques et à l’évolution des structures muséales vers une offre de divertissement scientifique, qui impliquent un renouvellement et une mise à jour régulières des expositions. Il aurait peut-être lentement sombré dans le délabrement si le Conseil Régional n’avait pas, en 2011, fait de sa réhabilitation l’un de ses deux grands projets muséaux, avec la modernisation de la Maison du Volcan. Cette résurrection devait voir Stella réinventé en pièce maîtresse du patrimoine historique réunionnais, dont la vocation ne serait pas simplement industrielle, mais prendrait une dimension humaine pour aborder, à travers l’histoire du sucre, celle des hommes qui l’ont écrite. L’ambition affichée était de bâtir en lieu et place du petit musée de la canne un centre de savoir populaire pour aborder l’histoire réunionnaise dans son ensemble ; un méga-musée où, de l’esclavage à l’engagisme en passant par les emblèmes de la vie quotidienne de nos devanciers, chacun pourrait découvrir la culture de l’île dans ses grandes lignes et ses flâner petits détails, et ceci tout en s’amusant. au hasard,

HISTOIRES aNCIENNES, NOUVELLES TECHNOLOGIES

C’est dans cette perspective qu’à l’entrée de la nouvelle exposition principale, il faut considérer ce petit sucrier en argent sur le ventre duquel a été scupltée une fresque illustrant la coupe de la canne à l’époque de l’engagisme. Un objet usuel, anodin, inscrit dans la vie de tous les jours, mais qui raconte une histoire. Placé aux portes du musée comme un gardien du temple, il est finalement bien à sa place, et donne le ton du nouveau projet scientifique de Stella, dont les équipes ont beaucoup collaboré avec les anciens ouvriers de l’usine pour tenter d’approcher, à travers les objets présentés, la réalité vécue par ceux qui y travaillaient. Un projet qui s’est ouvert, aussi, aux histoires plus anciennes. Ainsi toute la première partie du parcours nous plonge-t-elle dans celles de la plante et des esclaves qui, les premiers, la cultivèrent à La Réunion. C’est dans ce premier voyage que l’utilisation des technologies numériques est la plus importante. Larges écrans tactiles, projections vidéo, maquettes interactives éclairées par des jeux de lumière : les informations scientifiques les plus académiques sont ici toujours intégrées à un dispositif dans ce vaste ludique pour plaire aux plus jeunes. Une belle réussite, notamment : un tableau à bascule sur lequel est disposée assemblage où une carte. Il faut manipuler le plateau pour y déplacer une véhicules d'époque, boule sur un parcours qui retrace le périple, le long des instruments, côtes africaines, des bateaux de marchandises à l’époque des premiers colons. En se déplaçant, la boule active des capteurs sabres, se qui déclenchent l’affichage d’indications scénaristiques, comme côtoient dans un livre dont vous êtes le héros. Ces péripéties illustrent judicieusement les périls d’un tel embarquement.

LE LABYRINTHE

MUSÉE DE CIRE

Ce sas historique débouche, après un passage en ascenseur, sur le dernier étage du hall restauré de l’usine, qui contient le gros du parcours. Les architectes qui ont supervisé la rénovation expliquent alors avoir considéré le bâtiment lui-même comme la première pièce du musée. Sur la base de documents d’archives, ils ont réaménagé cet immense espace pour lui rendre la perspective et les volumes qu’il avait lorsque l’usine tournait encore, perdus lors de sa première transformation dans les années 90. La vue depuis la dernière plateformes est, en effet, vertigineuse, et l’on y prend conscience du gigantisme des structures industrielles. De là, trois niveaux de coursives métalliques reliées par un système assez mystérieux d’ascenseurs et d’escaliers accueillent les nouvelles collections. Lors de notre passage, la signalétique était assez clairement insuffisante. En l’absence de plans ou de panneaux, il est facile de perdre le sens de la visite et, à partir de là, il est presque impossible de trouver le chemin le plus court pour rejoindre un espace encore inexploré. Et ils sont forcément nombreux, vu l’ampleur des nouvelles collections. C’est d’autant plus frustrant que la configuration ouverte du lieu permet très bien de voir de loin les endroits qu’on n’a pas encore visités, avec parfois la sensation de se promener dans le labyrinthe déconcertant d’un jeu vidéo de plateforme.

