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À L'OUEST ! NO 10 / OFFERT

L E M AG A

ZINE

GRI VAOTUUS FIATIT

QU V R IR R E D É CO U ION

L A RÉUN

À CHACUN SON ZARLOR

ALÉ VOIR !

LAISSEZ VOUS GUIDER-

ACTIVITÉS, RESTOS, ETC..-

CHICKEN RUN DANS LA FUMÉE D’UNE GRILLADE DE BORD DE ROUTE

TRIO DE TARTARE

SÉLECTA BIEN FRAÎCHE

L’ÉTANG D’UNE RÉSERVE

DOMOUN-

ON A TESTÉ LE CANYONING DANS L’OUESTUN ATELIER CULINAIREUN THAÏ ÉTONNANT-

s n e i v z e all . . . e n è m AU BOUT je t 'em DU TUNNEL

SPÉLÉO MAGMATIQUE-


VOUS VOULEZ ALLER À LA RENCONTRE DES BALEINES ?

ÉDITO

ALLEZ VIENS ! JE T'EMMÈNE... ... au vent, mais pas seulement ! Dans ce numéro, on vous trimballe en solex (p8), sur un paddle, dans les arbres (p10), en catamaran (p12), en canyon (p34), en kayak (p36). Mais aussi vers les poulets la poussière (p14), les tartares bien frais (p20) ou encore un thaï étonnant (p24). On vous enmmène même au bout du tunnel (p28). Pas de soucis, pour vous ça sera du gâteau (p32), ça sera sain (p8), ça sera une bonne pêche (p12). À l’image des multiples activités proposées par l’Office de Tourisme de l’Ouest avec ses Zarlors (p4), notre territoire regorge de surprises à découvrir, dont cet l’échantillon qui nous l’espérons vous donnera pleins d’idées... pour par exemple prolonger l’esprit vacances !

ELLES SONT REVENUES ! LES BALEINES NOUS FONT L’HONNEUR DE REPASSER PRÊT DE NOS CÔTES. C’EST UN PRIVILÈGE RARE QU’IL CONVIENT D’APPRÉCIER COMME IL SE DOIT... MAIS SURTOUT PAS N’IMPORTE COMMENT ! SI DAME NATURE NOUS OFFRE UN SI BEAU SPECTACLE, IL NE TIENT QU’À NOUS DE LE SAVOURER, CERTES, MAIS DE NE PAS EN ABUSER. POUR SAVOIR QUELS PRESTATAIRES VOUS PERMETTRONS DE RENCONTRER CES MAJESTUEUX CÉTACÉS DANS DES CONDITIONS PRIVILÉGIÉES, TOUT EN RESPECTANT LA CHARTE D’APPROCHE INDISPENSABLE, VOUS POUVEZ CONTACTER L’OFFICE DE TOURISME DE L’OUEST AU 0262 42 31 31, ALLER SUR WWW.OUEST-LAREUNION.COM OU VOUS RENDRE DANS L’UN DES TROIS BUREAUX AU PORT, À ST-GILLES ET À ST-LEU La Charte d’approche et d’observation responsables des mammifères marins et des tortues marines est à télécharger sur www.reunion.developpement-durable.gouv.fr

tout en respectant notre liberté de point de vue, nous aide à imprimer ce magazine et que nous tenions à remercier ici.

Enfin, nous vous présentons, au travers du portrait d’un de ses agents, la Réserve Naturelle de l’Etant SaintPaul (p34). Savez vous que cet endroit n’est ni plus ni moins que la plus grande zone humide des Mascareignes ? Cette ancienne lagune, où rapidement les premiers habitants de l’île s’étaient installés, représente un espace exceptionnel de biodiversité. Sa protection UNE ÎLE n’est pas uniquement MAGNIFIQUE utile pour la faune et À LAQUELLE la flore remarquable qui la compose IL FAUT FAIRE mais aussi pour nous ATTENTION même.

Et puisqu’il est question d’esprit... parlons respect ! Vous avez sans doute remarqué que les baleines sont de retour. Ces visiteurs de marque sont tout autant à admirer qu’à préserver. Si vous voulez aller à leur rencontre dans les meilleures conditions possibles, gardez à l’esprit que ce sont des animaux sauvages qu’il convient d’approcher avec prudence, intelligence... et respect ! Pour cela, privilégiez les prestataires qui se sont engagés à suivre - avant tout - la charte d’approche et d’observation responsable. Vous les trouverez en contactant notre partenaire l’Office de Tourisme de l’Ouest (voir ci contre). Un partenaire qui,

Alexandre Tatel, que nous avons rencontré lors d’une visite en kayak de cet endroit féérique, représente une génération qui, enfin, semble avoir compris les enjeux liés à la préservation de notre environnement. Car, ne l’oubions pas : La Réunion est certes une île magnifique où il fait bon vivre Vavang est là pour en témoigner - mais qu’il convient, pour que cela puisse durer, de préserver dès aujourd’hui. Parce que demain - et accessoirement dans notre prochain numéro en décembre - nous voudrions continuer à vous faire découvrir les formidables attraits de notre territoire.

SOMMAIRE BONS PLANS P.4 À chacun son Zarlor

ALÉ VOIR !

Wake Up ! / Ti solex P.8 Massages sur l’eau / Arts des arbres P.10 Le Maloya / Comptoir Sapmer P.12

TIPIK D'ICI P.14 Chicken run

MIAM MIAM P.20

Trio de tartare

GOUT À LI P.24

Oté, quel Thaï !

DE SAISON P.26

À la rencontre des baleines

ON S'ACTIVE ! P.28

Au bout du tunnel

NOU LA FÉ P.32

Ateliers culinaires

ON S'ACTIVE ! P.34 Canyoning à l’ouest

DO MOUN P.36

Alexandre Tatel

CARTE POSTALE P.40

L’éditeur décline toute responsabilité quant aux erreurs éventuelles. Toute reproduction ou utilisation, intégrale ou partielle, des images et textes est interdite. Vavang est réalisé en partenariat avec l’Office de Tourisme de l’Ouest. contact@vavang.re / 0262 10 84 10

NO 10

Une édition

Dir. de la publication : Sandrick ROMY Rédaction : Amélie, Anne-Sophie, Sophie, Thomas, David. Photographies : Mickael DALLEAU Impression : Graphica DL 6227 / N° ISSN : 2492-3575

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BONS PLANS

À CHACUN SON ZARLOR VOUS AIMEZ LA RANDO OU LES SORTIES MAIS VOUS NE VOULEZ PAS FAIRE QUE MARCHER ! VOUS VOULEZ AUSSI DÉCOUVRIR LES ANECDOTES ET SECRETS DE CE QUI VOUS ENTOURE, PARTIR À LA RENCONTRE DES GENS, PARTAGER DES MOMENTS DE CONVIVIALITÉ. LA SOLUTION : LES ZARLORS ORGANISÉS PAR L’OFFICE DE TOURISME DE L’OUEST. PARTEZ EN COMPAGNIE D’UN GUIDE QUI PARTAGERA AVEC VOUS DES MOMENTS UNIQUES. DÉCOUVREZ DES TRÉSORS PATRIMONIAUX, NATURELS, CULTURELS. PROFITEZ D’UN MOMENT DE DÉPAYSEMENT. PARÉ, PAS PARÉ ?

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ZARLOR RANDO

ZARLOR RANDO

42€

44€

GRAND BÉNARE SPÉCIAL LEVER DU SOLEIL

DANS LA JUNGLE SUSPENDUE

DIM. 23 SEPT. & JEU. 18 OCT.

Départ à 2h30 du matin, ça pique un peu, mais nous vous assurons une expérience que vous n’êtes pas prêts d’oublier ! Certains disent que le lever du soleil au Grand Bénare est aussi beau, voire plus beau, que celui sur le Piton des Neiges (avec en prime moins d’efforts)… vous en jugerez par vous-même et vous nous ferez vos retours ! Prenez votre frontale, des vêtements chauds et partez pour l’ascension du troisième plus haut sommet de l’ile, qui culmine à 2898 m. Une vue à 360 degrés sur La Réunion vous y attend. Vous reprendrez des forces lors du déjeuner servi à votre retour, au sommet du Maïdo.

DIM. 30 SEPT. & DIM. 21 OCT.

Partez en totale immersion dans la nature sauvage de ce coin retiré de Dos d’Ane ! Accompagné de notre éclaireur de l’Ouest, traversez un océan de verdure et enfoncezvous dans la végétation luxuriante. Fougères, lianes, racines, humidité. C’est la Réunion ou la forêt amazonienne ? Arpentez les sentiers étroits, imprégnés de l’histoire des esclaves. Entrez dans la maison des Tec-Tecs, Oiseaux la Vierge et leurs compagnons pour un aperçu de leur quotidien brut. Une aventure qui vous prendra au corps tout entier et un effort récompensé par un bon déjeuner traditionnel, qui vous attendra dans le village de Dos d’Ane.

ZARLOR RANDO

ZARLOR RANDO

ZARLOR SENTIER LONTAN

45€

58€ ADULTE / 46€ DE 6 À 11 ANS

40€

PITON ROUGE DANS LA PEAU D'UN MARRON

VIEN MANZ IN GAZON DANN FON LA RIVIERE

VESTIGES SUCRIERS

Le Roi Phaonce, vous connaissez ? Ce roi mythique, souverain des esclaves marrons, dit-on, dont le domaine s’étendait du Petit Bénare au Grand Bénare ?

L’aventure commence en 4x4 ! Assis ou debout cheveux au vent, vous pourrez admirer les remparts de Dos d’Ane et de Sans-soucis. Puis vous partirez pour 4h à pied pour une rando facile, entrecoupée de nombreux passages, un peu techniques, dans la rivière, mais ce qui vous permettront de vous rafraichir les pieds !

DIM. 11 NOV. & DIM. 9 DÉC.

Marchez sur ses traces, mettez-vous dans la peau de ces personnes qui fuyaient l’esclavage en prenant des sentiers méconnus. N’ayez crainte, vous serez bien accompagnés pendant cette randonnée par notre éclaireur de l’Ouest qui vous guidera sur ces chemins, balisés uniquement par les cairns. Cette belle randonnée, riche en histoires, l’est également en vues splendides sur la côte Ouest. Vous poursuivrez votre découverte du patrimoine Réunionnais par un déjeuner au gîte des Tamarins – « High Hub Hostel ».

DIM. 28 OCT. & DIM. 25 NOV.

Tout en marchant, notre éclaireur vous expliquera la naissance du cirque, les enjeux de l’eau, la vie dans les différents ilets … Après cette rando, vous ferez une pause pour un pique-nique traditionnel et convivial, réalisé au feu de bois sur place au bord de la rivière, avec pourquoi pas, une petite baignade dans un des bassins frais.

DIM. 2 DÉC. & DIM. 13 JAN. 2019

Marchez sur ces sentiers, mémoire de la vie lontan, avant qu’ils ne disparaissent complètement à cause de l’urbanisation galopante. À travers ce Zarlor, vous découvrirez l’histoire des nombreuses usines sucrières de la côte Ouest. Vous remonterez, à travers des « zépinars », des chemins creusés par les bef mokas, les canaux d’eau qui alimentaient les usines. Notre éclaireur de l’Ouest vous fera mettre le Cap sur l’Ouest lontan ! Alors bon vent ! et bonne marche ! Vous reviendrez ensuite au XXIe siècle, attablés à un restaurant du littoral. Bon appétit !

Deux fois par an, l’Office de Tourisme de l’Ouest concocte un programme de Zarlor original. En plus des Zarlors Vangué dans Zistoir de l’Ouest et les Zarlors Rando, Gourmand, Culture, Flânerie, etc.. présentez ici, découvrez aussi les Zarlors Sensations fortes ou détente. De véritables bons plans proposés toute l’année. À cheval dans les hauts, en kayak sur le lagon, en jet-ski, à vélo, sous l’eau ou dans les airs, pour se détendre au grè d’un massage, etc.. Il y en a pour tous les goûts ! Vous pourrez découvrir tout ça dans le nouveau guide Zarlor septembre-janvier 2019 ! Plus d’infos et réservations auprès des Offices de St-Leu, St-Gilles, Le Port. Ou par téléphone au 0262 42 31 31. Ou rendez-vous directement sur le site www.ouest-lareunion.com

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BONS PLANS ZARLOR VANGUÉ DAN ZISTOIR DE L’OUEST (Re)découvrez le patrimoine et l’histoire de l’Ouest de La Réunion avec nos éclaireurs de l’Ouest, Clovis et Mathieu. Ils vous conteront l’histoire de La Réunion et de ses habitants avec passion. Que ce soit à travers les sites les plus connus ou ceux plus confidentiels, la rencontre avec les habitants, vous serez forcément ravis de cette parenthèse enchantée.

