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Une production différenciée: Yves Serra mise sur une savante répartition des sites de production mais garde les compétences clés en Suisse.

«J’ai toujours attaché une grande importance au respect de l’autre, en m’efforçant de m’adapter et de rester humble.» Yves Serra, CEO Georg Fischer

une des raisons qui nous incitent à maintenir la production de nos composants clés en Suisse. Il s’agit de logiciels pour machines-outils, de générateurs d’étincelles pour machines d’électro­érosion ou de broches de fraisage, qui sont difficiles à copier. Le reste des machines, soit 80 à 90%, est fabriqué en Chine.

notre radar, ce qui nous permet de compenser si un pays ou une région marque le pas. Cet équilibre nous est indispensable pour amortir les cycles. Nous étions déjà présents en Asie il y a 25 ans, en Chine, en Corée, à Taïwan, à Singapour, en Malaisie. Il était évident que ces pays finiraient par battre l’Europe sur le terrain de la croissance. Nos talents en Suisse doivent être suffisamment flexibles pour être prêts à travailler quelques années en Chine. C’est pourquoi il est capital qu’un fort esprit d’équipe règne dans l’entreprise.

Qu’est-ce que Georg Fischer attend de l’accord de libre-échange avec la Chine? Le principal intérêt est d’ordre

Comment faites-vous pour huiler la collaboration entre des individus de cultures si différentes? Depuis sept

émotionnel, puisque cet accord témoigne de l’amitié qui unit la Suisse et la Chine. Pour autant, nous ne serions pas contre une baisse des droits de douane, qui bénéficierait surtout à nos machines-outils haut de gamme. Mais près de 90% de ce que nous vendons en Chine est produit sur place.

ou huit ans, tous nos cadres et collaborateurs suivent des formations axées sur cet esprit d’équipe. Nous pouvons ainsi réagir plus vite et plus efficacement aux besoins des clients. Ceux-ci ont souvent une assise internationale et attendent de nous un service en conséquence. En tant qu’entreprise internationale, nous ne pouvons réussir qu’à condition d’être très flexibles et de collaborer. Mais c’est plus compliqué qu’il n’y paraît.

production en vaille la peine, il faut un marché de la taille des Etats-Unis, de la Chine, de l’Allemagne ou de la Turquie. Qu’en est-il de la protection des brevets, en particulier en Chine? C’est

Comment évaluez-vous les marchés afin de ne pas être pris de vitesse? Nous

avons pratiquement tous les pays sur

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Vous avez grandi en France, avez vécu de longues années au Japon et vivez à présent en Suisse. Quel est votre secret pour passer d’une culture à l’autre? J’ai toujours attaché une grande

importance au respect de l’autre, en m’efforçant de m’adapter et de rester humble. Ces principes semblent fonctionner partout dans le monde. Bien souvent, les entreprises suisses qui brillent à l’international sont à la fois attachées à leurs racines et innovantes. Pour les entreprises suisses,

conquérir des marchés étrangers est une question de survie. Et l’innovation est la clé pour sortir du lot et compenser nos coûts. Nos salaires sont élevés, le franc est fort. Nous pouvons faire la différence par notre créativité, par une présence forte à l’étranger et par une bonne collaboration au sein de l’entreprise, mais pas par les prix. Dès lors, dans nos douze centres de recherche à travers le monde et celui que nous avons en Suisse, nous travaillons à conserver une longueur d’avance.

POUR EN SAVOIR PLUS: www.georgfischer.com

GO ! Le magazine du commerce extérieur de S-GE  

Les accords de libre-échange apportent des avantages, en particulier un meilleur accès aux marchés: voyez comment les PME suisses en tirent...

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