Il est pourtant plaisant de flâner un peu au hasard, comme un gamin, dans ce vaste assemblement où les camions d’époque côtoient les tracteurs, les instruments de musique de l’orchestre de l’usine, un éventail de vieux sabres des coupeurs, les plaques d’affichage rappelant aux ouvriers les rigides consignes du directeur, ou même le dernier car courant d’air de l’île, entièrement restauré, et équipé d’écrans où l’on peut regarder des vidéos d’archives sur l’histoire des transports à La Réunion. Ce véhicule légendaire, qui n’a pas de lien direct avec le travail à l’usine, est l’une des attractions les plus charmantes du nouveau musée et témoigne de sa nouvelle orientation : au-delà du simple domaine sucrier, Stella est à bien des égards un hall of fame de la vie lontan, une sorte de collection des emblèmes les plus connus du patrimoine affectif et culturel réunionnais. On a l’impression parfois troublante de voir reconstituées, avec ce côté artificiel, presque kitsch qu’on retrouve dans les musées de cire, des choses qui existent encore aujourd’hui mais en voie d’extinction, comme les vitrines de ces vieilles boutiques où les prix sont encore affichés en franc. À ce titre, Stella n’est pas qu’un établissement scientifique, c’est aussi un musée du cœur, un étrange temple de la nostalgie où l’on vient en même temps apprendre l’histoire et sentir le présent qui s’en va.

STELLA MATUTINA

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© RMR

Horaires : Lundi : 13h - 17h30 / Mardi - Dimanche : 9h30 - 17h30. Fermeture billetterie : 16h40. Tarifs : 9€ / 6 € (étudiants, PMR, groupes) Gratuit pour les moins de 18 ans jusqu’au 17 août Tél 0262 34 59 60 / www. museesreunion.re

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© Hyppolyte

phrases volées, projections, etc.. visuels poétiques résumant des enjeux pléthoriques

Quatre ans de chantier, une réhabilitation complexe, entre nouveaux bâtiments et restauration des anciens, des centaines de personnes et des dizaines de métiers impliqués, aux intérêts et aux emplois du temps parfois contradictoires, un projet scientifique à réinventer entièrement sans trop savoir par où commencer, un travail de collecte auprès des témoins de l’époque, la fouille dans les archives, l’amiante, le désamientage, un car courant d’air qui rentre par le toit. La première expo

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"PUTAIN, QUATRE ANS !" Pour la première expo temporaire de la nouvelle galerie du musée, le dessinateur Hippolyte et le journaliste Laurent Bouvier ont raconté la longue et complexe aventure du chantier de Stella. temporaire de la galerie de Stella raconte en BD le chemin compliqué que fut sa renaissance. Hippolyte, auteur de bande dessinée et reporter graphique réunionnais, a mis six mois pour achever les 10 panneaux de cette rétrospective : « Au départ, l’expo devait s’appeler Putain, quatre ans ! L’idée, c’était d’expliquer pourquoi les travaux ont été aussi longs, pourquoi le chantier était complexe. Quand on a commencé le travail

en septembre dernier, personne ne savait encore très bien quand le musée allait pouvoir ouvrir. C’est le graphiste qui travaille avec le musée, Kamboo, qui en a eu l’idée. Il venait de découvrir La Revue Dessinée, et il s’est dit que la BD serait un bon moyen d’expliquer de manière ludique des choses très compliquées. Donc il m’a appelé. Avec Laurent Bouvier, qui est journaliste, on devait rencontrer les gens et raconter librement ce qui s’était passé. Bon, au final, après les multiples validations des planches par les

différents décisionnaires, on a du renoncer à pas mal de choses, qui ne cadraient pas trop avec la com. Dont le titre, qui est devenu Métamorphose(s). » Malgré les contraintes liées au contexte d’un travail de commande, le reporter a pu rencontrer l’ensemble des personnes impliquées et raconte, sur une dizaine de panneaux de 6 à 10 mètres de long et 3 mètres de haut, les moments les plus marquants de l’épopée muséale. Dont sa rencontre avec Gaton Gattina, 85 ans, rentré à l’usine Stella à 14 ans comme apprenti. « Son surnom c’est Gramoun Expert. Il vit toujours à côté du musée, et il

passait sur le chantier tous les jours. Il a été un soutien précieux aux équipes scientifiques parce qu’il se souvient de tout et parce qu’il est intarissable. Il a aussi fourni pas mal d’objets d’époque qu’il a conservés, comme les vieux sabres des coupeurs. » Sur ces grands tableaux où se trouvent mélangées phrases volées, extraits d’entretiens, projections imaginaires, panoramas, interactions entre les différents corps de métier ou informations techniques, Hippolyte trouve une architecture visuelle poétique pour résumer de façon simple les enjeux pléthoriques d’un projet gargantuesque qui, au final,

n’aura pas duré si longtemps. « C’est marrant parce qu’au début tu arrives sur le projet pour expliquer pourquoi c’est long, et quand tu prends conscience de tout ce que ça implique, tu finis par te dire que finalement, quatre ans, en fait c’est plutôt rapide pour un chantier comme celui-là. »