ZARLOR RANDO CULTURE

ZARLOR VÉLO

ZARLOR BALADE

ZARLOR GOURMAND

48€

75€

44€ ADULTE / 32€ DE 8 À 10 ANS

38€

SUR LES TRACES D'ÉLIE SPÉCIAL FET KAF

BALADE CHAMPÊTRE EN VÉLO ÉLECTRIQUE

EN BORD'MER DANS LA RAVINE INTERDITE

DU MARCHÉ À L'ASSIETTE

JEU. 20 DÉC.

Revivez la dernière grande insurrection dans l’île des esclaves, menée par Elie, avant l’abolition de l’esclavage déclarée le 20 décembre 1848, soit il y a 170 ans ! Marchez sur les traces de ces centaines d’esclaves résistants, ressentez leur révolte à travers les récits de notre éclaireur de l’Ouest. Vous deviendrez tour à tour Élie, Gilles, Prudent, Fulgence, etc.. : munis de bâtons, vous descendrez avec détermination du Plate jusqu’au centre-ville de Saint-Leu, en passant par des sentiers « zabitant » comme le chemin « Kat sou », le bassin Misouk, les quartiers populaires du Cap, Dubuisson … De nombreux « sobat Koz » seront déclamés pendant la descente. Liberté, kraz un Maloya !

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DIM. 18 NOV. & DIM. 20 JAN. 2019

Voici une balade champêtre que vous n’êtes pas prêt d’oublier. Enfourchez votre vélo électrique pour une sortie sportive assistée, sur le chemin de la découverte du petit village du Plate. Sur ces chemins balcons suspendus, votre cœur se fera artichaut, balancé entre mer et montagne, du Piton La Boue où l’océan est si grand vu d’en haut. Vous emprunterez également le « somin gouvernman » route Hubert De Lisle, pour un voyage au cœur des évènements passés ayant marqué l’histoire de l’île Bourbon. Un déjeuner typique créole vous attendra à la fin de la matinée pour un moment convivial et d’échanges. « Té », le vélo électrique est gaillard !!

MAR. 15 & SAM. 26 JAN 2019

Votre journée commencera par une balade bucolique de 3h en bord de mer, entre petites criques et grande ravine (autrefois interdite par le gouverneur de la compagnie des Indes - pour des raisons que vous expliquera notre éclaireur bien sûr !) Vous endosserez ensuite le costume du « pirate repenti ». Les pirates, comme tous les navigateurs, ont décimé il y a fort longtemps les tortues marines. Vous pouvez les aider à revenir, en replantant les espèces végétales, indispensables à leur retour sur les côtes de La Réunion ! Puis en bon pirate que vous serez, vous vous attablerez avec vos compagnons pour un bon déjeuner.

SAM. 5 JAN. & SAM. 2 FÉV. 2019

Quoi de mieux que de vivre très tôt le matin l’ambiance du marché forain haut en couleurs, comme le font si souvent les Réunionnais ! Julicia, patronne au grand cœur de la table d’hôte « Chez Monmanzé », et Clovis, notre éclaireur de l’Ouest, vous accompagneront pour une belle balade aux multiples parfums et saveurs, à la recherche des délicieux produits frais pour la préparation du traditionnel carry « feu de bois ». Le panier bien rempli, une petite halte rafraichissante vous attendra (Si on vous dit fruit emblématique de Saint-Paul ?...et oui, il s’agit de l’eau de coco)

SAINT-PAUL SUR LES TRACES DES PREMIERS HABITANTS

LE PORT SUR LES TRACES DES PIONNIERS DU DÉSERT

TOUS LES VENDREDIS MATINS (DE 9H À 11H)

TOUS LES 2EMES ET 4EMES MERCREDIS DU MOIS (DE 9H À 11H)

SAINT-LEU DE BOUCAN LALEU À KARTIÉ 3 LETTRES

LA POSSESSION SUR LES TRACES DES TRAVAILLEURS ENGAGÉS

TOUS LES MERCREDIS APRÈS-MIDI (14H30 À 16H30)

TROIS-BASSINS NATURE ET TERROIR TOUS LES 2EMES ET 4EMES SAMEDIS DU MOIS (DE 9H À 11H)

TOUS LES 1ERS ET 3EMES MERCREDIS DU MOIS (DE 9H À 11H)

LE + : SUIVEZ LE COEUR BALUDIK ! En complément du discours de notre éclaireur, nous vous proposons un petit jeu ludique numérique, idéal pour les enfants, afin qu’ils soient concentrés pendant les 2h de visite. Et vous allez voir, vous allez vite être pris au jeu ! Suivez l’étoile, découvrez les énigmes, les indices et apprenez en encore plus sur nos belles villes de l’Ouest (l’accès au jeu est compris dans le tarif du circuit).

Puis direction chez Julicia pour la préparation du déjeuner, que vous ferez ensemble. Elle vous livrera ses nombreux petits secrets pour une cuisine traditionnelle créole réussie. Vous dégusterez alors vos délicieux mets préparés. Bon appétit !

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© Mickael Dalleau

© Mickael Dalleau

ALÉ VOIR !

UNE ÉPICERIE HYPE ET TOP

MOVE TOI À LA MODE LONTAN

WAKE UP !

TI SOLEX

APRÈS AVOIR OUVERT UNE PREMIÈRE ENSEIGNE DANS LE NORD DÉBUT 2016, ROMAIN LAMBERT ET NELLY FONTAINE ONT INSTALLÉ UNE SECONDE ÉPICERIE WAKE UP! À SAINT-GILLES, DANS LE QUARTIER DE GRAND FOND. SPÉCIALISÉS DANS LE BIO, VRAC ET SAIN, ILS RÉ-INVENTENT L’ESPRIT « BOUTIQUE » OÙ LE BEAU, LE BON ET L’ÉCOLO SONT LES MAÎTRES MOTS. NOUS, ON DIT BRAVO ! Ces deux jeunes parents ; en réponse à une prise de conscience et guidés par la volonté de proposer une alternative crédible et de qualité à la sur-consommation environnante et à l’industrialisation alimentaire outrancière - bref, convaincus à se reconvertir et à ouvrir un commerce éthique qui correspondrait à leurs valeurs - ; ont été les premiers à importer le concept de la distribution en vrac à La Réunion. L’idée ? Un commerce de proximité - des aliments mais pas que - avec une offre de qualité, des produits tendance bio sélectionnés avec soin, et où sont minimisés l’impact environnemental et les gaspillages. Suivant jusqu’au bout l’idée d’un retour à l’artisanat alimentaire, Wake Up ! pousse la logique du non gaspillage avec brio. « 95% de notre offre est bio, labellisée ou certifiée organique. Nous privilégions évidemment les circuits courts tant pour les produits locaux que pour ceux que nous sommes obligés d’importer (du moins loin possible tout de

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même). Par exemple nous nous évertuons à ré-employer les contenants, les palettes, etc.. pour l’aménagement du magasin, les conditionnements restant obligatoires. Enfin, nous avons ouvert une petite restauration (vingt personnes maximum) qui permet à Marine, notre cuisinière, d’utiliser les produits frais qui pourraient ne pas être consommés à temps. Recyclage maximum, gaspillage minimum, emballages limités ou supprimés : c’est l’idée d’un cercle vertueux ». Dans le magasin, et à l’inverse des enseignes estampillées bio reproduisant une partie des erreurs de la grande distribution, l’offre est diversifiée sans être inutilement pléthorique. Elle est majoritairement présentée en silos, bocaux, paniers, bacs ou tels que. Et même si on appelle ça « du vrac », le tout est parfaitement ordonné, sélectionné, raisonné. Dans cette épicerie conjuguant avant-gardisme et traditionnel, le client vient avec ses contenants (ou on lui en fourni des recyclables tels les pochons

faits par Ti Tang Récup’) et se sert ses rations face à des silos ou fontaines. On trouve chez Wake Up ! de l’alimentaire (céréales, oléagineux, légumineux, biscuits, pâtes, fruits secs, jus, huiles, etc..) mais aussi des cosmétiques, une petite cave, d’excellents cafés et thés, des produits pour bébés, etc.. les produits sont répartis en gammes et univers et on vous conseille d’aller y faire un tour pour découvrir tout cela. Marion, Céline et Thibault seront là pour vous conseiller. Romain précise : « Nous ne sommes pas des prophètes du véganisme ou autre, ne nous adressons pas qu’aux végétariens, loin de là. Nous accompagnons simplement une prise de conscience, un changement que nous pensons salvateur : un retour à l’artisanat alimentaire, un monde sans emballage, le tout dans des conditions sanitaires respectées ». Ça ne vous parle pas ? Wake Up ! c’est un bon en avant vers la consom-

mation d’antan, débarrassée des produits phytosanitaires pas franchement sains, du plastique pas franchement fantastique, de l’industrialisation poussant franchement à la sur-consommation. Alors certes, les prix sont un peu plus élevés que dans un magasin classique (« les grandes surfaces ont faussé les tarifs des produits. La juste rémunération des producteurs les délivre d’une surproduction imposée pour se diriger vers plus de qualité ») mais une consommation saine est un investissement forcément gagnant. Des exemples ? 1 fève de cacao, c’est l’équivalent de 10 gélules de magnésium ; la poudre de baobab vous guérira d’une gastro bien plus vite que du smecta, etc.. Les magasins estampillés alternatifs ou bio c’est une mode, pensez vous ! Et bien pour une fois, puisque ce changement de mode est une bonne mode, on vous conseille de suivre le mouvement. Allez, Wake Up ! WAKE UP ST-GILLES & WAKE UP KITCHEN Ouvert du mardi au samedi, de 9h à 18h30 en continu. Restauration entre 11h30 et 14h 12 rue de la Cheminée - 0262 59 71 92

UNE PETITE BALADE EN SOLEX, CA VOUS DIT ? CONSTANCE SOETE PARTAGE SA PASSION EN VOUS PROPOSANT DE LOUER CES ENGINS AU LOOK INÉGALÉ QUI OFFRENT UNE SENSATION DE LIBERTÉ À MOINDRE FRAIS... Constance Soete n’avait que 5 ans lorsque la fabrication des Solex s’est arrêtée en 1988. Ça n’empêche pas cette jeune femme de vouer un culte à cet iconique vélo à moteur. « J’adore les Solex. J’en avais un lorsque j’habitais en métropole. Lorsque je suis venue m’installer ici, je me suis débrouillée pour en faire venir un que j’ai rafistolé. Chaque jour, les gens se retournaient sur mon passage, me posaient des questions, voulaient essayer, me demandaient où on pouvait en trouver. C’est comme ça que m’est venu l’idée d’en proposer à la location ». Ti Solex vous propose de louer vos Solex d’1h à la journée complète. Vos montures vous sont livrées gratuitement (entre St-Pierre et St-Paul) ou pour un symbolique 10€ si vous êtes plus loin. « En général, les gens font la route des plages. On plafonne à 25-30 km/h : ça incite naturellement à prendre son temps, à profiter du paysage, à conduite à la cool. Le côté insolite du Solex rajoute du fun. Et ça reste un engin très pra-

tique ». Constance, pas avare d’échanges, organise aussi des visites accompagnées (1h30/35€). Partageant ainsi sa passion - communicative - mais aussi quelques tuyaux touristiques acquis depuis son installation sur l’île il y a quelques années. Pour louer un Solex, le permis voiture, ou simplement le BSR, suffisent. Casque, gants et assurance sont évidemment fournis... mais aussi le carburant ! « Avant, il y avait des pompes spéciales dans les stations pour délivrer la Solexine. C’est un mélange précis d’huile et d’essence. C’est donc moi qui prépare le carburant. On peut faire une centaine de kilomètres avec un plein ». Si on fait le calcul, on a donc une location originale, pratique, fun et pas cher. C’est l’esprit Solex ! TI SOLEX 1h : 12€ ; 2h : 20€ ; demi-journée : 40€ ; journée : 45€ ; visite accompagnée : 1h30 / 35€ Age minimum : 18 ans | Réservations : 0693 40 69 24 tisolex.jimdo.com | Facebook : TI solex 974

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MASSAGE & SENS … AU FIL DE L’EAU

UNE ACTIVITÉ PERCHÉE

DEPUIS QUELQUES SEMAINES, UNE NOUVELLE PETITE EMBARCATION VOGUE AUX ABORDS DU LAGON. DIDIER VÉNÉROSY PROPOSE DES SÉANCES DE MASSAGE INÉDITES : SUR UN PADDLE ! UNE IDÉE « GADGET » ? ABSOLUMENT PAS ! PLUS QU’UN MASSAGE, CE DISPOSITIF OFFRE EN FAIT UNE OCCASION EXCEPTIONNELLE DE FAIRE « LE PLEIN DES SENS ».

ARTS DES ARBRES PROPOSE DEPUIS PLUSIEURS MOIS UNE ACTIVITÉ INSOLITE SUR NOTRE SOL (FACON DE DIRE) : DES ATELIERS DE GRIMPES DANS LES ARBRES ! OUI OUI, UN PEU LE MÊME JEU QUE QUAND VOUS ÉTIEZ PETITS MAIS EN BEAUCOUP MIEUX, PLUS ÉQUIPÉ, PLUS SÉCURISÉ, PLUS LUDIQUE… ET PLUS INSTRUCTIF. ACCROCHEZ VOUS, ON VOUS EXPLIQUE.

