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Les accords de libre-échange stimulent incontestablement la prospérité, ce qui est profitable à tous. Plus on réduit les obstacles au commerce, mieux on peut utiliser les ressources. Et dans l’idéal, les accords de libreéchange pourraient permettre de faire évoluer les droits de l’homme et répandre la démocratie. Car il est évident que la démocratie n’est pas possible sans économie de marché.

Comment voyez-vous le rôle économique de l’Allemagne et de l’Europe dans dix ans? L’Allemagne va indubitablement

INTerview Hans-olaf henkel

«Il faut se battre pour le libre-échange» Hans-Olaf Henkel, adversaire de l’euro, conférencier au prochain Forum du commerce extérieur en 2014, nous livre ses réflexions sur l’euro et l’accord de libre-échange UE-USA. Il nous confie aussi pourquoi les Suisses ont tant d’admirateurs en Allemagne.

perdre en compétitivité à cause de l’euro. Ce qu’il faut, c’est réduire les écarts de productivité entre les pays du sud de l’Europe et ceux du nord, ce qui est essentiel pour sauver l’euro. Cela suppose que la Grèce accroisse sa productivité et que l’Allemagne, la Finlande, l’Autriche et les Pays-Bas diminuent la leur, pour in fine, parvenir au même niveau que la France. C’est d’ailleurs parfois une des raisons pour lesquelles le président français François Hollande ne fait rien.

Comment les entreprises suisses sontelles considérées en Allemagne? Comme vous l’évoquez au début de votre livre, «Die Euro-Lügner», la crise de l’euro a été rude. La situation s’étant un peu calmée maintenant, peut-on entrevoir une éclaircie? Non. Il est évident que la Grèce a besoin d’un plan de sauvetage supplémentaire. La Grèce, mais aussi le Portugal, l’Italie, l’Espagne, Chypre et la France, tous ces pays qui ne parviennent pas à atteindre leurs objectifs en matière fiscale, et qui creusent inexorablement leurs dettes. On pense surtout à la France. Je suis convaincu que des initiatives comme l’«European Solidarity Manifesto» inciteront les Etats du sud de l’Europe, pour qui l’euro est trop fort depuis longtemps, à demander à l’Allemagne, à l’Autriche, à la Finlande et aux Pays-Bas de sortir de la zone euro. La monnaie sera ainsi dévaluée, les pays renoueront avec la compétitivité et l’économie en sera renforcée.

Que pensez-vous de l’accord de libre-échange UE-Etats-Unis? J’attends beaucoup de cet accord. Même si je sais que la France pourrait tout à fait repousser voire empêcher l’accord TAFTA, comme ce fut le cas à l’ouverture des négociations. La France veut par exemple que la création culturelle soit totalement exclue du champ de négociation. On imagine ce que cela pourrait signifier pour l’industrie du film! Et puis, le volet «agriculture» constitue aussi une pierre d’achoppement. Il est dans tous les cas très important que l’on se batte pour obtenir cet accord. Hormis l’aspect commercial, il est essentiel que nous préservions nos valeurs démocratiques.

L’image de la Suisse est remarquable auprès des entreprises allemandes. Ces dernières admirent la façon dont l’industrie d’exportation suisse a agi face au franc fort. La pression était forte, mais les entreprises ont gagné en efficience et en compétitivité.

Que recommanderiez-vous aux entreprises suisses qui traitent avec l’international? Je leur dirais de réduire leur dépendance à la zone euro en multipliant leurs activités dans d’autres pays. Chose qu’elles font déjà. Et surtout de ne jamais, absolument jamais, se laisser embarquer dans l’euro.  Interview Sibylle Zumstein

La monnaie unique n’est donc pas un cadeau pour le commerce en Europe? Pas vraiment. Nous devons notre prospérité au marché intérieur depuis sa création en 1992, donc bien avant l’introduction de l’euro. Nous n’avons pas besoin de l’euro pour faire du commerce au sein de l’Europe.

Photo: màd

FORUM DU COMMERCE EXTÉRIEUR 2014 Hans-Olaf Henkel, conférencier au Forum du 3 avril 2014, s’exprimera sur les alternatives à l’euro et fera ses recommandations aux entreprises suisses. www.s-ge.com/forum

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GO ! Le magazine du commerce extérieur de S-GE  

Les accords de libre-échange apportent des avantages, en particulier un meilleur accès aux marchés: voyez comment les PME suisses en tirent...

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