MÉTAMORPHOSE(S)

Galerie du Musée Stella Matutina Exposition jusqu’au 23 août 2015

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DANN ZION

j'étais SUR LA ROUTE... À quoi ressemblerait une vie de bohème à la Réunion à bord d’une maison sur roues ? C’est ce que nous avons voulu savoir en embarquant pour deux jours et deux nuits à bord d’un combi aménagé loué par Run A Van, jeune société qui s’est lancée récemment dans ce business pas tout à fait commun à la Réunion. Quoi de plus idéal qu’un road trip en van sur les routes de l’île pour s’évader avec sa copine ? Ce vaisseau cosmique paré à toute épreuve offre le confort et la liberté que j’associe à la joie de vivre du hippie. Et pour cause, le modèle Combi T2 de Volkswagen a été tellement répandu et utilisé à ces fins qu’il a pénétré l’imaginaire collectif comme le symbole même de la quête d’un eldorado intérieur, summum d’une recherche spirituelle en mouvement. La tête pleine de ces images flower power - Woodstock - Route 66 et Jimmy Hendrix, je me lance donc sur les voies réunionnaises.

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DANN ZION Le volume du véhicule n’est pas exagéré et la conduite se fait sans embûche. Bonne tenue de route, sans foncer dans les virages et sans forcer les rapports malgré le poids du véhicule alourdi par les aménagements intérieurs, on arrive assez facilement à s’insérer dans la circulation sans trop se faire remarquer. À vrai dire, on est même fondu dans la masse : rien, dans l’apparence du van, ne trahit sa vocation de mobile home, ce qui a le mérite de nous épargner les regards en coin et garantit la discrétion. Le plus agréable dans l’expérience est la liberté totale de se déplacer et de faire halte où on le souhaite sans attirer l’attention, en toute autonomie. Tous les spots accessibles en voiture peuvent devenir des étapes et il ne faut que quelques minutes pour déployer les installations et se poser en mode tout confort : après avoir ouvert le «toit accordéon», on tient débout à l’intérieur de l’habitacle, pratique pour cuisiner au gaz et faire sa vaisselle. Le vaisseau est équipé d’une bonbonne d’une autonomie de trois semaines, d’une réserve de cinquante litres d’eau, d’un évier pourvu d’un petit robinet, et d’un frigo pour garder les bières fraiches. Des toilettes sèches sont proposées en option et il y a même une « douche solaire » pour rester pimpant – en fait, une simple poche d’eau que l’on met à réchauffer sur le tableau de bord pendant deux heures. Pas de tente à monter puis démonter, pas de sacs à porter : tous les avantages du vagabondage sans les inconvénients.

Pas de tente à monter puis démonter, pas de sacs à porter. tous les avantagesdu vagabondage sans les inconvénients. Après un apéro au coucher de soleil en surplomb du Cap Lahoussaye, on rembarque en quelques minutes pour se poser peinards en bord de plage à L’Ermitage, où ça ne choque personne de voir un tel engin garé à cet endroit. Après une nuit tranquille passée sur un vrai matelas et protégé par des rideaux occultants, on est réveillés par les longues foulées des joggeurs

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et la voix d’un marin criant « Attention à la passe vindiou ! » à l’attention probable d’un camarade en difficulté en mer. Bonne occasion d’aller se rafraîchir dans le lagon, avant une douche au poste MNS, pour commencer la journée avec les idées claires.

éclaire de ses mille bougies et des bruissements dans les arbres nous rappellent que la nature est bienveillante.