MASSAGES SUR L'EAU

« Je réfléchis au concept depuis plus d’un an. Je voulais apporter une nouvelle dimension à la pratique du massage de plage, pas seulement jouer sur l’originalité. Tout en faisant les démarches pour obtenir l’autorisation de la Réserve Marine, il m’a fallut peaufiner l’équipement, résoudre les problèmes d’équilibre, trouver la bonne équation entre le confort du client et la praticité pour prodiguer un massage efficace… et surtout réussir à créer les conditions pour faire vivre aux gens une expérience sensorielle unique ». Vu l’air totalement détendu de notre testeuse à la fin du massage, on peut confirmer que l’idée tient parfaitement le cap. La scéance débute en s’installant sur le paddle, simplement en maillot de bain ou couvert d’un paréo. On se laisse ensuite aller la tête bien calée dans un coussin ergonomique. Entrainé un peu plus loin du bord, la vue « déconnectée », les autres sens s’exacerbent. Pourtant, dès les premières minutes, on se relâche complètement. On

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© Mickael Dalleau

© Mickael Dalleau

ALÉ VOIR !

se retrouve bercé par le doux mouvement de l’eau et de l’embarcation, les sons mêlés des vagues au loin et des rires enfantins, les caresses du vent et du soleil qui jouent avec notre épiderme. Didier entame alors son massage : « un mix entre shiatsu, Amma et réflexologie plantaire. De l’acupression où, comme en acupuncture, je suis les méridiens sauf que les doigts remplacent les aiguilles. Cette pratique n’a pas une vocation thérapeutique, mais c’est de la détente extrême qui apporte un bienfait immédiat. Et cet environnement particulier, en plein air et sur le lagon, apporte encore plus de bénéfices ». Et question environnement justement ? « Je n’utilise aucune huile ou crème. Ma structure ne touche jamais les coraux . Je suis même une « sentinelle » pour la Réserve. C’est dans mon cahier des charges ». Bref,

LES ARTS DES ARBRES

notre bienfaiteur cumule donc conscience écologique et professionnalisme (validé par moult diplômes et années de pratique). C’est du tout bon ! Ondine, passée sous ses mains expertes, confirme : « J’ai adoré. On se laisse tellement aller qu’à un moment je ne savais plus où j’étais avec les mouvements du paddle, du soleil et du vent. Tu es totalement relaxé et en même temps tu as tous les sens en éveil. C’est magique ! ». Si le massage à la plage est déjà un must niveau détente, le massage sur l’eau de Didier s’avère être encore plus que ça. C’est un voyage sensitif autant qu’un massage voluptueusement aquatique. Et dire que personne n’y avait pensé avant ! Non mais à l’eau quoi !

MASSAGES SUR L’EEAU Scéances de 30 ou 40 minutes pour 40-50€. S’il est préférable de prendre rendez-vous (tel 0692 49 15 54), vous pourrez aussi vous rapprocher directement de Didier lorsque vous le verrez à la plage de Trou d’Eau ou à l’Hermitage. Il y est toute la journée plusieurs fois par semaines (voir page Facebook Massage à la plage).

Après avoir passé son certificat de qualification professionnel d’Educateur Grimpe Arbre (et oui, il existe un tel diplôme !) et exercé dans sa région natale, Nicolas Godard a eu l’idée de proposer ici cette activité depuis quelques mois. Bien vu, puisque ce loisir est totalement nouveau sous nos cieux. D’ailleurs, on ne grimpe pas aux arbres comme ça ! « Il faut évidemment avoir été formé pour encadrer ce type d’animation. Il faut aussi les autorisations des propriétaires, faire le diagnostique mécanique de l’arbre et le préparer sans l’abîmer. Nous avons trouvé une douzaine de lieux différents pour varier les plaisirs, les types d’arbres, les points de vues ». Varier les plaisirs car, effectivement, lors de cette activité, Nicolas ne se contentera pas de vous faire faire de la grimpette. Sur ces créneaux de 2 à 4h, accompagné de deux comparses, il propose aussi de l’initiation à la slackline et des jeux sensoriels. Enfin, cerise sur l’arbre, l’instant se traduit

aussi par une sensibilisation originale et pertinente à l’environnement. Tout en vous y amusant, vous découvrirez les différentes essences d’arbres, leurs histoires, leurs graines, les conséquences de l’impact humain sur les forêts, etc.. Les ateliers s’exercent par groupes de 8 maximum. Nicolas vous apprendra les techniques nécessaires pour vous hisser vous même, avec tous les éléments de sécurité associés, le long de cordes suspendues. Et, de là, complètement perchés, vous pourrez jouer à passer de branches en branches, à rejoindre des hamacs aériens ou la plateforme-trampoline installée entre 7 et 15m de haut. Etonnamment, la peur du vide, assez naturelle, s’évanouie rapidement. Pendant ce temps, Mélanie vous initiera au funambulisme sur des slacklines. « Au-delà du défi physique, le fait

de chahuter son équilibre oblige à réaligner sa posture, à se recentrer sur soi. L’instabilité va au final nous remettre d’aplomb ! ». Et Vincent vous emmenera dans des parcours sensoriels à la fois ludiques et instructifs. « L’idée est tout autant de s’ouvrir à l’environnement que de faire parler les sens. Nous avons plein de jeux : deviner ce qu’on touche ou goute les yeux bandés, recomposer des puzzles naturels, etc..» Finalement, avec cette idée simple - grimper, jouer avec et s’intéresser aux arbres -, Arts des Arbres propose une expérience unique. Non seulement on ne s’ennuie pas, on se dépense mais aussi on apprend, on découvre. L’activité plaira d’ailleurs autant aux enfants qu’aux adultes. T’as un arbre, tu y grimpes pas ? Non mais en haut quoi !

LES ARTS DES ARBRES Ateliers hors vacances scolaires : mercredi - samedi - dimanche / 10-12h ; 13h30-15h30 ; 16h-18h | Aussi sur réservations au 0693 01 19 79 Retrouver les lieux et tarfis sur leur page Facebook.

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LA CROISIÈRE S’AMUSE

BONNE PÊCHE POUR LES GOURMETS DE POISSONS

22M DE LONG, 10M DE LARGE, 243M2 DE VOILES, PEINT EN BLANC ET FUCHSIA... IMPOSSIBLE DE NE PAS REMARQUER LE MALOYA, CE CATAMARAN AUX DIMENSIONS GÉNÉREUSES QUI NAVIGUE QUASIMENT TOUS LES JOURS LE LONG DE LA CÔTÉ OUEST. MAIS LA TAILLE NE FAIT PAS TOUT. L’ARMATEUR, FESTIYACHT DE BOURBON, PROPOSE DE MULTIPLES ESCAPADES THÉMATIQUES ET FAIT MÊME DE SON BATEAU UN NOUVEAU LIEU DE SORTIES GRÂCE À UN PROGRAMME ORIGINAL. PRÉSENTATION.

UNE DISCRÈTE ET ÉLÉGANTE ENSEIGNE « LE COMPTOIR - SAPMER - NATURAL SEAFOOD » SIGNALE, EN PLEIN COEUR DE LA DARSE DE PÊCHE DU PORT, LA PRÉSENCE D’UNE POISSONNERIE FINE. ON Y TROUVE DES POISSONS ORIGINAUX OU EMBLÉMATIQUES, MAIS Y SONT AUSSI PROPOSÉS DES COURS DE CUISINES ET DES RENDEZ-VOUS DE DÉGUSTATIONS. DÉCOUVERTE.

CATAMARAN LE MALOYA

« Il nous aura fallu plus de 6 ans de préparation. Nous devions répondre à de nombreuses contraintes administratives et règles sécuritaires draconiennes. Nous avons engagé 8 personnes, construit un local d’accueil, investit plus d’1,5 millions d’euros. Nous pouvons emmener jusqu’à 110 passagers sur la quinzaine de croisières différentes que nous organisons, etc.. ». Les chiffres énoncés par Thibault Gasparoux, l’un des deux associés de Festiyacht de Bourbon, pour décrire le projet sont à l’image du catamaran lui même : impressionnants. Et effectivement, lorsqu’on monte sur le Maloya (l’embarquement se fait à la darse de plaisance du Port), on reste bouche bée. Ce catamaran, de type « day charter », est unique en son genre dans la zone. Sous le gigantesque carré, à la fois abrité du soleil et largement ouvert sur l’horizon, l’espace s’organise autour d’une dizaine de salons et tables (une soixante de places assises), d’un

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© Mickael Dalleau

© Mickael Dalleau

ALÉ VOIR !

bar où divers rafraichissements, snackings et assiettes de tapas sont proposés et d’un emplacement dédié pour accueillir les animations (un dj, un groupe de musique ou un spectacle). La circulation aisée, l’agencement convivial, les diverses installations et la taille même du bateau rassureront ceux qui ne se sentent pas à l’aise sur l’eau. Deux escaliers permettent d’accéder à l’avant de l’embarcation où deux autres salons ainsi que les traditionnels trampolines permettent de rester à l’air libre et profiter du soleil et des embruns. Enfin, les membres d’équipage s’enquièrent régulièrement des désirs des passagers. Mais la grande force de Festiyacht de Bourbon, c’est de proposer avec le Maloya un très grand panel de sorties en mer

LE COMPTOIR SAPMER

mixant des croisières « régulières » la semaine ou le week-end et des « croisières événements ». Celles ci sont axées sur des thématiques insolites ou liées à un événement (un concert live ou une soirée dj). Et évidemment, lors de la saison, vous pourrez partir à la rencontre des cétacés (2h30 minimum - 35€). L’offre, particulièrement diversifiée et originale donc, est détaillée sur un agenda spécifique consultable sur le net. Naviguer sur le Maloya ne se résume donc pas à de la « simple » promenade en mer. Le programme des sorties est tel qu’il est possible d’y revenir plusieurs fois tout au long de l’année. D’autant plus que ces moments originaux sont offerts à des tarifs accessibles. Allez hop, on met les voiles !

FESTIYACHT DE BOURBON - CATAMARAN LE MALOYA Embarquement : Le Port / Darse de plaisance Titan - Port Ouest - rue Amiral Bosse Plus d’infos, calendrier des sorties, tarifs et réservations sur www.fyb.re ou au 0262 34 10 10

« Nous oeuvrons dans la pêche depuis 70 ans, mais la vente directe au consommateur, c’est une première pour nous. Le challenge est donc d’être à la hauteur de notre réputation en terme de qualité, de variétés et de tarifs ». Cette petite boutique, en étant un faire valoir du savoir-faire du célèbre armement d’origine réunionnaise, offre donc la garantie d’une offre remarquable. Et en effet, lorsqu’on arrive sur place, on est surpris par la présentation épurée de cette poissonnerie d’un nouveau genre. Ici, pas d’étalage de pièces de poissons mais juste un élégant comptoir en bois. Les produits proposés sont rangés dans des congélateurs-armoires et, pour faire son choix, il faut se tourner vers un simple tableau référençant toute l’offre de la boutique. En fait, nous avons à faire ici à du poisson « plus frais que frais ». Et pour cause. Il faut savoir que la pêche de la Sapmer - résultat de campagnes pouvant durer plusieurs

mois - est immédiatement congelée à ultra-basse température (via un procédé très spécifique venu du japon)… directement sur les bateaux ! « Ce principe permet de garder 100% des propriétés du produit. Dans la petite poissonnerie en bas de chez vous, le « frais réel » est en fait de courte durée ». La présentation des produits est donc la conséquence directe de ce type de pêche. D’autant que, « en réalité, derrière ces portes de congélateurs, vous avez le stock principal de la Sapmer, relié directement à la sortie des bateaux stationnés dans la darse juste derrière ». En somme, cette poissonnerieconcept est un coup de maître !

thon, bonite ou langouste, etc..) ou que vous souhaitiez découvrir de nouvelles variétés (St Paul, Rouffe, Grenadier, Bleu), vous trouverez votre bonheur ! D’autant que, et c’est aussi ce qui fait l’intérêt du lieu, vous pourrez aussi acheter, ou tester, des produits travaillés et vendus exclusivement là (légine ou thon fumés au bois de hêtre par exemple). Voire même apprendre à cuisiner tout cela comme il se doit grâce à des cours et initiations régulièrement proposés par la boutique qui invite de grands chefs. Le Comptoir, c’est un peu le principe d’antan : l’achat de poisson directement auprès des pêcheurs, juste sur les bords de quais. Mais pas à l’ancienne, juste en beaucoup mieux.

