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«Pour cerner les besoins du client, nous devons parler sa langue et être sur place.» Yves Serra, CEO Georg Fischer

Yves Serra, votre rapport semestriel indique que, malgré la volatilité des marchés, vous tablez sur un deuxième semestre dans la lignée du premier. Cela se confirme-t-il? Oui, nous tenons

le cap. La deuxième moitié de l’année est traditionnellement plus calme étant donné que nous procédons à la maintenance de nombreuses installations et que les clients écoulent leurs stocks. Mais l’hiver long et rigoureux que nous avons eu cette année a ralenti les chantiers, et GF Piping Systems rattrape à présent ce retard. De plus, nous avons réduit nos coûts et réalisé une acquisition en Turquie. La division GF Piping Systems collectionne les succès en Asie et en Amérique. En termes de dynamisme, PORTRAIT Yves Serra préside la direction du groupe Georg Fischer SA depuis 2008. Auparavant, il avait dirigé GF Piping Systems. Né en France en 1953, il a étudié l’ingénierie dans l’Hexagone et aux Etats-Unis et a entamé sa carrière en tant qu’attaché commercial adjoint à l’Ambassade de France à Manille. Il a ensuite occupé des postes à responsabilité chez Sulzer et chez AgieCharmilles au Japon, avant de prendre la tête de Charmilles Technologies SA à Genève en 1998.

à PROPOS DE L’ENTREPRISE Georg Fischer comporte les divisions GF Piping Systems, GF Automotive et GF AgieCharmilles. Fondé en 1802, le groupe industriel basé en Suisse possède 125 sociétés – dont 48 sites de production – réparties dans 30 pays. Ses 13 500 employés ont réalisé un chiffre d’affaires de 3,6 milliards de francs en 2012. GF s’est forgé une renommée mondiale dans l’acheminement de liquides et de gaz, la réduction du poids dans les véhicules et la production de haute précision.

ces deux continents surclassent l’Europe. C’est du reste ce qui a conduit GF à intensifier ses investissements en Chine, qui est aujourd’hui le débouché privilégié de tous les fabricants de machinesoutils et, incontestablement, de GF Piping Systems. Il n’en était encore rien il y a dix ou quinze ans. Nous nous sommes donc adaptés peu à peu, et le processus se poursuit. Pourquoi l’internationalisation est-elle plus compliquée en ce qui concerne GF Automotive? GF Automo-

tive est nettement plus tributaire de l’Europe que les deux autres divisions. Le décollage de la production automobile chinoise ne remonte qu’à quelques années. GF Automotive est en train d’investir massivement en Chine, où nous possédons deux entreprises que nous nous employons à développer. En Europe, nous misons sur l’automatisation pour rester compétitifs et gagner des parts de marché. Bien qu’en stagnation, le marché européen conserve une grande importance.

Et l’entrée en vigueur de nouvelles normes en matière de CO2 dope la demande de poids lourds. Vos effectifs ne diminuent qu’en Europe. Une délocalisation est-elle en cours? L’an dernier, nous avons ven-

du deux entreprises en Europe qui totalisaient environ 700 collaborateurs. La baisse de nos effectifs s’explique essentiellement par cette cession. Vous avez pour principe de produire près de vos clients. C’est obligatoire

dans notre activité! Si nous voulons cerner les besoins du client, nous devons parler sa langue et être sur place, pour toute la chaîne allant du développement au service après-vente. Nous vendons des composants automobiles produits en Chine. Expédier ces pièces très lourdes par conteneurs depuis l’Europe est irréaliste, d’autant plus que les droits de douane chinois sont prohibitifs. L’Amérique, quant à elle, a ses propres normes, et nous n’avons donc pas d’autre choix que de fabriquer nos systèmes de tuyauterie là-bas. La production en Suisse est-elle appelée à disparaître? Notre savoir-faire

est et restera en Suisse. Nous allons continuer à y fabriquer nos composants clés, même si les machines-outils sont assemblées en Chine ou aux Etats-Unis. Les systèmes de tuyauterie – qui comprennent conduits, raccords, armatures et capteurs – sont vendus en bloc. Les conduits et les raccords doivent être produits localement, sans quoi nous transportons de l’air, ce qui est trop coûteux. Les capteurs et les armatures étant des pièces à forte valeur ajoutée, nous les fabriquons en Europe ou outre-Atlantique. Comme vous le voyez, la compétitivité est le fruit d’un savant mélange de sites de production. Et pour que la

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