C’est le moment d’ouvrir le gaz, sortir les casseroles et y lancer quelques légumes préalablement découpés en fins morceaux. Avec des épices et un peu de riz, le repas savouré sur la table démontable est complet et c’est repus que nous déployons Ça y est, la banquette pour... se je sens détendre. Un peu d’encens, Un peu plus tard, direction des poèmes et le son du monter en les hauts. On m’a parlé d’un tambour : nos sens sont en spot sympa où passer la moi l'esprit éveil, nous voilà reliés au seconde nuit, à Dos d’Âne. des sixties Grand Tout dans une atmosJ’arrive sans peine à convaincre phère sereine et féconde. Ça y ma copilote d’aller prendre est, je sens monter en moi l’esprit la fraîcheur. La conduite est plus des sixties et Janis Joplin va bientôt se sportive, lacets obligent. En se rangeant mettre à chanter Summertime. C’est sûrement ça, sur le côté de temps à autre pour laisser passer les le bonheur. habitués, on parvient tout de même à se hisser au

Sous les étoiles exactement

sommet sans trop encombrer les routes étroites. C’est sur le parking du sentier Roche Vert Bouteille que l’on décide d’élire domicile pour la nuit. Dans la vallée résonne un bon gros séga qui rythme parfaitement le temps de l’apéro. Puis c’est le ballet des autos qui viennent passer leur petit quart d’heure sur le parking, boire un coup et repartir de la même façon, sans nuisance outre-mesure. On se sent même en sécurité. La voie lactée nous

quel chemin pour en arriver là ? Grands voyageurs devant l’éternel, Gauthier et Christophe sont venus s’installer à la Réunion il y a quelques années. Après diverses expériences professionnelles, plus ou moins fructueuses, ils se lancent dans la location de vans aménagés, une activité qui n’existait pas encore dans l’île. Un premier achat et quelques embuches administratives plus tard, ils créent Run A Van. Passionnés, ils bichonnent leurs véhicules, aussi rares que précieux, qu’ils aménagent et bricolent eux-mêmes lorsque cela s’avère nécessaire. La société compte à ce jour six vans et autant de voitures, de quoi répondre à tous les besoins des touristes de passage, mais aussi des Réunio

Run A Van

• 06 92 94 21 21 - www.runavan.re • Conseils, à prévoir, budget moyen... idées de parcours ?

Vous avez beaucoup bourlingué avant de créer la boite ? J’ai fait un tour d’Asie du sud-est, Pacifique, Polynésie, Nouvelle Calédonie, Malaisie et Nouvelle Zélande sur un peu moins d’un an. Plus jeune j’avais déjà eu des occasion de voyager avec mon camion aménagé. Mon père déjà, dans les années 80, bougeait en 2CV. Christophe : Je suis de Saint-Malo, j’ai fait mes études à Rennes et à Brest. Le Breton est un peu baroudeur à la base. Étant jeune, beaucoup d’amis avaient un «cam’s ». On partait entre potes en Croatie, Corse, Espagne. Moi je les suivais en voiture. Quelles ont été vos activités à votre arrivée à la Réunion ? J’ai cherché du travail dans mon secteur d’activité, l’urbanisme, environnement et développement durable. Mais les opportunités étaient peu nombreuses... J’ai quand même pu travailler dans

quelques bureaux d’études dont celui de Gauthier. C’est comme ça qu’on s’est rencontrés. Puis j’ai travaillé comme conducteur de travaux deux ans et demi. Et on s’est tous les deux retrouvés au chômage à trois mois d’écart. Comment est venue l’idée de louer des vans aménagés ? L’idée de se déplacer en camion aménagé sur l’île nous trottait dans la tête depuis un moment. On s’est aperçu que ça n’existait pas à La Réunion. Quand on l’a lancé, on a beaucoup entendu de «moi aussi je voulais faire ça». On a choisi de se lancer sans attendre. On a été en Europe trouver un véhicule d’occasion pour le ramener ici. Le marathon administratif a alors commencé : immatriculation, conformité... Le plus difficile a été de trouver une assurance, étant donné que c’était quelque chose de nouveau

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bat in ti karé

trois étapes à Trois-Bassins Trois Bassins serait-il le secret le mieux gardé de l’ouest ? C’est fort possible. En cherchant un peu, on trouve de chouettes coins où passer un moment agréable. La preuve en trois étapes.