D’ailleurs, les professionnels de la restauration se sont déjà passé le mot sur l’aubaine que représente cette première boutique. Si vous êtes amateur de poisson ou crustacés de haute mer, on vous conseille LE COMPTOIR SAPMER de faire vous aussi le détour. Que vous Magasin 10, Darse de Peche, Le Port | 0262 33 12 27 recherchiez du classique (légine, raie, Calendrier des événements gourmands sur www.sapmer.fr

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TIPIK D’ICI

CHICKEN RUN DANS LA FUMÉE D'UNE GRILLADE DE BORD DE ROUTE

© Karine Bod

EN FIN DE SEMAINE, À LA RÉUNION, IL EST UN CURIEUX CÉRÉMONIAL QUI LIBÈRE, PARTOUT SUR SON TERRITOIRE, DE RECONNAISSABLES SIGNAUX DE FUMÉE. CE SONT AUTANT DE PETITS GRILLS TEMPORAIRES, SUR LESQUELS VIENNENT DORER DES MILLIERS DE POULETS POUR LE PLUS GRAND BONHEUR DES GOURMETS. LEÏNA ET LARISSA, DE IVOULA GRILL’S, ONT ACCEPTÉ QU’ON LES SUIVE SOUS LE PARASOL FAMILIAL, DU CÔTÉ DE LA SALINE-LES-BAINS, UN DIMANCHE MATIN.

Il est cinq heures. L’île se réveille doucement. En ce dimanche de mars, sur les Hauts de Saint-Paul, un fourgon blanc est là, portières arrière ouvertes, en attente d’être totalement rempli.

Leïna, Larissa et leurs parents. Ils partent rejoindre le site que la famille a négocié auprès de autorités, à la Saline-les-Bains. Deux fois par an, il faut refaire une demande d’autorisation aux services compétents de la municipalité de Saint-Paul.

La lumière du jour naissant éclaire un étrange ballet que des bras Les Ivoula sont vraiment satisfaits de ces quelques mètres chargés de bacs blancs exécutent de façon très organisée. carrés qu’il reste maintenant à aménager. Dans la Ils viennent à leur tour remplir le ventre du camion chaleur montante de ce dimanche ensoleillé, qui, déjà la veille, a ingurgité tables, parasols, le petit spot prend forme. Avant le début grills, sacs de charbon, bouteilles de gaz, L'ENDROIT EST des premières ventes, d’autres bras amis rôtissoire. Car ce rendez-vous dominical du STRATÉGIQUE viendront en appui du quatuor. La grillade « Poulet la route » ou « Poulet la poussière » ET DOIT ÊTRE demande une attention de tous les instants. nécessite une préparation qui débute Les grills sont en place, la rôtissoire aussi, quelques heures plus tôt, bien avant le coup SÉRIEUSEMENT bientôt le reconnaissable four à sarcives. de feu. Ça fait donc un moment déjà que les CONVOITÉ volailles entières baignent doucement dans Dans quelques heures, les diverses activités une marinade à base de siave et d’ail mais qui sportives et familiales viendront tracer autour du gardera ses autres petits secrets. Chacun sa recette, stand de la famille d’intéressantes lignes de force qui lui la concurrence est rude. Bien d’autres denrées, nous le donnent une grande partie de sa valeur commerciale. L’endroit est verrons, ont dû être, elles aussi, élaborées le jour d’avant. stratégique et doit être sérieusement convoité par la concurrence. En effet, l’axe est emprunté par les baigneurs qui gagnent les plages de la Saline et de L’ermitage. S’ajoute l’attrait d’un tout autre lieu tout aussi intéressant : « La supérette qui nous fait face nous amène A peine une heure plus tard, le fourgon blanc descend des clients, explique Larissa. Ce sont des gens qui soit partent en tranquillement la montagne en direction de l’Océan. A son bord, pique-nique, soit ont tout simplement envie de manger du poulet grillé

EN ROUTE MA POULE ! 14

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à la maison ce midi. » Il est fort probable que le très prisé marché de L’ermitage, tout près, ait aussi sa part d’influence sur la dynamique du commerce des Ivoula.

volailles ne doivent pas être issues d’élevages privés qui échappent aux contrôles de l’Etat. Elles doivent être achetées en grande surface ou dans un abattoir contrôlé par la Direction Départementale des Services Vétérinaires. Sur le lieu de vente, elles doivent être conservées au frais dans une glacière tant qu’elles ne sont pas passées sur la zone de cuisson. Enfin le plan de travail de l’étal doit être protégé par un parasol.

Si l’on ne sait pas grand-chose sur les origines de cette activité dont la popularité est grande à la Réunion, on peut toutefois penser qu’elle a à voir avec la tradition du pique-nique dominical. Le poulet la route permettant de faciliter la vie à une génération peut-être moins encline à sortir les gamelles de la maison pour aller cuisiner le cari sous les filaos. Nul doute que la grillade RÈGLES STRICTES de bord de route est aussi à rapprocher de POUR ASSURER toutes ces micro économies que les familles LA SÉCURITÉ créoles ont toujours su développer pour arrondir leurs fins de de mois, la plupart du ALIMENTAIRE temps en vendant les légumes et fruits la kour devant la kaz.

CONTRÔLE DE POULET Leïna et Larissa s’accordent sur un point : « Quand nous étions petites, on voyait beaucoup plus de points de grillades que maintenant. Ca s’est beaucoup réduit ces dernières années. » Que s’est-il passé alors ? La dureté de l’activité a t-elle agi comme une sélection naturelle ? Les normes d’hygiène ont-elle fait le ménage entre les bons grillardins et les mauvais ? Probablement tout ça à la fois. Les règles, compte tenu des conditions climatiques de l’île, sont maintenant très strictes pour assurer la sécurité alimentaire des consommateurs : les

POULET FAMILIA

Leïna et Larissa, elles, ne sont pas dans une logique d’économie du week-end. C’est leur métier, leur vie. C’est une histoire de famille aussi. Le père prépare toute une gamme de charcuteries lontan qui seront proposées à la clientèle en plus des poulets grillés et rôtis, telles quelles ou en rougails et caris que leur mère confectionne dans une logique hebdomadaire de façon à ce que chaque semaine puisse offrir au chaland son lot de nouveautés. Le succès du petit commerce est tel que les sœurs viennent de commencer à étendre l’activité en l’ouvrant aussi le mercredi, jeudi, vendredi et samedi depuis quelque temps. Ce sont des permanences qu’elles peuvent assurer toutes les deux, seules. C’est aussi une manière d’assurer la relève petit à petit, de prendre un peu plus la main sur le commerce familial et ainsi de délester les parents des réalités routinières et physiques du métier.

POULET MAIS PAS QUE

C’est en voyant cette profusion de mets qu’on se rend compte du travail effectué. Un bon éventail de la gastronomie locale est là, sous les yeux des clients. Malgré la charge de travail, Leïna, 30 ans, ne changerait cette vie pour rien au monde. Elle qui a rejoint l’activité familiale il y a quatre ans mais était déjà au service d’un autre commerce de bouche, à Saint-Paul, avant cela. « Je ne m’imagine pas du tout dans un bureau » lance t-elle comme une évidence.

Si l’activité commence tout juste à dépasser le cadre du week-end, le dimanche reste bien sûr LA grosse journée. Leïna et Larissa savent qu’elles doivent sortir le grand jeu pour rentrer avec les bacs vides. Normalement une centaine de poulets entiers va trouver acheteurs, fendus et grillés en crapaudine ou embrochés et tournés sur la rôtissoire. Et le choix du client ne se limitera LE DIMANCHE, pas à cette alternative : le dimanche c’est UNE DÉBAUCHE une débauche de goûts et de saveurs...

CHIKEN’S SISTERS

DE GOÛTS ET DE SAVEURS

Des morceaux sont en préparation dans le four à sarcives. Des brochettes de poulet, en versions salées et sucrées, bientôt rejoignent les grills. Du boudin maison aussi. De magnifiques volutes bleues grises montent au-dessus du tivoli blanc qu’un soleil déjà intense arrive à percer de ses rais... Au dessus des grills, les hommes jouent les pompiers-pyromanes. Rien ne doit brûler. En plus des grillades, la famille prévoit toujours un ou plusieurs plat préparés. Aujourd’hui, ce sera rougail saucisses, rougail zandouille et daube chouchou. Et puis cette semaine les beignets sont faits à partir de chou-fleur mais ils auraient pu être tout autant de bringelles ou encore de courgettes. Côté riz, ce sera riz jaune et riz cantonnais. Sans oublier le achard de légumes. Et comme ça ne suffit jamais, les bonbons piments et les samoussas se sont invités sur l’étal.

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De six ans son aînée, Larissa, qui a quitté la métropole il y a deux ans pour revenir au pays, ajoute de concert qu’elle « se sent bien aussi, à vivre dehors, à l’air libre. » Le contact avec la clientèle recèle de jolis moments. Les sœurs reçoivent parfois des pourboires et beaucoup de marques d’encouragement. Et surtout, les retours sont généralement positifs sur la qualité du poulet : « Ça fait vite la queue devant le stand, explique Larissa avec fierté. Les clients les plus amateurs nous disent que nos poulets grillés et nos sarcives ont un goût unique ! »

Ce qui saute aux yeux quand on les voit s’activer devant les demandes des consommateurs, c’est l’incroyable fluidité qui se dégage de leur belle mécanique. A force de vivre et de travailler ensemble, Leïna et Larissa ont dû établir entre elles d’infimes automatismes qui leur permettent d’anticiper le moindre besoin de l’autre sans avoir à le formuler par la parole.


cap à l’ouest

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C’est ça la puissance des forces invisibles que seules deux sœurs peuvent activer naturellement : « Il n’y pas de hiérarchie entre nous, confie Larissa, pourtant la plus âgée des deux. On fonctionne toujours dans l’intérêt de l’activité. Chacune sait ce qu’elle a à faire. » Pour sa part, Leïna reconnaît de temps en temps de franches discussions : « Il arrive qu’on se dise les choses mais quand c’est dit, on passe aussitôt à autre chose. On ne reste pas dessus. »

LE POULET DU SUCCÈS Un fois de plus, le succès aura été au rendez-vous ce dimanche pour les grillardins. Un couple de baigneurs du matin, quittant la plage pour un déjeuner tardif, achète l’un des tout derniers poulets entiers en crapaudine, à la peau cuivrée et croustillante. Il est bientôt 14h30. Il ne faudra pas traîner à plier le matériel, le ranger dans le fidèle fourgon blanc, remonter vers le QG familial, sur les hauteurs de Saint-Paul, puis nettoyer les ustensiles. Avec un peu de chance les jeunes femmes pourront profiter un peu du temps libre qui leur restera en ce jour déjà très avancé.

mafate attitude

Dans la cabine du véhicule, malgré la fatigue engendrée par la préparation gran matin, la dépense physique, l’attention portée à la clientèle, les deux sœurs sont plus volubiles que derrière l’étal. Elles peuvent blaguer, se détendre et se projeter aussi. Depuis un petit moment, elles ont à l’esprit un projet commun qui leur tient vraiment à cœur. Preuve s’il en fallait que l’association qu’elles forment tient la route et que les envies de collaborations sont bien là. Si elles ont étendu l’activité du grill depuis ces derniers temps, c’est aussi pour mettre un peu d’argent de côté en vue d’ouvrir bientôt un commerce dont elle se partagerait le développement et la tenue. Elles continueraient tout de même, assurent-elles, à tenir l’étal de la Saline, le dimanche, pour le compte de leurs parents. Si l’emplacement du local n’est pas encore arrêté, l’activité elle tournerait autour de la sandwicherie. « J’ai des envies de proposer des saveurs réunionnaises confie Larissa mais j’ai aussi des idées plus métro. » De là à imaginer une partie grill à ce projet de sandwicherie, il n’y a qu’un pas... On n’échappe pas aussi facilement aux fumées blanches des bords de route.

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MIAM MIAM

TI MAHI MAHI SAINT-GILLES

Derrière ce petit écrin dont l’atmosphère marine vient comme un écho au port de Saint-Gilles qui lui fait face, se cache en fait un temple de l’exigence. Aux commandes du Ti Mahi Mahi depuis cinq années : Lucie, dont l’investissement a valu à la maison un rapide succès. © Mickael Dalleau

TRIO DE TARTARE C’EST UN PLAT QUI CONNAÎT UN JOLI SUCCÈS CES DERNIÈRES ANNÉES SUR LES TABLES RÉUNIONNAISES ET QUI VIENT APPPORTER UN PEU DE FRAÎCHEUR DANS LA GASTRONOMIE LOCALE. S’IL JOUIT D’UNE IMAGE DE PRODUIT SAIN, SIMPLE ET GOÛTEUX, LE TARTARE DE POISSON SE TRANSFORME AISÉMENT AU GRÉ DES SAISONS, SELON LES LÉGUMES ET LES FRUITS QU’ON PEUT LUI ASSOCIER. POUR VOUS, NOUS AVONS POUSSÉ LES PORTES DE TROIS RESTAURANTS DE L’OUEST RECONNUS POUR CETTE SPÉCIALITÉ ET SOLLICITÉ L’AVIS D’UN CONNAISSEUR … 20

L’AS DU TARTARE Après avoir vécu longtemps en métropole où il a servi dans de prestigieuses maisons et enseigné son art dans deux lycées hôteliers à Paris et à Toulouse, Jean-François Dally dispense maintenant ses cours à l’IAE de St Denis, licence MACAT (Métiers des Arts Culinaires et Arts de la Table), à l’école d’ingénieurs agro-alimentaires (ESIROI) et au Lycée hôtelier La Renaissance de Plateau Caillou. Ce spécialiste a accepté de nous éclairer sur le phénomène du tartare dont il est lui-même amateur et fin connaisseur. Y a t-il un engouement du public pour le tartare ? Un engouement je ne saurai dire. Seuls les chiffres des restaurants peuvent parler. En tout cas c’est un plat qui plaît grâce à son image à la fois simple et saine (on lui ajoute peu de choses). C’est un plat en vogue comme d’ailleurs les sushis. Ici à la Réunion ça fait déjà quelques années que ca semble bien marcher. Quand vous mangez un tartare le midi, vous n’avez aucun problème de digestion après, à l’inverse d’un cari par exemple. C’est d’ailleurs aussi une bonne alternative aux plats traditionnels locaux. La tartare, une spécialité réunionnaise en devenir ? Il ne faut pas oublier qu’on est sur une île, avec de l’eau autour et du poisson ! Il y a une grande diversité d’espèces. On n’utilise pratiquement pas de thon rouge, espèce menacée, mais du thon bigeye, thon banane, espadon qui sont des poissons péi.

Et vous, quels sont vos goûts personnels en matière de tartare ? Je suis fan de poisson en général, cuit ou cru. J’avoue que je reste très classique sur le tartare, avec un goût pour les herbes aromatiques pour exciter les papilles. Un tartare accompagné d’une brunoise d’ananas avec du gingembre et de la coriandre derrière, ça ça m’intéresse ! Ou, encore plus simple, un tartare avec des oignons ciselés, éventuellement un peu de mayo si on veut un peu de rondeur. Y a t-il une Reunion touch ? Définir une Reunion touch, ce serait déjà se limiter à l’utilisation de certains produits. Alors que chaque cuisinier de l’île apporte sa touche selon sa culture culinaire. Qu’est-ce qu’un bon tartare selon vous ? Dans l’esprit des gens, un bon tartare c’est d’abord un poisson frais. Notons d’ailleurs que la législation recommande l’utilisation d’un poisson qui aurait été surgelé pendant au moins 24 heures pour tuer les parasites qui pourraient s’y trouver. C’est une question de sécurité alimentaire. Ensuite un bon tartare est fait au couteau pour avoir une mâche à la dégustation. Le goût se libère à la mastication. Et puis il y a l’assaisonnement qui peut apporter un jeu de textures : des oignons ciselés apporteront du craquant, des cacahuètes et des amandes aussi. L’association ananas, cacahuète et coriandre, sous un peu de sauce soja, donnera un note asiatique. On peut imaginer un tartare avec un peu de gros piment. Il y a cinquante mille possibilités. Pour résumer, un bon tartare c’est fraîcheur, assaisonnement et créativité.

En bonne professionnelle du tartare, Lucie se met tôt, chaque matin, à la découpe des chairs et des légumes. Sa science du poisson lui vient de son mari pêcheur. Sa culture du tartare, d’une grande curiosité et d’une vie de sportive tournée vers une alimentation saine. Le Ti Mahi Mahi, elle en a fait « un lieu de fraîcheur surtout, simple et familial » sans aucune concession. Pas de carte surchargée ici mais quelques plats bien pensés au gré des saisons et des arrivages. Depuis son laboratoire qui affiche 10 degrés celsius, Lucie prépare marlins, thons germon, thons albacore ou dorades. Moins fréquents au menu, ses poissons préférés sont le bigeye, superbe par sa chair quasi bordeaux, et le thon banane dont la viande blanche et nacrée accueille magnifiquement les sauces de soja, de vinaigre balsamique, d’huile de noix ou d’huile d’olive. Infatigable et passionnée, Lucie est présente chaque dimanche sur le marché

des producteurs de Saint-Gilles, sur le parking en face du Téat Plein Air. C’est là qu’elle fait ses courses pour élaborer les accompagnements des tartares mais aussi des mi-cuits et cuits qui connaissent un succès grandissant. Au fil des saisons, les associations avocat/coriandre, tomate cerise/basilic ou agrume/menthe fraîche ou tahitienne sont donc au service des poissons. Pas de frites au Ti Mahi Mahi mais une belle invention de Lucie dont elle n’est pas peu fière : le riz vert. Une recette qu’elle a librement élaborée entre évocation du taboulé et souvenir des salades de riz de son enfance. A noter : en attendant les commandes, Lucie sert ses délicieuses rillettes de poissons maison qui sentent bon le bouquet garni et le vin blanc. Les desserts sont évidemment faits maison selon les fruits que Lucie a rapportés du marché : panna cotta vanille Bourbon et coco, mousse poire, tiramisu passion, mousse fraises avec les fraises du Tampon, panna cotta figue de barbarie et pitaya... Ti Mahi Mahi | 167 Ter, rue du Général de Gaulle | Saint-Gilles-Les Bains | 0692 10 90 66 Ouvert du mardi au samedi de 11h30 à 14h30 Tarifs tartares : 10-13€

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MIAM MAIM

LE ZAT SAINT-LEU

Le Zat a des allures de cabane posée sur la plage. Autour, des gens se baignent, bronzent ou jouent. Quelles que soient les raisons de votre présence ici, vous êtes littéralement en vacances. Avec ses airs de doux baroudeur des mers à qui les voyages auraient donné le goût du poisson cru, Fred ferait presqu’office d’historien en la matière. Le Zat a en effet été parmi les premiers restaurants, sinon le premier, à en proposer à la Réunion, il y a quatorze ans. Depuis il témoigne d’un engouement toujours plus grand de la part des clients : « On a vraiment une culture pour le tartare aujourd’hui. On le voit bien d’ailleurs avec la mode du sushi. La clientèle est en demande de ça. » L’esprit du Zat c’est un mélange de générosité (les assiettes sont bien garnies) et de simplicité (les tables sont à même le sable, tout autour du restaurant). Fred est le patron du restaurant mais fait valoir les talents de Patrick, le cuisinier, qui selon lui «a dû être le premier à proposer un tartare à la mangue verte sur l’île». L’offre du Zat joue bien sûr avec les légumes et fruits de saison : mangue, avocat, zévi, agrumes entre autres.

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La carte propose chaque midi quatre tartares et en ajoute un cinquième une à deux fois par semaine. Les quatre classiques du Zat ce sont le tartare de thon à la coriandre, le tartare de thon à la moutarde à l’ancienne, le tartare de thon aux câpres et cornichons et le poisson cru à la tahitienne. Les poissons proposés, principalement pêchés par le Groupement des pêcheurs de Saint-Leu, sont le thon albacore, le bigeye, le thon germon, le marlin, la dorade. De ses voyages, Fred a rapporté une spécialité d’Amérique latine : le seviche, cette recette de poisson cru, ici du marlin, mariné dans une préparation acidulée. Les accompagnements sont tous composés autour d’une salade, que ce soit les frites, les pommes de terre vapeur avec sauce blanche et herbes fraîches ou bien le riz. Le Zat propose aussi toute une gamme de mi-cuits. A noter : la gamme de jus maison du Zat : mangue/ananas/pastèque ou bien fruits de la passion/orange/banane ou encore Melon/pitaya/pastèque Le Zat | 14 rue de la Compagnie des Indes | St Leu | 0262 42 20 92 Ouvert tous les jours de 9h à 17h Tarifs tartares : 18,50€

LA BARQUE SAINT-PAUL

La Barque, c’est un petit restaurant à l’atmosphère unique puisqu’il s’est développé autour de la maison du patron, ce qui confère au repas ici un petit côté déjeuner en famille. Le bout de la terrasse ouvre sur la magnifique baie de Saint-Paul, ce qui est assez magique. On est là dans un quartier de pêcheurs encore assez préservé. En qualité de responsable de salle et de grande voyageuse, Sihem est bien placée pour évoquer le tartare dont elle a connu les aventures sous d’autres cieux, SaintBarthélémy, Bora-Bora, dans le milieu de la gastronomie et de l’hôtellerie de luxe. « Mais c’est ici qu’on mange les meilleures versions, confie- t-elle. Avec le jeu des fruits et légumes de saison et surtout la qualité du poisson. » Depuis six ans qu’il existe, le restaurant travaille avec quelques pêcheurs locaux triés sur le volet et qui l’approvisionnent en espadon, dorade coryphène, thon germon, thon banane, albacor, bigeye, poissonperroquet. La Barque | 48, rue de la Baie | St Paul | 06 92 23 20 01 | Ouvert du mardi au dimanche de 11h45 à 14h00 ; du jeudi au samedi dès 19h30 | Tarifs tartares : xx€

Chaque jour est proposée la classique tahitienne de marlin au lait de coco à laquelle s’ajoute un tartare hebdomadaire : tartare de thon à la tomate arbuste, tartare de thon aux agrumes (orange tangor, citron, pomelos), tartre de thon à l’asiatique (siave, oignon chinois, citron, graines de sésame)... La barque associe la simplicité et le calme d’un cadre aux allures familiales à l’authenticité de sa cuisine : recherche des meilleurs produits, mise en avant des fruits et légumes de saison. D’ailleurs chaque plat, cuit ou cru, est accompagné par des frites fraîches maison, un gratin (papaye verte ou citrouille ou patate douce) et un flan de légumes. A noter : si des clients viennent spécialement pour déguster le tartare de la Barque, d’autres viennent pour le tataki. C’est une belle longe de thon qui est préparée dans une marinade soja/citron pendant quelques heures, au froid. Un fois roulé dans des graines de sésame, le morceau de thon est rapidement saisi dans une poêle et servi ainsi, en compagnie d’une belle salade de palmiste d’un producteur local et d’une pointe de wasabi. Le résultat donne un étonnant mi-cuit au cœur parfaitement rosé.

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GOUT À LI

DU THAÏ TRADI

© RNNESP

OTÉ, QUEL THAÏ ! IL NE FAUT PAS SE FIER AUX APPARENCES. À SAINT-PAUL, EN BORDURE DE LA CHAUSSÉE ROYALE, DANS UNE BÂTISSE D’UN AUTRE ÂGE, SE CACHE L’UNE DES MEILLEURE ADRESSE DE L’OUEST… TOUT DU MOINS POUR LES AMATEURS DE CUISINE THAÏLANDAISE AUTHENTIQUE. CHEZ LAAN DUANGJAN, QUE CE SOIT DE L’ACCUEIL AUX PORTIONS SERVIES, DES SAVEURS À LA VARIÉTÉ DES PLATS, LE MOT D’ORDRE EST « GÉNÉROSITÉ ». ET EN PLUS, QUANTITÉ N’AURA JAMAIS AUSSI BIEN RIMÉ AVEC QUALITÉ. RESPECT !

PAYE TON THAÏ « Nous sommes installés ici depuis début 2017. Auparavant, nous tenions un petit snack vers le centre ville depuis 3 ans. Nous devions déménager ou fermer. Mais alors que notre affaire tournait très bien, les banques ont refusé de nous faire crédit pour que nous puissions prendre un plus grand local. C’est finalement des clients, qui ne voulaient pas qu’on disparaisse, qui nous ont avancé les fonds. » L’anecdote est révélatrice : la cuisine de Pem et Alain est tellement appréciée de ses habitués que ces derniers ont tout fait pour pouvoir continuer à s’y régaler. Accessoirement, nos deux hôtes sont d’une gentillesse remarquable : prévenance, connivence, amabilité, promptitude, etc.. Ceci explique aussi certainement cela.