Piquenique chemin les hauts Trois-Bassins aussi possède sa route forestière. On y accède par des chemins étroits, où ne passe qu’une voiture à la fois, à travers les verts pâturages des hauts. Là une route bétonnée rappelant celle du Maïdo, bordée de cryptomérias, s’offre au plaisir des yeux. Savourez-y une vue imprenable sur la côte littorale et un pique-nique sous l’un des kiosques entretenus par l’ONF. Pour y aller, prendre la sortie Colimaçons sur la route des Tamarins, puis direction Trois-Bassins à l’embranchement avec la Chaloupe SaintLeu. Passés 500 mètres, prenez à droite en suivant «Route forestière du Tévelave».

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Chez Néné Si vous n’aviez pas prévu le pique-nique, vous aurez un creux en redescendant. Une bonne table à vous conseiller est celle de Jean-Hugues Law-Tho, dit Néné. On y croise des ouvriers qui viennent chercher leur barquette ou manger sur place, des gens de l’administration et des enseignants, mais surtout des remplaçants depuis que les repas scolaires sont pas chers. Dans sa cantine à lui, Néné propose chaque jours un assortiment de six plats, dont l’indétrônable chop-suey de porc. Ses deux spécialités : les mines fraîches du jeudi et le rougail morue du vendredi. Ambiance typique assurée. Resto/self Law-Tho

56 rue du Général de Gaulle (En face de la boulangerie Grain de blé) - 02 62 24 80 09

Face à la mer En redescendant, vous aurez peut-être envie d’un petit kawa ? Dans un cadre sauvage, avec vue sur le lagon et parfois les baleines, le Camion Trois Bass vous accueille avec le sourire. On y sert surtout des salades et des burgers car la seule source d’électricité est le groupe électrogène qu’on entend en arrivant au parking. D’octobre à avril, des concerts peuvent être organisés, avec des petits groupes locaux. Dans ce no man’s land, ils ne dérangent pas grand monde. Le programme est sur Facebook. Attention, notez que le camion est fermé le lundi et le mardi, et en cas de gros vent. le camion trois bass

www.facebook.com/lecamion.detroisbass


boutik sinwa

TROIS LECTURES POUR DÉCOUVRIR LA RÉUNION AUTREMENT Vous aimez les livres, si possible beaux, mais vous ne trouvez rien à votre goût dans la multitude de bouquins de photos habituelles avec de jolies maisons créoles, des éruptions volcaniques et des corbeilles de fruits ? Voici trois regards atypiques et authentiques sur La Réunion.

Fragments

Dans ce monde étrange où les arrêts car-jaune le nom des Le Tremblet, janvier 2015 portent coulées, où les guidesbraconniers font cuire Regards photographiques leurs brochettes sur la sur l'Océan Indien lave encore chaude et où la jeunesse oubliée s’ennuie ferme, quatre photographes et un journaliste ont sillonné les chemins pendant une semaine. Cette belle immersion méthodique et profondément humaine les a amenés à la rencontre des discrets héros de ce village où 24 familles se côtoient dans un calme relatif baigné de lumière, de pluie et d’histoires non racontées. Ils ont du creuser un peu, sous la première croûte de basalte, pour en tirer ces fragments de vie, et les recoller au sein d’un bel ouvrage de 96 pages, couverture souple, qu’on dévore avec curiosité. Fragments est vendu 19€. Plus d’infos et commandes sur www.fragments.re

Jean-Baptiste Gélineau

Souvenirs de l'île de la Réunion

À une époque où l’île n’était pas encore envahie de hordes de touristes, où les attractions qui en font Récit d'un voyage à La Réunion le charme étaient encore ème au XIX siècle tout à fait exceptionnelles, un jeune médecin de vingt-deux ans né à Blaye (près de Bordeaux) décrit avec minutie et une rare finesse les évènements dont il a été témoin. Sa plume trempée du plus exquis romantisme s’attarde sur les coutumes et la vie d’alors, la politique, l’administration, la société et les relations entre colons et créoles. Et raconte comment une partie de pèche aux camarons vire à la romance ou comment une partie de whist tourne au duel. C’est aussi et surtout le récit d’une époque où l’honneur était chose sérieuse et le voyage, une grande entreprise.