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UN THAÏ QUI PAYE PAS DE MINE Le Laan Duangjan (le prénom officiel de madame) est ouvert du lundi au vendredi. Situé en lieu et place du Patwa, un ancien resto créole, cette bâtisse tout de bois vêtue jouxte la chaussée royale et l’église évangéliste chinoise. Le cadre ne paye pas de mine mais au moins il est très facilement accessible. A l’intérieur, la déco est un peu vieillotte mais ce côté chalet montagnard donne à l’ensemble un caractère chaleureux et convivial. Une petite terrasse aménagée récemment porte la capacité d’accueil à une soixantaine de couverts. Le restaurant est régulièrement complet et il est aussi possible de commander à emporter. « Nous ne tenons pas à avoir plus de monde, d’autant que beaucoup

Pem et Alain mettent un point d’honneur à proposer des mets aux saveurs thaïlandaises vraiment originales. On est loin du « resto thaï mais en fait c’est du chinois, c’est pareil ». Car, bien que cette cuisine ait quelques similitudes avec ses voisins chinois, indiens ou birmans, elle se démarque par des saveurs et ingrédients qui lui appartiennent et la rende unique. Curry, menthe, citronnelle, coriandre ou encore basilic rouge pour n’en citer que quelques uns. « Par exemple, il ne faut pas faire d’amalgame entre le basilic thaï, légèrement anisé, qui servira aux soupes et currys et le basilic sacré destiné aux plats. Ça change tout. D’ailleurs, nous cultivons nous même nos plantes aromatiques, juste à côté du restaurant mais aussi chez mon père ». L’authenticité des plats offerts chez Laan Duangjan se vérifie aussi par leurs saveurs particulièrement épicées, pimentées… voire explosives. Pour les palais occidentaux, ça va pouaker un peu. Et pour les créoles, tout le monde va y trouver

son compte. Mais là encore, débordant d’attentions, notre restaurateur nous informe : « il y a des plats invariablement pimentés, qui sont clairement indiqués sur la carte. Mais pour la majorité d’entre eux, il est possible de moduler, de ne pas mélanger les différentes sauces ou accompagnements qui, une fois ensemble, relèvent parfois un peu trop le goût pour certains. De toutes manières, je n’aime pas l’uniformité, c’est dans ma nature. Donc je ne vais pas obliger mes clients, ne pas leur laisser le choix ».

AU THAÏ QUI POUAK ... OU PAS D’ailleurs, pour la réalisation de cet article, j’ai d’abord voulu essayer le Pat Cha (Sauté au gingembre thaïlandais). Mais après les précisions d’Alain (« Pour ce plat, il faut savoir que le curry est déjà un peu épicé. Il y a du poivre à côté. C’est le mélange des deux qui est atomique »), je me suis rabattu sagement vers un Pat King. De son côté, ma compagne, aventurière mais pas trop, a testé le Pat Makua (Sauté aux aubergines).

Le résultat fût doublement sans appel : nous avons eu droit à une explosion de saveurs et parfums… et étions dans l’impossibilité de finir ! Non pas parce ce que ça n’était pas bon (bien au contraire, vous l’aurez compris) mais parce que les portions sont gargantuesques. Après avoir demandé les doggy-bag de rigueur, nous avons discuté avec les autres personnes présentes. Les avis, recueillis étaient unanimes : « le goût est vraiment fidèle à la cuisine thaïlandaise » ; « Les plats servis sont copieux, les sautés juste exceptionnels » ; « les assiettes sont pantagruéliques, le niveau de qualité incroyable et les prix inversement proportionnels. Impossible de ne pas devenir un fidèle ». On est d’accord : Laan Duangjan, c’est thaïllement bien que très vite, on y revient ! Chez Laan Duangjan | 14 rue Lambert (au niveau de la chaussé royale) - St Paul 0692 37 87 77 - 0262 33 97 13 Ouvert du lundi au vendredi. Repas sur place ou à emporter. Tarifs : 5-8€ à emporter ; 10-13€ sur place (les portions sont gigantesques !)

de gens passent aussi juste emporter leurs repas. Nous désirons sauvegarder notre qualité d’accueil. Et puis ma femme et moi travaillons encore seuls pour l’instant. Entre préparations, mise en place et cuisine, nos journées vont de 7h à minuit. ». C’est ce qui s’appelle être victime de son succès. Et pour cause ! Ce restaurant est une aubaine, une vraie trouvaille, et la clientèle se passe le mot. Pendant les deux services (11h-14h30 et 18h-21h), les gens affluent : professionnels du coin et lycéens le midi ; familles, locaux et touristes le soir. Quant aux plats à emporter (5/6€ les sautés et curry ; 8€ pour les salades et pâtes thaï), Alain souligne : « Pour éviter trop d’attente, il est préférable de commander 1h30 à 2h avant de passer. Ma femme fait les plats au fur et à mesure des commandes, et dans l’ordre ». Outre d’avoir l’embarra du choix !

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ON S’ACTIVE !

AU BOUT DU TUNNEL

L’EXPLORATION DES TUNNELS DE LAVE À LA RÉUNION EST UNE ACTIVITÉ EN PLEIN ESSOR. POUR LA PRATIQUER, ON PENSE NATURELLEMENT À SE DIRIGER VERS LES COULÉES DE LA FOURNAISE. POURTANT, L’EXPÉRIENCE EST AUSSI ACCESSIBLE DANS L’OUEST, ET NOTAMMENT AUX ABORDS DU BASSIN BLEU DANS LA RAVINE ST-GILLES.. RICARIC VOUS PROPOSE L’EXPLORATION D’UN TUNNEL DE LAVE SUSPENDU. AU PROGRAMME : UN BRIN D’ESCALADE, UNE INITIATION À LA SPÉLÉOLOGIE, DE LA STALACTITE À GOGO ET UNE PETITE TYROLIENNE POUR LE FUN. LUDIQUE, INSTRUCTIVE, ATYPIQUE… UNE SORTIE BIEN SYMPATHIQUE.

Pour découvrir l’entrée du tunnel, il suffit de se rendre au village artisanal de l’Eperon. Puis d’emprunter un escalier relativement discret plongeant dans la Ravine de St-Gilles. On s’enfonce dans la jungle environnante et on arrive sur les berges du Bassin Bleu en quelques minutes. En face de nous, une paroi monumentale faite d’une roche inébranlable. Et à environ 6m de haut, l’entrée d’une grotte. C’est ici que ça commence…

gants, harnais, etc..) et nous explique brièvement comment nous équiper, on réalise qu’il est à la fois hyper pro.... et très rock’n’roll.

UN SOLIDE GUIDE ROCK’N’ROLL Car, alors qu’il prépare sa lampe fonctionnant à l’acétylène (on vous laisse le plaisir de découvrir le pourquoi du comment avec lui), la conversation s’engage, ponctuée de blagues bien potaches. Mais derrière cette attitude décontractée se cache en réalité une grande maîtrise du métier… et un parcours incroyable. Emeric est tout simplement l’un des as de sa profession.

© Mickael Dalleau

Il a commencé la spéléologie avec son père, à l’âge de 10 ans et, en en faisant son métier, a fait évoluer l’activité et les techniques associées (qui servent maintenant au canyoning ou la plongée souterraine). Il a contribué à l’ouverture de voies extrêmes et à d’importantes découvertes

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… ou peut-être pas. À bien y réfléchir, l’expérience a déjà démarré avant, lorsque nous avons fait la connaissance d’Emeric, notre guide, qui nous avait donné rdv au parking ce matin. Le gars un poil bourru nous accueille avec une nonchalance qui nous laisse un peu circonspects au début. Mais alors qu’il sort de son utilitaire rigoureusement rangé tout l’attirail nécessaire pour l’expédition (casques, genouillères,

géologiques (notamment à Padirac dans le Lot, l’Everest de la spéléo). Enfin, cet « ouvreur », un peu tête brulée, est à l’origine de nombreux parcours de canyoning depuis son arrivée à La Réunion il y a une vingtaine d’années. Bref, cet homme est une légende et ce n’est pas un hasard si ses deux chiens, qui garderont le camion, se nomment Canyon et Spéléo. Le décor est planté : pour cette petite plongée dans ce qui correspond aux entrailles du Piton des Neiges, nous somme accompagnés d’un passionné aussi captivant que passionnant. Emeric, en partageant son savoir et ses expériences, avec son air du mec sorti des cavernes, est en lui-même l’un des attraits de cette sortie. A ce qu’il paraît, ses acolytes Sebastien et Romain valent aussi le détour. On ne saurait donc trop vous conseiller de faire appel à Ricaric.

ON A TESTÉ Mais revenons à notre tunnel. Il faut faire un peu d’escalade pour y entrer. La petite grimpette est cependant triplement facilitée. Nous avons amené une petite échelle pour franchir le surplomb de départ. Ensuite, quelques barreaux fixés à même la roche permettent de se hisser sans trop de difficultés jusqu’à l’entrée de la cavité qui surplombe le bassin. Enfin, notre guide

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ON S’ACTIVE !

nous assure par une poulie qui pourra servir aussi, si nécessaire, à hisser les plus petits (dès 8 ans).

L’entrée du tube fait environ 2 mètres de diamètre. Le plafond s’abaisse immédiatement sur les 15 premiers mètres pour ensuite retrouver un diamètre plus confortable (4m de diamètre). Pour cette première partie, vous ne serez pas seuls (rassurez vous, rien de flippant, on vous laisse la surprise). La suite de l’exploration, où le terrain parfois descend, parfois se redresse franchement, est une alternance de tunnels et salles aux formes spectaculaires. En fonction, la progression se fait debout (la plus part du temps), simplement penché, à quatre pattes ou bien vraiment à plat ventre.

UNE ANCIENNE COULÉE DU PITON DES NEIGES Casques vissés sur la têtes avec comme seule source de lumière nos lampes à LED et la fameuse lampe à carbure d’Emeric, nous déambulons dans le parcours qu’une lave en fusion a tracé il y a des millions d’années. Au fur et à mesure, notre guide nous renseigne sur la formation des concrétions de magnésite, les stalactites de calcite, la différence entre cristallisation et refonte, l’origine des différents niveaux marqués aux murs, etc.. À l’observation des couches successives de magma refroidi, du long travail de l’eau et des minéraux emportés avec elle, sous un plafond brillant sous le faisceau de nos lumières - tel une voûte céleste -, nous percevons clairement tout le processus d’édification du volcan Réunion. Aux instants de contemplation s’ajoute la sensation de faire de la « vraie spéléo ». Certes il n’y aura pas ici de découverte de gravures du paléolithique (il y a tout de même des inscriptions à la chaux datant de 1494) mais les changement de

déclinaisons, salles d’effondrements et passages plus ou moins étroits (de 80cm à 15m de hauteur) donnent un petit aperçu de ce que peuvent vivre ces explorateurs des entrailles de la terre. Notamment lorsqu’il faut s’engager par un soupirail situé au niveau du sol. Sur une trentaine de mètres, nous devons faire du « ramping » dans un boyau. Ce passage en réduit, même s’il ne présente pas de grande difficulté, nous confirme qu’il faut mieux ne pas être claustrophobe. que nous marchions jusqu’ici sur un sol en grattons, nous nous retrouvons dans cette ultime salle (de 10m de large et 15m de haut) sur une dalle régulière. C’est le siphon de lave qui a donné naissance à la grotte.

AU FOND DU TROU La longueur du tunnel (son « développement » comme on dit dans le milieu) est de 550m. La partie finale du terrain est plus humide, avec des parois qui suintent de plus en plus une production terreuse d’apparence et de texture argileuse. Et alors

Nous avons atteint la fin du tube en un peu plus d’une heure. Avant de faire demi-tour, Emeric nous propose une petite pause café (accompagnée d’un petit « pousse-café » de son crû). L’instant est assez unique. D’autant qu’entre deux anecdotes rigolotes, notre guide nous invite à éteindre nos lampes. Là, au fond d’une formation issue de l’activité du Piton des Neiges, dans un silence et une obscurité complète, nous sentons l’âme du volcan. Et accessoirement l’extrême importance d’avoir avec des lampes de secours au cas où ! Nous rebroussons chemin en restant dans le sillage de notre éclaireur qui maintenant pousse la chansonnette. Le retour est tout aussi sympa à faire que l’aller. On découvre de nouvelles formes dans la roche (à moins que ce soit les mêmes sous un autre angle) et des tunnels qui se recoupent. Jusqu’à retrouver la lumière naturelle lorsque nous arrivons à notre point de départ. Mais tout n’est pas encore fini. Au lieu de descendre en rappel de la grotte, Emeric nous installe - toujours en chanson - une

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petite tyrolienne d’une trentaine de mètres. Sans être spectaculaire, cette arrivée sur l’autre côté du Bassin Bleu conclut l’activité sur une touche fun. De quoi prendre des poses grotesques devant la grotte aussi.

En mixant découverte des entrailles de notre île et moments sportivo-ludiques, Ricaric nous donne un bel aperçu de ce qu’est la spéléo. Et quand vous avez un guide comme Emeric, ça en devient aussi épique qu’instructif.

L’exploration de ce tunnel formé par une ancienne coulée du Piton des Neiges a quelque chose de fascinant. Une expérience d’autant plus insolite que contrairement aux coulées de 2004 vers Ste-Rose (6km de galeries magnifiques tout de même), l’endroit est beaucoup moins fréquenté, l’accès un peu plus sport… et le tout juste à côté de chez vous dans l’Ouest.