Revue XXI

Bienvenue dans le rond. Avec num. 28, automne 2014 la précision documentaire et le trait doux rehaussé à l’aquarelle, cette bandedessinée nous transporte Récit graphique d'Hippolyte dans un univers aux codes et Nicolas Anglade subtiles, décortiqués ici avec intelligence. Ce long reportage BD devrait faire prochainement l’objet d’une édition à part, mais il a été publié dans une version raccourcie l’an passé dans la prestigieuse revue XXI. La langue elle-même a été adaptée pour être à la portée de tous, réunionnais ou métropolitains. Le dessinateur Hippolyte et le photographe Nicolas Anglade ont fréquenté ces passionnés qui soignent leurs coqs parfois mieux qu’eux-même, dans une tradition aussi ancrée que les corrida en Espagne. Il en ressort une très belle BD où le dessin croise la photo, un «récit graphique» comme on les aime, ponctué de faits réels avec ce qu’il faut de magie pour nous transporter au cœur même du combat.

Bataye Kok

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Les revues XXI et 6 mois sont commandables sur www.revue21-6mois-boutique.fr

Fragments est vendu 19€. Plus d’infos et commandes sur www.fragments.re

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AGENDA

22 - 26 JUILLET | ST-LEU : PARC DU 20 DÉCEMBRE, YOURTES EN SCÈNE

Ateliers : 25€ – matériel de dessin compris / Inscriptions et infos : 0692 35 33 00 / yourtesenscene974@gmail.com

© DR / Embarquement immédiat

20 ans après la mort de son père, Ananda Dévi Peters rassemble des artistes d’ici et d’ailleurs pour un grand hommage à l’œuvre géniale du parabolér maudit. De Loy Ehrlich, l’homme qui avait offert à Alain sa takamba fétiche et fixé sur bandes certains de ses plus beaux morceaux, aux invités de marque que sont le contrebassiste Vincent Ségal et l’excellent chanteur folk Piers faccini, en passant par la troupe des vieux dalons, Daneèl Waro ou René Lacaille : des dizaines de musiciens réunis pour honorer la mémoire et célébrer le répertoire du plus grand écrivain de chansons de La Réunion. 19 SEPTEMBRE | ST-GILLES | Téat PLEIN AIR | 20H

NUITS DE LA GLISSE Les sports extrêmes, tout le monde n’a pas forcément l’envie ou le courage d’essayer, mais tout le monde aime regarder les autres en faire. Si vous êtes attirés par la chute libre, le surf ou le VTT, vous pouvez vivre le grand frisson par procuration sans quitter votre confortable fauteuil en allant au cinéma voir la dernière édition de la Nuit de la Glisse. Projeté lors de deux sessions spéciales au Ciné Cambaie aux mois d’août et

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L’ouest accueille chaque année de nombreux festivals importants : Total Jazz, Danse Péi, Leu Tempo, Opus Pocus, Zot Movie Festival (lire ci-dessous), et on en oublie. Et l’un des plus jolis se déroule au mois d’octobre : il s’agit de Tam-Tam, festival de marionnettes et de théâtre visuel. Durant plusieurs jours, Léspas Leconte De Lisle devient le repaire d’artistes-artisans et de leurs inventions, sensibles,

juillet, le documentaire Addicted to life est le dernier tour de force visuel de cet évènement toujours spectaculaire. Aux quatre coins du globe, des athlètes intrépides réalisent des prouesses dans les plus beaux décors naturels qui soient. Ces aventuriers sont aussi les premiers témoins des changements climatiques à l’œuvre qui bouleversent aujourd’hui la planète, et derrière le spectacle sidérant de leurs exploits, ce film de 90 minutes à couper le souffle est aussi un manifeste engagé pour la défense de l’environnement. 23/07 & 4/08 | ST-PAUL | CINÉ CAMBAIE | 10€

foutraques ou poétiques. Porté par Le Théâtre des Alberts, une compagnie réunionnaise dont le travail est largement reconnu à l’échelle nationale, cet évènement accueille des spectacles pour tous les âges venus d’un peu partout, et recèle toujours quelques fameuses pépites. 5 - 14 OCTOBRE | ST-PAUL

Infos et programmation : www.tamtam.re

Avenue Zéro © Philippe Moulin

Des ateliers de rando-croquis, des revues à découvrir, des concerts, des projections de films documentaires… Entre le Parc du 20 Décembre et le site culturel de Yourtes en Scène, qui porte ce beau projet, vous aurez une semaine pour découvrir et pratiquer l’art passionnant

du reportage personnel lors d’ateliers accompagnés par des dessinateurs de renom, parmi lesquels Hippolyte, dont nous vous parlons dans ces pages (p.30 à 35). Le festival accueillera par ailleurs un invité de marque en la personne de Nicolas Jolivot, illustrateur récemment salué pour son travail documentaire dans l’album Chine, scènes de la vie quotidienne.

festival tam tam

© Payram

C’est une première à La Réunion : un festival entièrement dédié au carnet de voyage. Embarquement Immédiat réunira à St-Leu, du 22 au 26 juillet, des dessinateurs, des photographes, des auteurs et des musiciens réunionnais pour vous donner envie de partir en vadrouille cahier en main pour marier l’aventure à l’expression artistique.