Tunnel de lave suspendu - Eperon | Rdz sur le parking à l’entrée du village de l’Eperon | +/- 4h d’activité (8h-12h30) Tarifs : 50€/adulte - 35€/enfant - de 12 ans Ricaric : www.canyonreunion.com | 06 92 86 54 85 | Propose aussi des sorties canyoning, escalades et d’autres tunnels de lave (dans le sud mais aussi dans l’ouest)


NOU LA FÉ

ATELIERS CULINAIRES

EN FAIT, C'EST DU GÂTEAU ! TOP CHEF, MASTERCHEF, UN DÎNER PRESQUE PARFAIT, LE MEILLEUR PÂTISSIER, ETC.. ON NE COMPTE PLUS LES ÉMISSIONS CULINAIRES QUI PROSPÈRENT, PARFOIS JUSQU’À L’INDIGESTION, POUR SATISFAIRE LES AMATEURS DE CUISINE OU DE BONNE CHAIR. MAIS SI REGARDER LES GENS SE ROULER DANS LA FARINE OU TRAINER LEURS CASSEROLES À LA TÉLÉ NE VOUS SUFFIT PLUS, OU SI VOUS VOULEZ RÉELLEMENT METTRE LA MAIN À LA PÂTE, LES ATELIERS «O CHEF» SONT FAITS POUR VOUS. ON EST ALLÉ VOIR... ET GOUTER. Depuis plusieurs années déjà et avec toujours autant de succès, Claire, Robert et David proposent du lundi au samedi des ateliers de cuisine dans un espace dédié à La Possession. Où pédagogie, convivialité et passion deviennent les ingrédients d’un parfait mélange.

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à un menu en entier) qu’un professionnel vous détaille pas à pas, puis vous invite à faire vous même.

ATELIER PÂTISSERIE

ON A TESTÉ

Sur leur site (www.ochef.re), le programme des cours est classé par dates et thématiques : cuisine du monde, pâtisserie, œnologie, arts de la table. Des stages spécifiques, avec des chefs renommés, sont aussi régulièrement organisés.

Démonstration, conseils, partage de savoir faire, trucs et astuces de pros, etc.. On est vite accro. D’autant que, cerise sur le gâteau, non seulement on zappe la partie préparation (les ingrédients sont déjà organisés) et la partie logistique (pas de vaisselle, matériel adéquat)… mais en plus, on repart avec le chef-d’oeuvre gourmand qu’on aura fait « soi-même ».

Challenge du jour : réaliser le Petit Antoine, une création du renommé chef pâtissier Stéphane Glacier. Un vrai gâteau de pro. Un bestseller chocolaté délicieux, cumulant de l’onctueux, du gourmand, du doux et du croquant.

Ces ateliers s’adressent à tout le monde : novice, amateur ou expérimenté, chacun y trouvera son compte. Pendant ces sessions de 2 à 3h, l’objectif est d’exécuter une recette (d’un plat plus ou moins complexe

O’Chef | Résidence des Manguiers Local 2C Rue Mahatma Gandhi - La Possession 0262 777 511 | Planning : www.ochef.re Cours : 45 à 75€ ; formules abonnements.

Nous sommes une dizaine à suivre attentivement ses explications et astuces qu’il distille lors des 4 étapes correspondant aux 4 étages du Petit-Antoine.

Aux commandes : David Brovan, talentueux chef pâtissier (retrouvez ses prouesses sur le Facebook Cakecustom).

Parmi les participants, le jeune Valentin, pour la 8ème fois, souligne : « Nous nous 10 ans, est au premier rang lors des sommes découvert une passion commune démonstrations et fait preuve d’une impres- pour la pâtisserie. Cuisiner ensemble est un sionnante maitrise lorsqu’il est à l’oeuvre. Sa vrai moment de détente. Un peu comme le maman Sandra nous explique mélange de tous ces ingrédients, « il est passionné. C’est la ça développe aussi une 3ème fois qu’il vient aux belle complicité ». Enfin, ateliers. C’est le cadeau Alexandra, maman LE RÉSULTAT qu’il demande d’un tout jeune EST PARFAIT... pour noël, son Sacha, semble préCE N'EST PAS anniversaire, etc.. ». parer l’avenir : « C’est Il y a aussi Alisson la première fois que TOUJOURS LE CAS et Pauline, deux je participe à un cours CHEZ MOI ! cousines au sourire de cuisine. En général je perpétuel et qui se sont suis mon instinct pour les lancé un défi. Pour preuve quantités et les associations de leur engouement, elles sont de saveurs. Mais d’apprendre venus de St-Benoît et Ste-Suzanne alors comme ça, c’est génial finalement. Je suis même que la route du littoral était fermée. obligée de le reconnaitre : le résultat est parfait... ce qui n’est pas toujours le cas chez moi. Aurélie de son côté conjugue astucieuseJe vais revenir avec mon enfant, quand il sera ment plaisir d’apprendre et côté pratique : un peu plus grand. En plus, ça lui servira pour « J’ai toujours adoré cuisiner, mais la pâtisseconquérir le coeur des filles, j’en suis sûre ! ». rie est devenue un vrai dada depuis que j’ai des enfants ! Ce gâteau, je voulais vraiment A la fin du cours, tout le monde pose avec apprendre à le faire. Le faire bien. Dans ces fierté devant son oeuvre pâtissière. Les ateliers, on peut poser des questions au chef, louanges du chef David et le sourire de sa essayer des idées. Il y a de l’interaction. C’est fidèle seconde Yolande Dalleau confirment beaucoup mieux que de suivre un livre ou que l’atelier a été une réussite. Même une vidéo. Enfin, ça tombe bien car ce Petitmoi, dont les talents culinaires se limitent Antoine sera demain le gâteau d’anniversaire à cuire des pâtes ou faire des oeufs au de mon conjoint. Je sais qu’il va adorer ! ». plat, je me rends compte que c’est non seulement à ma portée... mais qu’en plus Le plaisir de cuisiner semble d’ailleurs ce doit être vraiment meilleur de manger propice à renforcer les liens des amoureux. un gâteau qu’on a fait soi-même et non pas Patrice, accompagné de sa femme Anniesimplement acheté dans une pâtisserie. Claude, et qui participe à un atelier O chef Rallumez le four !

LA RECETTE DU PETIT-ANTOINE Croustillant Praline 25g de chocolat noir / 7g de beurre / 65g de praliné / 60g feuillantine Faire fondre le beurre et le chocolat au micro-onde. M2langer et ajouter le praliné, puis incorporer la feuillantine. placer le rhodoïd à l’intérieur du cercle et tasser l’ensemble dans le fond. Réserver au frais Dacquoise Noisette : 90g de blanc / 85g de sucre / 20g de poudre de noisette / 50g de poudre d’amande / 15g de fécule / Noisettes torréfiées et concassées Monter les blancs en neige avec la moitié du sucre. Serrer les blancs avec le reste du sucre. Ajouter les poudres. Etaler et parsemer de noisettes concassées. Cuire à 170° pendant 8 minutes. Crémeux Chocolat : 190g de crème liquide / 2 jaunes d’oeuf / 20g de sure / 70g de chocolat lait / 70g de chocolat noir Réaliser une crème anglaise avec la crème le sucre et les oeufs. Verser sur les chocolats. Lisser au fouet et couler sur le biscuit. Mettre à bloquer au froid. Chantilly Chocolat lait : 175g de crème liquide (35% MG) / 65g de chocolat lait Porter la crème à ébullition et la verser sur le chocolat. Faire refroidir 2h minimum et la faire monter comme une chantilly. Dressage : Prendre un cercle de 18cm avec le croustillant. Mettre une couche de crémeux chocolat. Déposer la dacquoise. Verser le crémeux sur toute la surface. Congeler à coeur. Enlever le cercle et le rhodoïd. Dresser à la poche les boules de chantilly chocolat lait. Décorer le gâteau avec des éclats de chocolat au lait et des noisettes concassées.

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ON S’ACTIVE ! un baudrier, un casque et des gants (car qui dit canyon sec dit cordes sèches).

CANYONING À L'OUEST TERRA INCOGNITA, INSTALLÉ À L’ENTRÉE DU JARDIN D’EDEN À L’ERMITAGE, PROPOSE - EN AUTRE DE NOMBREUX CANYONING. ET NOTAMMENT TROIS DANS L’OUEST QUI S’AVÈRENT ÊTRE PARFAITS POUR S’INITIER À CETTE ACTIVITÉ : LES COLIMACONS, LA RAVINE DE LA CHALOUPE ET LA RAVINE DE TROIS BASSINS. BIEN QU’UN PEU PEUREUX, JE SUIS TOUT DE MÊME PARTI À L’ASSAUT DE CETTE DERNIÈRE. JE VOUS RACONTE. « Il y a un triple intérêt à faire ces canyons : ils sont accessibles et proches de là où nous sommes - la zone balnéaire et touristique - ; ils offrent des conditions idéales pour ceux qui veulent s’essayer à la discipline - sans phase aquatique, ça s’apparente à de la rando-canyon - ; et ces ravines assez méconnues sont saisissantes de calme, de beauté et de diversité ».

MAIS J’AI PEUR DU VIDE MOI ! J’habite dans l’ouest, je n’aime pas spécialement faire de la route ou me lever tôt, l’eau vive n’est pas mon élément de prédilection et le vide me fait un peu peur. C’est tout bon. Reste que j’aime tout de même quand c’est sportif. François, au bureau d’accueil,

fini de me convaincre : « La progression est toute en descente et ne nécessite pas d’être ultra sportif, mais ces sorties sont vraiment chouettes, surtout pour débuter : vous allez avoir des sensations et le rythme est graduel ». La saison des pluies étant finie et les parcours ayant été ré-assurés complètement par le guide qui nous accompagnera, je réserve donc pour le canyoning de la Ravine de Trois Bassins.

RAVINE DES TROIS BASSINS

J'AI TESTÉ

UN AUTRE CANYONING DANS L’OUEST : RAVINE DE LA CHALOUPE Un canyon classé facile aussi. Un peu plus humide, végétal et une configuration est plus confinée (environ 7m de large). Il y a 4 tyroliennes sur le parcours (de 10 à 30m de haut). La difficulté principale est finalement la marche d’approche (30min de grosse montée). L’arrivée se fait au niveau de la mer, sous le pont de la Chaloupe.

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Si il est possible de se faire accompagner des bureaux de Terra Incognita, je me rends tout de même par mes propres moyens au lieu de rdv - 8h au parking du spot de surf de Trois Bassins -. Nous sommes un petit groupe (la sortie se fait à 4 personnes minimum, et il y a un accompagnateur pour 8 à 10 personnes maximum). Nous partons dans la direction du barrage de Trois Bassins que nous dépasserons à peine 30min après. Au passage, nous avons laissé un véhicule à l’endroit où nous finirons le canyon. Le départ s’effectue donc un peu plus haut que le barrage. Nous sommes à environ 600m d’altitude. Notre guide, Frédéric Lavabre, aussi gérant de Terra Incognita, cumule 23 ans de métier. Affable, rassurant, il est aussi très érudit sur la faune, la flore et la topographie réunionnaise (un savoir qu’il nous partagera tout au long de la sortie). Il nous fait un bref topo sur le parcours et les règles de sécurité. Particularité agréable : nous ne sommes pas engoncés dans des combinaisons mais simplement en short, baskets et t-shirt. L’équipement se résume à

C’est parti. Et effectivement il ne nous faut que quelques minutes pour arriver au premier bloc de rappel d’une quinzaine de mètres. Parfait pour débuter et appréhender ses émotions. L’installation des cordages sur les piquets est rapide et tout le monde descend, chacun à son rythme. Nous contournons ensuite une première vasque et marchons entre les lianes. Quelques minutes encore puis c’est le second rappel. 10m qui ne sont déjà qu’une formalité pour une partie d’entre nous. La nature est omniprésente mais notre progression est aisée. Nous passons à droite à gauche des vasques où l’eau reflète les rayons du soleil. Notre guide nous renseigne sur le travail de l’érosion, la présence de telle ou telle espèce d’arbre, le pourquoi des Paille-en-queue qui nous survolent.

EN FAIT NON, J’AI PLUS PEUR ! Le 3ème rappel se présente à nous sans que nous aillons vu le temps passer. La hauteur a doublé par rapport au premier. Pourtant, c’est sans appréhension aucune que nous le franchissons. Les frissons viennent surtout du point de vue magnifique avec l’horizon océanique coupé par ce qui sera notre ligne de mire, le pont de la Route des Tamarins. La randonnée, puisqu’on est presque dans ce domaine, devient de plus en plus ludique. Ici et là, on s’amuse à repérer les formes créées par la nature : marmites, poissons, requin, etc..

ment large, bois noirs et forêt de baies roses apportent ombre et fraicheur. Nous nous posons pour une petite collation et profiter du calme absolu qui nous entoure. Et, chose rare en canyoning, prendre de belles photos avec l’océan en arrière plan.