HOMMAGE À ALAIN PETERS

LE BAL RÉUNIONNAIS DE L'AFRIQUE ENCHANTÉE Tout le monde connaît L’Afrique Enchantée, l’émission savamment musicale dédiée à l’Afrique qu’animent chaque dimanche Soro Solo et Vladimir Cagnolari sur France Inter. Tout le monde ne sait pas forcément que ces deux griots parcourent aussi les scènes de France avec un orchestre baptisé les Mercenaires de l’Ambiance pour des soirées bouillantes sur les routes de l’histoire du continent noir. Un an après être passés une première fois sur la scène du Téat Plein Air, la fine équipe revient avec un concept inédit : une session de leur Bal dédiée à la musique de La Réunion et de l’océan Indien. Avec des invités comme Danyèl Waro, Nathalie Natiembé ou le chanteur d’Ousanousava, Bernard Joron, cette soirée sera l’occasion rêvée de danser sans retenue en découvrant l’histoire et les styles de musique insulaire. 9 et 10 OCTOBRE | ST-GILLES | TÉAT PLEIN AIR | 20H

ZOT MOVIE Au fil des ans, ce rassemblement est devenu l’un des rendez-vous incontournables de la côte ouest. Le principe est simple : demander à des vidéastes amateurs de présenter leurs vidéos de sport extrême, puis organiser une soirée de projection publique sur la plage du Cap Homard, à Boucan Canot, au cours de laquelle les meilleures propositions obtiennent des prix. Autour de ce rendezvous sympa, les organisateurs ont construit une ambiance festive et conviviale qui attire chaque année un peu plus de monde. Concerts, bar, et depuis l’an passé, un amusant tournoi de beach volley déguisé en équipes de trois personnes, idée loufoque qui sera reconduite pour cette édition. Si vous voulez proposer vos vidéos pour la compétition, dépêchez-vous : vous avez jusqu’au 31 août à minuit pour vous inscrire en ligne sur le site du festival. 17 OCTOBRE | BOUCAN CANOT - CAP HOMARD | GRATUIT Infos et règlement : www.zotmoviefestival.com

© DR / Zot Movie

EMBARQUEMENT IMMÉDIAT

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carte postale

LE CIRQUE DE

14 juin 2015 grand boucan

MAFATE

À 18 ans, le Grand Boucan est depuis longtemps déjà un rendez-vous majeur de la côte ouest, mais ne comptez pas sur lui pour atteindre un jour l’âge de raison !

classé au patrimoine mondial de l’unesco

Cette édition, placée sous le signe de l’amour, a une nouvelle fois rassemblé près de 15 000 personnes dans les rues de la station balnéaire. Dans le défilé des chars et des costumes bigarrés, les tambours malbars et les rythmes du maloya côtoient l’imaginaire exubérant du carnaval de Rio et les cadences de la sono mondiale. Un grand rassemblement populaire où le métissage des cultures du monde répond à un élan de joie et de partage, et qui s’est achevé, comme l’exige la tradition, par l’incendie spectaculaire du roi Dodo au terme d’une impressionnante performance de cracheurs de feu. L’Office de Tourisme de l’Ouest était bien évidemment partenaire de cet évènement. Un grand merci à la Compagnie Pôle Sud, organisatrice de l’évènement. Retrouvez toutes les photos du Grand Boucan 2015 sur www.ouest-lareunion.com

vous voulez passer par là ? vous voulez réserver ce gîte ?

vous voulez manger ici ?

• guides accompagnateurs • taxiteurs • gîtes • • carte • portes d’entrées • randonnées • photos • • réservations •

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tout le cirque de mafate est sur www.ouest-lareunion.com/mafate


SAMEDI 1ER AOÛT 2015 Sport Nature Culture

CAP À LʼOUEST

# Trail du Grand Ouest # Activités nautiques # Animations culturelles

gratuit + d’infos sur capalouest.re

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VAVANG n°3 : le magazine touristique gratuit de l'Ouest de La Réunion  

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