S’il est tout à fait possible de sortir du canyon à ce moment, tout le monde est évidemment partant pour poursuivre l’aventure. Le rappel juste après notre remise en route, d’une quinzaine de mètre encore, représente maintenant un jeu d’enfant. Ça y est, tout le monde est vraiment à l’aise avec la technique. C’est vrai, cette sortie est en fait un super apprentissage. Et ça tombe bien (façon de dire) car il nous reste un dernier gap à passer... et cette fois ça sera une tyrolienne guidée ! Il ne s’agit pas de sauter dans le vide mais simplement, au fur et à mesure de la descente, de s’écarter de la paroi pour arriver quelques mètres plus loin de l’autre côté d’une vasque. C’est fun, cool et on en redemande ! Et justement c’est tout l’intérêt car, alors que nous arrivons au niveau du barrage, et donc à la fin de notre sortie, l’ensemble du groupe demande déjà des infos pour des canyoning plus verticaux ou aquatiques ! Oui, même moi, j’ai envie maintenant d’aller me frotter aux cascades, d’aller faire des toboggans, de descendre le long d’un fil d’araignée... Bref, non seulement je n’ai plus peur du canyoning mais en plus j’aimerai maintenant tous les faire. Qui vient avec moi ?

Durant une vingtaine de minutes, on passe de roches en roches (lisses ou adhérentes, c’est surprenant). Et même si le soleil est bientôt au zénith, dans ce canyon relative-

Terra Incognita | 55 rn 1 - L’Ermitage | Juste à l’entrée du Jardin d’Eden 0692 81 28 12 | www.canyoning-terra-incognita.re Tarifs Canyon 3 Bassins : 60€/personne ; 55€ à partir de 4 pers. et pour les - de 16 ans.

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DO MOUN

L'ÉTANG D'UNE RÉSERVE ALEXANDRE TATEL

LA RESERVE NATURELLE NATIONALE DE L’ETANG SAINT-PAUL ASSURE LA PRÉSERVATION DE PAS MOINS DE 447 HECTARES. CETTE ZONE, UNIQUE EN SON GENRE À LA RÉUNION, PRÉSENTE À LA FOIS UN INTÉRET HISTORIQUE, AQUATIQUE, BIOLOGIQUE ET ÉCOLOGIQUE. À L’OCCASION D’UNE VISITE EN KAYAK DE L’ÉTANG (NOUS VOUS EN PARLIONS DANS LE VAVANG 8), NOUS AVONS RENCONTRÉ ALEXANDRE TATEL. PORTRAIT D’UN AGENT PASSIONNANT. C’est quoi une réserve naturelle ? L’objectif prioritaire d’une réserve naturelle est de protéger les milieux naturels remarquables ou menacés : faune, flore, sol, eau, minéraux et fossiles, sur terre, sous terre ou en mer, en France métropolitaine ou en Outre-mer. Toutes les actions des réserves naturelles s’articulent autour de trois missions principales : protéger le patrimoine naturel, par l’application de la réglementation ; le gérer par des actions d’entretien des milieux ; le faire découvrir et favoriser la prise de conscience de l’importance de préserver la biodiversité. Quelles sont les actions entreprises ? La Régie RNNESP, organisme gestionnaire de la Réserve Naturelle Nationale Etang de Saint-Paul, concentre ses actions sur la préservation de l’Etang Saint-Paul qui est la plus grande zone humide littorale des Mascareignes. Nous faisons le suivi et l’inventaire de la faune et la flore, élaborons des plans de conservation, participons à l’amélioration des connaissances scientifiques... Notre travail consiste également à gérer les niveaux d’eau pour assurer la sécurité des biens et des personnes et le bon fonctionnement écologique de l’Etang.

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Enfin, nous nous attachons a créer de nouvelles dynamiques économiques en mettant la nature au cœur du développement pour le tourisme, l’artisanat et l’économie sociale et solidaire. Concrètement, ça donne quoi ? Par exemple, nous dégageons et nettoyons les canaux envahis par des végétations exotiques souvent flottantes , telle que la laitue d’eau (Pistia stratiotes) et la jacinthe d’eau (Eichhornia crassipes). La végétation qui se développe capte toute la lumière à la surface de l’eau, ce qui affecte le fonctionnement de la zone euphotique et, par effet de conséquence, provoque la diminution de l’oxygénation des eaux de surface. L’objectif principal de

ces travaux est de garder une continuité hydraulique, depuis les sources situées sur le long du Tour des Roches jusqu’à la mer. Cela permet également à des plantes aquatiques indigènes, issues des graines enfouies dans le sédiment de refaire surface. C’est le cas de l’espèce Stuckenia pectinata (ex-Potamogeton pectinatus), une plante menacée de disparition à La Réunion, qui se développe à nouveau dans certaines voies d’eau restaurées. Les poissons et les macrocrustacés profitent également de cette meilleur qualité de leur milieu de vie. Nous valorisation également des déchets vert issus de la filière coco. En quantité substantielle (1000m3/an) sur le territoire de la Réserve, ils ont un fort potentiel (isolent thermique et phonique, combustible, paillage agricole, substrat de culture...). Ça passe donc par l’installation d’un point de collecte, la communication auprès des acteurs de la filière et leur sensibilisation sur les déchets générés par leur activité. C’est le principe d’une économie circulaire. Enfin la Régie RNNESP crée des outils de sensibilisation pour tous les publics : visites guidées (à pied, en kayak ou en vélo - voir encadré page suivante), expositions itinérantes, ateliers, etc.. Chaque année nous accueillons plus de 5000 personnes.

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DO MOUN

PAGAYONS GAIEMENT Les agents de la Réserve organisent des sorties kayak sur l’Etang Saint-Paul. Accessibles à tous et proposées à un tarif extrêmement bas, elles sont aussi buccoliques qu’instructives. Il existe deux parcours (proposés en alternance) : Au fil des canaux et L’aval de l’Etang (Durée des sorties kayak : 2h00 - à partir de 8 ans)

OU MARCHONS, PÉDALONS ! Les visites pédestre • L’embouchure de l’Etang - 2h • La submangrove - 1h45 • Les viviers de Savanna - 1h30 • La prairie humide - 1h30 • Le moulin à eau - 1h30 • La Ravine Divon - 1h45 • Le Bassin Vital - 2h30 • Libellules et compagnie - 1h30 • Laperrière ou le Vieux Saint-Paul, 200 ans de culture de mangues - 1h45 (Nov-Fév.) • Les espèces exotiques de l’Etang St-Paul - 1h30

Parle nous de toi. Qui es-tu ? Comment es-tu arrivé à travailler pour la Réserve Naturelle ? Quel est ton rôle ? Je m’appelle Alexandre Tatel, j’ai 31ans. Je suis écogarde. Natif de l’île, j’ai grandi dans les hauts de l’ouest. J’ai quitté le lycée avec un CAP Magasiner en poche et ai ensuite travaillé quelques années dans le domaine de la logistique. Mais je ne voyais pas faire ça toute ma vie. Alors j’ai pris un temps pour réfléchir, ou plutôt arrêter de réfléchir, afin d’entendre mes aspirations personnelles : savoir ce que j’aime vraiment, qu’est ce que j’avais de meilleur à partager...

J’adorais aussi faire découvrir à des amis nos magnifiques paysages et partager ce ressenti avec eux. Et c’est justement comme cela que j’ai trouvé ma voie : un jour où j’étais dans un sentier, à Mafate, j’expliquais notre itinéraire à mes acolytes complètement épuisés. L’un d’eux m’a dit pour me charrier « Alex, tu ressemble à un guide avec tes jumelles et ton sac à dos, je te verrai bien faire ce métier» Je n’ai rien dit sur le coup, mais cela a fait tilt dans ma tête car avant cela, je n’avais jamais réalisé que cela pouvait être un métier. J’ai donc fait des recherches dans ce sens puis entamé une formation dans ce domaine... malgré la peur de me retrouver en difficulté financière et au chômage.

J’ai donc rebondit sur un BPJEPS en animation culturelle ainsi qu’une formation en éco-tourisme qui m’a permis d’apprendre le métier de guide touristique, de me former au conservatoire botanique des Mascareignes, de rencontrer différents acteurs. J’ai aussi fait un stage au pôle culture de la ville, au service patrimoine. Ce qui m’a permis de mieux connaitre l’histoire de l’ile.

aussi, un lien fort avec la Nature. Par exemple mon père, lui, s’est installé au milieu d’une magnifique forêt dans les hauteurs de la chaloupe St Leu. Il vit aussi de sa passion, il a une ferme équestre qui fait aussi auberge (on y mange très bien !) Il organise des randonnées à cheval sur plusieurs jours... Une expérience que je vous recommande fortement si vous aimez la sensation de liberté !

(les plantes, les tisanes, le langage, les traditions, etc..). Je ne crois pas vraiment que ce soit un manque d’intérêt mais plutôt un manque d’informations ou plutôt un trop plein d’informations. Avec les nouvelles technologies nous pouvons avoir accès à un grand nombre d’informations à la minute et je pense que les nouvelles générations ne savent plus trop quoi regarder ou rechercher.

A la base je souhaitais être guide nature en auto-entrepreneur mais en parallèle j’ai postulé à une offre d’emploi d’animateur ecogarde à la Réserve Naturelle de Saint Paul. Ma candidature a été retenue, j’ai réussi l’entretien et j’ai donc eu le poste !

Une des valeurs importantes pour moi, c’est la simplicité. Cela permet d’être vrai et d’être plus attentif à ce que l’on ressent. Ça aide aussi a s’ancrer dans l’instant présent et donc à lâcher prise plus facilement. À ce moment-là tu peux contempler le monde qui t’entoure dans toute sa splendeur, sans jugement. Il faut juste faire confiance à la nature qui, en vérité, ne nous veut que du bien ! Quand on y pense c’est bien grâce à elle que nous sommes là...

Un message à faire passer ?

Aujourd’hui je suis chef d’équipe dans la cellule Médiation Scientifique et Culturelle à la Réserve Naturelle. Mon travail consiste à faire de l’éducation à l’environnement via des projets, des animations-nature et des ateliers avec les scolaires, des visites guidées avec le grand public. Je participe aussi à des suivis scientifique (recensements d’espèces, suivis d’habitats) et je peux aussi coordonner des évènements. Tu es passionné par ton métier. D’où est-ce que ça te vient ? J’avoue que je ne sais pas trop. Peut-être est-ce génétique ! Mes parents ont, eux

J’adore aussi le sport, et la musique. D’ailleurs j’en profite pour saluer mes fidèles zikos !! Depuis que tu travailles à la Réserve, as tu vu une évolution des mentalités ? Dans le milieu professionnel je travaille beaucoup avec les 15-20ans, et au fil des années je remarque un désintéressement des jeunes sur les traditions réunionnaises

Je n’ai pas de message à faire passer, je ne suis pas assez sage pour ca ! Mais je pense que tout le monde sait ce qu’il doit faire s’il prend le temps d’écouter très attentivement à l’intérieure de lui. Décris nous les sorties kayak que tu accompagnes ? À travers ces visites on découvre la faune et la flore remarquables de cette zone humide, ainsi que certains sites historiques qui ont marqué le début du peuplement de l’île. Vous apercevrez aussi que tout l’environnement qui se trouve autour de nous est lié dans une logique magnifique et implacable. Je ne vous en dit pas plus mais vous invite plutôt à consulter notre programme d’animation sur le Facebook et le site internet de la Réserve Naturelle www.reserve-etangsaintpaul.fr

Les visites à vélo • A la découverte des patrimoines du Tour des Roches - 2h30, à partir de 10 ans

ÉVÈNEMENTS - UNE RÉSERVE QUI VIT Enfin, lors de ce second semestre, 4 temps forts sont organisés (les accès sont gratuits) : • Journées Européennes du Patrimoine (15/09) • La nuit de la Chauve-Souris (22/09) • Les week-ends nature (du 16 au 28/10) • Journées nationales de l’architecture (20/10) Le programme détaillé est disponible en dépliant ou sur le site internet de la Réserve.

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CARTE POSTALE

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24 JUIN 2018 GRAND BOUCAN 22ÈME ÉDITION

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Comme à l’accoutumée, le plus grand carnaval de l’île s’est achevé par un incandescant Roi Dodo illuminé d’un feu d’artifice aussi éblouissant que le sourire des 20 000 spectateurs venus assistés au défilé des différents chars tout l’après-midi à Saint-Gilles. Retrouvez les photos du Grand Boucan sur www.ouest-lareunion.com

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Du balcon Delisle aux Jardins Historiques

Office de Tourisme de l’Ouest

0262 42 31 31 www.ouest-lareunion.com www.ouest-lareunion.com

pensez à télécharger l’application baludik (gratuit) pour plus de fun !

• tarifs : 15€ adulte | 8€ enfants (4 à 11 ans) • inscriptions jusqu’au 13 septembre


ème

4 édition

! i t r a p e r C’est 2 WEEK-ENDS EN OCTOBRE

6&7 13&14

DESTINATION DESTINATION MAFATE NATURE

découvrez bientôt le programme... 0262 42 31 31

www.ouest-lareunion.com

VAVANG n°10  

Le magazine touristique gratuit de l'Ouest de l'Ile de La Réunion

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